Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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I Love Rock'n'roll

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Dim 11 Oct - 17:10

I Love Rock'n'Roll
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   Je détache l'affichette épinglée sur le panneau en liège d'un couloir du campus, et mon regard parcourt les lignes bardées de fautes d'orthographe.

"Hydra Trash Party, le meilleur groupe du monde en devenir, cherche un nouveau bassiste. Si tu gères de ton instrument, et que tu sais écrire des chansons, appelle ce numéro!

PS : On embauche pas des tocards.''

Suit une série de numéros de téléphone sur des languettes. J'en déchire un et rentre le numéro dans mon portable, avant de remettre le bout de papier froissé sur le panneau. Deux autres languettes ont été arrachées. Hydra Trash Party... je les connais de nom et de réputation. Tout le monde se bat pour aller les voir jouer dans les différentes fêtes de fraternité, et une soirée devient ''cool'' si on sait qu'ils vont y être. D'ailleurs je les ai vus deux fois, et ils déchirent. Enfin... pour l'instant leur son et leur technique est du niveau des Sex Pistols, à savoir jouer vite et fort trois accords, pour les deux bras cassés qui servent d'acolytes, sauf que le chanteur... outre d'être beau à crever, il est foutrement bon à la guitare, et a une voix à tomber. Sauf que je l'ai bien vu rouler des galoches à au moins trois nanas différentes après un concert, en moins d'une heure, et je l'ai au moins vu disparaître un bon quart d'heure avec au moins deux d'entre elles. Le lover en puissance, un don juan de la six cordes, une rock star incarnée. Buck.

Il me file des chaleurs, mais on joue clairement pas dans la même cour. Déjà parce qu'il aime les filles, et sûrement beaucoup trop pour son propre bien, et ensuite... qui voudrait d'un gringalet asthmatique comme moi, qui a un souffle au coeur, de l'anémie et qui peut aussi faire de l'arythmie? Pas un mec comme lui c'est certain. Enfin... mon récent groupe a splitté parce que mon pote a déménagé dans le Kansas et l'autre a commencé médecine. Autant dire, mort. Et jouer me manque. Jouer avec d'autres. Alors... pourquoi pas? Même si ce qu'ils font est pas ma came à la base, ça peut quand même être sympa le temps que ça va durer. Histoire de me faire un nom, et d'apprendre, encore. J'attends la fin des cours pour envoyer un timide texto


''Hey. J'ai vu l'annonce pour un bassiste et je suis intéressé. Comment ça se passe? Steve''

Et une heure après, une réponse qui m'a fait sourire ''Tu nous fais un virement de mille dollars sur notre compte en Suisse et deux échantillons de sang. Buck'' Suivi d'un "Je déconne. Vendredi à 19h au 425 Riverside?''

A l'heure et l'endroit dit, mon étui de basse sur l'épaule, je descends de mon vélo et m'approche timidement de la sonnette. C'est une petite baraque un peu moche, et vieille, pas vraiment bien entretenue. Je la presse, et je sursaute quand c'est Buck lui-même qui m'ouvre, juste en caleçon, et mon regard se promène quelques secondes sur ses tatouages avant de remonter jusqu'à ses yeux. La vache. On dirait qu'il vient de se lever, et a pas l'air vraiment frais.


Si tu viens de la part de Tony dis-lui qu'on lui filera son blé mercredi...
- Non je... c'est Steve, pour être bassiste.
- Oh. Oh ouais. Merde j'avais oublié. Je. Viens.


Je le suis timidement et ose à peine mettre les pieds par terre tant cette baraque ressemble à l'antichambre de l'enfer. C'est juste... un taudis. Des fringues, des cannettes, des boites de pizza vides ou de chinois trainent un peu partout, et ça sent vraiment pas bon. Il avance en se grattant le bide et beugle à travers la baraque ''Pierce! Rumlow! Bougez votre cul, le bassiste est là!''

Les deux surgissent du salon tout aussi apocalyptique où ils étaient en train de jouer à la console, avant de nous précéder jusqu'à une petite porte. Le garage. En passant devant une chambre ouverte, je vois la silhouette d'une nana à moitié à poil et à moitié recouverte par les draps, qui dort profondément. Bucky Bitch... Ils allument la lumière et Buck entre avant moi. La vache, le garage abrite peut-être pas de bagnole, mais il est impeccable. Et ça tranche tellement par rapport au reste de la baraque! Tout est clean et dégagé, le matos est sagement rangé sur des étagères et de vieux tapis sont posés par terre pour éviter d'être sur du béton. Rumlow se met à la batterie, Pierce à la guitare, et Buck passe sa Gibson autour de son cou, pieds nus et encore en calebute, après avoir ouvert une canette de bière pour se mettre en condition. Et les autres aussi. Quand ils m'en proposent une, je décline poliment, ce qui me vaut des rires gras de la part des deux types qui l'accompagnent. Et j'ai bien senti leurs regards échangés, sourire aux lèvres. Ouais ben pardon de pas être foutu comme un bûcheron canadien les mecs...

Branche-toi là.

On me désigne un ampli ''vide'' et je les entends se préparer pendant que je sors ma vieille Kitty de son étui, avant de la passer sur mes épaules. Je branche le jack avant de me tourner vers eux.

Euh... du coup... comment on fait? On joue un morceau connu? J'en connais pas mal si jamais... Vous me dites les mecs...


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Mer 14 Oct - 19:19



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"Comment ça tu pars ?
- Buck. T'es con ou quoi ? Je pars. Comme dans, je me casse parce que j'en ai marre de bosser avec trois gros cons alcoolisés et défoncés."

Rumlow saute hors du canapé, prêt à frapper Scott, n'étant arrêté que par Pierce qui le retient. Pour ma part je me contente de serrer les dents, de toute façon trop engourdis pour mouvoir ma carcasse imbibée. Je croise son regard et pousse un soupir, passant une main sur mon visage. Putain de bordel de merde. Manquait plus que ça.

"Scott… Tu peux pas te barrer comme ça, on va faire quoi nous sans un bassiste ?
- Alors ça, c'est pas mon putain de problème ! Perso j'en ai ma claque de passer mes journées à ramasser derrière vous, à supporter vos caractères de merde et votre tendance à être répugnants ! Donc maintenant les gars, vous vous démerdez sans moi."

Il attrape sa basse, ses affaires et commence à se diriger vers la porte, sous les hurlements de Rumlow et de Pierce alors que je me contente de basculer la tête en arrière et de fixer le plafond. Putain de merde. Tu parles d'un début de journée. Il est 15h et on vient de perdre notre bassiste. Et la bonne nouvelle ? On est en pleine création d'un album et notre compositeur à la main sur la poignée de la porte.

"Et bonne chance pour écrire quelque chose d'écoutable bande de connards."

La porte claque et je ferme les yeux, agacé autant par les hurlements de rage de Rumlow et Pierce, que par le départ du seul mec de ce groupe qui était capable d'écrire. Quelle journée de merde. Le genre qui te donne envie d'aller te recoucher et simplement espérer que demain sera un jour meilleur. Je regarde le plafond bouger sous mes yeux et je me dis que c'est tout ce qu'il me reste à faire… Aller m'écrouler dans mon lit. Je me lève difficilement et commence à tanguer jusqu'à ma chambre, titubant entre les bouteilles qui traînent au sol et les cartons de pizza. Il me semble qu'on m'appelle mais j'en ai rien à foutre. Je la claque la porte derrière moi et l'allonge dans mon lit, portant encore mon pantalon et mes bottes. Je ferme les yeux et enfouis ma tête dans mon oreiller, écoutant simplement le peu de vaisselle qui nous restait voler en éclat.

*

"Mec, t'as osé afficher un truc aussi mal écrit ? Mais putain de merde ! On va passer pour quoi nous ?! Des collégiens ?
- Eh, tu m'as demandé de recruter, je recrute ! Tu vas pas te plaindre en plus connard ?!"

Je prends une grande inspiration alors que je me retiens de lui envoyer la part de pizza que j'ai en main.

"On va mettre les choses au clair… Tu m'insultes une fois de plus et la quatre fromages, je te la fous au cul. Et ensuite, oui j'ai parlé de recruter, mais pas d'afficher un truc digne d'un élève de primaire ! Putain mais ça t'arrives de réfléchir ou rien que le fait de respirer ça demande trop d'effort à ton cerveau de primate ?!"
- Oh fais pas chier… La prochaine fois tu t'en chargeras au lieu de décuver jusqu'au beau milieu de l'après-midi."

Je lève les yeux au ciel et mords dans mon morceau de pizza, sous le regard d'Alexander qui se contente de boire sa bière. C'est ça, reste silencieux, reste loin des emmerdes, t'es bon qu'à ça. Je termine ma part et en attrape un autre avant de les laisser là, de plus en plus agacé par le départ de Scott. Je claque la porte un peu sèchement et me laisse glisser contre celle-ci. Putain de merde. On avait, tellement… Mais alors tellement pas besoin d'un truc comme ça. Scott c'était un peu l'élément qui nous permettait de ne pas nous entretuer, qui veillait à ce que notre tanière ne devienne pas un annexe de l'enfer et qui en plus s'occupait des compositions de notre groupe… Maintenant sans lui… Tout se barre en couille. Et on ne peut pas vraiment se permettre ça. Ce groupe… C'est tout ce qu'on a. Si on arrête de faire de la musique… On est que dalle. Juste trois paumés qui ont décidés de quitter le lycée… Si Hydra Trash Party cesse… J'ai plus rien.  Et pour être franc, j'ai pris goût à ce semblant de célébrité qu'on a… J'aime me produire sur scène et voir tout les regards braqués sur moi, j'aime entendre les cris hystériques de la foule à mes pieds… Et je ne pense pas que je serais capable de revenir à autre chose… Pas alors que j'ai claqué la porte de chez moi en hurlant à mes parents que je finirais par leur prouver que je serais capable de vivre de ma voix et de ma gratte. Je prends une grande inspiration et regarde par ma fenêtre. Peut-être qu'on aurait dû retenir Scott… J'entends mon téléphone vibrer quelque part dans ma chambre et retient un juron alors que je constate que je n'ai aucune foutue idée de l'endroit où il se trouve. Tant pis. J'ai autre chose à foutre que de le chercher. Je m'écroule dans mon lit pour une petite sieste et à mon réveil, c'est presque avec une pointe d'agacement que je découvre qu'il était avec moi depuis tout ce temps, dissimulé entre mes draps froissés. Je le tire de là et plisse les yeux pour déchiffrer le message que mon écran tente de m'afficher. Jusqu'à finalement le décrypter. Oh putain. Semblerait que finalement… L'annonce de Rumlow ait réussit à attirer quelqu'un, malgré l'orthographe à pleurer. Un sourire se dessine sur mes lèvres et je lui envois deux messages, dans cet ordre-là :

"Tu nous fais un virement de mille dollars sur notre compte en Suisse et deux échantillons de sang. Buck."

Puis quelque chose qui ressemble à ça :

"Je déconne. Vendredi à 19h au 425 Riverside ?"

Et le jour dit… J'ai une gueule de bois colossale. Immense au point que je suis incapable de dire ce que nous avons pu faire ou non la nuit dernière. Tout ce que je sais, c'est que je pue le whisky, que j'ai plus que mon calbute et que vu les bruit à côtés… Je me doute qu'il y en a un qui a ramené du monde pour s'amuser. Putain de merde. Je jette un coup d'oeil à mon portable et voyant qu'il n'est que quinze heures… Je me dis que je peux me permettre de retourner voler quelques heures de sommeil. Jusqu'au moment où j'entends qu'on sonne à la porte. Et comme d'hab'… Personne ne bouge. Normal. C'est toujours à moi de me bouger. Je grogne et repousse les draps, me traînant jusqu'à la porte que j'ouvre en grand. Je plisse les yeux et marmonne mécaniquement la même phrase depuis quelques jours.

"Si tu viens de la part de Tony, dis-lui qu'on lui filera son blé mercredi…"

Je passe une main sur mon visage et observe le gars face à moi. Minuscule et maigrichon. Ouais, pas le genre que Tony enverrait pour nous réclamer la thune qu'on lui doit depuis un bon moment. Je passe une main dans mes cheveux et comprends mieux la raison de sa présence ici quand il me dit qu'il est là pour l'audition. Attends.. Hein ? Oh.

"Oh. Oh ouais. Merde j'avais oublié. Je. Viens."

Je m'efface pour le laisser entrer, m'étirant comme un chat alors que je tente d'attirer l'attention des deux singes qui sont sûrement en train de jouer à la console dans le salon.

"Pierce ! Rumlow ! Bougez votre cul, le bassiste est là !"

Alors qu'ils nous rejoignent, j'en profite pour faire un crochet par le frigo, m'attrapant une bière et entre dans le garage en premier. J'ouvre ma canette et en bois une grande gorgée alors que tous s'affairent autour de moi, branchant leurs instruments. J'attrape ma bonne vieille Gibson d'amour et caresse du bout des doigts ses cordes usées avant de sourire quand le petit nouveau nous demande ce qu'on va jouer.

"Eh… Regardez comme il est impatient le petit… On va y aller plus tranquillement hombre."

Léger rire de notre part alors que je me descends une autre gorgée de bière. Je repose la canette sur l'ampli et commence à arracher quelques notes à ma belle Christine. L'ampli crachote derrière moi et je glisse un sourire ravageur à notre candidat.

"On s'en fout de savoir si t'es capable de jouer tel ou tel morceau comme un dieu… Nan, ce qu'on veut, c'est que tu sois capable de nous suivre, car si c'est le cas, ça veut dire que t'as la technique et le talent pour nous suivre. Sinon… T'es juste bon à prendre la porte. Clair ?"

J'attends qu'il me donne un petit hochement de tête, riant doucement quand je capte un léger rougissement de sa part et un froncement de sourcils déterminé. Au moins, il a la rage de vaincre, ça me plait. J'attaque et débute un de nos morceaux, y'a allant doucement pour s'échauffer, écoutant ce que le petit blond fait avec sa basse… Et franchement, c'est bon. Au bout de quelques minutes, quand je vois qu'il suit sans soucis mon rythme, je pars dans une impro plus sauvage, plus violente et je suis surpris de voir que sans soucis il arrive à me suivre. Les dernières notes finissent de résonner via l'ampli et je me tourne vers lui, un léger sourire aux lèvres.

"Sérieux… C't'ait pas mal pour un petit bout dans ton genre… Dis-moi… À tout hasard… T'aurais pas un talent pour la composition ? Non parce que si c'est le cas… On te prend direct."


