Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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First class - Steven & Bucky

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Date d'inscription : 26/11/2014
Jeu 2 Avr - 1:14


❝First Class❞
Bucky & Steven
Je mâchonne mon cookie comme le bon garçon que je suis, surveillé de près par la mère de Bucky qui ne cesse de faire tinter ses perles de verre alors qu'elle réprimande Bucky sur ma santé. N'osant intervenir dans le débat sur le fait que je ne mange pas assez, je le regarde tout les deux, tentant de refouler le haut le coeur qui me saisit à chaque fois que je croque une fois de plus dans le biscuit. J'arrive finalement à le terminer, le coeur au bord des lèvres. Bon sang, ses cookies sont délicieux hein, ça je ne le nie pas, je suis le premier à en croquer un entre deux séances de travail, mais là, j'ai encore l'estomac sans dessus-dessous…. Madame Barnes m'adresse un sourire satisfait lorsqu'elle constate que j'ai terminé mon biscuit avant de nous annoncer qu'elle va nous laisser. Je lève les yeux vers elle alors qu'elle vient poser un baiser dans mes cheveux. J'esquisse un sourire gêné avant de la regarder filer dans le couloir, poussant un discret soupir alors qu'elle referme la porte de la chambre. Je croise le regard de Buck et lui souris doucement… Avant de me tourner vers la porte en entendant un tintement bien trop familier. Caitlinn entre à nouveau, récupérant simplement le sac qu'elle avait oublié. Je ris discrètement avant de la saluer pour de bon, poussant un long soupir une fois la porte close. Je l'observe sans trop comprendre avant de sourire lorsqu'il pose son front contre le mien. Je ferme les yeux et souris doucement à ses mots.

"Promis… En plus ça me ferait mal de mourir et de te laisser seul…"

Seulement lui comme moi savons que c'est loin d'être la dernière fois… Qu'un jour j'aurais une autre crise de ce genre, et qu'elle sera peut-être encore plus grave… Il faut qu'il se fasse une raison, ma santé ne va pas s'arranger, au contraire. Mais pour lui, je préfère nier cela, et me dire que jamais je n'aurais à lui infliger ça à nouveau. Alors quand il m'attire à lui je me laisse docilement faire, appréciant simplement de sentir ses lèvres effleurer lentement les miennes. Je pose une main sur sa joue alors qu'il vient à nouveau m'embrasser, appréciant simplement de retrouver ce contact. Et lorsque sa langue se glisse entre mes lèvres, je passe mes bras autour de son cou, lui rendant avec envie son baiser. Et lorsque le baiser prend fin, je souris tout contre ses lèvres, caressant doucement sa nuque.

"Je te dirais bien de ne pas me lâcher, mais on serait mal si une infirmière nous surprenait…"

Je ris doucement avant de venir l'embrasser. Me lâche pas Buck. J'aurais bien trop peur de te voir disparaitre et de te perdre.

*

"Oui, bien sûr. Vous inquiétez pas, nous avons tout ce qui faut… Et oui je vais bien…"

Mes doigts s'enroulent nerveusement autour du fil du téléphone tandis que tente de rassurer la mère de Buck au bout de la ligne. Oui j'ai passé la nuit en observation, mais heureusement le médecin avait jugé que j'étais de nouveau bon pour le service. Mais malgré un avis médical, Madame Barnes continue de s'inquiéter pour moi. J'esquisse un sourire alors qu'elle me demande de faire attention, me donnant une bonne centaine de recommandations. J'enroule un peu plus le fil autour de me doigts alors que je m'adosse contre le mur, levant rapidement les yeux au ciel avant de regarder Buck qui parle au médecin un peu plus loin. Je fronce un peu les sourcils, ayant du mal à saisir le contenu de leur conversation. Et je ne fais que serrer les dents quand je vois le médecin tendre quelque chose à Buck. Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien se raconter tout les deux ?

"Steve… ? Tu es toujours là ?
- Euh oui, oui… Pardon… Vous disiez ?"

Je l'entends ronchonner au bout du fil, me disant que comme son fils, je ne l'écoutais que quand cela me chantait. J'ai un sourire à cette remarque avant de m'excuser, écoutant alors avec attention ce qu'elle a à me dire. Oui je ferais attention à mieux manger maintenant… Oui je me couvrirais mieux… J'ai un autre sourire alors qu'elle finit par me laisser filer, me conseillant une dernière fois de faire attention sur le chemin du retour. Je raccroche le combiné avant d'aller rejoindre Buck, qui justement vient de finir avec le médecin.

"Alors, le médecin t'as donné une sucette parce que t'as été sage ou pas ?"

J'ai un sourire alors que je m'approche, enfilant rapidement la veste qu'il m'a rapporté ce matin. Seulement ce dernier disparait rapidement quand je croise son regard quelque peu soucieux. Je fronce les sourcils. Qu'est-ce qui se passe ? Eh. Je sors de l'hôpital, ça devrait être la fête… Pas l'inverse. Je pince quelque peu les lèvres alors que je note le papier dans ses mains.

"Buck… Y'a quelque chose qui ne va pas ?…"

© Pando
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Ven 10 Avr - 22:18

First Class




Steve & Bucky


La tornade rousse qu'est ma mère disparaît enfin dans une tourbillon de talons et de cliquetis de perles dans le couloir, tout son barda sous le bras et un buffet géant sur la table de la chambre d'hôpital. Ca m'a fait plaisir de la voir, ça m'a fait plaisir de la voir s'inquiéter pour Steve, et agir avec lui comme si c'était son propre fils, mais je suis content qu'elle nous laisse seul. J'ai à peine eu le temps de le voir, de lui parler, avant qu'elle arrive, et j'ai besoin d'un moment avec lui. Pour me rassurer, vérifier qu'il va toujours bien. Qu'il est vraiment tiré d'affaires. Mon Steve. Mon frère. Mon amour.

Je lui vole un long baiser, juste pour retrouver ça, cette sensation, ses lèvres contre les miennes, sa langue que je caresse doucement, son souffle rapide alors qu'il est tout contre moi. Et je lui souris quand je me recule un peu, frissonnant sous sa caresse.

Il est tard, t'as eu tous les soins dont t'avais besoin...maintenant t'es à moi jusqu'à demain...et je compte bien ne pas te lâcher. Pas d'une semelle...

Je lui vole un nouveau baiser avant de lui dire de se pousser et je passe la nuit contre lui. Ca me rappelle le début, de nous deux. Les premières nuits quand on dormait tous les deux dans mon lit ou le sien, serrés comme des sardines. Et encore le lit d'hôpital est plus large... Et je me suis tellement rongé les sangs qu'au final j'ai dormi comme une souche et je me réveille que quand l'infirmière du matin vient faire sa visite, et je me fais copieusement engueuler quand elle comprend que j'ai passé la nuit là... Heureusement, un peu de charme et un sachet de cookies faits par maman arrivent à adoucir le dragon et elle sort en ayant presque le sourire. J'ai du talent, quand je veux!

Et quand passe le médecin, je soupire de soulagement en l'entendant dire que Steve peut sortir quand il veut. Enfin. On peut rentrer chez nous, retrouver notre petit royaume et notre petite vie, tous les deux. En espérant que la prochaine visite ici sera le plus loin possible. Et pas trop grave. Même si je sais que...vu la santé de Steve...on y échappera pas. Je finis de ranger ses affaires dans le peu d'espace qui reste dans le panier ramené par ma mère, avec qui Steve est au téléphone d'ailleurs, quand le médecin demande à me voir. Je m'y attendais un peu à cette étape....les frais. Et là...quand il me tend la facture, j'ai le coeur qui rate un battement. Presque 5000 dollars...alors qu'on en a même pas trois cent de côté à nous deux... Putain de bordel de merde...mais comment on va s'en sortir? Mon boulot sur les docks suffira jamais à rembourser ça... Et si on vendait l'appart de Steve, on irait où? Le visage pâle, je quitte le médecin en lui disant que je reviendrai régler ça bientôt.

Je me force à sourire en revenant vers Steve, parce qu'il sort et c'est quelque chose qu'on doit fêter, mais il me connaît trop bien et voit que quelque chose ne va pas. Je plie rapidement la facture que je glisse dans ma poche avant de lui poser ma main sur l'épaule.

T'en fais pas mon frère. Juste la fatigue de ces derniers jours. Vivement qu'on rentre et qu'on se retrouve... Et toi, tu te sens comment? Retapé?

Je ris doucement, et petit à petit mon sourire est sincère. Je l'ai retrouvé. Il est là. Avec moi. Et c'est tout ce qui compte... Mon père nous attend devant l'hôpital et il nous ramène en bas de l'immeuble. Quelques minutes plus tard je pousse doucement la porte de notre appartement. Après avoir rassuré la petite mamie du premier. Le couple du troisième et le vieux garçon du deuxième. Tous se sont inquiétés pour Steve et ça me touche qu'ils soient aussi sympa avec nous. C'est donc après un peu de parlotte qu'on se retrouve enfin seuls, chez nous. Je dépose le panier de ma mère dans la cuisine pendant que je dis à Steve d'aller s'allonger un peu.

Maintenant que je suis seul je peux faire tomber le masque. Et j'ai une boule dans la gorge en repensant à cette facture. Quatre chiffres pour un tour en ambulance, trois piqûres et une nuit dans un lit. Putain mais comment faire? Pendant des jours, quand il dort ou qu'il dessine, je refais nos comptes, encore et encore. Je passe des heures à trouver une solution, un moyen mais ces quatre foutus chiffres dansent sans arrêt devant mes yeux. Le jour. La nuit. Même si je tente de rien lui montrer. C'est à moi de gérer. Comme toujours.

Et j'ai l'illumination quelques jours plus tard. On se promenait en ville, et les murs commençaient à se couvrir d'affiches de recrutement de l'armée. Avec la guerre en Europe, ils avaient besoin de gars pour aller botter le cul de ces salauds de nazis. J'y ai réfléchi longtemps, mais quand j'ai reçu la lettre de relance de l'hosto, j'ai su que j'avais pas le choix. Alors je me suis incorporé. Moi, Bucky Barnes, 22 ans, j'allais mettre en pause toute ma vie à New-York, abandonner mes études, partir loin de ma famille, et de Steve, pour aller en Europe. J'ai commencé par en parler à mes parents, qui même s'ils étaient inquiets, étaient quand même fiers de moi. Que leur fils chéri aille se battre pour son pays. Ca m'a ôté un poids de la poitrine de savoir que je partirai pas fâché avec eux. Mais je leur ai fait promettre de rien dire à Steve. Parce que c'était de moi qu'il devait l'apprendre.

Sauf que dans la semaine qui a précédé, j'ai été lâche à en crever mais j'y suis pas arrivé. J'ai essayé de savourer chaque minute comme si c'était la dernière, comme si je faisais le plein de moments heureux, en prévision de ce que je risquais de trouver. Ou si...je revenais pas. Parce que ouais, j'étais conscient que je risquais ma peau. Mais j'avais pas le choix. Je tentais d'enregistrer chaque petite chose, pour les garder comme des trésors. la lumière dans notre chambre au matin. Le bruit de la rue qui se réveille. La respiration de Steve contre moi, encore endormi. Ses cheveux en bataille. Le contour des muscles de son torse. La façon qu'il a de sourire en baissant les yeux. J'ai rempli ma tête de tout ce qui me permettrait de tenir loin de tout. Loin de lui. Parfois j'en dormais pas, rien que parce que j'avais l'impression de perdre du temps à dormir plutôt qu'à profiter de lui. Alors je passais des heures à juste le tenir contre moi et l'écouter respirer tranquillement, me retenant de chialer comme un gosse à l'idée que ces moments, je les partagerai peut-être plus jamais avec lui.

Et au final on est arrivés la veille du départ. Notre dernière nuit ensemble et je lui avais toujours rien dit. On a fait l'amour et j'avais l'impression qu'il se doutait de quelque chose, à sa façon de me regarder, mais il a rien dit. Là encore j'ai tenté de tout garder en mémoire. La ligne de sa mâchoire. Le goût de ses lèvres. La douceur de sa peau sous mes doigts. Ses gémissements à mon oreille... Et une fois qu'il s'est endormi contre moi, je me suis glissé hors du lit comme un voleur après l'avoir regardé une dernière fois. Je me suis assis à la cuisine et j'ai passé tout le reste de la nuit à lui écrire une lettre. Une lettre où je lui révélais tout. Je l'ai recommencée une bonne vingtaine de fois, avant de la plier joliment et de la mettre dans une enveloppe que j'ai posée sur la table de la cuisine, une fois que j'avais mis la table du petit déjeuner pour lui. Lui seul. La première fois depuis des mois que je serais pas avec lui pour le partager...

Et j'ai terminé de préparer mon paquetage, que j'avais planqué dans un coin pour qu'il le trouve pas, et j'ai mis mes pompes. Mon sac sur l'épaule, j'ai fait demi-tour et j'ai posé la main sur la poignée de la chambre. Avant de m'arrêter. Non. Non Buck. S'il ouvre les yeux, s'il te parle, c'est terminé. T'auras plus le courage de partir. File maintenant, avant qu'il te demande de rester. Parce que s'il le fait, jamais tu pourras dire non. J'étouffe un sanglot quand je recule d'un pas et je referme lentement la porte d'entrée derrière moi. J'ai pas pris mes clefs. Mais là d'où je viens, j'en aurai pas besoin... Et à peine j'ai commencé à descendre les marches que je fonds en larmes. Et je me mords le poing pour pas hurler. Parce que j'ai mal à en crever de le laisser, mais j'ai pas le choix. Non, pas le choix...Faut bien que cet argent vienne de quelque part... Alors je me force à descendre. D'un pas lourd. Comme un condamné à l'échafaud. J'arrive dans la rue et me tourne une dernière fois sur le trottoir d'en face. Les volets sont fermés. Il dort tranquillement. Dors mon amour, dors autant que tu peux...parce que je veux repousser le moment où tu te réveilleras et où tu me détesteras. Et au bout de longues minutes j'essuie mes larmes du revers de la manche et m'éloigne dans le jour qui se lève. Loin de tout ce que je connais.

02 décembre 1941
Mon frère,

Quand tu liras cette lettre je serai déjà loin, et tu peux pas imaginer à quel point je me déteste d’avoir à tout t’apprendre comme ça. Mais je suis un putain de lâche, et j’aurais jamais eu la force de croiser ton regard quand je t’aurais annoncé la décision que j’ai dû prendre.

Quand tu liras cette lettre je serai dans le bateau qui va m’emmener en Europe. Je me suis engagé dans l’armée la semaine dernière, et aujourd’hui je quitte le pays. Je vais en France, et ensuite en Allemagne, pour coller une branlée à ces foutus nazis… Mais c’est pas une pulsion patriotique qui m’a décidé, même si je suis fier de combattre pour mon pays. Je vais pas te mentir, parce que je l’ai jamais fait. J’avais besoin d’argent. Ton dernier accident, quand on a dû t’opérer, a engouffré toutes nos économies, et encore plus. Je ne pouvais plus payer, et mon boulot sur les docs n’aurait jamais suffi. Alors… j’ai choisi ça. Cette solution. Je me suis mis d’accord avec l’hôpital avant de partir : une partie de ma solde leur sera directement reversée, et l’autre partie te reviendra, tous les mois, pour que t’arrives à joindre les deux bouts. Et quand la dette sera remboursée, tu toucheras tout.

T’imagines pas à quel point ça a été dur, ces derniers jours, de t’avoir près de moi et de compter les jours, les heures qui restaient avant d’être séparé de toi. T’imagines pas à quel point c’était dur de rien te montrer, de cacher ce qui me dévorait à petit feu, pour t’épargner l’inquiétude, et pour pas que tu commences à me dissuader de partir. Parce qu’un seul mot de toi et je serai resté.

Je pars le cœur qui saigne à l’idée de te laisser. Parce que je laisse derrière moi mon frère, mon meilleur ami, et la personne qui compte le plus pour moi. Parce que j’ai jamais été aussi heureux que depuis la nuit où je suis venu te rejoindre dans ton lit et où je t’ai embrassé. Parce que j’ai jamais connu ce que c’était d’aimer vraiment quelqu’un, du fond de son âme et du fond de ses tripes, avant toi.

Je vais m’arrêter là sinon je vais me mettre à chialer comme un gosse, et te réveiller est la dernière chose que je veux faire. Je te jure que je vais tout faire pour essayer de rentrer, pour qu’à ton tour tu puisses me botter le cul proprement, après ma fuite. Et que je m’occuperai de la vaisselle et du linge jusqu’à la fin de mes jours. Promets-moi une chose. Tiens-toi loin du danger. Ménage-toi. J’ai demandé à ma mère d’avoir un œil sur toi mais c’est pas pareil. Et puis, pourquoi j’irais m’échiner à survivre aux balles des boches si c’est pour apprendre que tu t’es fait refroidir par un satané rhume hein ? De nous deux ça a toujours été toi le vrai artiste, alors change le monde avec tes crayons et tes pinceaux, et pas avec tes poings.

J’espère te revoir bientôt, ma demoiselle au souffle cassé, mon frère. Mon amour.

Ton frère,
Bucky.
   
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Sam 11 Avr - 16:23


❝First Class❞
Bucky & Steven
Un infirmière passe à nos côtés, effleurant doucement mon épaule alors qu'elle disparait dans une chambre au loin, allant très certainement s'occuper de je ne sais trop quel patient. Mais c'est à peine si je la note. Non, tout ce que je vois c'est Buck. Son regard soucieux qui tente de soutenir le miens alors qu'il me ment, m'assurant que tout va bien. Je pince les lèvres, n'arrivant pas plus que ça à cacher la déception qui doit se peindre sur mon visage. Je sais que tu me mens, Buck. Je le sens. Tout comme toi tu es capable de le sentir immédiatement. On se connait trop bien tout les deux pour jouer à ce genre de chose. Tu peux mentir au reste du monde, mais pas à moi. Seulement je n'ose pas lui en parler, de peur de gâcher cette journée… On devrait être heureux tout les deux, je sors de l'hôpital et je suis pas dans un état si grave que ça… Alors pourquoi avoir tout les deux cet air inquiet ? Je ne sais pas. Alors je tente de lui adresser un léger sourire lorsqu'il pose sa mains sur mon épaule, me glissant un mensonge que je fais semblant d'avaler.

"Invincible. Mais tu as raison, rentrons… J'en peux plus d'être ici…"

Je ne me détends que lorsque son rire redevient plus sincère, moi soucieux. Te voilà mon Buck. Mon frère qui ne craint rien et que pour rien au monde ne voudrait me voir mal. Mon amour, mon Buck. C'est avec un sourire que je retrouve son père en bas, qui en quelques minutes nous ramène enfin à notre petit appartement. Enfin, nous le retrouvons après avoir pris le temps de rassurer tout les locataires qui ne cessent de me demander une bonne vingtaine de fois si je vais bien. Et étrangement je suis presque mal à l'aise face à eux. J'esquisse un sourire face au couple du troisième qui me regardent comme si j'étais le copain un peu malade de leur enfant, je laisse la mamie du premier me pincer les joues alors qu'elle m'annonce qu'elle est heureuse de me revoir et que je devais éviter de lui faire des frayeurs pareilles, et je tente un rire alors que le vieux du deuxième me propose de venir boire un coup pour m'en remettre. Je les remercies tous avant de pousser un soupir alors que Buck referme la porte avec douceur derrière nous. J'apprécie leurs attentions, hein, j'apprécie qu'ils soient à leur façon aux petits soins pour moi, mais actuellement, mon esprit est ailleurs. Je lève le nez vers Buck en l'entendant me parler, le regardant sans comprendre avant qu'il ne répète que je ferais mieux d'aller me coucher, histoire de me reposer. J'esquisse un léger sourire, n'osant pas réellement discuter ce conseil. J'ai compris, t'as besoin d'être un peu seul. Je viens déposer un rapide baiser sur ses lèvres avant d'aller m'allonger. Je referme un peu la porte avant de me glisser sous les draps. Pour être franc, j'ai du mal à trouver le sommeil… Parce que je m'inquiète pour lui… Je m'inquiète de cette pointe d'angoisse que je peux voir au fond de ses yeux. Il me cache quelque chose… À moi. Son frère, son amour. Celui qu'il prend dans ses bras et qu'il embrasse, celui à qui il a juré qu'il serait toujours là… Quelque peu blessé je clos les yeux, sombrant sans trop m'en rendre compte dans un sommeil agité.

Et les jours passent, se ressemblant étrangement, doucement je replonge dans ce quotidien que nous menons tout les deux. Les cours s'enchaînent et je réapprends à apprécier de dessiner sous son oeil attentionné… Sauf qu'il continue de s'angoisser, et même si il n'en dit rien, je ne vois que ça. Derrière ses sourires je ne peux que voir une profonde tristesse, derrière ses baisers je sens une étrange angoisse et à chaque fois qu'il pose son regard dans le mien… J'ai l'impression qu'il me regarde pour la dernière fois. Comme si il tentait d'imprimer dans sa mémoire chaque traits de mon visage. Et ça me bouffe de le voir ainsi. À chaque fois qu'il me regarde ainsi, je ne peux m'empêcher de venir caresser sa joue et de le rassurer, ne cessant de lui dire que je l'aime plus que tout au monde. Mais j'ai l'impression qu'il ne m'écoute pas… Parce qu'il est occupé à autre chose. Et j'ai beau l'embrasser, le prendre dans mes bras, je sens qu'il a peur… À sa façon de me serrer au point de m'étouffer. Et plus les semaines passent, plus je le sens mourir un peu plus à l'intérieur, se laissant dévorer par son secret, ce fardeau qu'il semble ne pas vouloir partager avec moi. Au point que certains soirs, alors que je le vois toujours éveillé, je viens me blottir contre lui, déposant de simples baisers dans son cou, lui murmurant doucement que je ne vais pas disparaitre si il dort un peu.

Jusqu'au soir où je sens que rien ne va. Ce soir-là, alors que je me tue les yeux sur un projet pour l'école, je sens ses lèvres se poser dans mon cou. Un sourire m'échappe alors que je lui offre ma gorge, ronronnant presque sous ses caresses alors que je passe mes bras autour de son cou. Il me porte jusqu'au lit et m'y allonge alors que nos baisers se font plus longs, plus envieux. Mais quelque chose ne va pas… Encore une fois. Pendant tout notre étreinte je n'arrive pas à voir autre chose que cette peine dans son regard. Mais bien vite j'oublie tout face à lui. Je me perds simplement dans cette étreinte, avant de m'allonger tout contre lui, appréciant simplement de sentir ses bras se refermer autour de moi et d'entendre son coeur battre. Un sourire se dessine sur mes lèvres alors que je caresse doucement sa peau du bout des doigts, me laissant bercer par ses doigts caressant mes cheveux.

