Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

 :: Autres RP -Ras le bol du mal de mer ! :: Stuckys Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Space Oddity

avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Mar 22 Sep - 17:31

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Journal de bord : Jour 328

Ça fait… Dix-huit jours putain. Dix-huit putain de journées qu'on a dû remonter à bord d'Hermès sans Steve. Putain. J'arrive pas encore à me faire à l'idée qu'il n'est plus là. Le reste de l'équipage me regarde d'un oeil méfiant. Je… Je sais pas si je peux en parler là, vu qu'à notre arrivée, y'a de grande chance pour que toute la Nasa foute son nez dans nos rapports et nos journaux… Alors au pire… Merde. Ils sont tous inquiets, je le sens, rien qu'à leur façon de me surveiller sans cesse, à me demander si je vais bien ou si je trouve la bouffe toujours aussi dégueulasse. C'est dingue. Je peux pas faire un pas hors de ma couchette que j'en ai un sur le dos. Merde. C'est moi le médecin de cette équipe. C'est moi qui devrait faire le saint-bernard comme à mon habitude, à toujours vérifier qu'ils vont bien. Mais là, voilà que c'est eux qui font mon job. Bon. Sinon… La Nasa arrête pas de nous dire qu'on devrait avoir largement de quoi rentrer dans… Approximativement trois cent cinquante huit jour. Ouais ils ont toujours aimés être précis. Enfin, ce sont des calculs, si ça ce trouve ce sera plus court. Ou plus long. De toute façon… On a de quoi tenir pour huit cent jours. Ils voient large à la Nasa. En même temps, ils l'auraient mauvaise si leurs astronautes crevaient dans l'espace et que les survivants devenaient cannibales. Ça ferait moche. Bref. Ça fait dix huit jours que Rogers n'est plus là et bordel, ce sale con me manque. J'ai plus mon partenaire pour jouer aux cartes ou pour simplement discuter de films… Avec les autres… C'est pas vraiment pareil. Barton est sympa mais il est plutôt branché baseball et sérieux c'est pas mon truc. Romanov sait se montrer agréable mais un faut passer son accent russe et deux… J'ai pas vraiment envie de discuter avec qui que ce soit. Bon ça, mieux vaut que je garde ça pour moi par contre… Sinon le commandant va se faire un plaisir de contacter la Nasa en disant que le docteur Barnes est sérieusement en train de péter un câble. Et en moins d'une journée, approximative certes mais journée tout de même, je me retrouverais ligoté dans un coin du vaisseau, histoire d'être sûr que je ne tente pas de mettre fin à mes jours ou que je ne saborde pas tout l'équipage. Sans compter que j'aurais très certainement l'armée de psy de la Nasa qui voudraient me faire des évaluations psychologiques de merde… Ok.  Du calme. De toute façon, ce n'est pas comme si je pouvais faire quoi que ce soit désormais. On a abandonné le corps sans vie de Rogers sur Mars, on s'est tirés, et là…. On se prépare à rentrer bien sagement sur Terre. Là-bas on aura le droit à une tasse de café bien chaude et tout le monde voudra qu'on explique en détail ce qui s'est passé pour qu'on perde un de nos coéquipiers. Mais j'ai de la chance, j'ai presque une année entière pour me faire à cette idée. J'ai le temps de voir venir. J'ai le temps de faire mon deuil. D'ailleurs je me demande quand auront lieu ses funérailles… Enfin, si ils jugent intéressant d'en faire puisqu'il n'y aura rien à mettre en terre. Tout le monde n'aura qu'une petite plaque sur laquelle se recueillir. Pour le reste… Le sable de Mars va malheureusement lui servir de linceul.

J'éteins le poste informatique de mes quartiers et me laisse retomber dans ma couchette, couvrant mon visage de mes mains. Ouais. C'est ça. Maintenant je passe la plus grande partie de mes quartiers libres à me demander si je vais effectivement finir par péter un plomb ou non. C'est sûr qu'on est tous retourné par la perte de notre coéquipier  avec qui l'on vit depuis presque deux ans, on a tous le moral en berne et nos contrôleurs de mission ne cessent de nous dire que ce n'est pas notre faute, qu'on ne pouvait pas prévoir la tempête et qu'on avait pas le choix. Nos capteurs l'avaient déclarés mort. Même moi j'avais pu constater qu'il n'y avait plus de pouls. Que c'étais foutu. Je pince les lèvres et tente de ravaler la boule dans ma gorge. Seulement par rapport au reste de l'équipage… J'ai été con. Affreusement con. Parce que là où le commandant Carter s'en veut d'avoir abandonné un de ses hommes, Barton et Romanov qui ont l'impression d'avoir perdu un frère et Tony un partenaire quasiment imbattable aux échecs… Moi j'ai fais l'erreur de m'attacher à ce connard qui est mort sur Mars. Ok pardon Steve… Mais putain… T'aurais pas pu rester en vie ? Je me relève et m'installe sur ma couchette, fixant l'écran noir de mon ordinateur. Je comprends mieux pourquoi on nous répétait tout le temps qu'il fallait absolument qu'on évite toute relation amoureuse. Carter avait été intraitable. Elle nous avait menacé en jurant que si elle nous surprenait à reluquer d'un peu trop près Romanov, elle n'hésiterait pas une seule seconde à nous émasculer. Et si sur le moment ça m'avait lever les yeux au ciel… Je comprends. Parce que si l'un y passe… L'autre va devenir dingue à la simple idée d'avoir perdue la personne qui comptait le plus pour lui dans l'équipage. J'aurais jamais dû coucher avec lui. J'aurais jamais dû lui céder. Je lui avais dis que ce n'était pas une bonne idée. Qu'on se ferait démonter par le commandant Carter… Et qu'une fois sur Terre, c'est la Nasa qu'hésiterait pas à nous botter le cul et à nous renvoyer. Seulement j'ai été con. Enfin… J'ai surtout été humain. Je suis imparfait et faible pour certaines choses. Et j'ai été faible avec lui. Je soupire quand j'entends le canal de communication principal s'ouvrir, crachotant la voix de Carter.

"Tout le monde dans la salle de récréation. Nous avons du nouveau."

Du nouveau ? Quoi ? La Nasa va nous envoyer je ne sais pas trop quoi pour nous remonter le moral ? Peut-être un paquet d'e-mails de soutien, quelques paroles et la promesse d'une grande tape dans le dos à l'arrivée. Peut-être que c'est juste pour nous prévenir qu'on dérive nous aussi. Un autre soupir m'échappe et je rejoins la salle en dernier, sous le regard morne et inquiet de mes compagnons. Je m'installe à la table et remercie la pesanteur suffisante de cette pièce pour garder notre cul sur une chaise, sans commencer à flotter. Coincé entre Barton et Stark, je fais la moue, levant simplement les yeux vers Carter quand elle se racle la gorge.

"Messieurs. Romanov. Selon Houston nous sommes sur la bonne trajectoire et notre trajet de retour devrait se passer sans encombre. Il faut simplement qu'on veille à faire les maintenances avec soin, et nous n'aurons pas à nous rationner comme prévu vu que… Rogers n'étant plus là, nous avons encore ses rations."

Minute de silence et tout le monde avale de travers. Ouais. Adieu le rationnement. Vu qu'il y a une personne de moins à manger, à respirer et à boire…

"De plus, histoire de nous remonter le moral et de veiller à ce que tout se passe bien pendant notre voyage de retour, vous devez avoir votre paquet de données sur vos postes personnels. Lettres, e-mails, photos… Tout est dessus. Et demain, vous aurez le droit à dix minutes de conversation en temps réel avec vos proches."

Tout le monde a un sourire ravi. Je me contente d'un de façade avant de rire quand Barton attire mon attention d'une léger coup de coude et d'une blague vaseuse au possible. Je lève les yeux au ciel et lui souris, oubliant le temps d'un instant que Steve n'est plus avec nous. Jusqu'à ce que mon regard se pose sur le siège vide.

Journal de bord : Jour 329

Ça avait été clairement dit à partir du moment où on a commencé à s'entraîner : à bord d'Hermès, nous aurions à nous faire à l'idée que le principe d'intimité… Ce serait plus que relatif. Voir même inexistant. Et aujourd'hui, je me rends compte à quel point c'est vrai. J'ai pas eu une seconde à moi. Quand je ne devais pas faire les maintenances dans la station, j'avais Tony sur les talons, à se plaindre d'un mal de dos imaginaire, ou simplement à me raconter des trucs sans importance. Tony est du genre bavard, mais là. J'ai faillis lui faire bouffer un plein flacon de Vicodin simplement pour qu'il la ferme. A la place je suis allé m'enfermer dans la serre en apesanteur que Steve avait installé, faisant croire que j'allais relever quelques données. La vérité c'est que les plantes c'est clairement pas mon rayon et qu'à par constater que ouais, ça pousse… Je ne saurais pas dire si elles se portent particulièrement bien. J'y connais rien moi en fougère putain. Mon truc c'est les être humains et je suis pas sûr que poser un pansement sur une plante va être des plus pertinents.

Je suis interrompu par Tony qui passe sa tête par l'ouverture de mes quartiers, m'annonçant avec un sourire que j'ai enfin le droit d'avoir mes dix minutes avec ma soeur terriblement sexy et que si jamais j'ai trop de temps, lui se fera un plaisir de lui tenir compagnie. Je lève les yeux au ciel et lui glisse un sourire.

"Pas touche Tony… De toute façon, elle et toi jouez pas dans la même ligue… Elle est trop bien pour toi.
- Quoi ? Attends… Je suis astronaute, beau garçon, chimiste… Sérieusement, que me manque-t-il ?
- De l'humilité. Allez file.
- Attends mais je suis humble, suffisamment pour ramper à tes pieds pour avoir son numéro…
- File crétin.
- A vos ordres, doc'"

Je le regarde filer avant d'accepter l'appel venant de la Nasa, souriant que je vois la frimousse de ma frangine apparaitre sur mon écran. Enroulé dans un pull qui arrive tout de même à dévoiler une de ses épaules.

"James ! Oh gosh… J'arrive pas à y croire ! La vache… Maman m'avait parlé de ce que ça faisait de venir jusqu'à Houston pour te parler mais wow… J'en suis sur le cul ! C'est dément… Et… Wow… T'es vraiment dans l'espace… J'arrive pas à y croire… C'est dingue !"

J'ai un rire en la voyant trépigner sur place, le nez plissé dans une expression qui me fait sourire.

"T'es au courant que j'y suis depuis presque un an…. ?
- Ouais non mais avant je le savais mais je t'avais vu à proprement parlé dans ton vaisseau… Même si bon, tu nous manques ici…
- Alors pour commencer, ce n'est pas vraiment mon vaisseau à proprement parlé… Et… Vous aussi vous me manquez, mais eh, dans maximum un an je reviens…
- C'est long. Super long même.
- Je sais, je sais…."

Un ange passe et je me contente de la regarder, un léger sourire aux lèvres.

"T'as une sale mine frérot…
- Je pense bien… On bronze mal dans l'espace tu sais…"

Elle rit et honnêtement… La suite de notre conversation me fait du bien, ces dix minutes me font du bien. Elles me font oublier qu'on a abandonné Steve sur Mars. Mort certes… Mais on l'a quand même laissé derrière nous.

Journal de bord : Jour 330

Je crois que c'est le jour où je vais craquer. J'en suis à deux cachets d'analgésique et j'ai pris un somnifère pour dormir cette nuit. Autant dire que je peine à suivre le rythme. J'ai fais mes vérifications habituelles et là… J'ai qu'une envie c'est de m'allonger et dormir pendant une année et demie. Alors je sais tout l'équipage a du mal et normalement, je suis le médecin du groupe, je devrais être celui qui soigne autant les blessures du corps que de l'âme. Mais là… J'ai moi même besoin de temps. Je crois que je vais aller m'allonger et me changer les idées. Ruminer n'aidera en rien. Et je ne peux pas me payer ce luxe-là. Nous avons du chemin à faire avant de retourner sur Terre et on ne peut pas se permettre de flancher maintenant. Comme dirait l'autre… Show must go on.

*

"Eh Doc' ? Vous venez manger un morceau avec nous ?
- Avec plaisir j'arrive, je termine juste mon rapport et je vous rejoins.
-Traînez pas trop, sinon Barton va se charger de bouffer votre ration de bouillie sans goût…"

J'éclate de rire alors que je continue de taper mes données, soupirant simplement quand je me rends compte que j'ai loupé une ligne dans le tableau. Je corrige rapidement tout ça et abandonne mon poste, envoyant le tout à Carter. Je quitte ce qui me sert de quartier personnel, passe devant ceux de Barton et finit par rejoindre la salle commune. Tous sauf Roger sont déjà là à manger leur ration du jour. Tony m'accueille à l'aide d'un grand sourire.

"Eh Barnes… Venez, on vous fait réchauffer quoi ? Le truc qui ressemble à de la purée ou de la bouillie colorée ?
- Ahum… N'importe quoi… De toute façon tout à un goût de carton donc…"

Léger rire alors que je m'installe contre ce qui nous sers de comptoir, les écoutant parler des résultats de l'équipe de baseball de Chicago ou de la gamine du commandant qui parait-il a prononcé son premier mot hier. Tant de choses qui me font sourire. Au moins ils vont bien, même si cela fait bien un bon mois qu'on est dans l'espace. J'attrape mon plateau et commence à mâchonner, ne pouvant retenir une légère grimace.

"J'arriverais jamais à tenir deux ans en mangeant que ça… C'est caoutchouteux au possible…
- M'en parlez pas… Je donnerais tout pour un vrai plat de pâtes… Ou alors pour un ragoût de ma mère… Putain… Ce que je donnerais pour un de ses ragoût de boeuf…
- Langage Barton…
- Pardon m'dame… Mais avouez quand même qu'un bon petit plat de la maison, ça ferait pas de mal…
- C'est sûr… "

Légère minute de silence où l'on se contente de mâchonner, rêvant tous plus ou moins de ce qu'on pourrait manger sur Terre… Perso… Je donnerais tout pour un bon steak. De la viande rouge et juteuse… L'idée m'arrache un soupir alors que je termine d'avaler.

"Eh au fait, Rogers, il est où ? Il est entré en communion avec son potager ?
- Pas impossible ! Il passe tellement de temps avec… Par moment je me demande même si il ne leurs parle pas…
- Les gars… Il doit leur parler. C'est connu, les plantes ça aime qu'on leur parle… Et avec la voix délicieuse qu'il a… Moi je donnerais tout pour être une petite fougère…"

Le commandant tire salement la gueule alors qu'on éclate tous de rire, s'imaginant déjà Romanov au milieu des plantes de la serre en apesanteur ronronner alors que Rogers lui murmurerait des mots d'amour que seuls les botanistes sont capable de prononcer. Et alors qu'on rit comme des gros cons, voilà que notre loup débarque. Loup qu'on accueille limite avec des cris de joie.

"Rogers ! Ça y est ? Les plantes t'ont lâchées ? Ou c'est la faim qui t'a ramené avec nous ?"
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Mar 22 Sep - 19:30
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Journal d'un rescapé - Jour 1

Ok. Ok alors là je suis très sérieusement dans la merde. Pourquoi? Mais voyons, c'est simple : mes compagnons de voyage ont pensé que j'étais mort, alors que je ne l'étais pas. Et maintenant je suis seul sur cette foutue planète rouge. Je grogne en m'asseyant, posant mes fesses sur le sable pierreux et tâtant ma combinaison. Sérieusement, quand je fais le point sur ma situation, j'hésite entre "J'ai eu de la chance" et "J'aurais préféré mourir". La tempête qui nous a frappés de plein fouet a arraché une antenne à notre Habitat, avant de jouer à l'escrime avec moi. Manque de bol, c'était pas juste une touche, j'ai été percé comme un papillon qu'on épingle à une planche de liège dans un musée zoologique. Embroché comme un morceau de boeuf un jour d'été, sans même avoir droit aux champignons. Le temps où j'ai été inconscient, le sang a joyeusement coagulé autour de ma plaie, ce qui, par chance, a rendu ma combinaison hermétique et m'a permis de survivre. Toutes les machineries assurant des trucs aussi futiles que mon oxygène ou la surveillance de mes constantes vitales se sont sagement remis en marche. Merci, combinaison. Grâce à toi je vais crever dans vachement plus longtemps. Et seul.

En attendant, j'ai un mal de chien, mais je ne peux pas rester comme ça. Il faut que je retourne à l'Habitat. Sauf que je ne vais pas marcher les cent mètres qui restent pour y parvenir avec une aiguille à tricoter géante en travers du corps. je suis pas une poupée vaudou, merde. Oh mon dieu c'est ça. C'est ça. Quelqu'un a voulu ma mort, et m'a littéralement épinglé. Mais qui. Carter, si c'est parce que j'ai oublié de refermer correctement les échantillons de terre et qu'à la dernière turbulence tout s'est renversé, c'est vraiment pas sympa. Ou Romanv, parce que j'ai pas voulu faire de la vodka avec les patates qu'on nous avait mises dans le chargement pour Thanksgiving. Je te retiens la rouquine. Bordel. J'attrape l'antenne, et la saisis à deux mains. Il faut que je la casse, juste un peu pour que ça gêne pas mes mouvements, et que je puisse me mettre à l'abri. Là où je pourrais ôter ma combinaison, histoire de voir plus en détail ce qui se passe là en-dessous, et tout ça dans une atmosphère respirable. Je gémis une première fois quand l'antenne se brise sèchement, et je me mets en route. L'avantage de l'espace, c'est que personne peut vous entendre chuiner comme une fillette. Surtout pas Tony, qui m'en aurait parlé pendant des semaines après coup. Un pas. Puis un autre. Tout est vide autour de moi. Obstinément et absolument vide. Je vois juste l'Habitat, au loin, et les deux rovers. A part ça, rien. Des rochers, du sable, et le ciel. Plus moi. Pas après pas je me rapproche et j'arrive enfin jusqu'au sas de décompression. La porte d'entrée se ferme. J'attends. L'autre s'ouvre. Me voilà dans notre station martienne.

J'ôte d'abord mon casque, puis mes gants, et je commence lentement à ouvrir ma combinaison. Chaque mouvement me tire salement sur le côté, mais au final, quand je peux correctement y jeter un oeil, je soupire de soulagement. Ce que je considérais comme une punition sadique d'une vieille prêtresse vaudou, s'avère en fait être juste une belle estafilade. Ma combinaison est percée, oui, mais l'antenne a juste éraflé mon flanc, sans le percer. Dieu des combinaisons spatiales, je te remercie chaudement. Et vous, les ingénieurs de la NASA aussi. Au final au lieu d'une opération presque à coeur ouvert, ça sera juste un peu de couture. Finalement, je fais glisser la combi à mes chevilles, et m'en extrait, me dirigeant vers le coin infirmerie. Buck, si je te revois, rappelle-moi de te rouler la galoche de ta vie pour avoir aussi bien équipé notre maison. Une main plaquée sur la plaie sanguinolente, l'autre en train de feuilleter les fiches bristol plastifiées du "Répare-toi toi-même", je trouve la page qui m'intéresse. Et sagement, je réunis tout ce qu'il faut, allant même jusqu'à une petite piqure de morphine avant de me recoudre. Eh, rien ne m'oblige à jouer les Rambo si je peux avoir de quoi éviter sous la patte.

Je me rappelle de ma mère qui m'avait montré comment recoudre un jean quand je suis rentré à la fac, et je la vois presque me réexpliquer les points de base, pendant que je fais la même chose mais sur ma propre carcasse après avoir nettoyé la plaie. Quand tout est bien recousu, et le noeud fait, on désinfecte encore une fois le tout, on met un joli pansement, et puis... et puis on réfléchit.

Merde.

Jusqu'à cette seconde précise, mon seul objectif, la seule chose à laquelle je pensais, c'était tout bêtement de me soigner. De régler le problème le plus urgent qui se trouvait face à moi, à savoir ma blessure. Maintenant que c'est fait... mon esprit s'autorise à penser à autre chose et là... et là je réalise, en promenant mon regard autour de moi, sur l'habitat vide que... que je suis tout seul. Je veux dire, merde, je suis VRAIMENT tout seul. Le seul être humain de cette PUTAIN DE PLANETE! Le seul! Je suis pas un garçon émotif, ou un garçon qui cède facilement à la panique, mais vous pourrez comprendre que là, je m'autorise un petit moment d'angoisse totalement règlementaire qui se solde par quelques hurlements angoissés. Après tout, c'est pas comme si j'allais déranger les cailloux.

Dix minutes. C'est ce que me suis laissé, dix minutes. Dix minutes où je m'autorise à paniquer, je m'autorise à hurler, à décréter que la vie est injuste, que l'univers est une connasse, la plus grosse connasse de l'univers, plus encore que Rory Patterson, qui m'a trompé avec mon coloc en deuxième année et qui a eu le culot de me dire, alors que je l'ai surpris en plein ébat, qu'il s'était trompé de lit et qu'il avait atterri là par hasard.

Voilà. Maintenant que j'ai bien paniqué, maintenant qu'en effet, j'ai réalisé que ça allait être un foutu miracle pour que je m'en sorte, on va analyser froidement la situation, et voir ce que je peux faire avec ce que j'ai sous la main.


Bon alors, je vous explique les filles. L'idée du truc, c'est de me faire de beaux bourgeons. Et de m'en faire vite. Pourquoi? Parce qu'il faut que je vous analyse. C'est très important, ces relevés, parce que le monde là-en bas meurt d'envie de savoir comment poussent des plantes en situation d'apesanteur. Vraiment. Bon alors quand je dis tout le monde, je parle plutôt d'une poignée d'ingénieurs botanistes et des mecs de l'industrie agro-alimentaire et..."

Je m'arrête, ma pipette en l'air, mon mouvement suspendu alors que j'étais amoureusement en train de leur distribuer de l'engrais de mon invention. Le dispositif de communication vient de s'enclencher et j'entends la voix de mes camarades qui résonnent dans mon labo. Je souris en les entendant m'appeler et me dire de ramener mes fesses pour le petit déjeuner.

J'arrive, j'arrive!

Je repose ma pipette et effleure une pousse de blé du bout des doigts.

Je finis quand je reviens. Ca sera pas long.

