Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Snake Eyes

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Messages : 687
Date d'inscription : 26/11/2014
Ven 4 Mar - 17:08

Snake Eyes
I know you cannot possibly love me. I’m a tangible thing, already broken. But we all want to believe that we can be fixed, and maybe you’ll want to help me with that part.

J'essaye de ne rien montrer mais intérieurement, je hurle face à la douleur que me cause sa trahison. Je souffre au point que j'ai envie de me laisser tomber à genoux et de pleurer jusqu'à en tomber de fatigue. Et pourtant, je reste là, à croiser son regard, affichant simplement cet air mi-amusé mi-méprisant. Tu avais promis Steve… Tu avais promis que jamais tu ne me laisserais et maintenant… Maintenant tu ramènes ta pute à ce gala et tu me force à vous voir vous pavaner tout les deux. Ça y est ? L'époque où nous passions nos soirées tout les deux, à siroter du champagne, à faire les langues de pute sur les invités et surtout, à se faire salement de l'oeil jusqu'à en finir dans les toilettes à faire sauvagement l'amour, est désormais révolue. Maintenant je vais devoir le voir avec cette idiote au bras et moi… Moi je ne serais plus rien. Même plus son Buck, je ne serais… Plus qu'un putain de souvenir. Je serre les dents, observant toute trace de sang quitter son visage. Tu l'as cherché Steve… Je pensais que tu serais le seul à rester à mes côtés. Je pensais que jamais tu ne pourrais me faire du mal… Je pensais que je pouvais compter sur toi. Depuis cette nuit, près de la piscine, j'ai toujours pensé que t'étais le bon, qu'avec toi… Ça finirait par tenir, parce que… T'étais mon Steve. Mais j'étais idiot. J'étais con de penser que tu serais mieux que les autres, j'ai été con de penser que je pourrais te garder à mes côtés, hein ? Je ne mérite personne, c'est ce que tu essayes de me dire en la ramenant, pas vrai ? Tu me fais comprendre que tu veux passer à autre chose et que dans ta nouvelle vie je n'ai plus ma place à tes côtés ? C'est ça ? Ma gorge se noue et je suis à deux doigts m'effondrer quand dans un geste vif, il m'attrape par le bras, me poussant derrière l'un des paravents. Mon souffle se bloque dans ma poitrine et rien ne me préparer à ce qui suit. Je n'ai pas le temps de tenter de me débattre ou de lui dire de me lâcher qu'il me colle une droite qui me sonne. Le coup est si violent que j'en chancelle à terre, sentant presque l'os de ma mâchoire vibrer face à l'impact. Je porte une main à mon visage, abruti par la douleur alors que bien incapable de lever les yeux vers lui, je l'entends me cracher sa colère.  Et si au début je me dis que ce sera comme d'habitude, un coup de gueule passager et qu'après, il me pardonnera, je comprends que ce n'est pas le cas au moment où il me dit qu'il en a marre. Les yeux agrandis par la peur, je cherche à croiser son regard, ma main toujours sur ma joue. Non. Ne dis pas ça. Je t'en prie. Tu ne peux pas en avoir marre. Je suis ton Buck. Tu dois être celui qui me rattrape, qui est là pour moi quand ça ne va pas… Tu ne peux pas en avoir marre… Ne donne pas raison à mes angoisses, je t'en prie. Mais il continue. Il en a marre de mon comportement, marre de ce que je suis et au fil de ses syllabes, je comprends que je suis en train de le perdre pour de bon. C'est foutu. Le temps où je pouvais être avec lui est révolu. Il enfonce le dernier clou. "C'est terminé." Si j'avais du mal à respirer avant, je suffoque désormais, étouffé par ses mots. "Chose toxique entre nous". Mais je t'aime Steve… Tu ne peux pas me laisser… Pas toi. Mais il insiste. "C'est terminé. T'existes plus pour moi." J'entends mon coeur se briser une fois de plus et je crois qu'au moment où il tourne les talons, je craque. Je ne respire plus et une première larme roule sur ma joue. Je l'ai perdu. J'ai perdu mon Steve, la seule personne dans cet univers qui tenait à moi… Je l'ai perdu lui.

Un tremblement secoue mes épaules et après des minutes que je ne suis plus capable de compter ou de quantifier, Rumlow s'approche, m'aidant à me relever. D'habitude je lui dirais peut-être d'aller se faire foutre ou de me laisser tranquille… Mais ce soir, en cet instant, je ne suis qu'une poupée de chiffon. Je n'ai plus volonté et si jusque-là je ressentais de la douleur ou de la trahison… Là je ne sais plus. J'ai l'impression d'être mort, de n'être plus qu'une pauvre chose sans intérêt. Sans Steve… Je ne suis rien. Sans Steve, je n'ai plus aucune raison d'exister. Sans trop de difficulté Rumlow m'aide à faire quelques pas et je peine à comprendre ce qu'il me murmure.

"Venez… On va s'occuper de vous… Vos parents peuvent pas vous voir dans cet état… Ils vont penser que vous avez encore pris quelque chose…"


C'est marrant… Il ne me vouvoie qu'en public. Quand il est dans ma chambre à me briser les reins, il est plus familier. Et puis j'y pense… Maintenant que je ne plus rien… Je pourrais devenir sa pute rien qu'à lui. Je pourrais continuer à prétendre que c'est Steve qui me prend le soir et pas lui. Je me laisse traîner jusqu'aux toilettes les plus proches et c'est seulement lorsqu'il m'installe face à la glace que je comprends que je suis en train de trembler et de sangloter comme si j'étais en état de choc. Il ouvre un robinet et doucement, il commence à mettre de l'eau sur mes yeux, ma nuque et ma joue douloureuse, murmurant doucement à mon oreille.

"Doucement, doucement Chaton… C'est rien, faut que tu sois calme pour la soirée, hein ? Faut que tu sois sage, sinon tes parents vont faire venir le médecin… Et t'as pas envie de ça pas vrai ?"

Il se penche vers moi et alors que je reprends doucement mon souffle, je fais non de la tête.

"Bien, bon garçon…"

Il continue de passer de l'eau fraîche sur mon visage et je ne peux retenir un gémissement quand ses doigts effleurent ma joue déjà légèrement enflée.

"Shhh… Shhh… Je sais, il t'a pas raté… Mais ça va… Demain t'auras un bleu mais pour ce soir, ça se verra pas trop… Si tu me laisses faire."

Je ferme les yeux et tente de calmer mes tremblements, frissonnant simplement face à l'eau glacée qui se perd sur  ma peau. Steve m'a frappé. Lui qui devait toujours être là, ne jamais me faire du mal… Il m'a frappé. J'ai un dernier sanglot alors que Rumlow se recule, fouillant dans ses poches. Je me retourne pour l'observer, n'osant toujours pas prononcer le moindre mot. Il tire quelques cachets de sa poche et me les tends.

"Non… Je…
- Tu paieras ce soir Chaton. Prends-ça. La soirée sera moins pénible à supporter et ça t'éviteras sûrement de fondre en larmes…"

J'hésite et attrape finalement les cachets que j'avale d'un coup. Un sourire lui échappe et je frémis quand il vient déposer un baiser dans mon cou, me murmurant une dernière chose.

"Et si tu veux ne penser à rien… Deux coupes de champagne et tu ne te souviendras de rien…"

Je croise son regard et le temps d'une seconde, je me demande si il ne me connait pas plus que je ne le pense. Puis la suivante, je ne me dis que ça n'a plus vraiment d'importance. J'ai perdu Steve. J'ai perdu la seule personne qui s'intéressait à moi… Je croise son regard et après avoir rajusté mon col, je quitte les toilettes, attrapant un verre que je descends cul-sec. L'alcool réchauffe mes entrailles et au fil des verres, je perds conscience, flottant dans une semi-réalité médicamenteuse. Je suis tellement engourdis par les médicaments, que je passe la soirée aux côtés de mes parents, à descendre des coupes de champagne, à sourire aux invités et à jouer les fils parfait. Tout défile sous mes yeux et je ne sais pas si c'est réel ou pas. Le temps semble s'écouler différemment et quand je reprends conscience… Je suis dans ma chambre, face à Rumlow et mon lit. Je l'entends me parler mais je ne comprends pas. Je fronce les sourcils et là je comprends. Je suis ivre. Steve n'est plus là… Et Rumlow veut que je paie mes dettes. Je chancelle sur place, le souffle court.

"Steve…..
-… N'est plus là… Il est rentré avec sa copine à la fin de la soirée. Y'a plus que toi et moi Chaton."

Steve m'a quitté. C'est finis. Je suis seul, je ne suis plus rien. Je n'ai plus aucune raison d'être là. Pour ce soir j'ai envie de fermer les yeux et de sombrer. Je veux oublier, je veux sombrer. Je ne veux plus exister. Mon regard croise celui de Rumlow et dans un soupir, je commence à défaire ma chemise, pour son plus grand plaisir. Un sourire lui échappe alors qu'il s'installe sur mon lit.

"Une fois que tu as terminé… Tu viens t'agenouiller face à moi."

Ma chemise termine au sol, tout comme le reste de mes affaires et sans essayer de penser, en oubliant ma propre volonté, je fais ce qu'il me dit, posant simplement ma joue contre sa cuisse quand il me l'ordonne. Il vient caresser mon autre joue du bout des doigts, esquissant un sourire qui me fait frémir.

"Tu vois ? C'est tellement plus simple quand tu fais ce que je veux. Et si tu es sage… Je n'appelle pas le médecin après. D'accord ?"

Le bout de son pouce vient tracer la courbe de mes lèvres et je ferme simplement les yeux quand il ouvre son pantalon. J'entrouvre les lèvres pour lui et une simple larme roule sur ma joue quand je commence à caresser son membre de ma langue. Ses doigts se glissent rapidement dans mes cheveux et alors que ses hanches cherchent à rencontrer mes lèvres, je prétends que c'est Steve que je suce. Puis quand il me prend dans mon propre lit, me faisant courber l'échine, m'arrachant de longs gémissement douloureux et des larmes, je prétends que c'est Steve. Que c'est notre dernière fois. Quand ses ongles se perdent sur mon cuir chevelu, je prétends que c'est Steve. Quand je sens son souffle sur ma nuque, je prétends que c'est Steve. Et quand il vient en moi, c'est le prénom de Steve que je murmure. Je gémis quand il se retire et me recroqueville dans les draps. Ses doigts viennent effleurer ma joue et je recommence à sangloter quand il me dit que le médecin va venir.

"Tu avais promis…
- Je sais… Mais comme lui… Je suis conscient que tu mérites que dalle. Juste de te faire prendre comme une chienne dans ton lit."

Je ferme les yeux et recommence à pleurer comme un gamin apeuré tandis que le médecin arrive. Il ne prononce pas un mot et comme d'habitude, fait comme si il n'avait rien vu, se contentant de m'injecter je ne sais pas trop quoi dans le sang. Rapidement je sombre, priant pour que je ne m'éveille pas demain matin.

Sauf que c'est le cas. J'ouvre les yeux et je suis toujours aussi seul. Steve n'est plus là et ses mots tournent encore et toujours dans mon esprit. Ma joue me fait mal mais je n'ai pas le courage d'aller jusqu'à la salle de bain pour voir si j'ai bien un bleu. Je ne fais que repenser à ce qu'il a dit. À notre relation qu'il considérait toxique… Au fait que je n'existais plus. Que je n'étais plus rien pour lui… Je me redresse et suis saisis de nausées alors que je tente d'atteindre mon portable. Je le déverrouille et je dois avouer être déçu quand je ne vois aucun message de Steve ou le moindre appel manqué. Mes épaules s'affaissent doucement alors que je tente de l'appeler. Mais rien. Je tombe directement sur sa messagerie. Mon coeur se serre, je réessaye et je retombe directement sur sa messagerie. Alors je m'acharne, recommençant lentement à sangloter.

"Je t'en prie… Décroche… Décroche… Je t'en prie Steve…"

Mais rien. Comme si je n'existais plus à ses yeux.
crackle bones
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Jeu 31 Mar - 18:17
     

Bucky ♦ Steve

Snake Eyes
D
epuis des années, depuis des années je me suis laissé pourrir par lui. Je me suis laissé totalement manipuler par lui. Par le fait qu'il était toujours tellement plus beau que moi, tellement plus populaire que moi. Personne ne s'intéresse au fils du chef de la Navy, alors que le fils du président... Depuis tout gamin je l'idolâtrais, je ne cherchais qu'à lui plaire, et qu'à lui faire plaisir. On jouait toujours aux jeux qu'il voulait, on allait toujours là où il voulait qu'on aille, entre autres. Au début, je pense pas qu'il ait cherché à m'écraser, loin de là. Au contraire. Gamin, je sentais que j'étais important. Que j'étais son ami, son meilleur ami même, à ce qu'il me disait. Jusqu'à ce qu'on soit ados, on était tout le temps vissés ensemble, soit en vrai, soit par textos et ce vieux MSN. On s'appelait presque tous les jours, pour parler de tout et de rien. Nos cours, nos journées, toutes les petites conneries qui avaient pu nous arriver. Mais ça, c'était avant... C'était avant qu'il commence à changer. C'était avant qu'il s'éloigne de moi, petit à petit. C'était avant que Tasha devienne celle avec qui il partageait toutes les soirées mondaines auxquelles il allait sans arrêt. Au point que ça en était même dur de le joindre. Il était dehors quand je dormais. Il se levait tard, quand moi j'étais en cours. Et le soir, une fois que moi j'étais libre, il était trop ''occupé", à savoir avec une sale gueule de bois ou avec d'autres projets pour me rappeler tout de suite. Et puis il a commencé à mettre des jours, des semaines à me donner des nouvelles. J'avais plus de nouvelles de lui en lisant les sites people qu'en regardant mon portable. Et je savais très bien qu'il en voyait d'autres à part moi.

Putain qu'est-ce que ça a pu me bouffer... Je me rappelais encore... quelques mois plus tôt, on avait notre première fois au bord de la piscine, un jour de fête nationale. On avait commencé maladroitement sur un transat, trempés mais fou amoureux, enfin c'est ce que je croyais, jusqu'à ce qu'on tombe, et qu'on termine ça dans ma chambre, là-haut. Personne savait ce qu'on faisait alors que la Maison Blanche était pleine de monde. Tout le monde avait les yeux rivés sur le feu d'artifice ou les mains occupées avec le buffet ou une coupe de champagne. Moi je ne voyais que lui, et mes mains lui tiraient de timides gémissements dans l'immense lit de la chambre d'amis. Notre secret. A part Tasha, je crois que personne n'a jamais su pour ce soir là. Pour le reste du monde, on a l'air de coucher ensemble depuis que le monde est monde. Pourtant... pourtant ce soir là on s'est volé quelque chose et en même temps promis une autre. Enfin... je le pensais. J'avais jamais été aussi heureux que quand je l'ai pris dans mes bras une fois qu'on avait fini, le souffle court et un sourire de crétin aux lèvres. Parce que là, maintenant, il allait être totalement à moi, comme je l'espérais depuis tellement de temps. Qu'enfin on s'avoue qu'on s'aimait, et... et qu'on se "mette ensemble''. Et puis il m'avait refroidi en me disant que ça avait été chouette et qu'on pourrait refaire ça quand on se reverrait. Ouais... Je vois. Toutes mes belles illusions, elles étaient à sens unique. J'étais un ami, rien qu'un ami, avec qui il comptait coucher quand il en aurait envie. Rien de plus. Je comptais pour lui... mais pas autant que je l'aurais pensé. Et puis y'a eu cette photo. J'étais encore au lycée, un lycée privé de Washington, et un matin, alors que j'allais en cours, je passais devant un kiosque à journaux. Un gros titre dégueulasse, et une photo de Buck complètement bourré en train de galocher salement une nana pendant une soirée. J'avais compris.

Deux jours plus tard, il m'appelait, et quand je lui avais dit en faisant semblant de me marrer que j'avais vu les photos il m'a dit que la soirée était chouette et que j'aurais dû venir. Il avait même pas compris qu'il m'avait fait mal. Il avait même pas compris que j'aurais même pas eu l'idée d'embrasser quelqu'un d'autre. Que pour moi y'avait que lui, et qu'il était le seul... Alors pourquoi? Parce que j'étais con. Parce que j'étais con je me suis accroché. Parce que j'étais con j'ai supporté pendant trois ans le fait d'être son bon pote qu'il appelait quand il avait besoin de lui, mais jamais l'inverse. Que je pouvais rien dire quand je le voyais au bras de je sais qui, mais que si quelqu'un, même un pote m'approchait trop près, il me faisait la gueule après en me demandant qui c'était et si je couchais avec. Plusieurs fois j'ai eu envie de lui hurler que oui, je couchais avec, juste pour le faire chier. Juste pour lui montrer ce que ça faisait, mais j'ai pas pu. Peut-être parce que j'étais un mec trop bien. Ou juste trop lâche, je sais pas. La seule chose que je sais c'est que jusqu'à ce soir j'avais toujours l'espoir qu'il se réveille. Qu'il réalise que j'étais celui qu'il lui fallait. Que j'étais celui qui l'utiliserait pas pour avoir dix minutes de gloire, ou pour profiter de son blé. Que j'étais celui qui l'aimait comme un dingue, et qui voulais juste que ce soit pareil pour lui.

Et ce soir a été le déclencheur. J'ai compris que rien ne changerait. Que j'étais son jouet. Son gentil Steve qu'il gardait près de lui comme un toutou, qui galopait quand il sifflait. Ce soir j'ai compris qu'il me donnerait jamais ce que j'attendais de lui. Qu'il pourrait jamais avoir quelqu'un d'autre dans sa vie que lui. Qu'il s'aimait beaucoup trop. Qu'il était trop égoïste pour penser à quelqu'un d'autre qu'à lui. Et que je pouvais plus supporter d'être un paillasson qu'il écrasait. Alors que je lui hurlais dessus, au moins cinq années de frustrations se sont relâchées dans un de mes plus beaux crochets du droit qui l'a fichu au tapis, et ouais... j'ai aimé lire la panique dans ses yeux. J'ai aimé le voire comprendre qu'il avait franchi la limite et que non, je m'écraserais pas une fois de plus. Que maintenant il aurait plus quelqu'un qui abandonnait toujours tout quand il me le demandait. Je savoure mon triomphe alors que je ramène Sharon à notre table et qu'on profite de notre soirée. J'ai même pas besoin de tourner la tête pour sentir qu'il enrage. Regarde. Regarde comme je peux vivre sans toi. Regarde comme je m'amuse sans toi. Regarde comme j'arrive à passer du bon temps sans toi.

Finalement, les deux jours qui suivent sont reposants. Je me sens plus léger. Vraiment plus léger. Je suis plus sans arrêt en train de regarder mon portable dans la crainte qu'il se soit passé un truc, ou je ne sais quoi. Plus simple : je l'éteins, bonnement et simplement. Je parle à mes parents sur skype, à mes amis aussi, et pour mes potes de la base, je les vois en vrai alors... je coupe le cordon, définitivement. Bien sûr je pense à lui, et parfois je suis en train de me demander s'il va bien mais... mais maintenant je ne suis plus en train de me demander si ce que je fais va lui plaire ou pas. Ou ce que lui est en train de faire. Là, j'ai vraiment l'impression de rendre des comptes à personne et c'est tellement agréable. Je sors même tout le groupe à Annapolis le vendredi soir et on se colle tous une belle cuite. Mais le genre de cuite sympa, où on rigole comme des idiots, et Sharon reste dormir avec moi, gentiment blottie entre mes bras et habillée dans un vieux jogging à moi parce qu'un con lui a renversé une bière sur sa robe. Je sors du lit vers midi, la laissant sous les couvertures alors que je me traine pour lancer la cafetière et j'allume mon portable, histoire d'être sûr de pas avoir manqué un appel important. Au lieu de ça, une flopée de messages de Buck, tous plus larmoyants les uns que les autres. Des pluies de ''Je suis désolé'', de ''Je voulais pas'', de ''Steve tu peux pas me faire ça'' et même deux messages sur mon répondeur. Il m'agace. Vraiment. Je repose le portable, sers deux tasses et les ramène dans la chambre avant de la réveiller doucement.

Sauf que mon repos est de courte durée. Dimanche soir, alors qu'on rentre d'une promenade sur la plage, je sens mon portable qui vibre. Sûrement Buck. Mais non. Numéro inconnu. Je fais signe aux autres de continuer sans moi alors que je décroche.

Steve? Merde je suis content d'arriver à vous joindre.
Qui est à l'appareil?
Ah oui, c'est vrai. C'est Sam, je travaille pour la sécurité de la Maison Blanche.
Oui Sam, je me souviens. Et euh... pourquoi est-ce que vous m'appelez? Il y a un souci?
Affirmatif. Un gros. Buck est totalement en train de partir en vrille. Et il a besoin de vous. Vraiment...



GleekOut!
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Date d'inscription : 26/11/2014
Ven 22 Avr - 23:17

Snake Eyes
I know you cannot possibly love me. I’m a tangible thing, already broken. But we all want to believe that we can be fixed, and maybe you’ll want to help me with that part.

Je me souviens que gamin, je jouais à ce jeu débile où il faut retirer une à une les pétales d'une fleur en se demandant "Est-ce qu'il m'aime ?", et commencer à égrener au fil des pétales les réponses. Un peu. Beaucoup. Passionnément. À la folie… Pas du tout. Je me souviens que si au début je trouvais ça particulièrement débile, simplement parce que Natasha me forçait à faire ça avec elle, c'est souvent en pensant à Steve que je murmurais "est-ce qu'il m'aime ?" Et si les réponses variaient du nombre de pétales, jamais je n'étais déçu. Que ce soit qu'un peu ou à la folie, tout m'allait tant qu'au terme de ce jeu idiot je n'arrivais à la seule réponse qui me terrifiait. Je me souviens que je souriais en me disant qu'une fleur pouvait peut-être confirmer ce que je ressentais pour lui, ne cessant de me dire que de toute façon, Steve serait toujours là pour m'aimer, peu importe ce que je fais ou non. Que lui était la seule personne de cette univers à vouloir mon bien et à tout faire pour que je sois heureux… Je sens une larme rouler sur ma joue alors que je joue à ce jeu ridicule à nouveau, non pas avec une marguerite mais avec son répondeur. Est-ce qu'il m'aime ? Non, me répète la tonalité. Pas du tout. Un tremblement secoue mes épaule, la larme sur ma joue s'écrase sur mes draps qui sentent encore la transpiration de mon coma médicamenteux de la veille et quand je tente de recomposer son numéro pour la énième fois, le portable glisse d'entre mes doigts, terminant à mes pieds. Un sanglot m'échappe et comme l'enfant au coeur brisé que je suis, je me roule simplement dans mes draps, hurlant ma peine quand je réalise que c'est vraiment terminé. Steve est parti. Je n'existe plus à ses yeux et maintenant, cette putain de question n'a plus la moindre importance. Il n'a jamais pu m'aimer et il n'aurait jamais pu. Je ne sais pas pourquoi j'ai tant voulu m'accrocher à cet espoir ? J'ai toujours su que j'étais le problème, que j'étais son putain d'apocalypse personnel… Un boulet qu'il devait se traîner… La vérité c'est qu'il en a juste eu marre… Il ne voulait plus faire semblant. Je n'ai jamais été qu'une source de problèmes et d'inquiétude… Un putain de cauchemar ambulant pour qui il devait être là et sourire, alors qu'il aurait sûrement aimer me gueuler dessus comme les autres en me disant que tout était de ma faute. Même lui n'aurait pas compris et comme tout le monde, il m'aurait froidement dit que si mon ancien médecin m'avait touché gamin, c'était de ma faute. Que si Rumlow ne se gênait pas pour me violer contre un peu de poudre, c'est simplement parce que je suis un sale camé qui ne mérite rien de plus. Son prénom m'échappe comme une plainte que je hurle entre deux sanglots alors que mes ongles s'enfoncent dans ma chair, lacérant ma nuque avec une violence propre aux crises d'hystéries. Steve n'est plus là. Steve ne m'aime pas et ne m'a jamais aimé. Et sans lui, seul, je n'ai plus aucune raison d'être là. Sans lui, je me sens vide, je me sens inutile. Sans lui j'ai l'impression de n'être qu'une coquille, une carcasse vide. Et ce vide m'effraie. Il m'effraie au point que ma chambre n'est remplit que de mes hurlements qui finissent par attirer les gardes du corps qui sont devant ma porte. Ils tentent de me calmer, criant des mots que je refuse d'entendre tandis que je me débats, mordant, griffant tout ce qui passe à ma portée, ne cessant d'hurler d'une voix brisée par le chagrin.

"Il devait m'aimer ! Il devait rester !"