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Jeu 15 Oct - 20:05

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   J'en mène pas large. Vraiment pas. Je veux dire, je sais que j'ai pas à rougir de mes talents, et j'ai pas trainé mes basques au conservatoire deux fois par semaine depuis que je suis gamin pour rien. Piano, solfège et guitare, pour les bases, et ensuite batterie et basse tout seul. Déjà tout petit ma mère me répétait que j'avais le sens du rythme, même quand elle était enceinte, et que je donnais des coups de pied quand elle jouait au piano. Ensuite, quand je trainais parfois les pieds pour faire mes gammes, ou pour les dictées de notes, elle répétait tout le temps qu'apprendre un instrument était jamais perdu, et que ça finirait toujours par me servir. Il faut croire qu'elle avait raison, même si je pense pas que jouer dans un groupe de rock était dans ses plans de carrière pour moi. Enfin, elle était une fan éperdue de Jim Morrisson quand elle était jeune alors, qui sait... peut-être qu'elle sera heureuse de voir que son fils deviendra le futur Ray Manzarek...

Et là, pourtant, en face d'eux, je flippe. Parce que même si je suis meilleur que les deux gorilles, je suis clairement pas aussi à l'aise qu'eux. Pour ça être bassiste c'est bien. A part quand on s'appelle Lemmy Kilminster, tout le monde s'en fout un peu du bassiste et ça me va très bien. J'aime être discret, être invisible. J'ai pas besoin d'être vénéré, ou je sais pas quoi. Je veux juste prendre du plaisir à jouer, et en faire prendre aux autres. Sentir que les gens qui m'écoutent sont portés par ce que je joue, et sentir aussi qu'à plusieurs, on forme un tour, une sorte d'alchimie. Je saurais pas l'expliquer à quelqu'un qui a jamais fait de musique, et encore moins à quelqu'un qui n'a jamais joué dans un groupe. Des applaudissements, ça me suffit. Pas besoin de cris hystériques, de petites culottes qu'on me jette. Surtout que vu mon physique, c'est pas près d'arriver. Eux m'impressionnent, surtout Buck. Il a cette assurance foutrement séduisante, et une voix de velours... Il est comme le soleil et il faut pas que je me brûle. Trop mauvais plan.

Alors dans leur garage clean, je tente de faire bonne figure et d'assurer. De faire comme si je ne le trouvais pas beau à crever, et que les deux gorilles ne me foutaient pas la trouille. Je fais mon pro un poil blasé genre ''Non mais les mecs j'ai fait ça des milliers de fois, comprenez''. Et qu'intérieurement je me liquéfie. Enfin, j'obéis sagement, branche ma Kitty et demande dans quoi on va se lancer. Je les entend se foutre gentiment de moi, et je passe ma langue sur mes lèvres, me forçant à ne pas dévorer toutes les parties non couvertes de Buck. Surtout ses tétons percés. Gosh... Je reporte mon attention sur les clefs du manche, pour vérifier leur accordage, hochant lentement la tête à ses explications.

C'est clair. Tu commences et je te suis.

Je baisse les yeux sur Kitty avant de les fermer, et presque par réflexe mes doigts se posent sur le manche. Je laisse passer quelques mesures avant de commencer à frapper les cordes en rythme. D'abord doucement, les oreilles aux aguets. Pour arriver à suivre quelqu'un il faut arriver à le cerner, saisir sa façon de jouer, et plus encore, la façon dont ça se passe, dans sa tête. Par exemple connaissant Matt je sais qu'il aura tendance à plus jouer les majeures que les mineures, et qu'il enchaîne souvent si/mi/la. Alors pour Buck aussi, je dois cerner sa façon de penser en musique. Même si je sais que c'est bizarre.

Petit à petit je le suis de mieux en mieux et le cerne, arrivant même à prévoir quel type de note il va jouer, ou dans quelle direction va partir son intro. Enfin, sommairement, mais je me fais une idée de son jeu. Surtout qu'à la basse, j'ai cet avantage, je suis un foutu métronome. J'arrive à garder un tempo pendant un bon bout de temps sans ralentir ou accélérer, et je me débrouille pas trop mal pour suivre. Alors, pour y arriver, pour pas me laisser déconcentrer par la ligne de poils qui s'enfonce dans son caleçon qui me supplie d'y mettre la main. Merde Steve arrête. Ce type a dû mettre plus de types à genoux que toi dans toute sa vie alors qu'il en a touché aucun. Alors oublie. Oublie vite.

Je me ferme à tout ça et me concentre sur le rythme, et c'est tout. Les deux guitares, la batterie. Je l'oublie lui, oublie les gorilles. Juste la musique et rien que la musique. Je les suis du mieux que je peux, et je ne relève les doigts de mes cordes que quand les amplis ont fini de siffler, et que le silence retombe dans le garage. Je rouvre les yeux, revenant un peu à moi alors que j'entends les compliments de Buck qui roulent dans mon dos comme j'aimerais que le fasse sa main. Petit bout. Douche froide. On dirait qu'il parle à un gosse qu'il trouve mignon. Et je soupire avant de hocher la tête quand il parle de compos.


Je... si, j'écris un peu aussi. C'était marqué sur l'annonce que vous... que vous cherchiez aussi un compositeur. Et je... je peux vous faire écouter un ou deux trucs que j'ai faits récemment. Euh... vous avez pas de piano ici non? Ok tant pis. Je pourrais avoir une gratte?

Buck m'examine, sceptique, se demandant si je suis dingue avant de me tendre Christine. Et me balancer que je dois faire gaffe, sinon il me tue.

Promis. Donc en gros, ça s'appelle Plug In Baby... je vois ça partir comme ça...

Et je commence à leur jouer le riff de guitare, tout en leur expliquant ce que j'imagine pour les autres instruments.

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Ven 16 Oct - 15:59



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"Ouais… Sûrement, j'en sais foutrement rien, c'pas moi qui ait écrit l'annonce… Mais si c'était marqué… Tant mieux."

Je fronce les sourcils, encore un peu à des kilomètre de mon propre corps. Pour ma défense, j'ai ouvert les yeux y'a moins d'un quart d'heure… Donc c'est déjà un miracle que j'arrive à faire ronronner Christine du bout des doigts… Et franchement, faut pas vraiment m'en demander plus là. J'ai un soupir alors que j'entends Rumlow étouffer un "ça se plaint de mon écriture, mais ça lit même pas…", préférant me concentrer le chétif Steve, qui ô miracle en plus d'écrire peut même nous faire écouter ce dont il est capable. Eh bien, j'en connais un qui a vraiment envie de nous rejoindre. J'attrape ma canette et la termine avant d'hausser un sourcil quand il demande si on peut lui prêter une gratte. Oh non. Pas ma Christine. Pas question. Personne d'autre que moi n'a le droit de poser ses doigts sur ses cordes délicieusement usées par ma façon de jouer et mes chevalières qui les effleurent par moment. Cette Gibson et moi… C'est une histoire d'amour qui ferait pâlir d'envie Roméo et Juliette. Elle et moi c'est plus qu'à la vie à la mort… J'ai beau avoir des centaines de filles dans mon lit, c'est toujours elle que je reviendrais voir. Elles auront beau griffer mon dos, et gémir mon prénom au creux de mon oreille… Y'a qu'elle que je serais vraiment heureux d'entendre ronronner sous l'habileté de mes doigts… Les filles peuvent bien se pendre à mon cou, y'a que ma bonne vieille Christine que j'aime porter à bout de bras… Et ouais, je sais… Rien à foutre si je passe pour un taré à dire que j'aime plus ma guitare que n'importe quel être humain sur cette planète… Personne ne peut comprendre tout l'amour que j'ai pour elle. C'est ma première gratte. C'est sur elle que j'ai appris à jouer, sur elle que je me suis abîmé le bout des doigts. C'est ma guitare, et je n'ai pas franchement envie de la partager avec qui que ce soit. Mon regard fait des allers-retours entre Christine et après un roulement d'yeux et un grognement, je lui tends l'amour de ma vie, le mettant tout de même en garde :

"Tu fais gaffe avec elle. Sinon autant être honnête avec toi : je te tue."

Il l'attrape et je tire franchement la gueule quand ses doigts commencent à effleurer les cordes de ce que je considère être la plus grande merveille de ce monde. Sa promesse me fait simplement pincer les lèvres et je l'écoute, me focalisant plus sur le riff de guitare que sur le reste. Parce que bordel… C'est bon. C'est même putain de bon. Scott se démerdait pas à l'écriture, mais lui… Il est juste excellent. Avec un son pareil, des chansons pareilles… On va peut-être pouvoir devenir autre chose qu'un groupe qui fait fureur dans des fêtes d'étudiants… Peut-être qu'on va enfin être des dieux du rock et être autre chose qu'une réincarnation bâtardes des Sex Pistols. Je sens Rumlow et Pierce presque aussi impressionnés que moi. Alors quand il termine ses explications, j'ai qu'une envie c'est de récupérer ma gratte et de commencer à bosser là-dessus avec lui. Je croise le regard de Pierce et je me racle doucement la gorge, revenant à Steve.

"Franchement… Ça me branche pas mal… Ça sonne bien et c'est carrément le genre de truc qu'on pourrait jouer en concert… Écoute… Bouge pas, on revient le temps de se descendre une bière."

Je récupère ma gratte et lui glisse un sourire alors que je fais signe à mes deux acolytes de toujours de me suivre. Je referme la porte derrière moi et esquisse un sourire, reposant Christine contre le mur.

"Les mecs… On peut pas le laisser partir. Il est bon.

- Il est pas mauvais ouais… Mais bon, t'as vu à quoi il ressemble ? Il fait tache putain…. Scott était peut-être pas aussi bon que lui… Mais au moins il ressemblait pas à une putain de crevette.
- Puis bon… Faut pas exagérer, il se débrouille quoi…"

Je reste con en les entendant. Ils sont sérieux là ?

"Les gars… Vous m'expliquez là ? Vous vous rendez compte qu'on peut pas se permettre de continuer à tourner à trois ? Vous êtes au courant qu'on a un concert dans pas deux mois ? Et qu'il faudrait qu'on sorte un album avant la fin de l'année ?"

Les deux poussent un soupir et pourtant c'est moi qui est de plus en plus agacé.

"Les gars… Avec lui.. On pourrait devenir des putain de rock-stars. On pourrait être plus que trois potes qui font de la bonne musique… On pourrait être les rois du monde."

Pierce a un rire méprisant alors qu'il croise les bras sur sa poitrine. Rumlow lève les yeux au ciel et je comprends que ça coince et que le soucis… C'est le bassiste maigrichon qui squatte dans notre garage.

"Bon… Crachez le morceau…
- Buck… Le prend pas mal mais…"

Oh je pense que je ne vais pas aimer ce qui va suivre. C'est à mon tour de croiser les bras et de serrer les dents.

"Mais il fait clairement tapette."

C'est Rumlow qui crache cela avec un flegme qui me laisse con. Comme si ça semblait être une évidence. J'entrouvre les lèvres, cherchant de quelle façon l'insulter alors que Pierce hausse les épaules, en rajoutant une couche.

"Avoue-le James… Il a rien à faire avec nous… Et franchement, je dois avouer que c'est un peu écrit sur son front que son truc c'est pas les femmes."

Je couvre mon visage de mes mains, prenant une grande inspiration pour ne pas leur en coller une. C'est ça leur problème avec Steve…. ? Oh putain de merde… Bon, allez… Du calme… On va tenter de discuter avec eux même si là, tout de suite, je donnerais tout pour une bouteille d'un whisky pas trop cher, un paquet de clope et mon lit.

"Bon… Admettons… Si on met son look de côté… Il est bon, non ?"

Haussement d'épaules. Putain un jour je vais me les faire. Léger silence et j'en profite pour me frotter les yeux, poussant un soupir.

"J'ai pas de mots pour exprimer à quel point vous êtes des cons.
- Eh va te faire foutre… Tu te prends pour qui là ?
- Pour celui qui a envie de faire plus que de jouer dans des fêtes minables ! Je compte pas passer ma vie comme chanteur de seconde zone ! Je veux plus et si ce mec peut nous aider à devenir des légendes du rock, je le veux avec nous ! Et qu'il aime se faire prendre comme la dernière des salopes est le dernier de mes soucis, c'est clair ?"

Je les sens hésiter avant de pousser un soupir presque résigné.

"En fait, je m'en fous de votre avis. On le prend et c'est tout. Et gueulez autant que vous voulez, je n'en ai rien à foutre."

Je repasse la porte et le sourire qui était dessiné sur mes lèvres se fane bien rapidement. Parce que je retrouve le garage complètement vide. Adieu le vélo, Steve et ses partitions... Y'a plus que nos instruments. Bon... Au moins, il nous a rien volé. Je pousse un soupir et m'adosse à l'encadrement de la porte. Génial... Il a dû nous entendre.

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Sam 17 Oct - 22:34

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   J'espère ne pas avoir donné l'impression que je me la pétais ou quoi que ce soit, mais c'est vrai que c'est dur pour quelqu'un qui compose pas d'arriver à s'imaginer ce qui se passe dans la tête de quelqu'un qui compose. Et arriver à expliquer ce qui se passe dans ma tête quand j'entends une chanson se construire, c'est... c'est vraiment pas évident. Essayer de mettre des mots sur des notes... de faire saisir ce qu'on imagine...les nuances, les mélodies... Je lance le riff de départ de ''Plug In Baby'' avant de m'adresser à chacun d'entre eux. Pierce à la batterie, d'abord, lui donnant le tempo, puis Rumlow et la guitare rythmique. Petit à petit ce que j'ai imaginé a commencé à prendre forme. Alors oui, bien sûr on est très loin de ce que j'ai en tête, mais au moins ils ont une ébauche de ce que j'ai en tête, grâce à Christine que je tiens entre les mains. Les musiciens et leurs instruments, une grande histoire d'amour...

Je laisse ensuite le son s'évanouir, et relève le nez de mes cordes pour attendre leur verdict. D'ailleurs, j'avoue avoir été surpris. Je pensais pas que le morceau prendrait tournure aussi vite. Les deux bras cassés semblent avoir compris ce que je voulais et ça m'a étonné positivement. Buck lui, nous a observés en silence, mais avec attention. J'ai un petit sourire quand il ouvre enfin la bouche, sensible à ses compliments même s'il n'est pas le type le plus expressif du monde. Je hoche gentiment la tête en l'entendant me dire qu'ils doivent établir un conseil de guerre, et j'attends sagement dans le garage pendant qu'ils sont retournés dans le taudis. En gros c'est le moment de vérité pour savoir si on me garde ou pas.

Les trois ont mal fermé la porte, et en m'approchant un peu, j'entends tout ce qu'ils disent. Ok la curiosité est un vilain défaut mais là... là il faut que je sache. Merde. Y'a pas de mal à vouloir savoir non? Je fais un pas, puis deux, et écoute. Le premier mot que j'entends est ''crevette''. Euh... ils sont vraiment en train de parler du dîner ou...ou de moi. Bon... ça veut peut-être rien dire. Enfin... j'espère. L'autre parle cette fois, et dit simplement que ''je me débrouille''. Mec t'es sérieux? T'es vraiment sérieux? Mon pied gauche a plus de subtilité que toi dans ton jeu! Il est puissant, oui, mais frappe comme une enclume et a aucune nuance, alors venant de lui c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité.

