Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Ain't no grave - Steven & Bucky

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Mar 3 Fév - 12:24
Ain't no grave
Steve Rogers & James Barnes

Ça se présente mal. Très mal même. Le vent hurle à mes oreilles tandis que la neige bat violemment ma peau. Je m'accroche désespérément à la rambarde métallique, alors que je sens le vide m'appeler. Le métal crisse sous mon poids et l'air de rien je me réalise brutalement que... Je ne vais peut-être pas m'en sortir. Que cette fois-ci Captain America ne défiera pas la mort en compagnie de son commando personnel. Toute les choses ont une fin pas vrai ? Alors que je sens le métal grincer et hurler, prêt à céder, je vois Buck s'approcher, me hurlant d'attraper sa main. Mon regard croise le sien tandis que je tends la main, cherchant à attraper la sienne. Allez, quelques centimètres et je le tiens. La rambarde cède légèrement, me faisant sursauter tandis que je vois presque sa main s'éloigner. Je peux lire la peur dans le regard de mon meilleur ami tandis qu'il hurle à nouveau mon prénom. J'essaye ! C'est ce que j'aimerais lui hurler. Et alors que dans un dernier élan je tente de réunir nos mains, j'entends le métal crisser une dernière fois, avant de finalement céder. Je croise une dernière fois son regard, complètement affolé, tandis qu'il hurle. Un étrange silence m'entoure tandis que lentement je me sens glisser dans le vide, n'ayant que pour m'entourer que le vent qui siffle à mes oreilles et la neige. Je vois Buck s'éloigner avec le train tandis que son cri se meurt, tout comme le mien. Un hurlement de terreur, un de ceux de quelqu'un qui sait que c'est la fin.

Mon cœur s'affole tandis que je compte les secondes. Combien de temps me reste-t-il avant que je ne heurte le sol ? Peut-être deux ou trois... Ou peut-être vingt, trente... Je ne sais pas. Un étrange silence m'enveloppe tandis qu'un premier choc me couple le souffle, une douleur si violente que j'en  sombre dans une inconscience profonde. Une inconscience dont je ne pense jamais me réveiller, alors je ferme une dernière fois les yeux, pensant que la dernière chose que je verrais, c'est un ciel enneigé. Et pourtant, je sens quelque chose... J'entends tout du moins. Des voix tout autour de moi, qui semblent m'envelopper. J'ouvre difficilement un œil, ma vision encore trouble face aux chocs. Une ombre, noir se tient au dessus de moi, m'examinant en soupirant, comme si quelque chose le chiffonnait. Il croise alors mon regard. Et il me salut, un sourire aux lèvres. Je tente de bouger mais tout ce qui m'échappe c'est un vaguement grognement. L'inconscience me rappelle et c'est avec plaisir que je m'évanouis une fois de plus.

Lorsque je reviens à moi, je sens que l'on me tire, que l'on me traîne. Et j'essaye de me débattre, mais c'est comme si mon corps entier refusait de m'obéir. Alors j'abandonne, submergé par une douleur qui me paralyse tandis que tout ce qui attire mon œil... C'est une longue traînée rouge dans la neige.

Et finalement, c'est une agitation, brouhaha de murmures qui me ramène définitivement à moi. La pièce est plus sombre, plus sinistre que la neige qui m'entourait. J'entends le bip régulier d'une machine autour de moi tandis que j'essaye de bouger. Mais une fois de plus rien ne réponds. Je pousse un grognement, avant de m'étouffer à moitié avec le tube qui obstrue ma gorge. Les infirmières s'affolent autour de moi, resserrant visiblement les liens qui me maintiennent allongé sur le lit. Elles commencent à brailler dans une langue que je ne connais pas tandis qu'un homme s'approche. Dans un anglais teinté d'un accent allemand des plus désagréables il m'assure que pour mon propre bien je devrais me laisser faire, qu'après j'irais mieux. Je serre les dents, avant de tenter dans un grondement de me relever. Mais ce n'est pas le peine, une douleur aiguë dans le bras gauche me cloue littéralement au lit dans un hurlement. Je n'ai jamais connu une telle douleur, et pourtant avant d'être ce que je suis aujourd'hui... Dieu sait que j'ai eu des crises douloureuses... Mais ça... C'est comme si mes nerfs étaient à l'air libre... Lentement je regarde mon bras, découvrant que tout ce qu'il en reste c'est un os brisé, broyé, des muscles arrachés... Une masse sanguinolente. Une nausée puissante me saisit tandis que je détourne le regard. Merde, merde... Merde... C'est pas vrai... Pitié... Une crise de panique commence à me saisir, mon souffle se fait plus court tandis que je sens mon cœur s'affoler et les machine en faire de même. Je n'en avais plus eu depuis un long moment et pourtant. Ma mâchoire se serre violemment tandis que je me sens partir à nouveau.

J'entends qu'on m'appelle, qu'on tente de me faire revenir parmi les vivants, un fois de plus. Je me débat, ouvrant doucement les yeux, quelque peu éblouis par la lumière crue qui éclaire la pièce. Une petite dizaines de personnes m'observent, certaines camouflant à grand peine une impatience que je ne comprends pas. Qu'est-ce qui se passe bon sang ? Des voix s'élèvent et tout ce que je perçois de se charabia, c'est mon prénom. « Captain Rogers. » J'essaye de bouger et je constate que pour une fois je ne suis pas entravé, du moins pas aussi ferment que la dernière fois... Ou alors c'est simplement moi qui ait eu le temps de me remettre de mes blessures... Va savoir. Je remue un bras, heureux de voir que le droit est toujours là... Puis j'essaye de bouger le gauche... Et à ma grande surprise quelque chose bouge. Mais je ne sens rien. Un bruit métallique se fait entendre tandis que je pose mes yeux sur ce qui est désormais mon bras gauche : un assemblement de plaques métalliques... Mon sang se glace dans mes veines. J'observe cette main artificielle remuer, regardant les doigts bouger avec une certaine aisance.

« Non... »

Un murmure m'échappe tandis que je ne peux quitter du regard cette abomination. Je commence à marmonner, me levant sans trop m'en rendre compte. Non, non... Je ne veux pas de ça. Je relève la tête et attrape la première infirmière qui me tombe sous la main, la saisissant à la gorge.

« Enlevez-moi ça ! »

Je hurle ses mots, les répétants comme une demande, un ordre, un supplique alors que je serre un peu plus le frêle cou de la femme entre mes doigts. Je peux sentir son cœur s'affoler contre la paume de ma main tandis qu'elle griffe mes poignets, gémissent autant de peur que de douleur, ses yeux se perdant dans les miens me demandant pitié. Mais je n'entends rien, je continue de hurler avant de la lâcher au moment où elle tourne de l'oeil. Des mains m’agrippent et me force à me rallonger, j'essaye de les repousser, mais Captain ou pas, le nombre l'emporte et je finis de nouveau, entravé et anesthésié.

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Dim 8 Fév - 18:31

Ain't no grave
Steve & Bucky
L’explosion m’assourdit une seconde et me laisse sonné, hagard, avant que je ne reprenne mes esprits. Tout d’abord le vent froid qui me gifle violemment, et le silence qui laisse place à un sifflement. Je cligne des paupières, et petit à petit je distingue la paroi défoncée du wagon, le métal tordu vers l’extérieur, la neige. Mais pas Steve. Où est-il ? Je tangue, mon regard errant autour de moi, et enfin, je l’entends. Un cri. Son cri. Je me précipite et tombe à genoux, avant de me glacer d’horreur en voyant ce qui se passe. Steve. Mon Steve. Steve pendu dans le vide, seulement retenu au wagon par une tige de métal. Je m’agrippe à la porte et me penche alors que le vent me gifle avec force, m’obligeant à plisser les yeux.

Tiens-bon, je vais te sortir de là !

Et je vois la peur dans ses yeux. Pour la première fois, je vois une vraie panique dans son regard. Pas la peur de se prendre une rouste, comme chez nous à Brooklyn, mais la peur de mourir. Mon dieu non. Il faut que je le sorte de là. Je me penche au maximum, et au prix d’un grand effort il arrive à pivoter pour lancer sa main libre vers moi, que j’attrape avec un soupir de soulagement.

C’est bon, c’est bon mon frère, je te tiens !

Mais juste au moment où je commence à le ramener vers moi, à le tirer, le train fait une embardée, et une violente secousse ébranle le convoi. Je perds mon aplomb, et en une seconde ma main ne tient plus que du vide. Mon cœur s’arrête dans ma poitrine alors que je contemple le spectacle sans y croire, sans que mon cerveau réalise ce que voient mes yeux. Je me jette presque en avant pour le rattraper, dans un geste fou et désespéré mais c’est trop tard. La barre qui le retenait a lâché et je le vois tomber.

Steve, non !

Je vois son corps qui s’éloigne seconde après seconde, alors que son regard reste fixé sur mon visage, et que j’entends ses lèvres hurler mon prénom, concurrencé de plus en plus fort par le cri du vent. Non. Non c’est pas possible. Non. Non c’est pas vrai. Un instant. Un putain d’instant et…et…non. Il est… Je tombe à genoux alors que mon regard reste bloqué sur cette immensité blanche dans laquelle il a disparu, incapable de réaliser ce qui vient de se passer. Steve, mon Steve, mon frère. Mon frère et mon amour. Mon frère pour qui je m’étais engagé dans l’armée, mon amour qui m’avait rejoint, devenant un rat de laboratoire pour pouvoir me sauver des nazis. Et brusquement je la sens. Une gigantesque main de fer glaciale qui plonge dans ma poitrine et qui me serre les tripes et le cœur à m’en étouffer. Non. Non…non c’est pas possible. Non. On a traversé la maladie. On a traversé la guerre, et là…il aura…il aura fallu d’un putain de … train et …pour que tout soit… Oh non c’est pas vrai.

La suite est un brouillard. Je ne sais pas comment le reste de la mission s’est terminée et je sais pas comment je suis rentré au camp. Je sais même pas combien de temps je suis resté dans ma tente, recroquevillé sur mon lit de camp, et enfoui sous les couvertures. Des heures ? Des jours ? C’était juste…juste impossible. Mon cerveau n’arrive pas à réaliser ce qui s’est passé et chaque bruit de pas, chaque claquement de la toile de tente me plante un pieu dans le cœur, m’étouffant avec une bouffée d’espoir que, peut-être, c’est faux, qu’il a survécu, qu’il est revenu. Pour moi. Après tout, c’est bien Captain America, le héros ultime ? Alors pourquoi il survivrait pas à une telle chute ? Mais le temps passe et rien. Je ne mange plus, je ne dors plus. Je reste juste…là. Là à crever à petit feu parce qu’il est parti. Parce que j’ai pas su le retenir. Je reste là, entouré de ses affaires, regardant encore la photo qu’on avait fait faire de nous deux à Coney Island et que j’avais fait mettre dans la crosse de mon fusil. Je reste là à me retenir de hurler de douleur quand je sens son odeur sur ses vêtements ou les quelques affaires que j’ai réussi à récupérer.

Son absence me bouffe. Mais me bouffe tellement. Et j’arrive pas à même imaginer vivre sans lui. Le quotidien sans Steve, que j’ai déjà testé en partant combattre à l’autre bout du monde. Et c’est là que Chester est arrivé. Il est entré dans ma tente et il s’est assis au pied de mon lit de camp.

- Tu sais, gamin, on a tous été touchés par la mort de Steve. Mais… on a encore besoin de lui.
- Comment ça ?
- A part…à part notre unité…personne…ne sait qu’il a disparu.
- Ecoutez je comprends pas ce que vous voulez dire. Vous voulez le remplacer, c’est ça ? Mais y’a personne qui…qui pourrait ! Le serum a disparu…le professeur est mort…
- L’Amérique a besoin de son symbole. De son icône. Il apportait de l’espoir aux gars. Aux gens. Ils croyaient en lui, encore plus depuis…qu’il est allé sur le terrain. Même si j’étais foutrement pas d’accord. Et ça pour tirer ton cul de là.
- Et mon rôle là-dedans ?
- Gamin, je suis pas con. Et pas né de la dernière pluie. Je sais que vous deux…et je cautionne pas ça. Mais... t’es…t’es celui qui le connaissait le mieux.


Je relève les yeux vers lui alors que je le vois sortir quelque chose d’un sac qu’il a ramené avec lui. Et je le reconnais. Le bouclier. Le bouclier de Steve. Ma gorge se noue alors que mes doigts se referment sur le métal. Je pensais qu’il était tombé avec lui… Pendant une seconde je l’effleure du bout des doigts, avant que le colonel ne se racle la gorge.

-Alors gamin. Tu veux honorer la mémoire de ton ami ?


Emi Burton
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Mer 25 Fév - 17:46
Ain't no grave
Steve Rogers & James Barnes

Un hurlement de douleur m'échappe tandis que j'arque le dos, tirant ferment sur mes liens. Les secondes passent alors que je serre les dents, incapable de respirer. Et puis finalement, tout s'arrête. Mes muscles tressaillent encore un peu avant de finalement se calmer. Je soupire et respire lourdement, ouvrant doucement les yeux. Je regarde l'infirmière qui se trouve au-dessus de moi, croisant son regard froid et dénué d'empathie. La machine charge à côté de moi tandis qu'elle se repositionne, n'attendant que l'ordre de son supérieur pour m'infliger à nouveau cette torture. J'essaye de m'échapper alors qu'elle s'approche à nouveau, appréhendant déjà la douleur de cette décharge. Les sondes se posent sur mes tempes et en moins d'une seconde, tout recommence. Mes dents se referment douloureusement sur le morceau de caoutchouc qui m'empêche de me mordre la langue alors que je hurle à nouveau, mon corps s'arquant sous cette décharge qui tuerait n'importe quel homme normalement constitué. Et finalement tout cesse après de longues secondes.

Je pousse un long soupir douloureux, tandis que mon regard s'humidifie. Je n'en peux plus. Je veux que ça s'arrête. Définitivement. Cela fait des jours, peut-être des semaines qu'ils me maintiennent dans cet état... À me priver de sommeil, de nourriture... Juste à me maintenir vaguement en vie. Ils veillent simplement à ce que je n'essaye plus d'arracher... Cette chose qu'est mon bras gauche. Une monstruosité que j'ai essayé de retirer... Je passais des nuits, à simplement griffer ma peau, jusqu'au sang, espérant simplement me débarrasser de cette horreur. Mais rien n'y fait... Le métal semble trop solide sous mes doigts... Et j'ai beau me creuser la chair... Cette chose est toujours là. Un bras immonde que je refuse d'utiliser, malgré les demandes des médecins et autres, qui ne cessent de vouloir savoir si il fonctionne réellement. Selon eux, oui... Mais tous sont incertains car depuis que l'on me l'a posé, je refuse de m'en servir.
Je ferme les yeux alors qu'une autre décharge se met à parcourir mon être. Un long gémissement de douleur m'échappe. Pitié... Je n'en peux plus. Je veux que ça cesse. Et au bout d'un moment, il n'y a plus rien... Plus de chocs électriques, plus de machine qui charge... Juste le silence... Le temps d'une seconde je me rêve à penser que c'est bon... Que quelqu'un est venu me détacher, me sauver... Mais non. Je sens juste qu'on recommence à m'examiner, à chercher le moindre changement physique ou psychique. Je suis la lumière du regard avant de finalement desserrer les dents pour qu'on retire le morceau de caoutchouc de ma bouche. Je ferme une fois de plus les yeux, fatigué. Qu'est-ce qui va suivre ? L'interrogatoire habituel ou une autre batterie de tests ridicules ? Honnêtement, ça n'a pas d'importance. De toute façon, je finirais par sortir d'ici. D'une façon ou d'une autre.

Je rouvre les yeux lorsque l'homme m'appelle une fois de plus. « Rogers. » J'ai un blanc. Comment suis-je arrivé là ? Je soupire doucement, relevant la tête vers lui. Comme d'habitude il se tient face à moi, me regardant froidement alors qu'il m'assène des questions que je ne comprends pas, que je refuse d'entendre. Des mots qui ne semblent pas vouloir intégrer mon esprit. Je me refuse à écouter, à comprendre. Seulement l'homme continue. Sans cesse, espérant peut-être qu'à force, je finirais par lui répondre... Mais non. Alors il me menace, s'énerve, me gifle, sans se rendre compte qu'il perd son temps.

« 1110-1328-0817... »

C'est tout ce qui traverse mes lèvres. Ce matricule que je répète en boucle et en boucle.. Il est a lui seul une façon de ne pas perdre de vue ce qui est essentiel. Je ne dois rien lâcher, rien leur dire. Je suis Steve Rogers, je suis Captain America... Je... Je... Je somnole à moitié, commençant à ressentir une certaine fatigue... Mes paupières sont lourdes et pour la première fois depuis bien longtemps je me laisse glisser dans l'inconscience.

Jusqu'au moment où une gifle violente vient me cueillir. Un grondement m'échappe alors que je crache ce que j'ai en bouche à terre. Je n'ai pas le droit de dormir. Pas tant que je ne serais pas « conforme » à ce qu'ils veulent. Je me suis battu, j'ai résisté, j'ai tenté de m'échapper, je me suis mutilé à plusieurs reprises... Et tout ce que cela m'a apporté c'est ça... Cet état d'abrutissement dans lequel ils me plongent, en ne m'autorisant qu'une vague perfusion pour me maintenir en vie. Je lève les yeux vers l'homme répétant à nouveau :

« 1110-1328-0817... »

Il me colle une autre gifle. Plus violente. Ce n'est pas ce qu'il veut entendre, me hurle-t-il. Mais qu'est-ce qu'il veut bon sang ? Je le fixe, les yeux rouges, la main droite crispée, la gauche toujours aussi inerte. Que veut-il de moi ? Que je lui cède ? Que je lui dise que finalement, ça ressemble à des vacances pour moi comparé à ce que ma vie était avant ? Ça ne servirait à rien. Tout ce qui j'y gagnerais, c'est d'en prendre encore plus plein la gueule. Alors je ne lui offre que le silence. Pur et simple. Un refus même de communiquer avec lui. Il me fixe quelques instants avant de m'en remettre une. Je garde la tête baissée, ce n'est pas aujourd'hui que je lui cèderais. Alors pendant les vingt minutes qui suivent, je me contente de le laisser me frapper, fixant le sol, marmonnant de temps à autre un numéro ou deux.

*

J'ai du mal à me souvenir depuis combien de temps je suis ici. J'ai même du mal à me souvenir de ce que j'ai pu faire il y a quelques minutes. En un battement de cils, j'oublie. Je sens les sangles se refermer autour de mon poignet droit. Les yeux dans le vague je ne bouge pas un muscle, attendant presque fébrilement ce qui va suivre. Je fixe l'infirmière qui s'approche et qui tente de me glisser un morceau de caoutchouc entre les dents. Je verrouille ma mâchoire avant de détourner la tête.

« Non. »

Je murmure doucement, m'obstinant. Plusieurs fois elle insiste, venant jusqu'à collé l'objet contre mes lèvres. Mais je refuse. Alors ils en viennent à user de la force, me maintenant allongé alors qu'elle appuie méchamment sur mes joues, essayant de me faire ouvrir la bouche de force. Je me débat avant de finalement lui éclater le nez et la mâchoire d'un revers de la main. Je repousse les autres de la même façon avant de finalement me calmer le souffle court. Je regarde la femme qui gémit à terre, le nez en sang. Je baisse rapidement les yeux, découvrant que ses doigts métalliques sont couvert d'un épais liquide vermillon... Non... Je les bouge sans trop m'en rendre compte. Uen voix s'élève doucement, presque moqueuse, à la limite du jubilatoire.

« Captain... Que dirait votre cher Sergent Barnes si il vous voyait ainsi, hein ? »

Un sourire lui échappe alors que je lève les yeux vers l'homme. Ce qu'il en penserait ? Que je ne suis plus l'homme qu'il aimait... Non, ce n'est pas son genre, lui me pardonnerait, m'accepterait. L'homme s'approche et vient saisir mon visage entre ses doigts, me forçant à le regarder.