Je prends appui sur la paroi pour me pousser, et flotte jusqu'à la porte de mon labo, avant de pénétrer dans le sas. Une fois dedans, je m'accroche aux poignées et mon corps revient à la verticale alors que la pesanteur redevient normale. Mes pieds se reposent sur le sol métallique et je regagne la salle de récréation, le sourire aux lèvres.

Bonjour tout le monde! Alors, bien dormi?

Je m'approche du coin "cuisine" et fais errer mon regard sur la série de plats en sachets gentiment mis à notre disposition.

Choix difficile... poudre goût carton, ou carton goût poudre? Entre les deux mon coeur balance...

J'en attrape un, me prépare un "café" et m'installe à table avec eux, en face de Buck. En plus d'être terriblement beau garçon, et d'être beaucoup trop sérieux pour son propre bien, il est la personne avec qui je m'entends le mieux parmi l'équipage. Bien sûr, les autres sont comme une famille, et on a été entraînés à ce que les choses soient ainsi mais je sais pas. Avec lui la conversation est plus facile. On a plus d'atomes crochus et de points communs. C'est pas rare que le soir on finisse par rester dans la salle de récréation à regarder un film ou une série, se montrant mutuellement ce qu'on a ramenés dans nos bagages en matière d'informations personnelles.

Figurez-vous, messieurs et mesdames, que mes plantes et moi on vit une relation libre. Elles ont tout a fait compris que j'ai besoin de voir d'autres personnes pour m'épanouir pleinement. Elles ont accepté que je les abandonne pour venir prendre le petit déjeuner avec vous.

Je commence à attaquer la masse cartonneuse qui doit être mon petit déjeuner, buvant du mauvais café, avant de me tourner vers Carter.

Et sinon commandant, quels sont les plans pour la journée?


© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Dim 27 Sep - 20:28

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Journal de bord : Jour 331

J'en ai marre. Je suis fatigué et l'ambiance à bord n'aide pas vraiment à arranger les choses. Tout le monde a le regard morne et la mine basse. Tout le monde s'en veut que Steve soit mort. Tout le monde se dit qu'il aurait dû et pu faire quelque chose pour le sauver. Seulement… Je me souviens des données que sa combinaison me renvoyait. Pas de pouls. Pas d'activité cérébrale. Température en chute. Pas de fréquence respiratoire. Il avait suffit d'une tempête un peu trop violente et en moins de cinq minutes, on venait de perdre un ami qu'on avait mis presque un an à connaître. Alors ouais, tout le monde regarde ses quartiers vides en se disant "Et si… Et si ?" Et si il était passé devant ? Est-ce qu'il serait en vie ? Et si on était restés un peu plus longtemps, est-ce qu'on aurait pu le sauver ? Probablement pas. Ce qui est sûr c'est qu'on y serait passé nous aussi. Est-ce qu'on aurait préféré ça ? Même si on ne veut pas l'avouer, je pense que ouais. Et à vous les mecs de la Nasa qui vont très certainement lire ça une fois qu'on va revenir sur Terre, ouais on ne va pas bien mais non on ne va pas tenter de se flinguer. On a juste le complexe du survivant : on supporte pas d'avoir perdu notre camarade. Donc allez bien vous faire foutre. Faut nous laisser le temps de digérer la nouvelle et de faire notre deuil. Bref. Je disais quoi ? Ah, oui. J'ai l'impression d'étouffer. Parce que son absence me bouffe. Je vois sa couchette vide, je vois sa serre… Et j'arrête pas de me dire qu'on aurait dû faire quelque chose, que j'aurais dû faire quelque chose. C'est mon rôle ici et veiller à ce que tout le monde s'en sorte. Et là… J'ai l'impression d'avoir échoué. D'avoir pas été capable de prendre soin d'un de mes compagnons. Au point que ça me laisse un sale goût dans la bouche. J'aurais dû… J'aurais dû… Je n'arrête pas de me répéter ça le soir. J'aurais dû faire quelque chose… Mais quoi ?

Journal de bord : Jour 332

Je commence à me dire que ça ne sert à rien de continuer à me lamenter. J'aurais rien pu faire. Carter arrête pas de nous le dire. "Ce n'est pas de votre faute Messieurs, ce genre de chose peut arriver et nous sommes entraînés à ça aussi." Elle sait que c'est dur pour nous, elle sait qu'on a encore du mal à accepter sa mort. Parce qu'il nous manque notre botaniste. Il nous manque à ne pas être là à sourire en riant avec nous à propos du carton qu'on ose nous faire ingurgiter ou à propos de ses petites fougères qui bourgeonnent dans un coin du vaisseau. Il nous manque ce salaud. Terriblement. Enfin. Sinon… Sinon aujourd'hui nous avons eu à faire avec notre première grosse panne. Yep. Hourra. Pour la peine on s'est dévorés une double ration pour s'en remettre. On avait déjà dû faire quelques réparations avant… Mais là… On s'est bien dit pendant cinq minutes qu'on allait y passer. En même temps… Le système de purification de l'air qui tombe en panne… Y'a de quoi paniquer. Oh on serait pas morts dans l'instant mais au bout de quelques heures, nous aurions finit par ne plus avoir un milligramme d'oxygène à respirer. Charmant hein ? Bon heureusement, Tony et Tasha ont réussit à nous réparer ça sans trop de problème avant que Carter n'aille gueuler sur les petits génies de la Nasa qui ont conçus ce truc. Et vous voulez connaître leur réponse ? Parait que c'est de notre faute. Qu'on a pas fait suffisamment de maintenance et que du coup, fallait pas s'étonner si ça s'encrasse. Bah ouais connard. Comme si on avait pas mieux à faire. C'est toujours plus simple de dire que c'est de la faute des idiots d'astronautes qui font pas leur boulot. Ingénieurs de merde qui sont juste frustré de pas pouvoir être à notre place… Bon ok. Pardon. C'est juste… Steve aurait été là, déjà il aurait pu réparer ça sans soucis et en plus, il aurait pu faire un cours aux incompétents qui ont construit ce système. Seulement il n'est pas là, et à la prochaine panne du genre… Faudra qu'on se démerde comme des grands. Merveilleux.

Journal de bord : Jour 333

Trois cent trente trois. C'est chiant à dire et encore plus à écrire. C'est comme deux cent vingt-deux. Hyper chiant. Alors quand on en sera à quatre cent quarante quatre… Oh bordel. C'est encore plus chiant. Espérons qu'on rentre avant.

Jour 333 (2)

Aujourd'hui c'est visite médicale. Et comme d'habitude, j'ai du écouter Carter me dire que tout va bien, Romanov me demander de lui prescrire un truc pour dormir, Barton me dire qu'à part un massage des cervicales il a besoin de rien et faire son injection de vitamines à Tony. La routine. Sauf qu'il n'y avait pas Steve pour me faire des blagues vaseuses ou me glisser des regards l'air de rien. Aujourd'hui j'ai pas eu à ouvrir son dossier ou quoi… Il me manque ce con. Steve. Si tu m'entends ou quoi. Sache que je t'en veux de plus être là. Tu sais pas ce que c'est de devoir vivre sans toi. J'aimerais tant que tu sois là. T'as pas idée comme j'ai envie de t'en coller une et ensuite te prendre dans mes bras.

*

Je croise le regard de Rogers et ne peut retenir un sourire quand il commence à nous expliquer que lui et ses plantes, c'est une relation libre… Et que si elles ne vivent que pour lui, elles acceptent de le rendre à ses compagnons de vol. La vache… Ça m'étonnerait pas pourtant qu'un jour on le retrouve captif au milieu de sa jungle, avec Tasha qui flotte à côté en répétant sans cesse qu'elle est une fougère. Bordel… L'idée m'arrache un léger rire alors que je continue de mâcher la bouillie pâteuse. Putain, c'est vrai que c'est infâme. Je plisse quelque peu le nez, lançant de temps à autre quelques regards à Steve. Je sais que normalement, on ne devrait pas se permettre ce genre de réflexions… Mais bon sang… Si Tasha plaisante en disant qu'elle aimerait avoir le plaisir de l'entendre susurrer à son oreille… Je suis sérieux quand à ça. La simple idée de lui en train de murmurer mon prénom contre ma peau me fait frissonner. Et je sais, je sais que je ne devrais pas… Surtout qu'en plus… Il est la personne avec qui je m'entends le mieux… Le seul avec qui je peux et j'ai envie de traîner pour jouer aux cartes ou pour discuter musique, s'échanger des bouquins ou des films. Alors je ne peux pas trop me permettre de tout foutre en l'air juste parce que j'ai des pensées mal placées pour lui. J'avale une nouvelle bouchée de bouillie, tirant franchement la gueule alors que Carter nous fait le planning de la journée.

"Comme d'habitude. Chacun s'occupe de faire ses maintenances, Tony vous veillerez à faire aussi les vérifications sur le réacteur, et une fois que c'est fait, vous irez voir Barnes à l'infirmerie pour la visite du mois. Sinon je pense que nous aurons un peu de temps libre supplémentaire, vu que je vais m'occuper de récupérer les coordonnés de la Nasa et de faire le bilan avec eux. Compris ?"

On répond bien docilement que oui, et une fois le petit-déjeuner avalé, chacun se met à son poste et vaque à ses occupations. Pour ma part je fais un crochet par l'un des sas histoire de vérifier les différentes combinaisons avant d'aller à l'infirmerie, accueillant l'équipage qui défile sous mes yeux. Ces moments-là, ce sont étrangement les plus intimes que j'ai avec eux… Ils me parlent de tout, m'explique que ouais tout va bien, ils savent que je suis aussi là pour soigner les maux de l'esprit. Ils savent que si ça ne va pas, ils peuvent venir me voir, que ce soit pour discuter ou simplement pour boire un verre de chocolat. C'est mon rôle. D'être là pour eux, d'être celui sur qui ils peuvent compter. Quoi qu'il arrive. Enfin… Sauf quand on me demande de les opérer pour des raisons que je trouve un peu extrême.

"Tasha… Autant je t'aime bien, autant il est hors de question que je te fasse une hystériectomie. Je peux te filer des anti-douleurs mais c'est tout.
- Barnes. Pas d'utérus, pas d'opinion. Tu me le retires vite fait, quelques points et c'est tout bon.
- Non. Je vais pas t'opérer. Quelques anti-douleurs et c'est tout.
- Alors accorde moi de la vicodin.
- Non.
- Juste un. Je souffre moi. T'as pas idée de ce que c'est.
- Je sais, je suis un homme et j'y connais rien, mais je vais pas te filer de quoi te faire planer. Si y'a une urgence et qu'on a besoin de toi… Ça va poser problème. Donc non. Nada. Deux anti-douleurs, une bouillotte et un chocolat chaud.
-Tu fais chier Barnes.
- Je sais."

Je lui glisse un sourire alors que je m'occupe de lui préparer tout ça, l'écoutant râler en russe, me maudissant certainement ou me menaçant de me couper les parties dès que possible. Je lui pose la bouillotte sur le ventre et lui tends une tasse, lui disant que si jamais, elle peut revenir, je serais là pour lui filer autre chose et pour l'écouter se plaindre avec plaisir. C'est donc le plus délicatement du monde que je la ramène jusqu'à la porte, lui adressant une dernière tape dans le dos, m'effaçant simplement pour laisser Rogers entrer dans l'infirmerie. Je le laisse refermer la porte en m'étirant.

"Fais-toi plaisir et allonge-toi…"

Je ne relève pas son commentaire, me contentant de lever les yeux au ciel et de dissimuler le sourire qui se dessine déjà sur mes lèvres. Il est pas croyable. Je remonte mes manches et commence à l'ausculter, lui posant les questions de routines.

"Pas de soucis particuliers ? Pas de nausées ? De crampes à l'abdomen ou à la poitrine ? Des maux de têtes ?"
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 4 Oct - 17:11
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Journal d'un rescapé - Jour 8

Nouvelle entrée du journal, pour qui le lira. Alors toi, oui toi, ô employé de la Nasa, hésite pas à vanter ma gloire, et vu comme j'en ai chié pour tenter de survivre, tu peux insister auprès des autorités pour qu'on baptise des rues et des écoles à ma gloire. Steve Rogers, le martyr de l'espace. Celui qui est mort en héros, et seul et déshydraté comme un pruneau. Ou écrasé comme une blatte sous les montagnes de cailloux, frigorifié par les températures glaciales, ou asphyxié parce que j'aurai perdu tout l'oxygène. Ou peut-être même... Steve, ferme-là. Pardon, monsieur de la NASA.

Reprenons. Huit journées que je suis seul sur Mars. A partir du moment où je me suis soigné, je me suis accordé le reste de la journée pour moi. A savoir, me reposer pour guérir, histoire d'être en forme pour la suite des évènements. Et en même temps que j'étais installé sur une caisse en métal, un calepin en main, j'ai tenté de faire le point. Les machines à eau et à oxygène fonctionnent encore parfaitement. Donc, je mourrai ni de soif, ni d'asphyxie. En musardant dans le coin des réserves, j'ai aussi compté que le stock de vitamines emmené pour nous six, arriverait à me faire tenir plusieurs années sans carences. Bien. On progresse. J'ai donc à boire, de quoi respirer, et de quoi me tenir en forme pendant un bon bout de temps. Bien. Bien bien. Je peux utiliser les combinaisons des autres, enfin celles des autres mecs. Tasha et Carter on oublie, elles sont bien trop petites et trop fines pour les enfiler. Par contre, les machines dont elles sont équipées, et leurs filtres à oxygène pourront me servir au cas où je devrais sortir. Ok. Je peux donc sortir aussi, en faisant attention et en calculant le nombre de filtres. Oui parce que chaque jour je devrai aller nettoyer les panneaux solaires, qui alimentent tout le bordel. Bien.

Après avoir boitillé dans tout l'Habitat, je me suis rendu compte de deux choses : si quasiment tout l'équipement qu'on a rapporté est intact, on a deux soucis. Enfin j'ai deux soucis. Je peux plus communiquer avec la Terre, ce qui veut dire que personne ne pourra savoir que je suis là. Et il me manque un truc crucial pour survivre : des calories. Le carburant de base de mon corps. Alors avec les rations qu'on a emmenées, vu que je suis seul, je peux tenir six mois. Ce qui est déjà pas mal. Mais après... après c'est le saut dans l'inconnu, et il faut que je me bouge pour trouver une solution.

C'est le lendemain matin que j'ai eu l'illumination. En farfouillant encore plus, ouvrant toutes les boites et toutes les caisses, j'ai découvert un truc qui m'a presque filé envie de me foutre à genoux et de remercier le ciel : des patates. J'avais oublié qu'on nous avait filé un repas de Thanksgiving, ou plutôt, de quoi en faire un. Et alleluia les patates étaient crues. Et qu'est-ce qu'on peut faire avec des patates crues? Les faire pousser! C'est peut-être ça la solution! Cultiver des patates! Aussitôt dit, aussitôt fait. J'ai passé la journée à réfléchir à mon projet, et il y a des chances, dingues évidemment, mais quand même, que... que ça marche. Sauf qu'il va me falloir davantage d'eau. Et de quoi fertiliser la terre martienne.

Alors espérez pas que je vous dise comment j'ai fait, c'est secret défense. Secret de botaniste astronaute. Si vous trouvez un autre botaniste astronaute, là je pourrais lui parler, sinon, ça mourra dans ma tombe. Si j'ai une tombe un jour. Bref. Je me suis activé, j'ai labouré et fertilisé ma terre, avant de me lancer dans le bidouillage du synthétiseur d'eau. Alors oui, j'ai failli risquer ma peau au moins deux ou trois fois, dont une où j'ai préféré passer toute la nuit dans un des véhicules martiens au cas où je ferais péter toute la baraque. Mais alleluiah j'ai réussi. J'ai réussi à avoir assez d'eau pour arroser mes plants de patates qui avaient sagement germé sur l'établi, et que j'ai amoureusement enfouis dans la terre en leur roucoulant des mots d'amour. Maintenant, j'ai plus qu'à attendre.

Et attendre c'est long, surtout quand la seule distraction c'est regarder des patates pousser. Et après deux jours où ma seule occupation était de transformer la majeure partie de l'habitat en champ, maintenant... j'ai plus rien à faire à part attendre. Alors... oui j'avoue honteusement avoir fouillé dans les affaires perso de tout le monde. Comprenez-moi, il fallait que je m'occupe sinon j'allais devenir dingue. Et par chance j'ai trouvé la clé de Clint, qui contenait plusieurs intégrales de séries. Alors j'ai mis la musique classique de Carter pour les patates, histoire qu'elles se sentent bien, et de mon côté j'attrape des écouteurs et je me mets le premier épisode de Friends...


Steve, à ton tour d'aller à l'infirmerie pour la visite médicale!
Bien commandant.

Je repose mes tubes à essai dans leurs étuis et me penche vers mes plants d'avoine.

Vous en faites pas mes mignonnes, je reviens bientôt. Je vous laisse un peu de musique en attendant pour vous tenir compagnie d'accord?

Je bidouille l'écran tactile de mon labo et trouve ma playlist agricole, à savoir Mozart. Sans pouvoir l'expliquer, les plantes et les vaches aiment Mozart, et quand on en passe, la productivité grimpe en flèche. Alors pourquoi se priver. Un dernier regard de maman poule sur mes récentes pousses et j'entre dans le sas, avant de retomber sur mes pieds pour traverser la station.

Quand j'arrive, je vois que la lampe au-dessus de la porte est rouge, signe que mon cher Beck est occupé. Hmmm parfois je rêve qu'un jour, il s'occupe de moi, et pas dans le sens médical du terme. Et j'ai aussi une folle envie de tester le sexe en apesanteur. Mieux que le kama-sutra, j'en suis persuadé. Enfin, au bout de quelques minutes la porte s'ouvre dans un soupir, et je vois Tasha qui sort, le visage pâle et crispé, gardant un truc contre elle. Je lui tapote gentiment l'épaule alors qu'elle passe près de moi, et lui chuchote doucement.

Si t'as besoin de quoi que ce soit ma belle, je passe te voir quand j'ai fini avec le docteur. Ok?

Puis une fois qu'elle a disparu je me glisse dans l'infirmerie, offrant au bon docteur mon sourire le plus éclatant et charmeur.

Bonsoir toi...

Et je hausse un sourcil, une expression de sale gosse aux lèvres quand il me dis de me faire plaisir et de m'allonger.

Hmmm j'aime quand on me dit de m'allonger. Mais j'aurai du plaisir que quand tu t'allongeras avec moi...

J'ôte mon tshirt et m'allonge sans le quitter des yeux, me mettant à rire en voyant sa mine outrée.

Oh ça va, sois-donc pas si sérieux... Et oui tout va bien. Parfaitement bien...

Je soupire doucement quand je sens ses mains commencer à se promener sur moi. Hmmm très cher docteur si tu savais tout ce qui me passe par la tête en ce moment... mais je me tais, le laissant finir, avant de me redresser quand il me le dit. Et je balance, l'air de rien en remettant mon tshirt.

Au fait tu... enfin... un de ces soirs, ça te dirait qu'on... qu'on ait un rencard? Tous les deux?

© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Dim 4 Oct - 22:24

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Journal de bord : Jour 334

Finalement ils ont accordés des funérailles à Steve. La Nasa nous a fait parvenir la nouvelle dans un mail des plus laconiques, nous annonçant que pour commémorer la mémoire d'un astronaute et homme fantastique, ils avaient fait une plaque à son nom. Parait qu'il a eu le droit à tout, le drapeau, les fleurs, ses proches… Tout le monde était là pour pleurer au-dessus de pas grand chose. L'idée me file sérieusement le cafard. Parce que j'aimerais bien avoir cette chance, celle de faire mon deuil… Mais voilà, je n'y arrive pas. Je passe mes nuits à penser à lui. Je passe mes nuits à me dire que j'aurais peut-être dû dire à Carter d'aller se faire foutre et retourner le chercher. Peut-être que j'aurais dû mentir sur les chiffres histoire qu'on essaye de le récupérer… Peut-être… Peut-être… Plus les jours passent et plus je me dis que merde… J'ai pas fais suffisamment pour le sauver. Je sais que si c'est l'un d'entre nous qui aurait été à sa place, il n'aurait pas hésité. Pas une seule seconde. La vérité c'est qu'on est des lâches et que lui… On l'a laissé pourrir sur Mars… Même si… Pour être technique… Il ne risque pas de pourrir… C'est pire. Il va rester parfaitement intact, comme conservé dans de la glycérine et quand nous, nous pourrirons six pieds sous terre… Lui sera toujours aussi beau dans sa combinaison. Ironie quand tu nous tiens.

Journal de bord : Jour 340

Pour être franc… Je n'avais pas trop le moral pour écrire ces temps-ci. Sans compter que bon… Il a fallut que je m'occupe de Tony qui a réussit, va savoir comment, à se blesser au poignet. Parait qu'il faisait des vérifications sur les moteurs et qu'il a fait un faux mouvement… Ça aurait été Clint, je lui aurais simplement dit qu'en plus de rendre sourd, la masturbation pouvait causer ce genre de désagrément, mais là… Je me suis retrouvé con. Personne ne comprend vraiment comment il a pu faire mais soit… Puis outre ça… Carter m'a convoqué pour me passer un savon, m'expliquant certes gentiment mais fermement que je ne pouvais pas me permettre de flancher. Parait qu'elle comprend ce que c'est de perdre un être cher… Mais que pour le bien de la mission, il faut que j'arrive à faire mon deuil. La vérité c'est qu'elle a surtout peur que je fais une connerie. Pourquoi moi plus que les autres ? Peut-être parce que Steve… C'était la personne avec qui je m'entendais le plus à bord. Sinon… Sinon je dirais que tout se passe pas trop mal… Pas de panne supplémentaire et j'ai juste dû faire une sortie pour m'occuper de vérifier que nos panneaux solaires ne se ternissaient pas trop… Ce qui est le cas. Carter fait des calcules et commence à nous dire qu'on ferait mieux de ne pas avoir de retard sur le planning… Sinon… Faudra qu'on envisage de trouver un autre moyen d'alimenter une partie de notre équipement. Ah les joies des voyages dans l'espace. Oh et pour revenir à Clint. Non je ne sous-entends pas qu'il se touche tout les soirs. Je dis juste qu'une fois ça lui est arrivé et que dormant à côté, j'ai eu le plaisir d'en profiter. Mais eh, c'est humain après tout et personne n'est con. Trois ans dans l'espace… On allait pas tous virer abstinent.