Je serre les dents, entendant ensuite Bucky prendre la relève. Et je souris comme un con quand il ose enfin dire que j'ai du talent, et qu'avec moi leur groupe pourrait décoller et arriver à beaucoup mieux que là où ils en sont. Il parle même de ''rois du monde''. Eh beh, il en a fait des efforts, pour paraître blasé devant moi, si là il dit ça à ses potes. Malgré tout, c'est super flatteur. Sauf qu'on dirait que les deux autres ne sont toujours pas d'accord. Pourquoi? Qu'est-ce qui va pas? Et j'ai l'air de comprendre en même temps que Buck ce qui va vraiment pas. Brutalement j'ai la nausée. "Tapette", "A rien à faire avec nous'', ''son truc c'est pas les femmes''. Chacune de ces expressions est comme une gifle ou un coup de poing comme ceux que j'ai pu me prendre au lycée, justement parce que j'étais un des rares à assumer être gay. Parce que j'en ai vu plusieurs, des joueurs de l'équipe de foot ou de la chorale qui se pelotaient dans les coins sombres du bahut, et qui étaient les premiers à me traiter de pédale.

Alors c'est ça. La seule chose qui leur va pas, c'est ma dégaine. Ils sont sérieux? Ils savent que l'Inquisition est terminée et que légalement les gays ont le droit de se marier, et ont même le droit de vote? Ou alors ils ont pas eu la news, perdus dans la grotte dans laquelle ils vivent. J'hallucine. Même Buck leur fait remarquer que le principal c'est mes chansons, me faisant grimacer au "prendre comme la dernière des salopes''. Il est pas fan non plus, mais au moins lui a le mérite de reconnaître mon talent, et que mes préférences sexuelles le regardent pas. La vache, je pensais pas qu'ils puissent être aussi bas du front. Une chose est sûre, ça en est trop.

Je débranche Kitty, attrape ma housse et la fourre dedans, avant d'enrouler mon jack en quatrième vitesse et l'y mettre. Je referme le tout et passe ma housse sur mon épaule, ouvrant la porte du garage pour retrouver mon vélo sagement garé devant. Je l'enfourche et commence à m'éloigner le plus possible, la rage au ventre. Sérieusement les mecs vous êtes bons, mais hors de question que je bosse avec des mecs qui sont homophobes, et surtout très cons. Ils méritent pas que je leur confie mes chansons. Ils méritent pas que je me défonce pour composer alors qu'ils me méprisent.

Au final je mets seulement quelques minutes avant d'arriver à la résidence, et cadenasse mon vélo. Je grimpe les escaliers, et entre chez moi, posant Kitty dans un coin. Je fais valser mes Converse, mon blouson et je me laisse retomber en face de mon synthé. Je glisse le casque sur mes oreilles et me lance rageusement dans une nouvelle compo qui s'appelle ''Space Dementia". Je joue et je rejoue jusqu'à ce que je me calme enfin, et je l'éteins, ôtant mon casque en soupirant. Bande de cons. Par réflexe je regarde mon portable et je vois que pendant ma session, Bucky a tenté de me contacter. J'appuie sur le bouton de la messagerie et j'écoute ce qu'il m'a laissé.



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Je crois que je vais tuer quelqu'un. Et si possible, l'un des deux connards qui squattent dans la pièce d'à- côté. Un tremblement de rage secoue mes épaules alors que je serre les dents. Il était bon putain. Putain de bon même. Avec lui on pourrait être autre chose qu'un groupe qui joue dans des fêtes étudiantes, on pourrait faire plus… Être plus. Et c'est putain de frustrant de voir que les deux idiots qui sont meilleurs amis et accessoirement les autres membres du groupe, refusant de s'offrir cela simplement parce qu'ils ont du mal avec le look de Steve. Frustré je décoche un coup de poing au mur avant de me tourner vers Alexander et Brock.

"Voilà ! Vous êtes contents ?! Il s'est barré ! Maintenant on a plus qu'à attendre quelqu'un d'autre se pointe !
- Oh ça va le prends pas comme ça, le suivant sera meilleur et peut-être plus dans l'esprit du groupe, râle pas comme ça Bucky…
- Que je ne râle pas ?! T'es sérieux là ? Est-ce que tu te rends seulement compte que le bassiste qu'on avait là dans notre garage, était putain de doué et avait en plus des partitions à nous présenter ?! Tu te rends compte qu'on avait peut-être notre remplaçant là ?!
- Quoi t'es en train de me dire que t'aurais voulu d'une tapette comme lui dans le groupe ?!
- Ouais !"

Rumlow et moi hurlons dans la pièce alors que comme à son habitude Alexander nous regarde, attendant simplement le moment où il va devoir nous séparer. Un soupir lui échappe et alors que nous respirons comme des boeufs prêt à se jeter l'un sur l'autre, lui offrant un moment de silence pour en placer une, voilà que Rumlow me lâche froidement un truc qui me fait l'effet d'une gifle.

"Ouais non mais ça m'étonne pas, avec ton piercing à la queue… Normal que t'ai envie de te le taper entre deux groupies."

Toute trace de sang quitte on visage et comme seule réponse, je me jette sur lui, lui décochant un puissant crochet du droit. J'entends Alexander nous demander de nous calmer alors qu'un coup me cueille à la lèvre, me laissant un goût de sang sur la langue. J'étouffe un juron avant de lui coller un autre coup, sentant les mains de Pierce sur mes épaules.

*

"Alors c'est quoi cette fois-ci ?"

L'infirmière de l'hôpital ouvre le rideau et pose son regard sur nous. Maria a l'habitude de nous voir, c'est clairement pas la première fois qu'on débarque ici soit en sang, soit dans des états pas possible. Je pense que si le service des urgences était aussi bien foutu qu'un Pizza Hut, on aurait une carte de fidélité tellement nous sommes des clients réguliers. La grande brune à la silhouette plus que généreuse laisse son regarde courir sur nous avant de pousser un soupir.

"Rassurez-moi, vous avez attendu d'être au bar en train de vous souler ou vous avez préféré faire ça chez vous ?"

On lui répond tout les deux d'un grognement avant de détourner le regard, Brock pressant sa compresse sur sa tempe alors que pour ma part, je crache un peu de sang dans la bassine qu'une infirmière m'a tendu quand en voulant lui répondre je lui ai craché une gerbe de sang sur sa blouse blanche. Un soupir lui échappe alors qu'elle nous examine, écoutant Alexander lui raconter qu'on s'est battu pour une connerie. J'entrouvre les lèvres pour commencer à râler et Maria me fait signe de me taire.

"T-t-t-t-t James. Pas un mot. Pas tant que je n'ai pas examiné ta lèvre. Alors tu gardes amoureusement ta bassine pendant que je recouds ton copain."

Je crache dans la bassine et regarde le sang se mêler à ma salive. On en est là. Sans batteur, sans compositeur, et à l'hôpital. J'attends de me faire examiner pour avoir le plaisir d'entendre que ce n'est pas grave, que je ne vais pas avoir besoin de points. Maria éponge le sang sur ma lèvre, me bande les phalanges. Puis son se perd sur mes bras. Sa main vient tapoter mon épaule alors qu'elle me glisse un sourire, murmurant qu'elle est heureuse de voir qu'au moins, on a arrêté les conneries. Je lève les yeux vers elle. Non on a pas arrêté. C'est juste que l'héro c'est plus ce que c'était. On a trouvé mieux. On paye et on quitte les urgences. Je fais quelques pas pour m'éloigner d'eux, attrapant mon téléphone. Je retrouve son message et je tente de l'appeler. Je tombe une première fois sur sa messagerie et raccroche avant de retenter. Et quand c'est sa messagerie qui me répond à nouveau, je me décide à lui laisser un message :

"Eh Steve… T'es partis un peu vite cet aprem… Tellement vite qu'on a pas vraiment eu le temps de te dire qu'on te prenait dans le groupe… Donc.. Si jamais t'as ce message… Rappelle-moi."

Et j'espère qu'il le fera.

*

Sauf qu'il ne le fait pas. Huit jours passent et rien. Pas un appel de sa part. Qu'espérais-je en même temps ? Vu ce qu'il a dû entendre… Normal qu'il ne veuille plus rien avoir à faire avec nous. Normal qu'il refuse de me répondre. Normal qu'il reste loin de nous. Ma cigarette se consume entre mes lèvres alors que le regard dans le vide, Alexander et Brock remercie le dernier candidat quitte notre garage. Les deux se retournent vers moi et j'hausse les épaules, lâchant froidement :

"Hors de question. C'est à peine si il sait se servir de sa basse et niveau composition, si suffisait de ça, je serais le compositeur de ce groupe."


Je tourne les talons, retournant dans le salon pour m'écrouler sur le canapé.

"Buck tu fais chier ! Ça fait une semaine qu'on enchaine les essais avec des gars et y'en a aucun qu'est assez bon pour toi !
- Parce que la moitié qui sont venus sont des singes à peine capable de jouer !
- Ouais bon ok, ils sont pas géniaux… Mais celui d'y a deux jours…
- Il valait rien !
- Alors quoi ?!
- Alors je vais le rappeler. Tant pis. c'est lui que je veux et personne d'autre. Lui savait jouer, lui savait écrire. Alors gay ou pas, on le prend. C'est clair ?"

Silence et j'entends un soupir de la part d'Alexander.

"C'est toi le patron après tout… Donc vas-y… Appelle-le."

Je tire mon portable de ma poche et compose son numéro, espérant que je ne vais pas tomber une fois de plus sur sa messagerie. La tonalité résonne à mon oreille et finalement, j'entends sa voix au bout du fil. Je glisse une cigarette entre mes lèvres avant de reprendre.

"Steve ?"

Mon briquet galère entre mes doigts et finalement il crache une flammèche, me permettant enfin d'allumer ma cigarette.

"Ouais… Genre je t'ai envoyé un message y'a une semaine… À propos du groupe et… Et j'aimerais savoir si t'es toujours partant ?"

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  Ca fait toujours mal de se rendre compte que des mecs qu'on admire s'avèrent être des connards. De voir les idoles se fendiller, et tomber de leur piédestal. De se rendre compte qu'ils valent pas mieux que nous, ou encore moins. Ce soir j'ai compris que s'ils sont une putain de machine scénique, ce sont juste des foutus poseurs. De bons musiciens, soit, mais humainement c'est que dalle. Zéro. Et sérieusement je peux pas. Pas étonnant qu'ils soient pas foutus de composer quoi que ce soit s'ils sont aussi bornés et aigris. Bravo les mecs, vous avez raté votre chance, continuer à vous mettre des mines jusqu'à quarante berges en trainant dans des fêtes étudiantes et à sauter des minettes. Vous irez jamais plus loin en agissant comme ça, c'est sûr. Tout ça bouillonne alors que je pédale rageusement, et je dois vraiment me concentrer pour me calmer quand je sens le début d'une crise d'asthme pointer son nez. Je suis tellement furax que c'est parti tout seul. Heureusement, un shot de ventoline en bas de l'immeuble et tout s'arrange. Mais histoire d'être tranquille je passe ma rage sur mon clavier une fois que j'arrive, et en même pas une heure j'ai une bonne ébauche d'une nouvelle chanson. "Space Dementia'', une histoire d'amour et de haine qui me permet de matraquer mes touches noires et blanches.

Finalement, je suis salement fier de ce que j'ai composé. Il faut croire que la rage est une bonne muse. Et c'est seulement calmé que je repose mon casque et éteins mon clavier. Béni soit l'inventeur de ces petites choses portables et surtout dont on peut jouer à pas d'heure sans faire chier les voisins... Fatigué mais d'une bonne fatigue, je laisse se lancer le message que Buck m'a laissé et je soupire de lassitude en entendant ces excuses pathétiques. Mec tu peux même pas faire ça comme un bonhomme, il faut que tu joues la carte du ''Je comprends pas ce qui s'est passé, rappelle nous tu nous manques XOXO''. Va te faire mettre, toi, tes piercings que j'ai envie de mordiller et ton cul absolument indécent dans tes futals en cuir.

Je raccroche avant même la fin du message avec un rire mauvais. Je devrais dire merci au roi des cons de sa grande clémence et d'autoriser la pédale de service à respirer le même air qu'eux sur scène et à daigner leur offrir mes modestes compositions. Va chier.

La semaine qui suit je me calme petit à petit même si je garde cette boule au ventre. Je retourne à mes cours, jouant pour moi ou avec Matt, de petits jams sympas lui à la guitare sèche et moi au piano. J'aime bien quand sa voix un peu rauque s'élève doucement, juste et calme, et le petit sourire en coin qu'il a toujours quand il joue. Il est peut-être aveugle mais il a un foutu talent, et il fait tout à l'oreille. C'est assez dingue. Et un cran au-dessus de moi, parce que lui fait ses études au conservatoire, en piano. Il est sacrément bon, un des meilleurs de sa promo. Mais avec moi ça l'amuse de pratiquer sa guitare. J'ai souvent l'impression d'être tellement mauvais en comparaison, même s'il arrête pas de me dire que je me débrouille bien.

Jouer pour le plaisir avec quelqu'un qui me juge pas, et qui me critique pas dans mon dos me fait du bien, même si j'ai un goût amer à l'idée de pas être devenu l'un d'eux. De pas être sur scène avec eux quand ils mettent le feu au public, qu'ils rendent les gens dingues. Putain j'aimerais savoir ce que ça fait, au moins une fois, d'entendre les gens hurler, applaudir, de les voir danser, de les voir prendre leur pied. Peut-être que je trouverai après tout, y'a d'autres groupes sur le campus, et il y en a sûrement un qui aimerait trouver un bassiste, ou un claviers pas trop dégueu qui vient avec ses compos...

Les jours passent, et je suis tranquillement à la bibliothèque en train de bosser quand je sens mon portable vibrer. Merde. Je sursaute, l'attrape alors qu'il commence déjà à se promener sur le bois verni, en faisant assez de potin pour attirer des regards assassins de la part des gens autour de moi, et je file vers le premier endroit où je peux décrocher. Le local à photocopies. Insonorisé, pour que le bruit des machines ne dérange pas les lecteurs. Sans même regarder le numéro je décroche, et je m'adosse à une table vide qui sert à poser des trucs. Buck. Bizarrement mon coeur rate un battement quand je l'entends directement. Je sais pas pourquoi. Je me mords la lèvre et prends un ton neutre quand il me demande si c'est bien moi.


Non ici Freddie Mercury, je tiens le portable de Steve pendant qu'il est allé faire des photocopies ... Oui c'est moi.

Je soupire, et hausse un sourcil en l'entendant faire à nouveau son mielleux. J'ai un petit rire amer.

