Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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First class - Steven & Bucky

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Date d'inscription : 03/04/2014
Ven 17 Juil - 9:53

First Class




Steve & Bucky



J'ai perdu le compte du temps. Depuis combien de temps je suis là? Depuis combien de temps je me suis réveillé? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne veux pas savoir. Je veux juste oublier. Oublier vite, et bien. Oublier ces visages, tous ces visages que j'ai vus sur des photos, projetés sur les tableaux des salles de réunion de la base, que j'ai vus dans des dossiers, et que j'ai ensuite vus à travers mon viseur. Ces visages, tous ces visages, qui sont ensuite les yeux grands ouverts et qui ne voient plus rien. Morts. A cause de moi. Je les vois sans cesse, leurs bouches hurlant que je suis un meurtrier, un monstre. Que j'aurais dû mourir. Que j'aurais dû périr dans la glace et que le monde ne s'en serait que mieux porté. Et ils ont raison. Tellement raison. Je ne devrais pas être là. Je ne mérite pas d'être là. Pas du tout.

La seule chose que j'ai trouvé pour les faire taire, c'est boire. Boire vite et beaucoup, et sombrer. M'accorder quelques heures de silence bienvenues après des jours de hurlements. Mais à chaque fois ça s'arrête. A chaque fois je finis par rouvrir les yeux. Et ils sont toujours là. Ces morts, ces visages. Ils sont toujours là, comme s'ils avaient sagement attendu mon réveil. Et cette fois, quand j'ouvre les yeux, un autre visage s'est ajouté aux autres. Steve. Pourquoi? Ca veut dire que je l'ai tué? Qu'il est mort à cause de moi? Des coups que je lui ai portés? Je sursaute, me reculant le plus possible, voulant quitter son regard, quitter ces yeux qui semblent me dire "Mais Buck, pourquoi tu m'as fait ça alors que je t'aime? Pourquoi tu m'as fait ça alors que je suis la personne qui compte le plus pour toi?" Mais non. Non. Il reste face à moi. Il reste à me regarder. Steve non. Va-t-en. Les autres, je pourrais encore les supporter, mais toi, te voir constamment face à moi, c'est trop. Beaucoup trop. Et non je ne peux pas. Non je ne peux pas. Surtout si tu continues à me regarder comme ça, à me dire que tu vas m'aider. Je t'ai tué et tu me souris? C'est impossible. Impossible.

C'est trop. Beaucoup trop. Mes épaules commencent à s'agiter de sanglots alors que je me recroqueville. Je ne peux pas. Je ne peux pas. C'est trop. Pars. Disparais. Tu ne peux pas être là. Tu ne peux pas m'aider après tout ce que j'ai fait. Et sa voix toujours aussi douce qui résonne à mes oreilles, comme avant la guerre, quand on était allongés l'un contre l'autre dans le noir, quand il gémissait à mon oreille alors qu'on faisait grincer le matelas, quand on se volait des baisers entre deux missions pendant la guerre.

Sauf que tout d'un coup je sens sa main sur mon bras. Je la SENS. Vraiment. Alors... alors ce n'est pas une hallucination? Ce n'est pas un rêve? Un autre visage qui vient me hanter? Je relève lentement les yeux pour croiser son regard, alors que des larmes roulent toujours sur mes joues sales et mal rasées. Et je le regarde comme si c'était la première fois.

Steve? Steve c'est... c'est bien toi?

Je me raidis, tentant de reculer encore plus. Je m'enfoncerai dans le mur si je pouvais. Je détourne le regard, le coeur battant. J'ai honte. Tellement honte. Tellement honte de ce que je suis. De ce que je suis devenu.

Steve... Tu ne... tu ne peux pas être là. Tu ne dois pas. Je t'ai... je t'ai fait du mal. J'ai fait du mal à tellement de gens. Je ne peux pas. Tu ne peux pas... je suis un monstre. Je suis un monstre... Ils m'ont fait faire du mal à tellement de gens. Tu dois me laisser ou je te ferai du mal à toi aussi, encore. Je t'ai fait du mal Steve... ils m'ont fait te blesser. Presque te tuer. Je ne peux pas. Pars... pars je suis un monstre...


luckyred.




100e POST!
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Mer 29 Juil - 19:46


❝First Class❞
Bucky & Steven
C'est uniquement quand il sent ma main sur son bras qu'il accepte de lever les yeux vers moi. Et c'est en croisant son regard que je réalise que jusque là, il pensait que je n'étais pas vraiment là. Que je n'étais qu'une hallucination, un cauchemar de plus… Mon Buck… Mon pauvre Buck. J'aurais dû être là pour toi, j'aurais dû te rattraper ce soir-là, j'aurais dû me battre pour toi… Je pince les lèvres et ravale tout les souvenirs qui me reviennent, tout ses moments où on était heureux tout les deux. C'est pas le moment, quand il ira mieux je pourrais m'en vouloir, maintenant… Je dois être la pour lui, je dois être fort pour deux. Comme lui l'a été quand j'étais malade. Ses muscles se raidissent et je sens qu'il tente de fuir, qu'il tente de me fuir et cette simple idée me tue. Celle de savoir qu'il me craint autant que ses cauchemars ou que ceux qui ont pu lui faire du mal. C'est moi, ai-je envie de lui crier. C'est moi bordel. Tu sais que tu peux me faire confiance. Tu sais que je serais toujours là, que tu peux compter sur moi. Alors quand je vois la honte dans son regard, j'ai envie de poser ma main sur sa joue et lui assurer que tout iras bien… Mais je ne sais pas, je ne sais pas à quel point il s'en souvient. Peut-être que pour lui, je ne suis plus que son meilleur ami…

"Buck, Buck, du calme… Je vais bien, regarde… Ça va, c'est passé… Je suis là, avec toi et c'est tout ce qui devrait compter maintenant. Qu'on soit tout les deux. C'était pas ta faute Buck, je sais que tu ne m'aurais jamais fait du mal si ils ne t'y avaient pas forcés. Et tu sais qu'il en faut plus pour me tuer, non ?"

Je tente un sourire qui doit être bien pathétique. T'es ridicule, Rogers. T'essayes de tromper qui là ? Lui ou toi ? Il a faillit te tuer, il était à deux doigts de le faire. Peut-être. Mais il ne l'a pas fait. Parce qu'il s'est souvenu de qui j'étais… Il est redevenu Buck. C'est lui, mon frère, mon amour, lui qui comme un animal blessé est là recroquevillé face à moi. J'aimerais le prendre dans mes bras, mais j'ai peur de le brusquer, et pourtant, j'en crève d'envie. J'en crève de ne pouvoir le tenir contre moi et lui dire que tout va bien se passer, que je serais là, quoiqu'il arrive. Mais j'ai l'impression que là, pour l'instant, ce n'est pas la peine. Il ne m'écoutera pas. Il est persuadé d'être un monstre. Pour ce soir… Tout ce qui compte c'est de le calmer et de lui faire accepter l'idée que je n'irais nul part. Que je resterais.

"T'es pas un monstre Buck, t'es mon frère… Tu seras jamais un monstre… On t'as forcé à faire tout ça, tu voulais pas… T'es pas un monstre, t'as juste besoin qu'on t'aide, et je suis là pour toi. Alors non, je ne partirais pas, je resterais avec toi. Parce que t'as besoin de quelqu'un pour t'aider… Et je m'en fous si ça doit prendre des semaines, des mois ou même des années, je serais là… Jusqu'à la fin."

© Pando
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Jeu 6 Aoû - 17:22

First Class




Steve & Bucky



Comment autant de choses peuvent changer en une poignée de secondes? L'instant d'avant j'étais avec lui, sur ce train qui sifflait au coeur des Alpes enneigées, et ensuite me voilà en train de le frapper presque à mort, dans un appartement qui semble être à Brooklyn. En une seconde j'ai ouvert les yeux et je suis devenu un monstre. En une seconde, j'ai découvert que je n'étais plus Bucky. Que je n'étais plus ce gamin insolent et dragueur que tout le monde aimait dans le quartier. Je suis... j'ai perdu un bras. J'ai un bras en métal digne d'un de ces mauvais romans de science fiction avec des robots qu'on pouvait trouver pour quelques cents. Mais là c'est vrai. Il bouge en sifflant légèrement, faisant exactement ce que je lui demande. Et c'est effrayant. J'ose même pas imaginer toutes les choses que j'ai pu faire avec ce bras. Les fois où il a servi à tuer. Juste en serrant. Je chasse ces images autant que je peux. Mais la réalité est là. Je ne sais pas ce qui m'est arrivé, je ne suis pas à quelle époque on est, je sais juste qu'on m'a transformé en assassin, et que j'ai failli tuer la personne à qui je tenais le plus au monde.

Et il se tient là, devant moi. Comment il m'a retrouvé? Comment est-ce qu'il a su? Trop de choses se bousculent dans ma tête alors que je l'écoute, totalement perdu. Mon coeur se serre en l'écoutant, et je sens mes tripes se contracter. Après tout ce que j'ai fait, après tout ce qui lui est arrivé, après tout ce qu'il sait sur moi, il est là. Il est là à me répéter qu'il est là. Qu'il sera toujours là.

Steve... Je sais même pas qui m'a fait ça. Ni pourquoi ni... ni depuis combien de temps. Même toi, même toi mon amour, ils m'ont fait te blesser. Je t'ai fait du mal alors qu'avant je... je serais mort plutôt que de faire la moindre chose. Steve je... je suis dangereux. J'ai tué des gens. Je sais même pas combien mais je sais qu'il y en a eu beaucoup. Beaucoup Steve. Je... je mérite pas d'être là. Je mérite pas que tu restes...

Pourtant j'en meurs d'envie. Il est la seule personne que je connaisse, ici. Le seul visage amical, parmi tous ceux qui me hantent jour et nuit. Le seul qui m'ait connu avant. Avant que je sois transformé en... ça. En cette chose horrible et répugnante. En... un monstre. Pourquoi je le dégoûte pas? Pourquoi il m'a cherché? Et j'ai envie de pleurer parce que je connais la réponse. Parce qu'il m'aime. Parce que cet enfoiré m'aime... Malgré tout. Malgré tout ça. Je me pince les lèvres, et tend doucement la main vers lui, effleurant son avant bras avant de le serrer doucement.