Les larmes qui roulent sur mes joues semblent brûlantes et respirer devient difficile tant je hurle. Rapidement, j'en viens à manquer d'air, suffoquant presque quand ils arrivent à me maîtriser, hurlant à leur tour des ordres qui déclenchent un chaos tout autour de moi. D'autres mains s'ajoutent et rapidement, je comprends qu'on m'empêche de faire le moindre mouvement, m'entravant comme si j'étais possédé. Et si normalement, j'aurais hurlé au scandale tout en les abreuvant d'insultes… Aujourd'hui je ne suis capable de rien d'autre que de sangloter sur mon Steve que j'ai perdu. Puis le médecin arrive et c'est à peine si je remarque sa présence, à peine si je sens l'aiguille percer ma chair et à peine si je réalise que je sombre rapidement. Tout ce que je sens, c'est que le rythme de mon coeur qui ralentit, mes muscles qui se détendent et une main qui se glisse dans mes cheveux. Mes yeux se ferment et dans un soupir, c'est son prénom qui m'échappe.

Je ne sais pas l'heure qu'il est quand je m'éveille, tout ce que je sais c'est que ma bouche est pâteuse, ma joue toujours aussi douloureuse et mon lit vide. Là où je devrais sentir la main de Steve sur ma hanche ou son souffle dans ma nuque… Il n'y a personne. Enfin, juste Sam qui me regarde avec une certaine inquiétude. Son regard croise difficilement le mien tandis qu'il s'approche, me demandant un milliard de trucs que je ne comprends pas. Je tends une main vers lui, marmonnant doucement.

"Portable…"

Il fronce les sourcils, me regardant sans comprendre. J'ouvre un peu plus les yeux, ne me sentant pas capable de faire plus alors que mon bras retombe mollement sur le matelas. J'ai besoin de mon portable, j'ai besoin de l'avoir contre moi, au cas où. Peut-être que Steve cessera de m'en vouloir, peut-être va-t-il entendre un de mes messages et accepter de me donner une dernière chance que je ne mérite pas… Mais, c'est Steve… Il a toujours eu une patience légendaire et une capacité à me pardonner. Parfois, quand je croisais son regard, je me disais qu'il était le bon, parce qu'il était le seul à être capable de fermer les yeux sur mes pires défauts. Steve est celui qui doit être miséricordieux de nous deux, celui qui doit pardonner et aimer. Il devait rester et m'aimer. Il devait me réparer, m'aider à oublier le reste et me faire me sentir bien. Sam continue de s'approcher de mon lit, et si je suis déjà prêt à lui dire que je ne veux que mon portable, je m'arrête en voyant qu'il se penche pour attraper mon téléphone, me le montrant dans l'espoir de me rassurer. Je tends à nouveau la main, cherchant à l'attraper.

"Il… Sonné ?"

Il fait non de la tête et le glisse entre mes doigts. Je l'attrape et vient le garder tout contre mon coeur, comme un gamin le ferait avec son ours en peluche préféré.

"Il… Il va… Appeler… Il m'aime…"

Je ferme les yeux, sentant la coque glacée de mon portable sur ma peau brûlante alors que lentement, je sombre à nouveau, me berçant avec l'illusion que Steve va m'appeler et me dire qu'il me pardonne et surtout, qu'il m'aime. Ainsi pendant une partie de la journée, peut-être moins, je somnole, oscillant entre moments d'inconscience et de court instants où je sursaute, regarde mon portable et me rendors. Et si à chaque fois que je constate qu'il ne m'a toujours pas appeler, je finis par ne plus être capable de me rendormir, étrangement trop fatigué pour trouver le moindre repos. Alors je quitte mon lit, gardant mon portable contre mon coeur tandis que je me traîne dans la salle de bain, me glissant sous une douce à peine chaude. L'eau à beau rouler sur ma peau, lavant sur celle-ci la crasse de la veille et la transpiration, je me sens encore sale. Là où les gouttes d'eau passent, j'ai l'impression de sentir à nouveau les lèvres, les doigts et le souffle de Rumlow, me donnant l'impression qu'il est avec moi, à profiter de mon corps comme bon lui semble. Je coupe l'eau et m'enroule dans une serviette, retournant dans ma chambre d'un pas lourd. Mon coeur manque de s'arrêter quand je vois mon père, la mine sombre, observant le chaos qui règne dans ma chambre. Je baisse les yeux et frissonne, sachant que si il est là, ce n'est pas pour prendre de mes nouvelles. Père ne vient jamais dans ma chambre, contrairement à mère qui passe de temps à autre pour me dire que je suis encore trop gros à son goût. Mais lui ne vient que pour des reproches ou pour garde dans une certaine intimité les reproches qu'il va m'asséner avec une froideur qu'on ne trouve que chez les pères en colère. Ceux qui vous regardent et vous trouve tout les défauts de la terre, vous reprochant les malheurs de l'humanité. Même si j'étais quelqu'un de bien, même si j'étais quelqu'un de meilleur, j'aurais toujours à ses yeux le potentiel d'être un bon à rien. Je pourrais avoir trouvé une solution à la faim dans le monde, ce ne serait pas assez pour lui. Je ne serais jamais assez, je serais toujours une déception. Un fils qu'il aurait préféré ne pas avoir mais qu'il a dû avoir pour bien se faire voir de l'électorat. Je suis comme un chiot… J'étais utile et mignon quand j'étais petit mais maintenant… Je suis un fardeau. Scandales, rumeurs, photos dans des magazines un peu sales… Je suis une honte qu'il tente d'enfermer de plus en plus dans cette chambre que je ne peux presque plus quitter. Son regard croise le mien et si pour une fois, il n'a pas une feuille de choux à me jeter au visage, je peux lire la même colère froide qu'à chaque fois. D'instinct je baisse les yeux, attendant que le déluge de reproche s'abatte sur moi. Chose qui arrive avant que je n'ai le temps de compter jusqu'à vingt.

"Tu as une sale mine James. Tu es affreux à regarder. Tu es fier de toi ? Hein ?"

Je frissonne, ayant déjà du mal à respirer. Il ne comprend pas. Personne ne comprend de toute façon… Même Steve qui devait être l'élu… Il n'a pas voulu comprendre.

"Quand tu te regardes dans le miroir le matin, tu aimes ce que tu y vois ?"

Nouveau silence, pendant lequel je n'ose quitter du regard la moquette.

"Alors. Dis-moi, est-ce que tu es fier de toi, mon fils ?"

Toujours rien.

"Je t'ai posé une question James !"

Une larme roule sur ma joue et je sens ma gorge se nouer. Face à lui j'ai de nouveau dix ans. Mes dents viennent se planter dans ma lèvre inférieure et quand je lui réponds, je sanglote à moitié.

"Non…
- Alors pourquoi ? Pourquoi continuer ce petit jeu ridicule ?! Qu'est-ce que tu cherches ? M'embêter moi et ta mère parce que tu n'as eu ce que tu voulais, c'est ça ? Tu te venges parce que nous n'avons pas été d'assez bons parents à ton goût ? Qu'est-ce que nous avons mal fait ? N'avais-tu pas tout ce que tu désirais ? De l'argent à ne plus savoir qu'en faire ? De bons professeurs ?
- Je… Non…
- Alors quoi ? Tu fais ça pour obtenir quelque chose ? Hein ?!"

Ma réponse se perd dans un sanglot et faible, je cède face à lui, masquant mon visage dans mes mains alors que je pleure face à lui pour la première fois depuis des années. Et si une part inconsciente de mon être s'attend à ce qu'il fasse preuve d'une certaine compassion, je n'ai le droit qu'à une constatation glaciale de plus.

"Je vais demander au médecin de recommencer à te donner un traitement quotidien. J'en ai marre de ton état et de tes conneries."

Et sans un mot de plus, il me laisse ainsi, sanglotant jusqu'à ce que le médecin revienne me voir, me ressortant un sermon que je n'écoute plus depuis bien trop longtemps. L'esprit ailleurs, je ne l'écoute pas me dire qu'on va reprendre le même traitement que lorsque j'avais treize ans, me disant simplement que cela doit être ma punition et que si Steve était là, il trouverait ça fort charmant. C'est donc sans la moindre résistance que j'avale les deux cachets qu'il me tend, allant ensuite me recoucher, hochant simplement la tête quand il me dit qu'il repassera dans deux heures pour voir si je vais toujours bien. Je m'enroule dans mes draps et au fil des battements de mon myocarde, j'ai l'impression d'entamer une longue descente aux enfers. Pendant deux jours, je suis malade comme un chien. Comme lors d'une crise de manque, je ne fais que vomir, suant sang et eau alors que je claque des dents, plongé dans une transe qui me fait répéter sans cesse son prénom. Steve, Steve… C'est tout ce qui m'échappe alors que le médecin est là, à ajuster mes doses pendant que Sam ou Clint essuient le coin de mes lèvres, veillant à ce que je ne m'étouffe pas dans mon vomi. Le troisième jour, je cesse d'être malade mais je refuse de quitter ma chambre. Je demande simplement à ce que l'on me monte une bouteille de whisky et un paquet de cigarette… Et à partir de là… Je refuse de quitter ma chambre. Installé derrière mon piano, je joue toute la journée, apportant de temps à autre le goulot de la bouteille ou le filtre d'une cigarette à mes lèvres, ne mangeant que les médicaments du médecin. La semaine passe ainsi et quand dimanche arrive… Je peine à penser correctement. Le monde tourne sans cesse autour de moi et même l'alcool n'arrive plus à faire taire tout ce qui tourne dans mon esprit. Les doses ont encore augmentées et pourtant, je continue de vomir la nuit. Je porte la bouteille à mes lèvres, terminant le fond de whisky qui y traîne, me contentant d'un grognement quand j'entends la porte de ma chambre s'ouvrir.

"Dégagez… J'veux voir personne."


Je tente de reposer la bouteille sur le piano mais celle-ci termine au sol, roulant jusqu'aux pieds de mon visiteur, dont le rire rauque me fait frissonner.

"En voilà des manières Chaton…"


Un haut-le-coeur me saisit alors que par-dessus mon épaule, j'observe Rumlow qui s'approche de moi, ayant dans le regard cet éclat que je connais trop bien. Ses doigts viennent effleurer ma joue et difficilement, j'attrape son poignet, murmurant à peine.

"J'suis bon à rien… Et en plus je suis dégueulasse.
- Oh je le sais Chaton, je sais que tu es immonde… Souviens-toi… Avec Alexander on adorait te pisser dessus les soirs où t'étais hyper défoncé… Simplement pour que tu penses le lendemain que tu t'étais fait dessus pendant la nuit… Ta peau à le goût de la souillure. T'es dégueulasse Chaton, tellement sale que Steve ne voulait même plus de toi… Mais heureusement, moi je suis là, moi je sais ce dont tu as besoin et je suis généreux… Même si t'es dégueulasse, je reste et je te fais croire que t'es désirable."

Ma gorge se noue et je détourne le regard, sentant mon coeur se serrer. Il a raison. Le pire, c'est qu'il a raison. Au final il est le seul à être resté. Je n'ai plus que lui, parce qu'au fond, il est le seul à voir ce que je suis réellement et le seul à me connaître réellement. Oui je suis dégueulasse et pourtant, il est là à caresser ma joue du bout des doigts. Putain. J'en suis là. J'en suis à ce niveau-là… De n'être désirable qu'aux yeux du mec qui me viole depuis des années et qui me fournit les cachets avec lesquels je me défonce. Cette prise de conscience me fait frissonner et dans un éclat de lucidité, je me rends compte que je n'ai plus envie de tout ça. Que je peux aussi tout arrêter. Que rien ne me force à passer le reste de mon existence à souffrir ainsi, à regretter Steve qui ne reviendra jamais pour moi. J'ai beau tenter de l'appeler tout les jours, il s'en fout. J'ai beau lui envoyer des messages en lui disant que je suis prêt à m'expliquer, à tout lui raconter,  à devenir quelqu'un d'autre pour lui… Mais rien. Pas un mot. Comme si il ne me regrette vraiment pas, comme si il ne m'aimait vraiment pas. La main de Rumlow glisse sur ma nuque qu'il effleure doucement et je crois que c'est à ce moment précis que je prends une décision. Je ne veux plus continuer ainsi. Je ne veux plus passer mes journées à le regretter, à prendre des médicaments qui me rendent malade et pathétique. Je veux que tout ça cesse… Je ne veux plus penser à Steve qui doit déjà être dans les bras de quelqu'un d'autre… Je ne veux plus me voir dépérir de la sorte… Je ne veux plus ressasser le passé, à tenter de me demander à quel moment est-ce que j'ai merdé… Je veux que tout s'arrête. Je reviens croiser son regard, sentant étrangement qu'un certain calme règne au sein de mon être, comme si j'avais déjà accepté que c'était la dernière fois.

"Je suis à toi, si tu me donnes ce que t'as de plus puissant."

Un sourire se glisse sur ses lèvres et lentement, du pouce, il vient dessiner la courbe de ma lèvre.

"Tu vois Chaton… ? Je suis celui qu'il te faut…"

Ses lèvres viennent chercher les miennes et pour la dernière fois, je le laisse faire ce qu'il veut de ma personne. Je le suce comme il le demande, le laissant ensuite goûter à ma peau poisseuse, avant de finalement me faire baiser une dernière fois dans mon propre lit, le nez dans les draps. Je ferme les yeux et gémis à peine pour lui, m'imaginant simplement que c'est Steve et que ceci est notre baise d'adieu. Et quand il a terminé, je reste silencieux, acceptant simplement le sachet qu'il me tend, le regardant partir sans un mot. De toute façon… Ça n'a plus d'importance. C'est terminé. Comme un automate je glisse hors de mon lit, attrapant une autre bouteille de h-whisky que j'ouvre. Je m'assieds au bord de mon lit, en buvant une longue gorgée avant de glisser le cachet sur ma langue. Je l'avale en le faisant passer avec un peu de whisky et ensuite, je renifle, essuyant du revers de la main une larme qui roule le long de ma joue. Ma gorge se noue, un sourire timide nait sur mes lèvres et un sanglot meurt sur mes lèvres.

"C'est une fin à peine digne de moi, pas vrai Steve ?"

J'étouffe un autre sanglot avec un peu d'alcool, attendant simplement que tout agisse. Si Steve me voyait, il dirait que je suis pathétique… Mais quelle importance cela a maintenant ? Aucune. C'est trop tard. Je continue de boire, sentant progressivement mes mouvements se faire plus gourds, mon souffle plus court, mon rythme cardiaque s'affoler… Bientôt je peine même à garder les yeux ouverts… Tout devient flou devant mes yeux. Je dois serrer les doigts encore plus fort qu'avant pour ne pas lâcher la bouteille… Mais rapidement, celle-ci chute à mes pieds, renversant son contenu sur le sol alors que je c'est à mon tour de tomber. Je rencontre le sol brutalement mais pas un gémissement m'échappe. Rien. Allongé sur le sol j'observe le monde s'obscurcir, alors que subitement, comme un phare en pleine nuit, j'entends mon portable vibrer.

"Ste…ve…"

Je vomis à moitié en murmurant son prénom, essayant de bouger les doigts en vain. C'est trop tard. Je tente de garder les yeux ouverts mais après deux battements de coeur.. Je sombre pour de bon.
crackle bones
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Jeu 5 Mai - 19:16
     

Bucky ♦ Steve

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endant quelques jours, c'est un peu comme si je recommençais à respirer après avoir passé des années la tête sous l'eau à retenir mon souffle. Comme si, à trop l'attendre lui, dans un certain sens je m'étais empêché de vivre. Empêché de profiter à fond. Pourquoi? J'en sais rien. Peut-être que j'avais envie de profiter avec lui, m'éclater avec lui, vivre tout ça avec lui, et ça s'est pas fait. J'ai juste eu droit à des parties de baise mémorables, des soirées bien arrosées où on a fini dans des états pas possibles, et même une où je me suis collé un blâme parce qu'il avait lancé une bagarre dans un bar la seule et unique fois où il est venu me voir à Annapolis. Quelques souvenirs sympas, mais c'était quand lui le voulait, aux moments qu'il voulait, et j'ai jamais eu mon mot à dire. C'était toujours lui qui me disait quand il était dispo, et moi, comme un bon chien que j'étais, je courais. J'étais dingue pour les quelques miettes de son attention qu'il m'accordait, pour les bouts de sa vie que j'avais le droit de partager avec lui, alors que visiblement, lui s'en foutait de faire partie de la mienne. Lui n'a jamais cherché à savoir si j'avais au moins des potes à Annapolis, alors que moi je le voyais avec Tasha ou des conquêtes d'un soir sur les pages de magazines. Et par contre, il montrait les dents si je parlais une fois ou deux du même pote. Dix fois, vingt fois j'avais envie de lui hurler que oui, que je couchais avec, que je voyais quelqu'un, juste pour qu'il comprenne, qu'il voie ce que ça fait de souffrir. Mais j'ai rien fait. Peut-être parce que j'avais encore plus peur que de le perdre que d'oser lui dire que ce qu'il m'offrait me suffisait pas. J'étais juste con, et je m'en contentais, vivant simplement dans l'espoir qu'un jour ce con ait une illumination, qu'il vienne me voir avec un sourire aux lèvres, saute à mon cou et me dise ''Steve, c'est toi que je veux, et personne d'autre!"

Maintenant je sais que ça serait jamais arrivé. Buck est un électron libre. Un chien fou. Il aime être libre comme le vent et avoir de comptes à rendre à personne. Et surtout, il s'aime lui plus que n'importe qui d'autre. Il vit sa vie comme il veut, et y renoncerait pour personne. Il m'a fallu presque cinq ans à l'aimer à en crever, comme un con, dans mon coin, avant qu'enfin j'aie un électrochoc. Un coup de pied au cul. Il pourra jamais me donner ce que je veux. Il pourra jamais me rendre ce que j'espère, ce que j'attends. C'est venu juste à temps pour pas que je perde mon temps à attendre ce qui viendra jamais. Et merde. Ma vie est à moi, et je suis le seul à devoir la gérer. Seul. A partir de maintenant c'est moi qui choisis. C'est moi qui décide. Et même si ça a été dur, même si j'ai été tenté un million de fois de rallumer le portable pour l'appeler, pour savoir s'il a finalement constaté qu'il a fait une connerie, que mon coup de sang l'a peut-être fait réagir, je me retiens. Je me retiens parce que ça aurait pas dû venir. Ca aurait pas dû arriver. S'il m'avait aimé, il m'aurait pas traité comme ça. S'il m'avait aimé, il aurait pas insulté Sharon devant tout le monde juste parce que quelque chose lui plaisait pas. Non. S'il avait vraiment tenu à moi, ça se serait pas passé comme ça entre nous. Et en attendant je dois me sevrer. De lui. De notre relation toxique. De mon besoin de lui, alors que lui n'a jamais vraiment eu besoin de moi. J'étais le bon bouche-trou et rien de plus.

C'était dur mais je l'ai fait. J'ai réappris à faire des trucs pour moi, sans penser à ce que Buck pourrait en dire ou faire. Et si je me suis pas demandé mille fois ce qu'il faisait à tel ou tel moment, j'ai essayé de chasser toutes ces idées comme on chasse une mouche, avant de passer à autre chose. J'ai essayé de tenter de nouveaux trucs, laissant mon portable dans ma piaule à l'académie pour être sûr de pas le garder en main, ou sursauter en pensant qu'il m'appelle, ou alors en angoissant à l'idée que je pourrais rater un de ces précieux appels. Je suis allé faire des manoeuvres en pleine mer ou des joggings sur la plage. Je me suis laissé emmener pour des sorties dans des bars, voir des concerts, ou participer à des blind tests. Les trucs un peu simples, mais qui me tiraient de ma piaule où je faisais presque que bosser ou attendre des nouvelles de Bucky. Et quand enfin je le rallume, j'efface tout.

Et puis ce fameux coup de fil. Au début je crois à une blague, mais le type est tellement paniqué que je me retiens de raccrocher. Et alors que je pensais que ce chapitre était fermé, je me rends bien compte que j'ai été con. Con de pense que d'éteindre ce foutu portable, quelques sorties et une manoeuvre en mer allaient me faire oublier Buck. Allaient me faire oublier le centre de mon univers depuis que je suis un gosse.

Comment ça il est en train de partir en vrille?
Il plane en permanence. Il est salement en train de se sevrer de l'alcool... et je...
Sérieusement, Sam? Je vous aime bien, vraiment, mais Bucky fonctionne comme ça depuis des années. Il arrête pas de...
Il est à l'hôpital.
A l'hosto?
Il a tenté de se suicider.
Vous êtes sûr de ça? Ca lui est déjà arrivé de faire des mélanges et ça a mal tourné.
Non. Vraiment. On a retrouvé une double dose de tranquillisants par rapport à sa prescription habituelle. Il était dopé comme un cheval. Et par dessus tout ça il s'est descendu quasiment une bouteille de whisky.
Je...
Steve, on se connaît pas, mais j'ai vu comme vous vous regardez. Après le gala, je sais pas ce qu'il s'est passé mais... il a pas quitté son lit pendant des jours et il a fait qu'appeler votre numéro, chialer en hurlant votre prénom.


Je me fige, planté comme un con sur la plage, voyant au loin les autres qui rient et qui discutent, les empreintes de leurs pieds sur le sable humide, les vagues qui vont et viennent, les mouettes qui  volent. Je vois tout ça en une seconde, alors qu'en même temps je le vois lui, dans un lit d'hôpital. Et qu'il a failli y passer. Presque comme deux mondes différents, opposés. Moi qui vis ma vie ici et lui qui a failli perdre la sienne. Puis le choix. Je dois faire un choix. Je dois répondre quelque chose. Soit je reste dans mon monde calme, paisible, avec eux, avec ma future carrière, ou je pars. Ou je le retrouve lui. Pendant une seconde j'ai peur. J'ai peur de dire oui comme un junkie qui a peur de reprendre un shoot après avoir essayé d'arrêter. J'ai peur de retomber et de me faire encore plus mal qu'avant. Mes doigts tremblent et se crispent sur le téléphone, mon coeur s'emballe, et après encore deux secondes je murmure simplement.

J'arrive.

Je raccroche et hurle aux autres de continuer sans moi et que j'ai une urgence, avant de taper le sprint de ma vie jusqu'à l'académie. Sans même me changer je saute dans ma voiture et fonce jusqu'à l'hosto. Deux heures plus t ard j'arrive devant sa chambre et j'ai les tripes nouées en voyant Sam qui m'attend.

C'est bien que vous soyez venu.
Je... je peux le voir?
Oui oui...ça lui fera du bien.

Je hoche tout juste la tête et j'entre. Il dort. Putain il est dans un état lamentable. Je l'ai toujours trouvé trop maigre, mais là ses joues sont encore plus creusées, il a d'énormes poches violettes sous les yeux et il est pâle à faire peur. Mon souffle se fait de plus en plus court alors que je me force à avancer. Un pas. Un autre. Je me rapproche, et tire la chaise près de son lit alors que des larmes commencent à rouler sur mes joues. Mais qu'est-ce que t'as fait? Pourquoi tu t'es mis dans un état comme ça? Hein? Qu'est-ce qui a pu se passer pour que t'en arrives là? J'avance la main et caresse tendrement ses cheveux collés par la transpiration comme sa barbe de quelques jours. J'ose à peine le toucher. Il est tellement fragile que j'ai peur de lui faire du mal. Mais je le fais. Je dois le toucher. Comme un réflexe. Sam m'explique qu'il est inconscient mais stable. Qu'il va s'en sortir mais qu'il lui faut du temps.

Et même si j'en ai pas vraiment, de ce fameux temps, je le prends. J'appelle Rhodes, et heureusement, il est compréhensif. Il me laisse une semaine, et les profs comme les potes vont s'arranger pour m'envoyer les cours. Je retourne passer quelques jours chez mes parents, où je ne reviens que le soir, pour dîner avec eux, et dormir. Avant de repartir voir Buck tous les matins, et rester la journée près de lui. A attendre qu'il se réveille tout en bossant mes cours ou à bouquiner. Et je fais des pauses où je lui parle. Où je lui dis tout ce que j'ai sur le coeur, comment je me sens, ce que j'ai pensé quand il m'a fait ça, ou qu'il a fait ça à Sharon. Crever l'abcès, même s'il m'entend pas.

Et finalement, quelques jours plus tard il bouge de plus en plus dans son lit. D'après les médecins, son réveil est proche. Je tiens sa main, et je la serre doucement. Il bouge encore un peu, et soupire avant d'ouvrir les yeux. Je soupire, rassuré, et un mélange de soulagement et d'angoisse me serre la gorge avant que je me force à lui sourire.

Hey... alors j'ai à peine le dos tourné que tu fais déjà des bêtises? J'ai fait tout le trajet pour te botter le train, j'espère que t'es prêt...


GleekOut!
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Ven 6 Mai - 12:04

Snake Eyes
I know you cannot possibly love me. I’m a tangible thing, already broken. But we all want to believe that we can be fixed, and maybe you’ll want to help me with that part.

