Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Snake Eyes

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Dim 23 Aoû - 22:01
     

Bucky ♦ Steve

Snake Eyes
C
'est pas vraiment curieux, mais la chambre de Buck est la pièce que je préfère à la Maison Blanche. Ca et la piscine, mais la piscine... c'est surtout à cause des souvenirs qui y sont liés. Non. La chambre de Buck, ou plutôt sa suite est assez bien le reflet de ce qu'il est. Deux pièces en enfilade, la première un salon, avec son piano à queue adoré encombré de partitions en tout genre, couvertes de hiéroglyphes de sa main, et ensuite sa chambre, avec son lit immense à baldaquin, où j'aime parfois nous enfermer en hiver, pour qu'on ait l'impression que rien n'existe à part ce lit, et nous dedans. Ailleurs, tout est trop aseptisé, rangé, impeccable, et on trouve pas le joyeux bordel qui est le signe d'une... maison. A part dans sa chambre, ou malgré le boulot des femmes de ménage il règne toujours un bordel que j'aime bien. Le signe que lui, vit ici. Son domaine et pas le symbole de l'Amérique.

Et moi je suis pelotonné sous la couette, rideaux tirés, au chaud et au calme quand je le sens se faufiler sous la couette et venir se coller contre moi. J'aimerais tellement que ça puisse être tout le temps comme ça. Lui, moi, comme ça, nous deux. Juste nous deux. Je le garde contre moi, souriant en fermant les yeux et en sentant son odeur. Son odeur qui a pas changé depuis des années... Sauf que je fais la connerie d'aborder LE mauvais sujet  et il quitte mes bras pour rouler sur le dos. Je roule sur le côté et pose ma main sur son ventre, levant les yeux vers lui.

Buck, y'a pas que ça comme moyen... Quand quelque chose m'énerve je vais faire un peu de boxe, ou courir... Ca te ferait ptet du bien de faire quelques longueurs, surtout que t'as la piscine juste en bas... Plutôt que de prendre... ça.

Encore une fois c'est un coup d'épée dans l'eau. Encore une fois il va préférer picoler ou se prendre des trucs, comme là, où il se glisse hors de mes bras pour ouvrir le tiroir de son chevet, et vu ce qu'il en sort, je comprends tout de suite. Je saurais même pas dire depuis combien de temps il s'inflige ça. Depuis combien de temps il joue à la roulette russe avec ces cocktails d'alcool, de médocs et de drogue. Un vrai junkie. Alors oui je sais qu'il prenait quelque chose contre angoisse et son stress depuis qu'il avait failli se faire tuer étant gamin, mais j'ai toujours aucune foutre idée de ce qui l'a fait tomber là-dedans. Alors oui, je sais bien que ses parents sont des cons qui ont privilégié leur carrière à la vie de la famille, mais... pour le reste... il a des amis, il a été accepté à Princeton, il est beau, il a tout le pays à ses pieds, il a de l'argent... Pourquoi? Pourquoi se cramer comme ça? Pourquoi tout faire pour se foutre en l'air. Je me demande ce qu'il cherche... Et je me demande aussi s'il a pensé à moi. A ce que ça me ferait s'il finissait par y arriver, quand je me retrouverai tout seul, dans un monde sans lui? Rien. Je pourrais rien faire. Je serais... paumé. Perdu. Inutile aussi. Il est la personne qui compte le plus pour moi en dehors de ma famille, et pour moi il fait partie de la famille. Alors le perdre, vivre sans lui ça serait... ça serait... juste impossible. Et je soupire quand je le vois revenir près de moi, glissant quelque chose dans sa bouche alors qu'il s'approche de moi. J'ai même pas besoin d'ouvrir la bouche qu'il sait déjà ce que j'en pense.

Je vais m'y mettre, je vais m'y mettre... Et toi? Buck on a toute la journée pour nous avant ce soir... Si t'es fatigué, dors. Mets-toi contre moi, et repose-toi pendant que je révise plutôt que de prendre ces saloperies...

Je le regarde s'approcher de moi, avec cet éternel sourire du ''Mais c'est pas grave'' parce que pour lui rien ne l'est, et secoue lentement la tête alors qu'il vient caresser ma joue. Je peux pas lui résister. Je peux pas et il le sait le salaud. Il le sait. Je l'embrasse doucement, avant de le sentir se reculer et porter la main à son nez. Je fronce les sourcils, sans comprendre, et c'est seulement quand je baisse les yeux sur le couvre-lit que je remarque des taches rouges. Putain. Je relève le nez et le cherche du regard, avant de repousser les couvertures et aller jusqu'à la salle de bains.

Buck! Buck ça va? Dis-moi! Ecoute je... je vais aller chercher le médecin... bouge pas!



GleekOut!
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Lun 24 Aoû - 20:16

Snake Eyes
I know you cannot possibly love me. I’m a tangible thing, already broken. But we all want to believe that we can be fixed, and maybe you’ll want to help me with that part.

Putain de merde. C'était juste pas le moment. Pas après ses réflexions, pas après qu'il m'ait vu m'enfiler un cachet sous ses yeux. Le but c'était de le rassurer, et pas de lui filer encore plus d'angoisses. La tête penchée au-dessus de l'évier de la salle de bain, je ne cesse de jurer en voyant les gouttes de sang s'accumuler sur la porcelaine blanche. Je porte ma main droite à mon nez et tente de juguler le saignement, fermant les yeux alors que je commence à avoir le tournis. Non, non, pas maintenant… Pas alors que je suis avec lui. Parce que je sais de quelle façon il va réagir, il va me dire que c'est à cause de tout ce que je m'enfile comme saloperies, on va s'engueuler et ça n'arrangera ni notre situation ni mon saignement de nez. Alors autant s'épargner ça. Je regarde le sang goutter d'entre mes doigts alors que je me retiens de soupirer quand j'entends qu'il s'approche, pire qu'il est déjà à l'encadrement de la porte et que sans même devoir croiser son regard, je sens l'inquiétude dans son regard. Je sais, je sais… Je sais que tu aimerais pouvoir me protéger de tout et faire en sorte que rien ne m'arrive, mais pour ça, faudrait que tu puisses me protéger de ma propre personne, et ça… C'est pas chose si aisé que cela. Sauf que voilà, dans son envie de me sauver d'un terrible saignement de nez, voilà qu'il commence à me dire qu'il va chercher le médecin. D'un coup je relève la tête, pris d'une sueur glacé, mon coeur, lui ratant bien deux ou trois battements. Non. Non. Pas le médecin. Pas maintenant, pas déjà, pas encore. Un tremblement secoue mes épaules alors que je te tente de le retenir.

"Steve non !"

Il se retourne et me regarde sans comprendre, alors que paniqué, je m'approche, quittant l'évier, pour laisser des gouttes de sang sur le sol. Tant pis. Le plus important c'est que le médecin ne vienne pas. Je ne peux pas le voir alors que Steve est toujours là. C'est tout simplement impensable. Il ne peut pas me voir dans cet état. Mon regard vient chercher le sien alors que je reprends, tentant de le rassurer d'un léger sourire qui ne convaincrait pas grand monde.

"Je veux dire… Y'a pas besoin c'est qu'un pauvre saignement de nez… C'est rien, c'est… C'est parce que je suis fatigué… C'est tout… Je vais dormir un peu pendant que tu révises et tout ira bien, d'accord ? Pas besoin de déranger le médecin pour si peu… Regarde, ça va déjà mieux…"

Je retire ma main et rien qu'à sentir le liquide chaud et poisseux, je me doute bien que pour l'instant, ce n'est pas encore ça, et à voir sa tête, je me doute qu'il n'est pas encore convaincu, pire qu'il pense sérieusement à appeler le médecin. Un autre frisson dévale mon échine, je me retourne et attrape un paquet de mouchoir, j'en sors un et le colle sous mon nez, pressant, la tête légèrement penché en avant. Et au bout de quelques secondes, je sens que ça va mieux. Certes j'ai toujours la tête qui tourne, mais ça va mieux…

"Tu vois ? Pas besoin de déranger le médecin… Là… J'ai juste besoin de m'allonger un peu… J'ai la tête qui tourne…"

Mon mouchoir toujours sur le nez, je retourne m'allonger sur le lit, poussant un soupir quand ma tête retrouve l'oreiller. Ok ça va aller, faut que ça aille, sinon il va ramener le docteur et… Et je me refuse à le voir avant un long moment, sans compter que… Que j'ai rien fais. Et je le connais. Je sais qu'à chaque fois qu'il vient, il tente de me refiler de quoi me sonner pour les prochaines douze heures et ce soir… Ce soir il faut que je maintienne mon illusion de fils chéri de l'Amérique, parce que ce soir… On est vraiment de sorti. Ce soir il faut qu'on se présente au ballet de Natasha et je sais que dans ce genre d'évènements, y'a toujours un journaliste ou deux qui traînent, espérant décrocher une photo d'elle et moi en train de s'embrasser… Et pour supporter cela il faut que j'ai l'esprit relativement clair. Je le sens s'assoir à mes côtés, passant une main dans mes cheveux tandis que je rouvre les yeux pour croiser son regard terriblement inquiet. Je lui glisse un sourire presque discret avant de murmurer.

"Steve… Ça va… Révise un peu… Je vais juste… Dormir un peu."

Pendant une petite seconde il soutient mon regard avant de baisser les armes, me disant de me reposer pendant qu'il travaille un peu. Je lui souris, le laissant sortir ses bouquins et sa tablette tandis que je pose ma tête sur ses genoux, fermant les yeux alors que je lui demande d'une petite voix.

"C'est quoi aujourd'hui ?"

J'ai pas besoin d'en dire plus, parce qu'on a l'habitude, il sait que dans ses moments-là, quand je n'essaye pas de le sucer pendant ses révisions, j'apprécie étrangement l'entendre me lire ses cours assommants sur les stratégies militaires… Parce que d'une certaine façon, ça me calme, ça me repose de simplement écouter sa voix grave et calme au possible me lire des passages de L'Art de la guerre de Sun Tzun. Je soupire une dernière fois quand je sens ses doigts se glisser dans mes cheveux tandis qu'il commence doucement à me lire ses cours, et sans trop m'en rendre compte, je finis par m'endormir sur ses genoux, comme on pouvait le faire quand on était gamins. A une époque où c'était relativement plus simple entre nous…

*
"Merci Monsieur…
- Allons, tu peux m'appeler par mon prénom James…
- D'accord Johann…"

Je ris quelque peu alors que je glisse le réglisse entre mes lèvres, le mâchonnant doucement tandis que le médecin m'ébouriffe quelque peu les cheveux. Je l'aime bien… En plus… Il est toujours gentil, toujours souriant, toujours à vouloir savoir si je veux bien… Et surtout, lui, il a toujours des bonbons à m'offrir une fois qu'il a terminé de m'examiner. Il est toujours gentil… Même quand il m'examine, il a toujours des mots doux, des sourires, parfois il glisse ses mains dans mes cheveux ou sur ma joue. Et quand on fait son examen un peu étrange… Il reste gentil avec moi. Du coup, je reste sage, parce que je sais qu'à la fin, j'aurais toujours le droit à un réglisse et un "c'est bien mon garçon, on se revoit la semaine prochaine." Alors comme à chaque fois, je suçote mon bonbon, riant doucement quand il dépose un rapide baiser sur mes lèvres, me laissant ensuite descendre de ma table.

Un frisson m'échappe et c'est presque en sursautant que je me réveille. Pourquoi fallait-il que je me souvienne de ça ? Le souffle court, je tente de repousser au loin les restes de ce rêve qui me ramène à des souvenirs que j'aurais aimé oublier. Un frisson court sur ma peau et doucement je me relève, le coeur encore battant. C'est à cause de lui que son remplaçant à dû commencer à me filer de quoi me calmer. Parce qu'après… J'ai finis par comprendre. J'ai finis par comprendre que ce qui se passait dans son cabinet n'était pas normal, que j'aimais on aurait dû me toucher de la sorte, qu'aucun adulte n'aurait dû m'embrasser, me caresser… Mais gamin, je pensais que c'était normal et puis… Il était gentil, il avait toujours un mot doux pour moi, une caresse pour me faire sourire. A l'époque je ne pensais pas que c'était si grave, je pensais qu'en plus de faire son travail, il voulait simplement être gentil… Je recommence à trembler, repensant aux baisers qu'il venait me voler, aux sucreries qu'il me donnait pour acheter mon silence… À ses mots doux qu'il me glissait. Une subite envie de vomir me saisit alors que Steve pose sa main sur mon épaule, me demandant ce qu'il m'arrive. Je me retourne vers lui et mets peut-être une seconde avant de reprendre mes esprits. C'était qu'un mauvais souvenir, un cauchemar, rien de plus. C'est plus simple de se dire que ce n'était rien.

"Ça va… Et toi… Les révisions ? Ça avance ? Ou alors t'as réellement besoin que je t'aide ?"

Je tente un sourire avant de venir lui voler un baiser. Je jette un rapide coup d'oeil au réveil sur ma table de chevet. Une heure. C'est tout ce que j'ai réussis à voler à mes angoisses et au reste. Une pauvre heure de sommeil. Je me concentre à nouveau sur lui alors que je recommence à l'embrasser, repoussant quelque peu ses bouquins de cours, de toute façon, il a tout le reste de la journée pour travailler… Il peut bien m'offrir une petite heure de sexe. Heure qui se termine par moi avec mes lèvres autour de son membre, à le faire gémir ses cours, lui répétant entre deux caresses de ma langue que je ne continuerais que si il recommence à me réciter ses cours comme l'élève studieux qu'il est. Ouais, peut-être que si on était ensemble, je veux dire, réellement en couple, ce serait tout le temps comme ça… Peut-être que si on était tout les deux dans la même fac, on quitterait même pas notre chambre tant on se sauterait dessus….
crackle bones
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Mer 26 Aoû - 14:39
     

Bucky ♦ Steve

Snake Eyes
M
a main reste bloquée sur le chambranle de porte alors que je le regarde, penché au-dessus du lavabo, des gouttes rouges retombant de son nez. Je déteste. Je déteste tellement le voir comme ça. Parce que ça me rappelle encore plus violemment qu'il va mal. Qu'il va mal et qu'il refuse mon aide. Qu'il refuse d'accepter qu'il a besoin d'aide. Lui qui traverse sa vie comme si c'était un immense terrain de jeu, comme si rien n'était grave et que la seule chose qui comptait, c'était de s'amuser et faire la fête. Et il en paie chèrement le prix. J'ai la gorge nouée en voyant les taches rouges, parce que chacune est une gifle qui me rappelle que je risque de le perdre bientôt, s'il continue comme ça. Un compte à rebours macabre qui résonne dans la salle de bains. Plic. Ploc. Tic. Tac.

Je m'approche lentement de lui alors qu'il a sa main sous son nez, et je soupire quand il continue à tenter de noyer le poisson, à tenter de me faire avaler que tout va bien, que c'est trois fois rien, que ça va aller. Et ça me fait mal. Ca me fait mal qu'il pense que je me fous de lui à ce point pour accepter ses excuses foireuses.

Buck... Je devrais vraiment aller le chercher. C'est pas normal que tu saignes autant. J'aime pas ça, c'est ptet grave.

Et il recommence encore, me jetant son sourire charmeur à la tête, celui qu'il sert à tout le monde pour avoir ce qu'il veut, le sourire de gentil garçon. Sauf qu'encore une fois, ça me tue qu'il ose me le sortir à moi aussi. Moi. Moi son Steve, moi qui l'aime depuis que je suis ado, moi qui aie toujours été là, envers et contre tout, depuis des années. Moi qu'il voit au final comme... comme j'en sais rien en fait. Je sais même pas ce que je représente pour lui. Son pote. Son plan cul. Un peu des deux? J'en sais rien et ça me fatigue. Ca me fatigue parce que j'ai l'impression de pas compter, dans des moments comme ça. D'être un con de plus qui va croire à ses bobards, sauf qu'à la différence des autres je vais pas lui taper du fric ou tenter de me rapprocher de lui avec une putain d'arrière-pensée. Il fait son marchand de tapis pour tenter de me persuader que tout va mieux. Je l'observe sans rien dire se tamponner le museau. Finalement, il a raison, le saignement s'est arrêté et je l'aide à se débarbouiller doucement avant de passer mon bras autour de son épaule pour le ramener sur son lit. Je le soulève même avant de l'allonger.

Allez viens-là princesse! Et je vais te faire monter quelque chose à manger. Je suis sûr que t'as touché à rien pendant le petit déjeuner et t'as le ventre vide... Je commence à avoir faim aussi en plus. Bouge pas...

Je file jusqu'à l'interphone et demande aux cuisines de monter des gaufres, des pancakes et du jus d'orange, avant de revenir près de lui. Il est quasiment aussi pâle que les draps... Je m'assieds quelques minutes près de lui, lui caressant les cheveux alors qu'il me sourit. On dirait qu'il est enfin bien. Calme. Détendu.

Ok mais dès que tu ouvres les yeux tu manges hein? Tu promets?

J'attrape mes bouquins et ma tablette et je me glisse sous les couvertures près de lui. Je souris quand je le sens poser sa tête sur mes genoux, et presque par réflexe mes doigts glissent tendrement dans sa tignasse noire. J'ouvre un des livres au marque-page et soupire, lui jetant un coup d'oeil avant de lire.

Stratégies économiques des nouveaux pays émergents d'Amérique du Sud. Palpitant hein?

Et comme souvent, je le lis à haute voix, tenant le bouquin d'une main, et caressant la tête de Buck de l'autre. Petit à petit je le sens respirer de plus en plus profondément. Il s'est endormi. Et je le regarde de temps en temps avec un sourire idiot aux lèvres, pendant que je continue de bosser. Clint toque doucement un peu plus tard pour apporter le plateau, et je désigne Buck d'un petit mouvement du menton en lui demandant s'il peut poser l'assiette de gaufres sur la table de chevet, pour que je n'aie pas à me lever. Je grignote mon petit déjeuner tout en faisant attention à ne pas réveiller mon amour, en faisant du bruit ou en lui faisant tomber de la chantilly dessus, avant de reprendre mes lectures.

Petit à petit, je sens qu'il s'agite, que son sommeil est moins paisible. Au point que je finis par reposer mon livre, et poser ma main sur son front avant qu'il ne se réveille en sursaut, regardant avec angoisse autour de lui.

Hey, hey... c'est bon, tout va bien. Tout va bien je suis là. Je suis là...

Il se détend et finit par me sourire alors que je l'attire contre moi, et l'embrasse tendrement.

T'as fait un cauchemar? Ca va? Il reste des pancakes et du jus d'orange, je me suis dit que t'aurais faim en te réveillant...

Sauf qu'il me dit clairement qu'il faim d'autre chose, et commence à se coller contre moi, glissant ses mains sur mon torse après avoir viré mes bouquins devenus encombrants. Voilà qu'il emploie sa technique préférée : la torture des révisions. Pour le petit con qu'il est, il trouve rien de plus amusant que de m'obliger à réciter alors qu'il est en train de me tailler une pipe d'anthologie. Et je me retrouve, terrassé dans les coussins, en train de bredouiller des notions de géopolitique, les mains agrippées aux draps. Surtout que si je m'arrête de parler, il s'arrête lui aussi. Diabolique. Vraiment diabolique.

C'est... c'est en conséquence de ça que... que le Vénézuéla a décidé de... putain de merde... Buck je... de privatiser certains... certains secteurs de son industrie et...oh gosh je... comme... les industries pétrolières tout en... hmmm développant le co...le tourisme... de...de luxe... Buck tu vas me tuer... oh...

Il me pousse à bout mais je me venge en le plaquant sur le lit et en le faisant gémir à mon tour, le prenant avec fièvre, ma main tenant ses deux poignets prisonniers. Et une fois qu'on a chacun eu notre manche, je reprends mon bouquin et le laisse se rendormir. Dors. Dors mon amour,t'en as besoin. Et moi, je veille sur toi...

Un peu plus tard, c'est Rumlow qui toque à la porte. Et après lui avoir dit d'entrer, je surprends une drôle d'expression quand il voit Buck endormi contre moi, enfoui sous les couvertures.

Agent Rumlow?
- Oui je... nous partons dans une heure pour le Lincoln Center.
- Parfait merci.


La porte se referme et je me penche vers Buck, l'embrassant doucement.

Hey... ma belle au bois dormant... réveille-toi, il faut qu'on commence à se préparer... Tu n'aimerais pas que Tasha découvre qu'on est arrivés en retard non? Allez mon chat...



GleekOut!
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Jeu 27 Aoû - 9:59

Snake Eyes
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"Excuse-moi, mais je crois que t'as décroché après tourisme de luxe…"

Un sourire se dessine sur mes lèvres alors que je reviens embrasser son membre, levant simplement les yeux vers lui. Et le pire dans tout ça, c'est que j'aime le voir ainsi, complètement abandonné et fébrile face à mes caresses. J'aime le voir, les lèvres entrouvertes à gémir pour moi, j'aime voir ses doigts qui se referment autour des draps alors qu'il tente de se concentrer sur les stratégies économique des pays d'Amérique du Sud. Je passe lentement ma langue sur mes lèvres tandis qu'il murmure une fois de plus que je vais le tuer. Je viens lentement caresser l'intérieur de ses cuisses, attendant simplement qu'il reprenne. Chose qu'il fait assez rapidement. Je souris et reviens le prendre en bouche, laissant ma langue le caresser avec envie. C'est ça… Un léger rire m'échappe quand je l'entends gémir que je vais le tuer. Oh non… Crois-moi, ce n'est pas ainsi que je te tuerais ou que je te ferais du mal. Au contraire, ça, c'est peut-être nos seuls moments où je me dis que je ne lui ferais pas de mal. Je le sens se retenir d'onduler des hanches contre mes lèvres et me recule quelque peu, remontant jusqu'à lui pour faire lentement glisser ma langue sur ses lèvres. Je sais que t'as envie de moi… Je croise son regard et lui adresse un léger sourire, me reculant pour esquiver un premier baiser. Viens me chercher. Quelque chose me fait frissonner d'excitation dans son regard et c'est avec plaisir que je me laisse allonger, lui laissant mes poignets qu'il garde entre ses main. Ses hanches roulent déjà contre les miennes et de légers gémissements d'envie glissent d'entre mes lèvres. C'est ça… Juste comme ça. Je ferme les yeux et souris en entendant le bouton de mon jean sauter alors que ses mains quittent mes bras pour enserrer mes hanches. Je cambre doucement le dos et frémis quand je me retrouve nu contre lui. Peut-être que ça ressemblerait vraiment à ça entre nous… Si on était ensemble. Je susurre doucement son prénom alors qu'il remonte mon t-shirt jusqu'à mon cou, dévoilant simplement mon torse sur lequel il dépose quelques baisers. Autre gémissement de ma part. Ses doigts se referment à nouveau sur mes poignets et bien rapidement, je me retrouve à gémir à son oreille alors qu'il est au-dessus de moi, me prenant avec envie. Y'a qu'avec lui que je me sens désiré quand on fait ce genre de chose. Lui quand il m'entrave, qu'il me maintient de la sorte, je sais que je peux lui faire confiance, je sais qu'il ne tentera rien pour me faire mal contrairement aux autres… Et c'est peut-être pour ça que j'aime tant être entre ses bras. Parce que lui, je peux prétendre qu'il m'aime quand je croise son regard, je peux prétendre qu'au milieu de mes gémissements, il viendra me murmurer qu'il m'aime et que je suis le seul. Je ferme les yeux et gémis de plus en plus fort, préférant m'abandonner complètement à lui plutôt que de me demander si un jour je le mériterais.

Une fois terminé, je m'enroule avec plaisir dans les draps et me blottis tout contre lui, simplement pour sentir ses doigts courir dans mes cheveux. C'est ça. J'aimerais que ce soit ainsi tout le temps. J'aimerais que mon existence se résume à cela, lui et moi, dans une chambre, la notre de préférence… Je pourrais me faire à l'idée de passer le reste de ma vie ainsi, à simplement profiter de quelques attentions de sa part, même quelques gestes. Juste ça, je pourrais l'accepter. Je ferme les yeux et me détends, finissant par sombrer dans un lourd sommeil. Un sommeil qui heureusement est sans rêve, sans cauchemar et sans angoisse. Rien. Juste le néant et mon esprit qui décide de la fermer. Il ne m'envoie ni images de mon passé, ni mauvais souvenir, rien. Juste un grand vide qui a vaguement le goût d'un coma médicamenteux. C'est juste ce que je voulais. Le droit de dormir sans être torturé par des trucs que je veux simplement oublier. Alors je sombre et je profite de ce répit, espérant simplement qu'à mon réveil… Il sera toujours là.

Je sens ses lèvres sur ma peau et je gigote doucement, remuant quelque peu sous les draps. Puis j'entends sa voix qui fait courir dans mon cou quelques frissons. Je rouvre quelque peu les yeux, croise son regard et remonte un peu plus les couvertures sur moi.