Tu devrais pas être là... Tu devrais pas m'aider... Tu... tu devrais fuir. Je... je devrais aller... aller voir les flics... Je devrais mourir pour tout ce que j'ai fait... tu...

Petit à petit mes épaules s'agitent et je commence à sangloter.

Comment... comment ça se fait que tu sois encore dans... dans cette époque? C'était... y'a longtemps et je... Steve je veux pas te blesser... tu...tu devrais partir mais je...

Je me pince les lèvres, baissant les yeux, mes cheveux en bataille barrant mon champ de vision.

Mais si tu me laissais seul je crois que j'en...crèverais...

Mes sanglots redoublent et je suis trop fatigué pour lutter. Je laisse juste les larmes rouler le long de mes joues jusqu'au moment où je sens les bras de Steve qui m'attirent contre lui. Mon premier réflexe est de reculer encore, parce que j'ai peur, j'ai peur de moi et surtout, j'ai peur de ce que je pourrais lui faire. Le blesser. Ou pire... et en même temps j'ai besoin de lui. J'ai tellement besoin de lui. Mes doigts s'agrippent à son pull alors que je viens me blottir contre lui.

Je veux pas te faire de mal. Je veux pas te faire de mal... J'ai déjà blessé tellement de gens... Tué tellement de gens... Je peux pas... je peux plus... J'ai que toi... Steve j'ai que toi...

luckyred.
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Mer 26 Aoû - 14:32


❝First Class❞
Bucky & Steven
Je croise son regard et à ses mots, j'ai envie de me jeter dans ses bras, de le serrer contre moi et de l'étouffer, de lui faire oublier le reste du monde et tout ses problèmes. J'aimerais être capable d'avoir les mots, de savoir quoi faire, mais la vérité est tout autre. Le fait est que je ne sais pas quoi faire. J'ai envie de tant de choses : de lui dire que je l'aime, de le prendre dans mes bras, de l'embrasser… Tant de gestes qu'il pourrait mal interpréter. Il se souvient de moi, mais se souvient-il vraiment de nous ? Certes il m'a glissé un "mon amour", mais est-ce que cela a encore du sens dans son esprit ou c'est juste un automatisme de sa part ? Je n'en sais rien, j'aimerais me rassurer en me disant que non, il se souvient bien de qui je suis, et du fait qu'on s'aimait tout les deux… Mais là… Il est dans un tel état… Il est si fracassé, que je doute que le fait qu'on s'aimait soit important à ses yeux. Pour le moment, je ne suis que son Steve, son frère qu'il ne mérite pas. A ses yeux je ne devrais même pas être là, parce que je ne devrais pas me tenir dans la même pièce que lui… Lui qu'il dit être un monstre. Ça me tue de le voir ainsi, je me sens mourir à chacun de ses mots et pourtant, il faut que je fasse comme si ça ne me touchait pas. Je dois être fort pour deux, je dois lui montrer que si lui s'écroule, que si lui se sent glisser, je serais là pour le rattraper, quoi qu'il se passe. Qu'avec moi à ses côtés, il ne pourra pas sombrer. Jamais.

"T'as pas à me mériter Buck. Je suis là, c'est tout… Et je le serais toujours."


Je le regarde et l'envie de le prendre dans mes bras me brûle presque. J'y croyais plus Buck. Je croyais qu'il était mort et que j'allais passer ma vie à tenter de faire son deuil, à me dire que je vieillirais sans lui et que je regarderais le monde changer en pensant à chaque seconde de mon existence "Qu'en aurait-dit Buck ?", lui qui gamin était dingue de toutes ses histoires qui se passent dans le futur, des trucs de science-fictions… Je n'aurais pas pu. Même avant de le retrouver, je n'arrivais pas à m'imaginer sans lui, ça me semblait inconcevable… Seul… Je ne suis rien. Parce qu'on c'était promis de finir tout les deux, d'être inséparable jusqu'à la fin. Et aujourd'hui, j'observe ce que nous sommes. Pas grand chose, enfin, plus grand chose. Deux amis qui se retrouvent, enfin qui tentent de recoller les morceaux de ce qu'ils étaient avant. Lui ne veut pas voir ce que nous étions et je me refuse de voir ce que nous sommes. On regarde tout les deux ailleurs en espérant qu'ainsi on finisse par croiser le regard de l'autre. J'aimerais tant qu'il comprenne que le passé n'est pas important, que je m'en fous de ce qu'il a pu faire, parce qu'aujourd'hui, à mes yeux, il est toujours mon Buck. Pas l'assassin qui bossait pour Hydra ou quoi que ce soit d'autre. Il reste mon frère, mon amour. Je retiens mon souffle quand je vois qu'il tend la main vers moi, ses doigts effleurant doucement mon avant-bras, le serrant presque timidement. C'est ça. Je suis là. Et je ne te lâcheras pas. Jamais.

"Non… Tu mérites pas de mourir, t'as besoin d'aide… C'est tout… Buck…"

Ses épaules commencent à trembler alors qu'il commence à sangloter. Au milieu de la tristesse qui enserre mon coeur, une colère commence à gronder, et l'envie de faire payer à ses chiens ce qu'ils lui ont fait commence à faire son chemin dans mon esprit. Il n'imagine pas… Là… Si je le pouvais, je les traquerais tous, et je les ferais payer pour ça… Pour lui je serais capable de tuer. Cette idée m'arrache un frisson. Oui. Pour lui je pourrais tuer. Pour lui et lui seul. Si le venger me permettrait de le voir un peu moins brisé, je serais capable de brûler tout sur mon passage. Il n'aurait qu'un mot à dire.

"C'est pas important Buck.. C'est pas important… J'irais nulle part… Pas sans toi. Je te quitte plus… Plus jamais."

Et si il me blesse ? Ce n'est pas grave. Le lendemain, il n'y aura plus rien. Tout les coups qu'il pourra me porter ne ressembleront qu'à de mauvais rêves qui se sont effacés au réveil, rien de plus. Il baisse la tête et j'ai envie de venir glisser ses cheveux derrière son oreille, caresser sa joue et lui murmurer que ça va aller, que maintenant que je suis là, il ne lui arrivera plus rien. Seulement sa voix me parvient dans un murmure qui me fait céder. Il pleure de plus belle et j'en oublie toutes mes angoisses, toutes les questions qui m'empêchaient de le prendre contre moi. Je passe mes bras autour de lui et vient le serrer tout contre mon coeur, et si au début il tente de m'échapper, je ferme les yeux et ne le lâche pas, ne me calmant que lorsque je le sens se blottis dans mes bras, ses doigts agrippant mon pull. C'est ça… Laisse-toi aller… Je suis là mon amour.

"Shhh, shhh… Ça va aller mon Buck… Je ne te laisserais jamais seul et tu ne pourras jamais me faire du mal… Je te le promets. Je n'irais nul part. Je suis là, je suis là…"

Pendant de longues minutes je le garde contre moi, ne cessant de lui murmurer que tout va s'arranger, tandis que mes mains se glissent dans ses cheveux sales, passent dans son dos. C'est ça… Je suis là, ça va s'arranger. Je le sens se détendre au fil des minutes et au bout d'un moment, j'arrive à le faire s'allonger. Je le garde tout contre moi, lui murmurant avec douceur que je resterais avec lui, qu'il peut dormir et que je serais là à son réveil. Et quand il finalement il arrive à s'endormir… Je me permets de craquer. Je laisse tomber mon air calme et mes mots doux. J'ai envie d'hurler. De m'effondrer et d'hurler. Mais à la place je le garde dans mes bras et me jure que je traquerais chaque membres d'HYDRA… Pour qu'ils paient. Mes doigts continuent de glisser dans les mèches de ses cheveux et au bout de quelques heures, j'arrive finalement à sombrer dans un sommeil agité.

Deux heures plus tard je suis déjà debout, incapable de rester immobile. J'ai besoin de me calmer, de penser à autre chose… Sinon, je n'arriverais jamais à m'occuper de lui. On ne peut pas être deux à aller mal… Faut que je sois bien pour deux. Alors je m'occupe. Je vais couper du bois dehors, je fais encore un peu de ménage, je fouille dans les placards et je finis par trouver de quoi faire du café, de quoi manger… Et voyant que le soleil commence lentement à pointer son nez, je prépare le petit-déjeuner. Des oeufs, un peu de viande… Rien d'extraordinaire. Je me sers une longue tasse de café et m'installe à la table, surveillant le lit de là où je suis… Et quand j'entends qu'il remue, je reviens vers lui, m'installe sur le lit et vient glisser une main dans ses cheveux.

"Buck ? Ça va ? Eh… Doucement… Doucement… Rien ne presse… Je suis là, je suis là… Comme promis…"

Je croise son regard et lui offre un sourire qui se veut rassurant. Mes doigts se perdent doucement sur sa joue que je caresse tendrement. J'aimerais tant pouvoir te sauver mon frère… Et je le ferais. Même si ça doit me pendre des siècles pour ne serait-ce que te rendre ton sourire, ce n'est pas grave, j'aurais des siècles à t'accorder… Parce que tout ce qui compte, c'est qu'un jour tu ailles ne serait-ce qu'un peu mieux.

"Je me suis permis de faire le petit-déjeuner. Tu as faim… ? J'ai même fais du café…"

© Pando
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Jeu 17 Sep - 17:30

First Class




Steve & Bucky



Je comprends pas. Je comprends pas pourquoi il est là. Je comprends pas comment il m'a trouvé, et pourquoi il a voulu me retrouver, surtout. Parce que je suis un monstre. Je suis une bête, je suis un robot, je suis... je suis... je suis devenu ce qu'on voyait dans nos films, parfois, où on avait un robot tueur. C'est moi le robot. Et à chaque fois que je pose mon regard sur mon bras j'ai envie de vomir, de l'arracher, sauf que malgré toutes mes tentatives, malgré toutes les fois où j'ai essayé de le virer, de l'arracher, me plongeant une lame dans la chair de mon épaule pour tenter de virer ça mais sans succès. J'ai juste récolté une douleur à m'en faire tourner de l'oeil, et me réveiller dans une flaque de sang coagulé qui collait au tapis.