Journal de bord : Jour 341

Steve me manque. Ça me manque de ne plus l'avoir dans mes pattes à me faire des sous-entendus un peu lourd ou à sortir blague de merde sur blague de merde. Ouais. Ce sale con me manque. Lui qui avait réussit à faire monter du vin en poudre ici, lui qui susurrait des mots d'amours à ses plantes ou qui nous passait du Mozart pour voir si comme ces pousses ont étaient plus productifs. Je commence à trouver le temps long par ici… A tel point que cette nuit… Je suis allé dormir dans sa couchette, prétextant un soucis de chauffage. Le lendemain on m'a fait comprendre que j'aurais pu aussi simplement dire que je voulais changer de chambre. Ce qui fait que cette nuit je dors de nouveau dans la mienne. De toute façon… Sa couchette n'est toujours pas plus confortable que lorsqu'il était là.

Journal de bord : Jour 342

Je crois que le premier truc que je fais en revenant sur Terre, c'est aller me bouffer un vrai steak. Un truc de cinq cent grammes, bien saignant. J'en peux plus de la bouffe qui ressemble à du carton. J'ai envie d'un vrai repas. Et d'aller me pieuter dans un vrai lit. Et de ne pas me demander si je ne vais pas mourir dans la seconde qui va suivre parce qu'un problème de dépressurisation va avoir lieu. Oh oui. C'est mes emmerdes préférées celle-là. Encore un soucis avec l'oxygénateur. Décidément… C'est fou comme tout s'encrasse vite. Moi qui change les filtres tout les jours et qui nettoie la machine avec la plus grande méticulosité. Mais bon, parait que je suis médecin… Parait qu'avec les machines j'ai à peine le niveau d'un gamin de six ans… Bah oui connard… Entre ingénieur et médecin, à ton avis, lequel de nous deux à passer le plus de temps à la fac ? Me semble que c'est moi. Alors le connard arrogant ça devrait être moi. Pas le crétin qui a son cul vissé sur une des chaises de la Nasa.

*

Je l'ausculte, laissant mes mains passer sur son corps, cherchant la moindre masse ou signe de douleur qui pourrait indiquer un problème. Sauf que je ne trouve rien… Tout ce que je vois c'est son sourire de sale gosse et ce regard qui semble vouloir me dire "toi, moi, la table d'auscultation et on joue au docteur." La réflexion m'arrache un soupir alors que j'appuie une dernière fois au niveau de sa vésicule biliaire, ne notant rien de particulier. Bien, alors à part le fait qu'il me fait salement du rentre dedans… Rogers est en parfaite santé. Je me recule et lui fait signe de se relever, m'étirant une fois de plus alors qu'il ose revenir à la charge. Dos à lui je me fige, pensant avoir mal entendu. Qu'il me dise qu'il veuille que je m'allonge avec lui, passe encore… Mais là. Merde. Il me demande carrément de… D'avoir un rencard avec moi. Genre… Un rencard. Mais putain de merde. Il croit quoi ? Il croit qu'on peut se permettre ce genre de truc ? Carter a été hyper clair à propos de ça : pas d'histoire de ce genre. Pas de coucheries et encore moins de roucoulements. Alors ouais… Je ne dis pas que l'idée ne m'a pas traversé l'esprit un bon millier de fois… Mais merde. Autant je peux m'imaginer à laisser mes lèvres se perdre dans son cou, à mordiller sa peau, à la caresser avant de venir lui faire des choses bien indécentes de ma langue… Autant là… Il veut qu'on passe en cours martial ou quoi ? Je me retourne vers lui, autant surpris que légèrement hésitant.

"Non… Enfin Rogers… T'es dingue où… ? C'est hors de question qu'on ait un rencard tout les deux ! On peut pas…. Tu le sais très bien."

J'adorais accepter et franchement, on serait sur Terre… Je lui aurais dit oui avec plaisir. Mais là. C'est hors de question. Je me ferme et malgré tout ses arguments, je me contente de lui répondre que même si j'entends bien tout ce qu'il a à me dire, je ne changerais pas d'avis, pour notre bien à tout les deux, il vaut mieux qu'on oublie cette histoire. Seulement Rogers à un terrible défaut, il est têtu. C'est peut-être bien la seule chose qu'on puisse réellement lui reprocher. Alors il insiste. Dès qu'on se retrouve tout les deux, il revient me glisser cette idée qu'on puisse tout les deux, avoir un fameux rencard, me ressortant le fait que j'ai eu le malheur de laisser échapper le fait que oui il me plaisait aussi. Alors c'est agacé que je finis par accepter, lors de l'un de ses passages à l'infirmerie.

"Tu sais quoi ? D'accord. Va pour ce rencard, juste pour que tu te rendes compte que ce ne sera pas une si bonne idée que ça. Ok, on se plait mais c'est clairement, clairement pas une bonne idée… Mais ok… Allons-y. Va pour un rencard. Quand tu veux."

Putain, je… Je devrais pas. Mais j'en ai envie aussi. J'ai envie qu'on tente de faire ça, autour un repas dégueulasse et d'eau filtrée.

"Et je te préviens… Je couche pas au premier rencard."
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 18 Oct - 21:23
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Journal d'un rescapé - Jour 10

Nouvelle entrée dans mon journal, ô toi employé de la NASA qui tombera sur mes notes. Eh oui, grande surprise, je ne suis toujours pas mort. Il faut croire que j'ai toujours pas claqué. Je dois avoir des gênes de blatte. Une blatte peut tenir une semaine une fois qu'on lui a coupé la tête, et encore, elle meurt de faim. Mon dieu faites que je ne vais pas avoir des antennes. Ou pondre des oeufs. Oh dieu du ciel et si je me transforme en "La mouche" de Cronenberg. Bref Steve, du calme. Non tu n'es pas une blatte et non tu ne vas te transformer en insecte géant.

Bref, les jours continuent à s'écouler, et je m'acharne gentiment. Après des jours de soins attentifs et dévoués, mes champs martiens sont devenus cultivables! Un vrai miracle! Sérieusement j'y croyais pas. Et pourtant! J'ai réussi à fertiliser le sol martien! Maintenant que je suis sûr de mes champs, je vais m'occuper des patates. Et une fois germées, je les plante et les surveille de temps en temps. Alors dommage que personne ait emmené de Mozart dans ses données personnelles parce que ça aurait sûrement aidé mes patates à pousser. D'ailleurs, plusieurs fois par jour je vais les voir, leur caresse le bout des feuilles, leur chuchote que leur papa a énormément besoin d'elles et qu'elles doivent être de belles pommes de terre qui grandissent vite et bien pour le rendre fier. J'en suis même à prier mère Nature ou le dieu des tubercules pour que tout se passe bien et qu'elles arrivent à maturité. Le point positif de la culture sur Mars? Aucune bactérie et aucune maladie. Point négatif? Un million de trucs qui pourraient tout faire foirer. Le froid, le sable, le manque d'atmosphère, j'en passe et des meilleures.

Alors toi, type de la Nasa qui lit ça, tu dois me trouver ridicule à m'inquiéter pour de vulgaires tubercules, mais j'aimerais t'y voir si tous tes espoirs de survie ne dépendaient que de quelques bouts de feuilles. Ta seule garantie pour ne pas mourir de faim.

Et pendant tout ça, pendant que mes mains sont occupées à peser, couper, bidouiller et bricoler, mon esprit divague. Je pense à eux, et surtout à lui. Je pense à mon Buck, qui doit être à une foutue flopée de kilomètres au-dessus de ma tête. Le type que j'ai salement allumé, d'abord par jeu et parce que je le trouvais joli garçon, et dont je suis tombé amoureux même si c'était formellement interdit. Est-ce qu'il me pleure? Est-ce que je lui manque? La vache comme j'aimerais le tenir dans mes bras, goûter sa peau et y retrouver son parfum, l'embrasser à en perdre le souffle. Et ça me fait putain de mal de me dire qu'on avait le début d'une foutue belle histoire quand tout a été gâché par une satanée antenne et une tempête de sable. Maintenant je suis ici, lui là-haut et peut-être qu'on se reverra plus jamais. Et qu'on en restera là. J'espère juste qu'il se souviendra de moi, en bien...

Bref Steve ça suffit. Chuiner te servira à rien, par contre te coller mentalement des coups de pied au cul pour te faire trouver des solutions si. Bon. Maintenant que les patates sont plantées j'ai d'autres chats à fouetter. Enfin... rien d'impératif, vu que j'ai encore mes rations, de quoi respirer, et boire. Non, maintenant j'ai surtout le temps libre pour tenter d'améliorer ma situation. A savoir, communiquer. Après avoir examiné tous les systèmes ici, une chose est sûre, c'est mort. Maintenant, il faut que je trouve un moyen de rétablir le contact avec une planète qui se situe à des millions de kilomètres de là. Alors j'attrape un calepin et commence à réfléchir, en écoutant la vieille pop russe de Romanoff.



Une chose est certaine, c'est que Buck mérite à mes yeux le titre d'homme d'équipage le plus sexy de l'équipage. Il a un petit côté sérieux, un mélange entre prof et papa que je trouve absolument craquant. Et je l'imagine bien dans un chalet à la montagne en train de bouquiner dans un bon fauteuil devant un feu de cheminée, une petite chemise à carreaux sur les épaules. Chemise dont j'aurais bien envie de faire voler les boutons, avant de lui faire des choses fort peu catholiques sur la peau d'ours devant le feu qui complète le tableau... Garçon tu t'égares. Enfin en même temps comment garder la tête froide quand l'objet de ses désirs vous demande de vous deshabiller, de vous allonger, et passe lentement ses mains sur votre peau nue. Vous auriez chaud. Pour moi c'est la fournaise. Oh et puis merde, qui ne tente rien n'a rien. C'est pour ça que je me lance, profitant d'un moment de relative intimité entre nous.

Et une fois mon tshirt remis sur mes épaules j'attends. J'attends sa réponse, suspendu à ses lèvres. Enfin, ce sont d'abord ses épaules que j'ai vu se raidir alors qu'il était de dos, avant qu'il se tourne vers moi.

Oui je sais... mais... genre merde... tu me plais. Tu me plais même beaucoup. Et ose me dire que... que je te plais pas. Pas même un peu. Je demande pas à ce qu'on finisse par se grimper dessus dans la salle commune mais... qu'un soir... qu'un soir on... on s'arrange pour être juste tous les deux, pour... je sais pas... discuter... apprendre à se connaître... et pas juste regarder une série... J'aimerais bien...

Mais non. Clair et massif, même si je sens qu'il le dit à regrets. Peut-être que j'aurais quand même ma chance, et qu'il faut juste vaincre ses scrupules? Allons, l'espoir fait vivre, et c'est pas comme si les choses à faire se bousculaient. Une fois rhabillé je quitte l'infirmerie en susurrant un "A bientôt toi..." et à chacun de mes passages, dès qu'on est seuls tous les deux, je lui refais la même proposition. Peut-être que je l'aurais à l'usure? Espérons. A chaque fois je me montre charmant et charmeur, et un matin, alors que je m'attendais encore une fois à un "Non Steve, tu sais très bien qu'on peut pas", il... il accepte. J'ai peur d'avoir mal entendu, au point de lui demander de répéter.

Eh bien en voilà une bonne nouvelle! Même si entre nous j'aurais préféré un "notre attirance est trop forte pour qu'on puisse lutter plus longtemps!" plutôt que le "tu me saoules alors je cède" mais je m'en contenterai. Tu vas voir ça sera bien. J'ai même réussi à ramener du vin. Ce soir ça t'irait? Une fois que tout le monde est couché? Allez le rendez-vous est pris!

Je le quitte, ronronnant à moitié et ris doucement à sa dernière remarque, susurrant à son oreille.

Et je t'aurais pris pour une salope si ça avait été le contraire, Buck... Alors... à ce soir!

En attendant le rendez-vous je m'active pour tout préparer. Je retrouve ensuite tout le monde pour le dîner dans la pièce commune, et je me retiens de lui lancer des regards langoureux et pleins de promesses quant à la soirée à venir. Petit à petit ils vont tous se coucher, et quand Tony nous lâche enfin, je dis à mon Buck de fermer les yeux.

Promis je vais pas me foutre à poil ou t'attacher. Attends...

Je cherche tout ce dont j'ai prévu avant de lui dire de les rouvrir. J'ai posé deux couverts en plastique et deux assiettes l'une en face de l'autre, et je me suis amusé à plier joliment des serviettes en papier pour faire des sortes de fleurs. Des sortes. J'ai tenté de mettre artistiquement deux barres protéinées en dessert quatre étoiles, et il y a deux gobelets en plastique remplis d'un liquide sombre. Mon vin. Je me suis même emmerdé à imprimer, couper et coller des images de bougies pour faire de fausses chandelles. J'ai un sourire à moitié fier et à moitié angoissé quand je lui dis de les rouvrir.

Tadaaa.... bienvenue dans notre premier rencard Buck!

Et je viens m'asseoir face à lui après avoir baissé la luminosité de la salle.

© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Jeu 22 Oct - 19:36

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Journal de bord : Jour 350

Je pensais que c'était au début que ce serait dur, que ce serait les premiers temps où j'allais le plus en chier de ne pas le voir avec nous le matin, de ne pas l'entendre roucouler des mots d'amour à ses plantes ou simplement à me faire du rentre-dedans… Mais non. Plus le temps passe… Plus ça me tue de voir que ses quartiers restent vides. Je commence même à me dire que j'aurais dû rester sur Mars avec lui. Au moins, j'aurais pas eu à subir son absence. Putain… Ok. Là c'est le signe que ça ne va vraiment pas….

Je coupe l'ordinateur et pousse un soupir. Enroulé dans un des pulls de Steve je fixe l'écran désormais noir. Ça faisait plusieurs jours que je n'avais pas fais d'entrée dans ce journal. À la NASA ils nous disaient de tenir ce journal de bord régulièrement, histoire de pouvoir un peu lâcher ce qu'on a sur le coeur… Sans compter que bon… Ça pourrait toujours servir, d'une façon ou d'une autre… Seulement… Seulement je ne me sens pas de raconter à un ordinateur à quel point Steve me manque, à quel point j'aimerais qu'il soit là pour que je me glisse dans ses bras et qu'il vienne ronronner à mon oreille, à me dire que je suis son médecin d'amour. Je remonte le col de mon pull sur mon nez. J'entends quelqu'un se glisser derrière moi et baisse simplement les yeux quand je sens la main de Tony sur mon épaule. Ma vue se brouille et je serre les lèvres, tentant de calmer les tremblements qui secouent mon être.

"Eh Buck… Viens… On va te faire un chocolat chaud…."

Ses doigts se referment un peu plus sur mon épaule alors qu'il s'approche. Normalement c'est à moi de leur proposer ça, de les installer dans un coin et de leur offrir ce dont ils ont besoin… Mais là… Là je ne peux pas. Là j'ai besoin qu'on me prenne dans ses bras et qu'on me dise que ça va aller. J'aimerais Steve. J'aimerais ses bras. J'aimerais entendre sa voix. C'est lui que je veux. Mais là… Je n'ai que Tony. Je fonds en larmes et je sens ses bras se refermer autour de moi alors qu'il me console en silence, caressant doucement mon dos. Je reste ainsi pendant de longues minutes… Et les jours suivants… Je n'enregistre rien. Je me contente de rester avec eux, de les laisser me prendre dans leurs bras en me disant que ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Même Carter m'offre une bonne tape sur l'épaule et un sourire chaleureux. J'ai de la chance de les avoir… Mes doigts se referment autour de ma tasse de café alors que Natasha se glisse à mes côtés commençant à me raconter tout et n'importe quoi, juste pour me changer les idées. Je lui glisse un sourire et l'écoute me raconter qu'elle a dû s'occuper de faire un nettoyage dans les fichiers de sauvegarde de la station, et que ça lui donne un mal de crâne pas possible… Je hausse un sourcil, conservant un sourire avant de lui proposer un bon massage des tempes.

Journal de bord : Jour 355

Ça va un peu mieux. J'ai effacé l'entrée de l'autre jour grâce à Natasha mais c'était surtout parce que ça n'apportait rien de vraiment important, alors m'en voulez pas les petits fouineurs de la NASA, j'ai jamais aimé qu'on me voie  pleurnicher face caméra. On continue notre voyage pour rentrer sur Terre. Je compte les jours en me disant que je devrais être heureux de rentrer pour retrouver ma famille, mes amis… Mais j'arrête pas de me dire que j'aurais aimé que Steve soit avec nous. Seulement c'est ça que de faire son deuil… Peut-être qu'un jour… Peut-être qu'un jour j'arriverais à penser à lui sans avoir une boule dans la gorge… Un jour… Je pourrais peut-être penser à lui et sourire en me remémorant les bons moments avec lui.

*

Malgré moi j'ai un léger sourire en le voyant aussi impatient, aussi heureux à propos de ce rendez-vous. Je pensais qu'il me faisait du rentre-dedans pour s'amuser, pas parce qu'il avait vraiment envie de m'avoir rien qu'à lui pour une soirée. L'idée me plait franchement, parce qu'au fond, j'en avais moi-même envie. Nous aurions été sur Terre… Je ne l'aurais pas autant fait attendre, peut-être même que j'aurais plus entreprenant. Un frisson dévale mon échine alors qu'il vient murmurer quelques mots qui m'arrachent un autre sourire.

"À ce soir Steve…"

Je l'observe disparaitre, quittant mon infirmerie. Je conserve mon sourire alors que je m'installe sur la table d'auscultation. Je n'arrive pas à y croire. On va vraiment… Avoir un rencard. Dans la station, sous le nez des autres. Mon coeur s'affole quelque peu. Si Carter nous attrape… On est bons pour la cours martial à notre retour. L'idée m'arrache un frisson. Ça devrait m'effrayer et pourtant… Je m'en fous. Pire, j'ai envie d'être ce soir… Pour partager plus qu'un film ou une série avec lui… J'ai un autre sourire alors que je commence à ranger l'infirmerie, tenant à jour mes stocks en sifflant un air. Je m'interromps d'un coup. Regarde-toi… On dirait une gamine. Et alors ? Ça fait un bail qu'on ne m'a pas proposé un rencard… Et j'ai beau être un astronaute et être dans l'espace… Je reste un être humain.

Le soir, impatient comme pas possible et pourtant légèrement anxieux, j'arrive à peine à manger avec les autres. Pire j'ai envie qu'ils nous laissent, qu'ils aillent se coucher et qu'on puisse être tout les deux. Par moment je capte quelques regards  de sa part. Je sais, moi aussi. Un à un ils finissent par filer, nous laissant uniquement avec Tony qui termine son dernier café de la journée, le nez sur sa tablette à vérifier les rapports que l'ordinateur lui transmet. Il étouffe un bâillement  et nous souhaite bonne nuit, rajoutant qu'on ne devrait pas trop traîner, sous peine de se faire tirer les oreilles par Carter. Un sourire m'échappe et enfin, je me retrouve seul avec lui. Seulement avant que je n'ai le temps de placer le moindre mot, voilà qu'il me demande précipitamment de fermer les yeux. J'hausse un sourcil, entrouvrant les lèvres sans pour autant savoir quoi dire. Pardon ?  Attends… Il veut faire quoi ? Voyant mon air méfiant, il se sent obligé de me promettre que ce n'est pas pour se déshabiller ou m'attacher… Je pince les lèvres.

"Y'a intérêt… Sinon… Tu vas avoir des emmerdes."

Je finis tout de même par fermer les yeux, le sentant s'agiter autour de moi, déposant je ne sais trop quoi sur la table. Curieux, je suis plusieurs fois tenté d'ouvrir les yeux mais je me retiens jusqu'à ce qu'il me dise que c'est bon. Et je dois avouer que je reste con en découvrant ce qu'il a préparé pour notre premier rencard. Entre les assiettes, les serviettes pliées, les fausses bougies et les barres protéines misent en scène… Je dois avouer qu'il n'a pas fait semblant. Il est même allé jusqu'à remplir nos verres d'un liquide sombre.

"Wow… Eh bien, tu fais toujours les choses en grand pour le premier rencard ? Je dois avouer que… Wow… Je regrette pas d'avoir accepté… Pire, ça me donne envie d'accepter d'autres rendez-vous…"

Je ris doucement alors qu'il s'installe en face de moi et que je croise mes bras sur la table, me penchant légèrement vers lui pour lui glisser un sourire délicieux.

"Alors si tu me racontais ce que tu nous as préparé de bon pour cette soirée Steve… Quoi que laisse moi deviner, un dessert au chandelle et… Je rêve ou c'est du vin ?"

Un autre sourire se dessine sur mes lèvres alors que je n'y crois pas. Il a sérieusement réussit à faire venir du vin dans l'espace ?! Il est pas croyable… J'attrape le verre et le porte à mon nez, sentant une odeur qui effectivement va de paire avec la couleur sombre du breuvage. Je lève les yeux vers lui, surpris.

"C'est du vin… Steve, comment tu as fais ? Normalement on ne pouvait pas faire monter de la nourriture ou des liquides autres que ceux fournis par la NASA… Alors comment ? Et ne me dis pas que c'est un secret de botaniste sinon je vais me fâcher…"
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Ven 23 Oct - 17:52
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Eh bien ça y est, le bon docteur Buck a cédé. Il m'a cédé. Enfin, pas dans le sens où on a couché ensemble, et c'est pas que ça me déplairait, loin de là! Juste que... qu'il a accepté un rencard. Un rencard avec moi. Depuis au moins une semaine et demie ou deux semaines je tente ma chance à chaque fois que je dois passer la visite médicale, et c'est presque devenu un mi-chemin entre une invitation sérieuse et une blague entre nous. Même si je suis sérieux. Je ne suis on ne peut plus sérieux. Oui j'aimerais mordiller sa mâchoire carrée, j'aimerais passer ma main dans ses cheveux, j'aimerais voir ce qui se cache sous ses pulls moelleux et surtout... j'aimerais voler ses lèvres, pour quelques heures...

