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G.I Joes and 2am Diners - Steven & Bucky

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Date d'inscription : 26/11/2014
Dim 17 Mai - 17:43

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je voulais pas, putain. Je voulais tellement pas. Je… Je pensais pas que… Ça se reproduirait. Ça fait deux ans. Deux putain d'années. On m'avait dit que ça pouvait arriver, qu'il fallait que je me prépare à cette éventualité. Mais je m'étais contenté de me dire que suite à l'incident avec mes parents, ça n'allait pas se reproduire. Parce que je m'étais interdit de penser à l'éventualité que cela recommence. Qu'effrayé par l'orage ou par mes terreurs nocturnes j'en revienne simplement à tenter à nouveau de blesser la personne la plus proche de moi. Ça ne devait pas se reproduire. Ça ne pouvait pas se reproduire. Je me l'étais interdit. Je devais aller bien. Mais non. C'était trop demandé. J'avais beau m'assommer à coups de cachets et de verre de whisky, j'arrivais pas à tuer mes cauchemars, j'arrivais pas complètement à occulter mes souvenirs, mes angoisses… Et tout le reste. Seulement la relative maîtrise de la situation que je pensais avoir n'était qu'une illusion que je tentais de maintenir. Une illusion qui a bien rapidement volé en éclats lorsque j'ai repris conscience, à cheval sur mon colocataire, les doigts crispés autour de la lame planté dans le parquet qui avait joliment entaillée le cou de Jesse qui hurle comme un animal à l'agonie. Tais-toi. C'est ce que je voulais hurler. L'entendre brailler comme ça, m'insulter… J'en pouvais plus. Tais-toi, tais-toi, tais-toi… Je voulais pas ça… Je te le jure. Je le voulais pas.

Mes doigts se desserrent rapidement le manche de mon couteau alors que je me relève, le souffle court, alors qu'entre mes lèvres je murmure doucement que je suis désolé, que je ne voulais pas… Mais il ne m'écoute pas, il se contente d'hurler que je suis un malade, un taré qui manque de découper son colocataire. Je fixe le sang qui coule d'entre ses doigts alors que je m'éloigne, déversant un flot d'excuses qui sonnent terriblement fausses à mes propres oreilles. Tout ce que je veux c'est qu'il ferme sa gueule. Qu'il cesse de hurler. J'ai compris, je sais que t'as peur, peut-être plus que moi actuellement, mais putain… Ferme ta gueule. Pitié. Je prends mon front dans ma main alors que je tente d'occulter ces hurlements qui me vrille l'esprit. Au point que je ne l'entends presque pas quitter la chambre, tandis que je tente de faire taire mes tremblements. Ça va aller. Ça va aller. Ça doit aller. On va faire comme d'habitude… Si tout se passe comme d'habitude ça va aller… Je vais finir par me calmer… Et ensuite je m'excuserais auprès de Jesse. Je pousse un soupir avant de me lever, commençant à me préparer alors que je compte silencieusement à l'envers. Dix… Neuf… Huit...

Et ce qui devait arriver, arriva. Jesse me coince entre deux portes, me faisant gentiment comprendre que je ferais mieux de me trouver un autre endroit pour vivre et un autre colocataire. Demande que je comprends. Qui aimerait continuer à vivre avec le taré qui a manqué de vous poignarder lors d'une de ses nombreuses sessions de cauchemars ? Personne. Et pour être franc, je m'attendais à ce qu'il finisse par crever l'abcès… Cela fait des semaines qu'il me fait plus ou moins comprendre qu'il en a marre de m'entendre hurler la nuit, qu'il supporte de moins en moins mes sautes d'humeurs… Allant même jusqu'à me dire que je ferais peut-être mieux de me faire interner ou quoi… Réflexion qui me donne envie de lui fracturer la mâchoire. Genre, tu penses que ça m'amuse d'être dans cette situation ? Tu penses que j'aime être dans cet état ? À ne pas être capable de sortir de ma propre chambre sans commencer à m'angoisser ? À devoir prendre des cachets pour trouver un semblant de repos ? Je serre les dents et lui murmure que bien sûr, je comprends que ça doit être inconfortable pour lui d'être obligé de supporter un ancien militaire de 28 ans, mutilé au combat qui doit gérer son SPT… Comme ta vie doit être compliqué connard… Mais je ne dis rien. Je me contente d'hocher gentiment la tête, lui assurant que de toute façon, je viderais les lieux avant la fin du mois.

Après tout c'est peut-être mieux ainsi. Vaut peut-être mieux que je me tire. Jesse me supporte déjà depuis presque un an et demi… Et ouais, il a raison dans le fond, je suis un danger pour les autres. Je devrais le savoir. C'était con de penser que je pourrais… Éventuellement, finir par avoir une vie… Normale. Mais est-ce que c'est encore possible pour quelqu'un comme moi ? Non. Parce que je suis plus dans la norme. J'ai perdu un bras, je dois porter une prothèse… Je peine à ne pas angoisser au moindre bruit… Et c'est à peine si j'arrive à supporter d'être avec plus de deux personnes dans la même pièce. Qui de normal vivrait en se disant que tout va bien dans le meilleur des mondes ? Pas grand monde. Enfin si… Les gens qui vont bien. Je coupe le contact avant de soupirer, les deux mains posés sur le volant. Une heure du matin. C'est presque tard. Même pour moi. Je regarde l'enseigne du "Blue Moon Diners" me renvoyer sa lumière bleu alors que je réprime un frisson. Ça va aller. Je vais faire comme d'habitude… Et tout va bien se passer. Y'aura pas d'imprévu.. Rien. Juste la bonne vieille routine. Celle qui me rassure, celle qui me prouve que tant que je garde les choses sous contrôle…Ça ne peut qu'aller. Je finis par quitter ma vieille bagnole en glissant les clés dans ma poche avant de pousser la porte du restaurant, ne pouvant qu'esquisser un demi-sourire lorsque je croise le regard d'Angie. Celle-ci sautille presque jusqu'à moi alors que je m'installe à ma table, croisant les deux bras sur la table alors que j'apprécie de retrouver la banquette en cuir rouge, qui craque doucement sous mon poids, comme à son habitude.

"Je t'attendais pas avant une bonne heure ! C'est pas une bonne nuit ?"

Je lui fais non de la tête alors que je déglutis difficilement. Non. Pas vraiment une bonne nuit. Entre l'angoisse de savoir que je vais devoir me dénicher un autre appartement et la merde habituelle de mes cauchemars… Non, c'est loin d'être "une bonne nuit."

"Pas vraiment… Mais qui sait… Peut-être que ça va s'arranger.
- J'en suis sûr ! Allez ! Je t'apporte la même chose que d'habitude ! Et avec le sourire !"

Un rire léger lui échappe alors qu'elle file, faisant tournoyer son uniforme tout droit sortie d'une sit-com des années quarante. C'est presque un rituel entre nous. Elle fait son service de nuit en espérant qu'un jour elle pourra se tirer de ce restaurant un peu minable, et moi je suis juste là, à attendre ma commande, espérant que cela finisse par faire taire le temps d'un instant mes angoisses. Je frissonne alors que j'entends ses pas sur le carrelage, et qu'elle dépose devant moi un verre d'eau avec un zeste de citron, ainsi qu'un thé à la camomille, et le journal. Je lui adresse un sourire, la remerciant du bout des lèvres alors qu'elle me rend mon sourire. Souvent je me suis demandé si elle était gentille avec moi parce qu'elle avait pitié ou simplement parce qu'elle voulait que son pourboire soit correct. Mais non. J'étais simplement son client favoris. Celui qui illuminait ses nuits. J'suis sûr qu'elle exagère un peu… Mais c'est toujours plaisant à entendre. Je trempe légèrement mes lèvres dans le verre d'eau, alors que je sens que ça va un peu mieux, enfin, plutôt que je retrouve un certain… Calme. Le tout c'est de le faire dans l'ordre et correctement. De d'abord boire l'eau, puis le thé… Ensuite je mange… Non sans avoir rangé mon assiette. Mettre les oeufs sur les toasts, ranger les morceaux de bacons au milieu, puis trier les frites en fonction de leur taille. Et je me trouve ridicule à devoir effectuer ce rituel à chaque fois que je tente de manger quoi que ce soit… De devoir être obligé de trier mon assiette avant d'être capable de la manger. Je me déteste pour ça. Je me déteste de ne pas être capable de faire un truc normalement. Je me déteste de ne pas être comme tout le monde. D'être… Dérangé. Je pousse un soupir alors que je commence à effectuer mon petit rituel, triant la bouffe avec attention avant de commencer à manger, parcourant du regard les différentes annonces du journal, m'arrêtant carrément de mâcher lorsque j'en tombe sur une qui semble avoir été écrite pour moi. Voilà qu'un gars à Brooklyn cherche un colocataire… De préférence un mec… Et de mon âge. Un putain de signe du destin. C'est limite si dans les notes de bas de page c'est pas mon nom qui est indiqué. Je lève la tête et interpelle Angie, lui demandant si je peux récupérer une annonce dans le journal.

"Bien sûr ! Je pense que les prochains client t'en voudront pas…"

Elle s'approche doucement, remplissant à nouveau ma tasse de café alors qu'elle plisse les yeux en voyant dans quelle rubrique je découpe l'annonce.

"Tu cherches un nouveau logement ? Des soucis avec ton colocataire ?
- Disons que j'ai besoin de changer d'air.
- Oh… Bah j'espère que tu trouveras ton bonheur… Ça va c'est à ton goût. ?
- Tu sais bien que oui...
- Je préfère demander."

Un dernier sourire et elle file, me laissant seul avec mon annonce et ma tasse de café encore chaude. Par moment je me dis que je devrais peut-être l'inviter à boire un verre… Selon le psy parait que ça me ferait pas de mal, de tenter à nouveau de nouer des liens tout ça… Puis elle est sympa Angie… Toujours souriante, toujours aux petits soins… Ouais. Je repousse une fois plus cette idée au loin. Je préfère rester son client préféré. Rien de plus. De peur de briser le peu de stabilité que j'ai avec elle. Parce que mon rituel au Blue Moon n'est là que si j'ai Angie pour me servir. Ce serait quelqu'un d'autre… Ce serait pas possible. Je glisse l'annonce dans ma poche avant de terminer ma tasse de café, laissant sur la table l'argent du repas, plus un généreux pourboire pour Angie.

Le lendemain après avoir finalement réussis à passer la nausée qui ne voulait pas me lâcher à l'idée même de me retrouver au téléphone avec un parfait inconnu… Mais après une bonne demi-heure à ronchonner contre mon portable, je finis par composer le numéro de l'annonce. Et étrangement, le mec au bout du fil est sympa, voir même chaleureux, le temps d'un instant je me sens presque à l'aise avant de recommencer à être sur les nerfs. Il m'assure que l'appartement est toujours libre et que oui, ce serait avec plaisir de me voir aujourd'hui, vu que visiblement c'est un jour de congé pour lui. Il me donne rendez-vous à quinze heure avant de raccrocher. Et alors que j'écoute la tonalité du téléphone, une étrange sensation m'envahit. Une espèce de… D'appréhension. Je pousse un soupir alors que je chose mon flacon d'anxiolytique. Ça va aller. C'est une visite. Rien de plus. Une putain de visite.

Et c'est pile à l'heure que je me tiens devant la porte, à regarder le numéro de celle-ci face à moi, alors que j'ai quelques palpitations. Ma main gauche soigneusement glissé dans la poche de mon jean, je pousse un dernier soupir avant de me décider à toquer de la main droite. Allez. Ça va bien se passer. Mon coeur s'affole doucement alors que j'entends des pas venir de derrière la porte. Du calme. Mon corps tout entier me hurle que j'ai encore le temps de fuir, que tant que la porte ne s'entrouvre pas, je peux encore fuir, esquiver et retourner me terrer dans mon coin. Cours. Cours. C'est ce que mon coeur semble vouloir me chuchoter au travers de chaque battements. J'ai quoi, quelques secondes avant d'être comme un chat pris dans les phares d'une voiture, quelques secondes avant que je me retrouve à devoir affronter une pauvre conversation avec un inconnu. Je sens mes muscles se tendre alors que la porte s'ouvre et...

Non. Putain non. Sérieusement ? Dans tout l'univers entier, dans tout Brooklyn il fallait que ce soit lui. Steve Putain de Rogers. Lui en personne. Surpris, j'ouvre quelque peu les lèvres, cherchant autant mes mots que mon souffle. C'est lui. Steve… Mon Stevie… Celui avec qui j'ai passé toute mon enfance, mon ami.. Celui… Celui qui a été mon premier baiser dans le parc… Celui que je pensais aimer et qu'au fond… J'aime toujours, même après quatorze années sans avoir la moindre nouvelle. J'avais finis par faire mon deuil, me disant qu'il avait du refaire sa vie ailleurs. Avec quelqu'un d'autre, qu'il avait finit par me remplacer. Et m'oublier. Je plonge mon regard dans le sien, me perdant dans ses pupilles d'un bleu profond, alors que tout en moi me hurle de fuir. De partir avant qu'il ne prononce le moindre mot, de partir avant qu'il pose à nouveau ses mains sur moi et que je sois incapable de tirer de là. Parce que je me connais. Je sais qu'à l'époque j'arrivais pas à m'imaginer ne serait-ce qu'une seconde sans lui… L'air semble me manquer tandis que mon coeur semble prêt à éclater. Je peux pas. Je peux juste pas. Je peux pas l'affronter. Pas aujourd'hui. Pas après tant d'années.

crackle bones
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Dim 17 Mai - 18:29

GI JOE and 2AM Diners.
Bucky & Steve ••• Je soupire alors que je repousse la pile de factures et le carnet sur lequel je fais mes comptes. Ouais. Pas le choix. Bon ben Rogers, y'a pas le choix. Il va falloir que tu te trouves un coloc... Je passe avec lassitude ma main dans ma nuque et dépose mes lunettes sur le carnet avant de me lever et me traîner jusqu'à la cuisine pour me faire chauffer de l'eau. A 28 ans mon garçon, tu vas devoir vivre comme un étudiant, en coloc... Mais bon, quand mon histoire avec Gavin s'est terminée, c'est moi qui ai décidé de garder l'appart. Pendant plusieurs mois, ça allait, je m'en sortais, mais quand j'ai décidé de reprendre mes études...ça a alourdi la facture et là... Il va falloir que je vide mon bureau, qui me sert aussi d'atelier, virer une partie de mes affaires du salon et... espérer que je tombe pas sur un con.

L'eau est chaude, je glisse un sachet d'Earl Grey dans ma tasse, avant de retourner m'asseoir. Je prends mon carnet, mon stylo et commence à griffonner rapidement le texte de ce qui pourrait être une petite annonce. Enfin, j'imagine hein. J'en ai jamais passée avant. Et une fois que ça me semble à peu près correct, je repose le stylo, glisse ma tasse dans le lave vaisselle, et passe dans le salon pour faire quelques exercices de yoga, pour m'aider à m'endormir. Je finis par me brosser les dents et m'écrouler, laissant mes prothèses et mes lunettes sur la table de chevet.

Le lendemain, je me lève en sentant le portable vibrer sur mon lit et m'extirpe de sous les couverture, les repliant juste au bout du lit avant de faire encore une fois quelques exercices. Puis la douche, avant de m'habiller, et de passer enfin mes lunettes et mes prothèses. J'allume ensuite la radio pendant que je prépare rapidement mon petit dej. Céréales, jus de fruit... basique. J'attrape mon déjeuner, que je glisse dans mon sac de cours, pioche mes clefs et mon regard se pose sur l'annonce. Ah oui...ça. Je glisse la feuille à carreaux dans ma poche, promettant de m'en occuper à la pause de midi et je file. Par chance, l'école où je bosse est seulement à quelques rues, ce qui m'évite d'avoir besoin d'une bagnole. Je retrouve mes gamins avec un sourire, et m'occupe d'eux jusqu'au déjeuner. Je file retrouver mes collègues, papotant autour de nos lunchbox, avant de retourner dans ma tanière couverte de dessins, de posters, de gommettes et de tentatives un peu risquées d'art contemporain à base de rouleaux de papier toilette vide et de scoubidous multicolores. J'ouvre mon pc portable, et tape le texte de l'annonce sur le site du NY Times, avant de payer le tout avec ma carte bleue. Bon...eh ben c'est fait. Maintenant il reste plus qu'à attendre. Et à préparer l'appart pour des visites.

L'après-midi file vite, et après un rendez-vous avec un parent d'élève je rentre à la maison. Et j'avoue que je l'ai un peu mauvaise de me dire que dans quelques jours, il y aura un parfait inconnu qui va partager mon frigo, mon canapé, et qui va vivre là... Mais bon j'ai pas le choix. Peut-être que ça se passera pas si mal après tout? Peut-être qu'on s'entendra bien? Croisons les doigts. Je vire ma tenue de ''Monsieur Rogers'' le professeur et enfile un tshirt et un pantalon ample le temps de tout promener d'une pièce à l'autre. Mon chevalet. Mes toiles. Mes cartons à dessin. Mon bureau. Tout mon barda... Heureusement qu'il me reste une partie de la penderie de vide, mais le bureau me donne du fil à retordre. Je lutte seul, comme un con, pour arriver à le faire glisser d'un bout à l'autre de l'appart, avant de faire une pause, la respiration sifflante. Merde. J'y suis allé un peu fort...

Et finalement, après un petit coup de ventoline j'arrive finalement à tout ranger dans ma chambre. La vache, ça fait petit sur le coup. Bon, il sera toujours temps d'arranger un peu tout ça au moment venu. Un coup d'oeil à ma montre me rappelle qu'il est l'heure que je file pour mes cours du soir. Douche rapide, avant de filer. Et c'est seulement vers 20h que je referme la porte de la maison pour la dernière fois. Comme un idiot je suis surpris en voyant ma chambre si encombrée, avant de me rappeler. Merde Rogers... Enfin bon... Je m'écroule en pyjama sur le canapé et tente de suivre un film, mais au bout d'une heure j'abandonne. J'éteins et m'écroule dans mon lit.

Le lendemain, je suis surpris quand je reçois un coup de fil, d'un numéro inconnu. Ah merde oui, l'annonce. Je discute rapidement avec le type, qui a l'air assez froid, un peu bizarre, mais pas dans le sens effrayant. Et il me propose de passer plus tard dans la journée. Parfait. Une fois mon sac posé dans l'entrée je vois avec angoisse qu'il reste que 5 minutes avant 15h. Encore la faute de Lexie qui m'a tenu la jambe pour me parler de son poney... Je fais un tour rapide. Pas de vaisselle qui traine. Je ramasse une chaussette qui s'était à moitié glissée sous le canapé, ferme la porte de ma chambre, et soupire. Ok, ça devrait être bon comme ça...

J'ai à peine le temps d'ouvrir le frigo pour me servir un truc que j'entends toquer à la porte. Wow, ça c'est de la ponctualité. Si ça se trouve, il est suisse. Un peu nerveux, j'ouvre la porte avec un grand sourire, et je suis un peu surpris en voyant le type en face de moi. Cheveux longs, mal rasé, veste du surplus de l'armée. On dirait un clodo. Enfin qui sait, c'est peut-être un génie de l'informatique ou je sais pas quelle connerie...

Vous êtes là pour l'annonce?

Sauf que plus je le regarde, plus son visage a quelque chose de familier. L'arrondi de la bouche. La ligne de la mâchoire. Ces yeux bleus... Et d'un coup l'évidence me frappe comme un crochet du droit. Buck. Mon Buck. James Fuck'in Buchanan Barnes. J'ai à peine à en croire mes yeux.

B...Bucky? Bucky c'est...c'est toi?

Pas de doute. Il a beaucoup changé mais...c'est lui. C'est mon Buck. Je me décale pour le laisser entrer.

Je...je t'en prie entre. Ca alors si je m'y attendais...


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Dim 17 Mai - 22:28

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Un chat face aux phares d'une voiture. C'est à ça que je suis réduis quand je croise ses deux grands yeux bleus que je n'avais pas vu depuis des années. Et plus je me perds à les contempler, plus je peux percevoir la voix morte de l'hôtesse qui m'annonce froidement que "le numéro que vous avez composé n'est pas attribué." Je l'entends tourner dans le fond de mon esprit, à la manière d'une comptine perverse et malsaine. "Le numéro que vous avec composé n'est pas attribué…." Je peux presque me revoir à cette époque, avec mon coeur brisé et mes illusions d'amitié éternelle, les doigts crispés autour du téléphone, alors que seul cette voix me parvient. Pas celle de Steve, non, celle de monotone et déprimante de la l'hôtesse pré-enregistré. Puis vient la tonalité. Et le regard triste de ma mère qui tente de me rassurer que c'est peut-être une simple erreur… Que peut-être, si je lui envois une lettre… Seulement toutes les lettres du monde n'y ont rien changés. Quand je n'entendais pas que son numéro n'existait pas, voilà que les courriers que je lui envoyais me revenaient avec la mention "Retour à l'envoyeur." Et le garçon de quatorze que j'étais ne s'en ait jamais remis. Je m'en suis jamais remis. On s'était promis de jamais se quitter… Et lui disparait. Purement et simplement, me laissant seul avec mon coeur brisé.

Puis mon prénom traverse ses lèvres, et je me tends un peu plus, ayant vaguement l'impression que je vais réellement finir par m'évanouir. Un tremblement secoue mes épaules. Fuis. Fuis bordel. Seulement c'est trop tard. Je ne peux plus rien à faire à part l'affronter, lui. Du calme. T'as pris tes cachets, tu peux pas angoisser. Tant que tu les prends, tu peux pas aller mal. Des conneries. Bien sûr que ça ne va pas. Je devrais aller bien là ? Je devrais me sentir heureux de l'avoir retrouvé ? Ouais peut-être que je devrais… Mais étrangement, je suis plus… Furieux de le voir se tenir là, face à moi… Mes doigts se crispent. Comment oses-tu te présenter à moi de la sorte ? Et faire comme si de rien n'était en me proposant simplement d'entrer, comme si on allait tout les deux s'installer et rattraper le temps perdu autour d'un café. Non. Non. Je ne veux pas de ça. Je sais pas ce que je veux, en fait, si. J'ai envie de lui coller mon poing dans la figure et lui hurler que ça fait quatorze ans que j'attends de ses nouvelles. Mais à la place rien. Je me contente de passer ma main valide dans mes cheveux, les plaquants en arrière, dégageant quelque peu mon visage. J'aurais dû m'attacher les cheveux. Histoire d'être vaguement présentable….  Peut-être que j'aurais dû me raser aussi… Oh et puis merde. Quelle importance ? Attaché ou pas,  rasé ou pas, j'ai tout de même l'air d'un vieux soulard qui tourne à la vodka et qui fume bien trop… Alors pourquoi m'en soucier subitement ? Peut-être parce que c'est lui, ou peut-être parce qu'il est...