Buck tu poses sincèrement la question? Tu t'es pas demandé pourquoi j'avais disparu quand vous êtes revenus? J'ai pas eu un tel foutu élan d'inspiration qu'il a fallu que je rentre direct chez moi pour écrire et composer. Si je suis rentré c'est que je vous ai entendus. Tous les trois. Et je peux pas bosser avec des mecs qui me jugent comme ça, parce que je préfère un mec à une nana, parce que je suis pas foutu comme un dieu grec, pour eux c'est plus important que mon talent et mes chansons. Alors non... je suis pas partant...

Et pour conclure le tout je raccroche. Non mais.


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Le portable dans une main, la clope entre les lèvres sur lesquels mon plus sourire se dessine, je sors à Steve mon plus beau numéro de jeune homme Candide, lui faisant croire que je ne sais pas pourquoi il est parti si subitement l'autre jour après sa démonstration… Je pense qu'il y a un enfer spécial pour les gens comme moi. Sérieusement. Je tire doucement sur ma cigarette, écoutant le silence qu'il m'offre. Au fond de moi, je sais qu'il n'achète pas du tout mon ton mielleux et que d'une seconde à l'autre, il va commencer à me demander si je le prends pour un con… Mais d'un autre côté… J'aimerais qu'il soit suffisamment naïf et qu'il me dise simplement que ouais, c'est bon. Sauf qu'on sait tout les deux que ce ne sera pas le cas. Je me mordille la lèvre alors que ma cigarette se consume au bout de mes doigts. Je compte une respiration de plus avant qu'il n'ait un léger rire amer et un discours que je m'attendais franchement à entendre. Parce qu'à sa place, j'aurais sûrement eu le même, peut-être avec quelques jurons de plus. J'aurais pas dis que j'avais entendu la conversation mais plutôt que j'ai été obligé d'entendre trois connards faire les parfaits homophobes de merde. Ouais, je pense que le début aurait ressemblé à ça… Ensuite, j'aurais peut-être rajouté quelques insultes à propos de leurs mères et du fait qu'elles doivent être des succubes de l'enfer. Je serre les dents et entrouvre les lèvres, restant con quand il me raccroche au nez. Je pousse un soupir et raccroche à mon tour, glissant simplement ma cigarette entre mes lèvres. En même temps… Je m'attendais à quoi ? A ce qu'il se jette dans mes bras en me disant que oui, il voulait nous rejoindre ? Ouais peut-être que mon esprit fatigué et abruti par l'alcool et le manque de sommeil c'est dit ça… Alexander se racle la gorge derrière moi et je me contente de souffler une volute de tabac, fixant les gouttes d'eau qui roulent sur la vitre.

"Alors ?"

Je baisse les yeux et pousse un soupir.

"Alors je crois que je vais aller faire un tour."


J'écrase mon mégot dans un cendrier de fortune et attrape ma veste, les laissant tout les deux dans l'appartement. Je remonte le col de mon blouson et claque la porte, tirant une autre clope de mon paquet, la glissant entre mes lèvres. Le briquet galère une fois de plus alors que je sens l'eau rouler mon cuir et mes cheveux détachés et une fois que j'ai réussis à lui arracher une flammèche… Je commence simplement à marcher… Juste pour tenter de trouver une putain de solution. On a un concert dans… Deux mois. Et un album à rendre. Et le plus drôle dans tout ça… C'est qu'on a plus de bassiste. Et le seul qu'on aurait pu recruter et avec qui on aurait fait des étincelles refuse de nous rejoindre.  Ma cigarette peine à rester allumé et avant que je ne m'en rende vraiment compte, je suis plus occupé à suçoter le filtre qu'à vraiment fumer. Je pourrais tenter de le rappeler, mais quelque chose me dit qu'il se contenterait de me raccrocher au nez… Alors à moins d'aller carrément le voir… Oh. Je m'immobilise, mâchonnant le bout de ma clope alors que la pluie continue de glisser autant sur mes vêtements que sur ma peau. Les autres iront jamais s'excuser et encore moins ramper à ses pieds, mais moi… Moi je peux toujours aller lui faire de gringue et le convaincre de nous rejoindre… Tout ce dont j'ai besoin… C'est de savoir où les annonces ont été affichés. Je retire ma cigarette d'entre mes lèvres alors que je fais demi-tour, rentrant précipitamment à l'appartement. Encore vêtu de mon blouson trempé je croise le regard des deux alors que le souffle court, je commence à exiger des réponses.

"Combien d'affiches et où ?"

Brock hausse un sourcil avant d'entrouvrir les lèvres. Mon blouson finit par terre alors que je m'approche, m'asseyant sur la table basse face à lui. Je claque des doigts devant ses yeux avant qu'il ne me réponde. Un sourire m'échappe.

Le lendemain, vêtu de mon cuir, de mon plus beau pantalon et de mes rangers, je passe la porte de la fac comme si j'en étais le roi. Chevalières aux doigts et lunettes sur le nez, je laisse les regards courir sur ma personne alors que je capte quelques murmures qui me font doucement sourire. Ouais les filles… C'est bien moi… Bucky Barnes. Yep, le beau garçon à la voix totalement indécente à qui tu lances tes sous-vêtements en concert. Je lève le menton et arrive finalement à l'accueil. Je m'adosse au comptoir et glisse un sourire à la secrétaire. Je laisse ma voix se faire de velours alors qu'elle lève les yeux vers moi.

"Bonjour… Ce serait pour un renseignement… À propos d'un de vos étudiants."

Elle hausse un sourcil son regard courant sur ma personne. C'est ça… Regarde-moi bien. Je passe ma langue sur mes lèvres et laisse mon sourire se faire plus délicieux.

"Et vous êtes ?
- Un ami….
- Bien sûr.
- Je viens juste voir… Steve… "

Dont  je n'ai pas le nom, ce qui me fait passer pour un énorme con.

"Merveilleux pour vous."

Je pince les lèvres et me penche un peu plus vers elle, zieutant le badge sur sa poitrine.

"Écoutez…  Peggy… Vous êtes charmante et je m'en voudrais de vous faire perdre votre temps… Je suis sûr qu'une femme aussi délicieuse que vous a mieux à faire plutôt que de renseigner quelqu'un de mon genre. Voyez… J'ai besoin de voir Steve, le soucis c'est que je n'ai plus son emploi du temps en tête et je n'ai que son numéro… Vous pensez que vous pourriez m'aider… ?"

Je fais glisser le portable sur le comptoir, ne lâchant pas la secrétaire du regard.

"Ça ne prendrait que cinq minutes… S'il-vous-plait, Peggy…"

Je ronronne presque et je vois qu'au bout d'une petite seconde elle finit par me céder, cherchant dans les dossiers des étudiants. Une petite minute plus tard, elle me sort le dossier de Steve et je souris en reconnaissant la bouille de mon futur bassiste.

"C'est bien lui… Regardez ce petit amour."

Elle sourit doucement avant de me dire qu'il devrait sortir dans pas moins d'une vingtaine de minutes. Génial, le temps de griller une clope ou deux.

"Merci Love… Je vais aller l'attendre dehors…"

Je lui glisse un dernier sourire avant de ressortir, sous le regard de la secrétaire qui je suis sûr, dévore actuellement du regard mon cul, se demandant si je porte un boxer sous ce pantalon en cuir. Je sors et m'adosse à un mur, fumant derrière mes lunettes de soleil. Les vingt minutes passent et finalement, quand je vois les étudiants sortir en masse, je le cherche du regard, n'écoutant que vaguement les murmures et les regards qui m'effleurent. Puis je le vois. Petit, frêle dans la foule, le nez dans son téléphone. Un sourire m'échappe alors que je quitte mon mur, remontant mes lunettes sur mon crâne pour lui adresser un sourire magnifique.

"Steve ? Bonjour…"

Je ronronne presque alors qu'il lève enfin les yeux vers moi.

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Sur le coup ouais, ça m'a fait du bien. Ca m'a fait du bien de lui dire ses quatre vérités, de lui rappeler qu'il avait salement fait de la merde, et que c'est pas parce qu'il s'appelle Bucky Barnes qu'il peut dire ou faire ce qu'il veut. Et en même temps... J'imagine qu'il doit pas entendre ça souvent, qu'on lui sonne les cloches, qu'il se prenne un bon savon, et surtout, qu'il ait pas ce qu'il veut. Que quelqu'un lui tienne tête et le regarde pas avec un air crétin. Même si au fond, c'est un peu ce que je pense. Qu'il est beau comme un dieu, qu'il est un monstre à la guitare et qu'il a une voix qui me fout la chair de poule. Eh bien malgré tout ça, je le remets à sa place. Lui qui a des centaines de groupies sur le campus, qui doit sûrement se ramasser des pelletées de filles à chaque concert, lui qui entend des hordes d'étudiants hurler leur amour et leur vénération pour lui, se fait passer un savon par le petit bassiste gringalet. Et au risque de griller ma chance, tant pis, tant pis parce que j'ai trop d'estime pour moi-même pour me rabaisser à bosser avec eux s'ils pensent ça de moi. Et adieu les heures à passer avec lui, sa voix de velours qui chante mes paroles et sa guitare qui hurle mes notes. Tant pis.

Je souris en quittant la salle de photocopie et en retournant m'installer à ma table. Ouais. J'ai mouché Bucky Barnes et ses deux macaques. Je bosse un peu puis file au dernier cours de la journée. Le soir je retrouve Matt pour une soirée film chez moi. C'est vrai que regarder un film avec un aveugle, c'est un peu surprenant. Pas parce qu'il garde ses lunettes noires, mais juste parce que l'audio description c'est un peu spécial. Entre une voix qui raconte ce qui se passe en plus des paroles des personnages, il faut s'y faire. Et comme il est tard je lui dis de rester dormir, et le laisse s'écrouler en caleçon et en tshirt avec moi dans mon lit, finissant bientôt par dormir tous les deux comme deux gros sacs.

Le lendemain on prend rapidement le petit dej, et il m'abandonne pour repasser chez lui et se changer. Je prends ma douche, m'habille et file en cours. La journée se passe tranquillement, sandwich mangé dehors sur un banc près de la fontaine pendant que je lis un bouquin pour mes cours, deux heures de boulot en bibliothèque et ensuite deux heures de cours l'après-midi. Journée pas trop chargée. Pendant le cours d'histoire médiévale je commence à rêvasser et mine de rien quelques idées me trottent en tête. Quelque chose de sympa. Enfin sympa... lancinant... inspiré par les grands procès de l'Inquisition espagnole, joie et bonheur. Mais bon, ça se commande pas. Et je sursaute un peu quand il annonce la fin du cours. Je note les devoirs dans mon agenda, remballe mes affaires et sors, mon sac sur l'épaule et mon nez sur l'écran de mon portable pour répondre à un message de ma mère. C'est là que j'entends une voix. SA voix. Reconnaissable entre mille. Buck.

Je lève lentement le nez et tourne la tête, croisant enfin son sourire de pub dentifrice, ses lunettes de soleil remontées sur son crâne, beau à tomber dans son futal en cuir, avec ses bagues. La vache ça devrait pas être permis d'être aussi canon. Vraiment pas. Steve. Steve arrête. Arrête parce que rien de ce qu'il pourra dire là sera sincère. Tombe pas dans le panneau. La première surprise passée, je fronce un peu le sourcils, le regarde une seconde, avant de lâcher sur un ton froid.

T'es venu ici pour rien Buck.

Et comme un prince je passe à côté de lui en l'ignorant. C'est un sentiment assez génial. De me payer le luxe de l'ignorer. Surtout qu'il est venu en personne pour moi. Il a pas essayé les textos, ou me rappeler. Non il a traversé le campus. Mais d'ailleurs... j'ai jamais donné mon nom! Enfin mon nom complet! Alors... merde mais comment? Comment il est arrivé là? A savoir où m'attendre? Je vois personne qui aurait pu vendre la mèche en plus... Je sursaute en sentant sa main sur mon épaule et je m'arrête, me tournant lentement vers lui et écoutant son petit speech.

Buck, je suis pas une de tes groupies. Pourquoi je devrais croire à ton baratin alors que tu m'as menti dans ton message sur mon répondeur? Pourquoi je devrais te laisser rien que me parler et me raconter d'autres salades? Ce que vous avez dit sur moi c'est... moche. Dégueulasse. Homophobe. Alors pourquoi je devrais venir?


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Je dois avouer que d'habitude, ce n'est pas mon genre de courir après les autres, je préfère être celui qui est désiré que celui qui désire. Je préfère être l'objet de tout les désirs de quelqu'un, que d'être celui qui fantasme. J'ai l'habitude de claquer des doigts et d'obtenir ce que je veux… Alors voir que lui me résiste, certes pour de bonnes raisons, ça me donne encore plus envie de l'avoir dans le groupe. Déjà parce qu'avec sa basse et ses textes on pourrait envie devenir autre chose qu'un groupe de fêtes étudiantes, mais aussi parce qu'une part de moi ne supporte pas qu'on lui dise non. Et même si ouais, Alex' et Brock ont été dégueulasses avec lui… Merde quoi. Ma voix et ses textes… Ce serait divin. On pourrait être les prochains dieux du rock. Rien que ça. Mais pour ça… Va falloir que je lui fasse mon plus beau numéro charme, sans compter que bon… Si il est vraiment gay… Y'a moyen que je lui fasse assez d'effet pour… Le convaincre de nous rejoindre. Ouais, je sais. C'est affreux de penser ça, mais pardon… Faut aussi savoir mettre toute les chances de son côté. Donc oui, j'ose lui offrir mon plus beau sourire alors que je croise son regard, appréciant de lire une certaine surprise sur son visage. Sauf qu'après ce bref moment de flottement, voilà l'heure de la douche froide. Sa surprise laisse place à une froideur que je ne pensais pas lire sur un tel visage et une phrase qui me fait entrouvrir les lèvres, complètement con. Il passe à mes côtés, m'ignorant volontairement pour bien me faire comprendre que je me fatigue pour rien. Eh beh. Bordel de merde. C'est bien la première fois qu'on ose me faire ça. Pendant une bonne seconde je reste parfaitement con, ne sachant pas quoi faire ou quoi dire… Parce que… Parce qu'on me dit jamais non. Et alors que mon esprit cherche encore une solution à cette situation, y'a qu'une seule chose qui ressort de cette mélasse. "Rattrape-le du con." Ouais. Vite. Je me retourne et le cherche du regard, le rattrapant en quelques foulées quand je retrouve sa petite tête blonde au milieu de la masse d'étudiants qui veulent tous rentrer au plus vite chez eux. Ma main se pose sur son épaule qui semble minuscule sous mes doigts, alors qu'un sourire plus timide se dessine sur mes lèvres quand je croise à nouveau son regard.

"Eh Steve… Attends… Écoute… Je… Je sais que j'ai pas été honnête avec toi. Je sais que t'es loin d'être con et j'aurais pas dû oser t'insulter au téléphone en prétendant que je ne savais pas pourquoi tu étais parti aussi vite… Donc ouais… Je suis désolé que tu aies eu à subir les réflexions de ces connards et je suis désolé si j'ai pu dire quoi que ce soit d'offensant… C'était pas mon but. Vraiment pas."