Et là, là par un mot, il me dit que j'y aurai droit. Dans des proportions toutes relatives, l'idée c'est que j'y aille doucement avec le bon docteur, et je me doute bien que ce premier rendez-vous ne se finira pas en partie de jambes en l'air torride sur la table de la salle commune, même si personnellement je suis pas contre l'idée. Eh j'aime expérimenter, et on ne vit qu'une fois non? Alors? Bref, soyons gentlemen, histoire de ne pas passer pour le frustré de service qui cherche juste une occasion de tirer un coup.

Je file donc, ronronnant à son oreille et impatient comme jamais. Je vais l'avoir. Je vais l'avoir mon rendez-vous! Et pour que ça débouche à un deuxième, je dois faire les choses bien. A peine sorti de l'infirmerie j'ai déjà un million d'idées qui me viennent, sur ce que je pourrais faire, et j'avoue que je dois calmer mes ardeurs, parce que réaliser le quart de la moitié serait tout bonnement impossible. C'est là un de mes grands défauts, je m'emballe trop vite. Beaucoup trop. Steve, du calme. Je gamberge, et réfléchis à ce que je pourrais faire pour marquer le coup tout en faisant en sorte que ce soit drôle et léger.

Avant même qu'on se retrouve pour dîner, tout est déjà prêt, planqué dans un coin et attendant juste que le sommeil les attire tous dans leurs quartiers. Et j'ai l'impression que tout ça dure une éternité. Vraiment. On dirait qu'ils prennent tous un malin plaisir à jouer les prolongations, comme s'ils savaient. Et s'ils savaient? Merde. Sauf que non, tout le monde a l'air... normal, à part Buck qui me jette quelques regards rapides de temps en temps. Patience bon docteur, patience. On y est presque.

Enfin Tony nous laisse, et je me retiens de lui dire ''C'est pas trop tôt!" alors qu'il file. Nous voilà seuls. Seuls tous les deux. Je lui dis de fermer les yeux le temps de tout disposer, et souris, fier comme un gamin, attendant sa réaction. Pourvu qu'il se moque pas. Pourvu qu'il trouve pas ça débile et qu'il me laisse planté là, avec mes bougies en papier et mon vin trafiqué. Et je suis soulagé de le voir sourire à son tour. Ca lui plait. Mes conneries de gamin lui ont plu. Alleluia!

On fait les choses bien ou on les fait pas hein! Et... c'est vrai? Avant même que ça ait commencé tu voudrais déjà m'en demander un autre? Tu me flattes, je me savais pas doué à ce point. Faut croire que toutes ces années je me suis sous-estimé. Comme quoi!

Je marque une légère pause avant de croiser son regard.

Je suis content que ça te plaise, et j'avoue que... de mon côté aussi j'aimerais... en avoir un, de deuxième rendez-vous. Puis un troisième et...ainsi de suite...

Je m'installe en face de lui et sens mon coeur battre un peu plus vite alors qu'il plonge ses yeux dans les miens et m'accorde un sourire à faire fondre un iceberg. Eh c'est qu'il est doué le doc, à ce jeu-là! Impressionnant!

N'ayant pas le temps ni les moyens de faire un petit aller-retour sur Terre pour passer dans ma pâtisserie préférée, j'ai dû improviser. Pareil pour les fleurs. Et les bougies en papier... parce qu'à la première vraie flamme on aurait tous les systèmes d'alarme qui se mettraient en route, et les jets anti-incendie. Notre rendez-vous se terminerait en eau de boudin, ou, tomberait à l'eau, cherche l'expression qui passerait le mieux. Donc c'est le mieux que je puisse faire en matière de premier rendez-vous en station spatiale...

Je me mets à rire quand il a enfin remarqué le verre sombre devant lui, et qu'il l'examine lentement. Je hoche doucement la tête et lève mon gobelet pour trinquer.

Oui c'est du vin, et je t'explique parce que c'est toi. En fait, dans l'Antiquité, les Grecs arrivaient à faire sécher leur vin, pour le transformer en poudre. Comme pour le lait en gros. Et ils transportaient cette poudre plus facilement, ne la mélangeant à de l'eau qu'au moment de boire. Donc... pris d'une inspiration subite, je me suis dit que ça pourrait être drôle de tenter l'expérience. Et comme ça on aurait de quoi faire si on avait quelque chose à célébrer, pour toute l'équipe. Finalement, c'est toi et moi qui inaugurons. J'en suis ravi...

J'approche mon verre du sien et trinque avant d'en boire une gorgée.


© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Sam 24 Oct - 19:23

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Journal de bord : Jour 356

Roulé dans un de ses pulls, j'ai trouvé un petit sachet de poudre bordeaux. J'ai pas pu m'empêcher d'avoir un pincement au coeur. Parce que ça me rappelle notre premier rendez-vous. Eh ouais, à toi qui mets le nez dans mon carnet de bord… Avec Steve, on a un rendez-vous en amoureux sur la station Hermès. Et tu vas faire quoi ? Me juger ? Va bien te faire foutre.

*

Je souris doucement alors que Steve commence à m'expliquer à quel point il a dû se creuser les méninges pour ce premier rencard. Et il est mignon à m'expliquer que ne pouvant pas aller chercher un dessert sur Terre,  il a dû piquer quelques barres protéinées dans nos rations et que pour les bougies… Il n'a pas eu trop le choix. Si y'a bien un truc que les mecs de la NASA n'aiment pas… C'est le feu. Ils le détestent encore plus que les raisins secs dans un cookie, au point que pour être sûr que rien ne puisse prendre feu. Et je dis bien : rien. Même les vêtements seraient incapable de prendre feu, même avec toute la volonté du monde, on aurait du mal à foutre le feu à cette station. Enfin… Tony ne cesse de dire qu'il serait capable de foutre le feu si le voulait, mais on lui a tous dit que si il tentait de se la jouer Roi des flammes, on le jetterait par un des sas. Du bout des doigts je viens effleurer l'une des bougies, ne pouvant retenir un sourire. Lui aussi aimerait d'autres rencards… Qu'on se revoit plus qu'en tant que simples amis et collègues astronautes… Ça me rassure au fond… Parce que si ça faisait un moment que j'avais envie de lui céder, je ne veux surtout pas n'être qu'un passe-temps pour lui. Je ne veux pas qu'il tente de me faire du charme simplement parce que monsieur est dans l'espace et qu'il est en chien. Je ne veux pas être sa pute ou un simple objet pour passer le temps. C'est peut-être trop demandé, mais je préférais qu'il me fasse du rentre-dedans parce qu'il en a envie, pas parce qu'il en a besoin. De ma main libre, je fais tourner le gobelet entre mes mains, n'osant pas trop boire son vin avant de savoir de quel façon il l'a fait parvenir jusqu'ici. Je lève les yeux vers lui, un léger sourire aux lèvres alors qu'il me fait un petit cours d'histoire puis de chimie. Un léger rire m'échappe alors que je trinque avec lui.

"Ingénieux… Pas mal pour un botaniste."

Je lui glisse un clin d'oeil avant de tremper mes lèvres dans le verre de vin et… Putain de merde c'est dégueulasse. Pas juste mauvais… Non, non… Là je parle de dégueulasse au point que j'ai envie de recracher ça par terre. Le mélange du vin et de l'eau filtrée donne un résultat qui me fait esquisser une moue de dégoût. Je me force à avaler avant de tirer la langue, reposant mon verre sur la table. On dirait du vinaigre coupé avec de l'eau, et même si je me doute que ce n'est pas un grand cru qu'il a lyophilisé… Mais la vache… Là c'est aussi agréable à boire que de l'huile. Je tousse, essayant de me débarrasser du sale goût que j'ai désormais en bouche.

"Oh je suis désolé Steve… Vraiment… Mais je crois que ton vin n'a pas vraiment supporté son voyage dans l'espace… C'est juste infâme."

Je tente un sourire alors que je le vois aussi plisser le nez, pas plus convaincu que moi par le goût de son vin. J'ai un léger rire avant de reprendre.

"Non mais c'est pas grave… T'es pas chimiste après tout, tu pouvais pas prévoir que ça donnerait ça… Et Tony serait là… Il te dirait que vu que t'es botaniste, tu devrais pas t'occuper d'autre chose que tes petites plantes…."

Je ris avec lui, avant de me perdre dans son regard. Ouais… J'avais envie de ce rencard… Et alors que je passe un soirée agréable avec lui, je me dis que j'aurais dû lui céder plus tôt… Surtout que là… A milieu des étoiles, et bercé par le ronron du moteur et des ordinateurs qui tournent au fond… Je me dis qu'on est bien là. Et que peu de gens peuvent se vanter d'avoir un rencard avec un beau garçon de son genre dans l'espace.

"Bon et si on attaquait ce merveilleux dessert composé de barres protéinées goût chocolat… ? Je meurs de faim…"

J'attrape une barre et la casse en deux, lui en offrant la moitié alors que je croque dans mon morceau, mâchant en silence. Je croise son regard avant de baisser les yeux, ne pouvant retenir un léger sourire.

"Je peux te poser une question ? Pourquoi venir me faire du rentre-dedans ? Je veux dire… À part le fait que je dois te plaire bien sûr… Et si tu fais comme Natasha en disant que c'est parce que tu aimes mes pulls parce qu'ils sentent toujours bons et qu'ils sont doux, je te jure qu'il faudra que je t'opère pour te retirer cette barre."

*

Journal de bord : Jour 357

Je ne retrouve pas l'un de mes pulls. Stupide, je sais. Mais eh. J'ai passé ma journée, enfin surtout j'ai passé mon temps de quartier libre à chercher mon pull. Je sais que j'aurais pu me contenter de n'en avoir rien à foutre… Mais je ne sais pas… Je me demande où j'ai pu le foutre. Ce pull je le portais quand ce soir-là avec Steve. Et après une bonne journée à le chercher, voilà que je croise Romanov dans ses quartiers, en train de dormir, le nez dans le col de mon pull. J'hésite une seconde avant de me dire que quand elle ne voulait pas être une petite fougère dans la serre de Steve… Elle me disait sans cesse que, d'une façon purement platonique, elle n'avait qu'une envie : se glisser avec moi dans un de mes pulls pour un bon câlin. Alors je l'ai laissé dormir avec. Au pire, j'irais le réclamer demain. Puis bon… Je suis le médecin de bord, c'est mon rôle de soigner les maux de l'âme. Donc si ça lui fait du bien… Tant mieux. Je sais que je ne peux pas tout soigner et que je ne peux pas forcément leur donner tout ce dont ils auraient besoin… Mais si pour qu'elle retrouve son sourire il faut que je me débarrasse d'un pull… Qu'elle m'en vole plus alors.
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 25 Oct - 13:31
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Journal d'un rescapé - Jour 15

L'illumination est venue alors que je me promenais dans la playlist de Clint. Faut bien s'occuper, et même si je sais qu'ils m'en voudront pas d'avoir percé tous leurs secrets, j'ai dû explorer toutes leurs clefs USB. Grâce à ça j'ai commencé à pouvoir tenir, moralement. Regarder de vieilles séries. Ecouter leurs musiques de merde. Alors bien sûr on avait été formés ensemble depuis plus d'un an avant notre départ, on avait fait des tests pour voir notre compatibilité, point de vue caractère, histoire d'être sûrs que des conflits n'allaient pas éclater dans l'espace, mais là, à farfouiller, j'en ai découvert encore un peu plus sur chacun d'eux. Tony est fan de romans policiers, Tasha aime la pop de merde russe, Buck est fan de comics... et une partie de moi se dit que je leur parlerai de tout ça une fois que je les reverrai. Oui, quand je les reverrai, et pas si. Je m'interdis de voir le pire. Hors de question. Quand la science rencontre le rock'n'roll, c'est moi, et je vais me sortir de là. Je sais pas encore comment, mais je vais me sortir de là.

Bref, type de la NASA, je m'égare. Je disais donc que je cherchais un peu ce que Clint avait dans sa playlist, et j'ai bien accroché à un groupe assez bizarre dans le concept : Apocalyptica. Des chevelus qui jouaient du violoncelle. Et une de leurs chansons s'appelle "Path". Dans ma tête d'astronaute, je pense tout de suite à "Pathfinder", du genre "Héhé ça sonne comme la sonde qu'on a envoyée sur Mars". Et tadaaa. "Sur Mars? Mais merde, je suis sur Mars moi aussi! Et cette sonde, elle devait bien aller communiquer avec la Terre? Alors peut être que... oui! Peut-être qu'elle va me servir de modem/portable géant, encore plus gros que les premiers Motorola.

Et depuis cinq jours je me lance dans les calculs et les préparatifs. Parce que bon, hors de question de prendre juste un sac à dos, ou de glisser une ou deux barres protéinées dans les poches de ma combinaison, avec une petite bouteille d'eau. Là, la sonde se situe quand même à des centaines de kilomètres. Alors je cogite, je réfléchis, je liste ce qu'il me faut, ce que je dois emmener, ce que je dois bidouiller sur le Rover pour que ça fonctionne. Et en même temps ça servira de test pour atteindre le cratère Schiaparelli dans... longtemps. Et je me mets au boulot.

Jour 19

Cher type de la NASA, je vais aller faire un peu de camping. Rassure-toi, je vais te ramener un petit souvenir. Une belle sonde dans la remorque.

Ca a pas été facile de prévoir tout ça. J'ai dû sacrifier un Rover. Alors oui, j'entends déjà les critiques d'ici, "Ca coute des millions, c'est l'argent du contribuable etc" mais tous ces discours, vous pouvez vous les mettre au cul. Je tente de survivre, et je fais faire ce qu'il faut pour. Même si ça implique virer des batteries, arracher des trucs, et bouger des panneaux solaires. J'ai rassemblé des provisions, de l'eau pour plusieurs jours, des panneaux solaires pour pouvoir recharger tout ça... et aussi un morceau de plutonium histoire de tenir mes fesses au chaud. Ouais le chauffage du Rover, c'est trop mainstream et pas assez rock'n'roll. Je suis un dingue moi, je me chauffe au plutonium. Before it was cool, dans vos dents les hipsters. Je fous le tout dans le Rover, et file faire un tendre baiser à mes petites patates avant de fermer le sas. Quand je reviendrai ,il sera l'heure de la récolte.


Evidemment, tout ceci est de la pure science, et je ne vais pas dire que c'était pour mon plaisir personnel...

Je me marre, avant de porter le verre à mes lèvres, et cracher majestueusement la petite gorgée dans le gobelet, grimaçant et toussant à moitié. C'est tout bonnement immonde, et d'un grand cru on est passés à du vinaigre. Et encore, du mauvais vinaigre. Je repose sagement le verre comme s'il contenait la peste et le pousse doucement.

Ok alors j'ai dû rater une étape, ou alors les grecs étaient foutrement plus doués que moi. Désolé... moi qui voulais être romantique... Et puis, il vaut mieux que Tony ne soit pas là non? Tu le connais, il a le don pour casser l'ambiance...

Heureusement il a pas l'air de me tenir rigueur du foirage monumental du vin. Au contraire, il propose qu'on passe à la suite et qu'on attaque le dessert.

Ah mais j'espère bien que tu vas savourer ce délice culinaire! J'ai pris des cours de cuisine pendant des mois pour arriver à produire une merveille pareille!

Je ris doucement, attrapant la moitié qu'il me tend, et caressant ses doigts au passage, avant de la porter à ma bouche. De chocolat ça en a la couleur, et à peine un soupçon de goût. Mais bon, on s'en contentera. Rah qu'est-ce que je donnerais pas pour avoir une vraie cuisine et pouvoir faire les fabuleux fondants au chocolat de ma mère, ceux qui ont le coeur qui coule quand on donne un coup de cuillère. Je connais pas un mec qui est capable de me résister une fois qu'il y a goûté. Même si là c'est lui que j'aurais envie de goûter. Merde Steve, reste romantique c'est votre premier rencard! Hum.

Je ris de nouveau quand il me demande pourquoi c'est lui que j'ai choisi, pourquoi il me plait. J'ai un petit sourire avant d'hésiter, et je pose ma main sur la sienne.

Je ne peux pas nier que tes pulls ajoutent un gros gros plus à ton charme. On a envie de te prendre dans les bras et de se blottir contre le tissu tout doux. Sauf que je ne suis pas le genre fétichiste de la peluche. Les pulls c'est juste de la valeur ajoutée. C'est ce qu'il y a SOUS la peluche qui m'intéresse. T'es sympa. Drôle. On a les mêmes délires. Tu es très loin d'être bête, et pour couronner le tout tu es diablement joli garçon... Une combinaison plus qu'intéressante... Donc voilà... voilà pourquoi c'est avec toi que je partage mon vin de l'espace dégueulasse, cuvée Arès III...

Je laisse planer le silence quelques secondes avant de renchérir.

Et... tant qu'on en est à aborder les sujets privés... si tu me disais ce que tu fous là. Je veux dire, un médecin, dans l'espace? T'as toujours rêvé d'être astronaute? Ou tu as vu de la lumière et t'es entré?

© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Lun 26 Oct - 12:33

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Journal de bord : Jour 358

Les plants de Steve ont arrêtés de pousser. Pourquoi ? Aucune putain d'idée, je suis médecin moi, pas botaniste. J'ai une vague connaissance des plantes, mais rien de plus. Je sais juste que quand ça pousse c'est bien et quand c'est plus le cas, faut se poser quelques questions. Alors pour tenter de comprendre, j'ai mis le nez dans ses notes. Et putain Rogers… C'est le bordel là-dedans. Je te jure, tu serais là, je t'apprendrais à organiser ça espèce de hippie de l'espace. Bref, après avoir mis le nez dans ses notes et ses estimations, j'ai découvert que c'était pas la fin de leur cycle de croissance, loin de là. Steve avait prévu qu'elles poussent d'encore un bon centimètre et demie et là… On en est loin. Très loin. Sans compter que j'ai l'impression que certaines ne supportent plus tant que ça le voyage. Est-ce que je suis en train de dire que ses plantes crèvent de son absence. Ouais. Je crois sincèrement qu'elles étaient en symbiose avec lui. Faudra qu'en rentrant je regarde des études sur le possible attachement affectif des végétaux.

*

Un frisson court sur ma peau alors que sa main vient se poser sur la mienne. Dis-donc… C'est qu'en plus de me faire du rentre-dedans alors que je l'ausculte, il me sort le grand jeu pour ce premier rencard. Entre la table, le dessert et là ces doigts qui viennent chercher les miens. Je pourrais trouver ça précipité ou quoi… Mais non… Parce que ça me plait. Terriblement même. Et si l'envie d'entrelacer nos doigts m'effleure l'esprit, je me contente pour l'instant de lui laisser ma main, appréciant simplement ce contact. Quand j'aurais sa réponse… Je verrais. Un sourire délicieux se dessine sur mes lèvres alors que je croque une fois de plus dans la barre protéinées qui n'est au chocolat que parce l'emballage le dit. Pour le goût… J'ai mangé mieux. Vraiment mieux. Mon regard se perd dans le sien alors qu'il m'explique que ce n'est pas temps mes pulls qui l'attirent, mais plus ce qui se cache en dessous. Le médecin intelligent et diablement séduisant. Mais c'est qu'il veut me faire rougir…. Ou alors espère-t-il que je tombe dans ses bras au premier rencard ? Peut-être. Je me mordille doucement la lèvres avant de perdre mon sourire quand il me demande ce que je fous ici. Un léger rire m'échappe alors que je repose le restant de la barre dans mon assiette, me penchant un peu plus vers lui.

"On m'a dit qu'il y avait de la place et que si je voulais fuir la Terre, j'avais qu'à grimper dans la navette…"

Je ris doucement avant de reprendre.

"Non c'est plus compliqué que ça… Enfin… Ça l'est pas tant que ça. Disons que j'ai fais une des meilleures fac du pays et que j'ai eu mon diplôme de médecine avec les félicitations… Et disons que ma thèse de fin d'année portait justement sur les avantages et désavantage que l'apesanteur et l'absence de gravité terrestre avaient sur le corps humain… J'ai publié mon papier et des mecs à la NASA ont lus ça et m'ont contactés pour me dire qu'ils trouvaient mon papier hyper intéressant et qu'ils adoraient en discuter avec moi… Tu vois, pour les prochaines missions à long termes comme celle qu'on fait… Et c'est au cours de l'entretien qu'ils m'ont carrément proposés de faire partir de l'une des équipes. Histoire que je puisse faire mes études et analyses sur le terrain et pourquoi pas… D'appliquer mes théories sur le sol martien… Sans compter que bon… Avoir un médecin dans l'équipage c'est une bonne chose, non ?"

Parce que je suis là si jamais ça va pas, si jamais ils tombent malades… Si c'est le commandant qui doit faire attention à nous et vérifier qu'on rentre bien tous en vie, c'est mon rôle de veiller à ce qu'ils aillent bien. Comme je l'avais dis au mec de la NASA après notre isolement de quinze jours… Je suis un médecin de l'âme. Parce que si l'âme va bien, le corps ne peut que bien se porter. C'est pour ça qu'en plus des recherches purement médicales, je prépare aussi un papier sur l'impact physique que le mental peut avoir sur un astronaute en situation d'isolement avec quelques camarades.

"Et puis bon, je suis aussi là parce que quand on m'a dit que j'irais sur Mars, je me suis dis que ça aurait été con de ne pas aller faire quelques anges dans la poussière rouge…"

Sans m'en rendre compte, nos doigts se sont mêlés et je trouve ça presque normal. Normal au point que j'accepterais volontiers de le laisser se glisser sous mon pull, histoire qu'on puisse profiter d'un bon câlin bien doux.

"Et toi… Pourquoi être entré dans l'équipage ? Pour prouver à tout le monde que t'es capable de faire pousser des fougères sur Mars ? Ou c'est pour mes pulls que tu m'as suivis ?"

*

"Buck ? Je peux te déranger ?"

Je me retourne et repose ma tasse en croisant le regard de Natasha. Étrange qu'elle vienne me voir pendant mes quartiers libres. J'hausse un sourcil quand je la vois croiser ses bras sur sa poitrine. J'ai un léger soupir avant de lui faire signe de me rejoindre.

"Allez viens… J'en connais une qui a besoin d'un câlin bien fluffy."