Je sais même par où commencer… Taillé comme un dieu grec ? Ouais ça me semble être un bon début. La dernière fois que je l'ai vu, il faisait une tête de moins que moi, était aussi épais qu'un bâton de sucette et je jure que ses lunettes cachaient la moitié de son minois adorable… Et là. Là je peine à le reconnaître. Je veux dire, je reconnais toujours le tracé de ses lèvres, la couleur de ses yeux et la courbe de sa mâchoire mais le reste…  Déjà il est plus grand que moi, pas de beaucoup, mais juste ce qu'il faut je lève très légèrement les yeux vers lui pour le regarder… Et faut-il réellement que je parle de ses bras ou de sa putain de carrure d'athlète ? Pour mon propre vie et pour le peu d'estime personnel qu'il me reste je vais éviter. Mais bon sang, du frêle Steve que je devais protéger des connards qui se moquaient de lui, il en reste rien. À part ses yeux dans lesquels j'aimais perdre. Pour le reste… Je sais pas. Je veux pas savoir.

Soudain je me rends compte que cela fait bien une bonne minute que je n'ai pas prononcé le moindre mot, que je n'ai pas tenté de répondre à la moindre de ses questions. Peut-être parce que j'ai peur de craquer d'un coup ? De commencer à lui jeter au visage un sentiment de trahison qui a eu le temps de macérer et pourrir au sein de mon coeur pendant des années. Peut-être parce que l'envie de lui en coller une se fait de plus en plus présente au fil des secondes. Nerveusement je glisse mes doigts une fois de plus dans mes cheveux avant de réussir à desserrer les lèvres. Sur ma langue je sens presque le goût de la bile alors que mon estomac fait des noeuds, tandis que j'arrive à prononcer quelques mots.

"Ouais… C'est moi."

Tada. C'est ce que j'ajoute mentalement avec une pointe de sarcasme. C'est bien moi. Heureux de me voir ? Sûrement puisqu'il me propose d'entrer. Je lève les yeux vers lui, mon regard passant du sien à l'ouverture qu'il m'offre vers l'appartement qu'initialement je venais visiter. Et j'hésite. Entrer ou fuir. J'ai le choix. Entrer ou fuir. Entrer… Ou fuir… Si j'écoute mon esprit, je ferais mieux de fuir et de trouver un autre appartement. Oh et puis merde. J'ai jamais été le genre à faire ce que je devrais faire. Je fais ce que j'ai envie de faire. Je tente un demi-sourire alors que je fais un pas vers lui.

"T'es pas le seul… Je commençais à croire que je ne te reverrais plus jamais."

J'ai à peine finis ma phrase que je me sens à deux doigts de lui hurler toute l'amertume qui se cache derrière cette simple phrase. Je pourrais l'attraper par le col de son T-shirt, bien trop serré, et lui hurler que j'aurais aimé qu'il rattrape cette foutue voiture ce jour-là, si ça avait pu l'empêcher de m'abandonner. Mais à la place je me retiens, je pose à la place mes yeux sur le salon, le regardant sans pour autant l'observer. La porte se referme derrière moi et subitement j'ai l'impression qu'un piège vient de se refermer sur moi. Une sueur glacé parcourt mon dos alors que je commence à respirer un peu plus lourdement. Ça va aller. Du calme. C'est juste… Steve. Tu l'aimes bien non ? Alors pourquoi paniquer ? Peut-être à cause du silence presque gênant qui s'est installé entre nous. Peut-être parce que je ne sais pas quoi dire. Enfin si… Je sais exactement quoi lui dire. C'est juste que j'ai pas le courage de le faire.

"Je… Hm… Tu me fais pas visiter ?"

J'aurais pu lui demander "Eh, comment ça va depuis tout ce temps ? Tu m'as manqué tu sais…" Mais non. Tout ce que j'ai trouvé c'est ça. Comme si il avait envie de me faire visiter son appartement. Tu penses pas qu'il a mieux à te demander ? Qu'il a pas envie de te poser mille et une questions ? Mais non. Faut que tu sois con. Jusqu'au bout.

"Enfin… euh… Si tu veux…."

C'est officiel. Je suis un désastre. Un putain de désastre ambulant.

crackle bones
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Lun 18 Mai - 8:49

GI JOE and 2AM Diners.
Bucky & Steve ••• En une seconde et demie, je bascule quatorze ans en arrière. Quatorze foutues années qui semblent avoir juste…disparu, quand je réalise en face de qui je me trouve. Le destin, sûrement, ou je sais pas quoi d’autre, nous a joué un foutu tour. Buck. Mon Buck. Mon grand frère. Le meilleur ami que j’aie jamais eu. Mon premier baiser… Une foule de souvenirs me remontent en mémoire, des souvenirs que je pensais loin, recouverts de poussière et enfouis dans une malle, là-haut, dans ma tête. Mais en une seconde, c’est comme si j’y étais. Comme si je revivais tout. Lui qui a toujours veillé sur moi comme un chien de berger sur son troupeau. Cassant des nez, collant des yeux au beurre noir à tous ceux qui se foutaient de moi. Qui me traitaient de cyclope à cause de mes lunettes, ou qui trouvaient ça tellement drôle de me hurler dans mes appareils. Et plus d’une fois, j’ai même cru qu’il allait en tuer un qui aurait osé s’en prendre à moi. Je l’aimais pour ça…et en même temps je détestais le fait qu’il… soit pas foutu de me laisser gérer les choses tout seul. Alors oui j’avais une santé pourrie, j’étais un avorton à lunettes mais…j’étais moins fragile que ce qu’il s’était toujours imaginé. Et que parfois, l’avoir toujours auprès de moi… me donnait aussi l’impression d’étouffer. De rien pouvoir faire par moi-même.

Je réalise brusquement que je suis planté là comme un con, et je sors de ma « rêverie » qu’en l’entendant me confirmer que c’est bien lui. C’est comme…si on ôtait un poids de ma poitrine. Qu’on collait enfin le dernier bout manquant du puzzle de ma vie. Lui. Je me force à sourire nerveusement, et le laisse entrer avant de refermer doucement la porte derrière lui. C’est dingue, j’arrive pas à détacher mon regard de lui. A tenter de voir ce qui est resté, et ce qui a changé depuis la dernière fois où je l’ai vu, à travers la vitre arrière de la voiture de ses parents le jour de son déménagement. Et moi qui avais fait une crise monumentale d’asthme parce que je m’étais pas ménagé. Mon dieu… Buck…

T’imagines…t’imagines pas comme je suis content de te revoir. Vraiment. C’est juste…génial de t’avoir à ma porte. Et j’espère que…c’est pas la dernière fois…

Les mots sortent doucement de ma bouche,pleins d’espoir et peut-être même un peu désespérés. Je sais que quatorze ans ont passé, je sais qu’il est très différent. Il a quelque chose de sauvage dans son regard. Il a plus cette assurance de sale gosse avec un bon fond, qui faisait qu’il était toujours le centre des regards. Le centre de l’attention. Et moi dans son ombre. Non…on dirait…qu’il est sous tension permanente. Enfin… qu’est-ce que je pourrais en savoir…tellement de temps a passé. Et pour la première fois de ma vie je dois presque…baisser les yeux pour lui parler. Le choc. Je passe nerveusement ma langue sur mes lèvres et étouffe un léger rire quand il me demande de lui faire visiter.

Oui, pardon. Excuse-moi. C’est juste que…j’ai du mal à réaliser que…que c’est toi. Là. Dans mon appart. Enfin peut-être…notre appart, s’il te plait. Ben…faisons simple. C’est l’entrée.

Un couloir avec une penderie sur tout un côté, et une petite console le long du mur. Le tout recouvert d’un long tapis.

Viens, je te montre le reste.

On arrive ensuite au  salon, avec son canapé d’angle, sa télé à écran plat, deux ou trois étagères pleines de livres et quelques plantes. Et des affiches de vieux films au mur. Un peu geek j’assume. Sans oublier la collection de DVD. Séparée du salon par un bar, avec quelques tabourets, la cuisine. Pas hyper grande mais bien fichue. Et pour une fois, nickel.

Voilà, le salon. Pour la cuisine on pourra se partager le frigo. Je vais bouger mes trucs pour te faire de la place. Y’a un lave-vaisselle, ce qui est super pratique vu que je déteste faire ça. Bon ben four, micro-ondes… Il doit y avoir un robot qui traine quelque part mais je m’en sers jamais. Par contre j’ai pas de cafetière… je bois jamais de café. Tout fonctionne super bien…

Et dans le coin opposé du salon, trois portes.

Alors celle du milieu c’est la salle de bains. Ma chambre, c’est la porte fermée… Et la tienne…si…tu veux c’est celle-là. Viens…

Je le guide vers la pièce maintenant vide, à part quelques étagères que j’ai dégagées.

Ca serait ici. T’en fais pas je vais commander un lit et une commode. C’est juste qu’avant cette pièce me servait de bureau. Quand je me suis retrouvé célibataire, il y a quelques mois, j’ai gardé notre appart mais… j’ai décidé de reprendre mes études et je m’en sors plus tout seul… Donc voilà… Si…si tu as des questions ou quoi que ce soit…n’hésite pas d’accord ?

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Lun 18 Mai - 10:42

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Heureux de me revoir ? L'est-il vraiment ? J'en sais rien. J'ai beau me perdre à nouveau dans ses prunelles, je suis incapable d'y lire tout ce que je pouvais y voir à l'époque. Pas parce qu'il a changé, mais parce que j'ai changé. Parce que je suis incapable de voir autre chose que du dégoût ou de la pitié dans le regard des autres… Et dans le sien, je préfère me dire que je n'y vois rien, plutôt que d'y chercher des illusions d'une amitié éternelle. "J'espère que c'est pas la dernière fois…" Je pince les lèvres à ses mots. Quoi, c'est tout ? Après quatorze années à m'ignorer, c'est tout ce que t'as à dire Rogers ? Que t'espères que c'est pas la dernière fois qu'on se croise ? Bon sang… Mille et une fois je m'étais imaginé ce que ce serait nos retrouvailles, je m'étais imaginé que tu me sauterais dans les bras, t'accrochant à mon cou comme si j'étais la seule chose qui comptait réellement dans l'univers tout entier… Mais à la place j'ai le droit à un pauvre "j'espère que c'est pas la dernière fois, t'sais on pourrait prendre un café tout les deux tout les trente-six du mois histoire de faire semblant de rattraper le temps perdu…" Un goût amer envahit ma bouche. Je m'attendais à quoi sérieusement ? Qu'on reprenne comme si de rien n'était, qu'on recommence à étaler des couvertures et des coussins par terre pour jouer à la console toute la nuit ? Faut pas rêver.

Heureusement un simple rire lui échappe alors que je lui demande de me faire visiter l'appartement. Je pousse presque un soupir de soulagement, en voyant qu'il prend ça plutôt bien, osant même s'excuser. Ouais ça, ça a pas changé, cette manie de s'excuser pour l'indélicatesse des autres. Mais là son excuse, c'est parce qu'il a du mal à réaliser que c'est bien moi, face à lui. Et pourtant. Je m'apprête à lui dire que j'ai aussi du mal à me dire que c'est bien lui, qu'il enchaîne, me disant que si ça me plaît, ça pourrait même être notre appartement. Une bouffée d'angoisse ma saisit à cette simple idée. L'idée qu'on puisse effectivement habiter tout les deux, qu'on doive se supporter au quotidien… Qu'il me redécouvre au quotidien. Je sais que gamins on s'était promis un jour de vivre tout les deux et tout… Mais je ne suis plus aussi sûr que cette idée en soit une bonne. J'ai pas envie qu'il voit mon bras gauche, j'ai pas envie qu'il m'entende hurler toutes les nuits à cause de mes cauchemars… J'ai pas envie qu'il découvre à quel point je suis dans un sale état. Je préfère qu'il se souvienne de moi comme le gamin adorablement insolent que j'étais. Et pas comme le monstre que je suis désormais. Non peut-être qu'au final, je devrais lui dire que je suis pas intéressé, que ça va pas être possible… Mais je n'ai pas le temps d'ajouter quelque fois qu'il commence à me faire faire le tour de son appartement… Et même si je tique bien deux minutes sur ses DVD non ordonnés et les posters pas parfaitement alignés les uns aux autres… Je dois avouer que c'est agréable. Enfin, l'endroit est agréable. Du moins, j'ai moins envie de fuir. Même si je ne comprends pas comment il fait pour vivre sans une cafetière. Sérieusement ? Il boit pas de café ? Mais comment il fait ? Hérétique va.

"Au pire… J'ai une cafetière chez moi… Donc si y'a que ça…"

Je hausse une épaule en tentant un sourire avant de me reprendre. Arrête de dire ça comme si tu te voyais déjà habiter ici. Tu veux pas être là avec lui. T'as oublié qu'avec Jesse aussi tu pensais que ça allait bien se passer avant que ça ne vire au cauchemar ? Quelques semaines. Ensuite, c'était l'enfer. Et ça va être pareil avec lui. Alors quitte à empêcher quelqu'un de dormir, mieux vaut que ce soit un étranger, non ? Plutôt que lui. Lui que t'arrive même pas à regarder. Donc non. Tu finis le tour de l'appartement, et tu te tires. C'est aussi simple que ça. Seulement, quand j'entre dans la chambre, étrangement, je me sens pas si mal. Je veux dire… C'est spacieux et…  C'est vachement plus lumineux que le trou dans lequel je crèche… Je pousse un soupir en voyant la vue. Ouais… C'est vraiment pas mal. J'ai un léger sourire quand il me rassure en me disant qu'il va commander des meubles histoire que je n'ai pas à dormir par terre, me retournant lorsqu'il me demande si j'ai la moindre question.

"En fait…"

Allez faut pas avoir honte. Le médecin t'a dit qu'il y avait aucune honte à parler de ta situation et qu'il était même plus sain que mes interlocuteurs/colocataires soient au courant de ma situation, pour qu'ils puissent éventuellement m'aider si jamais il le faut. Seulement il ne sait pas ce que c'est d'exposer aux autres cette horreur qui me sert désormais de bras, de devoir montrer aux autres ma prothèse. C'est facile de dire "les autres ne vont pas te juger" quand on a ses deux bras. En plus… Je déteste le bruit qu'elle fait. Je déteste entendre le ronron des moteurs qui s'active alors que je lui ordonne de plier le coude ou de refermer les doigts… Je hais ce bruit… Je le hais tellement. Et je hais voir de la pitié et du dégoût dans les yeux de ceux qui la découvre. Et le pire, c'est que je veux pas voir ça chez lui. Je refuse de le voir dégoûté à cause de mon bras… Déjà que j'ai l'impression qu'il me regarde comme une bête de foire, à tenter de retrouver l'ancien Buck sous cette veste de l'armée et les cheveux longs. Je croise à nouveau son regard alors que je me racle la gorge, cherchant mes mots.

"J'ai plusieurs questions… Pour le loyer on fait 50/50 ? Et pour les frais genre, l'eau, le gaz, l'électricité on fait comment ? Ensuite… Je pense que t'as toujours ton asthme, mais t'as un problème avec le fait que je fume dans ma chambre ? Et euh… J'ai besoin de savoir si t'as des gosses à ton étage. Genre des couples avec des gamins en bas âge ou quoi… Non pas qu'ils risquent un truc avec moi hein… Mais c'est juste que… Je préfère ne pas en croiser."

Ça y est. Il va me prendre pour un taré. À pas vouloir m'approcher de gamins pour une obscure raison. Il va penser que je suis un pervers ou quoi… Eh merde. Je crois que je vais pas avoir le choix. Je vais devoir lui montrer ce qui me fait passer pour un monstre. De toute façon, mieux vaut qu'il soit au courant avant que j'emménage. Ça le décidera peut-être à se dire que finalement, ne pas m'avoir dans sa vie, c'est pas une si mauvaise chose après tout. Je passe ma main dans mes cheveux avant de pousser un soupir, sentant un haut-le-coeur me retourner l'estomac. A chaque fois que je dois l'exposer, je me dis que je vais très certainement vomir. À chaque fois c'est pas le cas… Mais j'ai le droit aux même questions, aux même regards… Mais j'ai pas le choix. Vaut mieux qu'il l'apprenne maintenant, pendant que j'ai encore le temps de supporter l'idée qu'il va encore m'abandonner. Lentement je fais glisser ma main gauche hors de ma poche, en retirant doucement le gant en cuir pour lui exposer la prothèse à peu près jusqu'à la moitié de l'avant-bras. Je baisse les yeux avant de rajouter à voix basse.

"C'est juste… À cause de ça… Je préfère qu'aucun gamin puisse voir ça. J'aimerais pas leurs faire peur ou quoi… Donc c'est pour ça que je demande…"

Et là je me sens honteux. J'ai honte… D'être ça. D'être réduit à être le gars avec un bras étrange qui fait flipper les gosses et que les adultes prennent en pitié. J'ai honte de ne plus être un être humain mais… Un monstre.  Et le pire dans tout ça… C'est que de tout les jugements, c'est le sien qui me fait plus peur. Parce que le gamin au fond de moi aimerait qu'il m'accepte comme je suis.

crackle bones
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Lun 18 Mai - 11:52

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J’aurais envie…j’aurais envie de dire tellement de choses. J’aurais envie de lui sauter au cou, de le serrer contre moi, de me lancer dans une grande discussion dont toutes les phrases commenceraient par « Et tu te souviens »… sauf qu’il est…froid. Distant. Quelque chose en lui a changé, qui me pousse à rester à distance. Une sorte de gêne épaisse, qu’on pourrait presque couper au couteau tellement elle est danse. Alors oui, bien sûr que les années ont passé, mais je pensais que…qu’il serait content de me voir. Enfin, autant que moi. Mon cœur tambourine dans ma poitrine et je suis obligé de faire doucement où une crise d’asthme va pointer son nez et j’aurai le droit de faire une belle crise devant lui. Enfin, ça sera pas la première fois. Mais la première fois avec moi dans…ce corps-là. Le vieux Steve qui approche la trentaine et qui a survécu comme par miracle à toutes ses pathologies dont la liste est longue comme le bras. Il en a passé, des moments près de moi en cas de crise, à me parler, à me calmer, à fouiller mon sac pour retrouver mon inhalateur, à m’aider à en prendre une bouffée. A me tenir la main jusqu’à ce que mes poumons se libèrent et que je puisse de nouveau respirer normalement.

Chaque seconde, j’ai qu’une envie, c’est de m’approcher de lui, lui taper sur l’épaule, me marrer comme un con, même entamer une danse de la joie. Mais vu sa réserve, je préfère glisser un petit « J’espère que ça sera pas la dernière », comme une perche, un petit signe que, vu que le destin nous a recollés dans les pattes l’un de l’autre… Je compte plus le laisser filer. A moins que lui décide de passer la porte et de disparaître, définitivement. Heureusement il accepte d’entrer, et il accepte de visiter l’appart. C’est avec une boule dans la gorge que je me dis que…finalement…on pourra peut-être quand même réaliser notre rêve de gosse, d’habiter ensemble. Enfin, quand on était gosses, c’était d’aller à la fac ensemble, et d’avoir une chambre sur le campus. Et Buck qui me promettait qu’il m’aiderait à rencontrer des filles et qu’il m’emmènerait faire la fête… La vache, tout ça semble tellement loin. Des souvenirs que j’ai l’impression qu’on nous a volés. Qu’on nous a empêchés d’avoir. Mais là…lui ici… c’est peut-être l’occasion d’en avoir d’autres…de nouveaux. Différents de ce qu’on avait prévu mais tout aussi bien…

Du coup je joue les agents immobiliers improvisés, mais heureusement l’appart a assez d’arguments en sa faveur pour que j’aie pas besoin de quasiment me prostituer. Et mon sourire s’agrandit quand il me dit qu’il pourra apporter sa propre cafetière, si jamais. Je termine la visite par sa chambre, et je vois son visage s’éclairer. Il en fait le tour en silence, regarde avec attention, jette un œil par la fenêtre. On dirait que petit à petit il se détend. Qu’il est moins sur la défensive. Et je suis content de voir ça. Une fois le tour fait, je m’adosse contre le mur vide de sa chambre, et attends de voir s’il a des questions à me poser. Et je souris de nouveau par son « en fait ». Comme avant, quand il commençait ses phrases par ça, avant de faire la liste de trucs qui allaient pas, longue comme le bras. Je hoche un peu la tête pour l’encourager, avant de l’écouter.

Ouais. Tout est partagé par deux. Je pense pas qu’un de nous deux va faire exploser les frais d’électricité ou d’eau donc…50/50 comme le loyer…

Je ris doucement quand il parle de mon asthme, et je passe la main dans mes cheveux.

Tu t’en souviens… eh ouais, certains trucs changent pas. Je suis encore myope comme une taupe, j’ai encore besoin d’appareils pour entendre, l’asthme et l’anémie sont toujours là…Mais c’est ta chambre. Tu en fais ce que tu veux. C’est…gentil de t’en inquiéter. Merci…

Sauf que je fronce les sourcils quand il parle de gamins à proximité. Oh…wow. Qu’est-ce qui…

N…non. A côté c’est un couple qui a la cinquantaine, leurs enfants sont déjà partis. Et au-dessus c’est une petite mamie très sympa. Elle est sourde comme un pot… Donc pas d’inquiétude pour les gam…

Mon regard suit sa main qu’il sort de sa poche, sans trop comprendre ce qui se passe. Et mon cœur se glace quand je le vois ôter son gant de cuir. Une prothèse. Il a une putain de prothèse. Je sens que je pâlis alors qu’il retrousse sa manche, et que je comprends que c’est pas simplement sa main, qui a été amputée. Mais c’est quasiment tout son bras. Buck. Mon Buck… qu’est-ce qui a bien pu lui arriver pour qu’il ait subi ça ? Petit à petit, les pièces du puzzle s’assemblent. Sa dégaine. Son regard. La prothèse. Je crois comprendre qu’il a fait l’armée… et…c’est là que c’est arrivé. Pendant quelques secondes, je regarde son bras avant de relever les yeux et de plonger mon regard dans le sien. Un million de questions, et un million de pensées se bousculent. J’aimerais savoir. J’aimerais … mais non. Je sais qu’il y a rien de pire que de demander à quelqu’un de parler de ça. Parce qu’il a sûrement dû sortir le même discours cent fois. Je me force à sourire en haussant les épaules.

