Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Future Starts Slow

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Dim 27 Sep - 12:14
What a mess we make
“And I'm possessive, it isn't nice ? You've heard me saying that  smoking was my only vice.”
Ç
a ne fait que deux semaines que ma mère s'est mise en tête d'être candidate à la prochaine élection qui n'aura lieu que l'année prochaine et pourtant c'est déjà le chaos. Tout recommence et l'espace d'un instant, j'ai l'impression d'être de nouveau deux années en arrière, quand elle avait déjà tenté d'être candidate. Un putain d'enfer qui recommence, un enfer qui dure depuis que j'ai onze ans. Cette course à se faire apprécier par le reste de l'Amérique pour que l'américain moyen se décide à voter. Tout le monde recommence à tourner, à s'agiter autour de moi, parlant d'une campagne qui me passe déjà au-dessus de la tête, parce que franchement… Je sais comment ça va se passer. Au début tout semblera bien se passer, tout le monde va claquer un pognon fou et quand sourire à la télévision ne suffira plus… On en viendra à fouiller dans les poubelles de son adversaire simplement pour pouvoir le décridibiliser aux yeux du reste de l'Amérique. Et enfin, quand tout le monde aura finit de s'entretuer, celui qui aura le plus cadavres à ses pieds aura le droit d'être couronné président de ce merveilleux pays. L'idée m'arrache un soupir résigné, parce que je sais ce que ça implique pour nous… Nous qui devons graviter autour du candidat. Quand mon père entrait dans sa deuxième campagne… C'est à ce moment-là qu'un connard du camp adverse à décidé qu'il serait bon de dire "eh, regardez son deuxième fils est gay." J'avais seize ans. Je venais à peine de découvrir que mon truc c'était pas les femmes et voilà qu'alors que je vivais ma première fois avec un mec… On m'a littéralement forcé à faire mon coming-out devant toute l'Amérique. À seize on m'a jeté aux regards des caméras et de la presse, on m'a demandé d'avouer à tout le monde que oui… Le gamin que j'étais avait dû avouer devant toute l'Amérique que ouais… Mon truc c'était de me faire prendre par d'autres mecs. J'avais dû sourire et avouer ça à un peuple encore largement homophobe. Je pense que c'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à avaler des anxiolytiques par dizaines. J'arrivais pas à me détacher des critiques, des interviews qu'on m'imposait de bouffer. Dès qu'on soulevait le fait que je n'étais rien de plus qu'un sale dépravé, un contre-exemple même de l'enfant parfait et que si j'étais ainsi, c'était à cause de la mauvaise éducation que mes parents m'avaient donnés, je devais sourire et jouer l'enfant chéri de l'Amérique. Et même après, quand je pensais qu'on me laisserait enfin tranquille… Tout mes faits et gestes ne servaient qu'à alimenter mon dossier. Rapidement je suis devenu le squelette dans le placard des Hammonds. J'étais la honte de la famille. Là où Douglass avait une carrière exemplaire, un comportement de boy-scout et une charmante petite amie…. J'avais les problèmes d'alcool, de drogues, les cures de désintox, mon homosexualité… J'avais toutes les tares du monde et c'était facile pour les adversaires de mes parents et dire : "eh regardez T.J, regardez dans quel état est le fils gay de la famille… Regardez, encore à l'hosto." Je pensais que tout ceci prendrait enfin fin avec la défaite de ma mère il y a deux ans. Mais non, il faut qu'elle veuille absolument prouver à mon père qu'elle peut le faire, elle aussi.

Sur la terrasse de notre maison, une cigarette aux lèvres, je regarde la vue que nous offre notre jardin, tentant d'ignorer la sonnerie du téléphone qui retentit toutes les putain de deux secondes. Soit parce que ce sont des journalistes qui veulent parler à ma mère suite à sa déclaration ou ce sont les ces larbins qui veulent lui donner les dernières estimations. Autant d'agitation qui m'agace. Parce que je ne voulais pas de ça. Je ne voulais pas que cela recommence, je voulais qu'enfin, ils décident tous d'arrêter pour qu'on puisse redevenir une famille quasiment normale… Mais non. Fallait que ma mère ait la même ambition que mon père.  Et que Dougie dise que ouais, elle allait gagner… J'aurais été le pire des connards à lui dire que moi j'en avais ma claque de ces conneries. Alors j'ai fais ce que je sais faire de mieux. J'ai arboré mon plus beau sourire et je lui avais dis que oui, j'y croyais autant qu'elle. Je lui ai dis que je pensais que oui, elle pouvait gagner. Alors qu'au fond, je prie pour que ce ne soit pas le cas. Parce que je n'ai pas envie que tout recommence. Être un enfant à la Maison Blanche a déjà faillit me tuer deux fois… Et franchement, je commence à en avoir marre. Je donnerais tout pour n'être qu'un visage parmi la foule. Je donnerais pour n'être personne. Juste T.J Hammond. Pas le fils gay et camé de l'ancien président. Pas la honte de la famille. Mais semblerait que ce soit trop demandé…. Semblerait que je sois le seul à ne pas apprécier être sous le feu des projecteurs. Putain d'ironie de merde. Je termine ma tasse de café et pousse un soupir quand entre deux sonneries de téléphone, c'est la voix de ma mère qui me parvient. Ma mère qui visiblement a décidé de s'intéresser à moi aujourd'hui. Je me retourne et croise son regard à travers la baie vitrée, s'avançant vers moi avec un sourire éclatant et pourtant étrangement triste, avec sur les talons un homme que je ne connais pas. Je hausse un sourcil et ouvre la porte, la rejoignant dans le salon tandis qu'elle me prend dans ses bras, me serrant tout contre elle avant de se permettre de me glisser un :

"Toujours trop maigre à mon goût."

Je soupire doucement et me recule, croisant son regard désormais plus inquiet.

"Tu es sûr que tu manges correctement ?
- Oui m'man… C'est juste qu'on gagne pas dix kilos en deux semaines… À moins de bouffer n'importe quoi…
- Tu as raison… Mais mange quand même, si j'apprends que tu as encore maigris…
- Je sais, je sais…
- Bien…"

Un léger silence s'installe entre nous et je ne peux que détourner le regard, pas franchement à l'aise avec le fait que ce genre de démonstration devant son staff. Parce que bon, je me doute bien que le mec qui se tient derrière elle n'est pas là simplement pour profiter de notre conversation. Je lui jette un rapide regard et ne peux retenir un haussement de sourcil quand mon regard court sur sa personne. La vache… Pas désagréable à regarder. Le genre qui porte bien la barbe et qui respire une certaine autorité. Sans compter que le costume qui dessine et souligne à merveille sa stature.

"Ah sinon trésor… Voici Steve, c'est lui qui va s'occuper de diriger ma campagne… Donc, ne t'étonnes pas si tu le croises à la maison…"

Oh oui, parce que j'ai oublié de préciser un truc. Étant coincé ici, soit-disant pour qu'on surveille mon état, ma mère a eu la brillante idée d'installer en partie son siège de campagne ici. Le coeur sera là alors que le reste se fera dans un petit bâtiment dans le centre. Pourquoi ce choix ? Parait que c'est pour m'avoir à l'oeil. Je croise le regard de ce fameux Steve et laisse un sourire désagréable au possible se dessiner sur mes lèvres.

"Wow, je vois que tu n'as pas attendu longtemps avant de remplacer Dougie. Tu les aimes toujours aussi jeune à ce que je vois… Enfin en même temps je comprends, tu veux pas faire comme papa et travailler avec des vieux renards. T'as besoin de prouver que tu vaux mieux qu'eux… Alors Steve… Courage et bienvenue en enfer."
© Starseed
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Sam 3 Oct - 8:02


Future starts slow

Steve Rogers & TJ Hammond

J'avoue que j'en mène pas large alors que je suis planté devant la porte de son hôtel particulier en plein centre de Washington. Moi Steve Rogers, 35 ans, je vais être chargé de mener la campagne de Helen Hammond, actuellement secrétaire d'état, ancienne candidate et ancienne première dame. Autant dire que j'ai la pression, et pas qu'un peu. Surtout que j'étais vraiment pas préparé à son coup de fil, il y a deux semaines. Il y a quinze jours... j'étais encore à Seattle, en train de me faire un billard avec Sam et Clint, quand mon portable a sonné, avec un numéro inconnu. Je suis sorti pour être au calme et j'en suis pas revenu quand on m'a très sérieusement dit que j'allais être mis en relation avec Mme Helen Hammond qui souhaitait me parler. Pendant une seconde, j'étais sur le point de gueuler "Tasha putain c'est pas drôle, retourne sucer Tony", et cette seconde m'a sauvé la vie parce que j'ai entendu cette voix, cette voix qui est passée tellement de fois à la télé et à la radio, prononcer mon nom.

Monsieur Rogers?
- Oui c'est moi. Eh bien euh...enchanté Mme Hammond. C'est un honneur de...d'avoir l'occasion de vous parler.
- Merci. Ecoutez je vais être franche et directe : vous m'intéressez.
- Je...je vous intéresse?
- J'ai vu le travail que vous avez accompli pour Sheldon & Cooper et pour la campagne du sénateur Kingsley. Je veux que vous rejoignez mon équipe.
- Votre...votre équipe?
- Vous lisez les journaux. Vous savez que je me lance dans la course à la présidence. J'ai besoin de quelqu'un pour m'aider à diriger ma campagne.
- Et votre fils? C'était Douglas qui occupait ces fonctions non?
- Plus maintenant. Est-ce que vous êtes intéressé?
- Je... je suis flatté oui. Et très intéressé. Mais je n'ai pas la même expérience que Douglas dans ce domaine et...
- Ecoutez, je donne un meeting la semaine prochaine à Seattle. Que diriez-vous qu'on se rencontre et qu'on en discute autour d'un déjeuner?
- Avec plaisir.
- Bien. Je vous laisse voir avec ma secrétaire pour caler le rendez-vous.
- Parfait.
- Bonne soirée Steve.
- Bonne soirée Mme Hammond.
- Appelez-moi Helen.


Et elle a raccroché, me renvoyant vers sa secrétaire avec qui j'ai convenu d'un rendez-vous. Quand j'ai rangé le portable dans ma poche, il m'a fallu une seconde pour réaliser. Je me suis assis sur un banc devant le bar, et je me suis frotté le visage avec les mains. C'est là que j'ai entendu une voix s'élever.

Oh Steve, mec, ça va?
- Je... j'en sais rien en fait...


Sam s'est approché et s'est assis à côté de moi, posant sa main sur mon avant-bras.

T'as appris une mauvaise nouvelle? C'est grave?
- Je... on m'a proposé de gérer la campagne électorale de Helen Hammond...
- Putain de merde.
- Comme tu dis.


Et une semaine plus tard je me retrouvais dans le salon privé d'un restaurant chic de Seattle, avec Helen en face de moi. Pour faire simple, elle m'a dit que mon boulot lui avait plu, que ce soit mes campagnes de pub ou ce que j'avais fait pour le sénateur, et qu'elle pensait qu'un peu de sang frais ferait du bien. Elle voulait quelqu'un de jeune, de dynamique, et pas un de ces vieux croulants qui voulait mener sa campagne comme ils auraient menée celle de Kennedy. Elle cherchait en moi ce qu'elle avait trouvé chez son fils, avant que celui-ci décide de claquer la porte pour se marier et se débarrasser de toute cette vie. Intérieurement, j'étais terrorisé. Si je finissais comme lui? Si je pétais un plomb à cause de la pression de ce monde de dingue? Mais en même temps... assurer une campagne présidentielle... c'est une ligne en or dans un CV, surtout si elle gagne. Si elle gagne grâce à moi. Merde, je réalise tout d'un coup que je peux faire en sorte que quelqu'un accède au poste de président des Etats-Unis. Qu'il est en mon pouvoir que les gens choisissent la personne la plus puissante du monde, et ça sera moi qui leur aurait désignée. Je me sens comme un putain de marionnettiste, à tirer les ficelles, à bouger les projecteurs, à attirer l'attention là où je voudrais l'attirer, à faire aimer aux gens ce que je leur dirai d'aimer. Bien sûr que je l'ai déjà fait, mais jamais de cette ampleur. Et puis... et puis merde. Au pire, j'en aurai pour deux ans, et ensuite je pourrais claquer la porte de ce monde de dingues et retourner à la pub. Me couper des requins de la politique et me tourner vers les grandes boites qui veulent juste vendre. Mais si je gagne... enfin si je la fais gagner... on me demandera partout. On se battra pour m'avoir. Et ça... ça... J'en frissonne d'avance.

Alors j'accepte.

Un mois plus tard j'atterris à Washington, à l'autre bout du pays, avec des fringues et quelques autres trucs pour tenir quelques semaines, et un employé du staff d'Helen m'emmène jusqu'à l'appartement qu'elle a loué pour moi. Meublé de façon sobre et élégante, il y a juste à poser mes affaires. Ma maison pour l'année qui vient... Je me demande même si je vais faire venir Pumpkin, mon chat. C'est Tasha qui me l'a offert il y a deux ans, après ma rupture avec Ted, et pour l'instant je l'ai laissé chez elle le temps de m'installer. D'ailleurs mon idiote de frangine a rien trouvé de mieux que de m'envoyer un texto, juste avant que je décolle, d'elle, avec mon chat sur le plan de travail de sa cuisine, et un immense couteau de cuisine en main, accompagné d'un sourire mauvais et de la note "Il est l'heure de faire de la tarte à la citrouille''.

Le premier soir, c'était dur de me retrouver tout seul, dans cette ville où je connaissais personne. Je savais pas quoi faire, ni ou aller, alors par réflexe, j'ai skypé Clint et Sam, juste pour garder un goût de la maison. Et je me suis couché, histoire d'être prêt pour le lendemain.

Et ça y est, la porte s'ouvre et je me retrouve face à elle. Je lui serre la main et elle m'accueille chaleureusement à l'intérieur avant de commencer la visite. Maison magnifique. Puis on entre dans le salon et je vois son plus jeune fils, TJ, sur la terrasse, en train de finir de griller une cigarette. Il l'écrase dans un pot de fleurs avant de revenir à l'intérieur et s'avancer vers nous. Helen le prend dans ses bras et la discussion qui suit est un peu gênante. C'est sa mère, bien sûr, mais j'ai pas l'impression que j'aie à entendre cette conversation. Enfin bon, après lui avoir fait gentiment la morale elle me présente enfin, et je lui tends la main avant de serrer la sienne franchement.

Enchanté Thomas.

Sauf que la suite de son discours me fait perdre mon sourire qui se voulait sincère. On dirait qu'il est aussi charmant que ce qu'en disent les journaux... En gros, un petit con pourri gâté qui passe sa vie à faire la fête, boire et prendre toutes sortes de trucs. Même si je dois reconnaître qu'il est beaucoup plus beau en vrai qu'en photo.

Eh bien ce n'est pas la première fois que je travaille en politique donc... ça devrait aller, mais merci de vous inquiéter.

Et ne me sentant pas à l'aise, je me tourne vers Helen, avec un léger sourire.

Helen, et si nous commencions? Est-ce que je pourrais voir le travail de Douglas? Pour comprendre ce qu'il avait déjà mis en place, et quels axes il avait choisi pour organiser tout ça?
- Bien sûr, venez.


Je lance un léger "Bonne journée" à son fils avant qu'elle ne m'emmène au bureau et qu'on se mette au travail.


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Sam 10 Oct - 22:59
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I
l a à peine le temps d'ouvrir la bouche que ça y est, je me désintéresse complètement de son cas. Parce qu'à mes yeux, il n'est qu'un larbin de plus, certes bien plus agréable à regarder que les autres, mais un larbin tout de même. Il n'est là que parce qu'il espère faire une carrière brillante en se servant des ambitions de ma mère, parce qu'il est le contact de je-ne-sais-trop-qui qui doit avoir une dette ou quoi à payer… Bref, encore un de ses mecs dont le sourire à plus mauvais goût qu'un verre de jus d'orange après un bon brossage de dent, un de ces gars qui espère juste réussir sa vie en jouant le coyote. Encore un de ces connards qui n'hésitent pas à vendre autant leur âme que leur humanité pour un peu de pouvoir et de fric… Le genre de mec qui finissent toujours par me briser le coeur, d'une façon ou d'une autre. Il se tourne vers ma mère et me fait gentiment comprendre que lui-même n'en a rien à foutre de mon cas et qu'il n'est là que pour se faire un nom dans ce milieu. Je l'ignore et le regarde disparaitre avec ma mère, me laissant seul dans le salon. J'ai un soupir alors que mon regard glisse sur le piano qui semble attendre que je vienne poser mes doigts sur ses touches. J'attrape mon téléphone et hésite une seconde avant d'attraper ma veste et de claquer la porte de la maison. De toute façon, à quoi bon rester ici ? Personne n'a besoin de moi. Tout le monde ne pense qu'à cette putain de campagne et je suis le seul à trouver que c'est une mauvaise idée alors autant ne pas rester au milieu de cette émulation qui me fatigue. Je tire une clope de mon paquet, la glissant entre mes lèvres alors que je remonte mon col sur mon cou. Je ne sais pas où je vais mais tant pis… Je trouverais bien un endroit pour m'échouer pour la journée, pour oublier que je suis de nouveau coincé dans cet enfer sans nom. Mon briquet galère une fois, puis deux entre mes doigts avant d'accepter de me cracher une flammèche timide qui embrasse le tabac roulé qui patiente gentiment au coin de mes lèvres. J'aspire une première bouffée de tabac et fouille dans le répertoire de mon téléphone, espérant trouver quelqu'un d'aussi peu occupé de moi pour me tenir compagnie autant pour la journée que pour cette nuit.

Et aussi pathétique que cela puisse l'être… Mes journées ressemblent à ça : moi qui fuit le domicile parce que je en supporte pas de rester enfermé avec ma mère et son équipe de campagne pour la journée et qui passe ensuite ses nuits au club ou dans le lit de mec que je connais depuis quelques heures. Parait que je devais arrêter tout ça… Dommage qu'une fois de plus, je sois trop faible pour retomber dans le bras de mes bon vieux démons. Je sais que je n'ai pas d'excuse et que si je le voulais vraiment… Je ne retomberais pas là-dedans à chaque fois… Mais que voulez-vous ? Je suis humain, c'est dans ma nature d'être faible et d'avoir tendance à sombrer… J'ai finis par l'accepter. Allongé dans des draps qui sentent encore le tabac et l'alcool, je les remonte sur mon nez, me glissant dans les bras d'un homme qui glissent paresseusement ses doigts dans mes cheveux, les caressant sans pourtant autant se souvenir de la couleur de mes yeux. Tout ce qu'il doit vraiment savoir de moi… C'est que je suis T.J Hammond… Et que je cambre bien le dos face à ses coups de reins. Le reste… Je pense que ce n'est qu'un grand flou… Mais honnêtement, ce n'est pas si grave… Je ne demande pas à ce qu'il me regarde dans les yeux et me dise qu'il me dise que je suis le seul qui compte… Non je veux juste qu'il fasse ce que n'importe qui d'autre pourrait faire et fera plus tard, qu'il me prenne dans ses bras et me donne l'impression que je ne suis pas seul. Je pose mon oreille sur son torse et écoute son coeur battre. Je ne suis pas seul… Pas ce soir… Ni jamais. Et même si je devrais changer de partenaire chaque soirs… J'aurais toujours quelqu'un pour me donner l'illusion qu'on tient à moi. Et le jour où ça ne sera pas le cas… Eh bien… Ça n'aura plus grande importance. Je ferme les yeux et me laisse bercer par ce rythme lent qui parvient à me rassurer. Pour ce soir, et dans les bras d'un inconnu, j'arrive à faire taire mes angoisses.

Le lendemain je quitte l'appartement de ce mec avec l'aube et plutôt que d'appeler quelqu'un pour venir me chercher, je fais le chemin à pied, grillant les dernières clopes de mon paquet et les siennes que j'ai pris le temps de lui voler avant de partir. Je fourre mes mains dans mes poches et laisse l'air frais de ce début de journée mordiller ma peau alors que je remonte les avenues encore vide. La ville semble plus calme et si l'odeur du café me parvient de la part des restaurants qui viennent à peine d'ouvrir, je passe mon chemin, ne rêvant que d'une douche, d'un café aussi noir que l'enfer et d'une pile pancakes… Mon regard dérive sur la façade d'un dinner, et je ne peux que m'arrêter quand je vois la serveuse servir une tasse de café à un client. Mes doigts jouent nerveusement avec mon briquet alors que j'observe cette scène qui me ramène à une époque où tout allait presque bien… L'époque où mon père nous emmenait manger des pancakes noyés dans du sirop d'érable, le tout arrosé d'un grand verre de jus de fruit… Je me souviens que la dernière fois… Y'avait cette putain de chanson au jukebox… Un air que je n'arrive plus à fredonner… J'avais seize ans la dernière fois qu'on s'est réunis tout les trois et c'était deux semaines avant que je ne doive avouer à l'Amérique entière que j'étais pas le genre à courir les jupons mais à me faire prendre par les hanches. Je pince les lèvres et passe mon chemin, fredonnant malgré moi cet air de ce jour-là.

Je pousse la porte et c'est presque avec soulagement que je ne croise pas Steve ou un autre des larbins de ma mère qui traîne dans la cuisine… Pour être franc, c'est même étrangement calme… Je hausse un sourcil, refermant la porte derrière moi alors que je fais quelques pas… Peut-être qu'aujourd'hui, ne supportant pas mes remarques acides… Ils sont partis s'installer ailleurs. Va savoir. De toute façon, le seul que ça semble réellement emmerder… C'est Steve. A chaque fois, je vois bien qu'il se retient de me claquer que je suis un gros con, préférant me glisser un sourire de pure politesse et une excuse en carton. Je jette mes clés sur la table de la cuisine et me sert un immense verre de jus d'orange alors que je lance la cafetière, ne faisant un crochet par ma chambre que pour me débarrasser de ma veste. Seulement quand je reviens dans la cuisine, ma mère est là. Je me fige et la regarde me servir une tasse de café alors qu'elle entame les hostilités.

"Thomas… Je commençais à m'inquiéter. Pas un mot, pas un message… Rien."

Je me mords l'intérieur de la joue et baisse les yeux, haussant vaguement les épaules.

"J'ai été pas mal pris au club et ouais, j'ai passé la soirée chez un pote, du coup… C'est vrai que je n'ai pas pensé à prévenir qui que ce soit…
- Mmh… Et tout c'est bien passé ?"