« Regardez-vous... Vous n'êtes plus rien, mais avez-vous été seulement quelque chose un jour ? D'abord un gamin malade qui était un poids pour son ami, puis une expérience militaire... Et maintenant ? Maintenant vous êtes ce que nous voulons que vous soyez. Vous êtes notre chose, notre propriété. Rien de plus. »

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Mer 13 Mai - 16:52

Ain't no grave
Steve & Bucky
Je suis debout face à la glace et je me regarde sans réaliser que c'est moi que j'observe. Moi dans le costume de Captain America. Dans la pièce à côté, Chester m'attend, comme deux ou trois autres gradés et Peggy. Ce sont eux qui m'ont fait faire ce costume. Bricolé pour me rendre plus carré. Plus impressionnant que mon gabarit habituel. Les couleurs du drapeau...celles de Steve...celles qu'il représentait mieux que n'importe qui. Pendant une seconde, j'ai l'impression d'être un imposteur. D'avoir volé à quelqu'un d'autre le fait de porter ça. Ce costume. Ces couleurs. Ce bouclier. Sauf que les morts ne peuvent pas revenir réclamer ce qui leur appartient plus.

Sergent Barnes? Nous vous attendons.
J'arrive.


Je pousse la porte et m'avance, d'une démarche un peu gauche, avant de me planter face à eux. Je les vois qui m'observent, me scrutent comme un cheval de course en présentation. Et je les entends murmurer entre eux. "Il peut faire illusion. On y croirait. Avec le casque ça sera parfait." et autres. Je les laisse parler, immobiles, apprivoisant cette nouvelle tenue. Cette nouvelle armure. Et je sursaute quand ils s'adressent enfin à moi.

- Sergent Barnes?
- Oui?
- Normalement, nous comptions vous renvoyer faire la tournée des grandes villes pour soutenir l'effort de guerre. Néanmoins... les dons ont été plus importants une fois que Captain America s'est illustré sur le terrain.
- Ce qui veut dire?
- Que vous allez reprendre le travail de Steve Rogers. A partir de demain vous allez retourner sur le front et diriger les Howlin'Commandos.


Je soupire de soulagement. Intérieurement, j'avais peur de me retrouver à faire le pitre, comme lui avait du le faire. Le singe savant. Le chien de cirque. Mais les gens en face de moi ont assez de plomb dans la tête pour se rendre compte de l'endroit où je pourrais être le plus utile. A savoir sur le front, pour me battre. Et en plus je retrouve mes frères d'armes. Mes amis. Qui connaissaient Steve. Qui savaient pour nous, même si on ne leur a rien dit. Eux à qui je ne serai pas obligé de mentir. Sauf que les choses changent. Aux yeux de tous, c'est le soldat Barnes qui est tombé du train. Et je dois abandonner mon rôle de sniper pour passer en première ligne.

Heureusement, pour ça, j'ai reçu de l'aide. Un des assistants du docteur Erskine a réussi un petit miracle. Arriver à trouver une formule, qui ressemble un peu au serum qui a transformé mon Steve en Captain America. Mais qui a ses limites. Pour moi, ça n'aura de pouvoir que pendant une douzaine d'heures. Une douzaine d'heures où mes pouvoirs seront décuplés, mon endurance aussi, où je ne sentirai ni la fatigue ni la douleur. Sauf que comme Cendrillon, une fois les douze heures passées, je redeviens le simple sergent Barnes, mortel parmi les mortels.

Pendant une semaine, je passe des tests pour ce fameux remède magique. J'en ai chié le temps de trouver le bon dosage, celui qui me mettait pas malade comme un chien, à trembler comme une feuille et à vomir tripes et boyaux... Et ensuite les Howlin' sont partis en Allemagne, et on a réussi à finir la guerre. Nos chemins se sont séparés quand j'ai continué à suivre la piste d'Hydra et que je survolais l'océan à bord d'un avion contenant le fameux Tesseract...

*NY, siège du Shield. De nos jours*

J'ouvre les yeux. J'entends le son d'une radio qui crachote. Je suis à l'hôpital. Par la fenêtre, on dirait New York...on dirait que je suis rentré à la maison... Mais seul. J'aurais aimé traverser tout ça avec lui. Steve. Mon Steve. Mon coloc. Mon amour... Je prête l'oreille au match qui passe à la radio. C'est...c'est bizarre. Vraiment bizarre. On dirait que...non. C'est pas possible. Et pourtant... A cet instant une infirmière s'avance. Elle est jolie. Sauf qu'une fois près de moi, de nouveaux détails me frappent. Sa façon de se coiffer. Son chemisier...son soutien gorge qui semble étrange, vu la forme qu'il dessine sous le tissu. Je me redresse brutalement avant d'ouvrir la bouche. Ma voix est rauque, comme rouillée à force de ne pas avoir été utilisée depuis un moment.

Qu'est-ce que...qu'est-ce qui se passe ici?

Je sors du lit et repousse les draps. Putain j'arrive à peine à tenir debout et je titube comme si j'étais bourré. L'infirmière bégaye qu'il n'y a aucun problème, et je la regarde froidement.

J'étais là le jour du match. Dans les tribunes. Alors c'est impossible qu'il soit retransmis à la radio. Qu'est-ce qui se passe ICI? Et est-ce que c'est bien un hôpital?

Et brutalement j'ai vu l'infirmière presser un bouton. Des sirènes se sont mises à hurler, et des types armés jusqu'aux dents ont surgi.Leur équipement était moderne. Très moderne. Beaucoup plus qu'à mon époque. Mais combien de temps j'ai été bloqué là? Combien de temps s'est passé depuis l'avion? Je regarde autour de moi, prêt à chercher une échappée, un issue. Mais je suis cerné et les types pointes des flingues énormes sur moi. C'est seulement là que j'entends une voix provenir de plus loin.

Baissez vos armes. Ce type est un héros national bon sang.

Et les militaires s'écartent, laissant passer un type noir, avec un bandeau sur l'oeil.


Emi Burton
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Ven 15 Mai - 18:19
Ain't no grave
Steve Rogers & James Barnes

J'avais finis par craquer. Par céder. Parce que je n'en pouvais plus. Ça faisait des heures que j'étais attaché à cette machine, à les voir foutre le bordel dans mon esprit, simplement pour y faire le ménage selon eux. Pour y implanter autre chose. C'est ce qu'ils ne cessent de répéter.  Je serre les points alors que je verrouille un peu plus ma mâchoire quand une autre onde de choc parcourt l'intégralité de mon corps, me faisant une fois de plus arquer le dos. Je retiens un hurlement avant de m'effondrer, la tête basse. Le souffle court je peine à comprendre l'homme qui me conseille une fois de plus de me laisser faire, d'arrêter de résister et d'accepter mon sort. Avant j'aurais relevé la tête, je lui aurais craché au visage... Mais là... Je n'en peux plus. Sérum ou pas, Captain America ou pas... Je n'en peux plus. Je suis fatigué, blessé et tout ce que je demande c'est que tout ceci prenne fin. D'une façon ou d'une autre. Je continue de fixer le sol, l'air perdu avant de sentir d'entendre la machine se charger à nouveau. Je tremble avant de commencer à tirer sur mes liens à nouveau, les suppliants à voix basse.

« Non, non... Non... »

Tout semble se figer autour de moi alors que je redoute simplement qu'ils recommencent. L'homme s'approche et me force à lever les yeux vers lui, attrapant mes cheveux entre ses doigts.

« Ça y est ? Vous vous décidez à être raisonnable ? Bien. »

Il me gratifie d'une tape sur la joue que l'on offrirait plus à un chien qui se décide enfin à ne plus tirer sur sa laisse avant de venir glisser un morceau de caoutchouc dans ma bouche. Pour ne pas que je me morde la langue. Je fronce les sourcils. Non. Je croyais que ça devait prendre fin. Je lève les yeux vers lui, le suppliant silencieusement alors que je recommence à me débattre.

« Calmez-vous... Vous allez voir. Vous allez fermer les yeux et à votre réveil... Vous n'aurez plus rien à craindre, plus rien à vous soucier... Vous verrez. Ça va aller. »

Je peine à le croire quand il me dit ça alors qu'il plante une seringue dans mon bras, m'injectant je ne sais trop quoi. Et le temps d'une seconde je ne le lâche pas du regard, mon cœur s'affolant subitement, jusqu'au moment où je me sens glisser. Je tente de lutter, plus par appréhension instinctive d'une part, alors que je sens que mon corps lui a décidé qu'il était temps de déposer les armes. Le monde semble se couvrir d'un voile noir alors que je perds toute sensation. Je perçois une dernière respiration affolée, un dernier battement de cœur, puis plus rien.

Tout ce que je vois dans cet espèce de comas médicamenteux, c'est Buck. Mon frère. Mon amour. Celui qui était toujours là pour moi... Celui qui viendrait me sauver à mon tour, lui dont je ne peux être séparé. Je me revois dans notre appartement à Brooklyn, allongés dans les draps, l'un contre l'autre. Doucement il vient caresser ma joue de la main, alors qu'il dépose un baiser dans mes cheveux... Seulement lorsque ses mots traversent ses lèvres, je n'entends rien. Pas un son. Je ne sais pas ce qu'il me murmure. Et j'ai envie de lui dire que je ne comprends pas, que je n'entends rien... Mais bien rapidement, tout se brouille face à moi, l'appartement semble s'estomper et bientôt, il ne reste plus rien de ses yeux bleus, de son sourire... J'en oublie déjà le son de sa voix, la texture de sa peau sous mes doigts... En moins d'une seconde, je ne sais plus qui il est... Tout se dilue aussi vite qu'une goutte d'encre dans un verre d'eau. Bientôt j'ai l'impression de regarder un film mal monté, et dont chaque scène ne m'évoque rien. Je me vois une dernière fois en train de me rouler dans de la peinture avec un homme brun, puis dans les bras d'une femme... Et puis plus rien. Juste un grand blanc. Un vide immense.

Qui suis-je ? C'est la question qui me hante alors que je rouvre les yeux. Où suis-je ? Est la deuxième qui travers mon esprit alors que je me relève quelque peu, observant la salle blanche dans laquelle je me trouve. La lumière agresse mes yeux alors que je regarde la tenue que je porte. Un simple T-shirt noir et un treillis. Je fronce les sourcils. Le tissu semble si étrange au toucher... Je sursaute en entendant la porte face à moi s'ouvrir et y voir s'y engouffrer un homme assez grand. Immédiatement je me tends, ressentant une certaine crainte, comme si j'avais peur... De quoi ? Aucune idée. Et je n'ai pas le temps de prononcer le moindre mot qu'il se jette dans mes bras, me serrant tout contre lui alors qu'il ne cesse de répéter des mots que mon esprit peine à imprimer.

« Лев, мой брат »
Spoiler:
 

Je fronce les sourcils alors que son étreinte se referme un peu plus sur moi et que je n'ose bouger. Les mots sonnent familiers à mon oreille, mais je peine à comprendre ce qu'il tente de me dire, alors qu'il pose son front contre le mien, les yeux clos, continuant à répéter comme une prière ses mots. Seulement voyant que je ne comprends pas ce dont il me parle, il reprend plus doucement :

« Lev, mon frère... Mon frère... Te revoilà... »

Son frère ? Je fronce les sourcils sans trop comprendre. Moi, son frère ? Il passe une main dans sa nuque alors qu'il commence doucement à me dire qu'il est heureux de me revoir, moi son frère qu'il pensait perdu...  Tombé au combat. Je l'observe sans trop comprendre. Cet homme me rappelle vaguement quelqu'un... Sa silhouette, ses cheveux... Je ne saurais l'expliquer mais il me semble presque familier, comme si j'avais déjà croisé son regard...

« Je … Je ne sais pas qui vous êtes... Je... »

Il a un sourire presque triste avant de me dire que ce n'est pas si grave, que ça finira par me revenir. Que je finirais par me souvenir de lui. Andrei. Mon frère, celui qui a toujours été là pour moi, celui avec qui j'ai vécu pendant des années à Moscou, dans un appartement minuscule, avant que l'on s'engage pour servir notre pays. Mais plus son récit avance, plus j'ai de peine à le croire. Comment explique-t-il que je ne me souviens de rien ? Que je suis incapable de parler un mot de notre langue maternelle ? Le choc me dit-il. L'attaque avait été violente sur le front, j'avais été gravement blessé... Selon lui c'est passager, tout au plus. Je finirais par m'en souvenir, et peu importe le temps que cela prendra, lui sera là pour m'aider. Il m'attire une fois de plus à lui, me serrant dans ses bras en me répétant à nouveau « мой брат » .

Ainsi pendant des semaines, je ne quitte pas d'une semelle mon frère, le suivant presque comme un chien suivrait son maitre. A ses côtés je réapprend à parler notre langue, je réapprend à me battre, à être un soldat. Même si j'ai plus l'impression de dépoussiérer quelque chose que je savais déjà faire. Tout les geste me reviennent sans le moindre effort, et c'est presque mécaniquement que je les exécute. Je sais où frapper, comment esquiver. L'entraînement est presque trop simple... Le seul problème. C'est mon bras gauche. Il est plus lourd, il me ralentis. A cause de lui je dois sans cesse rééquilibrer ma posture, à sans cesse faire attention à ce qu'il ne me force pas à courber le dos. Je dois tout adapter pour lui. Pour que je ne perde pas en efficacité. Seulement certains jours, ça ne va pas... Je n'y arrive pas, peut-être parce que je suis trop préoccupé par ses flashs qui ne cessent de me revenir. Et même si Andrei ne cesse de m'assurer que ce ne sont que des restes de notre vie tout les deux, un doute reste présent... Parce que ce que je vois par moment... Ce sont des choses que deux frères, deux amis ne font pas. Et quand je lui en parle, je vois que ça le gêne aussi... Je le vois presque chercher une réponse. Et je ne comprends pas pourquoi, car si c'est bien lui dans mes souvenirs, il sait pourquoi nous faisions ça. « Pour une mission. Nous n'avions pas le choix, mon frère. Mais nous avions promis de ne plus en parler... » Il pose une main sur mon épaule avant de me sourire, ajoutant qu'on ferait mieux de retourner à l'entraînement. J'hésite une seconde avant d'hocher la tête, le suivant une fois de plus jusqu'au bloc, tentant de me convaincre que ce n'était que ça... Une mission.

« Ça va aller mon frère... C'est temporaire... C'est juste le temps que les choses se calment. Tu vas voir. À ton réveil je serais là. »

Inconsciemment je peine à le croire. Je sais que quelque chose ne va pas. Et je ne comprends pas quoi. J'ai été obéissant jusque là. Ma mission d'essai à Stalingrad c'est bien passé... Et malgré les quelques incidents de la semaine dernière... Je suis stable. Alors pourquoi vouloir me mettre en stase ? Pour essayer. Un nouveau prototype qu'ils veulent tester, rien de plus. Ce ne serait que l'affaire de cinq minutes. Je croise le regard de mon frère une dernière fois avant de me décider à d'entrer dans la machine. Cinq minutes. Rien de plus. Je les laisse me préparer avant de fermer les yeux. Cinq minutes, juste... Une poignée de minutes.

Seulement à mon réveil, tout semble différent. Le local n'est plus le même, et les voix qui me parviennent me semblent différente. La langue est différente. Ce n'est plus du russe mais... Autre chose. Deux hommes m'observent, feuilletant un espèce de dossier qui porte mon nom « Lev ». Je tente de prononcer quelques mots, mais rien ne traverse mes lèvres. Andrei. Il avait promis d'être là. Mon frère. Je remue doucement alors que je sens que je suis toujours attaché.

« Le dossier dit qu'il est opérationnel. Il est entraîné et formaté. Si c'est pas une putain d'aubaine ça. »

L'homme referme le dossier avant de se pencher vers moi, cherchant quelque chose dans mon regard. Je le soutiens sans rien dire alors qu'il commence à me poser une série de question, que je peine à comprendre. Il pousse un soupir agacé avant de se tourner vers son collègue, ajoutant :

« Il a pas l'air de réagir... Vous êtes sûr que la stase l'a pas endommagé ? »

L'autre lui répond qu'il n'en sait foutrement rien. Je me racle la gorge et répond à sa question, d'une voix rauque et fortement éraillé, qui à mes oreilles est aussi agréable que si l'on frottait du papier de verre contre une plaque de métal.
« Где же он ?  мой брат... 
Spoiler:
 
Je comprends pas un mot de ce que tu racontes, alors tu peux baratiner dans cette langue pendant des heures, tu perds ton temps... Bon sang, j'espère qu'il parle pas que le ruskof, sinon.... Il va nous servir à rien. »

Oh n'ai crainte je comprends. Pour une raison bien étrange je te comprends. Laisse moi juste le temps de reprendre mes esprits et tu auras tes réponses. L'homme pousse un soupir avant de se pencher vers moi, esquissant un sourire bien trop éclatant pour être honnête.

« Bien... On va faire plus simple... Tu me comprends ? Si oui hoche la tête, si non... Eh bien, sinon je comprendrais que ce n'est pas le cas. »

Je croise son regard, les dents serrés, avant de lentement hocher la tête. Il tape dans ses mains, visiblement heureux de voir que je le comprends.

« Parfait alors... Le dossier dit que tu te nommes... Lev, c'est bien ça ? »

Nouveau hochement de tête positif.

« Eh bien mon cher Lev, je pense que toi et moi allons avoir bien des choses à nous dire. »

Et pendant une bonne heure il m'explique que désormais... Je travaille pour lui. Parce que mes anciens employeurs ont disparus, décimé par ses ennemis à lui. Et la seule chose qui m'obsède c'est Andrei. Lui ne m'aurait jamais laissé là. Il était mon frère, mon ami, il m'avait promis qu'il serait là, à mon réveil. Non. Ça ne devrait pas être cet homme qui sent le tabac qui me parle mais... Mon frère. J'ai de nouveau un moment de doute alors qu'il continue, m'expliquant que désormais... Je vais pouvoir venger mes camarades tout en servant ses intérêts. Ai-je vraiment le choix ? Non, sans compter que l'homme me le fait subtilement comprendre. L'important c'est de survivre. Autant l'aider jusqu'à ce que je trouve un moyen de m'échapper. Je reste silencieux avant de baisser les yeux, grommelant quelques mots en russe. L'homme laisse échapper un rire alors qu'il claque des doigts.

« Je prends ça pour un oui. Messieurs, emmenez-le. »

*
« Rapport Soldat. »

Assis sur la chaise, je lève les yeux vers mon supérieur poussant un soupir alors que les médecins continuent de m'examiner, vérifiant que je n'ai pas été blessé lors de la mission. Comment aurais-je pu ? Ce n'était qu'un simple assassinat. Je n'avais qu'à être sur ce toit, à attendre que la voiture passe et appuyer sur la détente.

« La cible est morte. »

Je croasse ses mots avec un fort accent russe, alors que je fais jouer nerveusement le mécanisme de mon bras.

« Personne ne t'as vu ?
Vous connaissez déjà la réponse à cette question... »

Il pousse un soupir agacé avant d'ajouter qu'il est temps pour moi de retourner en stase. Je serre les dents. Je n'ai pas envie d'y retourner. Je ne veux pas replonger à nouveau dans ce sommeil artificiel et attendre que quelqu'un se décide à me décongeler. Mais ai-je vraiment le choix ? Non.

*
Ça se répète plusieurs fois, il me fait revenir chez les vivants avant de me replonger dans un sommeil le temps quelques années, et on recommence. Sans cesse. Au point qu'au fil de mes réveils, je finis par le voir vieillir, et d'un jeune homme d'une trentaine d'année, voilà qu'aujourd'hui, sous mes yeux, se présente un homme d'une bonne soixantaine d'année. Le temps te réussit pas vieux frère. Comme d'habitude il me brief rapidement sur ma mission avant de me filer mon uniforme rouge et noir. Je l'enfile sans rien dire l'écoutant m'expliquer qu'aujourd'hui je dois assassiner un sénateur dont les ambitions sont mauvaise pour Hydra. Je n'aurais qu'à attendre qu'il sorte du Sénat à la fin du scrutin... Et de me tenir prêt. Je glisse quelques armes de poings à ma ceinture avant de glisser deux revolver dans mes holster de cuisses. Et comme d'habitude, personne ne doit me voir.