Raison de plus pour vivre ensemble alors ! Entre moi et ma farandole d’emmerdes et toi avec ton bras…on va transformer cet appart en succursale d’hosto et ça sera le paradis !

Je sais que mon humour est pourri, et qu’intérieurement une partie de moi vient de mourir un peu face à cette découverte mais… je veux lui montrer que…c’est pas que je m’en fous. Loin de là. Mais lui montrer que…C’est pas important. Parce que c’est mon Buck. Que je l’ai retrouvé. Et c’est ça tout ce qui compte.

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Lun 18 Mai - 17:16

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

J'ai envie de vomir. J'ai envie de me laisser glisser contre le mur et de me prendre la tête entre les mains pour laisser à l'angoisse et à la panique le contrôle total de mon être. Je sens que mon coeur rate un battement sur deux alors qu'il blêmit, découvrant ma prothèse. Je pince les lèvres, alors que ma gorge se serre douloureusement. Je sais pas à quoi je m'attendais ? Qu'il comprenne ? Pourtant il devrait. Me regarde pas comme si t'étais parfait Rogers. T'as pas le droit de me faire ça. Pas toi. Tu peux pas être celui qui me juge. Je me suis occupé de toi pendant des années, j'ai toujours été là pour toi, j'étais là pour la moindre de tes crises, j'étais là pour te protéger des autres… Et aujourd'hui tu oses me donner… Ça ? Ce regard ? J'aurais dû savoir que c'était une mauvaise idée. Que j'aurais dû me contenter de lui dire d'aller se faire foutre avant de me tirer… Pourquoi j'ai essayé ? Pourquoi je me suis forcé en me disant que ça ne pouvait que bien se passer ? Pourquoi il faut que je sois aussi con ? Ça pouvait pas bien se passer. Ça ne pouvait qu'aller mal. Pourquoi serait-il différent des autres après tout ? Pourquoi lui ne serait dégoûté de ça ? Il n'est qu'un être humain… Je déglutis difficilement. Je voulais qu'il soit plus. Je voulais qu'il soit mon Steve. Je voulais que tu comprennes, idiot. Je voulais que tu ne me repousses pas ce jour-là au parc. Je voulais que tu rattrapes cette putain de voiture. Je voulais que tu sois là pour moi, et qu'on puisse continuer tout les deux… Qu'on ait cette chambre à la fac tout les deux, et que je tienne toute mes promesses. Je veux juste qu'on nous laisse remonter le temps, je veux qu'on nous rende toutes ses années. J'aurais été avec lui, peut-être que je ne serais jamais entré dans l'armée, peut-être que je ne serais pas dans cet état… Peut-être qu'il ne me regarderait pas de la sorte.

Mon souffle se fait plus lourd alors que j'ai l'impression d'avoir un poids qui écrase ma poitrine. Je sais pas ce que je lis dans ses yeux. Tout ce que je vois c'est qu'il n'arrive pas à décrocher son regard de ma prothèse et plus les secondes passent, plus ça me met mal à l'aise. Arrête. C'est ce que j'ai envie de lui hurler. Mais je n'ai pas besoin de le lui dire, parce que son regard retrouve presque naturellement le mien. Et ce que j'y vois me laisse perplexe. Il n'a pas l'air… Dégoûté, ou même triste… J'y vois juste un million de questions qu'y s'y bousculent. Mais je ne me sens pas prêt de les entendre et encore moins d'y répondre. Tu veux pas savoir, crois-moi. Sans ajouter un mot, je cache à nouveau mon bras sous ma veste et alors que je commence à replacer le gant noir sur les doigts métallique, voilà que j'entends ses premiers mots depuis. Immédiatement je me tends avant de lever les yeux vers lui, les dents serrés. Tu cherches quoi là ? À ce que je te casse le nez ? Et alors que je le regarde presque furieux, les lèvres pincés, je finis par comprendre. Oh mon Dieu Rogers… Je me détends et tente un sourire presque triste alors que je finis d'enfiler mon gant.

"Ton humour c'est vraiment pas arrangé avec les années Steve… Il est même affreux."

Mais au fond, n'est-ce pas une preuve que ça ne le gêne pas ? Qu'au fond, il accepte ça ? Je ne sais pas. Je préfère ne pas me pencher sur cette question du moins pas maintenant. Je préfère me dire qu'au moins il a la décence de ne pas me demander comment c'est arrivé. Je passe rapidement ma langue sur mes lèvres avant d'ajouter, quelque peu nerveux.

"Écoute… Je… Je sais pas honnêtement. Ça te fait pas bizarre à toi qu'on décide de vivre tout les deux après presque quatorze ans sans nouvelles ? Je dis pas que je voudrais pas hein… Mais… J'ai besoin de temps. Juste… Quelques jours pour y réfléchir… D'accord ? Je… J'ai ton numéro de toute façon, je t'appellerais ou je t'enverrais un message…"

J'ai besoin de sortir. Et vite. J'ai du mal à articuler, je sens mes épaules tressaillir et j'ai chaud. J'ai besoin d'un peu d'air. Besoin de m'éloigner un peu de lui, le temps de me décider à faire ou non cette erreur. Celle de faire comme si de rien n'était. Comme si tout allait bien. Chose que je suis pas sûr d'être capable de gérer. Parce que j'ai qu'une envie : lui sauter à la gorge et lui demander pourquoi il ose me faire ça ? Pourquoi il ose se montrer aussi heureux à l'idée de me voir recommencer à être dans ses pattes ? Après ce qu'il m'a fait ? Mais je me contente de serrer les dents, de lui adresser un sourire bien fictif, avant de m'excuser auprès de lui. Et j'entends qu'il me suit, m'appellent. Buck. Buck. La main sur la poignée de porte je me retourne vers lui alors que je sens sa main se poser sur mon épaule. Je frémis à ce contact avant de le regarder. Qu'est-ce tu veux bon sang ? Et les mots qui s'échappent d'entre ses lèvres font bien rater un battement ou deux à mon coeur. Peu importe ma décision, il voudrait qu'on ne se perde pas de vue. Parce qu'il a pas envie de me perdre une fois de plus. Alors pourquoi m'avoir abandonné une première fois ? Mon esprit hurle ça alors que je serre les dents, hochant simplement la tête avant de disparaître dans le couloir.

*
"Alors c'est l'histoire d'un mec qui entre dans un café et il dit 'Salut c'est moi !' mais en fait, c'était pas lui."

Dans la file d'attente du supermarché, je lève les yeux au ciel en lisant son message, esquissant un sourire. Mon dieu… J'ai l'impression que plus les jours passent, plus les blagues qu'il m'envoie par texte sont mauvaises. Mais genre. Mauvaise, mauvaise. Je commence à lui répondre d'une main alors que la caissière me salut rapidement.

"Mec. T'as pas des gosses dont tu dois t'occuper, plutôt que de m'envoyer des blagues si mauvaise que je suis persuadé que dans certains pays, c'est illégal d'enseigner avec un humour aussi mauvais."

J'appuie sur la touche "envoyer" avant de récupérer mes courses, payant rapidement avant de filer jusqu'à ma voiture, déposant le tout sur le siège passager avant de mettre le contact. Je sens mon portable vibrer dans ma poche et découvre sa réponse. Une fois de plus je lève les yeux au ciel.

"J'ai eu mon diplôme haut la main et en plus, mes gamins adorent mes blagues. ;) "
"Normal. Ce sont des enfants. Et ils sont crétins à cet âge-là."


Je le glisse dans ma poche avant de rentrer, le coeur un peu plus léger. C'est étrange de constater à quel point c'est plaisant d'avoir ce genre de discussions avec lui. Même si c'est pour m'envoyer des blagues de ce genre. Mais bon, selon le médecin… C'est bien. Genre que je garde contact avec lui, que j'habite ou non avec lui. Seulement je sais pas encore. J'hésite. Une part de moi ne demande que ça, qu'on recommence à habiter tout les deux, qu'on rattrape tout ce temps qu'on nous a volé… Mais l'autre ne cesse de me dire qu'il comprendra pas. Qu'il arrivera pas à comprendre l'état dans lequel je suis. D'accord, il a plus ou moins accepté mon bras… Mais est-ce qu'il arrivera à gérer mes terreurs nocturnes, mes manies et le reste ? J'en sais rien. Et pour être franc, j'ai peur de lui en parler. J'ai peur qu'il finisse par me dire que finalement, c'était pas une si bonne idée que ça, que finalement,  c'est mieux qu'on prenne à nouveau de la distance. Et je suis pas sûr de pouvoir le supporter une fois de plus. De le voir m'abandonner une fois de plus. Alors j'arrive pas encore à me décider. Mais en même temps, depuis ma visite… Je n'ai pas cherché d'autre appartements. Comme si inconsciemment, j'avais envie que ce soit celui-ci et pas un autre.

Et ce qui m'aide à me décider au final… C'est une autre crise. Un autre cauchemar, où je me réveille en hurlant, les doigts crispés autour des draps alors que j'entends au milieu de tout ça, Jesse qui me hurle de la fermer. Je ferme les yeux alors que je tente de me raisonner, que je tente d'étouffer les plaintes qui m'échappent entre deux respirations rauques. Un tremblement secoue mes épaules alors que je vire ma couverture, m'apprêtant déjà à suivre mon petit rituel. Seulement j'ai à peine le temps de fermer la porte de ma chambre que je vois Jesse émerger de la sienne, me rappelant qu'il est vraiment temps que je me tire de chez lui. Je me contente de partir sans rien dire, me jurant qu'en vidant la chambre, je partirais avec sa cafetière.

Deux heure du matin et je suis déjà à ma table habituelle, à siroter mon thé à la camomille alors qu'Angie fredonne un air en m'apportant mon plat avec un sourire, s'inquiétant de savoir si j'ai réussis à trouver mon bonheur. Je pensais ouais. Je lui parlerais bien de Steve et de l'appartement mais je me retiens. C'est pas son problème après tout. Elle demande simplement pour être gentille. Tout simplement. Mais elle insiste, me demandant si l'annonce de l'autre jour n'a pas aidé. Si. Le seul soucis c'est que je ne sais pas si emménager avec Steve est une bonne idée. Alors je me contente de hausser les épaules, lui disant que bon… J'hésite.

"Quoi ? Mais eh. Si l'endroit est chouette et que le gars est sympa, vas-y ! T'attends quoi ? Que quelqu'un emménage à ta place ? En plus si tu le connais, raison de plus !"

Elle a pas tort. Je commence doucement à trier mon assiette, ruminant silencieusement à ses mots. Qu'est-ce qui m'empêche réellement d'emménager avec lui ? Le fait que j'ai peur qu'il comprenne pas ? Ouais. Mais après, n'a-t-il pas accepté mon bras ? Enfin du moins il y a été suffisamment courtois pour ne pas me poser de question là-dessus… Si. Alors pourquoi ne pas lui donner une chance ? Pourquoi ne pas essayer ? Parce que j'ai peur de ce que ça pourrait donner ? Peut-être que le médecin à raison. Peut-être qu'à force de refuser d'avancer, je finis par ne plus vouloir essayer, par peur d'être déçu. Seulement c'est pas une façon de vivre. Et j'en ai marre. Marre de voir le monde tourner sans moi et d'être simplement le pauvre Buck qui arrive pas à revenir. Je pousse un soupir avant d'attraper mon portable, lui tapant un rapide message.

"Steve, dis-moi que la chambre est toujours libre, et que je peux emménager demain à la première heure."

Et c'est seulement lorsque j'envoie le texto que je me rends compte de l'heure qu'il est. Merde.

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Lun 18 Mai - 20:13

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Bucky & Steve •••
Buck. Mon Buck. Savoir ça. Voir ça. Voir qu'il a été...mutilé. Qu'il est plus que l'ombre de lui-même, c'est violent. Très violent. Un des trucs les plus violents que j'aie jamais vécu. Pourquoi? Parce que Buck a toujours été mon ancre. Mon roc. Celui qui allait toujours bien. Celui qui était toujours en parfaite santé depuis que je l'ai connu. Celui qui a toujours veillé sur moi. Celui qui a calmé mes crises d'asthme. Celui qui me rappelait de prendre mes médocs. Celui qui m'aidait à mettre mes appareils. Celui qui connaissait mon dossier médical aussi bien que ma mère. Je le pensais immortel. Increvable. J'imaginais difficilement qu'il puisse avoir un simple rhume. Alors ça... un bras. Un bras entier. Qu'il vit mal. Très mal à son regard, et à l'expression d'animal traqué qu'il porte. A son attitude. Putain Buck, mais dans quel état tu es... Et...pendant que je le vois me parler de son bras, quelque chose se réveille en moi. L'envie, le besoin de... d'être là pour lui. De veiller sur lui maintenant. De faire...ce qu'il a fait pour moi pendant dix ans... Mais je me vois mal lui annoncer ça de but en blanc. Je me vois mal lui balancer "Hey, mec, à partir de maintenant je vais jouer les nounous. Ok?" Enfin, en voyant son bras, je balance la première connerie qui me passe par la tête, juste pour lui montrer...que même comme ça, c'est Buck. Mon Buck. Et que c'est pas parce qu'il a un bras en moins qu'il comptera moins pour moi. Heureusement il réagit plutôt bien à ma vanne tellement débile, même s'il joue les faussement blasés.

Alors, une fois qu'il a visité la chambre, je le laisse réfléchir, restant en silence près de lui. Pour lui laisser le temps de se faire son idée sans lui donner l'impression d'insister. De le brusquer. Même si je meurs d'envie qu'il dise juste ''Oui''. Juste ça. Juste ça et j'aurais l'impression que ma vie sera complète. Parce que je l'ai retrouvé. Enfin j'ai retrouvé celui qui a été la personne la plus importante pour moi pendant dix ans. Alors oui il a changé, oui il a morflé mais...ça reste lui. Et malgré tout ce qu'il a vécu je suis sûr que... que mon Buck est encore là. Quelque part. Et je veux le retrouver. Je sens une brique me tomber dans l'estomac quand j'entends sa réponse. Déjà, c'est pas un non. Mais...c'est un ''je dois réfléchir''. Le genre de phrase qui veut dire ''Ouais enfin t'avoir retrouvé c'est pas un motif suffisant pour que je pose mes valises chez toi, même si on a été meilleurs potes pendant des années." Et ça me fait mal. Ca me fait mal qu'il ait pas l'air aussi heureux que moi de m'avoir retrouvé. Que ce soit comme...s'il tombait sur quelqu'un de notre classe qu'il connaissait juste de vue. Pas...pas sur son frère. Je sens ma gorge qui se noue et je tente une dernière approche alors qu'il s'éloigne vers la porte. Un geste presque désespéré. Une tentative pour lui montrer...que merde, je veux pas qu'il parte. Pas qu'il me laisse. Qu'en dix minutes à peine dans cet appart, il m'a presque autant chamboulé que la mort de ma mère. Je pose ma main sur son épaule et hésite une seconde avant de lui dire d'une petite voix.

Buck...Je...je comprendrai si tu prends pas l'appart mais...j'aimerais...j'aimerais qu'on continue à se voir. Vraiment. T'imagines...même pas comme j'ai été heureux de voir que c'était toi et comme...tu m'as manqué... On pourrait aller boire un verre, ou se faire un ciné ou...enfin...ce que tu veux. Je...ça serait chouette...

Mais il me répond juste par un hochement de tête avant de sortir et je ferme la porte derrière lui. J'ai l'impression de me retrouver à la cour d'école, après avoir été passé à tabac par une bande de cons. Sauf que là, c'est Buck qui m'a juste brisé. En dix minutes il...j'en sais rien. Il m'a juste mis plus bas que terre. Et je me laisse lentement glisser jusqu'au sol, adossé contre la porte, tentant d'étouffer un sanglot. Avant de dire merde, et de me mettre à chialer comme un gosse après avoir enlevé mes lunettes.

*

J'ai passé une mauvaise nuit. Et tous les exos de yoga ont rien changé. Toute la nuit j'ai ressassé cette scène surréaliste. Lui et moi. Lui et moi que le destin refout enfin sur le même chemin. Je pensais...je sais pas ce que je pensais. Qu'on tomberait dans les bras l'un de l'autre? Sûrement. Qu'il aurait posé ses cartons dans l'après-midi? Un peu... Que je me retrouve face à une porte de prison qui me faisait même culpabiliser d'exister? Non. Le lendemain, j'ai du mal à me lever, du mal à me concentrer sur mes cours, et les gremlins piaillent souvent du ''Monsieur Rogers vous m'écoutez pas!" Parce que c'est vrai, mon esprit est ailleurs et ils le sentent. Je m'excuse et tente de me concentrer, même si c'est sacrément dur. Heureusement la pause arrive, et je préfère rester dans la classe plutôt que de retrouver les autres. Là, j'ai pas envie... Et j'inspire profondément, faisant jouer mon portable dans mes mains. Non. Non je peux pas. Je peux pas me contenter de ça. Je peux pas laisser quatorze années partir en fumée. Je veux tenter une dernière chose. Une dernière tentative. Allez...

Je lui sors la pire blague de la création. Le truc neutre, qui passe ou qui casse. Et j'attends. Et la vache qu'est-ce que le temps peut être long quand on attend. Pour la peine je file vite me prendre un café avant de revenir, et je sens un poids s'ôter de mes épaules quand j'ai vu qu'il a répondu. Avant de rire comme un con. Et je pianote rapidement sa réponse avant de me marrer de nouveau quelques minutes plus tard. C'est...c'est cool. On dirait qu'il veut pas se débarrasser de moi, sinon il aurait juste pu...ne pas répondre. Ou un truc bien sec en mode "Garde tes vannes de merde pour toi Rogers". Mais non, il rentre dans mon jeu. Alors peut-être? Peut-être qu'il...qu'il repense à son idée de revenir? De vivre avec moi? Enfin, mec, t'emballes pas trop. C'est plus le même Bucky que tu as en face de toi, l'oublie pas.

Deux textos et...C'est con mais je me sens mieux. L'envie d'y croire. Voir ça comme...un signe, même mince. Et l'aprem je suis plus concentré avec les gremlins, j'arrive presque à finir ce que je voulais faire, et je range un peu ma salle de classe avant de rentrer chez moi. Je corrige une pile de contrôle de maths sur la table de la cuisine, avant de filer à mon cours du soir, et après un peu de sport, je prends une bonne douche et échoue devant un DVD. Plus de réponse de Buck, mais je m'en fous un peu. C'est le premier texto qui a compté. Le pas vers moi. Le reste...on a le temps. Et je passe une super nuit jusqu'à ce qu'en plein sommeil, je sente mon matelas vibrer. Je tâtonne pour le trouver et fronce les sourcils en collant l'écran sous mon nez pour arriver à lire. Wow. C'est pas une blague? C'est pas un rêve? On dirait...que non. Et après avoir relu trois fois le texto je pianote rapidement.

"La chambre est libre, et je suis super content que tu viennes. Par contre, demain avec plaisir, mais pas avant 15h. Avant, je bosse. Et si tu permets, je vais me recoucher. Bonne nuit."

Et le lendemain, à peine rentré je me change pour enfiler un jean troué et un pull large, et je l'attends, en train de pianoter sur mon pc, une tasse de thé près de moi.

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Lun 18 Mai - 23:18

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

"La chambre est libre, et je suis super content que tu viennes. Par contre, demain avec plaisir, mais pas avant 15h. Avant, je bosse. Par contre si tu permets, je vais me coucher. Bonne nuit."

J'ai un sourire en lisant son message, sentant un poids s'ôter de ma poitrine. C'est bon. Il veut bien de moi, malgré mon comportement de la dernière fois. Malgré la fuite que je lui ai offerte. Honnêtement, je pensais qu'il allait me dire d'aller me faire mettre. Mais non, il accepte de me donner une autre chance, il accepte de me laisser revenir auprès de lui. Même après quatorze ans sans la moindre nouvelle, sans même savoir qui je suis désormais, il est prêt à me reprendre auprès de lui. Il me laisse l'approcher, sans se douter, sans se demander ce que je suis réellement. Mais il a l'air de s'en foutre. Mieux, il est super content que je vienne avec lui. J'esquisse un sourire alors que je termine de mâchonner mon morceau de bacon, tapotant doucement sur l'écran de mon téléphone.

"Et c'est avec plaisir que je serais chez toi avec mes cartons à 15h. Par contre, j'ai pas le droit à une blague douteuse pour m'aider à dormir ?"

Je m'attends pas à ce qu'il me réponde, et pourtant… Quelques minutes plus tard j'éclate de rire en lisant sa réponse. Avec plaisir. Je glisse le téléphone dans ma poche avant de recommencer à manger, écoutant Angie chantonner au loin. Et alors que je regarde le jaune de mes oeufs imbiber les toasts en dessous… Je me surprends à penser que finalement… Ça va peut-être bien avec Steve. Du moins… Jusqu'au moment où il va découvrir ce que je suis… Et que comme Jesse, il finisse par me foutre dehors, me disant qu'il en a marre… Mais j'ai le temps de venir voir ce moment venir… Peut-être que si je lui expliquais… Non. Il doit pas savoir. Pas lui. Je veux pas lui infliger ça. Je veux pas qu'il me voit ainsi… Je dois déjà avoir l'air tellement fracassé. Je veux pas qu'il puisse voir que ça peut être pire que ça. Que j'en suis à un niveau où je me contente de survivre et non pas de vivre. Que dira-t-il quand il se rendra compte de ça ? J'en sais rien. Et pour l'instant, je préfère ne pas me poser la question.