Je n'entends pas la porte s'ouvrir, tout comme je ne sens pas Sam et Clint qui me soulèvent et qui déjà commencent à jurer en paniquant à moitié alors qu'on me tape sur la joue et qu'on prend mon pouls. Je ne les entends pas appeler les urgences ou mes parents… Je n'entends plus rien. Et je ne ressens plus rien. Dans le néant dans lequel j'évolue en cet instant, tout n'est que silence. Il n'y a ni Steve pour me prendre la main ou pour murmurer mon prénom au creux de mon oreille. Il n'y a personne. Juste le silence assourdissant et étouffant de la mort. Un néant que je pensais avoir déjà effleuré après des mélanges plutôt dangereux, mais ce n'était rien par rapport à… Ça. Ici il n'y a rien. Ni Steve, ni certitude qu'il me rappelle un jour. Plus de promesses d'un amour potentiel. Ici il n'y a rien et c'est dans cette mélasse que j'évolue désormais pour l'éternité. Ici repose James Barnes… Voilà ce qui sera peut-être gravé sur ma tombe. "À notre fils chéri…" Peut-être que quelqu'un rajoutera ça. Peut-être même que Steve viendra à mon enterrement… Peut-être pleura-t-il… ? Peut-être laissera-t-il des fleurs sur ma tombe… Oui il en laissera, c'est Steve…. Steve sait quelles fleurs j'aime… Steve m'aime. Mais si il ne venait pas ? Qui poserait des fleurs sur ma tombe ? Personne… Mes parents ne prendraient pas le temps pour moi et les autres… ? Les autres ne sont pas Steve. Ils n'ont pas sa patience et ils ne m'aiment pas. Natasha en enverrait peut-être, mais elles ne seraient jamais aussi belles que Steve auraient pu prendre pour moi… Elle, elle m'aurait choisi un bouquet de roses rouges… Alors que lui… Lui aurait pris les plus belles roses blanches. Simplement pour qu'on puisse voir le bouquet de loin… Pour donner l'impression que peu importe la saison, il y ait un peu de neige sur ma tombe. Steve aurait été là pour effleurer les pétales, simplement pour se rappeler l'époque où gamin, quand il neigeait un peu, on passait notre temps dans le jardin de sa mère à jouer dans la neige au point d'en avoir mal aux doigts. Ouais… Steve serait là. Quoi qu'il arrive, je lui fais confiance… Lui passera sur ma tombe, lui me pleura un peu, et même si il se contentait de venir sur ma tombe pour me dire qu'il ne m'a jamais aimé et qu'il me hait d'avoir fait ça… Je pourrais m'en contenter. Je pourrais me dire qu'au moins, il est venu.

Et alors que je pense à tout cela, bien à l'abri dans le royaume des morts, voilà que je sens une vive douleur dans ma poitrine. Non, je ne veux pas. Je ne veux pas revenir. Mais la douleur reste. S'intensifie. Du bruit me revient. Le chaud et le froid aussi. Le monde se rouvre à moi, et sans me demander mon avis, on m'arrache à cette inconscience éternelle que je cherchais tant. Je tente d'hurler mais rien ne vient. Je tente de gémir mais pas un souffle ne quitte mes lèvres. Rien ne vient. Pas même le prénom de Steve. Que dalle. Tout ce que je sens, c'est qu'on me manipule comme si je n'étais qu'une poupée de chiffon. J'aimerais être capable d'ouvrir les yeux et crier qu'on arrête. J'ai envie d'hurler "arrêtez… Arrêtez ! Laissez-moi. J'ai plus envie, je veux pas revenir ! Je ne veux plus me battre. Je veux qu'on me laisse mourir. Je veux avoir le droit d'arrêter." Mais c'est vain. Rien ne vient, rien n'est dit et au final, je ne sais même pas ce qu'on me fait. Je ne sais pas si l'on m'aide, si on me couche simplement dans mon lit… Tout ce que je sais c'est qu'une fois de plus, on ne me laisse pas le choix. Une fois de plus on va me faire je ne sais trop quoi et quand je rouvrirais les yeux, j'aurais le droit à la même engueulade que l'on me ressers à chaque fois. On va me dire que je devrais avoir honte et que je n'ai pas à me plaindre. Que tout est de ma faute et que je suis un crétin. Peut-être aurais-je le droit à une autre gifle, ou a des hurlements, ou alors je n'aurais le droit qu'à un silence. Peut-être que je serais seul… Et que de cette absence je comprendrais une fois de plus qu'il n'y a vraiment que Steve. Mais même-là… Il ne sera pas là. Il ne sera jamais plus là. Il ne me rappellera pas. Il ne viendra pas. Steve ne reviendra pas. Il ne m'aime pas.

Voilà ce qui occupe mes pensées pendant les longs jours d'inconscience que je ne vois pas passer. Je ne remarque pas que Steve vient me voir, je sens à peine qu'on me prend la main et jamais je ne pense que c'est Steve. Même lorsque je sens qu'on tente de discipliner mes cheveux encore humides. Steve ne reviendra pas. Steve ne m'aime pas. Le silence de mon téléphone me l'a bien fait comprendre. Je ne sais jamais sa moitié, je ne serais jamais plus ce Bucky avec qui il eu sa première fois près d'une piscine. Steve ne pourra jamais revenir. C'est trop tard… Maintenant… Il est sûrement dans les bras de quelqu'un qui le mérite. Doucement, je commence à revenir à moi, mes doigts se refermant à peine sur la main qui serre la mienne. J'ouvre les yeux pour découvrir Steve qui d'un regard me donne l'impression que je suis de nouveau important et précieux à ses yeux. Immédiatement je sens les larmes me venir, et d'un clignement de paupières, elles viennent rouler sur mes joues, se perdant dans ma barbe naissante.

"Steve… Steve tu es là…"

Je tente de sourire mais c'est douloureux. Ma voix n'est qu'un murmure rauque et si ça ce trouve, il peine à me comprendre tant j'entrouvre à peine les lèvres. Je me sens… Faible. Vivant mais presque mort… A tel point que j'ai l'impression que si je ferme les yeux, je ne me réveillerais pas ou plus.

"Je savais que tu reviendrais… Je savais… Je suis sûr que tu m'as appelé… Je suis désolé… Je voulais répondre… Je voulais…."

Je sanglote à moitié face à lui, peinant à serrer ses doigts. Je ne le mérite pas, je ne mérite pas qu'il soit là, à me tenir la main alors que je suis dans un lit d'hôpital, branché de partout. Il devrait être avec quelqu'un qui le mérite, quelqu'un qui pourra l'aimer comme il le veut.  Parce que même si je l'aime à en crever… Ça ne suffira jamais. Steve mériterait tellement plus, tellement mieux. Pour lui j'ai un autre sourire alors que je renifle à nouveau.

"Tu m'avais manqué… Tu m'as tant manqué… Je savais que tu allais me rappeler… Je suis désolé, je suis désolé… Je… Je te promets… J'ai voulu ça… Je me suis fais ça tout seul… C'est pas ta faute…. C'est moi… Je voulais plus."

Je souris toujours alors que derrière mes larmes, je peine à croiser son regard. C'est pas grave, Steve est venu. Steve est là. La tête recommence à me tourner et rapidement, je commence à me demander si tout ceci n'est pas ma dernière chance pour m'excuser, pour lui dire que je l'aime… Peut-être suis-je en train de rêver de ce dernier appel… Peut-être ai-je réussis à attraper mon portable et que, la joue contre le sol, à nager dans mon propre vomis, je suis là, à entendre sa voix et à imaginer son visage. Il est là, il est là pour moi une dernière fois… C'est ma seule chance de lui dire ce que j'ai sur le coeur… Ma dernière chance d'entendre sa voix et de me sentir bien. Je ferme doucement les yeux et un souffle m'échappe, lent et faible. Un souffle qui trahit la fatigue qui me tient et qui me donne envie de simplement sombrer. Les larmes continuent de rouler sur mes joues et faiblement je murmure.

"Je… Je sais pas si t'es vraiment là Steve, je ne sais même pas si on va se revoir mais… Je veux juste que tu saches que je m'en veux… Je m'en veux de ne pas avoir été capable de te retenir et… Et si jamais… C'est pas ta faute Steve… C'est moi qui suis faible. Je n'en peux juste plus et j'ai plus envie… J'ai plus envie. Si tu n'es pas là… Je n'ai plus aucune raison d'être en vie. T'es tout ce qui me donnait envie d'avancer et j'aurais dû être quelqu'un de bien… J'aurais dû rester ton Bucky, celui qui semblait immortel et qui était un gamin heureux. J'aurais aimé ne pas changer et être celui que tu aurais pu aimer… Je suis désolé Steve… Je le suis vraiment. Je… Je voulais juste que tu m'aimes… Et qu'on soit comme ce jour près de la piscine…"

Sans m'en rendre compte je recommence à sangloter, serrant désormais sa main avec toute la force d'un être désespéré, gémissant de douleur entre deux sanglots alors que je sens que je repars dans un début de crise d'hystérie qui n'est ponctué que par des sons pathétiques et son prénom.
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Dim 8 Mai - 13:08
     

Bucky ♦ Steve

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J'ai été con, vraiment con, de me dire que de simplement couper les ponts pendant une semaine, d'éteindre mon portable et d'ignorer ses messages allait suffire à tourner définitivement la page. A assumer totalement ma vie où maintenant il n'aurait plus sa place, à organiser mes journées, mes semaines sans qu'il ait son importance, sans penser à lui, sans lui trouver une place là-dedans. Chassez le naturel, il revient au galop. Chassez cinq ans d'un amour à un seul sens et il revient te mettre un pain dans la gueule. J'ai été con de penser que je pourrais m'en sortir aussi facilement, que du jour au lendemain je pourrais me débrouiller sans lui, tirer un trait et continuer en en ayant juste un souvenir flou, comme un béguin d'école primaire qui fait sourire quand on y pense et rien de plus. J'ai pu tenir une semaine, et pourtant au premier coup de fil, au premier appel à l'aide, me voilà déjà dans ma bagnole, à faire la route entre Annapolis et Washington pour aller le voir. Il a suffi qu'on me dise qu'il allait pas bien pour que je me précipite à son chevet. Je suis vraiment un junkie, en fin de compte.

Et les jours suivants me le prouvent aussi. Je reste suspendu à ses lèvres, à son souffle. Je passe mes journées à lire mes cours, à bosser, mais aussi à scruter son visage pour essayer de chercher des signes, pour voir s'il allait revenir. Me revenir. Parce que oui, à le voir comme ça, à sentir mes tripes nouées en tenant sa main si fine piquée d'une perfusion, je sais que je l'aime toujours. Je sais qu'il aura toujours une place importante, et que même si je me voile la face, ça reste et restera mon Bucky. Même s'il me rendra jamais ce que je veux. Ce que je ressens. Les journées s'écoulent comme ça, longues, paresseuses, monotones, avec la bande son des bips de ses machines, du bruit des chariots dans le couloir et des va-et-vient des infirmières qui passent voir son état.

Et voilà qu'il ouvre enfin les yeux. Je croise enfin ses prunelles bleues dans lesquelles je me suis déjà perdu tellement de fois. Celles qui me faisait sourire comme un débile quand je les voyais en ouvrant les yeux les quelques nuits où il est resté avec moi jusqu'au matin. Elles sont toujours là, mais loin, comme perdues derrière du brouillard. Je serre sa main plus fort alors que mon coeur s'emballe, et j'ai un sourire idiot aux lèvres quand il murmure mon prénom.

Je suis là... je suis là... Tu as eu besoin de moi et je suis venu dès que j'ai su...

Ma main caresse son front et je souffle doucement quand je l'entends lutter pour parler, même un tout petit peu.

Doucement. Va-y doucement Buck. Tu es crevé, alors t'épuise pas. Rien ne presse. On pourra parler quand tu seras un peu retapé ok?

J'effleure sa joue mal rasée en lui souriant encore avant d'attraper un verre d'eau.

Tu devrais boire non? Tu dois avoir soif...

Mais il continue et je sens qu'il s'agrippe à ma main, commençant même à sangloter. Mon pauvre Buck... mais dans quel état tu es? La vache, je l'ai jamais vu pleurer et je l'ai jamais vu comme ça. Je fronce les sourcils, la gorge nouée alors que je viens m'asseoir près de lui sur le lit, faisant attention à ne pas amocher une perf ou je sais quel truc important. Je passe mon bras autour de sa taille pour l'aider à se redresser un peu. Sauf que la suite me glace. Il me dit que j'y suis pour rien dans ce qu'il a fait. Qu'il s'est fait ça tout seul. Je secoue un peu la tête avant de recommencer à caresser ses cheveux sales de transpiration.

C'est rien. C'est rien du tout... C'est rien du tout... C'est rien... Je suis là maintenant. Je vais m'occuper de toi d'accord? Ne t'inquiète pas. Ca va aller. Ca va aller.

Je le ramène un peu plus contre moi en sentant qu'il flippe, et qu'il pleure plus fort. Mon amour non... non...doucement, doucement... J'essuie ses larmes, tentant de le calmer du mieux que je peux, mais on dirait que plus les secondes passent, plus il part en vrille et il panique. Et je flippe presque quand il reprend et que j'entends ce qui sort de ses lèvres, j'ai l'impression de mourir un peu. En même temps c'est ce que j'ai eu envie d'entendre depuis des années, ce que j'aurais aimé qu'il me murmure alors que je l'avais contre moi, dans mes bras, ou après qu'on se soit sauvagement envoyé en l'air. C'est...c'est tellement les mots que j'avais toujours rêvé d'entendre que mes larmes se mettent aussi à rouler le long de mes joues. Et en même temps il est perdu. Il est même pas conscient de ce qui se passe. Il sait même pas s'il est vraiment réveillé et si je suis vraiment là. Du coup je me demande même si ce qu'il est vrai ou si c'est au contraire son état qui lui fait dire la vérité. Mes doigts s'agrippent plus fort à sa peau alors que je commence à le bercer.

Buck, je te laisserai plus. Je te laisserai plus d'accord? Je... si je compte tellement pour toi, autant que toi tu comptes pour moi alors on... alors on va trouver une solution. Hein? On va trouver. On va trouver... mais je suis là, je suis là...

Je le berce, le rassurant alors que je le garde tout contre moi, embrassant sa tempe et ses cheveux alors qu'à l'intérieur quelque chose se brise. Si seulement... si seulement ça pouvait être vrai. Si seulement ce qu'il me dit pouvait être vrai, si seulement je pouvais en être sûr. Mais vu son état j'en sais rien. Rien du tout. Et j'ai peur, peur qu'il me dise ça pour me garder, encore. Qu'il sache quelle ficelle tirer pour que je reste près de lui, ou alors qu'il soit tellement défoncé encore que ce soient les médocs qui parlent. J'en sais rien et pourtant... une partie de moi a envie d'y croire. Alors je le garde fort contre moi, le laissant se calmer contre moi avant qu'il se rendorme, sa main dans la mienne.

Et c'est là, alors qu'il s'est rendormi, que je me dis que je dois l'aider. Mais vraiment.Que je peux pas le laisser comme ça, que je peux pas le laisser filer. Si... si je veux vraiment avoir une chance de le sauver, il faut que je prendre les choses en main. Si je le lâche, je vais le perdre. Alors pendant les jours qui suivent j'arrange tout, pendant qu'il dort, et quand les médecins annoncent enfin qu'il sortira bientôt, je lui souris en caressant ses cheveux maintenant propres et soyeux.

Tu verras Bucky, quand ça ira mieux on ira faire un voyage tous les deux. Hein? Ca te plairait?


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Lun 9 Mai - 17:54

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Il ne peut pas être là. Mon Steve ne peut pas être là, ce n'est pas possible. Mon Steve m'a dit qu'il ne voulait plus de moi. Mon Steve m'a frappé et a ensuite hurlé qu'il ne voulait plus avoir à m'approcher. Mon Steve trouvait que j'étais toxique et qu'il voulait vivre sa vie sans moi. Mon Steve a confirmé mes craintes et m'a ensuite abandonné. Mon Steve a été malin, il a compris que je ne pouvais rien lui apporter et ainsi, il n'est pas là. Celui qui est là, face à moi, n'existe pas. Ce n'est pas Steve, c'est une projection de mon esprit mourant qui tente de se raccrocher à quelque chose. Seulement c'est trop tard. Je ne veux plus lutter. Je ne veux plus me battre, même pour Steve. Je veux simplement que tout s'arrête. Je veux sombrer à jamais et ne plus revenir. Je veux que Steve soit libéré de ma personne. Qu'il n'ait plus à avoir peur de ce que je pourrais faire. Je veux qu'il soit libre, que je ne sois plus qu'un vague mauvais souvenir au sein de son esprit. Les sanglots secouent mon être et pourtant, je me raccroche à cette illusion de l'être aimé comme si c'était le vrai. Comme le gamin que je ne suis plus, je suis là, à pleurer dans ses bras en espérant que ce soit lui. J'aimerais que ce soit mon Steve, j'aimerais avoir le droit de me faire pardonner, d'avoir une seconde chance, mais je sais que c'est trop tard. Steve ne reviendra pas, Steve ne me dira pas qu'il m'aime. Parce qu'honnêtement, on ne peut aimer quelque chose comme moi.

"C'est pas ta faute Steve, c'est moi qui me suis fait ça… C'est moi…"

Je ne cesse de répéter cela, comme une prière, une berceuse que je tente de lui faire entendre d'entre les morts. Steve n'entendra pas… Mais ce n'est pas grave, au moins, j'aurais essayé. Et si personne ne pourra jamais entendre les derniers mots qui s'échappent d'entre mes lèvres, ce n'est pas grave. Ce n'est même pas plus mal. Personne ne sera de toute façon là pour les lire. Ma tombe ne sera pas entourée de mes proches et il n'y aura pas de fleurs pour la couvrir. Il n'y aura rien. Juste d'amers regrets.

"C'est pas ta faute Steve, c'est pas ta faute… C'est de la mienne. J'ai voulu me faire ça, j'ai voulu… C'était pas une erreur."

Si il me parle, je n'entends rien. Si il croise mon regard, je ne le vois pas. Si ses doigts se perdent sur ma peau ou dans mes cheveux, je pense que ce sont les infirmières qui font cela. Elles qui me prennent dans leurs bras pour tenter de me maintenir en vie, non pas parce qu'elles m'aiment mais simplement parce que c'est leur boulot de sauver des vies. Les tremblements se font plus faible et lentement, je sens que je recommence à sombrer. Le coeur au bord des lèvres, je bave quelque peu sur l'épaule de celle qui me tient alors que mes doigts glissent bien loin de sa personne.

"Au moins… Je n'ai pas vomis."

J'aimerais avoir un sourire, mais je suis bien trop pathétique pour ça. Non, à la place, je ferme les yeux et espère pour que jamais plus on ne cherche à me réveiller. Je veux mourir. Je ne veux pas survivre, je ne veux pas affronter une existence où je devrais être séparé de Steve. Ça n'a pas de sens. Voilà ce que j'ai envie d'hurler aux infirmières. Ça n'a pas de sens de me maintenir en vie, parce que même si je m'en sors cette fois-ci… Dès que je rentrerai dans cette putain de chambre, dès qu'on me laissera à nouveau avec une bouteille de whisky et des cachets… Je recommencerai.

Seulement personne ne veut comprendre, de plus en plus souvent, je reprends à demi-conscient, sentant qu'on change mes perfusions, qu'on m'examine, qu'on me traîne sous la douche pour me laver… Tous s'occupent de moi, tentent de me rendre figure humaine comme si j'étais un cadavre qu'on rendait présentable pour son enterrement. Peut-être est-ce ça en fait ? Peut-être que bientôt, on videra mes entrailles et tout ce qui peut pourrir de ma carcasse avant de me mettre dans une jolie boîte en bois noir. Peut-être vais-je avoir le droit à un beau costume pour cacher les cicatrices ? Peut-être même qu'on glissera quelques objets avec moi… ? Peut-être qu'on caressera une dernière fois mes cheveux ? Peut-être aurais-je un dernier baiser avant d'être mis en terre ? Peut-être que Steve viendra ? Non. Steve ne viendra plus. Steve ne veut plus me voir. Steve est heureux désormais. Heureux sans moi. Et pourtant, je sens encore des mains douces et chaleureuses qui ne veulent jamais lâcher les miennes. Des mains pleines d'amour qui sans cesse viennent effleurer ma peau, mon être, murmurant des mots d'amour que j'aurais voulu entendre depuis des années. Des mains dont la douceur est comme du miel en une belle journée d'été. Puis il y a des baisers. Discrets, timides presque. Des baisers d'amour que l'on dépose dans mes cheveux, ou sur mes tempes. Des baisers qui veulent dire "je t'aime, reste avec moi". Seulement je n'ai plus envie de m'accrocher… Alors quand je les sens que quelqu'un tente d'être tendre avec moi, je me contente de murmurer.

"Je le mérite pas… Je le mérite pas… C'est pas la faute de Steve… Faut lui dire… C'est pas de sa faute…"


Puis je sombre à nouveau, n'essayant même plus de lutter contre l'inconscience. Je ne sais pas vraiment combien de temps j'oscille entre les moments où l'on me douche comme si j'étais un vieillard, ceux où l'on vérifie que je n'ai pas claqué dans la nuit et le reste. J'ai l'impression que ça dure pendant des semaines, voir des mois. Mais qu'en sais-je après tout ? Je ne suis pas là. Je ne sais même plus si je m'éveille le jour ou la nuit, je ne sais plus quel mois nous sommes… Je ne sais plus rien, tout ce que je sais, c'est que l'illusion que je me fais de Steve est bien là quand j'ouvre les yeux. Au travers d'une brume médicamenteuse, je pense l'observer passer une main dans mes cheveux et bien malgré moi, je commence à sourire, me disant que ça c'était bien… Que j'aimais bien quand il passait ses doigts dans mes cheveux. Puis il y a ses mots. Je crois que je tente un rire, mais je ne sais plus comment on fait. À la place je me contente d'un léger filet de bave qui coule le long de mes lèvres jusqu'à mon menton.

"Je veux… Mais Steve veut jamais… Il vient jamais avec moi… Je crois qu'il m'aime pas… J'aurais aimé, mais j'ai plus envie… Je ne veux plus."

Je ferme les yeux et je suis persuadé de dormir alors que je ne fais que battre des cils une seconde de plus.

"Steve viendra ? Non.. Bien sûr qu'il ne viendra pas… Steve ne m'aime pas… Hein ?"
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Lun 9 Mai - 21:03
     

Bucky ♦ Steve

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Je... je trouve pas les mots pour décrire Buck en ce moment. Il est... il est un légume. Je peux pas dire autrement, c'est un légume. Il... il passe ses journées à dormir d'un sommeil sans rêve et sans fatigue, dopé avec des doses de cheval d'un truc qui me collerait facilement au tapis. Il est l'ombre d'un Buck, comme la silhouette floue et maladroite qui reste quand on utilise un calque ou un papier carbone. Il est un brouillard de Bucky, un soupir de Bucky. Des lignes floues qui sont censées représenter ce qu'il était avant. Mon meilleur ami. Mon premier et seul amour. Ma dose de folie et de connerie dans ma vie souvent trop sage et trop rangée Il était un bol d'air et une récréation personnifiées, il était la malice et la folie, il était Puck dans Songe d'une nuit d'été. Il était le rire et les bulles de champagne. Il était à la fois un accord majeur et mineur du piano dont il jouait si bien et sur lequel je l'écoutais des heures entières me jouer ses morceaux préférés, allongé en-dessous sur le tapis moelleux. Alors que là... là il est comme la peau vide d'un serpent qui a fait sa mue, ou la carapace d'un crabe qui a grandi. Comme si je tenais la main d'une coquille vide, d'un corps qui n'abrite plus mon Bucky. Et j'ai peur que mon Buck soit vraiment parti, loin, quelque part où je ne le retrouverai pas. Non. Non Steve. Il est là et tu vas l'aider. Il est juste comme une chataigne, caché à l'intérieur sous une épaisse couche de bois et d'épines. Il faut juste que tu sois avec lui jusqu'au moment où il va s'ouvrir enfin. Ou il sera de nouveau lui-même.

Je m'étais surtout pas imaginé à quel point ça allait me faire mal de le voir comme ça. A quel point ça allait me tuer moi aussi de le voir sous les draps aussi blancs que lui, branché de partout, mangeant à travers un tuyau. Ca me tue de voir ses yeux me regarder sans me voir, et avoir perdu leur étincelle. De voir ses lèvres cerise débiter des phrases en boucle, les mêmes. D'être perdu dans son propre corps et dans son propre esprit. Dans son corps qui est maintenant sa prison. Plus d'une fois j'ai chialé en le voyant comme ça, si diminué. Si loin de celui qu'il était. Lui qui pouvait passer deux jours à faire la fête sans dormir, à écumer le plus de soirées en une nuit, il ne peut même pas manger seul. Lui qui dansait pendant des heures ne peut même pas se doucher tout seul, et porte des couches. Sans cesse je lui caresse les cheveux, je lui embrasse le front ou les tempes en répétant que ça va aller, que ça ira mieux, et que je suis là. Parce que c'est vrai. Il va aller mieux. Il doit aller mieux. C'est mon Bucky, et je ne peux pas perdre mon Bucky...