Je lève les yeux vers elle et lui glisse un sourire alors que je m'approche timidement, attrapant la tasse de café qu'elle pousse vers moi. C'est le moment de vérité. Sentira-t-elle le parfum d'un autre sur ma peau et l'odeur de la téquila sous la puissante odeur de tabac ? Bonne question. Elle plisse le nez et me rend un sourire bien peu convaincu alors qu'elle reprend d'une voix douce.

"Je me suis inquiétée. Je ne t'ai pas vue de la journée et pas un mot… J'ai faillis envoyer quelqu'un te chercher…
- Maman… Tu devrais savoir, pas de nouvelles, bonnes nouvelles…
- Avec Douglass peut-être… Pas avec toi. C'est quand tu te tais que je sais que ça ne va pas… Alors pas de nouvelles de ta part pendant une nuit…"

J'ai un soupir alors que je préfère regarder mon café plutôt que d'affronter son regard.

"Je vais bien…
- T.J… On sait tout les deux que ce n'est pas le cas…
- Je vais bien."

Je coupe court à la discussion en repoussant ma tasse encore brûlante.

"J'ai besoin d'une douche.
- D'accord… Mais on en reparlera.
- Quand ?
- Quand j'aurais du temps.
- Tu n'en as jamais. Et ce soir je ne serais pas là."

Je tourne les talons et la laisse là, me réfugiant dans la salle de bain. Mes vêtements échouent au sol les uns après les autres et je me glisse sous une douche brûlante, espérant que l'eau sera capable de faire plus que de laver la sueur et l'odeur de tabac qui collent à ma peau. Je ressors dix minutes plus tard et vais simplement m'écrouler dans mon lit, tentant de rattraper les heures qu'il me manque, espérant que cette nuit ne ressemblera pas aux précédentes.

Seulement… Elle l'est. Elle est même pire. Père disait que me confier un club, ce serait aussi intelligent que de glisser un flingue dans les doigts… Et si j'ai réussis à prouver une fois qu'il avait raison, ce soir je le prouve une fois de plus. Les verres s'enchaînent et je perds rapidement le compte. Ma langue me semble pâteuse et c'est à peine si j'arrive à rendre le baiser du mec qui s'affaire à me lécher le fond de la gorge. Un sourire m'échappe alors que je le repousse, posant maladroitement mes doigts sur ses lèvres, lui murmurant que ce soir… Je suis pas en état. Il insiste un peu, venant m'embrasser dans le coup et je finis par réussir à le repousser, lui glissant qu'après tout, ce n'est que partie remise. Le coeur au bord des lèvres j'arrive à quitter le club, frissonnant quand je me rends compte que j'ai laissé ma veste à l'intérieur… Oh et puis merde. Je la récupérais demain. J'ai tout ce qui faut dans mes poches : mes clés, mon téléphone, mon porte-feuille. J'attrape mon portable et commence à composer un numéro avant de me rendre compte que je peux prendre un taxi. J'en hèle un et m'écroule sur la banquette arrière lui marmonnant difficilement l'adresse. Il finit par démarrer et je me cale contre une des portières, me laissant bercer par sa conduite. Une fois arrivé je lui tends ma carte et paye, priant en poussant la porte pour ne pas tomber sur ma mère… Ou qui que ce soit qui pourrait lui dire que son fils rentre ivre mort au beau milieu de la nuit. Je me bats alors la porte, ronchonnant contre celle-ci alors qu'elle me résiste.

"T'as finis… T'es sensé être de mon côté… J'ai les clés."

Je fronce les sourcils et finalement elle me cède, m'arrachant un sourire presque victorieux et un léger haut-le-cœur. Je l'ouvre avec autant de délicatesse qu'un homme ivre peu avoir et découvre alors Steve qui me regarde depuis la cuisine. Oh. Génial. Je tangue sur place et referme la porte derrière moi, une main posé sur le mur pour me retenir. Mon sourire disparait et mon regard s'assombrit.

"Encore là ? Vous n'avez pas de maison que vous habitez ici ? Ou vous faites tellement de la lèche à ma mère qu'elle vous garde la nuit ? Non parce que ça m'étonne… D'habitude… Elle les préfère plus vieux dans son lit…"

Un rire m'échappe et je fais un autre pas, me retrouvant forcé de m'adosser contre le mur auprès du quel je m'excuse.

"Oh pardon M'sieur…"
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Sam 17 Oct - 12:03


Future starts slow

Steve Rogers & TJ Hammond

Le voilà enfin, le fameux Thomas, dit TJ. Bien évidemment il allait aussi falloir composer avec lui, dans cette campagne. Parce que bon, d'un point de vue purement stratégique, il était un caillou dans une godasse. Impétueux, imprévisible, instable, c'est le genre d'élément que craint tout chargé de campagne ou attaché de presse. On ne peut pas savoir ce qu'il va faire, il n'a aucun sens de la modération ou de la discrétion, et il a la fâcheuse tendance à se foutre dans la merde. Son coming-out avait déjà fait les gorges chaudes quelques années plus tôt, et sa tentative de suicide il y a un an n'avait rien arrangé. Si avoir un fils comme ça avait attiré la sympathie et les votes de pas mal de jeunes qui se sont reconnus dans le parcours de Thomas, ou de certains parents qui ont un fils gay, ou juste sale gosse, les plus conservateurs se sont braqués salement, et des pires saloperies ont été balancées dans la presse, comme "Comment Helen Hammond peut-elle prétendre diriger un pays alors qu'elle n'a pas pu empêcher son fils de devenir gay?" Entre autres.

Et dans un sens je n'aime pas vraiment que le QG de sa campagne soit ici, chez elle. J'aurais préféré un bureau dans le centre, quelque chose de plus anonyme et moins intime. Je suis son chargé de campagne, et même si je dois connaître sa vie privée, venir ici tous les jours me donne l'impression de la partager en plus de la connaître, et ça me donne une sale impression. Surtout celle de ne pas être à ma place, et d'entendre ou de voir des choses qui ne m'étaient pas destinées. Alors je propose le repli vers le travail, surtout pour éviter les commentaires de TJ, qui a l'air salement remonté contre moi. Enfin... non, je dirais plutôt qu'il a l'air remonté contre la terre entière...

Et une bonne semaine passe comme ça. Au final TJ est à peine plus qu'un fantôme qui traverse parfois la cuisine comme Nosferatu, allant vers le frigo se prendre un truc à boire ou à manger avant de disparaître, soit dans sa chambre, soit dehors, pour revenir à des heures pas possibles. Un vrai vampire. D'ailleurs je me demande s'il va feuler comme un chat si je lui tends de l'ail ou si je l'asperge d'eau bénite. Et il a bien le teint de ceux qui voient rarement la lumière du jour. Dans un sens c'est pas plus mal, parce que les quelques minutes où je le croise, il arrive à se débrouiller pour me sortir des trucs acides qui font plaisir. Et plus d'une fois j'ai juste envie de lui retourner une baffe, qui lui remettrait les idées en place.

Ce soir là Helen est invitée à un dîner avec des mecs de l'ONU à propos du conflit Syrien, et j'en profite pour avancer dans mon boulot, tranquillement installé dans le bureau qui est aussi devenu un peu le mien. Il est plus de minuit quand je décide de faire une pause, et file dans la cuisine me faire un café. Pour ça par contre, bosser ici a du bon, son café est excellent. Le liquide brûlant coule lentement dans la petite tasse en verre quand j'entends la porte s'ouvrir. Helen? Déjà? Pourtant il est tôt. Et c'est là que je vois TJ arriver. En une seconde, à sa façon de bouger, à son regard vague, je vois qu'il est bourré. Putain... et toujours aussi aimable.

Bien sûr, je reste là pour coucher avec votre mère pendant qu'elle est à l'autre bout de la ville à un dîner d'affaires...

Je prends ma tasse de café, prêt à retourner à mes dossiers quand je l'entends s'excuser au mur. Bon sang, il est fait et bien fait... J'hésite une seconde avant de poser ma tasse et m'approcher de lui. Je passe mon bras autour de ses épaules et commence à monter les escaliers en le soutenant. Il vaut mieux que je l'aide à aller là-haut, et que je sois sûr qu'il reste en un seul morceau avant de partir. Manquerait plus qu'il s'étouffe dans son propre vomi ou qu'il se tue en dérapant dans la salle de bains et en se tapant le crâne sur la baignoire. Ca fait tache. Dans tous les sens du terme.

Allez viens, on va te mettre au lit.

J'ouvre la porte de sa chambre, et l'emmène à l'intérieur. Si au début il a commencé à grogner et à se débattre un peu, il a vite compris que je suis plus grand, plus fort, et surtout bien moins bourré que lui. La pièce est sombre et je tatonne le mur pour trouver l'interrupteur. Le lit est défait, il y a des fringues un peu partout... une vraie piaule d'ado... Je le fais s'allonger et me penche pour virer ses chaussures, que je laisse retomber au bout du lit. Je pose ensuite mes mains sur les boutons de son jean.

Aide-moi à enlever ça, tu seras mieux pour dormir...


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Mer 21 Oct - 22:10
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e monde semble tourner autour de moi et alors que la silhouette de Steve semblait relativement nette, je ne vois plus désormais qu'un grand flou. L'odeur du café me parvient par miracle alors que ma main glisse le long du mur, s'égratignant au passage. Tant pis, c'est pas grave, ce serait pas la première fois… Puis de toute façon, pour l'usage que je fais de mes mains… Ce n'est pas comme si c'était un grand mal… Je suis juste bon à lever le coude pour boire et par moment… Ouais par moment je suis capable de jouer quelque chose… De tirer quelques notes pas trope désagréable à l'oreille de mon piano. C'est peut-être tout ce que je suis capable de faire… Pour le reste… C'est pas grave si j'ai les doigts en sang, si mes paumes sont écorchées ou quoi… Pour le reste je suis incompétent. Bon à rien. Je me sens glisser contre le mur et avant que je n'ai le temps de me retrouver à genoux dans le hall de la maison, je sens deux mains qui me rattrapent. Le temps d'une seconde je me laisse faire avant de croiser le regard de Steve. Il passe un bras autour de mon épaule et si je ne dis rien, je commence à grommeler  quand il m'annonce qu'il est l'heure pour moi d'aller au lit.

"Pas touche… Je suis un grand garçon… Je sais me foutre au lit tout seul."

Normalement oui. Peut-être que ce soir c'est en effet un peu compliqué… Mais je ne suis pas un enfant qu'on doit porter. Ce n'est pas ma première cuite et ce n'est pas la première fois que je rentre dans cet état à la maison. J'ai pas besoin de lui, ni de sa pitié ou de quoi. Je tente de me débattre, de le repousser, lui soufflant mon haleine chargée en alcool et en tabac au nez, comprenant bien rapidement que ça ne sert à rien. Parce que le salaud est plus grand que moi, plus fort que moi et surtout bien plus sobre que moi. Je trébuche plusieurs fois, me raccroche à lui alors que j'ai le coeur au bord des lèvres et qu'il tente de me ramener jusqu'à mon lit. Le seul point positif dans cette histoire… C'est qu'au moins, il n'y a que lui qui me verra dans cet état… Le négatif ? Rien ne va l'empêcher de tout balancer à ma mère.

"Personne doit le savoir…. Personne…"

Ma main s'agrippe à sa chemise alors que je marmonne cela, répétant sans cesse que personne ne doit être au courant. Car si ça ce sait… Je peux dire adieu au peu de liberté que j'ai à présent. Pour le moment, j'ai encore le droit d'aller où je veux tant que je rentre à la maison pour montrer à tout le monde que je suis en vie et en bonne santé. Mais si ma mère apprend que je me mets toujours dans des états pareils après mes deux "accidents"… C'est terminé. Elle me confinera à la maison, et me fera escorter pour la moindre de mes escapades… Et là… Je pourrais dire adieu à mes aventures nocturnes et mes soirées au club. Je deviendrais prisonnier et je pense que c'est là que je deviendrais dingue. La porte de ma chambre s'ouvre et je me laisse allonger au milieu de mes draps défaits. Peut-être que demain je ferais mon lit. Ou que je ramasserais les affaires qui traînent sur le sol. Je ferme les yeux et m'attends à ce qu'il m'abandonne simplement là avant de quasiment sursauter quand je le sens retirer mes chaussures. Je rouvre les yeux et hausse un sourcil, prenant appuie sur mes coudes pour l'observer faire. Sérieusement ? Un sourire se dessine sur mes lèvres alors que ses doigts repoussent quelque peu le bas de mon t-shirt, venant attraper le bouton de mon jean terriblement serré. Sa réflexion m'arrache un début de rire alors que je soulève doucement les hanches, laissant mon sourire se faire terriblement insolent.

"Alors quoi… ? Tu peux pas te taper la patronne alors tu vas te faire son fils gay… ? T'as raison, je suis vachement plus facile à mettre dans son lit… Chanceux… En plus ce soir je porte pas de boxer."

Je me redresse un peu plus, laissant nos souffles se mêler. Une seconde file sans que rien ne soit dit et lentement il défait le bouton de mon jean, l'ouvrant lentement comme si il avait peur de se brûler les doigts. Je l'observe avec un léger sourire alors qu'il dévoile ma peau nue, puis la légère fine de poil qui descends de mon nombril jusqu'à la toison qu'il dévoile désormais. Un juron lui échappe alors qu'il se rend compte que je ne plaisantais pas à propos de mes sous-vêtements inexistants. Je ris doucement et me rallonge, lui jetant une oeillade lascive alors que je cambre le dos, ronronnant presque face à ses doigts qui n'osent plus me déshabiller.

"Quoi ? Y'a cinq minutes… T'avais pas l'air contre le fait de me foutre à poil… Tu sais… Tu serais pas le premier et je me laisserais faire… T'aurais qu'à fermer les yeux et tu verras, je gémis aussi bien que n'importe laquelle des salopes que t'as pu baiser avant… Je serais un gentil, gentil garçon… Rien que pour vous…"

Mes doigts froissent un peu plus les draps et alors que je m'attends à ce qu'il se foute en rogne ou qu'il me cède, voilà qu'il se contente de fouiller dans ma commode, tirant un caleçon propre d'un des tiroirs, le posant à côté de mois avant de me souhaiter bonne nuit. Je fronce les sourcils et m'assieds dans mon lit, le regardant sans trop comprendre.

"Je croyais que tu m'aidais là…. ?"

Un sourire lui échappe alors qu'il me fait remarquer que je suis un grand garçon, non ? Je fais la moue et le regarde partir avant de m'allonger à nouveau dans mon lit. Connard. Je pousse un long soupir avant de me débarrasser de mon jean non sans me battre un poil avec, enfilant mon boxer pour ensuite me rouler dans mes draps froissés. Je remonte mes genoux contre mon ventre et pousse un soupir, le nez dans mon oreiller. La pièce continue de tourner et je ferme les yeux me laissant glisser dans l'inconscience.

Je passe une nuit de merde et quand je me réveille le lendemain, j'ai un mal de crâne pas possible et une envie de me glisser dans un bain. Je repousse mes draps et m'étire comme un chat avant de changer de t-shirt, d'enfiler un pantalon pour descendre à la cuisine. N'entendant rien, je descends, passant une main dans mes cheveux pour finalement tomber sur Steve qui se fait un café. J'ai un sourire alors que je m'approche.

"Bonjour… Encore là ? À force… Je vais vraiment finir par croire que vous habitez là Steve…"

Je passe à côté de lui avant d'attraper une tasse, me servant à mon tour du café. Je m'adosse au comptoir pour lui glisser un sourire, trempant mes lèvres dans le breuvage chaud.

"Surtout que si vous avez passé la nuit ici… Vous auriez pu continuer de m'aider à me déshabiller… D'ailleurs à propos d'hier soir… Ça reste entre nous, n'est-ce pas ?"
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Jeu 22 Oct - 14:42


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Steve Rogers & TJ Hammond

Le fameux fils de l'ancien président des Etats-Unis, double mandat, et fils de la peut-être nouvelle présidente. Sacré pédigrée, mais qui ne l'empêche pas de se conduire comme le parfait petit con. Déjà il rentre chez lui complètement fait, et je ne pense pas qu'il y ait seulement de l'alcool là-dessous, alors que sa mère lui a théoriquement interdit ce genre d'abus, et ensuite il hésite pas à être franchement désagréable. Certains ont l'alcool sympathique, lui on dirait qu'il l'a teigneux. Enfin, étant donné que je vais partir, il vaut mieux que je sois sûr qu'il soit dans son lit, pour éviter toute catastrophe. Avec lui d'abord, et avec sa mère, ensuite.

Je vais près de lui pour l'aider à marcher, et le soutenir, mais voilà que ce sale petit con commence à se rebeller.

Oui bien sûr. C'est pour ça que tu ne tiens pas sur tes pieds et que tu t'excuses au mur... L'évidence même.

Il essaie de se soustraire à mes bras, à me repousser, sauf que la bataille est perdue d'avance. Parce que je suis plus grand, plus costaud, et surtout, sobre. Forcément j'ai un avantage certain. Je bloque ses bras et l'empêche de s'éloigner, pestant entre mes dents.

Arrête Thomas! Je te veux pas de mal bon sang, juste t'emmener là-haut sans que tu te tues! Idiot!

Finalement il renonce, enfin, et se laisse faire, se raccrochant même à moi quand ses jambes ne répondent plus correctement dans l'escalier. Comme quoi, il se rend au moins vite compte qu'il a besoin de quelqu'un. Ou tout du moins qu'il ne serait pas arrivé à le faire tout seul. Pourquoi est-ce qu'il se met dans des états pareils? Que cherche-t-il à prouver? A lui comme au monde? Je n'en sais rien. Il m'apparaît juste comme un sale gosse parmi d'autres, mais est-ce qu'il y a plus? Est-ce que c'est juste un sale ado attardé, Paris Hilton au féminin? Ou tout ça cache quelque chose? Pour l'instant la seule chose que je sais c'est qu'il pue l'alcool, le tabac et la transpiration, et qu'une bonne douche lui ferait le plus grand bien... Enfin bon. Je grimpe enfin les dernières marches et m'engage dans le couloir à l'étage. Je n'y suis jamais encore monté.

C'est laquelle ta chambre?

D'un vague grognement il me désigne une des portes, mais avant, il lève les yeux vers moi. Et au lieu de l'arrogance et la suffisance je dis... de la panique. Un regard implorant alors qu'il murmure de ne rien dire. Je soupire, et hésite.

Pour cette fois, je ne dirai rien. Mais ça ne veut pas dire que je suis d'accord avec ce que tu fais, ou dans quel état tu rentres. Tu aurais... T'aurais pu te faire mal. T'aurais pu avoir un accident... Si je te revois comme ça, je lui dis tout.

J'ouvre la porte et il grogne alors que je le laisse retomber sur son lit. J'ôte rapidement ses chaussures et je remonte jusqu'à être au niveau de son ventre pour lui virer son jean. Il met toujours des pantalons tellement serrés, je me demande comment il arrive à les enfiler, et encore plus à respirer. Je me suis même dit qu'il devait se graisser les jambes pour arriver à l'enfiler... Enfin, il est complètement alangui dans les draps et mes doigts ouvrent son premier bouton. Je relève les yeux vers lui quand je l'entends, et je me retiens de soupirer.

Je veux me faire personne, juste ôter ça pour pas que tu aies une gangrène d'ici demain matin... et je... pardon?

J'hésite une seconde avant de hausser les épaules quand je l'entends me dire qu'il n'a pas de sous vêtements, et reprends ce que je suis en train de faire. Sauf qu'à peine le deuxième bouton ouvert je comprends vite que ce crétin ne ment pas. Je recule les mains comme si je m'étais brûlé, et le regarde, cambrant le dos, un sourire lascif aux lèvres, et me faisant clairement du gringue. Ok là c'est mauvais. Très mauvais. De une parce que je n'ai rien à foutre là, et je ne veux pas être impliqué dans quelque chose que je pourrais regretter, et ensuite... parce que... parce que c'est dangereux pour moi. Parce que là, à le voir comme ça, j'ai soudain très chaud. Et l'envie me mord les reins. Pour être sûr je me recule et me redresse, tournant les talons pour aller vers la commode. Tant pis pour la notion d'intimité, il m'a clairement fait comprendre qu'il en avait aucune. J'ouvre un tiroir puis deux avant de trouver un caleçon, que je pose près de lui.

Bien, je te laisse là. J'ai fait tout ce que j'avais à faire. Bonne nuit Thomas.

Je sors et ferme la porte, soupirant une fois que je lâche la poignée, et descends lentement les marches. Wow. Steve qu'est-ce qu'il t'arrive? Ca doit vraiment faire trop longtemps que t'es célibataire... Je m'approche du lavabo de la cuisine et passe un peu d'eau sur mon visage. C'est pas bon. C'est pas bon que j'aie eu envie de lui, envie de lui céder. Parce qu'allongé comme ça, me ronronnant que je n'avais qu'à me servir... il était tentant. Terriblement tentant. Beaucoup trop, pour son propre bien comme pour le mien. Il est beau, jeune, séduisant, et il le sait. Sauf qu'il est chasse gardée, et hors de question de poser la main sur lui. J'ai beaucoup trop à perdre. Au final j'abandonne mon café, prends ma veste et grimpe dans ma voiture, sans cesser de penser à lui. Au gringue qu'il m'a fait. Et au fait que j'en avais envie.

Une fois chez moi je me débarrasse de mes fringues, file sous la douche, et soupire en sentant l'eau brûlante sur moi. Sauf que sans même m'en rendre compte j'ai commencé à me caresser, pensant à lui. A ce qui se serait passé si je lui avais cédé. Son jean que j'aurais fait glisser le long de ses jambes. De sa peau pâle que j'aurais marquée, et embrassée, de ses cuisses que j'aurais écartées et des cris que je lui aurais fait pousser... Putain Steve arrête. Je coupe l'eau, enfile un pyjama, me brosse les dents et m'écroule.

Le lendemain j'ai l'esprit plus clair. Il faut que j'arrête de bosser aussi tard. Vraiment. Je viens un peu plus tard, vers dix heures, et me remets au travail. Je discute rapidement des choses à faire et à voir avec Helen avant qu'elle s'en aille. Je me fais un café quand j'entends des pieds nus sur le carrelage. Je me tourne lentement et vois TJ arriver.