J'ai tenté de prendre des somnifères, toute la boite, mais j'ai juste dormi trois jours avant d'ouvrir les yeux, vautré sur le tapis poussiéreux du salon. Et quand je me suis pendu, ma gorge a tout simplement refusé de se serrer, et j'ai attendu au moins vingt minutes, les pieds dans le vide, avant de comprendre que je manquais, littéralement, pas d'air, et que j'en manquerai pas par la suite. Qu'est-ce qu'ils m'ont fait? Qu'est-ce qu'ils m'ont fait là-bas? Hein? A quel jeu vicieux ils se sont livrés, m'empêchant même de décider de ma propre mort, et m'obligeant avec tous ces souvenirs horribles, ces choses atroces que j'ai commises, qui défilaient sans arrêt devant mes yeux, la nuit, le jour, tout le temps. Me mutiler leur suffisait pas. Me transformer en bête sanguinaire leur suffisait pas. Non. Il a fallu qu'ils me rendent immortel. Immortel. Une éternité de souffrance que je pourrais jamais abréger. Sans arrêt ces souvenirs. Ces cris. Ce sang sur mes mains.

Et puis Steve est arrivé. Il devrait me laisser. Il devrait me laisser. Je suis dangereux. Je suis un monstre. Je suis un poison. Je voudrais le repousser, je voudrais hurler et lui dire d'aller loin, de vivre sa vie miraculeuse, et... je peux juste pas. Je peux juste pas parce qu'il est la seule personne que je connaisse. Vraiment. La seule personne qui...veut de moi. Malgré tout. Et je dois admettre que... que je peux pas refuser. J'ai pas la force. C'est tellement égoïste mais j'ai besoin...de quelqu'un qui m'aide. Quelqu'un qui soit là. Qui tente de comprendre que malgré tout je... j'ai jamais... j'ai jamais voulu leur faire tout ça. J'ai croisé que lui depuis mon "réveil" mais il est le seul à pas me voir comme un monstre. Le seul à être là. Je le dégoûte pas. Je lui fais pas peur. J'ai juste...mal. Mal à en crever. Mais bizarrement, depuis qu'il est là c'est...un peu mieux. Comme une bouée à laquelle me raccrocher dans l'océan des horreurs.

Il imagine même pas à quel point j'avais besoin de ses bras autour de moi, à quel point j'avais besoin de ses doigts dans mes cheveux, et juste l'entendre dire qu'il sera là pour moi. Tu devrais pas Steve. Tu devrais pas. Tu devrais partir. Tu devrais vivre ta vie. Changer le monde, comme tu me l'avais promis. Mais en même temps je peux pas le voir partir. Je le supporterai pas. Non. Pas lui. Pas Steve. Remords et Culpabilité étaient des coloc bien trop envahissants et j'ai besoin de quelqu'un de mon côté. Un chevalier en armure. Steve. Mon Steve. Qui est venu me chercher. Que j'ai suivi dans sa folie de changer le monde. Lui je le croyais. Ses promesses, ses idées, je les croyais. Je l'aurais suivi au bout du monde, et jusqu'en enfer. Sauf qu'au final l'enfer, je l'y ai emmené avec moi.

J'ouvre les yeux. Est-ce que j'ai dormi? On dirait, vu qu'il fait jour. Et je sens les mains de Steve contre mon visage, auxquelles je me raccroche, juste pour être sûr qu'il est bien là, que c'est bien vrai, et pas une nouvelle hallucination. Pas un nouveau cauchemar où dans deux secondes il va se mettre à me hurler dessus en me disant que je suis qu'un monstre et qu'il regrette jusqu'au jour où il m'a connu. Je me détache un peu et me relève en grognant légèrement. Il me sourit. Comment est-ce qu'il peut simplement me sourire, alors que j'arrive à peine à soutenir son regard? J'en sais rien.

Je...

Et c'est là que je me rends compte à quel point je... je suis... dégueulasse. Je... mais depuis combien de temps je suis là? A force de... de picoler et de m'abrutir, j'en ai oublié le compte du temps. Je me sens, et c'est juste infect. J'ose à peine ouvrir la bouche à l'idée de l'haleine que je dois avoir. Je repousse doucement Steve et tente de me remettre sur pieds.

Je vais... faut que je... que je me lave. Je reviens...

Je tangue un peu jusqu'à la petite salle de bains et une fois la porte fermée je balance toutes mes fringues par terre, en me rappelant de les brûler plus tard. Je chancelle un peu en entrant dans la vieille baignoire et tire le rideaux à fleurs fané. J'étouffe un cri de surprise quand je sens l'eau glacée m'inonder, et au final, au bout de quelques secondes... on s'y fait. C'est vrai que si on voulait prendre une douche chaude à l'époque, on devait faire chauffer l'eau sur le poêle... Je prends un pain de savon et je commence à le faire courir sur mon corps, me forçant à pas regarder la couleur de l'eau qui file dans le siphon. Et j'attrape la vieille brosse en poils durs, me frottant la peau jusqu'à la sentir me brûler. Enfin. Je commence enfin à me sentir propre. La douche terminée je trouve une brosse à dents et je passe un long moment à frotter là aussi, jusqu'à me faire saigner les gencives. Puis j'ouvre la porte dans un soupir, un vieux peignoir qui devait appartenir à mon père sur les épaules, les pieds nus.

Je croise les regard inquiet de Steve qui se fait plus rassuré quand il me voit, et je fais un petit geste de la main pour lui montrer que tout va bien avant de me laisser retomber sur la chaise en face de lui.

Je... ça va mieux et... merci pour le café et pour... pour le reste. Je... je sais pas depuis quand j'ai plus mangé ou... ou tout. Je sais plus rien en fait. Y'a tellement de choses que je sais pas. Que je sais plus...

Je me pince les lèvres avant de poser doucement ma main sur la sienne et la serrant doucement, en baissant les yeux.

Je... Je voulais pas faire tout ça Steve. Je t'assure. Je sais pas comment ils ont réussi à... à me laver la tête mais... je voulais pas... C'était... c'était plus moi...

luckyred.
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Mer 23 Sep - 15:00


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Bucky & Steven
Je tente un sourire pour lui montrer que tout va bien, et d'un geste tendre de lui faire comprendre que tout va s'arranger, que maintenant il n'est plus seul, que je suis là et que je le serais toujours. L'odeur du café encore chaud et du petit-déjeuner semble presque habiter la pièce alors que je tente de croiser son regard. Seulement il ne cesse de le détourner. Je pourrais perdre mon sourire, lui montrer que ça me blesse, que ça me tue de le voir dans cet état… Mais je ne peux pas me permettre ça. Pour l'instant, il a besoin de moi, il a besoin que je lui prouve qu'il est toujours mon Buck et qu'à mes yeux, rien n'a changé. Alors mon sourire se fige, mes doigts continuent de caresser sa joue sale et mal rasée… Parce qu'après tout… C'est tout ce que je peux faire pour l'instant : lui prouver que son Steve est toujours là pour lui, que si il se sent glisser, je serais là pour le rattraper. Et je le ferais mon frère… Comme j'aurais dû le faire ce-jour là pour toi… J'aurais dû sauter et te prendre dans mes bras… Au moins… Au moins nous n'aurions pas été séparés et c'est à tes côtés que je serais mort. Je déglutis difficilement et laisse mes caresses se faire encore plus légères. J'ai envie de lui hurler que je l'aime, j'ai envie de le prendre dans mes bras, l'embrasser comme si je tentais de rattraper tout ce temps perdu en un baiser… Mais vu son état… J'ai peur de lui faire du mal ou de le brusquer… Alors je préfère garder ce la pour moi. Tant qu'il accepte de me garder à ses côtés… Je serais heureux. Tant pis si après il veut faire sa vie avec quelqu'un d'autre… Tant que j'aurais le droit de croiser son regard et de voir qu'il va mieux… Je pourrais vivre avec ça. Je pourrais vivre avec le fait de le voir heureux avec quelqu'un d'autre, même si au fond… J'aimerais être capable de l'aider, de le sauver et de lui rendre son sourire. Je fronce légèrement les sourcils en le voyant s'agiter, comme si subitement quelque chose n'allait pas.

"Buck ?"

Mes doigts quittent sa joue au moment où il me repousse quelque peu, se levant brusquement du lit. Je tente de le retenir, posant une main sur son avant-bras pour lui faire comprendre d'y aller doucement. Le temps d'une seconde ou deux il chancèle, marmonnant qu'il faut qu'il aille se laver. J'ai un sourire et hoche lentement la tête. Et alors que je m'apprête à ouvrir la bouche pour lui dire que tout va bien et que si jamais je suis là, il se contente de me fuir et d'aller se réfugier dans la salle de bain. Je pousse un soupir et laisse tomber le masque du "tout va bien", me permettant quelques secondes d'apitoiement. Je sais que ça va être dur… Je sais que je vais devoir m'habituer à ce qu'il continue de me fuir et je ne lui en veux pas… C'est juste… J'aimerais pouvoir faire plus, j'aimerais pouvoir l'aider… Et pas juste être celui qui ramasse les pots cassés et qui l'observe sombrer. J'aimerais lui redonner ce sourire qu'il avait… J'aimerais être en mesure de le sauver. Et là… Je me demande si j'en serais un jour capable. Je ferme les yeux et prends une grande inspiration. Allez. Ce n'est pas le moment Rogers. T'es là depuis quoi ? Deux jours ? C'est normal que tout n'aille pas mieux. Y'a qu'avec le temps que tout s'arrangera… J'entends l'eau qui commence à couler et m'occupe de défaire le lit, jetant les draps à l'odeur forte directement dans la machine à laver. Puis je retourne m'assoir à table et sirote mon café, inquiet comme jamais au fil des minutes qui passent. Avant je serais peut-être allé me glisser avec lui sous l'eau, je l'aurais pris dans mes bras et j'aurais semé sur sa nuque quelques baisers… Et même si l'envie me dévore les tripes, je n'ose tenter. De peur de trouver la porte verrouillé. Ainsi à la place, je préfère siroter mon café bien trop amer, espérant simplement qu'il va bien. Enfin, qu'il ne tente pas de se faire du mal. Et après des secondes qui me semblent durer des heures, l'eau s'arrête enfin et Buck réapparait dans un peignoir qui me semble familier. Je masque mon inquiétude derrière un sourire et malgré son geste, mon coeur se serre tout de même. Bon sang… J'ai envie de le prendre dans mes bras et de le serrer jusqu'à l'étouffer. J'ai envie de lui répéter sans cesse à quel point je l'aime, j'aimerais pouvoir faire taire ses angoisses de nombreux baisers… J'aimerais pouvoir chasser chacune de tes peurs, de tes angoisses d'une simple caresse. J'aimerais être capable de te faire te sentir en sécurité à mes côtés. J'aimerais être capable de te faire comprendre que tu n'es pas le monstre que tu penses être mais l'être humain que j'aime plus que tout au monde. J'aimerais que tu puisses voir à quel point tu restes parfait à mes yeux malgré tes blessures et tes fêlures. J'aimerais que tu ailles mieux… Et pour ça, je serais prêt à tout. Je serais prêt à passer mon existence à calmer la moindre de tes angoisses, à te consoler et te rassure, comme je serais capable de tuer jusqu'au dernier des connards qui ont osés te faire ça. Tu n'aurais qu'un mot à dire mon amour et je serais prêt à nier autant mon humanité que mon être pour toi. Et au lieu de ce discours qui ne demande qu'à traverser mes lèvres, je me contente d'un sourire qui droit transpirer la tristesse qui me serre actuellement la gorge. Mon Buck… Si tu savais à quel point ça me tue de te voir ainsi… Je lui tends une tasse de café, suspendant mon geste quand il commence à parler.