Je lui dis tout ça entre autres choses, et je meuble mes journées de la lecture de mes cours à voix haute, de nos souvenirs de gamin, que je lui raconte encore et encore la gorge serrée, ou riant parfois tout seul comme un débile. Et je lui lis aussi Harry Potter, ses bouquins préférés quand il était gamin. D'ailleurs, on s'amusait souvent à dire que la maison blanche était Poudlard, avec ses passages secrets, et on allait musarder partout pour trouver le miroir du Ridèd et la pierre philosophale. C'était une époque où tout était tellement simple... pas comme maintenant...

Mais ce qui a de bon dans le fait de passer de longues journées à veiller quelqu'un qui dort, ou qui même s'il a les yeux ouverts est trop perdu pour se rendre compte que vous êtes là, c'est que ça laisse du temps pour réfléchir. C'est ce que je fais. Je cherche une solution pour lui. Pour nous aussi, un peu, mais pour qu'il sorte de cette spirale de saloperies qu'il s'envoie en permanence. Il a failli y rester à cause de ça et il y a qu'une seule solution pour éloigner les risques : le sevrer. Le sevrer de l'alcool, et de la drogue. Virer toutes ses saloperies de son organisme. Alors je me renseigne. Je vais sur des sites, je discute avec les médecins... puis mes parents aussi. Et enfin le père de Buck. Petit à petit tout un programme se met en place. Un vrai dispositif et heureusement les médecins sont d'accord avec moi. Surtout que j'arrive à évincer son médecin habituel, celui qui n'a pas hésité à lui coller des doses de cheval depuis des années. Hors de question qu'il veille encore sur Buck. Tout ça m'occupe et je me dis que le temps où il est comme ça, un légume, est bientôt fini. Bientôt il sera à nouveau mon Bucky... mon Bucky que j'aime malgré ses failles et ses faiblesses. Mais au moins mon Bucky conscient.

Finalement le jour du départ arrive. Pour être sûr qu'il ne replonge pas, il fallait l'éloigner de tout ça, et avec l'aide de la sécurité intérieure, ils nous trouvent un chalet perdu dans les Rocheuses. Loin de tout, de la civilisation comme des tentations. On sera à plusieurs dizaines de kilomètres de toute habitation, et on devra être amenés et ravitaillés par hélico. Deux naufragés dans un océan de neige et de sapins. Le transfert demande une organisation de titan aussi, et heureusement que Sam et Clint nous aident. La veille du départ ils sont partis avec un premier chargement de matériel, et ils ont déjà vérifié que tout fonctionnait. Que l'eau et l'électricité marchaient. Ils ont aussi ramené de la bouffe et allumé du feu dans la cheminée pour que la maison soit déjà habitable. Et puis le grand jour arrive.

Buck est chaudement équipé. Depuis quelques jours il arrive à se nourrir seul pendant ses moments de lucidité, tout comme se doucher et utiliser la salle de bains. Là on lui a passé une combinaison de ski alors qu'il était encore sous médicaments, avant de le placer dans l'hélicoptère. Après deux heures de vol on arrive enfin et la vue est à couper le souffle. On est à flanc de montagne et on domine une vallée profonde et déserte. Un torrent passe pas loin, et le ciel est d'un bleu... Le médecin qui accompagne Buck le soutient jusqu'à l'intérieur, alors que j'attrape mes affaires avant de les suivre. Quand j'arrive, Buck est allongé sur le canapé, les yeux fermés. Très bien. En quelques allers et retours tout est déposé, et j'échange encore quelques mots avec le médecin avant qu'elle s'envole avec l'hélico. J'ôte mes gros vêtements de ski, et je mets une bûche dans le feu avant de deshabiller Buck. Il ouvre les yeux, et regarde autour de lui sans comprendre. Ma main vient se poser sur sa joue alors que je lui souris.

Hey toi... Ca va? Comme je te l'avais dit on est partis en voyage... On est à la neige...


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Jeu 12 Mai - 12:14

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Personne n'est là pour répondre à ma question. Personne ne me dit "Mais si, Steve viendra, il t'aime, allons…" Non, il n'y a que le silence et les médicaments. Une larme roule sur ma joue et lentement, je commence à me dire que je veux vraiment mourir. J'en viens à regretter de ne pas avoir fait ça autrement. Ce n'est pas des médicaments que j'aurais dû avaler mais des lames de rasoirs et du whisky…. Le métal tranchant aurait lacéré mes entrailles et l'alcool augmenté mon rythme cardiaque… Je me serais étouffé dans mon propre sang avant qu'ils n'aient pu faire quoi que ce soit. Ou alors, j'aurais dû faire ça sous la douche… L'eau chaude aurait fait couler mon sang plus vite dans le siphon… Et j'aurais eu l'impression de mourir sous la pluie. Ça aurait été bien. Ça aurait été beau. Mieux que de s'étouffer dans son vomis et de laisser une chance aux secours de me tirer de là. Le truc c'est que je ne voulais pas faire semblant, je ne voulais pas appeler à l'aide ou quoi… Je voulais en finir. Je ne voulais plus vivre dans un monde où Steve n'aurait jamais voulu de moi. Je ne voulais pas revenir à moi, je ne voulais pas rouvrir les yeux et pourtant me voilà. J'oscille de plus en plus souvent entre conscience et inconscience, trouvant à chaque fois à mon réveil cette silhouette de Steve qui n'est pas lui. Et si j'ai beau lui dire tout ce que j'ai sur le coeur, je me rends bien compte que je perds mon temps. Steve ne peut pas m'aimer. Steve ne n'aimera jamais. Mon esprit se perd dans un délire médicamenteux et mes seuls moments de lucidité sont ceux où l'on me force à quitter mon lit ou à manger. Et si me doucher n'est pas un problème, parce que je commence à être capable de le faire tout seul et aussi parce que j'ai envie d'être propre… Manger c'est compliqué. Car si avant tout passait,par des tuyaux ou des perfusions, maintenant je dois réapprendre à manger seul. À porter une cuillère ou une fourchette à mes lèvres. Je dois mâcher, avaler, digérer… Et je ne veux rien de tout ça. Je ne veux pas me nourrir, je ne veux pas aller mieux. Alors les premières fois, je refuse d'attraper les couverts. Je refuse d'ouvrir les lèvres pour la nourriture qu'on me présente. Pire, si on me force à l'avaler, je recrache tout comme un gamin. Les infirmières, les médecins et même Steve s'en désolent mais je m'en fous. Je veux mourir. Je ne veux pas nourrir ce corps dont je ne veux plus. Mais eux ne lâchent pas. Encore et encore on me force à avaler de la nourriture solide que je crache comme un bambin. On m'essuie les lèvres, on me dit que je devrais être raisonnable, que je n'irais jamais mieux si je ne mange pas un peu. Ouais, mais je ne veux pas aller mieux. Je ne veux pas m'en sortir. Steve aussi essaye de me faire manger, et si au début je lui résiste un peu… Je finis par lui céder. Je finis par ouvrir les lèvres et accepter de manger ce qu'il me donne allant jusqu'à commencer à m'alimenter seul. On arrête de m'essuyer le coin des lèvres et je mange du bout des dents. Je grignote et me lave seul. D'une certaine façon je reviens à la vie et ça me plait guère. Je ne veux pas revenir d'entre les morts, je ne veux pas me réveiller de plus en plus souvent, je ne veux pas être capable de redevenir indépendant et vivant. Je veux fermer les yeux et ne pas revenir. Je veux mourir. Steve ne m'aime pas. Il ne m'aimera jamais. Alors pourquoi s'accrocher ? Il était tout ce que j'avais. Tout ce que j'espérais et aimait. Mon Steve. Mon Steve qui n'est plus là. Mon Steve qui ne m'aime pas. Je refuse d'ouvrir à nouveau les yeux et les quelques fois où je suis conscient et à peu près lucide, je ne fais que me laver et manger un peu de nourriture que je mâche à peine. Quel intérêt d'être en vie si c'est pour survivre de cette façon ? Pourquoi ne pas me laisser mourir ? J'ai été clair dans mes intentions… Je ne veux pas rester et je ne resterais pas. Pas sans Steve à mes côtés. Mais pour me consoler, je pense à ce voyage qu'on aurait pu avoir… Je ne sais pas où on serait allés… Mais ça aurait été bien. Y'aurait eu que lui et moi. Pas Rumlow pour me regarder et me rappeler qu'il m'a fait hurler dans ce même lit où Steve me fait l'amour, pas mes parents pour me dire que je ne suis pas à la hauteur… Rien. Juste lui et son sourire. Lui et ses yeux bleus qui me donnent l'impression d'être quelqu'un de bien… Ceux qui me donnent l'impression d'être aimé et de le mériter. Dans mon sommeil j'ai l'impression de rêver de ça. De la chaleur de ses bras et du soleil qui pourrait caresser nos corps enlacés. Dans mes rêves, j'ai même l'impression qu'on part tout les deux. J'ai un sourire pour lui, et un murmure.

"Pardon de ne pas y avoir cru…"

Puis je sombre dans du coton. Je sens que j'ai chaud, qu'on fait attention à moi. Y'a une odeur de sapin, de bois encore neuf. Y'a du bruit. Je savais que tu viendrais pour mon enterrement vieux frère. Je vais que tu serais là. Alors c'est ça notre dernier voyage ? Celui vers le cimetière et l'éternité ? Je crois que je souris alors que j'aimerais verser une larme. T'as pris des roses pas vrai ? Des blanches, hein ? Hein, vieux frère… ? Tu te souviens de ce que j'aime ? Oui… Sûrement.  Tu me connais trop bien. L'odeur de la terre humide et de la neige me parvient. On y est, c'est la fin. On me dépose sur quelque chose de confortable et je sombre. Merci. J'en pouvais plus. J'avais plus envie. Mais maintenant, c'est terminé. Je vais pouvoir me reposer et Steve… Steve pourra être heureux. L'inconscience arrive, le repos aussi et finalement, tout ce qui me reste, ce sont ses mains chaudes et aimantes qui doucement me déshabillent.

J'ouvre brutalement les yeux et c'est une sueur froide qui coule désormais le long de ma nuque. Mon regard croise celui de Steve et si jusque là je peinais à croire que c'était bien lui… Là je le vois vraiment. Je vois ses traits tirés par la fatigue et l'angoisse, face à moi j'ai mon amour de toujours qui est épuisé. Il a une sale gueule malgré le sourire qu'il m'offre. Je ne mérite pas tout ça mon frère. Je ne mérite rien. Je fronce les sourcils et commence à regarder tout autour de moi, ne comprenant pas pourquoi je ne suis plus à l'hôpital. Ma bouche devient sèche et je me redresse légèrement, cherchant ce silence et cet inconnu quelque chose qui pourra m'éclairer.

"Ça peut pas être réel.. Hein ? Tu ne peux pas être vraiment là… Je délire… C'est ça… ?"


Je me tourne à nouveau vers lui et si je tends une main vers Steve, je n'ose le toucher. Je n'ose me rassurer ou au contraire m'effrayer. Et si il était en effet une hallucination ? Et si mon Steve n'était jamais venu pour moi ? Et si… ?

"Tu ne peux pas être revenu… Tu l'as dis toi-même… Je suis toxique et tu mérites mieux… Tu ne peux pas m'avoir emmené à la neige… Je ne le mérite pas… Je ne mérite pas d'être avec toi…"
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Mer 18 Mai - 12:52
     

Bucky ♦ Steve

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endant toutes ces longues heures passées à côté de lui alors qu'il était à peine plus conscient qu'un légume, je me suis tapé des pages et des pages de lecture. Principalement sur l'addiction. Comment aider quelqu'un à se sevrer, comment faire pour l'accompagner dans tout ce processus, quelles étaient les substances qu'on leur donnait, à quels paliers, quelles pouvaient être les conséquences et les symptômes du manque. Tout ça. Et plus les jours passent, plus je le vois comme ça, et plus je me dis que je peux pas le laisser comme ça. Je dois l'aider. Je dois. Même si c'est la dernière chose que je fais pour lui, même si nos chemins se séparent après ça... je veux lui offrir ça. Et ça sera mon cadeau d'adieu, s'il décide de retomber dedans une fois qu'on sera revenus à Washington... Au moins... au moins j'aurais tout essayé.

Et quand je regarde autour de moi, je me dis surtout que si je veux l'aider, ça sera loin d'ici. Il arrivera pas à devenir sobre à Washington. Il connaît trop de monde, il a trop de relations et il est bien trop connu ici. Il trouvera toujours quelqu'un pour lui filer une dose de cocaïne ou quelques pilules d'ecsta. Sans compter ce médecin à la con qui le pourrit de calmants dosés assez fort pour assommer un cheval. Il faut qu'il se coupe de tout ça, de toutes ces foutues influences toxiques. Et surtout, il doit pas être seul. Il a beau être le fils du président, et être tout le temps entouré de gardes du corps, il a quand même personne pour veiller vraiment sur lui. Ses parents sont toujours occupés, loin et en voyage. Son médecin habituel est un branleur dangereux et irresponsable. Ses gardes du corps ont bien assez de pression pour pas être en plus ses parrains des AA... Il faut quelqu'un de confiance, quelqu'un qui le connaisse et qu'il connaisse. Quelqu'un qu'il écoute, au moins un peu. Mais qui? Qui pourrait faire ça? Etre là pour lui, tout le temps? Le surveiller et lui dire quand il va faire une connerie? Et bien vite j'ai qu'une seule solution : moi. Je ferai confiance à personne d'autre pour ça.

Alors...alors je cède. Encore. Je me sacrifie pour lui. Encore. Je le fais passer avant tout, avant mes études, ma vie. Une dernière fois. Rhodes accepte de me faire sauter un semestre de cours, à condition que je me présente aux partiels et que je les réussisse. Mon père a gueulé, évidemment. Il ne comprend pas pourquoi je fais tout ça pour "un crétin de junkie", mais de toute façon il s'est jamais douté de ce qui se passait en tr nous. Il s'est jamais douté que je l'aime comme un dingue depuis que j'ai quinze ou seize ans. Pour lui, Buck a toujours été mon meilleur pote mauvais garçon qui faisait que des conneries, mais le fait qu'il soit le fils du présnident avait à la fois le don de le calmer et de le faire rager, lui faisant dire qu'en tant que fils du président, il devait donner l'exemple et pas couvrir ses parents de honte. Un de nos rares sujets d'engueulade d'ailleurs. Heureusement maman, elle, a compris. Elle a toujours compris. Elle a toujours su. Elle a tout de suite vu comment je le regardais, ma mine quand je parlais de lui, mon sourire idiot quand je recevais ses textos. Et elle nous a surpris plus d'une fois à nous galocher dans un coin. D'ailleurs c'est elle qui, très cruement, faisait en sorte de mettre toujours une boite de capotes dans mon chevet quand elle savait qu'il devait venir. Elle m'a juste pris dans ses bras la veille du départ, alors que j'étais venu faire mon sac et chercher mes affaires, et m'a glissé à l'oreille "Fais attention à toi aussi, hein. Te perds pas là-dedans non plus..."

Et finalement on y est. Bucky est installé sur le canapé de la pièce principale, près du feu, débarrassé de ses lourds vêtements. Ici il fait bien chaud et le feu crépite dans la cheminée. Ma main se glisse sur sa joue alors qu'il ouvre les yeux, et je lui souris. Voilà. On y est. On y est et ça va aller. Ca va aller parce qu'on est deux, et que je vais t'aider. Du début jusqu'à la fin. Il se redresse un peu, et regarde autour de lui. D'abord sans comprendre, puis paniqué. Mon sourire se fait plus triste quand il me demande si c'est vraiment moi, et je viens prendre sa main.

Non non c'est bien moi. Je suis là. Sam m'a appelé pour me dire que tu allais vraiment pas bien et je suis venu.

Je soupire alors qu'il continue dans son délire, et je le fais poser ses doigts sur ma joue, sur ma barbe de trois jours, sur mes lèvres, en profitant pour les embrasser.

C'est bien moi. C'est bien moi. Quand j'ai vu à quel point tu étais pas bien j'ai décidé que j'allais t'aider à sortir de tout ça. Ensemble. Je vais t'aider à décrocher. A te débarrasser de toutes ces merdes. D'accord? Alors je vais veiller sur toi. Je vais rester avec toi jusqu'à ce que tu sois sevré... Je suis là. Comme je l'ai toujours été.

Je fronce les sourcils quand il continue à douter, et à me ressortir ce que je lui ai craché au visage lors du gala. Et même s'il y avait un fond de vérité, je réalise que je lui ai fait beaucoup plus mal que je ne le pensais. J'avais tourné les talons à peine j'avais fini de cracher mon venin. Je pensais qu'encore une fois il avait juste fait un caprice, et c'est seulement la première fois que je lui ai sorti tout ce que j'avais sur le coeur, que je macérais depuis des années... Et si sur le coup ça m'a fait du bien, et que j'avais besoin que ça sorte, là... je vois simplement les conséquences.

J'avance ma main et caresse sa joue.

Je suis là. Ce soir là tu as dépassé les bornes et c'est la colère qui a parlé. Les mots ont dépassé ma pensée. Si je suis là c'est que je tiens à toi. Si je suis là c'est que je me suis rendu compte que tu me manquais et que tu es trop important pour moi pour que je te sortes de ma vie.

Je ne sais pas ce qu'il pense, s'il comprend tout mais tant pis. De toute façon on est bloqués pendant trois mois, tous les deux, dans ce chalet. Je lui lance un nouveau sourire fatigué.

Buck je... la façon qu'on avait de fonctionner avant... elle était toxique. J'étais pas bien. Je... je supportais plus notre façon de fonctionner. Mais là j'ai envie que ça change. Je suis là pour t'aider à te sevrer, pour que... pour que tout ce qui s'est passé arrive plus. Qu'on se fasse plus de mal tous les deux. Tu comprends? T'es la personne qui compte le plus pour moi et je veux plus te voir te détruire comme ça. C'est pour ça que je vais t'aider. Pendant trois mois on va être ici tous les deux. Perdus au milieu de nulle part.

Je prends son bras et je l'aide à se relever.

Tu viens? Je vais te montrer le chalet dans lequel on va habiter. Allez. Ca va bien se passer...

Je le soutiens et commence à l'emmener dans les différentes pièces. Alors oui on est loin de la Maison Blanche, c'est sûr. Ici il y a une grande pièce à vivre avec une cheminée et deux canapés un peu vieux mais confortables. Quelques étagères avec des bouquins et des jeux de société. Une grande baie vitrée qui donne sur la vallée qu'on surplombe, avec un torrent qui gronde quelques mètres plus bas. Une petite cuisine, un peu vieillotte mais où tout fonctionne. Un escalier en coin, et deux chambres en haut, en sous pente, un peu comme des cocons, avec des lits en fer et des couvre-lits en crochet. Une salle de bains avec une baignoire et une douche. Voilà. Et dehors, la remise où on range le bois, la bouffe qu'on va nous livrer par hélicoptère une fois par semaine, et tout le reste. Il reste encore pas mal de trucs que je dois aménager, mettre en place, comme par exemple planquer ses doses de méthadone dans un endroit où il pourra jamais les trouver. On m'avait prévenu que ça risquait d'être compliqué. Très compliqué. Qu'il hésiterait pas à tout retourner dans la baraque pour trouver ce qu'il veut. Un vrai junkie. Parce que oui, après en avoir discuté avec un autre médecin, spécialisé dans les addictions et approuvé par la Maison Blanche, je sais plus ou moins ce qui m'attend. Enfin dans les faits.

Tu vois? C'est bien ici. On sera bien, il y a tout ce qu'il faut. Par contre on est à une trentaine de kilomètres de tout.


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Jeu 30 Juin - 14:57

Snake Eyes
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Je croise son regard et je comprends que ce n'est pas vrai. Je ferme mes paupières le temps d'un battement de coeur et je sais que tout ceci n'est pas réel. Si sous mes doigts j'ai l'impression de sentir sa mâchoire et sa peau, je sais que ce ne sont que les restes de ma mémoire, de toutes les fois où j'ai le droit de caresser sa joue et de sentir ses lèvres sur le bout de mes doigts. Je suis conscient qu'en cet instant, je ne fais que m'accrocher à des souvenirs et des sensations. Des restes de lui que je veux emporter dans l'éternité. Je rouvre les yeux et je peine à sourire quand c'est sa main que je sens sur ma joue. J'aimerais me reculer, lui dire d'arrêter, mais je suis faible. Je suis en train de claquer. J'ai bien le droit à ça, non ? J'ai bien le droit à une dernière fois avec lui. Avec un dernier regard plein d'amour, une dernière caresse et quelques mots doux. Et j'ai le droit à tout ça…. Il m'offre autant les caresses que la douceur de ses mots. Il parait que je lui ai manqué. Oui, j'aurais aimé que tu me dises ça mon Steve. Il me dit qu'il tient à moi. Je sens mon coeur se serrer et mes lèvres se pincer dans une moue qui trahit mon envie de fondre en larmes. Ce n'est donc vraiment pas toi… Je… Tu n'es donc pas revenu. Tu n'as pas déroché, tu n'as pas eu peur pour moi, tu n'es pas venu en urgence et tu ne m'as pas sauvé. Tu es resté avec ceux qui n'étaient pas des poids pour toi et tu m'as oublié. Et ainsi, alors que je croise une fois de plus son regard, je meurs une seconde fois. Quelque chose se brise en moi et ne devient que poussière face à son sourire. Je n'écoute pas vraiment. En cet instant, je n'entends rien à vrai dire. Je me sens comme une chose non tangible, une volute de fumée qui tente de ne pas disparaitre… Une flammèche qui peine à s'éteindre. J'écoute sa voix au loin et je me contente de fermer les yeux, me plongeant dans le néant dans lequel je devrais sombrer. Perdu au milieu de nulle part, nous le sommes, enfin, du moins, je le suis. Je ne suis désormais qu'un éclat, un reste, un fragment du Buck que j'étais à une époque. Du gamin heureux et du jeune homme charmant, il ne reste plus rien. Aujourd'hui il n'y a que moi, cette ruine qui témoigne de l'existence d'un être humain et qui va finir par disparaitre aussi. Je comprends que ce sont mes derniers moments. Trois mois. C'est ce que j'aimerais avoir, avec lui. Juste avec Steve. Steve qui prend d'ailleurs mon bras et m'aide à quitter le canapé pour faire le tour du chalet.

"Non…. J'ai pas envie…."

Je tente de résister mais je suis trop faible, une fois de plus je me laisse porter et le regard dans le vide, je me refuse à contempler cet endroit. Je me refuse à voir le salon, les chambres et la salle de bain. Je me refuse à observer le feu qui ronronne dans la cheminée, les draps colorés ou même le paysage qui nous entoure. Je refuse d'imprimer ça sur mes rétines, comme si j'avais peur que ça remplace Steve et son sourire. Alors quand il me dit que nous allons être bien tout les deux, je viens couvrir mon visage de mes mains, échappant à son contact. Non. Tout n'iras pas bien. Ce n'était pas ce qui était prévu.

"Non…. Non…. Je ne veux pas être là. Je ne devrais pas… Ce n'était pas…. Ce que je voulais."

Non tout devait prendre fin. Je devais arriver au terme de mon existence et pas… Pas terminer ici. Puis l'évidence me frappe violemment. Je ne suis pas mort. J'ai réussis à quitter l'hôpital. Je suis en vie. Steve est là et moi, je suis en pleine descente médicamenteuse. Le monde se recomposer autour de moi et je réalise que je dois encore respirer pour ne pas m'étouffer. Que mon coeur bat bien dans ma poitrine et quand mes veines coule un sang sûrement épais comme du sirop. Lentement je réalise que je suis un cadavre sur un patte. Un bout de chair qui doit se débattre pour survivre. Quelque chose de fragile qui ne demande qu'à se briser. Un tremblement secoue mes épaules et fiévreusement, je reprends, murmurant entre deux respirations angoissées.

"Je devais rester à l'hôpital, je ne devais pas en sortir… Je n'aurais même pas dû me réveiller et toi… Tu ne peux pas être là Steve. Tu ne peux pas. Tu es celui qui m'a dit que c'était terminé et que j'étais toxique… J'ai voulu m'excuser mais tu ne voulais rien entendre… Si ça… C'est ton putain de cadeau d'adieu… Je t'en prie. Laisse-moi."