Seulement lorsque je me réveille, il n'est plus là. Les yeux encore collés par le sommeil je murmure son prénom, poussant un soupir lorsque je n'entends pas la moindre réponse. Bon. Il a du aller aider sa mère, ça lui arrive par moment. De la main je tâte le matelas, constatant que le matelas est froid. Ça fait longtemps qu'il n'est plus là. Je m'étire dans le lit avant de me décider à m'extirper hors des draps, attrapant un pull de Buck histoire de ne pas non plus me promener à poil dans l'appartement. Étouffant un bâillement je vais jusqu'à la cuisine, découvrant avec plaisir qu'il a pensé à me préparer de quoi manger. Un sourire m'échappe alors que je me sers un verre de jus de fruit, et alors que je trempe les lèvres dans mon jus d'orange, je trouve une petite enveloppe sur laquelle l'écriture familière de Buck décrit mon prénom. Mon coeur saute un battement. Je n'aime pas ça. Mais alors pas du tout. Les sourcils froncés je repose mon verre avant de saisir du bout des doigts l'enveloppe. J'en sors la lettre avec angoisse avant de commencer à lire l'écriture serrés et anxieuse de Buck. Et ce que j'y lis me laisse sans voix. Les larmes me montent aux yeux alors que je sens mon coeur se déchirer.

"Non, non… J'y crois pas…"

Et pourtant… C'est bien ce qu'il écrit. Mon crétin de Buck s'est engagé dans l'armée, simplement pour pouvoir payer mes frais d'hôpitaux. Alors c'est ça qu'il ne voulait pas m'avouer… Ça qu'il me cachait. Une larme roule sur mes joues alors qu'il m'avoue qu'il part pour l'Europe, loin de moi, et que je ne le reverrais pas avant bien longtemps… Je tente d'étouffer un sanglot quand il m'avoue qu'il serait resté si je lui avais demandé… Mais la suite des mots se brouillent alors que des larmes envahissent mes yeux. Mes doigts tremblent et la lettre me glisse des mains. Et là, incapable de retenir tout ce que j'ai sur le coeur, un sanglot déchirant m'échappe alors que je fonds en larmes, un hurlement plaintif m'échappant. Je me laisse glisser sur le sol alors que je sens mon souffle se faire plus court alors que je maudis ma santé, le monde, les conneries de Buck… Le coeur en morceau je pleure sans relâche, des heures peut-être alors que je recroqueville sur moi-même, me sentant mourir.

Je sens une crise d'angoisse pointer le bout de son nez au milieu de mes sanglots, mais je n'ai même plus la force pour ça. Allongé dans notre le lit, serrant une de ses chemises contre moi, les doigts refermés sur sa lettre, je continue de nier sa disparition. Je me dis qu'il reviendra. Parce qu'il a promis de toujours veiller sur moi… Qu'on serait toujours là, l'un pour l'autre…Quoi qu'il se passe. Le nez dans sa chemise, je ferme les yeux, retenant un hoquet alors que terrassé, je m'endors, priant pour que quand je rouvre les yeux, il soit là, à glisser ses doigts dans mes cheveux, un vague sourire aux lèvres.

Seulement rien. Alors pendant des jours, je me refuse à quitter l'appartement. Je reste au lit, me contentant de passer du lit à la salle de bain, ne portant que ses chemises ou ses pulls, simplement pour me donner l'impression qu'il est encore avec moi. Mais ce n'est qu'un mensonge, une illusion que j'essaye d'entretenir pour ne pas voir la vérité. Pour ne pas voir le fait qu'il n'est plus là… Qu'il m'a vraiment laissé. Une autre larme roule sur ma joue. Il m'a laissé. Il est parti, lui qui avait promis de toujours veiller sur moi… De m'aimer… Je ferme à nouveau les yeux, sombrant une fois de plus dans un sommeil agité.

Le bruit des clés dans la serrure me fait sursauter. Mon coeur s'affole doucement alors que son prénom se meurt sur mes lèvres, je saute hors du lit, priant pour dans l'encadrement de la porte se dessine la silhouette de Buck… Ainsi je pourrais me pendre à son cou, l'embrasser comme jamais avant de lui coller mon genou dans l'estomac… Mais tout ce que j'entends… Ce sont des perles de verre qui tintent. Mon sourire se fane. C'est simplement sa mère. Et celle-ci ne peut que noter la déception et la tristesse sur mes traits alors qu'elle croise mon regard. Elle murmure à peine mon prénom tandis que je baisse les yeux. Voyant que je ne décrocherais pas un mot elle fait la conversation pour deux, s'inquiétant doucement pour ma personne. En plus de quelques bocaux et de cookies, elle dépose un bon paquet de courrier sur la table. Je pousse un soupir alors que je m'assois en sa compagnie autour de la table de la cuisine. J'épluche le courrier tandis qu'elle me fait part de son inquiétude, me rassurant du mieux qu'elle peut. Je lui jette un regard compatissant avant d'esquisser un sourire simplement pour lui faire plaisir. Sa mère reste une bonne demi-heure, le temps de vérifier que j'ai tout ce qu'il me faut et de me rassurer sur le fait qu'elle repassera le plus vite possible dans la semaine. Je la remercie chaudement alors qu'elle m'embrasse sur le front, me proposant même de venir habiter avec eux.

"Non… Je préfère garder l'appartement… Après tout, je paye encore le loyer et puis, c'est moins loin de l'école… Je… Je vais rester ici, mais merci.
- Bien sûr, bien sûr, mais si tu changes d'avis, tu es le bienvenue à la maison Steve…
- Je vous en ferais part…. Merci Madame Barnes."

Pour une fois elle ne tente pas de me corriger pour une fois, me caressant une fois de plus la joue avant de partir… Mais alors que ses doigts se referment sur la poignée, voilà qu'elle reprend d'une voix un peu nouée.

"Il nous manque à tous Steve… Mais je suis sûr qu'il reviendra rapidement…"

Bien sûr. Je sens le doute et l'angoisse dans sa voix, celle d'une mère morte d'inquiétude en sachant que l'un de ses fils termine au front bien loin de chez lui. Je la remercie une dernière fois avant de retrouver le silence pesant de notre appartement. Je passe mes mains sur mon visage. Ce silence me rend dingue… Il est trop pesant, bien trop lourd… Sur la pointe des pieds je vais jusqu'à notre vieux tourne-disque, posant le diamant sur le vinyle, attendant que la musique comble le vide qu'il a laissé. Je me met derrière ma table à dessin, ne cessant de parcourir du regard cette lettre. "Change le monde avec tes crayons et tes pinceaux, et pas avec tes poings…"

"Idiot…"

Un demi-sourire m'échappe. C'est ce qu'il ne cessait de me répéter alors qu'il tentait d'évaluer les dégâts sur ma personne après une bagarre. Que je n'étais pas fait pour me battre, que ça ne servait à rien que je me fasse tabasser par un connard dans une ruelle… Que ça ne rendait pas le monde meilleur, et que ça ne le changerait jamais. Je pousse quelques feuilles, re-découvrant mon projet… Que voudrait-il ? Que je fasse attention à moi ? Oui. Que je poursuive mes études et que je l'attende bien sagement à la maison ? Ouais. C'est mal me connaître. Un sourire se dessine sur mes lèvres. Mais pour lui faire plaisir, soyons raisonnable. J'attrape un crayon, m'apprêtant à tenter de travailler… Mais je n'ai pas la tête à ça… Non… J'amène à moi une feuille vierge et commence simplement à écrire…

10 décembre 1941
Mon frère,


Je n'arrive pas encore à réaliser que tu m'as vraiment quitté pour t'engager… Je sais que t'as toujours voulu voir du pays, mais sérieusement, l'Europe ? Alors je sais que t'as toujours voulu voyager, mais t'aurais pu m'en parler, plutôt que de me mentir pendant des semaines et des semaines. Je me doutais que quelque chose n'allait pas… Mais pour être franc, je n'osais pas t'en parler. J'avais dans l'espoir que tu finirais m'en parler… Mais je ne t'en veux pas. Je comprends ta décision, même si ton absence me coûte.

L'appartement semble si vide sans toi et les journées bien fades… Je pourrais t'écrire un roman, et c'est certainement ce que je vais faire, pour te dire à quel point tu me manques. Je pourrais t'en vouloir de ne m'avoir rien dit, de m'avoir caché les frais d'hospitalisation, et pire d'avoir trouvé une solution tout seul. Je pensais qu'on se disait tout mon frère, qu'on avait aucun secret l'un pour l'autre. On aurait pu trouver une solution tout les deux. J'aurais pu trouver un travail, certes on aurait eu du mal à joindre les deux bouts pendant un moment, mais on aurait pu traverser cela ensemble. Tu sais bien que si t'es pas là pour me surveiller, je fais des conneries. Mais bon, heureusement, ta mère veille au grain. Comme si tu lui avais fait passer le mot...

Mais je te rassure… Même si les derniers jours on été particulièrement difficiles, je prends soin de moi. Je vais même retourner en cours, histoire de terminer l'année et de décrocher mon diplôme. Ça va me faire bizarre de ne pas t'avoir à mes côtés pendant les cours, de ne pas bûcher sur nos projets jusqu'à pas d'heures. Alors oui, tu dois être déjà bien loin de Brooklyn, et je te demanderais bien comment c'est là-bas mais pour être franc, je m'en fiche pas mal. Tout ce qui m'importe c'est de savoir si tu vas bien. Et j'espère que c'est le cas. Sinon je te jure que je saute dans le premier bateau en partance pour l'Europe et je viens moi-même te botter les fesses. C'est compris ?

Bien. Alors j'espère te revoir rapidement, en pleine forme et victorieux, parce que tu vas avoir une montagne de choses à faire à ton retour, juste pour te faire pardonner.
Ton frère, Steve.
   
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Je repose mon crayon avant de me relire rapidement, pliant soigneusement le papier pour le glisser dans une enveloppe. Je la posterais demain, sur le chemin de l'école. Je fais tourner le crayon entre mes doigts, alors que les notes de jazz se meurent doucement l'air, d'une façon presque triste… Je ferme les yeux, chantonnant doucement alors que je jure sentir les mains de Buck se poser doucement sur mes épaules. Seulement quand je rouvre les yeux, je suis toujours aussi seul.

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Mar 28 Avr - 16:59

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Steve & Bucky


Les jours passent. Après des jours de voyage sur un bateau de l'armée, on arrive dans un camp d'entraînement. Chaque jour, chaque minute je pense à Steve. J'imagine comment il a dû réagir en ayant trouvé ma lettre et en ayant appris ce que j'ai fait. Et je peux comprendre qu'il m'en veuille. A sa place, j'aurais eu envie de le tuer, et j'aurais eu envie de le serrer contre moi à l'étouffer pour lui dire de rester. La vache... j'ai peur. Peur qu'il me parle plus jamais. Qu'il m'en veuille au point de tirer un trait sur moi. Et je comprendrai, même si je crèverai de plus jamais entendre parler de lui, de plus jamais le voir, de plus jamais avoir de ses nouvelles. Steve. Mon Steve...

Les jours passent, et on arrive sur la base américaine située en zone libre. Le choc des cultures est immense. Là où aux Etats-Unis on avait accès à tout, avec des épiceries pleines, des magasins débordant de tout... j'ai l'impression de me retrouver au Moyen-Age, comme on nous apprend à l'école. Et ça me choque de voir les gens souffrir de la faim, faire la queue pendant des heures pour avoir des tickets de rationnement, ou des enfants et des femmes qui grapillaient ce qu'ils pouvaient dans les champs. De notre côté, on était plutôt bien lotis. La nourriture venait par les mêmes bateaux qui nous acheminaient, et on mangeait correctement. Dès le début, on nous a fait suivre un entraînement drastique. Course à pied avec son paquetage, parcours du combattant, pompes, tir, où je me suis montré plutôt bon. Et dans un sens, vivre comme ça, ça me permettait au moins de plus avoir le temps de penser. Penser à la maison, penser à ma vie, et surtout, penser à Steve. Savoir que je l'ai abandonné, espérer qu'il m'en veut pas. Enfin, espérer qu'il m'en pardonnera surtout. Les jours se passent, sans avoir de nouvelles, jusqu'au matin où l'ordonnance chargé de distribuer le courrier appelle mon nom. Je relève le nez de mon comics et attrape l'enveloppe qu'il me tend. Sauf que mon coeur s'arrête en reconnaissant l'écriture de Steve. Depuis mon départ, ma mère m'a écrit toutes les semaines et je m'attendais à ce que ce soit une des siennes. Là, je reste quelques minutes à simplement garder l'enveloppe entre les mains, à lire et à relire mon nom, "Sergent James Barnes, 107e régiment d'infanterie" tracé avec sa petite écriture fine et serrée. J'attrape mon paquet de clopes et mon zippo et je sors du baraquement. Mes plaques tintent contre mon tshirt blanc alors que je me glisse derrière le hangar où sont rangés les camions. Et une fois tranquille, je m'allume ma clope, et je déchire l'enveloppe, les doigts tremblants. Putain je suis tellement soulagé. Il m'en veut, mais pas au point de plus jamais me parler. Et je préfère qu'il me hurle dessus plutôt qu'il disparaisse...

J'inspire une profonde bouffée et commence à lire. Et je soupire de soulagement au point de presque en chialer. Je m'attendais au pire, à ce qu'il me passe un savon mémorable, qu'il m'engueule, à raison... mais au moins il me parle. Et il s'inquiète pour moi. Rah je suis content...comme une éclaircie au milieu d'un ciel lourd de nuages... Mon regard parcourt la lettre une fois, deux fois, trois fois, avant de la ranger dans ma poche, et de retourner au dortoir. Mon Steve... Je me sens mieux rien qu'à le lire...

Après dîner je m'installe dans le réfectoire vide avec un bloc et un stylo et je commence ma réponse.

20 décembre 1941
Mon frère,

Je suis tellement soulagé d'avoir de tes nouvelles! Pendant des jours j'ai guetté le courrier, la peur au ventre que ce que je t'ai fait... ait pour conséquence que tu veuilles plus jamais me parler. Et j'aurais compris pourquoi mais... depuis toujours, c'est à moi de te protéger, c'est à moi de veiller sur toi. Je l'ai promis à ta mère avant qu'elle meure et tu sais que je suis quelqu'un qui tient toujours ses promesses. Toujours. Et puis... je suis en bonne santé, je suis jeune et pas trop con. J'ai toutes les chances de t'en sortir. Toi, avec ta santé fragile, prendre un boulot en plus ça t'aurait juste tué. Et j'aurais pas supporté de te voir t'échiner. Maintenant c'est fait, le problème est en train de se régler, et dans quelques mois à peine tout sera remboursé.

Je suis arrivé à la base d'entraînement y'a un peu plus de deux semaines. En France. C'est un pays magnifique Steve, et je pense que t'aimerais venir voir les beaux paysages, même si la guerre laisse de grosses traces. Les gens ont peur et ils ont faim. Ils ont besoin de nous... Mais d'ici quelques années, quand tout ça sera terminé... on pourra revenir jouer les touristes, avec ton carnet à dessin et tes aquarelles. C'est loin d'être facile, la vie à l'armée, clairement moins que chez nous dans notre petit appart... heureusement que mon boulot sur les docks m'a gardé en forme. Je galère clairement moins que certains autres. Et en plus, comme je suis plutôt bon au tir, ils veulent que je suive une formation spéciale pour devenir sniper.

Ca devrait te soulager mon frère, car les snipers restent dans l'ombre, atteignent leur cible et disparaissent à nouveau. Je risquerai moins mes fesses que d'être sur le front, et j'aurais plus de chances de rentrer faire la vaisselle et le linge. Et te faire crier à en décoller le papier peint des murs et à faire croire à la petite mamie du dessous que j'ai pas qu'une fiancée, mais deux.

Je suis content que tu fasses gaffe à toi. Tu sais que je peux pas sauver tes fesses à distance alors ça me rassure d'entendre que t'essaies d'arrêter de sauver le monde. J'ai moins peur de te laisser tout seul si tu cours pas te jeter à la gueule de tous les crétins de la planète...

Je t'écris bientôt, et je dois m'arrêter là parce que mon régiment doit partir en manoeuvre jusqu'à demain. Alors prends soin de toi mon amour, et j'ai hâte d'avoir de tes nouvelles. Je suis tellement soulagé que tu m'aies écrit, ça me fait vraiment du bien... Et promis, je m'occuperai de tout en rentrant, d'accord?

Allez, j'ai hâte de te retrouver mon amour, t'imagines même pas à quel point tu me manques. Prends soin de toi...en attendant que je revienne le faire moi-même...

Ton frère,
Bucky.
   
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Mer 29 Avr - 18:24


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Bucky & Steven
Je pousse un long soupir alors que je dépose enfin mon carton à dessin contre la porte, le souffle court. Bon sang, je comprends pourquoi Buck voulait le porter… C'est vrai qu'avec la peinture, les blocs de dessin et tout le reste, j'ai eu du mal à venir à bout des escaliers… Sans compter que mon épaule droite me tue toujours autant… Enfin, ça ne m'étonne pas lorsque je vois l'état dans lequel j'étais hier soir en rentrant. J'arrive à me débarrasser de ma veste non sans esquisser une grimace de douleur. D'accord. La prochaine fois qu'un mec l'ouvre au cinéma, je ferais réellement attention à ne pas l'ouvrir. Sous aucun prétexte. Même si le gars est le dernier des cons. Ça ne vaut clairement pas la peine de se prendre une rouste, simplement pour le plaisir de prouver que le gars est un crétin bas du front. Je pousse un long soupir alors que je me laisse tomber sur le canapé, regardant le plafond.  Buck aurait été là, il aurait débarqué en plein milieu de la ruelle, aurait saisit le gars par le col avant de venir m'engueuler en me demandant si je n'étais pas complètement stupide. Et même si on se serait engueulé toute la soirée à cause de mon comportement, on aurait passé la nuit l'un contre l'autre… Seulement, hier il n'était pas là, ni pour me tirer de cette situation, ni pour panser mes blessures. Non hier soir j'étais toujours aussi seul, comme je le suis depuis que Monsieur a décidé de s'engager, soit-disant que c'était la seule solution pour payer mes frais d'hôpitaux. Des conneries. J'aurais pu me trouver un travail. Pas un truc extrêmement physique… Mais quelques chose… J'aurais peut-être pu me faire engager pour réaliser des illustrations… Parait que ça paie bien et selon mes professeurs, je suis doué pour ce genre de truc… Bon, ça m'aurait peut-être forcé à travailler plus tard le soir… Mais peut-être qu'il serait resté avec moi. Plutôt que de partir en Europe… En me laissant ici.

Depuis son départ, je vis un peu au ralentis… Je me contente d'aller en cours, de tenir l'appartement en état… Sans plus. Je n'étais pas déjà du genre à sortir tout les soirs, mais là, c'est à peine si je sors de l'appartement. Je n'ai presque plus besoin d'aller faire les courses, Madame Barnes passant toute les semaines pour prendre de mes nouvelles et m'apporter un million de choses à manger. Alors la seule chose pour laquelle j'ai vraiment besoin de sortir, c'est pour la lessive, mais là encore, quelqu'un dans l'immeuble finit toujours par venir m'aider… Comme un chat je m'étire sur le canapé avant de poser les mains sur mon ventre, fixant le plafond comme si j'y cherchais une quelconque réponse. En fait, ce qui me travaille en permanence, c'est Buck. N'ayant pas de nouvelles depuis ma lettre, je ne cesse de me demander si il va bien… Après tout… C'est la guerre…. Et… Enfin… Je pense que si il ne devait jamais revenir… Ma gorge se noue à cette simple idée. Non. Il reviendra. Et si jamais il me fait le coup de disparaître au combat, je jure que je serais sur le prochain bateau pour l'Europe, simplement pour aller lui botter le cul.

Alors que j'ai le nez dans un projet d'aquarelle et que notre vieux tourne-disque crachote un morceau de jazz, je sursaute en entendant la porte d'entrée s'ouvrir, manquant de me faire faire une bavure. Je cesse de respirer une seconde alors que je rattrape le pinceau au dernier moment et que le tintement familier des bijoux de Madame Barnes résonnent déjà à mes oreilles. Un sourire se dessine sur mes lèvres alors qu'elle commence à se plaindre du froid qui règne dehors, déposant sur la table de la cuisine une pile de courrier et un panier repas. Je remonte les manches du pull de Buck que je porte avant de me lever et de la rejoindre. J'ai à peine le temps de la saluer qu'elle me regarde complètement paniqué, posant ses mains sur mes joues.

"Mon dieu mon pauvre… Regarde dans quel état tu es ! On dirait que tu t'es battu… Tu te fais embêter par tes camarades de classe à l'école ?"

Bien malgré moi je baisse les yeux, presque honteux. À l'entendre on dirait que je suis un gamin de dix ans qu'on embête entre les cours pour lui voler son goûter. Chose que je ne suis plus. Et ce depuis longtemps. Je lève de nouveau les yeux vers elle lorsqu'elle me demande ce qu'il en est réellement.

"Non, non ce n'est rien… Je… Enfin, j'ai glissé dans la douche et en tombant je me suis cogné la pommette et je me suis mordu la lèvre… C'est tout…
- Quoi ? Oh mon dieu, trésor, faut que tu fasses attention ! Faudrait pas que tu te retrouves à l'hôpital à cause d'une bête chute !"

Je hoche gentiment de la tête avant de lui proposer de faire un thé, elle accepte, non sans me dire une fois de plus d'être prudent. Je fais chauffer une bouilloire d'eau avant de commencer à trier le courrier, soupirant à chaque nouvelles factures… La vache… C'est tout de même la seconde relance pour le loyer de ce mois-ci… Et pour l'électricité… Oh c'est la première… Bon j'ai encore le temps. Et entre deux lettres, j'en découvre une dont la calligraphie fait rater un battement à mon coeur. Buck. Le temps d'une seconde je n'écoute plus sa mère, me concentrant sur son écriture serrés qui indique simplement mon prénom et l'adresse de l'appartement. Je meurs d'envie de l'ouvrir et d'enfin lire de ses nouvelles… Mais j'ai peur que Madame Barnes se décide à lire par-dessus mon épaule et ne sachant pas ce qu'il a pu écrire ou non… Je préfère ne pas tenter le Diable. Surtout que j'aurais du mal à lui expliquer pourquoi son fils m'appelle "mon amour". Déjà qu'elle s'est posée des questions en voyant que je n'avais plus qu'un seul lit et que je portais sans cesse ses vêtements à lui. Ce à quoi j'avais répondu que de un, étant désormais seul j'avais eu envie d'un peu de confort supplémentaire et deux, ses vêtements étaient confortables pour travailler. Mensonges qu'elle a avalé sans poser plus de questions que cela. L'air de rien je repose le courrier sur la table, servant une tasse de thé brûlante à Caitlinn, papotant avec elle pour le reste de l'après-midi.

Cette dernière ne file que lorsque le soleil commence lentement à décliner, déposant rapidement un baiser sur mon front avant de quitter l'appartement, lui rendant un silence presque pesant. Un dernier soupir m'échappe alors que je retourne chercher sa lettre, m'asseyant sur le canapé, déchirant l'enveloppe les doigts tremblants. Des bonnes nouvelles. Dites moi que ce sont de bonnes nouvelles. Et alors que je commence à parcourir son écriture serrés, un sourire ne peut que se dessiner sur mes lèvres, même si je dois l'avouer, je ne peux m'empêcher d'essuyer du revers de la main la petite larme qui tente de rouler sur ma joue. Ce qu'il est bête. Je relis sa lettre une bonne dizaine de fois, avant d'aller jusqu'à mon bureau, attrapant une feuille de papier et un stylo, commençant déjà à lui répondre.

30 décembre 1941
Mon frère,


Tu as intérêt en effet à rentrer au plus vite, parce que le papier-peint commence à me donner la nausée, et ce serait avec plaisir que je le ferais se décoller avec toi. En plus de te faire faire toute la vaisselle… Parce que crois-moi, tu vas faire les assiettes jusqu'à la fin de tes jours Barnes.