"Hmm il ne faudrait pas que ça arrive… Elle me tuerait sinon…"

J'ai un sourire fatigué avant de rester au chaud sous les draps, attendant simplement un autre baiser de sa part avant de repousser les couvertures pour me lever. Je m'étire avant de l'attirer avec moi dans la salle de bain. Je me glisse avec lui sous l'eau chaude et je suis presque étonné de voir, que pour une fois, on ne fait rien… Non, fatigué comme je suis, je viens simplement me glisser dans ses bras, caressant tendrement sa peau alors qu'on vole quelques minutes de tranquillité à notre emploi du temps serré. Et au bout de longues minutes, quand ma peau me semble brûlante, je laisse mes mains glisser sur ses fesses que je serre doucement entre ses doigts. Mes lèvres elles se perdent contre son oreille que je mordille doucement.

"Allez… Sortons. Sinon je vais devoir payer un autre restaurant à Natasha."

Je me recule quelque peu, sortant de la douche pour me sécher rapidement, retournant dans la chambre à poil, ma serviette traînant sur mes épaules. J'attrape un jean, une chemise et ma veste de blazer que j'enfile alors qu'il se change devant moi. J'entends quelques coups à la porte alors que je termine de boutonner mon pantalon.

"Putain c'est bon on a compris ! On arrive bordel ! Est-ce qu'on s'habiller tranquillement sans être emmerdé ?"

J'attends et soupir quand qui que ce soit qui se trouve derrière a enfin compris qu'il fallait nous laisser. Je passe ma veste et attrape portable et clés avant de jeter un dernier regard à Steve. Chose qui me fait me mordre les lèvres. Parce qu'il est beau putain. Sacrément même. Sa chemise me laisse entrevoir tout ce qui s'y trouve et le bouton défait de son col me donne simplement envie de défaire les autres. Ma langue passe sur mes lèvres avant que je ne vienne l'embrasser. Ma main se perd sur sa chemise et quand je me recule quelque peu, le souffle plus court, je lui murmure doucement mon envie.

"Hmm sérieusement, ce ne serait pas la première de Tasha… Je pense que je t'aurais déjà convaincu de me prendre contre la porte…"

Je souris doucement avant d'ouvrir celle-ci, me retrouvant nez à nez avec l'agent Barton et Wilson. Je passe devant eux sans un mot et vais directement à la limousine dans laquelle je m'écroule avec plaisir. Je pousse un soupir, toujours aussi fatigué, et alors que celle-ci démarre et que je pose ma tête sur l'épaule de Steve… Je me demande sincèrement si je vais tenir la soirée.
crackle bones
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Dim 30 Aoû - 12:37
     

Bucky ♦ Steve

Snake Eyes
J
e suis toujours impressionné du talent qu'a ce petit con pour trouver quelle connerie faire. Surtout les conneries qui amènent à une partie de jambes en l'air sauvage et torride un peu n'importe où. Le bureau ovale. Air Force One. Dans des fêtes. Des réceptions officielles du gouvernement avec nos parents à quelques mètres de nous. A l'arrière de limousines. Dans des ambassades. Rien que notre première fois, on a pas pu la faire comme tout le monde. Un jour de 4 juillet, une immense fête à la Maison Blanche, et nous deux sur un transat de la piscine, un de seuls endroits laissés sans surveillance pour cette nuit-là. Mais assez vite, il a aimé me torturer pendant que je révisais. Déjà au lycée, puis après, quand je suis rentré à Annapolis et que je devais bosser pendant les week-end où on se voyait. Et j'ai dit à personne que j'ai eu de sales érections pendant des interros quand ça tombait sur un sujet où il m'avait fait une gâterie pendant que je lisais mes notes. Le petit con.

Je me venge de sa provocation en le faisant crier, tenant ses poignets pendant que je lui mords le cou et que je fais grincer le lit. Dans ces moments-là, c'est bizarre. Parce que... je veux être spécial. Je veux être différent de tous ceux avec qui il couche quand on est séparés. Je veux... c'est con à dire mais je veux... lui suffire. Alors oui je sais qu'il revient toujours vers moi, mais que je suis pas le seul. Alors à chaque fois je tente de lui faire oublier les autres. De lui montrer qu'avec moi, c'est mieux. Et pourtant je me sens con parce que même si je l'entends gémir, supplier, crier... j'ai eu que lui. J'ai eu que lui alors je peux pas comparer. Pas comme lui...

Et une fois qu'il s'est effondré dans les draps en gémissant, le souffle court, j'attrape mon tshirt pour essuyer le ventre de Buck avant de m'installer sous les couvertures et l'attirer à moi. Il se pelotonne contre moi comme un chat, et je caresse lentement ses cheveux avant de reprendre mes cours. Si seulement... si seulement ça, ce genre de moments, pouvait être possible. Vivre vraiment tous les deux. Etre vraiment ensemble. Où je serais qu'à lui et lui sera qu'à moi. C'est tout. Juste nous deux... à nous aimer. Mais Buck est pas le genre de mec à tomber amoureux. Il a besoin de se sentir aimé, et désiré, mais je pense pas l'avoir vu... rendre la pareille. Enfin, pas comme je l'entends. Enfin... je profite de ce qu'il me donne, comme là, où pendant quelques heures y'a personne à part lui et moi. Où il s'abandonne contre moi. Où on est juste... bien. La petite illusion de la vie parfaite que j'aimerais avoir avec lui. Mais hélas on vient nous prévenir que tout ça est fini, et qu'on doit se préparer.

Je souris alors que je l'embrasse doucement pour lui faire ouvrir les yeux, et ris doucement en le voyant lutter pour sortir du sommeil.

Elle nous tuerait tous les deux. Allez... viens...

Je lui vole quelques baisers avant de le voir enfin se redresser dans le lit, et repousser les couvertures, frissonnant quand il en sort, complètement à poil. Et moi aussi. Je le suis jusqu'à la salle de bains et une fois sous l'eau chaude, je suis surpris de voir qu'il reste simplement contre moi. Pas de gâterie. Il me supplie pas de le prendre contre le mur. Non. Il reste juste sagement dans mes bras, et bizarrement... ça me fait plus d'effet que s'il avait tenté autre chose. Parce que c'est comme s'il avait vraiment besoin de moi. Pas de n'importe qui mais... moi. J'ai un petit rire quand ses mains s'égarent sur mes fesses.

Attention, tu t'aventures en terrain dangereux...

Et après la douche je le suis, enfilant un des deux costumes que j'ai emmenés avec moi. Celui-là, plus décontracté, et le smoking pour demain soir. Des coups résonnent à la porte alors que je termine d'enfiler ma veste, et je pose la main sur l'épaule de Buck.

Relax... relax...

Je me tourne vers la porte, et corrige Buck.

On arrive tout de suite, on est presque prêts!

J'attrape ma deuxième chaussure et je finis de la lacer avant de me relever.

Te défoule pas sur eux. Ils font juste leur boulot... Allez... on va passer une bonne soirée...

Il se tourne enfin vers moi et je remarque que Buck s'arrête, pour me regarder. J'aime ça. J'aime ces moments où je sens que je lui plais toujours. Ou je sens que... que je suis sa prochaine proie. Qu'il me désire toujours.

Mon chat, t'aurais pas eu besoin de me convaincre... Je suis une cause perdue...

Je lui vole un dernier baiser avant qu'il ouvre la porte et je le suis à l'extérieur jusqu'à la limousine. Une fois installés, je passe mon bras autour de son épaule, un vieux réflexe qui perdure, et le garde contre moi alors qu'on se glisse dans le trafic et qu'on quitte la ville. Je le garde dans mes bras pendant l'heure de route qui nous sépare de New York, passant simplement ma main dans ses cheveux, tendrement, en regardant vaguement le paysage qui défile. On gagne enfin le centre ville, puis la limousine s'arrête. Je repousse doucement Buck.

Allez mon chat. Showtime...

On nous ouvre la porte et un flot de flashs crépite tout autour de nous. Eh oui Bucky, l'enfant chéri de l'Amérique est là. Moi, ils s'en foutent. Aux yeux de la presse je suis juste son meilleur ami d'enfance. Je sors en premier, et retiens mon geste à la dernière minute. J'ai voulu lui prendre la main pour l'aider à sortir, mais c'est hors de question. Pour lui tout du moins. Moi, j'aimerais dire au monde que je l'aime, mais je suis même pas foutu de le lui dire à lui... Je fais quelques pas et me tourne vers lui, le laissant me rejoindre avant de gravir les marches. Je lance quelques sourires gênés avant de soupirer une fois à l'intérieur. Le cirque s'arrête, et se retrouve enfin dans notre loge, dans l'obscurité. Enfin au calme... enfin tranquilles... Et comme personne ne peut nous voir, je lui souris et attrape doucement sa main.


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Lun 31 Aoû - 13:07

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Ses doigts se perdent dans mes cheveux et je souris. Je souris parce que je suis bien là. À l'arrière de la limousine, dans cette étrange bulle qui n'appartient qu'à nous. A part les moments où nous sommes dans ma chambre, je crois qu'il nous faut simplement profiter du peu d'intimité qu'on nous laisse avoir. Comme des trajets en limousine. Je ferme les yeux et soupire. J'aimerais être ailleurs. N'importe où mais pas dans cette putain de limousine. Pas à devoir aller à un événement où toute la ville va être présente, à épier le moindre de me faits et gestes, n'espérant qu'une chose, que je fasse une connerie qui leur donnera de quoi jaser pour le prochain mois. Et je ne peux pas le permettre, pas après la discussion que j'ai eu avec mes parents ce matin, eux qui me disaient que j'avais intérêt à ne pas faire la moindre vague. Non vraiment. J'aimerais être ailleurs. J'aimerais revenir à l'époque où on était encore des gosses, où je pouvais simplement aller chez lui et me sentir à la maison. L'époque où on pouvait faire des conneries sans qu'on en tienne rigueur, parce qu'on était justement que des enfants… Maintenant… C'est tant compliqué. Maintenant je me dois de conserver mon image de fils chéri de l'Amérique… Enfant unique du Président qui a fait son coming-out il y a quelques années… Un soupire m'échappe quand je sens la limousine ralentir. Allez. C'est l'heure. L'heure de jouer mon rôle de sale gosse terriblement adorable… Je me recule légèrement et réajuste ma veste avant de lui sourire.

"Ouais…"

Show must go on. La porte s'ouvre et je suis déjà éblouis. Les flashs crépitent d'avance alors que seul Steve a mis un pied hors de la limousine. Maintenant tous savent que je suis venu avec lui. Je prépare mon sourire parfait et sors à mon tour, adressant mon plus air de beau garçon aux appareils, alors que les cris fusent autour de moi. "Par ici !" "James !"Tout le monde a mon prénom sur la langue. Tous veulent une photo de moi pour pouvoir écrire que oui, j'étais à la première de Natasha, qui est un coup mon amante, un coup la fille que je finirais par épouser. Si ils savaient. Si ils savaient qu'il n'y a que Steve qui compte. Je lui jette d'ailleurs un regard en coin avant de commencer à remonter les marches, ne donnant aux journalistes qu'une photo ou deux de plus. Nous finissons par passer la porte d'entrée et quand tout ce brouhaha de flashs se tait enfin, je me permets de me débarrasser de mon sourire, poussant à la place un long soupir agacé.

"C'est chiant. Est-ce qu'un jour je pourrais aller faire quelque chose sans qu'il est une masse de journalistes pour me suivre ? Est-ce que c'est réellement trop demandé d'être tranquille dans cette putain de ville ?"

Visiblement pas. Parce que même à l'intérieur, je sens que Barton et Wilson sont sur nos talons, à guetter comme deux dobermans. Bien rapidement le peu de bonne humeur qu'il me restait finit par complètement disparaitre et j'en viens à me dire que c'est tout de même une bonne journée de merde. Rumlow qui m'humilie au lever du lit, mes parents qui m'engueulent par rapport à ça… Et même si là je suis avec Steve… On ne peut même pas être ensemble. Je m'approche de l'ouvreur de l'Opéra et lui glisse un sourire quand ce dernier me reconnaît.

"Monsieur Barnes… Mademoiselle Romanoff m'a demandé de vous garder l'un des balcons pour vous et Monsieur Rogers… Si vous voulez bien me suivre.
- Merci, avec plaisir… D'ailleurs, a-t-elle reçue les fleurs ?
- Les dix bouquets Monsieur… Elle était ravie que vous vous en soyez souvenu…"

J'ai un léger sourire, n'osant regarder Steve. Oui c'est aussi un de mes jeux avec Tasha, la couvrir de fleurs le soir des ses représentations, simplement pour que les autres danseuses soient jalouses et y aillent de bon train en rumeurs et autres… Et elle aime ça. Elle aime voir toutes les autres jalouser face aux bouquets que je lui envoie, à mes passages en coulisse où je suis là, à ne voir qu'elle, à ronronner à son oreille, à l'embrasser, simplement pour entendre les autres siffler d'envie et de jalousie. On s'amuse comme des enfants à faire ça… À se faire désirer et jalouser. Nous montons jusqu'à notre loge et une fois installé, je souris doucement quand il me prend la main. Je lui jette un dernier regard, venant lui voler un rapide baiser une fois que l'obscurité est tombée. Tout pourrait être ainsi. Juste lui et moi, loin du monde. Le rideau se lève et les premières notes se font entendre, ça pourrait être notre vie… Si je n'étais pas le fils du président.

*
"Viens… On va aller la voir."

Je le tire hors de la loge alors que tout le monde continue d'applaudir les danseuses. Je redescends rapidement et vais jusqu'aux coulisses où l'on me laisse entrer sans même dire un mot. Je me faufile au travers des tutus et des ballerines, jusqu'à entendre mon prénom traverser ses lèvres.

"Yasha ! Je suis là !"

Je souris et me retourne vers elle, ouvrant déjà grand les bras pour qu'elle s'y jette. Je l'enlace et la fait tourner une fois avant de croiser son regard, venant déposer un baiser sur ses lèvres.

"Tu étais ravissante, éblouissante… Je n'ai vu que toi ce soir et dieu comme tu étais parfaite….
- Un ange… Tu commences à réutiliser les mêmes compliments chaton… Va falloir te renouveler ou je vais commencer à me vexer…
- Allons, c'est qu'il n'y a aucun mot existant qui serait retranscrire ton talent et ta grâce quand tu danses ma belle…
- Hmm… Pas mal… Mais va falloir faire mieux, ça ne marchera pas à tout les coups."

Elle dépose un dernier baiser sur mes lèvres avant de filer vers Steve, un immense sourire aux lèvres.

"Et toi ? Tu ne trouve pas qu'il exagère ? Que j'étais plus que sublime ce soir ? Plus qu'exceptionnelle ?"

Elle s'approche de lui et le prend dans ses bras, venant murmurer à son oreille.

"Au fait. Je sais ce que vous avez fait dans mon lit. Et je me vengerais. Vilain garçon."
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Ven 4 Sep - 22:24
     

Bucky ♦ Steve

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ourquoi? Pourquoi ça pourrait pas toujours être comme ça? Hein? Pourquoi? Parce que quand je vois ce genre de moments, ces petites parenthèses enchantées que j'arrive à voler à sa vie de dingue, entre les flashs des paparazzis, son troupeau de gardes du corps, ses fêtes dantesques, je me dis que ça pourrait être bien. Vraiment bien. Que s'il voulait, que s'il me voulait vraiment, on pourrait, être comme ça. On pourrait être comme ça tout le temps. C'était... c'était aussi ce que je me disais au début. Après notre diplôme. Je pensais que ça pourrait marcher, que malgré la distance on pourrait se voir, un week-end je descendrai à Washington et l'autre c'est Buck qui viendrait à Annapolis. J'y ai cru. Vraiment. Sauf que... sauf que la première fois qu'il a mis les pieds à Annapolis, il a picolé comme un trou, a commencé à m'allumer contre le comptoir du bar, et a fini par se mettre sur la gueule avec un type, m'obligeant à m'interposer, et récoltant un poing et un avertissement de la part du colonel Rhodes. Trois heures. Il était là depuis trois heures et il avait déjà failli me faire virer, et menacer ma carrière toute jeune. Et j'ai du faire un choix. J'ai dû me décider entre mon avenir, et Buck. Surtout qu'après ce soir, Buck était et serait une bombe à retardement, et qu'il fallait que je pense à moi, après des années à penser à lui, et à nous.

C'est ça qui est horrible avec lui. Me donner des moments comme ça, où j'ai l'impression d'être tout pour lui, qu'il n'y a que moi et que je suis la personne la plus importante à ses yeux. Me faire regretter mon choix, ma décision de lui avoir interdit de revenir me voir, et que je viendrais à Washington une fois tous les deux ou trois mois. Parce que oui, ça me tue de passer autant de temps sans le voir, ça me tue d'être loin de lui, de pas l'avoir avec moi en permanence, mais... mais j'ai pas l'air de lui manquer. Il a pas l'air de vouloir passer autant de temps que ça avec moi. De s'inquiéter pour moi, demander de mes nouvelles. J'en sais foutre rien en fait, et c'est ça qui me rend dingue avec lui. Jamais savoir. Jamais être sûr.

Et là, alors qu'on s'achemine tous les deux vers l'entrée du Lincoln Center et qu'on pénètre dans la bâtiment, je me dis, en passant devant les photographes, qu'une partie de moi aimerait bien lui tenir la main, en public. Une partie de moi aimerait dire au monde qu'on est ensemble, qu'on s'aime. Après tout, il a déjà fait son coming out il y a des années alors qu'est-ce qu'on risquerait à ce qu'il monte les marches ensemble? Mais rien qu'à le regarder, faisant son show, souriant délicieusement aux photographes, je soupire en me disant que... que ça marchera jamais. Et aussi, est-ce qu'il supporterait d'annoncer à la face du monde qu'avec Tasha, c'est du vent?

Oh, à la fin du mandat de ton père, quand il ne sera plus président, et toi, plus son fils, tu seras encore célèbre quelques mois et ensuite ils t'oublieront. Tu seras un nom dont ils se souviendront vaguement, puis tu retrouveras la joie délicieuse de l'anonymat. Personne qui te reconnaîtra dans la rue, personne qui voudra te prendre en photo avec son smartphone... T'arriveras à supporter? Hein?

J'ai hâte de ça. J'ai hâte de le revoir redevenir anonyme, inconnu, noyé dans la foule, comme tout le monde. Qu'on puisse sortir où on veut, rire aux éclats dans la rue , ou faire les cons sans risquer de nous retrouver sur un site internet débile ou un torchon à grand tirage. Que le monde s'en foute, totalement. Qu'on soit deux jeunes mecs comme tellement d'autres, et pas Bucky-le-fils-chéri-de-l'Amérique et son meilleur-pote-dont-personne-se-souvient-du-nom. Sauf qu'en attendant j'ai droit à un baiser seulement une fois les lumières éteintes alors qu'on s'est installés sur les sièges en velours rouge... Et je lui jette un regard en coin alors que Natasha entre en scène. Avec elle il se montre. Avec elle il peut faire la une des tabloïds. A elle il peut lui offrir des fleurs, l'embrasser en public même si c'est un jeu entre eux, et depuis des années. Et moi il répond même pas à mes textos, ou juste quand il veut. Bref.

Je reporte mon attention sur le ballet, et très vite mes doutes s'envolent. Je ne pense plus à rien, j'oublie tout, et je me laisse porter par l'histoire. La musique m'emporte, les mouvements gracieux des ballerines aussi, et surtout Tasha. Elle est merveilleuse, bourrée de talent. On a l'impression qu'elle flotte ou qu'elle glisse, et qu'elle n'est pas vraiment humaine. Comme si elle appartenait aux fées, ou à une créature fantastique. A chaque fois qu'elle monte sur les planches elle m'éblouit, et Buck aussi, qui la regarde avec admiration. Je connais pas un mec à qui elle fait pas d'effet. Même les gays sont dingues d'elle. Je me lève pour applaudir avec chaleur quand elle revient sur scène et après deux saluts elle disparaît dans les coulisses. Buck se relève et m'entraîne jusque dans les loges où on se fraye un chemin à travers les débauches de tulle, de paillettes, de plumes et de gloussements hystériques de toutes les ballerines qui s'agitent comme des poules dans un poulailler. Je les vois toutes papillonner des cils et roucouler alors que Bucky passe, et je vois un de ces sourires spéciaux qui apparaît sur ses lèvres quand la voix de notre rouquine préférée résonne dans la pièce.

Je les laisse se retrouver, en deux sales gosses qui s'adorent, restant en retrait quelques minutes avant qu'elle se tourne vers moi et vienne nouer ses bras autour de ma taille. Je la soulève doucement et l'embrasse sur les deux joues.

Félicitations ma colombe, t'as été merveilleuse. Vraiment divine. J'en avais le souffle coupé. Evidemment, dès ton prochain ballet je reviendrai t'admirer.

Je me détache d'elle et baisse les yeux, rougissant un peu en entendant sa remarque. Et je passe nerveusement ma main dans mes cheveux.

Oui bon... On s'était pas vus depuis longtemps et puis on avait bu... alors je... pardon...

Elle se moque de moi, gentiment, et me file une petite tape sur les fesses avant de disparaître se doucher et se changer pour le dîner qui suit. Pendant quelques minutes mon regard s'attarde simplement sur les brassées et les brassées de roses rouges. Une marée de pétales veloutés qui s'étale partout. Tellement Buck. Même si... même s'il a jamais eu ce genre d'attention pour moi. Moi... je suis parfois des semaines sans avoir de ses nouvelles. Au point que... par moments, je me demande vraiment si... si au fond c'est pas elle qu'il préfère. Si au fond c'est pas elle qu'il lui faut. Si c'est pas avec elle qu'il va finir, et ils seront heureux, le mariage parfait du couple parfait, et le petit Steve qui donnera à tout le monde un sourire faussement ravi sous les flashs de la presse du monde entier pendant que je serais en train de mourir à l'intérieur.

Buck savoure les bécasses qui lui papillonnent autour, s'amusant, les cajolant, sans vraiment faire attention à moi, et je la vois enfin sortir, pomponnée et vêtue d'une jolie robe, avec des escarpins à la place de ses ballerines, son manteau sous le bras. On doit retrouver ses parents au restaurant, après qu'eux aussi aient vu le ballet ce soir, et je passe mon bras autour des épaules de la belle avant de la guider vers la sortie des artistes, Buck juste derrière nous. La limousine nous attend et on s'y engouffre, avant de s'installer sur les banquettes.

Je sais pas pour vous mais j'ai une faim de loup...



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Jeu 10 Sep - 16:45

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Je ne devrais pas être jaloux et pourtant… Je le suis. Je le suis quand je vois le sourire de Tasha quand elle va vers lui, je le suis quand il cesse de me regarder et que c'est elle qu'il prend dans ses bras. Je ne devrais pas les regarder et ressentir cette jalousie qui me bouffe littéralement les entrailles. Je ne devrais pas ressentir ça… Et pourtant, je suis là à les regarder tout les deux, à se sourire, à se regarder en me disant que… Que je devrais être celui qui mérite tout ça… Je ne devrais pas être celui qu'on laisse au milieu des coulisses, des tutus et des ballerines qui s'agitent tout autour de moi. Je devrais être dans les bras de Steve. Je devrais être celui qu'il regarde, celui qu'il enlace et à qui il sourit. Seulement je ne le mérite pas. Je ne le mériterais jamais… Comment pourrais-je prétendre être un jour celui qu'il aime… ? Je ne serais jamais que son Buck, son apocalypse personnel, son désastre ambulant… Je ne serais jamais autre chose, et penser qu'un jour il puisse m'aimer… Ce serait trop demandé. Parce que je ne fais aucun effort de mon côté, je ne lui donne rien… Qui aime sans jamais rien recevoir ? Personne. Alors plutôt que de les regarder et de continuer de les jalouser, je préfère reporter mon attention sur les seules personnes qui ne devraient jamais l'obtenir : le reste du monde. Les ballerines viennent ronronner prêt de moi, m'offrant des sourires et des regards enamourés qui pourraient m'amuser si je n'étais pas aussi préoccupé par Steve. Toutes commencent à me demander si j'ai aimé le ballet, me disant que je devrais passer plus souvent… Parce que j'en connais plus d'une. Plus d'une de ces petites merveilles sont les filles de sénateurs ou de simples danseuses que je peux par moment croiser à certaines soirées… Et toutes voudraient l'attention que j'accord à Natasha, toutes voudraient que je les couvre de fleurs, de compliments et de baisers… Toutes aimeraient étrangement faire la couverture d'un magazine à mon bras, simplement pour avoir eu la chance d'être vue en ma présence, comme si être une de mes nombreuses conquêtes était une bonne chose… Ou alors toutes espèrent un jour être celle que j'aimerais et que j'épouserais. Comme si c'était possible. La seule personne avec qui j'aimerais être… C'est Steve. Plus le temps passe et moins j'arrive à me faire à l'idée qu'un jour il va en avoir marre, qu'un jour il va partir faire sa vie avec quelqu'un d'autre et moi, de loin, je devrais le regarder être heureux dans les bras de quelqu'un d'autre… Et ce jour-là, je devrais prétendre d'être heureux, je devrais lui offrir un grand sourire et lui dire que… Que je suis heureux pour lui. Je devrais ravaler tout ce que je ressens pour lui et accepter que dans la vie, on n'a jamais ce que l'on veut. Juste ce que mérite d'avoir. Et c'est triste à dire, mais je ne mérite rien, et surtout pas Steve.