"Hey Angie ? Je peux te prendre le journal aujourd'hui ?
- Oui bien sûr… T'en as besoin pour une autre annonce ?
- Non, non… C'est pour emballer un truc pour le déménagement…"

Son sourire me réchauffe le coeur et je jure qu'elle est à deux doigts de se jeter dans mes bras. Peut-être que je me trompe sur son compte, peut-être qu'elle m'apprécie réellement, peut-être qu'elle s'inquiète pour moi. J'ai un sourire alors qu'elle me dit que j'ai intérêt à l'inviter à la pendais de crémaillère. Si il y en a un j'ai envie de dire. Mais je la rassure en lui disant que oui.

Le lendemain j'arrive à coincer Jesse entre deux portes, lui apprenant que je déménage dans la journée. Il me regarde comme si je venais de lui dire qu'en réalité j'étais une femme. Il me regarde sans comprendre avant de m'adresser un sourire, me félicitant avant d'ajouter de faire passer ses condoléances à mon nouveau colocataire. Je me force à rester calme et de lui sortir mon plus beau sourire, avant de lui faire un doigt quand il me tourne le dos. J'attends que la porte se referme pour me tourner vers la cafetière.

"Ouais ma belle… C'est officiel tu pars avec moi."

Steve m'a dit hier qu'il préférait que je passe après son boulot, vers 15h, alors n'importe qui en profiterait pour faire ses cartons, mais j'en ai pas besoin. Parce qu'en un an de vie ici… J'ai jamais réellement déballé mes affaires. Mon sac est toujours plein, et mes cartons, n'ont quasiment pas bougés. Les étagères, la commode… Tout est vide. C'est comme si j'étais déjà prêt à partir… Enfin, la vérité, c'est que je ne me suis jamais réellement installé… Je n'ai jamais rien déballé… Comme si je m'apprêtais à partir à chaque secondes… Comme si je me préparais à fuir à chaque instants. À la manière d'un animal effrayé. Parce que c'est plus simple de fuir. Alors pour passer la journée, je m'occupe simplement à emballer la cafetière à l'aide du journal piqué au diners hier soir, m'occupant ensuite de charger ma voiture. Et tout ce que je laisse derrière moi, c'est un simple post-it à la place de la cafetière.

"C'est pour ton karma, connard. xoxoxo Bucky."

Et j'ai le coeur sur le point d'éclater alors que je suis à nouveau devant la porte de Steve, enfin… De ce qui va être mon nouvel appartement, notre appartement. Cette simple idée me file des noeuds dans l'estomac alors que je toque à la porte, le souffle court alors qu'il vient m'ouvrir. Je tente un sourire quand il m'ouvre et que je croise à nouveau son regard. Cette fois-ci j'ai pensé à attacher mes cheveux, et même à me raser, simplement pour pas avoir l'air d'un clochard. Le sourire sur ses lèvres m'éblouit presque alors que je peine à lui en rendre un aussi éclatant. Il a l'air… Heureux de me voir. Et le temps d'une seconde, j'ai l'impression que je rentre à la maison, auprès de quelqu'un qui n'attendait que moi. Le temps d'une seconde, je me dis que ça va aller… Avant de revenir à moi. Ça ira pas mieux. Quand il va savoir… Ça pourra pas aller mieux. Mais je repousse cette idée au loin.

"Euh… En fait… J'ai mes cartons dans ma voiture, et j'aurais besoin de ton aide pour les monter…"

Je pince les lèvres avant de me détendre quand il m'aide avec plaisir. Alors en quelques aller-retour, on finit par remonter tout mes cartons. Et c'est étrange. D'être ici, et de me dire que maintenant, c'est chez moi. Enfin chez nous. Ouais chez moi. Je me détends quelque peu alors que je pose ma cafetière fraîchement volé sur la table de la cuisine. Je rejoins Steve dans ma chambre avant de froncer les sourcils… C'est quoi ce… ? Je l'entends s'excuser, me disant que les meubles arriveront dans la semaine et qu'en attendant j'aurais le canapé, mais c'est à peine si je l'écoute. Non, ce qui me fait tiquer, c'est le petit pot avec son noeud rose qui attend prêt de la fenêtre. Je m'avance jusqu'à lui avant de le prendre d'une main, glissant un regard vaguement amusé à Steve.

"Je rêve ou… Tu m'offres une plante de bienvenue ? C'est trop… Un si joli cactus en plus…"

Et je crois que depuis longtemps, j'ai mon premier vrai sourire. Un peu triste certes, mais un sourire tout de même. Tout ça pour Steve… Et un bête cactus.

crackle bones
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Mar 19 Mai - 8:52

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Bucky & Steve ••• Je suis nerveux comme un collégien avant son premier rencard. Enfin, je suis même plus nerveux qu’avant MON premier rencard. Lui. Lui et moi. Lui qui revient ici. Nous qui allons vivre ensemble. Dans mon appart. Comme ça aurait dû se faire. Dans un certain sens, c’est comme si on bouclait la boucle. Mais je tente de pas trop m’emballer non plus. Le Bucky qui va venir poser ses cartons, est pas celui avec qui j’avais prévu de vivre, quand on se lançait en tant que mômes dans des immenses discussions sur nous, plus tard. Pourtant, je crois qu’on peut pas tout oublier. Qu’on peut pas tirer un trait sur tout ce qui nous est arrivé, sur tout ce qu’on a partagé.

Après un dernier message « C’est l’histoire d’un mec qui rentre dans un café et qui dit : Va te faire mettre, Barnes ! » je ferme de nouveau les yeux et je me rendors. La journée file vite, même si je passe mon temps l’œil rivé sur l’horloge, pire que les gosses. Et je suis presque aussi pressé qu’eux de sortir. Avant de me changer pour être prêt à l’aider à bouger les cartons. Et je sursaute quand j’entends enfin la sonnette retentir.

Je suis un peu surpris quand je le vois, coiffé et rasé. C’est déjà mieux. C’est déjà presque mon Bucky d’avant. Et ça me fait plaisir qu’il ait fait l’effort de se rendre plus présentable pour moi. Et de répondre à l’immense sourire qui s’étale sur mon visage. Ca y est. C’est en train de se faire. Tout revient à la normale. Buck est près de moi. Je hoche la tête quand il parle des cartons et désigne ma tenue d’un petit geste de la main.

T’inquiète j’ai prévu le coup. Tenue spéciale travaux salissants et déménagements !

Comme en témoigne le jean qui ressemble quasi à un Pollock en plus des trous. Je le suis jusqu’à la rue, et tire la gueule en voyant sa vieille guimbarde.

Putain mec…t’as encore la bagnole de ton père ? Merde alors !

Je me penche vers le coffre et jette un œil au gros sac militaire et aux quelques cartons qui s’y trouvent.

Tu me diras quand tu voudras qu’on aille chercher ce qui reste de tes affaires hein.

Et je hoche doucement la tête quand il me dit que c’est tout ce qu’il y a. Wow… quand j’imagine qu’il faudrait trois bagnoles comme ça pour transporter tout ce que j’ai, sans compter les meubles… Encore un signe qu’il est écorché. Peut-être. Je prends les cartons deux par deux, mais je monte doucement les marches, histoire de pas provoquer une crise de bienvenue, et finalement les cartons s’empilent sagement dans l’entrée.

Oh au fait…je suis désolé, c’était pas prévu que tu emménages aussi vite alors…les meubles sont pas encore arrivés. Normalement on me livre demain. Mais je peux te déplier le canapé, il est confortable tu verras. Ou tu peux dormir dans mon lit et je prendrai le canapé…si tu veux.

Et je ris quand il voit le cactus que je lui ai pris en rentrant du boulot juste avant, dans un kiosque de fleuriste qui est sur le chemin. Le truc qui, à moins d’y mettre le feu, peut survivre à tout. J’ai un peu peur qu’il trouve ça ridicule, stupide, niais, mais je le vois…sourire. Mais vraiment sourire. Le premier vrai sourire depuis que je l’ai vu la première fois. Et ça me fait chaud au cœur. Parce que j’ai trouvé quelque chose qui l’amuse, qui lui fait plaisir. Et une victoire pour Rogers.

Je sais, je sais, je suis trop bon. Mais quand on aime, on ne compte pas, que veux-tu ? Au fait, si jamais la couleur des murs te plaît pas, on peut repeindre hein. Y’a juste à lessiver les murs et on peut mettre ce que tu veux. T’as juste qu’à demander…

Buck, si tu savais comme j’ai envie de t’aider. Comme j’espère, comme un gosse, que je vais t’aider à recoller les morceaux. Te faire aller mieux. Au moins un peu. Et qu’on…qu’on redeviendra comme avant…des frères. Des meilleurs amis…
Une fois le dernier carton rangé, je tape dans les mains et désigne le frigo d’un petit geste de la tête.

Tu veux une bière ? J’en ai au frigo. Avec une pizza pour le dîner ? T’en penses quoi ?

Je m'accoude au bar, attendant sa réponse.

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Mar 19 Mai - 13:12

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

La chambre semble presque vide. Même avec mes cartons et mon gros sac dans un coin, ça ressemble pas à une chambre dans laquelle quelqu'un vient de s'installer. Mais c'est peut-être parce qu'il manque encore les meubles. Va savoir. Peut-être qu'avec un lit et une commode, ce sera déjà mieux… Enfin de toute façon, je me connais… Tout va rester dans à sa place… Rien ne va être rangé ou quoi… Comme si j'étais encore une fois sur le point de me tirer. Comme si je préférais rester dans une fuite permanente. Alors quand il commence à vouloir déballer les cartons, je l'arrête, lui disant que je m'en occuperais… Quand les meubles seront là. Mensonge. J'en serais pas capable. Ça me rendrait presque malade de défaire ses cartons, de ranger mes vêtements dans les tiroirs… De défaire mon sac. Non. Je pourrais pas. J'y arriverais pas. Et à ce moment-là, que va-t-il penser ? Que je suis taré ? Sûrement.

Alors je regarde le cactus qui m'attend sur le bord de la fenêtre avec son joli noeud rose et je me dis qu'en plus d'avoir un humour de merde, voilà qu'il a le don pour trouver des cadeaux bien étrange. Parce que je ne sais pas si je dois voir ça comme un signe ou une simple envie de me faire sourire. Entre mes doigts je regarde le petit cactus avant de lui glisser un sourire, lui faisant remarquer que bon, il avait pas à se ruiner pour moi. Et heureusement, il se braque pas ou quoi, il prend pas mal ma remarque, au contraire. Une fois de plus il y répond avec humour avant de me proposer de repeindre les murs, enfin si le coeur m'en dit. Je détourne le regard pour fixer à nouveau le cactus. Je ne sais pas. J'ai pas vraiment envie de me lancer dans des travaux… Parce que ça impliquerait que je m'engage, que je lui dise clairement que oui, je compte rester ici un paquet de temps… Et le problème c'est que je ne sais pas si dans un mois je serais toujours là. Je ne sais pas si il voudra toujours que j'habite avec lui quand il va voir ce que je suis réellement. Je veux pas m'installer, apprécier la chambre et m'investir dedans pour l'entendre me dire un jour que je ferais mieux d'aller voir ailleurs. J'arriverais pas à quitter l'endroit où je me sentirais enfin chez moi. Alors non. Autant considérer que c'est un point de chute. Rien de plus.

"Non… La couleur me va, et… Le canapé sera parfait."

De toute façon, j'arriverais pas à dormir dans son lit. Pas avec les draps qui ont son odeur, pas au milieu de ses affaires, pas avec tout ses souvenirs. "Le numéro que vous avez composé, n'est pas attribué." Je pourrais pas. Je veux pas. Même si avant on avait l'habitude de dormir l'un contre l'autre, quand on s'écroulait après avoir joué à la console toute la nuit, je pourrais plus. Je pourrais plus le tenir contre moi et me dire que c'est bon, tout va bien. Parce qu'à chaque fois que je croise son regard, j'ai envie de lui hurler une seule et même chose. "Pourquoi tu m'as abandonné ?" Alors dormir dans son lit, comme si c'était normal ? Non merci. Le canapé suffira. Je finis par reposer le cactus sur le bord de la fenêtre avant de me tourner vers lui, hochant simplement la tête pour seule réponse. Sans un mot de plus je le suis jusqu'à la cuisine, le remerciant quand il me tend ma bière. Et c'est là que je fronce les sourcils en voyant l'étiquette. Arf. Ça. Mon dieu Rogers. En plus d'avoir un humour douteux, faut que tes goûts en matière de bière le soit. Gosh. De la Budweiser. J'ai pas bu de cette pisse depuis le lycée, quand j'allais festoyer salement avec mes potes. Je me souviens qu'à l'époque, ayant pas un rond on en achetait par caisse entière, simplement parce que c'est la moins chère du marché… Mais bon sang, si à l'époque je trouvais que ça se laissait boire, maintenant c'est juste pas la peine.

"Oh mon dieu… T'es au courant que c'est de la pisse cette bière ? Ok, établissons une règle. Je m'occupe d'acheter la bière à partir de maintenant… Tu veux bien ?"

Je tente un sourire avant de me rendre compte qu'il va peut-être mal prendre ma réflexion. Ok j'ai tenté d'accompagner ça d'un sourire, mais et si il le prend mal ? Qu'à peine arrivé, je commence déjà à me plaindre, à lui dire que ça ne va pas… Une bouffée d'angoisse me saisit. Je respire plus rapidement alors que mon coeur commence déjà à s'affoler. Merveilleux. Ça va faire comme avec Jesse. Il va me traiter de con avant de me dire que je peux aussi me démerder. Et quand en plus de tout ça va se rajouter mes angoisses nocturnes, mes sautes humeurs et tout le reste… Il va me foutre à la porte. Et cette fois, je le verrais plus. Je ferme les yeux et pousse un soupir avant de m'excuser, bredouillant que je m'occuperais de payer la pizza, histoire de me faire pardonner.

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Mar 19 Mai - 16:42

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Bucky & Steve ••• Il a déjà l'air plus à l'aise que la dernière fois. Moins perdu et moins effrayé. Et ça me fait plaisir, surtout maintenant qu'il va rester habiter ici. Bucky ici...j'en reviens pas. C'est à peine si je réalise que c'est lui, lui qui remonte ses cartons dans mon appart. C'est lui qui sourit en voyant le cactus qu'il fait tourner entre les doigts de sa main valide. Bien... Il est là. C'est là qu'est sa place. Près de moi. Dans mon appart à Brooklyn... J'essaie au maximum de le mettre à l'aise, qu'il se sente chez lui, si ça passe par changer la couleur des murs. Et à la rigueur il pourrait décider de coller des étoiles, des licornes, du léopard ou des nanas à poil que je m'en foutrais, du moment que ça peut l'aider à aller mieux.

Ok, je préparerai le canapé tout à l'heure, après le film si ça te branche!

Enfin ça y est, tout est monté et il a trouvé mon cactus. Enfin, SON cactus maintenant. Si ça c'est pas un premier pas vers un emménagement heureux! On repasse dans la cuisine et je lance la discussion pour le programme de la soirée. Et en attendant sa réponse je retourne quatorze ans en arrière. Quand je me revois encore, tenant la main de ma mère, minuscule à côté d'elle, et qu'elle me poussait dans la voiture, avec mon sac à dos tortue Ninja sur le dos comme seul bagage. Et elle qui avait rien eu le temps de prendre avec elle. Des heures que j'ai passées assis derrière la porte à attendre que le facteur passe avec une lettre, ou à guetter le moindre coup de téléphone, après quoi je demandais toujours à ma mère si elle était sûre que c'était pas Bucky. Et à chaque fois elle me lançait ce regard triste qui me serrait la gorge, m'ébouriffait les cheveux et me disait que je ne pourrais jamais recontacter Buck. Qu'il pouvait pas savoir où on était parce que personne ne savait. Et je la traitais de menteuse, en hurlant que Buck réussirait toujours à me trouver. Même avec ce nouveau nom que je détestais et que je devais faire bien attention de toujours utiliser. Et des recherches que j'ai faites dès que j'ai découvert Internet dans ma nouvelle école. Sauf que Andrew Barnes... y'en avait foule. Et avec les déplacements de son père, je pouvais jamais être sûr que l'adresse soit encore bonne.

Je nous sors deux bières du frigo que je décapsule avant de lui en tendre une et je m'adosse au comptoir de la cuisine. Je lève les yeux au ciel quand il commence à critiquer la bière. Non mais t'es sérieux là? Je prends une longue gorgée de la mienne avant de lui répondre, ma main tenant ma bière se levant un peu alors que mon index se pointe vers lui.

Du calme gringo. D'abord c'est tout ce qui restait quand je suis allé faire les courses. Et de deux, ok pour les bières à ta charge, mais je te garantis que si tu pisses dans les bouteilles pour économiser le loyer je m'arrange pour te mouiller pendant que tu portes ton truc et tu seras électrocuté. Mais promis je m'occuperai bien du cactus. On commence à s'attacher lui et moi...

Je ris doucement avant de m'arrêter, et reprendre d'une voix douce mais sérieuse.

Buck. C'est rien. Je préfère qu'on s'envoie des vannes à la gueule à longueur de journée plutôt que tu me parles plus où... où qu'on soit gênés de se parler. Et pour les pizzas... j'ai un truc magique qui s'appelle un congélateur...

Je me tourne pour ouvrir la partie basse du frigo et sors trois cartons de pizza.

Alors au choix la classique jambon/fromage/champignons, sinon on en a une au pepperonis ou une au trois fromages. Qu'est-ce qui te branche?

Une fois qu'il s'est décidé je fais chauffer le four avant d'y enfourner la pizza, et m'assieds en face de lui pour finir ma bière. C'est là que je le vois qu'il a pâli en regardant par-dessus mon épaule et qu'il a regardé la porte du frigo. Wow, son traumatisme est lié à un frigo? J'en sais foutre rien. Mais heureusement la question vient d'elle-même et je me retiens de rire une fois qu'il crève l'abcès. Et qu'il me demande si j'ai des gosses. Je tente de rester le plus sérieux possible, levant les yeux vers lui en soupirant.

Ouais...28 pour être précis... Nan nan du calme! J'ai pas un harem! Je...je suis instit maintenant. Et...je bosse dans notre ancienne école primaire... Dingue non?

Je souris en regardant sa mine bouche bée. C'est vrai qu'il va habiter là alors que je ne sais rien de lui. Ce qu'il a fait avant l'armée. Ou même pendant, et encore moins après. Et lui sait rien de moi non plus. Bon, après tout on a le temps de se raconter nos vies maintenant...

Et toi... tu bosses en ce moment?

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Mar 19 Mai - 18:40

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Mes doigts se referment autour du verre encore frais de la bouteille alors que je détourne le regard, esquissant un sourire. Ça va. Il le prend bien, une fois de plus. Au lieu de m'envoyer bouler ou quoi, il se contente de faussement me menacer, me disant que d'accord, je m'occupe d'acheter les bières à partir de maintenant mais que si je me contente de pisser dans une bouteille pour faire des économies, je vais avoir le droit à un sceau d'eau sur le coin du museau. Je me retiens de lui faire remarquer que le cactus à l'air de m'apprécier plus que lui, me contentant de quelques excuses que je bafouille, le coeur un peu lourd. J'ai de la chance qu'il soit patient… Qu'il pète pas des câbles aussi aisément que moi, à prendre la mouche pour le premier mot qui lui plaît pas. Lui est calme, patient… Stable. Il cherche pas à affronter chaque personnes qu'il croise avant de fuir parce qu'il regrette, parce qu'il a honte. À le voir ainsi face à moi, avec sa bière en main et son sourire, il m'apparait si… Putain de parfait. Pas le genre qu'on vient à mépriser, plutôt celle qu'on vient envier et jalouser, en se disant qu'on aimerait un jour être comme ça. À espérer qu'à ses côtés, on ait la moindre de chance de recevoir ne serait-ce qu'un sourire… Mes doigts se serrent un peu plus autour de la bouteille. Ouais. Steve Rogers. L'homme qui me donne l'impression que je ne devrais même pas exister, pire que je ne mérite même pas d'exister. L'homme qui avant me donner l'envie d'avancer et qui aujourd'hui me fait ressasser le passé. Lui a qui j'ai envie d'en coller une. Chaque battements de mon coeur me donne envie de simplement me jeter sur lui, chaque silence me donne envie de lui balancer sèchement la question. "Pourquoi ?" Cette question qui me hante depuis presque quatorze ans. Cette question qui ne cesse de tourner dans mon esprit, une question qui m'obsède à chaque fois que je croise son regard. Pourquoi ? Pourquoi… ? Mais je ne peux rien dire. Je ne peux pas me contenter de l'attraper par le col pour lui hurler ça. C'est à lui de s'expliquer. Mais visiblement pour le moment, il préfère me faire croire que tout va bien et faire comme si de rien n'était. Comme si ses quatorze années n'avaient jamais été là. Comme si je n'avais jamais eu le déplaisir de voir toutes mes lettres me revenir, comme si tout mes appels n'avaient pas aboutis à une tonalité vide… Comme si j'avais pas passé des journées à me demander si ce n'était pas une simple erreur de la poste… À me demander si lui essayait de me retrouver. Non. Il préfère simplement balayer tout ça sous le tapis et faire comme si de rien n'était.

Sa voix me fait revenir à moi. Je lève à nouveau les yeux vers lui alors qu'il m'assure qu'il préfère qu'on se cherche l'un l'autre toute la journée plutôt que de simplement rester dans un silence gêné. Ouais mais comment veux-tu que je gère ça ? On devrait être plongés dans un silence gêné. Ce serait normal bon sang ! On ne devrait pas être capable d'échanger deux mots sans se demander comment l'autre va réagir. Ça… Là… C'est pas normal. Il devrait pas être aussi à l'aise en ma présence. Il devrait pas être aussi… Bien en ma présence. Pourquoi est-ce que je suis le seul à me dire que c'est pas normal ? Pourquoi est-ce que je suis le seul à trouver que c'est trop simple ? On peut pas être séparés pendant tant d'années et simplement recommencer à se vanner en se donnant de grande tapes dans le dos comme si tout allait pour le mieux. Parce que rien ne va. Seulement j'ai l'impression que ça effleure même pas son esprit. J'ai l'impression que pour lui, c'est parfaitement normal. À le voir, on s'est quittés y'a quelques jours tout au plus. Mec. Je suis plus le Buck que tu connaissais… Regarde-moi bon sang. Regarde à quel point je suis un étranger désormais. Tu peux pas juste m'offrir un cactus, me laisser crécher sur ton canapé et espérer que j'oublie tout le reste. Parce que j'en suis pas capable. Je peux pas. Je peux juste pas. Je tente un léger sourire alors qu'il me fait remarquer qu'il a de quoi au congélateur. Je porte la bouteille à mes lèvres alors qu'il me présente les cartons de pizza, me laissant choisir.