J'ai à peine le temps de faire une pause qu'il recommence à s'énerver, me balançant au visage ce que je sais déjà. Que nos remarques étaient dégueulasses, homophobes, et que dans le fond, il n'a aucune raison de nous rejoindre. Chose que je ne peux pas vraiment remettre en question. Sans vouloir être technique… Techniquement, il a tout les droits de nous dire d'aller au diable.

"Je sais Steve… Je sais. Je suis désolé encore une fois… Mais… Je sais que les deux peuvent être des gros cons… Mais moi, je crois vraiment en ton talent. T'es putain de doué. Genre tu gères à la basse et franchement, le morceau que tu nous as présentés… Je… J'ai pas envie de te laisser filer quoi. Je pense sincèrement qu'avec toi, on va faire des putain d'étincelles. Et je le redis. Que tu sois ou gay, ça ne change rien pour moi, tu restes une brute à la basse et un super compositeur…"

Je passe ma langue sur mes lèvres, baissant les yeux vers lui. Je prends une grande inspiration avant de reprendre d'une voix plus douce, glissant mes mains dans les poches de mon blouson.

"Alors ouais, je sais que les deux autres sont des cons… Mais c'est juste qu'ils ont peur du changement, et que bon… Tu leurs a foutu la pression avec ta démonstration… Alors ouais, ils ont mal réagit et j'avoue que j'aurais dû faire quelque chose sur le moment… Mais… J'ai juste… J'ai juste envie que tu rejoignes le groupe. J'ai envie de chanter tes textes et d'entendre ta basse se joindre à ma gratte… On a vu je sais pas combien de crétins et à chaque fois qu'ils commençaient à jouer ou quoi… J'arrêtais pas de me dire que c'est toi que je voulais. Tes textes et ton talent. Pas des mecs qui avaient l'air de faire bien à nos côtés. Je veux pas de quelqu'un qui à l'air talentueux… Je te veux toi."

Bordel. Je crois que là, mon petit speech… C'est ce qui doit se rapprocher le plus d'une déclaration d'amour. Et je viens de la faire à un petit bassiste certes adorable mais avec qui je ne partage pas grand chose à part la volonté de faire vibrer le monde à l'aide de ma musique.

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Dans un sens je suis triste parce que c'est la première fois qu'un mec me fait un tel numéro, se donne autant de mal pour me retrouver, et c'est même pas pour mes fesses ou mon joli minois... C'est pour ma  basse et mes chansons. Steve on s'en fout, seul mon talent compte. Le reste... Mais merde je veux pas être réduit qu'à ça. Si j'entre dans un groupe je veux aussi que ce soit pour ce que je suis. parce qu'on m'aime bien, qu'on me trouve sympa... Pas juste parce que sais tenir le rythme et pondre des paroles. Etre dans un groupe ça implique d'être ensemble tellement de temps, vivre à moitié les uns sur les autres, que ce soit sur scène, en bagnole, en répète... et si à la base ce sont des sales cons, je sais pas comment je tiendrai le coup. Allez Steve tu trouveras autre chose. Même si c'est vrai qu'avec Bucky, je sais que j'aurais pu faire des trucs de dingues.

Alors je coupe court et le plante là, lui assénant ce que j'ai sur le coeur avant de continuer ma route. Mais il insiste. Déjà il s'excuse, et il a au moins la politesse de pas juste me glisser un "pardon" d'un gamin de quatre ans qui a collé un chewing gum dans les cheveux d'une petite de sa classe et qu'on oblige à s'excuser. Au moins il se défend, un peu. Même si je suis pas sûr qu'il pense un traitre mot de ce qu'il dit. Je soupire et je croise les bras sur mon torse, levant les yeux vers lui. Dans mon langage, ça veut dire "Je te laisse une chance de te vendre. Mais fais ça vite et bien."

Et après de nouvelles excuses, il passe à la flatterie. Me dire à quel point je suis doué, à quel point ça serait génial qu'on bosse tous ensemble. Moui moui. Et pourtant une partie de moi ronronne à l'intérieur. Parce que c'est toujours agréable de s'entendre dire que ce qu'on fait est bon. Que quelqu'un apprécie. Qui n'aimerait pas ça? Qui déteste les compliments, hein? Surtout quand ils sont faits par quelqu'un d'aussi canon et talentueux que lui? Et je le déteste parce que je sens mes grandes résolutions d'être un roc dans la tempête, avoir une volonté indestructible, s'effriter un peu. Putain... Steve tu te ressaisis! Je lutte pour ne pas sourire, et garder mon visage aussi impassible que possible.

Toi t'as rien dit de vexant je te l'accorde. Mais quant aux deux macaques? Comment je peux être sûr qu'ils vont pas de nouveau trouver ça tellement drôle de passer leurs nerfs sur moi? De faire des démonstrations de leur humour si fin et si subtil?

Parce que oui, autant Bucky je bosserai tout de suite avec lui, et ses pantalons en cuir n'arriveraient qu'en numéro trois dans la liste des choses qui me fileraient envie de tenir la basse pour lui, autant... autant les deux autres... Ce sont des musiciens tout juste passables qui se prennent pour les rois du monde.

Et il refait son Bucky Bitch. Il me dit que les deux autres ont été flippés par mon talent, que je leur ai mis la pression, et autres. Puis rajoute une couche de nappage au sucre rose en me disant à quel point il serait ravi de bosser avec moi, à quel point mes textes lui plaisent, et à quel point j'ai été le meilleur de tous ceux qu'ils ont auditionné. Bien sûr que je le sais, ça. La basse c'est mon arme de prédilection... Mais...mais continue. Continue parce que c'est la première fois qu'un mec aussi canon me sort des trucs pareils. Et c'est loin d'être désagréable... Je laisse filtrer un léger sourire, tout en gardant un air assez blasé et après une petite pause je l'entends reprendre. Ok, là je perds toute dignité. Intérieurement, je suis en train de me rouler par terre de bonheur, de couiner comme une gamine de quatorze ans à qui le mec qui lui plait a fait passer un mot planqué dans une tube de colle "Jte kiff". Mais poker face Steve. Poker face. Un petit sourire, rien de plus, même si je dois me mordre les joues pour pas sourire comme le dernier des crétins. La vache il se donne vraiment du mal. Pour caresser dans le sens du poil, il sait caresser dans le sens du poil, et pas qu'un peu. La vache j'en ai presque des vapeurs. Compliment après compliment c'est comme des vagues qui attaquent l'une après l'autre la falaise de ma résolution, et arriva ce qui devait arriver... Elle s'effondre. Surtout à son dernier mot. "Je te veux toi". Evidemment il parle dans le sens musical du terme, parce que s'il me l'avait chuchoté à mon oreille dans un sens bien moins chaste, je crois que mon pantalon serait devenu trop étroit. La vache. C'est bon. Il m'a eu. Il m'a eu ce con. Vraiment.

Je soupire et hoche la tête.


Ok. Ok je marche. Mais je veux plus entendre aucun truc du genre venant des deux macaques ok? Et bien sûr je suis l'auteur des chansons d'accord?

C'est sûr que de bosser avec lui, et surtout la perspective de sortir un album est salement tentante. La première vraie percée sérieuse dans le monde de la musique, après avoir trainé dans différents groupes ces dernières années. Le sien. Il me lance un sourire à faire fondre un iceberg et serre avec force la main que je lui tends. Putain ça y est... Je vais bosser avec eux...

Il disparaît ensuite après m'avoir dit que la répétition commencerait demain à 19h et je rentre chez moi. Bien sûr Matt est pas vraiment ravi quand je lui raconte tout ça, parce que pour lui c'est pas sain de bosser avec des types pareils et il a pas tort. Mais bon... maintenant c'est fait. Ma soirée se passe à bosser tant bien que mal, avec mon esprit qui gamberge beaucoup trop sur ce groupe... Le lendemain pareil. Les cours s'enchaînent, je bosse pas vraiment efficacement à la bibliothèque, parce que compte les heures avant d'y aller, vraiment nerveux. Et si ça recommençait? S'ils se foutaient de nouveau de ma gueule? De toute façon y'a qu'une seule manière de le savoir...

Je dépose mon vélo contre le mur de leur baraque et toque à la porte du garage, ma basse sous le bras.



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Plusieurs fois je le vois retenir un sourire dont je ne vois qu'une très légère esquisse tandis que je ne cesse de le brosser dans le sens du poil, courbant l'échine pour les murmurer les mots qu'il a envie d'entendre. Je lui dis que je ne veux que lui, qu'il est le seul qui mérite de nous rejoindre et bien sûr, je ne cesse de lui répéter qu'il a un foutu talent. Et si il m'est arrivé de mentir à certains mecs ou même d'exagérer un poil avec d'autres, là je suis étrangement honnêtement. J'ai pas à en faire des caisses ou quoi, juste à dire ce qui me semble évident. Ouais Steve a un putain de talent et ouais, j'ai envie de chanter ses textes. Des fois, c'est pas si compliqué que ça et avec lui, ça l'est pas. J'ai juste envie de lui dans le groupe. Je termine et quand je vois un autre sourire se glisser sur ses lèvres, je me dis que je le tiens enfin. J'ai le droit à un soupir puis à sa confirmation. Il me cède. Il accepte d'oublier et de nous rejoindre. C'est à mon tour de sourire. Eh bien, tu vois quand tu veux ? Suffit de savoir te ronronner ce qui faut et tu me manges dans la main. Bon, j'exagère, mais dans l'idée, c'est ça.

"Promis. Je leur achète une muselière au pire et bien sûr… Tu seras le seul auteur de tes textes, je ne ferais que les interpréter."


J'en connais qui hésiteraient pas à lui prendre ses idées et clamer qu'elles sont les leurs, mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, je suis un mec bien. Et je ne suis pas là pour lui voler quoi que ce soit, juste pour qu'il accepte de jouer avec nous. Parce qu'avec lui… Avec lui on pourrait sortir de notre routine de concerts dans des fêtes étudiantes ou dans des fraternités, avec lui, on pourrait peut-être avoir le droit à plus. À des salles de concerts, à un peu de reconnaissance. On sera peut-être plus qu'un groupe qui déchire et un peu borderline. On pourrait être des stars. Je lui offre ma main, et serre ses doigts entre les miens, lui offrant un sourire délicieux à souhait.

"Alors… J'aurais le plaisir de te voir demain à 19h pour répéter…. A demain Steve."

Ses doigts glissent d'entre les miens et après un dernier regard, je file, marchant tranquillement au milieu de la foule depuis longtemps dispersée, tirant mon paquet de clope de ma poche pour en glisser une au coin de mes lèvres. Avant de rentrer à l'appartement, je fais un crochet au supermarché, attrapant de quoi boire et manger pour la soirée, pour finalement retrouver mes deux potes de toujours en train de jouer à la console. J'ai le droit à de vagues grognements quand je passe dans le salon et que je dépose le pack de bière sur la table basse.

"Ouais heureux de vous voir aussi… Bref, les gars… J'ai réussis à la convaincre. On va l'avoir notre batteur/compositeur."

Le jeu se met en pause et j'ai finalement le droit de croiser leurs regards.

"Quoi ? T'as convaincu la crevette de nous rejoindre."

Je lève les yeux au ciel, poussant un long soupir.

"Oui. Et c'est pour ça qu'il faut qu'on se mette d'accord sur certains trucs. Déjà, pas de surnoms de ce genre. Rien même. Il accepte de revenir mais uniquement si vous arrivez à vous comportez comme des êtres humains normaux. Et d'ailleurs le premier qui fait la moindre remarque sur sa sexualité, c'est simple : Je le pends par les couilles. C'est clair ?"

J'ai le droit à quelques secondes de silence avant que les chiens ne commencent à aboyer, me disant qu'au pire Steve peut aller se faire foutre, qu'ils ont pas à se contraindre pour un crétin de son genre. On s'engueule, une canette ou deux volent à travers l'appartement, et une fois la rage passé, on se grille une clope sur le canapé, avec le souffle court et les yeux rivés au plafond. Y'a un silence ou deux. Trois ou quatre clopes fumées. Un soupir de ma part. Et finalement, leur approbation. Ok ce sera pas compliqué de faire un effort, de passer outre ça, simplement pour avoir le plaisir d'avoir quelqu'un qui sait jouer, qui sait composer. Je glisse une autre cigarette au coin de mes lèvres, retenant un léger sourire tandis que mon briquet galère à cracher quoi que ce soit. Bah voilà. Suffisait simplement de s'engueuler. Ça ne pouvait que bien se passer.

*

Avachis dans le canapé miteux qui trône dans le garage, ma Christine d'amour dont je gratouille doucement les cordes, mes lunettes de soleil sur le nez, je chantonne sans trop y croire un vieux morceau de blues bien dégueulasse à souhait, essayant simplement d'ignorer ma langue rendue sèche par l'alcool et le tabac. J'arrache quelques notes graves à Christine.

"You got to go… To the lonesome valley…

- Putain sérieux. Chante autre chose. Il fait déjà un temps de merde, on a pas besoin en plus que tu viennes miauler comme un vieux chat."

Je glisse un regard noir à Alexander, en profitant pour lui faire un doigt. Il me susurre un connard et alors que je recommence à gratter ma guitare, voilà qu'on entend le doux bruit des phalanges de quelqu'un sur la porte métallique. Du menton je fais signe à Brock d'ouvrir et c'est là que la silhouette de notre petit Steve. J'ai un léger sourire alors qu'il entre timidement dans notre antre.

"Hey… Pile à l'heure… Je t'en prie, fais comme chez toi. Tu veux une bière, ou une clope avant d'attaquer ?"

Il refuse gentiment et j'hausse une épaule. T'es trop sage garçon, mais t'inquiètes, à notre contact tu vas te salir et tu finiras comme nous. Avec l'âme noir comme du  goudron et les poumons lourds. Je me relève, m'étirant quelque peu, sentant vaguement mon t-shirt se relever et dévoiler mon ventre. Je pousse un soupir et glisse un sourire à notre nouveau bassiste.

"Bon, et si on commençait ? On va t'apprendre à jouer nos morceaux, puis ensuite, on pourrait reparler du tiens… Parce qu'il est bien sympa et je pense que ça pourrait bien rendre sur le prochain album…"

Je viens brancher ma guitare à une ampli, testant rapidement le son avant de commencer à me chauffer doucement les doigts sur une petite intro bien tranquille… Puis on se met au boulot et là… Bordel c'est bon. C'est bon et plaisant de jouer, de chanter avec quelqu'un qui sait ce qu'il fait de ses dix doigts. Les yeux clos je me donne comme si on était en concert, surtout sur la chanson qu'il a composé. Je laisse ma voix monter jusqu'à en avoir le souffle court. La répète se termine et j'ai le sang qui bout presque. J'ai envie de chanter jusqu'à en avoir les poumons qui me brûlent, je veux atteindre cette état de quasi-transe que je ressens quand nous sommes sur scène, quand j'entends qu'on hurle, qu'on chante pour nous, quand je sens une goutte de sueur glisser le long de mon échine et que je ne vois que la foule qui ne se déchaîne qu'au son de ma voix. Et tout ça… J'ai l'impression que Steve va me le donner et même plus. La répétition se termine et c'est avec un sourire aux lèvres que je croise son regard.

"Eh bien putain… Ça faisait longtemps que ça avait pas été aussi bon… Et… T'sais… Tu te débrouilles vachement bien… D'ailleurs, si t'as d'autres chansons de ce genre… Hésite pas… J'serais ravi de mettre les yeux dessus…"

Et bordel… Les semaines qui suivent son juste jouissive. On bosse ces textes et l'air de rien, on commence à monter un album digne de ce nom… A tel point qu'une fois qu'on s'est décidé, je me permets d'enregistrer une de nos séances de répétitions et j'envoie le tout à notre agent qui nous donne le feu vert pour commencer à enregistrer… Et c'est ainsi qu'on se retrouve au studio d'enregistrement qui est dans le centre. Sauf que contrairement aux autres, j'arrive en retard, la tête dans le seau et les veines empoisonnées par un truc sûrement coupé à la lessive. Mais je m'en cogne. J'ai juste besoin de ça pour avoir les idées claires. Je pousse la porte, la clope au bout des lèvres, saluant tout le monde comme si j'étais l'empereur des lieux… Jusqu'à recevoir la douche froide de la part de notre manageur.

"James… Enfin. On commençais à se demander si tu n'étais pas mort. C'est gentil d'accepter de te joindre à nous.
- Oh ça va, pour quelques minutes de retard… Sérieux ? On peut pas juste se mettre au boulot ?
- Une demi-heure, James. Une demi-heure de retard. Donc oui. Tu nous fais perdre du temps."

Je me renfrogne, levant les yeux au ciel.

"Ouais bon c'est bon. On s'y met. Fais pas chier."


J'attrape ma guitare et m'affale dans un coin, commençant à l'accorder tandis que les autres restent silencieux, écoutant le programme de la journée.
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J'en reviens pas. Ca y est. Je vais bosser avec eux. Et même si je leur en veux encore, enfin, surtout aux deux brutes, je me rappelle aussi de notre répète à tous les quatre, et comme...wow. En quelques mesures à peine, sans se parler, sans même se regarder on s'est compris. On était sur la même longueur d'onde. Alors les deux macaques sont clairement moins doués que Buck mais ils tiennent le rythme, au moins, et gardent un tempo solide et régulier. Une vraie locomotive qui ronronne lentement, et qui nous permet, à moi, mais encore plus à Buck, de se lâcher. La basse aussi est là pour assurer le rythme. Tous les trois on tisse la trame du canevas, mais c'est Buck qui la brode et la tisse. Et il est bon à ce jeu ce con. Sa voix est assurée et puissante, écorchée quand il faut, et il gère sa guitare comme un malade. N'importe quel groupe rêverait d'avoir quelqu'un comme lui. Et maintenant, ce groupe, j'en fais partie.

Allez, du calme Steve. Au pire? Ca marche pas et tu continues ta vie, peut-être que tu seras approché par d'autres et tu te lanceras dans une nouvelle aventure. Au mieux... fortune et gloire, comme on dit. Je repense à tout ça tout au long du chemin du retour, et le lendemain, en retournant dans leur baraque. Je toque directement au garage cette fois, et j'entends à travers la porte métallique le son d'un bon vieux blues bien crade. J'aime. Puis ça s'arrête, des pas qui s'approchent et la porte s'ouvre sur Brock. Je rentre dans le garage, ma basse sur l'épaule, et vois Bucky toujours  beau comme un dieu, lunettes de soleil sur le nez, et sourire ravageur.

Salut tout le monde... Bon ben... je suis prêt à attaquer! Et une bière ouais, merci...

Je me sens un peu con, et tellement pas à ma place. En comparaison, j'ai l'impression d'être un elfe au pays des orcs. Très sommairement. Il se lève et s'étire, se cambrant et dévoilant son ventre. Avec ses tatouages. Dieu du ciel j'aurais envie d'y glisser mes doigts ou d'y faire courir ma langue. Enfin Steve, arrête, il est clairement pas le genre de mec que tu peux prétendre ramener dans ton lit. Alors oublie. Oublie tout de suite. Pour lui tu es même pas sexué. Juste... deux bras pour tenir la basse et c'est tout. Rumlow me tend une bière qui est fraiche, heureusement, et j'en bois juste une gorgée avant de la poser sur l'étagère en métal toute proche. Et heureusement que j'ai la bière en main, et surtout, que pendant les quelques secondes où je bois, le verre foncé cache le rouge sur mes joues quand je vois son bas-ventre couvert d'encre... la vache. Allez Steve arrête de faire ta midinette.

Le liquide froid calme un peu mes ardeurs et je sors ma basse de sa housse, avant de passer la sangle autour de mon cou. Je la branche et vérifie rapidement si elle est toujours accordée. Je tourne une clef ou deux avant de relever le nez.

Ok, c'est bon pour moi, on peut y aller.

Je me retiens de sourire quand il me dit qu'ils vont m'apprendre à jouer leurs morceaux. Ils sont mignons, vraiment. Tous les morceaux de Hydra Trash Party, même s'ils sont bons et s'ils rendent bien en live, volent à peine plus haut que du Nirvana point de vue composition. Je dis pas que c'est mal, parce que c'est plus dur de faire quelque chose de simple, qui marche, que quelque chose de compliqué, mais juste... que quand on a, comme moi, fait de la musique depuis tout gamin, j'ai qu'à tendre l'oreille pour reconnaître leur suite de quatre accords grand max. En majeur en plus. Mais je fais celui qui obéit gentiment et qui est attentif, sauf qu'au bout de deux mesures j'ai déjà les refrains dans les doigts. Par contre...une fois qu'on se lance... et qu'on se lance vraiment c'est juste... magique. Simple. Fluide. Surtout entre Buck et moi. On a pas besoin de se parler, on a juste qu'à se regarder et à s'écouter, et on sait. On sait quand commencer l'enchaînement, on sait comment et quand prolonger une mesure, on se suit quand on essaie un peu d'improviser... C'est rare d'arriver à ça avec quelqu'un et c'est tellement génial quand ça arrive... On attaque ensuite ma chanson, "Plug In Baby" et je commence à avoir des frissons. Il est foutrement bon le salaud, c'est dingue. Sous mes yeux il est en train de faire de MA chanson SA chanson, tiraillant les paroles, jouant avec les intonation et les inflexions de sa voix, adaptant le texte à ce qu'il peut sortir et donner. Et une fois ou deux, j'ai presque failli rater une note ou une reprise parce que j'étais juste là en train de l'écouter. La vache... Je joue les dernières notes et les laisse prendre toute la place avant de s'évanouir doucement, relevant le nez vers lui.

J'en ai des carnets pleins... J'écris depuis des années donc j'ai...de quoi faire. Et je... merci pour les compliments...

J'ai un sourire gêné alors que je reprends une gorgée de bière, les autres échangeant juste des sourires ravis entre eux sans en dire plus.

Les semaines passent et me voilà embarqué dans leur rouleau compresseur. En plus de "Plug In Baby", je me colle aux morceaux qu'ils ont déjà composés, les enrichissant pour leur donner un peu plus de profondeur, et collant des paroles dessus, ou si l'inspiration manque, je pioche dans mon stock personnel quelque chose qui pourrait fonctionner. Et ça marche. Ca marche plutôt bien. Bientôt c'est cinq, sept, puis dix putain de titres qui sont prêts, et on les a testés en invitant des potes à nous écouter dans le garage. Réponse unanime : ça claque. Et plus les jours se rapprochent avant notre entrée en studio, plus je suis impatient. Impatient que le monde entier découvre Hydra Trash Party. Notre boulot. Nos chansons.

Pour le premier jour d'enregistrement j'ai à peine dormi. J'ai fait des cauchemars comme quoi tout foirait, comme quoi j'oubliais mes lignes de basse ou que je devenais incapable de jouer et pour me calmer, je ferme les yeux et mes doigts s'agitent doucement sur ma couette, alors que je marque le rythme du pied, sous les draps. Allez Steve. Ca va bien se passer. Tu vas tout déchirer. Tu verras. Et après un bon café et une longue douche je prends mon vélo pour aller au studio. Et je suis le premier. Pourquoi ça m'étonne pas? J'ai appris à les connaître, depuis le temps... Alors je soupire, et je commence à discuter avec les techniciens du studio, qui sont tous super sympas. Ils m'expliquent un peu le fonctionnement de la console, me montrent la différence des réglages entre différents boutons. Je trouve ça fascinant cette partie du boulot...

Le manager arrive un peu après moi et me laisse discuter avec les techniciens, pendu à son téléphone à parler à je ne sais qui, qui est je  sais pas où. Qu'importe, j'ai droit à un petit signe de la main avant qu'il continue à parler en se promenant. Brock et Pierce se pointe dix minutes après, et s'échauffent doucement, pas vraiment à l'aise par l'endroit. Et c'est seulement au bout d'une grosse demi-heure que Buck se pointe, visiblement pas frais, d'un pas lourd, et lunettes de soleil sur le nez. Fury lui fait la leçon mais il ronchonne comme un gamin pris la main dans la boite à gâteaux, avant d'attraper sa guitare. Je tape sur l'épaule de l'ingé son et retourne dans la cabine avec les autres, m'installant sur mon tabouret et glissant le casque sur mes oreilles. Une fois que Fury a fini son briefing je prends la parole.

Bon on commence par "Plug In Baby"? On la maîtrise bien et ça peut être le bon morceau pour nous échauffer. A moins que... Buck, ta voix est assez échauffée pour celle-là où tu préfères "Muscle Museum" qui est moins violente?

J'écoute sa réponse et place mes doigts sur mes cordes.

On commence. Brock, fais gaffe à la reprise après le refrain, ça t'arrive parfois d'être un peu en retard. Un, deux, trois...

Et la musique commence à s'élever dans le studio. Notre musique.



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Du bout des doigts j'arrache quelques notes à ma Christine d'amour, le regard dans le vide et l'esprit ailleurs. J'écoute à peine Fury parler, essayant simplement de revenir dans ce plan-ci de l'univers. Je déglutis difficilement et tente d'ignorer la colossale gueule de bois que je me tape ce matin. Mes doigts caressent doucement les cordes de ma bonne vieille Christine et je ne reviens réellement à moi que lorsque je sens que les autres se lèvent, allant déjà se mettre dans la cabine d'enregistrement. J'observe Steve, qui son casque sur les oreilles me demande déjà ce que je me sens ou non de faire. Je pousse un soupir, me raclant la gorge avant de le rejoindre.

"Pas besoin d'échauffement, je te fais ce que je veux quand je veux… Alors va pour "Plug in Baby"…"


Je viens les rejoindre et passe mon casque à mon tour, branchant Christine au passage. Je fais rouler mes épaules, et écoute une dernière fois Fury avant de sourire quand Steve se permet de reprendre Brock sur sa façon de jouer. Je lui jette un regard amusé avant de faire cracher quelques notes à Christine battant silencieusement la mesure pour finalement commencer le morceau. L'intro commence à résonner dans le studio et les yeux clos, je me laisse porter par notre morceau, notre musique. Mes doigts courent sur les cordes et sans peine je commence à chanter, me laissant porter par notre musique. Notre musique putain. On enregistre à nouveau. Et ça m'avait manqué putain. Ça m'avait manqué de ne pas être en studio simplement pour donner tout ce qu'on a pour un album qui nous ouvrira peut-être une autre marche vers le succès… Rien qu'avec ça… On pourra retourner en concert… Et bordel, j'ai besoin de ça… J'ai besoin d'être à nouveau sur scène et de sentir mon sang bouillir face à un public déchainé. J'ai besoin de sentir ce frisson courir dans mon échine, celui de l'excitation à savoir que la foule n'est pendu qu'à mes lèvres et à mon déhanché… Ma voix monte pour le refrain, s'élevant dans le studio au milieu de nos instruments. J'en oublie le monde autour de moi, n'ayant conscience que de ma voix, de la basse de Steve, de la guitare de Brock et de la batterie. Je me laisse porter par notre musique et quand le morceau se termine, j'en aurais presque la trique. Parce que… Parce que c'est putain de bon bordel. De se donner à fond et de savoir que le public va pouvoir écouter ça et frissonner sous notre talent. Je rouvre les yeux et pousse un soupir, incapable de dissimuler mon sourire. Je croise le regard de Fury d'un air de dire "alors, tu penses que je te fais perdre ton temps ?" Je retire mon casque et attrape la bouteille d'eau qu'un des gars du studio me tend, venant me placer aux côtés de Fury pour écouter le premier jet de "Plug in Baby". Et c'est bon, même Fury est obligé de l'admettre. Je descends une autre gorgée d'eau avant de jeter un léger regard à Steve.

"Bon, et bien pourquoi ne pas attaquer Muscle Museum maintenant ? Vu qu'on est chauds… Autant y aller."

Deux semaines. C'est ce qu'ils nous faut pour terminer l'enregistrement de notre album. Deux semaines pendant lesquelles j'arrive à peu près tout les matins en retard, les idée plus ou moins claires tandis qu'avec Alex et Brock nous passons nos soirées dans les bars ou dans notre appartement à descendre des verres ou à jouer à la console… Et Steve… Steve fait le gentil garçon. Il arrive à l'heure, il reste un peu le soir et ne vient jamais nous rejoindre pour nos soirées… C'est à peine si il accepte de venir fumer avec nous pendant les pauses… Non, il est trop occupé à bien se faire voir par les techniciens ou par Fury. Et si ça énerve les deux autres, moi je trouve ça presque touchant… Il a tellement envie de bien faire… De se faire bien voir… Qu'il ressemble presque à un boy-scout… J'aurais peut-être dû lui proposer plus franchement de nous rejoindre, histoire qu'on le sorte un peu de son pucelage de bon garçon et qu'on en fasse quelqu'un comme nous mais bon… Tant pis. Avec le temps on finira par le salir, par lui noircir l'âme et les poumons…

Notre album finit par sortir, et quelque peu nerveux, nous attendons les premier retours, espérant secrètement que le bouche-à-oreille va cette fois-ci nous ouvrir de vrais concerts et pourquoi pas, un bon gros début de reconnaissance… Affalé sur le canapé dans notre garage, à boire une bière en écoutant la pluie tomber sur la tôle du garage, j'attends un signe du destin… N'importe quoi en fait.

"Ça me soule… J'en ai marre d'attendre… Tu vas pas me dire qu'il n'y a pas quelqu'un qui n'a pas écouté notre album et qu'en a pas parlé à des potes….

- On a des vues sur Spotify, genre pas mal… Muscle Museum a l'air de plaire…."

Je pousse un soupir me relevant pour m'étirer un grand coup.

"Je vais devenir dingue… Dites moi qu'il doit y avoir au moins avoir quelques retours, n'importe quoi…

- Ouais… J'ai bien un truc sur une radio indépendante… Une meuf dans une émission qu'elle a… Elle parle de nous…
- Ouais ?
- Et elle a l'air de dire que notre album déchire pas mal… Qu'il y a même de super morceaux…
- Sérieux ?
- Ouais… Elle dit même qu'elle serait pas contre le fait de nous écouter en live et de voir si, je cite, "le fameux Bucky est capable de nous coller les mêmes frissons pendant un live..""

J'ai un sourire, me mordant la lèvre. Putain… C'est génial. Ok c'est peut-être qu'un avis et sur une radio plutôt marginale… Mais eh, au moins c'est déjà ça… On commence petit et ensuite… Tout le monde va parler de ce qu'on fait et bientôt… On va peut-être avoir le droit à des concerts et la reconnaissance qu'on mérite… Et c'est ce qui arrive. Au fil des semaines de plus en plus de gens remarquent notre album et même si certains disent se content d'un "c'est pas mal pour un premier album un peu plus sérieux que les précédents", d'autres disent qu'on est une sacrée bonne surprise qu'on aimerait voir sur scène… Chose qui arrive finalement. Trois semaines après la sortie de notre album, Fury nous appelle pour nous annoncer qu'il nous a trouvé un vrai concert. Par un truc dans une fête étudiante ou sur un campus… Non, là, on parle de faire la première partie d'un groupe dans une vraie salle de concert. Alors, ok, le public ne sera pas là pour nous… Mais… Une fois que j'aurais commencé à chanter, ils ne voudront que nous… Les autres paraîtront fades… C'est ce que je me répète encore et encore alors que nous sommes dans les coulisses… Prêt à grimper sur scène. J'entends le bruit de la foule qui s'impatiente et pousse un dernier soupir avant de me tourner vers Steve qui semble prêt à tourner de l'oeil. Je lui glisse un sourire avant de lui ébouriffer rapidement les cheveux.

"Eh du calme… Va pas nous faire un malaise sur scène. De toute façon on va assurer."

Je m'étire une dernière fois avant d'entrer sur scène, simplement vêtu de mon pantalon en cuir, de mes rangers et d'une longue veste de hussard noir qui ne fait que mettre en valeur mon torse nu. Je laisse mes doigts courir sur les cordes de Christine alors que je sens le regard de la foule sur ma personne. J'ai un demi-sourire et sans nous présenter, je commence à jouer les premières notes de Plug in Baby.
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Sam 30 Jan - 14:09

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C'est un foutu mystère. Comment Buck peut-il se pointer aussi défoncé, aussi déchiré à une répétition, et assurer à ce point? Franchement j'en sais rien du tout et ça me stupéfie. Moi je suis pas opérationnel si j'ai pas au moins six à sept heures de sommeil, et il faut que j'aie mangé et bu normalement sinon ça facilite les crises d'asthme ou les palpitations... Et parfois je me dis que c'est injuste. Je suis celui qui bosse le plus dur et je dois à moitié jouer les moines parce que sinon je mets tout simplement ma vie en jeu. Alors que lui... lui il peut se permettre d'avoir dormi deux heures, d'avoir encore dans le sang plus d'alcool que j'en ai jamais eu, et d'arriver à jouer comme un dieu alors qu'il marche à peine droit. J'ai en même temps envie de baver sur lui, et en même temps de le gifler. Tu t'imagines même pas ce que c'est de vivre dans ma peau... Alors que pour toi tout semble si facile... que ça me donne envie de te détester... Je serre les dents et joue, entendant à peine Brock qui grogne quand je lui fais quelques remarques. Je soupire en baissant les yeux sur mes cordes, alors que Buck gère comme un dieu, comme si c'était si facile...

Une prise, c'est tout ce qu'il a fallu. Une seule et unique prise pour ''Plug In Baby''. On a tous été géniaux, et Buck encore plus que nous tous. Alors qu'il est dans cet état-là. Qu'est-ce que ça pourrait être s'il se donnait à fond? S'il faisait ça sérieusement? Il pourrait être... il pourrait être un putain de dieu vivant du rock. Il aurait aucune limites tellement il est bon... mais non, il faut qu'il s'éclate plus à cumuler les pintes et les filles qu'à bosser ses solos... Et quelque chose me dit qu'un jour il le paiera, même si je lui souhaite pas... Même Fury laisse échapper qu'on la garde et que c'était pas mal. Tu parles que c'était pas mal... c'était juste génial! J'avais peur qu'on n'arrive pas à rendre l'ambiance du live, l'énergie et la puissance des chansons mais c'est le cas. On y est arrivés et je suis sûr que le résultat va être dingue. La même journée, on est presque au point pour "Muscle Museum". Et deux semaines plus tard l'album est enregistré. On aurait pu faire plus vite si les trois autres s'étaient pointés à peu près à l'heure chaque jour et qu'on aurait pu commencé à enregistrer plus tôt mais bon... Je ne réalise pas que des semaines, des mois de boulot sont maintenant une série de pistes audio sur les consoles et les ordis du studio. Deux semaines et voilà, maintenant on ne peut plus rien y faire. Tout ça s'est passé tellement vite. On avait quelques heures de studio par jour, que j'essayais tant bien que mal de caler entre mes cours et le boulot pour la fac. Et encore, je savais qu'eux se retrouvaient après les séances pour se mettre des mines, ou autres, mais... ils m'ont jamais proposé de venir avec eux. Dans un sens ça me fait mal, je me dis... merde, ça fait deux mois que je bosse avec eux, répète avec eux, je leur ai filé mes chansons, et tout ce à quoi j'ai droit c'est un "salut Steve" quand ils arrivent, la même chose en partant, et parfois quelques paroles échangées entre les deux à propos des morceaux...

C'est triste de se dire que je m'entends mieux avec le staff, que ce soit les ingé sons, les mecs qui aident Fury au mixage et autres... J'ai bien entendu que les deux macaques se foutent de moi parce que... je bosse. Parce que je m'intéresse à ce qu'on fait. Je me contente pas juste de poser mes lignes de gratte avant d'aller me lever des filles. Merde. Oui ça me frustre de me dire que voilà, maintenant on abandonne toutes nos chansons à des inconnus. Ca m'intéresse de savoir ce qu'ils en font. Comment ils travaillent dessus. Je pensais que bosser ensemble sur cet album arriverait à nous rapprocher mais au final... non. On est toujours de simples colocs et rien de plus. On se croise pour répéter et c'est tout. Ils m'ont jamais rien demandé sur moi. Je suis même pas sûr qu'ils savent quel cursus je fais ou ce genre de choses. Quant à mes goûts, en parlons même pas... Mais je vais devoir m'y faire.

Et enfin quelques semaines plus tard on a une première vraie date de concert. Une vraie. Ouvrir pour un petit groupe qui tourne pas mal dans la région. Et je suis salement nerveux. Comme avant d'entrer en studio j'ai peur de tout oublier, de déconner, de merder. De nous faire foirer notre chance. Qu'on détruise tout ce qu'on avait mis autant de temps à construire : notre réputation. J'ai à peine dormi de la nuit et j'ai tourné comme un lion en cage toute la journée jusqu'à ce que je me mette enfin en route pour le lieu du concert. Je retrouve les autres dans les coulisses, et je parle à peine, triturant nerveusement la sangle de ma basse, dont j'ai vérifié dix fois l'accordage. Je fais un bond en sentant la main de Buck qui se glisse dans mes cheveux et mets une secondes à réaliser qu'il... qu'il m'encourage. Qu'il me dit un mot sympa. J'ai un sourire timide et je hoche la tête, essayant de le regarder dans les yeux, et pas ailleurs même s'il est foutrement foutrement sexy ce soir.


Ouais... ouais je vais essayer... Je...euh... merci...

Du coup tout s'envole, je suis juste content qu'il se soit donné la peine de... de me dire juste ça en voyant que je suis pas bien. Trois phrases mais qui font du bien. J'inspire à fond et le suis sur scène. Je m'amuse des hurlement des filles qui le découvrent, et qui chuinent encore plus fort quand elles l'entendent chanter. Oh ouais Buck est beau. Oh ouais Buck a un foutu talent... et ce soir on met le feu. Une heure, une seul heure mais de folie, et quand le staff nous dit qu'il est temps qu'on dégage, le public est tellement dingue qu'il est à deux doigts de saccager la salle pour qu'on revienne. Une fois sorti, je m'adosse contre un mur frais, et essuie mon visage trempé avec une serviette.

Putain... c'était juste...juste génial...


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« Can you see that I am needing
Begging for so much more
Then you could ever give
What do I have to do ? »

Les premières notes de Plug in Baby ont à peine le temps de résonner dans la salle de concert que je sens le regard de la foule impatiente sur moi, ayant un léger sourire là où mes doigts caressent les cordes usées de ma si douce Christine. Un frisson de plaisir glisse sur mon échine et pour ce public sceptique, je commence à chanter, faisant enfin entendre de ma voix qui est si douce à l'oreille et qui comme le chant des sirènes fait chavirer les demoiselles en un rien de temps. Sous mes yeux et sous mes doigts, je sens que rapidement je conquière l'audience, qui se laisse charmer autant par ma voix que pour notre musique. C'est ça… Aimez, adorez, adulez. Soyez à mes genoux et demandez toujours plus. Les cris de surprises deviennent ceux d'un plaisir naissant et comme si j'étais au lit avec une fille pas farouche, j'entends rapidement la foule qui se laisse porter par l'habilité de mes doigts et ma voix. Mon sang commence à bouillir dans mes veines, et comme à mon habitude, comme si j'étais à une de ses soirées étudiantes, je commence à rouler des hanches, me lâchant complètement dans mon chant alors que déjà, ma veste glisse le long d'une de mes épaules, dévoilant un peu plus mon corps tatoué et ma peau si délicieuse. Ainsi, quand le premier morceau se termine, je sens que la foule en veut plus. Qu'elle veut qu'on la fasse vibrer, hurler, à la manière d'une amante qui ne veut pas de la tendresse et de l'amour mais plutôt qu'on lui mette la fessée pour qu'elle puisse nous appeler "papa". Ce n'est pas de l'amour et des choses douces qu'ils veulent. Ils veulent notre violence, notre son et si y'a que ça… Un sourire ravageur au possible se glisse sur mes lèvres et après avoir arraché quelques notes à Christine, j'attaque le morceau suivant, roulant des hanches et cambrant le dos pendant mes vocalises. Et pour mon plus grand plaisir, je vois la foule s'enflammer pour nous. Si au début on avait quelques cris d'appréciation et deux trois nanas en train de mouiller leur culottes sur ma personne, c'est rapidement toute la salle qui s'embrase, hurlant, sautant en rythme avec nous tandis que tel une divinité inatteignable, je continue chanter et de rouler des hanches pour eux, les observant avec un plaisir presque malsain virer dans une transe presque malsaine qui les pousse à un chaos qui me fout presque la trique. On serait dans une soirées qu'on fait habituellement, et j'aurais le droit à des lancer de sous-vêtements, des bières et peut-être même une ou deux capotes… Là; quand je retire ma veste et que je me retrouve torse-nu, simplement vêtu de mon pantalon en cuir, je n'ai le droit qu'à des hurlements. Des hurlements qui me foutent la trique. On enchaîne et quand le dernier morceau se termine… C'est l'apocalypse dans la salle. Tout le monde hurle, tout le monde en veut plus et si la sécurité n'était pas là autant pour les calmer que pour nous faire quitter la scène… Je crois qu'il aurait fallut appeler les urgences. Parce que là… C'est le chaos le plus total. C'est déferlement de corps qui dans une pulsion collective veulent simplement tout ravager. Et comme le prince de cet armée qui ne veut que le son de ma voix, je les salut une dernière fois tandis qu'un des mecs de la sécurité m'attrape par le bras et me traîne presque de force en coulisse. Et si normalement, je lui aurais hurlé dessus en le traitant de tout les noms, là je dois avouer que je m'en fous. Je m'en fous parce que le public ne voulait que nous et pire… Ils hurlaient mon prénom. Je m'avancer vers Steve, un immense sourire aux lèvres et sans hésiter une seule seconde, je l'attrape et le prend dans mes bras, riant presque comme un gamin.

"Putain ! T'as vu ?! Ils nous aiment ! Il nous aiment !"

Nous tournons une fois tout les deux avant que je ne le repose à terre, allant ensuite retrouver les deux autres qui s'ouvrent déjà une bière pour fêter ça. J'attrape au vol la canette que Rumlow me jette et l'ouvre, la portant rapidement à mes lèvres pour avaler la mousse et un début bière, sans trop vraiment me rendre compte que celle-ci coule à moitié sur mon menton. D'un revers de la main je m'essuie et viens ensuite trinquer avec eux, riant quand ils me parlent des filles qui hurlaient pour nous et du fait que les autres vont paraître si fade par rapport à nous. J'avale une autre gorgée de bière avant de dire, m'éloignant déjà avec mes deux acolytes de toujours.

"Ils étaient dingues ! On aurait dit les gars de cette espèce de fraternité chez qui ont avait joués…
- Quoi ? Ceux qu'avaient remplit la piscine avec du whisky ?
- Ouais, je te jure, on restait encore deux minutes de plus sur scène, et je crois qu'ils auraient commencé à se battre à mort pour savoir lequel ou laquelle aurait le droit de sauter sur Bucky.
- Genre…
- Genre t'as foutu le feu autant aux salopes du public qu'aux pucelles qu'osent pas franchir le cap… Là, tu les attends à la sortie de la salle et je te jure, n'importe laquelle se met à à genoux pour ta belle queue percée."

J'ai un autre rire et quand on quitte la salle de concert, laissant le déplaisir aux igné' de ranger notre matériel, je ne me rends pas compte que Steve n'est pas avec nous, pire, c'est seulement quand je me retrouve entre les cuisses d'une des groupies que je réalise que je lui ai même pas demandé si il venait venir avec nous. Et si pendant une longue seconde je cesse de bouger en elle, me disant qu'il aurait peut-être aimé venir se souler avec nous, tout est balayé quand la jeune femme vient mordiller ma gorge, gémissant doucement contre ma peau, tandis que du bout des doigts elle vient jouer avec mes tétons percés. Mes mains retrouvent ses hanches et je ferme les yeux, oubliant Steve, oubliant les autres, ne pensant qu'à cette soirée et à notre succès naissant.

Succès qui fait franchement plaisir à voir… Depuis cette première partie, tout le monde s'est mis à écouter notre album et mieux, à l'acheter. Rapidement on a commencé à faire de plus en plus de soirées, de premières partie, jusqu'à être finalement invité à un énorme festival du coin. Alors certes, nous ne sommes pas les têtes d'affiches, loin de là, mais on a notre propre scène, et si le public se pointe, c'est qu'il a envie de nous écouter ou de s'éclater. Seulement qui dit festival, dit aussi tout les à-côtés bien sympa… Les filles faciles, l'alcool qui coule à flots et surtout, de la poudre à plus savoir qu'en faire. Et si avec Rumlow et Alexander on aime bien s'enfiler quotidiennement des petits trucs sympa comme des amphétamines ou je-ne-sais-trop quels médicaments qu'on ne devrait pas prendre, mais là… Là on va pouvoir regoûter aux charmes de l'héroïne. Et c'est autant l'idée de jouer dans un festival que ça qui m'excite quand Fury nous annonce qu'on est dans la liste des groupes invités. Mais là où j'avoue lâcher… C'est quand il commence à dire qu'on va devoir bien se comporter, histoire de ne pas se traîner une réputation dégueulasse qui pourrait nous nuit… Ouais, là j'avoue ne plus rien écouter. Je pense juste aux concerts de dingue, aux filles et à tout ce qu'on va pouvoir se prendre. Je pense à la décadence complète que ça va être. Au chaos qu'on va créer et à la douceur qu'il aura sur le bout de mes doigts. Ainsi, deux mois plus tard, on y est. Nous ne sommes pas les premiers à jouer mais, c'est rien, on profite aussi de l'ambiance avant que notre tour ne vienne… Nous faisons exactement ce que Fury ne voulait pas qu'on fasse. On picole, on se défonce, on soulève des demoiselles comme si on ramassait des fleurs. Je peine à quitter les lits dans lesquels j'échoue et pire, je suis tellement défoncé que je peine à redescendre. Non… Je me fais pas se déplaisir. Dès que je sens que j'ai les idées plus claires, je m'absente, je me permets un nouveau shot… Et ça y est… Je touche à nouveau à l'extase… Sans me rendre compte que ça me fait arriver en retard aux répètes et qu'il me faut bien dix minutes pour passer le premier engourdissement. Dix minutes où je prétends que je suis simplement fatigué alors que j'ai juste besoin que la came fasse son effet. Mais après ça… Je suis meilleur que jamais. Je souffle tout le monde et je leur fait ravaler le moindre reproche… Mais aujourd'hui c'est différent. Aujourd'hui c'est la dernière répète avant notre concert et j'arrive à la bourre, à moitié habillé et clairement pas en état de jouer. Sur ma peau on peut encore sentir le parfum de ma dernière conquête et dans mes yeux, on lit sans soucis que je ne suis pas vraiment là. À tel point que Fury m'attrape par le bras et commence à m'entraîner au loin.

"Putain… Mais c'est quoi ce bordel James ?
- Lâche-moi…
- Non, je vais surtout t'emmener à l'hôpital… T'es bon à rien là, regarde-toi, tu portes encore tes fringues de la veille… Mais qu'est-ce qui te passe par la tête ?! Vous montez sur scène dans quelques heures !
- Mais lâche-moi…"

Je commence à me débattre, en vain. Sa prise se resserre et même si les autres commencent à râler, Fury les fait taire et recommence à me réprimander… Jusqu'au moment où je me mets à hurler.

"Ça va ! Je vais bien ! Je suis pas un gamin ou quoi ! Je sais qu'on a un concert et je le ferais ! C'est bon ! Je vais bien ! Alors maintenant tu me lâches et tu me laisses répéter !"

D'un coup d'épaule je me dégage et m'approche des autres, cherchant du bout des doigts ma Christine d'amour.
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Lun 2 Mai - 10:33

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Je m'étais jamais produit devant un public aussi grand. Souvent, c'était dans des cafés ou des petits clubs, et c'étaient principalement nos potes et nos familles dans l'assemblée. Alors que là, là ce sont des gens qui, même s'ils ont pas payé pour nous voir, sont foutrement nombreux, et peuvent aider à nous lancer. Le bouche à oreille, ou, si on voulais être plus exact, le tweet à instagram, peut faire le succès d'un groupe avant même qu'ils aient sorti quoi que ce soit. Juste grâce aux vidéos ou aux morceaux mis en ligne, et au fait que des aiment et le fassent écouter à d'autres. Rien qu'à voir les Arctic Monkeys. Des  gens qui ont pas d'a priori ni en bien ni en mal. Des gens qui hésiteront pas à nous laminer si c'est mauvais, ou à nous encenser si c'est bon. L'heure de vérité.

Rassuré par Bucky, mes papillons dans le ventre pour lui sont plus costauds que ma trouille et je grimpe sur scène avec les autres. On s'installe rapidement à nos places et je branche le jack de ma basse à mon ampli, sous les applaudissements encourageants de la foule. On s'était mis d'accord pour "Plug In Baby" et j'attends que Buck commence. Il envoie quelques larsens avant de faire courir ses doigts sur les cordes. Et je compte  les temps et je jette un coup d'oeil aux autres pour être sûr qu'ils partent en même temps que moi. C'est la difficulté de cette chanson, laisser Bucky partir seul, et le rejoindre ensuite plus tard, à la même seconde. Je croise leurs regards, montrant le compte à rebours en hochant la tête avant de faire un plus grand mouvement quand on démarre. Bam. Parfait. Le plus dur et passé et mes doigts tricotent tout seuls la mélodie, servant de base à Buck qui fait déjà son show. Je suis un bon auteur et compositeur,je joue de plusieurs instruments mais j'ai une voix trop faible et trop claire. Alors que Buck... Buck joue de la guitare, de sa voix et de ses hanches. Sa voix sais se faire caressante comme du velours, sexy comme des ongles qui te griffent doucement le bas des reins ou plaintive à t'en serrer les tripes. Et ce salaud sait en jouer aussi bien que de sa six cordes.

Et en quelques mesures la mayonnaise prend. Et elle prend bien. Il était bon pour les soirées étudiantes, mais là...là... il est bon. Il est très bon. Non ok. Il est juste génial. Il joue avec ses mains sur ses cordes, mais avec tout son corps. Chaque tempo marqué, chaque pulsation, il la marque d'un mouvement de hanche, ou il laisse courir sa voix en sa cambrant lascivement le dos contre le pied de micro. La vache, il me donne même chaud à moi, et je dois faire gaffe pour rester concentré, et pas devenir comme toutes ces groupies dans le public, et baver tout simplement, en rêvant comme tous les autres de poser mes mains sur sa peau amoureusement tatouée et griffer ses tétons. Alors je regarde le public, je regarde les autres, et je m'autorise que quelques coups d'oeil, histoire de faire remonter ma température. Et même quand je le regarde pas, je sens ce qu'il fait. Aux cris hystériques des nanas je sais comment il bouge, je sais le type de regards il lance, et comment il arque les reins. Je me concentre juste sur ce que j'entends, et sa guitare fait des étincelles, en même temps que sa voix.

Je l'ai jamais vu comme ça, je l'ai jamais entendu comme ça. Et chaque seconde qui passe je sens la température qui monte et la salle commence sérieusement à avoir des ondes de sexe qui rendent l'air poisseux et collant. Grâce à nous. On les met en transe. On les rend dingues. Ils ont envie de s'envoyer en l'air, ils veulent faire la fête et s'éclater. Ils hurlent, ils chantent, ils dansent. Les chansons s'enchainent comme dans un rêve. C'est presque comme si je nous voyais depuis le public, que je nous regardais mettre le feu. Une autre. Puis une autre. Et une autre encore. Les leurs que j'ai améliorées. Les miennes. Toutes fonctionnent, et les unes après les autres l'ambiance monte encore d'un cran. Jusqu'au moment où après une dernière chanson on nous débranche simplement nos amplis. L'autre groupe tire déjà la gueule parce qu'on a pris du retard. Et encore plus maintenant qu'on leur a laissé un public sur les genoux, et ça va être vachement difficile de faire aussi bien. D'envoyer de l'aussi lourd.

Je titube à moitié en sortant de scène, le tshirt trempé et les mèches de cheveux collées par la transpiration, quand je sens d'un coup une main sur mon épaule et avant que je comprenne, je me retrouve dans les bras de Buck, avec ma basse autour du cou, alors qu'il me soulève comme si je pesais rien. Mes jambes se soulèvent du sol alors qu'il me fait tourner autour de lui. La vache. Je m'y attendais pas et c'est juste... trop beau. J'ai le coeur qui rate un battement alors que mon regard croise le sien. Et dans ses bras je me sens juste...beau. Spécial. Mais malheureusement tout ça s'arrête bien vite. Il me repose et dès que les deux autres arrive, il se précipite vers eux. Je me retourne pour ôter ma basse et la ranger dans sa housse, avant d'enrouler le jack autour de mon bras. Je referme l'étui de ma basse et quand je relève les yeux, je ne les vois plus. Au final je prends une bière avec les roadies avant de rentrer m'écrouler chez moi.

Les jours suivants sont juste dingues. Par chance pour nous un DJ du coin était au concert pour voir le groupe en tête d'affiche et il est tombé amoureux de nos chansons. Alors il a acheté l'album au stand du merch' et il a commencé à en passer sur sa radio. On s'y est pas attendus mais les gens sont devenus fous. La radio a eu plein de coups de fil pour demander qui était le groupe, et le nombre de vues sur notre page Facebook a explosé. Fury nous a appelé pour nous dire qu'on avait géré, et qu'il nous avait dégoté un petit concert dans un festival. On serait dans une tente sûrement un peu paumée avec d'autres quasi-anonymes mais c'était déjà mieux que rien. Vraiment mieux que rien. Voire même une opportunité géniale. N'importe qui qui passerait et jetterait une oreille serait un fan potentiel. Je suis tellement excité et impatient à l'idée de croiser des stars et des gens du milieu qui pourraient nous apporter des contacts... le rêve. Même si... on va dire que par rapport à ce festival, on a pas les mêmes attentes. Les trois autres, ils veulent juste pouvoir encore plus faire la fête, faire les cons, et c'est tout. Ca par contre, ça m'enchante pas vraiment...

Et mes craintes se confirment. A peine arrivés, pendant que je cherche les backstage, les équipes du staff, la technique et autres, les trois crétins se mettent en chasse de groupies et de drogues. En quelques heures ils ont déjà trouvé le moyen de se défoncer totalement. Ils se perdent sur le parking des artistes, et c'est un roadie plutôt sympa qui me les a ramenés grâce à leur badge jusqu'à notre bus. Et ça continue comme ça pendant les deux jours avant le concert. Il zappe les répètes ou se pointe en retard, ce qui fait rager Fury. Je l'ai jamais vu autant en pétard, et il passe son temps à essayer de les coincer pour les enfermer dans le bus, et les avoir sous la main. De mon côté je me promène un peu, et je sympathise avec les gens d'autres groupes. Dont les Vengeurs, un groupe prometteur qui commence à faire parler de lui. Alors que je mangeais seul dans la cantine, ils m'ont gentiment proposé de venir me joindre à eux, et j'ai passé de chouettes moments. Un soir ils me proposent même de venir trainer avec eux et c'est vraiment sympa. On rigole, on discute, c'est simple et bon enfant. Ils m'écoutent. Ils m'apprécient. Ca fait du bien.

La dernière répète arrive enfin. J'attends depuis dix minutes backstage, le coeur au bord des lèvres, et les mains moites. Rumlow et Pierce se pointent quelques minutes avant, ce qui fait hurler Fury, mais pas de trace de Buck. On tourne comme des lions en cage, surtout qu'on a seulement un temps limité de répète pour nos balances avant le concert du soir. Et justement, il se pointe en retard, alors que le mec de la technique commençait déjà à s'impatienter et à vouloir faire passer le groupe d'après. Putain. J'ai vraiment la haine contre Buck, parce que merde, il avait qu'une chose à gérer. Etre là, et en bon état. Sauf que c'est tout le contraire. Il est dans un état pas possible, à moitié débraillé, et surtout pas frais. Il tient à peine debout. Je le vois attraper Christine, monter sur scène, et on le suit. Pourtant, malgré son état, il gère. C'est moins bon que d'habitude mais il gère. On termine rapidement, vu qu'on a perdu un peu de temps, et on s'éparpille jusqu'au soir. Je retourne voir les Vengeurs, même si je pense sans arrêt au concert à venir, et surtout, au fait que Buck risque de pas être frais. Voire pas là du tout. Putain.

Les heures passent et je me change avant de filer prendre ma basse et attendre notre tour. Pas de trace de Buck. Je commence à avoir la gerbe à l'idée qu'il va tout foutre en l'air parce qu'il aura pas su tenir sa queue, ou gérer son manque. Qu'à cause de lui cette occasion en or nous passe sous le nez. Les minutes passent, le groupe qui passe attaque son rappel mais l'autre est toujours pas là. Putain j'ai vraiment envie de chialer. De tout envoyer bouler. Et juste quand on nous dit de monter, je l'entends gueuler, bousculer tout le monde, et se pointer, dans un pire état que ce matin. Je secoue la tête, prévoyant déjà la catastrophe à venir, alors que je monte sur scène avec les autres. Et je prie aussi. On commence avec "Plug In Baby" puis les autres. Et ça passe. J'ai connu mieux mais ça passe. Et plus les chansons avancent, plus ça va mieux. Sauf qu'à la quatrième, à peu près au milieu de notre set, le blanc. La guitare s'arrête de jouer. Bucky a l'air figé sur scène, titubant, le regard vide. Putain. Nos regards se croisent avec Rumlow et Pierce, et je leur fais signe de s'occuper de Buck. Rumlow s'approche de Buck et pour détourner l'attention, je souffle un coup et m'installe au piano, me lançant dans "Space Dementia". On l'a pas beaucoup bossée, mais au moins le solo aura le mérite de détourner l'attention. De permettre à Buck de se refaire.

Je ferme les yeux et fais défiler les notes, perdu dans mon morceau, avant que Pierce m'accompagne à la batterie. C'est un peu maladroit mais petit à petit j'entends des cris et des applaudissements. C'est bon, ça passe. Et je respire enfin quand j'entends la guitare qui redémarre, et la foule qui hurle à nouveau. Ouf. On est sauvés. Il s'est repris. On termine le concert sans encombre, plutôt pas mal. Les gens en redemandent et ont l'air contents. C'est tout ce que je demande. On quitte la scène, saluant une dernière fois, et une fois dans les coulisses, je sens une énorme claque à l'arrière du crâne, qui me fait tomber à genoux sur la grille en métal. Et j'entends la voix d'Alexander qui me lance froidement.

Alors comme ça t'as voulu jouer ta star hein? Tu voulais être sous les projecteurs? Mais t'es juste mauvais gamin. Juste mauvais. Que je te reprenne plus à faire ton intéressant c'est clair?

Et avant que j'aie le temps de me relever, il s'est barré avec Buck et Rumlow.


© sobade.
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