Les minutes passent et finalement, Tasha se décide enfin à nous rejoindre, vêtue d'une robe qui filerait de la fièvre à n'importe quel homme normalement constitué. J'hausse un sourcil, lui adressant un sourire amusé. Est-ce qu'elle se rend compte qu'on va simplement déjeuner avec ses parents ? Là… Elle porte une robe qu'elle avait mise à un gala… Gala où elle s'était présenté à mon bras comme mon rencard officiel. Mon regard sur sa silhouette et c'est presque vexé que je les suis quand je vois qu'elle va chercher le bras de Steve et pas le miens pour sortir. Je pince les lèvres et lève les yeux aux ciel, sortant derrière eux. C'est moi qui devrait être au bras de Steve, pas elle. Je tire mon téléphone de ma poche et commence à vérifier mes messages puis les réseaux sociaux, simplement pour ne pas avoir l'impression d'être laissé une fois de plus pour compte. Je m'installe à leurs côtés sur la banquette de la limousine, ne décrochant pas mon regard de mon portable. Je hausse une épaule à la remarque de Steve.

"J'ai pas vraiment faim."

Je crois entendre un soupir que je ne relève pas. Je glisse mon téléphone dans ma poche et retient un soupir quand Steve m'attire à lui, passant son bras autour de mes épaules. Je ferme les yeux et me laisse faire sans rien dire, appréciant simplement qu'il accepte encore de me garder à ses côtés. Parce que rien ne dit que demain il voudra toujours de moi. Le chemin se fait dans un silence de ma part, si tout les deux discutent, je n'y prête pas la moindre importance, me sentant simplement terriblement fatigué. Va falloir que je reprenne quelque chose, sinon je vais par tarder à ne pas être capable de faire quoi que ce soit. C'est pour ça que je hais être sobre. Parce que ça me force à supporter ma propre fatigue, ma propre faiblesse. Seulement si je prends quoi que ce soit maintenant… Je ne vais pas pouvoir être foutrement tranquille. Je vais donc devoir attendre d'être au restaurant, ne serait-ce que pour tenter de m'esquiver le plus discrètement possible aux toilettes. La limousine finit par s'immobiliser et je sors derrière eux, les suivant jusque dans le restaurant que ses parents ont réservés. Derrière Steve je pénètre dans le restaurant et je soupire doucement en entendant les parents de Natasha la féliciter. Je ne vais pas y arriver. Je n'y arriverais jamais. Là, le temps d'une seconde, j'ai envie d'attraper la manche de Steve et de lui dire que je veux qu'on rentre tout les deux. Parce que je ne veux pas subir un repas avec ses parents et Tasha. Là, j'ai juste envie qu'on retourne s'allonger dans mon lit, qu'il me garde tout contre lui en glissant ses doigts dans mes cheveux. Seulement, je sais qu'il ne veut pas de ça. Là il veut être à ce repas. Je pince les lèvres alors que les parents de Tasha l'accueillent avec un sourire, lui demandant comment se passe les études… Bref, lui faisant la conversation comme si il était un membre de la famille. De toute façon, ils l'ont toujours regardé comme si Steve était leur fils. Le fils parfait dont tout le monde rêve : parfait, qui prend ses études à coeur, qui est sérieux et qui en plus se paye le luxe de ne poser aucun problème. Mon parfait opposé. Voilà ce qu'il est. Et voir les parents se tourner vers moi avec un sourire de pur politesse… Ça me rappelle juste à quel point tout le monde est heureux de ne pas avoir à me gérer. On m'offre des sourires, on accepte de me parler, de dîner avec moi… Mais au fond, tout le monde pense "heureusement qu'il n'est pas mon fils." Tout ce qu'ils ont a faire, c'est prétendre qu'ils en ont quelque chose à faire de ma personne ou de mes emmerdes… Pour le reste, tout le monde se dit que c'est à mes parents de gérer. Je leur adresse un sourire, essayant de sortir mon plus beau numéro de "je suis Bucky Barnes et je vais bien."

"Yasha… Quel plaisir de te revoir… Tu as meilleure mine que la dernière fois…"

Non. Non je dois pas vraiment avoir une meilleure mine. Je dois être dans un état aussi pathétique que la dernière fois. Je dois être encore plus maigre qu'avant, je dois avoir le teint encore plus pâle, et je dois avoir l'air encore plus fatigué qu'avant. Je suis dans un sale état, je le sais. Mais je me tais, je me contente d'un sourire.

"Le plaisir est pour moi… Et merci, je me suis remis depuis la dernière fois…"

Hochement de tête des deux côtés et on oublie mon cas. Natasha redevient le centre de leur attention alors qu'on s'installe à table. Un frisson dévale mon échine alors qu'un vertige me saisit. Ok… Je suis en train de redescendre… J'ai besoin de m'échapper. Sauf que si je pars si tôt… Tout le monde va s'en rendre compte. Faut que je tienne encore un peu. Un premier tremblement m'échappe alors que je tente de conserver un sourire détendu. Le serveur s'approche et nous demande ce qu'on désirait boire. Ok, je commande et je me tire. Je commande et je vais ma réfugier aux chiottes. Je peux le faire.

"Mettez-moi un whisky s'il-vous-plait."

J'arrive à peine à prononcer ses mots alors qu'il disparait, nous assurant qu'il va nous ramener ça au plus vite. Je compte jusqu'à cinq après son départ et me lève lentement, m'excusant auprès de tout le monde. Je fais bien attention à ne pas croiser le regard de Steve alors que je m'éloigne de la table, allant me réfugier dans les toilettes. Une fois face à l'immense vitre, je fouille dans mes poches tirant ma boîte de cachets de ma poche pour découvrir qu'elle est vide. Merde. Oh non. C'est pas le moment. J'ai besoin d'un truc là… N'importe quoi… Je commence à paniquer face à la boîte vide, sentant mon coeur s'affoler alors qu'une sueur presque glacée glisse le long de mon dos. Un autre vertige me saisit. Putain. Rumlow serait là… Je n'aurais qu'à l'appeler lui et lui demander une avance pour la coke… Mais là… C'est Barton et Wilson. A part de l'aspirine… Je pense qu'ils n'ont rien pour me calmer. Je ne vais pas tenir la soirée, ce n'est pas possible. Pas alors que j'ai mal au coeur ainsi et que j'ai désagréable impression que je vais vomir. Non je peux pas. Faut que je rentre… Je sais que j'ai de quoi faire dans ma chambre… Faut juste… Que je rentre… Seulement… Steve voudra peut-être rester… Il voudra pas retourner s'enfermer avec moi dans ma chambre, sans compter que… J'ai pas envie qu'il me voit dans cet état. Je me penche au-dessus du lavabos et tente de me rafraîchir alors que le monde continue de tourner tout autour de moi. Ça va aller. Il faut que ça aille…. Je m'essuie le visage et tente de faire un pas, ma main solidement agrippé au rebord de l'évier. Putain de merde… Je… Un long soupir m'échappe. Je ne peux pas. J'y arrive plus. La panique, le manque… Tout me retombe dessus. Je fais un autre pas et je commence à avoir des tâches devant les yeux. Pendant de longues minutes je me contente de chanceler sur place, avant d'arriver à atteindre la porte. Et à peine je tente de faire un pas de plus, voilà que je sens une main m'attraper par le bras.

"Monsieur ? Vous allez bien ? James ?"

Je tente de grogner quelque chose qui ressemble à un "lâchez-moi.", alors qu'une autre voix me parvient.

"Clint… Il est à deux doigts de tourner de l'oeil…
- Sans déconner… James ?
- Allez vous faire foutre…"

C'est tout ce qui traverse mes lèvres alors qu'ils me retiennent de complètement m'écrouler.

"Je vais bien…"

Non. Non je ne vais pas bien. Je le sens à la façon dont ses doigts se referment un peu plus sur mon bras, à l'autre qui vient poser une main sur mon front. Sa main semble glacée contre ma peau.

"Il va pas bien. Il est en train de nous faire une crise de manque… Putain, je pensais que Rumlow exagérait quand il en parlait… Mais non…
- Et on doit faire quoi dans ce cas-là ? L'emmener à l'hôpital ?
- Normalement, oui… Mais là, parait qu'il faut le ramener dans sa chambre et faire venir son médecin. Parait que lui peut régler ça.
- Et Rogers, on en fait quoi ?
- Je vais aller le prévenir, qu'on passera le chercher plus tard. Va l'allonger dans la limousine avant qu'il ne s'évanouisse pour de bon."

L'autre hoche de la tête et commence à me traîner alors qu'un dernier mot me parvient.

"Et par pitié, passe par la porte de derrière. Je pense pas que le gamin ait envie que tout le monde le voit ainsi."

Steve ne doit pas me voir ainsi. Les autres je m'en fous. Mais je ne pourrais pas m'en remettre si Steve me voit ainsi. Ça va l'énerver et après… Il va me quitter, il va disparaitre et m'oublier. Je dois continuer de prétendre que je vais bien, sinon lui aussi il va partir… J'ai du mal à mettre un pied devant l'autre alors que Barton m'installe sur la banquette arrière, ne cessant de me dire que ça va aller. Non ça ne va pas aller. Ça n'ira pas. J'entends des pas de hors et je ne suis pas sûr des voix qui me parviennent. J'aimerais que Steve soit là… J'aimerais qu'il me dise que ça va aller, qu'on va m'aider… Que je ne serais jamais plus dans cet état…

"Steve…"

Je murmure cela doucement alors que je sens quelqu'un s'installer à côté de moi, prononçant mon prénom sans cesse alors que sa main glacée se promène sur ma peau brûlante. Je ferme les yeux et prétends que c'est Steve alors que je sombre lentement dans une inconscience presque douloureuse.
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Mer 16 Sep - 11:18
     

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e suis bien, là, installé sur la banquette confortable, avec Tasha d'un côté, et Buck de l'autre. Mes deux bras entourent leurs tailles, et les gardent près de moi. J'aime quand Buck arrête de jouer le con aux yeux du monde, qu'il arrête son numéro de sale gosse adorable, et qu'il montre son vrai visage. Celui qui n'a pas toujours le sourire. Celui qui va parfois mal, et que je réconforte, encore et toujours. Qu'il me montre qu'avec moi il peut baisser sa garde, qu'il peut s'autoriser à ne pas être le fils du président, une des personnalités du pays... Ma main caresse distraitement sa taille alors que je discute de tout et de rien avec Tasha. Le ballet, les répétitions, les cours... en gros, tout ce dont j'ai pas pu lui parler hier, parce que trop occupé à descendre de la vodka de façon totalement indécente, et à trouver le plus vite possible un endroit où je pourrais arracher le tshirt de Buck...

La discussion s'arrête quand la limousine s'immobilise devant le restau, et je dépose un baiser dans les cheveux de Buck avant d'ôter mon bras.

Allez mon chat, on y est.

Tasha sort la première et je la suis, jetant un oeil par-dessus mon épaule pour être sûr que Buck soit derrière moi. Heureusement, aucun paparazzi ne sait qu'on est ici, et notre entrée dans le restau se fait beaucoup plus tranquillement que celle au Lincoln. Le maître d'hôtel en queue de pie nous escorte jusqu'à la petite table située dans une alcôve un peu à l'écart. Leur restaurant de prédilection, le Michel Strogoff. Tout rappelle la grandeur de leur pays : murs couverts de bois sombre et précieux, argenterie et vermeil, un petit orchestre joue de la musique tzigane à l'autre bout de la pièce, et il y a dans le décor l'un ou l'autre élément qui auraient leur place dans un musée, comme une de ces icônes qu'on voit, suspendues au mur avec une bougie sagement allumée devant. Le majordome nous prend nos manteaux avant de disparaître.

Les parents de Tasha m'accueillent avec une exubérance toute russe : son père, Igor, est un colosse à la barbe noire soigneusement taillée, qui me donne une accolade à m'en couper le souffle, et sa mère, la sublime Alexandra, noue ses bras autour de mon cou avant de déposer deux baisers sonores sur mes joues. Tasha lui ressemble tellement, mêmes yeux verts, même peau pâle, à part qu'Alexandra a les cheveux chatain foncé... A cause des situations de nos parents, Tasha, Buck et moi on se connaît depuis...dix ans voire plus. Et nos parents nous connaissent. Enfin, les miens et ceux de Tasha s'apprécient. Pour Buck, c'est une autre paire de manches.

Après les salutations, ils félicitent notre colombe, ce qui nous permet de nous asseoir. On commence à discuter, et du coin de l'oeil je vois que Buck n'est pas bien. Il se dandine sur sa chaise, son regard se promène sur tout et rien à la fois. Discrètement, je pose ma main sur sa cuisse, sous la table, avant de croiser son regard.

Hey... ça va?

Sauf que quelques minutes à peine après qu'on se soit installés, il commande un whisky avant de se lever. Je fronce les sourcils, me doutant bien de ce qui va suivre, et effectivement, j'ai raison. Il fait exprès de ne pas me regarder et file jusqu'aux toilettes. Je serre les dents. Il va recommencer. Je sais pertinemment qu'il va recommencer. Que s'il est parti, c'est juste pour aller se prendre autre chose, je sais pas quelle saloperie qui va courir dans ses veines. J'aimerais tellement pouvoir le convaincre d'arrêter ça. De lâcher toutes ces merdes. Il en a pas besoin en plus... Il a tout ce qu'il veut... Enfin, je lui en toucherai un mot quand on rentrera, mais pas avant, parce que je ne veux pas gâcher cette soirée.

Nos verres arrivent, et on continue de discuter tous les quatre, parlant de tout et de rien, et se marrant aux anecdotes de ses parents quant à leur vie politique. Telle personnalité qu'ils avaient vue totalement bourrée après un sommet international. Telle autre qui reluquait de trop près la femme d'un autre et qui s'est retrouvé à deux doigts de se faire casser la gueule, et autres. Au bout d'un moment, je me tourne vers Buck pour avoir son avis, et je remarque avec surprise que sa chaise est vide. Merde. Il est toujours pas revenu? Pris dans la discussion, j'y ai même pas fait attention.

Pendant encore quelques minutes je guette la porte menant aux toilettes, mais rien, pas de Buck. Alors je m'excuse et me lève avant de revenir vers le vestiaire et demander ma veste. Je plonge la main dans la poche pour en sortir mon portable et je vois un texto. De Bucky. Il se fout de ma gueule ou quoi? Oh mon dieu me dites pas qu'il attend que je vienne le retrouver pour qu'on... pitié. Et pourtant c'est tellement son genre. Sauf que quand j'ouvre le message, je fronce les sourcils.

"James a dû être ramené à la maison blanche, il ne se sent pas bien. On s'occupe de lui, Sam."

Wow. Je suis vraiment inquiet sur le coup, et en même temps je me dis qu'il est avec Sam et Clint, et pas avec cet enfoiré de Rumlow. Eux sont des mecs biens et ils vont tout faire pour bien faire leur job, à savoir protéger Buck, et veiller sur lui. J'hésite à sauter dans le premier taxi pour aller le retrouver, mais je ne peux pas faire ça à Tasha et à ses parents. Un convive qui part, c'est déjà quelque chose, mais deux... ça serait terriblement impoli. Bon, dès le dîner terminé, je file.

Je reviens à table, excusant Buck en inventant un mensonge, disant que son père avait eu besoin de lui de toute urgence, et je vois que si Tasha est triste, Igor et Alexandra ne s'en formalisent pas trop. Le reste du dîner est tranquille, les plats sont délicieux et après avoir terminé mon dessert je leur dis au revoir à tous, m'excusant encore une fois pour Buck et les remerciant de m'avoir invité.

Une fois dans le taxi, toujours aucune nouvelle. S'il s'était passé quelque chose de grave, on m'aurait tenu au courant... mais qu'est-ce qui a bien pu se passer? Et s'il avait pris une saloperie qui était pas passée? Faites que non... Je règle la course, le portable toujours en main, et passe tous les contrôles de sécurité avant de pouvoir enfin accéder à la chambre de Buck. Je pousse lentement la porte et je le vois enfoncé dans son lit, perdu sous les couvertures, avec Clint et Sam assis dans des fauteuils, autour d'une table sur laquelle sont posés deux mugs de café fumant.

J'ai pas pu venir plus tôt... Qu'est-ce qui s'est passé?

Et alors qu'ils m'expliquent j'ôte ma veste et mes pompes, avant de m'asseoir sur le bord du lit, et glisser ma main dans les cheveux de Buck.



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Mer 16 Sep - 20:43

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"Steve…"

J'entends à nouveau le bruit calme de l'eau donc la surface redevient lisse sous nos yeux. Je ferme les yeux le temps d'une seconde et souris, étrangement heureux vu la soirée. Je pensais que je n'arriverais pas à la tenir, que je ferais une autre crise d'angoisse ou quoi… Je me voyais déjà être obligé de rentrer dans ma chambre, de voir le médecin qui me donnerait je ne sais trop quoi pour me calmer… Et j'aurais passé la nuit dans un espèce de calme apparent. Un truc forcé causé par les médicaments. Je pensais au début que tout se finirait ainsi, comme c'est le cas depuis trois ans, mais… Ce soir Steve est là. Je rouvre les yeux et tourne la tête vers lui, lui glissant un sourire aussi tendre qu'alcoolisé. Tout a toujours été plus simple avec lui… Avec lui je me sens invincible. Avec lui je n'ai pas besoin de prendre des médicaments pour me calmer, suffit juste qu'il soit à mes côtés et… C'est comme si tout s'apaisait. C'est comme si en le sachant près de moi, je savais que je n'avais plus à me soucier de quoi que ce soit, c'est comme si toutes ses voix, toutes ses angoisses se taisaient enfin. Comme si avec lui, j'avais le droit de me perdre dans ses yeux bleus et de profiter du silence que je réclame tant à mon esprit angoissé. Et c'est exactement ce que je fais. Je laisse mon regard se perdre dans le sien et un sourire m'échappe. Mon Steve. J'aimerais t'arracher la promesse que tu resteras à jamais avec moi, et ensuite… Je la scellerais sur tes lèvres par un baiser.

"Steve…"

J'ai chaud. Terriblement chaud. Ma peau me semble brûlante alors que de violents frissons dévalent mon corps. J'ai froid. Puis chaud. Et à nouveau froid. Un léger gémissement s'échappe d'entre mes lèvres alors que j'arrive à rouvrir les yeux, croisant rapidement celui de Clint. Il prononce des mots que je peine à comprendre et alors qu'il passe sa main sur mon front, je geins une fois de plus le prénom de la seule personne que j'aimerais avoir à mes côtés. Steve. D'autres paroles volent et flottent au-dessus de moi, mais c'est à peine si je comprends ce qui se passe. Je me souviens juste que j'étais avec lui, au restaurant… Puis que j'étais au toilettes et à partir de là, c'est juste un putain de flou. Un enchaînement d'actions et d'événements que je n'arrive pas à remettre dans le bon ordre. Je fronce les sourcils alors que Clint recommence à poser sa main sur mon front, me murmurant des mots que je n'arrive pas à saisir. Je ne veux pas qu'on me touche. Je ne veux que Steve. Steve. Lui peut m'aider. Lui peut me sauver. Lui peut me protéger du reste du monde. Lui sera là pour me rattraper si jamais je merde réellement. Le jour où je déconnerais grave… Steve sera là pour me dire que tout va s'arranger… Que je vais être sécurité, qu'il va me sauver. Sauf que là… Il n'est pas là. J'ai l'impression que la limousine s'immobilise et à nouveau, je sombre quand on tente de me relever. Je ferme à nouveau les yeux et son prénom se meurt sur mes lèvres.

"James ? James… ?"

Je frissonne à nouveau alors que je sens que le second bouton de ma chemise saute. Je tente de me débattre mais on me saisit les poignets. Quelque chose ressemblant à un gémissement m'échappe. Non, pas maintenant… Pitié. Je rouvre les yeux et croise un regard qui me semble bien trop familier. Je ne peux pas… Demain peut-être. Quand j'irais mieux… Quand Steve ne sera plus là. Mes doigts se crispent dans le vide et je cambre le dos, espérant m'échapper de mon lit.

"Non… Non… Je ne veux pas… J'ai été sage… J'ai été un bon garçon… Je le promets… Pas comme ça.. Pas avec Steve…"

Les mots coulent d'entre mes lèvres et le temps d'une seconde, je sens que tout autour de moi s'arrête. Mes poignets se retrouvent enfin libre et je peux agripper les draps, me sentant fiévreux comme jamais. Deux voix se font entendre et j'ai subitement la nausée. Je déglutis et sens sur ma langue un goût amer. J'ai le temps de compter deux battements de coeur affolés avant que ma chemise ne disparaisse. Un frisson court le long de ma peau et je souris en croisant son regard. Mes mains viennent chercher son costume et j'écarte les jambes pour l'attirer à moi. Je n'ai pas le choix. Il ne me laissera pas tranquille tant qu'il ne m'aura pas fait crier. Tant qu'il ne m'aura pas pris comme une pute dans mon propre lit, en me murmurant que je n'ai que ce que je mérite. Mon regard se brouille et ma voix semble fatigué quand je tente de lui chuchoter mon envie.

"Je le serais maintenant… Sage… Pour toi… Je suis ton chaton… Ton bon garçon… Je suis ce que tu veux…
- Non, non… James… Qu'est-ce qui te prend ? James ? Tu es avec nous ?
- Je ne pense pas Clint… Il est vraiment pas bien… Vraiment, vraiment pas bien…"

Sa chemise glisse entre mes doigts alors qu'il me repousse doucement, posant sa main sur mon front brûlant une fois de plus. Du calme me dit-il. Tout va bien se passer, le médecin va venir et tout va s'arranger. Une autre plainte s'échappe d'entre mes lèvres et je repousse les couvertures dans lesquelles ils tentent de m'enrouler. Non, non… Je veux pas, j'ai trop chaud. Bien trop chaud. Ils insistent et je me débats un peu plus. Je ne peux pas rester là… Je dois retrouver Steve. Je dois partir avant que le médecin n'arrive. Car si il vient… Steve va me voir dans cet état… Et je ne peux pas me le permettre. Steve en aurait marre. Il m'en voudrait, il me dirait qu'il ne peut plus en supporter plus… Que je ne suis pas son Bucky, que je ne suis plus ce que j'étais… Mais ai-je jamais été autre chose que l'épave que je suis ? J'en doute. Un sanglot se meurt sur mes lèvres et cette fois-ci j'accepte les draps dans lesquels on essaye de m'enrouler. Je ferme les yeux, sentant mon corps si faible trembler sans cesse. Un haut-le-cœur me saisit et alors que je me retrouve entre conscience et inconscience, j'ai l'impression d'entendre la porte de ma chambre s'ouvrir.

J'ai un moment de blanc et quand je reprends conscience, je suis par miracle assis au bord de mon lit et la personne en face de moi et peut-être la dernière que je voulais voir. Derrière ses lunettes, je croise le regard du médecin qui m'offre un sourire faussement rassurant. Je passe ma langue sur mes lèvres et tente de balbutier quelques mots. Ok, il n'a du rien comprendre. Recommence Buck.

"Je ne voulais pas… Je ne voulais pas faire ça…
- Je sais James… Tu ne veux jamais te faire du mal, et pourtant… La dernière fois je t'ai dit que je ne voulais pas te voir avant le mois prochain… Surtout qu'avec ton ami, ça se passe bien normalement… Et là regarde-toi."

Sa main vient se poser sur ma joue, puis mon front avant qu'il n'émette un léger claquement de langue. D'instinct je baisse les yeux, comme si j'étais encore un gamin qui va se faire engueuler. Je me sens tanguer sur place.

"J'ai envie de me rallonger.
- Bientôt, bientôt. Après que nous ayons discutés. Qu'est-ce que tu as encore fait, James ? Trop d'alcool ? Trop de cachets ?"

Je fais non de la tête et le médecin fait la moue.

"Quoi alors ?
- Rien. J'ai rien pris.
- Ne me mens pas James. Tu peux me dire, je suis là pour t'aider.
- J'ai rien pris."

Je hausse un peu le ton alors qu'il fronce les sourcils, insistant une dernière fois.

"James… Tu sais ce qui se passe quand tu me mens, on est obligés de recommencer à augmenter tes dosages pour que tu sois sage et la dernière fois nous savons tout les deux dans quel état tu étais après… Tu avais toi même dit que tu n'avais pas aimé ça."