"Faisons dans le classique… On va y aller doucement pour notre première pizza entre colocataires. Alors les champignons ça me semble bien."

Et c'est quand il se pousse du frigo que je découvre les dessins qui y sont accrochés. Des dessins de gamins. Le genre de truc qu'un gosse vous fait et qu'il vient vous coller sous le nez avec fierté. Le genre de dessin que j'ai pu faire quand j'étais petit, un de ceux qui ressemble à celui que j'avais offert à Steve lors de notre première rencontre à l'hôpital. D'un coup plus rien ne va. J'ai un noeud dans la gorge alors que je prends une grande inspiration, tentant de calmer mon coeur qui s'emballe. Il m'avait pourtant assuré qu'il y avait pas de gamins aux environs.. Alors pourquoi… ? Oh merde. Me dit pas que lui a un gosse. Me dit pas que son récent célibat, impliquait une charmante demoiselle et un gamin. Un marmot qu'il voit toujours parce que bon, je le vois pas capable de s'engueuler avec ses partenaires. Je parie que c'est le genre de gars, quand tu romps avec, tu t'excuses et tu restes en bon termes avec lui. J'attends qu'il finisse d'enfourner la pizza pour oser lui demander, désignant du menton le dessin sur le frigo.

"C'est tes enfants qui t'ont fait ça ?"

Je tente de demander cela avec le plus de calme possible, même si au fond, je me sens presque trahis. Il aurait pu me le dire sérieusement. Avant que j'emménage quoi. Histoire que je sache si je vais devoir avoir le déplaisir de croiser son ex et son gamin… Et je hausse un sourcil à sa remarque. Vingt-huit ? Ok si c'est encore une blague vaseuse… Mais non, voilà qu'il continue, m'avouant qu'en fait, il est instituteur dans notre ancienne école. Surpris je reste sans mot, à simplement le regarder. Je pourrais dire que ça m'étonne pas, mais en fait… Si. Enfin, je sais pas… Je me suis jamais réellement demandé ce que Steve pourrait faire comme métier plus grand… Enfin… Je le voyais artiste quoi… Pas… Instituteur… Mais bon, je parie qu'il doit déchirer comme professeur pour que les gamins lui fassent des dessins.

"J'avoue que… Le destin fait bien les choses…"

Je tente de lui glisser un sourire, qui se fane assez rapidement lorsqu'il me demande timidement si j'ai un boulot en ce moment. Question qui me fait tirer la gueule. Ouais. J'en avais un. Jusqu'il y a un mois. Jusqu'à ce que je file un coup à la machine à café avant de filer comme un voleur parce que je supportais pas le job, parce que j'y arrivais pas. Alors mon médecin m'a dit que c'était pas la peine de se forcer, que si j'étais pas à l'aise… Fallait simplement que je trouve autre chose. Le seul soucis… C'est qu'au bout de deux ans, à pas être capable de supporter un boulot plus de deux semaines, je commence à me dire que je suis peut-être plus capable de travailler. Alors autant être honnête avec lui.

"Non… J'ai pas vraiment de boulot en ce moment, enfin, j'en avais un… Mais… J'ai dû démissionner. Donc depuis, je vis avec ma pension d'ancien combattant…"

Je préfère rester vague et ne pas lui en dévoiler plus. Je pousse un soupir avant de m'excuser auprès de lui, prétextant un besoin d'air frais et une envie de fumer. La vérité c'est que j'ai besoin de me calmer. De fuir cette conversation… Parce que j'aime pas lui avouer que… Je suis un putain d'assisté. Qu'en plus de rien faire de ma vie, je bosse pas. J'ai rien. Pas d'affaires à ramener, quasiment rien qui m'appartient, rien à dire… Rien à partager… J'ai même pas un boulot. J'suis pas stable… Alors que lui… Il a tout. Sérieusement. Il lui manque plus qu'une charmante petite amie… Et bam, il aurait la petite vie parfaite. Sauf qu'il s'encombre de ma personne. Il s'acharne à vouloir me garder près de lui, comme si il pensait qu'à son contact, j'allais guérir. Seulement j'ai peur qu'il finisse par comprendre qu'à mon contact, je vais le salir. Il serait tellement mieux sans moi… Alors…. Pourquoi ? Pourquoi vouloir me garder ? Qu'est-ce que tu cherches Steve ?

crackle bones
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Mar 19 Mai - 20:38

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Bucky & Steve ••• Ca fait bizarre. Vraiment bizarre d'être là...en face de moi, installé à la table de la cuisine, à boire une bière pendant que la pizza chauffe tranquillement dans le four. Buck. Mon Buck. Mon frère. Mon meilleur ami. Que le destin a refoutu entre mes pattes. Un signe. Et pourtant il a l'air d'être revenu de tellement loin. D'être tellement amoché... et je sens que...que ça va être long, pour qu'il revienne. Qu'il se remette de la guerre, de ses blessures, de son bras. Alors je prends à la rigolade les tentatives d'humour qu'il tente de faire, et qui sont un peu maladroites. A son regard, je sens qu'il veut pas me faire du mal. Qu'il veut pas être méchant. Qu'il essaie juste de faire...comme il peut. Avec ce qu'il a. C'est à dire pas grand chose. Et qu'il a pas l'air d'avoir besoin de quelqu'un qui prend la mouche pour un rien. Loin de là... Et on dirait que j'ai raison, quand je vois presque soupirer de soulagement en entendant que je prends tout à coup de blagues un peu nulles. T'en fais pas mon frère. Je vais pas te foutre dehors et tirer un trait sur toi pour si peu. T'es mon Buck quoi...

Je me marre quand je vois devenir pâle une fois qu'il a découvert les dessins sur mon frigo, et j'ai pigé ce qui lui était passé par la tête. Avant de le rassurer doucement. Mon dieu...moi avec des gamins. Enfin théoriquement je passe ma journée avec des gosses, alors l'idée d'en avoir un à moi m'a clairement pas effleuré. Surtout quand on est gay. Enfin, qui sait, un jour peut-être...mais clairement pas maintenant. En plus, j'ai personne... et il semblerait que là, j'ai quelqu'un qui a tout autant besoin de mon attention et de mon aide. Buck.... Mon Bucky. Et on parle de ça. Du fait que je bosse à présent dans notre ancienne école. Là où on a de si bons souvenirs. Et même encore maintenant, y'a certains endroits qui me collent encore un sourire aux lèvres quand je repense aux conneries qu'on avait pu faire, tout notre petit groupe. Alors oui, c'est vrai, plus jeune je rêvais de devenir un artiste...et ça me travaille encore mais...en attendant il faut bien payer les factures, et je suis content de mon boulot finalement. Et les cours du soir c'est...pour me donner quand même une chance de réussir.

En parlant de destin... quand je suis entré à la fac je suis retombé sur Sam...Sam Wilson je sais pas si tu t'en souviens. Et lui avait encore gardé contact avec une bonne partie des autres. Clint et Tony surtout. On se voit souvent, on va boire des coups, se faire un ciné ou un billard... Ils seraient super heureux de te voir d'ailleurs! Si un jour ça te tente...

Mais quand j'essaie d'en savoir un peu plus pour lui, il me raconte qu'il a dû se barrer de son ancien boulot parce qu'il le supportait pas. Je hoche simplement la tête, avant de répondre juste "J'espère que tu trouveras quelque chose qui te correspond..." Sauf qu'on dirait que je me suis trop aventuré dans les eaux sombres du passé de Buck, et il se ferme comme une huitre, glissant qu'il veut aller fumer. J'ai à peine le temps de répondre un "Ouais te gêne pas, je t'appelle quand la pizza est chaude..." qu'il est déjà dehors. Et je l'observe, assis à table, alors qu'il est accoudé à la rambarde. Toujours aussi beau ce petit con...

Et les deux semaines qui suivent sont comme ça. J'essaie. J'essaie vraiment de lui montrer qu'il est bienvenu. Que c'est ici chez lui. Je le laisse décider de pas mal de trucs, juste pour lui montrer que je le considère vraiment comme quelqu'un à qui je tiens. A qui je tiens tellement. Mais...la plupart du temps, j'ai juste droit à une porte de prison. Enfin, pas toujours, et c'est ça qui me bouffe. Par exemple, quand on a reçu les meubles... On a galéré tous les deux pour les monter, et au moment où on s'est assis, fiers de nous, sur le lit tout neuf, il s'est juste écroulé sous nous. Et on est parti dans un fou rire qui a bien duré cinq minutes. Et par contre, le reste du temps, il reste dans sa chambre, ou regarde à peine une demi heure de film, une heure au max, avant de me dire qu'il se sent pas bien, ou qu'il est fatigué, et disparaître.

Et je sais pas. Je sais vraiment pas. J'aimerais...j'aimerais savoir lui parler, savoir quoi lui dire pour que le Buck que j'ai vu là, en train de se marrer, revienne et soit là tout le temps. Mais la plupart du temps je le croise à peine. Et ça me bouffe. La seule chose qui me garde la tête hors de l'eau c'est le fait d'avoir un emploi du temps chargé. Pour m'occuper l'esprit et étouffer un peu le sentiment d'échec qui me prend à la gorge. L'impression de servir à rien. Que vivre avec moi ou n'importe qui, c'est pareil...

Sauf qu'une nuit, je suis tiré du sommeil par un bruit. Non. Une succession de bruits. On dirait...des gémissements. Mais pas...évocateurs. Non. On dirait quelqu'un qui a mal. Pendant une seconde j'ai peur que ce soit ma mère et que je dois aller lui redonner de la morphine parce qu'elle est trop faible pour le faire. Avant de me rappeller qu'elle n'est plus là. Et que la seule personne de qui ça peut provenir c'est...Buck. Je repousse les couvertures et ouvre sa porte. Il s'agite dans son lit comme un dingue, à se tortiller et à même commencer à hurler, le visage trempé de sueur. Je m'assieds près de lui et commence à le secouer doucement.

Buck. Buck c'est moi. C'est Steve. Réveille-toi!

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Mar 19 Mai - 22:22

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Deux semaines. Deux semaines et pas un rêve, pas une crise d'angoisse. Rien. Deux semaines où je passe mon temps à me dire que je devrais peut-être lui en parler, que je devrais peut-être lui parler de mes angoisses, de mes possibles terreurs nocturnes… Du fait que je suis un désastre quoi… Mais quand je vois que depuis que je suis là, j'ai des nuits presque correctes, j'ai qu'une envie c'est de fermer ma gueule à ce sujet. Je suis pas con, je sais que j'ai beau courir et tenter de fuir ses cauchemars, je sais qu'ils reviendront. Je sais qu'ils finiront par me rattraper. Et ce jour-là… Faudra que j'explique à Steve que tout ne va pas si bien que ça. Que la prothèse c'est que la surface. Et je sais pas comment lui annoncer ça. Je ne me vois franchement pas lui avouer ça entre deux portes,  juste avant qu'il parte pour le boulot. Déjà que je me sentais mal quand j'ai du lui expliquer pourquoi les posters sur le mur étaient parfaitement alignés, pourquoi l'ensemble de ses DVD étaient tous rangés par ordre alphabétique. Bon il avait pris sa avec humour, me disant que c'était bien la première fois qu'il voyait son appartement aussi bien rangé… Mais tout de même. Je m'en suis voulu de ne pas lui avoir avoué que… J'ai quelques TOC. Alors les cauchemars… Je ne peux pas. Je peux pas croiser son regard et lui avouer que je suis fracassé. Je ne peux pas.

Alors à la place, pendant deux semaines, je garde mes distances, parce que j'ai peur de lui montrer que je vais pas bien. Que je suis un putain de bombe à retardement. Que dans pas longtemps je vais recommencer à me bourrer de somnifère pour faire taire mes cauchemars, en vain pour finalement lui imposer mes hurlements toutes les nuits. Alors je vois bien qu'il a parfois du mal à me voir aussi distant, mais crois-moi Steve. C'est ce qu'il y a de mieux pour nous deux. J'ai pas envie que tu t'approches, que tu penses que tu peux faire quelque chose pour moi… Comme les autres je vais t'imposer ça… Et bordel, j'ai qu'une peur… Que comme tout ceux avant toi, tu me regarde comme si j'étais un pauvre animal blessé. Je sais qu'il veut m'aider, qu'il veut simplement qu'on reprenne ce qu'on avait… Mais je ne peux pas. Au point que je ne le croise que pour les repas, et que je ne termine jamais un film. Au bout d'une heure je lui sors l'excuse du "je ne me sens pas bien, j'ai besoin de m'allonger.", et je disparais dans ma chambre. Pas pour m'allonger ou quoi, non pour m'assoir sur le rebord de ma fenêtre, à fumer en compagnie de mon cactus.

Et ce soir fait pas exception. Vêtu d'un sweat à capuche, je frémis doucement alors que je glisse un regard à mon cactus de compagnie, la clope au coin des lèvres. Je suis pathétique. Je pourrais rester avec lui et terminer le film… Ça m'engage à rien… Et je suis sûr que ça lui ferait plaisir. Parce que je vois que par moment, mon comportement le blesse vraiment. Qu'à force de me voir le fuir, il en souffre. Et à chaque fois j'ai envie de lui hurler que je ne peux pas. Que je peux pas prétendre que ça va bien, parce que c'est loin d'être le cas. Mais à la place je préfère lui offrir un mur. Je préfère me fermer complètement, même si ça lui fait du mal. Je souffle une dernière volute de fumée avant d'écraser mon mégot, rentrant mon petit cactus tandis que je referme ma fenêtre, me préparant pour aller me coucher. Je pense à verrouiller ma chambre avant de virer mon sweat et mon T-shirt, me retrouvant torse nu. Je pousse un soupir alors que mécaniquement je défais ma prothèse, poussant un soupir quand je la retire enfin… Et je ne peux retenir une moue de dégoût quand je regarde ce qu'il reste de mon bras gauche. J'attrape rapidement un t-shirt à manche longue dans mon sac, l'enfilant non sans me battre un peu avec, avant d'aller envoyer mon jean au loin. Je me glisse sous mes draps avant de pousser un soupir, regardant le plafond. Avec un peu de chance… J'aurais pas de cauchemars cette nuit. Avec un peu de chance… Je vais avoir le droit à une nuit de plus.

Le noir. Le silence. Rien, pas un bruit. Et subitement, je ne peux plus respirer. Subitement mes poumons brûlent alors qu'ils me versent de l'eau sur le visage, au travers de la serviette qui m'aveugle. Je suis en train de me noyer. Je suis en train de me noyer. Je vais mourir putain… Je vais mourir. J'ai beau gémir, j'ai beau supplier, ils n'arrêtent pas. L'eau n'arrête pas. Mes poumons brûle alors que l'eau s'y infiltre sournoisement. Je vais mourir. Ça y est. C'est la fin. Je vais y passer. Puis l'eau finit par s'arrêter. Parce qu'ils ne veulent pas me voir mourir tout de suite. Non. Ils veulent me voir souffrir. Ils veulent s'amuser avec moi. Alors après l'eau, vient l'odeur de la chair brûlée. Un hurlement m'échappe alors que je sens la lame se glisser entre ma chair et mes muscles, me découpant comme si je n'étais rien de plus qu'un porc qu'on s'apprête à égorger. De l'eau et du sang. De l'eau et du sang… Il n'y a  plus que ça… Je ne sens plus que ça… Je ne suis plus que ça. Alors je hurle, comme un animal en train de crever, parce que je ne peux rien faire d'autre… Hurler et hurler, en espérant qu'ils finissent par se lasser et qu'ils se contentent de me coller une balle dans la nuque… Mais je sens deux mains qui se posent sur mes épaules et c'est mon instinct qui reprend le dessus. J'ouvre les yeux pour observer la silhouette qui me toise posant ma main sur son torse alors que je tente de la repousser violemment, hurlant de plus belle.

"Non ! Non ! Non !"

Désespéré, je commence à griffer, à donner des coups de genoux alors que je recommence à hurler, n'arrivant pas à prononcer le moindre mot. Je veux juste m'en sortir. Je veux pas mourir. Je veux pas qu'ils recommencent, je veux pas sentir à nouveau ma chair qui brûle, je ne veux pas que ça recommence. Je veux que tout s'arrête. Mais la prise sur mes épaules sa fait plus insistante alors que j'entends quelque chose au milieu de mes hurlements. Les yeux grands ouverts, je m'arque sous ce corps qui tente de m'empêcher de fuir. Maintenant je tente d'atteindre sa gorge pour l'étrangler, pour forcer mon tortionnaire à me lâcher mais il est plus fort… Alors impuissant je continue de me débattre jusqu'à finalement sentir une main se poser sur ma joue et une voix qui m'appelle. "Buck." Encore et encore. Je reviens subitement à moi et la silhouette se fait enfin nette, jusqu'à ce que dans la lumière faible qui filtre au travers de la fenêtre, j'en vienne à enfin croiser le regard de Steve… Mon dieu… Steve. Le souffle court, je l'observe alors que je continue de trembler comme une feuille… Je voulais pas qu'il me voit comme ça… Mais c'est trop tard. De légers gémissements m'échappent alors que je commence lentement à revenir de ce cauchemar. Sa main caresse doucement ma joue alors qu'il me murmure que ça va aller, qu'il est là et que je suis en sécurité. Le coeur battant, je sens une sueur glacé courir sur ma peau alors qu'il m'attire à lui, me prenant dans ses bras alors que ses doigts caressent doucement mes cheveux, dans un geste aussi tendre que protecteur. Je ne peux retenir un tremblement d'angoisse face à son geste avant de me raccrocher à lui comme si il était la seule chose à laquelle je pouvais me fier dans tout l'univers, comme si il était mon seul point tangible. Et il  l'est. Actuellement il l'est. Je ferme à nouveau les yeux alors que je commence à gémir doucement.

"Je suis désolé Steve, je suis désolé, je suis tellement désolé…"

J'aurais dû lui en parler, j'aurais dû le prévenir que ça allait arriver… Mais j'avais peur… Si peur. Seulement il est là. Il me garde contre lui, continuant de me rassurer sans me repousser. Mes ongles s'enfoncent presque dans son épaule alors que je continue de m'excuser…. De m'excuser parce que je suis brisé. Parce que je suis un désastre. Je voulais pas qu'il voit ça putain. Et j'ai été con de penser que je pourrais lui cacher ça éternellement… Simplement parce que j'avais peur qu'il ne comprenne pas.

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Mer 20 Mai - 10:48

GI JOE and 2AM Diners.
Bucky & Steve ••• Quand Bucky avait emménagé, j'avais recommencé à dormir avec mes appareils, rien que pour pouvoir l'entendre si jamais il avait besoin de m'appeler pendant la nuit, pour n'importe quelle raison. Et il faut croire que j'avais bien fait. Même si deux semaines s'étaient déroulées avant que ça se produise. Sans trop réfléchir, j'ai sauté hors du lit quand j'ai commencé à l'entendre gémir, puis hurler, et je me suis précipité près de lui. La vache on dirait qu'il était en train de se battre contre la couette, son poing serré, s'agitant dans tous les sens, se crispant et se tordant, trempé de sueur. Et je voyais même des larmes rouler sur ses joues mal rasées. Oh putain Buck...mais qu'est-ce qui t'arrive? Parce que là c'était violent. Plus violent que simplement rêver qu'on se balade à poil ou qu'on est poursuivi par Freddie les griffes de la nuit. Non. Là c'était pas de la peur mais une vraie...Terreur. Son visage est tellement déformé par...la peur ou la douleur, ou les deux, que je sens ma gorge se nouer alors que je m'approche, prenant même pas le temps d'allumer la lumière. Je m'assieds au bord du lit et me penche vers lui, secouant doucement son épaule.

Buck...Buck réveille-toi...

Il ouvre enfin les yeux. Sauf qu'au lieu de se calmer, sa main commence à me repousser, qu'il se débat dans les draps à moitiés arrachés de sous le matelas. La vache, il est violent. Et vraiment loin dans sa terreur. Ni ma voix, ni ma main sur son épaule n'arrivent à le ramener. Je panique un peu, sans trop savoir quoi faire, avant de me décider. Je peux pas...je peux pas le laisser comme ça. Il faut que je le ramène... Et heureusement pour moi, je suis plus grand que lui, et sûrement en meilleure forme. Je me mets à cheval sur lui, pour bloquer ses jambes, attrapant sa main avec la mienne pendant que l'autre se pose sur sa joue. Et je continue, encore et encore.

Buck! Buck tu fais un cauchemar! Buck! Buck c'est moi!

C'est vachement flippant, de le voir me regarder sans me reconnaître. On dirait qu'il est presque en...en transe... Il s'est redressé et se tient face à moi. Je repousse sa main qui essaie de me serrer la gorge, manquant de me casser la gueule, avant de le bloquer une nouvelle fois.

Buck arrête! Arrête c'est moi! C'est Steve! Calme-toi!

Et enfin je sens qu'une lueur s'allume dans son regard. On dirait qu'il est enfin...revenu. Ses yeux bleus me contemplent longtemps avant de me reconnaître, et je souris en soupirant, soulagé.

Tout va bien...tout va bien...

Sans même réfléchir mes bras le ramènent contre moi, et je glisse une main dans son dos, et l'autre dans sa nuque en le serrant avec force.

Je suis là Buck... Je suis là... C'est terminé... T'es chez nous, t'es à la maison...

Et j'appréhende. J'appréhende qu'il me repousse, encore. Qu'il me hurle que j'avais pas à faire ça, que j'avais pas à entrer dans sa chambre sans sa permission, que ce qui s'était passé me regardait pas... mais non. Et après une seconde, je le sens qui...me rend mon étreinte. Son bras qui glisse autour de ma taille et son front qui vient se poser contre mon épaule. Et...pour moi c'est une victoire. Parce qu'il semble accepter, enfin, que je l'aide. Que je sois là. Que je sois là pour lui. Et réaliser qu'il est pas seul... D'un coup, c'est comme s'il baissait le masque. Qu'il me montrait son vrai visage, et pas une façade. Et c'est ce que j'attendais. Je m'en fous de combien il peut être cassé, du moment qu'il me laisse être là pour lui. Comme il l'a été pour moi, toutes ces nuits... toutes les fois où il restait à l'intérieur à me faire la lecture parce que j'allais mal alors que je savais très bien qu'il crevait d'envie de courir dehors et de taper dans un ballon.