Plus sérieusement, je suis soulagé d'avoir de tes nouvelles aussi vite. Je passe mes journées à espérer que tu vas bien et que tu évites de te mettre dans des situations impossible… Alors lire que tu t'es sors bien et qu'en plus tu vas peut-être pouvoir avoir un poste moins risqué, ça m'aiderait un peu à calmer mes angoisses. Mais fait attention tout de même. T'as beau être en bonne santé et pas être trop con, va pas non plus te faire tuer. Sinon je te jure que je vais te chercher jusqu'en enfer pour te passer le savon de ta vie, parce que comme tu le dis si bien, c'est ton rôle de me protéger et de veiller sur moi, alors dépêche toi de gagner cette guerre et de me revenir. Parce que tu me manques.

Pour parler de choses plus légères, je tiens à te rassurer à propos des cours, selon mes professeurs, je vais réussir mon année haut la main vu le projet que je suis en train de préparer. Je te le montrerais avec le plus grand plaisir mais bon… Alors à la place je te ferais parvenir quelques aquarelles que j'ai réalisé chez tes parents. Je sais que ce n'est pas grand chose, mais c'est tout ce que je peux t'offrir… Tu verras le reste quand tu rentreras. Sinon, je tiens à t'annoncer que malgré tes réticences je cherche un travail. Oh pas grand chose je te rassure, j'essaye simplement de me faire embaucher comme illustrateur quelque part… Donc tu vois, rien de dangereux. J'ai envoyé quelques résumés et quelques dessins un peu partout, espérant que l'on va me contacter sous peu. Et qui sait ? Peut-être que dans pas longtemps tu verras mes dessins être publiés ? Enfin, quoi qu'en France, ça m'étonnerait.

D'ailleurs, j'espère bien que tu m'y emmèneras. Il parait que les paysages sont sublimes là-bas. Tiens, considère que cela sera une autre façon pour toi de te faire pardonner, en plus de t'occuper de moi jusqu'à la fin de tes vieux jours. Mais rassures-toi, je fais attention, ta mère veille sur moi et les habitants de l'immeuble sont aux petits soins avec moi. La mamie juste en-dessous m'apporte le journal de temps à autre et le couple du deuxième m'invitent parfois à dîner avec eux… Bref, tu vois, tout le monde veut te voler ton rôle de protecteur…

Reviens-moi vite mon amour, et n'arrêtes jamais de m'envoyer de tes nouvelles.
Ton frère, Steve.
   
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Je plie la lettre et la glisse dans une enveloppe, avant d'y joindre comme promis quelques aquarelles que j'ai réalisés alors que je passais les fêtes de fin d'années chez les parents de Buck. Il y a là un portrait de sa mère qui s'active en cuisine, la vue que l'on peut avoir de sa chambre. Et sur le dos d'un des dessins, j'y glisse un post-scriptum où l'on peut y lire : "Promis, la prochaine fois, je t'envoie les croquis de nue de la modèle du jeudi…"

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Ven 8 Mai - 18:22

First Class




Steve & Bucky


Mes doigts tremblent alors que j'essaie tant bien que mal de répondre à Steve, à l'arrière du camion qui transporte notre unité vers un nouveau front. Il gèle foutrement fort, et mes doigts sont engourdis malgré les mitaines en laine kaki. Calepin calé sur les genoux, crayon en main, je commence à noircir les lignes tant bien que mal, malgré les cahots du chemin et les coups d'oeil des copains sur ce que j'écris.

"Eh ben Buck, on écrit à sa fiancée?
- Ouep les mecs!
- Eh, elle est mignonne? T'as une photo?
- Hors de question les mecs. Pas touche. Une beauté comme ça, je me la garde...
- T'es vraiment chien Buck!
- Eh ouais!"


Je jette un dernier coup d'oeil aux aquarelles qu'il m'a envoyées dans sa dernière lettre. Il est foutrement doué le salaud...Plus que je le serai jamais...

" C'est elle qui fait ça?
- Ouais les mecs!
- La vache elle est douée!
- Oh oui!
- Si elle est aussi jolie qu'elle dessine bien, elle doit être canon à se damner...
- C'est l'idée. Et quand on sortira de cet enfer, elle m'aura sur le dos jusqu'à la fin de sa vie, jte le garantis!"


Et intérieurement je me marre. Parce que moi je vois exactement Steve sur le canapé en train de dessiner mon père qui décore le sapin et qui prépare les cadeaux des petits, ma mère qui s'agite encore pour vérifier que tout est prêt. Un repas divin. Tout le monde qui rit et qui chante. Et ma gorge se serre en me demandant s'ils ont pensé à moi. La vache, c'est vraiment dans des moments comme ça que la maison me manque. Celle de mes parents, et notre petit appart de Brooklyn... Que ma famille me manque, et Steve. Je me rappelle nos baisers, les dimanche matin passés à traîner au lit, à dessiner, à s'embrasser et parler, ou encore à faire grincer le lit au point que la petite mamie ne chope Steve dans les couloirs pour lui demander si ma fiancée pouvait faire moins de bruit et si lui, ça le dérangeait pas trop. Le fou rire quand il m'a raconté ça, surtout que lui était rouge de confusion. J'ai envie de retourner au ciné et de lui prendre la main dans le noir, je veux bosser avec lui sur nos stupides rendus et nous battre avec de la peinture... Je veux tout ça au point d'en avoir mal.

Parce qu'ici c'est la mort. La mort et la destruction. Le ronron de la circulation et le jazz des voisins sont remplacés par les hurlements des sirènes, le bruit des obus qui tombent. Parce que chaque jour ici, je le passe avec la peur au ventre. Parce que j'ai l'odeur de la mort dans le nez et je sais pas si un jour elle partira. Alors penser à lui, à nous, ça me permet de tenir. De me dire que je retrouverai tout ça. Que ces quelques mois en enfer seront loin, très loin... Et c'est aussi pour ça que je veux pas lui en parler.

20 décembre 1941
Mon amour,


Je suis content pour ton boulot d'illustrateur. Je suis sûr qu'avec ton talent tu les mettras tous à genoux et ils se battront pour t'avoir! D'ailleurs, t'oublieras pas de m'envoyer tes dessins si jamais ils paraissent. Même si c'est pour vendre de la soupe ou du dentifrice! Je veux pouvoir montrer ça aux copains du régiment et leur dire que c'est mon amour qui l'a fait! Et pour l'école, encore heureux que tu sois diplômé, feignasse! Après toute l'énergie que j'ai dépensée pour t'y traîner tous les jours, c'est la moindre des choses, que tu le décroches. Et on le fera fièrement trôner dans le salon! J'aimerais juste pouvoir y être...

Sinon on a commencé à aller sur le front. Ca y est, mes classes sont terminées, et le sergent Barnes a été déclaré bon pour le service en tant que sniper. Je t'écris depuis le camion qui nous emmène en Allemagne, alors excuse la lettre absolument dégueulasse. Pas évident d'écrire avec le camion qui cahote sur les chemins défoncés. C'est dur, je te le cache pas, mais je me sens utile. On sent que grâce à nous, des pauvres gens auront plus à subir ces salauds de nazis. Et c'est bien.

Je suis content de voir que d'autres ont pris le relais pour veiller sur toi. Maman ça m'étonne pas, et les habitants de l'immeuble non plus. Je me rattraperai auprès de tout le monde pour avoir occupé mon rôle pendant mon absence. Et une fois là, je resterai le seul et unique chevalier de la salle de bains, pourfendeur de la vaisselle sale et champion du linge à laver. Parce que je te préviens qu'avec tout le temps qu'on va passer au lit, on va devoir les changer souvent, les draps.

Ma princesse, ton absence me tue, j'en crève de plus te sentir contre moi, de plus t'embrasser, de plus voir ton sourire le matin quand tu émerges des couvertures, et ça me manque même que tu baves plus sur mon torse pendant ton sommeil... Quand je reviens je te lâche plus. Plus d'une semelle. C'est une promesse autant qu'un avertissement. Reçu?

Je dois te laisser mon amour, on arrive bientôt et un caporal va faire la tournée pour ramasser le courrier. J'en dirai plus la prochaine fois. Prends soin de toi, pour que tu sois en état quand je reviens!

Je t'aime comme jamais j'aurais cru possible...

Ma princesse au souffle cassé, mon amour.

Ton Bucky.

PS : Tes aquarelles sont sublimes. Avec ça ils vont se mettre à genoux devant toi!
   
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Sam 9 Mai - 13:48


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Bucky & Steven
Je repousse les draps alors que je me glisse hors du lit, ne pourtant comme pyjama qu'une chemise de Buck. Je m'étire une fois de plus alors qu'un soupir m'échappe. Je déteste être dans cet état. J'ai pas de raison d'angoisser après tout. C'est que la remise de diplômes… Ouais "que", c'est ce que je me répète depuis des jours, juste histoire de ne pas trop me ronger les sangs. Je sais que je l'ai décroché, et ce avec les félicitations du jury, malgré mes nombreuses absences…. Et plus j'y pense, plus je suis malheureux de l'avoir décroché sans lui… J'aurais aimé découvrir les résultats avec Buck, de pouvoir me jeter dans ses bras en voyant le petit "reçu avec mention" à côté de mon prénom. Puis croiser son regard et lui sourire… J'suis sûr qu'on serait bien rapidement rentrés à la maison pour fêter ça… Je me serais laissé aller dans ses bras, à l'embrasser, sentir le grain de sa peau sous mes doigts… Et ouais, on aurait fait hurler les ressorts du matelas. Puis ensuite, on serait restés l'un contre l'autre… À parler de ce que l'on allait pourvoir faire… À se trouver un petit boulot comme illustrateur… Bref… On aurait fait des plans sur la comète… Lui passant ses doigts dans mes cheveux alors que je serais là, à déposer des baisers dans son cou… Lentement je sens un poids peser sur mon coeur… C'est dans ses moments-là où son absence me coûte le plus.

Je pousse un autre soupir avant de passer une main sur mon visage, refoulant le sanglot qui est coincé dans ma gorge. Du calme Steve. Ça va aller, ça doit aller. C'est pas le moment de faire une crise, pas alors que t'es seul et pas la veille de cette fameuse remise. Faut que j'y sois. Faut que je récupère mon diplôme… Au moins pour lui. Pour qu'à son retour, je puisse l'accrocher dans le salon et lui dire "T'as vu ? Je me suis battu jusqu'au bout. Je l'ai décroché pour nous." Même si… Même si j'aurais aimé qu'il le décroche avec moi. Je remonte doucement l'appartement, me dirigeant vers la cuisine. J'ouvre doucement la fenêtre et récupère la bouteille de lait. Buck serait là, il se foutrait de moi, à me voir me faire un lait chaud à cette heure… Je verse le lait dans la casserole et alors que je surveille tout ça… Je ne peux m'empêcher d'essuyer une larme du coin de la manche. Je donnerais tout pour qu'il soit là, avec moi… Et si je ferme les yeux… Je peux presque entendre sa voix un peu rauque dû au sommeil, me traiter de chaton. Son ton m'aurait filé des frissons et je lui aurais rétorqué avec un sourire que si il continuait, je finirais par me venger, en lui bavant dans le cou par exemple… J'essuie une autre larme alors que le lait commence doucement à frémir. Peut-être qu'il aurait rit… Peut-être qu'il se serait relevé pour me rejoindre… Peut-être qu'il serait venu m'embrasser dans le cou, en susurrant contre ma peau bien des choses… Et on en aurait oublié le lait… Mais ça n'arrivera pas. Parce qu'il n'est plus là.

J'ai à peine le temps de finir de boutonner ma chemise, que j'entends déjà la porte s'ouvrir, et que la douce mélodie des perles de verre me parvient. Je pousse la porte de la salle de bain, y trouvant Madame Barnes, vêtu de sa plus belle robe. Et voilà qu'elle se jette sur moi, déposant ses lèvres pleines de rouge à lèvres sur mon front, avant de me dire à quel point elle est fière de moi et que de toute façon, elle savait que j'allais y arriver. J'ai un sourire gêné alors que je la remercie, allant jusqu'à rire franchement lorsqu'elle commence à rajuster ma chemise, mes bretelles, passant ses doigts dans mes mèches blondes, soit-disant parce que je me dois d'être impeccable aujourd'hui. Je n'avais pas pu eu mon mot à dire la semaine dernière. Lorsque je lui ai dis que j'avais réussis, voilà qu'elle avait pleuré en me disant qu'elle était si fière de moi… Et que pour la remise, toute la famille serait là… Et bien sûr, quand j'avais osé lui dire qu'il ne fallait pas se donner tout se mal pour moi, je m'étais gentiment fait rabrouer. "Tu as finis mon garçon ? C'est très important pour tout le monde ! Et puis ta mère me tuerait si elle savait que je te laissais seul en une pareil journée !" J'avais esquissé un sourire un peu triste. Seul. Ouais. Je le suis désormais… Mais il y a quelques mois… Je pensais que Buck serait à mes côtés aujourd'hui… Et pas quelque part en Europe… Je la laisse vérifier une dernière fois ma tenue avant de déposer un dernier baiser sur ma joue, me laissant fermer la porte de l'appartement alors qu'elle fait la conversation pour deux.

Pendant tout le trajet, j'ai le droit à tout les potins du coin, et je n'ose l'interrompre, parce que je comprends qu'elle tente simplement de combler mes silences, parce qu'elle sent au fond que malgré l'importance de cette journée, le coeur n'y est pas. Je me contente donc de simplement hocher la tête de temps à autre, lui adressant par moment de rapide sourires. Et finalement on y arrive. L'école. Tout le monde est en liesse malgré le froid. Tout le monde semble porter par cette allégresse, parce que ça y est… Tout est finis. Tout le monde semble fêter une victoire… Et toute cela me semble si vague, si creux. C'est à peine si j'entends les milliers de discussions autour de moi, mon se perd dans la foule alors que je ne rêve de croiser qu'un seul sourire. Celui de Buck. De le retrouver, entre deux étrangers, avec ce sourire en coin et ce regard de sale gosse prêt à commettre une énième bêtise. Le temps d'un instant le monde semble tourner sans moi, alors que je le cherche presque désespérément… Mais rien. Juste Caitlin qui m'attrape par le bras, m'entraînant vers son mari qui nous attend non loin de là. Ce dernier m'ébouriffe rapidement les cheveux avant e m'adresser un simple sourire, que je lui rends le plus sobrement possible. Il est toujours comme ça avec moi. Peut-être parce qu'il ne sait pas sur quel pied danser. Je ne suis pas vraiment son fils, et pourtant… C'est comme si j'étais de la famille. Du moins c'est ce que sa femme lui répète sans cesse à mon avis. Même si je sais qu'au moindre problème, il serait là pour m'aider. C'est juste qu'un simple "Salut gamin" nous suffit à tout les deux. J'ai un sourire alors que Caitlin recommence à dompter mes mèches blondes, ronchonnant contre son mari en lui disant que je me devais d'être présentable… Surtout quand on se retrouve être le major de sa promo.

Un sanglot immense me noue la gorge alors que je récupère mon diplôme, recevant une fois de plus quelques félicitations pour ma ténacité et mon travail. Mon professeur me serre la main avant de me dire qu'il est heureux de voir que malgré tout mes soucis de santé, je n'ai jamais baissé les bras, que je me suis battu jusqu'au bout. Je le remercie avant de le laisser filer, entendant déjà la mère de Buck m'appeler au loin. J'ai à peint le temps de lui faire un signe qu'elle me tombe dessus, me prenant dans ses bras, alors que de grosses larmes coulent sur ses joues. "Oh mon Steve que je suis fier de toi mon petit… Oh si ta mère te voyait…", ne cesse-t-elle de répéter alors qu'elle me serre tout contre son coeur. Je lui rends son étreinte, un sourire aux lèvres. Si Buck et ma mère me voyaient, ouais ils seraient fiers. Ils me diraient qu'ils savaient que j'allais réussir. Du moins, Buck m'aurait susurré ça entre autre. Je croise enfin son regard et lui sourit, essayant de réprimer mon envie de fondre en larme avec elle. Ouais c'est une sacrée journée… La plus belle de ma vie… Non. Elle l'aurait été si il avait été là. J'écoute d'une oreille plus distraite ses compliments dont elle m'abreuve, avant de revenir à moi lorsque son mari me propose de prendre une photo. Histoire d'immortaliser ce moment. Je tente d'esquiver cela, mais on ne me laisse pas vraiment le choix. Diplôme en main, et Caitlin à mes côtés, j'esquisse un sourire, presque triste. Et je fonds en larmes, aussitôt le flash passé. Tout le monde me regarde, un peu amusé, Madame Barnes pensant que c'est simplement l'émotion, la joie d'avoir réussis. La vérité, c'est que cette photo, j'aurais aimé la prendre avec Buck.

Une petite semaine s'est écoulé depuis la remise des diplômes… Et pendant ses quelques jours, je n'ai fait qu'être le nez dans ma gouache, à peindre sans cesse et sans relâche pour un publicitaire qui, suite à un entretien m'avait embauché pour réaliser quelques illustrations… Ainsi depuis quelques jours, je ne cesse de travailler sur une pub pour une marque de cigarette… Faut bien commencer quelque part après tout… Puis bon, si ça me permet de me faire un peu d'argent et m'offrir un peu de visibilité, je ne vais pas me plaindre. Je m'étire un peu alors que je m'adosse contre le dossier de ma chaise, poussant un soupir tandis que mes épaules me hurlent de faire une pause. Seulement, j'aimerais ne pas traîner et travailler pendant que j'en suis capable… Avant que je n'ai une crise ou un subit coup de barre… Je me reposerais quand je serais pas bien, là pour l'instant, autant en profiter pour avancer. Et alors que j'ai le nez dans la peinture, je n'entends pas forcément Caitlin entrer dans l'appartement, comme elle le fait toutes les semaines. Je sursaute alors qu'elle referme la porte, avant de presque se jeter sur moi, pour me prendre dans ses bras.

"Alors, c'est ça ? Ce sur quoi tu travailles ? Fais voir…. Oh… C'est beau…. Et on verra ça dans toute la ville ?
- Oui… Enfin dans toute la ville je sais pas… Il m'a dit que ça sera d'abord publié dans certains journaux… Et si ça marche pas mal… Ils verront pour me confier un truc plus important…
- Je suis sûr que ça va marcher mon petit, avec ton talent, impossible que les gens n'aiment pas !
- Espérons."

Je lui adresse un sourire alors que je repose mon pinceau, décidant que finalement, une petite pause ne serait pas de trop… Et avec elle dans les parages, je n'arrivais pas à avancer de toute façon donc bon… Je referme mes tubes de gouaches avant de lui proposer un thé… Elle ne dit rien jusqu'au moment où elle me lance un "au fait" presque surpris. Je hausse un sourcil alors qu'elle me dit avoir quelque chose pour moi. Et là où je m'attends à des bocaux ou une montagne de cookies, voilà qu'elle tire une photo de son portefeuille. Du bout des doigts je l'attrape, y découvrant mon sourire et le sien… Je m'assombris quelque peu alors que je parcours celle-ci du regard, ne ressentant qu'un pincement au coeur. Je sais qui aurait été heureux de la prendre avec nous, qui aurait adoré poser à mes côtés, comme ce jour à Coney Island. Rapidement je retrouve un semblant de sourire alors qu'elle m'annonce qu'elle doit me quitter plus tôt aujourd'hui… Mais que je n'avais pas à m'inquiéter, elle repasserait la semaine suivante. Elle dépose un dernier baiser sur ma joue, me disant de ne pas oublier le courrier qu'elle avait déposé dans l'entrée. Je la rassure une dernière fois avant de pousser un soupir lorsqu'elle ferme la porte. Je considère du regard le courrier avant d'aller l'éplucher, assis devant ma tasse de thé, repoussant une fois de plus les factures au loin… Faudra que je m'en occupe, quand j'aurais l'esprit à ça… Je ferais ça demain, histoire de ne pas traîner. Puis je tombe enfin sur une lettre de Buck. Sa lettre. La seule chose que j'ai réellement envie de lire… Un sourire triste m'échappe. A chaque fois que je lui réponds, j'ai la trouille qu'il ne puisse pas le faire… Ou qu'il ne reçoive pas les miennes… Et pour rien au monde je ne voudrais qu'il pense que je lui en veux… Que je ne veux plus lui parler ou pire, que je ne l'aime plus… C'est donc fébrilement que je déchire l'enveloppe, parcourant du regard son écriture particulièrement brouillonne. Et ses mots m'arrachent autant de sourires  que quelques larmes. Moi aussi ça me tue de ne plus être contre toi… De ne plus sentir tes lèvres dans mon cou le matin… Autant de gestes et d'attentions qui rendent encore plus cruel ton départ… Je tente de ravaler une fois de plus ma tristesse avant de jeter un rapide coup d'oeil à mon travail…

10 janvier 1941
Mon amour,


À ton retour, nous aurons tant de choses à fêter. Tout d'abord le fait que tu aies gagné la guerre et que tu sois enfin de retour auprès de moi…. Mais aussi le fait que j'ai été diplômé, enfin ! Et ce avec les félicitations du jury. Imagine ma joie… Même si pour être franc, j'aurais aimé que tu sois avec moi ce jour-là, pour découvrir les résultats… J'aurais aimé que tu sois à mes côtés, histoire que je puisse me jeter dans tes bras… J'aurais aimé qu'on soit tout les deux à le décrocher… Mais rassure-toi, ta mère a pris une photo de nous que je te joindrais. Sinon, sache que j'ai décroché mon premier boulot ! Bon ce n'est pas grand chose… Mais ça m'aidera à me lancer dans le milieu, et si tu veux tout savoir, c'est pour une pub de tabac… Qui sait, peut-être que cela viendra jusqu'à toi ?

Je ne te cacherait pas mon inquiétude face à ce que tu m'envoies… Te savoir sur le front m'effraie au plus haut point, même si je sais que tu te sors de toutes les situations… Fais attention. Je t'en prie. Je ne voudrais pas qu'il t'arrive quoi que ce soit… Parce que, d'autres ont beau veiller sur moi, il n'y a qu'avec toi que je me sens vraiment en sécurité. Il n'y a que dans tes bras que je suis bien et il n'y a que ta voix qui puisse me calmer dans les pires moments… Alors je t'en prie mon amour, sois prudent. Je t'aime bien trop pour être capable de supporter l'idée même de te perdre.

Ton absence me coûte tant, c'est comme si je me sentais lentement sombrer. Moi aussi j'aimerais que tu sois là, à me prendre dans tes bras, à me susurrer des mots doux alors que tu embrasses ma peau… Tu sais certains jours, j'espère sincèrement que je ne réveillerais pas seul dans nos draps, que tu seras là, à me sourire… Alors ouais, t'as intérêt à revenir pourfendre le monstre qui sévit dans l'évier, t'as intérêt à me serrer dans tes bras jusqu'à m'en étouffer… Et quand tu seras là, on quittera même pas le lit… Faudra bien qu'on rappelle à la mamie que t'as une fiancée qui t'aime… Et crois-moi, quand tu vas revenir, au bruit que je vais faire, elle va croire que tu me tues.