Alors bien à l'abri sur un toit, je calme les battements de mon cœur alors qu'au travers du viseur de mon fusil, j'attends qu'une fenêtre s'ouvre à moi. Il ne devrait pas tarder. Il va d'abord y avoir la rangé de gorilles qui lui servent de garde du corps et lui... Sera juste là au milieu. Je n'aurais qu'à presser sur la détente et disparaître comme d'habitude. Je respire lentement alors que je vois la première nuée de personnes quitter l'établissement, comptant les battements de mon cœur. Il entre dans ma ligne de mire. Je cesse de respirer, alors que j'appuie sur la détente. Je le vois s'écrouler au milieu de l'agitation qui règne en bas. J'esquisse un sourire avant de remarquer l'homme qui semble m'observer en bas. Je me crispe. Merde. Il m'a vu. Un flot d'adrénaline se répand subitement dans mes veines alors que je remballe rapidement mon matériel, commençant à filer. Faut que je me tire, et vite. Il faut que je disparaisse avant que l'homme en bas ne cherche à me poursuivre. Je saute du toit, passant par les escaliers de secours. Pour la première fois depuis longtemps, je sens mon cœur s'affoler alors que je saute les dernières marches, touchant enfin terre. Et j'ai tout juste le temps d'esquiver le truc qui m'arrive dessus à toute vitesse. Je me fige avant de me retourner et de croiser le regard de mon assaillant, à peine plus grand que moi. Que veux-tu étranger ? M'affronter ? Pour ton propre bien, tu aurais mieux fait de me laisser filer et m'oublier. Mais tant pis. Je tire une lame de ma ceinture, la faisant jouer entre mes doigts avant de la jeter vers lui, profitant de cette diversion pour recommencer à courir.

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Ven 15 Mai - 21:29

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Encore une fois, je ne suis qu'un pantin. Un foutu pantin. Perdu. Décalé. Quand j'ai ouvert les yeux, on était à New York, oui, mais on avait passé le cap de l'an 2000. Tous ceux que j'avais connus, tout ce que j'avais aimés avaient disparu. N'étaient plus que des noms sur des pierres tombales, des lettres sur des dossiers, des photos soigneusement mises sous verre. Sauf moi. Moi l'anomalie de la nature. Moi qui ai traversé le temps. Moi qui ai encore l'apparence du jour où j'ai piloté ce foutu avion, pendant l'hiver 1945.

Tout a changé et je reconnais à peine les rues et les avenues. Le verre et le béton ont remplacé le bois et les briques. Partout s'alignent des magasins de grandes chaînes et les petites boutiques se sont envolées. J'ai à peine reconnu notre ancienne rue. Mais le cinéma où on allait avec Steve est devenu un GAP. Le pub est maintenant un McDonalds et la pharmacie est un Starbucks. Tout ça me semble si loin. Ma vie. Notre vie tous les deux. Mais heureusement j'ai trouvé une façon de m'occuper. Une façon de tenter de retrouver ma place dans ce monde qui a continué à tourner un sacré bout de temps sans moi. Fury. L'homme borgne qui a arrêté les soldats à mon réveil et qui est souvent venu me parler depuis mon réveil. Selon lui, je pouvais toujours être utile. Je pouvais toujours servir mon pays.

J'ai fait semblant d'être intéressé, même si au fond, je ne voulais surtout pas lui avouer que tout ça, c'étaient les idéaux de Steve. Et qu'ils étaient morts avec lui. Tout ce que j'ai fait par la suite? C'était pour continuer son oeuvre. Parce que je lui devais bien ça. C'était lui qui avait toujours voulu changer le monde. C'était lui le défenseur des causes perdues. A commencer par la sienne. Steve...je crève de ton absence. Pourquoi tu m'as laissé, hein? Avant, quoi qu'il arrive, on était tous les deux. Ensemble contre le monde. Maintenant, sale traitre, tu m'as lâché et je dois me démerder sans toi... C'est pour ça que j'ai accepté la proposition de Fury. C'est pour ça que j'ai accepté de rejoindre son groupe. "The Avengers". Et étrangement... ça m'a plu. Pas tant pour nos prouesses, mais surtout parce que j'y ai trouvé...une famille. Il y avait Tony Stark la grande gueule, fils d'Howard Stark, celui qui avait contribué à changer Steve. Thor, un foutu dieu nordique. Moi qui pensais que tout ça, c'était dans les bouquins. J'ai vite découvert qu'il y avait plein de trucs que je soupçonnais pas... Clint Barton, un archer extraordinaire, qui est assez sympa, Hulk, un scientifique qui peut se transformer en montagne verte, et Natasha... la mystérieuse espionne russe. Stark, je m'en méfiais. Grande gueule. Egocentrique. Buté. Hulk aussi, mais c'était surtout par rapport à ce qu'il pouvait faire quand il se mettait en pétard. Mais Thor, tout dieu qu'il était, s'avérait être un frère d'arme sacrément bon, et un mec drôle, qui sait faire la fête. Clint aussi, mais en plus réservé. Natasha, elle... il a fallu que je l'apprivoise mais...c'est sûrement elle qui m'a le plus aidé. A avoir des repères, à me débrouiller dans ce nouveau monde.

Ensemble, on a sauvé New York d'une attaque d'extraterrestres, et pas un seul n'a découvert que j'étais pas celui qu'Howard Stark a enfourné dans sa capsule. Que je n'étais pas celui qui avait reçu le serum du docteur allemand. Bucky Barnes était mort et j'étais devenu Steve Rogers. Personne à part Fury ne savait pour mon serum. Personne ne m'avait vu me l'injecter avant de partir en mission. Comment auraient-ils pu me soupçonner? On a trouvé les archives du vol. L'avion était authentique. Mon costume aussi. Stark a identifié le bouclier, et j'ai pu répondre à toutes les questions qu'on m'a posées. Sans mentir. J'y étais. La vie commençait à reprendre son cours. Les jours, les semaines, les mois s'enchaînaient. C'était moins dur. Je me faisais à ça. Ce nouveau monde.

Et ce jour-là Fury vient me voir en me disant qu'il aurait besoin de moi pour protéger un grand ponte. Un sénateur. Il doit faire un discours en public et certaines rumeurs laissent présager un attentat. Bien. J'étudie le dossier, me prépare, m'habille et glisse deux doses de serum dans une poche secrète avant de prendre une dose, et de suivre le reste de l'équipe jusqu'au lieu de rendez-vous. Le voyage se fait dans le calme et le silence. On prend place au pied de l'estrade et le discours commence. Mon regard se promène sur la foule alors que le type grimpe devant son pupitre et se lance. Je n'écoute pas ce qu'il dit, bras croisés sur mon torse, quand c'est là que j'entends des cris étouffés. Je me tourne juste à temps pour voir le sénateur s'écrouler sur le sol, et je donne l'ordre à l'équipe de veiller sur lui pendant que mon regard parcourt les toits. Grâce au serum j'ai une meilleure vue, et j'arrive à distinguer une silhouette à contre jour. Lui.

Je me lance à sa poursuite, me frayant un chemin dans la foule, avant de quitter l'emplacement du meeting pour m'enfoncer dans les rues adjacentes. Par chance, je tombe dans la bonne, et je le vois qui descend un escalier de secours. Je le tiens.

Stop!

J'attrape mon bouclier et le lance dans sa direction, sauf qu'il arrive à l'esquiver. Je m'arrête une seconde, surpris. Personne était arrivé à faire ça jusqu'à présent. Il doit être bon. Sacrément bon.

Reste là. Tu ne peux pas t'échapper.

Je le vois qui se tourne lentement et qui m'observe. Il a les cheveux longs jusqu'aux mâchoires, et son visage est caché par un masque. Il est aussi grand que moi, et aussi large. Une vraie machine de guerre. Sauf qu'il est en plus super rapide, et que j'ai à peine le temps de relever mes bras pour me protéger le visage qu'il m'a envoyé une de ses lames. Heureusement, mon costume est renforcé, et doublé de plaques de métal, et la lame ne fait que rebondir avant de retomber bruyamment sur le béton défoncé. En un bond souple, je plonge pour récupérer mon bouclier, et me redresse juste assez pour pouvoir l'envoyer, l'atteignant cette fois de plein fouet.


Emi Burton
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Sam 23 Mai - 9:38
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« Tu ne peux pas t'échapper. » Si. C'est bien là tout le point. Je peux t'échapper. Regarde, je vais même le faire sous tes yeux. J'observe rapidement l'homme face à moi, détaillant son uniforme aux couleur de son drapeau, puis l'étrange bouclier qui se tient entre nous. Ridicule. Ce sont les premiers mots qui traversent mon esprit. Un super-héros, sérieusement ? Je l'observe avant de tirer une lame de ma ceinture, la jetant vers lui comme moyen de distraction, alors que je recommence à courir. J'ai pas le temps pour ça. Je dois simplement me contenter de disparaître. De filer au plus vite pour aller faire mon rapport. Même si je me doute d'avance que Pierce ne sera pas vraiment extatique d'apprendre que quelqu'un m'a vu. Et encore moins un type avec un bouclier qui semble hurler un patriotisme qui sonne faux. Mais l'homme ne semble pas vouloir me lâcher, puisque son bouclier vient à nouveau me heurter de plein fouet, pile dans l'épaule droite. Je fronce les sourcils alors le choc m'interrompt dans ma fuite. Très bien. Je porte ma main à un de mes flingues avant de me raviser. Non. Les coups de feux attiraient du monde. Autant se débarrasser de lui discrètement. Je change d'avis avant de tirer une autre lame de ma ceinture, m'avançant vers lui en la faisant tourner entre mes doigts. T'aurais dû me laisser filer. Pour ton propre bien. Tu aurais mieux fait de m'ignorer, plutôt que de t'entêter à vouloir m'arrêter. Qu'espère-t-il en m'attrapant ? Me punir pour mes actes ? Si il savait... Sans attendre je me jette sur lui, fronçant les sourcils quand je vois qu'il bloque mon coup à l'aide de son bouclier sans le moindre problème. Je force un peu mais il tient bon. Étrange. Sans perdre un instant je lâche le couteau et change de main, tentant de lui asséner un autre coup. Mais une fois de plus il arrive à repousser mon assaut, la lame de mon couteau ne faisant que griffer avec un son strident la peinture de son bouclier. Et quand il me l'assène dans la mâchoire pour me faire reculer, je vois presque des étoiles. Je plisse le nez en sentant un goût métallique dans ma bouche. Merveilleux. Je déglutis avant de l'observer, mes phalanges métalliques remuant doucement autour du manche de mon couteau. Ses couleurs me disent quelque chose.... Enfin, l'uniforme en soit. J'ai la vague impression que ce n'est pas la première que je vois quelqu'un porter....  Ça. Et ce bouclier. Pareil. Je fronce les sourcils. J'ai du voir ça passer lors d'un de mes ordre de missions. Il me semble. Pierce n'avait pas parlé d'être particulièrement discret sur cette mission ? Si. Il fallait que je les évite. Qui ? Des agents spéciaux. Des agents qui ne devaient surtout pas me voir. Je fronce les sourcils. Peut-être que j'ai lu son dossier. Peut-être que j'ai oublié. Je ne sais plus. J'arrive plus à me souvenir de ce genre de chose. Selon le gars qui passe son temps à vérifier que je supporte le réveil après mes stases, il paraît que c'est normal. Que si mon corps supporte tout cela, mon esprit a plus de mal. Que les choses pourraient revenir si j'étais éveillé plus longtemps, que le temps me permettrait de me souvenir. Mais eux s'en foutent de ma mémoire. Je ne suis qu'une arme. Tant que je suis en état... Le reste importe peu.

Je recule de quelques pas. Il est plus coriace que les autres. Enfin que le peu que j'ai eu le déplaisir d'affronter. Le problème c'est qu'il arrive à me tenir tête. Les autres ne pouvaient pas. Mais lui. Il y arrive. Il arrive à parer mes coups, à suivre mon rythme et pire, il arrive à me porter un coup. Chose qui ne devrait pas arriver. Je devrais le terrasser, lui faire mordre la poussière sans le moindre mal. Alors d'où lui vient cette étrange capacité à me résister ? Bonne question. Mais est-ce réellement important là ? Pas vraiment. L'important c'est que je me débarrasse de lui. Je pousse un soupir avant de raffermir ma prise sur mon arme, revenant une fois de plus à l'assaut.

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Dim 14 Juin - 20:42

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Je me suis battu. Depuis mon réveil je n'ai fait que ça. Battu pour vivre, et ouvrir les yeux après des années sous la glace. Battu pour survivre, dans ce nouveau monde qui est tellement différent du mien. Battu pour garder le secret sur ce que j'étais, sur ma vraie identité, que personne ne connaît, à part Fury. Battu pour que personne ne sache que mes super pouvoirs ne me venaient que grâce à une seringue cachée dans mon uniforme. Battu pour des idéaux qui n'était même pas les miens. Parce ce monde ne m'offrait rien. Rien de mieux. J'étais un débris d'un autre temps, une anomalie chronologique. Une pièce de musée encore en état de marche, comme une voiture de collection. Et je n'ai que ça à faire. Pas d'autre cause, rien qui me fasse avancer parce qu'il n'est plus là. J'ai l'impression que c'était hier ce train qui sifflait entre ces montagnes couvertes de neige, et son hurlement avalé par le blizzard glacial.

Et parfois les batailles sont physiques. Comme à New York. Comme ici. Cette ombre qui file après avoir porté un coup bien trop précis. Manque de chance pour lui, je suis là. Manque de chance pour lui, je suis le super soldat auquel l'Amérique a rêvé à l'aube de la guerre. Je le coince rapidement dans une ruelle, et me retrouve enfin face à lui. Enfin un adversaire à ma taille depuis les envahisseurs de l'espace. Enfin un peu d'action. Après une première lame lancée avec précision, il tente de tourner les talons, mais d'un jet de bouclier je l'arrête dans sa course, sentant presque la violence de l'impact depuis l'endroit d'où je me tiens. Sauf que là où n'importe qui d'autre aurait chuté, se serait effondré, blessé ou inconscient, lui semble simplement... ralenti.

Puis il fait demi-tour, comme si je l'avais défié, et sort une arme, s'avançant vers moi d'un pas lourd. Je le regarde s'avancer, lisant ses gestes, me préparant pour le moment où il va frapper. Un coup sec, et lourd. Je commence à cerner sa technique. Il est fort, oui, terriblement, mais son ennemi est la vitesse. C'est un tank. Et c'est seulement là-dessus que je peux jouer. Grâce à ça que je pourrai le vaincre, car il a l'air d'encaisser beaucoup mieux que moi. Je bloque son attaque, et le repousse, sauf qu'en une seconde il change son arme de main. Cet enfoiré a été entraîné à se battre à deux mains. J'ai juste le temps de pivoter pour que la lame heurte le bouclier, et je serre les dents en entendant le crissement du métal contre le métal. Je profite de ce geste pour lui balancer un violent coup avec, qui le fait reculer de quelques pas, me laissant le temps de me redresser et de me remettre d'aplomb.

En même temps je l'observe, et c'est seulement là que je remarque son bras. Un bras de métal. Mais qu'est-ce que c'est que cette horreur? Est-ce que lui aussi aurait joué les souris de laboratoire dans son camp? En tout cas, sa prothèse n'est pas là pour faire joli, vu la précision avec laquelle il s'en sert. Viens. Allez viens. Tu veux te battre? Alors je suis ton homme! On se tourne lentement autour, s'observant, se jaugeant, et dans un grondement sourd il se précipite à nouveau contre moi. Sa force est prodigieuse. Mon poing siffle dans l'air et frappe le vide alors qu'il s'esquive juste à temps, et j'arrive à peine à lever mon bouclier pour éviter un méchant coup. Ses poings sont de vraies massues. Je l'observe encore quelques secondes, avant de trouver enfin une ouverture. Il a besoin de plus de temps que moi pour se remettre d'aplomb, et je saisis cette chance. Mon poing perce sa défense, et frappe sur sa tempe. Sa tête bascule sous la violence du coup, et je vois son masque de protection qui vole quelques mètres plus loin. Quand mon regard se reporte sur lui, je sens mon coeur qui s'arrête. Des yeux bleus. Ces yeux bleus. Ce visage. Cette stature. C'est impossible.

Steve... Steve c'est... c'est bien toi?



Emi Burton
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Ven 19 Juin - 18:35
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C'est agaçant. Agaçant parce qu'il me tient tête. Agaçant parce qu'il n'est pas comme les autres. Agaçant parce qu'il est plus rapide. Je n'aime pas ça, mais alors pas du tout. Je devrais être capable de le terrasser, comme tout les autres. Il ne devrait pas être un problème. Il ne devrait pas être capable de lire aussi bien mes mouvements, il ne devrait pas être capable de repousser chacun de mes assauts. Il est un adversaire admirable et digne de ce nom, mais ce n'est pas le moment. Je dois disparaître. Et vite, avant que le reste de ses camarades ne se décident à nous rejoindre. Je fais jouer la lame entre mes doigts alors que je l'observe, cherchant la moindre faille. Il est plus faible, moins résistant, moins endurant... Plus le combat va s'éterniser... Plus je vais avoir l'avantage. Seulement faire durer cet affrontement n'est pas vraiment un luxe que je peux me payer... Et j'ai la désagréable impression qu'il ne va pas vouloir simplement me laisser filer. Sans compter qu'il est un témoin... Pendant quelques secondes je reste sans bouger avant de me décider. Tant pis. Je n'ai pas le choix. Je dirais qu'il y a eu des dommages collatéraux. Que je n'ai pas pu faire autrement. Dommage dirais-je... Ils me sont tombés dessus, je devais m'en débarrasser... Je fais jouer le couteau entre mes doigts avant de poser mon regard sur lui. Il n'est que ça... Une cible de plus. Je prends une grande inspiration avant de me jeter sur lui à nouveau, abattant brutalement mon poing sur lui. Mais une fois de plus, son bouclier vient parer mon coup. Un grondement m'échappe. Lâche donc ce jouet ridicule et affronte-moi. Il esquive un autre de mes coups. Affronte-moi, allez. Mais non, il continue d'esquiver, de me repousser... Au point que je commence à perdre patience. Que fais-tu ? Tu penses être capable de me tomber ainsi ? En te contentant de me repousser ? Tu vas te fatiguer... J'esquive sans trop de soucis un de ses coups et c'est là qu'il en profite pour enfin riposter. Merde. Ses phalanges s'écrasent sur ma tempe et je sens mon masque de protection lâcher. Je le vois s'éclater au sol alors que je serre les dents. Et je me fige quand je croise son regard. Je fronce les sourcils. Il me regarde comme si il me connaissait. Comme si j'étais un fantôme de son passé. Je pince les lèvres alors que je soutiens son regard et qu'il prononce ce prénom.

Steve.

Je me fige. C'est ce prénom. Celui que le garçon de mes rêves répète sans cesse, alors que je le vois me sourire, alors qu'il caresse ma joue... Je le revois prononcer ce prénom alors que je suis allongé dans ses bras... Mais ce ne sont que des rêves. Rien de plus. Des choses que mon esprit crée pour combler le vide. C'est qu'Andrei disait. Que ce n'était rien... Et pourtant... Il est là. Lui. Celui que je vois derrière mes paupières closes. Le reste du monde semble se brouiller alors que je me perds dans ses yeux. Tu n'es rien. Tu n'es pas sensé exister. Tu n'es qu'une invention de mon esprit, un ennemi, quelque chose dont je dois me débarrasser. Steve n'existe pas. Il n'est personne.

« Je ne sais pas que quoi tu parles... »

Tu te perds. Grossière erreur de ta part. Je profite du fait qu'il soit déstabilisé pour revenir l'affronter, saisissant de la main gauche son bouclier au vol. Un léger sourire se dessine sur mes lèvres alors que je lui décoche un violent coup de pied dans les côtes. Je lui arrache le bouclier des mains avant de l'envoyer au loin. Bien maintenant, on va pouvoir jouer sérieusement. Mais je m'arrête, entendant quelqu'un se joindre à nous. Je regarde par-dessus mon épaule et y vois une femme. Et j'ai à peine le temps de croiser son regard qu'une détonation retentit. J'ai à peine le temps de m'esquiver que je les sens bouger tout les deux, prêt à me prendre en tenaille. Je me relève et les observe tout les deux avant de noter un léger tiraillement au niveau de mon flanc. J'y pose rapidement mes doigts avant de constater que je suis blessé. C'est rien, la balle n'a fait que déchirer la chair... Rien n'est brisé... Et aucune artère n'est perforée... Ce n'est rien. Juste un peu de sang. La douleur n'est là que si je lui accorde la moindre importance. Je fais un pas en arrière alors que je les regarde approcher tout les deux... Je dois me décider. Elle ou lui. Mon regard fait l'aller-retour entre les deux, jusqu'à ce que je me décide. Lui est dangereux... Mais c'est elle qui me tient en joue depuis toute à l'heure. Le choix est vite fait. Je me jette sur elle, n'essayant même plus d'esquiver ses tirs. Le premier me cueille dans l'épaule droit alors que le second vient me chercher dans la cuisse. Tu ne veux pas me tuer ? Étrange. Dommage pour toi. Je la désarme d'un coup et l'attrape par la gorge, commençant à l'étrangler. Seulement son genou vient heurter ma cage thoracique et un grondement de douleur m'échappe alors qu'elle enfonce ses doigts dans ma blessure à l'épaule. Un hurlement s'échappe d'entre mes dents serrés alors que je la lâche bien malgré moi. Et à nouveau, je me retrouve entre les deux... Comme un animal blessé qu'on s'apprête à abattre... Et ce putain de prénom qu'il prononce encore.