Chuuuut, t'excuse pas... T'excuse pas Buck... T'as le droit d'aller mal... Et je suis là pour t'aider...si tu veux bien me laisser faire...

Très lentement je commence à le bercer, chantonnant à voix basse contre lui alors que sa main s'agrippe un peu moins violemment à moi, moins...Désespérément, même s'il s'est pas éloigné d'un pouce. Et pendant de longues minutes je dis rien, je fais rien d'autre à part le garder contre moi et passer ma main dans ses cheveux, à chantonner... Je sens sa respiration qui se calme, son coeur aussi, et ses muscles se détendre petit à petit. Et au bout de longues minutes j'ose enfin briser le silence.

Tu veux que j'aille te faire un thé? Un verre d'eau? Dis-moi s'il y a quelque chose qui t'aide dans ces cas-là d'accord? Hésite pas...

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Mer 20 Mai - 12:48

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je pourrais le repousser, lui dire qu'il a rien à faire là, qu'il devrait pas faire ça… Je pourrais lui hurler dessus, lui en coller… Je pourrais me comporter avec lui comme je me comportais avec Jesse… Mais lui ne me gueule pas dessus pas que j'ai eu l'audace de le réveiller, lui ne me traite pas de taré… Lui ne me juge pas. Au contraire, il me prend dans ses bras, me rassure, sans demander quoi que ce soit en retour. Ses doigts se glissent dans mes cheveux alors qu'il commence à me murmurer que je suis en sécurité et qu'il est là. Mon Steve… J'hésite un instant avant de lui rendre son étreinte, m'accrochant presque désespérément à lui. Me laisse plus. M'abandonne plus. Je réprime un tremblement alors que je ferme les yeux, posant mon front contre son épaule. J'avais peur qu'il me voit dans cet état, j'avais peur qu'il réagisse comme les autres… Qu'il sache pas quoi faire et qu'il réagisse mal. Mais non. Il me garde contre lui, glissant ses doigts dans mes cheveux en bataille alors qu'il me murmure que j'ai le droit d'aller mal, que j'ai pas à le cacher, qu'il est là pour m'aider. Je réprime un frisson alors que je me serre un peu plus contre lui. Je sais. Je sais… Je sais que tu veux juste m'aider. Je sais que t'as envie de me sauver Steve… Ce que je comprends pas… C'est pourquoi ? Pourquoi vouloir me sauver ? Parce qu'il tient à moi ? J'en sais foutrement rien… Et de toute façon, je ne suis pas sûr de vouloir connaître la réponse. Tout ce qui compte c'est que je suis, à la maison, en sécurité, et qu'il comprend. Il comprend mon état. Je devrais pas en demander plus.

Accroché à Steve je tente de me calmer, de faire taire les battements irraisonnés de mon coeur, à calmer ma respiration bien trop haché, mais je n'y arrive pas. Simplement parce que c'est la première fois qu'il y a quelqu'un… Pour moi. Quelqu'un qui caresse doucement mon dos, qui me murmure que tout va s'arranger. D'habitude je dois me contenter de me rouler dans mes draps trempés de sueur et compter lentement… À l'envers, et respirer… Dix, neuf… Avant de m'interrompre en entendant Steve commencer à chantonner. Je me fige, quelque peu perdu. Il chantonne… Ça."You are my sunshine, my only sunshine…" Je garde les yeux clos alors que je pousse un léger soupir, me détendant au fil des paroles qui s'échappent d'entre ses lèvres. Il s'en souvient. Il se souvient que gamin, je passais des après-midis à chanter ça alors que je jouais avec lui aux cartes… Parce qu'il ne pouvait pas sortir… Mais je m'en foutais. Je pouvais rester des journées entières avec lui, même si ça impliquait de rester à l'intérieur et de ne pas profiter du soleil… Parce qu'il était plus important qu'une partie de foot ou quoi… Mes doigts se desserrent lentement alors que je me détends, l'écoutant simplement chantonner… "You are my sunshine… My only sunshine, you make me happy, when skies are grey…" Mes muscles se détendent un par un alors que mon rythme cardiaque finit par se calquer sur le sien, et pendant de longues minutes, je me laisse simplement aller dans ses bras, l'écoutant me chanter cette chanson qui me donne l'impression d'avoir dix ans à nouveau. D'être encore un gamin heureux, pour qui tout allait bien et dont sa seule angoisse dans la vie c'était de s'assurer que Steve aille bien. Qu'il soit heureux. Entre ses bras, j'ai l'impression de redevenir l'enfant insouciant que j'étais avant, le temps de quelques minutes, j'occulte tout le reste, ne me concentrant que sur sa voix, sur ses doigts qui jouent avec mes cheveux, sur sa main qui caresse tendrement mon dos au travers de mon T-shirt… Pendant quelques minutes… J'oublie que je vais mal, que je suis fracassé.

Seulement je reviens bien vite à moi lorsqu'un silence retombe entre nous. Je rouvre doucement les yeux alors que je pose mon menton sur son épaule, ma prise autour de sa taille se relâchant doucement. Subitement, je me rends compte de notre proximité… De notre étreinte. Doucement je me glisse hors de ses bras, avant de croiser à nouveau son regard quand il me demande si j'ai envie de quoi que ce soit, si j'ai un rituel ou quoi. Je baisse les yeux alors que je me racle la gorge, soufflant d'une voix rauque et éraillé :

"Non, non, je veux rien de tout ça… Je… Normalement… Je me rhabille et je vais dans un diners…"

Sauf que je n'ai pas le temps de terminer ma phrase qu'il m'annonce déjà qu'il va m'accompagner. Pardon ? Je lève les yeux vers lui alors que mon coeur rate un battement. Non. Tu peux pas venir… T'es pas… Dans la routine. Seulement, je ne peux pas lui dire ça… Je peux pas lui sortir ça froidement, pas après ce qu'il a fait… Il comprendrait pas. Ça lui ferait mal que je lui dise qu'il ne fait pas parti de mon rituel… De celui qui me permet de me calmer, de finir la nuit. Alors à la place, je tente une autre approche.

"Non, Steve… Tu bosses demain. Je vais y aller tout seul… J'en ai pour une heure à tout casser… Va te recoucher…"

Sauf qu'il insiste. Encore et encore. D'une voix ferme mais douce il me fait comprendre que je n'ai pas vraiment le choix sur ce coup-là. Qu'il va venir avec moi et qu'on va passer la nuit ensemble, parce qu'il veut simplement m'aider. Et c'est là que l'évidence me frappe. Il veut vraiment m'aider. Il espère vraiment me sauver. Il veut être là pour moi. Pendant une seconde je me contente de le regarder, avant de capituler. Tu veux m'accompagner ? Je crois que j'ai pas le choix. Je détourne le regard avant de pousser un soupir.

"D'accord, d'accord… Laisse-moi dix minutes. Le temps que je me prépare."

Et bien sûr il ne peut s'empêcher de me glisser une vanne un peu douteuse avant de me laisser un peu d'intimité. Je sais pas si j'ai envie qu'il vienne. Je sais pas si j'ai envie qu'il me voit avec Angie… Je sais pas si j'ai envie qu'il voit mon rituel, qu'il assiste à ça. Je pousse un soupir alors que je me débarrasse de mon T-shirt, le jetant au sol. J'ai pas le choix, je peux pas lui dire d'aller se faire foutre, parce que dans le fond il veut juste m'aider. Il ne veut que mon bien… Il veut juste m'aider à garder la tête hors de l'eau… Alors pourquoi avoir si peur de son jugement ? Il a vu le pire, non ?

Je finis par émerger de ma chambre, enfin habillé, mes cheveux vaguement attachés, affichant un air presque honteux. Je n'ose croiser son regard alors que je fais tinter nerveusement mes clés de voiture entre mes doigts. Subitement j'ai un goût amer dans la bouche. Ouais. On va vraiment aller au Blue Moon tout les deux… Sans un mot je le laisse fermer l'appartement, n'osant pas décrocher un mot. Et tout le trajet se passe dans un silence pesant. La seule chose qui vient troubler l'épais mutisme, c'est le ronron fatigué de ma vieille Forde. Je sais pas. Dit quelque chose Barnes. Remercie-le pour ce qu'il fait. Dit lui que t'apprécie. Te ferme pas à nouveau, il mérite pas ça. Il essaye simplement de t'aider. Alors pourquoi lui faire ça ? Pourquoi être aussi froid et aussi distant ? Il y est pour rien, t'as pas le droit de lui en vouloir. Mes doigts se resserrent autour du volant. Je le mérite pas. Je le mérite tellement pas. Il ferait bien mieux de faire comme les autres… Avant qu'il finisse par en souffrir. Et je m'en remettrais pas si il devait souffrir à cause de moi. Je finis par me garer, coupant le moteur avant d'esquisser un sourire lorsqu'il me glisse que l'endroit a l'air charmant.

"Ouais… Si t'as besoin d'une tasse de café en plein milieu de la nuit, j'dirais qu'ici c'est le paradis."

Steve sur les talons je pousse la porte du restaurant, n'ayant pas le temps de prononcer le moindre mot que j'entends déjà les talons et les froissements de l'uniforme d'Angie qui résonnent à mes oreilles alors que celle-ci est à deux doigts de me sauter dessus. Un sourire immense illumine son visage alors qu'elle m'accompagne jusqu'à ma table.

"James ! Eh. Je commençais à penser que tu m'avais abandonné pour une autre serveuse ! Vraiment ! J'étais triste tu sais… Sans mon client préféré…"

Et c'est là qu'elle voit Steve s'assoir à mes côtés. Ses joues rosissent immédiatement alors que celui-ci la salut poliment. Je lève les yeux au ciel. J'en étais sûr. Je savais que maintenant avec sa carrure et sa gueule d'ange il les faisait toutes tomber. Je fronce les sourcils alors que je sens qu'Angie me donne un léger coup de coude.

"Eh bah… ? Tu me présentes pas ?
- Euh si pardon… Angie voici Steve, mon colocataire… Steve… Angie.
- Quoi ?! Ton colocataire ? Traître ! Tu m'avais promis que tu m'inviterais à ta pendaison de crémaillère ! Han, mais tu m'as vraiment oubliée pour un autre…
- Angie...
- Je suis blessée James… Et le seul moyen de te faire pardonner, c'est de revenir plus souvent !"

Pour seule réponse je lui glisse un grand sourire. Elle est pas possible… Mais pour rien au monde je ne voudrais qu'elle soit autrement. C'est avec ses petits airs de chaton contrarié que je l'apprécie. Pour ses petites conversations et autre… Je la vois attraper son carnet alors qu'elle griffonne rapidement un truc.

"Bon, James, je sais ce que tu prends… Mais ton copain il voudrait quoi ?"

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Mer 20 Mai - 19:09

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Bucky & Steve ••• C'est bizarre, c'est bizarre de l'avoir, comme ça contre moi, de le sentir pour une fois...fragile, et vulnérable. Lui qui pendant dix ans a été celui qui me protégeait, celui qui me rassurait, celui qui me prenait dans ses bras où je me sentais invulnérable. Contre lui où je savais rien rien ne pourrait m'arriver. Et maintenant, quatorze ans après, les rôles sont inversés. C'est moi qui est là, à le bercer, à le serrer dans mes bras, pour qu'il se calme. Pour qu'il quitte ce cauchemar qui avait l'air si violent pour le laisser dans un tel état. Et j'ai enfin l'impression d'être utile. De pouvoir lui renvoyer l'ascenseur après toutes ces années où il a été à la fois mon meilleur ami, mon confident, mon frère et mon garde-malade. Et pour la première fois j'ai juste l'impression qu'il arrête simplement de me repousser, de continuer à m'offrir un mur, le coup du colocataire parfait parce qu'on ne l'entend jamais.

Et ça va...mieux. Il se calme. Le truc le plus con que j'ai trouvé, l'illumination subite, c'est de chanter la chanson qu'on avait toujours dans la tête quand on était gamins, parce que ma mère adorait ce morceau et qu'il passait à la maison super souvent. Ce qui m'est venu tout de suite quand je l'ai pris dans mes bras. Bucky... La première fois depuis des années qu'on s'est pas serrés comme ça, pas depuis notre câlin sur le trottoir, le jour de son déménagement. Et...ça me rappelle aussi le parc. Ce fameux soir où on avait piqué des bières à mon connard de beau-père et qu'on était allés picoler dehors. Enfin quand je dis picoler, on en avait peut-être bu...deux chacun? Mais ça avait suffi pour qu'il m'embrasse. Et putain c'était... c'était ce que je voulais. Oh oui c'était lui dont je rêvais la nuit. C'était lui à qui de donner mon premier baiser...et...et ça s'est pas du tout passé comme je le voulais. Moi qui avait espéré pendant des semaines, pendant des mois qu'il me dise simplement que...qu'il m'aimait. Qu'il voulait être avec moi. Qu'on soit...amoureux, comme on disait à l'époque. Alors qu'au final...c'était juste l'alcool qui lui avait fait faire ça, comme il l'aurait fait avec...n'importe qui. Et je me rappelle juste que ça m'avait détruit. Qu'il avait juste envie de s'amuser... et...rien d'autre.

L'avoir là, dans mes bras, ça en est violent au point de me tordre le ventre. De raviver cette partie de mes souvenirs avec lui que je pensais enterrée. Loin. Tellement loin. Mon premier baiser. Mon premier amour aussi, alors que j'étais encore ce gringalet à la santé fragile et qui s'imaginait même pas que lui, Buck, le beau Buck, puisse un jour avoir envie de poser ses lèvres sur les miennes. Et quand il l'a fait... mon coeur allait exploser de bonheur. Avant de sentir le goût d'alcool sur ses lèvres. Et de réaliser que s'il avait vraiment éprouvé quelque chose pour moi, il me l'aurait dit. Il m'en aurait parlé. Je pense à tout ça, plus chamboulé que je voudrais l'admettre, avant de lui demander simplement ce que je peux faire pour l'aider, dans ce cas-là. Et je suis un peu surpris quand il me dit que quand ça lui arrive, il va manger un truc dans un diner pas trop loin. Je hoche la tête et lui souris dans le noir.

Alors on y va! Mais tu conduis, je sais pas où c'est.

Je me mets à rire quand il commence à vouloir me repousser et à refuser.

Non, je te laisse pas y aller seul dans cet état-là. Donc je t'accompagne. Je vais flipper si tu pars tout seul... Laisse-moi m'accompagner... S'il te plait.

Et enfin il cède. Il accepte. Alors ok je vais être défoncé demain, mais c'est pour la bonne cause. Et puis je pourrais toujours rentrer faire une sieste entre midi et deux, ou me coucher après mes cours. Heureusement, demain j'ai pas de cours du soir donc...ça devrait aller. Et très bêtement je vois cette nuit comme... une ouverture. Une fenêtre sur qui il est vraiment, et j'ai peur qu'en le laissant y aller seul je retrouve plus cette occasion d'être un peu plus proche de lui. Et je peux pas retenir la vanne de merde quand il me dit qu'il lui faut pas moins de dix minutes pour tirer ses fesses de son pyjama et s'habiller.

Je te demande pas de mettre du mascara et de l'eye liner parce qu'on sort ensemble mon grand!

Mais je me casse avant de me prendre un tiroir de commande, ou qu'il envoie son bras bionique me tuer, et file enfiler un caleçon et un jean, gardant mon tshirt Iron Man, et passant un sweat à capuche. Il est une heure et demie du mat, j'ai envie de dire que niveau style, je m'en fous un peu. J'enfile mes baskets et attrape mon portefeuille avant de l'attendre, adossé au comptoir de la cuisine. Il se pointe enfin, et je sens qu'il est mal à l'aise. Plus froid comme avant mais gêné. Et j'ai peur d'avoir raté la précieuse fenêtre pour en apprendre un peu plus sur lui. Au moins un peu... Enfin... Je le suis jusqu'à sa voiture, et une fois installés dans sa caisse, je lui pose quelques questions par rapport à ce fameux endroit. Comment il l'a connu. Depuis combien de temps il y va, ce genre de trucs. Il me répond du bout des lèvres, et j'insiste pas trop.

Une fois garés, je jette un oeil depuis l'intérieur et souris en voyant le diner à l'ancienne. Version Happy Days. Sympa, j'avoue. Je le suis à l'intérieur, et sursaut en voyant une très jolie fille venir vers nous et pratiquement sauter sur Buck en l'appelant James et en lui donnant du "mon client préféré". Si lui est pas un habitué... mais ça renseigne aussi sur la fréquence de ses cauchemars... Je le suis, m'installe face à lui sur la banquette de cuir rouge après avoir salué la serveuse vraiment sympa. Je me mets à rire doucement en lui offrant un sourire chaleureux.

Enchanté Angie! Et vous qui le connaissez, vous savez bien que cet ours est pas vraiment le genre à donner une fête d'anthologie où la moitié de Brooklyn est invitée hein...

Je lui fais un petit clin d'oeil, avant de sourire en l'entendant parler à Buck. Elle a l'air de l'apprécier, de s'inquiéter pour lui et c'est touchant.

Promis je veillerai à ce qu'il vous abandonne plus!

Elle sort ensuite son carnet pour prendre les commandes, et elle demande à Buck s'il prend comme d'habitude. Autre preuve qu'il est foutrement habitué, pour qu'il ait même pas besoin d'ouvrir la bouche et qu'on sache déjà ce qu'il va prendre. Elle se tourne ensuite vers moi, et après avoir observé Bucky pendant une seconde, je hausse rapidement les épaules.

Vous savez quoi? Je vais prendre la même chose. Avec un chocolat chaud. Faut se garder un peu de surprise dans la vie!

Une fois qu'elle a disparu aux cuisines, je souris à Buck.

C'est pas mal ici. Et la serveuse a l'air de bien t'apprécier. Elle est sympa... Je comprends que tu aimes bien venir ici...


Je prends le temps d'observer autour de moi, le décor, le staff dans les cuisines qu'on peut voir à travers le passe-plat et je remarque qu'on est...seuls. Mais vraiment tout seuls. Eh beh... si on aime pas la compagnie, c'est vraiment la bonne heure... Je souris à notre serveuse, alors qu'elle nous apporte nos boissons, et note le choix de Buck. De l'eau avec un zeste de citron. Et un thé à la camomille. En temps normal j'aurais sûrement fait une vanne absolument pourrie sur ça, le fait qu'il soit une grand-mère à prendre une tisane, mais pas là. Pas maintenant. Alors je bois une gorgée avant de reposer la tasse. Et je salive en voyant nos deux assiettes venir à la suite, avec les oeufs, les toasts, le bacon, et les frites.

Ca donne envie! Et finalement, j'ai bien la dalle. Je te parie que je termine l'assiette avant toi!

Et je lui souris en coin, amusé, avant de commencer à piocher une frite ou deux et à les porter à ma bouche.
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Mer 20 Mai - 21:36

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je pâlis au moment même où il répond qu'il prend la même chose que moi. Oh non. Non, non, non… Angie note ça avec un sourire avant de nous laisser seuls. Non mais il peut pas prendre la même chose que moi… C'est pas possible… Il va voir… Il va se rendre compte que… Enfin… Non. Je serre les dents alors que je ravale le goût amer que j'ai dans la bouche, tentant de me raisonner. Non mais ça va aller, il t'a aidé pendant ta crise. Alors c'est pas parce qu'il va te voir trier avec le plus grand soin ton assiette, qu'il va subitement te juger. Mais si c'était le cas ? Imagine que c'est le truc qui finit par le convaincre que je suis complètement taré ? Je pourrais pas… Non… Faut pas qu'il voit ça. Je serre les dents alors que réprime un frisson d'angoisse. Je devrais aller mieux. Je ne devrais pas angoisser… C'est sensé m'aider putain… Pas me faire paniquer un peu plus… Il devrait pas être là. Je devrais être seul… Parce que face à lui, je me force à être normal, je me force à pas être un taré. Mais là je peux pas… Je prends une grande inspiration alors qu'il me sourit.

"Ouais… Pendant longtemps… C'était l'endroit qui se rapprochait le plus de ma maison…"

Y'a qu'ici où je sentais qu'on ne me portait pas le moindre jugement… Ici je suis juste le client favoris d'Angie… Je suis au calme, et on me laisse faire ce que je veux en paix. Y'a personne pour me jeter un regard scrutateur et me juger. Personne pour me traiter de taré. Je jette un regard anxieux à Angie alors qu'elle nous apporte nos boissons. Et je ne peux que capter le sourire que Steve lui adresse. Bon sang. Mais comment il fait pour être aussi… Aussi calme, aussi à l'aise ? On dirait que tout est normal, que tout va bien, que c'est presque banal pour lui d'être à cette heure-ci, au beau milieu d'un diners avec son colocataire. Mec. Tu devrais pas te sentir chez toi. Tu devrais… Je sais pas. Merde. Lentement je sirote mon verre d'eau alors que mal à l'aise, j'évite absolument de croiser son regard. De peur qu'il recommence à vouloir me parler… Je sais que c'est affreux de penser ça… Mais merde… Il devrait pas être là. Tu devrais pas être là. Je… Je peux pas encore prétendre que je vais bien. Je peux plus. C'est trop dur. Et… Et je veux pas que tu me vois comme ça… Je… Je veux que tu puisses encore penser que je vais bien, que je ne suis pas totalement en morceaux. J'en peux plus. J'ai juste besoin de quelques instants où il ne me regarde pas, quelques instants où je peux être le taré que je suis, juste le temps que je me calme et que j'arrive à reconstruire la façade que je tente de maintenir pour lui. Mais c'est pas possible. Pour ce soir j'en peux plus. J'en peux juste plus. Et rien ne s'arrange quand je vois Angie revenir avec les deux plats qu'elle pose face à nous. Ça y est. C'est la fin.