Un sourire immensément triste se dessine sur mes lèvres. Bien sûr que je me souviens… Comment aurais-je pu oublier cette douce époque où j'étais sous tant de médicaments que j'arrivais à peine à aligner deux mots. Je pouvais juste sourire et paraitre pour un gamin heureux aux côtés de mes parents que ça arrangeait pour une fois. J'étais un espèce de zombie, docile et défoncé aux anxiolytiques. J'étais sage, je ne parlais pas et je passais effectivement pour le fils chéri au sourire éclatant. Un gamin heureux, sans le moindre soucis. Et je ne veux pas revenir à ça. Jamais. Mes lèvres tremblent quelque peu alors que je fais non de la tête.

"J'ai rien pris… Je suis sobre…"

Il a un sourire avant de soupirer et de fouiller dans sa mallette, en sortant une seringue et un flacon. Pas besoin de lui demander ce que c'est. Je regarde le liquide remplir la seringue avant de déjà lui tendre mon bras. Il me fait un rapide garrot et me sourit.

"Ce sera rapide James… Après tu pourras dormir en paix."

Je grimace simplement quand l'aiguille se plante au creux de mon bras et je soupire quelque peu quand il l'a retire. Je me rallonge dans le lit, remontant les draps sur moi, n'écoutant plus ce qu'il me dit. Tout ce que je sais c'est qu'il part et qu'une étrange odeur de café et quelques mots échangés à mon sujet. Mais tout ceci est sans importance… Tout finit par se taire, par s'étioler dans mon esprit et enfin, je peux simplement dormir.

Un léger sourire m'échappe alors que je sens une main se glisser dans mes cheveux. Je laisse un léger gémissement traverser mes lèvres, remuant doucement sous les draps.

"Steve…"

Je rouvre les yeux et lui glisse un sourire quelque peu paresseux. Mes doigts caressent doucement les siens. C'est ça… C'est ça que je veux. Être bien et avec lui. Mon Steve. Mon Steve à moi… Mon amour.

"Je suis tellement heureux de te revoir Steve… Tu m'avais manqué."

Je me relève difficilement, laissant les draps glisser sur ma peau.

"Je t'aime… Je t'aime tant tu sais… Je suis désolé… Je voulais pas… Je voulais qu'on reste tout les deux, mon Steve. Juste toi et moi…"

Mes deux mains viennent caresser son visage alors que je dépose un léger baiser sur ses lèvres, puis un autre… Puis un autre qui se fait plus profond. Je me recule quelque peu, ignorant les deux agents qui sont dans la chambre avec nous.

"Juste toi et moi… Et je me ferais pardonner… Si tu veux… On peut le faire, je suis un peu fatigué mais… Fais toi plaisir, je suis tout à toi Steve…"
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Ven 25 Sep - 11:41
     

Bucky ♦ Steve

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ourquoi? Pourquoi est-ce qu'il faut qu'il s'obstine à se faire du mal comme ça? Hein? A s'injecter toutes ces saloperies? Ca me tue, même si c'est surtout lui que ça tue, lentement, à petit feu. Comme s'il observait minute après minute son doigt qui presse la détente d'un flingue braqué sur sa tempe, mais ça prend des années au lieu de deux secondes. Et je comprends pas. Je comprends vraiment pas. On pourrait être heureux. On pourrait être ensemble. Sauf qu'au lieu de ça il se défonce en permanence, passe son temps à faire la fête et à sauter sur tout ce qui lui plait. Pour lui la vie est un terrain de jeu, et lui fait son gamin : il se jette dedans sans réfléchir et prend sans partager. Et je peux pas vivre comme ça, même si je l'aime. Je peux pas brûler avec lui, il faut que je me protège. Et ça me tue...

Ma main commence à se promener dans ses cheveux sombres, trempés de transpiration, alors qu'il s'agite un peu sous ma main. Il gémit un peu, perdu dans son lit immense, et je continue à le caresser tendrement. Dans quel état on t'a mis... qu'est-ce qu'on t'a fait... Je relève le nez et regarde Sam et Clint qui sont toujours installés autour de leur table, l'air aussi inquiet que fatigué.

Les mecs... qu'est-ce qui lui est arrivé? Dites-moi.
- Il a fait une crise de manque au restau... On a pour consigne de le ramener directement ici si ça arrive.
- Et... et ensuite? Même après une crise de manque, on finit pas comme ça normalement.
- Le doc est passé. Il lui a donné quelque chose.
- Vous savez pas quoi?
- Non on a dû sortir. Par contre... j'ai jamais vu Buck aussi flippé que quand le médecin est venu. Il avait l'air...Terrorisé.
- O...ok... Les mecs vous pouvez aller prendre une pause. La nuit a été longue. Je reste là à m'occuper de lui. Foutez-vous dans une des chambres d'amis et reposez-vous un peu. J'en prends la responsabilité...


Ils hésitent, et je les comprends, mais je veux être seul avec lui. En plus, on est au sein de la Maison Blanche, donc ils ont pas à angoisser sur le fait qu'ils sont pas les seuls gardiens de la tour présents. Je baisse les yeux en sentant Buck se redresser et se coller à moi, et j'ai un sourire triste en l'entendant me dire que je lui ai manqué.

Je suis là... je suis là maintenant...

Il se met ensuite à m'embrasser, et je réponds à peine à ses avances, tant que Sam et Clint sont encore là. Mais une fois la porte fermée, je lui rends son baiser et caresse doucement sa joue, avant de l'arrêter de nouveau quand je le sens s'emballer. En même temps qu'il me dit qu'il m'aime. Buck... Je sais bien qu'il le pense pas, enfin si, mais pas dans le sens que j'espère. Il m'aime comme on aime son meilleur pote, son frangin, enfin, sans le côté...enfin je me comprends. Ca me crève le coeur de l'entendre parce que c'est ce que je veux, c'est ce que je meurs d'envie d'entendre, mais pas là, pas comme ça, pas dans cet état. Y'a seulement quand il est bourré ou défoncé qu'il me le dit, et depuis longtemps j'essaie de plus y prêter grand intérêt. De me persuader que c'est juste l'alcool ou la dope qui parlent, et que j'aurais jamais ça...quand il est conscient. Le vrai amour que j'espère depuis... longtemps.

C'est rien, c'est rien Buck. C'est rien. Maintenant t'es en sécurité, ici, et on s'occupe de toi. Je reste là aussi. Je reste là. Il t'arrivera rien.

Il revient m'embrasser, doucement, et de plus en plus profondément, ses mains agrippant déjà ma chemise. Rapidement j'ai chaud, comme toujours avec lui, et je le regarde quand il se recule pour me parler, avant de hausser un sourcil quand je l'entends. Et je crois avoir mal entendu. Je prends doucement ses mains, et le force à relever son visage vers moi.

Hors de question. On fait rien tant que t'es dans cet état-là. Rien du tout. Là tu es pas bien, alors on va juste dormir, et c'est tout. D'accord? Je vais enfiler mon pyjama et je reviens. Toi tu restes là.

J'embrasse son front avant de descendre du lit. Je me deshabille rapidement, et enfile un tshirt, gardant mon boxer, et je reviens près de lui. Il a du mal à garder les yeux ouverts et je l'attire contre moi, ma main caressant distraitement ses cheveux alors que je ferme les yeux.

Je suis là. Je suis là mon Buck, et il t'arrivera rien. Je veille sur toi...

Je m'endors rapidement, mais bien après Buck, qui respire profondément contre moi. Je ne sais pas depuis combien de temps je dors, mais j'ouvre les yeux en sentant Buck s'agiter contre moi. Et une seconde plus tard, alors que j'ai à peine ouvert les yeux que je le sens se redresser et se pencher en avant. Avant de vomir majestueusement sur le lit. Merveilleux. Je me glisse hors des draps, et attrape sa corbeille à papier avant de la lui tendre. Je prends ensuite un vieux drap de bain sale que j'utilise pour éponger le gros. Et j'enlève la housse de couette pour la rouler en boule avant de remettre la couverture sur Buck, qui tremble comme une feuille. J'attrape un autre drap de bain et je lui nettoie le coin des lèvres. Il me regarde sans me voir, encore complètement dans le gaz. Et j'ai peur. J'ai peur parce que je l'ai jamais vu comme ça. Parce que je l'ai jamais vu... défoncé de la sorte. Je le reconnais pas, c'est plus mon Buck derrière ce regard vitreux...

Je l'installe un peu plus assis, et prend le dernier drap de bain de la pile pour le lui mettre autour du cou et sur les couvertures, juste devant lui. Je cale aussi la poubelle tout près, pour qu'il ait juste à tourner la tête. Et je somnole ensuite, interrompu par les bruits langoureux de vomi qui par chance atterrit quasiment tout le temps dans la corbeille, épargnant les draps.

Le lendemain, je suis clairement pas frais. Buck dort profondément, et c'est tant mieux. Ca fait plusieurs heures qu'il a pas vomi. Sauf que la chambre sent horriblement mauvais et je me lève, me trainant jusqu'à la fenêtre pour l'ouvrir un peu, laissant les volets fermés. Je bazarde le linge sale dans le panier que je dépose devant la porte, et fais monter un petit déjeuner. A cette heure-là, Sam et Clint ont dû rentrer chez eux, et ils le méritent bien. Mais maintenant c'est à moi de gérer. Pour les deux jours qui viennent on sera juste tous les deux chez mes parents, et ça nous fera du bien.

J'attrape le plateau de victuailles et le pose sur la table où trainent encore les mus de café des deux autres, et commence à manger, espérant que l'odeur de café chaud va aider Buck à émerger.



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Jeu 1 Oct - 19:34

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J'ai chaud et pourtant je frissonne. J'ai envie qu'il me touche, qu'il m'embrasse, qu'il me garde dans ses bras tout en me murmurant de douce paroles… Et en même temps, je ne veux pas qu'il me voit ainsi et encore moins qu'il me touche. Parce que je n'aime pas être dans cet état quand il est là. Steve ne devrait jamais me voir ainsi. J'aurais aimé qu'il ne revienne que demain… Demain j'aurais retrouvé mes esprits, demain j'aurais les idées claires et je pourrais prétendre que tout va bien.  Seulement il est là… Steve est toujours là… Et il aurait finit par découvrir que j'ai aussi ce genre de phases… Tout comme il finira par découvrir ce mon médecin m'a fait subir, la façon dont Rumlow me traite… Tout ça sortira un jour et je sais que ce jour-là, je le perdrais. Définitivement. Ce jour-là il ne reviendra plus… Il ira trouver quelqu'un d'autre et je devrais me faire à l'idée que j'aurais perdu la seule personne qui se préoccupait un tant soit peu de ma personne. Et l'idée me crève le coeur, peut-être encore plus ce soir alors que je me sens terriblement vulnérable. Une boule se forme dans ma gorge alors que mes mains caressent maladroitement ses joues qui me semblent glacées. Mes lèvres effleurent presque désespérément les siennes alors que je ne cesse de lui répéter que je l'aime et tout ce qu'il me répond, c'est qu'il est là. Non. Ce n'est pas ça que je veux entendre. Je sais que tu es là, je te sens… Ce que je veux entendre c'est que tu m'aimes… Dis-le moi. J'ai besoin de l'entendre. Seulement rien. Il se contente de me dire qu'il est là. En même, qu'espérais-je ? Qu'il me dise que oui, il m'aime aussi ? Je suis naïf. On ne peut pas aimer quelqu'un comme moi. Je ne suis rien… Juste un junkie de merde. Un sale gosse qui n'a que ce qu'il mérite. Mes mains glissent sur son torse et dans un dernier élan, avec un dernier sourire, je tente de le faire revenir à moi. Les mots glissent d'entre mes lèvres et ce que je lis dans son regard finit de tuer le peu d'espoir que j'avais. Il ne veut même pas me toucher, et je le comprends. Je suis dégueulasse. J'ai laissé bien des gens profiter de mon corps… Alors c'est normal qu'il ne veuille pas… Ses mains viennent chercher mes poignets et quand je croise son regard. Il ne veut pas de moi. Pas comme ça. Pour ce soir j'abandonne et je me contente de fermer les yeux quand il dépose un rapide baiser sur mon front, m'abandonnant au milieu des draps qui sentent déjà la transpiration. Fatigué je me laisse retomber dans le matelas, luttant pour garder les yeux ouverts. Mon souffle se fait déjà plus calme et quand je le sens s'installer à mes côtés, c'est sans aucune résistance que je viens me glisser entre ses bras, frissonnant au contact de sa peau glacée. Il murmure doucement à mon oreille mais la seule chose que j'écoute ce sont les battements de son coeur. Sa main se perd dans mes cheveux et la boule dans ma gorge se fait presque étouffante. J'aimerais être dans un autre état Steve. J'aimerais être quelqu'un d'autre… J'aimerais être autre chose à tes yeux, j'aimerais que lorsque tu me regardes… Tu vois autre chose qu'un pauvre junkie qui tente de se persuadé qu'il n'est pas encore complètement fracassé… Que quelque part, il reste quelque chose du Bucky qu'il était avant… Seulement je n'arrive même pas à me souvenir d'une époque où j'étais autre chose que ça. Je n'arrive pas à retrouver ne serait-ce qu'un souvenir où j'étais heureux… Même avec lui… Y'a toujours eu quelque chose… Lové tout contre lui, je finis par sombre, ne cessant de me dire que de toute façon… C'est peut-être trop tard. Peut-être que je l'ai déjà perdu.

J'ai l'impression de rêver, de délirer presque. Je me revoir gamin à cette soirée à la Maison Blanche, où avec Steve nous nous étions enfuis pour aller profiter de l'immense piscine. J'ai l'impression de goûter autant le chlore sur mes lèvres que l'alcool sur les siennes alors qu'on échange un premier baiser… J'ai presque l'impression d'y être à nouveau. D'avoir seize ans et de sentir pour la première fois ses mains timides sur ma peau frissonnante. J'ose à peine prendre ses lèvres alors que mes doigts se perdent dans sa nuque que je caresse tendrement. J'entends l'eau paresser à nos pieds alors que nos souffles se mêlent. Seulement d'un coup, je reviens à moi, le souffle court, poisseux d'une transpiration glacée alors qu'un premier haut le coeur me saisit. Putain… Putain… Je vais vomir. Je me débats dans ses bras, tentant de le repousser alors que j'ai l'impression de me noyer dans les draps. J'ai à peine le temps de m'assoir dans le lit que je sens que c'est trop tard. Je rends tout ce que j'ai pu avaler dans la journée, écoeuré par l'odeur immonde qui s'en dégage. Le souffle court et la tête lourde je reste presque abruti devant ce spectacle auquel je devrais être habitué depuis. Ce n'est pas la première fois que je me retrouve dans un tel état… J'ai l'habitude de ça, c'est juste que c'est la première fois que Steve est là pour voir ça. Et j'ai honte. Honte qu'il soit obligé de changer mes draps souillés, honte qu'il doive me voir vomir dans une corbeille, honte qu'il essuie le coin de mes lèvres. Je tente de détourner la tête, mais ce simple mouvement me donne une fois de plus envie de vomir. Je suis pathétique, à en crever. Tel une marionnette, je me laisse manipuler le laissant m'enrouler dans des draps de bains à la manière d'un enfant malade. De toute façon… C'est à peine si je conscient. C'est à peine si j'arrive à comprendre ce qui se passe autour de moi. Je suis juste si fatigué. J'ai simplement envie de fermer les yeux et d'attendre que tout passe. J'ai envie d'oublier cette nuit. Les draps viennent me couvrir à nouveau et j'ai l'impression de m'endormir. Et si je vomis… Je n'arrive jamais à déterminer si je le fais vraiment ou si c'est juste une impression.

Si j'ouvre l'oeil, c'est à cause de l'odeur nauséabonde qui s'échappe de la corbeille que je tiens du bout des doigts, qui se mélange avec celle du café. Un haut-le-coeur me saisit et les yeux à peine entrouvert, je me perds de cracher le peu de bile qu'il me reste dans la corbeille, finissant surtout par cracher le sale goût que j'ai en bouche. Du revers de la main je m'essuie le coin des lèvres avant de m'assoir dans le lit, croisant le regard de Steve, qui sagement prend son petit-déjeuner. Bien rapidement je détourne le regard avant de repousser autant les draps que la corbeille. Putain je me sens… Faible. J'arrive à peine à rester assis et pourtant je suis déjà là, en train de trembler comme une feuille. Mes oreilles sifflent et honnêtement, j'ai juste envie de m'écrouler dans les draps et dormir. Tant pis si le lit pue autant la transpiration que le vomis, tant pis si je suis dégueulasse… Seulement à la place, je tente de me lever, ignorant Steve. Je chancèle lourdement sur place avant de retomber sur le matelas avec un soupir. Le monde tangue autour de moi et il me faut bien deux minutes avant d'être capable de réessayer. Je sens Steve s'inquiéter, mais je repousse tout cela au loin… Plus tard. Là j'ai besoin d'une douche. J'ai besoin de me débarrasser de cette odeur… J'ai besoin de retrouver une vague apparence humaine. J'ai besoin de me laver de l'état dans lequel j'étais hier soir. J'ai besoin de me débarrasser de cette putain de honte qui me colle à la peau. Je me relève et après avoir longuement chancelé, j'arrive à rester debout, tentant un premier pas, puis un second alors que je sens Steve m'attraper, comme pour tenter de me retenir. Mon premier réflexe est de le repousser.

"Me touche pas…"

Pas alors que je suis dans cet état. Pas alors que j'ai un goût amer en bouche et que ma peau est poisseuse. Tu ne devrais pas avoir à me toucher, à me regarder dans cet état-là… J'ai honte que tu sois-là. J'ai honte d'être ainsi face à toi. Je tente un pas en arrière alors que ses doigts se referment un peu plus sur mon bras et un tremblement m'échappe.

"Je t'en prie… Lâche-moi… J'ai besoin d'aller me laver…."

Tout m'échappe en un léger murmure rauque et je sens enfin ses doigts glisser le long de ma peau. Il arrête enfin de me toucher mais me propose quand même de venir avec moi. J'hésite, levant à peine le nez vers lui tant je me sens honteux. J'ai envie qu'il soit là… Mais je n'ai pas envie qu'il découvre à quel point tout ceci n'est que rien par rapport au reste… Je passe ma langue sur mes lèvres et tente un sourire.

"Si tu te sens vraiment de prendre une douche avec moi alors que je suis dégueulasse… T'es le bienvenue…."

Il viendra pas. Personne ne veut s'occuper de quelqu'un d'aussi dégueulasse que moi. Il a sûrement passé la pire nuit de sa vie et je ne suis pas sûr qu'il a envie en plus de devoir me regarder me décrasser. Seulement il accepte. Comme toujours. J'ai un léger sourire et je le laisse me suivre, tanguant jusqu'à la salle de bain. J'ouvre en grand les robinets de la douche, virant mon caleçon qui tombe au sol alors que je me glisse sous l'eau pas encore vraiment chaude. Je serre les dents et ferme simplement les yeux avant de céder. Je pose mon front contre le mur et un tremblement secoue mes épaules alors que je commence à sangloter. Je ne voulais pas, je ne voulais pas faire ça, je ne voulais pas avoir une crise de manque hier, je ne voulais pas qu'il me voit ainsi… J'aurais voulu qu'on passe la soirée tout les deux puis qu'une fois le repas terminé… On se soit écroulé ici pour faire la seule chose qu'on sait faire : coucher ensemble en prétendant qu'on s'aime. Seulement non… Il a fallut que je fasse tout merder… Une fois de plus. L'eau ruisselle sur ma peau alors que je sanglote, sentant les mains de Steve sur mes épaules.
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Ven 9 Oct - 18:42
     

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'ai déjà vu Buck dans de sales états. Bourré. Défoncé. Parfois les deux. Mais j'ai jamais eu peur pour lui comme j'ai peur maintenant. Parce que même bourré comme un coing, il était jamais cette chose molle et quasi inconsciente qui gît dans le lit à côté de moi. Là je le reconnais pas. J'ai vraiment peur qu'il meure, vraiment peur qu'il passe pas la nuit. Mon pauvre amour, qu'est-ce qu'on t'a filé? Qu'est-ce qui t'arrive? J'ai jamais aimé ce médecin, et rien que parce qu'il t'a laissé dans cet état-là, je vais m'en méfier. Ma main glisse dans ses cheveux trempés et j'arrive à voler quelques heures de sommeil avant qu'une gerbe de vomi ne me réveille brutalement, et m'oblige à lui changer les draps avant de monter un poste de commandement d'urgence. Histoire qu'il ne ruine pas le lit et qu'il ne se vomisse pas dessus non plus. Le reste de la nuit se passe en pointillés, me réveillant en sursaut à chaque fois que je le sens se redresser, et l'aidant à se pencher pour atteindre la corbeille.

Et tout du long, il est brûlant de fièvre et claque des dents comme s'il était glacé. Son tshirt est trempé d'une sueur froide, et je lui en fais changer au milieu de la nuit, le forçant aussi à boire de temps en temps, pour qu'il ait quelque chose à vomir et aussi qu'il ne se déshydrate pas. Il est tellement mal que j'ai presque peur qu'il claque pendant que je ferme les yeux, et de le retrouver, raide à côté de moi, au petit matin. Une putain de vision d'horreur qui m'empêche de dormir trop profondément. Ca et l'odeur aussi, aigre, qui envahit sa chambre. Sérieusement, il faudra même penser à changer le matelas avec tout ça... Et je garde toujours au moins une main sur lui, ou ma jambe par dessus la sienne pour sentir qu'il bouge toujours, qu'il est toujours là. Alors c'est ça les fameuses crises de manque. C'est ça un camé qui a pas sa dose... Je réalise alors brutalement que j'avais jamais imaginé Buck sous cet aspect-là. Pour moi, il prenait des trucs pour faire la fête, pour tenir le coup toute la nuit, et je pensais pas qu'il en prenait assez pour... pour ça, assez pour être en manque et se retrouver dans un tel état, à souffrir d'une gastro puissance dix, arrosant le tout de je ne sais quoi pour l'abrutir.

Finalement au matin je m'active, vu que ma nuit est définitivement ruinée, et je fais entrer de l'air frais en même temps que de la bouffe. Parce qu'une nuit sans dormir, ou presque, ça ouvre vraiment l'appétit, et qu'une bonne dose de sucre peut aider à tenir le coup. Alors je m'attaque aux gaufres et au café, installé près de la fenêtre ouverte qui m'apporte de l'air frais, et qui dissipe les relents de la nuit. Pendant tout ce temps, Buck dort encore, avant de s'agiter petit à petit. Il ouvre un oeil, puis l'autre, et se redresse une seconde avant de vomir à nouveau. Puis il arrive tant bien que mal à s'asseoir dans le lit.

Hey... Alors comment ça va?

Visiblement, vu son teint de craie, et son regard toujours vitreux, la réponse est : mal. Il prend de longues secondes à rester immobile avant d'essayer de se mettre sur ses pieds. Et a ce que j'en vois, c'est un échec assuré. Je repose mes couverts et viens vers lui, terminant ma bouchée, tendant les mains pour le soutenir. Et je le retiens in extremis alors qu'il partait déjà vers l'avant.

Attends attends, je vais t'aider...

Sauf qu'à ma grande surprise il me repousse, et tente de se dégager de mon étreinte. Mais... mais pourquoi? Qu'est-ce que j'ai fait? Rien!

Buck qu'est-ce qui se passe? Tu tiens à peine debout, je vais te...

Et enfin je comprends, même si ça a pas vraiment de sens, si on y réfléchit.

Eh, c'est normal d'avoir envie de prendre une douche. Surtout après la nuit que t'as passée. Laisse-moi t'y emmener ok? Ca te fera du bien. Ou tu préfères un bain? Un bon bain chaud? Non?

Mes mains lâchent son avant-bras mais reste près du bas de son dos, juste au cas où, alors que je le guide doucement jusqu'à la salle de bains. Je reste tout près, pour le rattraper au cas où il aurait de nouveau des soucis avec la gravité, tout en lui répondant.

Alors je te suis. Je dirai pas non à une bonne douche moi non plus...

Je le surveille alors qu'il ôte son caleçon, et pendant un instant je tends même les mains vers lui, persuadé qu'il va basculer avant de le voir se remettre un peu d'aplomb, et s'appuyer contre le carrelage, laissant l'eau couler sur lui. Je fais de même, me foutant à poil avant de soupirer de satisfaction en sentant la pluie brûlante sur mes épaules. Oh oui c'est parfait. Je ferme les yeux, appréciant pendant une seconde, avant de les rouvrir pour surveiller Buck. Et c'est là que je vois qu'il... pleure. Wow. Je crois que je l'ai jamais vu pleurer... Sans réfléchir, je pose mes mains sur ses épaules et je l'embrasse dans le cou.

Hey, calme-toi... calme-toi... ça arrive d'aller mal. C'est rien...

Mais on dirait qu'un barrage vient de céder. Alors je l'attire contre moi et me laisse lentement glisser le long du mur, adossé, le faisant s'asseoir sur mes genoux, l'enserrant de mes bras. L'eau chaude continue à ruisseler sur nous alors que je le berce doucement. Je ne sais pas ce qu'il a, mais je sens qu'il a juste besoin que je sois là, et qu'il m'en parlera un jour, peut-être. Je le savonne et c'est seulement quand il s'est calmé que je le sèche, que je lui enfile un boxer et un tshirt propres avant de l'emmener dans la chambre à côté. Je défais le lit et l'y installe, avant de rapporter mon plateau pour finir mon petit déjeuner. Je le pose sur une table, avant de lui dire de dormir encore un peu, et de se reposer. Au moins la pièce est propre, les draps sont frais, et je fais en sorte que Buck soit un peu assis contre les oreillers. Une fois qu'il a sombré je finis de manger, avant de le rejoindre pour reprendre un peu de sommeil.

C'est seulement en milieu d'après-midi que j'émerge, avec un Buck toujours enseveli sous les couvertures. Et s'il transpire toujours et s'il est toujours brûlant, il a arrêté de vomir. C'est déjà ça. J'en profite pour bosser mes cours pendant une heure ou deux avant qu'on vienne nous prévenir qu'on doit partir bientôt. Je repose mes cahiers et embrasse tendrement ses cheveux trempés.

Buck... mon chat... on doit se préparer... Il faut que tu t'habilles...



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Mer 21 Oct - 17:55

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Ses lèvres effleurent mon cou et un autre sanglot m'échappe. Tu ne devrais pas me toucher Steve, tu ne devrais pas être là. Je ne te mérite pas, et je pense que je te ne mériterais jamais. J'ai toujours été désagréable, parfois même méchant avec toi et pourtant… Tu reviens. J'ai manqué de foutre en l'air ton avenir à Annapolis et au lieu de m'éjecter de ma vie, t'es revenus. Pour moi. Je n'ai eu qu'à te dire que je m'en voulais et que je tenais bien trop à toi… Et tu étais là, à mes côtés, à me prendre dans tes bras en m'arrachant la promesse de ne pas recommencer. Un autre sanglot secoue mes épaules alors que je me retrouve dans ses bras. Non, non… Il ne devrait pas faire ça… Pas après cette nuit, pas après toutes les autres. Il devrait me détester, je devrais le dégoûter… Il devrait être comme tout les autres, il devrait en avoir marre… Piteusement je viens glisser mes bras autour de son cou et me retrouve sans trop m'en rendre compte sur ses genoux, l'eau brûlante fouettant toujours ma peau. Je m'étais promis de ne jamais me montrer ainsi, de continuer de l'entretenir dans l'illusion que tout allait bien… Et maintenant… Maintenant j'ai honte. Une part de moi voudrait qu'il me rejette et qu'il fasse enfin ce qu'il fera de toute façon un jour et me brise le coeur tout de suite en me disant que c'est finis, qu'il ne veut plus s'emmerder avec moi… Et l'autre… L'autre me fait murmurer silencieusement ce "je t'aime" que j'ai tant envie de lui glisser enter deux baisers. L'eau semble se faire plus tiède alors qu'il me savonne doucement, se contentant de me rassurer sans me demander ce que j'ai. Comme à son habitude, il se contente de me garder contre lui, comme si j'étais important, comme si j'en valais la peine. Au fil des minutes que je passe dans ses bras j'arrive à me calmer et c'est las que je me laisse sécher, puis habillé, le suivant sans lever les yeux vers lui jusqu'à l'autre chambre. Là je m'allonge dans le lit et au milieu des draps qui ne sentent ni la sueur ni la bile, je frissonne. La porte se rouvre et je peine à ouvrir les yeux pour croiser son regard. Lentement il vient me recoiffer, me murmurant de me rendormir. J'hésite une seconde avant de simplement sombrer dans un sommeil lourd et sans rêve, proche de l'inconscience médicamenteuse que l'on m'inflige par moment.

Je pousse un léger soupir quand je sens une première ses lèvres sur ma peau, remontant un peu plus les couvertures sur mon nez. Non. Je ne veux pas sortir, ni aller nul part… Je veux simplement rester dans ce lit et ne plus jamais me réveiller. Je recroqueville quelque peu et grommelle doucement alors que Steve dépose d'autres baisers dans mes cheveux trempés de sueur. Je me sens sale, je me sens à bout et je n'ai qu'une envie… Qu'on me laisse dormir pour les dix prochaines années. Je me sens tellement faible… Au point qu'ouvrir les yeux m'apparait comme un effort monstrueux. Je fixe la fenêtre face à moi et reste silencieux, frissonnant simplement aux baisers et autres caressent qu'il m'offre. Je me sens dégueulasse et je n'ai envie d'aller nul part. Je veux juste… Rester dans ma chambre pour les trois prochaines années… Juste le temps que ça aille mieux. Ses doigts se glissent dans mes cheveux et forcé, je croise son regard.

"J'ai pas envie de m'habiller… Tu veux pas plutôt revenir te coucher avec moi ? On reste là… Pour le reste de la journée et tant pis pour notre programme…"

J'étouffe un bâillement avant de refermer les yeux, les draps sur le nez. Tant pis pour le programme… Ouais, de toute façon j'ai déjà tout foutu en l'air, alors pourquoi s'acharner ? Comme d'habitude on ne fera pas tout ce qu'il avait prévu et même si il me dira que c'était parfait… Je sais qu'au fond, il sera déçu d'avoir dû subir une autre de mes crises ou de mes sautes d'humeurs… Un jour il en aura marre… Un jour il ne pourra plus supporter mon attitude… Et ce sera peut-être pour le mieux… Au moins il me quittera parce qu'il me détestera… Pas parce que je le dégoûterais… Je ferme les yeux alors qu'il vient caresser mon front, me disant que ce n'est pas vraiment possible. Je pousse un soupir avant de repousser les draps, capitulant pour aujourd'hui. Je me relève, exténué par ce simple mouvement. Dieu… J'ai besoin d'une douche. Juste pour me débarrasser de la crasse qui colle à ma peau. Je quitte le lit et me traîne jusqu'à la salle de bain, m'immobilisant sur le pas de la porte.

"Hmmm…. Pas ma chambre."

Je pousse un soupir et fais demi-tour, marmonnant à Steve que je reviens. J'ai besoin de ma salle de bain. Celle dans laquelle j'ai de quoi me foutre un putain de coup de fouet. Je change de chambre sous le regard de Rumlow qui m'adresse un sourire. Le temps d'un instant, j'hésite, sur le pas de la porte. Je n'aurais qu'à lui demander de m'avancer… Mon regard glisse sur sa personne et… Je me reprends. Je me contente de lui glisser un sourire fatigué avant de rentrer dans ma chambre, plissant le nez face à l'odeur qui y règne. Un étrange mélange de produit ménager, de lessive et de vomis. Je grommelle et m'enferme dans la salle de bain. Je me glisse tout d'abord sous une bonne douche chaude et une fois la peau rouge et propre, je m'enroule dans une serviette; commençant à faire le tour de mes planques d'urgence. J'ouvre le placard à pharmacie et attrape la boîte de laxatifs, y tirant un fin sachet transparent dans lequel se trouve trois cachets de couleur vives. Trois. Soit un jour et demie. Pas plus. Soit ce soir et demain. Je tiendrais jamais avec si peu. Je fais le tour de mes autres cachettes… Et rien. Je pousse un soupir. Je peux faire avec. Je prends rien aujourd'hui, puis un demain et je garde le dernier pour après-demain… Et dès que possible… Je vais ramper aux pieds de Rumlow. Je me mords la lèvre inférieur… Non je ne peux pas faire ça… Pas alors que Steve est toujours là… Si il me surprend… C'est foutu. Je garde le sachet en main alors que je remets mon caleçon, coinçant le sachet dans l'élastique. Je sors, vérifie que Steve n'est pas là et je m'habille. J'attrape ma veste et glisse le sachet dans la poche intérieure, me regardant une dernière fois dans le miroir. Ouais ça va… J'ai l'air… Affreusement fatigué et dans le pire des états… Je me force à sourire. C'est pas mieux… Mais tant pis. C'est tout ce que je pourrais offrir à Steve aujourd'hui. Je quitte ma chambre, refermant la porte derrière moi avant de le rejoindre, lui offrant un sourire.

"Je suis prêt…"

Son sourire est si éclatant par rapport au mien. Lui semble heureux, aller mieux….  Je le laisse s'approcher, me glissant tout contre lui pour lui offrir un baiser presque timide. Un semblant de sourire se dessine sur mes lèvres une fois notre baiser rompu. Je croise son regard et j'ai envie de pleurer à nouveau. J'aimerais lui dire à quel point je suis désolé, à quel point je m'en veux mais je sais que ce serait vain. Parce qu'après il me dirait que ça ne dépends que de moi, que je n'ai qu'à faire un effort et changer… Et là je me braquerais parce j'aurais l'impression à l'entendre que tout serait de ma faute… On s'engueulerait et tout volerait probablement en éclats entre nous. Alors même si j'ai les mots sur le bout des lèvres, je me contente d'un autre baiser avant que nous ne quittions la chambre, escorté par Rumlow qui reste bien à mes côtés. Mon regard glisse sur lui et j'ai l'impression qu'il sait. À la manière d'un requin… Il sentirait mon besoin, mon manque… Et il sait que dans ces moments-là… Je n'hésite pas longtemps avant de me mettre à genoux. Je prends une grande inspiration et grimpe en voiture avec Steve, regardant par la fenêtre de la limousine qui démarre. Je ferme les yeux et au lieu de venir me glisser dans ses bras comme je le ferais  d'habitude, je reste dans mon coin, n'osant pas croiser son regard. Le voyage se fait dans un silence pesant et quand on arrive, un soupir m'échappe. Ça doit faire… Peut-être un an que je ne suis pas allé chez lui. La dernière fois, je n'ai pas voulu l'accompagner, prétextant que j'avais mieux à faire. Et maintenant que je me retrouve devant la maison de ses parents, je me sens comme un gamin dans la salle d'attente du dentiste. J'aimerais qu'on me prenne par la main et qu'on me dise que je ne suis pas obligé d'y aller, ou alors que ça va aller. À la place… Steve me glisse un sourire et je sors, ayant l'impression de ne pas être à ma place. Je fixe le sol à mes pieds, redoutant déjà le regard de Sarah. Je ne devrais pas être là. Je ne mérite pas d'être là.
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Mer 28 Oct - 14:47
     

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e sais vraiment pas ce qui peut lui passer par la tête. Ce qui peut faire qu'il arrive à se sentir aussi mal. Qu'il craque, comme ça. Est-ce que ça serait à cause de moi? Est-ce que j'ai fait ou dit quelque chose? Je le connais depuis qu'on est gosses, et pourtant, au fil des mois et des années, il a commencé à 'éloigner de moi, sans que je puisse rien y faire. Il y a des choses qu'il ne me dit plus. Il y a des trucs qu'il ne me raconte pas. Il a des secrets. Envers moi. Moi son Steve. Et je déteste ça. Je déteste cette impression d'être tenu à l'écart, de pas mériter qu'il partage tout avec moi, et que ce soit sûrement Tasha qui en sache plus que moi. Pendant des années il n'y a eu que moi, et pourtant, même si j'adore Tasha et que je la vois comme ma soeur, je suis jaloux du fait qu'ils soient aussi proches. Dans les mêmes délires. Ils font la fête ensemble, vont à l'inauguration des clubs et des boites à la mode, dînent ensemble dans les derniers restaurants... pendant que moi je suis à Annapolis. Et ça me tue.

Heureusement il se calme vite, sa respiration s'apaisant, et surtout, il sèche ses larmes. Maintenant qu'il est propre, le mieux c'est de changer de chambre, et de ne pas rester dans son lit dégueulasse. Rumlow nous suit du regard quand on traverse le couloir, mon bras autour des épaules de Buck, et je le borde tendrement, restant près de lui et surveillant son sommeil. Les heures passent, et il est l'heure qu'on se prépare. Dans un sens je suis content, parce que si je connais cette baraque comme ma poche, et même les passages secrets, je préfère mille fois être dans ma maison. Avec ma mère. Je souris et commence à réveiller tendrement ma belle au bois dormant, l'embrassant dans les cheveux et lui caressant la joue. Enfin je vois ses yeux bleus magnifiques se poser sur moi et je lui embrasse le bout du nez.

Non Buck... J'ai aussi envie de voir ma mère... Et puis... Le reste de la journée est déjà passé. Dans deux heures ce sera l'heure du dîner... tu as dormi quasiment toute la journée... Cette nuit je serai avec toi, dans ma chambre... Je t'aurai juste pour moi... juste pour moi...

Finalement j'arrive à le faire sortir du lit, et il grogne en repoussant les couvertures. Il tangue un peu sur ses pieds avant de se stabiliser, et file en vacillant vers la douche. Avant de se rendre compte qu'on est pas dans sa chambre. Je le suis, prenant mes affaires avec moi et une fois qu'il s'enferme dans la salle de bains je me change, rassemble mes fringues que je fourre dans mon sac, attrape aussi la housse de mon costume pour le gala que je pose sur le lit qui a été fait, et je l'attends. Je lui souris quand il sort enfin, habillé de frais, et tends la main vers lui pour l'attirer à moi une seconde et lui voler un baiser. Je prends ensuite mes affaires, et je le suis jusqu'à la limousine.

Je me laisse retomber sur la banquette, et je suis surpris quand... il s'assied à l'autre bout de la voiture. Lui qui d'habitude vient se blottir dans mes bras dès qu'il peut. Je fronce les sourcils, une boule dans la gorge en le voyant regarder dehors. Il veut même pas croiser mon regard... mais pourquoi? Qu'est-ce que j'ai pu faire? Je soupire, fatigué de tout ça, et croise les bras sur ma poitrine, regardant dehors à mon tour. Seulement, au bout de quelques minutes, toujours rien. Je passe ma langue sur mes lèvres et hésite une seconde avant de rester silencieux, finalement. Il n'a pas l'air de vouloir parler alors... on va en rester là.

Heureusement on arrive bientôt et à peine la limousine garée devant la maison de mes parents, je vois ma mère qui sort en trombe, dévale les marches, et je la prends dans mes bras, la soulevant du sol une fois qu'elle est devant moi.

Oh tu m'as manqué!
- Moi aussi Steve. Roh mon garçon t'as encore pris des épaules. A chaque fois que tu viens je me sens de plus en plus minuscule à côté de mon grand dadais de fils!
- Mais non mais non!


Je la laisse retomber sur ses pieds et la suis du regard alors qu'elle vient prendre Buck dans ses bras.

Alors mon grand, ça fait longtemps que je t'ai pas vu! Comment vas-tu? En tout cas les garçons, je suis contente de vous avoir à la maison! Allez vous installer et ensuite on mangera un petit quelque chose. Ouste!

Je ris, attrapant mon grand sac alors qu'elle prend mon costume encore dans sa housse, et laisse Buck passer avant elle pour rentrer. La maison... Là je me sens vraiment bien. Au milieu des bibelots, des photos, de nos meubles... Tout ce qui manque à la Maison Blanche, qui est juste un musée habité. Ici c'est une vraie maison. Je largue mon sac dans l'entrée le temps de dire bonjour à Martha. Elle travaille pour mes parents depuis avant ma naissance, et elle a été ma gouvernante en même temps que notre cuisinière et autres. Sans elle la maison tournerait pas pareil vu les nombreux voyages de ma mère pour son boulot à l'ONU et les mois à l'étranger de mon père. Autant ma mère est fine et menue, autant Martha est ronde et voluptueuse. Une vraie mama black. Elle pousse un cri de surprise en me voyant avant de poser ses mains sur mes joues et m'embrasser sur le front, me laissant sûrement une belle marque de rouge à lèvres rose au passage, celui qu'elle met tous les jours. Elle recule ensuite pour m'examiner, armée de sa cuillère en bois.

Rah Steve regarde-toi! Comme tu es beau! Une vraie armoire! Bientôt tu dépasseras ton père!
- J'ai encore de la marge Martha tu sais.
- Oh non, quelques mois et c'est bon!
- Arrête, dis pas de bêtises.


Elle me menace avec sa cuillère.

Tu voudrais dire que je dis des bêtises Steve Rogers? M'oblige pas à te mettre une fessée comme quand t'étais petit!
- Non non promis. J'arrête.


Je ris doucement et me tourne vers Buck qui m'a suivi.

Eh mais c'est le jeune James! Oh tu es devenu beau toi aussi!

Elle lui pince gentiment la joue, avant de tourner autour de lui.

Par contre il faudrait que tu te remplumes. Tu es tout maigre.
- Je sais Martha, je lui dis la même chose...


Et je lance un sourire à Buck alors qu'il s'approche.

- Bon les enfants je vous ai fait des cookies, et du lait chaud à la noisette. Sarah, vous en prenez aussi?
- Avec plaisir!
- Alors je ramène tout ça dans le salon.


J'attrape le plateau des mains de Martha et la suis avant de m'installer sur le canapé.


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Ven 30 Oct - 18:17

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La limousine s'immobilise et j'ai le coeur au bord des lèvres. Autant parce que je n'ai aucune envie d'être là que parce que je sens que l'effet des drogues se dissipent. Doucement et sûrement… Je suis de nouveau sobre. Et avec cet état que j'ai appris à détester et à éviter, je recommence à avoir chaud puis froid, à avoir les mains qui tremblent et cette envie de me laisser glisser, de fermer les yeux et de déposer les armes. De dire ok, c'est bon, j'ai assez souffert pour aujourd'hui. J'ai envie de me coucher, de me cacher dans mon lit et de dormir, de laisser le temps passer et le monde tourner sans moi. De laisser mes angoisses glisser sur ma peau et simplement attendre… Attendre jusqu'à en avoir marre d'attendre. Attendre jusqu'à ce que le monde finisse par oublier mon existence et que je ne sois plus rien, que je ne sois plus capable de ressentir quoi que ce soit. Là, tout de suite, je préférais ne plus exister que de continuer à devoir supporter ce que je suis devenu. L'espèce de parodie de Bucky Barnes que Steve continue de regarder et à qui il continue de sourire. Et si ça me rassure de savoir qu'il reste avec  moi, qu'il accepte encore de me toucher, de m'embrasser, je me dis que par moment je préférais qu'il me voit comme ce que je suis réellement, un truc fracassé qu'on peut plus aimer. J'ouvre la porte et sors, le coeur au bord des lèvres. J'ai l'impression d'être comme une tache qu'on efface du bout des doigts, une imperfection dont on se débarrasse. Je fixe le sol à mes pieds alors que Sarah arrive et qu'avec Steve, ils ont le genre de retrouvailles et d'échange que j'aimerais avoir avec ma propre mère. La mienne me regarde toujours d'un oeil froid, son portable en main en me disant que j'ai encore pris du poids ou qu'elle va devoir me refaire un costume pour la prochaine soirée ou gala… Enfin, quand ce n'est pas pour m'engueuler à propos d'une couverture un peu trop sulfureuse ou quelques photos de soirées salement alcoolisés qui terminent dans un torchon quelconque. Eux… Quand ils se retrouvent, ils sont heureux de se voir, heureux de se prendre dans les bras et Sarah a toujours un sourire pour Steve… Un sourire que je n'ai jamais vu chez mes parents. Oh il y a bien les sourires qu'ils forçaient pour les événements ou les photos quand j'étais gamins… Mais pour le reste… J'ai toujours eu l'impression d'être de trop… D'être un encombrement… Et à chaque fois que je me retrouve avec eux… Je me demande toujours pourquoi ils se sont emmerdés à avoir un enfant si c'est pour le considérer comme un poids plus qu'autre chose. Ils auraient mieux fait de ne pas en avoir… Je relève les yeux et me retient de faire un pas en arrière quand je vois Sarah approcher. Non non… Je ne veux pas qu'on me touche. Et pourtant, je force un sourire et me laisse faire.

"Ouais ça fait un moment… Et ça va, ça va…"


Les mots sortent difficilement d'entre mes lèvres. Non ça ne va pas. Rien ne va. Bien sûr que ça ne va pas. Je me détache d'elle et rentre avec Steve, me ramassant presque sur moi-même alors que je me retrouve dans le hall. Gamin j'adorais venir ici… J'adorais être chez Steve pour profiter de la piscine, pour avoir le droit à des cookies et… Un semblant d'intimité. Ici je pouvais courir dans les couloirs, jouer là où je le voulais sans avoir un garde sur les talons ou quelqu'un pour me raccompagner dans ma chambre… Ici… J'étais libre. Et aujourd'hui… J'ai l'impression d'être un intrus… J'ai la sensation que tout me fait comprendre que si à une époque j'étais le bienvenue… Aujourd'hui j'ai l'impression que ce n'est plus le cas. Son sac atterrit dans l'entrée alors que je suis à deux doigts de l'attraper par la manche pour lui dire que je ne vais pas bien et que je vais simplement rentrer… Seulement mes doigts ont à peine le temps d'effleurer sa manche que nous sommes une fois de plus interrompu par quelqu'un qui veut prendre Steve dans ses bras et lui dire qu'ils sont heureux de le voir. Je suspends mon geste et détourne le regard de cette scène qui me fait juste dire que je n'ai effectivement pas ma place ici. Un goût amer me reste sur la langue et je dois me forcer à offrir un sourire à Martha quand elle commence à me dire que je suis devenue beau. Ça me fait presque mal de l'entendre dire ça. Parce qu'elle ose me comparer à Steve. Elle ose sous-entendre que je suis beau que lui, aussi rayonnant… Je baisse les yeux, plus honteux que réellement gêné. En rien je ne ressemble à Steve et en rien on ne devrait nous comparer. Personne ne veut être comparé à quelqu'un comme lui, parce qu'il est le genre de personne à filer des complexes à n'importe qui. Martha vient doucement me pincer la joue et j'ai un demi-sourire.

"Vous exagérez tout les deux, je ne suis pas si maigre que cela…."

Du moins je ne le suis pas assez aux yeux de ma mère, je n'ai pas les joues assez creuses à son goûts, pas les poignets assez graciles, pas les hanches assez fines… Je croise le regard de Steve et fronce les sourcils. Lâche-moi avec ça. Sérieusement. C'est pas la peine qu'on entre sur ce terrain là et tu le sais, parce qu'à chaque fois… On en vient à se gueuler dessus, et là, j'ai pas franchement envie que ce soit le cas. J'ai ni la force, ni l'envie de me battre avec toi ce soir. Il attrape le plateau et c'est docilement que je le suis, sentant mon coeur s'affoler dans ma poitrine à chaque pas, comme si il ne cessait de marteler que je n'ai rien à faire ici. Je m'installe à ses côtés sur le canapé et même si j'ai une furieuse envie de me glisser dans ses bras juste pour sentir ses doigts se glisser dans mes cheveux, je reste sagement à ses côtés, à laisser mon regard faire des aller-retours entre les cookies et le lait chaud. Une boule se forme dans ma gorge rien qu'à sentir l'odeur du chocolat encore chaud et de l'arôme de noisette. Mon estomac gronde et pourtant je me sens déjà prêt à vomir. J'ai envie de manger et d'un autre côté, je sais que je ne dois pas. Alors quand Sarah me tend un verre de lait chaud, je me contente de le laisser réchauffer mes doigts, sans pour autant y tremper mes lèvres. Les minutes passent et les conversation se font sans moi. Le bout de mes doigts me fait mal et je finis par reposer le verre, le souffle court. Je peux pas être là, je ne peux juste pas. C'est trop dur. Si à une époque je pensais avoir ma place avec eux…. Aujourd'hui je me sens comme un intrus. Comme un pote que personne n'attendait mais à qui on offre un verre par politesse. Étrangement fatigué et pas franchement à l'aise, je finis par poser ma main sur le bras de Steve, lui glissant un sourire d'excuse.

"Je me sens pas super bien… Ça te gêne que je monte dans ta chambre, juste histoire de m'allonger un peu ? Je vous rejoins pour le dîner…"

Je soutien son regard et je n'y lis qu'une chose : de l'inquiétude. Il a peur que je fasse une connerie ou que je ne sais pas, quelque chose m'arrive. J'aimerais pouvoir caresser sa joue et le rassurer d'un baiser, mais à la place, je me contente d'un simple sourire. Puis après m'être excusé auprès de sa mère, je récupère son sac dans l'entrée et monte jusqu'à sa chambre. J'en pousse la porte et ose à peine y entrer. Je l'ai toujours connu comme ça… Chaleureuse, accueillante… Je lâche le sac et retire rapidement ma chemise, la laissant tomber à son tour, puis j'ouvre son placard, attrape un de ses sweats pour le passer. J'ai l'impression de me perdre dans le tissu autant épais que doux. Je joue nerveusement avec les manches trop longues, essayant juste de me calmer. Je tente de ravaler la boule dans ma gorge. Calme-toi… Calme-toi… C'est rien, t'es le bienvenue ici… Tu le sais… Seulement toutes mes angoisses ressortent au fil des "Et si ? Et si ?" Je passe la capuche et cache mon nez dans le col, essuyant mes larmes du bout des manches. Je voudrais juste… Je voudrais juste que tout soit plus simple. Je voudrais être son Buck. Pas cassé, pas fracassé… Je voudrais être bien. Je voudrais être normal. Juste une putain de fois.
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Bucky ♦ Steve

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Ici tout est simple. Ici tout est normal. Je suis chez moi, à la maison, avec ma mère et notre gouvernante. Dans le canapé qui a accueilli pas mal de soirées films tous les trois, ou tous les deux, en fonction des déplacements de l'un ou l'autre, à manger des cookies et du lait chaud, ou je sais pas quelle autre cochonnerie. Profiter des moments où je les avais pour moi, et juste pour moi. Ca me fait du bien de recharger mes batteries, et je me sens beaucoup plus à l'aise qu'à la Maison Blanche, où seule une partie est habitée, et encore, ce sont de grands couloirs cirés bardés de gardes qui font le pied de grue entre quelques pièces privées. Là au jour d'aujourd'hui je serai même plus capable de dire à quoi ressemble le salon, vu qu'on n'y est presque jamais allées. Ou au moins plus depuis des années. Ici je peux poser des babioles ou laisser des trucs sans qu'ils soient automatiquement remis bien joliment par une armée de femmes de ménage qui vont passer un coup de chiffon dessus. L'impression que je suis bien, tout simplement.

Mais là où je suis surpris c'est quand je vois l'attitude de Buck. D'habitude il aime bien venir ici. Il aime cet endroit où il est sûr de ne croiser ni visiteur, ni personnel de la sécurité, ni garde du corps, ni journaliste. Rien à part une maison normale, habitée par des gens normaux. Pas une armée de femmes de ménage ou de domestiques. Ici il y a juste Martha. Je ne comprends pas pourquoi il a l'air si mal... Et ça commençait déjà avant qu'on parte. Dès son réveil en fait. On s'est à peine touchés, à peine embrassés. Dans la limousine il n'a pas décroché un mot, et se tenait à l'autre bout de la banquette. Ici, il est assis mais son esprit est ailleurs. Je soupire doucement et je me dis que je lui en parlerai une fois que je serai seul avec lui. Pour l'instant le mieux est de le laisser tranquille... J'attrape un cookie encore chaud dans une main, le cacao dans l'autre et j'écoute ma mère, du chocolat plein la bouche. Plus d'une fois je retiens in extremis mon réflexe de poser ma main sur son genou, ou sa cuisse, alors que je suis en pleine discussion, et les coups d'oeil que je lui lance de temps en temps me montent que Buck est toujours aussi préoccupé. Il ne dit rien, le regard vide, sa tasse intacte entre ses doigts fins.

Et je sursaute presque quand j'entends enfin sa voix, et je fronce les sourcils en apprenant pourquoi il a osé quitter son silence. Il veut monter. Je n'aime pas ça, pas du tout, et je fronce un peu les sourcils, espérant qu'il en dise un peu plus. Sauf qu'il ne dit rien. Il ne s'explique pas. Et ma mère, en bonne mère louve, pose sa main sur son bras.

Steve m'a dit que tu as passé une mauvaise nuit. Foutus fruits de mer, si on peut même pas faire confiance aux bons restaurants pour en trouver qui risquent rien... Je crois que je vais me passer d'huitres pendant un certain temps... Mais bien sur mon grand, monte, allonge toi un peu, et on viendra te chercher...

De mon côté je ne dis rien. Plutôt qu'un long discours j'irai le voir bientôt, et je verrai avec lui ce qui va pas. Ce qui va pas vraiment. Il disparaît sans un bruit, laissant sa tasse sur la table basse, et on échange un regard inquiet tous les trois. Parce qu'on a tous très bien senti que quelque chose ne va pas, moi encore plus que les autres, mais je ne sais pas pourquoi. Qu'est-ce qui lui arrive? Qu'est-ce qui a bien pu se passer pour le mettre dans un tel état? L'overdose de la veille? C'est pas la première, loin de là, et il s'est jamais comporté comme ça après... Je comprends pas... Je comprends pas et ça me rend dingue. De sentir qu'il me tient à l'écart comme ça, qu'il a construit un foutu mur entre nous, et je supporte pas de rester à l'écart.

Je termine ma tasse et échange simplement un regard avec ma mère. Elle a compris. Et elle hoche rapidement de la tête pour m'encourager à monter. Je murmure que je reviens et grimpe doucement les marches. Arrivé devant la porte, j'entends renifler derrière la cloison de bois. Il... il pleure? Je pousse la porte et je le vois, noyé dans un de mes grands pulls, sanglotant à moitié dans les manches. Mon coeur se serre à le voir comme ça et en une seconde je suis près de lui et je l'attire dans mes bras le serrant avec force. Mes lèvres déposent un baiser dans ses cheveux alors que je lui murmure à l'oreille.

Steve... Steve mon chat... Qu'est-ce qui se passe? Depuis que tu t'es réveillé t'es pas bien et je m'inquiète... Qu'est-ce qui t'arrive? Qu'est-ce qui ne va pas? Raconte-moi... Raconte moi tout... Je déteste quand tu me racontes pas ce qui va pas...

Je le garde contre moi alors que je m'assieds sur mon lit et je le fais s'asseoir sur mes genoux, le berçant doucement.

Ici rien va t'arriver. T'es chez toi ici, tu le sais. Martha et maman sont ravies de t'avoir là et... et moi je le suis encore plus... Alors... si tu me disais ce qui te met dans cet état là? Hein?

J'essuie ses larmes du bout des doigts alors que je le garde tout contre moi.

T'es mon frère Buck... Et ça me tue de te voir malheureux comme ça...


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Mar 24 Nov - 20:20

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J'ai toujours aimé et détesté sa chambre. Parce qu'elle est si accueillante, si chaleureuse que ça me tue à chaque fois de devoir y revenir simplement pour la quitter. De devoir sentir cette odeur qui me donne l'impression d'être à la maison, d'être chez moi alors que je suis qu'un invité. Avant c'était simple de prétendre que tout allait bien, que je me sentais bien autant dans ses bras que dans ses draps. Maintenant… Maintenant c'est dur. C'est lourd à porter. Maintenant je me sens sale quand il vient m'enlacer, je me sens répugnant. Je peine presque à supporter de le toucher tant j'ai peur de le salir, d'abîmer l'être parfait qu'il est à mes yeux. Mon Steve… Il a toujours été si beau à mes yeux. Depuis que je suis gamin je le regarde comme si il était le soleil. Et tel Icare, si au début je voulais qu'il me réchauffe d'un sourire ou d'une caresse… J'ai désormais l'impression de brûler. J'ai autant envie qu'il m'embrasse qu'il ne le fasse pas. Je ne sais pas ce que je veux. Je veux qu'il m'aime mais je sais qu'il ne pourra jamais. Steve ne pourra jamais m'aimer. On ne peut aimer une chose, un être aussi brisé que moi… On ne peut que me détester et se remercier de ne pas être dans mon état. Un jour il finira par en avoir marre et il me laissera. Il prendra quelqu'un d'autre que moi dans ses bras et je ne deviendrais plus qu'un vague souvenir, une personne qu'il a un jour connu. Rien de plus. Alors le nez dans son sweat… Je pleure sur ce que j'ai déjà perdu, sur ce que je perds et que je perdrais. Je pleure sur Steve, sur cette impression d'être immonde, sur cette sensation d'être le bienvenue dans une maison qui n'est pas la mienne. Je ne sais pas où je voudrais être. Mais pas là. Je voudrais juste être de nouveau au bord de cette piscine, à sentir sa langue se glisser entre mes lèvres pour la première fois. À l'époque où tout était plus simple. À l'époque où j'étais encore un être humain.

J'entends la porte s'ouvrir entre deux sanglots et d'instinct je me recroqueville un peu plus, ne cessant d'essuyer mes larmes. Non Steve. Ne viens pas, ne me touche pas, n'essaye pas de comprendre. C'est trop tard. C'est foutu. Tu peux plus rien faire et tu finiras par partir. Parce que je ne serais jamais autre chose que ton apocalypse personnel, un boulet qui te traîne. Ses mains viennent me chercher et lâchement, je me laisse glisser dans ses bras, mes sanglots redoublant d'intensités quand il dépose un baiser dans mes cheveux. Pourquoi ? Pourquoi tu fais ça ? Tu devrais me laisser, tu devrais en avoir marre… Tu ne devrais pas rester pour moi. Je frissonne alors qu'il commence à murmurer à mon oreille. Ce qui ne va pas ? Tant de choses Steve, tant de choses. Mais je ne peux t'en parler, je ne peux pas… Tu ne comprendrais pas et au mieux, je te dégoûterais. Et je pourrais supporter de voir cela dans ton regard alors que tu croises le mien. Le problème c'est que je suis lâche et que j'ai bien trop peur de te perdre. Seulement il insiste. Il veut comprendre. Il veut savoir ce qui se passe dans ma tête. Alors je reste silencieux, je me contente d'enfouir mon visage dans son cou, en profitant de peur que ce soit la dernière fois. Sa main caresse mon dos et je peux sentir son regard sur ma personne. Il voudrait tant que je desserre les lèvres et que je lui avoue que je m'en veux de tout ça. Que je m'en veux d'avoir laissé le médecin me toucher, d'avoir été un mauvais garçon, d'avoir avalé tout leurs médicaments sans broncher, de m'être offert à Rumlow pour ne pas être en manque… Je m'en veux d'être ce que je suis, cette autre chose, de ne plus être son Buck. Mais pourrait-il l'entendre ? Non.

Je me laisse porter sur le lit, me retrouvant sur ses genoux avec la fâcheuse impression d'être un enfant. Et si en temps normal je m'en serais plains… Là j'en profite. De peur que ce soit la dernière fois. Je ferme les yeux et le laisse me bercer, tentant de reprendre doucement mon souffle. Ses doigts effleurent mes joues, essuyant les larmes qui y roulent encore alors qu'il continue de vouloir comprendre, de vouloir savoir. Je mordille nerveusement le bout d'une des manches avant de me racler la gorge. Dis-lui. Dis-lui. Il pourrait comprendre.

"C'est juste… Je suis fatigué… Et je me sens pas bien… C'est nerveux… C'est rien."

Je me dégoûte. Je me dégoûte de lui mentir, d'oser lui dire que ce n'est rien, de le prendre pour un con en osant lui dire que c'est nerveux. Bien sûr que ça ne l'est pas. Il le voit. Il le sent. C'est comme ça depuis ce matin. Je le fuis. Je le touche à peine, je l'embrasse à peine… Moi qui d'habitude est le premier à lui sauter dessus, à vouloir l'embrasser et le caresser… Je finis de sécher mes larmes et me recule, un sourire faux à souhait aux lèvres.

"Ça va, ça va Steve… J'ai besoin… De dormir…"

D'oublier. De ne plus y penser. Je remonte les manches du pull sur mes coudes et lui glisse un sourire bien pathétique avant de déposer un rapide baiser sur ses lèvres.

"Je vais bien… Je suis désolé de t'inquiéter… J'ai eu un petit moment de faiblesse mais ça va mieux… D'ailleurs, je pensais aller fumer du côté de la piscine… Tu m'accompagnes ?"

Je m'attends à ce qu'il refuse mais non, il me suit. J'ai un autre sourire, avant de quitter ses genoux, fouillant dans notre sac pour trouver mon paquet de cigarette, l'attendant ensuite sur le pas de la porte. Je lui souris alors qu'il me rejoint et une fois dehors, je déambule pensivement jusqu'à la piscine. Là je vire mes chaussures et mes chaussettes, remontant un peu mon jean pour m'assoir au bord, laissant mes pieds tremper dans l'eau chlorée. Je glisse la cigarette entre mes lèvres et l'allume, tirant une première bouffée dessus. Je regarde la surface de l'eau danser devant mes yeux, me retenant de lui demander si il se souvient de cette soirée à la Maison Blanche, de notre première fois sur le bord de la piscine, de nos doigts humides et maladroits sur la peau de l'autre, de nos baisers qui avait le goût du chlore et de l'alcool… Non. Une fois de plus je ne dis rien, me contentant de fumer en silence, venant simplement poser ma tête sur son épaule. Ça devrait être comme ça tout le temps. Juste lui, moi et rien d'autre.

Sarah nous appelle pour le diner et c'est l'estomac noué que je m'installe à la table avec eux. Parce que je n'ai pas faim. Parce que je n'ai pas envie de manger. Je ne dois pas. Si ma mère me voit et que… Je prends une grande inspiration. Au pire, je grignote un peu… Ça ne se verra pas. Et au pire… J'irais vomir plus tard. Et c'est ce que je fais, assis à côté de Steve, je grignote à peine les lasagnes que Sarah nous a préparés, souriant quand elle commence à ressasser le passé, nous rappelant le goûter d'anniversaire qu'on a eu ici où Tony avait remplis la piscine de glace à la vanille… Ou de cette soirée où l'on a regardés les feux d'artifices en mangeant de la pastèque… Puis Steve prend le relai, parlant de la fois où, rendu malade à cause des fruits de mer, j'avais vomis sur les chaussures de l'ambassadeur de Brésil, ou sur le fait que je me pensais amoureux de Tasha la première fois que je l'ai vu…. Tant de souvenirs qui me font sourire et qui rendent le diner plus agréable. Non je ne mange pas énormément mais au moins… Ils ne m'embêtent pas sur ce que je mange ou quoi… Non on se contente de parler du passé et de se dire que… On a toujours eu de bons moments tout les deux.

Le repas se termine et après avoir aidé Sarah à mettre la vaisselle dans le lave-vaisselle, je m'excuse auprès d'elle, lui avouant une certaine fatigue et une envie d'aller m'allonger. Steve décide de me suivre et j'apprécie qu'il décide de rester avec moi. Et à peine la porte de sa chambre refermée, je pousse un soupir, venant m'allonger sur son lit. Je pousse un soupir avant de sourire quand il vient se glisser à mes côtés. Je me blottis dans ses bras et viens embrasser sa gorge, comme je pouvais le faire avant, quand je prétendais que tout allait bien et que je ne voulais qu'une chose : qu'on passe notre temps tout les deux à s'envoyer furieusement en l'air. Je glisse une main sous son pull, puis sous son t-shirt, venant caresser sa peau du bout des doigts.

"J'ai envie de toi Steve… J'ai juste envie d'être bien… Dans tes bras…"

Je continue de semer des baisers sur sa gorge, remontant jusqu'à finalement trouver ses lèvres, venant lui voler un long baiser fiévreux.
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Jeu 17 Déc - 20:37
     

Bucky ♦ Steve

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uck ne pleure quasiment jamais. C'est rare. Vraiment rare. Et pourtant là, en moins de vingt-quatre heures c'est la deuxième fois et ça me bouffe. Je déteste, je déteste le voir comme ça, si faible, si fragile. J'ai l'impression que je sais pas faire, que je sais pas l'aider, qu'à côté de lui, je sers à rien. Je déteste avoir cette sensation de rien pouvoir faire, de rien savoir faire pour lui. Rester dans l'ignorance et surtout, qu'il me dise rien. Qu'il soit pas venu de lui-même vers moi pour me dire ce qui allait pas, comme il le faisait toujours comme quand on était mômes. Là il me tient à distance, il me cache des trucs et ça me rend dingue. Parle-moi. Parle-moi mon amour, raconte-moi tout, même si c'est une peine de coeur, même si un salaud ou une garce t'a fait du mal. Même si ça va me tuer de l'entendre mais... mais au moins montre moi que je suis encore celui à qui tu dis tout. La moindre connerie. Comme quand on était des mômes et qu'on s'envoyait des millions de mails ou de textos pour tout et n'importe quoi, ou qu'on passait nos soirées à discuter sur MSN et qu'on se racontait nos journées.

Mon côté ours revient à peine je l'entends sangloter et je le serre contre moi sans réfléchir, fort, comme pour lui prouver que je suis là, que quoi qu'il arrive je suis toujours là. Je le garde, sans savoir ce qui le tracasse, sans savoir ce qui lui passe par la tête. Pourquoi tu me dis rien? Pourquoi tu me dis pas ce qui va pas? Pourquoi tu me tiens à l'écart? Tu penses que je pourrais pas comprendre? Tu penses que je pourrais pas te conseiller? T'aider? Alors je le garde juste contre moi, sur mes genoux, à essuyer ses larmes et à le bercer doucement, jusqu'à ce qu'il se calme petit à petit. Et enfin il parle. Je serre un peu les dents quand je l'entends m'expliquer ce qui ne va pas, parce qu'il me ment. Je le connais, je le connais sûrement mieux que ses parents, et je sais quand il me ment. Comme maintenant. Et je déteste ça. Je déteste qu'il me dise même pas la vérité...

Je lui rends à peine son baiser et hoche la tête quand il me demande d'aller fumer dehors. Je le laisse se lever, quitter mes bras avant le rejoindre et le suivre dehors.

Ouais ouais... et on va passer quelques jours ici, tu pourras te reposer, sans penser à rien. Juste être là, avec moi...

Je me mords la langue pour rien dire d'autre, pour cacher encore une fois que je l'aime à en crever et qu'il y a eu que lui. Qu'il y aura que lui. Parce que j'arrive pas à imaginer une seule seconde tenir quelqu'un d'autre dans mes bras, avoir le coeur qui bat aussi vite pour un autre que lui. Et je me sens con parce que lui se gêne pas. Lui profite de ce qu'il a sous la main, cueille ce dont il a envie. Et moi je le regarde faire, parce que je sais bien que je lui suffirai jamais. Qu'il me regarde pas comme j'aimerais qu'il le fasse... Enfin bon... En passant devant ma mère je lui dis qu'on fait juste un tour dehors et je pousse la porte vitrée. On descend les quelques marches et j'entends le bout de sa cigarette crépiter doucement alors qu'il tire dessus. Je lui en chope une et l'allume à la sienne, nos deux visages tout près l'un de l'autre et juste éclairés par la lueur de la flamme. Il se recule ensuite, se deshabillant à moitié en gardant sa clope entre ses lèvres et plonge ses pieds dans l'eau. Je fais la même chose et je reste juste là. A entendre les bruits de la ville un peu loin, étouffés par le rideau d'arbres et de buissons. Le clapotis des vagues, et la lueur bleutée qui est projetée sur tout ce qui nous entoure, Buck y compris. Et je souris, la gorge nouée en me rappelant ce fameux soir. Notre première fois. On était tout tremblants, tout maladroits, et pourtant... c'était mignon. Tendre. Nous deux sur notre transat, à nous embrasser, trempés, et à pas pouvoir nous arrêter pendant qu'au loin on entendait les bruits de la fête et les feux d'artifice. Et qu'en plein dans le feu de l'action le transat s'était renversé et qu'on était retombés sur le bord de la piscine, à poil, gênés et en même temps morts de rire. On s'était enroulés dans des peignoirs, on avait traversé les couloirs déserts et on était allés finir ça dans le lit de ma chambre, doucement, comme deux gamins de dix-sept ans...

Je sais à quoi tu penses mec... Parce que je pense la même chose. C'était... c'était une belle nuit...

Je dépose un baiser dans ses cheveux en soupirant. C'était encore l'époque où tout allait bien, où on se racontait tout et où on avait pas d'autre souci que... que nos problèmes d'ado. C'est loin maintenant, presque une autre vie. Je tourne la tête quand j'entends ma mère nous appeler et j'éteins ma clope en la trempant dans une flaque près de l'escalier, avant de la jeter dans les bégonias de ma mère. Je serai plus là quand elle le trouvera de toute façon. Je rentre pieds nus, tenant mes baskets en main avec les chaussettes enfoncées dedans, et je pose tout dans l'entrée avant de m'asseoir à table, cherchant Buck du regard. Il me rejoint et on mange. Il touche à peine son assiette mais je suis content qu'il mange au moins quelque chose. Et on se raconte des anecdotes de quand on était gamins, ma mère ou Martha nous en rappelant d'autre, et on finit par bien rire tous les quatre, ma main posée sur la cuisse de Buck qui est assis à côté de moi, l'air de rien.

On termine de manger et après avoir débarrassé, il dit d'une petite voix qu'il a envie de monter se coucher. J'embrasse ma mère en lui disant bonne nuit et je le suis jusqu'à ma chambre. Sauf qu'à peine en haut je comprends qu'il avait autre chose derrière la tête. Il revient m'embrasser, me prendre dans ses bras, et au début j'hésite. J'hésite parce que j'ai peur que ça, lui, me sauter dessus, ce soit juste pour qu'il se change les idées, ou je sais quoi mais.... mais c'est Buck, et s'il y a bien une personne à qui je peux pas résister, c'est lui. Je me fais avoir, le sourire aux lèvres, content de l'avoir pour moi et rien que pour moi. Mon Bucky.

Et on le fait, tendrement, dans mes draps qui sentent la lessive, et mon lit qui nous a vus faire ça tellement de fois depuis ces dernières années. Et pour une fois je prends mon temps. Parce qu'il y a pas de dîner où on doit aller, de déjeuner prévu aux aurores le lendemain. Non. Rien de la journée, à part la garden-party de ma mère demain soir. La journée est à nous. Alors pendant un long moment je m'applique juste à le faire gémir, le faire soupirer, l'embrassant, le caressant, glissant ma main sur sa bouche quand ça commence à devenir un peu trop bruyant et intense. Même si je sais très bien que ma mère est au courant, et qu'on fait pas du tricot... On reprend notre souffle, trempés, épuisés mais bien... Et je le garde tout contre moi, remontant les couvertures en embrassant sa tempe.

Dors maintenant. Tu sais que je serai toujours là...

Je le sens s'endormir, et lui glisse simplement un ''Je t'aime mon Buck'' avant de fermer les yeux à mon tour.



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Mar 29 Déc - 16:27

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I know you cannot possibly love me. I’m a tangible thing, already broken. But we all want to believe that we can be fixed, and maybe you’ll want to help me with that part.

Alors que mes doigts, mes mains se glissent sous son t-shirt, une certaine angoisse se met à courir sur mon échine et dans mon esprit. Celle qui me murmure qu'il ne voudra peut-être pas de moi. Qu'il n'a peut-être pas envie de se taper quelqu'un qu'il a trouvé en train de pleurer dans un de ses sweats ou en train de vomir durant une nuit entière. Peut-être que je le dégoûte ? Peut-être qu'il ne veut pas de moi ce soir ? Tant de questions qui défilent et s'enchaînent dans mon esprit alors que mes lèvres viennent chercher les siennes. J'aimerais ne pas penser à ça, et simplement être bien dans ses bras, mais si c'était quelque chose de possible il y a quelques mois, aujourd'hui ce n'est même plus pensable. Même dans ses bras je n'arrive plus à prétendre que tout va bien, à me sentir à ma place ou même simplement aimé. Avant je pouvais prétendre que tout allait bien avec Steve, que d'un simple baiser de sa part, je pouvais redevenir son Buck. Celui qui semblait invincible et arrogant. Maintenant… Maintenant je n'y arrive plus. Je n'arrive plus à cacher mes fêlures, à faire semblant d'aller bien… C'est devenu bien trop compliqué de prétendre, de faire semblant d'aller bien et d'être son Bucky. Mes doigts caressent sa peau chaude et alors que sa langue vient chercher la mienne, je suis presque rassuré de savoir, qu'au moins… Je reste désirable. Il a envie de moi, et c'est peut-être tout ce dont je devrais me contenter. Qu'il ait envie de m'entendre gémir entre ses bras, de sentir mes cuisses se resserrer contre ses hanches ou d'avoir mes ongles qui s'enfoncent dans sa chair… Peut-être ne devrais-je ne désirer que cela… Qu'il ait envie de me faire l'amour, de me baiser… Car au fond, on ne peut pas aimer quelque chose qui est complètement fracassé. Non… Ces choses-là, on se contente de les regretter, de se dire qu'on les aimait bien quand ils étaient entiers… Et comme tout être humain, Steve ne pourra jamais m'aimer, ni même prétendre que c'est le cas. Et même si là, il s'applique à me faire doucement gémir en laissant ses doigts se glisser entre mes jambes, puis entre mes fesses, je ne cesse de me demander pourquoi il fait tout ça… Pourquoi il n'est pas comme Rumlow, à simplement prendre ce dont il a envie pour me laisser avec cette étrange sensation sur la peau. Celle de n'être rien de plus qu'une pute qu'on ose appeler "bon garçon." Je cambre le dos pour lui, gémissant son prénom avant de le supplier de me prendre tandis que je ne cesse de demander pourquoi. Pourquoi avec moi ? Pourquoi comme ça ? Si avant je me cachais derrière la certitude qu'il ne faisait ça que parce que nous nous étions promis de continuer si ça nous plaisait suite à cette soirée qu'il dit avoir été belle, maintenant je ne sais plus quoi penser. Alors qu'il est là à entrer en moi, je me dis que j'ai un jour cessé de le comprendre. Je l'ai toujours aimé… Mais j'ai l'impression qu'à un moment, dans mon esprit, j'ai moi-même décidé de jeter un voile sur lui. Pour ne plus avoir à le regarder, à l'affronter. Parce qu'il fallait que je le protège de ce que j'étais devenu, de cet espèce de Buck complètement niqué. Tout est de ma faute au fond, je suis celui qui s'est éloigné… Mais je devais. Il ne pouvait pas voir… Il ne pourrait pas comprendre. Il ne supporterait pas de savoir que je me suis laissé toucher alors que je n'étais qu'un gamin, que j'ai passé la moitié de mon adolescence sous médicaments pour faire de moi une petite chose qu'on traînait aux galas, aux meetings, que je laisse encore Rumlow me passer dessus pour quelques grammes d'un truc qui ne m'aidera à aller mieux… Non… Si il apprend ça… Il me repousserait. Je ferme les yeux et passe mes bras autour de son cou, regrettant presque qu'il me fasse l'amour ainsi. A chacune de ses caresses, j'ai presque plus envie qu'il me griffe, à chacun de ses baisers, j'ai envie de le mordre… Parce que là, ce soir, si je disais vouloir être bien dans ses bras, j'ai plus envie qu'il me fasse mal. Je ne veux pas qu'il me fasse l'amour mais qu'il me baise. Qu'il me fasse perdre mes mots autant que mon souffle, qu'il me prenne simplement pour me foutre les reins en l'air. J'ai envie de ne plus être capable de produire un son qui soit humain, j'ai envie d'en avoir mal jusque dans les os au point de me sentir immonde au réveil. J'ai envie de ne pas être capable d'aligner deux pensées cohérentes, et pas d'être là, à gémir de plaisir contre sa main tout en me demandant combien de temps tout ceci va tenir. Je voulais qu'entre ses bras il fasse taire mes angoisses mais même ça… Ce n'est plus possible. Je viens tout contre lui, et même si j'en ai le souffle court, même si j'ai aimé ça… Je ne sens pas ce calme, cette sérénité si particulière qui devrait m'étreindre. Y'a juste rien. Si, la fatigue. Le souffle court, je reste tout contre lui, écoutant autant mes battements de coeur que mes angoisses qui reviennent, me soufflant que même ça ne suffit plus, que c'est terminé. Que même avec lui, je n'aurais plus de répit. Je ferme les yeux, frissonnant face au baiser qu'il dépose sur ma tempe. Il m'enferme dans les draps et au creux de ses bras, je me laisse emporter par la fatigue, qui elle finit toujours par tout faire taire. Seulement, entre les limbes de mon inconscience, je crois l'entendre me dire qu'il m'aime.