Parce que je n'en veux pas. Je ne veux pas être sauvé simplement pour retrouver mon quotidien misérable. Je ne veux pas de sa pitié pour ensuite n'avoir que son absence. Je veux que si il soit là, c'est parce qu'il m'aime et a envie d'être avec moi. Je veux qu'il m'aide parce qu'il veut me voir aller mieux et être ensuite à mes côtés jusqu'à la fin de mes jours… Je ne veux pas être une cause perdue qu'il aide simplement pour se donner bonne conscience.  Je veux que ses mots aient du sens et que ses caresses aient du sens. "Dis-moi que tu m'aimes ! Dis-moi que je suis ton Buck !", voilà ce que j'aimerais hurler alors que je relève les yeux vers lui.

"Je n'ai pas fais ça à cause de toi, je voulais juste en finir. Et c'est ce que je veux toujours. Je ne veux plus être sauvé. Je ne veux plus qu'on me tende la main ou qu'on me dise que tout va s'arranger. Tu avais raison Steve. Je suis toxique, je suis une sale pute qui mérite ce qui lui est arrivé… Alors s'il-te-plait… Maintenant que tu me détestes, accorde-moi le droit de baisser les bras."

Je ne veux pas m'en sortir. Je veux me noyer. Je veux recommencer. Je veux mourir. Et dans ses bras si possible. Je veux fermer les yeux et emporter avec moi dans l'éternité le bleu de ses yeux. Je veux mourir malheureux mais avec lui.
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Dim 3 Juil - 21:05
     

Bucky ♦ Steve

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l est l'ombre de mon Buck. Une idée de Buck, un vestige. Il est plus là, mon bel amour de toujours, ce gamin à la beauté insolente et au charme fou, qui mettait tout le monde à ses pieds d'un sourire ou d'une réplique bien sentie. Il est plus là, l'héritier chéri de l'Amérique, qui étincelle sous les feux des projecteurs, et qui n'est jamais aussi à l'aise, à part mes bras, que dans les galas et les évènements mondains, où tout le monde gravite autour de lui, espère avoir une chance de lui parler, de croiser son regard. Il n'est plus là l'icône de la mode qui adore dépenser une somme indécente en fringues et se pavaner dans la rue, mettant des fringues de créateur simplement pour aller se chercher un Starbucks. Ce Buck est plus là. A la place il y a un autre Buck, fragile et fracassé comme je l'avais jamais vu. Un gamin chétif et apeuré. Presque quelqu'un d'autre, qui revient de tellement loin. Et c'est de ma faute. C'est moi qui l'ai repoussé, c'est moi qui lui ai collé une droite et qui l'ai rayé de ma vie. Pourtant, pendant les longues heures où je l'ai veillé à l'hôpital, Sam et Clint m'ont dit qu'il y avait d'autres trucs dans le passé de Buck qui pourraient expliquer pourquoi il est dans cet état, mais ce qu'ils me disent passe loin. Pour moi c'est de ma faute. C'est à cause de moi s'il va mal. C'est à cause de moi s'il souffre. A cause de moi et juste de moi. Alors oui il a mérité son coup de poing, mais à cause de moi, à cause de mon rejet, il a failli se foutre en l'air. Parce que je l'ai abandonné il a perdu goût à la vie. Et je dois réparer. Je dois réparer mes fautes et lui prouver que je suis là pour lui. Qu'il ne souffrira plus. Plus à cause de moi. Et s'il souffre à cause de quelqu'un d'autre, je serai là. Pour lui.

Je le fais visiter même s'il traine les pieds. L'étincelle de vie qui brillait dans ses yeux donne l'impression d'être partie, elle aussi, et ça me tue. Il est tellement mal, par ma faute. Il est tellement mal à cause de moi. Totalement à cause de moi. Tout du long il répète encore et encore qu'il ne veut pas être là, qu'il n'a pas envie. Mais qu'est-ce qu'il cherchait? Je ne comprends pas. De retour dans le salon, je l'aide à s'installer sur le canapé et je pars préparer deux tasses de thé avant de revenir auprès de lui. A peine je me suis rapproché que je le vois frissonner et je passe mon bras autour de ses épaules, croisant son regard. Et puis il parle, et chaque mot fait aussi mal que dix coups de poignard. J'aurais encore préféré qu'il me cogne, la douleur physique partira sûrement bien avant ce qu'il est en train de me cracher.

Non Buck... Je... bien sûr que je suis heureux que tu sois sorti de l'hosto, et bien sûr que non, t'aurais pas dû ne pas te réveiller. Oui je t'ai dit que c'était terminé, parce que... parce que la façon dont ça marchait, entre nous, allait plus. Et c'est la colère qui a parlé. Entre nous c'était toxique, mais...si t'es là, et...moi aussi, c'est que je crois. Non, je suis sûr que ça peut marcher. Qu'on peut trouver un moyen de... d'être là l'un pour l'autre sans se faire du mal. C'est pour ça que j'ai demandé un report de semestre. Pour t'aider. T'aider à aller mieux et t'aider à te débarrasser de tout ce qui te pourrit la vie. Parce que tu peux le faire. On va le faire, tous les deux. Et non c'est pas un cadeau d'adieu.

Je soupire, et je lui fais relever les yeux vers moi, ma main sur sa joue pâle et creusée.

C'est pas mon cadeau d'adieu parce que j'ai plus envie d'être séparé de toi. Je vais pas te mentir, les quelques jours qui ont suivi, j'ai eu besoin de ne pas répondre. De ne pas donner de nouvelles, parce que j'étais en colère, et ce soir là tu m'as fait mal comme jamais. Mais à la seconde où j'ai appris que tu allais mal. Que tu souffrais, j'ai tout lâché dans la minute pour te rejoindre et t'aider. Parce que...

Putain je sens ma gorge se nouer et ma voix se faire à peine plus haute qu'un murmure.

Parce que je me suis rendu compte que je pouvais pas vivre sans toi petit con. Que j'ai besoin de toi dans ma vie. Mais...plus comme avant. C'est pour ça qu'on va devoir...beaucoup parler. C'est sûr. Et on aura tout le temps pour ça ici. Je vais t'aider parce que j'ai envie qu'on soit heureux tous les deux, et on y arrivera pas tant que tu prends toutes ces merdes qui te pourrissent la vie Buck. Tu as le droit de me détester pour avoir pris cette décision à ta place mais je peux plus te voir te faire du mal, et te détruire. Alors non c'est pas un cadeau d'adieu. A moins que tu choisisses l'inverse. Que ce soit toi qui décides de tout arrêter. Là... là je te retiendrai pas. Si tu décides de partir j'irai pas te chercher. Mais si tu restes je serai là. Chaque jour. Chaque seconde. Je sais que ça sera pas facile et que tu vas en chier, mais au moins ça te permettrait de plus... de plus te flinguer. Donc je...

Je me détourne une seconde pour retrouver mon sérieux et que ma voix soit de nouveau calme et assurée. Je fais quelques pas et me laisse retomber sur le canapé.

Alors voilà... c'est ça que je te propose Buck. Plutôt que de te détruire, je te propose une autre alternative. Vivre. Et vivre débarrassé de tout ça. Maintenant c'est toi qui choisis mais... j'ai organisé tout ça pour toi et ça risque d'être foutrement compliqué d'annuler le ravitaillement par hélicoptère toutes les semaines et expliquer à Rhodes que finalement j'ai juste pris deux semaines mais que je reviens en cours...

J'essaie de sourire même si mes mains tremblent.


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Lun 4 Juil - 16:19

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Tout ceci n'a pas de sens. Pourquoi Steve serait là alors qu'il me hait ? Pourquoi donnerait-il tout son temps pour moi ? Moi qu'il a jugé être toxique et plus assez bien pour rester près de lui ? Non… Ça n'a pas de sens. Steve ne peut pas être là. Il ne peut pas être à côté de moi sur ce canapé, à me dire précisément ce que je voulais entendre depuis des années. Non, tout ceci est un mensonge que mon esprit construit pour se rassurer et se réconforter. Une illusion pour combler le vide de la réalité. Steve va m'échapper une fois de plus et je serais seul…. Comme toujours. Seul à devoir vivre avec les souvenirs et l'amertume de ne pas avoir été capable de dire à Steve que je l'aimais, ce soir-là, au bord de la piscine. Le temps d'une seconde je ferme les yeux et quand je le rouvre, je comprends que Steve attend une réponse, qu'il veut savoir ce que je veux et surtout si je veux de lui. Bien sûr… Bien sûr que je veux être avec lui, bien sûr que j'ai envie de vivre… Mais avec lui. Il n'est pas le seul à ne pas pouvoir vivre sans l'autre. Il n'est pas le seul à mourir à petit feu de l'absence de l'autre. J'ai besoin de lui. J'ai besoin qu'il soit là pour prendre ma main et me dire qu'il m'aime. J'ai besoin qu'il soit là pour passer une main dans mes cheveux et me dire que ça va aller. La vérité c'est que j'ai terriblement besoin de lui mais que je ne lui suis pas indispensable. Peut-être serait-il plus heureux si je n'étais pas là…. Peut-être irait-il mieux si il ne m'avait jamais rencontré ou si j'avais réussis ma tentative de suicide… ? Tant de questions qui tournent dans mon esprit et qui ne semblent pas vouloir trouver la moindre réponse, alors que lui est pendu à mes lèvres, se demandant très certainement ce que je vais réussir ou non à lui murmurer. J'ai tant de choses à dire mon frère, tant de mots d'amour à te murmurer, mais rien ne vient. J'aimerais lui dire tant, lui avouer mes sentiments et le supplier de ne jamais plus m'abandonner… Mais rien. J'entrouvre les lèvres, croise son regard mais je ne lui offre qu'un long silence qui doit très certainement le dévorer. Si mon coeur connait les mots qui sauront te rassurer, ma raison ne sait que dire.

"Je…"

J'ai le coeur au bord des lèvres. J'ai autant envie de recommencer à vomir, qu'à vouloir lui hurler que je l'aime depuis que je suis un gamin. J'ai besoin de l'allonger et en même temps de me jeter dans ses bras. J'ai besoin de me reposer et d'être aimé. Je bats à nouveau des cils pour lui et enfin, j'arrive à murmurer une réponse. Pas celle qu'il veut, mais celle qui saura combler ce silence.

"J'ai besoin… J'ai besoin de m'allonger, je ne me sens pas bien."

C'est très certainement ce qu'il ne voulait pas entendre, mais tant pis… Là tout de suite, je ne puis lui offrir plus. Je chancèle presque sur le canapé alors que je m'allonge sur celui-ci, m'enroulant déjà dans une couverture que je remonte sur mon nez. Je suis désolé Steve, je…. J'aimerais dire que j'ai une bonne excuse, mais là, je veux juste fuir cette conversation que je ne peux pas avoir avec toi en cet instant… Là, j'ai besoin de courage et de lucidité, deux choses qui me font défauts en cet instant. Pardonne-moi ma faiblesse, juste une fois de plus. Je ferme les yeux et rapidement, je sombre dans un sommeil lourd et infesté de souvenirs que je ne voulais pas revoir remonter.

"Sois raisonnable, James. C'est pour ton bien. Tu as besoin de ça."

Voilà ce que mon père répète en boucle alors que le nouveau médecin tente de me glisser le cachet entre les lèvres. À chaque fois je serre les dents et détourne la tête, geignant simplement pour faire comprendre que je ne veux pas avaler ça. C'est dangereux m'a-t-on dit. Je ne dois pas les manger seuls ou trop souvent… Je pourrais me faire mal. Je ne dois prendre que ceux que le médecin me donne. Seulement je ne veux même pas de ceux-là. Je ne veux pas qu'on me fasse avaler quelque chose qui peut me faire du mal. En plus, je ne suis pas malade. Je n'ai pas de fièvre, ni de toux. Je suis en bonne santé. Je suis sain. Le cachet se presse à nouveau contre mes lèvres et je remue à nouveau, commençant à pleurer quand ma mère m'attrape par le menton.

"Cesse de faire l'enfant ! Tu dois prendre ça, il est hors de question que tu nous refasses une connerie au prochain gala."

La sentence tombe. Ils m'avaient dit qu'ils ne m'en voulaient pas. Que ce n'était pas grave si j'avais eu peur face à tout ses inconnus qui voulaient absolument que je pose pour une photo avec mon père. Ils m'avaient dit que ce n'était pas grave si j'avais commencé à pleurer au milieu des inconnus. Les ongles de ma mère s'enfoncent presque dans ma peau et cette fois-ci, le cachet tape contre mes dents. Non, non ! Je ne suis pas malade ! Je vais bien ! Je vais bien ! Voilà ce que je commence à sangloter alors que le médecin le glisse dans ma bouche et me force à l'avaler. Un sanglot m'échappe et on me relâche.

"Ce que tu es mal élevé. Faire une scène pour un tout petit cachet de rien du tout. Nous sommes déçus, James. Nous pensions que tu étais un grand garçon."

Ça n'avait été que le début. Les premiers cachets qui avaient été les prémices de ce que j'allais devenir. Un gamin au sourire faux et au regard terne. Le fils chéri de l'Amérique qui aurait besoin de se défoncer pour prétendre être heureux.


J'ouvre les yeux d'un coup et je réalise que je ne me réveille pas de ce putain de rêve. Toujours enroulé dans la couverture et sur ce canapé en cuir, je réalise que je suis toujours dans le salon de ce chalet et que Steve est bien là, à mes côtés, à relire ses cours sûrement. Je pousse un léger soupir et je me sens… Je me sens nostalgique. Nous pourrions être dans ma chambre, à Washington et vivre ça… Nous pourrions encore prétendre que tout va bien. Je pourrais encore être capable de sourire pour lui. Mais cette époque est passée… Plus jamais nous ne pourrons retourner à ça. Plus jamais je ne pourrais poser ma tête sur sa cuisse et sourire face à ses doigts qui se glisseraient dans mes cheveux. Non tout ça c'est loin, c'est hors de portée de mes doigts… C'est terminé. Steve et moi ne pourrons plus partager ça… Maintenant, il n'y a que cette cabane et moi qui vais être en manque parce qu'il pense que je peux me sevrer. Et l'après ? Y'en aura pas. Pas après ce qui va se passer… Pas une fois qu'il aura vu ce que je suis réellement. Pendant de longues minutes, je l'observe en silence, n'osant pas attirer l'attention sur ma personne, profitant de cet instant pour le regarder comme si je le voyais vraiment depuis des années. Du regard je détaille les traits élégants de son visage pourtant inquiet, avant de caresser ses lèvres que j'aime tant embrasser pour finalement me perdre sur cette mâchoire que j'aime caresser du bout des doigts. Il est toujours aussi beau, mais a-t-il cessé de l'être un jour ? Non. Steve a toujours été magnifique, enfant il était tout ce que je voulais être un jour, adolescent, je jalousais l'allure d'apollon qu'il avait… Moi qui était fin et pas bien grand… Lui devenait grand et terriblement carré… Steve a toujours été parfait, me rendant un peu plus à chaque fois que je posais mon regard sur sa taille fine ou ses larges épaules. Mais c'est aussi ainsi que je l'aime. C'est parce que dans ses bras, je me sens minuscule et protégé que je l'aime autant. Je pince quelque peu les lèvres et finalement, je trouve le courage de lui répondre.

"Je ne veux pas que ce soit un cadeau d'adieu, Steve."

Maintenant que j'ai son attention, je croise son regard et au milieu du brouillard que les médicaments ont laissés dans mon esprit, je remets les pièces du puzzle ensembles et je recompose les mots qu'il a eu pour moi, la douleur dans son regard et ses tremblements. Alors que lui s'inquiète sûrement pour moi, je cherche les mots qui sauront traduire ce que j'ai sur le coeur.

"Je… J'étais malade à l'idée de t'avoir perdu… Je me suis laissé mourir parce que je ne voyais pas l'intérêt de continuer de vivre sans toi. T'es tout ce que j'ai. Alors non, je ne veux pas que ce soit la dernière fois qu'on se voit… Je ne le supporterais pas. Sans toi, je ne vois pas d'intérêt à rester en vie. J'ai besoin de toi Steve et… Et cette relation toxique qu'on avait ? C'était la seule chose que je chérissais. La seule chose que j'avais…. Tu… Tu n'as pas idée de ce qu'est mon quotidien quand tu n'es pas là…."

Non, il ne sait pas à quel point il est noir de vivre comme moi. à devoir se défoncer pour ne pas remarquer le vide qui m'entoure. À devoir boire pour oublier le passé. Il ne réalise peut-être pas qu'il est la seule personne en ce monde pour qui je continue de me battre… Alors le voir s'éloigner de moi et me dire que c'était terminé.. Ça a finit de briser quelque chose en moi.

"T'es tout ce que j'ai Steve…. Tout ce que j'ai…"

Et je t'aime. Je t'aime à en crever.
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Sam 9 Juil - 15:32
     

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e reste pendu à ses lèvres, attendant sa réaction. Et à le voir comme ça j'ai peur. J'ai peur parce que son regard est vide, éteint. L'étincelle qui l'habitait normalement a disparue, ou, pire que tout, s'est éteinte comme un feu qu'on a arrêté d'alimenter. Par ma faute. Il n'est plus mon Puck, il n'est plus mes bulles de champagne. Il est un bateau qui part à la dérive ou une peinture décolorée parce ce qu'elle est restée en plein soleil trop longtemps. Il a perdu ses couleurs éclatantes pour devenir pâle, translucide, beige. Il reste hagard de longues secondes, et j'ai l'impression qu'il est encore trop embrumé dans tout ce qu'on lui a filé à l'hôpital pour avoir l'esprit assez clair pour comprendre. Comme si je lui parlais javanais ou swahili. Et mon coeur se serre en pensant qu'il pourrait ne jamais revenir comme avant. Qu'il ne pourrait jamais être mon Puck, mon accord mineur et majeur à la fois... Et s'il ne redevenait jamais le même? S'il restait comme ça, vide, creux, comme anesthésié, et surtout, d'après ce qu'il me dit, fatigué de vivre à même pas vingt deux ans? Non. Non. Je vais être là. Je vais être là pour lui. Je l'aiderai. Maintenant, à nous deux, ici, sans personne pour nous déranger, je serai celui qui va rallumer cette flamme, et qui va le débarrasser de tout ce qu'il prenait, de tout ce qu'il s'enfilait depuis des années. C'est fini. Bel et bien fini. Ca sera pas facile, mais je le fais pour lui, pour nous. Pour avoir une chance d'avoir quelque chose, justement, avec lui. Je ne veux pas que ça s'arrête là, suite à un discours tenu à un épouvantail qui se rappelle peut-être à peine qui je suis. Non. Je veux le sauver. Je vais le sauver. Pour l'entendre à nouveau rire, pour le voir à nouveau faire le con, m'entraîner dans un coin sombre pour me voler un baiser, ou sentir sa jambe caresser la mienne sous la table d'un congrès international pendant qu'il discute avec son voisin de table, une coupe de champagne en main. Pour pouvoir me réveiller avec lui dans mes bras et faire l'amour avec lui avant d'aller prendre un bain tous les deux, puis un brunch, et parler des heures, juste dans sa chambre, ou lire pendant qu'il joue du piano pour moi. Je veux tout ça. J'en ai besoin. Et c'est vrai que c'est aussi parce que ces derniers temps j'ai de moins en moins eu droit à tout ça que j'ai aussi mal réagi quand il a osé insulter Sharon. Que toutes ses merdes l'emmenaient si loin de moi que j'étais là sans qu'il me voie, et réciproquement... Mais c'est fini. Tout ça c'est bien fini. Et si demain je dois tout lui répéter, je le ferai. Encore et encore, jusqu'à ce qu'il comprenne.

Pourtant là je soupire quand il commence à bégayer, et à chercher ses mots. Il n'a pas compris? Il est perdu? Mais il n'a pas l'air de juste chercher à comprendre. Il a l'air d'avoir peur. Et là c'est moi qui panique. Et si au lieu d'être perdu à cause des drogues et de ce qui s'est passé, il a tout simplement...pas envie? Pas envie d'être avec moi? Pas envie d'être ici? Pas envie de tout ce que je lui propose? Putain non. Oh non. Me dis pas que tu me veux plus. Me dis pas que tout ça a servi à rien parce que je t'ai déjà perdu. Et comme pour confirmer tout ça, le voilà qui me dit qu'il doit aller s'allonger. Il se laisse retomber sur le canapé, s'enroulant dans une couverture, et surtout, il fuit mon regard. Putain... Je me lève et me force à sourire même si j'ai une main de fer qui s'est engouffrée dans mon ventre et qui me serre les tripes.

Je...ok, bien sûr. Eh bien je...je te laisse te reposer. A...A plus tard Buck...

Je fais quelques pas vers la cuisine mais j'ai rien à y faire. J'ai rien envie de faire d'ailleurs. Et je jette un oeil dehors. Ouais. Marcher. Me promener un peu. J'avance vers la porte et enfile rapidement mes bottes de neige ainsi que ma parka et mon bonnet. Puis je sors. Le vent qui hurle à mes oreilles est si froid que j'ai l'impression de recevoir une gifle, et je chancelle une seconde avant de m'éloigner, la gorge de plus en plus serrée. La maison disparaît peu à peu derrière le rideau d'arbres couverts d'une épaisse couche de neige et j'arrive enfin près du précipice. Une descente quasi verticale d'une dizaine de mètres avant de se transformer en pente douce recouverte par de grands sapins. Et devant moi l'immensité de la vallée où il n'y a pas âme qui vive. A part nous. Mon souffle est de plus en plus court à mesure que je m'approche et je finis à genoux dans la neige, à sangloter de plus en plus fort avant de laisser échapper un hurlement rauque qui est répercuté par l'écho, effrayant quelques corbeaux furieux au passage. Je l'ai perdu. Je l'ai déjà perdu. Je croyais pouvoir le sauver, mais c'était déjà trop tard et maintenant on va juste s'éviter et se tolérer en attendant qu'il décide de rentrer, demain, ou peut-être après-demain, en fonction de la météo. Ensuite nos chemins vont se séparer et on ne se verra plus qu'au gré des galas où on est invités tous les deux. Je le verrai au bras de Tasha, ou d'autres filles, et je ne pourrais rien dire. Je me contenterai de boire du champagne et de l'ignorer pour essayer de me distraire de la douleur. Voilà le plan pour les prochains mois. Et j'ai la nausée rien que d'y penser.

Je ne sais pas combien de temps je reste dehors mais je me remets sur mes pieds quand le jour décline et que je ne sens plus mes doigts malgré mes gants épais. Je retourne au chalet et je soupire en le voyant toujours là. Au moins il ne s'est pas barré... Je me débarrasse de mes couches de fringues, les faisant sécher, avant de rester en jean et en pull léger près du feu, prenant ma tablette avec mes cours pour tenter de m'occuper un peu. Lui dort profondément, toujours roulé en boule sur le canapé, et enroulé dans sa couverture. Je soupire, faisant défiler les pages en essayant d'en mémoriser un minimum, quand tout d'un coup j'entends sa voix. Je lève les yeux vers lui et remarque qu'il me regarde, et surtout...surtout ses mots... Je fronce légèrement les sourcils, sans croire ce que je viens d'entendre.

Tu...alors tu te souviens? Je croyais que... que t'avais pas entendu ce que...ce que je t'ai dit avant... mais je...C'est... c'est bien...

A la seconde où j'ai la confirmation que c'est bien ça qu'il a dit, que ce séjour ne sera pas le dernier, j'ai l'impression que le poids du monde s'est ôté de mes épaules. Que finalement ouais, il y a un espoir. Qu'on ne se quittera pas là-dessus. Qu'on ne se quittera pas du tout. Mon sourire s'agrandit alors qu'il continue, et ma gorge se noue en l'écoutant continuer. Et plus il parle, plus ses mots me touchent, plus mes yeux deviennent humides, et finalement une larme vient rouler sur ma joue alors que je me retiens de l'interrompre. D'une voix nouée je me lance ensuite.

Alors...maintenant...ça peut changer. Je veux plus te voir dans cet état mon Buck. Plus jamais. Je veux que tu redeviennes celui qui était toujours là à me faire rire et à me pousser à faire des conneries. Comme aller se baigner tout seuls dans la piscine le 4 juillet... ou s'envoyer en l'air dans Air Force One... Je veux faire partie de ton quotidien Buck. Et je veux être le seul. Je...j'ai plus envie de voir quelqu'un d'autre à ton bras. Ca me rendait fou. Totalement fou.

Je repose ma tablette et me lève, venant le prendre dans mes bras et le serrer à l'étouffer, glissant une main dans son dos et l'autre dans ses cheveux en bataille.

Je veux plus que ce qui s'est passé se reproduise. On peut être heureux ensemble. Vraiment. Et je le veux tellement putain. Tellement. J'y crois et je veux pas que ça s'arrête. Je te veux toi. Tout le temps. T'es mon Bucky après tout... mon Bucky...

Puis timidement je viens l'embrasser, mes lèvres venant à peine effleurer les siennes, le laissant décider s'il veut plus qu'une caresse...