"Eh, eh… Du calme… C'est pas grave… Tout ce qui compte c'est que tu manges là… Et pour le reste… Je suis là. D'accord ?"

J'attends une réponse qui ne vient que sous la forme de sa main qui se pose sur la mienne. Son regard fuit le mien et par réflexe, je viens entrelacer nos doigts, caressant lentement le dos de sa main du pouce. Je m'attends à tout et finalement, il se sent obligé de me dire qu'il ne voulait pas faire tout ça, comme si j'en doutais encore. Comme si je pouvais penser qu'il avait fait tout ça pour le plaisir et pas parce qu'on l'a forcé à faire ça. Mon autre main vient se poser sur sa joue, le forçant à lentement relever la tête vers moi.

"Buck… Je le sais. Je te connais depuis le temps, je sais que tu es incapable de tuer pour le plaisir. Je sais que t'es un type bien. Un type bien qu'on a forcé à commettre des actes contre sa volonté. T'es pas coupable. T'es pas un assassin Buck… T'es une victime. Tu mérites pas qu'on te punisses ou qu'on te fasse du mal, mais qu'on t'aides… Et je suis là pour ça Buck. Je suis là pour toi. Pour t'aider à aller mieux mon frère… Et je serais toujours là alors… N'ai pas peur. Je n'irais nul part et pour moi tu n'es pas un monstre… Tu as juste besoin de quelqu'un pour t'aider, pour te soutenir et te faire voir le mec bien que tu es toujours. Certes… Fatigué, las, complètement perdu et mal dans sa peau… Mais c'est pour ça que je suis là Buck. Je suis là pour veiller sur toi. Comme tu pouvais le faire à l'époque. Maintenant… Je vais faire attention à toi, je serais là, jour et nuit… Et je m'en fous que ça dure des années comme ça… Je n'irais nul part. Je ferais tout juste pour te rendre ne serait-ce qu'un début de sourire vieux frère…  Je serais là pour tes cauchemars, tes moments de doute et tout le reste, et non, je ne compte pas partir ou baisser les bras… Ce serait mal me connaître Buck."

Je lui adresse un léger sourire, venant doucement caresser sa joue.

"Je veux juste que tu ailles mieux et… Et t'imagines même pas ce que je serais prêt à faire pour cela. J'hésiterais pas une seconde pour toi Buck. Tu le sais. T'es plus que mon frère et jamais je ne pourrais te considérer comme un monstre ou quoi que ce soit d'autre. T'es mon Buck. Mon frère…"

Mon amour. Mais le mot reste coincé dans ma gorge.

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Lun 19 Oct - 17:39

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Steve & Bucky


Le fait de m'être lavé, et brossé les dents, ça aide. Un peu. Vraiment un tout petit peu. Et m'a aussi montré à quel point je m'étais laissé aller ces derniers jours. Mois? Peu importe. Sans arrêt je revoyais ces scènes, sans arrêt je revoyais ces visages, ces meurtres. Tous commis de ma main. Parce que même si on m'a donné l'ordre, c'est moi et seulement moi qui ai pressé sur la détente. C'est moi qui ai injecté le poison. C'est moi qui ai glissé le filin autour de la gorge et qui ai serré lentement. Comment. Comment j'ai pu. Comment j'ai pu me laisser faire? Comment ils sont arrivés à... "m'effacer"? A faire que j'ai seulement des flashs de tout ce qui s'est passé depuis... je sais même pas quelle année on est, je me doute juste que ça fait longtemps, à ce que j'en ai vu quand j'ai quitté l'appart de Steve. Et dire que j'ai osé le frapper. J'ai osé lui faire mal. La personne à qui je tenais le plus au monde. Mon frère. Mon amour.

Je me laisse lourdement retomber sur la chaise face à lui et contemple le petit déjeuner qu'il a préparé. Je sais pas comment il a fait, vu que les placards doivent être vides depuis... longtemps, et pour la première fois je sens mon estomac gronder. Je me rappelle plus depuis quand j'ai pas mangé. Une des conséquences aussi de ce qu'ils m'ont fait, pouvoir rester un bout de temps sans manger. Et à voir l'assiette face à moi, je ne sais même pas quand j'ai fait un vrai repas. J'ai juste le vague souvenir de rations ou d'une espèce de bouillie... Alors que là les oeufs sont bien jaunes, et juste un peu baveux comme j'aime. Avec du bacon. On dirait que malgré les années, il se souvient encore de ça. Comme à l'époque, où j'étais juste capable de réchauffer ce que ma mère nous préparait et c'était tout. Lui se débrouillait bien, et il a pas perdu la main. Je baisse les yeux, et avant même d'oser toucher à ce petit déjeuner, je pose ma main sur la sienne et je bredouille à demi-mots que je voulais rien de tout ça. Que si j'avais pu faire autrement... je l'aurais fait... Et je garde les yeux baissés sur l'assiette qui me fait tant envie, osant pas la toucher, et je l'entends me rassurer. Encore. Avant de me faire lever les yeux vers lui.

Sans même réaliser ce qui se passe mes épaules s'agitent lentement de sanglots, et mes doigts s'agrippent plus fort aux siens, comme pour être sûr qu'il soit bien là, comme pour être sûr que c'est pas un rêve, pas une illusion. Juste qu'il est là, mon Steve, et que malgré tout ce que j'ai fait, je ne le dégoûte pas. A ses yeux je suis encore son Bucky, son frère, celui qui le défendait contre la terre entière, ou qui l'empêchait de se faire tuer. Celui qui veillait sur lui quand il était malade, qui allait chercher ses médicaments. On dirait que tout ça ne compte pas. Tous ces gens que j'ai tués, toutes ces vies que j'ai brisées... Il me voit juste comme il veut me voir, et mes larmes redoublent. Pars. Pars mon amour. Tu devrais pas rester là. Je mérite pas que tu me dises tout ça. Je suis un monstre et je le resterai. Je pourrais pas oublier, et toi non plus Steve. Je suis plus ton Buck. Ma voix nouée peine à se faire entendre alors que je tente de parler.

Pourquoi tu fais tout ça? Tu devrais me traiter de monstre, tu devrais... tu devrais... pas être là. Pas faire ça... pas t'embêter avec un monstre. Avec un assassin. Un... un meurtrier.

Sa main vient me caresser la joue et j'embrasse doucement ses doigts. Petit à petit je me calme, mais sa dernière phrase me serre encore plus la gorge. Il a cassé notre litanie. Notre rituel. Et je le comprends. A sa place, je pourrais pas dire ça non plus. Je pourrais plus m'aimer. Je baisse les yeux et murmure dans un soupir.

Je... je t'en veux pas. On peut pas aimer quelqu'un après qu'il ait fait tout ça... Et tu fais déjà beaucoup en restant là... à mes côtés... même si je le mérite pas...

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Sam 14 Nov - 22:00


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Bucky & Steven
Mon amour. J'aurais dû le dire. Alors pourquoi laisser cette preuve de mon amour mourir sur mes lèvres ? Parce que j'ai peur. Peur de ce dont il peut se souvenir ou non, peur qu'il me dise que lui non, ne m'aime pas… Qu'à ses yeux je ne sois que son Steve, son meilleur ami, son colocataire de toujours et rien de plus. Peut-être ne se souvient-il pas de notre premier baiser au milieu de la peinture, de notre première fois dans notre lit… De cette journée à Coney Island… Tout ce que je sais pour le moment, c'est qu'il sait qui je suis… Steve Rogers. Et là, j'ai peur de lui demander ce que je suis à ses yeux. Alors oui… Pendant mon discours… Il m'a laisser lui caresser sa joue et si ses lèvres sont venues chercher mes doigts… J'ai sentis mon coeur se serrer. Parce que je ne savais pas si c'était comme un vieux réflexe de sa part ou un véritable besoin de retrouver, de toucher l'homme qu'il aime. Et c'est seulement quand je le vois baisser des yeux que je comprends mon erreur. Mon amour. J'aurais dû le dire. Parce que je suis le sien. Je suis son amour, son Steve… Tout comme il est le mien. Mon Buck, mon amour. Je pince les lèvres, regrettant de ne pas lui avoir dit ce que j'ai sur le coeur depuis notre séparation. Ma main revient chercher sa joue, se glissant ensuite sous son menton pour le forcer à me regarder à nouveau.

"Mon amour."

Je reste silencieux quelques secondes, ne sachant que faire. Alors je répète, d'une voix plus douce.

"Mon amour… Mon Buck, mon frère, mon amour. Et rien d'autre. Tu n'as pas à me mériter. Je t'aime et c'est tout ce qui compte. Ce que tu as pu faire… Ça ne m'empêchera pas de t'aimer. Je suis là pour toi jusqu'au bout… Tu te souviens ? T'es mon Buck… Mon amour…"

Mes doigts dessinent doucement le contour de ses lèvres alors que je reprends.

"Je suis à tes côté parce que je t'aime et que je ne supporterais pas de passer une seconde de plus sans toi mon amour… Je suis là parce tu as besoin de moi tout autant que j'ai besoin de toi."

Mon autre main vient encadrer son visage alors que je me perds dans son regard. Les mots me manquent pour lui dire à quel point… Je suis heureux de l'avoir retrouvé. De pouvoir simplement le caresser et me dire qu'il est en vie, avec moi… Et tant pis si il est brisé, je suis là pour l'aider à se reconstruire. Je serais là…

"T'es plus seul Buck et tu n'as pas à supporter cela seul… Je suis là pour t'aider. Je serais toujours là… Et non, je ne finirais pas par en avoir marre ou par me dire que tu n'es qu'un monstre. Je n'irais nul part sans toi. Compris ?"