Comme une gamine elle vient se glisser dans mes bras et pose sa tête sur mon épaule. Je lui caresse doucement le dos et la garde tout contre moi. C'est aussi mon rôle de faire ça, même si Carter nous dit que ça ne doit pas devenir plus. Mais avec Natasha… Je sais que ça ne pourrait jamais être plus… C'est comme si j'étais avec ma soeur. Je la sens se détendre dans mes bras. Je la garde tout contre moi sans rien dire avant de murmurer avec la plus grande douceur.

"Qu'est-ce qui se passe ?
- Steve me manque."

Comme à nous tous. Je ferme les yeux et la serre une peu plus contre moi.
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 22 Nov - 9:33
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Journal d'un rescapé - jour 30

Chers types de la Nasa, me voilà de retour. Eh oui, je suis revenu de mon petit séjour. Que voulez-vous, si déjà je suis coincé ici pendant encore quasiment quatre ans, il faut bien que je m'occupe, et si cette planète va devenir ma planète, autant connaître les lieux. Une petite visite du propriétaire en somme. Parce que ouais, si on y réfléchit bien, je suis le premier partout. Le premier à emprunter tel chemin, tel passage. Le premier être humain que voit chaque caillou. Bonjour à toi caillou martien. Incline-toi devant ton nouvel empereur. Enfin, autant que possible pour un caillou. Partout où je pose le pied, je suis le premier. C'est comme un gigantesque dépucelage, quand on y réfléchit. Et moi je suis le Grand Dépucelateur. Merde Steve ferme-là, tu commences à sonner comme du porno. Surtout que là, le seul avec qui j'ai envie de faire des choses pas catholiques est un fort beau médecin au cul d'enfer qui me manque à en crever. Mon Buck. Son sourire timide et ses pulls moelleux. Son odeur. Ma main dans ses cheveux soyeux... Putain. Bref. Bientôt je te retrouverai, et je te jure que je te roulerai la galoche de ta vie devant toutes les caméras du monde, code d'honneur ou pas, choc ou pas. Je t'aime et je te veux.

Enfin, me voilà de retour. J'ai donc passé ces dernières semaines à sillonner les routes poussiéreuses et silencieuses sur fond de techno russe et autre musique de merde pompées sur les clefs USB de tout le monde. Le seul qui ait de la musique potable, c'est Clint, avec du rock sympa, et je découvre pas mal de bons groupes inconnus et... moi. Ouais. Les autres, il va salement falloir refaire leur éducation musicale. Parce que là ça craint. On frôle même le crime auditif contre l'humanité. Au moins. Et je me déteste quand je me surprends à fredonner des morceaux de Tatu. Mais bon, au bout de longues heures à rouler au milieu de nulle part, et grâce à mes talents de navigateur hors pair, j'ai trouvé la sonde. A moitié enterrée, mais qui a l'air en relativement bon état. Je l'ai chargée sur Rover n2 qui me sert de remorque, et c'est parti pour ET retour maison. Avec bien sûr pauses touristiques pour prendre des photos martiennes, mais malheureusement j'ai pas pu dormir à la belle étoile ou faire griller des chamallows sur un feu de bois avec une petite pique. Déjà parce qu'il y a pas d'atmosphère, et que le feu a besoin d'oxygène. Aussi parce que j'ai pas de marshamallows sur Mars et enfin parce que si je sors un doigt de ma combinaison je vais tout simplement le perdre parce qu'il fait un putain de froid qui en comparaison fait passer le froid polaire pour une chaleur tropicale.

La première chose que j'ai faite en rentrant, ça a été de voir mes patates. Qui ont merveilleusement bien poussé. Bientôt je pourrai récolter mes petits tubercules et adieu famine! Merveilleux! Deuxième chose, une douche. Parce que rouler et vivre dans le Rover c'est une chose, mais ils l'ont pas conçu pour être un camping car spatial donc ils ont pas vraiment pensé à mettre des douches. Et bon sang ça fait du bien! J'enfile une autre combinaison, et je sors me mettre au boulot. Et me voilà en train de jouer le McGyver en plein air, qui au lieu de faire des bombes avec du chewing gum, s'amuse à bricoler des sondes spatiales sous le soleil de Mars. Sympa. Et par chance chère Nasa, les outils que vous nous avez filé marchent foutrement bien. Parce qu'après un petit nettoyage des miroirs et quelques bidouillages, le machin se rallume. Bien sûr se rallumer veut pas dire ''Arriver à dire à tous les terriens que je suis pire qu'une blatte et que j'ai survécu" mais c'est déjà un bon début. Alors quand j'ai vu la caméra tourner sur son socle, j'ai pris trois ardoises et j'ai marqué.

''Salut la Terre, vous me recevez?"

Et j'ai posé les deux ardoises de chaque côté avec "Oui" et "Non" marqué dessus. Et j'ai attendu, le coeur battant, et les tripes nouées. Parce que ça allait peut-être être mon seul moyen de communiquer. Mon seul moyen de pas être tout seul. Et quand, au bout de plusieurs minutes, la caméra a pivoté sur "Oui'', j'ai éclaté en larmes, comme un gamin. Maintenant je suis plus seul.



Evidemment, tout ceci est de la pure science, et je ne vais pas dire que c'était pour mon plaisir personnel...

Il est sacrément beau ce con, et il l'est encore plus maintenant qu'on est tous les deux sous l'éclairage tamisé. Plus intime. Surtout quand il sourit gentiment, amusé par l'échec cuisant du vin en poudre qui était censé lui en mettre plein la vue. C'est déjà ça, il me hurle pas dessus en me disant que je suis complètement ridicule et qu'il veut plus rien avoir à faire avec moi. Eh, et puis comme dit le proverbe, homme qui rit, à moitié dans ton lit. Enfin ça c'est dans mes rêves les plus fous. Parce que je sens bien que le bon docteur a un sens moral grand comme un satellite et qu'on devra certainement attendre notre retour sur terre pour croquer la pomme. Mais qu'importe... Ca va être dur mais... si à part ça... on... on est "ensemble", pour autant qu'on puisse être "ensemble" dans une base spatiale en mission pour Mars, ça pourrait bien se passer.

Il me demande ensuite pourquoi je m'intéresse à lui et je croise doucement ses doigts avec les miens pendant que je lui réponds. Oh oui Buck tu m'as tapé dans l'oeil à la seconde où tu es entré dans la salle de réunion, la première fois qu'on s'est tous rencontrés. Et les semaines, les mois d'entraînement qui ont suivi ont fait que confirmer cette première impression. Jusqu'à en arriver là, lui tenir la main et avoir le premier rencard spatial de l'histoire. Merde c'est vrai ça. Le premier rencard spatial! C'est juste génial! Je suis pendu à ses lèvres alors que je l'écoute me raconter son parcours, et je ris doucement quand il me parle de faire des anges dans la poussière rouge.

Hmmm et si on trouve un coin sympa on pourrait même faire de la luge sur le sable martien! Et pourquoi pas une bataille de cailloux martiens? Je vois déjà des heures d'amusement de dingue se dessiner à l'horizon...

Je lui souris, des papillons dans le ventre comme quand je commençais à m'intéresser aux garçons, et caresse doucement sa main de mon pouce.

Eh bien je me suis engagé dans le programme avant même de savoir qui d'autre serait dans l'équipe. Après, j'avoue que quand je t'ai vu arriver avec tes pulls je me suis dit que le voyage sera d'autant plus agréable. Non, plus sérieusement, je suis un botaniste. Et c'est vrai que la perspective de pouvoir faire des expériences dans des conditions... on va dire... extrêmes ou... hors du commun me semblaient bien sympa. Voir si l'espace pouvait nous réserver de nouvelles perspectives. Des moyens de résoudre le problème de faim dans le monde, tout ça... Un foutu idéaliste hippie, dans l'idée, mais j'assume...Et puis bon, entre nous, c'est aussi pour les rations dégueulasses et pour le fait de pouvoir voler en apesanteur. C'est quand on m'a vendu ça que j'ai signé.

Je ris doucement, baissant les yeux une seconde avant de plonger à nouveau mon regard dans le sien, le coeur battant plus vite.

On t'a déjà dit que t'avais des yeux magnifiques? C'est... on a envie de se noyer dedans... Ok c'est très niais mais...mais c'est vrai...

Je me mords doucement la lèvre alors que je serre un peu plus ses doigts dans les miens.

© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Dim 29 Nov - 23:26

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Journal de bord : Jour 359

Vous vous souvenez de cette histoire de plante qui poussent plus et même qui commencent à dépérir ? Ouais. Bon, en sage astronaute que je suis, je me suis permis de faire part de ça à la NASA, et vous voulez rire ? Ils m'ont dit que c'était de ma faute. Que j'avais mal respecté les protocoles de Steve et que j'avais foiré une expérience qui aurait pu être hyper profitable pour eux. Ce à quoi je me suis permis de répondre, certes bien poliment, qu'ils pouvaient aussi s'assoir un cactus. Non mais. Tout de suite. Je reprends une expérience qui n'est pas la mienne, et juste parce que je ne suis pas botaniste mais médecin, voilà que si ça merde, c'est de ma faute. Non mais sérieusement ? Ils peuvent pas aussi prendre en compte que ça aurait aussi pu foirer, même si Rogers était encore parmi nous ? Non ? Enfin, je dis ça, mais je pense que si Steve était encore là… Les plantes iraient mieux. Et quand j'en ai parlé aux autres… On m'a dit que c'est parce qu'elles devaient se languir des mots d'amour que Steve pouvait leur susurrer. Je dois avouer que sur le moment, je n'ai pas pu m'empêcher de trouver ça ridicule. Et quand je me suis retrouvé avec elles… J'ai essayé. Jusqu'à m'énerver en disant que je ne pouvais faire ça, que je n'avais pas les mots pour pour séduire les plantes.

*

Je ne peux retenir un rire quand il répond à mon envie de faire des anges dans la poussière, par une envie de faire de la luge et une bataille de cailloux martiens.  Il est pas possible, sérieux….

"Oh imagine la tête de Carter si au lieu de récupérer des échantillons, on s'amuse à se jeter des pierres et de la poussière… Je pense que sans hésiter, elle nous abandonne sur place."

J'ai un léger rire avant de me perdre à nouveau dans ses yeux bleus si délicieux à contempler. Je crois que ce c'est bien la première chose que je me suis dis quand je l'ai vu ce jour-là, pour la première fois. Que pour un botaniste, il était le genre que j'aurais aimé mettre dans mon lit… Sauf qu'étant un de mes coéquipiers pour une mission de bien trois ans, j'allais devoir attendre notre retour sur Terre pour tenter quoi que ce soit. Et pourtant, voilà que je me retrouve face à lui, sous la lumière tamisé de la salle commune, autour d'un repas de fortune de l'espace pour un rencard au milieu des étoiles. Sérieux, je pense que quand je raconterais ça à quelqu'un, personne ne va me croire. Ou alors on va m'envier d'avoir une si grande imagination. Et pourtant… Voilà que je suis là, à l'écouter me raconter comment il s'est retrouvé sur cette mission, son pouce caressant doucement le dos de ma main. J'ai un léger sourire en l'écoutant, ne pouvant retenir un sourire quand il m'avoue que me voir avec mes pulls a été une motivation de plus. Je baisse légèrement les yeux avant de revenir croiser son regard. C'est vrai qu'avant de partir, je m'étais moi-même dit que partir dans l'espace avec un type comme lui, ça allait être un putain de délice pour les yeux. Mais je m'interdisais qu'il puisse se passer quoi que ce soit. On partait pour Mars non pas pour copuler joyeusement dans la station qui a coûté un bon milliard à la NASA mais pour une mission d'exploration. Alors bon… Allez expliquer à votre contrôleur de mission qu'au lieu de relever des données et autre, vous êtes en train de faire la bête à deux dos avec le charmant botaniste. Non. J'aurais eu des soucis. Alors quand j'ai passé le test d'évaluation psychologique… Je me suis contenté de dire que j'étais un mec bien hétéro qui aurait aucun soucis à ne pas sauter sur la petite russe parce que bon, j'avais été bien élevé par mes parents et que j'étais un être humain tout ce qu'il y a de respectable. Ouais. C'est ce que j'ai dis. Et c'est pour ça que là, je me retrouve à écouter Steve, ne pouvant empêcher une partie de mon esprit fantasmer sur ses lèvres que j'ai envie d'embrasser puis de sentir sur ma peau… Ou sur ses mains que j'aimerais savoir sous mon pull… Arrête Buck. Ça arrivera jamais… Même si l'idée de sexe en apesanteur est tentante…. Ça arrivera jamais. Parce que Carter te tuera avant même que ça n'arrive. Alors non. Tu oublies ça et vite. Je ris doucement à la fin, lui offrant un sourire plus sincère.

"Ouais je me doute, qui ne rêve pas de vivre dans les étoiles et de bouffer des plats qui ressemblent vaguement à du carton en poudre…"

Un léger silence se pose entre nous et je ne peux retenir un sourire quand en l'espace d'une seconde, il baisse les yeux, puis revient chercher mon regard, ses doigts se resserrant doucement autour des miens. Mon coeur s'affole doucement alors que je me dis que c'est le moment où… Il va tenter de sauter le pas. Et ça m'angoisse un peu. Parce que j'ai envie. J'ai envie d'un baiser, ne serait-ce qu'un… Mais j'ai peur. Peur qu'on se fasse attraper, peur que ça se sache… Peur que ce ne soit pas aussi bien que je l'espérais. Je retiens mon souffle avant de rire quand il commence à me dire que j'ai des yeux magnifiques… Des yeux dans lesquels il a envie de se perdre. Je tente de me calmer, essayant de lui ronronner d'une voix suave.

"Très niais mais étrangement, j'apprécie… Et tu sais… Si tu as tant envie que ça de m'embrasser… Fais-le, idiot."
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Mar 22 Déc - 17:01
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Journal d'un rescapé - jour 45

Allez allez allez... cher type de la NASA, si tu as eu une enfance un tant soit peu normale, tu dois sûrement te souvenir du moment d'angoisse quand tu lançais une pokéball sur ton pokémon super-rare-de-la-mort-et-qui-ferait-mourir-tous-tes-potes-de-jalousie-si-tu-le-chopais et que tu comptais, le souffle suspendu, les trois mouvements rituels qui indiquaient que ta capture avait réussie. Ou l'écran de lancement de ta vieille console qui montrait qu'elle daignait démarrer et t'offrir quelques heures de jeu jusqu'au dîner ou au couvre feu. Eh bien ça, type de la NASA, je l'ai revécu alors que j'avais ramené Pathfinder jusqu'à la base. Bon, déjà, le voyage était loin d'être transcendant. Alors oui au début c'est magnifique, ces tons rouges, ces paysages désertiques... mais au bout d'un moment on se lasse. Et tous les cailloux finissent par se ressembler. Pourtant j'ai essayé de les connaître un à un, de ne pas les juger sur leur physique et d'essayer de voir en eux la beauté intérieure... Avant de dire merde. De toute façon je cherche pas une relation sérieuse, j'ai déjà mon Bucky et je compte bien le retrouver et lui rouler la galoche de sa vie. Avant de lui demander d'emménager avec moi.

Et enfin la lumière de Pathfinder s'allume! Putain de bordel de merde elle s'allume! Bon je suis pas encore sûr que ça marche, et encore moins qu'ils captent ça sur Terre mais... mais il marche! Allez. Allez je peux même fabriquer une bougie avec mes propres cheveux pour faire la mèche s'il le faut, et prier devant. Mais je dois pouvoir contacter les miens. Les autres humains. Même s'ils peuvent rien faire pour moi avant la prochaine expédition mais au moins... pour plus être seul. Pour plus rompre cette foutue solitude qui me rend dingue petit à petit. Alors, d'après mes calculs, il en auront pour sept minutes à recevoir le message, et sept avant de le réceptionner. Donc un quart d'heure. Je suis en train de réfléchir quand la tête d'exploration se met à bouger toute seule, et je fais un grand sourire crétin, les pouces levés, quand elle prend une photo. Parce que ça va faire le tour du monde.

Une fois mon portrait tiré, je rentre dans la base et bricole trois panneaux. Un pour oui, un pour non, et un troisième où je marquerai la question. Je suis super nerveux quand je ressors, et je sens ma gorge qui se noue quand je vois que la tête d'exploration, équipée d'une caméra, a bougé encore. On dirait que ça marche. Que ça marche vraiment. Bordel. J'inscris rapidement ''Je vais bien, je me débrouille. Vous me recevez?" Et j'attends. J'attends la gorge serrée, impatient, tellement impatient. Si ça marche je pourrai communiquer. Si ça marche je pourrai à nouveau avoir un lien avec la maison... J'ai le coeur qui tambourine dans ma poitrine quand au bout de minutes qui durent des siècles je vois enfin la caméra qui pivote et reste sagement sur ''Oui''. Oh bon sang. Bon sang ça y est! Je me mets à pleurer comme un gamin en allant chercher un alphabet ascii dans les affaires de Tasha. Je vais pouvoir leur parler. Ils vont tous savoir que je suis vivant. Et Bucky aussi. Surtout Bucky...

Et dans les heures qui suivent je me lance dans une grande conversation décalée avec la NASA. Et la Terre.


Je suis pendu à ses lèvres alors qu'il me raconte pourquoi il est devenu médecin et j'avoue que je rate une phrase ou deux, perdu dans ses yeux bleus. Buck t'imagines pas l'effet que tu me fais, et t'imagines pas non plus à quel point tu es sacrément joli garçon... Et tes lèvres... n'en parlons pas...

Ah mais j'ai postulé pour ça. Dans la case ''Motivation et intérêts'' j'ai écrit ''La nourriture deshydratée, l'apesanteur et les toilettes chimiques... Forcément j'ai eu le poste avec des arguments comme ça...

Je ris doucement avant de garder mon regard dans le sien, et c'est la même chose pour lui. Le regard qui veut dire ''va-y'', le regard qui veut dire ''fais-le". Je tâte le terrain en lançant le compliment et j'attends, anxieux. Parce que c'est le moment de vérité. Soit il en a envie aussi, et il me le dire, soit il m'enverra paître et je vais être salement déçu... Même si j'y survivrai. Ca sera dur de le revoir après ça, après son refus... mais c'est un risque à prendre. Sauf que j'en reviens pas quand il me dit d'y aller. La vache il est medium? Ou c'est moi qui suis si peu discret? N'empêche, j'aurais pas aimé une autre réponse...

Alors je vais être un idiot jusqu'au bout...

Ma main libre agrippe son pull moelleux et je l'attire à moi par-dessus notre repas quatre étoiles. Je croise une dernière fois son regard avant de poser mes lèvres sur les siennes. Doucement. La vache, il sent bon et ses lèvres sont douces... Comment il arrive à faire ça? Moi je ressemble toujours à Robinson Crusoé avec ma barbe de quelques jours... Et après quelques secondes de caresses plutôt sages on s'enflamme un peu et je glisse lentement ma langue entre ses lèvres. Mon souffle s'accélère quand notre baiser se fait plus fiévreux. Putain depuis combien de temps j'attends ça. Des semaines... et là enfin... ça y est. Et il embrasse comme un dieu ce con en plus. J'imagine qu'il doit être un dieu au pieu. Le genre timide au début, qui une fois mis à l'aise te fait grimper au septième ciel. Seigneur j'aimerais me le faire sur cette table...

Mais un bruit de couchette qui s'ouvre me fait sursauter et je me recule, essuyant mes lèvres de l'index alors que je vois Tony nous rejoindre en titubant, se frottant les yeux.

Encore debout les mecs? Vous foutiez quoi? Vous aviez un rencard hein? Vous roucouliez en douce!

J'échange un regard avec Buck, qui a l'air perdu.

Eh bien non. J'étais juste en train de dire à Buck que ses cheveux sont super doux et qu'il pourrait faire une pub pour les shampooings.
Tu te fous de moi.
Mais non regarde. Touche.


Je prends la main de Tony et la glisse dans les cheveux de Buck tout en échangeant un regard avec lui.

La vache il a raison, t'as les cheveux super doux Buck, comment tu fais?

Sauvés.

© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Ven 1 Jan - 23:46

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Journal de bord : Jour 360



Je suis face à l'écran et je n'arrive à rien dire, rien écrire. J'arrive pas à entrouvrir les lèvres, ni même à regarder la caméra qui film un long silence de ma part. Tout ce que j'observe c'est la tasse dans laquelle il y avait un peu de café déshydraté. Dis quelque chose Barnes. N'importe quoi. Parle de quelque chose, des plantes de Steve ou du fait que t'as dû recoudre Tony qui s'est blessé en s'occupant des maintenances de la station… Franchement, n'importe quoi… Mais reste pas là… À rien dire. Je pousse un soupir et lève les yeux vers la caméra, forçant un sourire. Mais je ne peux pas. C'est impossible. J'en peux plus. Il me manque trop. J'arrive pas  vivre sans lui. J'arrive pas à me faire à l'idée que je ne l'entendrais plus me chuchoter des niaiseries à l'oreille avant de venir me voler un baiser, que je ne croiserais plus son regard de sale gosse ou quoi… C'est juste… Putain d'impossible. Et le pire dans tout ça… C'est que je m'en veux de ne pas avoir été capable, de ne pas avoir eu le courage de lui dire que je l'aimais. Je déglutis difficilement avant de prendre une grande inspiration, éteignant simplement mon ordinateur. Je me laisse retomber dans mon siège, regardant le pseudo-plafond de mes quartiers.

"Tu me manques espèce de grand crétin de botaniste…"


Je murmure cela doucement avant de porter les mains à mon visage, essayant de faire taire les sanglots silencieux qui secouent déjà mes épaules.

*

"Eh les gars… Ramenez vos fesses… On a un message collectif."

Clint et moi levons le nez de notre jeu de carte et lentement, nous nous approchons du panneau central de communications où Tasha, Carter et Tony nous attendent déjà. Je m'adosse au mur du fond alors qu'autant impatients, qu'inquiets nous regardons l'écran charger.

"A votre avis c'est quoi ?
- Un bon gros porno allemand.
- Barton, couché.
- Ou alors c'est un message pour nous annoncer que ça y est, le dernier Games Of Thrones est publié ?
- On est pas dans l'espace depuis suffisamment longtemps pour que ce soit le cas.
- Ou alors… Ils vont nous spoiler Star Wars.
- Messieurs, Romanoff… Un mot de plus et je me débrouille pour vous spoiler Star Wars."