Je contemple mon plat alors qu'un haut-le-coeur me prend. Je vais pas y arriver. Entre mes doigts je serre la fourchette alors qu'il commence à grignoter ses frites, me pariant qu'il va terminer son plat avant moi. Mais c'est à peine si je l'écoute. Tout ce qui m'obsède c'est ce chaos dans mon assiette. Le bacon qui passe sur les oeufs, les frites qui ne sont qu'une masse informe… Je me dois de ranger ça. De faire en sorte que tout le monde est à sa place. Je peux pas juste manger ça comme ça. Pendant plusieurs secondes, les dents serrés, je regarde mon assiette avant de me forcer à piquer deux frites que je grignote. Et alors que je commence à mâcher, j'ai l'impression de bouffer des clous. Parce que je sais que ce n'est pas ça qu'il faut faire. Que c'est pas la bonne chose à faire. Je devrais ranger, ordonner, trier… J'attrape mon thé et tente d'avaler ce que j'ai en bouche, mais le liquide lui-même semble amer… Au point que quand je déglutis, une puissante sensation de brûlure me saisit.

"Je peux pas… Je peux pas…"

Je commence à murmurer à voix basse alors que je repousse l'assiette, envoyant la fourchette retrouver brutalement la table alors que je ferme les yeux, répétant sans cesse que je ne peux pas. C'est pas possible. J'en peux plus. Je pas prétendre que tout va bien. Je peux pas. Et c'est là que j'entends Steve me demander si ça va. Je frappe violemment la table du poing avant de lever les yeux vers lui.

"Non ça va pas ! Je peux pas, tu comprends pas ? JE NE PEUX PAS ! Je ne peux pas prétendre que tout va bien ! J'en peux plus !"

Sous l'effet de la colère je balaie mon assiette au loin, l'entendant se fracasser au sol alors que la nourriture, se répand par terre, créant un autre chaos. Mais je ne m'en préoccupe pas, ce qui est important pour l'instant, c'est Steve. Steve sur qui je hurle sans cesse, exprimant autant une frustration qu'une peur. Parce que la vérité, c'est que je suis comme cette assiette au sol, je suis fracassé. Il reste plus rien du Buck que j'étais, du Buck qu'il connaissait. Ce gars là est mort y'a des années. Maintenant y'a plus que… Ça. Ce type incapable de faire quoi que ce soit. Ce mec qui n'est qu'un assisté. Celui qui hurle sur la seule personne qui essaye vraiment de l'aider depuis des années.

"Je ne peux pas te voir me regarder comme si j'était un taré ! Parce que je vais bien ! Je ne suis pas brisé, je ne suis pas cassé… Je vais bien… Je vais bien… Je vais bien… Je vais bien…"

Je sens que ça s'agite autour de moi, j'entends Angie qui commence à ramasser mon désordre alors que j'ai un mouvement de recul. Je vais bien. Je ne suis pas un désastre. Je ne suis pas fracassé… Je peux être sauvé… Je… Je sens un noeud se former dans ma gorge alors que je me rassois, posant mon front sur la table, mes doigts se perdant dans mes cheveux alors que frénétiquement je répète que je vais bien, essayant simplement de me convaincre que je ne suis pas en morceaux. Mais c'est trop tard. Steve sait désormais. Il m'a vu.

"Je vais bien…"

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Jeu 21 Mai - 8:24

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Bucky & Steve ••• Je suis content. Content qu’il me fasse partager son univers, même un peu. Qu’il me laisse entrevoir sa vie, maintenant, vu son état. Lui qui a été si renfermé sur ce qui lui est arrivé… Et encore, je lui en veux pas. J’imagine que peu de personnes peuvent vraiment…comprendre ce qui lui arrive. Peuvent imaginer, même un peu, ce qui se passe dans sa tête en ce moment. J’en suis incapable. Mais je veux essayer de faire de mon mieux. Parce que c’est lui. Parce que c’est mon Buck.

C’est pour ça qu’à cette heure aussi tardive je le suis sans même hésiter, à traverser la ville quasi déserte, pour arriver dans un diner. Une oasis, selon lui. Et une fois installés, je comprends. C’est sympa, c’est calme, y’a quasiment personne… et je suis touché de voir à quel point la serveuse s’inquiète pour lui, et veille sur lui. Elle a sûrement senti elle aussi à quel point il était paumé, et à quel point il avait besoin qu’on veille sur lui. Même un peu. Je la connais pas, mais elle a pris soin de lui pendant que moi, j’ignorais totalement dans quel état il se trouvait et pour ça, rien que pour ça, je l’aime déjà. Et elle peut être sûre d’avoir un bon pourboire, même si je sens qu’elle le fait pas pour ça. Et je souris en l’entendant m’expliquer pourquoi il tient à cet endroit, avant de hocher lentement la tête.

Je comprends. Et j’espère qu’un jour notre appart te donnera cette impression aussi…

C’est vrai. Je ne sais rien. Je ne sais rien de ce qui se passe dans sa tête. Je sais rien de comment il me voit. Comment il me considère. Depuis son arrivée, ses cartons ont pas été déballés, et il garde les affaires qu’il utilise le plus dans un sac de marin qui est rangé dans un coin. A part le cactus, c’est à peine si on remarque que quelqu’un vit là. Pas de poster. Rien au mur. Rien sur les étagères ou dans les tiroirs. Et ça me fait mal de voir que…qu’il se sent pas assez bien pour se poser. Que tous les efforts que je fais pour qu’il se sente chez lui marchent pas…Mais peut-être qu’en partageant ça, ce soir, ça va changer ? J’en sais foutre rien mais j’espère…

Nos plats arrivent, et ils donnent envie. Les frites un peu brunes, le bacon croustillant, les toasts bien dorés… J’ai juste envie de me jeter dessus comme un ogre, et je lance de nouveau une petite vanne avant d’attaquer. Buck est en face de moi, silencieux, la tête baissée sur son assiette. Et j’ai à peine croqué dans mon bacon que je sursaute en entendant le bruit métallique de la fourchette qui retombe sur le formica de la table, et je me penche vers lui, attrapant au vol son ‘’Je peux pas’’ qu’il répète en boucle.

Buck, ça va pas ?

Et là…ça dérape. C’était pas la chose à dire. Il relève les yeux vers moi après avoir tapé du poing sur la table, et commence à me hurler dessus, le ton montant au fur et à mesure de ses syllabes et ses mots.

Buck…Buck écoute…

Sauf que je m’arrête quand je le vois balayer son assiette du revers de la main, qui vient s’écraser contre le comptoir tout proche en un lourd fracas. Heureusement, on est seuls, et je surprends juste quelques coups d’œil surpris du cuistot avant qu’Angie n’apparaisse, visiblement chamboulée par ce qui se passe.

Oh James… T’en fais pas mon grand, c’est pas grave. Je vais arranger tout ça… Calme-toi…

En un échange de regards, on s’est compris, et je la remercie d’un petit signe de tête quand je la vois commencer à ramasser les restes de sa commande, pendant que je me lève et me glisse à côté de Buck, sur sa banquette.

Bucky…mon frère…

J’inspire et hésite, avant de passer mon bras autour de ses épaules, et continuer d’une voix douce.

Je te défends de dire que t’es taré. T’es pas taré, loin de là…Alors oui, tu vas pas bien. Mais c’est normal. C’est normal après ce que t’as vécu. Et d’autres auraient sacrément moins bien accusé le coup. Toi t’es encore là. Tu essaies, et tu fais comme tu peux. Mais t’es pas seul… T’es pas seul Buck… Angie est là, et moi aussi. On veut t’aider…d’accord ? Vraiment t’aider. Maintenant il faut juste que…tu nous laisses faire.

J’inspire profondément et me glisse un peu plus contre lui, la gorge qui commence à se nouer. Certains trucs deviennent plus clairs. Sa maniaquerie. Le classement des DVD. Les tableaux…les tiroirs de la cuisine… c’est… un des symptômes, d’après ce que j’ai lu. Et il faut croire que…qu’il y a aussi des trucs qui sont liés à la bouffe. Et que ce soir, c’est pas allé comme il voulait. A cause de moi. Je pose mon front contre sa tête, avant de reprendre.

Buck…pendant des années, t’as été le seul qui aies voulu jouer avec moi. Tu es le seul qui se soit jamais moqué de mes appareils, de mes lunettes, de mon asthme.
Tu m’as jamais rejeté parce que je pouvais pas faire tout ce que faisaient les autres gosses. T’as fait avec. T’as été mon ami malgré tout ça. T’as cassé la gueule à ceux qui me traitaient de cyclope. Alors tu te fous le doigt dans l’œil jusqu’au coude, et même jusqu’à un endroit bien plus lointain que je mentionnerai pas parce qu’il y a une dame, si tu penses une seconde que je vais te laisser tomber maintenant que c’est toi qui as besoin de moi. C’est clair ? C’est le destin qui nous a fait nous retrouver, alors maintenant je te lâche plus. Je veux plus prendre le risque de perdre. Je sais pas comment faire Buck…mais si tu m’expliques… ben tiens…on va commencer par ça…


Je souris et attrape mon assiette que j’ai à peine touchée, la faisant glisser devant nous, et lui tends la fourchette.

Alors, comment ça se passe ?

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Jeu 21 Mai - 10:21

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

"Je vais bien…"

Je ne cesse de répéter cela, mes doigts se crispant dans mes cheveux alors que le front posé sur la table, je tente d'occulter le monde. D'occulter la voix d'Angie qui tente de me dire que ce n'est pas grave, qu'il faut juste que je me calme. D'occulter la présence de Steve à mes côtés, qui passe ses bras autour de mes épaules. Arrête. Arrête. T'approche pas. Tu peux rien pour moi. T'as pas encore compris ? Je me fige en l'entendant commencer à me parler, me couvrant de paroles rassurantes, qui pourtant me laisse un sale goût dans la bouche. Je ne suis pas un taré… Mais je ne vais pas bien. Lui même le dit. Seulement j'en peux plus. J'en ai marre d'essayer. Marre de passer mes journées à faire semblant, marre de me battre alors que je sais qu'à la fin de la journée, ça n'aura rien changé. Que le lendemain en ouvrant les yeux, je serais toujours aussi fracassé. J'en ai marre de me battre. Marre de croiser mon regard dans la glace tout les matins et ne voir que je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Un frisson m'échappe alors qu'il m'assure que je ne suis pas tout seul, qu'Angie et lui sont là pour moi… Qu'il faut juste que je les laisse m'aider. Les mots se meurent sur mes lèvres alors que je rouvre les yeux, le sentant poser m'enlacer un peu plus alors qu'il pose sa tête contre la mienne. Et lentement, il reprend, me rappellent, qu'avant j'étais celui qui s'occupait de lui, et que désormais, c'était à son tour de le faire. Je pince les lèvres. C'était pas pareil… Je m'étais promis ce jour-là à l'hôpital que je serais toujours là pour toi… Que quoi qu'il arrive, tu passerais avant tout. Ce jour-là quand j'ai croisé ses deux grands yeux bleus… Je me suis promis de te sauver, de te protéger… Mais maintenant, t'as plus besoin de moi. Regarde-toi. Il parle de destin, du fait qu'il ne va plus jamais me lâcher… Et dieu sait qu'il pourrait. Il n'a plus besoin de moi, il pourrait se débarrasser du poids que je suis, et continuer sa vie sans se préoccuper de moi… Mais il refuse de me lâcher. Peu importe mon état. Ses bras sont toujours autour de mes épaules, et il est toujours là à me murmurer que ça va aller. Lentement je me détends,  poussant un long soupir alors qu'il tire l'assiette à nous, me demandant de lui montrer. Subitement j'ai l'impression d'être un enfant, un gamin qu'on tente de calmer en lui filant une sucette. Je renifle doucement alors que je lève lentement les yeux vers lui, croisant son regard toujours aussi bleus. Si tu savais à quel point je suis désolé Steve… Je devrais être celui qui est invincible, celui qui ne souffre de rien et qui veille sur toi… Je devrais être ton Buck, celui au sourire arrogant qui te couve d'un regard tendre, celui qui ne te juge pas… Celui qui se bat pour toi. C'est toi qu'il faut protéger à tout prix. Pas l'inverse. Tu mérites pas ça… J'ai pas le droit de t'imposer ça… Je devrais être celui que tu connaissais… J'aimerais redevenir ton Buck. Même le temps d'une seconde. Juste pour que je lise autre chose dans ton regard…

Je baisse les yeux en le voyant sourire alors que timidement j'attrape la fourchette entre ses doigts. Il veut comprendre. Il ne me jugera pas, tout comme je n'ai jamais pu me moquer de ses prothèses ou de ses immenses lunettes. Comment aurais-je pu de toute façon ? À mes yeux il était parfait. Que ce soit dans sa façon de prononcer certains mots ou dans le fait que ses lunettes cachaient la moitié de son visage. À chaque fois que je le regardais, je ne pouvais m'empêcher de sourire comme un crétin. Parce que j'arrivais pas à lui trouver le moindre défaut. Il me suffisait d'un sourire de sa part et j'en oubliais le reste. Il était mon Steve, la seule personne qui comptait pour moi… Et sans lui… J'étais perdu, comme si il me manquait quelque chose… Comme si on m'avait arraché une partie de moi-même… Alors pendant des années, j'ai erré, complètement paumé. Je faisais semblant de vivre, alors qu'en réalité, je passais mon temps à le chercher, lui. Mon Steve. Mon frère. La vérité c'était que j'étais paumé comme gamin… Et que je le suis toujours. Le métal de la fourchette se réchauffe doucement entre mes doigts alors que je commence à trier les aliments dans l'assiette en silence. Je pose les oeufs sur les toasts avant de ranger le bacon au milieu de l'assiette, veillant à ce qu'il ne touche rien, avant de m'occuper des frites que j'ordonne bien sagement par ordre croissant. Remettre de l'ordre dans le chaos. Tenter de compartimenter, pour éviter toute confusion, en espérant qu'un jour, dans mon propre esprit ce sera aussi simple. Que je n'aurais qu'à remettre de l'ordre dans le chaos. Je m'immobiliser avant de lever les yeux vers lui, lui rendant la fourchette alors que je tente un sourire.

"C'est… C'est comme ça que je fais d'habitude… Et ensuite… Tu manges dans l'ordre inverse… D'abord les frites… Puis tu termines par les oeufs."

Parce qu'il ne faut pas qu'ils salissent le reste. Un frisson m'échappe. Mais que suis-je devenu ? Est-ce que je me résume vraiment à ça désormais ? Oui. Un désastre, un naufrage… J'ai même plus les mots pour définir ce que je suis. Je survis, je n'essaye même plus de vivre. Je ne me bats plus, contrairement à ce qu'il pense. Je me maintiens juste en vie, en espérant qu'un jour, tout ça s'arrête. Parce qu'une part de moi se demande encore pourquoi je suis là. Une part de moi se dit que peut-être, je n'aurais pas dû m'en sortir ce jour-là… Que j'aurais dû me laisser crever. Mon sourire se fane alors que je le regarde. Je ne sais pas ce que je cherche dans son regard, mais le temps d'une seconde, j'aimerais qu'il me regarde autrement que comme l'être brisé dont il doit s'occuper. Je voudrais revenir quatorze ans en arrière, juste pour le voir à nouveau lever les yeux vers moi et me sourire…  

"Je suis désolé Steve…"

Désolé d'être dans cet état, désolé de t'imposer ça… Désolé de pas avoir sauté de cette putain de voiture pour te retrouver et te garder avec moi.

crackle bones
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Jeu 21 Mai - 21:22

GI JOE and 2AM Diners.
Bucky & Steve •••C'est violent. Ca. Sa crise pour si peu, pour une histoire de frites qui étaient pas mangées dans le bon ordre. Et les cauchemars qu'il a juste faits un peu plus tôt... Ca me donne un aperçu de l'étendue de ses blessures. Pas physiques, mais surtout morales. Et j'imagine bien que c'est seulement la partie émergée de l'iceberg. Buck, mon frère...qu'est-ce qui a bien pu t'arriver, pour que tu sois comme ça? Quel truc horrible a pu te tomber dessus, pour que toi, toi que je pensais increvable, indestructible, t'en sois réduit à être seulement l'ombre de celui que t'as été. Toi qui étais mon modèle, toi à qui je rêvais de ressembler, toi qui était toujours grand, fort, qui avait peur de rien. Toi qui étais toujours là pour me protéger, pour veiller sur moi... et moi l'avorton qui vivais dans ton ombre.

J'avoue que je sais foutrement pas comment faire. C'est pas le genre de trucs qu'on apprend, pas le genre de trucs qu'on peut prévoir, anticiper. Alors... j'improvise. Je fais... comme je le sens. C'est pour ça que je glisse mon bras autour de ses épaules, et que j'essaie de le rassurer. De lui dire que je suis là. Que maintenant, je serai là pour lui. Que jamais je le laisserai. Promis. Parce que c'est vrai. Parce que je veux pas le perdre. Pas encore. La première fois, c'était trop dur. La deuxième fois, c'est pas dit que j'y survive. Ou alors je garderai des cicatrices encore plus sales que celles que j'ai déjà. Et heureusement, on dirait que ce que je lui dis, les promesses que je lui fais, arrivent à le calmer. Il respire un peu mieux. Plus profondément. Ses tremblements se sont calmés. Et surtout, il prend la fourchette que je lui tends et il me regarde , avant d'hésiter quelques secondes, et commence à parler d'une petite voix. Et c'est bien ce que je croyais. Dans sa tête, il a donné un ordre à la façon de manger sa bouffe. Et s'il le respecte pas, ça déconne. Je saisis à peu près le concept, même s'il devra m'en parler un peu plus. Mais pas maintenant. Non, clairement pas maintenant. Je veux pas le forcer à parler de quelque chose qui visiblement le touche vraiment. Et...le handicape, aussi. Mon dieu, j'imagine même pas à quel point ça doit être un enfer d'avoir tous ses gestes qui sont dictés par un truc qu'il contrôle pas. Que le moindre truc de travers peut apparaître comme une catastrophe...

Ok, alors on commence par les frites...

Je le laisse en piocher quelques-unes avant d'en prendre à mon tour. Puis dans l'ordre, comme il veut. Le bacon. Ensuite les oeufs sur les toasts. A la "Une bouchée pour toi, une bouchée pour moi'', et aussi une façon de comprendre comment ça fonctionne. Et lui montrer que je le rejette pas. Que je trouve pas qu'il est dingue. Il est juste passé par des trucs moches. Très moches même, j'imagine, et son corps a juste cherché un moyen de compenser. Et il a rien trouvé de mieux que ça. Eh ben s'il a besoin de trier ses frites, alors laissons-le trier ses frites. L'assiette se vide petit à petit avant qu'il repose la fourchette sur le plat vide. Et je termine mon chocolat pendant que lui finit son thé. Le calme après la tempête.

Tu vas mieux? C'était comme tu voulais?

Je m'inquiète un peu, parce que je veux savoir. Savoir comment faire pour qu'il soit à l'aise, les habitudes qu'il a pour qu'il se sente mieux, ou rassuré. Et autant que possible, ne pas foutre en l'air les routines qui le calment, mais au contraire, laisser tout ce dont il a besoin pour qu'il associe notre appart à quelque chose de rassurant. Un endroit où il se sentira pas menacé.

Au fait si...y'a d'autres choses qui t'aident... hésite pas à me le dire. Même si ça passe par trier les petits pois ou retailler les carottes... J'ai envie que tu te sentes bien à la maison...ok?

Bon...ça a l'air d'aller mieux. Enfin un peu mieux. Je me détache de lui et étouffe un bâillement. La vache, il se fait tard... Je lui souris et me tourne vers lui.

Il y a encore quelque chose que tu fais ici? Que t'as besoin de faire? Sinon je vais payer l'addition...

Buck me rassure en me disant que oui, et je me lève, en allant retrouver Angie au comptoir, et je paye pour nous deux, lui laissant un pourboire sympa au passage, et la remerciant encore pour tout ce qu'elle a fait. Des gens aussi compréhensifs, ça court pas les rues... Et après lui avoir promis que je veillerai bien sur lui, je retourne à la table.

C'est bon t'es prêt?

On part en saluant Angie une dernière fois, et je peine à garder les yeux ouverts dans la voiture, bercé par le ronron du moteur et la nuit qui nous entoure, avant de quasiment sursauter quand il se gare dans notre rue. On remonte jusqu'à l'appart et referme derrière lui.

Ca va aller? Je vais me recoucher un peu. A moins que tu... tu veuilles que je reste avec toi?

Et je le sens hésiter, fuir mon regard, avant de m'avouer d'une petite voix qu'il voudrait pas rester seul.

D'accord, t'auras intérêt à pousser tes petites fesses parce que je prends plus de place que quand on était gosses maintenant! Je file me brosser les dents, j'arrive dans deux minutes.

Je passe par la salle de bains, le laissant dans sa chambre quelques minutes, avant de repasser mon bas de pyjama assorti au tshirt Iron Man, et je pousse doucement la porte de sa piaule.

Salut Cacti. Ce soir je m'incruste.

Et je souris à Buck qui est déjà sous la couette.

Toujours partant pour avoir un grand machin avec toi?

Je ris quand j'attrape la couette et la soulève pour me glisser dessous, et je me laisse retomber dans les oreillers en soupirant de bonheur. Allez, tentons de voler encore un peu de sommeil avant que l'horrible réveil sonne... Je lance un léger ''Bonne nuit Buck'' avant de fermer les yeux et je sombre rapidement dans le sommeil.

J'ai l'impression d'avoir à peine fermé les yeux quand j'entends mon réveil sonner. Oh putain mais on est au plein milieu de la nuit non? Oh non... Je commence à ouvrir les yeux avant de réaliser que...wow. Mais attends, c'est pas mon lit. C'est pas ma chambre! Et je...oh merde mais je suis pas seul! Qu'est-ce qui s'est passé? Je me rappelle pas d'une soirée arrosée pourtant. Et là je me rappelle le diner. Buck. Ses cauchemars et sa crise. Sauf que...sauf que là il...est dans mes bras. Et c'est...c'est foutrement bizarre. Pas désagréable mais...bizarre. Et le réveil continue de sonner. Et je dois me dépêcher avant qu'il se réveille et que ce soit simplement bizarre qu'on se retrouve dans les bras l'un de l'autre... Alors je me dégage doucement, et je remonte la couverture sur lui, avant de me glisser hors de la piaule sur la pointe des pieds et je file me préparer.