Steve.

Laisse-moi. Je ferme les yeux, commençant à avoir du mal à refouler les hurlements de mon propre corps. Ma respiration se fait plus lourd alors que mon cœur tambourine dans ma poitrine... Je me sens... Comme pris entre deux prédateurs, qui tournent, encore et toujours... Prêt à me sauter à la gorge. Seulement... C'est moi l'alpha ici. C'est moi le prédateur. Et il n'est pas question de me faire abattre par un homme qui pense me connaître et une femme. Pas question.

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Jeu 25 Juin - 9:12

Ain't no grave
Steve & Bucky
Une seconde. Une seconde, c'est le temps qu'il a fallu pour que je me retrouve catapulté en arrière, de presque un demi-siècle. Steve. Lui. Mon amour. Mon frère. Nous deux sur ce train qui sifflait à travers les montagnes glacées de l'Allemagne. Comme une série de flashs je nous revois, les Howlin'Commandos, les gens assez fous pour se jeter dans la gueule du démon et traquer Red Skull jusqu'en enfer s'il l'avait fallu. Lui et moi en croisade. Et puis il y a eu cette longue descente en tyrolienne. Les gardes. Le wagon éventré comme une bête blessée. Et lui. Ses jambes dans le vide. Son regard rempli d'angoisse. Et ma main qui ne tenait plus que le blizzard. Son cri. Puis le silence.

Non. Non c'est impossible. Impossible. Comment? Comment est-ce qu'il aurait pu survivre d'une telle chute? Comment? Et même si le sérum lui avait permis de ne pas finir en bouillie, il aurait dû mourir de vieillesse! Enfin moi, je suis toujours là, alors pourquoi pas lui? Et qui l'aurait récupéré ? Qui se serait servi de lui tout ce temps? Sans que personne ne s'en rende compte? Tout se bouscule dans ma tête alors que je reste figé dans la contemplation de son visage. C'est lui. Les cheveux longs. Mal rasé. Une expression de froideur que je n'ai jamais vue. C'est son corps, mais ses yeux sont vides. Steve... mon Steve... mais qu'est-ce que tu es devenu...

La réponse s'impose d'elle-même moins d'une seconde plus tard : une machine. Une machine à tuer, froide, implacable. Pourtant, je l'ai vu s'arrêter. Je l'ai vu se figer quand j'ai prononcé son nom. Avant de se ressaisir et me répondre qu'il ne sait pas de quoi je parle. Sa voix aussi a changé. Elle est froide, presque rouillée, comme s'il n'avait pas l'habitude de parler. Et il a un accent à couper au couteau. Russe. Il a été pris par les russes.

Je commence à ouvrir la bouche, pour lui parler, lui dire que je suis là. Que moi aussi je suis en vie. Il y a tellement de choses que j'aimerais lui dire que je ne sais pas par où débuter. Mais avant qu'un son ne se soit échappé de mes lèvres, je le vois attraper mon bouclier, et me décrocher un violent coup de pied dans les côtes, qui me coupe le souffle et me fait reculer, crispé en avant. J'entends le bruit du métal qui atterrit sur le bitume défoncé, avant de lever les yeux et le voir approcher. Je me redresse, me remettant en position de combat, et le laisse venir. Steve. C'est bien lui. Même si pour l'instant c'est son corps, sans son esprit. Une coquille vide. Mon frère, qu'est-ce qu'on t'a fait? Il faut que je me reprenne. Buck arrête. Pour l'instant, tu dois l'immobiliser parce que lui n'a pas d'état d'âme. C'est une machine que tu dois arrêter. Il sera toujours temps d'enquêter, mais le principal, c'est de le mettre à terre. Le garder pour l'emmener au SHIELD. Et surtout, surtout, qu'il ne parte pas. Qu'il ne disparaisse plus encore une fois dans le néant. Parce que ça, je ne le supporterai pas. Pas encore.

Et on dirait que le ciel a entendu mes prières, ou plutôt, que mon ange gardien est là. Tasha. Je vois sa silhouette se dessiner en face de moi, à l'autre bout de la ruelle. Pile là où il fallait. Si seul je me demandais vraiment si j'arriverai à l'arrêter, à deux, c'est une évidence. On le tient. Sauf que les choses vont trop vite, et à peine arrivée, j'entends déjà deux détonations étouffées par un silencieux. Oh mon dieu. Si elle a reçu les consignes de l'arrêter à tout prix, elle n'hésitera pas à aller jusqu'au bout. Et ça, c'est impossible.

Tasha non! On doit le ramener vivant!

Pendant quelques secondes il nous observe, l'un après l'autre, avant de se jeter sur elle. Non. Je suis un bon combattant mais elle est une guerrière qui n'a aucun scrupule, quand il s'agit d'accomplir une mission. Et elle n'hésitera pas à l'abattre s'il représente une menace. Mon coeur se glace en entendant deux nouveaux coups de feu, et je me précipite dans leur direction, pour tenter de tout arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Non. Steve non. Je ne peux pas te perdre alors que je te retrouve. Je te l'interdis. Je me l'interdis. Mes lèvres hurlent son prénom en arrivant derrière lui. Il est coincé entre nous, à deux mètres de Tasha et de moi. Blessé mais toujours en vie. Son regard passe de l'un à l'autre alors que son souffle est court et ses poings serrés. Maintenant il n'est plus un assassin. C'est un animal blessé qui va tout tenter pour se défendre et s'échapper. D'autant plus dangereux. Et imprévisible parce qu'il n'a plus rien à perdre.

Tasha. Il faut qu'on le ramène vivant au SHIELD. Je m'en fous si c'est contre les ordres, mais Fury comprendra. Il le faut vivant. J'en prends la responsabilité si les choses tournent mal mais... Fais ça pour moi. Je t'en prie.

Je continue ensuite par signes. Lui faisant comprendre qu'elle doit utiliser son armure pour le mettre en état de choc, et le rendre inoffensif. Et je me retiens de soupirer de soulagement quand elle hoche simplement la tête, avant de d'enclencher ses matraques électrifiées. A moi de faire diversion.

Tu t'appelles Steve Rogers. Tu es américain. Tu es né à New York. Brooklyn plus précisément...

Je le vois qui se tourne vers moi, poings serrés. Et tout en parlant, je me tiens prêt à encaisser l'assaut qui ne devrait plus tarder, le souffle court et le coeur affolé.


Emi Burton
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Ven 26 Juin - 16:09
Ain't no grave
Steve Rogers & James Barnes

Le noir a toujours eu cet avantage de dissimuler le sang. Andrei me disait ça lors de nos entraînements. Tu ne le vois pas, donc tu ne le sens pas. Une blessure n'est rien. Surtout pour moi. Deux c'est une autre histoire. Mais trois... Je commence à avoir du mal. Surtout quand je constate que mes deux adversaires continuent de s'approcher, m'encerclant comme deux prédateurs prêts à porter le coup de grâce à leur proie. Mon souffle se fait plus court alors que mon regard fait des aller-retours entre les deux, qui d'ailleurs sont en train de discuter de mon emprisonnement et du fait qu'il vaut mieux me garder en vie... Pour me faire prisonnier. Lui insiste. Elle met quelques secondes avant d'accepter. Elle rengaine ses armes avant de sortir deux matraques. Et aux sifflements qu'elles émettent, je me doute qu'elles sont électrifiées. Je pince les lèvres à cette idée. Ils veulent vraiment me capturer. Ils espèrent vraiment que je vais me laisser capturer. Je crache au sol alors qu'il attire mon attention, recommençant à m'abreuver de ses mensonges.

Steve Rogers.

Je revois à nouveau son visage, ses mèches brunes qui sont humides sous mes doigts. Ses lèvres se déposent dans mon cou alors que mon propre rire résonne à mes oreilles. Un murmure lui échappe alors qu'il embrasse à nouveau ma peau. « Même si tu quittes mes bras chaque matin, t'y reviendras chaque soir. » Sa voix me revient, comme un vieux murmure qu'on reviendrait me chuchoter à l'oreille. Arrête. Mais il continue. Il m'assure que je suis né ici, à New-York. Un autre flash me saisit. Un souvenir qui semble appartenir à quelqu'un d'autre. Je serre les poings et croise son regard, en oubliant la femme à ma droite.

« Arrête. Tu te ridiculises. Tu parles de choses qui n'existent pas. Je ne suis pas celui que tu penses connaître. »

Mais il continue. Encore et toujours. Ne cessant de m'assurer que je suis Steve Rogers, un gamin de Brooklyn avec lequel il a grandit. Mon souffle se fait plus court alors que je commence à fatiguer. Mon esprit s'embrume alors que je me laisse gagner autant par la douleur que par ses flashs. Le sang bat à mes tempes alors que je les observe s'avancer, encore et toujours. Je sais qu'ils ne feront rien pour me tuer. Il lui en a donné l'ordre. Seulement il n'est pas question que je me laisse capturer. Pas une fois de plus. Sinon tout va recommencer, une fois de plus, les entraînements, les périodes de stases. Encore une fois tout le monde va vouloir comprendre et faire de moi l'assassin parfait qu'ils veulent que je sois. Lui aussi va vouloir me façonner pour que je ressemble à ce qu'il veut que je sois. Lui qui prétend détenir la vérité. Mon esprit s'embrume de plus en plus, et au final la seule chose qui s'impose à mon esprit c'est le fait que je dois le faire taire. Que je dois m'enfuir. À tout prix. Un grondement s'échappe de ma gorge alors que je me jette sur lui, ne voulant qu'une chose : qu'il se taise. Seulement je sens quelque chose me frapper au creux des reins, et avant que je n'ai le temps de me retourner, je vois des étoiles. Les muscles de mon corps se tendent alors qu'un hurlement douloureux m'échappe. Une fois la décharge passée, je tombe à genoux le souffle court, sentant les plaques de métal de mon bras se relâcher. Je lève les yeux et l'observe alors qu'il tente de  me raisonner, de m'assurer que pour mon propre bien, je ferais mieux de me laisser faire. Qu'il aille se faire foutre. Je serre les dents et tente de me relever, ne me figeant que lorsque la voix de cette fameuse « Tasha » me parvient.

« Tu bouges et je jure que je n'aurais pas le moindre scrupule à t'électrocuter une fois de plus. »

Sa matraque appuie sur ma pomme d'Adam alors que je continue de fixer l'homme face à moi. Ça se présente mal. Même très mal. Mon bras gauche ne semble plus vouloir me répondre, elle me tient littéralement par la gorge et je sens que le temps où je pouvais ignorer mes trois blessures par balle est terminé. Alors que faire ? Les laisser me capturer ? Plutôt mourir. Puis lentement j'entends les plaques de métal bouger, se ré-agencer, comme si le mécanisme se relançait. Le sifflement reprend. Elle va me neutraliser. Quoi que je fasse. Alors autant tenter une dernière fois. Je serre les dents et dans un dernier mouvement j'attrape le poignet de la rousse, écartant sa main de ma gorge alors que je tente de me lever, soulevant difficilement mon bras gauche pour tenter de le saisir à la gorge. Seulement la jeune femme me cueille au genou, m'achevant d'un coup dans le flanc, qui me fait perdre connaissance.

*

« Mon frère, mon frère... Calme-toi... Calme-toi, je suis là. Je suis là... »

J'ouvre brutalement les yeux. Pas encore. Pas toi. Pas encore. Tu ne devrais pas être là. D'habitude tu n'es pas là. Tu n'existes pas. Tu n'es qu'une création de m'esprit. Un frère, un amant, un ami que mon esprit fatigué et confus crée pour me rassurer. Je ferme à nouveau les yeux, essayant de chasser cette vision. De ce visage inquiet qui semble être penché sur moi, de ses mains qui se posent sur mon torse, de sa voix qui enveloppe mon être. Non. Il n'existe pas. Un soupir m'échappe alors que je rouvre les yeux, découvrant enfin où je me trouve. Dans une cellule. Presque semblable à celle de mon premier réveil. Sauf que là il n'y a personne pour venir se jeter dans mes bras. Personne pour me dire qu'il est heureux que je m'en sois tiré. Non ici je suis un prisonnier. Une chose qu'ils jugent dangereux et qu'ils préfèrent maintenir loin du reste du monde. Une arme qu'il faut garder sous clé. Je me relève difficilement, constatant avec le plus grand déplaisir que mon bras gauche est désactivé. Et c'est seulement là que je croise son regard. Lui. Encore. Il est encore là. Face à moi. Pendant de longues minutes je ne dis rien, tentant simplement de rester assis malgré l'engourdissement général de mon corps et de mon esprit. Tu as accomplis ta mission. Alors pourquoi rester là ? Pourquoi insister ? Tu m'as battu, capturé... Qu'est-ce que tu veux de plus ? Je tente de lui articuler tout ça mais tout ce qui m'échappe c'est un grondement sourd. Je fronce les sourcils. Ils m'ont drogués. Ils m’anesthésient. Pour être sûr que je ne sois pas une menace. Pour que je reste un prisonnier bien sage.

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Jeu 9 Juil - 10:13

Ain't no grave
Steve & Bucky
J'arrive toujours à garder la tête froide pendant nos missions, parce que je sais pourquoi je le fais, pourquoi je prends des risques. Et surtout, parce que toutes les missions que je fais ne me concernent jamais précisément. Jamais directement. Mais là, c'est Steve, et tout est différent. Là, depuis la première fois depuis des mois, je n'ai pas l'esprit clair. Lui. Mon amour. Mon frère. Il y a tellement de souvenirs qui jaillissent dans ma tête que ça en est douloureux. Ces années passées ensemble, ces mois où on a été des amants, vivant heureux et cachés dans notre petit appartement de Brooklyn, à peindre tous les deux à nos bureaux, et à faire grincer les ressorts de notre vieux lit en fer bricolé. La gorge me serre, mon coeur bat vite, et j'arrive à peine à me concentrer sur ce que fait Tasha. Et les mots sortent tout seuls alors que je le fais garder son attention sur moi, serrant les dents quand il repousse encore une fois ce que je dis, quand il m'envoie encore une fois au visage que je fais erreur. Oh non Steve. J'ai des années et des années de souvenirs dans ma tête pour te prouver le contraire, comme le son de ta voix et ton odeur qui y sont toujours gravés. Je pourrais douter de tout, mais pas de ça.

Tu es mon meilleur ami depuis qu'on a sept ans. Quand ta mère est morte on a vécu ensemble et on est allés dans une école d'art...

Derrière-moi, je sais que Tasha est perdue. Parce qu'aux yeux du monde, c'est moi, Steve Rogers. C'est moi qui ai pris sa place, endossé son identité, repris son bouclier. Et c'est Bucky Barnes qui est tombé dans l'oubli. Elle s'abstient de tout commentaire et pourtant il y aurait de quoi en faire, à m'entendre...m'adresser à moi-même. Son retour, le fait qu'il soit toujours vivant, va être une vraie bombe au sein du SHIELD mais je m'en fous. Tant qu'on le ramènera, et qu'il sera près de moi. Pour le reste, je me débrouillerai. Pour le reste, je prendrai le temps qu'il faudra. Je ne le quitte pas des yeux alors que je l'observe faiblir, chanceler petit à petit, le souffle court et le regard perdu. Puis sa posture change. Il se ramasse sur lui, serre les dents. Il est prêt à attaquer. J'assure mon aplomb et me prépare à riposter quand Tasha décide d'intervenir. Rapide, efficace, précise. Deux coups de matraque et je l'entends hurler. J'en ai presque un haut le coeur. Pardon. Pardon mon amour. Je me déteste. Je me déteste de te faire ça. Je me déteste de te mettre dans cet état. Mais on n'a pas le choix. Pas le choix. Je me déteste mais c'est la seule solution pour essayer de le ramener de notre côté. Découvrir ce qu'ils lui ont fait...

Steve calme-toi. On va t'emmener au SHIELD. On va trouver ensemble ce qu'on t'a fait pour te mettre dans un tel état... on va trouver. Je te le promets. Je te le jure sur ma vie. Arrête... Tu es blessé...

Tasha s'approche, féline et silencieuse, et arrête son mouvement alors qu'il tente de se relever encore une fois. Et je contemple sans bouger le spectacle de ma partenaire qui le neutralise, et Steve qui tombe lourdement sur le sol, inconscient.

Une journée. Une journée complète. C'est le temps qu'il lui a fallu pour ouvrir les yeux après qu'on l'ait installé dans une cellule du SHIELD. Et tout ce temps-là, je l'ai passé près de lui. Enfin, dès qu'on m'en a laissé la possibilité. Avant ça, Fury a convoqué tout le monde. Tony. Tasha. Banner. Thor. Clint. Sam. Ils étaient tous dans son bureau, quand il s'est raclé la gorge et s'est adossé à son bureau, son unique oeil détaillant chacun d'entre nous avant de se tourner légèrement vers moi.

"Bien. Romanov, tu es la première à être mêlée à tout ça, mais les autres ont aussi le droit de savoir. La mission de Captain et Black Widow hier a eu des... conséquences inattendues. Et il est temps que je vous révèle un des plus gros secrets du SHIELD. Un secret gardé depuis plus de soixante-dix ans, enterré par Chester, mon prédécesseur. Vous êtes tous au courant que, quand Captain America s'est lancé à la poursuite des troupes de Red Skull, il était à la tête d'une escouade. Les Howlin'Commandos. Et dans ce groupe se trouvait son meilleur ami. Le sergent Barnes..."

Il s'arrête une seconde, avant de me signifier que c'est à moi de continuer d'un signe du menton. Je soupire, baissant les yeux, n'osant pas affronter leurs regards, à tous.

Ce jour-là... ce n'est pas le sergent Barnes qui est tombé du train, mais Steve Rogers. Le vrai Captain America. Je suis le sergent James Barnes... son meilleur ami...

Un silence, puis des protestation murmurées. Je croise leurs regards rivés sur moi, et continue, après un léger regard à Fury.

Le pays avait besoin d'un symbole. Et Chester avait peur que de dévoiler que le grand Captain était mort au combat risquait de plomber le moral des troupes, et du pays tout entier. Alors c'est moi qui ai repris son rôle. C'est moi qui ai tué Red Skull. J'ai mis fin aux agissements de Hydra en Allemagne et... c'était vraiment moi dans l'avion...
- C'est une blague?
- Comment personne ne s'en est rendu compte?
- Parce qu'en représentation, je ne quittais jamais mon masque. Et que les Howlin' étaient dans la confidence. Chester a fait disparaître toutes les photos de Steve, en a mis d'autres, de moi, dans les dossiers.
- Et l'autre type? Tu l'as appelé Steve... dans la ruelle...
- Oui. Je pensais qu'il était mort. Qu'il n'avait pas survécu. Tout le monde le pensait. Sauf que le type qu'on a croisé, c'est Steve Rogers. Je ne sais pas comment, mais il a survécu. Et on dirait que ce sont les russes qui l'ont récupéré et qui ont fait je ne sais quelle expérience sur lui... Je... je suis désolé de vous avoir menti et je... comprendrai qu'aucun d'entre vous ne veuille bosser avec moi. Et encore moins me fasse confiance je...


Et à cet instant, à ma grande surprise, c'est Thor qui s'est avancé vers moi pour poser sa main immense sur mon épaule.
- Mon frère a failli détruire la planète alors... une imposture, ce n'est pas grand chose. Tu es un bon guerrier, noble et valeureux, qui a sa place au Walhalla. Je continuerai à me battre à tes côtés...

A cet instant, j'ai presque éclaté en sanglots, et j'ai simplement posé ma main sur la sienne, avec un regard plein de gratitude. Puis chacun m'a apporté son soutien. Et je me suis senti soulagé.

Quelques minutes plus tard, à peine sorti, je suis allé trouver mon Steve, installé derrière un mur en verre trempé, et j'ai attendu. J'ai attendu longtemps, me rappelant de lui, de nous, de tout ce qu'on a partagé avant...avant... Et en même temps, assis face à lui, ma main sur le vitre, je me suis dit que c'était peut-être un cadeau du destin. Que, malgré tout ça, maintenant on s'est retrouvés, et que peut-être, peut-être on pourrait reprendre notre vie tous les deux. Je l'observe, paisible, comme je l'ai regardé dormir tant de fois. Et enfin il se réveille, et grogne en se redressant. A l'expression de son regard, je vois qu'il est toujours cette machine à tuer, froide et implacable.