Je pose mon front contre le sien, fermant les yeux.

"T'imagines pas comme… Comme le simple fait de te savoir en vie ça me rends heureux… J'ai cru que ce jour-là… Je t'avais perdu. Définitivement. Et l'espace d'une seconde, je me suis dis que je n'avais plus aucun intérêt à vivre dans un monde où tu n'étais plus là… Alors te retrouver… C'est…"

Ma gorge se noue alors que je me recule, croisant à nouveau son regard, mes doigts caressant doucement sa joue. Oh et puis merde. Je me penche vers lui et viens timidement l'embrasser, laissant mes lèvres effleurer les siennes presque aussi timidement que ce jour-là dans notre appartement. Parce que là… J'ai peur qu'il panique. Qu'il me repousse. Qu'il me dise que je n'aurais pas dû… Ou que je ne devrais pas. Peut-être que comme ce jour-là, il me repoussera et me demandera ce qui m'a pris… Et je lui laisserais le temps de se faire à cette idée, à celle que quoi qu'il en dise, je reviendrais toujours vers lui, que je serais là pour l'aider à se lever le matin, à m'occuper de lui, à lui glisser des sourires et à prendre soin de lui jusqu'à la fin… Et si il préfère que jamais nous ne recommencions… Je m'y ferais. Tant que j'aurais le droit d'être à ses côtés… Ça m'ira. Tant que je pourrais croiser son regard, je serais heureux.

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Sam 19 Déc - 17:58

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Steve & Bucky


Il a raison. Il a raison de ne pas finir notre phrase. Notre litanie à nous. Il fait bien parce que je ne mérite pas la dernière partie de la phrase. Enfin, je la mérite encore moins que ses premières paroles. Je ne mérite plus le titre de son frère, et encore moins d'être son amour. On n'aime pas un monstre. On aime pas une bête sauvage. On aime pas quelqu'un qui a tué des centaines de personnes au cours de toutes ces années. Non. Non on ne peut pas. A moins d'être malade, ou tordu, et Steve est la personne la plus droite que je connaisse. Il devrait être celui qui me rejette. Me repousse. Il devrait être le premier à hurler que je n'ai plus ma place parmi les être humains, après ce que j'ai fait. Que je devrais être en prison, ou mort. Alors pourquoi est-il là? Pourquoi reste-t-il?

Je reste les yeux baissés, commençant déjà à réfléchir à la suite. Au fait que je vais me rendre. Que c'est la meilleure chose à faire, vu que je ne peux pas mourir. Et comme ça le monde sera débarrassé de moi. Steve sera débarrassé de moi, et il pourra s'occuper de choses vraiment importantes, comme sauver le monde. La chose qu'il sait faire le mieux. Si je disparais, entre quatre murs, il n'aura plus à s'occuper de moi. Il n'aura plus à s'inquiéter non. Il pourra avoir une vie, la vie que le plongeon dans la glace lui a volée. Une vie... avec quelqu'un. Et même si ça me rend malade de penser une seconde qu'il puisse être avec quelqu'un d'autre, qu'il puisse aimer quelqu'un d'autre, je sais que c'est la meilleure chose à faire. Pour lui. Il pourra jamais être bien avec moi. Il pourra jamais accepter ce que j'ai fait. Jamais. A un moment il n'en pourra plus d'être avec une abomination. Une machine à tuer. Sauf que je sursaute en sentant ses doigts sur mon menton qui me font lever les yeux vers lui. Et là, là... je n'en reviens pas. Non. Non c'est impossible. Tu ne peux pas. Tu ne peux pas...

Et pourtant si... je me mords la lèvre, la gorge nouée, avant de poser ma main sur la sienne.

Tu devrais pas. Tu devrais pas me dire ça. Tu devrais pas penser ça... Tu...tu devrais pas m'aimer. je suis qu'un monstre... Un monstre...

Pourtant il continue. Il me répète encore une fois à quel point je compte, à quel point il m'aime, même si pour moi c'est impossible, ou ça devrait l'être. Ses doigts errent sur mes lèvres alors que ma gorge se noue et que mes yeux commencent à être humides. Putain... mais pourquoi? Pourquoi tu continues à être là alors que tu devrais hurler, fuir, me détester! Mais sa main continue toujours de me caresser le visage, d'être si doux, si tendre. Depuis quand est-ce qu'on ne m'a pas touché comme ça? Depuis quand? Je n'en sais rien et ça me manque terriblement en même temps que... que j'ai l'impression que je n'y ai pas droit. Que je vole ça à quelqu'un d'autre, quelqu'un qui le mériterait. Son autre main s'ajoute à la première et je n'essaie même plus de retenir mes sanglots. Il est parfait. Il est trop parfait. Après toutes ces années, toutes ces épreuves, il m'aime encore. Moi.

Steve, je te mérite pas. Je te mérite tellement pas. T'aurais toutes les raisons du monde de me détester, de me laisser pourrir ici... De m'oublier, d'être avec...quelqu'un de normal... Et t'as pas idée comme je t'aime encore... Comme...comme la première fois où on se l'est dit, comme la première nuit qu'on a passée ensemble... Et plus encore...

Ma main valide vient doucement enserrer son poignet, et je renifle légèrement en fermant les yeux quand il se penche vers moi. J'hésite une seconde avant de lui rendre timidement son baiser, mon autre main se glissant dans sa nuque. Reste. Reste avec moi. Aime moi. Aime moi même si t'aurais toutes les raisons du monde de pas le faire... Je prolonge ce baiser humide avant de simplement poser mon front contre son épaule, par-dessus la table.

Me laisse pas je t'en supplie. J'ai que toi... Je devrais te dire de partir et m'oublier mais j'en ai pas la force... J'ai trop besoin de toi... Mon Steve...mon amour...

Et quelques jours passent, comme ça. Il s'occupe de moi, m'apprend avec patience tout ce que j'ai raté, tout ce qui s'est passé dans ce nouveau monde qui va si vite, et dans lequel je dois essayer de trouver une place. Le plus étonnant c'est Steve. Il est là, toujours. Il me serre dans ses bras quand je me réveille en hurlant. Il est là pour m'expliquer quand quelque chose m'effraie, ou que je ne comprends pas. Il est... il est merveilleux, plus que j'aurais pu l'imaginer quand on vivait tous les deux à Brooklyn, ou quand il s'est engagé dans cette stupide expérience. Il est plus mon frère que jamais, mon amour aussi... Et je suis à la fois étonné par son amour qui perdure, et les regards émerveillés qu'il me lance alors que la chose la plus logique serait qu'il me déteste... Et mes journées se passent près de lui, à tout réapprendre, pas à pas, comme un enfant...

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Jeu 3 Mar - 13:43


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Bucky & Steven
Ce baiser à le goût du second que nous avions échangé cette nuit dans ma chambre. Il a ce même goût d'appréhension et de timidité, un mélange étrange entre la crainte et l'espoir. Les yeux clos, mes deux mains encadrant encore son visage aux traits si familiers et tant aimés, je reviens des années en arrière. Je reviens dans ma petite chambre, au milieu de mes draps à goûter ses lèvres. Le temps d'un battement de coeur, j'ai envie de croire que nous sommes encore là-bas… Que nous vivons encore là-bas, insouciants, jeunes et amoureux… Seulement on ne revit pas le passé et c'est peut-être mieux ainsi. Certes on ne reviendra jamais à cette époque où tout allait bien mais ce n'est pas grave… Ce que nous aurons par la suite sera bien mieux, bien plus lumineux… Nous sommes l'un avec l'autre, à nouveau et cette fois-ci… Je ne compte pas le laisser partir. Rien ne me l'arrachera. Et si la Mort tente une fois de plus de me le retirer, alors je plongerais avec lui.

Pendant de longues secondes, nos lèvres s'effleurent et tout semble enfin avoir un sens. Être avec Bucky, c'est ça qui est important. Porter le bouclier ou quoi… Ça n'avait juste plus aucun sens, ce n'était qu'un moyen pour moi d'oublier que j'avais perdu la seule personne qui comptait à mes yeux… Et maintenant… Maintenant tout semble tellement plus simple, plus logique… Je ne vis que pour lui et uniquement grâce à lui. Si il n'avait pas été là… Je ne sais pas si j'aurais pu vivre suffisamment longtemps pour me voir devenir Captain America. Ses doigts se referment autour de mon poignet et je ne peux retenir un frisson quand je sens le métal froid frôler ma nuque. Je ne te quitte plus mon amour, je te le promets. Je suis là… Je suis là. C'est lui qui prolonge ce baiser qui semble dire "reste, ne pars plus, ne me quitte pas" et c'est avec plaisir que je lui rends, caressant ses joues humides avec tendresse. Puis doucement il se recule, nos lèvres s'éloignent à regret et il vient poser son front sur mon épaule, recommençant à sangloter. D'un geste tendre et plein d'amour je commence à caresser ses cheveux, y déposant un doux baiser avant de murmurer.

"Buck… Shhh… Du calme… Je ne te quitte plus, je te le promets. Je suis désolé mon amour de ne pas avoir été là plus tôt mais maintenant… Ça va aller, je suis là… Je serais toujours là Bucky… Je t'aime et je refuse qu'on soit séparés à nouveau… Ça me tuerait de te perdre une fois de plus… Donc maintenant, fais toi à l'idée que je ne vais plus te lâcher… Plus jamais mon amour."

Je dépose un autre baiser dans ses cheveux et le serre tout contre moi, me foutant qu'on reste peut-être des heures ainsi. Le monde peut tourner sans nous, l'univers peut fermer les yeux sur nous et nous oublier… Nous le méritons après tout.

Et c'est ce qui se passe par la suite. Tout les deux, perdus dans notre petite cabane au milieu de la forêt, on réapprend à vivre l'un avec l'autre. Enfin, Bucky réapprend à vivre. Pendant que je m'occupe de tenir le chalet, lui est comme un enfant qui doit tout apprendre. Pendant que je m'occupe de faire la vaisselle, de ranger ou de couper du bois pour le chauffage, je lui parle de cette époque, de ce qui existe, de ce qui n'existe toujours pas… Le tout en lui offrant mon plus beau sourire. Parce que, je dois aller bien, pour lui. Je dois être fort pour deux et lui prouver, lui montrer que oui, à ses côtés je suis heureux. Parce que c'est le cas. Il ne se rend pas compte à quel point ça me fait du bien d'être avec lui, ici, à vivre comme on pouvait le faire à l'époque : sans télé, sans téléphone et juste avec une pauvre petite radio qui ne capte qu'une station qui crache que des vieux morceaux. Il ne semble pas comprendre que d'une certaine façon, c'est tout ce dont j'avais besoin. Juste, d'être avec lui et de vivre l'un pour l'autre. Je l'aide à se laver, à s'habiller et sans cesse, je suis là à déposer un baiser dans ses cheveux, à caresser sa joue ou simplement à murmurer que je l'aime, essayant de lui arracher un léger sourire. Je sais que c'est dur pour lui, et je lui demande pas d'aller mieux, juste de me garder avec lui. Je sais que ça prendra du temps, peut-être même qu'il n'ira jamais mieux… Mais c'est pas grave, je suis prêt à faire ça toute mon existence si c'est pour au final avoir le droit à un sourire de sa part… Franchement, ça m'irait.

Alors en attentant, je veille sur lui. Je suis là pour chacun de ses cauchemars, à le prendre dans mes bras, à le rassurer, puis à l'accompagner sous la douche et ensuite lui faire boire et manger un petit quelque chose… Ça devient une routine entre nous. Il hurle, je le rassure. Il pleure, je le console. Sans faiblir, sans perdre espoir, je suis là pour lui. J'embrasse sa peau, le caresse, et sans le lâcher, je l'aide à faire un pas de plus. Et si parfois y'a des accrocs, c'est rien. Je lui laisse temps, je m'excuse et on reprend. Plus d'une fois il me blesse pendant ses crises mais ce n'est rien. Je cache tout ça et grâce au sérum, il ne reste rien. Tout ce qui compte, c'est qu'il ne s'en veuille pas… Ce serait le pire. Mais je lui cache ça… C'est la seule chose que je ne lui avoue pas. Oui il m'a blessé pendant un de ses cauchemars, mais ce n'était rien. Il ne voulait pas et je ne lui en voulais pas. Ça arrive… Tout ce qui est important, c'est qu'il finisse par se calmer et aller mieux. Doucement, j'ai l'impression que ça va mieux, qu'on va quelque part. Buck me fuit moins, s'en veut un peu moins et parfois, quand je croise son regard, j'ai l'impression qu'il est rassuré de voir que je suis toujours là et que je l'aime un peu plus chaque jours. Si au début il frissonnait ou me rendait à peine mes baisers, il a finit par me les rendre, par venir même m'en dérober quelques un… Et si au début il refusait que je le touche, prétendant qu'il ne méritait pas ça… Nous avons finit par faire l'amour tout les deux. Doucement, tendrement… Presque avec une certaine nostalgie. J'ai été doux avec lui comme il l'avait été avec moi pour notre première fois à l'époque. Nos doigts se sont mêles, nos lèvres se sont effleurées et alors qu'on se retrouvait aussi de cette manière-là… J'ai eu l'impression que ça l'avait rassuré… Comme si il avait eu besoin d'une preuve que je pouvais encore l'aimer et le trouver désirable… Qu'il était encore humain et que oui, il avait le droit à ça aussi… Qu'il n'avait pas à mériter mon amour. J'avais déposé un autre baiser sur ses lèvres et cette nuit-là… Je crois qu'il avait été vraiment bien dans mes bras, presque apaisé. Comme si quelque chose s'était réparé en lui.

"Eh ! Buck ? Je vais chercher des trucs en ville… On a plus d'oeufs…"

Je referme la porte du frigo et passe une main dans ma barbe qui est devenu sacrément épaisse depuis que je vis avec lui, poussant un léger soupir. Avant j'avais peur de quitter la maison, craignant qu'une fois la porte passée, je retrouve le chalet vide à mon retour, mais maintenant… Je sais qu'il ne veut plus me fuir… Qu'il veut juste qu'on reste tout les deux… J'attrape les clés du pick-up, dépose un baiser dans ses cheveux et file. Pendant tout le trajet, je pense juste à ce qui pourrait lui faire plaisir. Au début, je lui achetais pleins de trucs qu'on avait pas ou qu'on pouvait pas s'offrir à l'époque… Mais maintenant que j'ai rattrapé pas mal de choses avec lui, je commence à me dire qu'à un moment, je ne pourrais plus le surprendre… Un autre soupir m'échappe alors que je coupe le moteur, m'engouffrant dans le petit supermarché de la ville, souriant à la caissière qui commence à me connaître. Je fais tranquillement mes courses, pensant à prendre deux énormes pots de glace pour sa prochaine session de cauchemars… Je paie, discute un peu avec Emily, la caissière, qui comme à chaque fois me complimente sur ma barbe et me parle ensuite de tout et de rien… Puis je la laisse, allant retrouver Buck. Je fredonne doucement un air et mon sac de commission en main, je pousse la porte en arborant un grand sourire.

"Eh Buck, devine quoi…. Buck ?"

Je fronce les sourcils en trouvant le chalet étrangement vide et silencieux. Le sac termine sur la table de la cuisine et lentement, la peur au ventre, je commence à faire le tour de la maison, jurant quand je comprends au fil des pièces qu'il s'est tiré. Putain… Non… T'avais pas le droit mon frère… T'avais pas le droit… Putain… Qu'est-ce que j'ai fais de mal ? Qu'est-ce que j'ai fais de travers ? Je me laisse retomber sur le canapé et pour la première fois de depuis bien longtemps, je craque, commençant simplement à sangloter, le coeur brisé à l'idée de l'avoir perdu une fois de plus.

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Dim 13 Mar - 19:48

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Steve & Bucky


A l'époque, il fallait qu'il soit à mes côtés. Il fallait que je le voie, et les seuls moment où j'étais vraiment bien étaient ceux où il était près de moi. J'aimais veiller sur lui du coin de l'oeil. Ca m'a jamais dérangé de bosser en secret pour qu'on ait toujours de quoi manger et payer le médecin. Ca m'a jamais dérangé de courir la ville au milieu de la nuit pour des médicaments. A intervenir pour lui sauver la vie parce qu'il s'était encore lancé dans une foutue bagarre dans une ruelle, dans son délire de sauver l'humanité. J'aimais avoir ce rôle d'ange gardien, depuis qu'on était à l'école, et encore plus après le décès de sa mère, quand, sur la fin, elle m'avait demandé de veiller sur lui. Et même si elle m'avait rien demandé, je l'aurais fait. Je voyais déjà pas ma vie sans lui à l'époque. Mais là... là j'ai besoin de lui. J'ai besoin de lui parce qu'il est la seule personne sur cette planète qui se souvient que j'ai été quelqu'un de bien. Oh, j'étais loin d'être parfait, j'avais pas mal de défauts, mais... mais j'aurais jamais tué quelqu'un. J'aurais jamais vraiment fait du mal à quelqu'un. Dans le pire des cas, j'aurais mis une dérouillée à celui qui m'aurait cherché des noises, et ça se serait arrêté là. J'aurais jamais pu blesser une femme, ou des enfants. J'aidais la voisine à monter ses courses, je tenais la porte aux dames. J'étais pas un monstre. Et avoir Steve près de moi, croiser son regard et sentir qu'il m'aime, que je suis encore son Bucky... c'est plus que tout ce que j'aurais pu demander. Et par moments je me dis que je devrais pas y avoir droit. Qu'après tout ce que j'ai fait, toutes les vies que j'ai prises, tout le chagrin que j'ai causé, je mérite pas d'avoir Steve près de moi. Je mérite pas qu'on m'aime malgré tout. Je mérite pas tout ça, tout ce qu'il fait pour moi. Pourtant il reste.

Jour après jour, semaine après semaine il est là, encore et toujours. Si je connaissais sa force de caractère, j'aurais jamais soupçonné que maintenant qu'il était devenu cette armoire à glace qui ne se fatiguait jamais, il puisse être...si rassurant. Pendant des semaines c'est lui qui gère toute notre vie. C'est lui qui a fait le ménage, pour rendre ça plus agréable. C'est lui qui a aménagé ça plus correctement. Il a fait la cuisine. Il a fait le linge. Il va en ville faire les courses, et acheter les petites choses dont on a besoin. Et surtout, il est là pour moi. Il est toujours près de moi, à regarder que je vais bien. A me surveiller avec amour, comme sa mère le faisait avec lui. Il calme mes angoisses. Il me rassure. Encore et encore il me dit qu'il m'aime. Que je suis toujours son Bucky. Qu'il est toujours heureux que je sois là. Qu'il m'ait retrouvé. Il me répète encore et encore que rien de ce qui s'est passé n'est ma faute. Que je suis une victime, comme lui. Toutes les nuits, il me serre avec force alors qu'on se glisse dans le vieux lit qui grince, et les soirs où j'ai des cauchemars, c'est entre ses bras devenus si forts et si rassurants que je me réveille en hurlant, les joues baignées de larmes. Jamais il ne s'énerve. Jamais il n'a l'ombre d'un reproche. Et ça me fait tellement du bien. Savoir qu'il m'aime. Qu'il est là pour moi. Qu'il sache que je ne le fais pas exprès. Et plus d'une fois j'ai eu peur de lui avoir fait mal, mais à chaque fois il me dit que c'est bon.