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Ven 22 Mai - 9:19

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Avec hésitation je commence à piquer une frite, et heureusement, tout va bien. Pas de nausée, pas d'impression de bouffer des lames de rasoir… Non, ça va. C'est bon. Je me retiens de soupirer de soulagement alors que je laisse Steve piquer dans mon assiette, sans un mot, appréciant d'une certaine façon de partager ce moment avec lui. Parce qu'il semble comprendre, du moins il fait l'effort de vouloir comprendre, de tenter d'appréhender ce qui se passe dans mon esprit à ce moment précis. Et j'apprécie. J'apprécie qu'il ne me traite pas de taré, qu'il soit là avec moi… Et même si c'est le temps d'une simple nuit, j'en demande pas plus. Juste qu'il soit là pour moi. Même si… Même si il ne devrait pas avoir besoin de faire ça. Je devrais veiller sur lui, comme avant. Pendant cet instant étrangement silencieux et calme, je ne décroche pas un mot, me contentant de manger. De toute façon que pourrais-je lui dire ? Je pourrais le remercier, lui montrer que j'apprécie, mais je suis trop lâche. Puis finalement, l'assiette se vide, et voilà qu'il me demande si tout allait. Bien sûr. Sinon j'aurais recommencé à paniquer, à m'énerver… Là, avec toi à mes côtés… Ça va un peu mieux. C'est pas exactement mon rituel, mais pour ce soir, c'est juste ce dont j'avais besoin. Je lève les yeux vers lui et ose un très léger sourire.

"Oui, merci Steve."

Mais celui-ci se fane bien vite quand il me demande si il y'a d'autres choses qu'il doit savoir, histoire que je me sente enfin chez moi, à l'appartement. Il veut vraiment que je sois bien ? Le serais-je un jour ? J'en sais foutrement rien. Parce que même si il me dit qu'il ne veut pas me perdre… Y'a bien un jour où il me mettra à la porte, parce qu'il aura trouvé quelqu'un d'autre, parce qu'il en aura marre… Et ce jour-là, je ne suis pas sûr d'être capable de supporter de le voir s'éloigner de moi une seconde fois… Ainsi c'est peut-être plus simple de garder mes distances, de ne pas m'installer, simplement pour que le jour venu… Ça ne me détruise pas. Seulement je ne peux pas lui asséner cela froidement… Il ne le supporterait pas, lui qui fait tant d'effort pour que je me sente bien avec lui. Non, vaut mieux que je garde ça pour moi. Alors à la place, j'esquive la question d'un simple hochement de tête et d'un :

"D'accord, si y'a le moindre truc, je te le dirais."

Chose que je ne ferais pas. Je ne veux pas que tu saches tout ce qui se passe dans ma tête. Il a vu l'essentiel, il a déjà une bonne idée de la façon dont je suis fracassé, alors je ne vais pas lui imposer le reste, de peur que cela lui fasse le moindre mal. Je m'en remettrais pas. Qu'il souffre à cause de mon comportement ou de quoi que ce soit d'autre. Je le laisse s'éloigner alors qu'il étouffe un bâillement, me demandant si tout est bon. Je termine mon thé avant de lui assurer que c'est bon. Normalement je devrais finir avec un café… Mais je préférais qu'on rentre.

"Non, c'est tout bon… On peut rentrer."

Chose que l'on fait. Je me lève, renfilant ma veste alors qu'honteux, je m'excuse auprès d'Angie. Mais comme d'habitude, celle-ci m'adresse un sourire chaleureux avant de me dire que ce n'est rien, et que de toute façon je reste son client favoris. Rassuré de l'entendre dire ça je la remercie du bout des lèvres avant de filer avec Steve. Steve qui pendant tout le trajet en voiture, somnole, la tête contre la vitre. De temps à autre je lui jette un rapide regard avant de sourire. C'est étrange. De l'avoir ici, avec moi… Mais c'est plaisant. De ne pas être seul, de ne pas devoir rouler dans cette épave qui a un relent de vieux tabac… D'avoir Steve qui fait tout ça, simplement parce qu'il s'inquiète. Sous les lumières particulières de la nuit, je l'observe somnoler, avant de me concentrer sur la route. Arrête Barnes. Ça ne sera pas tout le temps comme ça. Il ne pourra pas toujours tout supporter, tout accepter. Il est humain, comme toi. Au bout d'un moment ce sera trop dur à porter pour lui, et t'as pas le droit de lui demander de t'aider à porter tout ça. C'est ton problème et tu dois te démerder avec ça. Personne ne mérite qu'on lui impose ça, et surtout pas lui. Je coupe le contact et le voit se réveiller d'un coup. Je me retiens du moindre commentaire avant de simplement monter à l'appartement avec lui. Et quand il me demande si ça va aller… Une part de moi aimerais lui dire que je préférerais ne pas être seul. Je me mordille doucement les lèvres alors que je joue nerveusement avec mes clés de voiture. Je détourne le regard. Bien sûr que j'aimerais qu'il reste avec moi pour la nuit… Mais c'est étrange de demander ça à son colocataire non ? Je peux pas simplement lui avouer que ouais, je me sentirais mieux avec lui à mes côtés. Il pourrait mal le prendre… Enfin vu qu'il le propose… Oh et puis merde.

"Je serais pas contre un peu de compagnie ce soir… En fait…"

Pendant une seconde, j'ai peur qu'il me dise d'aller me faire foutre, mais non. Il se contente d'un trait d'humour, m'assurant qu'il me rejoint dans deux petites minutes. Un léger sourire se dessine au coin de mes lèvres alors que je file dans ma chambre, repassant ce qui me sert de pyjama. Et quand j'entends la porte de la salle de bain s'ouvrir, je me glisse sous les draps, m'allongeant de façon à lui laisser toute la place nécessaire. La porte de ma chambre s'ouvre lentement et j'y trouve un Steve avec son pyjama Iron man qui ose me faire une réflexion limite vaseuse. Je hausse un sourcil.

"Tu sais que ça sonne limite comme des avances Rogers ? Sans compter que je fais rien au premier rencard."

Et j'ai à peine le temps de terminer ma phrase que je la regrette. En fait, je ne suis pas si à l'aise avec lui lorsqu'on en vient à ce genre de vannes. Peut-être parce qu'à chaque fois, ça me force à me souvenir de cet après-midi au parc, de ce baiser qu'on a échangé… De ses lèvres contre les miennes, de ma main sur sa joue, de la sienne sur mon coeur. Ou simplement parce que justement, j'aimerais que cela se reproduise. Juste une fois. Rien qu'une fois. Lui qui avait été mon premier vrai amour. Celui que j'avais envie de serrer dans mes bras…. Je repousse cette idée au loin, le laissant se glisser sous les draps alors que je me colle un peu plus au bord du lit. Je n'ose plus le regarder. Parce que l'époque où nous dormions l'un contre l'autre, lui dans mes bras, semble bien trop lointaine. Je ferme les yeux et lui réponds un simple "Bonne nuit Steve", avant de simplement sombrer dans un sommeil lourd et sans rêves, dieu merci.

Quand je me réveille, le nez dans l'oreiller, les cheveux dans les yeux, je suis seul. Pas de Steve à l'horizon, pas un bruit. Rien. Je pousse un grognement alors que je remonte la couverture jusqu'à mon nez, clignant des yeux alors que je repense à cette nuit… À Steve. Je pousse un soupir alors que mes yeux se posent sur Cacty. Ouais. N'y pensons pas. Vaut mieux.

*
La journée n'avait été que la répétition de ma routine habituelle, j'avais traîné devant une tasse de café et un bol de céréales avant de me décider à aller courir un peu, puis dans l'après-midi je m'étais payé le luxe d'une sieste et là, pendant que le temps le permet encore, je fume au balcon, regardant sans pour autant m'y intéresser, la rue. Parce qu'une chose tourne et tourne sans cesse dans mon esprit. Steve. Pourquoi ? J'en sais foutrement rien. Parce qu'il m'a accompagné au diners, parce qu'il m'a calmé, parce qu'il m'a pris dans ses bras ? Un peu de tout ça. Y'a quelque chose que je ne comprends pas. J'ai l'impression que je trouve cette situation étrange pour deux, que lui, ça ne le dérange pas… Pire, que ça lui semble normal. Qu'après tant d'années, on reprenne tout comme si on ne s'était quittés que deux jours. Quatorze ans. C'est ce que j'ai envie de lui hurler. Quatorze années. Tu peux pas faire comme si tout allait bien, alors qu'on nous a volés tout ce temps… Parce que t'as disparus. Tu m'avais promis que rien ne nous séparerait et pourtant, même si je suis celui qui a déménagé, t'es celui qui m'a abandonné. Je souffle une volute de fumée avant de sentir quelque chose de glacé me tombé dessus. Et en moins d'une minute, je me retrouve complètement trempé, les cheveux collés sur le visage. Un juron m'échappe alors que je passe une main sur mon visage, levant la tête vers la voisine du dessus. Heureusement je ne portais pas ma prothèse, sinon j'aurais eu une bien mauvaise surprise. Seulement j'ai pas le temps de l'insulter qu'elle bat en retraite dans son appartement. Oh. Si tu crois que cela va m'arrêter. Les dents serrés, je fais un crochet par la salle de bain pour attraper une serviette, puis par ma chambre pour enfiler ma prothèse. Et alors que je sors de ma chambre, les cheveux encore trempés, je croise Steve qui visiblement se demande ce qu'il se passe pour que je sois dans un tel état.

"Rien. Disons simplement que je vais aller faire un remake de Terminator à la vieille peau du dessus."

crackle bones
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Dim 24 Mai - 16:48

GI JOE and 2AM Diners.
Bucky & Steve •••Je marche sur des oeufs. Depuis qu'il a emménagé. Savoir qu'il a vécu des trucs horribles. Sentir qu'il a été marqué à vie, et pas savoir. On est loin de l'époque où il avait même pas besoin d'ouvrir la bouche pour que je sache à quoi il pensait. De l'époque où un regard échangé à travers la classe suffisait à ce qu'on se comprenne. Là où avait c'était clair et limpide, maintenant j'ai du brouillard. Et je sais pas. Je sais plus. Presque comme s'il parlait une autre langue, que je maitrisais pas encore, ou que j'arrivais tout juste à bredouiller. Et que c'était dur de se comprendre. Buck, mon Buck... Je te promets de faire ce que je peux. Je te promets de pas te lâcher. Plus maintenant... même si j'en chie. Même si je m'en prends plein la tête. Même si ça me vaut d'autres nuits où je serai réveillé par tes cauchemars. Parce que je veux être celui qui te prendra dans ses bras pour te dire que tu es pas tout seul. Parce que je veux être celui qui te raconte des blagues débiles qui te font sourire, et des cactus à qui tu donnes un nom stupide. Moi et aucun autre. Parce que c'est ma place, d'être là... près de toi.

Bon, la crise semble s'éloigner comme des nuages après la pluie, et je le sens...plus détendu. Moins renfermé qu'avant. Peut-être qu'au final, avoir assisté à ça était une bonne chose? Que maintenant que j'ai tout vu de lui et que je suis toujours là, ça le rassure? Comme s'il pouvait oser penser que j'allais me barrer... que j'allais le laisser. C'est maintenant qu'il a plus que jamais besoin d'aide. De quelqu'un. Et égoïstement, de moi. Enfin c'est ce que j'espère. J'arrive plus à lire quoi que ce soit dans ces yeux bleus où je me suis perdu tellement de fois. Je paie, et je suis Buck jusqu'à sa voiture, après un dernier sourire à Angie. Le retour se fait en silence, mais c'est pas un silence gênant. Plutôt le silence qui a l'air de montrer que quelque chose est en train de changer - et j'espère pas en mal- et le silence de celui qui est aussi en train de s'endormir...

On rentre à nouveau chez nous, et à tout hasard je lui demande s'il a besoin de compagnie. Je souris quand il m'avoue un peu honteux que oui, et je lance une dernière blague pourrie avant de me préparer. Et je le rejoins, dans son lit tout neuf, et sa chambre impeccable, où tout est encore dans le mur de cartons rangé dans la penderie, et son sac glissé sous le lit. Courage mon Buck...courage...tu vas y arriver. On va y arriver. Si toi t'as encaissé mes appareils, mon asthme, mes lunettes, mon anémie, moi je peux gérer ton bras et tes crises.

Tu joues les sainte Nitouche Barnes, mais au fond je sais que t'es qu'une dépravée. Et c'est moi qui ai la trouille que tu abuses sauvagement de moi pendant mon sommeil. Heureusement, j'ai mis ma ceinture de chasteté. Et j'hésiterai pas à crier au viol. Jte préviens.

Je souris en le sentant moins...fermé, encore. On dirait que cette soirée, bien qu'un peu foireuse, a permis de débloquer les choses. Qu'il se méfie moins, maintenant que j'ai vu ce qui était possible d'arriver... Et tant mieux. Une fois au chaud, je tombe comme une souche. Jusqu'au matin, où je me réveille en le serrant dans mes bras. J'ai du mal à réaliser, et une fois l'effet de surprise passé, j'ai mal. J'ai mal parce qu'une partie de moi me hurle que c'est comme ça que les choses auraient dû se passer. C'est comme ça que ça aurait dû finir, entre nous. Si...si Buck avait pas déménagé, et surtout, si j'avais pas eu besoin de disparaître, on se serait arrangés pour aller ensemble dans la même fac. Et...et on aurait emménagé ensemble. Parce qu'on aurait été ensemble. Parce que tous les soirs on se serait endormis dans les bras l'un de l'autre en se murmurant qu'on s'aimait. Et qu'on se serait réveillés pareil...l'un contre l'autre. Et d'avoir un aperçu vraiment réel de ce qu'on aurait pu avoir, ça me frappe avec la violence d'un coup de poing. Parce que ça sera jamais comme ça. Parce que je le touche du doigt, je sens son souffle dans mon cou, sa main valide sur mon tshirt. Mais une fois qu'il aura ouvert les yeux tout ça va disparaître, et il va s'excuser et dire qu'il l'a pas fait exprès. Ce que je crois. Il l'aura pas fait exprès parce que lui m'a jamais aimé. M'a jamais aimé comme je l'aime... Alors vaut mieux éviter la situation gênante.

Je me glisse hors du lit et soupire de soulagement en voyant qu'il reste endormi comme une souche. Parfait. Je fais taire le réveil, me prépare rapidement, et file au boulot. La matinée est un peu dure, mais je tiens à coups de jus d'orange et de thé, et je profite de la pause de midi pour piquer un somme dans ma classe, sur les coussins qui servent en général au moment lecture. Du coup, ça va un peu mieux, et je garde fièrement le cap jusqu'à la sonnerie de 15h. Je rentre tranquillement, et dépose mon sac dans l'entrée après avoir ôté mes pompes.

Buck?

Je m'avance jusqu'au salon et cherche mon Buck du regard, avant de tourner la tête vers la porte de sa chambre qui s'ouvre. Je fronce un sourcil en le voyant se sécher les cheveux, l'air sombre. Et je me retiens de rire en voyant son air furieux, posant ma main sur son torse pour l'arrêter.

Eh, du calme. Si ça se trouve elle a juste arrosé ses bégonias et elle a pas fait attention à ce que quelqu'un puisse être en dessous... Du calme... La vache on dirait un épagneul...

Et je me pousse vite fait en riant toujours, avant de bouger vers la cuisine et déposer les cupcakes que j'ai achetés en passant.

Au fait, je nous ai pris des cochonneries pour le dessert... J'avais envie... Bon je vais bosser un peu, j'ai des copies à corriger... On se réchauffe le mexicain ce soir?

Je file prendre une douche rapide et j'enfile ma tenue de maison, à savoir tshirt et pantalon large, laissant le jean et la chemise au placard. Je m'installe à la table de la cuisine et attrape mon stylo rouge sacré, glisse mes écouteurs dans les oreilles et lance ma playlist de correction, avec de la musique cool.

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Dim 24 Mai - 19:36

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Sa main se pose sur mon torse et immédiatement je m'immobilise. Je pourrais le bousculer, lui dire de se bouger pour simplement aller gueuler sur la vieille du dessus. Mais d'instinct, ce geste me fait m'arrêter, me calme presque, d'une étrange façon certes… Mais je me calme. Du moins j'essaye. Parce qu'en croisant son regard, je revois le gamin que je passais mon temps à protéger, à sur-protéger même… Allant jusqu'à me battre avec les idiots qui se moquaient de ses lunettes ou de ses appareils. Au point que par moment, Steve grognait en me disant que je n'avais pas à faire ça pour lui, qu'il était assez grand, que je n'étais pas sa mère. Chose que j'ai eu du mal à entendre. Parce qu'à mes yeux c'était mon devoir de le protéger à tout prix. De m'assurer qu'il ne lui arrivait rien… Seulement j'avais du mal à admettre que ce comportement pouvait l'étouffer. Qu'il pouvait en souffrir. Alors cette façon de poser sa main sur mon torse, de prononcer calmement mon prénom… C'était une façon de me faire comprendre que ce n'était plus la peine. Que ça allait. Qu'il était bien. Mais là, le geste à une toute autre signification, là il veut juste me calmer, me dire que ce n'est pas grave, que ce n'est qu'une méprise. Je sens les muscles de mes épaules avant de lever les yeux au ciel lorsqu'il se permet de me comparer à un épagneul. Ce qu'il peut être con par moment.

"Bah bien sûr… Je suis sûr qu'elle a pas fait exprès de me renverser le contenu de son arrosoir sur la tête… Pour cette fois je veux bien mettre ça sur le compte de son âge avancé… Mais si elle recommence, je te jure que lui fais bouffer ses bégonias."

Ouais, ou alors la prochaine fois, je vais fumer avec un parapluie. Histoire d'éviter d'être trempé quand j'irais toquer à sa porte. Je le laisse s'éloigner avant de recommencer à me sécher les cheveux, le suivant jusqu'à la cuisine. Je hausse un sourcil lorsque je vois les cupcakes qu'il dépose sur la table de la cuisine, et avant que je n'ai le temps de lui demander si c'était un cadeau de sa mère, voilà qu'il m'apprend qu'il est passé les acheter. Je fronce les sourcils. Étrange. Pourquoi en acheter, quand Sarah, pourrait lui en faire des qui seraient bien plus délicieux que ceux-ci ? Seulement je n'ai pas le temps de prononcer cette question qu'il enchaîne me disant qu'on pourrait se réchauffer nos restes d'enchiladas.

"Ouais, je crois qu'on a pas le choix de toute façon, j'irais faire quelques courses demain… Histoire qu'on meurt pas de faim."

Non parce qu'avec quelques cupcakes et ce qui nous reste, je pense que demain ça va être un peu compliqué… Ou au pire, je passe au traiteur chinois dans la journée… Je m'apprête à lui demander qu'il a déjà filé sous la douche, me laissant seul dans la cuisine, avec ma serviette sur les épaules. Ouais. Tant pis. Je pousse un soupir avant de me replier dans ma chambre, jetant la serviette sur mon sac avant d'attacher rapidement mes cheveux humides. J'entends Steve quitter la salle de bain et s'installer à la table de la cuisine et même si d'habitude je me contente de rester dans ma chambre, à fixer le bout de rue que ma fenêtre m'offre, avec pour seule compagnie mon cher Cacty… Je dois avouer qu'aujourd'hui… J'ai presque envie d'être avec lui, du moins, de ne pas le laisser seul. Pas après tout ce qu'il a pu faire pour moi. Car depuis que je me suis installé ici, il se tue littéralement à faire en sorte que je me sente bien… Et tout ce que je lui offre, c'est une certaine froideur. Pas volontaire… Mais une froideur tout de même. Parce que j'ai toujours du mal à avaler qu'il m'ait laissé sans nouvelles pendant quatorze années, parce que j'ai toujours ce stupide faible pour lui et que ce baiser dans le parc me semble pas si loin que ça. Je pourrais fermer les yeux et revenir à cet après-midi, quand tout allait bien, quand on était encore jeune. Mais plus j'y pense et plus ça me tue. Parce que je sais que tout ça, je l'aurais jamais. J'aurais jamais le droit à un autre baiser, j'aurais jamais le droit de le tenir dans mes bras… Désormais j'ai juste le droit d'être l'ombre de son Buck, celui qu'il faut aider, qu'il faut porter. Mais je ne serais jamais celui qui pourra partager sa vie, qu'il pourra lui murmurer tendrement qu'il l'aime ou quoi… Un ami. Voilà ce que je suis et ce que je serais à jamais. Pour le moment j'ai le droit d'être avec lui… Jusqu'au jour où y'aura quelqu'un pour prendre ma place. Quelqu'un de stable avec qu'il il voudra faire sa vie. Quelqu'un qui ne sera pas en morceaux. Je pousse un soupir avant de jeter un rapide regard à mon cactus, lui glissant un sourire un peu amer.

"Épargne-toi la peine de succomber à une belle plante, mon grand…. Être un vieux cactus célibataire c'est plus simple…"

Du bout de mes doigts mécanique j'effleure ses épines avant de lever les yeux au ciel. Ouais. Il est temps que j'arrête de parler à ce cactus. Parce qu'un jour il va me rétorquer que j'ai l'air con à parler tout seul. Je m'étire avant de simplement rejoindre Steve à la cuisine, lui jetant un rapide coup d'oeil alors qu'il corrige avec la plus grande concentration ses copies. J'attrape une tasse alors que je lance la cafetière, regardant le café passer avec un sourire. Je parie que Jesse a hurlé en voyant que j'avais volé sa précieuse machine à café, qu'il a même dû m'insulter en polonais en jurant qu'il allait me faire la peau. Mais eh, comme dit sur mon message, c'est le karma mon grand. J'attrape la boîte de cupcakes et la met au frigo alors que je glisse un sourire à Steve.

"Ça doit faire une éternité que j'ai pas mangé un de ses trucs… Mais, j'ai une question… Pourquoi tu vas en acheter quand tu pourrais aller voir ta mère qui t'en ferait avec plaisir ? Tu sais que tu vas la vexer ?"

Pour être franc, je crois que depuis mon déménagement j'en ai pas touché un. Parce qu'à chaque fois je repensais à ceux de sa mère… Elle qui en faisait sans cesse quand on était gamin. Je me souviens en avoir dévoré au point d'en être malade. Au point que Sarah me réprimandait en me disant qu'il fallait que je les dévore moins vite. Mais j'y arrivais pas, surtout quand elle faisait mes préférés, ceux au chocolat et à la menthe. Je me souviens encore qu'on en bouffait le soir en jouant à la console, ou quand on rentrait de l'école…

crackle bones
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G.I Joes and 2am Diners - Steven & Bucky
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