Il faudra qu'on fasse tant de chose à ton retour… Comme retourner à Coney Island… Ne serait-ce que pour profiter de la plage et de la mer… Alors j'attends ton retour avec impatience mon amour… Et bien sûr, je fais attention à moi, et à ton retour, je serais dans une forme éblouissante. J'espère avoir rapidement de tes nouvelles mon amour…

Je t'aime plus que tout a monde mon amour… Mon Buck.

Ta princesse au souffle cassé,
Ton Steve.
   
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Dim 10 Mai - 14:39

First Class




Steve & Bucky


"Buck? Courrier!"

Je repose mon flingue que j'étais en train de nettoyer et graisser avant de me redresser, et tendre la main vers le soldat qui fait office de facteur. L'armée américaine a ça de bon que pour eux, bien nous faire manger, et surtout qu'on reçoive souvent du courrier de la maison aide au moral des troupes. Et donc nous donne des chances supplémentaires de gagner. Et pour la bouffe, à la rigueur je m'en fous, même si je me damnerais pour un truc préparé par ma mère, c'est surtout les lettres qui me font tenir. Celles de mes parents, c'est sûr, qui me racontent la vie de tous les jours, là-bas, à New York, là où la vie semble continuer, comme si de rien n'était. Comme si des gens étaient pas en train de mourir de l'autre côté de l'océan. Comme si c'était pas la guerre, au loin. Et celles de Steve. Surtout celles de Steve. Savoir qu'il va bien, qu'il se débrouille, ça me rassure. Et je culpabilise moins de l'avoir laissé, même si je crève de son absence.

J'attrape la lettre et retourne m'asseoir sur mon lit de camp, dans la tente glaciale. On est dix dedans, et dans des états plus ou moins sales. Je déchire l'enveloppe et la première chose que je sors est une photo. Il me faut une seconde ou deux avant de comprendre, et je sursaute en entendant la voix de Thomkins.

Alors, c'est elle ta fiancée?

Pendant une seconde j'ai failli répondre "Oui!" avant de me rappeler ce que j'ai entre les mains, et lever le nez vers lui sans comprendre.

"Elle est sacrément canon!
- Mais espèce de con c'est ma mère!
- Pardon mec. Elle est jolie ta maman.
- Mouais...
- Et l'autre type, le gringalet là?
- Mon meilleur ami. C'était...le jour de son diplôme...on était dans une école d'art avant mais...moi je suis venu ici. Excuse mec..."


Je me relève et sors, la lettre en main et mes clopes dans l'autre, et je fais quelques pas pour être un peu plus au calme dans la forêt. Et parce qu'à la seconde où j'ai regardé la photo j'ai eu la gorge nouée. Et je voulais être seul. Parce que je risquais de craquer. Je m'assieds sur un arbre renversé, et lutte avec le vent pour allumer ma clope. Je m'essuie vite fait les mains sur mon treillis pour virer la graisse et je déplie lentement la lettre, que je lis à la lueur du briquet. Mes épaules se secouent lentement quand mes yeux filent sur les lignes de sa belle écriture fine et serrée. Une vraie écriture de fille. Et je ris en même temps que des larmes roulent sur mes joues sales et mal rasées.

Tu l'as fait petit con. Tu l'as fait...

Et je chiale comme un gosse, seul dans les bois. Soulagé. Parce que là, je sens juste que...ce que j'ai fait, même si c'est dur à en crever. Même si j'en bave tous les jours, avec le froid, la peur, la mort aussi, ça a permis ça. Qu'il y arrive. Que lui fasse ce qu'il veut. Mon Steve. Mon amour. Il l'a fait. Malgré toutes les emmerdes...il l'a fait. Et je l'y ai aidé. Enfin.
Je lis et relis sa lettre, et regarde la photo, manquant même de la cramer quand un coup de vent fait vaciller la flamme trop près du papier, et je l'éteins vite fait entre mes doigts. Merde.

Buck? Ramène ton cul! Briefing!

La lettre et la photo, comme toutes ses lettres, ses dessins, tout, je les garde dans la poche de mon treillis, et je range tout avant de filer en direction du camp. J'inspire profondément, je sèche mes larmes et entre dans la tente de commandement. Et une heure plus tard on retourne dans nos tentes. J'ai la gorge nouée par rapport à ce qui va se passer demain. Et on part aux aurores. Si je veux lui répondre, c'est maintenant. Alors j'attrape une lampe tempête et me planque un peu pour pas déranger les copains qui dorment.

20 janvier 1942
Hey ma princesse,


Je viens à peine de recevoir ta lettre que je te réponds déjà. Demain on va attaquer une base nazie, et je te cacherai pas que j'ai peur. Mais si on les fait tomber, ça fera une belle percée en territoire ennemi. Et comme on se lève aux poules, et que j'aurai pas le temps d'écrire après, je griffonne quelques mots.

Bravo pour ton diplôme. Je savais, je savais du fond de mes tripes que tu y arriverais. Et je suis fier de toi. Tellement fier. Malgré tout on partait perdants, toi encore plus que moi, mais on a rien lâché, et ça y est. Te voilà diplômé sale bête. Dis-toi que je suis allé me planquer dans les bois pour chialer comme une gonzesse tellement j'étais content. Pour toi. Surtout que t'as trouvé un boulot dans la foulée. Si ça se trouve c'est moi qui vais rentrer et me faire entretenir par ma princesse. T'as intérêt à m'envoyer une de ces pubs hein, je te préviens!

D'ailleurs, personne se doute de rien dans mon régiment, mais ils savent tous que j'ai une fiancée dont je relis les lettres sans cesse et qui m'envoie de si beaux dessins. D'ailleurs, en ouvrant ta lettre et vu la photo, un de mes potes a cru que ma fiancée, c'était ma mère. J'étais à deux doigts de lui péter les dents. Crétin.

Enfin bref. Je crève de pas t'avoir auprès de moi, même si nos conditions de vie t'auraient déjà achevé au moins deux, si c'est pas trois fois. Facile. Alors t'es bien mieux dans notre petit nid à Brooklyn. J'ai hâte de rentrer, hâte de revoir le canapé moche, hâte de dessiner à notre table avec toi en face de moi et un vinyle qui tourne. Hâte d'aller au ciné et de retourner à Coney Island... On fera tout ça. Je te le promets. Bientôt. Et je compte bien te tuer au lit, et faire croire à la mamie que c'est tout un harem que je dois honorer!

Bon je dois te laisser, je vais grapiller quelques heures de sommeil avant qu'on se mette en route. Prends soin de toi, profite de chaque jour en solitaire, parce que t'en auras plus un seul une fois que je serai revenu. Et si on pouvait, je t'assure même que je t'épouserai en rentrant. Histoire de te passer la lettre au cou définitivement.

Je t'aime ma princesse, continue sur cette voie et à très vite. Je t'écris dès que ma mission est terminée.

Ton Buck.
   
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Dim 10 Mai - 22:12


❝First Class❞
Bucky & Steven
"Sa fiancée ? Euh… Je ne sais pas Madame… Vous savez, Buck n'étant plus là, elle ne passe plus à l'appartement…"

Je passe une main dans ma nuque alors que j'ai l'impression que le col de ma chemise tente de m'étrangler. Je suis à deux doigts d'ailleurs d'en faire sauter le premier bouton pour ne pas m'étouffer… Je pensais être tranquille à la laverie, à regarder les draps gentiment tourner, mais voilà que la fameuse mamie qui habite juste en dessous de chez nous, se décide à venir me tenir compagnie… Et ainsi, depuis dix minutes, elle ne cesse de me demander si je vais bien, si la vie n'est pas trop dur sans mon charmant colocataire… Et donc forcément, le sujet de sa fiancée qui fait un peu trop de bruit à son goût est forcément venu sur la table. Voilà qu'elle voulait savoir ce qui advenait de la fille, sûrement fort charmante, qui passait régulièrement à l'appartement pour voir son fiancé… Si elle savait. Si elle savait que cette demoiselle un peu trop bruyante n'était autre que le jeune homme aux joues rougis qui se tient face à elle. Oh la tête qu'elle tirait je pense. Je me racle la gorge alors que de plus en plus mal à l'aise, j'en viens à prier qu'elle se taise… Ou que quelque chose vienne me sauver. Et je jure que je manque de m'étouffer lorsqu'elle me demande si je n'en ai pas une de fiancée… Oh mon dieu, tuez-moi par pitié. Mais heureusement, voilà que j'entends la machine se terminer. Merci. Je pousse un soupir avant de m'excuser, attrapant mon panier alors que j'ouvre le tambour, récupérant les draps dans le séchoir. Et une fois le panier remplit, je lui bafouille une excuse ou deux avant de m'échapper du sous-sol, poussant un lourd soupir quand j'arrive au rez-de-chaussée. Je pose celui-ci avant d'aller vérifier ma boîte aux lettres… Et étrangement, aujourd'hui, je n'en trouve qu'une. Une sur laquelle se trouve l'écriture de Buck. Un sourire se dessine sur mes lèvres alors que je referme mes doigts dessus, la glissant ensuite dans ma poche avant de récupérer mon panier, grimpant aussi vite que possible les nombreux étages. Et malgré mon envie de pouvoir le lire au plus vite, je me retrouve obligé de faire des pauses de temps à autre, ne serait-ce que pour retrouver mon souffle.

Finalement je finis par atteindre l'appartement, faisant rapidement le lit avant de me jeter dans les draps fraîchement lavés, tirant la lettre de ma poche. Et un sourire m'échappe. Parce que je repense à ses journées où nous étions aussi allongés tout les deux dans ce lit, à somnoler… Il me suffit de fermer les yeux pour sentir son bras autour de ma taille, ses lèvres qui déposent de tendres baisers sur ma nuque, alors que l'odeur du linge propre me chatouille le nez. Seulement je rouvre les yeux, et il n'y a que moi, allongé dans les draps, sa lettre toujours en main. Je pousse un soupir avant de déchirer l'enveloppe, en tirant la lettre que je commence à lentement parcourir du regard. Et comme à chaque fois que j'ai le plaisir de le lire, j'oscille entre les larmes et les rires… Parce que moi aussi j'ai peur pour lui, mais je ne peux m'empêcher de sourire quand je lis que ses frères d'armes me prennent pour sa fiancée… Et voilà qu'il en rajoute une couche en me disant qu'il veut m'épouser.

"Crétin… T'en serais capable en plus…"


J'essuie une larme qui perle au coin de mes yeux, alors qu'étrangement fatigué, je somnole doucement, relisant sa lettre encore et encore, jusqu'à finalement sombrer, le nez dans son oreiller.

Je m'étire doucement alors que je regarde le plafond, les yeux encore collés par le sommeil. Une étrange lassitude s'empare de moi. Étrangement je n'ai envie de rien.. Enfin… Disons plutôt que je n'ai qu'une envie… Lui répondre. De coucher sur le papier tout ce que je ressens, lui répéter autant de fois qu'il le faut que je l'aime… Car ne pouvant lui susurrer à l'oreille entre deux baisers… Je me dis qu'en lui écrivant… C'est comme une façon de me rattraper pour tout ses mots d'amour que je ne peux lui offrir actuellement…  Je pousse discret soupir avant de me lever, m'asseyant à la table de la cuisine pour lui répondre.

Il me faut une partie de l'après-midi pour lui écrire cette fameuse lettre dans laquelle je lui dis à quel point il me manque, à quel point je l'aime… À quel point j'aimerais qu'il soit là avec moi. Je glisse le papier dans une enveloppe, que je pose ensuite sur la table du salon, avant d'aller m'écrouler dans le canapé pour lire un bouquin, me laissant bercer par le bruit qui me parvient de la rue.

*

C'est pas normal. D'habitude, j'ai au moins une lettre tout les dix jours, et là quinze jours on passés et rien. Pas un mot. Pas une lettre rien. Et je me ronge les sangs. J'angoisse, nuit et jour je ne cesse de me torturer, me demandant pourquoi il ne me répond pas. Je sais que dans sa dernière lettre il m'avouait devoir aller attaquer une base… Et que la mission allait très certainement l'empêcher de m'écrire rapidement… Qu'il allait devoir attendre que leur opération se termine pour me donner des nouvelles. Mais je n'y peux rien, j'ai peur… Peur de ne rien recevoir, peur qu'il lui soit arrivé quelque chose. Alors ça fait quelques jours que je guette le courrier, le coeur battant, à simplement espérer que je vais finir par recevoir une lettre, juste une… Mais rien. Tout reste désespérément vide et soudain, je réalise qu'il y a peut-être une chance que je le perdre, qu'il ne me revienne jamais… Non. Non. Je préfère ne pas y penser. Il reviendra. Il me reviendra, mon Buck. Lui et moi on pourra à nouveau se câliner, s'embrasser, se dire qu'on s'aime. On pourra retourner à Coney Island, avant de passer des heures à faire gémir le lit, avant de simplement se raconter un million de choses, alors qu'il passe ses doigts dans mes cheveux… On aura le droit à tout ça, à nouveau.

Mes doigts tremblent alors que je reconnais ma propre écriture sur l'enveloppe, saccagé par un immense tampon rouge mentionnant "Disparu au front." Je déglutis difficilement alors que mon cerveau tente de me faire parvenir l'information. Disparu. Au. Front. Mon Buck… Impossible. Mon souffle se fait plus court alors que le rouge de la typographie m'agresse presque. Il peut pas… C'est… C'est Buck. Il ne peut pas mourir, il a toujours été l'immortel de nous deux, celui à qui il n'arrivait rien, celui qui se sortait de toutes les situations… Celui qui avait promis de me revenir… Il peut pas… Je sens les larmes monter, alors que je réprime un sanglot, sentant mes épaules être parcourut de légers tremblements. Non, je dois pas craquer, pas ici… Pas dans le hall devant la boîte aux lettres. Je dois remonter vite… Avant… Avant que je cède. Je froisse la lettre dans ma main alors que je remonte les escaliers, courant presque, refusant de m'arrêter ou de ralentir pour mes poumons à l'agonie. Et c'est presque au bord d'une crise que je m'écroule contre la porte, ne pouvant retenir un sanglot déchirant, un de ceux qui secoue violemment mes épaules alors que je sens les larmes rouler le long de mes joues. Mes genoux ramenés contre moi, je serre presque douloureusement la lettre entre mes doigts, alors que je sens quelque chose céder en moi. Mon Buck, mon amour… "Disparu au front…" Lui qui avait promis de me revenir, lui pour qui je serais capable de mourir, la seule personne avec qui je me sentais vivre… Mon amour, mon frère, mon amant… Disparu. A jamais. La lettre se froisse et ne devient que poussière entre mes doigts, alors que je reste là, à pleurer la mort de l'homme que j'aime.

Et pendant des jours, je ne fais plus rien. J'arrête de vivre. Je mange à peine et quitte mon lit simplement le temps d'aller prendre une douche. Avant de retourner me dissimuler sous les draps, le nez dans son oreiller à chercher la moindre trace de sa présence… Mais il y a bien longtemps que le temps a effacé son odeur… Que ce soit du lit, de ses vêtements… Il ne reste de rien de lui, rien… Juste les souvenirs que j'ai de lui… Les jours passent, et je ne les compte pas. Parce que plus rien n'a d'importance. Ainsi je me laisse sombrer pendant plusieurs jours, avant que Madame Barnes ne passe. Et pour une fois, je n'entends rien. Pas le tintement des perles de verres, pas un "Steve mon chéri ?", rien. Juste ses talons sur le plancher et sa voix, inquiète qui me cherche.

"Steve ?"

Je ferme les yeux, le nez dans l'oreiller. Elle sait. Elle sait que je suis au courant… Que j'ai appris pour son fils… Elle s'en doute. Je la laisse approcher sans bouger, frissonnant simplement alors qu'elle pousse doucement la porte de la chambre, chuchotant un "pauvre amour" alors qu'elle s'approche. Je la sens s'assoir à mes côtés dans le lit, passant une main tremblante dans mes cheveux.

"Tu es malade ?"

J'aimerais. Je préférais. Sincèrement, je serais plus heureux d'être cloué au lit parce que je suis fiévreux que parce que j'ai perdu la seule personne qui comptait à mes yeux. Je lève doucement la tête vers elle avant de lui chuchoter que non… Je vais "bien". Seulement j'ai à peine le temps de croiser son regard, tout aussi peiné que le mien, que je sens une larme rouler sur ma joue. Ma lèvre tremble alors que je tente de me calmer et qu'elle est là à caresser ma joue, refoulant elle aussi sa douleur.

"Je sais mon petit, je sais…"

Elle m'attire doucement à elle pour me serrer, caressant doucement mes cheveux alors que je sanglote le nez dans son épaule. Et pendant de longues minutes, j'ai l'impression de n'être qu'un enfant dans les bras de sa mère, qui pleure tout le chagrin et toute la douleur qui pèse sur son coeur.

*

Cela fait une semaine que… Je peine à accepter… Sa mort. Et plus je repense à cette idée, plus je la repousse au loin, niant cette possibilité. Buck, mort ? Impossible. Pas lui. Il ne peut pas. Il avait promis de revenir, de pourfendre la vaisselle et de ne plus me lâcher… Alors le penser mort… Non. Je sais qu'il reviendra. Pour moi. Pour me garder contre lui… Et ne plus jamais me lâcher. Alors je nie quand sa mère me dit qu'elle fait son deuil et que je devrais commencer le mien. Et je nie toujours alors qu'assis dans mon lit, je regarde la lettre avec le tampon, que je déchire d'un geste sec. Non. Il n'est pas mort. Je le sens. Je le sais. Il est quelque part, en Europe. Et si il ne veut pas rentrer de lui-même, c'est moi qui vais aller le chercher. Parait que l'armée engage de toute façon… Et pour aller le chercher, je suis prêt à aller jusqu'en enfer si il le faut.

*

Mais ça n'avait pas été facile, ma santé fragile n'avait pas aidé. Selon les médecins j'étais bien trop fragile pour aller au front, au point que je ne serais même pas un bon soldat. Juste un pauvre malheureux qu'on enverrait à la mort. Et j'avais beau insister, l'armée continuait de me dire que non, pour mon propre bien, valait mieux que je m'en tienne à la vie civil. Mais je ne démordais pas… Au point d'être repéré par un médecin qui recherchait quelqu'un… Comme moi. À l'entendre j'étais le candidat parfais… Son plan ? Créer… La nouvelle génération de soldat. Ouais. Moi, Steve Rogers, j'étais le cobaye qui lui manquait. Le type qui voulait participer à la guerre à tout prix, quitte à ne pas être trop frileux sur le fait de n'être pour l'armée qu'une expérience de plus. Alors j'ai accepté, sans réfléchir plus que ça… Tout ce qui comptait c'était de pouvoir rejoindre l'armée et d'aller sauver mon Buck.

Et heureusement, ça a marché. J'étais devenu le Super-Soldat qu'il voulait tous. Adieu ma santé fragile et le reste. J'étais plus grand, plus puissant et surtout… Si différent. C'est à peint si j'arrivais à reconnaître mon propre corps. Tout avait changé, en mieux certes… Mais il ne restait plus grand chose du frêle Steve. Et j'avais fait tout ça pour lui. Pour le retrouver.

Lui qui se tient désormais face à moi, dans cette tente dont je referme rapidement les pans. Il est là. Mon Buck. Je croise rapidement son regard fatigué. Il me semblait si grand… Et maintenant… Je fais sa taille. Pire, j'ai même l'impression d'être plus large d'épaule que lui… C'est dire. Bien des choses traversent mon esprit alors je l'observe, toujours vêtu de mon uniforme déchiré. C'est bien lui. Certes il est dans un sale état, mais il est là… En vie. Et je n'ai envie que d'une chose, me jeter dans ses bras pour l'embrasser, l'enlacer et lui dire à quel point il m'avait manqué… Mais je n'arrive pas à bouger. Je reste parfaitement immobile face à lui, alors que mon coeur reste étrangement calme. Cela fait des mois que je rêve de nos retrouvailles et maintenant que je suis face à lui, je ne sais pas quoi faire. Parce que j'ai peur. Je me rends compte que je ne suis plus le frêle garçon qu'il aimait, et l'idée qu'il ne veuille plus de moi me traverse l'esprit le temps d'une seconde… Et je vois un demi-sourire se dessiner sur ses lèvres, fugace, presque éphémère… Que pense-t-il ? Qu'il m'a perdu ? Je n'en sais rien… Franchement rien, et pour être franc, j'ai peur de lui poser la question. Seulement, il fait un pas vers moi, comme pour m'enlacer ou je ne sais quoi… Et mon premier réflexe c'est de lui en coller une. Il chancèle avant de poser une main sur sa joue, me regardant sans comprendre. Je serre les dents, refoulant un sanglot.

"Ça, c'est pour m'avoir abandonné, et ça…"

Je l'attrape par le col avant de venir l'embrasser avec une certaine passion, appréciant de sentir la texture de ses lèvres contre les miennes, de sentir sa langue danser avec la mienne alors que mes doigts quittent le col de son pull pour se poser sur sa joue, la caressant doucement alors que je sens sa main se perdre dans ma nuque. Puis doucement, je romps ce baiser, croisant rapidement son regard alors que nos souffles se mélangent. Dieu que ça m'avait manqué. De l'embrasser, de le toucher, de pouvoir caresser sa peau du bout des doigts…

"C'est pour être encore en vie…"


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Mer 13 Mai - 19:30

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Steve & Bucky


Le pain qu'il m'assène me fait chanceler, alors qu'une explosion de douleur se propage dans mon crâne déjà amoché. Ma main se porte à ma mâchoire, avant de relever les yeux sur lui, sans comprendre. Mais putain il se passe quoi là? Il devrait être heureux de me retrouver! Heureux que je sois encore là! Et tout ce qu'il trouve à faire, c'est à me coller une droite. Foutue droite d'ailleurs, elle est presque plus forte que la mienne, et pourtant j'étais connu dans le quartier pour avoir une bonne frappe. Alors il ouvre la bouche et je comprends. Ouais. C'est pas faux. Mais enfin quand même. Et je suis prêt à ouvrir la bouche que je le vois se rapprocher de moi, me choper par le col et m'embrasser avec passion. Oh putain. Ca. Rien que ça. Ses lèvres contre les miennes. Sa façon de caresser sa langue avec la mienne. Son odeur...tout ce qui s'était bousculé dans ma tête en le retrouvant s'envole. Parce que même s'il a changé. Parce que même s'il fait ma taille, parce que même s'il respire une putain de santé, à ça, à son baiser, à sa façon de m'embrasser, je sais que je l'ai retrouvé.

Et pourtant ça a été compliqué. Après avoir écrit la lettre à Steve, la dernière, j'ai grappillé quelques heures de sommeil, et à l'aube, on est partis. Pendant des heures on a roulé sur des routes défoncées, tous feux éteints, pénétrant loin dans les lignes ennemies. Et on a débarqué dans un coin de forêt totalement sauvage où on a monté un camp sommaire. Et sans feu, pour pas qu'on nous repère, alors qu'il faisait un froid de loup. On a attendu la nuit noire, blottis les uns contre les autres, avant de se mettre en position. Si ça tournait bien on aurait fait tomber une base stratégique d'une branche secrète du régime nazi : Hydra. Sauf que nos informations étaient fausses, qu'ils étaient beaucoup plus nombreux que prévus, et qu'on s'est fait prendre.

Certains sont morts, mais la plupart ont terminé, comme moi, dans les cachots. Où on a attendu pendant des jours. De temps en temps, ils en prenaient un, et on le revoyait plus. Ou des jours après, et dans un sale état. D'autres ont été ramenés en légumes. Dingues. Fêlés. Jusqu'au jour où c'est moi qu'on a sorti de la cage. Je me suis débattu, j'ai essayé de pas les laisser m'emmener, mais je pouvais rien faire contre dix types armés jusqu'aux dents et entraînés. Un coup dans la nuque et je me suis réveillé sanglé sur une table d'examen. Et cet espèce de doc taré est arrivé. Zola. Pendant des jours ce salaud m'a pris comme son jouet. Il m'a torturé. Il m'a expérimenté des trucs. Des décharges électriques. Des brûlures. Des heures à écouter des bandes. Des sons bruyants. Des trucs qui revenaient en boucle. Je savais même pas depuis combien de temps j'étais là quand un jour, la porte s'est ouverte. Et j'ai vu...Steve. Mon Steve. J'ai cru que c'était encore une de ces hallucinations horribles qu'il m'imposait parfois. Une épreuve de plus. Une autre putain de forme de torture. Mais...non. C'était lui. Plus grand. Plus large d'épaules mais...lui.

Et là, après toute cette mission suicide de dingue pour me sortir de là, on se retrouve enfin seuls. Seuls tous les deux, pour la première fois depuis... depuis quand? Des semaines? Des mois? Je sais plus. Perdu là-bas, j'ai perdu le compte du temps. J'ai retrouvé mon amour. Mon meilleur ami. Mon frère. Steve. Steve qui aux dernières nouvelles était à Brooklyn. Steve qui dans ma lettre était fraîchement diplômé de l'école d'art et qui signait ses premières illustrations. Steve qui faisait bien vingt voire trente kilos de moins que moi, et une tête et demie aussi. Et mon sauveteur est aussi grand que moi, et aussi carré d'épaules. Même plus. Je romps notre baiser, reprenant doucement mon souffle avant de le regarder sans baisser les yeux pour la première fois.

Je...je dis pas que...que j'ai pas mérité les deux...putain Steve...je suis tellement content...

Et je l'attire de nouveau contre moi. Juste pour le sentir contre moi, juste pour retrouver son odeur. Même si son gabarit a vraiment changé et que c'est pas évidement à accepter... Je le garde juste, sans rien dire, comme pour me rhabituer à lui. A ce nouveau Steve, avant de me reculer un peu et demander.

Mais...comment ça s'est passé? Comment...t'es devenu comme ça?

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Jeu 14 Mai - 10:39


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Je ferme les yeux et tente de me dire que rien n'a changé. Que c'est exactement à ça que devait ressembler nos retrouvailles… Je le serre contre moi alors que je l'embrasse, retrouvant ce que c'est d'être avec lui. Mais l'illusion est loin d'être parfaite… Là où avant j'avais besoin de passer mes bras autour de son cou pou de me mettre sur la pointe des pieds, voilà que désormais je suis à taille. Je n'ai plus à lever les yeux vers lui pour le regarder, non maintenant mon front effleure le sien sans qu'il ait besoin de se pencher… Et mes lèvres rencontrent les siennes sans la moindre difficulté… Alors même si ce baiser m'évoque tant de choses familières… Tout n'est pas non plus comme avant. Lentement il vient rompre ce baiser alors que son regard se plonge dans le mien, et je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire à ses mots. Moi aussi je suis heureux de t'avoir retrouvé Buck. Je le laisse m'attirer à lui, me glissant dans ses bras comme je pouvais le faire si souvent avant. Je ferme les yeux et loge mon nez dans son cou, respirant son odeur qui pendant des mois m'avait tant manqué… Cette odeur, cette présence que je cherchais dans les chemises qu'il avait laissé. Mes bras se referment sans problème autour de sa taille et c'est là que je me rends compte que ce n'est pas exactement comme avant… Avant je tenais dans ses bras, avant je me sentais minuscule tout contre lui, à poser ma tête sur son épaule… Chose qui n'est plus possible. Et c'est affreux. J'aimerais pouvoir simplement m'oublier dans ses bras, et me dire que j'ai enfin retrouvé mon Buck… Mais ce n'est pas possible, parce que j'ai changé. Parce que je ne suis plus le même qu'avant. Et soudain, j'ai presque peur que cela brise tout ce que nous avions. Qu'il me regarde comme si j'étais quelqu'un d'autre, comme si je n'étais plus son Steve. Alors quand il se recule un peu pour me regarder, je retiens mon souffle. Avant de baisser les yeux quand il me pose la question. Comment j'en suis venu à devenir…. Ça. J'esquisse un sourire gêné avant de passer une main dans ma nuque.

"Oh tu sais… Je suis rentré dans l'armée."

Je le vois lever les yeux au ciel en me glissant que je suis con, me faisant comprendre qu'il aimerait une vraie réponse à sa question. Mon sourire se fane doucement, je ne sais pas si j'ai réellement envie de lui en parler. Est-ce qu'il a réellement besoin de savoir que j'ai accepté de servir de rat de laboratoire pour l'armée, simplement pour venir le sauver ? Le plus important c'est que l'on se soit retrouvé, non ? La vérité c'est que j'ai peur. Peur de lui avouer la vérité et de le voir me repousser, parce qu'après tout… Je ne suis plus l'homme que j'étais avant… Je ne suis plus le Steve qu'il a laissé dans notre appartement à New-York. Je ne suis plus le frêle étudiant en art avec une santé aléatoire qu'il devait protéger. Il pourrait me repousser, me dire que… Je ne suis plus qu'il aime… Et c'est pour cela que les mots restent bloqués dans ma gorge. Parce que j'ai simplement peur qu'il s'éloigne de moi. À jamais. Je n'arrive plus à croiser son regard alors que je fais inconsciemment un pas en arrière.

"La vérité… C'est que… Je voulais te retrouver… Peu importe le moyen… Et… L'armée recherche toujours des gars désespéré pour leur servir de cobaye… Alors… J'ai accepté qu'on… Me rende comme ça. "


Un silence se pose entre nous. Un silence que je ne supporte pas et que je me sens obligé de rompre d'un rire affreusement gêné et d'un :

"Eh mais le côté positif, c'est que je ne risque plus de mourir d'une minute à l'autre."

Et j'ai a peine le temps de prononcer ses mots que je les regrette instantanément. Peut-être que lui ne trouve pas ça si positif que ça, car lui, il est tombé amoureux de ce que j'étais avant. Pas de ce que je suis maintenant. Pas de cet homme dont le reflet m'est encore complètement étranger. J'ai pas envie d'en dire plus, j'ai pas envie de lui avouer que j'ai faillis y passer… En fait ce que je voudrais, c'est simplement qu'il me rassure. Qu'il me dise qu'il va bien, et que je reste son Steve. Et si jamais ça devait pas être le cas. Je prendrais sur moi. Je lui dirais que je comprends et que je reste son frère. Que si il faut que j'aille à nouveau le chercher je ne sais trop où pour lui sauver la mise, je le ferais sans hésiter une seule seconde, parce qu'il reste mon frère et que c'est aussi mon boulot de veiller à ce qu'il lui arrive rien. Parce qu'il est mon frère, mon amant, mon amour, mon Buck. Je lève finalement les yeux vers lui, croisant son regard, en ayant subitement l'impression de m'apprêter à subir le jugement dernier.


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Ven 15 Mai - 19:55

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Enfin je le retrouve. Enfin il est là. Contre moi. Mon Steve. Mon frère. Mon amour. Mais on est loin du petit bout de mec que je protégeais depuis dix ans. On est loin de la créature fragile que j'avais peur de casser à chaque fois que je le prenais dans mes bras, que j'avais peur de tuer à chaque fois que je m'allongeais sur lui et que je venais l'embrasser avec fièvre. Là il est grand. Large. Il a mon gabarit. Mais comment? Pourquoi? Comment il a pu changer à ce point, devenir comme ça? Pendant dix ans j'ai veillé sur lui, voire plus. Je l'ai vu tous les jours, et c'est à peine s'il a grandi, alors que là, en quelques mois à peine, il en est devenu presque méconnaissable. Et si j'avais pas été sûr, en l'embrassant, en sentant son odeur, à sa façon de parler...j'aurais même pu me dire que...que c'était pas lui. Et mon cerveau est encore en train de se débattre avec cette idée que c'est Steve sans être Steve. Alors là il faut qu'il m'explique, parce que sinon je suis totalement perdu. J'étouffe un petit rire quand il me dit qu'il est juste entré dans l'armée.

T'es con... Sérieusement, j'y suis depuis plus longtemps que toi, et moi j'ai fondu!

Ouais. Parce que bon, des semaines de captivité à jouer les rats de laboratoire, à subir ses tests dingues, ses expériences...ça laisse des traces. Et je sens bien que je flotte dans pull dégueulasse qui était bien moins vaste avant mon départ... Alors que lui... Lui il a l'air...mieux que ce qu'il a jamais été. Jamais aussi bien. Ca en est presque effrayant. Et je dois savoir. Je le regarde, pendu à ses lèvres, alors qu'il hésite, bredouille, avant de se lancer, et je le vois même reculer d'un pas. Mais...mais qu'est-ce qui se passe? Pourquoi il recule? Il a peur de moi? Ma gorge se noue à l'idée que...j'en sais rien. Qu'il ait pitié de moi. De me voir une telle loque alors que lui a l'air...de sortir d'une pub pour je ne sais quoi. C'est ça? Je suis plus assez bien pour toi maintenant que...maintenant que t'es comme ça? Mais mes réflexions s'arrêtent quand je l'écoute. Et je suis un peu soulagé en l'entendant dire que tout ça, c'était pour me sauver. Avant de pâlir quand il révèle que c'était suite à des expérimentations scientifiques qu'il s'est retrouvé dans cet état. Ce nouveau Steve.

Je suis tellement sonné que je peux pas ouvrir la bouche pendant quelques minutes. Faut que je réalise. Faut que je réalise tout ce qui s'est passé pour lui. Cobaye. Rat de labo. Tout ça pour moi. Pour pouvoir me sauver. Moi, son Buck. J'inspire profondément, et quand il a enfin fini de parler, et qu'il lève timidement les yeux vers moi, comme l'ancien Steve avait l'habitude de le faire, je m'approche de lui et pose mon front contre le sien, ma main dans sa nuque. Et je sens que la boule grossit, et que mon souffle s'accélère, même si j'ai un léger sourire aux lèvres.

T'as...t'as fait tout ça pour moi? Mais putain t'es...t'es dingue. T'aurais pu...t'aurais pu y rester, ça aurait pu mal tourner et tu...putain chaque jour j'ai pensé à toi...chaque foutue journée et...quand la porte s'est ouverte je...je pouvais pas...je...j'ai prié tellement de putains de fois pour que ce soit toi qui l'ouvres cette porte et...et quand je t'ai vu...comme ça...je...pouvais pas y croire et tu...c'est toi qui m'as sauvé...

Petit à petit ma voix s'est étranglée dans ma gorge et je finis par éclater en sanglots, chialant comme un gosse alors que je suis toujours face à lui, glissant lentement mon front au creux de son cou.

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Ven 15 Mai - 21:37


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Face à lui j'ai l'impression d'être à nouveau minuscule, d'être à nouveau le gamin frêle à la santé aléatoire… Parce que face à lui, j'ai peur. Je sais que c'est idiot, parce que c'est Buck et qu'avec lui, je ne crains rien… Mais j'ai si peur qu'il me repousse, parce que ce nouveau corps le dégoûte, ou simplement parce que je ne suis plus son frère, son Steve. Alors dans son regard, je tente d'y chercher une réponse, n'importe quoi qui pourrait me rassurer. Et il s'approche doucement, tendant la main pour la passer dans ma nuque, venant poser son front contre le mien. Je détends un peu avant de recommencer à respirer, son souffle se mêlant au mien. Et je frissonne quand je sens sa voix résonner doucement à mes oreilles. Ses mots m'arrachent un sourire. Bien sûr que j'ai fais ça pour toi mon frère… Et je le regrette pas une seule seconde. Parce que désormais je peux t'avoir avec moi, désormais je peux à nouveau croiser ton regard. Si c'était à refaire, merde ouais je le referais, sans hésiter. Juste pour être de nouveau avec toi. Seulement je sens bien rapidement sa voix s'alourdir d'un lourd sanglot, comme si il tentait de refouler tout ce qu'il a sur le coeur. Comme pour le rassurer je porte une main à sa joue, la caressant doucement alors que je le vois simplement craquer. Les larmes roulent d'elles-même le long de ses joues alors qu'il vient se réfugier contre moi, son front se perdant dans mon cou. Je l'enlace tendrement, glissant une main dans ses cheveux alors que je tente de le rassurer. Ne pleure pas mon amour… On devrait être heureux de se retrouver, alors pourquoi autant de larmes de notre part ? Je refoule doucement les miennes avant de prendre une grande inspiration, sentant ses mains se crisper sur le cuir de ma veste. Doucement je murmure à son oreille.

"Ça va aller mon amour… Je suis là… Je suis là… Je te laisserais plus, je te le promets."

Du bout des doigts je caresse sa nuque alors que je le serre tout contre moi, ne supportant pas de le voir ainsi. Je voudrais que tu sois heureux, je voudrais te voir rire… Je voudrais sécher tes larmes, mon frère. Ça me tue de te savoir dans cet état. Littéralement. Je ne supporte pas de le voir si mal à cause de moi. À cause de… Je ferme les yeux alors que je prends une grande inspiration, esquissant un demi-sourire alors que je dépose un rapide baiser sur sa tempe.

"Allons… Tu sais bien que pour toi, je ferais n'importe quoi. Et puis, je te l'avais dis, que je viendrais te chercher. Je te l'avais promis, et tu sais à quel point je suis têtu. Sans compter que bon, il me semble que t'avais parlé de faire la vaisselle et j'avoue qu'à force de t'attendre, un monstre s'est installé dans notre évier…"

Un rire se meurt dans ma gorge au milieu d'un sanglot alors que je continue de doucement caresser sa nuque.

"Et puis… Après toutes ses années que t'as passé à mon chevet, à veiller sur moi… Il est temps que ce soit moi qui m'occupe de toi mon frère. Que je te rende la pareille… Alors je t'assure que ça va aller, je t'assure que je te lâcherais plus… Qu'on nous sépara plus."

Je reprends mon souffle alors que je tente de croiser son regard, essuyant les larmes sur ses joues. Ça va aller mon amour. Je te le promets, ça va aller. Je tente de lui adresser un sourire alors que je dépose un baiser sur son front.

"J'aimerais pouvoir t'embrasser sans relâche et te dire à quel point je t'aime… J'aimerais qu'on soit de nouveau chez nous… Histoire de garder les voisins éveillés avec nous toute la nuit…"

Je caresse doucement sa joue avant de venir l'embrasser, murmurant un autre "je t'aime" tout contre ses lèvres. Et doucement je le sens me rendre mon baiser, alors que je le serre un peu plus contre moi. Seulement… On ne peut pas faire ça ici. Que se passerait-il si on nous trouvait tout les deux, là à nous embrasser ? Je n'ose y songer. Alors quand je sens que l'étreinte se fait un peu trop envieuse, je romps tout, à mon grand regret. Je passe ma langue sur mes lèvres avant de pousser un soupir, mes mains toujours sur ses hanches.

"On… On peut pas rester ici… Pas… Pas pour ça. Faut qu'on se trouve un coin plus tranquille, où on risque pas de se faire tomber dessus par quelqu'un qui s'est trompé de tente…"

Et c'est là que je repense aux camions qui sont laissés un peu à l'écart du campement, ceux qui servent pour les convois et autres chargements. Pour cette nuit, je pense que personne ne va vouloir en faire l'inventaire ou vérifier si y'a pas un truc qui y traine. Ouais. Là on pourrait être tranquille…

"Tu sais quoi ? Prends un sac de couchage et retrouve moi à l'arrière du camion… Le plus à l'ouest je crois. Je t'y rejoins dans cinq minutes… D'accord ?"

J'attends qu'il hoche doucement de la tête avant de lui adresser un sourire et de lui voler un dernier baiser, le laissant pour rejoindre la tente qui m'avait été attribué. Je m'y débarrasse de ma veste en cuir en lambeau et attrape une lourde couverture avant de me rendre compte que je porte toujours mon costume de Captain America… Ouais. Tant pis. Je vais pas me changer. On fera avec. En plus pour être franc… J'ai pas grand chose d'autre à me mettre. Je passe la couverture sous mon bras avant de sortir en toute hâte de ma tente, priant pour que personne ne me tombe dessus. Et finalement, j'arrive à atteindre le camion, m'y glissant d'un bond souple, découvrant alors Buck. Je lui adresse un sourire avant de fermer les tentures soigneusement.

"Bon… On devrait être au calme ici…"

Je lui adresse un sourire avant de lui faire signe d'approcher, l'embrassant cette fois-ci sans la moindre retenue, appréciant simplement de pouvoir être enfin seul avec lui… Mon frère, mon amour… Mon Buck.


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Ven 22 Mai - 20:20

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Tout ça. Tout ça, être un rat de labo, devoir subir des expériences, et je sais pas trop quoi, tout ça...pour moi. Des années à souffrir, des années à passer de médecin en médecin, d'hôpital en salle d'urgence, et il se jette de nouveau dans la gueule du loup, juste pour moi. Pour me tirer de là. Pour venir me chercher par la peau des fesses suite à l'idée lumineuse que j'ai eue de s'inscrire dans l'armée. Qu'il ait pris tellement de risques... la vache. C'est...c'est beaucoup. Vraiment beaucoup. Surtout après des semaines de torture, où je me suis fait salement amocher. Et je lâche prise. Totalement. Comme si maintenant, j'avais plus besoin de faire semblant. Plus besoin d'être fort. Parce qu'il avait su me retrouver au fin fond de l'Allemagne nazie, loin dans les zones ennemies.

Je parle, mais je finis par fondre en larmes et je me blottis contre lui. Ca me fait encore bizarre d'être contre lui alors qu'il est...comme ça, mais...mais c'est mon Steve. Mon Steve que j'ai enfin retrouvé. Différent mais...toujours là. Mes mains s'agrippent à son blouson, à sa nuque, pendant un long moment. Et tout, la peur, la peur d'y rester, la peur de plus jamais le revoir s'efface enfin petit à petit. Je laisse tout s'échapper, comme si un bouchon venait de sauter, alors qu'il me garde contre lui, ses mains se glissant dans mes cheveux pour m'aider à me calmer. Et ça marche... Mes sanglots se calment doucement, mon souffle se fait plus régulier et plus profond. Et j'arrive enfin à parler à nouveau, et je murmure, toujours contre lui.

Ah mais...je compte plus te laisser partir. Plus jamais... je te préviens. Jamais. Je te collerai une laisse s'il le faut...

Je le sens sourire, avant d'embrasser ma tempe, et je ris doucement quand il parle du monstre de l'évier.

Je te préviens, que je vais me transformer en vraie femme au foyer maintenant! Et si je dois repasser tes chemises jusqu'à la fin de nos jours parce que tu m'as tirée de là, eh ben je le ferai Steve...

Je recule doucement mon visage du sien et on se regarde en souriant, avant que Steve ne vienne essuyer les larmes qui barrent encore mes joues sales de crasse, et je pose ma main sur la sienne. Avant de fermer les yeux sous son baiser. C'est drôle. C'est étrange. C'est la première fois que...que Steve est celui qui me réconforte. Pendant des années, j'ai toujours été celui qui, par une chance immense, allait toujours bien. J'avais mes deux parents, j'étais en bonne santé... c'était moi qui veillait sur lui, moi qui étais là avec lui le jour où sa mère est morte, c'est dans mes bras qu'il était le jour de l'enterrement, alors que je le serrais à l'étouffer en lui répétant que je serais là, toujours. Et maintenant c'est lui qui a avec moi les mêmes gestes que j'ai eus avec lui pendant des années. Plus de dix années... Et j'éclate à nouveau de rire, mes larmes définitivement séchées quand il me dit qu'il aimerait qu'on soit à la maison. Et qu'on réveille tout l'immeuble.

Moi aussi mon amour... même si avec ton nouveau gabarit, on risque de griller ta couverture beaucoup plus facilement. Et tu pourras plus passer pour ma fiancée...

Mais il fait taire mes bêtises d'un baiser, me murmurant qu'il m'aime contre mes lèvres. Et je lui réponds. Oh oui Steve je t'aime. T'as pas idée. T'as pas idée à quel point avoir la photo de nous deux à Coney Island toujours avec moi, recevoir tes lettres, rire et chialer en les lisant, ça m'a rendu fort. Ca m'a permis de tenir. De résister face à toute l'horreur de ce qui se passe ici. La mort. La guerre. Ce qu'on m'a fait. Cette fois, c'était toi, mon ancre. Mon phare. Espérer que je te retrouverai en rentrant chez nous. Et plus jamais te quitter. Et tout ça se sent dans notre baiser qui s'affole. Tellement de temps. Tellement de temps que je l'ai pas serré contre moi, que j'ai pas senti son corps contre le mien, que j'ai pas étouffé ses gémissements de mes lèvres... Je brûle pour lui au point que ça me fait mal, même si mes mains ont encore du mal à reconnaître ces muscles, ce gabarit qu'elles n'ont encore jamais connu. Et je hoche rapidement la tête quand il me dit que c'est trop risqué. Je sais qu'il a raison mais... comment résister? Comment lui résister? Et je souris quand je vois qu'il se montre bien inventif quand il s'agit de nos retrouvailles.

D'accord, j'y vais. Et rien que ces cinq minutes ça va me sembler une éternité...

Après un dernier baiser je file hors de la tente et disparaît dans l'obscurité. De nouveau le calme. Tout près, j'entends le campement qui fait la fête, qui rit, qui chante, qui célèbre le retour des fils prodigues dans le camp des gentils. Et nous. Nous deux qui devons être cachés. Alors qu'on ne fait rien de mal à part être amoureux à en crever... Mais j'espère qu'une fois la guerre finie, les mentalités évolueront et...qu'on pourra s'afficher en public. Pouvoir vivre...comme tout le monde... Enfin, pour l'instant, tout ce qui m'intéresse c'est de rattraper le temps perdu. Je compte bien cinq minutes avant de sentir le camion vaciller doucement alors qu'il se hisse à l'arrière, près de moi, sur le sac de couchage que j'ai déjà ouvert et étendu sur le sol du camion. Je lui souris, avant de me pencher vers lui et d'attraper ses lèvres avec passion.

Tu m'as tellement manqué... tellement...

Et je l'embrasse à nouveau, comme si, en une nuit, je devais rattraper tous les baisers que j'ai manqués pendant mes mois d'absence, alors que mes mains s'égarent sur son torse, presque timidement, comme pour découvrir le nouveau lui, alors que je l'allonge sur la couverture.

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Sam 23 Mai - 13:12


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C'est comme si en une nuit on essayait de rattraper des mois. Comme si en un baiser, on essayait de récupérer tout ceux que l'on n'avait pas pu échanger pendant cette longue période de séparation. Une minute loin de lui me semble impossible à concevoir… Alors simplement séparer mes lèvres des siennes… J'en serais incapable. Le simple fait d'avoir du le quitter le temps de cinq pauvres minutes m'avait foutu des sueurs glacées dans le dos… Peut-être parce que j'avais peur de ne pas le retrouver, peur de le perdre une fois de plus et de cette fois-ci… Ne pas le retrouver. Je chasse cette idée au loin alors que je lui rends son baiser, mes doigts se perdant dans sa nuque. Et alors qu'il m'allonge lentement sur la couverture, j'ai l'impression de revenir en arrière. De revenir seulement quelques mois en arrière, quand nous étions encore tout les deux à l'appartement… Avant que je n'ai ma crise, avant qu'il ne soit obligé de s'engager pour payer mes soins… Avant qu'on soit séparés. Sous ses doigts qui caressent timidement mon torse, j'ai l'impression de redevenir son Steve, celui qu'il a quitté… Celui qui tenait dans ses bras, celui qui n'avait que la peau sur les os… Et c'est étrange, mais même au travers de l'uniforme, je frissonne lorsque je sens ses doigts se perdre sur mes côtes. Et je ne rêve que d'une chose, qu'il glisse ses mains sur ma peau, que ses lèvres se perdent dans mon cou, qu'il me dise qu'il m'aime. Envieux je viens chercher un autre baiser alors que je tente d'occulter l'étrange hésitation que je sens dans ses caresses.

Je sais… Je sais que je ne suis plus le même. Crois-moi mon amour, je le sais. Depuis ce jour, j'ai moi même du mal à me reconnaître et à me dire "ouais, c'est bien moi." Que c'est mon corps, et que cela le sera jusqu'à la fin de mes jours. Que je ne serais jamais le frêle garçon à la santé fragile… Et d'une certaine façon cela m'effraie. Parce que j'ai peur d'avoir tué l'homme dont il est tombé amoureux, peur de ne plus être son amour. Alors sentir qu'il hésite… Ça me tue. Mais en même temps, qu'espérais-je ? Peut-être qu'il me regarde comme avant. Et c'est le cas, sinon, ne m'aurait-il pas repoussé ? Si. Entre deux baisers j'en viens à glisser mes mains sous son pull, redécouvrant avec plaisir la courbe de son échine, les muscles de son dos, et le grain de sa peau. Tant de choses qui m'avaient manqués. Du bout des doigts je trace la courbe de son dos, souriant doucement contre ses lèvres quand je le sens avoir du mal avec mon uniforme. Un rire m'échappe alors que je l'embrasse rapidement dans le cou, murmurant à son oreille.

"Eh bien Barnes ? Toi qui te vantait de pouvoir défaire un soutien-gorge en un claquement de doigt, voilà que tu peines avec un simple uniforme… T'as perdu la main mon frère."

Je l'entends à moitié rire alors que je continue de le taquiner, déposant de rapides baisers dans son cou, jusqu'à finalement rire tout contre sa peau avant de le repousser doucement, lui glissant que je vais l'aider. D'un geste ample je me débarrasse du haut de l'uniforme, laissant celui-ci choir non loin de nous, alors que je reviens lui prendre un baiser. Seulement quand ses doigts effleurent à nouveau ma peau, un violent frisson me saisit, me faisant soupirer tout contre ses lèvres, alors que ce frisson dévale mon échine, se perdant au creux de mes reins. Bon sang, ça m'avait tant manqué… De le sentir tout contre moi, de sentir sa peau contre la mienne. Je mordille doucement ses lèvres alors que je lui retire tout simplement son pull, caressant avec envie son corps. Mon Buck… Mon frère. Mais une fois de plus, je sens qu'il n'est pas aussi à l'aise qu'avant. Qu'il hésite… Je romps notre baiser avant de croiser son regard, laissant nos souffles se mêler et dans son regard, je cherche une réponse à une question que je n'ose pas lui poser. Je sais que je ne suis plus le même, que je ne suis plus sa princesse au souffle cassé… Je ne suis plus le garçon fragile qu'il doit protéger à tout prix. Doucement je viens caresser sa joue alors qu'inquiet je n'ose lui demander si il veut qu'on arrête… Qu'on cesse… Le temps qu'il s'habitue ou je ne sais trop quoi. Une certaine angoisse me serre le coeur alors que je glisse mes doigts autour de la chaîne de ses plaques militaires, tirant légèrement dessus pour le ramener à moi, l'embrassant à nouveau. N'y pense pas. Je suis toujours le même homme, je suis toujours celui que tu aimes. Ne me repousse pas. Ne me laisse pas une fois de plus. Car si tu le faisais, je pense que je ne m'en remettrais pas.

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Mer 27 Mai - 21:07

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Enfin il est là. Enfin il est à moi. A nouveau. Contre moi, là où est sa place. Comme si, même perdus au beau milieu de l'Allemagne nazie, à des milliers de kilomètres de chez nous, de Brooklyn, je suis de nouveau à la maison. Parce que je l'ai retrouvé, lui. Parce qu'il a traversé les océans, et même la mort, pour sauver mes fesses. L'impression de pouvoir respirer à nouveau. D'avoir enfin les idées claires. D'être de nouveau entier. Steve. Mon Steve.

Et malgré le fait qu'il ait pris une voire deux tailles, et bien vingt kilos, malgré le fait que je puisse plus faire le tour de sa taille avec un bras... j'ai quand même envie de lui. Envie de le sentir contre moi, envie d'étouffer ses gémissements, envie de faire hurler les ressorts de nos vieux lits, de tenir sa main alors que je le fais crier... comme avant. Sauf qu'il a raison. On peut pas. Pas ici. Pas maintenant que Captain America est devenu un symbole national, un héros de la nation, que la nation scrute à la loupe. Ce qui fait qu'on a pas le droit à un faux pas. On peut pas faire en sorte que Captain America soit accusé d'aimer les hommes dans tous les journaux. Il en mourrait. Et moi aussi. Le scandale. La honte. Il faut qu'on se protège. Il faut...qu'on se cache. Même si cette idée me fait horreur.

Mais pour cette nuit, je veux pas penser à ça. Je veux oublier tout ce qui nous entoure, et me concentrer sur lui. Nous. Nos retrouvailles. Qu'on a amplement méritées. Alors on va se planquer à l'arrière d'un camion, là où ne risque pas de se faire prendre. Là où on pourra voler quelques heures à la guerre, à la mort, aux nazis, à tout le reste. Où on pourra redevenir de simples gamins de Brooklyn amoureux, et pas des machines de guerre. Et quand il referme les bâches du camion, qu'on se retrouve dans le noir, ça me rappelle presque notre première fois. Alors qu'on était tous les deux dans notre grand lit bricolé par mes soins. Maladroits, hésitants, comme là. Parce que je dois le redécouvrir. M'habituer à qui il est maintenant. Ce nouveau corps que j'ai jamais serré dans mes bras avant ce soir.

Il me rejoint, et je viens prendre ses lèvres, comme si j'avais peur qu'une nouvelle catastrophe puisse arriver si je les lâchais. Et je l'allonge sur la couverture rêche qui sent l'humidité. Promis mon amour, quand on rentrera, je te quitte plus. Je te quitte plus et je me démène pour t'offrir ce qu'il y a de mieux. Pour que plus jamais t'aies à être inquiet de quoi que ce soit. Je m'allonge lentement sur lui, mes lèvres toujours contre les siennes, mes mains sur ce nouveau torse, large, fort, sur ses épaules carrées... mon Steve. Mon nouveau Steve... Je frissonne, fermant les yeux alors que ses mains se posent sous mon pull, et caressent ma peau sale et couturée de cicatrices. J'arrondis le dos alors que mon souffle se fait plus rapide. Ca oui.. ça c'est toujours pareil...sa façon encore timide de me caresser, comme si c'était interdit. On dirait que nos mains, elles, ont toujours leurs vieux réflexes. Dont celui de vouloir le déshabiller, mais sa tenue est juste...pas pratique. Et je lutte un peu, avant de l'entendre se foutre de moi.

Tu m'excuseras mais j'ai pas vraiment passé mon temps à deshabiller des bidasses! Y'a qu'un seul uniforme que je veux enlever, et c'est le tien...

Je frissonne sous ses baisers, avant de me reculer, le temps qu'il s'en débarrasse, avant de revenir prendre ses lèvres, une de mes mains se glissant dans sa tignasse maintenant en bataille. Et presque timidement, mes mains se posent sur sa peau nue. Et je m'étonne presque de pas entendre sa respiration sifflante. Bien des choses ont changé... mais on a toute la vie pour s'y habituer. Ensemble. Ensemble et puis c'est tout. Je reprends mon exploration, parcours ses muscles, avant de lever les bras quand il vite mon pull. Jette-le. Brûle-le. Jamais plus je remettrai ces hardes. Je sais même plus depuis combien de temps je les porte. Je frémis en me rallongeant contre lui, nos deux peaux chaudes l'une contre l'autre. C'est tellement différent... Et on dirait qu'il sent que je suis un peu perdu, parce qu'il suspend son baiser, et s'immobilise. Comme s'il attendait. Ma main tâtonne dans le noir pour trouver sa joue, et je murmure dans un souffle, mon front contre le sien.

C'est très différent mais...tu restes mon Steve. Tu restes mon frère. Tu restes mon amour. Avec un gabarit d'armoire à glace... Je... je te laisserai pas. Faut juste... que je m'habitue...

Je souris dans le noir, avant de faire lentement glisser ma main sur son ventre, jusqu'à son pantalon, que j'ouvre, et j'entends juste les cliquetis des boutons pression dans le noir, avant d'y glisser ma main. Sauf que, au moment où je touche sa peau, au moment où je le sens, aussi impatient que moi, je peux pas m'empêcher de relever la tête, même s'il peut pas me voir, et de me retenir de sourire.

Et...mais...ça aussi, ça a grandi!

J'ai pas besoin de lumière pour savoir qu'il est en train de piquer un fard, et je ris avant de commencer à le caresser doucement d'abord, murmurant contre ses lèvres.

Et...si on découvrait à quel point t'es un miracle de la science?

Ma main glisse plus profondément dans son caleçon alors que je viens l'embrasser avec fièvre.

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Dim 7 Juin - 21:32


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Sous le bout de mes doigts je redécouvre la courbe de son échine, tandis qu'il revient m'embrasser avec fièvre. J'aimerais que nous n'ayons pas à nous cacher mon frère, que l'on ne soit pas obligés de se terrer à l'arrière d'un camion… Mais promis, quand on rentrera à l'appartement… On sera pas obligés de se cacher, on sera tout les deux, à l'abri dans notre appartement… Et le reste du monde… On s'en foutra. Il pourra tourner sans nous, ce ne sera pas grave… Tant qu'on sera tout les deux, l'un pour l'autre… Mes doigts effleurent avec une certaine hésitation les nombreuses cicatrices que je peux désormais compter sur sa peau. Je les dessine avec douceur avant de revenir me perdre sur sa peau, frissonnant lorsque je sens ses mains à lui se perdre sur mon corps. Ce nouveau corps. Celui que j'ai encore du mal à accepter comme étant vraiment le mien. Ma peau est parcouru d'un frisson et un long soupir m'échappe. Ça m'avait manqué, bon sang… De ne plus l'avoir contre moi, de ne plus sentir ses lèvres sur les miennes et sa peau contre la mienne… Alors une légère angoisse me saisit quand je sens que ses caresses se font plus timides, plus retenues… Comme si il avait du mal avec ce que j'étais devenu… Et comment lui en vouloir ? Je ne suis plus celui que j'étais avant, je ne suis plus le Steve qu'il connaissait depuis des années, à ses yeux je dois être une toute autre personne… Une personne qu'il doit entièrement redécouvrir. Et pendant une seconde, j'ai peur. Peur qu'il me repousse, peur qu'il me dise qu'il ne peut pas… Que c'est plus possible. Ses doigts cherchent doucement mon visage et je frissonne en sentant qu'il vient doucement caresser ma joue, son front contre le mien. Et je soupire presque de soulagement quand il me dit que ça ne change rien pour lui, que je reste son frère… Son Steve. Un sourire m'échappe alors que je passe mes doigts dans sa nuque, venant chercher ses lèvres alors que sa main elle se perd sur mon ventre, s'affairant déjà à faire sauter les pression du bas de mon uniforme. J'étouffe un soupir alors que je bascule la tête en arrière, frissonnant en sentant ses doigts se glisser sous le peu de tissu qui sépare encore nos deux corps… Avant de piquer un fard quand ses doigts caressent lentement mon membre, se permettant un commentaire qui se veut amusant… Je sens mes joues s'enflammer avant de me mordiller la lèvre de honte.

"Oui… Enfin… Un peu…"

Un peu. Ouais enfin suffisamment pour qu'en me rendant compte la première fois, j'ai moi-même eu du mal à me faire… À ça. Je veux dire… Que le reste change… Ok…. Mais ça… Ouais… Même maintenant j'ai encore un peu de mal avec ça. Un rire lui échappe alors que mal à l'aise je lui pince les hanches.

"Cesse de rire sale gosse…."

Avant de m'interrompre quand il reprend ses caresses, cueillant sur mes lèvres un soupir envieux. Un sourire m'échappe alors qu'il revient m'embrasser, faisant taire la moindre réponse alors qu'il laisse ses caresses se faire plus hardies.

*

Un long soupir m'échappe alors que je sens son front se poser sur mon épaule et que je caresse du bout des doigts les mèches humides dans sa nuque. Les battements de mon coeur se font déjà plus lent et contrairement à lui, je suis à peine essoufflé. C'est tellement étrange. Avant… J'aurais eu le souffle court, le coeur en vrac… Et là… Rien. Ma respiration est déjà régulière et mon rythme cardiaque… J'en parle même pas. Je pousse un soupir alors que je sens Buck s'allonger à mes côtés, m'attirant déjà à lui dans un vieux réflexe avant de rabattre la couverture sur nous. Je pose la tête sur son épaule avant de fermer les yeux… Seulement… Seulement ça n'a plus l'air aussi naturel qu'avant. Et je sens que même lui n'est pas si à l'aise que ça. Je dépose un rapide baiser dans son cou avant de murmurer contre sa peau.

"Tu sais… Je devrais être celui qui te prend dans mes bras maintenant… Non ?"

Un léger rire m'échappe alors qu'il me dit qu'il lui faut du temps pour se faire à cette idée. Bien sûr. On a tout notre temps maintenant qu'on s'est retrouvés… Doucement je viens caresser sa peau, y traçant de légers cercles. Et pendant de longues minutes, on reste simplement dans les bras de l'autre, à tenter de rattraper tout ses mois l'un sans l'autre… Jusqu'au moment où l'on entend du mouvement autour de nous. Merde. Visiblement l'allégresse qui semblait occuper le reste du camp semble s'étioler et doucement tout le monde semble vouloir regagner sa tente. Je retiens mon souffle alors que je me raidis, levant les yeux vers Buck. Je le sens vouloir se relever avant de poser une main sur son torse.

"Non. Laisse-les passer…. Personne ne va venir vérifier le camion… Par contre… On va devoir se séparer pour la nuit…"

Dans le noir je croise son regard avant de venir caresser avec tendresse sa joue, déposant un rapide baiser sur ses lèvres. Je sais… J'aimerais qu'on n'ai plus à se séparer.

"Je suis désolé… J'aimerais qu'on puisse être tout les deux… Mais n'ai crainte, je te retrouverais demain mon amour. Promis."

Je l'embrasse à nouveau avant de caresser sa joue. J'ai pas envie de le quitter. Je voudrais pouvoir rester dans ses bras et me réveiller avec lui à mes côtés. Le temps d'une longue minute je me perds dans son regard avant de me remettre rapidement mon uniforme, l'embrassant une dernière fois.

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Dim 14 Juin - 13:13

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Je le serre contre moi, le souffle court, et le sourire aux lèvres. Il est là. Enfin il est là. Il est là, dans mes bras. Là où il aurait dû être depuis le début. Mes bras qu'il aurait jamais dû quitter. Ma main quitte sa bouche pour glisser sur sa barbe de quelques jours et caresser tendrement sa joue. C'est bizarre. Tellement bizarre. A sa façon de me toucher, de m'embrasser, aux soupirs qui meurent à mon oreille ou sur mes lèvres, je sais que c'est lui, je le reconnais. Mais sous mes mains c'est tout autre chose. Et je suis tiraillé entre le bonheur de l'avoir retrouvé, et...un sentiment de ... culpabilité. Parce que j'ai l'impression que je l'ai fait avec quelqu'un d'autre, que je l'ai trompé. Comme le fait de le sentir contre moi, sa tête contre mon épaule, et sa main qui caresse doucement mon torse. Oh oui on s'est tenus comme ça, des dizaines, des centaines de fois à partir du moment où on...s'est mis ensemble. Quand il s'endormait dans mes bras. Quand il était blotti contre moi alors qu'on écoutait les séries à la radio. Ou après avoir fait grincer les ressorts du matelas, et que je le gardais contre moi le temps qu'il se remette, pour être sûr que son coeur allait se calmer comme il fallait. Sauf que là c'est différent. Il est si grand. Si carré. Une vraie armoire. On est tellement loin de ma petite princesse au souffle cassé... même si ça reste mon Steve. Il va me falloir du temps, mais après tout ce qu'on a déjà traversé, ça en plus... ça devrait aller. On s'en sortira, de ça aussi, parce qu'on est ensemble, et qu'on s'aime.

Je remonte la couverture sur nous, et écoute sa respiration dans le noir. Profonde, régulière et tranquille. Malgré que... qu'on l'avait jamais fait aussi... passionnément avant, à cause de son état. Et là, pour la première fois où on n'avait pas à se ménager, on dirait qu'il se réveille à peine de sa sieste alors que je retrouve à peine mon souffle et que mon coeur tambourine dans ma poitrine. C'est là que je l'entends dans le noir me dire que c'est lui qui devrait me prendre dans ses bras.

Non... Je... même si c'est idiot j'ai encore besoin de sentir que... que c'est à moi de te protéger. Que c'est à moi de veiller sur toi. Alors que t'en as clairement plus besoin...

Je passe tendrement ma main dans ses cheveux, sentant son souffle léger contre ma peau humide, alors qu'on entend au loin tout le camp qui fait la fête, qui fête les retrouvailles avec les disparus. Comme nous en fait, mais d'une façon bien différente. Maintenant que j'ai les yeux fermés, je me dis qu'on est toujours chez nous, à Brooklyn. Qu'il n'y a jamais eu la guerre. Que le bruit, ce sont juste des types bourrés qui sortent du pub du bout de la rue. Et que la seule chose dont on doit s'inquiéter c'est de passer notre diplôme de fin d'études. Pendant cinq minutes je me réfugie dans mes souvenirs, serrant toujours Steve contre moi, quand des voix commencent à se rapprocher. Les soldats retournent dans leurs tentes. La fête est finie. Le coeur lourd, je le sens qui m'arrête alors que je me redresse, et me dire que c'est trop risqué qu'on passe la nuit ici. Après des semaines, des mois sans lui, la simple idée de l'abandonner pour quelques heures m'apparaît juste comme...insupportable. Comme plus dure que tout ce que je viens de vivre. Un obstacle insurmontable. Mais on a pas le choix. Mes lèvres emprisonnent les siennes alors que je glisse ma main dans sa nuque.

Tu as intérêt. Vraiment intérêt. Je...je supporterai pas de te perdre encore...

Un nouveau baiser que j'aimerais prolonger pendant des heures et il se détache de moi, fouillant dans le noir pour trouver son uniforme. Je repousse la couverture et soupire en voyant les loques qui trainent sur le sol. Hors de question que je remette ça. Je m'enroule dans la couverture et l'embrasse encore avant de compter quelques minutes, le temps de lui donner de l'avance. Je glisse mes pieds nus dans mes grosses chaussures de marche, et file par la tente de l'intendance, à poil sous ma couverture, pour aller voler un nouveau paquetage complet, et m'échouer dans une tente libre. Par chance, je ne croise personne.

Le lendemain, les sergents ne nous réveillent qu'en milieu de matinée, comme une sorte de cadeau qui se prolonge. Et on nous annonce ensuite que nous, les rescapés, on va être rapatriés loin du front pour un débriefing. Vers une base américaine en territoire libéré. Je grogne en me réveillant seul, file me laver à l'eau glacée, mais je m'en fous. Après des semaines dans ma crasse, rien que de sentir l'eau propre sur ma peau est un vrai délice, surtout quand il fait passer ça avec un gros morceau de savon. J'ose même pas regarder la couleur de l'eau qui glisse le long de mes jambes... Et c'est propre, habillé de neuf et sentant le frais, enfin, que je grimpe dans un des camions qui va nous emmener. Pendant de longues minutes je cherche Steve des yeux, mais pas de signe de lui. Oh non. Et si on l'avait envoyé au loin? Sur une autre mission? Et si je le revoyais jamais? Mon regard scrute nerveusement la fourmilière du camp, et je suis à deux doigts de descendre quand j'entends le moteur se mettre en route. Steve. Ils peuvent se coller leur débriefing au cul, je reste ici. Je pars pas sans toi. Et heureusement à cet instant la bâche se soulève et mon coeur en voyant Steve bondir à l'intérieur avec la souplesse d'un chat, et saluer les troupes d'un sourire. Avant que son sourire ne devienne celui d'un sale gosse quand il désigne la banquette à côté de moi.

Sergent Barnes, la place est libre?

Je ris doucement avant de hocher la tête.

- Bien sûr Capitaine.
- Merci sergent.


Il s'installe à côté de moi, en costume propre, son bouclier posé entre sa jambe et la porte du camion, avant de plonger son regard dans le mien. Sale con va. Tu m'as fait une peur bleue... Le convoi se met en route, et quelques temps plus tard, je sens simplement mes yeux se fermer, et ma tête se pose contre son épaule.

Une fois arrivés, on passe par différents bureaux, on parle à des colonels, des maréchaux, la crème de la crème, parfois par groupes, parfois séparément. Des médecins passent aussi nous voir, et c'est seulement en fin de journée qu'on nous laisse tranquille. Pour nous récompenser de notre bravoure, le gratin a organisé une soirée au mess. Avec tenue d'apparat exigée. Je rentre seul dans le mess, tiré à quatre épingles, mais Steve n'est pas encore là. Je discute avec d'autres types qui étaient avec moi dans la base d'Hydra, un français, dont je ne me rappelle plus le nom, et l'espèce de colosse irlandais aux immenses moustaches. On rit bien, on boit un peu de bourbon en provenance direct de la maison, et d'un coup, au léger silence qui se fait, je sais que Steve est là. Oh mon dieu j'en lâcherai presque mon verre à le voir...comme ça. On dirait que son costume a été taillé sur mesure. Et il impressionne même les mecs. La vache... et dire qu'il est à moi. Mon coeur se serre quand je remarque son sourire alors qu'il me remarque, et qu'il fend la foule pour me trouver, posant sa main sur mon épaule.

Te voilà enfin mon frère. Tu m'as manqué...

On s'excuse auprès des autres et on va s'accouder au bar. Depuis nos retrouvailles on a à peine eu le temps de lui parler et j'aurais un million de questions à lui poser. Alors je commence dans l'ordre. Je demande comment était la vie après mon départ, dans notre appart, comment s'est passée la cérémonie des diplômes, comment vont mes parents... Quand d'un coup des talons se font entendre depuis le couloir, et la porte s'ouvre près de nous. Une nana incendiaire, vêtue de rouge, entre, et semble chercher quelqu'un du regard. Oh ma belle je veux bien être ce type-là si tu veux! Avant de me rappeler que... non. Je baisse les yeux une seconde, et je vois ses talons qui s'approchent de nous.