Je note le léger sourire que le commandant a au coin des lèvres et comme les autres, je ris quelque peu. Puis lentement, l'image apparait, nous dévoilant notre contrôleur de mission, un certain Fury. Et la vache… Lui qui semblait imposant dans mes souvenirs, me donne là l'impression d'être un homme fatigué et qui a abusé sur le café. J'échange un regard anxieux avec le reste de l'équipage, sentant déjà que ce n'est pas une bonne chose. Normalement… On ne devrait pas avoir un briefing de lui avant un petit moment… Je pince les lèvres alors qu'il se décide enfin à nous expliquer ce qui se passe.

"Équipage, Commandant… Je me doute que vous avez eu des moments difficiles, surtout depuis la perte de votre compagnon, et sachez que notre soutien ici sur Terre, ne faiblit pas. Nous sommes de tout coeur avec vous et nous espérons simplement que vous rentrerez sur Terre le plus rapidement possible et ce sans le moindre pépin…"


Tony a un début de rire.

"Wow si ça c'est pas l'introduction qui annonce le "mais vous êtes grave dans la merde et vous allez mourir…", je ne sais pas ce que c'est."


Barton lui file un coup de coude alors qu'un frisson d'appréhension glisse le long de mon échine. Je n'arrive pas à penser le contraire. Je sens déjà le "mais" tinter à mes oreilles. Je croise les bras sur ma poitrine avant de baisser les yeux.

"… Heureusement les données sont excellentes et nous prévoyons que vous serez à l'heure pour profiter de la plage et du soleil."

Fury pousse un soupir, et nous peinons à sourire. Parce que nous savons qu'une fois sur Terre… On n'arrêtera pas de penser à Steve. L'idée me laisse un goût amer sur la langue.

"Bien, maintenant que j'en ai terminé avec les banalités… Venons-en au fait."

Pardon ? Je fronce les sourcils au même titre que les autres.

"Ce que je vais vous dire est normalement classé tellement top-secret que même le président n'est pas au courant. Mais comme cela vous concerne, je ne pouvais me résoudre à ce que vous le dissimule plus longtemps… Après tout… Vous êtes équipage et ses amis… Vous méritez donc de savoir que Steve Rogers est en vie."

J'en perds le souffle alors qu'une flopée de jurons murmurés échappent au reste de l'équipage.

*

Je l'ai sur le bout des lèvres, le "vas-y". Je n'ai qu'un sourire et pourtant, je rêve qu'il vienne simplement m'embrasser, qu'on pousse d'une main ce qu'il y'a sur la table et qu'on fasse ce dont nous avons envie tout les deux. Je vois son sourire et je ne peux retenir un frisson de contentement quand il entrouvre les lèvres, ne confirmant simplement qu'il est un idiot. Je souris un peu plus et alors que sa main se tend vers mon pull qu'il attrape, je me penche déjà vers lui, m'en foutant si je pousse mon verre de vin en poudre ou mon assiette de barres protéines. Tout ce que je vois ce sont ses yeux dans lesquels j'ai envie de me perdre ou ses lèvres que j'ai envie de sentir contre les miennes. Mon souffle effleure doucement ses lèvres et je ne peux retenir un sourire presque idiot en croisant une dernière fois son regard. Allez. Fais-le. Sinon c'est moi qui franchis cette distance ridicule qui nous sépare encore. J'entrouvre doucement les lèvres et au moment où je m'apprête à tenter ma chance, voilà qu'il se décide enfin à m'embrasser. Tout es doux, lent et étrangement, ça me plait. De sentir ses lèvres caresser les miennes, de sentir sur le bout de mes doigts sa barbe mal rasée… Pendant quelques secondes, nous restons étrangement sage, nos lèvres s'effleurent, se cherchent un peu… Puis tout devient plus envieux. Autant de son côté que du mien. Sa langue vient chercher la mienne entre mes lèvres, nos souffles s'accélèrent et ma main qui était si sagement posée sur sa joue, vient se perdre dans sa nuque. Putain… J'en avais tant envie. Depuis des semaines au moins, je n'arrêtais pas de me dire le soir dans ma couchette en attendant le sommeil que ce crétin était pas désagréable à regarder et que bon… Vu qu'il était celui qui me faisait du rentre-dedans… Depuis des semaines je m'interdisais d'y penser, même de concevoir l'idée d'un rendez-vous entre nous… Et là, ce soir, je suis là, à échanger un long baiser avec lui, rêvant déjà de sentir ses mains se glisser sous mon pull, ou ses dent sur mon cou alors qu'il m'allongerait sur la table… La vache… D'un coup, j'ai juste envie de me le faire sur cette table. Je suis là, à lui rendre son baiser avec une putain d'envie, et je peine presque à concevoir à quel point j'avais envie de tout ça… De lui… Mes doigts se glissent dans ses cheveux et je me recule vivement au moment-même où j'entends un bruit de porte au loin. Je passe rapidement ma langue sur mes lèvres et baisse les yeux, observant du coin de l'oeil Tony, qui la joue encore marquée par la trace de l'oreiller nous demande si nous sommes encore debout juste pour pouvoir roucouler en douce.

Et merde.

Je glisse un regard à Steve, cherchant dans ses prunelles une putain d'excuse. Ça devrait être simple, on ne devrait pas chercher pendant trois quart d'heures. Non nous n'avions pas un rencard super secret, mais je ne sais pas, une… Une envie de se manger un petit bout parce qu'on ne trouvait pas le sommeil, bref n'importe quoi… Et pourtant rien ne s'échappe d'entre mes lèvres. Heureusement Steve nous sauve et invente une excuse qui me donne presque envie de lever les yeux au ciel. Mes… Cheveux… Sérieux ? Je croise son regard et commence à l'insulter silencieusement tandis qu'il attrape la main de Tony, le forçant ainsi à glisser ses doigts dans ma chevelure.

"Eh !"

Je tente de lui échapper en vain, le laissant apprécier ma tignasse brune. Et au moment où je m'apprête à râler, expliquant que je ne suis pas un chien dont on apprécie le pelage, voilà que Tony me fout sur le cul. Je lève les yeux vers lui, n'y croyant pas alors qu'il ajoute son autre main, continuant de me caresser les cheveux.

"Non mais sérieux Buck… C'est dingue… C'est tellement doux… Gosh… Eh, tu veux pas me servir de nouvel ours en peluche sérieux ? Genre tu viens dans ma couchette, et je profite autant de ton pelage soyeux que de tes pulls doux et moelleux…"

D'un geste amusé et légèrement agacé je repousse ses mains, essayant de discipliner un tant soit peu mes mèches de cheveux.

"Alors là… Jamais. Je préférais dormir avec Barton.

- Oh… Tu verrais de ces choses…"

Un léger rire m'échappe tandis que Tony s'étire, attrapant simplement un verre d'eau avant de nous souhaiter à nouveau une bonne nuit, m'arrachant simplement mon secret pour une chevelure aussi soyeuse.

"Mon secret Stark ? Je me lave, tout simplement. Tu devrais essayer une fois ou deux, parait que c'est pas mal.
- Va bien te faire foutre Barnes.
- Je t'aime aussi."

Je n'ai qu'un vague grommellement en guise de réponse avant que je ne me retrouve en tête à tête avec Steve. Un sourire se glisse sur mes lèvres et alors que je retiens un début de fou rire, je lui mets une petite tape dans l'épaule.

"T'es con Rogers… T'es vraiment hyper con ! Sérieux, t'as rien trouvé de mieux que mes cheveux ? Tu te rends compte que tout le monde ne va parler que de ça demain ?… "


Les mots se noient dans un début de rire, que je finis par partager avec lui. Seulement, un fois le moment d'hilarité passé, je ne peux m'empêcher de repenser à ce qui aurait pu se passer… Je baisse les yeux et pousse un soupir, traçant nerveusement des cercles sur la table de la salle commune.

"Steve… Je… Le baiser ? Le rencard ? Je mentirais en disant que ça m'a pas plu, pire Tony se serait pas pointé, je ne dis pas que… Voilà… Mais… Sérieux, on peut pas… Si on se fait attraper… On va se faire crucifier. Et adieu la moindre chance d'enseigner à la fac par la suite ou quoi… Et crois-moi, ce n'est pas parce que je n'ai pas envie qu'il se passe quoi que ce soit… Au contraire, t'imagines pas à quel point… J'ai envie que voilà… Mais on ne peut juste pas. Je suis… Je suis désolé Steve."
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Mer 20 Jan - 19:35
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Journal d'un rescapé - jour 50

Ca y est. Enfin. Putain. Enfin, enfin, enfin. Après des semaines, après quasiment deux mois seul, sans parler à personne à part toi, cher type de la NASA, et à mes nouvelles amies les petites patates, j’ai enfin rétabli le contact avec la Terre. Cette bonne vieille planète bleue qui a brusquement découvert que j’étais toujours en vie, que j’étais pas une vieux bout de carcasse desséché qui traînait sur le sol martien, le verre de mon scaphandre fendu, et mon squelette souriant de toutes ses dents. Non. On sait que j’existe. On sait que je suis encore là, et dans un sens, ça me rassure. Parce que même si au pire du pire, on ne peut pas venir me chercher, au moins… au moins je serais plus seul. Au moins j’aurais quelqu’un, ou des gens pour m’accompagner, m’aider, me changer les idées, m’écouter pleurer, me réconforter… tout ça, toutes les choses qu’on fait normalement avec des humains normaux. Sauf que je suis à mes milliards de kilomètres de la maison et de ma planète. C’est dingue parfois de se dire que la vie tient à si peu de chose. Et qu’on puisse regretter à ce point quelque chose de si banal qu’on y faisait même plus attention. Le sol sous mes pieds. L’oxygène. Les arbres. Enfin non j’ai toujours aimé les arbres et les plantes, et je les ai toujours vu comme de petits miracles à feuilles, à fleurs et à fruits. Même les cactus. Ca peut être très sympa les cactus, mais un peu timides. Le lierre a plus de conversation. Sauf que quand il se met un peu trop à l’aise il devient un peu trop vite collant et envahissant. Un peu comme le pote qu’on a tous qui a l’alcool hyper joyeux, qui braille que t’es son meilleur ami pour la vie et qui finit par squatter ton canapé avec la bassine à côté. Le lierre, c’est un peu ce genre de pote là. Les cactus… c’est ceux qui observent. Ils te laissent venir. Ils font pas le premier pas, ils attendent. Sauf que si tu as assez bien ramé, t’es récompensé. Un nouveau plant. Des fleurs magnifiques. De belles épines. J’avais même un cactus dont je m’étais occupé et dont les épines finissaient par ne plus piquer. Comme s’il faisait exprès d’être gentil avec moi. Ah, sacré Benny. Il me manque. Et avec de la chance, peut-être que je le verrai en redescendant. Bref type de la Nasa, je vais pas parler plus longtemps de mes amitiés arboricoles. Venons-en au fait.

Après avoir chialé comme une madeleine pendant une bonne heure, rassuré de savoir que le monde savait que j’étais encore en vie, on en est venus à discuter rapidement avec les types de la NASA, dont toi, sûrement.

Bon, pour faire simple, il sera possible de brancher le pc du Rover sur Pathfinder, en modifiant quelques lignes de code, et je pourrai ensuite pouvoir papoter avec les copains et la Terre comme si j'étais sur mon canapé en train de boire une infusion en jogging et parler de ma semaine à ma mère ou avec l'un ou l'autre pote dispersé un peu partout dans le pays. Sauf que là c'est dans la galaxie que mes potes sont dispersés. Enfin tous ensemble. Eh qui sait je pourrais toujours voir si je peux skyper ma mère. Je vois déjà sa tête quand elle recevra un appel de Mars et qu'elle verra ma sale gueule à l'écran en mode "Coucou maman! C'est moi je suis pas mort!"

Enfin bref, pendant je sais pas combien de temps je me suis perdu dans la contemplation de lignes et de lignes de foutu code et j'ai patiemment changé détail après détail, signe après signe. La vache Tasha, pourquoi je t'ai pas sous la main hein? Là tu aurais fait ça en deux minutes chrono en buvant ton café dégueulasse d'une main et en te faisant les ongles de l'autre, le tout sur fond de pop russe dégueulasse. Si seulement... J'ai tout vérifié et revérifié, avant de lancer enfin l'update de Pathfinder.

J'étais dans le Rover, le coeur battant, quand tout s'est remis en marche. Et puis au milieu des programmes bateau, une fenêtre de texte s'est ouverte et là, les premiers mots.

Bonjour Steve. Content de vous entendre!

Putain tu parles que j'étais content. J'en ai pleuré. Encore. Une vraie guimauve mais je m'en fous. Quand on apprend que le reste du monde sait enfin que vous êtes pas mort, je pense qu'on peut verser quelques larmes. Même beaucoup, et de toute façon personne n'a vu que j'ai la morve au nez.

J'ai commencé à discuter avec la NASA, à leur raconter comment j'ai survécu ou autres. On a même testé la caméra et à ma grande surprise, ça a marché. Je peux les voir! Vraiment les voir! Mais tout au long de notre discussion, quand ils me tenaient la jambe pour savoir comment j'avais réussi à faire pousser mes tubercules chéries, j'avais qu'une envie : avoir des nouvelles des copains. Ma famille de l'espace. J'imagine même pas comme ils ont dû être soulagés de me savoir en vie. Surtout Peggy. Je la connais bien et je suis sûr que l'idée d'avoir laissé un homme derrière elle la ronge sans arrêt depuis. Et mon Buck... mon beau médecin aux pulls moelleux et au sourire de pub dentifrice, qui doit me regretter. Enfin, je l'espère. Je lui ai déjà dit que je l'aimais, dans le feu de l'action, mais sur le coup il a eu plutôt l'air d'avoir la trouille de sa vie, et c'est à peine s'il a pris le temps de se rhabiller avant de se barrer de mon labo... Peut-être qu'au fond j'étais juste un passe temps. Une façon de... relâcher la pression et tromper l'ennui... Pourtant j'aurais pensé que... enfin bref. C'est quand même un membre de mon équipe et on a traversé tellement de trucs ensemble. Tout comme ça, qui sera un truc de dingue de plus à raconter à nos gosses, et surtout aux journalistes. Bientôt je serai ''L'homme qu'on a oublié sur Mars". Foutu titre.


Et je suis là, le cœur qui tambourine alors que j'essaie au maximum de garder un air neutre, le sourire tranquille de celui qui reste en toute innocence en train de discuter avec le-pote-coéquipier-tellement-sexy-qu'il-en-a-mal-aux-yeux-et-qu'il-a-envie-de-prendre-sauvagement-là-maintenant-tout-de-suite-sur-la-table-alors-que-les-autres-sont-à-côté pendant que Tony, encore ensommeillé se pointe au beau milieu de notre rencard qui semblait presque parfait, enfin aussi parfait qu'un premier rencard dans l'espace, puisse être, entouré du reste des membres de l'équipage qui dorment tous à moins de dix mètres de nous. Et là j'avoue que mon Steve, t'as fait fort. Très fort. Parfois j'admire mon cerveau, et sa capacité à sortir de belles conneries qui arrivent à me sauver les fesses. Enfin en l'occurrence les miennes et celles de Bucky. la vache, j'ai vraiment eu de la chance que ce soit Tony. Quoiqu'avec Tasha ou Clint, l'excuse bidon serait passée aussi... On aurait juste pas dû tomber sur Carter. Elle nous aurait pas ratés, et elle aurait clairement pas mordu à l'hameçon. Elle aurait senti le truc venir à dix bornes et elle nous aurait passé le savon de notre vie en nous chopant entre quatre yeux. Enfin six, vu qu'on serait trois. Bref.

Je garde un air super sérieux quand je maintiens mon délire, expliquant super convaincu à quel point Buck a les cheveux doux, pour donner vraiment l'impression d'avoir été interrompus au beau milieu d'une discussion super importante et pas d'une galoche qui était bien partie pour se changer en tango fiévreux sur la table commune. Et quand Tony me regarde pas, totalement préoccupé par les cheveux de Buck, je lance un sourire de sale gosse à ce dernier l'air de dire ''Eh, tu vois? Pas besoin de te ronger les sangs!"

Eh à ce qu'il paraît Barton dort avec des trucs super sexy. J'ai entendu parler d'un boxer en dentelle je te raconte pas. Enfin, c'est ce que m'a dit Tasha... les rumeurs, tu sais ce que c'est...

Je ris avec Tony alors qu'il boit son verre d'eau et retourne à sa couchette, la démarche encore lourde du type pas bien réveillé. Quelques secondes passent, et je regarde Buck avec  un sourire de sale gosse. Qui une fois que la couchette de Tony est refermée se change en rire, puis en fou rire, et je dois vraiment lutter pour pas qu'on m'entende, et rester discret. N'empêche c'était quand même drôle, et la mine à moitié paniquée de Buck me fait rire comme un gamin. Mais petit à petit je me calme, et le regarde simplement avec un sourire aux lèvres.

Ose me dire que ça a pas marché! Ose! Tony a pas marché, il a couru! Il s'est douté de rien mec! C'est merveilleux! Et vaut mieux qu'ils parlent de ça demain que du fait de nous avoir chopés en train de nous grimper dessus... non?

On rit de plus belle, avant de se calmer, enfin. Sauf qu'à peine notre rire calmé je vois que Buck baisse les yeux. Oho. J'aime pas ça. Je sens qu'il va me dire quelque chose qui va pas me plaire. Je me mords les lèvres en attendant. Et deux secondes plus tard ça rate pas. Il la joue poule mouillée. Je soupire en tendant la main pour ramasser mes bougies en papier, le reste des barres protéinées et les assiettes en plastique et les balancer à la poubelle. Merveilleux. Le rencard le plus court de l'histoire. Bien joué, la douche froide c'est sympa, surtout quand c'est dans l'espace et que je vais devoir le croiser tous les jours, pendant encore un an, avec le souvenir de ce foutu baiser qui va me brûler les lèvres.

Ouais... pas autant que moi... Alors...bonne nuit Buck...

J'ose même pas le regarder et j'ouvre simplement la porte de ma couchette avant de la refermer, me laissant retomber sur le lit en soupirant. Putain c'était trop beau pour être vrai...


© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Ven 22 Jan - 18:32

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Je me hais. Je me hais de le repousser après ce baiser. Je me hais au point que je suis incapable de lever le nez pour croiser à nouveau son regard, de peur d'y voir de la tristesse ou je ne sais trop quoi. J'ai peur d'y voir sa déception et le reflet de ma propre lâcheté. J'aimerais, j'aimerais tellement pouvoir lui céder et simplement sentir ses lèvres se poser à nouveau sur les miennes… J'ai envie d'être dans ses bras et de ne pas avoir de question à me poser… Oui j'ai envie d'être avec et on serait sur Terre, je ne me poserais pas la question deux fois, au contraire… Je serais déjà en train de lui ravir un autre baiser, à l'attirer tout contre moi et à simplement me perdre dans cette étreinte…. Mais ici on ne peut pas se le permettre. Déjà parce que Carter a été assez claire sur le fait qu'elle ne voulait pas gérer des histoires de couples au beau milieu de la mission et qu'accessoirement, nous n'étions pas vraiment là pour ça, mais surtout parce que si cela s'apprend à la NASA, nous pourrions tout perdre… Autant notre job que notre place à la NASA… On se ferait foutre dehors pour insubordination et transgression des règles… Et si une part de moi ne cesse de me murmurer qu'au pire, j'emmerde les règles, l'autre dit que je ne peux pas me permettre ça. J'ai bossé comme un dingue pour en arriver là et ça me tuerait de tout perdre pour une histoire d'un soir… Je me mords la lèvre, presque honteux. Arrête… Steve… Il penserait pas à une simple partie de jambe en l'air… Un soupir traverse ses lèvres et j'ose à peine lever les yeux vers lui quand il commence à tout ramasser rapidement les restes de ce qui était notre premier rencard. Je l'observe tout bazarder avec un pincement au coeur. Je m'en veux… Je m'en veux tellement de lui infliger ça… Mais on ne peut vraiment pas se payer le luxe de se faire attraper… Et même si je suis sûr que Steve serait le genre de mec qui me donnerait envie de rester et de construire un truc sérieux avec… Je préfère fuir. Au moins pendant un an… Après… On verra… Peut-être qu'après la mission il voudra encore et là, on pourra essayer tout les deux… Mais là… On ne peut pas.

"Steve… Je…"

Mais c'est trop tard, il se glisse simplement hors de la salle commune, allant rejoindre sa couchette pour la nuit. Pendant de longues minutes j'observe la porte, ne sachant pas quoi faire ou quoi dire… Je… Je devrais aller me coucher, mais à la place, je fixe la poubelle dans laquelle se trouve les restes de notre tentative avortée de rencard. Je regarde les restes d'une relation que j'ai tué dans l'oeuf par ma peur et ma faiblesse. En vérité, je regarde les restes du coeur brisé de Steve. Il voulait quelque chose de sérieux, il ne plaisantait pas… Et moi j'ai tout foutu en l'air pour ma carrière. Je croise les bras sur la table et pose ma tête dessus, observant d'un oeil triste le mur de la salle commune. Je sais que j'ai toujours été du genre à ne pas oser m'engager, à fuir même quand ça devient trop sérieux, mais là… À quel moment je suis devenu ce genre de mec ? À briser le coeur de quelqu'un comme Steve simplement pour mon job ? Aucune idée. J'enfouie mon visage dans mon pull moelleux et reste ainsi de longues minutes, écoutant simplement le ronron de la station autour de moi.

Le lendemain, je suis le premier à être debout, chose qui surprend Carter qui vient boire son café en poudre face à moi. Elle reste silencieuse le temps d'une gorgée ou deux avant de me demander ce que je vérifie avec autant de sérieux sur la console.

"Oh rien… Je vérifie les systèmes…
- Comme ça de bon matin ? Vous savez que c'était à moi de m'en occuper aujourd'hui, c'est pour ça que je me suis levée aussi tôt ?"