C'est en sueur que je rouvre les yeux. Il m'aime. Non. Assis dans le lit, je le regarde dormir, le souffle court. Il n'a pas pu le dire. Pas ainsi, pas ce soir, ni même jamais. J'ai dû rêver tout ça. L'imaginer pour me consoler, pour me rassurer. Steve n'aurait… Il n'aurait… Je prends ma tête entre mes mains, sentant que je commence à trembler. Personne ne peut m'aimer. Personne, surtout pas Steve. Je jette un coup d'oeil à son réveil et soupire en voyant l'heure. Quatre heures du matin. Je pourrais tenter de retourner me coucher, de simplement me rallonger contre lui et fermer les yeux, mais… À le voir ainsi allongé dans ses draps, à dormir si paisiblement, je n'ai qu'une envie : celle de le secouer et de lui demander si c'est bien vrai, si il m'aime vraiment. Et si plusieurs fois, j'esquisse un geste pour atteindre son épaule, je me retiens à chaque fois. Et au final, je n'arrive qu'à l'abandonner, me rhabillant rapidement pour ensuite descendre, mon paquet de cigarettes en main. Je ne croise ni Sarah, ni Martha alors que j'ouvre la porte de la baie-vitrée, m'installant dans un des immenses transats. Enroulé dans une des couvertures que j'ai volé au canapé du salon, je regarde un instant le ciel étoilé avant de m'allumer la première cigarette d'une longue série. J'expire une première volute de tabac, ayant les mêmes pensées, les mêmes angoisses qu'un insomniaque de base. Je regarde les étoiles et me demande ce que je vais faire des prochaines minutes que je suis déjà en train de perdre. Une angoisse sourde se saisit de ma personne. Tout ce temps que j'ai déjà perdu, toutes ses choses que je n'ai toujours pas faites… Et cette existence qui file si vite. Tout cela m'étourdit et consume bien rapidement ma cigarette. J'en allume une seconde, puis une autre et finalement, fatigué, la langue rendue sèche par le tabac, je finis par observer le soleil se lever. Je plisse les yeux face à ce phénomène, fumant la dernière clope de mon paquet. Je m'étire et aussi crevé que si je n'avais pas dormis, je rentre, allant sagement me glisser sous une douche bien chaude, histoire de laver l'étrange sensation qui me colle à la peau. Et devant le miroir de la salle de bain, je m'enfile le cachet qui est censé m'aider à tenir la journée.

Chose qu'il fait à merveille… Jusqu'à la garden party de ce soir. Un verre en main, et un sourire aux lèvres, je ne peux retenir une certaine envie de m'enfuir d'ici. Alors que Steve, à mes côtés, commence à saluer les invités qui arrivent au compte-goutte, je suis là partagé entre l'idée de m'enfiler du champagne jusqu'à en être malade et celle d'attraper Steve par la manche et de l'entraîner loin de tout ça. Les invités défilent devant nous et alors que je trempe mes lèvres dans ma flûte, une voix familière me parvient enfin. Je tourne les yeux vers l'entrée de la propriété Rogers et c'est avec un léger sourire que je vois Tony faire son entrée. Comme à son habitude, il se sent obligé de se pavaner, lunettes de soleil sur le nez, Pepper à son bras. Il s'approche de nous et le premier vrai sourire qu'il a est pour moi.

"Eh ! Mais c'est mon neveu-non-officiel préféré ! Dans mes bras petite tête, tu m'avais manqué !"

Je ris doucement et viens l'étreindre, me reculant presque à regret.

"Je ne savais pas que tu serais des nôtres ce soir ! Enfin, si, vu que t'es toujours fourré avec Rogers, j'aurais dû m'en douter…
- Oh. Ose me dire que tu es déçu d'avoir ton neveu dans les pattes ce soir ! Si c'est ça, je vais me trouver un autre oncle-non-officiel !
- T'as finis petit con ?
- Jamais… Vieux con."

Nous rions et après avoir rapidement salué Steve, il pose sur moi un regard presque plus sérieux. Mon sourire se fane quelque peu, me sentant détaillé ainsi. Et avant même qu'il ne reprenne la parole, je sais ce qu'il va me dire. Que je n'ai pas bonne mine, que j'ai l'air encore plus fatigué que la dernière fois… Et à lui, je ne pourrais pas lui mentir. Je ne pourrais pas mettre ça sur le dos du stress ou de quoi que ce soit d'autre… Parce que lui aussi est passé par là. Lui sait ce que c'est d'être accro à tout ça, à ne plus être capable de vivre sans quelque chose coule dans vos veines.

"Ça a pas l'air d'être glorieux en ce moment.
- Petite fatigue… Et une intoxication aux fruits de mer… Ça aide pas.
- Ouais… Fais-attention à toi…"

Je ne lui glisse qu'un sourire alors qu'il se tourne vers Steve.

"Et le fils prodigue qui est mon second neuve-presque-officiel-d'amour ? Toujours aussi parfait ? Oh je voulais ramener de la glace pour vous deux ! Vous savez, genre pour en remettre dans la piscine ! Mais un ta mère m'a menacé de me crucifier si je faisais ça… Et deux parait que vous n'avez plus l'âge pour ça. Bon, et même si franchement, je n'aurais pas dit non à ce qu'on me reconnaisse enfin comme le prophète qu'attend l'humanité, je dois avouer que vous voir en maillot de bain à patauger dans la glace à la vanille… Ça aurait fait tache au milieu de la soirée. Donc désolé. Je viens les mains vides… Bref. Steve, comment vas-tu ?"

crackle bones
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Sam 23 Jan - 9:46
     

Bucky ♦ Steve

Snake Eyes
J
e ne sais pas pourquoi, mais aujourd'hui c'est différent. Depuis des années maintenant on s'envoie sauvagement en l'air dès qu'on se voit, comme des gamins en chaleur, à toujours avoir la langue dans la bouche de l'autre, et la main baladeuse. Il avait envie de moi, il avait envie de partager ça avec moi. Pendant des années, pour lui, ça a été rien d'autre qu'un jeu. On s'amusait, selon lui, même si pour moi c'était plus. Ca a toujours été plus. Il s'est jamais douté de ce que je ressentais parce qu'après cette nuit, notre première fois, j'avais compris que c'était qu'avec lui que je voulais être... mais lui... lui m'a juste dit qu'on pourrait recommencer parce que c'était sympa. Bucky a jamais été du genre à se poser. A être calme. Il lui faut tout, tout de suite, et il fallait croire que j'étais pas assez. Pourtant à chaque fois qu'on était ensemble, qu'on se retrouvait, qu'on se faisait gémir, dans un lit, à l'arrière d'une bagnole, contre un mur ou autres, ça redevenait au moins ce côté "lui et moi". On était juste tous les deux, tous les deux face au monde. On oubliait tout, on se retrouvait simplement. Mais là... là je m'occupe de son corps, je le caresse de mes mains, y fais courir ma langue, mais j'ai pas son esprit, non. Ses yeux restent clos et je sais que dans sa tête il est loin. Il pense à d'autres trucs. Des trucs qui sont loin. Des trucs qui ne me concernent pas. Alors ça aussi j'y ai plus droit? Maintenant aussi pour ça je te suffis plus? Maintenant aussi tu t'es lassé? Est-ce que tu penses à quelqu'un d'autre pendant qu'on fait l'amour? Tu veux me remplacer? J'ai la gorge nouée alors que je m'applique au maximum pour lui faire plaisir, l'entendre gémir, lui prouver que c'est avec moi qu'il doit être. Parce que c'est moi qui veille sur lui depuis des années, qui suis toujours là pour lui, qui ne veux que son bien... M'abandonne pas mon amour... m'abandonne pas... Et finalement tout ça se termine et je le garde tout contre moi le temps qu'il s'endorme...

Quand j'ouvre les yeux le lendemain, le lit est vide. Putain non. Je le sentais. Je l'avais prédit. Il en a eu marre. Il m'a trop vu. Tout le reste a toujours défilé dans sa vie, à part Tasha et moi. On a été les deux seuls amis qu'il ait vraiment depuis des années. Le reste ce sont les meilleurs amis d'un soir ou d'une semaine, qui disparaissent aussi vite qu'ils sont venus. Il n'y avait que nous. Maintenant y'a plus qu'elle. J'attrape mon portable mais rien... et pas un mot dans ma piaule. Je sors hors du lit et saute sous la douche, avant d'attraper des fringues propres. Et sous l'eau chaude je pense. Est-ce que ça serait pas mieux? Est-ce que ça serait pas mieux de couper les ponts et de finir cet amour qu'il me rendra jamais? De tenter peut-être ma chance avec quelqu'un d'autre. Quelqu'un que je verrais pas une fois tous les deux mois. Quelqu'un qui aurait pas risqué de ruiner ma carrière. Quelqu'un qui ne verra que moi et qui n'aura pas besoin d'aller voir ailleurs... Quelqu'un... quelqu'un avec qui je pourrais tenter de construire quelque chose? Je passe mes mains sur mon visage et une fois prêt je descends et soupire de soulagement. Il est là. Il est installé à la table de la cuisine, avec une sale gueule certes, mais il est toujours là. Et en une secondes tout ce à quoi j'avais pensé avant s'efface. S'envole. C'est mon Bucky. Ca sera toujours mon Bucky. Y'aura jamais que lui... Je m'approche et lui embrasse la tempe tout en posant ma main sur son épaule.

T'es tombé du lit ma parole... J'ai eu peur en voyant le lit vide en me réveillant... Et ça m'a manqué de pas te voir en ouvrant les yeux... ça va?

Je lui vole un autre baiser avant de me faire couler un café. Mais le repos est de courte durée parce que cinq minutes plus tard ma mère arrive, et en bonne femme de Marine, elle sait diriger toute une armée. A savoir nous et Martha, pour l'aider avec la garden party. On installe les décorations, aide à mettre les tables, filer un coup de main aux gens du traiteur pour tout mettre en place. Et c'est seulement une heure avant le début des hostilités qu'elle nous laisse filer le temps de nous préparer et elle aussi. Je reprends une douche et enfile un jean et un polo, avant d'attendre Bucky pour descendre. Tous les gens qu'on va croiser ce soir, on les connait depuis longtemps. Des amis de mes parents, mais aussi et surtout beaucoup de gens influents. Des sénateurs. Des patrons. Des juges. La crème de Washington... Et de loin en loin je vois le service de sécurité qui se glisse entre les invités, avec eux Sam et Clint, que j'encourage à se servir au buffet pendant que je nous cherche de quoi boire. On a enfin l'occasion de se parler, vu que toute la journée on s'est simplement croisés entre nos corvées.

Ca va mieux que ce matin? Tu es sûr?

Je lui souris quand il me rassure, même si je ne suis pas totalement convaincu. Enfin... je peux ni entrer dans sa tête ni le forcer... Et c'est là que j'entends une voix bien reconnaissable. Tony Stark, le patron de Stark Industries et le parrain de Buck. Un type génial. J'embrasse Pepper puis donne une accolade à Tony tout en commençant à discuter avec eux. Et pour la première fois de la soirée je vois un vrai sourire sur son visage. Tony a toujours eu cet effet là sur lui. Il en est plus proche que son propre père, et c'est normal. C'est Tony qui est venu à sa remise de diplômes, et Tony a toujours été là pour chacun de ses anniversaires, comme moi, alors que ses parents étaient aux quatre coins du monde. Je les regarde se chamailler, en me disant qu'il n'y a qu'avec lui que Buck fait ça. Moi je fais ça avec mes parents, lui jamais. Je m'occupe de Pepper, les laissant discuter, et sa petite perfection blonde me demande gentiment comment se passent mes études, comment c'est l'académie et autres, et je lui rends la politesse avant que Tony n'attire de nouveau mon attention.

Oh non pitié... le coup de la glace c'était dingue, mais ma mère a ragé des semaines parce que ça avait foutu en l'air la pompe de la piscine... et ouais, elle te crucifiera c'est une certitude! Et puis arrête de dire que je suis parfait, c'est loin d'être le cas... Sinon oui ça va, mes partiels sont terminés, du coup j'ai deux semaines de vacances. Je suis rentré au pays, comme tu peux le voir, retrouver mon Buck et les parents. Tu vois que ma mère m'a déjà exploité pour l'aider ce soir... Et vous? Comment ça se passe tous les deux? Les affaires de Stark Entreprises sont toujours florissantes?



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Mar 16 Fév - 18:40

Snake Eyes
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Pepper vient me faire la bise alors que Tony discute avec Steve et malgré ça, je ne peux m'empêcher de lui jeter quelques regards, à la manière d'un gamin qui n'a pas vu son père depuis bien longtemps. Parce que c'est ce qu'il est. Le père que je n'ai jamais eu et que j'aurais pourtant dû avoir… Quelqu'un qui me regarde grandir, qui est là pour moi et qui est fier de mes réussites tout en étant là pour me soutenir dans mes échecs. Il a fait ce que mon propre père n'a jamais fait pour moi. Lui était là pour mes anniversaires, pour ma remise de diplôme… Lui m'a toujours regardé avec un sourire aux lèvres et non avec cette lueur de déception dans le regard. Quand je croise le regard de Tony… J'ai l'impression de retrouver un peu de valeur, d'être à nouveau quelqu'un qu'on peut aimer et qui mérite d'exister… Lui et Steve sont les seules personnes avec qui je ressens ça… Les seuls avec qui je me sens bien et que je ne veux pas décevoir… Même si en ce moment… Je sens que c'est dur avec Steve. Mon sourire se fane alors que je le vois sourire pour un autre que moi. Je sais que tout ceci est de ma faute, que je suis celui qui a brisé ce que nous avions… Mais quelque chose en moi aurait aimé qu'il ne s'éloigne jamais… Qu'il reste à mes côtés à jamais et qu'il accepte chacun de mes défauts… Qu'il accepte de me porter jusqu'à la fin, qu'il ferme les yeux sur ce que je prends ou consomme… Qu'il m'aime et qu'il me susurre pendant qu'on fait l'amour que je suis le seul, et qu'il sera toujours là pour moi… La vérité c'est que je le voudrais pour moi et moi seul. Je voudrais qu'il m'aime et qu'il me regarde comme si j'étais la seule personne importante de cette univers. Car sans lui… J'ai l'impression d'être vide. Sans son regard pour croiser le mien, j'ai l'impression de n'être qu'une coquille vide, une chose sans importance qui ne mérite pas d'exister… Quelque chose que l'on devrait briser afin de ne plus s'en encombrer. "Un bon garçon qui ne va rien dire et faire ce que l'on demande"… Je frissonne, sentant presque la voix de Rumlow à mon oreille et son souffle dans ma nuque. Pas maintenant… Je tremble et sursaute en sentant la main de Pepper sur mon épaule, croisant son regard légèrement inquiet.

"James ? Quelque chose ne va pas ? Tu trembles…"

Je la regarde sans trop comprendre avant d'esquisser un sourire, essayant de reprendre la maîtrise de mon corps. C'est rien… C'est la fatigue, le manque… Ça crée ce genre de choses. Ce n'est pas rare. Ce n'est pas la première fois que j'expérimente ça… J'ai juste… J'ai juste besoin de quelque chose dans le sang. N'importe quoi. De l'alcool. Des cachets. Même des médicaments. De l'aspirine ferait l'affaire. Je déglutis et force un sourire, échappant à sa main qui se pose sur mon épaule.

"J'ai… J'ai juste un peu frais. C'est rien…"

Elle n'avale pas mon mensonge, tout comme Tony qui me surveille du coin de l'oeil alors que je m'excuse auprès d'eux, prétextant le fait que j'aille chercher de quoi boire pour tout le monde. Je sais qu'il y a des serveurs pour ça, qui passent avec des plateaux pour proposer une coupe de champagne aux invités… Mais j'ai besoin d'une excuse pour m'esquiver. J'ai besoin de quelque chose. Je rentre, n'adressant que quelques sourires aux personnes qui me saluent, grimpant rapidement dans la chambre de Steve. Tant pis, je pensais garder mon dernier cachet pour demain… Mais je m'arrangerais avec Rumlow demain… Je lui demanderais de me faire une avance ou quoi… Je glisse ma dernière pilule d'amphétamine sur ma langue et l'avale, poussant un long soupir. Ça va aller… C'est qu'une garden party… C'est trois fois rien. Je jette le sachet à la poubelle et fais un crochet par la salle de bain, me passant de l'eau sur le visage. Je croise mon regard dans le miroir et pousse un soupir, observant mes pupilles pas assez dilatées à mon goût. J'ai besoin de paraitre, de prétendre être quelqu'un que je ne suis plus… Juste ce soir et demain… Après… Après Steve ne sera plus là,  je n'aurais plus à faire semblant pour lui… Deux jours… Juste deux jours. Je sens mon rythme cardiaque s'accélérer et je ferme les yeux, laissant la substance faire son effet.

"C'est ça…"

Je murmure doucement avant de quitter la salle de bain, retournant me mêler au reste des invités dans le jardin. J'arrête un serveur et attrape une première flûte que je descends cul-sec avant d'en prendre deux, revenant enfin vers Steve qui est désormais occupé à discuter avec Tony, qui hausse un sourcil en voyant que je ne ramène un verre que pour Steve. Je ne dis rien et me contente de tremper mes lèvres dans le champagne que je sirote bien rapidement sous le regard des trois. Je sais que Steve meurt d'envie de me dire de boire plus lentement, et même d'y aller doucement sur le champagne mais il se contente d'un silence que j'apprécie. Un silence étrange qui reste pendant presque toute la soirée. C'est à peine si nous parlons, si nous échangeons un mot. On se contente de quelques banalités, de sourires et de regards qui semblent à la fois tout dire et rien. Comme si nous étions gênés d'être l'un avec l'autre ce soir… Et plus je croise son regard, plus j'ai envie de lui hurler de m'expliquer ce qu'il attend de moi. Mais à la place, je me contente d'enchaîner les verres, ou de lui offrir des sourires pour le rassurer… Le genre de sourire que j'offre aux appareils et aux caméras. La soirée se termine et finalement…  Je termine dans la chambre de Steve, à tenter de défaire ma cravate et ma chemise. Un rire m'échappe quand il vient m'aider et le temps d'une seconde… J'ai envie de lui. De ses lèvres, de son corps… Je lève une main pour venir la poser sur son torse, et effleure ses lèvres pour un baiser que je ne cherche pas à approfondir. Je ne mérite pas d'être dans ses bras, ni même de le laisser me toucher… Il devrait coucher avec quelqu'un qu'il aime et de mieux que moi… Il mérite d'avoir dans son lit quelqu'un de bien… Je ne devrais même pas avoir le droit de le toucher… Je risque de le salir… Mes lèvres quittent les siennes et je détourne le regard, murmurant simplement.

"Je ne me sens pas bien…"

Il me laisse reculer et je n'ose croiser son regard, de peur d'y lire quelque chose que je ne veux même pas voir dans ses yeux. Tu devrais être heureux Steve… Tu devrais sourire, sans cesse. Ne pas être préoccupé ou même triste… Mais avec moi c'est impossible. Parce que je ne suis pas le bon, pas vrai ? J'suis juste un désastre qui refuse de te lâcher… Mais j'ai besoin de toi.. Ma chemise termine au sol, tout comme le reste de mes vêtements et c'est en caleçon que je termine dans son lit, me glissant dans ses bras. Je n'ai pas le droit d'être là… Tu ne devrais pas vouloir me tenir contre toi… Je ferme les yeux et cache mon visage de son cou, mes ongles griffant eux son dos, tant je m'accroche à lui.

"Me laisse pas… Me laisse pas Steve…"

Je t'en prie. Dis-moi que tu m'aimes. Dis-moi que tu me rattraperas quoi qu'il arrive. Dis-moi que tu accepteras chacune de mes fêlures sans jamais rien demander en retour… Dis-moi que je suis le seul. Sauf que non. Il se contente de me garder tout contre lui, de me dire qu'il le sera et c'est presque déçu que je sombre dans ses bras.

Je fais semblant de somnoler dans la voiture, le front contre la vitre et les bras croisés sur la poitrine. Je sens le regard de Steve sur ma personne et pourtant, je ne viens pas me glisser dans ses bras. Je ne cherche pas le moindre baiser ou la moindre étreinte, essayant simplement de retenir les tremblements qui parcourent par moment mon être. Je n'ai pas envie de rentrer et pourtant… Je dois voir Rumlow. Je ne voulais pas en arriver là, mais je n'ai pas le choix. Je voulais attendre que Steve parte mais j'en ai besoin… Sinon je ne tiendrais jamais pour le gala de ce soir… Je passe le trajet à osciller entre conscience et inconscience, bien loin de Steve et quand  nous quittons la berline, je fuis à nouveau, remontant les couloirs de la Maison Blanche jusqu'à ma chambre. La porte se ferme derrière nous et je me retourne pour lui offrir un bien pale sourire. Même ça c'est devenu dur… De sourire pour lui. J'aimerais que ce soit simple, comme avant… Mais je ne peux plus. C'est devenu trop lourd… Je ne peux plus te sourire en prétendant que tout va bien et que je ne t'aime pas… J'y arrive plus… Je n'arrive plus à jouer un rôle, à prétendre être un Buck que je ne suis plus… Je ne suis plus rien. Plus que les ruines d'un être humain… Je ne lui offre qu'un baiser avant de quitter ses bras, prétendant avoir besoin d'une douche. Et pour la première fois depuis bien longtemps… Je ne lui demande pas de venir avec moi.

Toute la journée se déroule ainsi et finalement, alors que je termine d'enfiler mon costume sur-mesure, qui mets encore plus mes formes, ou mon absence de formes si l'on écoute Steve, en valeur, je ne lui offre qu'un léger sourire. Je me tourne vers lui, lissant les pans de ma veste.

"Alors ? Suffisamment à ton goût ?"

Je ris doucement alors qu'il me dit que je suis magnifique, lui rendant un léger baiser. À une époque je lui aurais sauté dessus et j'aurais insisté pour qu'on fasse l'amour contre un mur ou sur mon lit… Mais là… Je me contente de longuement l'embrasser, rompant notre étreinte d'un léger sourire. Ce soir nous pourrons faire comme avant… Juste toi et moi… A un gala, à une table… On pourra revenir à l'époque où tout était plus simple. Je dépose un dernier baiser sur ses lèvres et me recule, lui glissant un clin d'oeil.

"Je te retrouve à la réception alors…"

Je referme la porte derrière moi et suis presque heureux de voir Rumlow qui me glisse un sourire qui me glace presque le sang. Il sait ce dont j'ai besoin. Je prends une légère inspiration avant de m'avancer jusqu'aux toilettes, le faisant venir avec moi. Je lève les yeux vers lui et avant même que je n'entrouvre les lèvres, j'entends déjà le loquet de la porte émettre un son. Il sait. Il a ce que je veux. Je baisse déjà les yeux, et il ronronne déjà, se penchant vers moi.

"En manque ? Déjà ? Avant tu attendais que ton copain parte…"

Je déglutis, me sentant à deux doigts de vomir. Je suis devenu faible… Incapable de faire sans. J'ai besoin, j'ai besoin de quelque chose.

"Tu connais mon prix…
- Je ne peux pas payer… On doit être au gala… Fais-moi une avance…"

Il rit, venant glisser ses doigts sous menton, me forçant ainsi à croiser son regard.

"Je te fais un peu trop souvent des avances en ce moment…"

Je fronce les sourcils et me recule, poussant sa main du bout des doigts.

"Tout le monde se poserait des questions si j'arrivais au gala avec des vêtements tachés ou froissés. Pour ce soir j'ai une avance et demain… Demain je te paye."

Il hausse un sourcil, esquissant un sourire qui me fait froid dans le dos.

"Oh non Chaton. Ce soir tu me paieras et avec les intérêts… Et tu sais pourquoi… ?"

Il se penche vers moi, venant murmurer à mon oreille.

"Parce que je suis de garde jusqu'à demain matin… Et Steve ou pas… Tu prendras le temps de t'absenter aux toilettes pour moi… Et là… On discutera. En attendant…."

Il se recule et croise mon regard, tirant d'une de ses poches un paquet de poudre blanche. Je viens me mordre la lèvre, considérant avec envie le sachet entre ses doigts.

"T'as le droit à ça… Le reste viendra après paiement."

Je fais oui de la tête avant de saisir le sachet, le laissant sortir en oubliant son sourire, bien trop impatient de me faire une ligne sur le coin du lavabo. Je gémis presque quand j'ai terminé celle-ci, m'en faisant une tout de suite derrière. C'est ça… J'entends mon coeur battre furieusement dans ma poitrine et alors que j'essuie mon nez d'un revers de la main, je sens mon esprit se taire. Plus d'angoisses, plus de peurs, plus de problèmes. Ce n'est plus important. Avec ça dans le sang… Je suis invincible. Je suis le Buck que Steve aime. Je glisse le sache dans la poche de ma veste et sors, allant jusqu'à la limousine qui m'emmène au gala de mes parents. Et sur place… C'est le chaos. Je souris aux appareils, aux journalistes et aux caméras qui veulent tous le plus beau cliché de la soirée, et surtout quelque chose à raconter sur l'enfant chérie de l'Amérique. Et c'est à ça que je joue. J'offre des sourires, sors mon plus beau numéro de charme et ne regrette qu'une chose… Que Steve ne soit pas là. Car dans cette foule, il aurait été le seul dont j'aurais aimé croiser le regard.
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Bucky ♦ Steve

Snake Eyes
S
i la soirée se passe bien et est agréable, je sens que quelque chose ne va pas. Buck. Je le connais. Je le connais comme ma poche, comme... comme tout en fait, et là, là il est différent. Pourquoi je n'en sais rien, mais ce n'est pas mon Buck. D'habitude, dans une fête comme ça, il est toujours en train de se pavaner, le sourire éclatant, à rire fort et à enchaîner coupe sur coupe. D'habitude on se lance des regards qui veulent dire plein de choses, il s'amuse parfois aussi à tourner d'un peu trop près autour d'une fille ou d'un mec, juste pour me faire chier, et en général on finit toujours par s'envoyer en l'air salement dans un coin sombre. Avant de finir la nuit ensemble, à se raconter des tas de trucs en se regardant dans le blanc des yeux, ou à juste s'écrouler comme des sacs parce qu'on aurait trop bu. Non. Là il est juste...distant, et j'aime pas ça. J'ai l'impression qu'il m'a poussé, qu'il m'a mis à l'écart, que j'ai plus ma place. Et si je fais bonne figure devant Tony et Pepper, plus les minutes passent et plus ma gorge se noue. Qu'est-ce que j'ai fait? Hein? Qu'est-ce que j'ai fait? Pourtant, ça fait des années que j'essaie de te plaire, que j'essaie d'être celui qu'il te faut chaque putain de jour de ma vie. De comprendre. D'accepter. De laisser passer. D'être là. D'espérer aussi... et c'est fatiguant. Tellement fatiguant. Alors quoi? Parce que je t'ai dit que j'aimais pas te voir te défoncer? Parce que... parce que j'en sais rien et c'est ça le pire avec lui. Ne pas savoir. Etre dehors de sa tête, et devoir simplement deviner. Parfois j'aimerais juste avoir un foutu mode d'emploi...

Enfin, la soirée se passe plutôt tranquillement, et Buck s'éclipse. A partir du moment où il s'en va j'ai du mal à me concentrer sur ma conversation. Une partie de moi se demande ce qu'il fait. Une partie de moi panique à l'idée qu'il fasse une connerie. Qu'il monte prendre quelque chose qu'il aurait ramené avec lui. Non... s'il te plait pas ça... Non arrête Steve. Il est juste allé aux toilettes, il est allé pisser un coup et tout va bien. Sauf que non. A peine il retourne dans mon champ de vision je comprends qu'il est pas clean. C'est un autre Buck que j'ai là, un Buck qui a pris quelque chose . On dirait qu'on a appuyé sur un interrupteur. Il est de nouveau souriant, à l'aise, se glissant entre les invités avec des flutes de champagne en main, et il en descend une avant même d'arriver, et en boit une autre en quelques minutes alors qu'il nous a rejoint. Pourquoi? Pourquoi tu fais ça? Hein? Pourquoi tu fais ça Buck? A toi et à moi? Il fait son Buck charmant, et souriant mais quelque chose est encore cassé. Et là où d'habitude on passait notre temps à faire nos langues de pute et à critiquer les autres, là il me sourit simplement. C'est tout. Et j'enrage parce que je comprends pas. Qu'est-ce que tu veux? Pourquoi? Putain...

Heureusement ça se termine et on monte dans ma chambre. Je commence à me déshabiller quand je le vois galérer, et je soupire avant de faire glisser sa cravate autour de son cou, et déboutonner sa chemise. Nos regards se croisent et j'ai droit à un baiser. Un simple baiser, avant qu'il recule. Même ça c'est pas normal. Ce qui aurait été normal c'est qu'on se serait déjà à moitié arraché nos fringues dans l'escalier, et on aurait même pas atteint le lit pour le premier round. Là... là c'est presque un baiser d'au-revoir et ça me rend fou. Je fronce les sourcils quand il recule en me disant qu'il ne va pas bien et je mets ma main sur son épaule.

Oh...qu'est-ce qui t'es arrivé? Tu... ça va pas? Tu veux qu'on aille chercher quelqu'un? Un médecin? Tu...t'as pris quoi?

Il me repousse et finit de se deshabiller, me rejoignant dans le lit. Je vais un peu mieux quand il vient tout contre moi. Au moins j'ai droit à ça... Sauf que d'un coup il se cramponne plus fort, et ses ongles viennent s'enfoncer dans ma peau. En temps normal c'est quand on fait du sport à deux, mais là... on dirait de la panique. Je le serre un peu plus fort et murmure à son oreille.

Jamais... je te laisserai jamais Buck... jamais...

Parce que ce sera de toute façon toi qui me laissera. Ce sera de toute façon lui qui se trouvera un fêtard comme lui avec qui il pourra faire la fête aux quatre coins du monde et qui sera pas chiant à ses yeux. Pas comme moi... Je m'endors en caressant ses cheveux et en le serrant à l'étouffer, avec un sale sentiment que c'est la dernière fois, et je déteste ça. La nuit est lourde, je dors d'une traite, et me réveille avec lui en début d'après-midi. Mais à peine levés on doit déjà se préparer pour le gala. Sa mère tient à ce qu'il soit là tôt et on arrive en début d'après-midi. On retrouve sa chambre, mais une fois entrés, j'ai envie de lui hurler de me dire ce qui va pas. Il arrête pas de m'éviter, de fuir mon regard. Pas d'attentions. A peine quelques mots. Ca me tue. Ca me tue tellement. Surtout qu'une fois arrivés il me dit qu'il va prendre sa douche seul. La première fois qu'on la prend pas tous les deux depuis...qu'il y a ce truc entre nous. Mais putain. Pourquoi il me punit? Pourquoi? Qu'est-ce que j'ai fait? Ca me rend dingue.

Le reste de la journée passe comme ça, à traîner sans vraiment parler, et je suis presque content quand il dit que c'est l'heure de se préparer. Il faut que je rentre chez mes parents pour faire la même chose, mais plus tard. Lui doit être là à cause de la presse. Pourtant j'arrive pas à me retenir de sourire quand je le vois en costume. Il est beau putain. Il est beau à en faire mal aux yeux. Je m'approche de lui, tentant ma chance.

Bien sûr. T'es magnifique, le costume est génial... tu vas assurer. Tous les yeux seront braqués sur toi...

Je me penche, et j'ai juste droit à un baiser. Un pauvre baiser de collégien. Alors qu'à un autre moment on se serait juste salement sauté dessus. Nouveau baiser, mais j'y sens pas l'envie et la fièvre qu'il y a d'habitude. Comme s'il s'était lassé. Lassé de nos. De nos routines. Putain. La porte se ferme et je vais chercher la housse de mon costume, avant de reprendre ma voiture pour passer chez mes parents. D'ailleurs, eux aussi seront au dîner ce soir. Heureusement, voir qu'il est rentré entre temps me remonte le moral, et on passe une bonne heure à discuter autour d'une bière, avant qu'on doive se préparer. Ma mère nous retrouve, magnifique en robe du soir, et je les laisse partir les premiers, les suivant ensuite avec mon invitation. Sur le parvis j'attends Sharon en grillant une cigarette, et je souris quand je la vois, très élégante et toute en sobriété. La tenue parfaite pour ce genre d'occasion. Je l'embrasse sur la joue et lui présente mon bras avant d'entrer avec elle dans le hall, sous les crépitements des photographes.

T'en fais pas, tu t'y feras. Et puis on est pas ceux qui les intéressent. On est rien du tout pour eux...

Je lui souris et on entre ensuite dans la grande salle. Des dizaines de tables rondes sont dressées avec élégance, et un employé nous désigne nos places. Je nous attrape deux coupes de champagne et bien évidemment, je me fais attraper de toutes parts. C'est ça d'être le fils du commandant de la Navy... Je tutoie des sénateurs et des juges de la Cour Suprême depuis que je suis petit... mais c'est une opportunité en or pour elle, qui n'est pas du milieu. Je fais les présentations, et elle se montre parfaite, riant et discutant facilement avec tout le monde. Je l'observe en souriant, impressionné. Elle ira loin, j'ai aucun souci pour ça... C'est à ce moment que je vois Buck. Je lui fais signe à travers la foule et je désigne Sharon d'un geste du menton alors que je fais les présentations une fois qu'il est venu devant nous.

Bucky, je te présente Sharon. Sharon, Bucky. Comme je savais qu'on allait pas être à la même table, je me suis dit que de ramener une compagnie agréable serait sympa...


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Jeu 25 Fév - 17:56

Snake Eyes
I know you cannot possibly love me. I’m a tangible thing, already broken. But we all want to believe that we can be fixed, and maybe you’ll want to help me with that part.

Actuellement, je ne sais pas ce qui me grise le plus : la cocaïne qui déferle dans mes veines et affole mon coeur ou les crépitements des appareils photos et les cris des journalistes. Je suis le premier à dire que je déteste ça et pourtant, c'est mentir. Il y'a une part de mon être qui adore ça… Qui adore les cris qu'on pousse simplement pour que je regarde dans cette direction plutôt qu'une autre… J'adore que les photographes cherchent à capter mon attention pour un simple cliché et oui peut-être que dans un sens, ce jeu malsain d'avoir la photo la plus intéressante ou choquante de ma personne me plait. Alors devant cette foule crépitante et impatiente, je souris, ris et joue mon plus beau numéro de fils chéri de l'Amérique. C'est ça, hurlez mon prénom, regardez-moi et demandez-vous pourquoi je me présente seul et sans la sulfureuse Natasha… Je glisse mes mains dans mes poches et commence lentement à grimper les marches, finissant par enfin abandonner la meute de chiens qui étaient prête à se jeter sur moi. À l'intérieur je tombe sur mes parents et d'un coup, mon sourire s'efface, faisant place à la mine d'un enfant coupable. Ils n'ont pas dit un mot et pourtant, j'ai déjà envie de m'excuser. Je regarde le sol à mes pieds et je ne perçois qu'un soupire de la part de mon père. Je sais que tu es déçu ou je ne sais trop quoi. Je sais que tu es déjà prêt à me dire de ne pas foutre la soirée en l'air d'une manière ou d'une autre… Parce que le gala est important… Ma mère s'approche et je sens ses doigts se poser sur mon col qu'elle se sent obligé de rajuster.

"Regarde-toi James… Tu aurais dû me dire… J'en aurais fait un plus à ta taille…. Celui-là ne mets pas assez ta silhouette en valeur…
- Helen… Laisse-le."

Je relève les yeux vers mon père, la gorge toujours aussi nouée. C'est la première fois qu'il intervient à ce sujet… Un semblant de sourire se glisse sur mes lèvres alors que ma mère se recule.

"Il est très bien comme ça… Laisse le petit en paix."

Mon sourire s'évanouit. Pour mon père, j'ai encore dix ans. À ses yeux je suis encore un gamin qu'on doit surveiller et pas un être humain qui a besoin d'aide. Lui ne m'a pas vu grandir, il était trop occupé à diriger le pays au point qu'au fond, c'est comme si il me tournait le dos depuis mes huit ans. Je baisse à nouveau les yeux. J'ai eu envie à une époque de lui dire de me regarder vraiment et de comprendre que je n'étais plus la petite chose fragile et parfaite, le fils chéri dont le sourire a séduit tout le monde… Mais maintenant, je suis fatigué de tout ça… Je n'ai plus envie d'essayer leur attention… Je me contente d'accepter ce qu'ils me donnent sans demander plus. C'est plus simple après tout… Juste un déjeuner par semaine avec eux… Une chance pas vrai ? Je pince les lèvres, déglutissant difficilement alors que mon père tourne déjà les talons, me faisant comprendre que je dois les suivre.

"C'est bien que tu sois venu seul… Avec elle, vous êtes vulgaires et avec lui, tu es distrait."

Ma gorge se noue et quelque chose en moi s'éteint. Steve sera là heureusement… Lui pourra venir s'assoir à ma table et même si aux yeux de mes parents j'aurais l'air distrait, j'irais un peu mieux. Parce qu'il n'y a que lui qui peut me rendre mon sourire et me donner l'impression d'être à ma place. Steve viendra… Pour moi. Je suis mes parents et me contente de rester à leurs côtés, comme l'enfant parfait dont j'endosse le rôle ce soir, souriant aux invités, les saluant et échangeant quelques  banalités avec eux. La tête me tourne presque et du coin de l'oeil, je vois Rumlow rester non loin de moi. Je ne suis là que pour faire bien, que pour compléter notre tableau de famille heureuse et si d'habitude je supporte ça… Ce soir c'est en train de me tuer. A chaque sourires que je force j'ai envie d'hurler, à chaque compliments que je glisse j'ai envie de frapper quelqu'un… Mon col semble se serrer autour de ma gorge alors que du regard, je le cherche lui. Mon Steve. Il n'y a que toi dont j'ai besoin… Tu es le seul… Le seul qui veuille de moi, le seul qui me regarde et qui accepte de me prendre dans tes bras… J'aurais dû… Je n'aurais pas dû fuir ses deux derniers jours… Je regrette tant. Je le cherche du regard et finalement… Ce sont ses yeux que je finis par croiser. Et si j'affiche au début un immense sourire, celui-ci fane bien vite quand il me désigne sa cavalière. Mon sang se fige et je jure sentir mon coeur se briser. Non. Il ne peut pas… Il… Il n'amène jamais personne d'habitude… D'habitude nous sommes tout les deux et là… Là il ose ramener je ne sais trop qui, avec qui il s'affiche sans le moindre soucis. Le goût de la trahison me reste sur la langue et alors que je tente de ravaler l'amer déception de constater que je ne suis plus son Buck… Je m'approche du couple. Parce que c'est qu'ils sont pas vrai ? Il… Il avait quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui est mieux que moi… Je parie qu'elle n'est pas cassée, qu'elle dit oui à tout ce qu'il veut et qu'elle se laisse bien baiser… Elle, elle ne doit rien prendre et être aussi parfaite que lui… Tu avais promis Steve… T'avais promis que tu serais toujours là et pourtant… Tu ramènes…. Cette pute et tu oses me la présenter. Tu oses me présenter à celle que tu baises dans mon dos. Je sais que… Qu'il n'est pas le seul dans mon lit mais à aucun moment je n'ai eu la prétention de lui faire rencontrer mes amants… Alors si lui fait ça… C'est juste pour me faire comprendre que c'est terminé. Qu'il en a marre. Qu'il ne veut plus de moi. Ça y est. Il s'est lassé. Je serre les poings, regrettant à chaque pas de l'avoir fuis hier et aujourd'hui. J'aurais dû… J'aurais dû faire plus… Parce que maintenant, je vais le perdre à cause d'une salope blonde au sourire agaçant.

J'arrive finalement devant le couple royal et il finit de piétiner les restes de mon coeur en me la présentant. Sharon. Sa compagne de la soirée, histoire que celle-ci soit plus… Marrante. Connard. Tu avais promis. Tu avais promis de ne jamais me laisser, de toujours être là pour moi et qu'est-ce que tu oses me faire ce soir ? Tu m'abandonnes pour elle. Je fronce les sourcils, ne souriant pas le moins du monde. Je l'aime et là, face à lui, je comprends qu'effectivement, je ne l'aurais jamais. Tout ce dont j'ai eu peur pendant des années, tout les scénarios qui m'ont angoissés se révèlent vrais. Steve ne m'aime pas et il ne m'aimera jamais. Je n'ai jamais été un qu'un moment d'égarement dans son existence et maintenant… Maintenant il en a marre et il veut quelque chose de sérieux, avec quelqu'un qui n'est pas brisé. Il vaut mieux que ça… Je ne suis plus assez bien à ses yeux. Mon regard se pose sur Sharon et je ne peux retenir un haussement de sourcil méprisant.

"Tu ne penses pas que tu es un peu jeune pour ce genre de choses ?"

Les deux ne semblent pas comprendre alors que je relève un peu le menton, revenant croiser le regard de Steve. Je t'en veux… Je t'en veux tellement d'avoir brisé ta promesse… Je pensais qu'un jour, tu serais capable de m'aimer… Je pensais que toi, tu ne me ferais jamais de mal.

"Une escorte ? Sérieusement ? Tu pourrais au moins attendre d'avoir le rang de ton père avant d'oser te payer une pute avec qui t'afficher à un gala… C'est un peu prétentieux de ta part, tu ne trouves pas ?"
crackle bones
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Dim 28 Fév - 19:21
     

Bucky ♦ Steve

Snake Eyes
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Je suis presque soulagé d'avoir quitté Buck pendant quelques heures. Je ne sais pas ce qu'il a ces derniers jours, mais j'ai toujours cette foutue impression de ne pas savoir quoi dire ou faire sans risquer de provoquer une crise majeure, ou une engueulade à faire trembler les vitres. Ces derniers temps, j'ai l'impression que tout ce que je pourrais dire va le fâcher. Le fait qu'il me parlait pas. Le fait qu'il buvait trop. Le fait qu'il faisait un yoyo avec ses émotions... tout ça.Tout ça est tendu, et en même temps les sujets de conversation bateaux ne lui sortent que quelques mots et l'ombre d'un sourire... Au moins avec mes parents, c'était simple... même si ma mère a tout de suite senti que ça n'allait pas. A peine rentré j'ai eu droit au "Mais alors mon chéri, il se passe quoi avec Bucky?" Et oui, même elle l'a remarqué... En attendant j'ai préféré mettre ça de côté et juste...penser à autre chose, à écouter mon père me parler de son dernier déploiement pendant que ma mère se prépare. En dix minutes papa et moi sommes prêts et je retrouve Sharon une fois arrivé.

Je l'ai rencontrée peu après mon arrivée à l'académie, et on a tissé des liens quand on a dû faire des travaux et des exposés pour les cours théoriques, et qu'elle s'est retrouvée mon binôme. Et si pour les cours elle est bien meilleure que moi, plus vive et plus intelligente, moi je l'ai aidée pour le côté sportif. Souvent le soir on allait s'entraîner tous les deux, ou je l'aidais à refaire des exercices sur lesquels elle avait galéré pendant les journée, pour qu'elle les réussisse le lendemain. Le jour où, après la première session de partiels, on s'est retrouvés les deux premiers de la promo, on est allés fêter ça à Annapolis. On avait pas mal bu et alors qu'on rentrait dans nos quartiers, et que je l'avais raccompagnée jusqu'à sa porte, elle s'était mise sur la pointe des pieds et m'avait embrassé. Je l'avais doucement repoussée, et elle est devenue rouge de honte quand je lui ai dit que je la trouvais adorable, mais que j'étais plus du côté pénis que paire de seins... Maintenant on rigole de cet incident, et on est comme cul et chemise à l'académie... C'est pour ça que quand j'ai eu l'opportunité de la faire venir ici, j'ai pas hésité. Elle vient d'une famille modeste, qui a aucun contact avec la politique et les hautes sphères, et si je pouvais lui filer ce coup de pouce, pourquoi s'en priver...

Finalement la soirée commence pas trop mal. Voire bien. Je la présente, on papote et on rit avec quelque unes des personnes les plus importantes du pays, une coupe de champagne en main. Je souris en la voyant marquer des points, en entendant qu'on demande son nom et autres. Un très bon signe. Elle ira loin, je le sais. Elle a la détermination et l'intelligence pour ça... Tout se passe bien et je finis par voir Buck qui discute, entouré de je ne sais quelle délégation pour je ne sais quoi. Il avait l'air de se faire profondément chier, jusqu'au moment où il me voit. Il a son grand sourire qu'il ne lance qu'à moi, mais il disparaît en voyant Sharon. Oh ça y est. La crise de jalousie.Il déteste l'idée que je puisse avoir d'autres amis, et il aurait toujours aimé être le seul dans ma vie, pas juste en tant que petit ami, enfin, je sais même pas s'il m'a vu un jour comme ça, mais comme la seule personne de mes connaissances. Il se fraye un chemin jusqu'à nous et je lui présente Sharon, insistant bien sur le fait que c'est une amie. Sauf que j'arrive pas à lire ce que je vois sur son visage, et je fronce les sourcils à la première phrase qu'il nous accorde.

Co...comment ça? Buck on nous traine à des galas depuis qu'on a quatre ou cinq ans...

Sharon a l'air perdue, elle aussi, et je sens que mon sang quitte mon visage quand j'entends la suite. Putain. T'as osé. T'as osé faire ça. Je l'attrape par le bras et le pousse violemment sur le côté, derrière un paravent destiné à cacher le matériel du staff. Une fois à l'abri des regards je lui colle la droite la plus puissante que j'aie jamais donnée, et je le vois chanceler avant de retomber les fesses sur le marbre.

T'as dépassé les bornes! De quel droit t'as osé lui parler comme ça? Que tu te montres parfois infect avec moi ça peut encore passer. Mais que tu oses insulter Sharon, qui est une amie, t'entends, une amie de l'académie alors que tu la connaissais pas, ça non! Tu sais quoi? J'en ai marre. J'en ai marre de te voir te comporter comme un gamin pourri gâté qui veut être le centre du monde mais qui s'en fout s'il blesse les autres, du moment qu'il fait et dit ce qu'il veut! C'est terminé. C'est terminé de tout ça. Ce...cette chose toxique qu'on avait entre nous, c'est terminé! Je veux plus fréquenter quelqu'un qui cherche juste à avoir de moi ce qu'il veut, sans penser à ce que moi je veux. A ce que moi je pense ou j'éprouve. C'est terminé. T'existes plus pour moi.

Je recule et passe mon bras autour de celui de Sharon, qui a contemplé toute la scène et l'entraîne à nouveau jusqu'à l'assemblée. Personne n'a remarqué notre esclandre et je fais exprès d'ignorer Buck, tout en m'occupant de Sharon et des autres invités. La même chose pendant tout le repas, où je me force à ne pas regarder dans sa direction. Et bizarrement je me sens... soulagé. Libre. Comme je ne me suis plus senti depuis des années...


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