Capitaine Rogers? Je suis venue vous rappeler que le général Chester souhaite vous voir en réunion demain à la première heure. Avec les gens de Washington. Eh bien messieurs je vous souhaite une bonne soirée...


Et après un sourire ravageur à Steve elle tourne les talons et disparaît. Je plante mes yeux dans ceux de Steve une fois qu'elle a disparu, et je demande d'un ton faussement calme.

C'est qui, elle?

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Ven 19 Juin - 10:46


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"Je ne le supporterais pas non plus… Crois-moi."

Ses lèvres se posent à nouveau sur les miennes et pendant une longues minutes, nous échangeons un baiser que j'aimerais ne jamais rompre. Et pourtant… Il faut que je disparaisse. Dans le noir je croise une dernière fois son regard avant de récupérer mon uniforme, l'enfilant tant bien que mal avant de venir déposer un dernier baiser sur ses lèvres. J'aimerais tant ne pas avoir le quitter, j'aimerais pouvoir passer ma nuit à ses côtés, comme on pouvait le faire avant, l'un dans les bras de l'autre… Je pince quelque peu les lèvres alors que je saute hors du camion, cherchant du regard ma propre tente. J'aimerais qu'on puisse être de retour à l'appartement, qu'on puisse retrouver ce lit à deux matelas qu'on a bricolé, notre canapé un peu avachis, sa mère qui vient nous voir toute les semaines… Ouais j'aimerais pouvoir grimper dans le premier avion avec lui et simplement rentrer. Laisser derrière-nous les combats et tout le reste, et simplement reprendre notre quotidien… Comme si au final, tout ceci n'avait été qu'un mauvais rêve… Un très mauvais rêve dont j'avais finis par m'échapper. Seulement ce serait bien trop beau… Le temps d'une seconde j'ai presque peur qu'on ne rentre jamais… Ou qu'on ne puisse pas retrouver notre appartement… Et c'est ainsi que je passe la nuit, à fixer le plafond de ma tente, incapable de trouver le sommeil.

Et heureusement le lendemain, l'heure du réveil est sonné assez tardivement, comme pour nous laisser un peu de répit supplémentaire. Assis sur mon lit de camp, je pousse un soupir. C'est idiot… Idiot, mais j'aurais aimé qu'il soit là… Et même si j'ai promis de le retrouver ce matin… Je sais qu'on va devoir se contenter d'un simple sourire et d'un regard complice… Sans plus. Alors que je donnerais tout pour me jeter dans ses bras et l'embrasser… J'ai un autre soupir alors que je regarde le bouclier qui attend sagement dans son coin. Ouais. Que dirait-on si on savait que Captain America, le nouveau héros de ce campement avait des penchants douteux ? Je ne pourrais pas faire ça à Buck… Le traîner dans cet enfer… La vérité c'est que nous avons toujours dû nous cacher et qu'il va falloir continuer à prétendre qu'il n'y a rien de plus entre nous qu'une simple amitié… Mon coeur se serre à cette idée alors que je commence à me préparer pour le voyage. Et je dois avouer que j'esquisse une moue peu convaincu alors que j'enfile à nouveau mon uniforme… Non pas que je ne sois pas à l'aise dedans… Mais, je ne sais pas… Les couleurs… L'étoile… Ça fait un peu trop. J'ai l'impression d'être la jolie tâche au milieu du reste des soldats. Enfin… Je vais faire le voyage avec, une fois sur place je demanderais à Pegg… Oh.

Peggy.

Je devais la retrouver, pour un débriefing… Non, pas pour ça, mais je devais la retrouver. Oui c'est ça. Elle voulait que je la retrouve avant le départ… Oh merde. J'attrape rapidement mon bouclier et je dois avouer rester comme un idiot quand je sors hors de la tente, découvrant les nombreux camions prêt à partir. Génial. Vraiment… Merveilleux.

"C'est pas vrai…"


Je soupire ça à mon attention alors que je me décide à sauter dans le plus proche, d'un bond gracieux. Et je ne peux qu'adresser un immense sourire aux troupes qui m'observent avec une certaine perplexité.

"Messieurs…"

Je conserve mon sourire alors que je parcours rapidement du regard les troupes, avant que celui ne deviennes plus insolent quand je croise un regard bien familier. Buck. J'arque un sourcil alors que je lui demande si la place à côté de lui est libre. Il a un rire avant de me dire que oui, et c'est avec un grand plaisir que je me glisse à côté de lui sur la banquette, mon regard croisant rapidement le siens. J'ai presque envie de lui dire, "tu vois ? Je t'avais dis que je serais le lendemain matin…" Mais je me contente d'un simple sourire alors que le convoi se met en route. Et pendant le voyage, alors que je discute avec un des gars, voilà que je sens la tête de Buck se poser sur mon épaule, et je ne peux que sourire en le voyant somnoler, les lèvres entrouvertes. Et un rire de sale gosse m'échappe alors que je me tourne vers le reste des gars.

"Ok… Combien de temps selon vous avant que le Sergent Barnes ne me bave sur l'épaule ?"

Finalement le reste du voyage se fait tranquillement et je salue rapidement les gars avant de descendre du camion, retrouvant enfin Peggy qui commence à gentiment me réprimander disant que je suis attendu. Je hausse un sourcil avant de la suivre, me demandant sincèrement à quelle sauce je vais me faire dévorer. Non parce que… Aller jouer les héros et libérer les troupes, c'est bien beau… Mais le faire en désobéissant à des ordres…. C'est plus gênant… Surtout quand on n'est pas réellement militaire… C'est donc avec angoisse que je me retrouve devant Chester et un tas de haut-gradé… Et étrangement, ça ne se passe pas si mal que ça. En fait… Ça se passe même plutôt bien… On me dit que j'ai fais du bon boulot et que l'armée ne serait pas contre le fait que je rejoigne ses rangs officiellement. Tu m'étonnes… C'est donc après une longue discussion que je suis officiellement enrôlé dans l'armée. Avec pour grade d'entrée… Captain. Carrément. Et j'ai le droit à tout : les examens médicaux pour tenter de définir mes limites physiques, un uniforme en règle, les plaques… Bref… Me voilà officiellement…. Captain Steve Rogers. Ou comme le reste des troupes aiment à m'appeler… Captain America.

Je jette un regard à Peggy qui m'adresse un sourire alors que je remonte le couloir à ses côtés, presque coincé dans mon nouvel uniforme.

"J'ai l'impression d'être ridicule là-dedans.
- Croyez-moi Captain, vous êtes loin de l'être. Mais n'y pensez pas. Allez simplement profiter de votre soirée. Vous l'avez autant mérité que le reste des troupes… Non ?"

Je pince les lèvres, avant de regarder devant moi, me retenant de pousser le moindre soupir. Sûrement. Je la quitte avec un sourire alors que je me dirige vers le mess déjà bondé. Et je jure être plus que mal à l'aise quand un léger silence s'installe alors que je passe la porte de celui-ci et que je vois qu'on me scrute avec la plus grande attention. Je me racle la gorge avant de finalement trouver Bucky au milieu de tout ce monde, ne pouvant retenir un sourire alors que je croise son regard. Un léger rire m'échappe alors qu'il pose une main sur mon épaule.

"Désolé, j'avais à faire… Mais je vois que tu ne t'es pas gêné pour commencer sans moi…"

Mon coeur se réchauffe alors qu'il m'avoue que je lui ai manqué et je ne peux que lui dire que c'est aussi le cas. On s'excuse rapidement auprès des autres avant de simplement s'accouder au bar. Et un verre à la main, je l'écoute me poser un bon millier de questions auxquels je réponds avec plaisir. Je fais tourner mon verre entre mes doigts avant d'en voler une gorgée, le rassurant d'un sourire.

"Ça s'est bien passé… Il me semble t'en avoir parlé non ? Et pour tes parents… J'aimerais te dire qu'ils vont bien, parce que c'est le cas, mais n'oublie pas que ta pauvre mère te pense mort… Tu ferais mieux de lui envoyer un mot…"

Je lui glisse un sourire alors que je trempe à nouveau mes lèvres dans mon verre, fronçant les sourcils lorsque le bruit de talons se fait entendre. Je me retourne et découvre Miss Carter dans une robe rouge qui s'approche de nous, un léger sourire aux lèvres. Celui d'une femme qui sait que tout les hommes de la pièce la regarde pour son plus grand plaisir. Je lui adresse un sourire courtois alors qu'elle me salut. Je l'écoute avec attention avant de lui répondre d'une voix douce.

"Agent Carter… C'est bien aimable à vous… J'y serais bien évidemment. Bonne soirée à vous…"

Je lui rends son sourire alors qu'elle repart, disparaissant au plus grand désarroi des hommes. Et étrangement, je sens que Buck n'en fait pas partie. À une époque il aurait été le premier à venir lui faire du charme, mais là… Je sens que c'est plutôt l'inverse. Je croise à nouveau son regard et il n'a même pas besoin d'ouvrir la bouche que je sens qu'il est… Jaloux. Je me retiens de sourire alors qu'il me demande d'une voix faussement calme qui elle est. Je fais tourner mon verre entre mes doigts alors que je soutiens son regard, un léger sourire au coin des lèvres.

"Elle ? C'est l'agent Carter. C'est avec elle que je travaille depuis que j'ai réussis à entrer dans le programme du Docteur Erksinne… C'est un peu grâce à elle que je suis comme ça désormais… Charmante demoiselle si tu veux tout savoir…"

Seulement ce n'est pas vraiment ce qu'il veut savoir. Il n'a pas besoin de me le dire que je sens qu'il fulmine à l'intérieur. Comment je le sais ? Parce qu'il a le même regard que j'avais à l'époque quand je le voyais danser avec je ne sais trop quelle idiote dans un bar. Il est jaloux. À en crever. Et même si il tente d'être calme… Je vois qu'il serait prêt à me sauter dessus simplement pour rappeler à tout le monde que je suis bien à lui. Je penche légèrement la tête sur le côté alors qu'un sourire insolent se dessine sur mes lèvres.

"Serait-ce de la jalousie que je vois là, Barnes ? Pour une simple demoiselle en robe rouge ? Allons… C'est juste une amie et une collègue… Rien de plus. Je te l'assure. Alors arrête de me regarder comme ça."

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Mar 23 Juin - 19:47

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Steve & Bucky



J'éclate de rire quand je le vois enfin fendre la foule pour venir me rejoindre, méconnaissable dans son uniforme officiel de Capitaine. Alors comme ça ça y est. Il a été officiellement été fait capitaine... ses galons le prouvent. Eh ben voilà, en presque un an j'ai pas quitté le grade de sergent, alors que lui, en quelques semaines, il me passe devant. Espèce de grand dadais... toujours à vouloir faire comme moi, depuis qu'on est gosses... On s'accoude au bar et j'arrive pas à détacher mes yeux de sa stature de colosse. Ce colosse que j'ai tenu dans mes bras cette nuit et que j'ai fait crier... J'ai encore du mal à me dire que c'est lui. Mon Steve. Ma princesse au souffle cassé, qui maintenant respire la santé au point de pouvoir vanter les mérites du lait, ou des pubs de ce genre.

Pardon Capitaine, mais il faut croire qu'ils en avaient moins après moi...

Mon regard s'assombrit quand il parle de mes parents, qui ont sûrement reçu mon avis de décès. Pris dans tout ça, je n'avais même pas pensé à ça, et pendant quelques secondes je la vois, la lettre en main, en train de sangloter dans les bras de mon père, qui la tient contre lui, le visage grave. Et je m'en veux. Je m'en veux de leur avoir imposé ça. Depuis combien de temps est-ce que l'avis de décès a été envoyé? Depuis combien de temps je suis resté enfermé là-bas? Entre ces quatre murs, j'ai perdu le compte du temps, et le reste du monde aussi, s'imaginant que je suis tombé au champ d'honneur, comme tellement d'autres. Et que personne à part lui n'est venu me tirer de cet enfer... Je reste pensif une seconde avant de lever les yeux vers lui et poser ma main sur son avant-bras.

Non... Je ne sais pas comment ça peut se finir pour moi... Je veux pas qu'on lui annonce deux fois ma mort. Quand tout ça sera fini, j'irai sonner à la porte et je leur faire la plus belle surprise de leur vie... En attendant... on a l'Europe à sauver mon frère...

Sauf que l'irruption d'une femme fait voler toute la culpabilité et l'angoisse qui avaient déferlé en moi comme une vague. Une nana comme ça pourrait même arriver à faire oublier son prénom à l'heureux type sur qui elle aura jeté son dévolu. Et... il faut croire que ce type, c'est Steve. Je connais les femmes, clairement plus que Steve - c'est toujours facile de faire mieux que zéro comme on dit - et elle le dévore littéralement du regard. Elle le veut, et lui ne voit rien. Mon frère t'es tellement innocent que ça me donnerait encore plus envie de t'embrasser. Et je crois bien qu'il est le seul de tout le mess qui ait pas eu les yeux sortant de leurs orbites en la voyant arriver... Et j'avoue que pour la première fois depuis...depuis toujours je suis jaloux. Jaloux parce que j'ai peur de le perdre. Peur qu'elle me le vole, canon comme elle est. Et je me renseigne, pas vraiment de la façon la plus subtile du monde je le reconnais... La première partie de sa réponse me donne juste envie de hurler. Savoir qu'il la trouve charmante. Savoir que c'est à elle qu'il doit sa métamorphose. Y'a de quoi m'alarmer non? Vraiment pas?

Et il a l'air de le sentir parce qu'il a ce sourire de sale gosse, le sourire de celui qui m'a percé à jour et qui se moque de moi, avant de me rassurer. Heureusement, son regard pour moi a toujours pas changé, et ça me rassure de voir que... que je suis toujours le centre de son univers. Je le pousse gentiment de l'épaule, avant de ronchonner.

Mouais. J'aime pas en voir qui te tournent autour de trop près. Surtout qu'elle... qu'elle aurait de quoi... enfin... elle aurait de quoi... que... que t'ailles vers elle. Si tu vois ce que je veux dire.

Je peux pas être plus clair parce qu'on est pas seuls. On est au beau milieu d'un mess plein de soldats qui passent leurs journées à cotoyer la mort, et qui ne sont pas tant prêts à découvrir que leur sauveteur, le symbole de l'Amérique, aime passer les nuits dans les bras de son meilleur ami, et pas pour discuter de broderie et de tricot... Enfin, je le crois. Je sais qu'il m'aime. Et j'ai pas vu dans son regard l'attirance qu'il y avait dans celui des autres. Je termine ma bière et m'adosse au comptoir, le regardant.

Et maintenant, tu vas faire quoi? Je veux dire, t'es officiellement un soldat, plus un pantin, alors... Tu vas aller sur le front? Refaire ce que t'as fait pour nous? Sache juste que... si tu repars, je veux être avec toi. Même si c'est sur le front, en première ligne. Même si c'est dans la bouche de l'enfer. Mais avec toi... C'est clair Rogers?

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Mer 24 Juin - 13:56


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Il est jaloux. Lui, le grand Bucky Barnes est jaloux d'une femme. Incroyable, lui qui était avant le genre de garçon à faire tourner la tête à toutes les filles de Brooklyn, voilà qu'aujourd'hui, c'est lui qui se retrouve à ma place, à le regarder jouer au grand séducteur… Sauf que contrairement à lui, je ne cherche pas réellement à m'attirer les faveurs de l'agent Carter. Certes c'est une belle femme, mais ce n'est pas vraiment ce qui m'intéresse… Même pas du tout. Et Buck devrait le savoir. Il a été mon premier baiser, ma première fois… Et mon premier amour. Alors qu'il se mette dans cet état… Même si ça me fait étrangement plaisir, je dois avouer que ça me fait aussi sourire. Comme si j'allais l'abandonner pour la première femme qui poserait ses yeux sur moi. Il me pousse doucement de l'épaule alors qu'un léger rire m'échappe.

"T'es pas croyable Barnes… Je te savais protecteur mais là… Tu m'épates. Regarde-toi… Ronchonner parce qu'une demoiselle m'adresse la parole ? Ça ne te ressemble pas…"

Je lui glisse un regard avant d'en dire plus. Autant ne pas trop insister, je n'ai pas non plus envie que les autres se doutent de quoi que ce soit. Mieux vaut qu'à leurs yeux on ne reste que deux meilleurs amis qui veillent l'un sur l'autre comme des frères. Plutôt qu'ils finissent par comprendre que si on l'est aussi proche l'un de l'autre… C'est pour une autre raison. Je soutiens son regard avant de le regarder terminer sa bière, ne pouvant retenir un sourire alors que je baisse les yeux à sa remarque.

"Ne dis pas ça… J'aimerais pas que tu te retrouves en première ligne. Je t'ai promis que je te ramènerais à la maison et je le ferais. Juste pour que t'ailles rassurer ta pauvre mère. Quant à ce que je vais faire… Je ne sais pas. Enfin si. Et je pense que quand tu vas entendre ça… Tu vas hurler…"

J'esquisse un léger sourire alors que je sirote doucement ma bière. Ouais. La suite ne va pas lui plaire. Mais pas du tout. Parce que même si je ne suis plus le gringalet sur lequel il doit veiller sans cesse… Je sais que son côté "je suis toujours derrière toi et je t'empêche de faire une connerie" ne va pas s'estomper aussi aisément que ça… Au contraire. Alors je dois avouer que je me vois mal lui apprendre avec le plus grand calme du monde que je m'apprête à monter une équipe qui ne s'occuperait que des missions suicide… Une espèce d'escouade qui affronte la mort. Ouais. Vraiment pas le genre de chose qu'il aimerait entendre. Je pense en effet qu'il va hurler… Qu'il va me demander si je ne suis pas devenu dingue ou quoi… Je passe rapidement ma langue sur mes lèvres avant de reprendre.

"On m'a proposé de me mettre à la tête de ma propre escouade… De choisir mes hommes et d'aller justement me jeter dans la gueule de l'enfer… Et comme j'ai cru comprendre que t'allais plus me lâcher…"

Je lui glisse un sourire. Ouais. On se l'est promis, de plus se lâcher, juste pour être sûr de ramener l'autre à Brooklyn, pour qu'on puisse reprendre notre vie, tout les deux… Alors bon, si pour cela on doit faire un crochet par l'enfer, j'ai envie que ce n'est pas grave, parce qu'on aura le temps de se reposer tout les deux, de panser nos blessures et même si on devra se cacher du reste du monde, on sera heureux, parce qu'on sera tout les deux. Mes doigts se resserrent un peu plus autour de mon verre et je peine à croiser son regard. Oui je sais… Je ne devrais pas te faire ça, te dire que je vais braver le danger et tenter de changer le monde avec mes poings. Je sais que tu ne cessais pas de me dire que je ne devais la faire qu'à l'aide de mes pinceaux… Mais maintenant c'est différent, maintenant je ne suis plus malade et je ne suis plus un gamin qu'il faut protéger. Je peux le faire maintenant. Je peux changer le monde, moi aussi. Je peux me tenir à tes côtés et non plus rester dans ton ombre. T'as plus à me protéger. Je sais que c'est dur à l'admettre… Mais je vais enfin cesser d'être un fardeau pour toi. Je me perds dans son regard, me disant que bon sang… Je l'embrasserais bien. Un autre sourire m'échappe alors que je termine ma bière, sous son oeil presque désapprobateur.

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Ven 26 Juin - 11:52

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Steve & Bucky



Il y a tellement de choses que j'ai encore du mal à réaliser. Lui qui a changé. Tellement changé. Lui qui a traversé l'océan pour me retrouver, pour me sortir de là. Pour me sauver. On s'est enfin retrouvés alors qu'autour de nous c'est la guerre. Des gens ont froid, ont faim, ont peur. Et c'est à nous de les aider. Alors oui, je dis pas que j'ai envie de tout plaquer, de tout laisser, mon paquetage, mes plaques, même mon arme, et sauter dans le premier bateau, ou le premier avion. Revenir chez nous, reprendre la vie là où on l'avait laissée, quand nos plus gros problèmes étaient la santé de Steve et d'avoir notre diplôme. Et dire que ces soucis-là sont réglés pour Steve... Et en même temps, pour une des premières fois de ma vie j'ai vraiment l'impression d'être important, ici. De jouer un rôle. Et je souris en avalant une gorgée de bière quand Steve m'annonce son projet. Rester, former un groupe d'élite, et continuer de se battre.

T'es venu me sauver mon frère. Mais pour la suite, c'est moi qui choisis. Et je veux rester avec toi. Je veux me battre avec toi. Ici j'ai l'impression d'être utile, encore plus quand Captain America est à mes côtés...

Et je baisse un peu la voix, lui accordant un sourire ravageur.

Le jour, et que j'ai Steve Rogers pour moi toutes les nuits...

Je lui fais un clin d'oeil avant de reprendre comme si de rien n'était.

Tu as toujours voulu faire la différence Steve. Maintenant tu peux sans risquer ta vie. Enfin si, tu risques ta vie, mais on va dire que t'es mieux équipé pour survivre qu'avant ton départ. Je veux partager ton combat. Je veux me battre à tes côtés. Et qui sait, peut-être que les livres d'histoire se souviendront de nous!

Alors oui, j'ai peur. Parce qu'ici on ne fait pas semblant, et que les morts ne reviennent plus, mais tant que je reste à ses côtés, j'ai confiance. Tant que c'est pour lui, encore plus qu'avec lui, que je me bats, je le suivrai jusqu'en enfer. Et que si je meurs, je veux que ce soit à ses côtés... Je termine ma bière et en commande une autre avant de l'encourager à parler d'un signe du menton.

Bon alors, si tu me parlais plus en détail de cette fameuse escouade de suicidaires dont on va faire partie?

*_*

J'ouvre les yeux et la première chose que je remarque, que je sens, est l'odeur de poussière. Et je remarque que tiens quelque chose. Ma vison se précise et je vois que...que c'est quelqu'un que je tiens. Au col. De surprise, je lâche ma... victime? mon ennemi? Il retombe au sol dans une bruit sourd alors que je me penche sur lui. Et il me faut une seconde pour reconnaître ce visage au milieu des bleus et du sang.

Steve.

Comment? Pourquoi? Pourquoi j'en serais venu à lui faire du mal? Et quand je fais un pas vers lui, j'ai l'impression de recevoir un coup de poing alors qu'une série de flashs s'impose à moi. Le train. Le cliquetis régulier des roues de métal sur les rails, le hurlement du vent. Et du blanc. Du blanc partout. Des tirs d'armes à feu. Une grosse détonation. Et moi dehors, le coeur suspendu, et les jambes battant dans le vide alors que ma main se tendait désespérément vers lui. Vers Steve, penché vers moi, une peur panique dans le regard. Et rien.

J'ai le souffle court comme si je manquais d'air et je titube, m'appuyant contre le mur alors que de nouvelles images m'assaillent. A travers mes yeux je me vois charger une arme. Pourtant c'est pas mon fusil. C'est... beaucoup plus moderne. Je m'installe sur un toit et j'attends. Comment? C'est pas possible. Je vois plein de choses que je ne reconnais pas. Et la guerre semble s'être arrêtée. Une femme passe dans la rue. Ma cible. Un coup et elle s'effondre à travers ma lunette. Mission accomplie. En quelques secondes à peine j'ai tout remballé et je disparais.

Nouveaux flashs. Je tombe à genoux alors que je commence à voir d'autres meurtres. Des cibles. Des cibles que j'ai assassinées de sang froid. Une lame entre les côtes au milieu d'une foule. Une piqûre de poison en passant. Et encore. Et encore. Des morts. Des morts par dizaines. Et moi qui était le meurtrier. Non. Non c'est impossible. C'est pas moi. C'est pas moi qui ai pu faire ça. J'ai tué, oui, mais pendant la guerre. Et c'étaient des civils. Alors que là, là... c'étaient des innocents. Dans des villes. Au milieu de foules. Non. Je...non...

Tout se bouscule et je tente de me relever, m'appuyant au mur lépreux alors qu'au loin j'entends la voix de Steve qui me parle. Et quand mon regard se pose sur ma main, mon coeur s'arrête. Ma main...ma main et mon bras...ils sont...ils sont en...en métal. C'est un cauchemar, c'est un mauvais rêve. Et pourtant je vois ces doigts qui se plient et se déplient en un léger sifflement, ces plaques de métal qui remplacent... un vrai bras. Non. Non... Qu'est-ce qui m'est arrivé? Qu'est-ce qui s'est passé? Co...comment?

Je réalise seulement que ma bouche laisse s'échapper des hurlements, des hurlements de bête blessée alors que je retombe à genoux. Un monstre. Je suis devenu un monstre. Un monstre. Un criminel. Un assassin. C'est... mon dieu. Non. Non. Il faut... il faut que je parte. Steve. J'ai... j'ai pu le blesser. Je lui ai fait du mal. Je suis arrivé à lui faire du mal. Oh mon dieu. Mais qu'est-ce que je suis devenu? Il... je dois partir. J'arrive enfin à me remettre sur mes pieds, et je titube, m'éloignant de lui aussi vite que possible. Je suis un danger. Une menace. Je suis... je n'en sais rien. Je sais juste que je dois filer. Partir. Disparaître. Je passe par l'escalier de secours, manquant de glisser sous les marches humides, et quand j'avise une moto garée dans la ruelle, je monte dessus sans me poser de questions, et file plein gaz pour m'éloigner le plus vite d'ici.

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Lun 29 Juin - 19:53


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Un léger sourire se dessine sur mes lèvres alors qu'il me susurre qu'il serait prêt à me suivre n'importe où rien que pour avoir Captain America à ses côtés la journée, et moi dans son lit tout les soirs. T'es pas possible mon frère. Je me retiens du moindre commentaire, recommençant à siroter ma bière alors qu'il reprend. Oui c'est vrai, j'ai toujours voulu faire la différence, prouver au monde que moi aussi j'étais capable de me battre pour ce que je pensais être juste. Que je pouvais être important, que je pouvais faire la différence. Que je n'étais pas qu'une simple chose fragile que l'on materne et que l'on doit protéger à tout prix. Je voulais me battre, et prouver que j'étais brave. Je le veux toujours. Et entendre Buck me dire qu'il me suivrait jusqu'en enfer si il le faut, ça me réchauffe le coeur… Parce que j'avais peur qu'il me hurle dessus, qu'il me dise que je ne suis qu'un inconscient, un égoïste qui ne cherche juste qu'à se jeter au devant du danger sans penser à ceux qui s'inquiètent pour lui. Mais non. Il m'assure qu'il veut se battre à mes côtés… Qu'il veut qu'on entre dans l'histoire. Un sourire un peu triste m'échappe. Je ne suis pas vraiment sûr que cela arrive mon frère, je pense que dans vingt, trente, quarante ans… Personne ne se souviendra de Captain America et de son commando. On deviendra des fantômes du passé, et encore… Si demain on se souvient de nous, ce serait déjà bien. Et pour le reste des années à venir… Je m'en fous. Le plus important c'est qu'on soit tout les deux, à jamais, pas que le monde se souvienne de nous.

*
Presque abruti par la douleur, je crache avec peine le sang que j'ai dans la bouche alors que je le vois s'avancer vers moi, toujours aussi froid et déterminé à l'idée de me tuer. Au milieu des débris qui étaient ma porte, je tente de retrouver mon souffle qui se fait sifflant. Il va me tuer. Mon Buck. Lui. Mon frère, mon amour. Celui que je pensais avoir perdu il y a des années… Il va me tuer. Je le vois à ses yeux, à sa démarche. Un sanglot se meurt sur mes lèvres rougit par le sang. J'aurais dû te sauver. Je le sais. Mais pourquoi ? Pourquoi ne pas te souvenir de ce qu'on avait, de ce qu'on était… Il me saisit par le col et je sens mon coeur se briser quand il m'assène une autre droite qui m'achève un peu plus. Il va me tuer. Lui qui m'avait juré qu'il serait toujours là pour moi, qui jurait de me suivre jusqu'en enfer, qui m'aimait… Qu'est-ce qu'on t'a fait mon Buck ? Qu'est-ce qu'ils t'ont fait mon amour ? Au point que malgré mes mots… Tu ne te souviennes de rien. Que tu penses que je tente simplement de manipuler ton esprit… ?

Les coups pleuvent et sérum ou pas, Captain America ou pas, je commence à voir des étoiles, à avoir du mal à aligner deux pensées cohérentes. La douleur elle-même semble irréelle. Et le sang dans ma bouche… Je me contente de le laisser s'échapper d'entre mes lèvres, ou de m'étouffer à moitié avec… De toute façon… Je sens qu'un coup de plus et c'est la fin. J'arrive à peine à garder les yeux ouverts. Je tente de murmurer son prénom, ayant l'espoir fou que cela l'aiderait à revenir, à se rendre compte de ce qu'il fait… Je vois son bras se lever et je ferme les yeux. C'est la fin.

Seulement alors que je m'attends à recevoir le coup de grâce, voilà qu'il me lâche. Lourdement je retombe au sol, n'essayant même pas d'étouffer un grognement de douleur. Au travers de mes yeux difficilement ouvert, je le vois se pencher vers moi, prononçant enfin mon prénom. Oui. C'est moi… Un soupir fatigué m'échappe alors que je sens mon corps abandonner. Tout mes muscles se relâchent alors que je déglutis difficilement. C'est ça. C'est moi. Je l'observe, peinant à croiser son regard. J'aimerais te prendre dans mes bras, te dire que je suis heureux de te retrouver… Mais voilà qu'il panique. Qu'il commence à hurler. Parce qu'il se souvient. Parce qu'il voit son bras. J'aimerais le calmer, lui dire que je suis là, que je vais l'aider, mais je peine déjà à rester conscient. Laisse-moi t'aider Buck… Laisse-moi… Seulement il fuit, paniqué. Je l'entends dévaler l'escalier de secours alors qu'un long soupir m'échappe. Encore une fois… Je n'ai pas su te rattraper mon frère. La tête me tourne alors que je ferme les yeux. Je devrais me relever, me forcer à me réveiller… Mais je n'en ai plus la force, ni l'envie. Pour ce soir… J'abandonne.

Étrangement, lorsque je me réveille, la première chose qui me frappe c'est que je ne suis plus dans mon appartement mais dans une chambre d'hôpital… Avec Natasha à mon chevet qui mâche du chewing-gum, faisant semblant de lire Vogue.

"Je savais que j'aurais dû faire aménager ton appartement, un petit vieux dans ton genre, t'allais forcément tomber et te faire mal… Une chance que tu ne te sois pas fracturé un truc Rogers."

La bulle éclate entre ses lèvres alors qu'elle tourne une page du magazine qu'elle ne regarde même plus. Je le regarde, non sans esquisser une grimace de douleur. La vache j'ai l'impression qu'un camion vient de me passer dessus, et encore je suis sympa. Son regard trouve le mien et ce que j'y lis ne me plait pas trop. Elle autant inquiète qu'en colère. Inquiète parce que ça doit être la première fois qu'elle me voit dans un état pareil, en colère parce que je ne lui ai rien dit. Elle fait éclater une autre bulle entre ses dents, tournant une autre page.

"Alors ? Tu comptes me dire ce qui t'es arrivé ou je vais devoir me fâcher ?"

Je pousse un soupir. Je n'ai pas envie d'avoir cette conversation avec toi, pas maintenant. Je pince les lèvres. Va falloir que je lui invente un merveilleux mensonge pour tenter d'esquiver tout ça. Sauf que tenter de lui mentir… C'est quasiment idiot. Cette demoiselle les flaire à des kilomètres.

"Oh je voulais faire des travaux tu sais… Pas de chance que la cloison se soit vengée sur moi."

Elle hausse un sourcil, reposant son magazine, alors qu'elle recommence à mâchonner son chewing-gum. Son regard veut tout dire. Elle y croit pas une putain de seconde. Je serre les dents, soutenant son regard. Je ne dirais rien de plus. Je ne te dirais pas que c'est lui qui m'a attaqué. Qu'il m'a passé à tabac avant de me laisser à moitié mort dans mon appartement. Je détourne le regard et l'interrompt alors qu'elle commence à tenter d'insister.

"Natasha. C'est rien. Je vais bien."

Elle croise les bras avant de pousser un soupir. Je fixe le mur, ne pensant qu'à Buck. Buck que je dois retrouver à tout prix. Parce que je sais qu'il est quelque part, perdu, à se souvenir, à affronter tout ses démons. Lui que je n'ai pas su sauver et qui est devenu l'assassin d'Hydre. Mon amour que je pensais perdu à jamais. Mon frère. Il doit être effrayé, au fond du trou et ça me tue de le savoir seul. De savoir qu'il doit affronter tout ça sans le soutien de qui que ce soit. Je devrais être là pour lui, pour l'aider à passer ce moment. Et pas être dans un lit d'hôpital à panser mes blessures.

Alors il est vrai qu'au bout de quelques jours, je me débrouille pour m'enfuir de l'hôpital. Les points sont encore frais ? Tant pis. Ça me fait un mal de chien ? Pas grave. Le seul truc qui est important c'est que je dois retrouver Buck.  Alors oui, je repasse rapidement à l'appartement histoire de récupérer quelques vêtements, mon bouclier et je laisse les clés sur la porte. Parce que je ne compte pas revenir tant que je n'aurais pas retrouvé Buck. Je tire un vieux pick-up dans le coin, j'abandonne mon téléphone portable et autres appareils qui seraient susceptible de se faire pister par le SHIELD… Et je pars. Tout simplement. Je disparais. Juste pour le retrouver lui, la seule personne qui ait jamais réellement compté pour moi. Le seul qui ait été réellement important. Mon Buck.

Le seul problème qui s'impose rapidement à moi, c'est que je ne sais pas réellement par où commencer. Il pourrait être n'importe où. A Brooklyn comme dans je-ne-sais quel autre pays. Il pourrait être n'importe où, terré, à hurler comme un animal blessé… Ou pire. La simple idée de l'imaginer reclus quelque part à s'en vouloir pour ce qu'il a pu faire, ça me tue. Je voudrais être là, pour toi. Alors après avoir tourné en ville pendant plusieurs semaines, sans rien retrouver… Je commence à paniquer. Si il a quitté New-York… Il peut être n'importe où… Et je pourrais prendre des mois pour le retrouver, chose que je ne pourrais pas vraiment supporter. De le savoir si loin de moi, complètement brisé et seul. Puis je finis par me souvenir que ses parents avaient un chalet, enfin une espèce de maison de vacance dans laquelle ils passaient leur étés… Je me souviens que j'y avais été une fois ou deux, quand ma mère avec besoin de temps pour ses propres soucis de santé, et qu'elle préférait ne pas m'avoir dans les pattes… Même si à l'époque elle disait juste me laisser suivre Buck. Ça vaudrait le coup que je tente… De toute façon… C'est la seule piste que j'ai pour le moment.

Il me faut bien une semaine pour atteindre ce fameux chalet, perdu au milieu d'une forêt épaisse. La civilisation est bien à une bonne heure de route et la rivière qui la borde semble bien tolus sauvage que dans mes souvenirs. J'arrête le pick-up non loin du chalet, soupirant de soulagement quand je constate que ma moto est garé à quelques mètres. Putain. Il est là. Dieu merci. Je referme doucement la porte avant de me laisser envahir par le silence de la forêt, quelque peu inquiet de ne pas entendre le moindre bruit venant de l'intérieur. L'inquiétude serre mon coeur alors que mes pas crissent sous les feuilles et autres aiguilles de pins qui jonchent le sol. Et je jure avoir le coeur sur le point d'exploser quand je pousse la porte du chalet. Une odeur forte me saisit et me file la nausée, un espèce de mélange d'alcool, de sueur et de bile, qui empoisse l'air renfermé. Je fais un pas à l'intérieur alors que je le cherche du regard, au milieu des cadavres de bouteilles avant de finalement le trouver, non loin du lit, inconscient. Je pousse un soupir alors que je m'agenouille face à lui.

"Buck ? C'est moi… Steve."

Je le vois qui réagit à peine. Mon pauvre amour… Regarde dans quel état tu t'es mis. J'aurais aimé être là pour toi plus tôt, pour t'aider à traverser ça, pour t'empêcher de te mettre dans cet état là. Voyant qu'il ne réagit pas, je l'attrape et le traîne jusque dans le lit.

"Là tu seras mieux mon frère… Bouge pas… Je vais t'apporter une bassine au cas où."

J'en glisse une à ses côtés avant de regarder les bouteilles à mes pieds, les ramassants une à une pour les balancer dans un grand sac poubelle. Chose qui me prends une bonne dizaine de minute. Puis je commence à nettoyer la pièce, lui jetant de rapides coups d'oeil de temps à autre, veillant à ce qui ne lui arrive rien, qu'il n'a pas besoin de moi ou quoi. Mais non. Il dort. Du moins, j'ai l'impression. Une fois tout ceci terminé, je tire une chaise et m'assieds non loin du lit, le couvant d'un regard autant inquiet que tendre. Parce que je l'ai retrouvé, et désormais… Je vais être là pour lui comme il a été là pour moi. Jusqu'à la fin.

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Sam 4 Juil - 11:14

First Class




Steve & Bucky



Le vrombissement du moteur est la seule chose constante dans mon esprit alors que je roule sans but à travers les rues quasiment vides de Brooklyn. Il m'a fallu quelques minutes une fois dehors, sous la pluie, pour reconnaître où je me trouvais. Les Etats-Unis. J'étais rentré aux Etats-Unis. Mais comment? Enfin pour l'instant je dois partir. Je dois partir loin. Je dois m'éloigner, je dois fuir. Fuir parce que je suis un monstre, un danger pour les autres, et pour la première fois de ma vie j'ai peur. Peur de ce que je suis devenu. Peur de ce que j'ai fait. De ce que je pourrais faire dans une des plus grandes villes du monde, entouré de millions de personnes. Alors je roule, tout droit. Juste tout droit, juste pour sortir de cette ville, sortir de cette zone de danger. Je peine à rester sur la selle alors que d'autres images se superposent. Moi. Moi encore. Moi qui me bat. Moi qui tue. Du sang sur les mains. Des cadavres sur mon passage. Tout le temps. Des visages se superposent. S'ajoutent. Combien? Combien j'en ai tué? Combien de vies j'ai ôtées? J'ai la nausée, alors que je reconnais à peine le monde autour de moi. Tout semble tellement différent. Les maisons. Les voitures. Les magasins. Les gens. Combien de temps s'est passé depuis la guerre?

Petit à petit la civilisation se fait moins dense, les maisons s'espacent et il y a de plus en plus de forêt et de champs. Et c'est seulement là que je m'arrête, le souffle court. Où je suis? J'en sais rien. Heureusement la moto a le réservoir plein et je peux faire encore de la route avant de devoir m'arrêter. Mais m'arrêter où? Où est-ce que je pourrais aller? Où est-ce que je ne serai plus un danger pour personne? Et là, dans les brumes de mon cerveau, je me rappelle. Le chalet. Le chalet où mes parents nous emmenaient en été, pour pêcher, jouer à l'extérieur, prendre l'air, construire des cabanes. Je roule jusqu'à trouver un panneau qui m'indique où je suis et je tourne dix fois dans la station essence avant d'oser demander mon chemin. Par chance, dans quelques heures j'y suis, et je reconnais bientôt la route. Puis le chemin qui mène à la maison de bois. Depuis l'extérieur tout est calme, et on dirait que personne n'est venu depuis longtemps. Tant mieux. Si mes parents ou mes frères me voyaient... ils ... non... je serai incapable de croiser leur regard.

J'attrape la clef de secours cachée dans la cabane à outils et entre. Tout est calme et poussiéreux. Comme si ça faisait des années que personne avait mis les pieds ici. Comme si ça avait été oublié. Mais...tant mieux. Je m'assieds sur le vieux canapé et me prend la tête dans les mains. Avant de commencer à éclater en sanglots. Qu'est-ce que je suis devenu? Qu'est-ce que je suis? Qui m'a fait ça? Des images, des sons me reviennent de temps à autres, mais j'en peux plus. J'en plus de voir ce défilé de visages devant mes yeux, nuit et jour. De voir cette partie de moi qui est une aberration. Une anomalie. C'est ce que je suis. C'est ce qu'on a fait de moi. Mais je dois faire taire ça. J'ai pas le choix. Alors j'ouvre le placard et sors une bouteille de whisky. Le goulot en verre tinte entre mes dents alors que je la lève d'une main tremblante et que je fais glisser le liquide brûlant dans ma gorge.

Une voix lointaine me parvient. Comme à travers de l'eau. Mon prénom. Non. Encore un cauchemar. Encore ces scènes horribles où je suis dans un labo, où des scientifiques me parlent dans une langue que je ne comprends pas, en me disant des choses que je ne comprends pas. Et la douleur. Des machines. Des décharges. Les dents serrées. Les coups. Les entraînements. Le sang. Les missions. Les meurtres. Et je me réveille souvent en hurlant et trempé de sueur, avant d'attraper ce qui reste d'une bouteille pour m'abrutir assez pour espérer dormir un peu. Parce que l'alcool est le seul truc qui arrive u peu à faire tout ça. Faire taire ces cris. Ces images. Cette souffrance. Tout ça. Et encore fois j'entends la voix de Steve. Non. Encore ce foutu rêve. Je me tourne en grognant, espérant chasser ça. Pas toi. Pas lui. Le voir, le revoir avec le visage ensanglanté, blessé par ma faute, c'est trop. Ca je peux pas le supporter. Parce qu'il est celui que j'aime le plus au monde. La personne que j'aurais jamais pu blesser. Et le voir là, en sang, à moitié sonné...à cause de moi... J'ai envie de jamais me réveiller. De mourir. D'oublier.

Je me réveille la tête lourde comme d'habitude, et la bouche pâteuse. J'ouvre les yeux lentement, et il me faut une seconde pour réaliser ce qui se passe. Qui j'ai en face de moi. Steve. Je me redresse brutalement, manquant de tomber du lit, alors que mes yeux sont agrandis par la surprise.

Non...non tu... tu peux pas être là...

Et il a l'air bien. En bonne santé. Loin du Steve que j'ai laissé derrière moi.

T'es une hallucination. Un cauchemar. T'es un cauchemar. Va-t-en! Va-t-en!

Je recule sur le lit pour me retrouver assis dos au mur, et je commence à sangloter, les bras autour de mes genoux repliés, lui répétant sans cesse de s'en aller.


luckyred.
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Sam 4 Juil - 23:09


❝First Class❞
Bucky & Steven
La nuit est longue. Terriblement longue. Les minutes passent, puis les heures et rien ne dérange le rythme de sa respiration. Sauf peut-être les cauchemars qui l'agitent. Plusieurs fois je me penche vers lui, n'osant pas le toucher alors qu'il tourne et se retourne, les poings serrés et avec une expression de pur douleur sur le visage. Mon coeur se serre à chaque fois que je le vois ainsi. Parce que je sais que je ne peux rien faire, que je suis condamné à le regarder se débattre avec ses songes, ses remords, ses souvenirs… Je sais que je ne peux que le soutenir. Je ne pourrais jamais faire plus que prendre sa main dans la mienne et lui assurer que je serais toujours là pour lui. Je pose un regard inquiet sur lui alors qu'il se tourne une fois de plus, grognant quelque chose que je n'arrive pas à saisir. Mon frère, mon amour… Si je pouvais, je remonterais le temps. Je t'empêcherais de tomber, ou je m'empêcherais d'avoir cette crise. Ou je te retiendrais, je t'empêcherais de partir… J'irais même jusqu'à échanger ma place avec toi, pour que tu sois heureux. Ça n'a jamais allé à Buck d'être malheureux. Il a toujours été le plus chanceux d'entre nous deux. Il était celui qui avait la santé, il avait tout. C'était lui ce gamin adorablement insolent que tout le monde ne peut qu'aimer. Il l'a toujours été. Je donnerais tout pour te sauver. Je serais prêt à prendre ta place, ou au moins à t'aider à porter ce fardeau, pour que ce soit moins lourd.

Puis du bruit me fait revenir à moi. Lentement je l'entends remuer entre les draps, et dans le noir, je croise son regard. Le temps d'une seconde il semble calme avant de céder à une panique proche de l'hystérie. Il se redresse d'un coup alors qu'il me regarde comme si j'étais l'un de ses cauchemars. Mon coeur se serre à le voir ainsi alors que je lève une main vers lui.

"Buck… Du calme… C'est moi, c'est juste moi… Steve… Je…"

Sa voix rauque et enrouée me frappe alors qu'il commence à me dire que je ne peux pas être là. Mon sang se glace alors que je reste sans rien dire, les lèvres entrouvertes et ma main suspendu dans le vide. Je peine à trouver mes mots. Alors je reprends plus doucement, avec moins d'assurance.

"Si… Je suis là pour t'aider… Buck… Je suis là pour toi."

Et une fois de plus je sens mon coeur se briser à ses mots. Il pense que je n'existe pas. Que je ne suis pas réel. Mais le pire… C'est qu'il me hurle de partir, de le laisser. Je pince les lèvres, tentant de refouler la boule que j'ai dans la gorge. Te voir mal me tue déjà mon amour, mais voir que moi-même je suis une source de souffrance. Que j'arrive à le blesser, à le mettre dans cet état. Je lève les deux vers lui alors qu'il se recule contre le mur, se recroquevillant alors qu'il commence à sangloter, répétant encore et encore que je dois partir. Je m'en veux de te voir dans cet état, j'aurais aimé pouvoir te sauver et t'épargner tout ça… Je veux te sauver mon Buck, te protéger de tout ça… J'aimerais n'avoir qu'à te prendre dans mes bras et balayer tes larmes, tes angoisses et tout le reste. J'aimerais que tu vois que tout va bien, que je ne te veux pas de mal… Que je veux juste ton bien.

"Buck… Buck… C'est moi Steve. Je… Je te veux pas de mal… Je suis bien là, je suis là pour t'aider."

J'ose enfin le toucher, posant une de mes mains sur son bras valide, sentant qu'à ce contact, les muscles de son corps se tendent. Je reprends d'une voix douce.

"Regarde… Je suis là, c'est bien moi. Steve. Calme-toi Buck, calme-toi… Je suis là pour toi, je suis réel, je suis venu t'aider. Je…. Je partirais pas Buck, je suis là avec toi, quoi qu'il se passe. Je vais pas t'abandonner mon frère, je vais pas t'abandonner. Je suis là. Je suis là, n'ai pas peur… C'est moi Buck."

© Pando
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