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Les mots glissent d'entre mes lèvres mais jamais je ne les regrette. Les aveux se font et je n'ai plus si peur que ça. Je ne tremble plus à l'idée qu'il comprenne que je suis dépendant de lui, que sans lui, je ne suis rien. Que sans lui à mes côtés, je ne suis même pas un simple camé ou le fils du président… Non, si il n'est pas là pour me regarder, je n'existe pas. Je ne suis rien… Si lui n'est pas là pour témoigner de ma présence, je ne suis qu'une volute de fumée qui s'étiole dans l'atmosphère, une trace d'un être qui n'a pas la moindre importance… Avant j'avais peur de lui dire tout ça, de lui montrer que j'étais aussi fragile… Mais désormais, je sais que c'est inutile… Je sais qu'il a déjà vu le pire et que je ne peux pas plus le dégoûter… Je sais qu'il ne m'aime pas. Je sais que je ne serais jamais plus que son Bucky, celui qui se défonce pour le plaisir. Alors pourquoi lui cacher tout cela désormais ? Je suis fatigué de jouer à ce jeu-là et fatigué de devoir prétendre être ce que je ne suis plus. Je veux que tout ça prenne fin. Je veux que les faux-semblants cessent, que la vérité soit dite et qu'enfin je sache. En cet instant, j'ai besoin de savoir ce qu'il va penser de moi, j'ai besoin de pouvoir lire dans ses yeux l'amour ou le dégoût qu'il me porte, et sur ses lèvres, j'ai besoin d'y lire ma sentence. Faiblement je bats des cils et mon coeur se déchire quand sur sa joue je vois une larme rouler. De la pitié, de la peine et de la tristesse. Voilà ce que je vois dans cette perle salée qui n'a rien à faire sur son visage qui ne devrait refléter qu'une profonde joie de vivre. Je détourne le regard et admets la seule vérité : je ne suis pas bon pour lui. Je suis toxique en effet… Quoi que je puisse dire, je ne peux le rendre heureux… Je ne peux rien faire qui ne saurait le faire sourire comme avant. Non, tout ça c'est terminé… Maintenant… Maintenant je ne sais même plus ce que je suis. Sa voix s'élève à nouveau au milieu du silence qui était devenu pesant et si au début je me recroqueville presque pour tenter d'échapper à cette situation, mon coeur cesse de battre quand le dernier mot se meurt entre nous. Il me veut. Il veut être le seul à mon bras. Il veut que revenions à l'époque de ce quatre juillet. Il me veut pour lui. Pour lui seul. Sa tablette retrouve la table et si il se lève pour venir me prendre dans ses bras, je m'accroche à lui, n'osant y croire. Alors c'est ça, vieux frère ? Tu m'offres mieux que la mort et des roses ? Tu m'offres ce que je voulais entendre il y a des années ? C'est ça ? Tu me dis qu'on va enfin pouvoir être réellement heureux tout les deux ? Dans ses bras j'ai l'impression de revenir dans le temps et face à ses mains qui caressent mon dos et mes cheveux avec tendresse, je redeviens son Buck. Pour lui, en cet instant, je respire à nouveau et je retrouve cette envie d'être plus qu'une silhouette qui devient progressivement poussière… Non, là, tout contre son coeur, je redeviens le gamin qui l'a toujours aimé. Ce gosse au sourire insolent et aux yeux pleins de malice. Je redeviens cet enfant toujours heureux qui se réfugie dans les bras de la seule personne en qui il a confiance….  À mon tour je laisse une larme rouler sur ma joue et je dois retenir un sanglot quand il me dit qu'il ne veut qu'on soit séparé. Moi non plus. Je ne veux plus te perdre. Me lâche plus mon frère… Me lâche plus. Je renifle et m'agrippe un peu plus à lui alors qu'il plante un dernier clou dans mon coeur. "Mon Bucky." Je serre les dents pour tenter de retenir tout ce qui ne demande qu'à s'échapper d'entre mes lèvres. J'ai envie d'hurler, de pleurer, de sangloter. Ma vue se brouille et je tente de faire bonne figure pour lui quand il vient me voler un baiser timide au possible. Nos lèvres s'effleurent, se rencontrent à nouveau et comme ce jour-là, au bord de la piscine, je le lui rends avec douceur, pressant simplement un peu plus mes lèvres contre les siennes, laissant le bout de mes effleurer sa joue sans vraiment la caresser. Et en quelques secondes, je me recule déjà, ne pouvant plus retenir mes larmes. Ma main quitte sa joue et vient se poser sur son épaule alors que je commence à sangloter lourdement, n'arrivant pas à faire de mes larmes des mots. Il ne se rend pas compte. Il n'imagine pas ce que j'ai enduré en espérant entendre tout cela. Il ne sait pas. Il n'était pas là quand c'est son prénom que je murmurais quand Rumlow me prenait dans mon lit, il ne sait pas que quand j'étais dans les bras d'un autre, c'est son visage que j'imaginais et son souffle à son oreille… Il ne voit pas tout ça. Il ne s'en rend pas compte.

"Je ne veux plus non plus…. Je ne veux plus être seul. Je ne veux plus vivre sans toi…. Je ne peux plus… J'en peux plus Steve…"

La tête basse je sanglote face à lui, chassant mes larmes comme je le peux alors que mon coeur déverse enfin entre mes lèvres tout ce qui pourrissait en son sein. Il y a tant à dire, tant à faire… En cet instant, j'ai besoin d'être aimé, d'être rassuré, d'être consolé. En cet instant ce n'est pas moi qu'il faut sauver, mais cet enfant au coeur brisé qui n'a jamais cessé d'exister au sein de mon être. C'est cet enfant qu'il faut protéger et aimer.

"Je ne veux plus être seul… Je ne veux plus… Sans toi je n'avais pas de raisons de continuer à supporter tout ça ! Sans toi, je ne savais pas quoi faire… Je me raccrochais au peu qu'il me restait de toi. Mais si tu n'es pas là, je n'existe pas. Je ne vis que pour toi… J'ai besoin de toi alors…. Promets-moi que tu ne partiras plus. Promets-moi que tu seras là jusqu'à la fin… Parce que… J'ai jamais voulu personne d'autre que toi à mon bras…. Je… Je ne veux que toi…"

Les larmes continuent de cascader le long de mon visage fatigué tandis que je tremble tout contre lui. Il y a tant à dire, mon frère… Mais avant cela, j'ai besoin d'être certain d'une chose. Je renifle à nouveau et relève le nez vers lui, croisant son regard, angoissant de poser cette question qui au final va sceller mon existence. Je laisse quelques secondes filer avant d'avoir le courage de lui murmurer.

"Mais j'ai besoin de savoir… Je suis ton Bucky parce que tu m'aimes ou parce que tu as pitié de moi ?"

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Lun 25 Juil - 21:38
     

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'ai pas juste envie de pleurer, je pleure. Je pleure comme un gosse à qui on a annoncé qu'il allait avoir un chiot pour son anniversaire, ou qu'il allait aller à Disneyland. Je pleure comme un gamin parce que je sais enfin. Parce les mots que j'attendais depuis ce fameux soir, au bord de la piscine, sortent enfin de ses lèvres. Des mots que j'espérais même plus, parce que je pensais que tout ce qu'on "avait" était quelque chose à sens unique, de mon côté, un genre de fixette débile sur un gars qui me rendrait jamais ce que je mourais envie d'avoir. Qui me voyait comme pas assez bien pour s'intéresser à moi autrement que pour le tirer de ses emmerdes ou passer du bon temps quand il en avait envie. Pendant toutes ces années, depuis cette première nuit, rien ne m'avait fait imaginer le contraire. Et là...là il aura suffi de cinq minutes, cinq minutes pour faire péter ce masque de non-dit. Ce masque qu'on a l'air de porter tous les deux depuis quatre ans. Le masque de ceux qui sont trop cons pour simplement dire ce qu'on voulait vraiment. Cinq minutes qui auraient évité tellement de souffrance et tellement de larmes, quand je vois dans quel état ça nous a mis tous les deux...

Alors je le garde contre moi, et le serre encore plus fort en le sentant sangloter. Va-y. Pleure. Pleure mon amour, moi aussi je chiale comme une madeleine. On s'en fout. On s'en fout parce que personne ne nous voit. On s'en fout parce qu'on est tous les deux, et que ce qui se passe là est ptet la discussion la plus importante qu'on a depuis...depuis toujours. Pleure parce qu'il faut que tout ça sorte Ce qu'on avait gardé. Ce qui avait pourri. Alors bien sûr tout sera pas réglé aujourd'hui mais c'est un début. Et l'essentiel a été dit ce soir. Le reste... le reste c'est que des détails. On peaufinera. Il m'a dit qu'il voulait que moi. Moi et seulement moi. J'ai rien besoin de plus. Si j'ai ça, tout le reste je peux le gérer. Tout le reste, le sevrage, se débrouiller pour s'accorder, ça ira. Ca sera toujours moins difficile que les semaines qui viennent de passer.

Je pars pas... je pars pas... Calme toi mon Bucky... a partir de maintenant tout va aller mieux...

Bien sûr, c'est pas le moment de lui demander pourquoi, s'il n'existe pas quand je ne suis pas là, il n'hésitait pas à coucher avec le premier venu sans penser une seconde à ce que ça pourrait me faire du mal. Pourquoi il me faisait des crises de jalousie terribles mais moi j'avais rien le droit de dire. Pourquoi il me donnait pas de nouvelles pendant des semaines. Non. Bien sûr que j'ai des reproches à lui faire, mais pas maintenant. Maintenant tout est trop douloureux et trop frais. On est comme une blessure qu'on vient de suturer. Il faut qu'on y aille doucement, sans forcer, sinon les points vont péter et la blessure va se rouvrir sans qu'on puisse faire quoi que ce soit. Une partie de moi a toujours une dent contre lui, mais elle est petite par rapport à celle qui est juste tellement contente de l'avoir retrouvé, et surtout, d'avoir enfin appris ce qu'il ressent vraiment pour moi. On a des choses à régler, c'est clair, mais... mais pour l'instant ce qui compte surtout, c'est l'après. C'est ce nouveau départ qui s'annonce à nous. Si proche qu'on est déjà en train de le toucher des doigts. Tout comme je sens Buck contre moi, qui se calme petit à petit.

Je pars pas jusqu'à ce que tu sois débarrassé de toutes ces merdes. Et ensuite je retournerai en cours, mais on se reverra quand je rentrerai et tu pourras venir me voir. Pas comme l'autre fois. On pourra se faire de vrais week ends... et ça pourrait...être vraiment bien. Vraiment. Et en attendant y'aura que toi, moi, la neige et les sapins. C'est tout... Y'aura personne d'autre. Plus personne...

Je soupire, le berçant tendrement, et surtout, tellement soulagé de savoir que maintenant, les choses vont aller que mieux. Qu'il m'a choisi moi comme je l'ai choisi lui. Une étrange sensation de... simplicité m'envahit, et j'embrasse encore et encore ses cheveux sales jusqu'à le sentir lever les yeux vers moi en reniflant. Qu'est-ce qu'il est adorable comme ça... mon Puck. Mon gamin perdu. Un léger murmure s'échappe de ses lèvres, et mon sourire disparaît. Un peu. Rien que d'entendre sa question me fait mal. Vraiment mon Buck? Vraiment? Tu penses que je pourrais avoir pitié de toi? Tu penses vraiment que c'est pour ça que j'ai fait tout ça? Mais c'est pas évident que je t'aime à en crever depuis des années? Je soupire et embrasse une dernière fois ses cheveux.

On aura à parler de tout ça et de plein d'autres choses, mais quand tu iras mieux et que tu auras l'esprit plus clair. Ok? Allez maintenant calme toi et repose toi... Je vais nous faire du thé.

Je l'assieds doucement sur le canapé alors que je file à la cuisine, soupirant en remplissant la bouilloire.


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Ven 26 Aoû - 19:12

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Je suis une plaie à vif. Une plaine béante qu'on vient de suturer et qui pourtant continue de saigner abondamment. Je suis comme de la chair à vif, vulnérable et sensible. Je me sens comme du cristal fêlé, un château de carte qui veut s'effondrer. Suffirait de pas grand chose pour me tuer. Un coup, un mot, peut-être moins. Je lève les yeux vers lui et en croisant ses prunelles, je suis une fois de plus frappé par sa beauté. Il a toujours été le beau jeune homme de nous deux, celui qu'on regarde parce qu'il est parfait et contre lequel on veut être comme si il était le soleil. Steve a toujours eu ce côté rassurant et protecteur que tout le monde cherche… Steve a toujours été parfait, il est tout ce que je ne serais jamais. Il est plus que tout ce que j'ai été. Et en cet instant, dans cette cabane, sur ce canapé, il a l'air encore plus irréel que d'habitude. Vers lui je tends ma main et du bout des doigts, je cherche à caresser sa joue, cherchant dans le velouté de celle-ci la réponse à ma question qui flotte depuis si longtemps dans l'air. Il n'ose pas répondre, c'est évident. Parce qu'il a peur de ma réaction, peur de cette faiblesse qui est la mienne et qui pourrait être ma perte. Il n'ose pas me dire qu'il ne m'aime pas. Les secondes passent, un silence flotte entre nous et déjà je tente d'accepter l'évidence. Si il aimait réellement, il me l'aurait déjà dit. Je dois accepter la vérité, comprendre que tout ce que je pensais être réel n'est qu'une douce illusion que je me suis crée pour prétendre avoir un semblant de bonheur. Steve ne peut m'aimer. Steve ne peut aimer quelqu'un comme moi. Steve n'est pas mien. Il n'est ni mon ami, ni mon frère, ni même mon amant. Steve est loin et au fil des secondes, je comprends qu'il s'éloigne un peu plus. Et la vérité éclate enfin, sous la forme d'un baiser déposé dans mes cheveux et un aveu qui termine de déchirer le peu de volonté de rester en vie que j'avais. Il esquive. Sans le dire et entre les lignes, il m'avoue ne pas m'aimer. Je bats des cils et laisse une larme m'échapper, sentant dans mon coeur se planter une poignée de verre. Je le laisse m'abandonner dans le canapé et commence à sangloter en silence, pleurant sur les restes d'un amour qui n'a jamais été autre chose qu'un beau mensonge que je me racontais pour me rassurer. Au loin je l'entends préparer le thé tandis que je meurs sur ce canapé. Les larmes sur mes joues sont comme de l'acide qui dévorent ma chair là où ses mots dans mon esprit sont des coups qu'il me porte sans cesse. "Je vais nous faire du thé", dit-il. "Je ne t'ai jamais aimé, James", me fait-il comprendre. Je peine désormais à respirer. Je me recroqueville sur moi-même et c'est finalement un hurlement qui m'échappe. J'ai envie de tomber à terre mais je me contente de me relever et de chercher, hagard et blessé, un refuge. Mes pas me mènent jusqu'à une chambre et après en avoir claqué la porte et verrouillé l'accès, je me laisse tomber au sol, sanglotant lourdement  ce que je dois désormais accepter.

"Il ne m'aime pas…"

Il ne m'a jamais aimé. Je sanglote trop pour l'entendre si il vient me consoler à travers la porte. Je me ferme au monde extérieur pour la nuit et je me contente de simplement me glisser sous les draps, m'enroulant dans ceux-ci alors que je suis encore habillé, pleurant jusqu'à sombrer. Steve ne m'a jamais aimé. Il ne serait pas venu à mon enterrement. Il n'aurait pas laissé une rose. Il n'aurait pas eu une larme. Il n'aurait eu qu'un silence, un regard pour mon cercueil et rien de plus. Entre les draps qui deviennent une marée noire, je m'englue dans des cauchemars. J'entends sa voix et je sens son souffle sur ma nuque. Je perçois ses mains sur ma gorge et je le sens serrer. J'étouffe et lui murmure à mon oreille. "Personne ne tombe amoureux de quelqu'un comme toi." Deux mains s'enfoncent dans ma cage thoracique, arrachant mon coeur qui est broyé. Un liquide brûlant se déverse dans mes veines et tout mes muscles se tendent. Je cesse de respirer et je me noie rapidement. Steve ne m'aime pas.

J'ouvre brutalement les yeux, le souffle court et la peau humide. Paniqué, je bataille avec les draps, tentant de les repousser alors que court sur mon échine, les souvenirs de cette nuit. Tout termine à terre et recroquevillé sur le matelas trempé de sueur, je m'autorise à reprendre mon souffle, émettant au passage de légers gémissements quand je tente je déplier mes doigts. J'observe la paume de mes mains et j'y vois la trace ensanglantée de mes ongles tandis que ma peau est couverte d'une transpiration poisseuse. Et pendant de longues minutes, je ne fais que tenter de me calmer, écoutant le silence qui m'entoure et les battements de mon coeur. Étrangement, je me pensais encore capable de pleurer, mais aujourd'hui je me sens simplement fatigué. Mon corps tout entier est douloureux, mon sang dans mes veines me semble être du feu et la tête me tourne. Je bats rapidement des cils et si je me décide à me lever, c'est uniquement par besoin de me débarrasser de l'odeur nauséabonde qui me colle à la peau. Je chancèle hors de mon lit et c'est presque par hasard que je trouve la salle de bain. Je m'y enferme et prends une longue douche, me lavant autant les cheveux que les dents sous celle-ci, regrettant simplement le temps où Steve les prenait avec moi. L'eau roule sur ma peau de longues minutes et une fois relativement propre, je m'enroule dans un épais peignoir, abandonnant au sol mes vêtements de la veille. Je pousse la porte du bout des doigts et entendant du bruit à la cuisine, je décide de rejoindre Steve, sur la pointe des pieds. Le temps d'un instant, je m'autorise le droit de contempler son dos, me disant que je n'aurais très certainement même plus le droit d'y poser le bout de mes doigts. Je l'observe préparer de quoi manger et je sens mon estomac se retourner. Je n'ai pas envie d'affronter son regard, ni la vérité que je ne peux ignorer. Je tente de faire un pas en arrière mais c'est à ce moment-là qu'il se tourne vers moi, me faisant de ce fait sursauter. Comme un gamin je ferme les yeux et pince les lèvres. Un murmure m'échappe alors que je fixe le sol.

"Salut…"

Et puis plus rien. C'est trop douloureux. J'ai mal. Tenir debout est une torture. Ne pas trembler en est une autre. Il va vouloir me proposer à manger, me dire de m'installer, peut-être me demander si je vais bien… Je devrais fuir… Mais je n'en ai pas la force. Face à lui je me contente de rester immobile et muet, espérant étrangement qu'il m'oublie et que tout ça prenne fin.
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Dim 25 Sep - 20:27
     

Bucky ♦ Steve

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ersonne d'autre...il y aura plus personne d'autre... Les mots flottent encore dans l'air, comme un espoir pour moi mais j'espère que lui les voit pas comme une menace. Buck, mon Buck qui depuis qu'on était ado aimait à papillonner, aimait plaire et séduire...se contenter de moi, et seulement de moi. Est-ce que ça va lui convenir, de m'avoir seulement moi dans son lit? Que mes lèvres soient les seules qu'il embrasse? Que je sois le seul à le prendre dans mes bras, et à le faire gémir? Est-ce qu'il se lassera pas, à partir d'un moment? Est-ce qu'il en aura pas marre, et voudra retourner à son ancien mode de vie? J'en sais rien et pour l'instant, honnêtement, je suis sûr que lui non plus, n'en a pas la plus foutre idée... Il est loin, tellement loin...je le vois dans ses yeux. Et dans son brouillard il commence à vouloir parler de trucs bien trop sérieux pour le moment. Je prétexte d'aller faire du thé pour me donner le temps de formuler ma réponse, de trouver les mots corrects. Il est tellement fragile et paumé qu'un rien pourrait...lui faire tellement de mal. Je le quitte avec un sourire et fais chauffer de l'eau. Je regarde les bulles qui apparaissent dans la bouilloire, de plus en plus grosses et bruyantes, avant que le clic ne dise que c'est bon. Je remplis la théière, pose deux tasses et reviens dans le salon que je trouve vide. Merde... pourquoi il est parti? Je pose le plateau sur la table basse et je monte à l'étage. Sa porte est fermée à clé et je tends l'oreille. Il sanglote, tout seul. Je soupire, posant ma main sur le bois.

Buck... Qu'est-ce qui t'arrive? Je suis revenu dans le salon et t'avais disparu... Tu veux... un médoc? Quelque chose?

Les crises de manque...elle m'avait prévenu que ça pouvait être violent, et que ça serait l'ascenseur émotionnel par rapport à ses émotions. Qu'il pouvait passer du rire aux larmes en quelques secondes à peine et qu'il y pouvait rien... Soit. Il est peut-être déjà plongé là-dedans... Mes ongles grattent légèrement le bois brut mais aussi doux que de la soie après un bon ponçage. J'hésite à entrer, à le laisser tranquille... à venir le prendre dans mes bras... je sais pas ce qui pourra être bien ou mal pris et c'est super difficile de pas savoir quoi faire exactement.

Buck...j'ai jamais fait ça par pitié mais parce que...parce que je me disais que...que si on arrêtait tout ça, on pourrait vraiment être ensemble. Parce que je t'aime Bucky... depuis...longtemps...

Rien. J'entends juste des sanglots qui continuent. Il faut croire que c'était pas pour ce dont on a discuté alors, mais juste le manque. C'est la première fois que je lui dis que je l'aime à voix haute et il s'en fout. Il a même pas ouvert la porte, il s'est même pas levé de son lit. En fait...j'ai été con de me dire que je pouvais compter à ce point. Si ça se trouve, sa question, c'était justement pour savoir si...s'il allait me devoir quelque chose, après. C'était ça sa question en fait. Est-ce qu'il pourrait être de nouveau libre ou est-ce que j'attends de lui qu'on se mette ensemble par gratitude? J'ai été un con...j'ai été un con romantique de me dire qu'être bloqués tous les deux ici ça ferait peut-être changer les choses... Finalement...non. Il me verra jamais autrement que comme son Steve, son bon plan cul et...c'est tout. Je redescends d'un pas lourd et m'occupe en allant ranger un peu, et faire le dîner. Mais rien. Les heures passent mais toujours aucun signe de lui. Inquiet, je remonte et la porte est toujours verrouillée. Heureusement, j'entends qu'il ronfle à travers la paroi...signe qu'il dort. Soit... Je redescends, mangeant mon dîner devant un film avant de skyper Sharon puis ma mère. Il est même pas 23h quand je monte me coucher, et je tourne un bout de temps avant de trouver le sommeil.Je me lève à l'aube, et en profite pour aller courir un peu dans la forêt et sur mon chemin je croise deux daims et je vois les traces d'un renard... Bizarrement, j'ai pas envie de rentrer. J'ai pas envie de rentrer pour jouer à celui qui va bien alors qu'il m'a juste fait comprendre qu'il acceptait mon aide parce qu'il avait pas le choix...Qu'il a besoin de moi comme ami, comme bouée de sauvetage, comme toujours, mais ce dont je rêve depuis des années...ça arrivera pas. Finalement après une bonne heure sous la neige je rentre et vire toutes mes couches pour rester en jean et en tshirt à manches longues. Je ravive le feu et me mets aux fourneaux, préparant des gaufres et des oeufs brouillés. J'ai même pas pensé à mettre de la musique, ou la radio, n'importe quoi, trop occupé avec mon aveu qui est resté lettre morte. Au moins je suis fixé...

Juste à cet instant je sens sa présence et je me retourne, le voyant sur le seuil de la cuisine. Et putain il a une sale gueule. En une seconde tout s'envole et je pense plus qu'à m'occuper de lui, comme toujours... Je repose ma cuillère en bois dans la casserole et je viens le prendre par le bras pour l'asseoir.

T'es tout pâle, qu'est-ce qui t'arrive? Et qu'est-ce qui est arrivé à tes mains?

Alors que je le fais s'asseoir j'ai senti les cicatrices sur ses paumes et je les effleure doucement.

Bouge pas...je reviens...

Je retourne dans le salon pour aller chercher la trousse à pharmacie et en passant je sors les oeufs brouillés du feu. Je pose la boite et l'ouvre, sortant rapidement de quoi le soigner. Je mets du désinfectant sur un coton et commence à tamponner ses paumes.

Tu as disparu d'un coup hier... je me suis dit que ça devait pas aller... et heureusement que tu ronfles un peu en dormant... comme ça j'ai pu savoir que t'étais encore en vie...

Il se laisse faire comme un pantin alors que je commence à bander ses paumes, finissant de chaque côté par un noeud sur le dos de la main.

Tu sais...le médecin a dit que c'était normal d'avoir des gros coups de blues comme ça, pour rien, qui peuvent venir super vite. C'est pas de ta faute hein...c'est le sevrage. En attendant tu vas avoir besoin de manger, t'es super pâle. Je t'ai fait des gaufres...comme t'aimes...aux myrtilles.

Une fois les soins terminés je range tout et termine de faire cuire les oeufs, tout en glissant deux belles gaufres devant lui. Même après hier je peux pas m'empêcher de veiller sur lui. Je suis un foutu junkie, moi aussi, parce que j'arrive pas à me détacher de lui alors que ça me fait du mal... Et je crois qu'une partie de moi cessera jamais de s'inquiéter pour lui, et veiller sur lui... Comme un idiot.

Et maintenant tu bois ça aussi...avec tes médocs...

Je lui sers une grosse tasse de chocolat et je dépose ses comprimés sur la table devant lui.

Il faut que tu manges Buck...faut que tu prennes des forces. Ton corps est en train de se débarrasser de toutes ces merdes et c'est usant... Alors...mange, au moins un peu. Et après on pourra...regarder un film ou...je pourrais te faire de la lecture... qu'est ce que tu en dis?



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Ven 28 Oct - 17:35

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J'ai l'impression d'être mort, de n'être plus qu'une carcasse qui s'efforce à paraitre humaine, un cadavre qui continuerait à marcher, sans but et sans conscience de ce qu'il est. Je me sens crevé de l'intérieur et en pleine décomposition. J'ai l'impression qu'à la place de mon coeur, y'a plus que du verre brisé et des regrets. En fait, à bien y réfléchir, j'ai l'impression que je pourrais crever d'une seconde à l'autre. Qu'il me suffirait d'un battement de cils pour m'effacer et quitter enfin cette existence de merde qu'est la mienne. Et si avant, Steve était capable de me faire revenir à la vie d'un simple regard, maintenant c'est ainsi qu'il m'achève. Sur le pas de la porte, je l'observe préparer le petit déjeuner et je sens la poignée de verre crisser et s'enfoncer un peu plus dans ma chair en putréfaction en me disant que tout ce qui motive chacun de ses gestes est une pitié profonde pour ce que je suis devenu. C'est parce que ça lui fait mal et honte d'être ami avec ce que je suis aujourd'hui qu'il fait ça et non par amour. C'est parce qu'il en a marre de devoir vivre avec un boulet de mon genre qu'il est là, à faussement s'inquiéter pour ma santé et mon avenir.  Si il fait tout ça, c'est pour se débarrasser de l'apocalypse que je suis, pour enfin n'avoir aucun regret à me dire adieu et être sûr que je ne ferais aucune connerie en son absence. C'est parce qu'il veut quitter ma vie, qu'il me fait ce cadeau et même si il prétend que ce n'est pas le cas, c'est que je fais l'impression de lire et de voir dans chacun de ces faits et gestes. Les doigts sur l'encadrement de la porte, je me dis que je devrais simplement disparaitre, tourner les talons, aller jusqu'à la porte d'entrée et marcher dans la neige jusqu'à en tomber de fatigue ou de froid. Je devrais fuir et le laisser en premier afin de lui retirer la possibilité de me blesser à nouveau. J'ai envie d'être celui qui fuit et qui le laisse avec le silence et l'absence. Je veux disparaitre, m'effacer, le laisser avec le deuil qu'il ne portera sûrement pas. Je veux être égoïste, une fois de plus. Je veux qu'on cesse de me retenir, de me rattraper et de faire semblant de m'aimer. Je veux juste me noyer dans l'océan de mes regrets et de mes rêves brisés pour ne plus jamais me réveiller. Déjà, je m'apprête à faire un pas en arrière mais c'est trop tard. Steve se retourne et pose sur moi son regard si envoûtant. Pour lui je m'immobilise et accepte de souffrir un peu plus, le laissant me mentir pour lui donner l'illusion que j'ai envie de survivre. La tête basse, j'écoute la cuillère qui retrouve le plan de travail et ses pas sur le plancher. Sans vouloir l'observer, je sens sa main se poser sur mon bras et vois ses pieds non loin des miens. En un frisson, je me laisse entraîner et reste silencieux face à ses questions. Qu'est-ce qui m'arrive ? Je suis mort, tu ne le vois pas ? J'ai le coeur en miettes, l'esprit en sang et les yeux encore rouges des larmes que j'ai versé pour toi. Quant à mes mains ? C'est parce que j'ai pas supporté la vérité, comme je le prévoyais. Mais est-ce que je lui dis tout ça ? Non. Je pince simplement les lèvres alors que je fixe la table en bois sans rien dire, les paumes simplement ouvertes pour qu'il puisse contempler ce que c'est de l'aimer. Du bout des doigts il effleure mes plaies et je tressaille à ce contact, peu à l'aise. J'ai fais ça à cause de toi et de ton putain de thé Steve. Tu vois ce que je fais pour toi ? Tu comprends maintenant ? Bien sûr que non. Il n'a jamais compris. Il… Je ne sais pas ce qu'il foutait encore dans ma vie. Il était juste là, à me baiser de temps à autre parce qu'il devait se sentir trop coupable et qu'il avait pas les couilles pour me dire que tout était terminé. Il s'éloigne, va chercher de quoi me soigner et le temps de son absence, je ne suis capable que d'essuyer es larmes qui commençait déjà à perler au coin de mes yeux. Je renifle un peu et pousse un soupir, essayant de passer outre la douleur qui m'assomme. Quand il revient, je m'interdis de décrocher le moindre mot, devenant un pantin qu'il manipule aisément et qu'il soigne avec une douceur feinte qui pourtant ne me fait pas réagir. Sans un mot, sans un regard et en un battement de cils discret, je l'écoute et refuse de comprendre ce qu'il me dit, ne voyant en ses paroles que de lourds mensonges qui ne font que piler un peu plus le verre que j'ai dans le coeur. Lentement, et avec délicatesse, il recouvre mes plaies de bandages qui sont noués un peu maladroitement sur le dos de ma main. À une époque, ça m'aurait fait sourire. À une époque, j'aurais eu un petit mot amusé pour lui, un baiser peut-être mais là… Rien. Juste un grand vide dans mon esprit et un silence sur le bout de la langue.

Steve reprend et tente de m'expliquer que tout ça est dû au manque et à rien d'autre. Presque professionnellement, en répétant sûrement ce que les médecins ont du lui dire, il essaye de me faire comprendre que je suis juste en pleine descente et que mon corps tout entier subit l'absence de drogue. Il veut justifier ma douleur de façon rationnelle et logique, comme si il ne voyait pas ou ne comprenait pas que cet état ne découle en rien du sevrage mais de la réalité de notre relation. Steve s'agite autour de moi, rangeant des choses, m'en servant d'autres, tout en disant s'inquiéter. Il me dit qu'il voudrai que je mange et que je prenne mes cachets. Il dit aussi qu'après, on pourrait faire toutes ses choses que font les gens qui s'aiment, qu'on pourrait passer du temps ensemble et prétendre que tout va bien le temps qu'on me guérisse. Mutique, la tête basse, j'observe la nourriture dans mon assiette que je repousse déjà, le souffle court. Je ne veux pas de tout ça. Je ne veux pas me nourrir pour tenter d'entretenir ma carcasse. Je ne veux pas faire d'effort. Je ne veux rien. Je veux souffrir jusqu'à en crever.

"Je veux que tu m'achèves."

Un murmure m'échappe tandis que roule sur ma joue une larme. Mes doigts tremblent alors que je peine à saisir les médicaments qu'il a déposé sur la table. J'ai envie d'arracher les bandages, de saigner à nouveau et de mettre fin à tout ça. Ma vue se brouille et à nouveau, je tente d'enfoncer mes ongles dans les paumes de mes mains. Je recommence à trembler, à peiner à respirer, à sangloter, encore à vif suite à la révélation de cet amour qu'il ne me porte pas. Je me recroqueville simplement et commence à pleurer comme un gosse au coeur brisé. Sur ma chaise, je tremble, geins, cri à moitié ma peine alors que j'ignore autant les médicaments que la nourriture qu'il m'offre, me raccrochant à cette idée simple de cette mort que je souhaite.

"Je ne veux pas manger ! Je ne veux pas boire ou regarder un film ! Je veux rien de tout ça ! Tu comprends pas que je voulais mourir ?! Que je ne voulais pas être sauvé ?! J'en peux plus… J'en peux plus ! Je veux mourir ! Juste pour ne plus avoir à subir tout ça ! Pour ne plus avoir à être là…. Seul."

Car c'est ce que je suis. Seul même au milieu d'une foule. De douleur j'enfonce mes ongles dans ma nuque et serre les dents en tentant de retenir un hurlement de bête blessée.
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Bucky ♦ Steve

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Steve, le gentil Steve. Steve qui a toujours joué les Saint Bernard. Steve qui a toujours été trop con pour lui dire clairement ce qu'il avait sur le coeur, ce qu'il voulait, et ce qu'il demandait à son meilleur ami. Steve qui a été trop trouillard pour envisager d'entendre Buck dire qu'il était pas intéressé, qui a été trop trouillard pour envisager de se prendre un rateau. Steve qui depuis des années a préféré s'engluer dans ce truc tordu qu'on avait, à le regarder fricoter avec d'autres mecs et à étaler ses conquêtes du moment dans les premières pages des tabloïds ou sur des sites de ragots, avant de revenir vers moi à l'occasion et partir pour des têtes à têtes intenses. Des semaines où j'avais l'impression de pas exister entrecoupées de quelques jours où il arrivait à me donner le sentiment qu'il y avait que moi. Putain de yoyo, putain de confiance, et putain d'amour aussi. Et maintenant je me rends bien compte que tout ça aurait jamais pu marcher. Pourtant j'y ai cru, quand on a commencé à parler, il avait l'air content que...qu'on soit que tous les deux. Qu'il y ait plus personne. Que les choses changent entre nous. Pourtant...pourtant, la chose la plus importante, il y a même pas répondu, et moi je suis perdu comme un con. Pourquoi il a été si mal après mon silence d'après le gala? Parce qu'il perdait celui qui venait toujours le chercher quand il s'était mis dans un sale état, qui l'empêchait de faire de trop grosses conneries. Celui qui est toujours là. Le saint Bernard. Le Saint Bernard qui a trop attendu pour au final...rien. Des illusions. Des sacrifices. Une éclaircie qui est trop vite rebouchée par un gros nuage noir qui annonce l'orage... Moi qui pensais que ça serait un nouveau départ, quand il en parlait, au final ça sera bien un adieu...

Tout ça se bouscule alors que sans même réfléchir je m'occupe de lui, encore, presque comme un automatisme, ou un besoin. Ce besoin que j'ai toujours eu de le protéger, de veiller sur lui, de le tirer des mauvais pas. Et me voilà à genoux devant lui à lui bander les mains alors que lui s'imagine pas que mon coeur est en miettes, réduit en trop de morceaux pour qu'on essaie de le recoller... Il se doute pas qu'il m'a détruit en disant rien, trop pris dans une crise de manque... pourtant mes mains enroulent la bande autour de ses paumes et je dépose devant lui le petit déjeuner que j'ai préparé, avec ses médocs. Sur un ton doux et calme.

Je suis devant le plan de travail et j'attrape mon verre de jus d'orange quand je l'entends. Et pendant une seconde, je suis tellement surpris que le verre m'échappe des mains et retombe dans l'évier, renversant le jus d'orange mais heureusement sans se briser. Je me tourne lentement, et le regarde. J'ai dû me tromper. Il a pas pu dire ça. Qu'il soit en manque soit mais...mais qu'il en vienne là... Je fais un pas vers lui et remarque ses larmes.

Buck...c'est un mauvais moment à passer. Je sais que... c'est dur mais tu vas t'en sortir. Je te l'assure...

Pourtant ça va clairement pas. Ses mains tremblent, ses larmes redoublent et je pose ma main sur son genou, avant de la retirer quand il se met à crier, et à me hurler dessus. Chaque parole est un coup de poignard, et je suis étonné de voir que je peux encore souffrir plus alors que je pensais que c'était pas possible. Que j'avais touché le fond. Alors c'est vraiment ça. Je suis rien. Je compte pas. Je compte à ce point pas pour qu'il me regrette. Pour qu'il me voie comme une raison de rester. Et arrive le coup de grâce. Ca fait tellement mal que ça me coupe le souffle et j'ai l'impression d'être jeté dans la neige alors que je suis juste en caleçon. Qu'on m'enfonce un pieu de glace dans le coeur et qu'on le tourne lentement avec un grand sourire aux lèvres. Ouais, c'est l'impression que j'ai, là, c'est la douleur que j'ai, dans cette cuisine, face à lui, perdu au milieu de nulle part. Et si une partie de mon esprit a encore ce vieux réflexe de le plaindre, et de relativiser en se disant que c'est le manque, ou la douleur, ou les deux qui parlent, l'autre sent une vague de colère qui monte, de plus en plus fort. Je recule parce que pour la première fois j'ai peur de ce que je pourrais faire,tournant le dos et agrippant le plan de travail à m'en faire blanchir les jointures. J'ai envie de lui hurler que je suis là, que j'ai tout quitté pour lui, mes amis, ma famille, mes études, j'ai tout mis entre parenthèses pour aller m'enterrer dans ce trou perdu au milieu de nulle part, et ce con a encore le toupet d'oser se sentir seul, après tout ça! Putain mais...

Et puis je l'entends. J'entends un hurlement étouffé et je me retourne pour le voir à moitié prostré sur sa chaise. Comme par magie, ma colère s'envole, encore une fois, chassée aussi vite qu'une plume par un courant d'air dès que je le sens souffrir ou aller mal. Toujours. Et avec une facilité qui me surprend à chaque fois. Au lieu de hurler je murmure, revenant m'agenouiller près de lui. Et sans trop comprendre, encore une fois, je l'attire contre moi, me laissant retomber les fesses sur le carrelage pour l'asseoir sur mes genoux, et je l'emprisonne de mes bras, pour l'empêcher de se débattre.

Je suis là Buck. T'es pas seul, je suis là. Faut pas dire des trucs comme ça... Bien sûr qu'il fallait que tu sois sauvé... t'as encore tellement de choses à faire et tout... ça aurait été trop tôt...beaucoup trop tôt...

Et comme d'habitude, une de mes mains vient lui caresser les cheveux pendant que je le berce doucement. Et pendant ce temps, personne ne me berce moi...


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Mer 2 Nov - 20:47

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Steve ne comprend rien et il ne pourra jamais. Il ne sait pas ce que c'est que d'être dans ma tête, il n'a aucune idée de ce que c'est de devoir ouvrir les yeux et d'être James Barnes. Steve ne sait pas ce que c'est que d'être l'esclave de drogues qui nous empoissonne doucement autant l'esprit que le sang, lui ne sait pas les efforts que je fais pour ignorer les démons de mon passé… Et il n'a aucune putain d'idée de l'effet que ça fait de se faire violer dans son propre lit par un homme qui te pisse occasionnellement dessus pour t'humilier alors que t'aurais sérieusement besoin d'aide. Non, Steve n'a pas conscience de tout ça et c'est sûrement pour ça qu'il ose me dire que tout ça n'est qu'une mauvaise passe. J'aimerais éclater de rire, vraiment. J'aimerais être capable de lui cracher au visage mon rire le plus amer, tout en lui jetant au passage ses médicaments à la gueule. J'aimerais pouvoir hurler que ça, là, ce semblant d'existence que je mène, eh bien c'est la putain de fin en réalité. Là, ce qu'on vit tout les deux, ce sont nos derniers moments ensemble. Ce sont nos adieux que nous sommes en train de vivre, parce que j'en peux plus et que j'ai pas envie de voir demain arriver. J'en ai marre. Foutrement marre. Je n'en peux plus de faire semblant de vivre et d'aller bien. J'en peux plus de me laisser ballotter par les flots, à attendre que quelqu'un vienne m'attraper par la main. C'est terminé tout ça. Maintenant je veux sombrer et pour de bon. Je pouvoir fermer les yeux et crever comme le malheureux que je suis. Je veux mourir la gueule grande ouverte, le coeur sur la main et une rose entre les doigts. Je veux y passer sans qu'il soit là, et sans savoir si il viendra à mon enterrement. Je veux juste qu'on me foute dans une putain de boîte en bois, qu'on descende mon cadavre dans la terre et qu'on rebouche le trou. J'veux qu'on m'oublie, qu'on me laisse rejoindre les limbes et que jamais on ne vienne remuer le passé. Je veux juste une brassée de fleurs et le silence. J'veux mourir sans lui et sans penser que j'ai pu briser en lui l'amour qu'il ne m'a jamais porté. Les ongles enfoncés dans ma chair, je pleure et hurle comme un gosse malade qui se sait condamné, à déjà penser à nos adieux. Parce que c'est ainsi que ça va se faire. C'est le moment, Steve, tu le vois pas ? Ou tu le comprends pas ? C'est terminé. Je suis déjà loin et toi… Toi t'es là parce que tu as pitié. Tu me regardes, tu tentes de me rassurer parce qu'au fond, je te dégoûte. J'suis tout ce que tu détestes. J'suis la sale traînée qui a laissé tout Washington lui passer dessus… J'suis la sale pute en qui il se glissait parce qu'il avait pas mieux sous la main et parce que j'écartais si facilement les cuisses. J'suis le connard qui se défonce et qui mérite son addiction et cet état de faiblesse quand lequel il est plongé… Ouais à ses yeux, je vaux rien, j'suis plus grand chose… Juste Buck, le mec qu'il aimerait oublier. Je suis ce point dont il aimerait se débarrasser, ce cadavre qu'il aimerait mettre en terre au plus vite afin de passer à autre chose. Je le sens s'éloigner et je comprends que oui, c'est terminé. C'est la fin. L'instant où nous séparons. La fin qu'il attendait tant, le tombé de rideau qui le sépara enfin du problème que je suis.  C'est là, l'instant précis où il va me dire qu'il en peut plus, qu'il veut tout arrêter, qu'il va me ramener et laisser les médecins s'occuper de moi tandis que lui retournera en cours et ne répondra plus au moindre de mes appels…  Un autre tremblement secoue l'entièreté de mon corps et au gourd d'une crise monstrueuse, d'un déchirement complet de mon être et de mon esprit, je laisse échapper le hurlement que je tentais tant de retenir lorsqu'il vient me prendre dans ses bras. Je voudrais avoir le courage de me débattre et de le supplier de me lâcher mais je suis faible… Je le suis parce que j'aime et que j'ai besoin de lui, besoin qu'il me garde tout contre son coeur et me donne l'illusion que l'on peut encore m'aimer. Et c'est peut-être pour ça que je viens nouer mes bras autour de son cou, parce que je l'aime à en crever et que je suis terrifié à l'idée que tout va prendre fin ici. Je dis vouloir mourir mais j'ai peur de ce qu'il y a après. J'ai peur de le laisser lui. J'ai peur de pleins de choses et en même temps, je veux que ça prenne fin. J'en ai marre d'être dans cet entre-deux et je crois qu'après cette étreinte, j'aurais le courage nécessaire pour mettre fin à tout ça. C'est peut-être pour ça d'ailleurs que je m'accroche à lui comme si il était la seule chose tangible en cet univers, mon seul point de repère… Mon Steve. Mon seul et unique Steve. Celui que j'aime et pour qui je ferais n'importe quoi. Celui que j'ai envie d'embrasser une dernière fois. J'enfouie mon visage dans son cou et accueille la caresse dans mes cheveux avec un sanglot déchirant. Pourquoi ce n'est pas aussi simple que ce jour-là au bord de la piscine ? Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu t'éloignes autant ? On aurait pu être heureux tout les deux. On aurait pu se protéger l'un l'autre… On aurait pu être tout les deux, jusqu'à la fin… Mais tu m'as pas rattrapé. Tu m'as laissé glisser et maintenant, je suis brisé. C'est pas de ta faute, c'est moi qui t'aies poussé à ça. Tout est de ma faute. J'ai décidé de tout faire foirer. J'suis désolé.

Tout contre lui, je sanglote pendant ce qui me semble être des heures. Je me raccroche à lui et crie ma douleur, bien incapable de l'exprimer autrement. Tout contre ce torse que j'aimais tant embrasser à une époque, je me laisse aller, à accepter que c'est la dernière étreinte que j'aurais avant l'éternité. Au fil des secondes qui passent, j'use ma voix au point de n'être bientôt plus capable que de pousser des gémissements rauques. Tu vois, je m'abime ? J'en peux plus. Essaye plus Steve. C'est terminé. C'est plié. Y'a pas de rachat. Pas de rémission. Pas de pardon. Personne ne peut me sauver, et tu le sais, parce que tu as abandonné la cause perdue que je suis depuis longtemps. Mes ongles s'enfoncent désormais dans son dos et lentement, je sombre dans un silence qui n'est dérangé que par ma respiration hachée et mes sanglots. Je voudrais dire un truc, n'importe quoi… J'aimerais avoir le courage de dire que je t'aime avant d'en finir mais même ça, c'est trop dur. Je peux pas. J'arrive même pas à croiser ton regard une dernière fois. J'suis triste, hein ? C'est ce que tu dois te dire, Steve… Qu'on devrait abréger mes souffrances.

"J'ai plus envie… Je… Je ne veux pas que ça recommence… C'est trop dur… C'est pas vivre que d'être prisonnier de son propre corps et de quatre murs."

Je veux que tu me lâches Steve ou que tu termines ce que j'ai si bien commencé. Tues-moi. Détruis-moi, mais je t'en prie, ne m'aide pas à me relever, j'en vaux pas la peine.

"Je n'en peux plus, Steve… Je que ça cesse, je veux tout lâcher et crever… Je voulais en finir… Je ne voulais pas me réveiller."


Mes doigts labourent un peu plus son t-shirt. Regarde à quoi il ressemble ton Buck. Je l'ai tué. Je l'ai brisé parce que je n'étais pas capable d'admettre que tu ne puisses pas m'aimer. J'arrivais plus à supporter les autres et Rumlow. J'arrivais plus à me regarder dans une vitre sans voir la pute crasseuse et toxico que j'suis devenu. Je voulais briser tout les miroirs de la maison et fracasser mes phalanges contre un mur. Y'a des jours j'avais envie de me péter les doigts pour ne plus avoir à culpabiliser de ne plus jouer… Parce que sans toi, je voyais pas l'intérêt de composer ou de jouer.  Tout ce que je faisais avant, c'était pour toi. Et maintenant que je sais que tu ne m'aimes vraiment pas, je ne vais pas m'accrocher à un rêve de gosse. Je préfère tout arrêter. Je préfère abandonner et me laisser glisser.

"Je t'en prie… Laisse-moi mourir."

Voilà. Tu l'entends, ma dernière demande. Ma dernière exigence. C'est raisonnable, non ? J'aurais pu demander un baiser, une caresse ou un mensonge qui aurait pu être un "je t'aime Buck", mais non, je suis resté raisonnable. Je demande juste que tu abandonnes, que tu me laisses trépasser et qu'ensuite… Tu couvres mon corps d'un voile blanc… Pourrais-tu faire ça ? Sûrement. Et si ce n'est pas le cas, la neige m'ira. Tant que tu me laisses une rose… Tout m'ira mon amour. Absolument tout.
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Jeu 24 Nov - 21:12
     

Bucky ♦ Steve

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J
'ai l'impression de vivre ce moment comme si je regardais la scène de l'extérieur. Comme si j'étais de l'autre côté d'une vitre et que je me regardais soigner Bucky, mon souffle sur le verre glacé que j'effleure du bout des doigts, et qui finit par former des gouttes qui ruissellent paresseusement. Spectateur de ma vie. De l'extérieur, j'ai l'air en meilleur état que lui, mais est-ce qu'il se doute qu'une partie de moi est morte? Est-ce qu'il se doute que j'ai mal à en crever et que j'ai presque envie de prendre un foutu stalactite dehors, de m'en servir comme une épée de glace et de me l'enfoncer dans le coeur pour que ça s'arrête. J'assiste à la fin de ce que j'avais, complètement impuissant, et sur le coup je sais pas quoi dire. Pourquoi parler d'ailleurs? Il sait déjà ce qu'il veut, à savoir quelqu'un d'autre que moi. Autre chose que je pourrais lui offrir. Quoi? J'en sais rien... sûrement quelqu'un comme lui, quelqu'un qui serait un fêtard, quelqu'un qui hésiterait pas à écumer les clubs tous les soirs jusqu'au bout de la nuit, à prendre des trucs et à se lever au coucher du soleil. La buée se forme de plus en plus, et je me demande. Est-ce que je vais arriver à continuer sans toi? Est-ce que je vais arriver à mettre un pied devant l'autre en sachant que tu m'as laissé? Que t'as jamais voulu plus que quelques nuits entre mes bras, faute de mieux? Que je pourrais finir mes études, bûcher, passer mes exams, tout ça sachant que mon coeur va rester à geler ici? Toi que j'ai attendu depuis tellement longtemps? Pour rien. Est-ce que j'aurais la force de laisser quelqu'un d'autre m'approcher? D'y croire encore? J'en sais rien... Je m'entends juste le rassurer, encore et toujours ,lui promettre que je serai là, que tout ira bien, que je veillerai sur lui, comme d'habitude, alors que je finis de bander ses mains et que je dépose de la nourriture devant lui.

Mais je réintègre mon corps, ou presque, quand d'un coup je l'entends hurler et là on touche à quelque chose que je soupçonnais pas. Pas a ce point. Bien sûr qu'il allait mal, mais j'avais pas soupçonné l'étendue des dégâts. Sans même réfléchir je le berce, je le console, je le garde contre moi, et ça me fait encore plus mal d'avoir autant besoin de lui, et de me dire que bientôt c'est un autre qui le réconfortera, qui le serrera dans ses bras. Est-ce qu'un jour moi aussi je retrouverai quelqu'un? J'en sais rien...on verra... Je me contente de le garder, de le calmer, autant que je peux, caressant ses cheveux et dos, assis sur le carrelage froid de la cuisine.

Je sens plus mon dos ni mes reins ou mes fesses quand il se calme enfin. Les larmes ont arrêté de couler, sa respiration se fait plus profonde et lourde. C'est bien...voilà...comme ça. Calme toi et respire. Détends toi, tout va bien... tout va bien. Je vais t'aider à sortir de là. Je vais t'aider à te libérer de tes démons pour qu'un autre en profite, et ensuite on vivra chacun nos vies. On se croisera peut-être à des trucs mondains...et ensuite? On s'ignorera? On aura un sourire poli l'un pour l'autre, alors qu'il sera au bras de quelqu'un d'autre? De Tasha peut-être? D'un autre type? Est-ce qu'il lui aurait dit ce qui se serait passé entre nous? Est-ce qu'on arriverait à discuter de tout et de rien autour d'une coupe de champagne où est-ce que ça deviendrait le silence gênant où ne sait pas quoi se dire? Ca serait dur. Je sais pas si je pourrais. Je sais pas si je pourrais le voir heureux sans moi, parce que jusqu'à présent j'avais encore une place, petite mais une place. Après... après je redeviendrai un inconnu. Un souvenir. Un goût de cendres sur les lèvres et des fourmillements sous les doigts. Rien de plus. Je me pince les lèvres quand il parle enfin à nouveau, qu'il relève ses yeux rougis et son museau humide vers moi et je le ramène un peu plus contre moi.

C'est un mauvais moment à passer Bucky... c'est normal que t'aies cette impression mais ça va changer. Tu vas voir tout va aller mieux. Petit à petit tu vas te débarrasser de toutes ces merdes et tu vas enfin voir les choses clairement. T'as...tellement de choses qui t'attendent là dehors...

Je me retiens de justesse d'ajouter un ''sans moi'' et continue de lui rassurer, de lui dire qu'il pourrait reprendre ses études, jouer du piano, pour quoi il est tellement doué, changer de ville, ne plus vivre avec sa mère, voyager en Europe...tout ça pour lui changer les idées, pour lui montrer que rien n'est perdu mais qu'au contraire tout commence... Mais tous mes mots glissent sur lui, ruissellent en cascade et rien n'accroche. Rien ne l'atteint, rien ne semble l'aider à aller mieux. Au contraire, il est empêtré dans son désespoir, et je sais pas comment l'en tirer. J'en sais rien. Et plus il parle, plus ça me fait mal. De me rendre compte qu'il voudrait pas rester pour moi. Que je suis pas une raison suffisante de rester en vie. Que tout est trop dur, que je vaux pas le coup de se battre. Petit à petit je sens ma gorge se nouer et même si je lutte comme un débile, je sens que ça monte. Lentement, doucement. Une larme, puis deux. La gorge qui se noue. La respiration plus rapide. Et les sanglots, légers d'abord, que j'essaie de contenir en me mordant les lèvres. Et quand il me supplie de le laisser mourir, c'est le coup de grâce. Sans même réfléchir, tout sort.

Mais tu peux pas faire ça! Buck arrête tu peux pas dire ça! Tu... et je...je ferai quoi moi hein?

Je renifle bruyamment mais le mal est fait. Je peux plus rien retenir, et tant pis pour ce que ça donnera.

Tu peux pas me laisser, parce que ça serait trop dur! Je... même si je sais que pour toi c'est...c'est pas pareil je...je t'aime moi! Et ça me tuerait de te perdre espèce de petit con! Je t'aime depuis qu'on est gosses, même si tu t'en fous...

Merde. Je renifle une nouvelle fois et je repousse doucement, titubant pour me relever malgré mes jambes endolories et glacées, m'aidant du plan de travail. J'ai été con. J'aurais pas dû lui répéter encore. A quoi ça sert hein? Ca lui fait rien. Il s'en fout. Ca va rien changer. Le mal est fait. Pourtant je tangue jusqu'à la porte et l'ouvre, lui tournant le dos et respirant à pleins poumons l'air glacé, tenant les montants en bois à m'en faire blanchir les jointures pendant que mes poumons brûlent. Je suis qu'un con.


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Dim 22 Jan - 20:09

Snake Eyes
I know you cannot possibly love me. I’m a tangible thing, already broken. But we all want to believe that we can be fixed, and maybe you’ll want to help me with that part.

Je laisse les secondes filer, acceptant au rythme des battements de jonc leur que la fin arrive et qu'elle est proche. Résigné, empêtré dans mon propre malheur et dans le creux de ses bras, j'accepte le vide et lui ouvre mon coeur. Les joues baignées de larmes, le souffle court et les ongles enfoncés dans son dos, j'admets qu'il est l'heure pour moi de fermer une dernière fois les yeux. Tout contre Steve, je me dis que c'est l'instant, le moment où il faut que j'arrête de m'accrocher et d'espérer, celui où tel l'homme en train de se noyer, il est vain de continuer à tenter d'atteindre la surface. Je bats des cils, laisse d'autres larmes brûlantes rouler le long de mes joues et nous y voilà. Ma respiration fait un hoquet douloureux tandis qu'il tente une fois de plus de me convaincre que tout ceci n'est qu'une mauvaise passe qui ne restera pas. J'ai envie de le contredire, de tenter de lui expliquer mais… J'ai jamais été bon à ça. Parler, m'exprimer, tout ça… J'ai jamais assuré. J'ai jamais trouvé la force d'être honnête avec lui et de lui avouer tout ce qui pouvait pourrir en mon sein. Là où j'assurais, c'était dans ma capacité à faire comme si rien n'était important et que tout n'était qu'un jeu… Tu te souviens ? Hein, Steve ? De cette époque où je te bernais si bien ? Sûrement… Tu dois, parce que comme tout les autres, tu penses que celui que tu as côtoyé pendant des années est le vrai Buck, sans voir derrière ce rôle si parfaitement interprété, ce James qui n'a jamais cessé de t'aimer et qui pour tes sourires aurait construit un empire. Celui qui parfois, le soir, quand l'alcool n'était pas maître de son corps, jouait pour toi des morceaux composés pour combler le vide que tu laissais à chaque fois derrière-toi. Cet enfant amoureux que j'ai tué au fil des années, étouffé derrière ce masque ridicule que je ne j'ai jamais retiré, celui que tu tiens entre tes bras et que tu tentes de sauver d'une mort qu'il accueille pourtant avec plaisir… Avais-tu déjà croisé son regard ? J'en doute. Je doute tant, mon amour.

J'entrouvre les lèvres, soupire, expire, inspire, puis rien. Pas un sanglot ne m'échappe, ni même un cri.  Dans ses bras, je me sens subitement seul, et malgré les tremblements qui secoue son être normalement inébranlable, je reste insensible à sa propre douleur, de toute façon bien trop anesthésié par la mienne pour être capable de ressentir quoique ce soit d'autre que le néant qui en cet instant me dévore. Je bats à nouveau des cils, de moins en moins conscient du monde qui m'entoure et de la sensation de son corps contre le mien. Le souffle court, je me sens lentement dériver bien loin de sa personne et glisser, lentement, sûrement, dans les bras de cet après que tant redoutent. Un murmure glisse d'entre mes lèvres, comme une dernière demande, une faveur que l'on ferait à l'être tant aimé qu'on ne peut plus voir souffrir.

"Laisse-moi mourir Steve, je t'en prie."

Laisse-moi partir. Laisse-moi fuir. Abandonne-moi et passe à autre chose, c'est pour le mieux vieux frère, et tu le sais. Regarde-toi, à pleurer, à sangloter avec moi sur le sol de cette cuisine… Tu sais que tu mérites mieux et surtout d'être heureux. Tu sais que je suis mauvais pour toi, sain ou non. Avec ou sans drogues, tu sais que je ne peux être le bon pour toi. J'étais certes un amour de jeunesse peut-être, un amant correct, mais un bon ami ? Un être qui aurait un impact positif sur ton existence ? Non. Je suis ton désastre personnel. Celui qui teinte ton existence de désespoir et de déception… Tu sais, je suis cette chose décevante dont tu attends toujours trop et qui jamais ne t'apporte ce dont tu as besoin. Je suis de trop dans ta vie, et tu le sais. Tu dois me laisser partir. Pour ton bien, mon amour, il faut que tu m'achèves. Que tu me quittes, que tu enfonces une dernière fois en mon coeur la certitude que j'ai déjà causé assez de soucis à tout le monde et qu'il est temps que je m'en aille. Je t'en voudrais pas, tu sais… Jamais même. Je ne pourrais. Je t'aime tant, trop peut-être pour t'en vouloir… Alors… Laisse-moi partir… Accorde-moi juste cela mon amour, et je saurais, rien que par cet acte de bonté, qu'un jour tu m'as aimé.

D'un mouvement qui se calque au sien, je me recule légèrement, acceptant la fin de cette étreinte tandis que lui, encore chamboulé par ce qui va arriver, sanglote et tremble, sûrement furieux contre moi. Je comprends, à ta place je le saurais aussi. J'esquisse un geste pour venir essuyer ses larmes mais je suis arrêté par les mots qui coulent d'entre ses lèvres et deviennent le poison qui réveille mes sens et mes instincts primaires. D'un "Je t'aime moi !" il me fait revenir à la vie et ressuscite presque la carcasse qui était devenue ma prison. Je perds le souffle mais réalise alors qu'il me restait encore un coeur capable de se serrer et d'aimer. J'entrouvre les lèvres mais rien ne vient. Je tente de penser, d'agir mais rien. Juste un vide. Un moment de battement où je deviens une marionnette qu'il abandonne au sol là où lui se redresse, osant m'insulter en disant que ce qu'il ressent n'a jamais été réciproque et que de nous deux, il est celui qui souffre le plus en cet instant.

"Je… Je t'interdis de penser ça…. !" est ce que j'aimerais hurler alors qu'il s'échappe, me laissant seul sur le sol de cette cuisine, pour mieux me tourner le dos et m'ignorer. Allongé désormais sur le carrelage, je laisse à nouveau sortir ce que je pensais ne plus régner en mon être, m'autorisant un premier hurlement déchirant, puis un second, tout deux témoins de la rage qui se mêle à la douleur de ne pas avoir cru en lui. Il m'aimait et je n'ai rien vu. Il m'aimait et jamais je n'ai cru en lui, préférant me cacher derrière mes certitudes et les murmures de mes angoisses. Il m'aimait et j'étais le premier à nier. "Non, il ne peut m'aimer."

"Car on ne peut aimer un être comme moi." dis-je entre deux sanglots, tandis que ma joue se colle au sol.

Je hurle à nouveau et me recroqueville sur le sol, redevenant cette coquille vide que je n'ai jamais réellement cessé d'être… Cette enveloppe charnelle brisée qui désormais porte la marque d'un amour que j'ai inconsciemment ignoré. Mes ongles tentent de s'enfoncer dans la surface solide qu'est le sol alors qu'il ne revient pas. J'ai un autre hurlement qui se mêle à un sanglot et enfin, j'arrive à parler ou du moins à exprimer ce qui aurait dû entendre depuis des années déjà.

"Je t'aime ! Je t'aime tant…. ! Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime… " Je deviens pathétique, faible. Je me recroqueville un peu plus, abandonne toute dignité et voilà que je m'ouvre enfin à lui. "Je t'aime, je t'aime… " Les mots n'ont peut-être plus de sens, mais ivre de la panique qui m'étouffe en cet instant, c'est tout ce qui peut glisser d'entre mes lèvres. "Je t'aime, je t'aime… Je t'aime…" Je t'en prie Steve, reviens… Aide-moi. Aide-moi à t'aimer correctement. "Je t'aime…."

"Je t'en prie… Laisse-moi mourir."
crackle bones
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Mar 20 Juin - 17:43
     

Bucky ♦ Steve

Snake Eyes
I
l y a des moments comme ça qui sont d'une importance capitale. Des moments qui même si on le sait pas encore, vont compter jusqu'à la fin de nos jours. Ils ont un goût de l'importance et de l'immortalité qui glissent sur la langue et qui nous font nous dire qu'il y aura un avant, et un après ça. Pour celui-là, que ma vie aura connu un avant et un après ça. Je sens jusqu'au fond de mes tripes et de mes os que cette minute, cette ridicule minute, faite d'une poignée de secondes s'étire autant qu'une galaxie, et que bientôt la moindre fraction de quelque chose qui la compose sera à jamais gravée en moi. Je suis là, debout dans la cuisine, avec Buck sur le carrelage derrière moi, me prenant de profondes inspirations d'air glacé. Et c'est drôle de constater que c'est tellement calme dehors. Tellement paisible. Tout est encore comme il devrait être, des immensités de forêts enneigées, de blizzard et de glace. Tout est calme, et il n'y a aucun bruit à part celui du vent. Tout le contraire de ma tête, ou mes tripes. Là...là c'est un ouragan d'espoir, de culpabilité et d'angoisse qui se mélangent pour tout balayer sur leur passage. Je me suis ridiculisé, encore. Encore une fois je me suis ouvert à lui, j'ai planté une dague dans mon coeur, j'ai écarté mes côtes et j'y ai plongé mes deux mains pour le lui tendre, encore sanguinolent et palpitant. Qu'encore une fois je m'étais mis genoux à terre avec mon coeur sur un plateau d'argent, attendant son bon vouloir. Parce qu'autant pendant longtemps mon coeur était à lui, mais il ne le savait pas, alors que par deux fois mon aveu a franchi mes lèvres et que je me retrouve à sa merci. Libre à lui de me faire comprendre encore une fois qu'il s'en fout, que j'ai été que son jouet, son gentil toutou tout ce temps... Et comme un con je me montre faible, comme un con je lui donne encore une occasion de me donner le coup de grâce...

Et oui malgré tout ça je supporterais pas qu'il meure. Je supporterais pas qu'il disparaisse de ma vie en même temps que de la surface de la terre. Il me fait mal, il me blesse mais j'ai besoin de lui. J'ai besoin de lui parce que c'est avec lui que j'ai mes souvenirs les plus fous comme les plus foireux. C'est avec lui que j'ai partagé et expérimenté tellement de choses et me dire que s'il part, je serais le seul à me souvenir, je serais le seul à être dépositaire de nos deux vies, et à continuer la mienne dans le regret. Pourquoi c'est si compliqué l'amour hein? Pourquoi? Pourquoi c'est si dur et ça fait si mal? Je me reprends doucement, alors qu'il commence à hurler derrière moi. Pourquoi? Est-ce que c'est déjà les premiers signes de manque qui se manifestent? Je me tourne lentement, pour le voir comme une loque sur le carrelage. Il s'est laissé glisser et est sur le sol, la joue contre le carrelage à sangloter de plus belle. Pourquoi? Je sais que tu ne m'aimes pas alors, pourquoi? Pourquoi crier comme si vu que je sais très bien que mon aveu te laisse de marbre. Nouveau hurlement et je referme la porte et fais un pas vers lui. Puis un autre. Et lentement je m'accroupis, sans comprendre pourquoi d'un coup il est dans cet état là.

Bien sûr que si... je viens de te le dire...

Ma voix est fatiguée, à peine plus haute qu'un murmure. Oui il sait. Oui je lui ai dit, alors pourquoi il répond ça? Je lui ai déclaré ma flamme et pourtant il se pose encore la question... Je pose ma main sur son épaule, ne sachant pas quoi faire, et étant trop vidé pour faire autre chose. Tout ça est trop, trop de chamboulement, de bouleversement pour au final...rien. Je suis juste obligé de faire avec, de me faire à l'idée que nos chemins vont bien se séparer après ce séjour dans cette foutue montagne, et qu'on reprendra chacun nos vies. Jusqu'au moment où ça sort. Les mots que j'attendais depuis tellement longtemps, depuis une éternité à mes yeux. Le genre de mots qui auraient permis que je supporte tout ça avec le sourire, une promesse, une certitude qu'il n'y aurait eu que moi et moi seul, comme il a toujours été le seul pour moi. Des mots qui m'auraient permis de respirer enfin et de mettre un pied devant l'autre en lui tenant la main et pas en regardant sans arrêt en arrière. Par ces mots tu m'aurais rendu plus vivant que jamais mais pourquoi maintenant? Pourquoi au moment pile où je les attendais plus? D'abord j'ai eu peu de pas comprendre, de mal comprendre, entendre de travers mais non. Ses lèvres que j'aime tellement embrasser m'offrent bien plus. Un serment. Une clé, celle d'une porte que je ne voyais que fermée... Le souffle court, la gorge nouée je reviens plus près de lui et glisse ma main dans ses cheveux.

C'est...c'est vrai? Mais pourquoi... pourquoi t'as rien dit? Pourquoi... pourquoi hier quand je te l'ai dit, à travers la porte tu as pas répondu? Je...

Une larme solitaire décide de jouer les exploratrices et décide seule d'entamer la traversée de ma joue mal rasée.

Ca fait... ça fait tellement longtemps que j'attends ça, que tu me dises ça mais...pourquoi maintenant?

C'est trop beau, et il est dans un trop sale état. Qui me dit qu'il le pense? Qui me dit qu'il est pleinement conscient? Que c'est vraiment ça qu'il veut dire et rien d'autre? Il le répète, encore et encore, mais ce qui est dur c'est de pas être sûr. Entendre ce qu'on a désespérément besoin d'entendre mais pas être sûr si on peut y croire...

Je... Buck... je veux être sûr. Je dois être sûr. Alors c'est vrai? Je... dis pas que tu veux mourir alors que si... si c'est vrai c'est...c'est totalement autre chose qui commence. Qui...s'ouvre à nous. A nous deux. Une...une chance de tout recommencer. Enfin si... si c'est vrai... et je...putain j'ai tellement envie d'y croire Buck...


GleekOut!
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Ven 23 Juin - 16:00

Snake Eyes
I know you cannot possibly love me. I’m a tangible thing, already broken. But we all want to believe that we can be fixed, and maybe you’ll want to help me with that part.

Je fatigue et m'enlise dans les propres méandres de mon esprit tandis que ma carcasse souffreteuse se fait un poids qu'une fois de plus il me faut subir et porter malgré mes plaintes et mes supplications d'en finir avec ce calvaire qu'est cette existence sans Steve. Les nerfs à vifs et la chair en feu, je me recroqueville un peu plus sur le carrelage glacé de cette cuisine alors que comme l'enfant perdu que je n'ai jamais cessé d'être, je sanglote la perte de mon Steve, qui jamais dans les rares moments où à ses côtés où je n'ai pas été fracassé, ne m'a un seul instant aimé. Lui, qui ce soir où j'aurais eu besoin de l'avoir à mes côtés, m'a giflé et insulté, pour mieux rabaisser notre relation à une simple liqueur amer qu'il se forçait à boire pour mon bon plaisir et qui désormais, me tourne le dos à l'instant même où il glisse d'entre mes lèvres les aveux d'un adolescent de seize ans qui était perdu et trop confus pour simplement admettre, ou du moins envisager, la possibilité que celui qui l'a étreint au bord de cette piscine puisse lui aussi l'aimer et non le détester. En cet instant, alors que Steve continue d'ignorer la litanie des mots qui se font flots au bout de mes lèvres, je tente de faire entendre la voix de ce Buck, qui pas encore trop cassé par son existence, avait envie de croire que lui aussi avait le droit à un instant de paix et d'amour dans les bras de l'être aimé. Pour lui, je tente, je me force à entrouvrir les lèvres, à user de ma voix si faible, mais rien. Steve continue de me tourner le dos et alors que je grelotte sur le sol, c'est à peine si je sens sa main se glisser dans mes cheveux trempées. D'un gémissement douloureux, j'accueille pourtant son attention tandis que les yeux clos, je continue de durement écorcher le sol, blessant plus mes ongles que le carrelage qui au fil de mon désespoir, se pare de quelques taches vermillon. A bout de souffle, je tente de ravir un peu d'air pour calmer mes poumons brûlants mais rien ne vient, tout m'échappe et glisse d'entre mes doigts blessés alors que je ne sais sentir ou entendre Steve à mes côtés. Pour ses attentions, ses murmures et ses mots, je me fais une fois de plus une coquille vide, un être décharné sans volonté et désir qui par résignation se laisse crever entre ses bras musclés. Une pauvre chose qui a abandonné la lutte et qui désormais, supplie pour cette mort qu'il voulait tant. Dans ses bras, je m'efface à nouveau et pour ses questions, je ne lui offre qu'un long silence entrecoupé de simples tentatives de reprendre mon souffle pour ne pas étouffer. Au coin de mes lèvres humides, un peu de salive se met à y perler tandis que mes prunelles ternes fuient une fois de plus celles de Steve, par crainte de lire dans celles-ci toute la déception de celui qui a toujours trop attendu de ma personne. La douleur dans mes doigts se fait plus forte et enfin, après de longues secondes à lutter pour ne pas crever, j'arrive enfin à articuler quelques mots qui semblent ne plus avoir de sens à présent.

"Je t'aime..."

D'un battement de cils, je chasse les larmes au coin de mes yeux, leurs offrant ainsi le droit de dévaler mes joues creuses et pâles là où un tremblement violent force mes muscles à se contracter. Un autre gémissement m'échappe et fatigué, je cesse de lutter. Las et épuisé de tout ça, j'abandonne la lutte et me fait si faible dans ses bras. Il n'y a que de simples murmures qui glissent d'entre mes lèvres alors que contre lui je reste, le cœur brisé et les lèvres entrouvertes.

"Je t'aime... "

Puis plus rien. Tout à nouveau se meurt sur mes lèvres alors que je sombre dans une inconscience qui n'a rien de reposante. La douleur reste, les sanglots aussi et mes pensées avec. Steve ne m'a jamais aimé et ce n'est pas maintenant qu'il va trouver quoi que ce soit de délicat ou de sauvable en ma personne. Les dés sont jetés, mon existence terminé et ma personne fracassé. Au sol, impuissant et dénué d'envie de continuer, je me fais comme l'homme qui ballotté par les flots furieux de l'océan a fini par s'écraser sur les récifs d'une côte peu avenante. Je ne suis rien plus qu'une épave que l'écume recrache, les restes d'un être qui trop jeune a été fêlé et dont personne n'a pris soin. Je suis cette carcasse que l'on aurait dû enterrer il y a bien longtemps, ce non-être humain qui pourrissait aux yeux de tous. Et dans les bras de Steve, là où je pensais y chercher mon salut et le pardon, je n'ai rien trouvé, à part l'abominable vérité. Je suis le poison de son existence, cet apocalypse personnel dont il doit se débarrasser, un trop qu'il n'a aucun intérêt à garder. Je suis tout ce dont Steve n'a pas besoin, tout ce qu'il devrait mépriser et détester... Et pourtant  il est là, à parler, à réclamer mon attention, à vouloir m'arracher des mots que je ne peux formuler... Il est là, à vouloir quelque chose de moi mais incapable de lui donner ce qu'il mérite pourtant, je ne peux que gémir pour lui, le souffle court et les os douloureux. J'aimerais qu'il mette fin à tout ça, mais pour une raison qui m'échappe, il me garde encore avec lui, s'accrochant sûrement à l'espoir que de moi, il peut peut-être faire quelque chose de bien. Et si l'envie de lui expliquer, de lui cracher ce qui macère au sein de mon être depuis des années, est là, à hurler au sein de mon esprit qu'il est temps d'être honnête avec lui, rien ne vient. J'aimerais lui parler de ce baiser dans l'eau, de cette première fois sur le transat et de cette nuit dans ce lit que nous avons passés. J'aimerais lui parler du goût de sa peau et de l'amour qui naît à chaque fois dans mon cœur quand nos regards se croisent et qu'il accepte de caresser ma joue avec tendresse, me donnant ainsi l'impression d'exister pour une raison. J'aimerais lui faire entendre que je ne vis que pour lui et que dans l'espoir d'obtenir de sa part un baiser ou un regard, car étant le seul qui de ses attentions, me donne l'impression d'être vivant. Sans lui à mes côtés, je n'ai de raison de continuer d'exister, et si j'aimerais être capable de lui avouer ça sans crainte et sans peur, me voilà à simplement trembler et sangloter, car bien incapable de n'être autre chose qu'une loque que l'on ramasse au sol et que l'on sermonne une fois l'orage passé. Je ne suis rien de plus que ça, un être oscillant entre crises et moment d'absences.

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