Finalement, au fil des jours j'apprends. J'apprécie de ne voir personne que lui, et j'essaie de retrouver les gestes d'une vie normale. L'aider pour la vaisselle. L'aider pour le ménage. L'aider pour les réparations du chalet. Parce que je ne veux pas être un poids mort, un boulet jusqu'à la fin de mes jours non. Je veux lui montrer que... que je suis son Bucky, avec qui peut-être, un jour, il pourra avoir une vie presque normale. Presque. On parle aussi beaucoup. Il m'explique tout ce qui a changé pendant que lui comme moi on était dans la glace, toutes ces inventions, ces progrès que je connais que par sa bouche, ou dans des flashs, parfois. Pourtant, dans le chalet, on est un peu comme à Brooklyn. Pas de frigo. Pas de télévision ou d'ordinateur, pas de téléphone. Et c'est bien. Parfois on s'installe dehors et on lit, ou lui dessine. Je contrôle aussi mieux mon bras. J'apprends à l'accepter même si ça a pas été facile. Pendant un long moment je ne voulais pas que Steve me voie torse nu. Parce que je me trouvais horrible, mutilé, rafistolé... mais il a toujours été là. Il m'a encore répété qu'il m'aimait comme ça, aussi, comme moi je l'avais aimé alors qu'il était tout maigre et mal en point... Alors à force, pour ça aussi je l'ai laissé approcher. J'ai retrouvé ce réflexe de l'embrasser. D'être contre lui. De le toucher et qu'il me touche. Et on a même fini par faire l'amour. C'était parfait. Malgré ma peur, mon dégoût, il a été doux et tendre. Il a pris son temps, il m'a rassuré. Et même si c'est lui qui m'a pris, j'en avais besoin. J'avais besoin de lire dans ses yeux, à ses caresses, à son membre dressé contre ma cuisse qu'il me voulait moi. Que malgré tout il avait encore envie de moi. J'ai gémi à son oreille, j'ai griffé sa peau, j'ai cambré le dos pour lui, je l'ai accueilli entre mes cuisses, et on a fini par venir tous les deux. Je crois qu'après j'ai même pleuré, tellement...tellement ça représentait beaucoup pour moi. Qu'il était ma planche de salut.

Pourtant... pourtant petit à petit une sale idée a commencé à s'installer dans mon esprit. En voyant notre chalet...ses journées, je commençais à me dire que ça pourrait jamais lui suffire. Qu'il pourrait jamais être vraiment heureux à jouer les nounous pour un foutu éclopé qui faisait encore des cauchemars la nuit. Il pouvait pas être heureux juste avec moi, perdu au milieu de nulle part, transformé en garde-malade. Il a fait la guerre contre les allemands. Il avait désobéi aux ordres pour aller me chercher. On avait quasiment traversé tout ça tous les deux. Et depuis qu'on l'avait retrouvé, il avait pas arrêté de sauver le monde avec les Avengers. Il a travaillé avec un Hulk, avec un dieu nordique, avec des machines volantes. Comment vivre ici coincé avec moi, à faire la bonne, peut lui convenir? Et j'ai peur. Peur qu'un jour il revienne plus. Peur qu'un jour il me dise qu'il en a assez d'être ici avec moi. Qu'il veut pouvoir vivre normalement, avec quelqu'un qui est pas cassé. Avec quelqu'un qui va bien et qu'il est pas obligé d'aider pour tout. Ouais... ça peut pas durer. Parce qu'un jour il finira par me détester de l'avoir privé de tout ça, et je pourrais pas me le pardonner. J'y survivrai pas. S'il est plus avec moi, j'ai plus de raison de vivre.

Aux prochaines courses, je le laisse partir, et file à travers la forêt pour couper au plus rapide et retrouver la grande route. Il me faut pas longtemps pour croiser une voiture, et en faisant semblant d'être blessé, le conducteur s'arrête. Je l'étale d'un coup de poing après m'être excusé, grimpe dans sa bagnole et file jusqu'à New York. Par chance, le portefeuille du mec est resté dans sa veste, sagement posée sur le siège passager, et ça me permet de payer l'essence. Je regagne rapidement le centre ville, et me gare devant la tour Stark. Steve m'en a parlé... J'entre dans le hall et annonce tout simplement à la jeune femme de l'accueil.

Appelez Fury et dites-lui que le Winter Soldier est là s'il vous plait.

Trente secondes plus tard j'avais dix pointeurs laser braqués sur ma poitrine.

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Dim 3 Juil - 13:44


❝First Class❞
Bucky & Steven
Il m'a fuit. Une fois de plus je le perds parce que je n'ai pas été capable de le retenir. Une fois de plus, il glisse bien loin de mon existence et de mon amour, comme pour me dire que je ne le mérite pas. Comme si par sa fuite, il me faisait comprendre que je n'avais pas fait assez, ou que je n'étais plus assez. Comme si il n'avait plus besoin de moi pour vivre. Anéanti, je regarde la cabane désormais vide et dans ce silence je n'entends que mon échec cuisant. Mon incapacité à l'aider et la vérité : je ne peux plus rien pour lui. Il ne veut plus de moi, peut-être ne m'aime-t-il plus ? Peut-être fait-il semblant de m'aimer et de me désirer depuis des mois ? Peut-être a-t-il feint les mots qu'il m'a murmuré ? Non… Bucky…. Il ne pourrait me faire ça… Et pourtant, maintenant que je suis seul, je laisse le doute me dévorer, laisse l'angoisse me dévorer tandis que je contemple son absence. Les secondes passent et je me permets de céder. Je pleurer, sanglote et redevient le pauvre gamin de Brooklyn que l'amour de sa vie avait abandonné. Je redeviens l'avorton qui a envie de se glisser dans une des chemises de son bien-aimé pour ensuite se laisser crever dans son lit. Le pauvre petit au coeur aussi brisé que son souffle. Je passe une main sur mon visage et je tente de chasser mes larmes de mes joues, fixant le peu d'avenir que nous avions commencés à construire tout les deux, je regarde les restes de ce château de cartes avec un pincement au coeur. Qu'est-ce que je n'ai pas fait ? Hein ? En quoi n'ai-je pas été assez parfait pour toi ? En quoi ne suis-je plus celui dont tu as besoin ? J'aurais tout fait pour toi. Tout. Je me serais saigné, blessé, tué, sacrifié…. Pour toi j'ai abandonné toute mon existence et j'ai même déserté mon rôle de Captain America. J'ai tout donné et je te donnerais encore tant. J'ai l'impression d'avoir tout fait et tout dit. Jamais je n'ai perdu patience, jamais je n'ai eu envie de te laisser pour compte… Toujours, j'ai vu en toi l'homme que j'aimais et jamais le monstre que tu disais être. J'ai été celui qui guérit, celui qui chérit et qui sourit. J'ai été là pour tout tes cauchemars, pour toutes les larmes que tu as versé… Et jamais je ne me suis plains. Jamais je n'ai trouvé que tu ne méritais pas mon temps. Au contraire. J'aurais aimé être capable de faire plus, j'aurais aimé être capable de te soigner et de faire aller mieux. Jamais je n'ai eu l'impression de souffrir pour rien… Non, ce que j'ai fais pour toi… Je l'ai fait par amour et sans me poser la moindre question. Ça me semblait naturel de faire tout ça pour toi.

Les heures passent et finalement, j'accepte l'évidence. Une fois de plus, je ne suis pas capable d'être à la hauteur. Alors tant pis. J'abandonne ici ce que nous avions tout les deux et je repars le chercher, une fois de plus. J'accepte que nous n'avions le droit qu'à quelques instants de paix avant que l'univers ne décide de nous séparer une fois de plus. Peut-être est-ce notre quotidien désormais ? Celui de devoir toujours vivre avec l'absence de l'autre ? J'abandonne sur la table ce que j'avais acheté pour lui et ne prends même pas la peine de récupérer mes affaires. Quel besoin en aurais-je ? Je laisse les clés sur la table avec un mot que je griffonne à la va-vite.

"Si jamais tu reviens ici mon frère, j'espère que tu y trouveras ce que je n'ai pas su te donner.
- Steve"


Je claque la porte derrière-moi et remonte sur ma moto, observant une dernière fois notre refuge d'un temps. Je pense que nous aurions pu être heureux ici… Que nous aurions pu construire quelque chose de bien et même être heureux. Un dernier soupir m'échappe et derrière-moi, je délaisse cet instant éphémère que nous avons pu partager le temps de quelques mois, reprenant la route pour je ne sais pas trop où. Et si dans un premier temps je pense à simplement reprendre la route et partir à la recherche de Buck, je finis par simplement retourner à Tour Stark, me disant que de toute façon, j'ai besoin d'un moment pour m'en remettre avant de le retrouver… De peur d'avoir des mots pour lui qu'il n'est pas encore prêt à entendre. Seulement, au moment-même où je gare ma moto dans le garage, voilà que Jarvis me saute presque dessus.

"Capitaine. Quel plaisir de vous revoir.
- De même Jarvis. Tu m'avais manqué.
- Vous aussi Capitaine."

Un léger sourire se dessine sur mes lèvres et alors que je fais quelques pas, voilà qu'il reprend, me mettant au courant de la situation actuelle.

"Bien des choses ont changés depuis votre départ, mais je pense que cela peut attendre…

- Oui… Je dois avouer que là, j'ai plus envie d'une bonne douche et d'une vraie nuit de sommeil…
- Je crains qu'avant cela vous ne soyez obligé de passer au centre de détention."

Je me fige.

"Pardon ?

- Oui… Quelqu'un vous y attend. Un certain James Barnes, Capitaine."

Mon coeur rate un battement et je redeviens le gamin de seize ans que j'ai toujours été.

"Il s'est rendu au SHIELD il y a quelques temps déjà. Je pensais que ça pourrait vous intéresser."

Je reste silencieux, mon regard lui s'accrochant au vide alors que mon coeur se brise une fois de plus pour lui. Il… Il m'a quitté pour une prison. Il a préféré l'emprisonnement à ma compagnie. Une boule se forme dans ma gorge et blessé, je baisse les yeux, cherchant à ravaler mes larmes. Que dois-je comprendre, mon amour ? Que je suis devenu si insupportable que ça ? Que c'est devenu trop dur de me côtoyer ? Ou est-ce ta façon de me punir pour ne pas avoir rattrapé ta main ? Je passe une main sur ma nuque et ravale difficilement mes larmes. Putain de merde, c'est douloureux. C'est dur à en crever que d'apprendre ça, que de savoir que l'homme qu'on aime et qu'on tente d'aider depuis des mois vous fuit pour devenir un simple prisonnier. J'étais là putain… J'étais là pour lui et jamais je n'ai fais de lui un monstre qu'on doit surveiller, j'ai tout fait pour lui prouver qu'il était humain et qu'il méritait tout  mon amour et le pardon. J'ai tout fait pour lui faire comprendre que ce n'était pas de sa faute.

"Merci Jarvis. Je m'y rends de suite.
Bien Monsieur."

En silence je vais jusqu'aux cellules et je suis presque étonné de n'y croiser personne, à part les gardes qui m'adressent des salutations qui témoignent d'un certain respect envers ma personne. Ma veste en cuir brune sur les épaules, je m'avance dans le long couloir, le coeur lourd et sur la langue une certaine amertume. J'arrive enfin devant sa cellule et je n'arrive pas à le sourire en voyant qu'il est vraiment là. Non, tout ce qu'il peut lire sur mon visage alors que je le découvre vêtu de la tenue des prisonniers, c'est de la déception et de la tristesse… Dans mes prunelles il ne peut lire que l'éclat d'un coeur brisé, d'une âme innocenterai se pensait aimé. Pendant de longues minutes, je me contente de lui faire face sans rien dire, ne sachant pas exactement comment exprimer ce que je ressens. Je lui en veux et en même temps, je suis en colère contre moi.

"Je voulais t'aider Buck… Je voulais simplement…. Je…. Je t'ai tout donné. Et je ne demande pas une médaille ou quoi… Je l'ai fait parce que je t'aime et que je veux simplement te voir aller mieux. Je ne veux pas que tu restes ainsi… Et…."

Je baisse les yeux, un tremblement secouant mes épaules alors que ma voix se noue.

"Qu'est-ce que j'ai mal fait ? Qu'ai-je fais pour que tu me fuis ? Je ne suis plus assez bien ? Tu cherches à me punir ? Ou tu n'osais pas m'avouer que tu ne m'aimais plus et qu'il été trop dur pour toi de devoir me supporter ? Dis-moi Buck… Si tu ne veux plus de moi dans ton existence… Explique-moi au moins pourquoi ! Parce que je ne comprends pas ! Je t'aime et n'ai-je pas tout fait pour te le prouver ? N'ai-je pas été là pour te montrer que tu es quelqu'un de bien et non le monstre que tu penses être ? Ne suis-je plus méritant de ta confiance ? Dis-moi…"

© Pando
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Mer 28 Déc - 19:05

First Class




Steve & Bucky


Alors c'était avec vous que ce cachait Rogers tous ces mois?
Oui sergent.
Eh ben je peux vous dire que vous avez fait un sacré bon boulot. On avait totalement perdu votre trace.
Merci...
Me remerciez pas trop vite Barnes, vous savez pas encore ce qui vous attend. Et je dois dire que moi non plus. Pourtant j'ai encore une question: pourquoi être venu tout droit dans la gueule du loup? Une dispute conjugale avec Rogers? Il a cassé votre vaisselle préférée ou planté la voiture? Non je sais, il couche avec la nounou des enfants.
Je... Je me suis juste rendu compte que sa place...était pas avec moi. Il est fait pour se battre, pour aider les autres. Je pouvais pas l'obliger à tout abandonner pour moi.
C'est noble mais très con également. Vous vous imaginez qu'il va y avoir des conséquences à vos actes, HYDRA ou pas HYDRA.
Je sais sergent...
Et vous pensez que Rogers va gentiment se promener dehors, en faisant comme si vous n'avez jamais existé?
Je...
Bien sûr que s'il vous a choisi c'est qu'il le voulait. Il a désobéi à toute une chaîne de commandement, avec la complicité de Stark père, pour vous tirer de ce merdier allemand. Alors pour lui vivre dans une cabane perdue à couper du bois,c'est les meilleures vacances de sa vie.
Je sais...je sais plus. Je...je sais plus rien.
Bon...reposez-vous... Des médecins et des psys vous examineront bientôt. Avec de la chance, on vous jugera irresponsable compte tenu de ce qu'on vous a fait. Et vous pourrez retourner couper du bois en roucoulant et en vous échangeant vos chemises en flanelle.


Il tourne les talons et j'entends le bruit de ses lourdes bottes disparaître au loin alors que je contemple les murs nus de la cellule qui est installée dans les sous-sols de la tour Stark. C'est presque un palace par rapport aux endroits où HYDRA m'avait fait dormir, ou m'avait tout simplement stocké, comme cet horrible abri en Sibérie, qui était un lance missiles et aussi une base d'expérimentation pour d'autres comme moi...et j'étais leur jouet. Je frissonne alors que je m'assieds sur le lit, puis m'allonge, croisant mes mains à l'arrière de mon crâne et regardant le plafond immaculé et lisse.

Je me suis endormi? Je n'en sais rien, mais la seule chose que je sais c'est que je reconnais son pas, et le temps que je me relève, il est là. Mon coeur rate un battement en l'apercevant alors qu'il vient se planter face à moi. C'est drôle, ça fait deux, peut-être trois mois qu'on s'est retrouvés, et avant ça j'ai encore combattu à ses côtés, dans une autre vie, alors qu'il était déjà cette montagne de muscles qui est connue sous le nom de Captain America, et pourtant je m'étonne encore. Je m'étonne encore parce que dans ma tête, quand je pense à Steve, la première chose qui m'apparaît est le petit jeune homme timide et maigrichon avec qui je vivais à l'époque, et à qui j'ai volé son premier baiser après une bataille de peinture. Pour moi c'est ce petit être fin que je pouvais soulever dans mes bras sans problème, que je veillais quand il était malade, et que je dessinais souvent, surtout quand il ne s'y attendait pas. Il est ma demoiselle au souffle cassé, celui pour qui je m'inquiétais chaque seconde de chaque jour et pas cette armoire à glace. Et même si je l'aime comme ça aussi, et qu'il reste mon Steve, c'est l'ancien Steve, mon Steve de Brooklyn qu'encore une fois je m'étais attendu à voir dans les geôles du Shield. Et rien qu'à le voir en face de moi, si grand, si beau, je me dis que c'est criminel d'avoir voulu le garder pour moi seul. Mais ce qui me fait mal est l'expression de son visage. Il n'est pas en colère. C'est pire que ça. Il souffre. Il souffre à cause de moi, et cette idée me tue, sentir que j'en rajoute encore une couche après tout ce que je lui ai fait subir...

Pourtant si tu savais. Si tu savais à quel point tu es devenu mon univers. Si tu savais à quel point un simple geste tendre m'a aidé à respirer, et un sourire de ta part m'a rappelé que j'étais plus que la liste des horribles choses qu'on m'a fait accomplir et qui me font encore hurler la nuit. Si tu savais que mon coeur bat que quand tu es là, et sans toi j'ai déjà l'impression d'être mort, un corps qui marche, un cadavre en sursis, jusqu'au moment où tu me touches et tu me regardes. Là j'ai l'impression d'avoir ma place. D'avoir le droit d'exister, malgré tout, parce que ton sourire m'y autorise. Putain si tu savais...tu dois savoir, un peu, t'en douter, mais... mais tu n'imagines pas à quel point tu m'as ramené de l'enfer avec les jambes brisées et maintenant je commence tout doucement à pouvoir simplement me tenir debout. Debout dans ton ombre, parce que je suis encore trop sale pour laisser la lumière du monde tomber sur moi. Je suis encore bien trop tâché par toutes ces horreurs, mais toi...toi tu m'as permis de croire que ma vie s'arrêtait pas là. Qu'elle pouvait continuer. Qu'on pouvait reprendre comme avant, en quelque sorte. Nous deux contre le monde. Nous deux oubliés du monde, aux orties Winter Soldier et Captain America, pour ne laisser dans une cabane perdue que deux types, Steve et Bucky, dont l'un avait un bras en mois. Rien de plus. Oh oui j'ai aimé ça, même si l'insouciance de Brooklyn avait disparue. Même si des fantômes grignotaient une partie de notre bonheur retrouvé, tu arrivais à les faire fuir et les faire taire, au moins un peu. Et c'est parce que tu m'as donné tout ça que je suis parti. C'est ce que je veux lui hurler alors qu'il me contemple sans rien dire, me laissant dans la pire des angoisses. Avant d'ouvrir enfin la bouche, et ses mots me brisent le coeur. Il pense qu'il a fait quelque chose de mal. Il pense que c'est pour ça que je suis parti. Steve...mon chevalier servant... celui qu'il a toujours été même si c'est plus récemment que son corps en a enfin été capable.

Non Steve...tu as été tellement parfait et... j'aurais même pas osé rêver de tout ce que tu m'as offert et d'à quel point tu m'as aidé. Je... moi aussi je t'aime et...

Sa voix meurt et j'hésite avant d'attraper sa main à travers les barreaux, de ma vraie main, celle qui est chaude, celle qui est à moi, pas à ce Soldat de L'Hiver qu'on m'a forcé à devenir...

Steve...arrête. C'est rien de tout ça. Rien du tout! Tu comprends pas? C'est moi le problème Steve. Je... quoi qu'il arrive je pourrais pas changer ce qui s'est passé. Ce qu'on m'a fait. On m'a transformé en...en monstre, on m'a fait torturer et tuer des gens. On m'a mis ce truc à la place de mon bras! Et...et si je comprends toujours pas comment, malgré tout ça tu dis encore m'aimer, je peux pas m'empêcher de me dire que ça durera pas. Qu'un jour tu te réveilleras et que tu comprendras que l'ancien Buck est vraiment mort! Que ton meilleur ami de Brooklyn a disparu le jour où je suis tombé de ce foutu pont et que maintenant y'a qu'une épave, qu'un débris! Je pourrais jamais redevenir complètement ton Bucky, et j'ai tellement peur qu'un jour tu le réalises. Que tu te rendes compte je serais plus jamais le même et que c'est trop lourd à porter pour toi. T'en as déjà tellement fait, et chaque jour je me disais que c'était un miracle que tu sois encore là, avec ton foutu sourire à faire fondre un iceberg...mais les miracles ça existe pas Steve. Tu vas finir par en avoir marre. Tu vas finir par me détester de te ralentir. De pas aller aussi bien que tu voudrais. Tu vas me détester parce que tu vas plus voir en moi que le Buck qui est plus là et... et tu as tous les droits du monde de refaire ta vie avec quelqu'un dont tu devras pas apaiser les cauchemars, quelqu'un que tu devras pas aider à habiller, quelqu'un qui sursautera pas au moindre bruit et que tu pourras emmener en ville ou au ciné. Tout ça... tu deviendras dingue à force de pas l'avoir, ou tu finiras par m'en vouloir et je supporterai pas de voir de la colère ou de la déception dans tes yeux, parce que je suis pas comme je l'aurai voulu. J'accélère juste les choses... mais on en viendra là. Tu... tu peux pas vraiment vouloir passer le reste de tes jours avec moi... c'est pas possible.

Je renifle et essuie de mon bras métallique les larmes qui se sont mises à rouler toutes seules sur mes joues mal rasées alors que je baisse les yeux.

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