Eh bien oui, après t'avoir mis au lit je suis rentré chez moi, j'ai dormi huit heures et je suis revenu travailler...

Je bois une gorgée de café et suis sur le point de tourner les talons quand je l'entends. Je me mords la lèvres alors que je lui fais face.

Que quoi reste entre nous TJ? Que tu m'aies salement fait du gringue alors que j'essayais juste de t'aider parce que t'arrivais à peine à mettre un pied devant l'autre? Ou que tu étais salement fait alors que t'es censé être en probation? Je te l'ai dit... ça passe pour cette fois parce que tu étais dans un état pas possible. Mais juste pour cette fois. Si tu rentres de nouveau dans cet état je lui dirai. Parce qu'elle s'inquiète pour toi, et parce que c'est pas bon pour toi de continuer à faire de tels excès...

Je prends ma tasse et retourne dans le bureau. Les jours passent, dans la frénésie de la campagne. J'accompagne Helen deux jours à Detroit, et ensuite c'est un peu la course. Je ne croise TJ que de loin, et tant mieux. Même si ce sale gosse ne rate aucune occasion pour me provoquer à chaque fois qu'il me voit. Des sourires en coin, ou des remarques acides, en fonction de l'humeur du jour. Sauf que, huit jours après cette fameuse nuit, alors que je suis tranquille chez moi, en train de regarder un film, profitant enfin d'une soirée de libre, je vois mon portable sonner, et je fronce les sourcils en voyant le numéro. TJ. J'hésite avant de décrocher.

Oui Thomas, qu'est-ce qui se passe?

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l est prêt à m'éviter, à changer de pièce pour ne pas avoir à croiser mon regard mais mon discours le retient. Il se mord la lèvre et tout ça m'arrache un sourire alors que je descends un café aussi noir que l'enfer. J'ai vu, du moins j'ai cru voir quelque chose dans son regard hier soir. J'ai presque sentis son envie, ou du moins le moment où il s'est dit que j'étais tentant… Et que je me serais laissé faire. Il aurait pu me céder et il le sait, c'est sûrement pour ça qu'il tente de me fuir, pour nier ce qui a pu se passer hier soir et ce qui dans son esprit aurait pû se passer. Je retiens un sourire alors que je laisse la céramique chaude du mug me réchauffer les doigts. Je l'écoute me faire son discours, me sortant des choses que j'ai peut-être entendu dans la bouche de tout mes proches. "Tu devrais faire attention, c'est pas bon pour toi." "Tu vas te faire du mal…" "Tu devrais être raisonnable, la prochaine fois j'en parlais à ta mère." Je sirote une autre gorgée de café.

"Je t'en prie… Dis-moi donc quelque chose que je ne sais pas encore. Bien sûr que je t'ai fais de l'oeil hier soir, bien sûr que j'étais ivre mort…. Tout ce dont je voulais être sûr… C'est que tu ne dises rien à personne. Et maintenant que je sais que tu vas tenir ta langue… Tout va bien."

J'ose un léger rire alors qu'il attrape sa tasse et se tire, s'en retournant sûrement à faire de ma mère la prochaine présidente de ce pays. Pour ma part je savoure mon café en me disant qu'au fond… Peut-être que Steve est plus sympathique que le reste des esclaves de ma mère. Peut-être que lui pourra m'aider si jamais… Je souris à cette idée avant de terminer ma tasse, me préparant pour ma journée.

"C'est pas bon pour toi de continuer à faire de tels excès."

Mes doigts gelés tentent de faire défiler la liste de mes contacts alors que je suis obligé de chasser du bout des doigts les gouttes d'eau qui s'écrasent sur l'écran. Un tremblement secoue mes épaules et je jure alors que je parcours du regard la liste, en venant presque à me dire que de toute façon, je ne peux appeler personne. Enfin… Pas en étant dans cet état. Pas en étant partiellement défoncé, à moitié habillé et qu'un mec vient de me casser les reins sur son canapé. Si j'appelle ma mère, elle va se rendre compte que je ne suis pas en état… Et quand elle va fouiller les poches de mon blouson en cuir, en plus des capotes, des mes clopes, et mon briquet, elle risque de tomber sur le sachet de coke que je planque. Et si elle tombe sur ça… Je peux être sûr que je ne quitterais jamais plus la maison et que j'aurais sûrement le droit à une autre cure de désintox' pour changer. A moins qu'elle me garde prisonnier dans ma chambre jusqu'à la fin de la campagne histoire d'être sûr que je ne fasse rien qui puisse se retourner contre elle. Je pousse un soupir alors que je sens l'eau s'infiltrer sous mes vêtements, venant se glisser sur ma peau déjà fraîche. Putain de merde… Mais comment j'en suis arrivé à ça ? À en être réduit à prendre la pluie parce que je ne sais pas où aller. Je m'assois sur le bord du trottoir et pose mon téléphone à côté de moi, venant tirer une cigarette de mon paquet pour la glisser entre mes lèvres. Je l'allume et une volute de fumée plus tard, j'en suis à fixer les lumières de la ville, ne cessant de me demander à quel moment précis je suis devenu ce que je suis aujourd'hui. J'ai beau remonter aussi loin que possible dans mes souvenirs, j'arrive pas à saisir l'instant exact où j'ai commencé à dérailler. Le moment précis où j'ai commencé à faire n'importe quoi. Et plus j'y repense, plus je me dis que j'ai toujours dû être ainsi, un désastre ambulant… Une putain de bombe à retardement. Ma cigarette se consume difficilement au bout de mes doigts alors que des gouttes d'eau roulent sur ma main. J'ai personne. Personne pour venir me chercher. Dougie est avec sa nouvelle femme en voyage de noce, ma mère c'est hors de question et le reste de mon répertoire… Ils me balanceront à mes parents. Je souffle doucement sur la braise pour tenter de lui redonner un peu d'éclat, tentant de faire le point sur ma situation. J'ai plus un rond, ma carte est je sais pas où… Et j'ai personne… Oh. Je glisse ma cigarette au coin de mes lèvres et attrape mon téléphone. Lui pourra peut-être faire quelque chose pour moi. Je compose rapidement le numéro de Steve et attends nerveusement qu'il décroche. Je fume nerveusement et quand j'entends enfin le son de sa voix, un sourire m'échappe.

"Steve… Bonsoir. Disons que…"

Que j'aurais besoin d'un chauffeur. Et éventuellement de quelqu'un pour m'héberger. Mais je ne vais pas présenter les choses ainsi. Sinon je suis sûr que dans cinq minutes il va raccrocher et je n'aurais pas d'autre choix que celui de rentrer à pied. Je termine ma cigarette et écrase le mégot par terre.

"Disons que j'aurais besoin de ton aide."

Silence sur la ligne. Je peux l'entendre hésiter d'ici avant qu'il ne pousse un soupir et me demande en quoi il pourrait m'aider. Un autre sourire se glisse sur mes lèvres. Je te tiens.

"Il fait froid, nuit, il pleut et mon chauffeur m'a lâché. En clair, je ne peux pas rentrer et je sais que c'est ton jour de congé mais… Tu pourrais venir me chercher ? Je suis à l'angle de l'avenue Lincoln et de la 42ème… Je sais que je ne devrais pas te demander ça… Mais t'es la seule personne à qui j'ai pensé et, je ne sais pas qui appeler d'autre…"

Je frissonne à nouveau sous mon cuir alors que je me recroqueville sur moi-même lorsqu'une voiture passe non loin de moi. Vieux réflexe depuis le jour où un paparazzi à réussit à me photographier depuis sa caisse alors que je traînais comme ce soir dans la rue. Les titres m'avaient fait grincer des dents, mais après tout, en disant que l'enfant gay de la famille faisait maintenant le trottoir… Il n'avait pas tant tort que cela. Ma respiration se fait plus courte alors que je frissonne, tentant d'empêcher mes dents de claquer.
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Sam 31 Oct - 21:09


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Steve Rogers & TJ Hammond

Steve tu déconnes. Mais tu déconnes à pleins tubes mon pauvre garçon : t'as été attiré par un gamin qui a plus de dix ans de moins que toi. Un gamin qui en plus est une épave, qui passe son temps à sortir, à se défoncer, et à faire de façon quasiment certaine le pari d'arriver à prendre toutes les substances possibles et inimaginables avant ses vingt-cinq ans, et à écluser des litres d'alcool. Un gamin qui pour couronner le tout est le fils de ta patronne, la secrétaire d'état, la deuxième personne la plus puissante du monde. Un gamin qui à cause de sa mère s'est vu scruter et examiner par les tabloïds depuis son premier bouton d'acné. Sérieusement, toute cette histoire n'est qu'un sac à emmerdes. Un gros sac à emmerdes. Tu cèdes? Mais ce sale gosse aura foutu moyen de pression sur toi. Un gros. Et ça aurait fini par se savoir. Tout se sait. Et alors? Et alors adieu ton job, dans le meilleur des cas. Dans le pire? Adieu ta réputation. Tout le monde saura que tu as couché avec le fils Hammond, et tu seras grillé. A vie. Bordel heureusement que j'ai du sang froid et que je réfléchis un minimum avant d'agir.

Et la réponse qu'il me donne le lendemain, quand je lui dis que justement il m'a salement allumé me libère d'un poids. Il m'annonce froidement que son numéro de charme était pour être sûr que je balancerai rien à sa présidente de mère. Donc c'était même pas que je lui plaisais, même pas un peu. En fait c'est... c'est une vraie trainée. Je vois pas d'autre terme pour désigner quelqu'un qui m'a juste fait du gringue pour que je la ferme, et que je garde son petit secret. Est-ce qu'il a aussi peu d'estime pour lui-même? J'irai même jusqu'à dire qu'il... a pas de dignité, pour... pour faire ça. Pour utiliser le sexe pour se tirer de ses emmerdes. Et dans un sens je me sens tellement con. Con d'y avoir cru, d'avoir marché, d'avoir osé penser que je lui plaisais, et que c'était pour ça, son petit numéro de charme. Bref, à partir de maintenant on oublie. Hors de question, niet, nada, que dalle.

Heureusement pour moi, je dois suivre Helen en déplacement, et avec notre rythme de dingue je le vois à peine pendant les huit jours qui suivent. Pourtant il me fait son numéro à chaque fois que je le croise par pure malchance. Aussi subtil qu'un bulldozer. J'entends d'ici Clint me dire ''J'ai connu des putes plus subtiles que lui'' et même si je suis jamais allé aux putes, l'idée est là.

Sauf que ma malchance me rattrape au grand galop quand, la seule soirée que j'arrive à avoir de libre, où je peux vraiment me dire que je vais regarder un film sans m'endormir devant, après un long bain horriblement chaud, voilà qu'un coup de fil inattendu vient m'interrompre. Et en lisant le prénom de TJ je suis tout sauf joyeux. S'il m'appelle, c'est pas pour demander de mes nouvelles, c'est une certitude. Alors, qu'est-ce qu'il me veut? Sûrement quelque chose en retour. Ce qui rate pas. Dès sa deuxième phrase je sais que j'ai vu juste. Rogers t'es trop bon.

Et mon aide pour quoi?

Je soupire en l'entendant me faire son baratin du pauvre petit garçon malheureux perdu dans la grande ville. T'es sérieux? Et puis quoi encore?

Buck, tu peux prendre un taxi. Ou le bus. Ou le métro. T'as l'embarras du choix.

Sauf que le sale gosse me dit qu'il a pas un rond. Que sa carte de crédit est restée chez lui, et qu'il a plus de liquide. Bien sûr. Et évidemment personne n'est là pour le dépanner de vingt dollars... Je pousse un dernier soupir avant de me relever du canapé.

Bouge pas. Je suis là dans dix minutes.

En plus je dois me changer. La barbe. je fais glisser mon bas de pyjama et enfile un jean, gardant le haut, que je complète par un pull à capuche. J'attrape juste mes clefs et mon portefeuille avant de fermer l'appart et descendre jusqu'au parking. Je grimpe en voiture, et à peine quelques minutes plus tard j'arrive à l'endroit qu'il m'a indiqué. Il pleut des cordes et mes essuie-glaces balaient furieusement mon pare-brise trempé, alors que je me penche pour tenter de le voir. Et je le repère vite, assis sur le bord du trottoir. Pour un peu je l'aurais pris pour un clodo. Je lui fais des appels de phare, et il se redresse alors que j'arrive à sa hauteur. Je me penche pour ouvrir la portière, et l'observe alors qu'il se glisse à l'intérieur.

Mais t'attendais sous une pluie battante! Pourquoi tu t'es pas mis à l'abri? T'es totalement trempé... Tu sais quoi, ôte ta veste et passe ça...

Je vérifie que la voiture est bien au point mort et je me tourne pour attraper la couverture que j'ai toujours sur la banquette arrière, la posant sur ses genoux.

Enroule-toi dedans... Tu peux aussi virer autre chose si tu as trop froid... Je vais allumer le chauffage aussi...

J'enclenche le bouton, et une fois qu'il est bien installé et qu'il a mis sa ceinture je repars. J'observe la route et fais attention à cause de la pluie, vu que ma visibilité est diminuée. Manquerait plus que j'aie un accident. J'expliquerai ça comment, à Helen, que j'avais son fils avec moi en voiture alors que je bossais pas? Ca s'annonce juste comme de grosses emmerdes à venir. Un océan d'emmerdes. Heureusement, vingt minutes plus tard je me gare devant la maison. Il est resté silencieux tout du long et j'étais concentré sur la route, alors c'est seulement là que je remarque un tas de fringues à ses pieds. Et que je vois ses jambes nues dépasser de la couverture.

Putain mais t'es à poil! Quand je te disais de virer quelques fringues, c'était pas de la jouer naturiste!

Avec un sourire de sale gosse je le vois mettre la main sur la poignée de la portière, et je l'arrête.

Attends attends, tu sors pas comme ça. Et si un photographe te voit? Reste.

J'attrape la télécommande du garage, et par chance il y a une place libre. Je rentre ma voiture, et c'est seulement une fois que la porte automatique s'est refermée que je soupire.

Là c'est bon. Maintenant file. Et la première fois, garde un billet pour le taxi. Oh et emmène tes fringues. La couverture par contre, ça presse pas...

Je le regarde s'éloigner, se pavanant dans le quasi plus simple appareil, comme un roi avec sa cape, et son moineau à l'air qu'heureusement je vois pas vu qu'il me tourne le dos. Une fois qu'il est rentré dans la maison je soupire et rouvre le garage, retournant chez moi et m'écoulant au lit. Tant pis pour le film, là il est trop tard. Je regarderai le reste demain. Si je peux...


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Mar 3 Nov - 16:25
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a pluie devient plus fine et pourtant les gouttes d'eau semblent rouler plus furieusement encore sur le cuir de ma veste et sur ma peau glacée. Les phares de quelques voitures qui passent au loin me font plisser les yeux alors que le souffle court, j'écoute le silence qu'il m'offre. Je sais qu'il n'a aucune raison de m'aider, surtout après mon numéro d'y a quelques jours… Mes doigts enfoncés dans ma poche jouent nerveusement avec le briquet alors qu'il me lâche froidement que je n'ai qu'à me démerder en prenant le bus ou le métro. Je lève les yeux au ciel avant de répondre.

"Steve, je le ferais avec plaisir mais je n'ai pas un rond… Genre que dalle. Je ne sais pas même pas ce que j'ai fais de ma carte."

Un soupir m'échappe alors que je me frotte les yeux d'une main, complètement dans le seau. La vérité c'est que je ne sais même pas ce que j'ai pu faire de cette putain de carte. Je ne sais pas si elle dans mon autre veste qui doit être à la maison ou si pendant la soirée je l'ai utilisé et abandonné sur une table du club. Et non je n'ai personne pour me dépanner et j'ai tout de même un peu trop d'estime de moi-même pour faire du stop. Ouais. Je pourrais franchement… Mais je n'aurais pas le temps d'arriver à la maison que tout le pays serait au courant que j'ai laissé un inconnu me récupérer sur le trottoir alors que je pue l'alcool et que je suis loin d'être parfaitement en état. Et là ma mère comprendrait… Que je me fous d'elle et que depuis trois mois, je prêtant être sobre simplement pour m'enfiler tout ce qu'il est possible de sniffer et de boire dans cette ville… Pour laisser des mecs que je connais à peine occuper mes nuits simplement pour tenter de me faire oublier la propre inutilité de mon existence… Pour me donner l'impression que tout n'est pas vide de sens ou d'intérêt.  Un soupir lui échappe et un sourire se dessine sur mes lèvres.

"Tu es parfait Steve… Je bouge pas…"

Il raccroche et je glisse mon portable dans ma poche, décidant qu'en dix minutes, je pouvais bien fumer une clope ou deux de plus. J'en tire une de mon paquet et la glisse entre mes lèvres, sentant au moment même où je commence à faire cracher au briquet une flammèche que l'univers décide de me punir à nouveau. Les gouttes d'eau se font plus grosses et l'averse qui était jusque là plutôt gentille se transforme en une pluie battante. Un juron m'échappe alors que je me recroqueville un peu plus sur mon bout de trottoir, pestant contre le monde entier.   Même si au fond… Je me dis que je mérite peut-être tout ça… Je ferme les yeux et retient difficilement un tremblement, écoutant simplement le bruit de la pluie sur la route. Je tente de calmer les frissons qui secouent mes épaules et pendant dix minutes, je ne cesse de prier pour qu'il fasse vite.

Et finalement… Je vois des phares s'approcher et pendant une seconde… J'hésite. Pendant une seconde j'ai peur que ce ne soit pas lui… Mais ma mère ou… Je ne sais pas qui… Il me fait des appels de phares et lentement je me relève, les yeux à moitié clos face à la lumière vive. Je marche jusqu'à la voiture, complètement trempé avant de chercher du bout des doigts la poignée de la portière. Mon coeur rate un battement et je souris en voyant que c'est bien Steve qui m'attend derrière le volant, vêtu non pas d'un de ses costumes bien trop bien taillé mais d'un sweat qui je pensais plus trouver dans mon armoire que dans la sienne. Je me glisse sur le siège, baissant les yeux quand il commence à me réprimander. Je frissonne. Ouais, j'aurais pu et j'aurais dû m'abriter… Mais je ne sais pas… Dans le fond, je voulais que la pluie me lave de cette sensation de malaise et de saleté qui me collait  la peau. Dans un sens, j'espérais juste que la pluie aiderait à me débarrasser de cette sensation qui ne me quitte plus. Je frissonne et pince les lèvres lui offrant comme réponse un long silence. Il dépose une couverture sur mes genoux et je lève à peine les yeux vers lui, ayant l'impression d'un gamin ou un pauvre chien qu'il a récupéré sur le bord de la route. Je renifle doucement et subitement, j'ai honte. Honte qu'il me voit ainsi une fois de plus. Je commence à me débarrasser de ma veste qui finit par terre et je me dis que finalement, j'aurais mieux fais d'appeler quelqu'un d'autre… Le chauffage commence à ronronner et si l'air chaud qui caresse ma peau me fait d'abord frissonner… Je finis par soupirer, appréciant de sentir ma peau se réchauffer. Je m'enroule dans la couverture et mets ma ceinture, fermant les yeux en sentant qu'il commence à rouler. Seulement bien rapidement, j'ai l'impression d'être une vieille éponge qu'on a oublié d'essorer et qu'on a abandonné sur le bord de l'évier. Je lui jette quelques regards et quand je constate qu'il est bien trop occupé à conduire… Je me dis qu'au pire, si je me débarrasse de quelques vêtements… Il ne va pas s'en rendre compte, surtout que j'ai le couverture pour me cacher… Je lui jette un dernier regard avant de commence à laisser mes fringues atterrir à mes pieds, virant d'abord ma chemise, puis mon jean et enfin mon boxer. Je referme la couverture sur moi et ferme les yeux, appréciant simplement de sentir ma peau se sécher. Le temps d'un instant, j'ai presque l'impression d'être avec Douglass… La seule différence, c'est que Steve ne dit rien, ne m'engueule pas, ne dit pas que c'est la dernière fois. Je ferme les yeux et pousse un léger soupir alors que je pose ma tête contre la vitre, écoutant les ronronnements du moteur et du chauffage. Steve ne me dit pas que je dois me reprendre, que je dois arrêter de me comporter ainsi… Que je dois arrêter de me détruire, Steve se contente de conduire. Le silence qui se pose entre nous me laisse las et d'une certaine façon… Je le remercie pour ça.

Une bonne vingtaine de minutes plus tard sa voiture s'immobilise enfin devant la maison et alors que j'ai déjà les doigts sur la poignée, voilà qu'il remarque enfin que je suis complètement à poil sous ma couverture. Un sourire se dessine sur mes lèvres alors que je retiens un rire.

"Oh ça va… Tu vas pas t'effaroucher pour si peu…"

Je commence à tenter d'ouvrir la portière qu'il m'arrête, soulevant une remarque qui me laisse con. Ouais. Pas faux. Je n'avais pas pensé au connard qui pourrait attendre dans un buisson juste pour avoir le plaisir d'avoir la photo du siècle. La preuve supplémentaire que TJ Hammond est complètement fracassé. Qu'il en est au point de rentrer à poil chez lui, l'oeil vitreux et la démarche hésitante. Je me mords la lèvre, retirant mes doigts de la poignée alors qu'à l'aide d'une télécommande, il ouvre la porte du garage, se garant à l'intérieur. La porte se referme derrière nous et j'ouvre la portière, récupérant mes fringues trempées. J'écoute ses conseils avec un sourire insolent à souhait, lui glissant un regard digne du dernier des sales gosses.

"J'y penserais… Mais merci… Je ne sais ce que j'aurais fais sans toi…"

Autre sourire charmeur de ma part et je me décide à quitter sa voiture, portant fière sa couverture sur mes épaules, roulant des hanches comme le dernier des connards, lui faisant profiter de la vue alors que comme un prince je passe la porte du garage, un sourire aux lèvres. J'entends qu'il démarre alors que je fais glisser la couverture sur mes hanches, perdant mon sourire. Je ne devrais pas être fier de moi… Je devrais avoir honte… Et j'ai honte. Je frissonne et monte jusqu'à ma chambre, laissant mes fringues échouer au sol avec la couverture avant d'aller me coucher dans mon lit, enfouissant ma tête dans mon oreiller, essayant d'oublier cette soirée, le dégoût que j'éprouve pour ma personne et tout le reste. Je me recroqueville sous les draps et je me dis… Je me dis que c'est la dernière fois, que je ne veux plus être ainsi… Parce que je ne prends aucun plaisir à être une putain d'épave qui prétend ne pas couler. Tout le monde que je me plais à me laisser aller de la sorte, sans comprendre que j'essaye juste de… De je ne sais pas quoi. Je ne sais même plus ce que j'essaye de faire. D'arrêter de me poser des questions, de faire taire les angoisses qui polluent mon esprit. En fait… Par moment… J'aimerais juste fermer les yeux et ne penser à rien.

*

Le souffle court, les doigts tremblants, je tente de retrouver mon téléphone. Il faut que… Il faut que j'appelle Steve. Le monde semble tourner tout autour de moi alors que je n'entends que mon propre coeur qui bat à mes oreilles. Je plisse les yeux face à une vive lumière qui m'agresse, ne comprenant que ce ne sont les phares d'une voiture. Je me recule et prends conscience, que je ne suis plus au club… Je suis en train d'errer quelque part. En ville. Dans le centre je crois. Je tente de refaire mon itinéraire de la soirée et tout ce dont je me souviens… C'est que ouais, j'étais au club… Puis après… Je ne sais pas… Je crois qu'il y avait un appartement, un mec… De l'alcool… D'autres substances. Mais c'est tout. Je tire mon téléphone de ma poche et je commence à composer son numéro, m'asseyant à un arrêt de bus. J'écoute la ligne sonner dans le vide, le coeur au bord des lèvres. Putain… Putain… Je ne sais même pas où je suis. Je passe une main sur mon visage et je saute presque de joie en entendant sa voix.

"Hey… Steve… Je…"

Je suis tellement heureux de t'entendre.

"Je… Désolé de te déranger… C'est juste…"

Que je ne sais pas où je suis, ni quelle heure il est… Que je suis incapable de dire ce que j'ai pu faire de ma soirée et dans quel état je suis actuellement. Je sais juste que je suis mal. Que je pue autant l'alcool que la transpiration. Que je suis perdu… Que je n'ai pas ma veste et… Et que j'ai peur, froid et que je veux juste rentrer et m'allonger… Ma gorge se noue alors que je tente de retenir un sanglot.

"C'est juste… C'est con hein… Mais j'ai encore oublié de garder un putain de billet dans ma poche… Et… Je ne sais pas où je suis… Je… J'ai aucune putain d'idée d'où je suis… Je… Je suis juste à un arrêt de bus de merde…"

Je lève les yeux et déchiffre difficilement le panneau lumineux au-dessus de ma tête.

"Je sais juste que je suis… Sur la ligne 17… Et ça fait chier… Parce que j'ai pas de veste… J'ai… J'ai rien… Et je veux rentrer… Et je ne savais pas qui appeler."

Les mots se font manger par les sanglots qui m'échappent par moment et par mon ton alourdit par l'alcool et les autres substances qui coulent dans mes veines. Je renifle et essuie mes joues du revers de la main, essayant de retenir mes larmes. Je suis pathétique putain. Et le pire dans tout ça, c'est que je ne sais même pas si Steve m'écoute.
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Mar 3 Nov - 20:04


Future starts slow

Steve Rogers & TJ Hammond

J'en reviens pas de ce que je viens de faire. J'ai joué les taxis en même temps que les chevaliers servants et les grand frère pour ce petit con. J'ai accepté de sacrifier une partie de ma soirée de libre pour traverser la ville, et sauver son petit cul d'héritier pourri gâté. A peine le téléphone raccroché, et son ''je sais que tu es parfait'' j'avais juste envie de rester sur mon canapé au final, et de finir mon film, juste pour lui apprendre à prendre des gens pour des larbins. Alors ouais, il a sûrement dû passer sa vie à avoir des gens qui lui obéissaient au doigt et à l'oeil quand il était encore le fils du président, mais là c'est différent. Merde, il lui suffit pas de claquer des doigts pour qu'on se précipite à son secours, et que le monde s'arrête de tourner le temps qu'on s'occupe de lui. J'irai même plus loin, si je l'avais appelé pour lui demander le même genre de service, je crois qu'il m'aurait proprement et simplement envoyé promener, se foutant de ma gueule au passage en bonus. Et il y aurait pris du plaisir. Alors pourquoi je ferai l'inverse?

Et puis j'ai soupiré en me disant que s'il lui arrivait quoi que ce soit, qu'il m'avait appelé et que je l'avais laissé seul, je risquais gros, grès gros. J'aurais dû m'expliquer, et je pense pas qu'Helen, sous le coup de la colère ou autre, aurait juste accepté l'excuse du ''Votre fils est un sale petit merdeux et j'ai voulu lui donner une leçon''. Mouais. Bon. Heureusement dans la voiture il n'a pas fait d'histoire. Il est resté sagement sur son siège, en accomplissant l'exploit d'être étanche, et de ne pas pisser ou vomir dans l'habitacle. Merci pour moi. Enfin c'était avant que je remarque qu'il s'était mis à l'aise. Et quand je dis à l'aise, j'entends qu'il s'est foutu à poil, moineau à l'air, et pas juste à enlever sa veste et/ou sa chemise trempée. Et quand ça se produit, je l'entends me répondre avec son insolence habituelle que j'allais pas m'effaroucher pour si peu. Mouais. Je le largue dans le garage d'Helen sans plus de cérémonie, et tout le chemin du retour, je suis tiraillé entre l'énervement, d'avoir été pris pour un con, on peut le dire, et la réalisation qu'il a passé plus de dix minutes totalement à poil à côté de moi sur le siège passager sans que je le remarque. Mais qu'est-ce qu'il cherchait? Qu'est-ce qu'il voulait? M'allumer, comme l'autre fois? Nu à côté de moi, juste enroulé dans une couverture. Ma couverture. Pourtant il a rien tenté jusqu'au moment de sortir, et encore, même là, à part son air de petit con... Il a rien tenté. Putain mais à quoi il joue. A quoi il joue bordel?

J'ai filé à travers la ville trempée et j'ai garé la voiture dans le sous-sol de l'immeuble. Une fois rentré, j'ai juste troqué mon jean contre mon bas de pyjama, je me suis brossé les dents et je me suis écroulé.

Quelques jours passent. Une semaine, peut-être un peu plus. Et je sors du restau où j'ai dîné avec Sam, qui est de passage en ville pour la journée, le prenant dans mes bras pour lui dire bonne nuit quand je sens mon portable vibrer. Ca peut attendre une seconde. Je lui tape sur l'épaule, lui souhaitant bonne nuit et lui faisant jurer de m'appeler quand il ramène ses fesses ici avant de le regarder tourner les talons. Là seulement je sors mon téléphone et je vois TJ sur l'écran. En une seconde la moutarde me monte au nez. C'est marrant, je m'y attendais. Je m'attendais à ce qu'il profite de ma gentillesse et de ma générosité. Tends la main et on te bouffe le bras oui. J'ai envie de rejeter l'appel et de rentrer tranquillement chez moi sauf que j'ai quand même un sursaut de conscience. Ca pourrait être grave. On sait jamais. Et comme il choisit jamais la simplicité... c'est pas impossible. Alors je décroche.

Quoi, TJ?

Je soupire en l'entendant faire son petit numéro du ''oui mais je suis désolé mais tu comprends...''. A d'autres. Je l'interrompt une première fois.

TJ, si c'est encore pour jouer les taxis, sérieusement, tu peux oublier. Je t'ai rendu service une fois, mais j'ai pas envie que ça devienne une habitude. Donc ce soir tu te débrouilles et...

Merde. On dirait que... Je m'arrête et le laisse finir. Ouais. Il... Il est bien en train de pleurer... Wow. S'il y a bien quelque chose que je ne m'attendais pas à voir venant de TJ, c'est des larmes. Je me calme un peu et lance.

Ok, t'es où?

Sauf qu'il me baragouine qu'il est sur la ligne de bus 17. Mais comment est-ce qu'il est arrivé à se foutre là? A atterrir là? Quand on arrive quelque part, c'est qu'on sait d'où on vient!

TJ, une ligne de bus ça peut être immense. Il me faut le nom de l'arrêt. Oui normalement c'est écrit sur l'arrêt de bus, quelque part. Dis-moi. Oui tu te lèves mais tant que j'ai pas cette info je viens pas te chercher.

Silence. Des pas entrecoupés de sanglots. Et il a même pas une foutue veste alors qu'ont doit bien être en-dessous de zéro. Ce petit con a vraiment le don de se foutre dans des situations de merde. Clairement. J'entends de nouveau sa voix. Richmond Park. Bien.

Reste à l'arrêt de bus et tu bouge pas d'accord? Je suis dans le vieux centre, je prends la voiture et j'arrive. Tu bouges pas ok?

Heureusement la technologie moderne nous a donné les GPS, et j'arrive rapidement à lancer l'itinéraire sur le navigateur de la voiture. Et au bout d'un petit quart d'heure, je m'arrête près d'un coin désert. Et je le vois tout recroquevillé sur le banc de l'arrêt de bus, de la buée sortant de ses lèvres. Je m'arrête à côté de lui et ouvre la portière. J'ai allumé le chauffage en grimpant en voiture, et il fait bien chaud. Sauf qu'il tremble encore comme une feuille.

Prends mon manteau sur la banquette arrière. Et interdiction de te foutre à poil dessous d'accord?

Je le vois avoir un pâle sourire et je prends quelques secondes pour l'observer. Il pue l'alcool et je sais pas quoi d'autre. Son regard est vitreux, et ses gestes maladroits. Il est bourré, ou défoncé, ou les deux. Je soupire alors que je commence à rouler.

Tu rentres pas dans cet état-là. Si ta mère te voit c'est la fin. Tu vas dormir chez moi cette nuit.

Je roule quelques minutes avant de demander, sans quitter la route des yeux.

Alors, il s'est passé quoi cette fois?

J'écoute ses explications pourries tout en lui tendant un paquet de mouchoirs, et peu après on se gare au parking souterrain. Je le soutiens alors qu'on marche vers l'ascenseur, puis dans l'ascenseur, puis dans le couloir, et je soupire de soulagement en fermant la porte derrière moi. Je le laisse retomber sur le canapé.

Bon. Soit je te laisse là si t'es trop mal. Sinon tu peux prendre une douche et te changer. Je peux te passer de quoi dormir... Alors?

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Jeu 5 Nov - 20:32
What a mess we make
“And I'm possessive, it isn't nice ? You've heard me saying that  smoking was my only vice.”
L
es néons grésillent au-dessus de ma tête alors qu'au travers de mes larmes, je regarde le numéro dix-sept danser devant mes yeux. La voix de Steve me semble lointaine alors que je tente de retenir le moindre sanglot qui s'échappe d'entre mes lèvres. Je comprends pas… Je comprends même pas ce que je fous là… Pour être franc, je ne sais même pas où je suis… Encore en ville je dirais… Un frisson secoue mes épaules alors qu'il commence à me demander où je suis. J'essuie mes larmes du revers de la main.

"J'en sais rien… J'en sais rien… Sur la ligne 17… C'est tout ce que je sais… J'ai aucune putain d'idée d'où je suis Steve…"

Je passe une main sur mon visage alors qu'il commence à me faire remarquer qu'une ligne de bus… C'est vague et que dire que je suis sur un arrêt, c'est pas franchement mieux. Je pousse un grognement avant de marmonner.

"Je sais pas ! Je sais pas… J'arrive pas à lire d'ici… Et je suis pas sûr d'être capable de lever sans me péter la gueule… J'arrive déjà pas à rester assis…"

Je pousse un soupir alors que je fixe le lampadaire qui se trouve pile en face de mon arrêt de bus. Un léger vent se lève et vient remuer les quelques feuilles et autres déchets qui trainent, leur arrachant de légères plaintes qui me font frissonner. Putain… Il va me tuer à me faire me lever. Je ravale un sanglot et commence à me lever, échouer deux fois avant de réussir à chanceler sur place. Un haut-le-coeur me saisit alors que je m'agrippe à la vitre. Putain de merde. Je vais pas y arriver. Je sens mon estomac se retourner, et alors que je pense que je vais vomir, je me contente de cracher par terre, les larmes aux yeux. Je titube difficilement jusqu'au panneau et tente de déchiffrer le nom de l'arrêt alors que les lettres semblent danser devant mes yeux.

"Ri… Richmond Park… Ouais… Je crois que c'est ça…"

Du moins ça en a l'air… Je crois. Je pousse un soupir avant de m'adosser à la vitre de l'abri, sanglotant silencieusement alors qu'il me dit de ne pas bouger, qu'il arrive. Je renifle avant de prendre une grande inspiration, tentant de me calmer malgré le froid et l'angoisse qui mordent mon être.

"Je bouge pas… Promis."

Il raccroche et je retourne sur mon banc, me recroquevillant dessus, transis de froid. Je ferme les yeux une seconde, cherchant simplement à me calmer. Je ne peux pas être dans cet état quand il va arriver… Je dois avoir l'air dans un état relativement correct. Je frotte mes yeux de mes deux mains et rouvre les yeux fixant à nouveau  cette lumière orangée qui tente d'éclairer les ténèbres. Je serre les dents et réprime un frisson, n'ayant pour seule compagnie que le ronron des néons au-dessus de ma tête et le silence de la nuit. Je porte mes mains à mes lèvres et doucement, en soufflant dessus, je tente de réchauffer mes doigts qui s'engourdissent déjà. Ma veste me manque. En fait pas mal de choses me manquent. Ma veste, mes clés, mon porte-feuille… Mes souvenirs de cette soirée. Une voiture passe devant moi sans s'arrêter et je cache mon visage dans mes mains, mes yeux hurlant face à la vive lumières des phares. Comment j'en suis arrivé là ? Aucune idée. J'arriverais même plus à dire à quel moment ça a dérapé. J'étais au club… Tout allait bien et quand j'ai repris conscience… Je déambulais dans la rue, les lèvres encore humides d'un baiser longuement échangé et l'odeur d'une eau de cologne qui n'est pas la mienne. J'entends un moteur au loin, des pneus qui font chanter le goudron et le bruit de freins.  Je mets quelques secondes à reconnaître sa voiture, et quand c'est le cas… Un léger sourire m'échappe. Il est venu… Pour moi. La portière s'ouvre et je sens une bouffée d'air chaud me parvenir. Je n'hésite pas longtemps avant de venir me glisser sur le siège passager. J'offre un sourire à Steve avant de trembler comme une feuille, cherchant du bout des doigts le manteau qu'il me propose d'enfiler. Plusieurs fois je tente d'attraper le lourd tissu mais mes doigts ankylosés par le froid et maladroits par l'alcool le laissent filer. Je me force à faire bonne figure avant de finalement réussir à l'attirer jusqu'à moi, m'enroulant dans cet immense manteau qui porte son odeur. Un léger sourire se dessine sur mes lèvres alors que je glisse mon nez dans son col, appréciant de sentir autre chose que l'odeur du tabac et de l'alcool… Mais celle du savon et d'un parfum qui étrangement me rassure. Je me détends, écoutant à peine ce qu'il a me dire.

"Oui… Ce que tu veux…"

Je me détends, me réchauffant au fil des secondes alors qu'il commence à rouler, me ramenant je ne sais trop où. Chez moi, chez lui… A Narnia… Aucune idée. Je n'ai pas écouté. Mais au fond… Ce n'est pas important. Tout ce que je veux c'est rentrer quelque part où je pourrais m'échouer. Où je pourrais me dire que ce n'est pas grave si on me voit dans cet état… Ma mère n'en saura rien et le reste du monde non plus. En fait je voudrais ma chambre, mon lit, mon espèce de bulle dans laquelle je trouve refuge à chaque fois que je me sens trop fatigué pour continuer à prétendre que tout va bien, que je vais bien. Quand j'en ai marre de faire croire à tout le monde que je suis sobre, quand j'ai été faible l'espace d'une seconde. Le front contre la vitre je regarde les lumières de la ville défiler devant mes yeux, passant simplement ma langue sur mes lèvres quand il me demande comment je me suis mis dans cet état. C'est juste la question à un million de dollars. J'en sais rien. Foutrement rien. Je ne sais même pas ce que j'ai fais de ma soirée… Et c'est ce qui m'effraie le plus… Je ne sais pas ce que j'ai fais. Tout ce que je sais… C'est que j'ai perdu ma veste, que j'étais sûrement avec quelqu'un et que… Je suis sale. Ma chemise et mon boxer semble coller à ma peau et j'ai bien trop peur d'y glisser mes doigts pour savoir ce qu'il en est. Et je ne parle même pas de l'odeur immonde qui semble imprégner ma peau. Je pousse un soupir qui devient un sanglot alors qu'une certaine angoisse me prends à la gorge. Le problème c'est que je ne sais pas. Que je n'ai aucune idée de ce que j'ai bien pu faire. Et ça me terrifie.

"J'en sais rien… J'étais au club avec… Un de mes associés… Et ensuite… J'en sais rien. Je suis incapable de te dire ce que j'ai pu faire ou non… Je ne sais même pas où je suis… Je ne sais même pas ce que j'ai pu faire ou pas… Ni même avec qui j'étais ! J'en sais rien… J'en sais foutrement rien…"

Je recommence à trembler alors que j'ignore son paquet de mouchoir, me contentant de froncer les sourcils quand il se gare dans un parking que je ne reconnais pas. Mon cerveau tente de comprendre et c'est seulement quand il m'aide à sortir, me soutenant dans l'ascenseur que je comprends qu'on doit être chez lui… Mon regard détaille le couloir dans lequel il me traîne, puis le canapé dans lequel il m'allonge. Un haut-le-coeur me saisit alors qu'il recommence à m'abreuver d'informations que je peine à saisir. Je lève les yeux vers lui et j'entrouvre les lèvres, cherchant difficilement mes mots.

"Je… Euh…"

Dis quelque chose. N'importe quoi.

"Euh…"

N'importe quoi. Le premier truc qui te passe par la tête. Vas-y. Sinon il va croire que t'es vraiment à la masse.

"Oui.. Oui on fait comme ça."

Saut qu'à voir son expression, je comprends que ça n'a aucun sens. Ou du moins que ça ne réponds pas à ce qu'il semblait me dire un peu plus tôt. Il répète et là je comprends.

"Je veux bien… Prendre une douche… Et oui, je veux bien… Des fringues… N'importe quoi pour dormir…"

Je peine à déchiffrer son expression, le laissant m'aider à me remettre debout, me guidant jusqu'à la salle de bain. Il m'adosse à l'évier avant de me sortir une serviette, me murmurant je ne sais trop quoi. Je lui souris en guise de simple réponse avant de voir la porte se fermer. Maladroitement et avec la plus grande difficulté je commence à me déshabiller, déboutonnant difficilement ma chemise et plus je descends, plus j'ai peur de ce que je vais y découvrir… Et je cesse de respirer en découvrant pourquoi je colle autant… Du bout des doigts je commence à essuyer le liquide épais et blanc qui commence à sécher sur ma peau, sentant mon envie de vomir revenir. Merde… Merde… Merde… Non. Le souffle court je fais sauter la boucle de ma ceinture, mon jean et… Putain de merde. Je…

"Merde, merde, merde, merde…"

Je… J'y crois pas. Je m'étais promis de ne plus recommencer, de ne plus faire ça en n'étant plus lucide et pourtant… Je… Merde. Le pire c'est que le mec avec qui j'étais m'a laissé repartir ainsi… Alors que j'étais encore couvert de la conclusion de notre étreinte… Un profond sentiment de dégoût me parvient alors que je termine de me déshabiller à la hâte, jetant mes fringues dans l'évier. J'ouvre en grand le robinet d'eau chaude, bourrant mes fringues au fond de celui-ci, me foutant que l'eau brûlante me dévore la peau. Je veux juste que ça disparaisse, je veux juste effacer ça… Nier le fait que j'ai dû me faire baiser par je ne sais trop qui. Je retire mes mains quand je gémis de douleur et que je peine à sentir mes doigts. Une larme commence à rouler sur ma joue alors que je recommence à sangloter, regardant l'eau battre mes vêtements dans l'évier. Ma peau vire au rouge et je frémis. Ça m'apprendra… Et alors que je suis perdu dans la contemplation de mes mains, j'entends mon portable vibrer sur le bord de l'évier. Je regarde le numéro s'afficher sur l'écran et fronce les sourcils. Inconnu. Étrange. Je le déverrouille pour lire le message et palis en en découvrant le contenu.

Hey, t'as filé tellement vite que t'en as oublié ta veste… Je passe au club demain te la rendre. C'est bon pour toi ? Sans compter que bon… Tu m'as promis un deuxième round… Chaton.

Je suis pris d'un vertige. Oh non. Oh non. Non, non, non, non. Pas Chaton. Pas ça… Tout mais pas ça. Je peux pas, je ne peux pas admettre que… Non. Je lâche le téléphone qui finit au sol avant de tituber jusqu'à la douche. Mes doigts tremblants peinent à ouvrir les robinets, laissant l'eau tiède glisser sur ma peau alors que je sanglote lourdement. Je me laisse glisser à terre, pleurant comme un gamin apeuré alors que je commence à me griffer la peau jusqu'au sang, essayant de faire disparaitre cette affreuse sensation de manière presque hystérique.
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Ven 6 Nov - 18:27


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Steve Rogers & TJ Hammond

Bon, on dirait que le pire a été évité. Enfin, je crois. J'avais vraiment peur que quelqu'un tombe sur lui alors qu'il était à moitié comateux sur un banc. Un paparrazzi qui se serait fait plaisir à le mitrailler, avant d'envoyer les photos à toutes les feuilles de chou merdiques du pays, ou simplement des camés qui auraient voulu lui tirer ses affaires. Ou pire, un kidnapping. C'est le fils de la candidate quand même, femme d'un ancien président. J'imagine que d'arriver à mettre la main dessus ça peut valoir son pesant de cacahuètes. Etre un foutu moyen de pression contre Helen. Il y a tellement de tarés partout... Bref, Steve, stop. Stop. Arrête. Tout va bien. Il est là. Tu l'as récupéré, et même s'il est pas très frais, il a l'air en un seul morceau. Bien. Et s'il avait fait un coma éthylique? Un arrêt cardiaque? Une overdose? Steve arrête! Il est défoncé mais il est là et il va plutôt bien. Ok. Bien.

Je roule en silence, l'aidant quand même à passer mon manteau alors qu'il se recroqueville sur le siège, et calmant ses tremblements petit à petit. C'est déjà ça. Il est vaguement conscient mais la seule chose dont il a l'air d'avoir besoin maintenant, c'est juste une bonne nuit de sommeil. Et on va régler ça bientôt. J'essaie de lui parler pour le garder éveillé et je lui demande ce qui s'est passé. Sauf que là où je m'attendais encore une fois à avoir une réaction de sale gosse, du genre ''Mais t'es pas mon père'', ou ''Je me suis amusé, et ça te regarde pas''. TJ quoi. Sauf que non. Je le vois froncer les sourcils, chercher ses mots, et puis finalement se remettre à sangloter sur son siège. Wow... il est vraiment vraiment pas bien... Je tends la main et la pose sur son épaule, gardant l'autre sur le volant.

Hey...garçon t'en fais pas... On va rentrer chez moi et je vais te mettre au lit. Tu seras bien, à l'abri et en sécurité d'accord? T'en fais pas... C'est terminé. C'est terminé Buck. Il t'arrivera plus rien. J'y veillerai...

Lui qui puait l'assurance et l'arrogance, qu'est-ce qui a bien pu se passer pour le mettre dans un tel état. L'alcool triste? Oui mais quand même. Là c'est un peu extrême... Et à mesure qu'il se réchauffe... il pue tout court. La transpiration, l'alcool mais sur lui, comme s'il s'était renversé un verre ou deux dessus et... le sexe. Oh pitié faites qu'il se soit pas fait violer. Que quelqu'un ait drogué son verre et ait abusé de lui. Bon pour l'instant on va d'abord rentrer, et on avisera. Les minutes me semblent interminables jusqu'à ce qu'on arrive dans le parking, et enfin à l'appart. Par chance pour moi, on croise personne. Nouvelles questions : et s'il arrive quoi que ce soit? Et si demain matin on le retrouve mort sur mon canapé? Comment j'explique ça moi? Ca serait la fin de ma carrière. De ma vie tout court. Et de mon cul aussi si jamais je vais en prison. Steve arrête. Arrête. Sois rationnel bon sang. Ok. La porte se referme sur nous et on entre dans mon appart de fonction. Un peu rudimentaire dans la déco mais fonctionnel. Le seul truc que j'ai ajouté à la déco c'est des posters qui sont offerts dans les magazines de ciné que j'achète. Ouais tendance geek minimaliste, je suis un mec comme ça. Je l'assieds sur le canapé le temps d'ôter mes pompes et suspendre le manteau que je lui ai ôté des épaules.

Encore une fois j'essaie de lui tirer quelque chose mais rien. On dirait que l'alternative dormir sale sur le canapé/prendre une douche et se changer lui apparaît comme une équation différentielle au 4e degré, et il me répond qu'on fait comme j'ai dit. Bien. Il a vraiment pigé que je lui offrais un choix. Je retente ma chance et par bonheur je vois l'étincelle de compréhension illuminer son regard, votant pour la douche. Sage décision. Je l'aide à se relever, le guidant jusqu'à la salle de bains et il s'adosse à l'évier le temps que je sorte des draps de bains propres.

Voilà. Reste aussi longtemps que tu veux. Si tu as besoin de moi tu m'appelles, je suis pas loin.

Je passe à la cuisine pour faire chauffer la bouilloire, et le temps que l'eau chauffe je repasse par ma chambre pour passer un pyjama. Je me doucherai demain matin, tant pis. Je survivrai. Je prépare du thé noir et je repasse devant la porte de la salle de bains, histoire de vérifier que tout va bien. Et à ce que j'entends, ça va vraiment pas. Il sanglote comme un gosse, et je me permets d'ouvrir. Heureusement, j'avais rien verrouillé. C'est là que je le vois, recroquevillé dans la douche, en train de se griffer la peau jusqu'au sang, se balançant d'avant en arrière. Putain j'aime pas ça. Mais alors j'aime pas ça du tout. Vraiment pas du tout. Je m'accroupis près de lui et remarque que l'eau est à peine tiède. Je tourne le robinet d'eau chaude, et vérifie qu'elle n'est pas brûlante avant d'en passer doucement sur son corps. On dirait qu'il se calme un peu, mais juste un peu.

TJ... calme-toi. Calme-toi d'accord? Je suis là, et plus personne pourra te faire du mal ici ok? Plus personne. Tu es à l'abri, et personne sait que tu es là. Personne... Viens... on va te mettre au lit... Tu as besoin de dormir...

J'attrape ensuite mon peignoir, le bien moelleux à carreaux, que Tasha m'avait offert à Noël, et lui passe autour des épaules une fois que j'ai coupé l'eau et que je l'ai fait se redresser. Je noue la ceinture et quand je vois qu'il tient à peine sur ses jambes je le soulève comme une mariée, l'emmenant à pas lents jusqu'à la chambre d'amis. Personne n'a encore dormi dans les draps. Je le laisse un peu retomber sur le lit, parce qu'il fait quand même son poids, et je le fais s'allonger, remontant les couvertures sur lui.

Voilà. Voilà tu es au calme et au chaud... Détends toi. Personne te veut du mal ici. Personne...

Je reviens lui apporter une tasse de thé que je pose sur le chevet, et je m'assieds sur le bord du lit. Pendant quelques secondes j'hésite avant de doucement passer ma main dans ses cheveux.

Doucement... doucement... dors...

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es ongles s'enfoncent dans la peau de ma nuque et entre deux sanglots que je tente de ravaler en vain, je commence à sentir une brûlure et une douleur qui si je pensais aller m'aider à oublier ce que j'ai fais… Ne sert en réalité qu'à me faire sombrer un peu plus. Mes larmes se mêlent aux gouttes qui roulent sur ma peau, et rapidement, je commence à trembler, ne cessant de repenser à l'état dans lequel je suis. Aux taches sur mes vêtements, à l'odeur qui ne voulait pas quitter ma peau et à cette putain de sensation d'avoir fait la plus grande erreur de mon existence. J'entends mon portable vibrer une seconde fois au sol me faisant me recroqueviller un peu plus sur moi-même. Je m'étais promis de ne pas recommencer. Pas après Sean. Je m'étais dis que je devais arrêter de toujours tomber amoureux de mecs qui d'une façon ou d'une autre allaient me briser le coeur. A cause de Sean… J'avais tenté d'en finir deux fois avec mon existence… Et avec Adrian… Je ne pouvais pas continuer. Pas ainsi. Il… Il me cassait. Doucement mais sûrement. Après ma sortie d'hôpital, j'étais fragile et en voyant Douglass marié et heureux avec sa femme… Je me disais que je voulais quelque chose de similaire, que moi aussi je voulais pouvoir avoir ce genre de relation avec un homme, d'avoir quelqu'un avec qui je serais bien à ses côtés, qui me ferait sourire sans jamais oser me blesser… Naïvement j'avais envie de tout ça. Qu'on prenne soin de moi, qu'on m'aime… Et qu'on me jette pas en disant que tout ceci n'avait été qu'une erreur et que finalement… Je n'étais qu'une traînée qu'on baisait le soir pour passer le temps. Alors oui… Quand j'ai rencontré Adrian et que j'ai croisé son regard… Je n'ai pas mis longtemps avant de tomber dans ses bras, en me disant qu'il serait le bon. Mais non. Et si je l'avais quitté en me disant que jamais plus je ne retournerais vers lui… J'ai l'impression que poussé par une espèce d'énergie du désespoir je suis retourné dans ses bras le temps d'une nuit. Ça expliquerait le message… Adrian est le seul à pouvoir me surnommer "Chaton". L'idée même m'arrache un haut-le-coeur alors que je continue de sangloter. Je ne voulais pas… Je ne voulais pas redevenir comme ça, retomber entre ses bras et m'abandonner à nouveau lui. Putain… Je serre les dents alors que même pleurer commence à devenir douloureux. C'est trop. Trop de ne pas savoir, de douter, d'hésiter, de ne pas être capable de me souvenir, de ne pas pouvoir aligner deux pensées cohérentes… Je voudrais juste que cela s'arrête. Je veux pouvoir fermer les yeux et oublier. Cesser de penser à tout ça… Cesser d'être pathétique dans une douche qui n'est même pas la mienne. Deux mains viennent se poser sur ma peau et un gémissement m'échappe. Il me faut entendre sa voix pour comprendre que c'est Steve. L'eau devient plus chaude sur ma peau et alors qu'il ne cesse de me répéter qu'ici je ne crains rien, je me calme. Un peu. Du moins, j'arrête de pleurer. Dans un état second, les yeux dans le vide je le laisse me rincer, plus honteux qu'autre chose. Je frissonne doucement quand l'eau se coupe enfin et qu'il m'enroule dans un peignoir délicieusement moelleux. Je chancelle sur mes pieds, me raccrochant à lui alors que je tente de prétendre avoir le moindre équilibre. Je pourrais lui grogner que ouais, je peux me débrouiller tout seul ou quoi, que je suis un grand garçon… Mais je n'ai pas la force de lui mentir ou de lui résister. Sans compter que bon… Pour une fois que j'ai quelqu'un pour m'aider quand je suis dans cet état-là… Je ferme les yeux et le laisse me porter, posant simplement ma tête sur son épaule, me sentant étrangement… Bien. Le temps d'une seconde, je me dis que je n'aurais pas dû être aussi désagréable que lui, parce qu'au final, il est le seul à veiller sur moi ce soir. Le seul à s'inquiéter de mon état. Je termine dans son lit et rouvre à peine les yeux alors que je sens qu'il remonte les couvertures sur moi, m'enveloppant dans des draps qui sentent encore la lessive. Je me blottis dedans, murmurant doucement.

"Je ne voulais pas… Je te le jure…"

Fatigué et nauséeux, je tente de me justifier auprès de lui alors qu'il me laisse seul. Je remue doucement, tout juste bon à le suivre du regard. J'ai pas envie qu'il me laisse, au contraire. J'aimerais le retenir mais impuissant je le regarde disparaitre. J'ai un soupir avant de me rouler en boule dans le lit. Je ne voulais pas me mettre dans un tel état, je le jure. Je… Je ne sais pas ce que je voulais, mais certainement pas ça. Une tasse de thé se pose sur la table de chevet et je rouvre doucement les yeux, découvrant que Steve est de nouveau là, à me regarder avec une étrange lueur d'inquiétude dans les yeux. Je pourrais lui offrir un sourire, mais là, c'est trop demandé.

"Je suis désolé Steve, je suis désolé… Je ne voulais pas… Je te le jure…"

Les mots se meurent sur mes lèvres alors qu'il caresse tendrement mes cheveux, dans un geste tendre qui me surprend. Je le regarde quelques secondes avant de me détendre, finissant par lâcher prise pour ce soir. Rassuré par sa présence et ses caresses je finis par m'endormir, les couvertures remontées sur le nez et au chaud.

Le lendemain, c'est du bruit venant de la cuisine qui me réveille. L'esprit encore largement embrumé j'ouvre un oeil, puis l'autre, réalisant que je ne suis pas dans ma chambre. Je me frotte les yeux, essayant de recoller les morceaux de ce qui était ma soirée. Je me souviens que c'était pas glorieux et que… Que Steve est venu me chercher… Donc je suis chez lui. Je pousse un soupir avant de m'assoir, regrettant immédiatement ce geste vu la nausée qui me saisit. Putain de merde. J'ai pas fais semblant sur ce coup-là. J'observe une seconde la tasse de thé froide qui m'attend et me force à la boire d'une traite. Je grimace avant de me lever, me dirigeant doucement vers la cuisine, tasse en main. L'odeur du café me parvient et je me rends compte que je ne suis pas aussi bien réveillé que je le pense, surtout quand la voix de Steve résonne à mes oreilles.

"Hmm."

Je plisse les yeux et pose la tasse sur la table de la cuisine, m'asseyant pour simplement croiser les bras sur la table et y poser ma tête. Je grogne doucement avant de réussir à articuler correctement.

"Cinq secondes, le temps que je me réveille."

Je pousse un long soupir, sentant qu'il me glisse une tasse de café bien chaude. Je la cherche du bout des doigts avant de l'attraper, relevant la tête pour siroter une gorgée brûlante. Le café me fait plisser le nez tant il est fort, puis je croise son regard, pas autant à l'aise que je le voudrais. J'aimerais être capable de retrouver mon air insolent, mes airs de sale con bien arrogant… Mais là… C'est comme si je ne savais plus faire. Comme si c'était inutile avec lui, parce qu'il avait vu ce qu'il y avait dessous, sous ses airs de sale gosse. Je laisse la tasse chaude réchauffer mes doigts alors que j'évite son regard. Je me mords quelque peu la lèvre puis je me lance.

"Merci Steve… Pour hier soir. Et pour le reste."

Je laisse passer un léger silence avant de reprendre.

"Rien t'y obligeait et… Je te jure que… Que j'ai pas fais exprès… Et que je voulais pas être ainsi…"
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Dim 15 Nov - 15:31


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Steve Rogers & TJ Hammond

C'est pas la même personne que j'ai en face de moi. Ce n'est plus TJ le petit con qui me lançait des piques bien acides quand il me croisait chez sa mère. C'est plus lui que j'ai aidé à se deshabiller avant de se mettre au lit, ou qui s'est foutu à poil dans ma voiture alors qu'il était trempé comme une souche, un sourire de sale gosse aux lèvres. Et qui crânait en se pavanant, nu sous ma couverture. Non. Là il est vraiment pas bien, comme brisé, et j'ai mal au coeur rien qu'en le voyant comme ça. Qu'est-ce qui a pu lui arriver? Alors que je le porte j'ai mille scénarios qui se bousculent dans mon esprit, et j'ai surtout peur qu'il ait été abusé. Il avait vraiment pas l'air dans son assiette, et le fait d'avoir foutu ses fringues en vrac dans l'évier avant de les noyer... Dans un sens je m'en veux de pas avoir pu l'empêcher de faire ça, si jamais on a besoin de ça pour... pour une enquête ou quoi que ce soit... Et en plus je devrai témoigner... Bon je vais déjà mettre mon manteau dans un coin au cas où, dans un sac poubelle scotché. Qui sait.

Je l'installe dans la chambre d'amis et à peine j'ai remonté les couvertures sur lui je l'entends murmurer d'une voix fatiguée qu'il voulait pas. Je pose ma main sur son épaule.

Je m'en doute, sinon tu serais pas dans cet état. T'en fais pas, je m'occupe de toi...

Je l'abandonne le temps de lui faire un thé, et je reste avec lui jusqu'à ce qu'il s'endorme, caressant doucement ses cheveux. Il est loin TJ, le gamin terrible de l'Amérique, celui dont les conneries amusent tout le monde, et qui le fait passer pour charmant auprès de pas mal de monde.

C'est rien... c'est rien... Maintenant tu as surtout besoin de dormir... De te reposer... D'accord? Dors... Je suis pas loin...

Ses yeux se ferment, son souffle se fait plus profond et il finit par dormir profondément. Je reste encore quelques minutes et une fois que je suis rassuré je me relève, remontant encore un peu les couvertures sur lui, avant de me coucher à mon tour. Vu l'heure je m'endors rapidement. Je dors d'une traite jusqu'à la sonnerie du réveil, et je lutte pour sortir du lit. Encore une journée où j'aurai besoin de pas mal de café... Je prends une douche, et file dans la cuisine pour lancer la cafetière. Je réchauffe rapidement les pancakes que je me fais le dimanche matin pour toute la semaine, les mettant rapidement dans la poêle, quand j'entends bouger. Et quand je me retourne, TJ est là, assis à table. Je me tourne une seconde avec un sourire aux lèvres.

Salut...

Avant de m'occuper du déjeuner. Je glisse les pancakes chauds sur l'assiette et en mets deux autres sur le feu. Puis j'attrape une des deux tasses de café que je fais glisser devant lui. Il tâtonne pour l'attraper, avant de faire un effort surhumain pour lever le nez et commencer à la boire. Je le laisse émerger, le temps de chauffer les derniers pancakes, et j'attrape le sirop d'érable avant de m'asseoir face à lui. J'arrose mon déjeuner sans rien dire, un oeil sur le journal, avant de l'entendre finalement rompre le silence. Je replie les grandes feuilles et lui souris.

T'en fais pas. Je préfère encore t'avoir à l'oeil ici plutôt que de m'inquiéter pour toi dehors. C'est rien...

Je continue de manger, buvant une gorgée de café et lui souris quand il reprend la parole.

TJ t'en fais pas. Hier soir t'étais en danger et je m'en serais voulu s'il t'était arrivé quelque chose parce que je suis pas venu te chercher... C'est terminé... Dis-toi juste que... que je suis pas ton ennemi. D'accord?

J'hésite une seconde avant de jeter un pavé dans la mare, mais il faut que je lui demande.

Ecoute TJ hier soir t'étais dans un tel état... Je... si jamais tu as été... abusé ou quoi que ce soit, on peut aller voir la police ensemble d'accord? Tu... tu peux m'en parler, je t'aiderai...

Je le regarde, attendant sa réponse, et surtout, j'espère qu'il ne va pas faire de scandale en le prenant mal.


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l s'inquiète. C'est peut-être ça qui me surprends le plus, que lui s'inquiète. Je veux dire, je n'ai pas mon téléphone sous la main, mais je suis persuadé que si c'était le cas, je n'y trouverais pas le moindre message de ma mère ou la moindre trace d'un appel en absence. Y'aura rien. Absolument rien. Parce qu'étrangement, la seule personne qui est inquiète à propos de moi… C'est lui. Lui qui est venu me chercher alors que j'étais dans le pire des états. Lui qui est là à lire son journal, prenant son petit-déjeuner comme n'importe quel mec parfait dans son genre le ferait. Mes doigts caressent nerveusement la tasse encore chaude alors qu'il m'adresse un sourire qui me fait baisser les yeux. Parce qu'il me rappelle qu'une fois de plus je me suis foutu dans la merde et qu'il aurait pu m'arriver un truc… Et que là… Si ça avait été le cas, il en aurait été malade. Je pince les lèvres avant de boire une autre gorgée de café, de moins en moins à l'aise. Il n'aurait jamais dû me voir ainsi… Maintenant… Maintenant il sait dans quel état je peux me mettre et surtout… Il peut en parler à ma mère. Et même si je me doute qu'il ne va pas le faire… Une petite voix en moi me dit qu'il pourrait me faire chanter pour ça et qu'à la moindre contrariété de sa part… Il pourrait se décider à me balancer. Rien ne l'en empêcherait après tout… J'ai été dégueulasse avec lui depuis le début, n'hésitant pas  à être désagréable et à même oser me servir de lui pour faire le chauffeur. Je me mordille doucement la lèvre, réalisant soudainement que ouais, lui à un moyen de pression sur moi et moi… Que dalle. Alors même si il dit qu'il n'est pas mon ennemi… Je ne comprends pas pourquoi il fait ça. Après tout, je ne suis que le fils nid à emmerdes de son patron. Son job devrait être de m'engueuler et de me supplier d'arrêter de faire le con, de couvrir mes déboires médiatiques et pas de me réchauffer des pancakes en me disant qu'il préfère me savoir ici qu'ailleurs. Je continue de boire mon café, tentant de comprendre ce qui peut bien lui passer par la tête. Qu'est-ce que Steve Rogers tente de faire avec ma personne ? Avoir mes faveurs pour que je sois plus conciliant pour la campagne de ma mère ? Peut-être. Je hausse un sourcil quand je l'entends reprendre, me figeant totalement quand il me demande si on m'a abusé hier soir. Mon coeur rate un battement alors que mes doigts se crispent sur la tasse. Je me sens pâlir alors qu'il va jusqu'à me proposer de m'accompagner dans le poste de police le plus proche, m'offrant même une oreille et une épaule pour pleurer. Je croise son regard, me refermant complètement pour lui cacher ma surprise qu'il a très certainement déjà vu. Il a dû voir mes fringues dans l'évier. Il a dû voir les taches qui maculaient autant ma peau que mon boxer… Et il doit en tirer les mauvaises conclusions. Il pense qu'on a abusé de moi… Mais de toute façon… Est-ce que je pourrais vraiment prétendre que non ? Pas vraiment… Je ne sais pas ce que j'ai fais hier… Je sais juste que… J'étais avec lui… Et… J'ai dû lui donner mon consentement, d'une façon ou d'une autre. Je croise à nouveau son regard et ose un sourire de sale gosse, sentant mon coeur se serrer alors que j'ose remettre ce masque d'arrogance qui me va si bien. Dans le fond, c'est peut-être plus simple ainsi : que je ne reste qu'un sale con auto-destructeur de plus. Le sale gosse que l'Amérique aime voir sombrer.

"Abusé ? Steve… Je t'en prie. C'était qu'une soirée comme les autres qui a mal tourné rien de plus… J'étais dans un sale état… Et je te remercie de t'être occupé de moi, mais non, je n'ai pas besoin d'en parler ou d'aller voir les flics… "

Je me force à conserver mon sourire avant de terminer mon café, repoussant doucement la tasse une fois que c'est le cas.

"Je t'assure que ce n'était rien… J'ai juste… Eu un blanc et ça m'a secoué…  Mais je t'assure, je vais bien, il m'est rien arrivé. Rien du tout…"

Et alors que je lui dis ça… J'espère simplement qu'il n'a pas vu l'état de mes fringues ou ce qui pouvait coller à ma peau. J'espère que pour lui, j'étais juste salement ivre. Juste pour que mon mensonge tienne un peu mieux. Même si vu sa question, je me doute que c'est sûrement le cas. Alors je me cache derrière mon assurance, mon arrogance et ce petit jeu de "TJ Hammond est intouchable." Parce que je ne veux pas qu'il puisse voir un peu plus ce que je suis réellement… Parce que la dernière personne que j'ai autorisé à faire ça, m'a simplement brisé le coeur pour sauver sa putain de carrière. Et Steve, comme les autres, ne veut pas perdre son job, alors il le fera. D'une façon ou d'une autre.

"D'ailleurs… Tu ne sais pas où j'ai mis mon téléphone et mes affaires ? Non parce que… Faudrait que je… Règle deux trois trucs… Et après… Je ne veux pas non plus m'imposer chez toi… Après tout… Tu as déjà fais beaucoup… Je ne voudrais pas abuser ton hospitalité…"

La vérité c'est que je veux juste me barrer avant qu'il n'ose me poser la moindre question supplémentaire. Je ne veux pas que tu tentes de gratter la surface… Même si tu es la seule personne dans cette ville qui a à coeur mon bien-être.
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Mer 2 Déc - 17:11


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Steve Rogers & TJ Hammond

C'est étrange cette envie, ce besoin de le protéger. Parce qu'autant au début, quand je l'ai rencontré, il était bien trop fidèle à l'image que les médias renvoyaient, crétin arrogant, ado rebelle et pourri gâté, fils d'ancien président qui a toujours vécu avec une cuillère en argent dans la bouche et à qui on n'avait jamais rien refusé. Sauf qu'en deux soirs, et surtout hier, je l'ai vu différemment. J'ai commencé à deviner qu'il y avait plus que cette attitude de sale gosse, qu'en fait il était plus profond, plus... marqué que ce que je pensais. Mais par quoi? A cause de quoi? Qu'en fait se mettre comme ça dans des états pas possibles et prendre des trucs pas franchement licites était pas juste pour occuper des journées bien trop longues de celui qui a pas à bosser pour payer le toit au-dessus de sa tête et la bouffe dans son assiette. Et dans un sens je suis content qu'il soit venu vers moi. Que ce soit moi qu'il ait appelé alors qu'il était pas bien. Peut-être parce qu'il m'associe à la sérénité, à la sécurité. Qu'auprès de moi on ne lui ferait pas de mal?

C'est un petit garçon que je tiens dans mes bras alors que je le mets au lit, effrayé et inquiet, et c'est par contre TJ des tabloïds qui fait son apparition au petit déjeuner. Enfin, pas tout de suite. Non. Au début il était presque touchant, à me remercier gentiment, à me donner vraiment l'impression d'apprécier le fait que je me sois occupé de lui, que je l'aie cherché, que je l'aie aidé à se doucher, et que j'aie veillé sur lui. Peut-être que finalement, on ne s'occupe pas tant que ça de lui? Peut-être qu'il n'a pas grand monde en qui il peut avoir confiance? J'en sais rien. Il reste une énigme, un coffre-fort bien fermé et à peine j'ai commencé à parler de ce qui aurait pu se passer hier soir, lui expliquant que je serai là, s'il voulait voir les flics, que je pourrais l'accompagner s'il voulait aller porter plainte, ou témoigner qu'il me sert encore le couplet du gamin arrogant. Du TJ des magazines. Du rôle qu'il joue pour éviter de parler de quelque chose qui ne lui plait pas. Et dans un sens ça me fait mal qu'il se coupe comme ça. Qu'il me resserve ça alors que je l'ai vu dans un état bien pire hier. Qu'il pense que je vais gober ça...

D'accord, d'accord. C'est juste que t'avais vraiment pas l'air bien alors... Je préfère être sûr. Et que tu saches que... tu es pas seul d'accord?

Je n'en dis pas plus et termine ma tasse de café ainsi que mon petit déjeuner. Je sais bien qu'il ne s'est pas rien passé. Je sais bien que ce n'était pas rien du tout... mais s'il ne  veut pas en parler, je ne peux pas le forcer. Et je sens que je suis allé trop loin pour lui. Que j'ai touché une corde sensible parce qu'il me demande où sont ses affaires pour qu'il puisse filer. Je lève le nez du journal et hoche la tête.

J'ai mis tes affaires dans un sac en plastique... Je pourrai les laver ou tu peux les emmener telles quelles. Ton portable est encore dans la salle de bains. Par contre je pense que tu voudrais peut-être des fringues propres? Ca risque d'être un peu grand mais tant pis, le temps que tu rentres... ça fera l'affaire... Viens...

Je repousse ma chaise et me lève, allant dans ma chambre. Je sors de la commode un tshirt qui est un peu petit, un des jeans qui est le plus serré que j'aie, et accompagne le tout d'un caleçon et d'une paire de chaussettes.

J'ai une brosse à dents propre dans la salle de bains et tu peux piquer du déo si tu veux...

Je le laisse se préparer, pendant ce temps je débarrasse la table et remplis le lave vaisselle, rangeant le reste des pancakes et le jus d'orange dans le frigo. Je me tourne quand j'entends ses pas se rapprocher, et j'éclate de rire en le voyant. Il a dû retrousser trois ou quatre fois mon jean pour qu'il ne marche pas dessus, et mon tshirt lui arrive bien en-dessous des hanches.

Au moins tu seras pas à l'étroit...

Il ronchonne tout en souriant, et hausse une épaule avant de prendre ses affaires. Je l'arrête le temps de lui passer mon blouson en cuir, mon vieux blouson d'aviateur avec un col en mouton retourné que j'ai depuis que je suis ado mais que je ne mets pas pour aller bosser parce qu'il ne fait pas assez sérieux.

Les fringues et le reste je m'en fous mais... Fais juste gaffe à mon blouson s'il te plait. Je l'ai depuis un bail et je l'aime beaucoup. Tu me le rendras demain...

Je le laisse repartir, presque à regrets, en lui répétant encore une fois de faire attention à lui. Et bizarrement, une fois seul, c'est comme si... si l'appart était vide. Enfin un peu. Parce qu'au final c'est quand même agréable d'avoir quelqu'un avec qui discuter et partager le petit déjeuner... Enfin... Je me prépare à mon tour et file chez Helen. Je ne croise Buck que plus tard dans la journée, vite fait, et j'ai juste droit à un sourire entre deux portes. C'est seulement quand je retourne à ma voiture que je remarque le blouson sur le siège passager, accompagné d'un petit mot qui me fait sourire.

Deux jours passent où je le vois à peine. Avec Helen on passe nos journée à sillonner la ville et on doit même faire un saut à New York dans la journée avant de revenir à Washington le soir. Et heureusement, après tout ça, et en voyant que les sondages la donne en bonne place, elle m'accorde ma soirée. Oh oui j'en rêvais. Je file directement chez moi après avoir pris des sushis à emporter, je les mets au frigo le temps de prendre un long bain avec un bouquin. C'est parfait... Et après avoir bien barboté je me mets en pyjama avant de préparer la suite du film de la dernière fois. Et je suis en chemin vers le frigo pour récupérer mes sushis que j'entends mon portable sonner. Je l'attrape et je décroche d'une voix lasse.

Laisse-moi deviner. Tu es perdu à l'autre bout de la ville, tu as trop bu et tu as plus un rond... Et bien sûr... il te faut un chauffeur... Non?

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“And I'm possessive, it isn't nice ? You've heard me saying that  smoking was my only vice.”
T
u n'es pas seul. Mon sourire reste mais intérieurement j'ai plus envie de retourner me rouler dans mes draps. Chose que je ferais sûrement aujourd'hui une fois que j'aurais récupéré ma veste. Je rentrerais, rassurais ma mère en lui disant qu'il ne m'est rien arrivé… Peut-être qu'on aura une légère engueulade et ensuite, j'irais m'écrouler dans mon lit. Pas pour dormir mais simplement pour tenter d'oublier ce qui s'est passé hier soir. Ce sera vain et ça me filera plus la nausée qu'autre chose, mais c'est tout ce que je serais capable de faire aujourd'hui. Demain je pourrais prétendre que tout va bien… Aujourd'hui j'ai envie de me reposer, de fermer les yeux et d'avouer que je n'ai pas la force de me battre. Mes doigts tapotent nerveusement la tasse que je tiens encore, tandis qu'un silence se pose entre nous et que l'estomac noué j'attends qu'il me rende mes affaires pour que je puisse filer. Son journal se froisse et je peine à croiser son regard alors qu'il me dit que tout est dans la salle de bain, à m'attendre bien sagement. Le temps d'un battement coeur, j'ai presque peur qu'il ai pu… Mettre le nez dans mes fringues et comprends. Qu'il ait vu dans quel état j'étais réellement avant de me glisser sous l'eau brûlante… Que penserait-il de moi à ce moment-là ? Que je ne suis réellement qu'une traînée ? Que TJ ne se résume vraiment qu'à ce qu'on peut en lire dans les magazines ou dans les tabloïds…. ? Allons, sois sérieux cinq minutes… Il le pense déjà. Il sait déjà qu'il n'y a rien sous la surface, qu'il n'y a que TJ, ce sale con arrogant qui se fait baiser par n'importe qui juste pour se donner un semblant de raison d'exister. T'es le fils de sa patronne et un putain de sac à emmerde. Rien de plus. Un putain de paquet de linge avec lequel il doit faire. T'es rien de plus à ses yeux et tu ne seras jamais plus. Je perds mon temps à tenter de lui montrer autre chose, à être sympa… Dans le fond, il fait juste ça parce que dans l'intérêt de sa carrière, il doit savoir que si il m'a dans la poche, une grosse partie du boulot de campagne sera évité. Si il n'y a aucun scandale de ma part… Ça lui évite de devoir rattraper des chutes dans les sondages ou de préparer des discours de dernières minutes à ma mère pour justifier les déboires de son pauvre second fils un peu cassé.

"Tant pis, tant que ça me permets de pas débarquer à poil à la maison, ça ira."

Je me mâchonne doucement la lèvre, le suivant du regard alors qu'il s'éclipse pour me ramener un tas de vêtements qu'il me tend. J'attrape le paquet avec un léger sourire, hochant simplement de la tête quand il me dit que je peux me servir dans ses affaires.

"Merci…"

Je murmure à peine cela avant de filer me réfugier dans la salle de bain, veillant à bien verrouiller la porte cette fois-ci. Je laisse tomber le tout au sol avant d'attraper mon téléphone. Je le déverrouille alors que j'ouvre les robinets d'eau, soupirant en constatant qu'à part le numéro inconnu d'hier, personne n'a cherché à me joindre. Et surtout pas ma mère. Comme c'est étonnant. Je disparais toute une nuit… Et rien. Pas un texto. Pas un appel. Que dalle. Juste sa putain d'indifférence. Et tout ce que j'aurais en rentrant c'est quelque chose du genre "Mais où étais-tu encore ? Tu ne m'as pas prévenue ou quoi…." Ouais, et elle n'a pas tenté de s'inquiéter. J'ouvre le message d'Adrian et lui réponds vaguement que oui, je serais là-bas avant midi et que non, je n'aurais pas le temps de déjeuner avec lui. Le téléphone retrouve son coin de lavabo alors que je me glisse sous l'eau un peu trop chaude. Je serre les dents et laisse celle-ci glisser sur ma peau, délassant mes muscles encore froissés par la nuit. Le bruit de l'eau couvre ceux du reste du monde et étrangement, pour la première fois depuis un long, long moment, je n'entends plus rien. Je n'entends plus le brouhaha permanent du monde qui tourne sans m'attendre ou même le murmure assourdissant de mon esprit angoissé. Le temps d'une seconde, d'une douche, c'est le silence. Un silence apaisant, merveilleux, salvateur. Un silence qui me rend presque heureux. Sous l'eau brûlante, j'ai le droit à un moment de répit, à un moment où mon esprit accepte de la boucler. Je ferme les yeux et pousse un soupir, respirant normalement pour la première fois depuis un long moment. L'eau commence à devenir plus tiède et je me décide à couper les robinets, replongeant lentement dans le monde réel. Je passe mes mains sur mon visage et attrape une serviette pour m'enrouler dedans, et alors que je commence à me sécher, je remarque qu'un nouveau message m'attend.

Fort bien, mais ne penses pas une seconde que tu vas pouvoir me repousser éternellement TJ… Faudra bien qu'on parle un jour de ce qui s'est passé hier soir.

Mes doigts restent suspendus dans le vide et après un long moment d'hésitation, je me décide à ignorer son message, terminant de me préparer en me brossant les dents et en enfilant les vêtements que Steve m'a passé et à peine je passe son t-shirt que je comprends mon problème. Ce dernier me descend en dessous des hanches et me donne vaguement l'impression d'avoir enfilé une voile de bateau. Le col est si lâche qu'il dévoile mes clavicules et même le début de mon torse. Je me regarde dans le miroir et pousse un soupir, étrangement amusé. Parce que j'ai l'impression d'être un gamin qui porte les fringues de son père. Du bout des doigts je joue avec le col trop large avant de soupirer une fois de plus. J'ai l'air idiot. J'ai l'air un gamin. Et si en temps normal ça m'énerverait, là, je dois avouer que je m'en fous. J'attrape le jean et l'enfile, grommelant en constatant que lui aussi est immensément trop grand pour moi. Je me penche et commence à le retrousser, ne cessant de me dire que de toute façon, avec mes chaussures… Ça passera très bien. Une fois habillé, je quitte la salle de bain, mon téléphone en main et je ne peux retenir l'ombre d'un sourire quand Steve croise mon regard, osant une légère remarque sur ce que je porte.

"Pas un mot."

Je finis de vérifier que j'ai bien tout, autant mon linge sale que mon portable et alors que je m'apprête à quitter son appartement voilà qu'il me tend un vieux blouson en cuir, un de ceux dont le col est en mouton. J'ai un demi-sourire en l'enfilant, ayant l'étrange impression d'être enlacé par Steve quand je glisse mes mains dans les poches. Ouais… Je pourrais presque sentir son odeur et son souffle dans ma nuque. Je n'ose fermer les yeux et me contente d'un dernier sourire.

"Promis, il lui arrivera rien."


Je n'ajoute rien, passant la porte avec un sourire qui disparait au moment même où j'entends la porte se refermer derrière moi. Qu'est-ce que je fous putain ? Pourquoi… ? Pourquoi je l'ai appelé hier ? Pourquoi je porte ses fringues… ? Je me mords la lèvre quasiment jusqu'au sang alors que je déambule dans la rue, appelant mon chauffeur qui se décide à décrocher après deux tonalités.

"Je suis sur l'avenue Liberty. Ouais. Aussi. Vous pourrez pas me rater…"

Je raccroche et commence un peu à marcher, attendant la berline qui arrive peut-être bien dix-minutes plus tard. L'homme m'ouvre la porte et sans un mot ou un regard, je me glisse sur la banquette arrière, me contentant de lui indiquer l'adresse du club. Il démarre et je pose mon front contre la vitre, fermant les yeux, les doigts toujours cramponnés à mon portable. Je ne suis pas prêt pour ce qui va suivre, je ne suis même pas sûr d'être capable de me tenir dans la même pièce que lui en étant parfaitement conscient. Non c'est même plutôt l'inverse. Je n'ai pas envie de le voir, je veux juste mes affaires et que lui disparaisse de ma vie. J'ai fuis pour une bonne raison et au fil des rues que remonte ma berline, je ne cesse d'avoir cette foutue impression de revenir me jeter dans ses bras. Chose que je ne veux pas. Jamais même. Et pourtant, la voiture finit par s'immobiliser devant le club.

"Attendez-moi, je ne serais pas long…"

Je ne lui laisse pas le temps de dire quoi que ce soit, que j'abandonne mon linge sale sur la banquette arrière, glissant mes mains dans mes poches avant de pousser la porte du club de l'épaule, y découvrant Adrian qui m'attend presque sagement, ma veste en main. Son sourire si particulier me fait baisser les yeux. J'ai toujours eu du mal à croiser son regard de toute façon, car le vert de ceux-ci m'avait toujours fasciné, et par peur de vraiment m'y perdre, je m'étais juré de ne pas trop les croiser. La vérité c'est que ce salaud est beau. Beau à s'en damner. Surtout aujourd'hui, par rapport à moi qui flotte dans le blouson en cuir de Steve.

"Adrian…
- Thomas, bonjour."

Léger silence de ma part alors qu'il finit par me tendre ce que je suis venu chercher.

"Tiens il me semble que tu as oublié ça hier soir… Faut dire que tu as filé si vite… Nous n'avons même pas eu le temps de discuter…
- Et pour se dire quoi Adrian ? Que j'ai fais une erreur en venant chez toi hier ? Je peux te le dire maintenant. J'étais soul, défoncé et si t'avais été un poil responsable, tu m'aurais foutu au lit avec une bassine au lieu de coucher avec moi."

Il ose rire et je serre les dents.

"Allons, j'ai tenté Chaton, mais t'arrêtais pas de me dire à quel point je t'avais manqué et que tu voulais juste une nuit avec moi… J'ai voulu te repousser, mais tu as insisté.
- Tu aurais dû continuer de refuser.
- Oh, c'est dommage, parce que si j'avais résisté nous n'aurions pas eu cette nuit tout les deux et je dois avouer que tu m'avais manqué Thomas.
- Eh bien accroche-toi au souvenir de cette soirée, parce que je ne te donnerais rien de plus. C'est terminé.
- Bien sûr… Et qui vais-je voir débarquer dans quelques jours ?
- Personne. C'est terminé Adrian. J'ai ma veste et tu peux maintenant te tirer."

Je lui tourne le dos, gardant ma veste contre moi, et au moment où ma main se pose sur la poignée de la porte, sa voix s'élève, calme comme à son habitude.

"Sympa les fringues… C'est ton nouveau mec qui t'as passé ça ?"


Je ne fais même pas l'effort de relever sa remarque, me contentant de pousser la porte et de quitter le club, allant me réfugier dans ma la berline. Je demande au chauffeur de me ramener à la maison, et pendant tout le trajet, je somnole doucement, le nez dans le col du blouson de Steve. Et une fois à la maison, je suis presque heureux de ne croiser personne, de n'avoir de compte à rendre à personne, même si… Même si une part de moi a envie qu'on vienne me demander où j'étais et si je vais bien. Mais non, il n'y a personne. Je balance mon ligne dans la machine à laver et fait partir celle-ci avant de grimper dans ma chambre pour me changer. Et alors que son blouson attend sagement sur mon lit, j'attrape de quoi écrire, griffonnant quelques mots pour lui. J'ai un léger sourire avant de l'attraper et descendre jusqu'au garage. Heureusement j'y trouve sa voiture et en ouvre la portière pour déposer le blouson sur le siège passager, avec ce petit mot écrit à la va-vite.

"Dommage… Je commençais à l'apprécier ce blouson. Je crois que lui et moi, on commençait à s'attacher l'un à l'autre."

Je referme la portière et disparais, adressant un simple sourire à Steve quand je le croise plus tard dans la journée entre deux portes.

*

Deux jours passent et étrangement, ce sont deux journées que je passe à la maison, à jouer du piano, ou a simplement regarder le temps défiler tandis que je regarde à peine ce qui se passe à la télé. Deux jours où je ne cesse de repousser les propositions d'Adrian qui me dit que nous pourrions aller boire un café ou simplement manger en ville. Ce sont deux jours où je reçois par moment des messages de ma mère qui étaient destinés à Douglass… Je pousse un soupir en lisant le dernier qu'elle m'a envoyé, et si au début, je lui renvoyais un message acide, là je me contente de le supprimer. Je quitte mon lit et attrape ma veste, de quoi payer le métro au cas où et mon paquet de cigarettes. Je passe la porte de la maison sans trop savoir où je vais, sans trop savoir ce que je veux faire… Aller boire ? Me défoncer ? Ouais, sûrement… C'est sûrement ce que je vais finir par faire, juste histoire de faire taire mon esprit… Rapidement, alors que je tente d'allumer la cigarette qui est au coin de mes lèvres, je commence à déambuler dans les rues, allant je ne sais trop où. Je laisse mes pas me guider, écoutant le bruit de la circulation autour de moi, croisant par moment le regard de quelques passants. Et je marche ainsi jusqu'à avoir autant froid que faim, jusqu'à être fatigué, jusqu'à avoir besoin de m'assoir quelque part. Sauf que je ne sais pas où je suis… J'attrape mon portable et ouvre la carte de celui-ci, haussant un sourcil quand je remarque que je suis pas si loin que ça de chez Steve. J'hésite. Je pourrais aller chez lui, je pourrais me pointer et lui faire le coup du "je ne savais pas quoi faire et du coup…" Mais je pense qu'il aurait toutes les raisons du monde de me dire d'aller me faire foutre. J'hésite toujours. Et puis j'irais foutre quoi chez lui ? Ce n'est même pas comme si je le connaissais vraiment… Donc… Pourquoi j'aurais envie de passer du temps avec lui ? Parce que quand je suis avec lui, au moins je fais pas de conneries ? Peut-être bien.

J'arrête d'hésiter et je me mets en route pour son appartement.

Sur le chemin je n'arrête pas de me dire que ce n'est pas une bonne idée, que je ferais mieux d'aller faire autre chose, sans compter que bon, encore une fois, je ne suis pas grand chose à ses yeux. Juste un sale gosse qu'il faut surveiller. Rien de plus. J'arrive en bas de chez lui et tire mon portable de ma poche, composant rapidement son numéro, écoutant le coeur battant la ligne sonner dans le vide. Et quand il décroche, je peine à respirer. Parce qu'il est déjà là à me demander ce que je veux… Je pince les lèvres, regrettant cet appel. J'aurais pas dû… Sérieusement, j'aurais dû me contenter de faire comme d'habitude et pas venir le voir. Je ne sais pas ce que je cherchais en venant ici, en tout cas, tout ce que j'y ai trouvé, c'est juste une simple confirmation.

"Non… Je…"

Je suis ridicule. Pathétique même. Je devrais raccrocher. M'excuser et raccrocher. Allez. Fais ça TJ, soit pas trop con pour une putain de fois dans ta vie. Raccroche.

"Je… J'ai pas besoin d'un chauffeur ou quoi… Au contraire… En fait…"

J'ai l'air d'un gamin de quinze ans, incapable d'aligner deux mots face à la fille qu'il aime. J'ai l'air con en fait. Hyper con même. Je prends une grande inspiration et reprends.

"En fait, je meurs de faim et il s'avère que je suis en bas de chez toi… Et je me suis dis qu'on pourrait aller manger un morceau tout les deux… T'en penses quoi ? En plus, c'est moi qui paye, histoire de… De te remercier pour les deux dernières fois… Et comme le Burger King est pas loin… Et que… J'ai grave envie d'un gros burger et de frites qui nagent dans le ketchup… "
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Mer 9 Déc - 21:03


Future starts slow

Steve Rogers & TJ Hammond

C'est bizarre. Bizarre de le voir comme ça, comme se refermer suite à ma question. Mais je ne pouvais pas ne pas la poser. Je ne pouvais pas le voir dans un tel état sans chercher ce qui l'y avait mis. Et il en fera ce qu'il voudra mais au moins... Au moins j'aurai essayé... Je suis perdu dans mes réflexions alors qu'il est passé dans la salle de bains pour se changer, et qu'il revient, m'arrachant un rire. Ok, c'est à la fois ridicule et adorable de le voir flottant dans des fringues aussi grandes. On dirait un gamin qui a piqué les affaires de son frère... ou qui s'est déguisé. Malgré ça je le sens me fusiller du regard tout en retenant un sourire.

Je vais me gêner tiens.

Mais quelque chose s'est cassé, quelque chose qui a rompu ce moment sympa où on était tous les deux à prendre le petit déjeuner dans le calme, autour de pancakes et de café bien noir. Dans un sens je m'en veux. Peut-être que j'aurais dû me taire et profiter de ce petit déjeuner pour apprendre à mieux le connaître? Continuer de gagner sa confiance, surtout maintenant que... que je l'avais aidé plusieurs fois et que je continuais à garder le secret sur ses récentes conneries? Maintenant c'est trop tard de toute façon, j'ai crevé l'abcès et j'ai l'impression qu'il se méfie. Qu'il a remis de la distance entre nous là où hier il était venu se réfugier dans mes bras en pleurant, complètement démonté.

Il est sur le pas de la porte et je sais que je ne le retiendrai pas. Il a envie de fuir et la meilleure chose à faire c'est de le laisser. Le retenir, ça serait le faire se braquer. Lui laisser la possibilité de partir, c'est ouvrir la porte à ce qu'il revienne. Parce que bon, je préfère encore qu'il soit ici s'il lui arrive de nouveau des emmerdes, au chaud et en sécurité dans mon appart avec quelqu'un qui veille sur lui que dehors je ne sais où avec je ne sais qui qui pourrait lui faire du mal. Campagne ou pas. Il faut croire que je commence à m'attacher à ce petit con... peut-être parce que je commence à voir ses failles, et à deviner qu'il est plus que ce qu'il ne montre? Enfin, la seule chose que je puisse faire maintenant c'est qu'il ait chaud sur la route, et je lui passe mon blouson. Avec ça sur les épaules, impossible qu'il ait froid, même dans un blizzard sibérien. Je le regarde partir, reste quelques instants pensif avant de m'activer pour aller rejoindre Helen.

Je le croise à peine, échangeant juste un sourire quelques heures plus tard, mais ça me suffit pour me dire qu'il est bien rentré, qu'il a récupéré ses affaires au club et qu'au moins ici il est en sécurité. Et le soir, alors que je veux grimper dans la voiture, je remarque le blouson sur le siège passager, et je me marre quand je lis les quelques mots griffonnés sur un bout de papier posé sagement dessus. Ca me fait plaisir aussi, de voir qu'il en a pris soin, lui qui donnait cette impression de s'en foutre de tout. Qu'il me l'a remis dans la voiture, plutôt que de le laisser dans l'entrée d'Helen, sur mon sac où je ne sais où. Qu'il se soit donné juste un peu de mal pour moi. Parce que je lui ai dit que j'y tenais...

Les deux jours qui suivent passent tellement vite, et je profite enfin de ma soirée de libre quand le portable sonne. Par chance, et contrairement à la règle immuable du téléphone qui ne sonne que quand on est dans son bain, là il a attendu que j'ai enfilé mon pyjama et que je sois en route pour chercher mes sushis dans le frigo. Non mais c'est pas possible, ce gamin doit avoir un détecteur pour sentir le moment où je suis en train de me reposer, où je suis tranquille, pour m'appeler. Et pendant une seconde je me demande si c'est pas sa mère qui lui demande de me harceler pour que je relâche pas la pression. Non mais arrête Steve tu deviens con. Je décroche dans un soupir, au cas où ça serait grave, et je le sens hésiter en entendant le son de ma voix. Merde. Mon premier réflexe est de savoir s'il lui est arrivé quelque chose, ce que je lui demande, avec inquiétude. Et non, tout va bien. Je soupire en souriant, passant ma main derrière ma nuque.

Oh, tant mieux. Pendant une seconde j'ai de nouveau eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose. C'est bien. C'est bien mais je t'en prie, je t'écoute.

Et je hausse un sourcil quand j'entends la suite de ce qu'il me dit, à savoir... qu'il est en bas de chez moi. Je m'approche de la fenêtre et pousse le rideau, reconnaissant sa silhouette juste en bas et secoue doucement la tête en reprenant la parole.

Ok ça marche. Tu m'as surpris alors que je sortais du bain et que j'avais déjà mis mon pyjama. Attends moi, j'arrive dans cinq minutes. A tout de suite TJ!

J'avoue qu'en faisant glisser mon bas de pyjama le long de mes jambes et en attrapant un boxer puis un jean, j'ai un petit sourire. C'est con mais ça me fait plaisir. Rien l'obligeait à venir, rien l'obligeait à ''m'inviter" ce soir, il risquait pas la mort par coma éthylique ou overdose, alors... qu'il soit là je trouve ça pas mal. La preuve qu'il m'apprécie. Qu'il me fait confiance, au moins un peu. J'enfile des chaussettes et un sweat à capuche, avant de mettre mes baskets et le fameux blouson que je lui ai prêté quelques jours plus tôt. J'attrape mon portefeuille et mes clefs, et je m'engouffre dans l'ascenseur qui me fait arriver dans le hall. Et je souris quand j'arrive près de lui.

Alors comme ça tu m'invites hein? Ca veut dire que je peux prendre dix whoopers si je veux? C'est le deal hein?

Je ris doucement en posant ma main sur son épaule et on se met en route jusqu'au Burger King, la buée se formant à chaque expiration. La vache il fait un froid de loup.

Et sinon tu faisais quoi dans le quartier? C'est pas vraiment le genre de coin dans lequel t'as l'habitude de trainer non?

On entre et je soupire en sentant la chaleur de l'endroit, et son odeur de frites et de graillon. Le charme des fast-food... Par chance on a passé l'heure du coup de feu et il n'y a presque personne. Je prends un menu et une glace et une fois qu'on a eu notre commande je vais nous installer à une petite table à l'écart de l'agitation et du bruit.

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Jeu 10 Déc - 10:46
What a mess we make
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L
e temps d'une seconde, j'ai peur qu'il me dise que je ferais mieux de rentrer chez moi et de l'oublier pour la soirée. Parce qu'après tout, ce n'est pas son rôle de répondre à la moindre de mes attentes, il est là pour gérer la campagne de ma mère, pas mes envies d'avoir quelqu'un avec qui aller manger un burger. Mais je ne sais pas, si d'habitude je faisais avec Douglass ou mon père, ce soir j'ai envie de le faire avec lui, parce que je sais que lui, aura peut-être un peu de temps à m'accorder… Un peu de temps sans m'inonder de reproches et de questions auxquels je ne veux pas répondre. Lui peut-être pourrait simplement accepter de partager un repas sans me demander quoi que ce soit en échange. Seulement quand je n'ai que pour réponse un silence sur la ligne, j'ai peur que ce ne soit pas le cas. J'ai peur qu'il me dise d'un ton las qu'il a mieux à faire ce soir ou qu'il a déjà des plans. Mes dents viennent mordiller ma lèvre inférieure et le temps d'une seconde, j'envisage l'idée qu'il ait peut-être une petite amie dont il doit s'occuper… Chose qui ne m'étonnerait pas tant que ça… Avec un physique comme le sien… Qui n'aimerait pas être à son bras et dans ses draps ? Mon coeur s'affole doucement dans ma poitrine et je ne recommence à respirer que lorsqu'il me dit que ce serait avec plaisir. Un léger rire m'échappe alors qu'il m'avoue sortir du bain et je hausse un sourcil, lui répondant d'une voix amusée.

"Wow, j'arrive donc pile au bon moment du coup… Et cinq minutes ? Il te faut tout ce temps pour passer un pantalon ? Tu sais que tu n'as pas besoin de te faire beau pour moi, hein ?"

Je ris doucement alors qu'il raccroche et alors que j'attends, je tire une cigarette de mon paquet, la glissant entre mes lèvres. Mon briquet galère peut-être une fois ou deux avant de cracher une flamme digne de ce nom et alors que je souffle ma première volute de tabac, je me surprends à sourire comme un idiot. Qu'est-ce qui me prends ? Pourquoi un tel soulagement et une espèce d'impatience en sachant qu'il va me rejoindre… Ce n'est qu'un burger. C'est rien. Rien du tout… Alors pourquoi ce sourire ? Mes interrogations me font froncer les sourcils alors que je continue de tirer sur ma cigarette, attendant l'arrivé de Steve. Et alors que je termine tout juste ma clope, voilà qu'il arrive, me glissant un sourire qui m'en arrache un, alors que ces mots m'arrachent un rire.

"Si tu es franchement capable de t'enfiler dix whoopers en une fois, je serais ravi de te les payer juste pour voir ça…"

Son rire répond au mien et après avoir posé sa main sur mon épaule, on commence lentement à se diriger vers le Burger King. Je fourre mes mains dans les poches de ma veste en cuir, fixant plutôt l'horizon que son regard. Je pourrais le regarder et lui dire que ça me fait plaisir qu'il ait accepté, mais je n'ose pas. J'ai peur que… Que ça ne passe pas ou que pour une raison ça le fasse fuir. Non, là, je préfère rester à distance, je préfère que ce soit lui qui approche, de peur que le moindre pas vers lui ne le fasse fuir. Pendant de longues secondes, je ne perçois que la buée qui s'échappe d'entre ses lèvres avant qu'il ne se décide à rompre le silence froid de cette nuit. Sa question me fait pincer les lèvres avant que je n'hausse vaguement les épaules, répondant à peine.

"Ouais… Ben je marchais et je passais dans le coin et comme dit, j'avais faim…"


Subitement, je me renfrogne presque. J'aime pas ces questions, pourquoi ne veut-il pas juste se dire "ok je vais manger un burger avec le fils de ma patronne" et pas "tiens mais qu'est-ce que tu fais là au fait ?" Je me retiens de justesse d'ajouter quoi que ce soit d'autre, me contentant de me mâchonner l'intérieur de la joue. Peut-être que c'était une mauvaise idée au final… Peut-être que je n'aurais pas dû venir. Peut-être que j'aurais dû me contenter de venir le bouffer tout seul mon burger… Tant de doutes qui traversent mon esprit alors que nous passons les portes de l'établissement. L'odeur de la friture et l'étrange chaleur qui y règne en permanence me fouette le visage tandis que nous nous approchons du comptoir. Pour être franc, je dois avouer que c'est un de mes rares plaisirs un peu étrange que de venir dans un fast-food suffisamment tard le soir pour en être le seul client. Parce que ça me rappelle les soirs où je faisais ça en tête-à-tête avec mon père. Maman râlait toujours après lui, lui disant que c'était pas sain ou quoi, mais moi je m'en foutais… J'aimais ces moments-là, parce que c'était les seuls où je n'étais qu'avec lui, où il prenait du temps pour moi, juste pour m'écouter lui raconter des choses qui devaient par moment être bien insignifiantes… Mais c'était nos moments. Je laisse Steve commander avant de demander un menu, avec un supplément de sauce et une boisson. Je paye et Steve attrape le plateau, allant nous installer à une table loin de tout et juste à côté de la vitre qui donne sur la rue, dont le bruit de la circulation relativement calme nous parvient. Je le vois commencer à attaquer le plateau alors que doucement, je commence à manger mes frites, les trempant allègrement dans mon supplément de sauce barbecue. Et pendant peut-être une bonne minute, je ne dis rien, je me contente de manger, n'osant croiser son regard… Pour finalement briser timidement le silence.

"Merci d'avoir accepté… T'aurais pu aussi dire que t'avais mieux à faire pendant ton seul soir de congé de la semaine… Et.. Et j'apprécie que tu sois là."

Je baisse un peu plus les yeux et commence à siroter mon soda, ne sachant pas trop quoi dire de plus.
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Mer 16 Déc - 15:53


Future starts slow

Steve Rogers & TJ Hammond

Une chose est sûre, la vie avec TJ est surréaliste. Et inattendue. On dirait qu'il a un talent naturel pour ne rien faire selon ce qui était prévu, et être doué pour faire tout partir en vrille, en mal, mais heureusement aussi en bien. Comme là. Alors oui je dis pas que la perspective de la fin de mon film, mon plateau de sushis, et ensuite bouquiner un peu au lit avant de tomber comme une souche dans mon lit me faisait pas salement de l'oeil, mais parfois dans la vie, on prévoit pas. Et puis... dans un sens, je suis content qu'il commence à me voir comme... quelqu'un en qui il peut avoir confiance, qu'il peut appeler si ça ne va pas. Et aussi... quelqu'un dont il apprécie la compagnie, sans avoir besoin de quelque chose en retour...

Je ris doucement quand il me dit que cinq minutes c'est long, et que j'ai pas besoin de me faire beau pour lui. Sale gosse. Vraiment sale gosse.

Eh, c'est fini oui! Le temps d'attraper un jean propre, un caleçon et des chaussettes quand même! Contrairement à toi je mets des sous-vêtements! Allez à tout de suite.

Je raccroche, me prépare vite fait et le retrouve en bas. Il a bonne mine, loin des fois où je l'ai ramassé dans des états pas possibles, et marche à ses côtés. Au moment où il tire son paquet de clopes je lui demande si je peux lui en piquer une, et je l'allume avant d'aspirer une profonde bouffée. Je la souffle doucement, la fumée se mélangeant à la buée de mon souffle alors qu'on avance vers le Burger King. Au bout de quelques secondes je brise le silence et je lui demande ce qu'il fait dans le coin. Je le sens un peu gêné et hésiter avant de me répondre.

Oh, d'accord. Eh ben c'est gentil d'avoir pensé au vieux Steve seul face à son plateau de sushis...

J'ai un léger rire alors qu'on entre dans le fast-food désert ou presque, à part quelques frites esseulées qui trainent sur des tables un peu crades, un ou deux emballages de pailles abandonnées et un employé blasé pour couronner le tout. D'une voix monocorde il prend nos commandes avant qu'on s'installe à une petite table, et je laisse payer. C'est drôle de me dire que j'ai rarement été invité par un mec, et encore plus par un mec aussi jeune. Mais bon... là c'est juste pour me remercier. Je déballe le papier gras et commence à mordre dans le hamburger, passant ma langue sur mes lèvres avant de m'essuyer la bouche avec une serviette.

Le truc le plus chiant avec une barbe... On doit faire hyper gaffe à se débarbouiller sinon tout le monde sait ce que t'as mangé... Et c'est loin d'être sexy...

Je lui souris avant de mordre une nouvelle bouchée, et mon sourire s'agrandit quand je l'entends me remercier du bout des lèvres, les yeux baissés, tout timide. Eh beh... Il est loin le TJ qui faisait des scènes à sa mère dans le salon... Après tout... c'était peut-être juste de ça dont il avait besoin... Qu'on s'occupe de lui. Qu'on lui accorde juste du temps... Il est touchant parce qu'on dirait presque un petit garçon et je trouve ça adorable. Je m'essuie une nouvelle fois la bouche avant de me pencher un peu et reprendre d'une voix douce.

Eh... je suis aussi content d'être là. J'aurais pensé que tu préférais les restaus un peu plus chic que ça mais c'est chouette aussi. Avec toi. T'es sympa quand on te connaît un peu mieux...

Sous entendu, quand tu es pas bourré, défoncé, ou que tu joues pas au roi du monde. Mais je sais que si je lui balance ça comme ça, froidement, il va se braquer et mal le prendre. Il est du genre sanguin pour certains trucs, et ça je m'en suis rendu compte très vite. Et j'ai pas envie de casser ce moment. Alors bien sûr c'est rien, deux types seuls un soir qui se retrouvent au Burger King mais... c'est aussi un moment où il joue pas son TJ petit con. Et on dirait qu'il a juste fallu que je m'occupe un peu de lui pour qu'il baisse sa garde et enlève son masque d'héritier chéri et préféré. Et puis à part lui je connais personne en ville alors, c'est toujours chouette d'avoir quelqu'un avec qui passer du temps, même si c'est pour un burger à 22h. Même si ce quelqu'un a bien dix ans de mois que moi et est le fils de ma patronne... Je termine mon premier hamburger, m'essuie la bouche avant de boire un peu de soda.

Oh tiens, je me demandais ça l'autre jour... TJ, c'est pour quoi? Parce que Thomas je suis au courant, mais le J? Jasper? John? James? Je suis un peu curieux...

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e soda est si froid que mes dents me font mal, et lentement, au fil des gorgées, je sens ma langue s'anesthésier tandis que mon regard se perd sur les motifs aléatoires qui composent le plastique de la table. Je me sens idiot, ridicule, pire qu'un gamin qui avoue une bêtises à ses parents. Je secoue doucement le gobelet avant de l'ouvrir, attrapant un glaçon que je glisse entre mes lèvres pour commencer à le mâchonner distraitement. Franchement, je ne sais pas si c'était une bonne idée. Je veux dire… C'est sympa qu'il ait accepté, mais maintenant qu'il est là avec moi… Je me sens con. Surtout depuis que je lui ai avoué que je n'ai fais ça simplement parce que… Parce que j'avais besoin de quelqu'un avec moi. Là, entre deux frites et un burger, je viens de lui avouer à demi-mot que j'avais besoin de compagnie, de quelqu'un pour m'aider à passer cette nuit… Peut-être quelqu'un qui m'empêchera de faire une connerie de plus. Parce que là… Je veux dire… Je ne suis pas sobre, mais je suis encore suffisamment conscient. J'ai pas trop de saloperies dans le sang ou même trop d'alcool. Là, face à lui, je dois avoir l'air… Presque bien. Je repose mon gobelet et recommence à manger mes frites, souriant simplement quand il parle de sa barbe, expliquant qu'il doit faire attention à ne pas y laisser des miettes. Mon regard dérive sur celle-ci et je dois avouer que… Que j'y passerais bien les doigts. Juste pour savoir si elle est aussi douce qu'elle en a l'air, puis juste… Poser ma joue contre la sienne. Mes dents mordillent doucement ma lèvre. Arrête TJ. Arrête immédiatement. Ça commence toujours pas des détails à la con avec toi : des lèvres que t'as envie d'embrasser, une joue que t'as envie de caresser… Ou une barbe dans laquelle tu veux passer tes doigts. Le Diable se cache dans les détails et je sais que si je cède, comme à chaque fois, je vais finir par en souffrir. Parce que ce ne sont jamais des mecs bien. Tous des accro au boulot dont la carrière vaut plus que mes sentiments ou mes envies, et même si Steve a été là pour moi… Rien ne prouve qu'au moment où j'aurais réellement de lui, et où je pourrais lui attirer des emmerdes, et bien il se débarrassera de moi, simplement pour protéger sa place auprès de ma mère. Car moi… Moi je ne pourrais jamais lui attirer autre chose que des emmerdes et comme tout le monde, il fuit ce genre de personne… Je continue de manger distraitement, le regard dans le vide. Pourtant il est là ce soir. Avec moi, il aurait pu me dire de rentrer chez moi ou d'aller emmerder quelqu'un d'autre, mais non… Il est là. Pourquoi ? Franchement je n'en suis pas sûr et je ne sais pas si j'ai vraiment envie de poser la question. La réponse m'effraie un peu. Il pourrait être là simplement pour avoir un oeil sur moi, simplement pour être sûr que je ne vais pas faire une connerie ou quoi. Peut-être est-ce ma mère qui lui a glissé un mot à mon sujet. Les questions s'enchaînent et une certaine angoisse commence à naître en moi. Et si ? Et si ? Et si il n'était là que pour me surveiller ? Pour gagner ma confiance et ainsi mieux me remettre dans ma prison dorée qu'est la maison ? Et si il allait se servir de moi ? Et si tout ceci n'était qu'une partie de son travail ? Je peine à manger et c'est du bout des dents que je grignote ma frite, levant nerveusement les yeux vers lui quand il prend à nouveau la parole.

"Pardon ?"

Je fronce les sourcils, comme sur la défensive alors qu'il répète. Mon… Il veut mon second prénom ? Depuis quand ça l'intéresse ?

"Quoi ? T'as pas lu la petite fiche sur ma personne ? Ça devait être écrit pourtant, juste à côté de nid à emmerde et potentiel problème pour la campagne."

Les mots, presque acerbes à prononcer, glissent d'entre mes lèvres et à peine dit je les regrette déjà. Non, non… Tu… Tu vas le faire fuir. Comme les autres. L'idée me serre le coeur. Non si lui part… Je… Je serais seul. Je n'aurais personne pour m'aider, pour me tendre la main et me dire que ça va aller. Rattrape ça TJ. Maintenant. Retiens-le avant de le regretter. Je pousse un soupir, reprenant d'une voix plus douce.

"Excuse-moi Steve… Je… Je voulais pas… Pardon."

Je passe ma langue sur mes lèves avant d'hausser une épaule, jouant du bout des doigts avec le reste de mes frites.

"Le J c'est pour Julian… Mais… J'aime pas, donc je préfère que les gens ne l'utilisent pas."

Julian. Je hais ce prénom. Déjà parce que lorsque je me regarde dans la glace, je n'ai pas l'impression que ça me corresponde. Ça sonne faux, affreusement faux. Alors je ne dis pas que Thomas est mieux… Mais… TJ… TJ ça me semble être un bon compromis. C'est simple, ça reste sur la langue… Ça se hurle. Thomas, Julian… Ce sont des prénoms qui vont à des mecs bien. TJ c'est amplement suffisant pour la personne que je suis. C'est comme le prénom d'un gamin qui a encore besoin qu'on passe une main dans ses cheveux en lui disant : "je suis fier de toi aujourd'hui et je sais que demain, je le serais encore plus en voyant ce que tu seras." J'ai un demi-sourire avant de lui glisser un regard, attrapant mon gobelet.

"Et puis, si je puis me permettre Monsieur Rogers, la curiosité est un affreux défaut. Surtout quand on fait de la politique."

Je me lève et retourne le remplir de glaçons et de soda, le rejoignant la paille entre les lèvres.
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Steve Rogers & TJ Hammond

Je suis content d'être là, parce que le moment est agréable, ici, avec lui. Même si c'est un Burger King désert en fin de soirée. Ce qui compte est qu'il me parle. Il se livre un tout petit peu à moi et dans un sens je suis flatté. Content d'être arrivé à le mettre à l'aise. Et pourtant j'ai aussi l'impression de trahir Helen. Que dans un sens, ce devrait être elle qui devrait être assise là, face à lui, en train de manger des hamburgers bien gras et boire des gobelets de soda gigantesques. J'ai l'impression que je lui vole ce moment, et que ce serait à elle de lui parler, d'avoir cet instant de calme dans tout cet ouragan médiatique qu'est la préparation d'une campagne présidentielle. Parce que jusqu'à présent, j'ai surtout vu les choses de son point de vue à elle. A quel point les conneries de TJ pouvaient lui porter préjudice. A quel point une mauvaise photo pouvait ruiner des semaines d'efforts. Mais maintenant que je suis là, je me rends compte que je ne l'ai jamais vue partager un moment comme ça avec lui, alors qu'ils habitent sous le même toit.

Et pourquoi moi surtout? Après tout je suis le chargé de campagne de sa mère, je suis pas...De sa famille, je suis pas un de ses amis, je suis... un parfait étranger. Je devrais être la personne au monde dont il en a le moins à foutre et pourtant, c'est avec moi qu'il est là ce soir. Parmi la montagne de contacts qu'il doit avoir dans toute la ville, des gens de son milieu, qui mènent la même vie que lui, c'est moi qui grignote des frites face à lui avec de la mauvaise musique de Noël en fond. Peut-être que tous ces fameux contacts n'ont jamais fait que ce que j'ai fait pour lui? Je n'en sais rien. Sous ses airs de sale gosse il est foutrement indéchiffrable et je ne sais pas ce qui lui passe par la tête même si j'aimerais bien le savoir. Hein TJ, à quoi tu penses? Comment tu me vois? Qu'est-ce que tu attends de moi? Qu'est-ce que tu veux de moi? Je le regarde en souriant alors que je mange, savourant la junk food et faisant passer le tout à coup de soda. En même temps je relance la conversation, racontant des bêtises sur ma barbe et lui lançant un gentil compliment, sur le fait que le moment qu'on partage est sympa. Et après avoir terminé mon premier whooper, je lui pose la question qui me brûle les lèvres depuis plusieurs semaines.

Sauf que sa réaction est pas du tout celle que je m'attendais. Plutôt que de me répondre, simplement, en me donnant un prénom, ou en faisant une blague, comme toute personne normale. Mais non, d'abord il sursaute comme si une mouche l'avait piqué, avant de me lancer un regard assassin. Comme si je l'avais offensé, lui et ses ancêtres, sur trois ou quatre générations. Ok je ne savais pas que l'état de Washington avait fait passer une loi interdisant qu'on demande le deuxième prénom de quelqu'un. Et la suite est encore plus dingue. Du gentil TJ je le vois redevenir un sale con en une seconde. Pire que Jekyll et Hyde. Sérieusement j'ai du mal à en croire mes oreilles. Tout allait bien, on discutait de tout et de rien et d'un coup il prend la mouche. Pour... ça? Sérieusement si je lui avais demandé quelque chose de vraiment intime, je dis pas, et j'aurais compris qu'il prenne la mouche mais là... Non. Je vois pas pourquoi je me ferai aboyer dessus parce que je lui ai simplement demandé son deuxième prénom. Merde. Je repose mon verre de soda, m'essuie la bouche du revers de la main et me relève sans dire un mot, attrapant mon blouson et voulant déjà l'enfiler quand je l'entends s'excuser d'une toute petite voix. Je plante mon regard dans le sien, cherchant à voir s'il est pas royalement en train de se foutre de moi. Sérieusement j'ai passé l'âge du yoyo... sauf qu'il a l'air vraiment sincère. Alors je me rassieds et ouvre enfin la bouche.

Je peux savoir ce que tu nous a fait là? Je voulais juste savoir ton deuxième prénom... si t'avais pas envie de me le donner, tu pouvais tout simplement me le dire tu crois pas?

Il baisse les yeux et m'avoue qu'il s'appelle Julian. J'ai un petit sourire en coin alors que je mords dans mon second hamburger, et une fois ma bouchée avalée je reprends la parole.

Eh, c'est chouette Julian. Enfin, moi j'aime bien. Je trouve que ça te va bien. Mieux que TJ... C'est juste des initiales... Mais c'est que l'avis du pauvre chargé de campagne de ta mère après tout...

Je bois une gorgée de soda et après deux autres bouchées je termine mon hamburger. J'ai un léger rire quand il lance sa dernière remarque alors que je hausse les épaules.

Au contraire, la curiosité est essentielle, surtout en politique! Il faut que je me renseigne, que j'enquête. Que je sache tout sur tout le monde. Sois proche de tes amis, mais de tes ennemis plus proche encore... Mais... ça doit pas être facile d'être dans une famille qui est depuis aussi longtemps sous le feu des projecteurs... Ou tout le monde veut savoir ce que tu fais et avec qui...

Je finis de grappiller les frites qui me restent et je vide mon gobelet, étouffant un baillement.

Tu veux qu'on emmène les glaces et qu'on mange ça autour d'un thé chez moi? Mais je te préviens, je dois pas me coucher trop tard, je me lève aux aurores demain à cause d'une visioconférence en direct avec la Nouvelle Zélande...


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ulian. Il aime ce prénom. Je n'en reviens pas. Il est le premier à l'entendre et à me dire qu'il l'aime bien. Mes dents mordillent doucement ma paille alors que je ne cesse de retourner ses mots dans mon esprit, encore et encore. Il aime mon deuxième prénom. Pire, il trouve que ça me va bien, mieux que TJ. Pourquoi me dire ça ? Juste pour me faire plaisir ou simplement pour bien se faire voir ? Ou alors… Peut-être qu'il est simplement honnête. Peut-être que Julian lui plait vraiment… Je sirote pensivement mon Coca, me disant que tout de même… Julian ça sonne bien entre ses lèvres. Le soda froid revient faire gémir mes dents et j'écoute à peine ce qu'il me dit à propos de sa curiosité… Non, je ne pense qu'à ce que ça pourrait être de l'entendre m'appeler Julian. Il serait le seul à m'appeler ainsi… Le seul à me regarder et à me dire "Julian." J'aurais l'impression d'être quelqu'un d'autre… Et du bout de ses lèvres, je pourrais avoir l'impression d'avoir une seconde chance, d'avoir le droit de lui prouver que je suis quelqu'un de bien. Que je peux être plus que TJ, le second fils de la famille Hammond, le camé de service qui n'est bon qu'à déclencher des scandales politiques. Face à lui, et ainsi je pourrais devenir Julian, le second fils qu'il tente de comprendre et de saisir, comme il le fait ce soir avec moi dans ce Burger King complètement désert. La paille quitte mes lèvres alors que mon regard revient accrocher le sien tandis qu'un sourire timide vient se glisser sur mon visage.

"Tu sais, c'est fatiguant de toujours vivre ainsi… En sachant que tout le monde a le nez dans ta vie, à scruter tout ce que tu fais… C'est tellement fatiguant, qu'au bout d'un moment, t'arrêtes de faire ce qui te plait… Parce que t'as peur que ce soit mal vu, mal pris… On te dit que tu ne peux plus être toi-même. Alors tu commences à jouer un rôle, tu tentes de te faire passer pour quelqu'un que t'es pas… Jusqu'au jour où tu te regardes dans le miroir et que tu te rends compte que tu sais même plus qui tu es, ni même ce que tu étais avant. Y'a un jour, à force, tu finis par te demander à quel moment t'as foutu en l'air ton existence. Et ce moment… C'est celui où le reste du monde a commencé à être trop curieux à propos de ton existence."

Je baisse les yeux et repousse mon gobelet, le laissant terminer mes frites. Je ne sais pas pourquoi je lui dis tout ça. En quoi ça le regarde, en quoi ça l'intéresse ? En rien. Je frissonne et pousse un soupir, glissant mes mains dans mes poches avant de rebondir sur sa proposition de toute à l'heure.

"Je veux bien. Une bonne glace et un peu de thé… Et ensuite je file, comme ça t'es tranquille."

Je force un sourire avant de me relever, me raclant rapidement la gorge.

"Je vais chercher tout ça, je te retrouve dehors."


Je m'éloigne, m'approchant déjà du comptoir, commandant deux glaces, avec un supplément de sauce chocolat pour moi. Je patiente nerveusement face à la caisse, ne cessant de me dire que j'aurais dû me taire. J'aurais dû simplement lui répondre que ouais, c'est chiant. Puis point. J'aurais dû fermer ma gueule. Pas commencer à lui raconter je ne sais trop quoi. Je comprends pas ce qui ne va pas chez moi. Je ne comprends pas pourquoi je suis aussi con par moment. Pourtant c'est simple… Sois un bon garçon et tais-toi. C'est pas plus compliqué que ça. Pourquoi je me sens obligé de lui raconter ça quand je pourrais faire avec lui ce que je fais avec tout le monde ? Je pourrais me contenter de lui glisser quelques sourires et de faire la conversation, sans plus. Je récupère les glaces et lui souris alors que je le retrouve dehors.

"Eh… J'espère que t'as encore de la place.. J'en ai pris une avec un supplément de chocolat…"

Je viens à ses côtés, cherchant mon paquet de cigarettes pour en glisser une à mes lèvres, lui en offrant une sans trop réfléchir. Je l'allume et lui offre ensuite mon briquet, tirant une première bouffée. Puis je commence à faire un pas, avant de réussir à me lancer.

"Tu sais Steve… Si t'aimes bien Julian… Tu peux l'utiliser… Ça me gênerait pas plus que ça."

Ok c'était pathétique. Et triste aussi. Je dois avoir l'air d'un gamin. D'un idiot même. Je tire un peu plus sur ma cigarette, sentant que je vais la fumer bien rapidement. La braise chantonne au bout de mes doigts alors que je ne cesse d'écouter les battements de mon coeur qui s'affole dans ma poitrine. Je frissonne avant de reprendre, laissant une volute de tabac glisser d'entre mes lèvres.

"Enfin, tu fais comme tu veux, après tout… Voilà. Je ne suis que le fils de ta patronne et normalement, t'es même pas censé passer autant de temps avec moi… Tu devrais même pas en fait… Je devrais juste être comme Douglass. Un élément que tu prends en compte pour la campagne. Par exemple te dire que ouais, au prochain gala, il faut que mon frère et sa parfaite épouse soit à la table de la future présidente… Alors que moi… Plus compliqué. Je dois être là. C'est sûr… Mais le soucis, c'est que contrairement à mon frère… Tu ne peux pas prédire ma prochaine connerie… Enfin… Je dois pas être clair là, pas vrai ?"

J'ai un léger rire avant de recommencer à fumer. La vérité c'est que j'ai envie de pleurer. Parce que mon existence se résume plus qu'à ça… Qu'à la prochaine connerie que je fais commettre et qui va foutre la campagne de ma mère à l'eau. Campagne dont je ne voulais pas. Ils auraient pu tout lâcher, et s'offrir une vie relativement normale, loin de tout ça… Mais non. Ils ont l'ivresse du pouvoir. Ils le veulent. Sans penser à nous.

"Tu sais quoi ? Oublie ce que je viens de dire… C'pas important… Je raconte n'importe quoi par moment… Parlons d'autre chose… "

De tout, de n'importe quoi, mais pas de moi. Ma gorge se noue et je tire sur ma cigarette une fois de plus, le souffle court. Je ne devrais pas être là. Pas avec lui. C'était une erreur de venir. Une putain d'erreur. Je renifle, m'essuyant rapidement le coin des yeux. Je n'aurais pas dû. Je n'aurais pas dû m'approcher de lui.
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Steve Rogers & TJ Hammond

Je n'arrive pas à le cerner, c'est étrange. Il est venu me chercher, sonner à ma porte alors qu'il n'avait pas besoin de moi, juste... pour le plaisir, on est partis manger un hamburger, et pourtant, à la simple question de son deuxième prénom il a arrondi le dos comme un chat en colère, me crachant à moitié dessus pour... rien. Pardon de faire la conversation gamin, je voulais juste discuter un peu. Si tu voulais qu'on passe à la soirée à simplement se regarder dans le blanc de l'oeil en mangeant de la mauvaise bouffe il fallait juste le dire, et on aurait fait comme ça. Mais là j'ai juste eu l'impression de déchaîner l'apocalypse simplement pour un prénom. Et comme je ne suis pas du genre à m'énerver je préfère encore en rester là plutôt que de m'en prendre plein la gueule. Alors j'attrape mon blouson et me lève sans rien ajouter. Et c'est là que je l'entends. Des petits mots d'excuse murmuré d'une petite voix. En une minute il était Julian sympa, puis Julian ado con à claquer, et enfin Julian gamin désolé d'avoir cassé le vase de grand-maman.

C'est là que je me dis qu'il est fracassé, pas parce qu'il manque de quoi que ce soit, bien au contraire, un de ses problèmes c'est d'avoir tout et sans limite, même de l'attention. Depuis des années il vit sous les feux des projecteurs et justement, ce qu'il lui faudrait c'est qu'on l'oublie. Que seuls ses parents et sa famille s'occupent de ce qu'il fait et c'est tout. Je pense que ça aiderait à ce qu'il se remette les idées en place. Et les pieds sur terre surtout. Enfin, je suis ni sa mère ni son père, juste un chargé de campagne... Je lui en parle un peu alors que je termine mon plateau, marchant un peu sur des oeufs pour relancer la discussion. Sauf qu'il me scotche. Littéralement. D'un coup il commence à me parler, à me dire des trucs vraiment...intimes et personnels, et je me doute que tout ça, il a pas dû le dire à grand monde. Peut-être parce que personne ne veut l'écouter. Personne ne se prend le temps pour lui. Et ça me flatte autant que ça me gêne. S'il me révèle tout ça après deux coups de mains et un milkshake c'est qu'on a même pas faire ça souvent pour lui. C'est triste. Vraiment. Et ça me donne envie de veiller un peu sur lui. Histoire qu'il ait au moins quelqu'un qui soit là, pour l'écouter. C'est aussi pour ça que je lui propose de revenir chez moi, parce que je sens qu'il a vraiment pas envie d'être tout seul ce soir. Il a besoin de quelqu'un. Et pour l'instant, y'a que moi...

Quand il a fini, sa voix meurt dans sa gorge et je lui tapote doucement sur l'épaule.

Eh...t'en fais pas. C'est sûr qu'être plongé trop jeune là-dedans c'est pas sain... T'as pas eu droit à ce qu'ont les gamins normaux... Mais... t'as jamais essayé de... changer d'état? De pays? De te lancer dans quelque chose, quelque part où tu serais pas connu? Ca pourrait être bien pour toi non? Et si je te propose de venir, c'est que j'apprécie d'être avec toi, donc je te mets pas dehors et j'ai pas hâte de me débarrasser de toi ok?

Je débarrasse nos plateaux pendant qu'il va chercher les glaces, et j'enfile mon blouson avant de sortir. Une fois dehors je me mets à rire doucement quand je l'entends parler des glaces monstrueuses qu'il a prises pour nous.

Eh, on a toujours de la place pour une glace. Le fameux estomac à dessert n'est pas un mythe. Et puis la glace c'est liquide donc ça comble l'espace qui reste...

Je me penche vers lui pour attraper une cigarette et lève mes mains pour protéger la flamme du briquet le temps qu'il l'allume. J'inspire profondément, avant de commencer à marcher à côté de lui. Il me surprend encore une fois quand il me dit que je peux utiliser Julian comme prénom. Eh beh, pour quelqu'un qui était prêt à me sauter à la gorge pour lui avoir posé la question, il a changé d'avis vachement vite. Je hoche la tête.

Si tu me laisses faire, ouais... Julian ça te va bien. Donc Julian, prêt à t'écrouler sur mon canapé et engloutir cette montagne absolument indécente de chocolat et de glace? Hein?

Ouais, étrangement ça fait naturel, de l'appeler comme ça. C'est drôle. Il recommence à parler et je l'écoute, relevant le col de mon blouson. Encore une fois j'en reviens pas de ce qu'il me dit. Il se livre à moi, totalement, comme si...il avait attendu longtemps l'occasion de juste...sortir tout ça. Je me sens mal à l'idée que la seule occasion qui s'est présentée c'est le chargé de campagne de sa mère dans un Burger King désert... Pauvre gosse. Et plus il parle plus je sens sa gorge qui se noue. Je l'arrête, et le force à me regarder.

Julian... ouais t'es imprévisible mais... je pense surtout que tu fais de mauvais choix... C'est pas obligé d'être tout le temps comme ça tu sais... c'est pas obligé...

Il détourne le regard, respire vite en tirant sur sa cigarette et se frotte les yeux. Ok là c'est vraiment sérieux.

Hey, hey, attends...

Je l'arrête, lui prends la glace que je pose sur un muret à côté de nous, tout comme ma clope et je viens l'attirer contre moi pour un câlin d'ours. Ma main lui frotte doucement le dos par dessus son manteau alors que je le serre contre moi.

Eh...ça va aller... ça va aller... Et si t'as besoin de chialer un bon coup, chiale... Je devais mettre le tshirt au sale de toute façon...

J'ai un léger rire qui fait voler un nuage de buée alors que je le laisse pas partir.

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a vie entière est une collection de mauvais choix. Imprévisible, je le suis… Ce serait me mentir que de tenter de me dire le contraire… Je ne me fais pas d'illusion sur ce que je suis. Imprévisible, avec un caractère de merde et une sale tendance à l'auto-destruction. Voilà ce qu'est TJ Hammond. Voilà ce qu'il sera toujours au yeux de l'Amérique qui avant le regardait grandir avec une certaine tendresse. Voilà ce que je serais jusqu'à la fin de mes jours. Un gamin au sourire adorable qui a mal tourné. J'écoute la braise chantonner pour moi au bout de mes doigts, écoutant les tendres paroles de la cendre encore chaude alors que je sens le bout de mes doigts s'engourdir face à la morsure familière du froid. Et alors que je tente de ravaler des larmes qui font déjà leur apparition au coin de mes yeux. Fume. Contente-toi de fumer TJ. Le reste n'a aucune importance. Tu vas juste… Aller chez Steve… Manger une glace avec lui et ensuite… Je trouverais quelqu'un avec qui passer le reste de ma soirée… Adrian peut-être ? Lui qui voulait me revoir… Lui qui veut toujours m'offrir un verre, histoire de se faire pardonner… Ma gorge se noue et je sursaute presque quand Steve m'arrête. Mon regard inquiet se lève vers le sien, et sans résister, sans essayer de lutter, je le laisse me délester des glaces. Le monde semble s'effacer face à silhouette et son regard que je contemple avec une certaine crainte. Ma cigarette termine au bout de mes doigts et avant que je n'ai le temps de lui demander ce qui lui prend, voilà que ses bras se referment autour de moi et que ma tête se retrouve contre son épaule. D'abord surpris je cesse autant de respirer que de bouger ne m'attendant pas vraiment à terminer ainsi, tout contre lui. Le temps d'une seconde, je songe à le repousser, à lui demander ce qui lui prend mais rapidement, j'en viens à apprécier de sentir quelqu'un me prendre aussi simplement dans ses bras… Juste pour… Pour me rassurer, pour me dire que tout va bien. Je sens ma lèvre inférieure trembler, à la manière d'un gamin qui s'apprête à pleurer. Lâche-moi… Lâche-moi ou je vais pleurer et… Je ne peux pas me permettre d'être vulnérable ainsi… Parce qu'on ne peut pas respecter ou même apprécier quelqu'un qui s'est permis d'être faible ainsi. Je ne peux pas… Je ne peux juste pas. Mes doigts se crispent sur son manteau alors que doucement, je sens le peu d'envie de le repousser s'étioler et disparaitre en un battement de coeur. Je renifle une fois de plus, cachant mon visage dans sa veste alors qu'un rire m'échappe, se faisant bien vite dévorer par un sanglot que je n'arrive pas à retenir.

"T'es con… T'es putain de con…"

J'aimerais sourire, j'aimerais rire ou avoir une remarque à la con… J'aimerais ne pas être à moitié sur le point de pleurer, le nez dans sa veste. J'aimerais redevenir ce TJ qui ne craint rien et pas… Julian qui est à deux doigts de pleurer. Je sens sa main se poser dans mon dos et un léger gémissement m'échappe, presque douloureux. Et d'un coup, je craque simplement. Je ferme les yeux et je sens les larmes rouler sur mes joues, alors que d'entre mes lèvres se glissent de longs sanglots. Entre ses bras, j'arrête subitement de prétendre que je vais bien ou que tout va bien, j'arrête de jouer les sales cons ou le numéro du gamin arrogant… Non là… Je le laisse entrevoir mes fêlures, je le laisse voir à quel point je suis fracassé… À quel point je suis loin d'être un simple sale gosse qui a trop de temps… J'ai jamais demandé à ce que ma vie ressemble à ça… J'ai jamais voulu être ainsi. J'ai jamais voulu prendre les mauvaises décisions… Je voulais juste vivre, être moi-même et avoir le droit à ce que tout le monde a… Mais non. J'ai dû vivre et grandir aux côtés de mes parents, qui ne regardait que la place de président à la Maison Blanche… Plus d'une fois, je me suis demandé si ils ne m'ont pas eu simplement pour l'image. Pour donner cette image de famille parfaite au reste de l'Amérique. Le couple heureux avec deux enfants merveilleux. Un autre sanglot m'échappe alors que mes doigts se referment un peu plus sur sa veste et que mes épaules tremblent. Les larmes roulent sur mes joues et si au début j'avais honte de me montrer ainsi… Là j'ai simplement envie qu'il me garde contre lui, qu'il continue de caresser mon dos et qu'il me dise que ça va aller, que ce n'est pas ma faute… Les minutes passent et je continue de sangloter contre lui, ne semble pas me calmer. Puis finalement, quand je n'arrive même plus à respirer, que je semble hoqueter entre deux sanglots, je rouvre les yeux et tente de reprendre mon souffle, posant ma joue sur son épaule. Le monde est encore bien floue devant mes yeux et j'ai besoin de quelques secondes avant d'être capable de quitter ses bras, presque hésitant. Je baisse les yeux face à lui et m'essuie les joues du revers de la main, forçant un sourire pas bien convainquant.

"Je… Je devrais rentrer…"

Je tente un pas en arrière que je ne fais pas. Je peux pas rester, pas après ça. Il va se foutre de moi ou me traiter comme un gamin. Je vais lire une certaine pitié dans son regarde qui va me donner l'impression qu'il vient de me cracher sur la joue… Je renifle une fois de plus, tentant un autre pas en arrière, que je ne fais toujours pas. Une part de moi veut que je reste avec lui, l'autre veut le fuir. Et partagé ainsi face à lui, je ne sais pas quoi faire… Je suis juste bon à murmurer :

"Je devrais rentrer…"


Seulement je sais bien que si il me laisse fuir, demain je ne me réveillerais pas à dans mon lit.
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