Je lève les yeux vers elle, esquissant un léger sourire affreusement gêné. Oui, bien sûr que je sais que c'était à elle de s'occuper de ça, mais je n'arrivais juste pas à dormir. Je n'arrêtais pas de ressasser ce rendez-vous clandestin et le regard blessé de Steve. J'arrivais juste à me dire que j'avais osé lui briser le coeur aussi facilement. Je passe une main dans ma nuque et fuis le regard de Carter avant de trouver le courage de lui répondre.

"Pardon… C'est juste, j'étais réveillé et j'ai voulu être utile plutôt que de simplement traîner à ne rien faire…
- Je comprends… Vous êtes sûr que ça va James ?
- Oui, comme dit, j'étais déjà debout…"

Un léger silence s'installe entre nous puis un sourire lui échappe avant qu'elle ne boive une autre gorgée de son café. Bien, elle accepte de faire comme si de rien n'était pour cette fois… Pendant de longues minutes, nous restons tout les deux, à simplement tenter d'émerger des affres du sommeil, vérifiant chacun de notre côté les différents systèmes de la station, jusqu'à ce que le reste de l'équipage nous rejoigne. Et je dois avouer ne pas en mener large quand je vois Steve débarquer, avec son habituelle bonne humeur. Il sourit à tout le monde et me salut même comme si de rien n'était. À le voir ainsi… J'ai même l'impression que ce qui s'est passé hier soir n'était qu'un rêve de ma part… Que ce baiser qui me hante encore n'était rien d'autre qu'une belle chose que je me suis imaginé… Il évite de s'installer à mes côtés et préfère être à côté de Clint tandis que Carter nous donne notre programme de la journée. Il m'évite. Il ne veut plus rien à voir à faire avec moi… Chose que je comprends… Mais je ne pensais pas que ce serait aussi douloureux. Je fixe le fond de ma tasse avant de prendre une grande inspiration, me forçant à mon tour à faire comme si de rien n'était.

Sauf que je n'y arrive pas. Les jours qui suivent sont une putain de torture. Parce que je dois le voir m'éviter. Je dois le voir ne m'adresser que quelques sourires avant de prétexter un besoin d'aller au labo ou de bosser sur un truc en particulier, je dois même le voir fuir en fin de journée et ne pas rester avec moi comme il le faisait avant, préférant passer du temps dans ses quartiers. Au fil des jours, j'en viens à me dire qu'il ne me voyait pas que comme le mec qu'il voulait se taper et que maintenant… Je vais devoir supporter cette situation pendant encore une bonne année. Je vais devoir le voir me fuir parce que j'ai brisé son coeur. Et ça me tue. Ça me tue parce que je donnerais tout pour qu'on continue de passer du temps ensemble… Qu'on recommence à simplement regarder des films ensemble ou même jouer aux cartes… Mais je n'ai plus le droit à ça. Je n'ai le droit qu'à des sourires et des banalités à peines échangées…. Il ne veut plus de moi. C'est finis. J'ai foutu en l'air ma relation avec lui… Et lentement, ça me tue… Chose que les autres remarquent rapidement. Tous commencent à me demander de plus en plus si je vais bien ou quoi et à chaque fois, je réponds simplement que j'ai la tête ailleurs, prétextant un simple mal du pays… Seulement à chaque fois, j'ai le droit à des paroles compatissantes, à des tapes dans le dos ou à des câlins que je ne mérite pas. Non… C'est à Steve qu'on devrait faire ça… C'est lui qui a le coeur brisé… Même si… Même si je mentirais en disant que je ne souffre pas de cette situation et de ce refus… Plus les jours passent…. Plus je m'en veux de lui avoir dit non… Je m'en veux au point que ça me rend dingue… Parce que c'est douloureux de se dire que je n'aurais plus le droit à un baiser de sa part ou un regard… Je n'ai même plus le droit à un sourire, à une étreinte… Je dois simplement l'observer me fuir et c'est bien trop dur. Alors un jour, presque comme un gamin, je me faufile dans son labo et dépose simplement une barre de protéine goût chocolat sur son plan de travail avec un petit mot sur lequel j'ai griffonné une petite bougie et un :

"Désolé."


Saut qu'au moment où je tente de partir, j'entends qu'il est derrière moi. Je me fige et me retourne vers lui, lui glissant un rapide sourire avant de détourner le regard. Oh… Pile ce que je voulais éviter. Mes dents reviennent écorcher ma lèvre inférieure tandis que je tente d'une voix peu assurée.

"Hey Steve… Je… Je passais juste… Enfin… Hm voilà… Mais je vais te laisser travailler tranquillement…"

Même si j'aimerais que tu me retiennes et que tu m'embrasses à nouveau. Mais tu ne le feras pas, pas vrai ? Parce que c'est foutu. Je t'ai blessé et maintenant, tu vas me fuir.
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 24 Jan - 17:00
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

J'aurais encore préféré qu'il se passe rien. Qu'il m'embrasse pas. Parce que s'il avait été clair dès le début, en me disant tout de suite qu'il préfèrerait attendre qu'on soit de retour, que je lui plais mais que tant qu'on est ici il ne veut rien tenter. Ok. J'aurais compris. J'aurais pu faire ma paix avec ça et me dire ''Ok je lui plais, et on verra si au moment de redescendre il en a toujours autant envie que moi''. Sauf que là, jouer à l'ascenseur émotionnel, c'est pas vraiment cool. Et ça fait sacrément mal. Surtout que... je ne sais pas ce qu'il pense. Vraiment pas. Est-ce qu'il me repousse parce qu'il a la trouille pour son job et sa précieuse NASA, comme il me le dit? Ou alors parce qu'au final ce baiser lui a pas plu? Qu'il a peur qu'on doive se cacher? Qu'il se rende compte que finalement, je suis pas ce dont il a envie? J'en sais rien et ça me rend dingue! Franchement je me sens mal, malgré qu'il ait l'air désolé. Si ça se trouve il l'est pas du tout. Si ça se trouve il avait juste envie de s'amuser un peu, tester son pouvoir de séduction sur moi... La vache je ne sais vraiment pas ce qu'il y a derrière ses paroles et ça me rend dingue. Vraiment dingue. Alors je préfère me barrer plutôt que de me lancer dans une grande discussion de ''C'est pas toi c'est moi''. Il a été clair, il veut pas, et j'ai pas envie qu'il remue le couteau dans la plaie en m'expliquant par A + B qu'il ne peut pas être avec moi.

Il tente de me retenir mais je fais celui qui n'a pas entendu. Pourquoi est-ce qu'il voudrait que je reste? Pour se lancer dans d'autres explications foireuses? Qu'il en rajoute une couche sur le combien il est désolé? J'ai bien compris, tu veux pas, ou tu veux plus, et il y a pas besoin d'en parler pendant des heures et des jours. Je préfère aller en chier seul dans mon coin, ruminer toute la nuit, et ensuite faire comme si de rien n'était vis à vis des autres. C'est tout ce que je sais faire de toute façon. C'est tout ce que je peux faire. Tenter d'oublier le béguin que j'ai pour lui, oublier ses lèvres, ce rencard ridicule et continuer. Faire mon boulot. Respecter ces foutues règles. Et on verra. Sauf que si dans un an il revient vers moi pour retenter sa chance, je suis pas sûr de la lui donner... Enfin... La poubelle se referme et je me planque dans ma couchette. Je lutte un peu pour virer mes fringues et je reste en caleçon et tshirt sous les couvertures. J'attrape mon lecteur MP3 et je serre les mâchoires. Ouais Céline Dion. Putain ce connard de Buck m'oblige à écouter du Céline Dion. J'en suis réduit à ça. Enfoiré. Putain. Putain de putain. Merde. MERDE!

Je sais pas quand je me suis endormi mais quand j'ouvre les yeux j'ai encore le casque sur les oreilles et mon lecteur déchargé. Je grogne, repoussant les couvertures. Journée de merde. Heureusement je croise personne en allant aux douches, et le temps de barboter sous l'eau chaude, tout le monde est levé et dans la salle commune. Buck compris. Je fronce les sourcils une seconde en voyant son air de cocker battu. Vraiment? T'es sérieux? C'est toi qui m'envoies bouler, et c'est toi qui tires une tête de trois pieds de long? Je me force à sourire et à me montrer aussi joyeux que d'habitude. Il veut qu'on se doute de rien non? Eh ben même si j'en chie, je montrerai rien. Je serai ce bon vieux Steve qui est toujours de bonne humeur et qui est sympa avec tout le monde. Même lui. Mais au lieu de poser mes fesses à côté de lui, je rejoins Clint, avec le faux prétexte de lui parler d'un truc par rapport au vaisseau. Je vois que Buck a l'air déçu mais tant pis. Tu l'as voulu. J'écoute le grand patron qui nous donne nos consignes et après avoir pris notre mélange de cartons et de poudres qui nous tiennent lieu de petit déjeuner on sonne le repli vers nos postes respectifs. Et je suis pas fâché d'être seul dans mon labo, à raconter mes malheurs à mes petites protégées...

Les jours passent, identiques ou presque alors qu'on s'achemine vers cette foutue planète Mars. Et si je fais bonne figure, c'est pas le cas de Buck. On dirait qu'il porte en permanence le poids du monde sur ses épaules, au point que je suis à deux doigts de lui dire de sourire un peu, parce que là ça en est presque ridicule. Je reste avec tout le monde la journée, rigole, fais mes blagues habituelles, mais dès que tout le monde se sépare le soir, je file de mon côté. Parfois c'est avec Tony, parfois avec Clint, parfois seul dans mon labo à faire semblant de bosser alors que je regarde des séries dans mon coin, ou alors dans mon lit. Mais plus avec lui. Je peux pas. Je peux pas faire comme si de rien n'était. C'est trop dur. Prétendre qu'on est encore les meilleurs amis du monde alors qu'il m'a gentiment envoyé promener après m'avoir à moitié grimpé dessus par-dessus la table... Je peux pas, c'est trop dur. Avec tous les autres ça passe, mais juste tous les deux, non. Surtout que tout le monde s'inquiète, y allant de son ''Mon pauvre Buck" en lui tapotant l'épaule, et moi je morfle comme un chien mais mon sourire fait que personne ne se doute de rien... C'est toi qui voulais pas que ça se sache, et finalement, c'est toi qui parais suspect... Bref.

Je commence à me dire que ça ira, qu'au final, c'est juste une routine à prendre que de minimiser les occasions de me retrouver avec lui. Qu'en essayant de le croiser un minimum j'y arriverais, je pourrais faire comme si rien ne s'était passé. Et je compte presque les jours. Moi qui attendais cette opportunité depuis des années, me voilà à souhaiter redescendre plutôt que d'en profiter. Et ça me tue... Je me dis que j'aurais jamais dû tenter quelque chose avec lui. On serait juste restés de bons potes et ça aurait été parfait. Mais il a fallu que je la ramène et maintenant nous voilà dans cette situation de merde.

Je reviens de la salle commune avec de l'ersatz de café quand je vois une silhouette qui me tourne le dos, dans le labo. Et mon coeur rate un battement quand je vois que c'est Buck. Qu'est-ce qu'il fout là? Je suis le seul qui squatte ici, c'est mon fief, mon royaume. Je m'avance, posant mon gobelet sur la table et je vois la barre chocolatée et le petit mot. Je soupire et m'adosse à mon plan de travail, croisant les bras sur mon torse.

Tu nous fais quoi Buck? La bougie, c'est pour fêter l'anniversaire du un mois depuis que tu m'as mis un vent? C'est toi qui m'a envoyé promener alors ça... là... je comprends pas... Tu cherches quoi?

Je croise son regard et attends ses explications.

© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Mar 26 Jan - 15:11

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Un mois Ça fait un putain de mois que nous sommes dans cette situation, lui à m'éviter et à moi à broyer du noir comme une adolescente de quinze ans. Un mois où je n'arrête pas de penser à ce baiser que nous avons échangés et à ce que ça aurait pu être si je ne l'avais pas repoussé. Un mois putain. Un mois. Un mois où l'on souffre tout les deux comme des chiens à cause de moi… Alors oui… Peut-être que j'essaye de revenir en arrière, de me faire pardonner… Et de lui proposer de me donner une autre chance. Mais face à lui, à sentir son regard se poser sur ma personne, j'ai plus envie de fuir. De faire trois pas en arrière avant de disparaitre pour retourner m'enfermer faire mes rapports…  Il s'adosse au plan de travail et jette un regard à mon mot avant de me faire clairement comprendre que je ne suis plus le bienvenue ici. Aouch. Ok. En même temps… Je l'ai cherché et… Et il a raison. Tout est de ma faute. Je suis celui qui l'a repoussé, celui qui lui a donné un baiser avant de reculer et de me cacher derrière cette histoire de boulot et…. Je baisse un peu plus la tête, de plus en plus mal à l'aise. C'était une mauvaise idée. Je n'aurais pas dû… Je dois…. Putain, je dois passer pour le dernier des connards ou pour le plus grand crétin de cet univers. Je déglutis difficilement, sentant mes dents s'enfoncer un peu plus dans ma lèvre.

"Je… Je… Non, je fête rien… C'est juste…"

C'est juste que tu me manques. Que je passe mes soirées à penser à toi, à avoir envie de toi. Que ça me tue de te savoir seul dans ton labo quand nous pourrions être tout les deux, dans la salle commune à se regarder un film ou à simplement s'embrasser…. Et que je m'en veux d'avoir osé te repousser, pour des principes que j'ai remis en cause depuis. C'est ce que je devrais être en train de lui avouer, la mine sombre et les yeux humides. Parce que c'est le cas. Je ne passe pas un soir, allongé dans ma couchette à repenser à ce baiser, à ses lèvres qui étaient contre les miennes et à ce qu'on aurait pu faire si je n'avais pas été con. Il n'y a pas un soir où je ne me dis pas que j'ai eu tort de le repousser de la sorte… Pas un. Je relève les yeux vers lui et croise son regard, sentant le peu de courage que j'avais réussis à rassembler quitter mon corps et me laisser avec cette envie de le fuir. C'est mort, tu ne vois pas ? Il n'a pas un sourire pour moi, rien. Il m'en veut et je le comprends. Il veut m'éviter et je devrais respecter son choix… Je ne devrais pas tenter de me faire pardonner ou quoi…

"Je… Je suis désolé, j'aurais pas dû te déranger… C'était stupide…"

Je détourne le regard et commence à faire un pas en arrière, étant retenu de justesse par Steve. Je me tourne de nouveau vers lui et comme un enfant, je baisse les yeux quand il me demande ce que je veux vraiment. Ce que je veux ? Revenir en arrière et m'empêcher de te repousser… Je veux remonter le temps et au lieu de te repousser, je veux revenir prendre tes lèvres. Je prends une grande inspiration et alors que je relève les yeux vers lui, j'arrive à avouer ce que j'ai sur le coeur depuis bien un mois.

"Je venais…. Je ne venais pas t'embêter ou te faire souffrir un peu plus…. Je venais m'excuser. Parce que… Parce que je m'en veux de t'avoir repoussé. Si tu veux tout savoir, je passe mes soirées et mes nuits à me demander pourquoi je t'ai repoussé… Je… J'ai envie de me coller des gifles… Parce que…. Parce que tu me plais. Et parce que ce baiser, je n'arrête pas d'y penser depuis un mois, il me brûle les lèvres et…."

Je m'arrête le temps de prendre une grande inspiration, essayant de retrouver mon souffle.

"Ça me tue de ne plus passer du temps avec toi, ça me tue de voir que tu m'évites parce que j'ai été con…. Et je m'en veux de t'avoir perdu… J'arrête pas de penser à cette soirée et je m'en veux d'avoir tout foutu en l'air… J'ai juste envie…. Envie d'être de nouveau avec toi… Pas seulement comme avant mais…."

Je dois avoir l'air ridicule, à ne pas savoir où je vais avec mes propos qui s'échappent d'entre mes lèvres sans la moindre cohérence. Même dans mon esprit, j'arrive pas à faire le tri. J'arrive à dire clairement que j'ai simplement envie de lui. Que je m'en fous désormais de perdre mon boulot ou de se faire attraper par Carter. Ouais, je m'en fous. Je passe mes mains sur mon visage et soupire une fois de plus.

"J'a juste envie…. D'être avec toi et je m'en fous si on risque de se faire attraper par Carter ou quoi, on sera discret… Et même si ce n'est pas le cas…. Eh bien tant pis pour la NASA ou quoi…. C'est pas important…."

C'est pas important comparé à l'idée qu'on pourrait être tout les deux.

"Après…. Je comprendrais si t'as tiré un trait sur ça ou quoi et je comprendrais aussi que tu me dises d'aller me faire foutre… Je le mériterais…"

Et je comprendrais… J'ai toujours eu ce défaut, d'avoir peut de m'engager dans une relation… Il n'est pas le premier à qui je fais le coup… A faire deux pas en arrière en le voyant approcher. À me cacher derrière mon boulot parce que j'ai trop peur de m'engager dans une relation qui pourrait à terme me blesser. Je me perds dans son regard et le coeur affolé, j'attends de savoir si il va se décider à me foutre hors de son labo ou si il m'autorisera une chose dont j'ai envie depuis un bon mois.
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Lun 7 Mar - 20:22
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Je veux rentrer. Sérieusement rentrer. Je suis presque prêt à laisser mes chéries en plan si c'est pour quitter cette foutue navette et qu'il arrête d'être tout le temps là. On est 6 à vivre dans cette foutue station, et les seuls moments de calme c'est quand je suis au labo. Je le vois aux repas, je le vois le soir, dans la salle commune, je le vois aux réunions avec Peggy, je le vois... tout le temps. Et si c'est pas sa face de cocker sans pattes aux yeux tristes, je tombe sur un de ses pulls moelleux qu'il a abandonné ici où là, un bouquin, je sais quoi d'autre. Tout, à longueur de station, à longueur de journée, me fait penser à lui et ça me tord les tripes. Parce que ça me rappelle qu'il m'a pas trouvé assez bien pour lui, et que dans le match Steve vs sa précieuse réputation, je me suis fait mettre KO. Alors ouais, j'aurais presque envie de tout plaquer, d'appeler un taxi spatial, de me coller devant la station, pouce levé, et attendre qu'on me ramène chez moi. Promis mes chéries, je vous enverrai des mails, que les autres vous liront, et même quelques échantillons de mon souffle si mon CO2 vous aurait manqué... Je vous ferai même venir des petits cache-nez et des compiles spéciales plantes du tonnerre. Vous allez voir, vous verrez à peine que je suis plus là. On pourra même se skyper. Allons, on est entre adultes et on est tout à fait matures pour entamer une relation à distance. Intergalactique même. Je vous le promets, je ne bouturerai personne sans votre permission mes chéries. Il faudra d'ailleurs savoir si on est tous dans une relation libre ou exclusive. Non parce que je dois savoir ce que je peux faire si un specimen de toute beauté me fait de la feuille ou fleurit pour moi... ben...on se comprend.

Et surtout que je peux même pas me plaindre. Je suis celui qui va bien. Je suis l'amuseur de la galerie même si ça me tue. J'ai pas le droit d'aller mal parce que tout le monde le plaint déjà et que si on est deux, comme par hasard NOUS DEUX ça sera suspect. Putain Buck je te déteste pour ça aussi. Pour pas pouvoir aller mal parce que sinon les gens vont se poser des questions, et il leur faudra pas très longtemps pour découvrir le pot aux roses. Surtout Peggy. Elle est un X-Men, j'en suis sûr. C'est Jean Grey et elle peut lire dans nos pensées. Elle saura. Je sais pas comment mais elle saura. Diablesse. Alors je suis le clown sympa devant les autres, pour faire illusions, et aussi, très bêtement, pour lui dire un peu ''Tu vois? Ca me touche pas plus que ça. La vie continue''. Même si c'est pas le cas. Il me manque. Nos moments passés ensemble me manquent mais tout ça est terminé.

Sauf qu'au moment où je quitte mon repaire, mon seul endroit où je peux être tranquille, je vois qu'il a colonisé mon espace. Tu veux quoi Buck? Transformer mon labo en annexe de pull moelleux? Me voler l'amour des seules qui m'aiment? Mais rêve pas, mes chéries sont fidèles et elles vont pas tomber pour un pull ou pour une respiration au taux de CO2 totalement séduisant. En m'approchant je vois ce qu'il a déposé, et ma réplique est un peu plus cinglante que ce que j'aurais cru. Il pâlit et recule. Devant son air totalement dépité j'hésite avant de le retenir.

Et là... en une seconde, en quelques mots il me rappelle à quel point il me plait. A quel point, dans un sens, j'avais envie de ça... Je me pince les lèvres, déglutissant lentement. La vache, mais il est vraiment en train de me supplier, ou presque, de me mettre avec lui. Qu'il regrette. Qu'il me veut. Et intérieurement je me roule par terre de bonheur. Juste intérieurement, parce que je suis pas encore sûr du pourquoi brusquement il revient sur sa décision, et veut risquer sa chère carrière.

J'avoue que t'en mériterais Barnes...

Mais mes belles résolutions fondent comme neige au soleil quand il sort les violons et me répète à quel point je lui ai manqué, qu'il s'en veut, et que maintenant il sait ce qu'il veut vraiment. C'est presque trop beau pour être vrai...

Buck... moi là j'ai juste besoin de savoir si t'es sincère, et surtout, si ça va durer. Je veux pas que demain tu me fasses le coup du ''Mais en fait Steve, pardon mais c'était une erreur, et je préfère que pour la deuxième fois on reste juste des amis''. Sérieusement. Je... ça fait un mois que ça me bouffe, et que je cache à tout le monde le vent que tu m'as mis pendant que... que tu te fais bichonner par tout l'équipage... Je... ce baiser, c'était pas à la légère pour moi, et j'ai pas envie de passer le reste de l'expédition comme le mois qui s'est écoulé... Alors... alors si tu me dis que... c'est vraiment ce que tu veux... que tu vas pas te barrer en courant dès demain en ayant changé d'avis... alors ouais. Ouais j'en ai terriblement envie. Mais j'ai juste pas envie de me faire prendre pour un con... Tu comprends?

Je plonge mon regard dans les siens et je me mords les lèvres pour pas le coller contre le mur. Avec son petit air triste et coupable, il est tellement sexy...

J'aurais vraiment envie d'aller te faire foutre... mais... y'a autre chose que j'ai envie de faire à la place... sale con. Empereur des cons...même...