Bonjour Steve...

Il me contemple sans rien ajouter, alors je soupire et remonte un pied sur la chaise, posant mon menton sur mon genou.

Tout ça doit te paraître dingue mais je te connais. Et je peux même dire qu'à part ta mère, je suis la personne qui te connais le mieux au monde. Et je peux te parler de tout ça...

Je soupire avant de commencer, d'une voix douce et légèrement nouée par l'émotion.

Tu t'appelles Steve Rogers. Tu es né le 4 juillet 1920 à Brooklyn. Ta mère s'appelait Sarah Rogers, et elle était infirmière. On s'est rencontrés parce qu'on habitait le même quartier. Petit, tu étais toujours malade...

Et je me lance dans le récit de sa vie, et de la nôtre.


Emi Burton
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Sam 11 Juil - 17:04
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Steve Rogers & James Barnes

Il est la première personne que je vois et que j'entends. Un grondement s'échappe d'entre mes lèvres alors que je me redresse difficilement. Son regard croise le mien. Qu'est-ce que tu veux ? Qu'espères-tu ? Que je te révèle mes secrets ? Je n'en ai aucun. Je ne sais rien. Je sais que je ne travaille que pour servir ce monde au nom d'un homme, je sais que je viens d'une autre époque. Même mon prénom s'emmêle dans mon esprit. Lev... Steve... Non. C'est lui qui veut m'appeler. Lui qui comme les autres tente de m'imposer quelque chose. Comme Pierce il tente de me faire rentrer dans le moule qui l'arrange. Je le contemple sans rien dire, le voyant soupirer avant de remonter une jambe sur sa chaise, posant son menton sur son genou. Tu ressembles à un enfant comme ça. Pas à un combattant, et encore moins à Captain America. On dirait un gamin. C'est tout ce que je vois quand je croise son regard, quand je l'entends parler... Tu n'es pas un guerrier. Tu n'es rien. Je te pensais digne de m'affronter, mais sans ton amie... On sait tout les deux que j'aurais gagné. Parce que tu te laisses distraire. Parce que tu penses me connaître. Tu penses me connaître aussi bien que ma mère... Je fronce les sourcils. Il ne peut pas. Il n'est pas Andrei. Lui me connaissait. Lui savait tout de moi. Lui calmait mes cauchemars et mes angoisses. Et même si tu lui ressembles... Tu n'es pas lui.  Tu n'as pas son regard, ni sa voix.

Non. Toi tu ressembles à celui qui hante mes rêves.

Il soupire quelque peu et je jure le voir se recroqueviller un peu plus, comme si il était autant blessé que perdu à l'idée de me raconter ce qu'il pense être la vérité. Cela me plonge à nouveau dans une étrange incompréhension. D'instinct je tente de bouger à nouveau mon bras gauche, constatant désagréablement que celui-ci reste inactif. Puis il commence à parler, d'une voix nouée par l'émotion, par une tristesse que je peine à comprendre et que je ne partage pas. Tu es le seul à souffrir de cette histoire, alors pourquoi t'accrocher. Tu sais bien qu je ne suis pas lui. Alors pourquoi t'acharner ? Pourquoi insister ? Parce que tu as besoin de quelqu'un qui croit à ton histoire ?

Lentement il m'énonce des faits. Il m'assure que je suis né à Brooklyn, que mon nom est bien Steve Rogers, que j'ai grandis avec lui, qu'avant j'étais malade... Il me parle de l'époque où nous étions étudiants en art tout les deux, où on vivait ensemble... Quelque chose remue au fond de mon esprit. Je fronce les sourcils, cessant de le regarder. Un odeur de café... Puis un sourire, un rire. Je siffle quelques notes de jazz que crache un vieux tourne-disque au loin... Et mes doigts... Couverts de tâches de peinture. Un haut-le-coeur me saisit. Non ce ne sont que des rêves. Rien de plus. Je regarde la paume de ma main n'y voyant plus rien. Non, non, ce sont des rêves. Des putain de rêves. Je lève à nouveau les yeux vers lui tandis qu'il continue à me parler de notre quotidien tout les deux... Du fait que suite à une très mauvaise crise de ma part, il avait dû s'engager dans l'armée. Nouveau pincement de lèvre de ma part. Pourquoi aurait-il fait ça ? Même si ce qu'il dit est vrai, je n'étais que son ami, il n'avait pas à sacrifier son existence pour moi... Puis il continue, me disant que je ne l'avais retrouvé qu'une fois devenu Captain America. Un rire amer et aussi agréable que de papier de verre m'échappe.

« Tu divagues...  Si tu comptes réellement me faire avaler ton mensonge, fait en sorte qu'il soit crédible. Ton histoire est ridicule. Je ne suis pas Steve Rogers, je ne suis pas ton meilleur ami et je ne suis très certainement pas Captain America. Tu te fais des illusions. Tu n'es personne à mes yeux. Si. Juste l'homme que j'aurais dû abattre dans cette ruelle. L'homme qui a eu la chance de m'attraper et qui désormais me retient prisonnier. Je ne sais même pas qui tu es... »

Et je reste sagement à soutenir son regard, avec la plus grande indifférence. Puis lentement je commence à tenter de bouger, à remuer mon épaule droite, puis le reste des muscles de mon corps. Je sens que tout revient. Sauf mon bras gauche. Je pousse un soupir. Autant fatigué qu'exaspéré. J'aimerais qu'il parte, qu'il me laisse tranquille. Car plus je le regarde, plus mes rêves me reviennent... A croiser son regard, je le revois bien autrement. Assis sur une chaise, à poser.... J'entends le bruit du crayon sur le papier... J'ai l'impression de le dessiner. Puis un sourire lui échappe, d'entre ses lèvres un murmure s'échappe, long, langoureux, chaud... Un murmure qui sonne agréablement à mon oreille. « J'ai furieusement envie de te prendre contre le mur. » Un rire lui échappe quand la mine de mon crayon raye le papier. Puis à nouveau je reviens à moi, retrouvant des yeux bleus bien moins heureux que dans mon rêve.

« Qui es-tu ? »

Je murmure cela doucement alors que j'ai la désagréable impression de connaître la réponse. Buck, susurre une voix douce au creux de mon esprit.

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Jeu 16 Juil - 22:25

Ain't no grave
Steve & Bucky
Il est là. C'est incroyable, impensable, mais il est là. Steve. Mon Steve. Mon amour. Si on m'avait dit... si on m'avait dit que tu étais encore vivant. Si on m'avait dit que le destin me permettrait de te retrouver, tout en découvrant que tu n'es plus le même. Que tous nos souvenirs lui ont été enlevés, que c'est un étranger, pour moi, comme je suis un étranger pour lui. Mais rassure-toi mon amour. Rassure-toi. Je ne sais pas combien de temps ça prendrait, combien d'énergie il faudra déployer mais je te ramènerai. je trouverai le Steve caché là-dedans et je lui ferai retraverser les années, pour le ramener. Et qu'on se retrouve, enfin. Qu'on parte loin, juste tous les deux, et que le reste du monde nous oublie. Qu'on ne finisse par être que des dossiers poussiéreux dans les archives du SHIELD et deux faux noms sur une tombe dans un beau cimetière perdu. C'est ça que je veux.

C'est pour ça que je raconte sa vie, la mienne, et puis la nôtre. Je lui raconte l'école d'art, je lui raconte Coney Island, je lui raconte nos parties de rigolade, nos bêtises de sale gosse, toutes les fois où je l'ai tiré d'une bagarre dans laquelle il s'était fourré. Je lui parle de sa mère, de son père, de mes parents. De sa maladie. De mon départ. De ce qu'il a fait pour nous retrouver. Du sérum. De mon sauvetage au fin fond des lignes allemandes. Des Howlin' Commandos. Du train. Tout. Le bruit des perles de maman. Des chansons que Sarah nous chantait pour nous endormir. De son premier vélo rouge. Du gros Billy qui a tenté de lui voler son déjeuner et que j'ai poussé dehors du tourniquet pour lui donné une leçon, et qui s'était cassé une dent. Tout ça. Tout ce dont je me souviens. Tout ce qu'on avait partagé.

Même si je laisse de côté toute la partie amoureuse. Parce que ça risque d'être beaucoup trop pour une première fois. Trop violent, trop d'émotions. Et que savoir qu'on a été amants risque de tout ruiner. Il a plus de chances de faire confiance à celui qu'il considère comme son meilleur ami que comme un homme qu'il était censé aimer alors que c'était interdit. Même si plus d'une fois j'ai retenu mes mots juste à temps avant qu'ils ne s'envolent, étouffé l'envie de lui raconter comment on s'était embrassés, comment il m'avait fallu du temps pour être sûr... notre première fois, et toutes les autres. C'est trop tôt. Un jour peut-être, un jour j'espère, mais pas maintenant. Maintenant je veux qu'il me croie, pas qu'il tombe amoureux de moi. Et enfin je me tais, une fois que j'ai tout dit. Ou tout du moins tout ce dont je m'étais souvenu, derrière la plaque en verre de la cellule.

Et sa réaction, froide comme la justice. Rien. Tous mes mots, tous ces souvenirs, rien n'a eu l'air d'évoquer quoi que ce soit. Pas la moindre faille, pas la moindre émotion. Son visage reste comme un bloc de marbre, lisse, et glacé. Ma gorge se noue. Ca aurait été trop facile. Qu'en lui racontant une poignée d'évènements, la lumière allait se faire subitement? Ca aurait été trop beau. Au contraire, au moment où il ouvre la bouche, c'est comme si son bras en métal était rentré dans ma poitrine et serrait mon coeur. Rien... il me dit froidement que tout ce que je raconte sont des mensonges. Que rien n'est vrai. Comme s'il me tuait. Encore.

Je suis Bucky Barnes. Ton meilleur ami. Ton frère. Je te l'ai dit. On se connait depuis qu'on a six ans...

Mais je ne reste pas sur un échec. Tous les jours je reviens, et tous les jours je lui parle. Je lui raconte sa vie, la nôtre, encore et encore. Ma chaise face à la vitre de sa prison. Je ne sais pas combien d'heures je suis resté là. Combien de fois j'ai répété la même histoire. Mais Fury n'a rien dit, ce qui signifie qu'il est d'accord. Et de temps en temps Tasha, Clint, ou Sam, passent me voir. Histoire de s'assurer que je vais bien. Mais, si physiquement je vais bien, moralement c'est autre chose. Jour après jour, je reviens, et jour après jour je suis encore face à ce mur. Cette plaque de marbre derrière laquelle Steve est cachée. Ca me rend fou. Ca me rend malade. Je ne sais pas. Je ne sais pas comment le ramener. Comment le réveiller, comment chercher Steve, mon Steve. Et le pire commence à se dessiner. Et s'il était mort? Et s'ils avaient réussi à tuer mon Steve, pour le remplacer par..."ça"? Ce russe? Plus d'une fois, quand j'ai quitté l'étage, je vais m'isoler dans une coin et je chiale comme un môme sur mon amour perdu.

Et puis un jour, alors que je m'installe à nouveau face à lui, j'ai une idée. Bête, ouais ,mais après tout, au point où on en est...

Bonjour... Et si aujourd'hui tu me parlais de toi? Hein? Si tu me racontais ta vie... qu'on compare nos versions...


Emi Burton
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Ven 17 Juil - 13:08
Ain't no grave
Steve Rogers & James Barnes

Bucky. La voix avait raison. C'est lui. Buck. Le garçon de mon rêve, celui dont les yeux bleus me fixaient comme si j'étais la seule personne importante dans tout l'univers. C'est même yeux bleus qui désormais me regardent avec une profonde tristesse. Une part de moi a envie de prononcer ce prénom, d'en sentir chaque syllabes rouler sur ma langue. Et l'autre... L'autre en a marre de l'entendre raconter encore et toujours la même chose. Je ferme les yeux alors qu'il recommence, qu'il insiste une fois de plus. Il s'appelle Bucky Barnes. Il est mon meilleur ami, il est mon frère. Il me connait depuis qu'on a six ans.

Ferme-là.

Intérieurement je lui hurle de se taire, de faire taire ce qui gronde sous mon crâne. Mais dans les faits, je reste parfaitement silencieux, me contentant de serrer les dents. Seulement il n'arrête pas. Il n'arrête jamais. Tout les jours il revient, tout les jours il revient s'assoir sur cette chaise, face à moi, et il continue de me raconter cette histoire... Encore et toujours. À la manière d'une vieille rengaine qu'il se force à cracher. Et fatigué de l'entendre, je ne dis rien. Je me contente de le regarder, de le voir s'épuiser à tenter de me convaincre.

Jusqu'à aujourd'hui.

Il se fatigue. Il tente de le cacher mais je le vois. Je vois qu'au fond, il n'en peut plus. Je lève doucement le menton vers lui alors qu'il s'assoit sur sa chaise. Un soupir m'échappe, et alors que je m'apprête à subir son discours ridicule, voilà que d'autres mots traversent ses lèvres. Je fronce les sourcils. Il veut comparer nos versions. Il veut que je lui raconte qui je suis. Je pince les lèvres. C'est la première fois qu'on me demande ça. Qu'on s'intéresse à ce que je peux être. D'habitude, tout le monde se contente de parcourir rapidement mon dossier avant de me traiter comme ce que je suis : une arme terriblement efficace. Pendant de longues minutes je reste silencieux avant de prononcer mes premiers mots depuis une bonne semaine.

« On m'appelle Lev. »

Je revois un homme qui vient me prendre dans ses bras, ne cessant de répéter « Mon frère, mon frère... Tu es en vie. »  Puis quelque chose d'autre vient se superposer à ça. Un homme qui lui ressemble et qui me regarde avec un sourire qui ne monte pas jusqu'à ses yeux. Il me donne une légère tape sur l'épaule. Oui. Lui m'appelait comme ça. Il a été le premier à m'appeler comme ça. Lev. C'était mon nom. Il me l'a dit. Je pouvais le croire lui, parce qu'il était mon frère.

« Lev... C'est mon nom... J'avais un frère... Andrei... Qui te ressemblait... Il me disait qu'on avait grandis ensemble à Moscou, et que pendant des années.... On a vécu ensemble, avant de s'engager quand la guerre a éclaté... »

Pourquoi je lui raconte ça ? Pourquoi je lui parle de ça ? Parce qu'il le faut. Seulement alors que je lui raconte ça... C'est son visage à lui que je vois, ce sont ses yeux que je croise, sa voix que j'entends. Non. Il ne devrait pas être là. Ce n'est pas ta place. Sors d'ici. Sors du peu de souvenir que j'ai. Laisse mon esprit en paix.

« Et... Et.. »

Et je ne sais pas. Je ne sais plus. Il y avait la guerre, puis la neige, de nouveau son regard.... Tout recommence. Ses yeux et son sourire me donnent l'impression d'être la personne la plus importante de cet univers. Puis je me revois entre ses bras. Mes doigts se referment sur ses plaques. Arrête. Ses lèvres viennent prendre les miennes. Je viens couvrir mon visage de ma seule main valide.

« Et... Et... »

Les mots restes coincés dans ma gorge. Je ne sais plus.

« Et... Et, je ne sais plus. Je ne sais plus ce qui est réel, ce qui fait parti de mes rêves et les mensonges que tu ne cesses de me répéter. Je ne sais plus. Je... Tu es tout le temps là maintenant, même dans mes rêves... J'ai l'impression de te voir, et je ne sais pas. Je ne sais pas si c'est réel ou non. Je ne sais même pas... Je... Je suis Lev... C'est ce que je suis. Je suis né à Moscou et j'y ai vécu jusqu'à ce que la guerre me sépare de mon frère... »

Seulement lui raconte la même chose. Lui m'assure qu'il est mon frère, qu'il s'est occupé de moi pendant des années. Andrei me disait ça aussi. Je lui parlais de mes rêves et il n'arrêtait pas de me dire « Tu te souviens juste de nous avant la guerre, avant tout ça mon frère. » Et étrangement... Ça ressemble à ce qu'il me raconte. Je fronce les sourcils et fixe un point au sol. Aurait-il réussit à m'imposer cette idée ? Ces souvenirs ? A force de me les répéter encore et encore ? Peut-être. Après chaque missions, les médecins disaient toujours à Pierce que mon esprit se faisait plus faible, qu'il se fatiguait... Que la stase me faisait perdre toute notion de temps et que les souvenirs s'estompaient de plus en plus rapidement. Pourtant les rêve eux.... Les rêves ne voulaient pas disparaître. Il ne le veulent pas. Même ici, toute les nuits, je le revois. Lui. Celui qui est derrière cette immense vitre. Seulement dans mes rêves il a l'air plus heureux. Il sourit, il rit, il m'enlace, il m'embrasse. Il ressemble à un gamin heureux et pas au pauvre chiot triste qui me fait face. Je me lève et pour la première fois, je m'approche doucement de lui.

« Explique-moi. Dis-moi comment tu peux être dans mes rêves et ici. Dis-moi comment tu peux ressembler à Andrei, être aussi mon frère mais ne pas être lui. Ce... Ce que tu racontes, je le vois dans mes rêves. En partie. Quand tu parles de Coney Island... Je me souviens de la grande roue. Et du réglisse. Mais je n'y suis jamais allé. Je ne sais même pas à quoi ça ressemble... Tout ce que je sais c'est qu'il y a la mer pas loin. Ce ne sont que des rêves. Mais c'est tout ce que j'ai. Et quand j'en parlais à Andrei... Il me disait que je ne faisais que me souvenir de notre passé. Mais tu n'es pas Andrei. Et tu sais aussi. Comment est-ce possible ? Vous ne pouvez pas tout les deux dire la vérité... »

Non ils ne peuvent pas, chuchote une voix au loin. Quelqu'un ment Lev. Et tu sais qui. L'un ne t'as pas tout dit et l'autre se refuse à dire certaines choses. Peut-être qu'ils mentent tout les deux, mais d'une façon différente. Andrei m'a abandonné dans ce caisson et m'a laissé aux mains d'Hydra. Et lui... Il ne m'a pas abattu. Mais il me retient prisonnier ici. Lequel dois-je croire ? Celui qui a toujours été là pour moi et qui m'abandonné ? Ou celui qui m'a capturé et qui tente... De me sauver ?

« Bucky... »

Son prénom traverse mes lèvres et un frisson parcourt mon échine. J'ai l'impression que ce n'est pas la première fois que je prononce son nom. Tout ça a un affreux goût de déjà-vu. Les syllabes devraient me sembler inconnue... Mais non.

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Mer 29 Juil - 20:18

Ain't no grave
Steve & Bucky
La dernière idée que j'aie. La seule dernière solution que j'ai trouvée alors que je suis dos au mur et que j'ai joué toutes mes cartes. Depuis des semaines, je viens, jour après jour, lui raconter la même histoire. Son histoire. Notre histoire. Je lui raconte tout. Des choses que je suis le seul à savoir, le seul à connaître sur cette planète, vu qu'on est tous les deux les seuls vestiges d'un monde qui n'existe plus. Et ça me fait peur de me dire que tous ceux qu'on a connus, même gosses, sont morts. Il y a que nous. Des vestiges. Des épaves. Des musées ambulants. Et le pire dans tout ça, c'est que je suis le seul à m'en souvenir. Lui, on dirait qu'il est... vide. Que tout ce qui s'est passé, tous ses souvenirs de nous deux, de toute sa vie d'avant ont été effacés. Pourtant je le sais. Je sais que c'est mon Steve. Putain, je suis le seul sur cette planète à pouvoir l'identifier de façon sûre et certaine. A part Peggy, mais la pauvre est une vieille dame maintenant, qui n'a plus toute sa tête. Comment est-ce qu'ils ont fait? Comment ils ont réussi à le garder en vie aussi longtemps? Comment ils ont réussi à tout lui effacer? A tout vider de sa mémoire, comme des mots qu'on passe au tip-ex?

Et en l'observant je me rends compte qu'ils ont pas seulement effacé Steve mais qu'ils... ont mis quelqu'un d'autre à sa place. C'est ça. Son regard, son accent... Ils n'auraient pas pu le laisser comme une coquille vide. Et on ne peut pas avoir de bon soldat lobotomisé. Non. Ils l'ont... reprogrammé. De fond en comble. Et ont créé ce russe. Alors il faut que j'en apprenne le maximum sur lui, pour espérer pouvoir faire quelque chose. Sauf que là où je suis surpris, c'est qu'après que ma voix fatiguée lui ai dit de me parler de lui il... il accepte. Sa voix rauque s'élève dans le silence, avec son accent russe épais et âpre. Sa voix est toujours la même, mais seul quelqu'un qui a l'habitude pourrait la reconnaître. Savoir que c'est Steve qui se cache derrière ce ton si froid. Lev. On l'a appeler Lev.

Toujours assis sur ma chaise, je me penche légèrement en avant quand ses paroles suivantes me frappent aussi fort qu'une gifle. Et je sens que je deviens de plus en plus pâle. Putain les salauds. Les putains de salauds intelligents. Ils savaient qu'il allait se souvenir de quelque chose. Ils savaient qu'ils pourraient pas tout effacer, tout oublier. Alors il lui ont inventé une vie qui était un calque de la nôtre. Lui et son frère. Ils vivaient tous les deux ensemble. Ils se sont engagés. C'est nous. Tout ça, c'est nous! A part qu'ils l'ont copié/collé dans cette foutue ex-URSS au lieu des Etats-Unis... C'est malin. Très malin. Il se posera moins de questions, et du coup maintenant, c'est moi, c'est mon histoire qui apparaît comme fausse parce qu'elle ressemble trop à la sienne. Mes poings se serrent, comme mes mâchoires.

Comment je vais pouvoir faire? Comment je vais arriver à lui dire que ma version est la bonne? Comment? Surtout que c'est impossible d'avoir quelqu'un d'autre qui pourrait corroborer les faits. Personne. Parce que personne n'était là. C'est ma parole, contre celle de tous les membres de Hydra qui s'en sont servi comme d'une marionnette depuis toutes ces années. Putain de bordel de merde. Mon souffle s'accélère et c'est là que je remarque qu'il... qu'il se lève. Et il est pas en colère non. Il marche calmement, posément, avant de venir se planter face à la vitre. Je me redresse aussi, et mon regard croise le sien alors que je pose ma main sur le verre. Cinq centimètres de verre blindé indestructible. C'est tout ce qui me sépare de lui, après soixante-quinze ans de silence et d'absence. Et j'ai l'impression que mon souffle se libère un peu quand ce sont des questions qui traversent ses lèvres. J'ai réussi.

J'ai réussi à le faire douter. J'ai réussi à faire en sorte que tout ce qu'il pensait être vrai, ne l'est pas tant que ça. Bordel, je pensais pas. Je pensais pas que j'y arriverais. Vraiment pas. Je sens qu'on me plante une dague dans le ventre quand il mentionne Coney Island, le dernier moment parfait entre lui et moi. Avant qu'il tombe malade. Avant que je doive partir. Coney Island... ma gorge se noue alors que je le regarde toujours dans les yeux. Peut-être... peut-être que je vais y arriver. Peut-être que je vais faire en sorte qu'il me croie... Coney Island. Coney Island! Merde oui!

Attends... Attends je...

Je sors mon revolver de ma poche et démonte rapidement la crosse pour en retirer la photo. Une des deux photos qu'on a prises ce jour-là. Et qui est restée avec moi toutes ces années. Je la pose contre la vitre, la maintenant en appuyant mon index et mon majeur sur le papier jauni.

Cette photo... cette photo on l'a prise ce jour-là. A Coney Island. Je t'y avais emmené pour ton anniversaire... C'était avant qu'on te transforme. C'était avant qu'on parte à la guerre. On est allés chez ce photographe... Tu as gardé une photo et moi l'autre. Quand je suis parti, j'ai mis la mienne dans la grosse de mon sniper, puis mon revolver, pour que tu me portes chance. Et ça a marché... Parce que j'ai survécu. Et que je suis encore là...

Le coeur battant, j'ouvre le tiroir qui permet de lui faire passer des choses, et y dépose la photo avant de le faire basculer pour qu'il puisse y avoir accès. Je le regarde faire, toujours debout face à la vitre.

Lev... Je t'en prie... Elle est vraie. Je te le garantis. Mais même si tu ne me crois pas... Je t'en prie... la déchire pas. Même si tu y crois pas, rends-là moi. C'est quasiment tout ce qui me reste de mon ami et... Et je ne voudrais pas la perdre...

Je le vois prendre la photo, la faire tourner entre ses doigts alors que je retiens mon souffle.

Emi Burton
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Sam 1 Aoû - 19:28
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Attends. Étrangement je prends cela comme si c'était un ordre, me redressant légèrement pour lui faire face, attendant effectivement ce qu'il conte me dire ou me montrer. Je me recule légèrement quand je le vois sortir son arme, ne me détendant que lorsque je vois qu'il sort une photo de la crosse de son flingue. Je fronce les sourcils en voyant le vieux cliché au papier jaunis qu'il presse à hauteur de mon regard. C'est étrange... Tellement étrange... Mes doigts viennent d'eux-même se poser sur la vitre, tentant de caresser le papier photo au travers de la vitre. Parce que je sais qu'à un moment, j'avais la même... Et qu'elle ne me quittait jamais. J'ai l'impression de revoir le jeune garçon qui la tenait contre son cœur le soir, qui par moment la regardait le matin et qui un jour à dû l'abandonner dans le tiroir de sa table de chevet. Je l'écoute, ne lâchant pas du regard cette fenêtre sur ce qu'il prétend être mon passé. J'ai vu ça. Dans mes rêves. Je me souviens des réglisses, de la grande roue, du ressac des vagues, du sel sur mes lèvres, et du sucre sur les siennes. Mais ça ne peut pas être réel. Si. J'en ai pourtant l'impression. Mon regard suit la photo alors qu'il la retire à ma vue, la glissant dans le tiroir coulissant. Du bout des doigts j'attrape le cliché, sentant quelque chose en moi remuer quand je sens la texture douce et usée du papier.

C'est à moi. C'est à nous. Pas à toi.

Quelque chose souffle ça en moi alors que je ne peux quitter du regard le frêle garçon aux cheveux clairs. C'est tout ce qu'il lui reste de son ami. Celui qui n'est pas moi. Pourtant je m'en souviens... Du moins j'ai l'impression de m'en souvenir, ou d'avoir vu ça quelque part. J'ai l'impression de les connaître tout les deux. Mon regard passe de l'un à l'autre. C'est à lui, pas à moi. C'est à eux.

Oui.

Je ferme les yeux une seconde et j'ai l'impression d'avoir un blanc. Mes yeux se rouvre et j'ai l'impression d'être... Moi. Parce que cette photo est à moi. On l'avait pris avec Buck pour mon anniversaire. « Il me faut une photo avec mon frère. » C'est ce qu'il voulait. Une photo pour immortaliser ce qui serait notre dernière journée heureuse tout les deux.... Avant qu'il ne s'engage à cause de moi... Avant que l'on ne soit séparés... La photo manque de glisser d'entre mes doigts alors qu'il reprend le dessus. Non. Pas maintenant. Laisse-moi, laisse-moi avec Buck...

Je fronce les sourcils revenant à moi. Qu'est-ce... Qu'est-ce qui s'est passé ? Le temps d'une seconde... Je n'étais pas là. Ça... Ça m'arrivait quand je sortais souvent de stase... Mais depuis qu'ils m'ont capturés... Ça n'arrivait plus. Je n'avais plus de moments d'absences ou de blancs... Mes souvenirs, mon esprit, j'étais plus stable... Et là... À cause de cette photo qui semble remuer quelque chose en moi. Je pince les lèvres, glissant avec la plus grande précaution la photo dans le tiroir pour lui la rendre.

« J'aimerais... J'aimerais la garder... »

Mais je ne peux pas. Parce que c'est la seule chose qui lui reste de son ami, de ce fameux Steve. Mon regard croise à nouveau le sien.

« Tu penses... Enfin... Tu aurais d'autre chose qui lui appartenait ? A Steve je veux dire. Tu me laisserais voir ses affaires ? »

Pourquoi ? Quel intérêt aurais-je à m'intéresser à la personne qu'il pense que je suis ? Peut-être parce que j'ai l'impression que si Buck a confiance en moi, et qu'il revient plus souvent, j'aurais peut-être une chance de comprendre ce que je fais réellement ici. Je le laisse récupérer la photo avant de lui tourner le dos, retournant m'assoir dans mon coin. Je ne comprends pas... J'ai l'impression que ses souvenirs sont les miens et pourtant quelque chose au fond de moi ne cesse de me répéter que tout ceci ne m'appartient pas. Que je ne devrais pas être là, que je ne devrais pas lui parler... Parce que je ne suis pas celui qu'il cherche. Je suis Lev et non Steve.

« Tu es toujours persuadé que je suis lui, n'est-ce pas ? Et si tu te trompais ? Et si je ne retrouvais jamais les souvenirs que tu tentes de me faire remémorer ? Que feras-tu ? Tu m'abandonneras ici ? Tu me laisseras moisir dans cette cellule ? »

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Lun 3 Aoû - 10:32

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Steve & Bucky
Mon coeur tambourine dans ma poitrine alors que je lui fais glisser la photo. J'ai peur. J'ai peur qu'il pique une colère. J'ai peur qu'il prenne cette photo, me sourie, et la déchire soigneusement. J'ai peur parce qu'il a entre les mains mon dernier souvenir de Steve. La seule chose qui nous rappelait notre vie, tous les deux. Notre histoire. Notre amour. Une photo pour quinze ans d'amitié. Et s'il m'ôte ça, j'aurais plus que mes souvenirs. Pourtant je veux le croire. Je veux croire que ça peut marcher. Que ça le touche. Ou qu'au moins il la déchirera pas. Je le vois à ses yeux, qui contemplent ce simple morceau de papier à travers la vitre, alors qu'on est debout, face à face, avant qu'il la prenne dans ses doigts.

Mon regard suit nerveusement chacun de ses mouvements et l'observe alors qu'il contemple le papier jauni. Quelque chose se passe. On dirait qu'il... reconnait quelque chose. Son regard change l'espace d'une seconde, comme s'il était brusquement submergé par un sentiment ou un souvenir. Est-ce que ça y est? Est-ce que j'ai réussi? Réussi à te faire revenir parmi nous? Revenir pour moi? Je t'en prie, dis-moi que j'ai réussi. Dis-moi que je t'ai retrouvé. Mon frère... mon amour... Dis-moi que tu es là, et on pourra tout recommencer. Tout. Là où on l'a laissé. On retournera à Brooklyn. Tu seras un artiste et moi... moi on s'en fout. Je trouverai bien. On aura un petit appartement, et on vivra notre petite vie. Surtout que maintenant, deux hommes qui s'aiment est accepté. Pas par tous, mais par la majorité. Et surtout, c'est légal. On pourrait se tenir la main dehors, s'embrasser au cinéma, ou au restaurant... et ça serait tellement bien. Mais avant, il faut que tu reviennes. Que tu sortes du brouillard dans lequel ils t'ont plongé. Pour moi. Pour nous.

Il relève les yeux vers moi, et me demande s'il pouvait la garder. J'hésite une seconde, avant de répondre d'une voix douce.

Je... je pourrais t'en faire une copie si tu veux. Comme ça je pourrais garder la photo et toi... tu en aurais une aussi. Est-ce que ça t'irait?

Il parle ensuite des affaires de Steve. De ce qui pourrait rester de lui. Je baisse les yeux une seconde pour réfléchir, avant de croiser à nouveau son regard.

Il y a... son bouclier, que j'utilise. Et je pense que je dois pouvoir retrouver ses plaques... dans son dossier.

Ses plaques... C'est vrai que je n'avais jamais pensé à aller les demander, et je me dis que ça aussi, j'aimerais l'avoir. Nos deux plaques, autour de mon cou. Je sursaute en entendant le bruit métallique du tiroir, et j'y plonge la main pour récupérer ma photo. En quelques secondes elle retrouve sa place, sur mon révolver, et quand je regarde à nouveau Steve, je vois qu'il s'est rassis dans sa cellule, et qu'il me tourne le dos. Sa voix s'élève, et ma gorge se serre.

Je n'en suis pas persuadé... Tu es Steve. Tu es mon meilleur ami. Pendant quinze ans, on s'est vus tous les jours. Et les deux ans avant notre départ à la guerre, on a vécu ensemble. Je te connais par coeur, comme tu sais tout de moi. Tu dois même me connaître mieux que moi je me connais...

J'étouffe un sourire triste, avant de reposer ma main sur la vitre froide.

Alors j'essaierai. J'essaierai tous les jours, jusqu'à mon dernier. Parce que même si je ne passe qu'un jour avec mon ancien Steve... je serais le mec le plus heureux de cette planète. J'abandonnerai pas. Jamais. On s'est jurés d'être toujours là l'un pour l'autre et je tiendrai ma promesse. Quoi qu'il arrive...


Emi Burton
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Ven 7 Aoû - 12:52
Ain't no grave
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Il insiste. Il ne cesse de me dire que je suis Steve, que je suis, ou du moins que j'étais le garçon sur la photo, le gringalet aux cheveux clairs qui aimait le réglisse. Il pense que je suis son frère. Il le pense vraiment, pire il y croit. Et tout ce que je peux dire n'y change rien. A ses yeux je reste son Steve. Son frère qu'il a vu grandir et qu'il a perdu. Il donnerait tout pour n'avoir qu'un jour avec lui mais tout ce qu'il a pour l'instant... C'est moi. Parce qu'ils se sont jurés d'être là l'un pour l'autre.

« Jusqu'à la fin... »

Je murmure cela doucement. J'ai l'impression que ce n'est pas la première fois que je prononce ses mots et encore moins que je ne les entends. Tout ça sonne comme une vieille rengaine, un vieux refrain qui a le son de sa voix. Jusqu'à la fin, mon frère. Je m'installe sur ce qui me sert de couchette, croise les jambes et ferme les yeux. Et peu importe ce qu'il peut dire, je reste silencieux, parce que je ne l'écoute pas. J'attends. J'attends que les rêves reviennent. Mon souffle se fait plus lent et j'appuie doucement ma tête contre le mur derrière moi, écoutant ses pas disparaître au loin. Et une fois seul, je rouvre doucement les yeux, fixant vide face à moi. Il est le seul à passer. Le seul à s'inquiéter de ce que je suis, de ce que je peux penser... Il est le seul à m'observer comme si j'étais plus qu'une machine à tuer, mais comme si j'étais effectivement son frère. Je ferme les yeux à nouveau, écoutant les gardes faire leurs rondes. Ils devraient être plus attentifs. Ils tournent toujours aux mêmes heures. Une fois le matin, une fois au moment du repas et une dernière fois avant la nuit. Si ils me donnaient la moindre ouverture, je serais capable de m'y engouffrer. Je serais capable de m'évader... Mais pour aller où ? Pour faire quoi ?

Rien.

Le lendemain, comme promis il m'amène une copie de la photo, qu'il me glisse par le tiroir. Mes doigts se referment sur le papier photo nettement plus neuf et étrangement un sourire m'échappe. Parce que... C'est ma photo désormais. C'est à moi. Et je me rends alors compte que d'aussi loin que je puisse me souvenir... C'est la première chose qui m'appartient vraiment, c'est ma première possession. C'est ma photo. Ce jour-là, je sais que je l'écoute à peine. Il me parle mais je ne réponds pas. Tout ce que je vois c'est la photo entre mes doigts, c'est le sourire de ce qu'il prétend être nous. Peut-être qu'il me demande comment je me sens, peut-être qu'il me parle de ses fameuses plaques... Mais je n'écoute rien. Tout ce qui compte c'est ce foutu bout de papier entre mes doigts. Et le soir, une fois qu'il m'a laissé, je pose la photo contre le mur sur ma couchette et je m'assois par terre, contemplant encore et toujours ce simple cliché. L'odeur de la mer me revient, le goût du réglisse me reste sur la bouche... Des flashs s'immiscent dans mon esprit. Ça ne devrait pas être tant... Et pourtant... Tout me laisse confus. Je suis Lev. Non ? Alors pourquoi douter ? Pourquoi me dire que j'aurais pu être ce garçon au sourire si innocent ? Il ne me ressemble pas. Je ne lui ressemble pas. Je ne ressemble en rien à Steve.

Quelques jours plus tard, il finit par revenir avec une plaque qu'il me fait glisser via le tiroir. Celle qu'il y avait dans le dossier de Steve. Un simple morceau de métal sur lequel je peux y lire son numéro de matricule et son prénom. Steven Rogers. Mes doigts effleurent les inscriptions. Ce sont ses plaques. Celles qu'il a dû porter quand ils combattaient ensembles. Une fois de plus la journée passe et je ne l'écoute pas. Le bout de métal est tellement plus important que ce qu'il peut me dire. Cette nuit-là, je la passe allongé dans sur ma couchette, la plaque dans une main et la photo posé sur mon cœur et mes lèvres ne cessent d'articuler silencieusement les mêmes mots, en boucle et en boucle.

Qui suis-je ?

Bien rapidement mes journées ne résument plus qu'à rester assis par terre, face à ses deux reliques, mes deux seuls possessions. Buck passe. Il tente de me parler. Mais je ne dis rien. Je ne me retourne même plus. Je veux juste comprendre. C'est à moi sans l'être. J'ai l'impression que je peux y toucher, mais que ce n'est pas bien. Pourtant il me les a donnés, c'est à moi. Rien qu'à moi. Alors pourquoi ai-je l'impression que ça m'est interdit ? Ce sont mes affaires. Celles de Steve.

Mais aujourd'hui, c'est différent. Plus de pas se font entendre dans le couloir. Je me retourne quelque peu et fronce les sourcils quand mon regard se pose sur deux gardes supplémentaires et Buck, qui m'attend avec son bouclier. Je me relève et croise son regard, m'approchant de la vitre.

« Que se passe-t-il ? Serait-ce le jour de mon exécution ? »

Il fallait s'y attendre. Tout prisonnier finit par être relâché, d'une façon ou d'une autre. Je penche la tête sur le côté, de plus en plus perplexe. Non. Il veut juste me rejoindre pour me laisser toucher le bouclier de Steve, les gardes sont selon-lui, là simplement au cas où. Mon regard se porte sur eux. Je vois. Au cas où je tenterais de m'enfuir. Je hoche simplement la tête avant de reculer levant ma main que je pose sur ma nuque, alors que les deux gardes me tiennent en joue et que la porte de ma cellule s'ouvre. Je recule en voyant Buck entrer avec le bouclier.

« C'est la première fois que tu me rejoins ici... Je n'aime pas ça. Ce n'est pas ce que tu fais d'habitude... »

Mon ton n'est pas apeuré ou quoi, juste méfiant. Même si ce n'est que pour me montrer le bouclier, il reste loin d'habitude, il se contente de me parler au travers de la vitre.

« Pourquoi tu fais ça ? Pour me prouver que je reste ton Steve, quoi qu'il arrive ? »

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Mar 11 Aoû - 16:54

Ain't no grave
Steve & Bucky
Ca me broie le coeur de le voir comme ça, froid et insensible, à à peine quelques centimètres de moi. A savoir que sous cette couche de glace il y a mon Steve. Mon amour, mon frère. La personne qui compte le plus pour moi. La personne que j'ai miraculeusement retrouvée et qui finalement s'avère être... différente. Lui sans être lui. Pourtant le voir comme ça, je me demande si un jour il va revenir. Si un jour je retrouverait son sourire et son regard sur ce visage grave. Si j'entendrai à nouveau son rire sortir de sa bouche. Sa voix, et pas celle froide et rauque de cet étranger qui a pris sa place je sais pas comment.

A partir du moment où je lui glisse la photo, pendant une seconde, une brève seconde, j'ai l'impression de retrouver son regard, l'étincelle qui s'y trouvait d'habitude. Mais c'était une fausse impression, et malgré le coup de poing dans le ventre quand il dit mécaniquement notre vieille devise, je sais que c'est plus par réflexe que par conviction. Ce n'est pas Steve, pas encore. Il n'est pas revenu. Pas pour l'instant. Et ensuite il se plonge dans la contemplation de ce bout de papier. Avant qu'il me le rende gentiment, et que je disparaisse.

Le lendemain, je lui passe la copie, et il la garde dans ses mains comme quelque chose de précieux, et j'ai beau parler, il réagit pas. Comme si plus rien était important à part cette photo. Au bout de dix minutes sans avoir de réponse, je m'en vais, en gambergeant. Ca a l'air d'être un bon signe, dans un sens. S'il en avait rien eu à faire, ou si ça voulait vraiment rien dire pour lui, il me l'aurait pas demandée...Je retente l'expérience quelques jours plus tard en lui ramenant une des plaques de Steve. Ca m'a fait bizarre de les avoir sur moi, avec son nom, alors que pendant tous ces longs mois j'avais juste essayé de faire mon deuil, tourner la page, et pourtant, pourtant j'avais autour de mon cou mes plaques, estampillées "Steve Rogers, Captain America" qui à chaque fois retournaient la couteau dans la plaie. Je les ai séparées, et quand j'arrive face à sa cellule je glisse la chaine qui glisse dans le tiroir avec un léger bruit de frottement, avant de pousser le tiroir de son côté.

Voilà une de ses plaques. Je t'ai donné une chaîne si... si tu veux l'accrocher quelque part et... je garderai l'autre.

Il la prend, l'examine et retourne s'asseoir, silencieux, perdu dans la contemplation de cette plaque qu'il fait tourner et retourner entre ses doigts. Et comme l'autre fois, quand je vois que ce que je dis glisse sur lui, qu'il ne semble même pas m'entendre. Pourtant, il semble prêter une grande attention aux objets. A ces choses appartenant à ce Steve qu'il dit ne pas connaître... Pourquoi? Pourquoi si c'est pas le cas? J'en sais rien et à ça me travaille tellement...

Et ma dernière carte je la joue quand je rentre dans sa cellule avec le bouclier. J'avoue que j'appréhende, et j'y vais pas les mains dans les poches, bien au contraire. J'en ai pas parlé à Fury, mais j'ai juste exposé mon plans à trois membres de la sécurité, et ils ont accepté. Eux aussi ont entendu parler de Captain America, eux aussi savent la supercherie, qui n'est plus un secret pour personne au sein du SHIELD, et m'accompagnent. Un reste dehors, pour nous enfermer, pendant que les deux autres me suivent, armes au poing. Et celui dehors à pour consigne de ne pas ouvrir, quoi qu'il arrive, et quoi qu'il fasse. Je lui tends le bouclier, et réponds à ses réflexions.

Si tu veux que je parte, dis-le moi. Et si je fais ça, c'est aussi pour te montrer qui Steve était. Pas juste Captain America mais Steve Rogers. Mon meilleur ami d'enfance. Mon... on était... amoureux. Peut-être que les choses changeront si tu apprends qui il était. Si tu arrives à le connaître. Hésite-pas à le toucher si tu veux. Je te l'ai ramené pour ça. Après ta disparition, c'est moi qui m'en suis servi pour combattre les nazis. Et maintenant pour accomplir les missions que le SHIELD me demande de faire...



Emi Burton
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Jeu 13 Aoû - 17:08
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Steve Rogers & James Barnes

J'observe les deux gardes, armés, qui se tiennent face à moi, prêt à me tirer dessus au moindre mouvement qui ne leur plaira pas. Je plisse le nez, aux mots de Buck, affichant une mine presque dégoûté. Quoi qu'il arrive je reste un prisonnier, rien de plus. Un assassin que l'on garde enfermé. Malgré ses mots, ses sourires, ses attentions, il ne m'a jamais vu autrement que comme un assassin. Est-ce que ça m'étonne ? Non, pas plus que ça à vrai dire. Ça me confirme qu'il est simplement comme tout les autres, il tente simplement de m'arracher ce qu'il veut de ma personne. Je ferme les yeux et pousse un soupir. C'est ça. Il ne servait que d'espion. Il était juste là pour gagner ma confiance et ensuite m'arracher ce qu'il veut. Lui aussi a voulu se jouer de moi. Comme Andrei. Comme l'américain. Il est comme eux. À la seule différence que lui tente de se faire passer pour mon ami, pour celui qui me comprend et qui prétend être capable de m'aider avec mes rêves. Je serre la mâchoire alors qu'un étrange goût me reste sur la langue. Un goût qui ressemble à un sale mélange entre de la déception et de la trahison. Et le pire dans tout ça ? Je crois que je lui en veux. Je prends une grande inspiration, gardant toujours ma main posé sur ma nuque, avant de poser mon regard sur ce traître de Buck. Je hausse un sourcil. Amoureux. Lui et moi ? Lui et Steve ? Impossible, et pourtant, ça expliquerait mes rêves... Mon regard se pose sur le bouclier, qu'il me propose de toucher. C'est un piège. Si j'y touche... Les autres vont ouvrir le feu et à cette distance... Je pense que je ne m'en sortirais pas. D'un autre côté... J'hésite. Lentement ma main quitte ma nuque et du bout des doigts je viens caresser la surface du bouclier. C'est étrange. Familièrement étrange.

« Старый брат »
Spoiler:
 

Je murmure doucement avant de lever les yeux vers Buck. Si c'est toi qui me donne l'occasion, ce serait idiot de ma part de ne pas essayer. Un frisson d'excitation dévale mon échine. Du calme. Il ne faut pas qu'ils se doutent de quoi que ce soit. Endors la cible pour mieux la tromper. Je continue d'effleurer le métal froid, reprenant d'une voix calme.

« Je le connais. J'ai déjà l'impression de l'avoir porté... J'ai presque l'impression de pouvoir dire comment le lancer, comment le porter... Tout me semble familier. »

Je le tiens. Je sais que je le tiens. Rien qu'au regard qu'il me jette. Il veut y croire. Il veut croire que je commence à me souvenir et que dans moins de cinq minutes, je vais tomber dans ses bras, lui dire que je l'aime et que je suis son Steve. Il aimerait tellement que cela arrive. Il aimerait tellement retrouver cette personne. Je le vois dans ses yeux. Je ne vois que ça. L'espoir de revoir celui qu'il aime revenir. Espoir que je vais briser.

« Tu dis faire cela pour m'aider à comprendre qui il était, ce Steve dont tu étais amoureux... La seule chose que tu n'as pas l'air de vouloir comprendre... C'est que je n'en ai rien à faire de ce qu'il a pu être. Tout ce qui compte... C'est que je finisse par sortir d'ici. »

Mes doigts s’agrippent aux rebords du bouclier et d'un geste ample, je le lui arrache des mains, venant le frapper par la suite en pleine mâchoire. Et sans attendre je le lance sur les deux gardes, d'un geste bien trop instinctif, sans y penser je sais exactement comment le lancer pour toucher mes deux cibles. J'ignore la vive douleur qui me saisit au flanc et me jette sur eux. J'en désarme un pendant que l'autre tente de se remettre du choc. Une fois l'arme en main je me contente de l'abattre avant de me retourner vers son collègue que je tue tout aussi froidement. Les deux hommes tombent à mes pieds et j'observe celui qui se trouve derrière la porte, sentant le sang poisseux et encore chaud s'amasser à mes pieds.

« Ouvre. »

Je crache cela entre mes dents alors que je garde le bouclier près de moi. Ce dernier me jette un regard horrifié alors que la porte reste désespérément fermé. Ouvre bordel. Laisse-moi sortir.

« Il n'en fera rien. Pas la peine d'essayer. »

Je me fige, surpris de constater que cette voix n'appartient pas à Buck mais à un homme imposant, qui s'approche. Les muscles de mes épaules se contractent alors que je croise l'unique œil de celui qui vu son escorte, doit être le patron de Buck. Il regarde l'intérieur de la cellule, soupir et se décide à reprendre.

« Barnes... Je pense que de toutes les idées que vous avez pu avoir... Celle-ci est bien la pire. Vous m'expliquez à quel moment vous avez cru que c'était une bonne idée d'entrer dans la cellule d'un prisonnier et de lui donner à une arme ? »

Je contiens un sourire. On dirait que quelqu'un se fait taper sur le bout des doigts. C'est ça de se laisser gagner par ses sentiments. Son unique œil dérive ensuite sur moi. Je soutien son regard, ne reculant pas malgré le sang qui macule mes pieds.

« Lev, Lev... Honnêtement, quand on vous a ramené, je pensais sincèrement que le mieux qu'on puisse faire, c'est rendre un service à l'humanité et vous coller une balle dans la nuque. »

Je lève le menton et le toise avec tout le mépris possible.

« Pourquoi ne pas l'avoir fait alors ?
- Parce que je suis un peu moins con que j'en ai l'air. Je sais que vous devez avoir bien des informations qui peuvent nous être utile... Votre seul soucis ? Vous êtes aussi bavard qu'une porte de prison. C'est pour ça que j'ai laissé Barnes vous rendre visite sans rien dire. Je me disais qu'il n'y aurait peut-être que lui qui serait capable de vous arracher quelque chose. Seulement j'ai eu tort de lui faire confiance sur ce coup-là. »

Un ange passe avant qu'il ne reprenne.

« Je vous conseille grandement de poser ce bouclier. Vous êtes ridicule. Vous êtes coincé ici et pour être franc je commence à perdre patience. Vous me coûtez des hommes, du temps et foutrement trop d'énergie. Je ne disais rien tant que vous restiez calme. Mais là... Je commence à me demander si vous ne me seriez pas plus utile mort.
- Иди на хуй. 
Spoiler:
 
- Ce seront tes derniers mots ? »

Je serre les dents, voyant que tout le monde se met en joue à nouveau. Un grondement m'échappe alors que je lâche le bouclier, qui retombe dans la marre de sang avec un bruit désagréable au possible. Un sourire lui échappe.

« Tu vois quand tu veux. Maintenant tu recules, tu te mets à genoux et tu poses ta main dans ta nuque. T'as deux minutes. Pas plus. »

Je m'exécute sans un mot, retournant non loin de ma couchette. Je hais cette situation. Je hais ça. Tout va recommencer. L'emprisonnement, mon aliénation, à nouveau je vais redevenir quelque chose qu'on laisse pourrir dans un coin. Un soupir m'échappe.

« Je préférais mourir plutôt que de n'être qu'un simple prisonnier que vous laissez pourrir dans un coin.
- Ah maintenant tu veux négocier ?
- Peut-être.
- Trop tard, mon grand. En plus, j'ai dans l'idée que Barnes ne voudra plus vraiment passer te voir, je pense que ton comportement d'aujourd'hui lui a servit de leçon. Je me trompe Barnes ? »

Je lève les yeux vers lui, les lèvres pincées. Il ne reviendra pas. Plus jamais. J'ai perdu la seule personne qui acceptait encore de venir me voir. Peut-être que j'ai fais une erreur. Quelque chose en moi semble me dire que oui.

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Mar 18 Aoû - 16:22

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Steve & Bucky
Je le scrute. Je tente de lire la moindre chose sur son visage alors que la porte se referme sur nous, et que je m'avance vers lui. J'ai vu que la photo et les plaques, même si elles n'ont pas réveillé sa mémoire, ont quand même eu le don de l'intéresser. D'éveiller quelque chose en lui. J'ai vu sur les écrans de surveillance il avait passé des heures à les regarder, à les faire tourner dans sa main. Il reste que le bouclier. La dernière chose qui reste de Steve. Après ça, je n'aurais plus rien. Plus rien à lui donner. Plus d'indice, plus de lien avec son passé. Notre passé. Alors j'espère, suspendu à ses gestes. Les deux gardes se tiennent derrière nous alors que je lui tends le disque de métal qu'on a été les seuls à porter. Il est toujours impeccable malgré toutes ces années, malgré la glace et les combats. Seule la peinture a quelques petits éclats, c'est tout.

Les gardes attendent, immobiles, les armes en main sans pour autant tenir Steve en joue, et je retiens mon souffle quand j'approche le bouclier de sa main. Ses doigts s'y posent, commencent à glisser sur la surface lisse, et mon coeur s'arrête quand il me dit que ça lui rappelle quelque chose. Du calme Buck. Du calme. C'est peut-être rien. Trois fois rien... et si c'était tout, au contraire? Et si c'était le début de sa guérison? Le début de nos retrouvailles? J'ai l'impression que mon coeur va exploser dans ma poitrine et pourtant je me contente de le regarder, de l'écouter, et rien de plus.

Oui tu sais... parce que tu l'as utilisé et porté des centaines et des centaines de fois pendant la guerre... C'était ton arme favorite, et... ton symbole aussi.

Il continue à examiner le bouclier, avant que son discours ne change du tout au tout. Je relève les yeux vers lui, fronçant un sourcil, et je m'apprête à ouvrir la bouche quand je comprends trop tard ce qu'il compte faire. Beaucoup trop tard. Il m'arrache le métal des mains et le choc est d'une violence rare, me faisant basculer en arrière et retomber sur le dos, dans sa cellule. Il ne me faut qu'une seconde, et pourtant c'est la seconde qui lui permet de s'attaquer aux gardes.

Non. NON! LEV NON!

Trop tard. Deux détonations et les corps tombent lourdement sur le béton nu alors que je me redresse lentement. Non. Non c'est pas possible. C'est pas possible. Il a dit... il a dit qu'il le reconnaissait, il a dit que ça lui rappelait des choses! Sauf que la chose apparaît avec la violence d'une gifle en plein visage : il n'a rien vu du tout et tout ça, tout ça c'était juste pour me faire marcher. Pour me mener en bateau, totalement. M'amener à baisser ma garde et tenter quelque chose de stupide qui a coûté la vie à deux gardes. Deux gardes qui avaient confiance en moi. J'entends alors la voix de Fury qui répond à l'ordre de Lev d'ouvrir la cellule. Au moins le garde a fait ce que je lui ai dit, et le reste de l'équipe n'aura pas à pâtir de mon idée totalement stupide. Et désespérée. Je me relève, m'agrippant au mur. Sa poigne était phénoménale et il est arrivé à m'étourdir quelques minutes. Malheureusement. Je titube jusqu'à la porte pendant que Fury prend le relai.

J'ai cru que toucher le bouclier de Steve pourrait lui rappeler des choses. Je me suis planté. Il a réussi à me tromper, mais ça n'arrivera plus.

Et oui. Ca, ce qui s'est passé c'est juste... juste la preuve que je dois arrêter d'espérer. Arrêter de penser que Steve, mon Steve peut encore être quelque part ici, dans ce corps mutilé. Qu'ils ne sont pas arrivés à l'effacer totalement mais qu'une partie de lui a pu rester. Je me suis trompé. Ils ont réussi à garder le corps de Steve, mais l'homme que j'aime est loin. Et la réalité me frappe vite et fort. Perdu dans mes réflexions, je n'écoute plus ce que dit Fury, ni cet imposteur. Je sursaute simplement en entendant le bruit métallique du bouclier qu'il a laissé retomber sur le sol et je le penche pour le saisir, sans le quitter des yeux, avant de me redresser à nouveau. Il obéit enfin aux ordres du borgne, se met à genoux pendant que la porte s'ouvre et que je me glisse à l'extérieur, le coeur en miettes.

Je n'ose même plus le regarder, concentrant mon attention sur le mur, tournant le dos à la vitre alors que j'entends toujours l'échange entre Fury et Lev. Et quand il en vient à moi, je lance simplement d'une voix atone.

Non, je ne reviendrai plus. Steve est mort et je n'ai plus aucune raison de descendre. Je demande la permission de me retirer monsieur. Et toutes mes excuses pour cette initiative.
Permission accordée. Rompez.


Bouclier au bout de mon bras, je salue Fury d'un signe de tête avant de monter les escaliers d'un pas lourd. Je l'ai perdu. Je l'ai définitivement perdu. J'aurais encore préféré qu'il reste mort aux yeux du monde, à mes yeux à moi, plutôt que d'avoir mal à en crever de l'avoir retrouver, et de finalement constater que c'est pas lui. C'est trop, beaucoup trop. Comme un automate je file jusqu'au parking et je monte sur ma vieille moto, glissant mon bouclier sur le guidon, dans les crochets prévus pour. Je mets les gaz et je roule. Pendant des kilomètres je roule droit devant moi, avant de m'arrêter dans un coin désert en pleine forêt, près d'une falaise. Et là, seulement là, debout face au vide, je hurle. Je hurle ma rage, ma connerie et mon impuissance, je hurle ma peine, je hurle comme un chien parce que je souffre comme un chien. Parce qu'aujourd'hui je l'ai perdu pour la deuxième fois, et là, je sais qu'il y aura pas de nouvelle chance. C'est trop tard, tout est fini. Steve est mort. Et une partie de moi avec lui.

Et c'est seulement à la nuit tombée que je rentre, épuisé, mais je ne veux pas dormir. Alors je gare ma moto, nettoie soigneusement mon bouclier, que je range, avant de descendre au gymnase pour frapper des sacs. C'est un peu plus tard que j'entends des pas derrière moi, que je reconnais sans même avoir à tourner la tête ou à m'arrêter.

Alors, toi aussi tu viens me dire que j'ai fait une connerie? Parce que si c'est le cas, t'en fais pas, je m'en veux bien assez pour pas avoir besoin de l'entendre...


Emi Burton
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Ven 21 Aoû - 16:15
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Steve Rogers & James Barnes

La porte s'ouvre et je regarde, comme impuissant, Buck quitter ma cellule dans laquelle gît encore les deux cadavres des gardes dont le sang se répand lentement au sol. Je le fixe et une étrange sensation me saisit. Comme si je regrettais d'avoir fait ça. Quelque chose en moi me susurre qu'il est temps que je m'excuse que je lui dise que je m'en veux de l'avoir frappé et d'avoir tué ses gardes. Mais ce serait mentir… Voir ses deux hommes morts ne m'affecte en rien, ils sont morts parce qu'ils étaient entre moi et ma seule chance de m'en sortir. Et je l'ai promis à Steve. Je lui ai dit qu'on finirait par s'enfuir. Les mots de Buck sonnent à mon oreille et je comprends qu'il ne reviendra vraiment pas, que c'est terminé, que je ne suis désormais plus rien aux yeux de la seule personne qui me voyait autrement que comme un prisonnier. Je le regarde partir et pousse un soupir. J'ai eu tort… J'aurais dû gagner un peu plus sa confiance et là j'aurais pu fuir. Je pince les lèvres et ne lève pas les yeux lorsque Fury reprend la parole.

"J'espère sincèrement que t'apprécies cette cellule Lev… Parce que j'ai bien peur que tu vas y passer encore un petit moment…"

Je reste silencieux alors qu'il ordonne aux gardes de retirer les deux corps. Je ferme les yeux et me concentre sur le bruit mouillé et immonde de la chair sur le béton, qui laisse de grandes traînées vermeilles. Fury me glisse un dernier mot avant de disparaitre, me laissant seul dans ma cellule. Je regarde l'immense tache de sang par terre. Maintenant c'est trop tard. Je ne peux plus demander à Steve de revenir… Il ne supporterait pas de voir que nous sommes encore enfermés et que… J'ai tué. Je lui ai toujours promis de lui cacher tout ce que j'avais pu faire. En revenant de missions, je prenais le temps de me débarrasser de la moindre trace de sang et de prendre une douche quand c'était possible… Ainsi il n'avait pas à attester de ce que j'avais pu faire… Il pouvait continuer de prétendre que je n'avais tué personne… Il a toujours été faible de ce côté là. C'est peut-être pour ça que depuis des années, c'est moi qui suis conscient… Parce que Steve a décidé un jour il ne voulait plus être là, que c'était trop pour lui… Alors je lui ai promis que j'allais m'occuper de nous sortir de là… Qu'il n'avait qu'à se reposer pendant que je m'occupais de tout. Seulement, je commence moi-même à fatiguer, je commence à me dire que notre existence ne se résumera qu'à ça : une cellule et une autre organisation qui nous maintient prisonnier. Je tire la plaque qui est autour de mon cou et effleure doucement les inscriptions qui y sont marqués. J'aurais pu dire à Buck que oui, je connaissais Steve, mais… Il aurait voulu le réveiller. Et je ne peux pas craindre qu'eux recommencent à vouloir faire sortir Steve. Parce que c'est mon rôle de subir les séances d'interrogatoires ou la torture, c'est à moi d'encaisser et pas à lui. Je dois subir pour lui. C'est comme ça. Pendant de longues minutes je fixe la plaque avant de soupirer. A une époque, je me serais servis de la plaque pour entailler ma peau, puis j'aurais laissé des mots sur les murs, je lui aurais donné les horaires de rotation des gardes, je lui aurais dis de faire attention à la nourriture qui est drogué… Puis je lui aurais laissé un mot à propos de Buck. Mais à quoi bon ? Steve ne reviendra pas. Je le sens endormis, comme depuis des années. Je lâche la plaque et m'installe sur ma couchette, fixant simplement la tache rouge au sol.

*

On l'avait rapidement mise au courant à propos de "l'incident" d'aujourd'hui. Deux gardes morts et un Bucky qui disparait pour la journée. Il aurait été étonnant que ça passe inaperçu, surtout avec un Fury qui lui ordonne de s'occuper des états d'âmes de Captain. "Il a le coeur brisé ? Pauvre garçon, dîtes lui que ça arrive et remettez-lui les idées en place, on ne peut pas se permettre qu'il reste dans cet état tout ça pour un prisonnier qu'il pense être l'amour de sa vie." Natasha n'avait rien dit sur le moment et c'était contenté d'un simple sourire. Les examens avaient révélés que leur unique prisonnier était bien Steve Rogers, le vrai Captain America, mais les enregistrements de leurs conversation disaient bien autre chose. L'homme disait être Lev, un assassin russe entraîné par les russes et ensuite cédé à Hydra. Natasha ne voulait pas y croire. Elle avait connu dans sa jeunesse un Lev, mais elle ne voulait pas admettre, ni même penser que cela pouvait être le même homme. Lev n'aurait jamais perdu contre elle dans cette ruelle. Elle avait vu de quoi il était capable, et à l'époque, elle s'était promis de faire en sorte de ne jamais croiser sa route hors de leur chambre. Elle repousse ses souvenirs d'un soupir. Ce ne sont que des restes d'un passé qu'elle se force à oublier, pourquoi ressasser cela ce soir ? Parce qu'elle est en mission pour tenter de s'occuper d'un homme qu'elle considère comme son meilleur ami ? Peut-être bien… Ou est-ce parce qu'elle a peur de voir celui qui se trouve dans cette cellule ? Aussi. Un autre soupir traverse ses lèvres alors qu'elle descend jusqu'au gymnase. Le bruit de sac que l'on frappe lui parvient et bien rapidement elle observe Buck, de dos, qui tente de passer sa rage et sa peine dans un entraînement aussi vain que fatiguant. Natasha s'immobilise sur le pas de la porte et sourit quand elle entend sa voix lui parvenir. Elle s'approche lentement, presque sur la pointe des pieds.

"Quoi ? Tu oses penser ça de moi ? Je suis presque blessée… "

Elle fait le tour et vient se planter à ses côtés, l'observant frapper dans le sac. Elle croise ses bras sur sa poitrine et reprends d'une voix douce.

"Oui c'était stupide, mais pour lui tu ferais n'importe quoi… Même quelque chose de profondément stupide. Et je comprends que tu t'en veuilles Buck… Mais est-ce que te fracasser les phalanges sur un sac de sable est réellement la meilleure chose à faire ?"

Elle lève les yeux vers lui, et fronce les sourcils quand elle comprend qu'il ne l'écoute qu'à moitié. Elle laisse donner encore quelques coups avant d'attraper son poignet au vol, qu'elle serre quelque peu entre ses doigts.

"Tu ne m'écoutes pas… Buck… Je ne suis pas là pour te faire le moindre reproche ou pour te faire culpabiliser un peu plus… Je suis là pour t'aider, et je n'ai pas envie de te voir te torturer pour lui. Buck. On peut en parler."

Elle croise son regard et relâche doucement son poignet. Elle déteste le voir ainsi, à se sentir si misérable, si malheureux, à tel point qu'elle se dit qu'elle finira par rendre une petite visite à ce fameux Lev, ne serait-ce que pour vérifier si il est l'homme dont elle se souvient.

"Raconte-moi tout…"

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Mer 26 Aoû - 13:10

Ain't no grave
Steve & Bucky
Les coups sourds portés sur le sac résonnent dans le gymnase vide. Encore. Et encore. J'essaie de ne plus penser à rien, à rien d'autre à part mes poings qui frappent le cuir, et la douleur sur mes phalanges. Le prix que je paie pour avoir été con. Stupide. Irréfléchi. Irresponsable. Amoureux. Amoureux comme un con d'une coquille vide, ou pas vraiment vide, du corps de Steve occupé par un parasite. Un parasite froid et borné, créé par HYDRA. Lev. Lev que je déteste parce qu'il a remplacé mon Steve. Parce que j'ai l'impression de l'avoir perdu une deuxième fois. Parce que pendant quelques semaines, j'y ai cru. J'ai cru qu'il était toujours là, j'ai cru qu'il reviendrait. Que je pourrais le retrouver. Et qu'on pourrait être heureux, enfin. On claquerait la porte du SHIELD, emmerdant Fury au passage, et on tenterait tant bien que mal de reprendre nos vies.

Gauche. Droite. Gauche et droite. Pourquoi? Pourquoi j'ai pu croire que ça allait marcher? En quoi est-ce que c'était une bonne idée? Hein? Maintenant, à cause de moi, deux types sont morts. Morts! Ils m'ont suivi dans ma croisade pathétique et maintenant leurs corps attendent à la morgue qu'on les enterre avec les honneurs. Morts en mission. C'est ce qu'on dira à leur famille. A cause de moi. Quitte à choisir, j'aurais dû mourir. C'est moi qu'il aurait dû tuer. Après tout, j'étais celui qu'il avait désigné comme son ennemi, et au moins moi, je n'avais rien à perdre. Moi Bucky, je n'aurais manqué à personne. Je ne laisse derrière moi ni famille, ni amis, vu qu'ils sont tous morts depuis des années. Il aurait dû me tuer, et comme ça la boucle aurait été bouclée. Je suis pas arrivé à le sauver. Il me tue. Voilà. C'est réglé, c'est propre et sans bavure. Et les deux gardes auraient pu continuer à vivre leur vie, sans moi. On m'aurait enterré là où était ma place, prévue depuis 75 ans, avec une petite cérémonie, et quelqu'un d'autre aurait repris le masque, et le bouclier. Si seulement... si seulement...

Je sens quelqu'un s'approcher dans mon dos, et je continue pourtant à tabasser ce sac comme si ma vie en dépendait. Je me contente juste de parler entre deux coups de poing alors que je l'ai reconnue. Natasha. La veuve noire. Elle a toujours été gentille et accueillante, et c'est d'elle dont je me sens le plus proche parmi tous les Avengers. Elle a l'air de comprendre un peu mieux que les autres ce que j'ai vécu, ce que j'ai traversé. Même si j'ai toujours l'impression qu'elle... qu'elle est comme un lac dont on ne verrait pas le fond. Il y a des mystères et des secrets en elle. Elle se plante près de moi et j'entends enfin sa voix s'élever dans le gymnase désert. Je soupire avant de me reculer, essuyant la sueur de mon front du revers de ma main bandée.

Honnêtement? Là j'arrive à peine à penser. Alors avoir une pensée cohérente, ou décider qu'une chose est la meilleure à faire... j'ai prouvé que c'était pas la journée...

Je me remets à frapper ce foutu sac, et je la sens se tendre à côté de moi. Et d'un coup sa main arrête mon poing. Elle me fait me tourner vers elle, et je plonge mon regard dans ses yeux verts. Avant de baisser les yeux, en haussant les épaules.

Y'a rien à dire Tasha. J'ai fait une connerie. Une énorme connerie et je m'en voudrai toujours pour ça. Par ma faute deux types sont morts. Parce que j'ai été con, irresponsable et irréfléchi. C'est tout...

Sauf qu'elle garde mon poignet dans sa main, et je lève une nouvelle fois les yeux vers elle quand elle me dit de tout lui raconter. Je passe ma langue sur mes lèvres et l'entraîne jusqu'à un banc placé le long du mur.

Qu'est-ce que tu veux savoir? Steve... le vrai Captain... était mon meilleur ami, à l'époque, à Brooklyn. On était des frères. On a grandi ensemble, on est allés en école d'art ensemble. Et... et je l'ai perdu.

Je jette un coup d'oeil autour de nous pour m'assurer qu'on était bien seuls tous les deux, avant de continuer.

Par contre ce que je vais te dire... tu le gardes pour toi. Tu me le jures? Parce que personne ne sait. Je... Steve et moi à l'époque... quand on devait...avoir vingt ans... nos sentiments ont... changé et de simples meilleurs amis on est devenus... amoureux. Tu t'imagines, à l'époque c'était impensable, personne devait savoir alors on s'est cachés. On vivait dans le même appartement donc on pouvait vivre heureux et cachés, mais dès qu'on sortait on devait faire attention. Et... depuis toujours, Steve avait une santé fragile. De l'asthme, de l'anémie, des problèmes de coeur... Un jour il a fait une grosse crise d'asthme, il a dû être hospitalisé. Sauf qu'on avait pas d'argent pour payer les frais. C'est pour ça que je me suis engagé. Parce que je lui avais juré que je... que je prendrais toujours soin de lui. Je suis parti en Europe, j'ai été fait prisonnier, et quand il m'a délivré... il était devenu Captain America... On a combattu ensemble avant... avant ce foutu épisode du train qui...

Ma voix meurt dans ma gorge, et mes mains tremblent. J'inspire profondément avant de reprendre d'une voix faible.

J'ai cru que je revivais quand... quand je l'ai reconnu. C'était lui. Il était là. Il était pas mort. Et on allait pouvoir se retrouver. Sauf que... sauf que c'est plus lui Tasha. C'est plus lui. C'est plus l'homme que j'aime. Il... je l'ai perdu une deuxième fois... et ça me tue...

J'éclate en sanglots et je viens me blottir contre elle alors qu'elle me serre dans ses bras avec force.


Emi Burton
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Mar 1 Sep - 20:28
Ain't no grave
Steve Rogers & James Barnes

Elle sent qu'il hésite. Qu'il hésite entre se livrer à elle et continuer de garder tout ça pour lui et de frapper comme un boeuf dans un sac d'entraînement. Elle comprend son hésitation, elle comprend toutes les questions, tout les doutes qui tournent au sein de esprit et de son coeur. Elle sait que pour celui qu'il considère être son Steve, il ferait n'importe quoi, parce qu'il l'aime plus qu'il ne veut bien le prétendre. Natasha le sait, tout comme Fury, car ils sont les seuls à avoir vu les enregistrements de leurs conversation. Elle a entendu Buck raconter à cet homme qu'avant la guerre ils étaient amants… Qu'ils s'aimaient. A-t-elle été surprise ? Oui. Imaginer que Captain America et son meilleur ami étaient amants… L'idée même lui semblait ridicule… Et pourtant, c'était bien réel. Est-ce qu'elle les juge ? Oh non. Elle avait fait pire dans sa jeunesse et après tout, ils ne faisaient de mal à personne… Ils n'étaient que des enfants. Des enfants amoureux. Finalement, après toutes ses minutes d'hésitation, il l'entraîne jusqu'à un banc et il commence à lui parler. À lui raconter des choses qu'elle sait déjà. Que Steve et lui étaient meilleurs amis. Qu'ils ont grandis ensemble… Puis qu'il l'avait perdu à la guerre… Lors de l'attaque d'un train. Suite à la révélation de Captain, Natasha était allé lire le dossier de celui qu'on avait fait passé pour Bucky Barnes, lui qui était soit-disant tombé du train, tombant au fond d'un ravin… Il ne lui apprenait rien. Une fois de plus il semble hésiter avant de reprendre, lui demandant cette fois-ci de ne rien dire. Elle hausse un sourcil, desserrant à peine les lèvres.

"Buck. J'ai des secrets pour tout le monde. Je ne dirais rien."

Et voilà qu'une fois de plus, il lui raconte quelque chose qu'elle savait déjà. Il avait déjà tout raconté au prisonnier, et elle avait tout entendu. Eux qui s'aiment, qui s'embrassent… Tout ce qu'il lui apprend, ce sont des détails. Eux à vingt-ans qui découvrent leurs sentiments, eux qui devaient se cacher dans l'appartement qu'ils partageait… Une hospitalisation de Steve qui a forcé Buck à s'engager dans l'armée, puis Steve qui vient le délivrer sous le costume de Captain America…. Au fur et à mesure elle le voit vaciller, elle sent sa voix se faire plus faible et quelques tremblements secouent autant ses épaules que ses mains. Natasha pince les lèvres alors qu'il reprend, non sans prendre une grande inspiration. Elle comprend sans peine la bouffée d'espoir qu'il a dû ressentir en voyant que l'assassin qu'ils pourchassaient étaient son cher Steve. Jusqu'à la grande désillusion. Jusqu'à ce qu'il comprenne qu'à la place de l'homme qu'il a toujours connu, se trouve désormais un homme froid. Un homme qui ose se faire appeler Lev… Le prénom lui arrache un frisson. Elle peine à croire que c'est lui, et pourtant… Il lui ressemble un peu… Les même cheveux longs, la même voix désagréable à l'oreille… Tout semble lui dire que c'est lui. L'homme qu'elle a croisé à une époque si lointaine. L'homme qui semble refuser de vieillir. Elle croise le regard de Buck et semble peiné. Parce qu'elle n'aime pas le voir ainsi, elle n'aime pas voir qu'il se laisser tuer par celui qui est actuellement emprisonné. Sans hésiter elle vient le prendre dans ses bras, venant glisser une main dans ses cheveux, soupirant doucement à son oreille.

"Je sais Buck, je sais… Je suis désolée… Désolée qu'il ne soit pas là… Mais ne perds pas espoir… Si c'est vraiment Steve… Il reviendra, j'en suis sûr."

Elle se serre un peu plus contre lui, caressant désormais son dos alors qu'elle le sent sangloter. Elle ferme les yeux et le tient simplement contre elle, le laissant craquer. Il en a besoin se dit-elle, il a besoin de laisser tout ça sortir… Il a besoin d'arrêter de faire semblant que tout va bien. Juste le temps d'une seconde, il a besoin de quelqu'un pour le soutenir, pour le dire que tout va bien et que ça va s'arranger. Chose qu'elle fait. Pendant de longues minutes, elle est là pour lui. Et quand elle sent qu'il se calme un peu, elle se recule, venant prendre son menton entre ses doigts pour le forcer à la regarder.

"Buck… Je suis sûr que Steve est quelque part. Je suis sûr qu'il reviendra… Il faut laisser le temps faire son affaire. Je sais ce dont Hydra ou les russes sont capables… Ils ont dû briser son esprit et il lui faut du temps pour revenir… Pour se souvenir. J'y crois Buck… Il faut simplement que tu donnes du temps… Le temps guérit les blessures. Ça a été dur pour moi, quand le Shield m'a récupéré. Tout ne c'est pas fait en quelques jours… Même si je suis venu vers eux… Il m'a fallut du temps pour m'adapter et pour redevenir quelqu'un… Lui aussi y arrivera…"

Elle lui adresse un sourire qui se veut rassurant, un sourire que seule une amie pourrait offrir. Un sourire qui pour une fois n'est pas un faux, avec James elle ne pourrait jamais. Elle tient à lui. C'est un ami. Et à ses amis elle ne joue jamais le moindre jeu… Même si eux n'ont pas confiance… Avec eux elle est toujours sincère.  Elle vient doucement caresser sa joue, reprenant d'une voix douce.

"Maintenant… Fais-moi le plaisir d'aller te coucher. T'as une mine affreuse et je ne suis pas sûr que taper dans des sacs toute la nuit va résoudre tout tes problèmes."

Elle croise une fois de plus son regard fatigué et continue de caresser sa joue. Dans les prochains jours il faudra qu'elle descende voir Lev. Juste pour être sûr. Juste pour voir si il est bien l'homme qu'elle se souvient avoir vu. Car si il est bien le même… Elle sait que Steve est là. Elle l'a déjà vu. Une fois. Un jour d'entraînement. Elle se souvient parce que ce jour-là… Elle n'avait pas eu l'impression d'avoir Lev en face d'elle, mais un enfant terrorisé. Un gamin perdu qui ne savait pas où il était, qui ne parlait même plus russe… Qui ne cessait de répéter qu'il n'était pas Lev… Puis son prénom lui avait échappé. Je suis Steve… Sur le moment elle n'avait rien compris… Et maintenant… Elle doute. Maintenant elle se demande si l'homme qui est en cellule n'est pas le Lev qu'elle connaissait. Elle ira le voir, histoire d'être sûr… Et ensuite… Ensuite elle pourrait dire à Buck que oui… Son Steve est là. Mais pour le revoir, il faut se débarrasser de Lev.

*
Les jours passent. Les gardes continuent d'effectuer leurs rondes toujours aux mêmes heures. On me sert mon repas à la même heure et la même drogue s'y trouve. Elle me laisse un arrière goût légèrement amer sur la langue. Un goût que j'ai appris à reconnaître avec le temps. Je plisse le nez et mange en silence, mâchonnant le pain avant de m'occuper de la bouillie suffisamment liquide pour que je puisse la manger sans couvert. Je l'avale, pas plus surpris que d'habitude par son goût infâme. Et comme d'habitude, un garde m'observe. Il vérifie que je ne tente de rien… Puis il récupère le plateau et à nouveau je me retrouve seul. Assis sur le sol, non loin de la porte et près des restes de la tâche de sang, j'attends. J'attends que Buck ou n'importe qui d'autre revienne. Même si… J'aimerais que ce soit Buck qui revienne. Lui me regardait autrement. Lui pensait vraiment que j'étais Steve. Je tire la photo de mon pantalon, la dépliant pour mieux l'observer. Je ne cesse de regarder les deux personne dessus, croisant le sourire et le regard de Steve. Il était si heureux là-dessus… Et je lui ai promis que je nous sortirais de là, qu'il pourra recommencer avec vivre, qu'il pourra retrouver Buck et qu'ils pourront être de nouveau, comme sur la photo. Je regarde la vitre, soupirant en voyant que personne n'est venu… Et au fil des heures, des jours, je finis par ressentir cette solitude que je ressentais quand nous étions emprisonnés chez les russes puis à Hydra. Tout se répète. Ils vont me laisser pourrir ici. Ils vont nous laisser pourrir ici, attendre que notre corps et mon esprit recommence à se dégrader et là… Ils reviendront. Ils feront comme Hydra. Je regarde le plateau aujourd'hui et soupir en voyant la même bouillie, le même morceau de pain. Ma main se pose sur le bol que j'envoie contre la vitre. La bouillie se répand sur la porte mais le bol ne se fracasse pas. Le garde hurle, ordonne à ses collègues de le rejoindre et je me retrouve allongé au sol, sentant le canon d'une arme sur ma nuque. Il me retire le plateau, ne me laissant même pas le morceau de pain. Et à nouveau je suis seul. Steve commence à me manquer. Buck commence à me manquer. Et je n'ai rien pour m'occuper, pas de messages à lui laisser, et même si c'était le cas, il ne se réveillerait pas pour le voir… Je tire à nouveau la photo. Je porte mon index à ma bouche et je commence à mordre la peau, à l'inciser jusqu'à saigner. Et du bout du doigt, j'écris quelques mots pour lui, au cas où.

"Tu me manques vieux frère. Je m'inquiète."

J'attends que le sang sèche avant de plier à nouveau la photo, la glissant dans l'élastique de mon pantalon. J'aimerais pouvoir lui parler. J'aimerais avoir quelqu'un à qui parler. Seulement le jour suivant. Toujours personne. Juste les gardes qui reviennent avec mon plateau. Bouillie à nouveau. Pain encore une fois. Sauf que le goût amer du médicament est encore plus présent. Je plisse le nez et mange quand même. Un repas par jour. Comme ça ils sont sûr que je mange. Que j'avale le sédatif. Je repousse le plateau et le garde revient le prendre. Rapidement la tête commence à me tourner. Je me sens faible. Je me sens fatigué. Je m'allonge par terre et me recroqueville, laissant l'inconscience médicamenteuse me tomber dessus.

Quand je rouvre les yeux, les gardes ont déjà changés, j'ai mal au crâne et des bruit de pas se font entendre. Quelqu'un approche. Quelqu'un dont la démarche est souple mais assuré. Quelqu'un qui n'est pas Buck, qui n'est pas Fury. Sa silhouette se dessine devant mes yeux, et quand je la reconnais, je ne peux que me relever, m'approchant de la vitre.

"Маленькая лиса…"

Je me souviens d'elle. La petite fille aux cheveux rouges… Je me souviens l'avoir croisé la première froid dans la chambre rouge… Je venais de sortir du caisson, j'attendais qu'ils aient terminés de m'injecter leurs drogues, soit-disant pour m'aider à récupérer de mon long sommeil… Et je l'ai vu. Apparaitre face à ma cellule. Avec ses cheveux courts, ses yeux verts. Elle me regardait, sans comprendre ce que j'étais. Le nez contre les barreaux elle m'observait, me demandant sans cesse qui j'étais et pourquoi j'étais enfermé, contrairement aux autres. Puis je l'avais revu… Plus tard. Quand elle était plus grande… Et ensuite… Plus rien. Je ne savais rien d'elle. Juste qu'elle était entraîné comme moi, qu'elle avait peur de moi. Et pourtant à la voir aujourd'hui… Elle ne semble plus me craindre, au contraire.

"Tu as changé. Tu as encore vieillis… Combien de temps ?"

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