Sur mes derniers mots je l'ai attrapé par le pull, et je le ramène à moi avant de venir l'embrasser, nouant mes bras autour de lui. Oh putain ça m'avait tellement manqué... mes lèvres caressent les siennes et ma langue vient se glisser entre ses lèvres.

© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Jeu 7 Avr - 19:39

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do

Je suis sérieusement à deux doigts de me mettre à genoux devant lui en le suppliant de me reprendre. C'est con, franchement con, mais il est le premier pour qui je serais prêt à faire ça. Avant, je ne dis pas que je n'ai jamais eu quoi que ce soit de sérieux, mais disons qu'avec les autres… Dès qu'ils commençaient à parler de vacances d'été à deux ou de "eh tu veux pas rencontrer tout mes amis ? Mes parents ? Mon chien ? Ma cousine que je ne vois que pour Thanksgiving ?", je paniquais et je fuyais. J'ai jamais eu une relation qui a duré plus de deux mois. À chaque fois que ça avançait trop vite pour moi, je disais que je ne pouvais pas, je trouvais une excuse et je fuyais… Mais là… Je regrette tant et c'est la première fois. C'est la première fois que j'a envie de tomber à genoux, de croiser mes mains sur mon coeur et de demander à ce qu'on me reprenne. Il est le premier pour qui je supplierais, et tout ça, juste à cause d'un baiser que j'aurais aimé renouveler. Je me perds dans son regard et sens mon coeur s'affoler à la simple idée que peut-être, lui ne veut plus de moi. Qu'il a tourné la page en se disant que je ne le méritais pas… Ça expliquerait pourquoi lui semble aller bien depuis un mois. Je déglutis difficilement, ayant presque trop chaud dans mon pull. Il va sûrement me repousser, me dire d'aller me faire foutre ou quoi… Mais au moins, j'aurais essayé. Il semble hésiter, réfléchir, en fait je n'en sais rien mais je vois bien que quelque chose change dans son regard. J'entrouvre les lèvres, comme pour chercher à rajouter quelque chose, mais rien ne vient… C'est à lui de choisir, de me dire. Et dieu que la réponse me fait peur. Mon coeur vacille et rate un battement alors que je comprends au fil de ses mots ce qu'il essaye de me dire. Lui aussi en souffrait, mais il l'a mieux dissimulé que moi, mais surtout, ce baiser avait de l'importance pour lui, presque autant que pour moi.

"Bien sûr que je comprends…"

Je baisse les yeux, comprenant surtout que j'ai été le pire crétin égoïste de cet univers. Là où je pensais être le seul à souffrir, je n'ai pas vu que mon refus lui coûtait tout autant. Je ne voyais que ma personne, sans penser que lui aurait aimé que je ne le repousse pas. Je me mords la lèvre, m'attendant désormais à ce qu'il me dise que ce n'est plus possible, qu'il ne veut pas me donner une seconde chance, ne me pensant pas digne de confiance. Mais non… À la place, il m'avoue qu'il a autre chose en tête. Je relève la tête pour le regarder et ne comprends ce qu'il veut qu'au moment où il attrape mon pull, m'attirant tout à lui. Un léger sourire se glisse sur mes lèvres qu'il vient ensuite prendre avec envie. Naturellement, dans un geste presque familier, mes bras viennent se nouer autour de son cou alors que sa langue vient chercher la mienne. Je pousse un soupir et lui rends avidement son baiser, mes doigts glissant dans ses cheveux. Bon sang… Je ne le mérite pas. Vraiment pas. Il aurait dû m'en coller une et me dire de le laisser en paix… Je ne mérite pas une seconde chance et pourtant, je suis heureux d'être là, dans ses bras, à échanger avec lui un baiser fiévreux. Ça m'avait tellement manqué… Un mois, un baiser et j'étais fou de ne plus sentir ses lèvres contre les miennes, son coeur battre contre le mien et la chaleur de sa peau sous mes doigts. Tout ceci me manquait au point que j'en devenais fou, que j'en rêvais autant le soir que sous la douche. À bout de souffle je romps notre baiser, conservant un sourire idiot alors que je refuse de quitter ses bras. Dans ses prunelles je me perds et finalement, j'arrive à murmurer.

"Je… Merci Steve. Merci…"

Je viens lui voler un autre baiser, peut-être un peu plus brouillon, un peu plus envieux, mais tout aussi sincère, reprenant ensuite.

"Tu m'as tant manqué… Je… Je n'ai même pas les mots pour l'exprimer et… Je suis désolé. Vraiment. Mais je te promets que je veux… Qu'on soit tout les deux…"

J'ai un léger rire, suivit d'un autre sourire.

"Putain… J'ai l'impression d'être un adolescent face à son premier amour… Je dois avoir l'air stupide…"

Tant pis. Mes joues peuvent rosir, ce n'est pas comme si les plantes allaient le dire à qui que ce soit. C'est juste entre lui et moi. Je souris à nouveau et alors que je m'approche pour venir lui dérober un autre baiser, je sursaute et quitte ses bras en un instant quand j'entends du bruit juste derrière la porte de son labo. Mon coeur fait un bond dans ma poitrine et après quelques secondes de silence, je pousse un soupir, passant une main dans mes cheveux.

"C'est vrai qu'on va devoir faire attention… "

Je souris à nouveau et me rapproche, lui volant finalement ce baiser avant de murmurer contre ses lèvre si délicieuses.

"Ce soir ? Tout les deux ? Dans la salle commune ?"

Un rire m'échappe quand il me dit que ce serait avec plaisir, non sans venir me chatouiller légèrement, allumant ensuite un brasier en moi autant du bout de ses doigts que du bout de ses lèvres. Et les jours qui suivent… C'est parfait… On se voit autant le soir, dans la salle commune que dans son labo ou à l'infirmerie… Et parfois la nuit, je viens me glisser dans ses quartiers, passant une bonne partie de mon temps à l'embrasser, à le caresser… Apprenant par coeur la douceur de sa peau, le goût de ses lèvres et son odeur si particulière, ne cessant de me dire que je le veux. Plus je passe de temps dans ses bras, plus j'ai franchement envie de lui, au point que ça devient presque difficile de ne pas lui sauter dessus. Chaque baiser me file chaud et chaque caresse me fait bouillonner le creux des reins. Il est beau, à moi et ça me tue de ne pas faire plus que de glisser mes mains sous ses vêtements. Je ne veux pas simplement caresser sa peau, mais l'embrasser, la griffer et le mordre. Je veux soupirer contre ses lèvres son prénom et sentir nos corps l'un contre l'autre… Ainsi, quand il se présente pour la visite médicale, je fais comme si de rien n'était, lui ouvrant la porte avec un grand sourire.

"Steve… Je t'en prie… Entre…"

Je m'efface pour le laisser pénétrer dans l'infirmerie et après avoir refermé la porte et l'avoir verrouillé, je viens me glisser tout contre lui, lui volant un long baiser, glissant déjà mes mains sous son t-shirt.

"J'ai tellement, tellement, tellement envie de toi… Là, tout de suite… Et je suis prêt à prétexter n'importe quoi pour te garder deux bonnes heures."

J'ai un sourire de sale gosse tandis que je viens mordiller ses lèvres, laissant le bout de mes doigts courir sur sa peau déjà chaude.
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Mar 26 Juil - 11:47
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Alors que je l'embrasse avec envie, une partie de moi, ou plus exactement la partie de moi toujours tellement à l'aise pour penser aux trucs les plus débiles dans les moments les moins appropriés - comme par exemple : comment les aveugles peuvent-ils savoir qu'ils se sont assez essuyés quand ils vont aux chiottes? - carbure à toute vitesse, et je me fais rire tout seul en m'imaginant que là, on est en train de vivre une situation digne d'une télénovela. Mais une télénovéla spatiale. Et on trouve JuanitoBucky qui déclare sa flamme à RobertoSteve. N'empêche ça m'étonne qu'il y ait encore rien eu d'officiel là dessus. Qu'aucun producteur se soit lancé. Sérieux les mecs il y a un potentiel d'enfer! Vous imaginez? Penelope qui trompe Lito avec leur alien de maison? Une embrouille à propos de vaisseaux spatiaux. Une réflexion profonde sur la tolérance inter espèces, le fils perdu qui revient après avoir été enlevé par des saloperies de créatures, des séparations entre galaxies, des conflits d'intérêt pour la gestion de planètes, des tamales martiens et des burritos de jupiter. Ca pourrait être un filon. Merde quand je redescends sur terre je tente de vendre tout ça et je deviens riche. Sous un pseudonyme évidemment, parce qu'aux yeux du monde j'aurais pas envie d'être associé à ça mais bon! Je pourrais toujours ricaner dans mon coin quand la série recevra un Grammy ou un BAFTA.

Mais pour l'instant le plus important c'est de profiter enfin du beau docteur qui a finalement décidé d'assumer sa passion brûlante pour ma délicieuse personne. Et j'avoue que ça fait plaisir. Entendre sa douce voix qui me dit à quel point il regrette, à quel point il a souffert de mon absence, à quel point mes douces lèvres lui manquent. Et ouais, j'ai beau jouer le fier, je me sens tout con à le voir enfin revenir près de moi, et à lui dire qu'il me veut moi. Je lui rends chaque baiser, chaque sourire, alors qu'on se regarde comme deux ados attardés aux hormones en folie. Enfin  théoriquement, on a les hormones en folie, vu que ça fait plusieurs mois qu'on est en l'air sans avoir pu s'y envoyer. En l'air je veux dire. Bref, c'était nul. On se galoche à loisir avant qu'un bruit ne casse notre bulle follement romantique faite de plantes, de tubes à essais et de machines high-tech hors de prix de la NASA. Et mon pauvre petit médecin flippe en disant qu'on doit s'arrêter là. Soit soit, c'est que partie remise, et surtout, il est à moi, il me l'a avoué. Je le sais maintenant.

Je lui vole un dernier baiser avant de lui mettre une claque sonore sur les fesses alors qu'il tourne les talons.

Mais oui chéri, à ce soir!

Et putain ça valait le coup d'attendre. Mon petit médecin est une merveille, et je suis follement heureux qu'il ait décidé de prendre ses couilles, que je soupçonne être absolument charmantes, en main et de venir me trouver. Je retrouve mon Buck bon copain avec qui je matais des séries, des films, avec qui j'avais de grandes discussions sur tout et sur rien. Et en plus de ça, une fois qu'on est seuls, ses bras retrouvent les miens, comme mes lèvres, et c'est parfait. Tout comme les nombreuses fois qu'il vient se glisser la nuit dans ma couchette. Au début c'était chaste, il venait simplement m'embrasser et s'endormir près de moi, mais au fur et à mesure des nuits, c'était de plus en plus difficile d'être de gentils garçons. Parce que je meurs d'envie de l'avoir tout à moi. Au fil des nuits les vêtements qu'on avait sur le dos ont diminué pour s'en tenir à un simple boxer, nos mains se sont fait plus aventureuses, et on a déjà expérimenté les différentes façons de découvrir nos corps dans trois mètres carrés. Et puis... j'ai aussi souvent dû mettre ma main sur sa bouche pour étouffer un gémissement aussi plaintif qu'excitant. Je meurs tellement d'envie de le prendre. Qu'il soit à moi, parce que tous les avant-goûts que j'ai eus de lui m'ont rendu dingue.

Il faut croire que la réalité va remplacer la fiction quand, un matin, c'est l'heure de la visite médicale. Il est seul dans l'infirmerie et je souris alors que je me glisse à l'intérieur, l'air de rien. Une fois la porte verrouillée il me plaque déjà contre le métal et je soupire en sentant ses mains déjà sous mon tshirt. Rien que ça et je suis déjà en feu.

Eh bien, le bon docteur est une vraie allumeuse au fond. Tssss à tout le monde tu offres une petite gueule d'ange, mais en privé... un vrai incube...

Je lui rends son baiser avec fièvre et ris doucement.

Deux heures? Chéri je peux régler ça en quinze minutes si on a que ça comme fenêtre. Même si je peux largement assurer deux heures...

Je viens le torturer en virant mon tshirt puis son pull moelleux, que je laisse retomber sur le sol. Diabolique, je viens l'embrasser dans le cou pendant que je griffe lentement son dos doux comme de la soie. Je recule jusqu'à la table d'examen et déboutonne mon jean, virant mes pompes au passage pour rester juste en boxer, et m'y allonge, avant de le faire me rejoindre, l'installant sur moi.

Je suis tellement dingue que ça me bouffe. Je peux plus attendre. J'ai trop envie de toi... petit con.

Je ris avant d'étouffer un gémissement en le sentant s'asseoir sur mes hanches, et mon membre déjà dur, avant de venir prendre mes lèvres. Putain... j'en ai tellement envie... mes mains viennent courir sur sa peau et son torse bien dessiné, appréciant chaque courbe.

© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 691
Date d'inscription : 26/11/2014
Mar 20 Déc - 18:51

Space Oddity
And the stars look very different today. Here am I sitting in my tin can far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do



Mes doigts se perdent sur sa peau brûlante alors que du bout des lèvres, je viens trouver les siennes pour un baiser brûlant qui a déjà le goût de la tentation et de tout les interdits que j'aimerais soulever avec lui. Certes nous ne devrions pas à être là, à nous embrasser et à ainsi vouloir consommer la relation secrète et interdite que nous entretenons dans l'ombre et les recoins de cette station. Nous ne devrions pas, et pourtant… Pourtant je suis là, à goûter ses lèvres et à apprécier sa peau qui pour moi frissonne avec envie. Lui qui face à mes baisers et à mon impétuosité, devient cet homme envieux qui n'a pour moi qu'un murmure, un soupir teinté de désir qui m'arrache un vague sourire avant qu'il ne vienne le faire disparaitre d'un baiser que j'avais initié et que lui prolonge et approfondis pour mon plus grand plaisir. Sans chercher à lui résister, je m'abandonne à lui et deviens faible pour lui, qui maintenant rit contre mes lèvres et m'arrache au lieu d'un gémissement ou un soupir envieux, un rire discret et pourtant chaud.

"Tais-toi donc et uses correctement de tes quinze minutes de visite médicale au lieu de raconter des bêtises."

Mon pull glisse loin de mes épaules et quand il termine au sol, je me retrouve à devoir retenir de trop sonores gémissements qui pourraient révéler l'échange peu chaste que nous avons en cet instant. Alors en un effort presque surhumain, je plante mes dents dans mes lèvres, appréciant dans un relatif silence les baisers qu'il dépose sur ma gorge palpitante. Mes mains viennent se perdre dans ses cheveux et le coeur au bord de l'explosion, je me laisse enivrer et griser par cette sensation brûlante qui enflamme mon être et me laisse avec l'esprit dans un putain de brouillard qui me hurle simplement de le laisser me prendre par les hanches jusqu'à ce que j'en hurle son prénom. Le souffle court, les lèvres entrouvertes et les ongles dans sa chair, je suis là à me dire que je ne rêve que ça, que d'une soirée, d'un instant, d'un moment où je ne pourrais appartenir qu'à lui et simplement gémir son prénom. Je rêve et désire n'être qu'à lui, à cambrer les reins, à supplier pour plus et à rouler des hanches pour Steve, qui en plus de m'avoir moitié dénudé, s'occupe de se foutre en caleçon pour ensuite s'allonger sur la table d'auscultation. Amusé et plus qu'excité, c'est sur ses hanches que je viens m'installer, non sans un rire et sans mon pantalon. Comme le sale gosse que je sais être quand nous ne sommes que tout les deux, je viens caresser son torse là où nos hanches se pressent et que je frissonne sous ses doigts qui se perdent sur les courbes de mon être. Envieux au possible, je cambre le dos et passe ma langue sur mes lèvres, m'autorisant un murmure tandis que des ongles, je griffe légèrement sa peau brûlante.

"Si tu savais… J'en pouvais plus d'être dans tes bras, à ne pas avoir le droit de te toucher et de glisser mes mains sous ce boxer… J'en ai assez de faire attention et d'être sage… Tant pis si quelqu'un se doute de quoi que ce soit. Je te veux juste. Je te veux tout à moi."

Le bout de mes doigts se perdent sur ses mamelons qu'amoureusement je viens torturer avec plaisir tandis que je me penche vers lui afin d'être capable de l'embrasser à nouveau, là où lui vient de ses paumes apprécier la courbe de mes fesses, qui lentement, vient se presser contre son membre déjà dur contre le mien. Un frisson dévale mon échine, un soupir glisse d'entre mes lèvres et caresse les siennes quand notre baiser prend fin, et me voilà à resserrer mes cuisses contre ses hanches contre lesquelles je presse avec envie mon bassin. Son prénom m'échappe en un murmure et il se mêle à celui-ci à un grincement discret de la table, et si il y a quelques jours, voir heures, j'aurais crains que l'on puisse nous entendre, je m'en fous en cet instant, ne voulant que ses lèvres que je viens autant embrasser que mordiller quand je ne suis pas occupé à lentement rouler des hanches contre lui, ou a apprécier de mes mains autant le tracé de sa mâchoire que les frissons qui courent sur la peau fine de son ventre. Mes doigts deviennent audacieux, se glissent sous son boxer et sans honte ou pudeur, me voilà à caresser avec envie son membre au bout duquel perle déjà un soupçon d'envie salé. Le long de celui-ci, je laisse mes doigts glisser et se perdre sur cette peau fine et tendue de désir. Un soupir plus chaud m'échappe, son prénom avec et en roulement de hanches, je lui fais ressentir toute mon envie là où mes lèvres viennent se perdre sur sa gorge pour y laisser de tendres marques qui pour les jours à venir, resteront sûrement.
copyright acidbrain
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Jeu 18 Mai - 21:06
Arlanne de Voûtefeuille a écrit:
Space Oddity
Seul sur Mars. Δ Andy Weir.

Cacher une relation au boulot, à la base, c'est déjà compliqué. Il faut éviter les sourires un peu trop niais et les regards langoureux. Il faut éviter les mains baladeuses et les gaffes du type ''Mon canard'' ou pire ''Ma grosse cochonne'' en public. Ouais ce genre de bourdes quoi. Il faut aussi éviter de se faire choper à se rouler de grosses galoches au détour d'un couloir, ou pire, de s'envoyer en l'air sur la photocopieuse allumée. Mais en dehors de ça, il y a la chance d'avoir une vie après le boulot. Qu'après quelques heures de retenue et d'efforts pour être aussi sages que des enfants de cœur on peut retrouver l'élu devant un café, un dîner, les deux, pour laisser libre cours au torrent d'amour, de niaiserie et de sécrétions qui découle toujours d'une relation amoureuse et d'un orifice qui vient d'être utilisé. Pardon. Pardon mais c'est vrai. Bref oui, relation au boulot ça veut dire faire gaffe dès qu'on a passé la porte de la boite, mais pour le sexy docteur Bucky et moi, la période Alcatraz c'est 24h 24. On n'a pas de moment de répit où une fois le verrou mis, on peut joyeusement faire ce qu'on veut et copuler comme des lapins sur chaque centimètre carré de l'appart. Ici on doit faire gaffe tout le temps, et les moments où on peut vraiment être seuls tous les deux sont comme chercher des feuilles sur un cactus. On mange ensemble, on vit ensemble, on fait du sport ensemble, on a des réunions et des manœuvres, ensemble.

Les seuls moments où on peut être vraiment tranquilles c'est soit quand il vient me rendre visite dans mon labo, ce qui doit pas se passer trop souvent vu que ça finirait par être suspect, ou quand moi je viens le voir. Moins suspect. Alors j'en profite, et objectivement, là maintenant tout de suite mon bon docteur va passer à la casserole. Parce que j'en peux plus de jouer le même jeu que des lycéens dont les parents leur ont interdit de sortir avec qui que ce soit parce qu'ils doivent réussir leurs examens, le tout avec un petit goût de Roméo et Juliette pas vraiment agréable en bouche. Je préfère parfum chocolat ou myrtille à ''amour impossible'', surtout quand c'est dans une tarte. Et là, peu importe ce qui va se passer, la station pourrait se faire attaquer par des aliens, Peggy pourrait être en train de hurler dans les haut-parleurs qu'elle nous veut dans son bureau maintenant tout de suite, je veux goûter le fruit défendu sur toute sa personne et pas juste sur ses lèvres. Alors dans un exercice pour lequel on est vraiment devenus très bons, on se retrouve bien vite à moitié à poil, nos vêtements volant gracieusement dans l'air comme une migration d'oies cendrées, et je m'allonge sur la table d'examen, mon bon docteur bien vite sur mes hanches.

Ok alors là très officiellement, je viens de passer le point de non retour. J'ai trop envie de lui et depuis trop longtemps pour me faire arrêter par quoi que ce soit, même une fin du monde. Ouais. Même une fin du monde. Et si on n'était pas si occupés là tout de suite, j'aurais bien envie de lui ronronner à l'oreille ''Entre toi et l'apocalypse bébé, je choisis l'apocalypse'' sauf qu'il risque de pas tout comprendre, de se braquer, de devoir m'expliquer, et couper l'envie à notre exercice de cardio spatial d'avoir lieu. A la place je me contente de le faire mien, d'embrasser sa peau et la marquer, de mordiller ses lèvres et de griffer sa nuque alors que nos roulements de hanches se font de plus en plus fiévreux. Je tiens plus, et vire rapidement son boxer comme le mien, découvrant ce que je soupçonnais. Il est bien foutu de partout l'animal! Ma main le caresse avec envie, nos mains s'enflamment et après de longues minutes où nos gémissements et nos caresses se font plus intenses, je viens poser mes mains sur ses hanches, le souffle court, et croise son regard.

Buck je... j'ai tellement envie de toi... Tu me rends complètement fou...

Puis je le guide pour le faire s'empaler lentement sur moi, les dents serrées et les doigts crispés sur sa peau blanche.

© GASMASK
Revenir en haut Aller en bas





Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Space Oddity
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Cinema Class Boss. 99% space cowboy, 1% space oddity.
» Nouveau FAQ de GW sur Space marine
» Space wolves VS tyranides
» Space Marines à vendre (pleins d'affaires)
» Chaos Space Marine Roster - Legion of the Damned

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Autres RP -Ras le bol du mal de mer ! :: Stuckys-
Sauter vers: