Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Dead Inside

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Date d'inscription : 26/11/2014
Ven 28 Aoû - 12:17
Dead Inside —




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"Sur la droite putain… Sam !"

Je serre les dents alors qu'un flot d'adrénaline se déverse une fois de plus dans mes veines, ne faisant qu'accroître l'étrange sensation qui étreint tout mon être. Un mélange presque agréable d'angoisse et de rage de vaincre. L'envie de frapper qui m'est propre et l'angoisse de Sam qui a toujours peur que l'un de mes fameux plans foirent et qu'on se retrouvent tout les deux par y passer. Et même si il ne cesse de me dire qu'il me fait confiance, je sens, j'entends qu'il est mort de peur actuellement, peut-être parce que pour une fois mon idée n'était pas la meilleure. Foncer dans le tas et casser les dents d'un kaiju ? On l'a déjà fait. Seulement quand ils sont trois ? Peut-être que j'aurais dû attendre l'autre jeager. Est-ce que je suis en train de regretter ? Ouais. Et le problème c'est que plus je pense ça, plus je sens Sam angoisser. Je sais vieux frère, je sais que j'ai merdé. Mais eh, c'est mon boulot de rattraper mes erreurs, le tiens c'est de me faire confiance et me remettre dans les rangs quand je commence sincèrement à déconner. Sauf que là… J'ai vraiment déconné, et il m'a quand même suivit. Putain.

"James ! C'est franchement pas le moment pour ça ! Concentre-toi sinon il va simplement nous broyer !"

Il a raison, faut que je reste concentré. C'est pas au milieu de cet enfer que je peux me permettre de flancher. Je m'excuserais auprès de Sam quand on se sera sortis de ce mercier, quand on aura repoussé les kaijus et qu'on sera de retour à la base, là ouais, je pourrais lui dire que j'ai été le dernier des cons, que mon idée de se jeter au milieu de la mêlée et de simplement espérer les fracasser c'était loin d'être la plus sage des choses à faire. Ouais peut-être qu'à cause de mon tempérament de merde et de mon envie de prouver que je suis le meilleur pilote, je viens de nous foutre dans une merde pas possible. Une situation qui va peut-être nous coûter la vie.

"Putain de merde ! James ! C'est vraiment, vraiment pas le moment ! On en a trois sur le dos là !"

Au milieu de la colère, et de son envie de m'en foutre une, je sens qu'il a peur. Je sens qu'il est au bord de la crise, parce que contrairement à moi, il a comprit depuis un moment qu'on est pas dans une position favorable… Pire, qu'on est même dans le genre dont on ne se sort pas. Un juron m'échappe alors que le kaiju revient à la charge saisissant notre jaeger au niveau de la taille. Tout les capteurs commencent à s'affoler autour de nous alors qu'on se retrouve projeté avec violence en arrière. Un autre juron m'échappe quand je le vois charger vers nous. Merde. Merde… Merde… Je fais un premier mouvement et je sens Sam douter une fois de plus. Je regarde l'écran face à moi, et tente un léger sourire.

"Sam… Tu me fais confiance, pas vrai ?"

Bien sûr. Ça fuse à mon esprit alors que son hésitation se mêle à ça. Je sens le gros "mais". Je sens le fait qu'il ne veut pas, qu'il ne le sent juste pas. C'est une putain de mauvaise idée. Je sais Sam, je sais… Mais c'est pas comme si on avait le choix. Ils sont trois… Et je ne sais ce que fous l'autre jaeger mais il n'a pas l'air d'être de la fête. Sam hésite une autre seconde avant de soupirer.

"Si on y passe Barnes, je jure que je fais de ta mort un enfer. Et j'aurais l'éternité pour me venger.
- Vendu."

Même si putain, je préférais qu'on s'en sorte, et qu'il se contente simplement de m'engueuler à la base en me disant que je suis le dernier des cons et qu'à cause de mon putain de caractère de merde, on a faillit se faire tuer. Ouais on va s'en sortir, il m'engueulera comme d'habitude et on reprendra notre quotidien tout les deux. Tout va bien se passer. On va y arriver. Trois kaijus. C'est rien. Pour nous deux, c'est rien. Trois fois rien. Le jaeger lève le bras alors que le monstre nous dévoile sa gueule immense, hurlant au milieu des vagues qui se déchaînent autour de nous et de la pluie qui semble vouloir nous noyer. Putain, putain… J'entends Sam jurer au sein même de mon esprit. Ça va passer, ça va passer… Faut que ça passe.

Sauf que non.

C'est loin de passer. Même très loin. Alors que je tente d'empêcher sa mâchoire immense de se refermer sur nous, ses griffes viennent éventrer le jaeger. Merde. Merde. Merde. J'entends Sam me maudire alors que je force, serrant les dents quand j'entends le métal crisser autour de nous tandis que les capteurs deviennent dingues. Je regarde les dents s'approcher et c'est à ce moment-là que je me dis que c'est terminé. Il va nous broyer. On va pas s'en sortir. Pas sur ce coup-là. Les dents se rapprochent inexorablement et tout ce que j'arrive à faire, c'est à me laisser envahir par la terreur qu'on partage tout les deux et les excuses que je ne cesse de répéter en boucle comme un prière.

Je suis désolé Sam, je suis désolé…

À partir de là, tout s'enchaîne si rapidement. Le métal crisse et semble se déchirer sans effort alors que l'eau s'infiltre de partout. Sous la puissance de sa mâchoire, c'est comme nous n'étions qu'une simple brindille qu'il broie sans le moindre effort. Tout se replis sur nous et nous mets face à la vérité, on va y passer. Un hurlement m'échappe quand quelque chose vient appuyer sur mon genou gauche que je sens céder. Je ne veux pas mourir comme ça… Sam ne cesse de répéter ça alors qu'en moins d'une seconde… On se trouve ballotés entre la mer et ses crocs. Quelque chose s'enfonce dans ma poitrine et un autre hurlement de douleur m'échappe jusqu'à ce que l'eau salée et glacée ne me fasse taire de force. Je me débats, sentant mes poumons se remplir d'eau avant que je ne sois rapidement ramené à la surface. Je m'étouffe en tentant de recracher le tout, vomissant au passage quand je sens la douleur dans ma poitrine. Douleur qui suffit à me faire perdre conscience. Et autour de moi, tout ce que je sens, c'est Sam qui abandonne à son tour.

Quelques gouttes glacées picotent ma peau, me donnant l'impression qu'on tente de me piquer avec une aiguille. Mon crâne me semble lourd alors qu'une puissante migraine me vrille les nerfs. Je tousse en tentant de respirer, avant de gémir en sentant la douleur dans ma poitrine. Putain. Je.. Je devrais. Je suis mort. Laissez-moi. Puis quelque chose dans mon esprit semble se rallumer. "Si tu souffres, c'est que t'es encore suffisamment en vie pour te débattre." Ouais. No Pain, No Gain, qu'ils disaient. Franchement, la douleur, je m'en passerais volontiers. surtout maintenant. Je rouvre lentement les yeux et constate que l'eau vient de la pluie qui s'infiltre l'air de rien via l'une des fêlures de mon casque. J'observe le ciel et rien que ça c'est presque trop douloureux. La lumière me fait mal. Respirer me fait mal. Le simple fait d'exister semble me faire souffrir là. C'est trop douloureux, trop compliqué. J'ai plus envie. J'en ai marre. Je m'apprête à fermer les yeux quand j'entends quelqu'un tousser, cracher à mes côtés. Sam. Sam. Il est là. Avec un effort qui me semble surhumain, je tourne la tête sur le côté et arrive à croiser son regard. Il a peur. Il a tellement peur. Je tente de bouger pour m'approcher mais cette simple idée m'arrache un long gémissement de douleur. Je peux pas, mon frère, je ne peux pas. Un sanglot m'échappe quand je comprends.

"Je suis désolé…"

Même parler est douloureux. Je sens son esprit s'embrumer. Je sens qu'il a du mal à penser. Tout ce que j'entends c'est de la peur. De la terreur. Je préférais qu'il me regarde et qu'il me dise qu'il me déteste, qu'il va me tuer une fois qu'on s'en serait sortis… Et pas que ses yeux ne reflètent que sa peur d'y passer. Hurle-moi dessus à la place. Dis-moi que tu m'en veux mais me fait pas ça. Seulement je sens que tout s'étiole dans son esprit… Tout devient plus fugace… Tout s'estompe. Et au fil des secondes, je le sens mourir. Je n'assiste pas à sa mort. Je la vis avec lui. Un long sanglot secoue mes épaules. Il est en train de mourir et je ne peux rien faire. Rien. Pas même bouger, pas même lui dire que ça va aller, qu'on va s'en sortir. Je peux pas. Je suis faible. Je suis fatigué moi aussi. J'ai mal. Et tout est de ma faute.

"Sam… Sam ! T'as pas le droit… T'as pas le droit… On va s'en sortir…. Je t'en prie… Me laisse pas Sam."

Les mots traversent difficilement mes lèvres. Même ça c'est trop douloureux putain. Le temps d'une seconde j'ai l'impression qu'il est encore là, et c'est quand je me tais que je comprends que je parle dans le vide. Je comprends alors que je suis seul. Qu'une partie de la douleur, de la peur que je pouvais ressentir ne venait que de lui. Et que maintenant qu'il n'est plus là… Je me retrouve seul avec moi-même. Il n'y a que ma peur. Que mes angoisses, que mes questions, que ma voix. Je n'entends que moi. Non la synchronisation à dû planter. Ou alors c'est mon esprit qui s'est imaginé tout ça. Est-ce que c'est encore réel ? J'en sais foutrement rien. Tout a dû être brutalement coupé quand le jaeger a été endommagé. J'ai toujours été seul. Toujours. C'est la dérive qui me donnait l'impression qu'il était là, tout le temps avec moi. Alors pourquoi d'un coup.. ? Parce que ça été coupé brutalement ? Peut-être. Mais là… Je me sens seul. Terriblement seul. C'est la première fois depuis des années et c'est peut-être ce qui me terrifie le plus. Je suis seul. Il n'est plus là. Plus là. Et il ne le sera plus jamais. Au milieu de l'eau qui s'infiltre dans mon casque se mêlent mes larmes quand un hurlement de bête en train de crever m'échappe. Un hurlement désespéré, douloureux. Je n'ai plus été seul depuis trop longtemps et maintenant que j'ai perdu la personne qui était la plus proche de moi… Je suis perdu. Le fait d'être seul me terrifie peut-être bien plus que de mourir sur cette putain de plage, au milieu des restes de notre jaeger.

No Pain, No Gain, qu'ils disaient.

Seulement là, je ressens plus rien. Je me sens vide sans lui. C'est finis. J'arrête. Je jette l'éponge. C'est trop douloureux d'être en vie. Trop compliqué d'exister. J'arrête. J'ai qu'à fermer les yeux et espérer que je ne vais mettre des heures à mourir. C'est plus simple. C'est tellement plus simple. "Si tu ressens plus rien, plus aucune douleur, là tu pourras dire que t'es mort Barnes. Mais pas avant." C'est bon. J'en suis là. Je peux me permettre d'abandonner. Et avec un peu de chance, je retrouverais Sam. Seulement j'entends du bruit autour de moi : la pluie sur mon casque, la mer au loin, quelqu'un d'autre. Taisez-vous. J'ai mal bordel, j'ai mal… Tout est douloureux. Inspirer, expirer. Réfléchir. Je rouvre les yeux et croise le regard sans vie de Sam. J'ai échoué. Je déglutis difficilement alors qu'un goût métallique envahit ma bouche… Putain… Je… Je vais vomir. Je porte les mains à mon casque, non sans gémir, et le retire. Drôle de réflexe pour quelqu'un qui veut mourir. Je me retourne tant bien que mal et j'arrive à vomir sur le sable. Du sang et bien d'autre fluides se répandent sur le sable sous mes yeux, alors que mon estomac ne cesse de rendre ce qu'il a… Jusqu'à ce que ce ne soit plus que de la bile amère. Je tente de reprendre mon souffle, gémissant à chaque respiration. Mes yeux se baissent sur mon plastron et une plainte m'échappe quand je vois qu'il s'est carrément enfoncé dans ma poitrine.

"Putain de…. merde…"

Tu m'étonnes que je souffre. Il est carrément… En train de m'écraser la cage thoracique. Je tente de m'assoir pour tenter de retirer ce dernier, hurlant quand je tente de bouger mes jambes. Merde. Je regarde et découvre que je peux oublier ma jambe gauche. Le genou est dans un sale état. Et rien que de sentir que ma rotule n'est pas à sa place, j'ai presque envie de recommencer à vomir. Finalement, je vais rester allongé. Tant pis. Je vais attendre que ça se termine. Après tout… Que faire de plus ? Hurler que c'est injuste ? Non. Mieux vaut attendre. Attendre la fin. Je détourne la tête, refusant de regarde son cadavre une seconde de plus. Et c'est là que je découvre que je ne suis pas seul là. Je distingue deux autres silhouettes allongés sur le sable. Putain. C'est eux. L'autre jaeger. Ceux qui devaient nous aider. Les connards qui étaient pas là pour nous aider. Ceux qui ne nous ont pas aidés. C'est de leur faute à eux. Pas la mienne. Si ils avaient été là… J'aurais pu sauver Sam. Je serre les dents et commence à ramper jusqu'à eux.

"Putain de merde ! Vous étiez où ?!"

J'attrape le col du pilote et le force à me regarder. C'est de leur faute à eux, pas la mienne. Ça ne peut pas être à cause de moi que Sam soit mort à cause de moi. J'aurais jamais pu lui faire ça. Jamais. Je secoue le pilote, réussissant à lever la main comme si je m'apprêtais à le frapper.

"C'est de votre faute bordel ! Vous étiez où putain ?! Hein ?! On était en train de se faire massacrer !"
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Ven 28 Aoû - 22:46
Dead Inside


 
feat : Jon & Ygritte

La sirène retentit et je sursaute avant de me redresser. Une alerte. Un kaiju est apparu. Je me laisse retomber de mon lit et tangue jusqu'à mon casier pour enfiler ma combinaison de pilotage. Une seconde plus tard, mon frère est à côté de moi, en train de s'équiper aussi. Quand j'attrape mes rangers, une double sonnerie s'élève. Merde. Deux kaijus sont apparus par la brèche. C'est rare que ça se produise, mais pas impossible. C'est juste un foutu bordel d'en liquider deux à la fois. Je jette un oeil à mon frère.

J'espère qu'ils vont pas nous mettre avec les deux russes. Ils ont un accent tellement épais que je pige rien à ce qu'ils disent, et plus d'une fois j'ai failli faire une connerie parce j'ai pas été foutu de les comprendre.
- Ni les coréens. Ils se prennent pour Bruce Lee...


On se marre comme des gosses avant de sursauter quand la sirène triple. Trois. Trois kaïjus. En même temps. C'est du jamais vu. Je me pince les lèvres en me redressant une fois que j'ai noué mes lacets.

Ca craint. Ca craint vraiment. Trois d'un coup... J'aime pas ça.
- Moi non plus frangin.


Je lui donne une tape sur l'épaule alors que j'attrape mon blouson, et on court à travers tous les quartiers des pilotes jusqu'à arriver au Shatterdome. Partout c'est l'effervescence comme j'en avais jamais vue. Personne n'avait vu ça, avant ce soir. Et ça laisse rien présager de bon pour la suite. Au milieu du dome, au centre des postes de commandes de tous les jaegers, Staker dispatche les ordres de vol. D'autres équipages sont là. Au loin je vois les deux types du Winter Falcon se glisser dans la tête de leur Jaeger, puis c'est notre tour.

Captain Hawn. Embarquez!
Oui chef.


On se place dans l'aire d'habillage et on écarte les bras. Pas besoin d'ouvrir la bouche, on sait déjà ce que pense l'autre : un des pilotes du Winter est une foutue bombe à retardement. Il est irréfléchi et impulsif, et c'est parfois passé pas loin qu'il n'y passe, ou flingue leur Jaeger. Les morceaux d'armure s'assemblent, et je ferme les yeux, respirant profondément. J'entends les bruits des tournevis et les cliquetis des morceaux qui s'emboitent. Puis rien. C'est fait. Je rouvre les yeux et les remercie avant d'avancer dans la tête de notre jaeger et de nous placer. La tête descend avant de retrouver notre Captain. Un dernier regard et on enclenche la dérive, avant de faire quelques mouvements pour assurer notre synchronisation. Puis les grues nous ramènent sur l'héliport. On nous arrime et bientôt le troupeau des dix hélicos nous arrache du sol. La montagne d'acier qui flotte au-dessus de l'océan, en plein milieu de la tempête déchaînée qui s'annonce droit sur nous. On voit déjà les éclairs au loin et les lourds nuages chargés de pluie. Et aussi Winter, qui est...qui est déjà en train de combattre? Mais...

Bordel il a déjà engagé le combat! Mais il est con ou suicidaire? Ma parole! Il peut pas tenir face à TROIS monstres!
- Si Staker sait ça... ça va chier pour eux et ils vont se retrouver à récurer les chiottes à la brosse à dents, crois-moi!


Je ferme les yeux et souffle doucement alors que j'écoute le bruit des moteurs des hélicos qui nous tractent. Lentement je calme les battements de mon coeur avant de sentir qu'on nous largue. Deux secondes plus tard, une immense secousse traverse tout le robot. On vient de toucher terre, au beau milieu de l'océan. Autour de nous la mer bouillonne déjà des trois kaïjus, aux prises avec ces crétins du Winter Falcon. Mais pourquoi ils sont allés se jeter dans la gueule du loup? Un seul jaeger contre trois monstres? C'est de la stupidité. Pure et simple. Et à peine arrivés près d'eux le canal de communication s'ouvre, et on entend tout de suite que les choses ne vont pas aussi bien qu'elles le devraient. Ils ont vu trop gros, et maintenant ils sont coincés. Dépassés par les trois créatures vicieuses qui prennent un malin plaisir à les faire tourner en rond et à vouloir les prendre en tenailles. Ils ont... peur.

Clint, on sort l'épée.

D'un même mouvement, on dégaine et l'épée se met en place, acérée et prête à servir.

Winter Falcon on arrive. Faites gaffe.

Mais à peine arrivés on ploie sous le poids d'une des saloperies qui vient de nous sauter sur le dos. Et son hurlement résonne, comme des milliers d'ongles sur un tableau noir. Notre bras remonte par-dessus notre épaule pour arriver à attraper le monstre mais sa peau est luisante, et trempée d'eau de mer. Nouvelle tentative, alors qu'on se débat pour lui faire lâcher prise.

Cette saloperie est coriace. Propulseurs dorsaux!
- Entendu.


On enclenche les propulseurs situés sur le dos de Captain, censés nous aider à aller plus vite dans l'eau, sauf que là, ils vont juste nous servir à déloger cet enfoiré en faisant chauffer sa carcasse. Et ça marche. Dans un sifflement ils se mettent en marche, la bête s'agite, avant de pousser un hurlement de douleur. Voilà. Moins envie de rester du coup hein? Elle nous lâche enfin, et on pivote pour lui faire face, nous préparant à sa nouvelle attaque. Autour de nous la mer s'agite et les vagues sont énormes. Un autre jaeger est en approche. Et d'un coup elle saute. Droit sur nous. D'un geste ample on arrête sa course d'un revers de l'épée, et une seconde plus tard sa tête retombe en bouillonnant dans la mer démontée.

Woohoo une saloperie en moins!
- Si on bute les trois dans moins de vingt minutes je paie un coup à boire.
- Prépare ton portefeuille alors, et ton foie aussi!


On a un léger rire avant de nous tourner vers les deux qui bataillent toujours sur leur kaiju. La bête les a attaqués de face, et ils nous tournent le dos. Sauf qu'ils commencent à reculer.

Winter! Winter attention, vous êtes trop près! Winter! Putain ils vont...

Pas le temps de finir la phrase que leur jaeger percute le nôtre alors qu'il perd l'équilibre. Sous la violence du choc on chancelle, et les stabilisateurs du centre de pilotage nous lâchent. On passe de l'horizontale à la verticale en une seconde, avant de ressentir le choc violent du robot qui frappe la surface de l'eau de tout son poids. Non. Non non. Putain mais ils font quoi? On s'écrase sur le fond, et mes tympans sont vrillés par le son strident de toutes les alarmes qui s'affolent. Oui je sais, je sais qu'on est pas dans la bonne position, et pire que tout, qu'on est bloqués... sous l'eau. Leur Jaeger nous est tombé dessus.

Winter? Winter dégagez votre foutu appareil! On peut plus se relever! Winter? Winter!

Rien. Le silence. Je regarde Clint et je sens la panique dans ses yeux.

Ca va frangin?
- Ouais ouais. T'en fais pas, un peu sonné, mais ça va.


Il faut qu'on sorte de là, et vite. Les alarmes continuent de résonner, alors que je vois des filets d'eau cascader de la visière de Captain. On est bloqués. Et on prend l'eau, bordel de merde. Il faut trouver un moyen de foutre le camp. Et leur jaeger nous empêche de sortir les capsules de détresse. J'attrape le révolver de secours qui est accroché à la cloison, et me tourne vers lui.

On se détache, et on remonte. J'espère que t'as pas perdu tes talents en apnée.

Simple hochement de tête. L'heure n'est plus à la rigolade. En une seconde on se détache du dispositif et on quitte la dérive.

Prêt?
- Prêt.
- On se retrouve là-haut.


Je vise le verre blindé de la visière, et heureusement, après quatre balles, il vole en éclats et l'eau s'engouffre dans le cockpit. J'inspire profondément, échange un dernier regard avec Clint avant d'être plaqués par le poids de la flotte qui s'engouffre. Et une fois le cockpit plein, je prends appui sur la paroi pour me propulser hors de la tête, et une fois sorti je remonte tout droit, tentant de limiter les gestes inutiles pour conserver mon oxygène. En tournant la tête je vois Clint qui me suis de près et je reprends mon ascension. Sauf qu'une immense chose me balaie et me coupe le souffle.

J'ouvre les yeux et mon premier réflexe est de sentir ma gorge bruler. Je tousse, relevant un peu la tête et je sens du sable contre mon visage. Putain je l'ai fait. J'ai réussi à remonter. Bordel c'est pas passé loin. Je tousse encore, arrondissant le dos, avec l'impression d'avoir du feu dans la gorge, sûrement à cause de l'eau salée. Et j'ouvre les yeux. Du sable. Une plage. J'entends du bruit. La tempête. Le tonnerre. Des hélicos. Un hurlement de kaïju. Au prix d'un effort énorme j'arrive à me mettre à genoux et là une voix résonne pas loin. Je tourne la tête. Bucky, du Winter Falcon, est à genoux et hurle. On dirait qu'il s'en est sorti aussi. Il y a une autre silhouette. Clint. Je sens un poids immense s'ôter de ma poitrine maintenant que je sais que lui aussi y est arrivé. Je commence à ramper, avant de réaliser sur Buck est en train de lui hurler dessus. Je tangue à peu près et m'avance vers lui.

Dégage! Dégage!

Je le pousse et retombe à genoux près de Clint.

Ecoute pas ce connard. Mon frère ça va? Dis-moi que ça va!

Ma main se pose sur sa joue, et je commence à le secouer.

Clint! Clint réveille toi bordel! C'est pas l'heure de la sieste. Clint!

Je me penche vers lui, pour écouter son souffle. Il y a rien. Le vide. Oh non. Non. Mes doigts se promènent sur l'armure et je tente de la virer. Sauf que j'ai ni tournevis, ni machine. Je dois lui faire du boucheà bouche. Le réanimer.

Clint non! non! Bordel je t'interdis de mourir! Je t'interdis de mourir!

Avec l'énergie du désespoir je commence à tambouriner son armure, avant de me pencher pour lui faire du bouche à bouche. Rien. Je recommence. Une fois, deux fois, dix fois. Rien. Toujours rien. Petit à petit mon coeur s'arrête, même si ma tête refuse d'accepter cette possibilité. Non. Non.

Clint allez! Me fais pas ça! Me fais pas ça!

Mais il reste là, immobile, les lèvres entr'ouvertes. Mort. Je continue à frapper la carcasse de métal avant de finir par m'écrouler contre lui, sanglotant comme un gamin, et répétant sans cesse "Reviens... reviens... me laisse pas... me laisse pas..."

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fiche by mad shout.

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Sam 29 Aoû - 0:22
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Quelque chose ne va pas. C'est pas possible. Ça peut pas être réel. Dîtes-moi que ça ne l'est pas. Tout semble irréel. Autant Sam mort quelques mètres plus loin que le sale goût amer que j'ai sur la langue. L'eau continue de ruisseler dans mes cheveux alors que ma peau me fait un mal de chien. Tout me fait un mal de chien. Serrer mes doigts autour du col du pilote du Captain est déjà une putain de torture, et je ne parle même pas de mon genou. Non mais de toute façon, ce n'est qu'un mauvais rêve, un putain de cauchemar dont je vais me réveiller. Faut juste que j'attende la décharge ou le mot qui va me refaire revenir. Un tremblement secoue mes épaules alors que je me laisse gagner par une colère qui me permet de nier la mort de Sam. Une colère qui me permet de prétendre que ce n'est pas ma faute, que ce n'est pas moi qui ai foncé tête baissé au milieu des trois kaijus simplement parce que je pensais qu'on était suffisamment doué pour les faire tomber. Ce n'est pas moi qui ait causé sa mort. Non. Ça ne peut pas être moi. Alors je me défoule sur le mec à mes pieds, je le secoue, me retenant tout juste de le frapper. Le connard me répond même pas. Il ose même pas me dire pourquoi ils n'ont pas ramenés leur cul tout de suite, pourquoi ils ont préférés nous laisser au milieu des trois… Puis c'est quand je croise son regard que je comprends. Mon estomac se retourne à nouveau et d'un coup je me fais bien plus silencieux.

"Oh merde…"

Mes doigts lâchent avec plaisir son col tandis que je recommence à trembler, sentant déjà le goût de la bile sur ma langue. Je vais vomir. Je serre les dents alors que son regard me rappelle celui de Sam. Tout aussi vide, tout aussi froid. Le même regard qui semble me servir de miroir, comme si le seul intérêt était que je croise mon reflet pour y voir ma propre culpabilité. C'est comme si dans ces yeux déjà vitreux, je m'y voyais me murmure "C'est de ta faute Barnes." L'envie de lui fermer les yeux me traverse l'esprit. Seulement je n'ose pas le toucher, je ne veux pas le toucher. D'un coup il me dégoûte, d'un coup il me rappelle que je vais probablement y passer… Mon souffle se fait encore plus court alors que j'ai l'impression que ma propre armure tente de m'étrangler. Je le mériterais après tout, ne suis-je pas celui qui vient de tuer son meilleur ami ? Si. Et pourtant, je continue de prétendre que ce n'est pas de ma faute. Que ce n'est pas moi qui ai tué deux pilotes et réduit en miettes deux jaegers. Je suis innocent. C'est la faute des kaijus… Pas de la mienne. J'entends des pas dans le sable et relève rapidement la tête vers Rogers, qui me repousse d'un geste, appuyant pile sur mon plastron, m'arrache ainsi un gémissement de douleur ainsi qu'un beau chapelet de jurons. Je me retrouve sur le dos, à cracher la seule chose qu'il me reste : du sang et des insultes.

"Connard…"

C'est tout ce que j'arrive à lui sortir alors que je suis forcé de me taire pour gerber une fois de plus. Et cette fois tout ce que je vois dans le sable c'est du sang. Putain de merde. Encore un peu et je vais tourner de l'oeil une fois de plus. Faut que je me débarrasse de mon armure et vite. Sinon je vais réellement étouffer à force. Je passe mes mains dans mes cheveux poisseux, le regardant pleurer sur le cadavre de son partenaire. J'esquisse une moue à la limite de la gêne avant de détourner le regard, observant la silhouette de Sam au loin. Et une question s'impose à mon esprit… Est-ce que je ne devrais pas être moi aussi, sur le cadavre de mon ami à le pleurer de la sorte ? Si… Mais je ne peux pas, je n'ose même pas l'approcher. Parce que j'ai l'impression que ça m'est interdit. La vérité c'est que je ne supporterais pas de croiser ce même regard vide, je n'arriverais pas à rester à ses côtés. Pas alors que je l'ai vu mourir sous mes yeux, pas alors que j'ai eu dans mon esprit ses derniers mots, pas alors que je me doute que si je suis en vie, c'est parce qu'il m'a sauvé le cul. Mes doigts s'enfoncent dans le sable tandis qu'un sanglot se meurt à nouveau sur mes lèvres. Ça a toujours été comme ça entre nous, moi qui fout la merde, qui m'attire des emmerdes et lui qui est là pour sauver mon cul. J'ai toujours été un espèce de désastre ambulant et c'était toujours à lui de me sauver des pires situations… A tel point que sa mère m'a toujours détesté. Elle ne cessait de dire à Sam que j'étais pas fréquentable, qu'il ferait mieux de m'exclure de sa vie, soit-disant parce que j'étais néfaste… Quelque chose se meurt sur ses lèvres. Peut-être un autre sanglot, peut-être un juron. Je n'en sais rien. Tout ce que je sais c'est que c'est douloureux d'être là, de devoir admettre que Sam est bien mort et que je suis bien là au milieu des restes du Winter. Ça devait pas se passer comme ça… On aurait dû s'en sortir, massacrer ses kaijus et rentrer victorieux à la base. La pluie glisse de ma nuque jusque dans ma combinaison alors que j'entends un hurlement déchirant percer le bruit de l'orage et des vagues autour de nous. Je relève la tête et vois au loin la silhouette d'un kaiju en train de se battre contre un autre jaeger. On devrait être là-bas avec Sam… Pas… Là. Pas sur cette putain de plage. Pas au milieu des débris. Pas avec un genou de fracassé. Ça aurait pas dû se passer comme ça, j'aurais dû… Il n'aurait pas dû me faire confiance. Je ne sais pas pourquoi il a cru en moi. Il n'aurait jamais dû.

"Putain…."

Mes doigts labourent un peu plus le sable alors qu'au milieu du chaos qui semble régner autour de nous, j'entends ses lamentations à côté de moi.

"Mec. Ça sert à rien. Il est mort ton pote. Et si on reste ici, on va finir par y passer."

Seulement il ne m'entends pas. Enfin, il refuse de m'entendre. Tout ce qui compte pour l'instant c'est son pote mort. Le reste… Le monde, il pourrait arrêter de tourner, il s'en foutrait. Il est dans le même état que je l'étais il y'a quelques minutes. Seulement je n'ai pas le temps d'attendre qu'il est finit de se lamenter. Je serre les dents et m'approche de lui, posant une main sur son épaule pour tenter de l'arracher à son étreinte morbide.

"Tu m'écoutes ou pas ? Il est mort ! MORT ! Et ça sert à rien de le pleurer, ça va juste nous faire tuer ! Et j'ai déjà perdu mon partenaire à cause de toi, alors si tu veux bien le lâcher histoire que j'y perde pas en plus la vie, j'apprécierais ! On s'est déjà fait massacrer par VOTRE FAUTE, alors je t'en prie, rends-toi utile bordel !"
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C'est pas possible. C'est pas possible non. Non non non. C'est un cauchemar. Ouais c'est ça, un cauchemar. Et je vais me réveiller dans mon lit, et jeter un oeil à côté de moi, et je le verrai, à moitié vautré, un pied dépassant des couvertures, un bras qui pend dans le vide. Il dormira tranquillement, paisiblement, et quand je lui raconterai ça demain matin il va se marrer en me disant que je flippe comme une fillette, et en me sortant je sais plus quelle légende de notre grand-mère cherokee à propos des rêves. Moi je le croirai, je terminerai mon café et on irait s'entraîner tous les deux dans le simulateur. Voilà. Voilà comment ça va se passer. Sauf que non. Sauf que la tempête hurle trop fort, la pluie est trop froide, et la douleur est trop réelle pour que je sois dans un rêve. Dans un rêve, on se réveille quand on se fait mal. Pas là. J'ai le coeur broyé parce que ma tête s'obstine à me dire que ce qui se passe est la réalité. Et que mon frère est mort.

Clint. Clint non. C'est pas possible. C'est pas possible merde. C'est juste. Non. Pas lui. Je vais faire quoi sans lui. Je peux rien faire sans lui. Il a toujours été avec moi, toujours. Depuis tout gosses. C'est lui qui m'a appris à faire du vélo. C'est lui qui m'a appris à faire des bulles de chewing-gum. C'est lui qui... qui me filait des tuyaux pour emballer les filles, et qui, quand je lui ai annoncé, les larmes aux yeux qu'en fait je préférais les garçons, m'a pris dans ses bras, m'a frotté le crâne en me disant que quoi qu'il arrive je restais son frère et que du moment que j'étais heureux, c'était tout ce qui comptait. Quand on était gamins on allait prendre deux chevaux à peine débourrés et on allait faire les cons dans les prés derrière le ranch, sans se récolter quelques gamelles poussiéreuses, ou quand on prenait des tentes, de la bouffe, et qu'avec les copains on montait camper dans la forêt et pêcher sur le lac. Tout ça. Tout ça je l'ai fait avec lui. L'académie militaire, je l'ai fait avec lui. Conduire un jaeger, je l'ai fait avec lui. Mais mourir il l'a fait seul, et moi je reste comme un con, abandonné sur cette foutue plage battue par la tempête. Non. Non non. Clint non! Je peux pas imaginer ma vie sans toi! Je peux pas! Je peux pas! J'ai toujours tout fait avec toi, comment tu veux que je me démerde sans toi maintenant? Hein? T'y as pensé?

Je reste penché sur lui, ma main sur sa joue alors que des larmes roulent le long de mes joues couvertes de sable. Je tremble autant de froid que de fatigue mais rien me fera partir d'ici. C'est pas possible. A le voir là il a l'air tellement calme. Tranquille. Il... il dort. Il fait juste que dormir. Si seulement. Si seulement c'était vrai. Si seulement il pouvait juste ouvrir les yeux, se marrer comme un con et me balancer un "Merde frangin, si t'avais vu ta tête!". Si seulement... Et au milieu de tout ça j'entends une voix. Il me faut deux secondes avant de comprendre. Il est revenu. Le pilote du Winter. Je ne fais même pas gaffe à ce qu'il me dit. J'en ai tellement rien à foutre, rien compte à part Clint, allongé devant moi.

C'est là qu'il me touche. Je sursaute violemment et tourne lentement la tête, les dents serrées. J'ai l'impression de mal entendre. De vraiment mal entendre. Je préfèrerais même être sourd que d'entendre ça. Une rage sourde envahit mes veines alors que je me redresse, et lui décroche une violente droite de ma main toujours dans la combinaison. Je le vois reculer d'un pas et chanceler, alors que mes lèvres se desserrent enfin.

Tu te fous de moi? TU TE FOUS DE MOI? C'est de MA FAUTE? Tu oses dire que c'est de MA FAUTE, petite merde?

Je l'attrape par le col et lui assène une autre droite qui le fait retomber dans le sable.

C'est TOI, espèce de minable, qui as foncé dans la gueule du loup, c'est TOI qui l'a fait tuer! Pire encore, c'est parce que t'as fait des conneries que TON JAEGER NOUS EST TOMBE DESSUS ET NOUS A BLOQUES SOUS L'EAU! Alors si tu veux pas que je transforme en charpie, je te conseille juste de FERMER TA GUEULE ET DE TE BARRER!

Je soupire bruyamment avant de me retourner et retomber à genoux près de Clint.
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Mes hurlements me semblent insignifiant en comparaison du bruit que fait la pluie quand elle bat lourdement mon armure. Pour être franc, j'ai l'impression de n'entendre que ça, la violence de la pluie qui s'abat furieusement autour de nous, comme si elle tentait de nous achever, de nous faire comprendre que c'est foutu. Qu'on peut abandonner et se laisser crever au milieu du sable poisseux d'huile de moteur, de sang et d'autres fluides qui ont pu être régurgités. Peut-être que c'est ça la moral de cette putain de journée : que ce n'est pas la peine de se battre, que si ce ne sont pas ses putain de kaijus qui auront notre peau, ce seront les éléments. Le reste du monde qui nous fera comprendre que de toute façon, c'est inutile et qu'on va forcément crever, d'une façon ou d'une autre. Et qu'au final, tomber au combat avec ses camarades, c'est pas si grave que ça. Sauf que j'ai un putain de défaut. J'ai la rage de vaincre. La rage au point de refuser d'abandonner, au point d'être capable de refuser d'y passer. Alors pour tenter de faire comprendre à l'univers tout entier que mon heure n'est pas encore venu, je me débats avec plus de hargne qu'un mec qui est en train de se noyer. Je serre les dents, je hurle et je cherche la merde avec peut-être la seule personne qui est en mesure de m'aider sur cette putain de plage. Le seul qui pourrait peut-être contacter la base et leur demander de nous envoyer une équipe de secours. Mais non, au lieu de lui mettre une gentille tape sur l'épaule, m'excuser, lui dire que je comprends sa peine, je préfère lui hurler dessus. Je préfère lui reprocher la mort de Sam, lui dire que tout est de sa faute si nos deux jaegers sont en miettes. C'est tellement plus simple de lui dire que tout est de sa faute, ça me donne une excuse pour ne pas y penser, pour ne pas me dire qu'à la base, c'est mon plan qui a fait tout foirer, que c'est moi et moi seul qui suis responsable de se bordel sans nom. La mer fait rage à nos côtés alors que je croise son regard, et rien qu'a le voir serrer la mâchoire, je sais que je vais m'en prendre une. Je le connais ce regard, c'est généralement celui que les gars ont avant de me décocher une droite. Je me fige et tente de me reculer que son coup me cueille à la mâchoire. Un coup qui me fait étouffer un juron, qui me fait reculer et qui manque de me faire voir des étoiles. Je chancèle, sentant mon genou gauche hurler quand je prends appuie sur lui. Putain.. Putain… Je vais vraiment finir par tourner de l'oeil. Et après son coup, ce sont ses mots qui m'atteignent. Le refrain habituel. Tout est de ma faute. Il ose même m'insulter. Je serre les mâchoires. La vérité c'est que je refuse d'entendre ça, je refuse qu'on me rappelle que tout est de ma faute. Non. C'est celle des kaijus… Du mauvais temps… N'importe quoi d'autre mais pas moi. Je ne suis pas fautif. Je refuse d'admettre que je suis celui qui a tué Sam. Je… J'ai promis que je ferais toujours attention à lui, que je serais là jusqu'à la fin. Je devais pas être la cause de sa mort… Jamais. Seulement avant que je n'ai réellement le temps de hurler un "ta gueule" à l'autre pilote, voilà que sa main se referme sur le col et qu'il m'assène une droite qui cette fois-ci me rallonge dans le sable. Un long gémissement m'échappe. Putain de merde. C'est lui qui va me tuer si il continue. Je l'écoute me hurler dessus, soutenant son regard. Putain, je jure que je serais en état, je lui sauterais à la gorge pour lui faire ravaler ses mots. Chose que je m'empresse de lui hurler.

"T'as une putain de chance que je sois dans cet état là connard ! Sinon je jure que je te ferais bouffer le sable de cette plage ! Quant à me barrer j'adorais, vraiment ! Mais avec un genou en moins, tu m'expliques comment ?! Sans compter que les capteurs de ma combinaison sont morts ! T'es le seul qui peut appeler la base et demander des secours ! Alors plutôt que de te lamenter comme une veuve, tu pourrais nous sauver de là !"

Les derniers mots se meurent dans ma gorge. Merde. Je tente de prendre une grande inspiration mais celle-ci se fait sifflante. Putain de merde. Je fais un autre essai et me retrouve comme un con, incapable de ravir ne serait-ce qu'une goulée d'air. Je vais m'étouffer. Simplement parce que ce putain de plastron est encastré dans ma poitrine. Mes doigts labourent le sable alors que ma vision commence à se faire trouble. Non, non c'est pas le moment pour tourner de l'oeil. Pas le moment. Seulement tout se brouille autour de moi. La morsure de la pluie glacée sur ma peau s'estompe lentement, je n'entends presque plus rien à part les propre battements de mon coeur affolé et c'est à peine si j'arrive à distinguer le ciel orageux. Tout devient sombre, tout devient flou. Le monde finit par disparaitre devant mes yeux et le temps d'une seconde, je me dis que c'est la fin.

"Ils sont vivants Monsieur. Blessés, mais vivants, Rogers est conscient, Barnes non. Clint et Sam sont eux par contre décédés. Quant aux jaegers il n'en reste presque plus rien Monsieur. On va déjà transférer les corps et les survivants à la base, une autre équipe s'occupera de récupérer ce qui peut l'être."

Ce sont les premiers mots que j'arrive à voler, à ravir à l'inconscience. Lentement je me sens revenir alors qu'on ouvre mon armure. Une puissante quinte de toux m'échappe alors que je sens quelque chose couler le long de mon menton. Je sens qu'on l'essuie rapidement ça de mon visage, me posant un tas de questions que je peine à comprendre. Je m'en fous, je peux recommencer à respirer. Pour le reste… Oubliez-moi. Laissez-moi. C'est moins douloureux d'être inconscient que de supporter ce qui se passe là. De supporter la mort de Sam. Je sens qu'on me soulève pour me transporter et c'est à ce moment-là que je sombre à nouveau. Cinq minutes. Cinq minutes et je recommence à me battre, à me débattre. Mais là, j'ai juste besoin d'une pause. Juste cinq minutes.

Seulement quand j'ouvre les yeux, je me doute bien que cela fait bien plus de cinq minutes que je me suis évanoui. Une odeur de désinfectant me saisit. Je suis à la base… Sûrement dans une chambre du bloc de soins. Je tente d'ouvrir les yeux, gémissant faiblement face à la lumière. Putain. Je me racle la gorge, sentant ma bouche sèche, puis je tente de respirer. Et même si c'est douloureux, ça l'est bien moins qu'avant. C'est même supportable. Je porte une main à ma poitrine et serre les dents en sentant que la moindre pression me fait souffrir. Puis je sens la texture des bandages sous mes doigts. On m'a soigné. Je suis bien à la base, vivant et en sécurité. J'entends quelques machines autour de moi et j'arrive enfin à ouvrir les yeux. Mes cheveux collent à mon visage et en voyant l'immense attèle autour de mon genou, je comprends que je ne vais pas avoir le plaisir de quitter ce putain de lit avant un moment. Puis j'entends du bruit autour de moi, quelqu'un qui remue aussi dans ses draps… Et c'est en tournant légèrement la tête que je découvre que je partage ma chambre de repos avec le pilote de la plage, le pilote du feu Captain Hawk. Génial. Je pousse un grognement et avant que je n'ai le temps de lui faire part de mon mécontentement, voilà que la porte s'ouvre pour laisser entrer Stacker.

"Messieurs. Je vois que vous êtes tout les deux réveillés. Ce qui veut dire qu'on va pouvoir enfin avoir une petite discussion. Commençant peut-être par cette question assez simple : Comment expliquez-vous le fiasco d'aujourd'hui messieurs ?J'ai perdu deux pilotes, deux jeagers et j'ai plus que vous dans un état qui vous demander au bas mot, bien deux mois de récupération."

Son regard se pose vers moi et je ne peux que serrer les dents, soutenant son regard. Pendant quelques secondes rien ne se dit avant qu'il ne reprenne, son regard se perdant désormais dans celui-de Rogers.

"La réponse est assez évidente après tout. Barnes a comme d'habitude foncé tête baissé, donc j'ai déjà mon coupable… Le seul truc que je n'arrive pas à saisir c'est le pourquoi. Et croyez-moi, j'ai besoin de savoir pourquoi j'ai perdu deux excellents pilotes et que vous êtes encore là messieurs."
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J'arrive pas à réaliser que... que Clint est mort, et que le monde continue de tourner autour de moi. La pluie continue de tomber, le vent continue de hurler, les vagues continuent de s'écraser sur la plage, et pourtant Clint, lui est parti. Putain. Je peux pas. Je peux pas accepter ça. Je peux pas digérer ça. Je peux pas. Je peux pas. Je peux pas... Je reste obstinément contre lui, près de lui, à chialer comme un gosse. Est-ce que c'est pendant une heure? Une minute? J'en sais rien. J'ai perdu le compte du temps, j'ai perdu le compte de tout le reste. La seule chose que je sens, c'est la gigantesque main qui me broie les tripes, lentement. Clint est mort.

Et c'est là que l'autre crétin de compétition revient à la charge, cet espèce d'enfoiré qui ose me dire que je dois arrêter de pleurer mon frère pour appeler les secours qui sauveront son petit cul précieux. Mais il a donc aucune dignité? Aucune empathie? Et pire que tout, il a même pas l'air d'avoir pigé que tout ça, tout ce putain de fiasco, c'est de sa faute. C'est lui qui nous a foutu dans ce merdier, c'est lui qui nous a coincé, et il ose me dire de me bouger? Juste pour le faire chier, j'ai envie de l'envoyer se faire foutre, parce que personnellement, mourir ici, maintenant, m'arrangerait. Que moi aussi je disparaisse, et qu'on en reste là. Que j'aie pas à réapprendre à vivre dans monde où il serait pas avec moi. J'ai plus rien à perdre, de toute façon.

Va te faire foutre, et si t'oses me parler encore une fois, t'approcher encore une fois, je te noie.

J'ai sifflé ça entre mes dents, et je remarque à peine qu'il a tourné de l'oeil. Bien. Au moins il va se la fermer et arrêter de débiter autant de conneries à la seconde. Au moins il me dérangera plus. Au moins je peux me concentrer sur Clint. Quelques minutes plus tard j'entends le bruit des pales d'hélico en approche, et je reconnais notre logo sur la carlingue. On vient nous chercher. Je pose mon front sur l'armure de Clint, croisant les bras pour me protéger du sable, et quelques instants plus tard un type en combinaison de vol et deux soigneurs s'approchent. Ils tentent de me poser des questions, et j'essaie d'y répondre comme je peux.

Il... il est mort. Il... il s'est noyé. Il... j'ai rien pu faire. J'ai rien pu faire... rien...

On pose une main sur mon épaule, on me dit que c'était pas ma faute, et on veut m'emmener dans l'hélico. Sauf que je veux pas. Je veux pas rester loin de Clint. Je veux pas. Et après quelques minutes de lutte, ils capitulent en comprenant que rien me fera changer d'avis. Hors de question que je l'abandonne. Finalement, ils embarquent d'abord l'équipage du Winter Falcon, et reviennent pour nous. Tout au long du trajet je reste silencieux, assis à côté de Clint, tenant sa main. Et c'est seulement arrivés au Shatterdome que j'accepte de le laisser partir.

Le reste est vague. Je me laisse emmener, je me laisse promener jusqu'à l'infirmerie où on me remet mon épaule démise, et où on me recoud les grosses lacérations que j'avais dans mon dos et que j'avais même pas senties... Ensuite une piqûre, et le noir. Quand j'ouvre les yeux je suis en pyjama, allongé dans un lit. Mais ce n'est pas ma chambre. On dirait plus une chambre d'hôpital. Je grogne en tentant de me redresser, et regarde autour de moi, tout en me rappelant de l'horreur qui s'est passée. Et j'ai mal partout. A l'intérieur, dans mes tripes, et à l'extérieur, sur mes sutures, mes muscles endoloris et abîmés, ma tête lourde. D'un coup je vois que je ne suis pas seul. Une autre silhouette est allongée sur le lit de l'autre côté de la pièce. Oh pitié non. Me dites pas qu'ils ont fait ça. Ils m'ont collé ce crétin de Bucky dans ma chambre. C'est une blague. Une foutue blague. Sérieusement, il faudra pas s'étonner si un matin il se réveille plus. Vraiment. Et vu comme il est amoché, ça sera facile de s'arranger avec tout ça.

Je veux déjà repousser les couvertures quand la porte s'ouvre et je sursaute. Straker. Merde. Mon premier réflexe est de vouloir me mettre au garde à vous mais il m'arrête d'un geste.

Repos Rogers. Restez allongé. Vous n'êtes pas en état.

Je hoche rapidement la tête et l'observe. Ce type m'a toujours impressionné. Il a su dire merde à tous les plus grands dirigeants de cette planète, emmerder les bureaucrates, tout ça parce qu'il savait au fond de ses tripes que sa façon de voir était la meilleure, et que le mur était une connerie sans nom. Il tient toute la résistance à lui tout seul, et gère le Shatterdome d'une foutue main de maître. Beaucoup le détestent, mais personne n'osera dire que c'est un mauvais chef.

Il commence son petit discours et rien qu'à ses questions, en entendant qu'il a perdu deux pilotes et deux jaegers, je sens ma gorge se nouer. J'ose pas parler, j'ose pas tout balancer parce que... j'ai peur de la façon dont il pourrait réagir. Alors je me tais, pour l'instant. Et une partie de moi est soulagée quand il balance à Bucky que c'est de sa faute. Bien.  Lui est dans mon camp. Un peu rassuré, je me lance.

Si... je peux me permettre monsieur... nous... nous étions en route avec le Captain Falcon, en train d'être héliportés, et le Winter avait été le premier à partir. Sauf que quand on nous a déposés, le Winter s'était déjà lancé dans la mêlée, seul face à trois kaijus, alors que tous les jaegers n'étaient même pas encore arrivés. Tcherno Alpha nous suivait et Crimson Typhoon venait de décoller. On a essayé de leur porter secours en les rejoignant mais la mer était déchaînée. Et les trois monstres étaient immenses. D'un coup les radars ont indiqué que le Winter venait trop près, beaucoup trop près de nous, et leur communication radio ne marchait plus. On a essayé de les prévenir mais on dirait qu'ils ne nous ont pas entendu. Ils ont fini par nous bousculer, et notre jaeger est tombé. On a heurté les fonds marins, et le Winter nous est tombé dessus, nous bloquant sous l'eau. Alors avec mon copilote on a décidé de tenter une sortie. On a tiré dans la visière du jaeger et on a voulu remonter à la nage et tenter de gagner la surface. Après, quelque chose m'a heurté et je me suis réveillé sur la plage. Voilà monsieur.

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Si il y a bien une chose que je déteste, c'est qu'on me dise que c'est de ma faute. Qu'on me mette face à mes erreurs en me disant "t'as vu, t'as encore merdé." Je suis assez grand pour me rendre compte que j'ai fais une connerie et franchement, je n'ai pas besoin qu'un connard vienne me mettre en plus une tape sur le museau. J'ai déjà perdu Sam, je pense que c'est déjà une bonne façon à l'univers de me prouver que c'était la fois de trop. Donc non, je n'ai pas envie d'entendre Stacker me dire que j'ai tout foutu en l'air une fois de plus parce que j'ai eu envie de régler ça rapidement et que mes plans merveilleux du genre "je vais me jeter dans la mêlée et défoncer du kaiju" a encore une fois eu des dommages collatéraux peut appréciable. Seulement avant, ça ne touchait que notre jaeger… Alors même si on me hurlait dessus en me disant que le but ce n'était pas de le ramener dans un état encore plus lamentable que le combat d'avant, je me contentais d'hausser les épaules en disant que ce n'était pas méchant, que ce n'était que de la tôle froissée. Mais là. Deux personnes sont  mortes à cause de moi. Au lieu de soutenir le regard de mon supérieur, je me contente de détourner le regard, fixant le mur, la mâchoire serrée. Et c'est là que Rogers se lance dans son petit numéro de lèche-cul et je jure que si j'étais capable de me lever, j'irais lui en coller une.

"C'est ça… Permet toi."

Je crache ça entre mes dents alors qu'il commence son explication, disant qu'en étant partis les premiers ils nous ont rejoints plus tard et qu'on était déjà en plein affrontement. Puis il aborde le fait que nos communications étaient cramés et que nos jaegers sont entrés en collision et que c'est ainsi qu'on a terminé à moitié morts sur la plage. Une belle histoire. Que je vais avoir du mal à démentir. Stacker prend une grande inspiration avant de se tourner vers moi.

"Bien… Et vous Barnes, qu'avez vous à rajouter ?"

Je déglutis, croisant à nouveau son regard alors que je sens que de toute façon, peut importe ce que je peux dire, je sais que c'est plié. Il considère que je suis le fautif. Seulement je refuse d'être l'accusé dans cette histoire. C'est pas ma faute si son co-pilote s'est noyé. Je suis peut-être responsable de la mort de Sam, mais pas de l'autre con. Je serre les poings et tente de prendre une grande inspiration, ignorant la douleur dans ma poitrine.

"Qu'effectivement on était le premier sur place à bord du Winter Falcon. Après de là où nous étions, ils n'avaient pas l'air si dangereux que ça. Trois kaijus… Ça pouvait passer. Notre jaeger était conçu pour justement être capable de s'en sortir… Notre jaeger est terriblement offensif… On était largement capable de tenir trois kaijus le temps que les autres arrivent. Ça aurait dû bien se passer. le problème c'est que les autres ont traînés. Quand le Captain Hawk est arrivé, on avait un kaiju qu'avait ses dents et ses griffes dans le jaeger. On avait plus de radio, la moitié des capteurs étaient HS et même notre synchro était hasardeuse. Alors ça a été presque une surprise pour nous de constater qu'ils étaient derrière nous. Je me souviens juste qu'on a basculés dans la mer et… Je me suis réveillé j'étais sur la plage avec Sam… Au milieu des restes des jaegers. Donc non ce n'est pas ma faute si ils ont subis des pertes ! On savait même pas qu'ils étaient là, et en voyant que nos communications étaient mortes, il aurait dû nous approcher d'une autre façon ! J'y peux rien si ils ont été cons et qu'ils ont pensés que venir se coller à nous était la meilleur idée du monde ! De toute façon, c'est pas une grande perte, à eux deux ils ne valent ni Sam, ni moi !"

Sam aurait été là, il m'en aurait collé une pour avoir dit ça. Rogers est là et je sens qu'il est à deux doigts de faire ça. Mais j'y peux rien mon pote, c'est la vérité. Je me tourne vers lui, lui adressant un sourire désagréable à souhait. Un sourire autant méprisant qu'insolent.

"Te fâche pas comme ça Rogers, c'est la vérité. Vous étiez moins bon que nous.  Vous étiez à peine bon pilotes, même les russes qui se soulent allègrement entre deux attaques font mieux. Votre technique de combat est à peine à niveau et votre jaeger n'avait rien d'exceptionnel. Donc ce n'est pas une grande perte. Mais pleure pas hein, je suis sûr qu'on trouvera un autre crétin de ton niveau avec qui tu seras compatible, ainsi tu pourras recommencer à être inutile sur le terrain et en combat."

D'une certaine façon, je suis jaloux. Parce que lui est tellement con que je suis sûr que le premier crétin qui passera par là sera compatible avec lui… Alors que moi, c'est peut-être fin, je vis peut-être devoir arrêter d'être pilote… Et franchement je ne sais pas si je le supporterais. Jusqu'ici, c'est ça qui me maintient en vie, y'a que ça qui arrive à me filer une dose suffisante de frissons et d'excitation pour que j'ai envie de recommencer, quitte à en crever. Si je dois arrêter ma carrière de pilote, je commence à me dire que j'aurais mieux fais d'y passer avec Sam. Et alors que Rogers commence à s'énerver, à m'insulter de tout les noms en disant que je suis le dernier des connards, que je ferais mieux de la fermer, voilà que Stacker intervient enfin.

"Barnes. La ferme. Et Rogers, je sais qu'il est insupportable mais ne le tuez pas de tout de suite. Aussi crétin qu'il soit, c'est un bon pilote et nous avons besoin de lui, enfin, vous avez surtout besoin de lui…"

Je fronce les sourcils. Rogers ? Avoir besoin de moi ? Oh non. Oh j'espère que je me trompe sur ce qui va suivre.

"Voyez… Ce ne sont pas les nouvelles recrues qui se bousculent au portillon… Alors ce serait un miracle qu'on arrive à trouver deux recrues qui seraient en plus compatibles avec vous… Ce serait peut-être plus simple de tenter de vérifier si vous n'êtes pas compatibles tout les deux. Et avant que vous ne commenciez à hurler comme deux putois : non vous n'avez pas le choix. On vous laisse le temps de guérir et ensuite, vous reprenez l'entraînement tout les deux. Dans un mois, on tentera une synchronisation. Sur ce Messieurs… Bon rétablissement… Oh et avant que j'oublie… Barnes ? Vos entretiens avec le psy de la base ? Je veux une évaluation par semaine. Vous ratez un seul rendez-vous et je fais de votre vie un enfer, suis-je clair ?"

Je me contente d'une moue dégoûté.

"Suis-je clair ?"

J'abandonne pour aujourd'hui et soupire.

"Limpide."

Il nous salue et quitte enfin la chambre nous laissant tout les deux avec cette putain de nouvelle à digérer. Ils vont tenter de voir si ils peuvent créer une équipe de deux personnes qui se détestent profondément. Ça sonne comme la pire idée de merde. La pire. Ça marchera jamais.
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Sam 19 Sep - 22:35
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Je suis quelqu'un de simple, qui a toujours vécu une vie simple, avec des goûts simples. Nos parents nous ont toujours élevés dans l'idée d'être reconnaissants de ce qu'on avait, à savoir de la nourriture dans notre assiette, un toit au-dessus de la tête, une famille qui nous aime, des amis qui faisaient pareil, et être en bonne santé. Ils nous répétaient toujours que posséder ça et rien que ça, nous faisaient être plus chanceux que les deux tiers de la planète, et c'est une leçon que j'ai retenue encore aujourd'hui. Me contenter de ce qu'on a, apprécier les choses toutes bêtes. C'est pour ça que l'entendre, l'entendre me dire que tout est de notre faute, à Clint et à moi, que c'est nous qui avons fait en sorte que la mission foire, que c'est de notre faute si c'est devenu une telle foutue tragédie me rend totalement dingue. Mais le pire, c'est quand il ose dire que le fait que Clint soit mort c'est rien, parce que ça aurait été une plus grosse perte si lui était mort, avec son coéquipier. Mon sang ne fait qu'un tour et en une seconde j'ai l'impression qu'un torrent brûlant se déverse dans mes veines. Je me redresse dans mon lit de camp, prêt à lui coller la trempe de sa vie, quand Stakker me donne l'ordre de pas bouger. Je serre les poings, le souffle court.

Mais c'est ça ton problème, espèce de connard! Tu as un égo grand comme quatre kaijus! Tu as une telle foutue opinion de toi-même que t'as aucune idée des risques que tu fais courir aux autres et surtout à ton copilote! Je suis pas là-dehors pour jouer les superstars et frimer, on est pas dans un match de catch bordel! Alors ouais on était pas les meilleurs, mais, grande nouvelle, contrairement à toi, je m'en fous! Je m'en fous totalement! Je fais pas ça pour la gloire, je fais pas ça pour les titres! Je fais ça pour AIDER les gens! Et ça tu le sais foutre pas! Pas une seule seconde!

Me gorge s'est un peu nouée et je sens mes yeux brûlants de toutes les larmes que j'ai versées depuis mon réveil se mouiller de nouveau.

Tu dis que ton jaeger était si offensif que ça? Comment t'expliques que t'aies pas tenu le coup? Comment t'expliques que toi, le grand, ô merveilleux pilote de génie t'aies pas été foutu de TOUS NOUS SAUVER? Hein? La prochaine fois on devrait te foutre dans l'eau sur un canot de sauvetage avec un flingue et on va voir si tu fais toujours autant le fier! Parce que là, tout ça, te précipiter dans la gueule de ces trois saloperies, c'était rien d'autre que d'assurer le show, et te faire mousser. T'es un putain de junkie à l'adrénaline, sauf que ça fait de toi un putain de danger. Un putain de danger QUI A COUTE LA VIE A MON FRERE! Espèce de sale... toi avec ton caractère de merde tu vas plus jamais remonter dans un jaeger parce que PERSONNE ici à la base peut t'encadrer, personne! Tu gonfles tout le monde! A faire le con t'as tout gagné, on va te foutre à la porte et tu feras un job de merde pedant que moi je continuerai à faire le boulot que t'aimes tellement! Tu pourras me voir à la télé pendant que tu seras revenu à ta petite vie de merde! Et...

Stacker m'arrête encore une fois, et sèche salement ce petit con arrogant et prétentieux. Je pourrais presque en sourire, mais l'idée que Clint est mort me serre la gorge. J'ai besoin de le pleurer, mais pas ici, pas avec lui. Hors de question qu'il me voie dans cet état. Sauf que je hausse un sourcil quand il me dit que j'aurais besoin de lui.

Pardon? Pour m'en servir comme punching ball? Ou pour le réduire en charpie et appater les kaijus avec?

Je l'écoute exposer son plan et je déglutis. Non. Non c'est pas possible. Lui et moi? Piloter ensemble? Hors de question. Totalement hors de question. Je veux ouvrir la bouche pour protester mais il me coupe d'emblée, réglant son compte à Bucky avant de disparaître de la pièce. Par chance pour moi je suis en assez bon état pour pouvoir rester me reposer et me remettre dans mes quartiers, sans avoir à respirer le meme air que ce connard. Au bout d'une semaine je recommence les entraînements avec les autres, musculation d'abord, endurance, puis je reprends le basket avec les autres, qui sont plutôt cool avec moi. Ils montrent de la compassion pour moi, et ont de petites attentions sympas. On va aussi se boire quelques bières certains soirs, quand Strakker est trop occupé. Pendant tout ce temps, je vois pas l'autre. Et heureusement, sinon je crois que je réduirais en purée.

Sauf que toutes les bonnes choses ont une fin. La veille, j'ai reçu l'ordre de Strakker de me retrouver en simulateur à la première heure le lendemain et me voilà. J'ai mal dormi en sachant que j'allais le revoir, en sachant que je devrais me retrouver près  de lui, dans la même pièce que lui, dans le même simulateur que lui. Mais... les ordres sont les ordres. Alors j'attends, sagement assis dans un coin en tenue d'entraînement, en espérant que l'autre ne se pointe pas, ou que Strakker repousse l'exercice.


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Lun 21 Sep - 15:03
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Tout glisse autour de moi. Ses paroles, le reste du monde, la mort de Sam… Comme un gamin je me braque et préfère fermer les yeux et me boucher les oreilles. C'est plus simple de refuser de voir quoi que ce soit plutôt que de se battre. De toute façon… J'en ai rien à foutre. Rien à foutre que l'autre connard de n'aime pas. Rien à foutre que son frère soit mort, rien à foutre des putain d'évaluations psychologique de Strakker. Ce n'est pas moi le problème. Avec Sam on aurait dû s'en sortir, on aurait dû être capable de se débarrasser des trois kaijus. Notre jaeger était le meilleur, purement offensif le Winter Falcon était fait pour écraser ses adversaires. Si ça a merdé c'est parce que les autres sont des connards qui tiennent bien trop à leurs culs. C'est la vie les gars, on est pas ici pour parader en combinaison mais pour se battre contre des monstres qui vont très certainement nous faire la peau. Faut pas espérer s'en sortir. On va forcément y passer un jour. Y'a forcément un jour où l'on va se faire broyer entre les griffes ou les dents d'un putain de kaijus. Ici t'as pas le loisir de penser qu'un jour tout ceci prendra fin et que tu pourras retourner à la vie civile. Ici c'est un putain cul de sac dont la seule sortie de secours c'est la mort. On va tout y passer un jour, nous au moins, ça peut être en plein milieu d'un combat pour défendre le reste de l'humanité. Si ça c'est pas glorieux. Alors ouais, la mort de Sam me laisse avec l'impression que j'ai perdu mon propre frère, mais… Je peux pas en vouloir au monde entier, il savait ce qui allait arriver quand il s'est engagé. C'est pas ma faute, c'est pas moi qui l'ai tué… C'est les kaijus. Je déglutis et pince les lèvres, réalisant soudainement qu'il ne sera vraiment plus à mes côtés. Je ne le croiserais plus aux entraînements, ni pendant les quartiers libres… Je… Je l'entendrais plus dans mon esprit quand on dérive tout les deux… Je… Je suis seul désormais. Un poids tombe sur ma poitrine et alors que je devrais être soulagé quand j'entends que Rogers va avoir le plaisir de passer sa période de convalescence dans ses quartiers, je me contente de fermer les yeux et de grommeler un "merveilleux". Le seul point positif dans cette journée de merde… C'est qu'au moins, je vais avoir la paix le temps de m'en remettre.

Et c'est long bordel. Foutrement long. Parce qu'un genou fracturé, ça met un putain de mois à se réparer. Un mois. Un mois à être coincé dans un lit, avec en plus une rééducation intensive, histoire de prévenir toute raideur ou complication. Rééducation qui elle par contre va me suivre pendant trois putain de mois. Sans compter que comme promis, j'ai la psychologue de la base qui passe me voir une fois par semaine pour m'évaluer. Et ses questions m'emmerdent. Est-ce que je suis triste d'avoir perdu mon partenaire ? Oui connasse. Est-ce que je m'en veux ? Va te faire foutre. Comment je me sens ? Comme un mec qui a les côtes qui ressemblent à du hachis parmentier. Ouais, la première séance se passe pas hyper bien, la seconde non plus. A tel point qu'elle commence à me dire que si je continue à montrer les dents, se pourrait que je perde mon droit de piloter un jour. L'idée me tient éveillé une bonne semaine et finalement, j'accepte de m'ouvrir un peu, enfin, plutôt de lui raconter ce qu'elle a envie d'entendre. Je lui dis que ouais, sans Sam je me sens perdu, que je m'en veux et que j'hésite encore à me pointer à ses funérailles.

"Pourquoi ? Vous avez peur du jugement de ses proches, ou de sa famille ?"

La question me fait serrer les dents. C'est pas eux le problème. C'est lui. Je ne sais pas si je serais capable de me tenir sur sa tombe. Je l'ai vu mourir putain. J'étais encore synchronisé avec lui quand il est mort. Je… J'ai fais plus que le voir mourir, je l'ai sentis. J'ai sentis les restes de sa conscience s'étioler, j'ai ressentis sa peur… Et, je ne sais pas si j'aurais le courage de me tenir au-dessus de sa tombe sans repenser à ce moment sur la plage. Je fais claquer ma langue contre mes dents et me rembrunis.

"James ?
- J'ai pas envie de répondre à la question."

Elle griffonne quelque chose sur son carnet et je me doute que ça ne va pas plaire à Strakker. Elle m'observe une bonne minute alors que je reste parfaitement silencieux, puis m'annonce qu'on va s'arrêter là pour aujourd'hui. Je l'observe quitter ma chambre avant de me permettre un long soupir. Plus que deux semaines et j'aurais le droit de quitter cette putain de chambre, de retrouver mes quartiers et de recommencer à m'entraîner. Seulement quand j'ai enfin le droit de quitter ma chambre et de recommencer à me mêler au reste des pilotes, je me rends compte que sans Sam, je suis effectivement seul. Tout ceux que je croise dans les couloirs me fixe à peine, et quand il faut se mélanger pour faire des groupes d'entraînements ou pour manger, c'est dingue mais d'un coup j'ai l'impression d'avoir la peste. Et à chaque fois je me contente de serrer les dents et de leur prouver que je peux me démerder sans eux. Mieux, je leur prouve que je me débrouille vachement mieux sans eux. Parce que je suis meilleur qu'eux, à moi tout seul, je vaux mieux que ce ramassis de singe qui se pensent supérieurs.

"Vous vous sentez seul ? Exclus ?"

Mes doigts tapotent nerveusement sur l'accoudoir du fauteuil. Dieu, j'avais oublié à quel point je détestais son bureau. Je le hais. Je pousse un soupir et préfère fixer le mur derrière elle. Je sais ce qu'elle veut me faire cracher. Mais c'est hors de question. Je refuse d'admettre que je me retrouve seul sans Sam parce qu'à cause de mon comportement, soit-disant de sale con, je me retrouve complètement à la ramasse.

"Non. Je refuse juste de traîner avec des incompétents.
- Bien sûr… Vous ne pensez donc pas que cela a à voir avec votre comportement ou avec la mort des deux pilotes ?
- C'était pas ma faute, faut qu'ils finissent par le comprendre… J'y suis pour rien si on doit se battre contre des monstres qui peuvent nous tuer à tout moment ! J'y peux rien si Rogers et son frère étaient des incompétents ! J'y peux rien si des gens meurent !
- Vous trouvez donc ça injuste qu'on vous reproche tout ça ?
- Oui ! Ce n'est pas moi le responsable ! C'est pas moi le grand méchant loup !
- Vous êtes une victime, c'est ça ? Vous aussi vous avez souffert et contrairement à Rogers… Vous… Il n'y a personne pour vous consoler et vous dire qu'il est désolé pour votre perte. Personne pour vous aider à passer outre…"

Je me fige. Putain. Le temps d'une seconde je me contente de la regarder, les lèvres légèrement entrouvertes, incapable de trouver quoi que ce soit à lui claquer. J'ai rien. Pas un mot. Pas une phrase, pas même une répartie. Même pas une insulte. J'ai que dalle. Parce qu'étrangement, elle a touché juste. Moi aussi j'ai perdu quelqu'un… Et y'a personne pour me dire que ça va aller, que ça va s'arranger et que j'arrêterais de souffrir de son absence. Pendant une longue minute elle soutient mon regard et pour la première fois depuis un moment, je tente de fuir.

"Je pense qu'on est bons pour aujourd'hui.
- Une fois que vous aurez répondu à cette question, oui.
- Pas envie.
- James."

Je me lève et tente d'atteindre la porte, alors qu'elle tente de me retenir.

"Si vous partez ainsi… Je vais être obligé de le mettre dans mon rapport pour Strakker. Ça pourrait encore retarder votre retour sur le terrain.
- Vous voulez tout savoir ?! C'est ça ?! Eh bien non ! J'en ai rien à foutre qu'il n'y ait personne ! J'ai pas besoin d'eux ! Qu'ils continuent tous de sucer cet incompétent de Rogers ! C'est pas mon putain de problème ! Moi j'ai pas besoin d'être plaint pour aller mieux !"

J'ouvre la porte en grand et la claque derrière moi. La vérité, c'est que là, tout de suite… J'aimerais bien avoir quelqu'un chez qui aller pleurer un coup. Là, j'aurais besoin de Sam. Quand ça allait pas, c'est chez lui que j'allais. C'est lui qui me préparait un thé et qui m'écoutait avant de me sourire et de me dire "Eh… T'es Bucky Barnes, t'es invincible et y'en a aucun qui t'arrives à la cheville." Ouais. Je suis invincible. Je ressens ni douleur, ni compassion, ni même que dalle. Je suis Bucky Barnes, je suis le meilleur pilote de cette base et je crache sur tout ces connards.

Une semaine passe et c'est presque agacé que je reçois l'ordre de me présenter le lendemain au simulateur. Merveilleux. Fallait s'y attendre après tout… Strakker était sérieux quand il disait qu'il voulait tester notre compatibilité. Je froisse l'ordre en boule de papier que je jette directement dans la corbeille. Fais chier. Je pensais pouvoir éviter Rogers jusqu'à la fin de mes jours, mais non…  Je donne un coup de poing rageur dans le mur, jurant ensuite contre cette idée de merde. Et même si pendant une seconde, j'ai dans l'idée de ne pas me présenter à cette simulation, c'est pourtant d'un pas pressé que je m'y rends, poussant la porte de la salle du simulateur sans même m'excuser pour mon retard. Je croise rapidement le regard de Rogers alors que j'entends Strakker me faire remarquer que j'ai facilement dix minutes de retard.

"Oh pardon… Le psy m'a gardé un peu… Vous savez ce que c'est, toujours à me poser des questions pour mes évaluations que je prends très au sérieux..
- Un mot de plus et vous passez votre nuit à récurer la cafétéria à la brosse à dent."

Je lève les yeux au ciel, m'installant à côté de Rogers, n'appréciant pas vraiment de constater qu'il est plus grand moi… D'une bonne demi-tête en plus. Je me redresse et bombe le torse, tentant de me rendre impressionnant malgré mon mètre quatre-vingt.

"Messieurs. Si vous êtes là aujourd'hui c'est pour vérifier que vous êtes compatibles. C'est pourquoi on va tenter une dérive via simulateur… C'est le moment de vérité messieurs, si il s'avère que vous êtes capable de vous synchroniser vous retournez sur le terrain… Sinon… Je pense que vous pourrez retourner à des activités moins dangereuses que le pilotage de jaegers."

Je pince les lèvres pas franchement heureux de savoir que ma seule solution pour continuer à piloter, c'est d'être compatible avec ce gros con. J'émets un claquement de langue alors que je m'installe à ses côtés dans le simulateur. Ça sert à rien. Ça marchera pas. C'est évident qu'on est pas compatibles, on ne se supporte pas. Comment pourrait-on accepter d'avoir en plus l'esprit de l'autre relié au notre ? Mais bon. Je me détends alors que Strakker annonce que la procédure de dérive va commencer. Je pousse un profond soupir et ferme les yeux, me concentrant sur le souvenir que j'utilise à chaque fois, celui où on est avec Sam, à regarder les étoiles dans la cabane qu'on avait construite dans le chêne de son jardin. A cette époque… On rêvait de devenir astronautes… Simplement pour aller toucher les étoiles. Par moment je me dis que c'était plutôt une façon d'avouer qu'on voulait se barrer de cette planète pourrie et de l'existence de merde qu'on nous prévoyait. Un long frisson d'excitation dévale mon échine alors que je retrouve cette sensation si particulière qui m'avait tant manqué. Une sensation qu'est presque capable de me foutre la trique, parce que généralement, ça indique qu'on va aller se battre et que j'aurais ma dose. Un sourire se dessine lentement sur mes lèvres avant de disparaitre quand… Quand je le sens dans ma tête. Putain de bordel de merde. C'est… C'est…

J'ai pas de mots.

Tout semble plus fluide, plus naturel qu'avec Sam. Tout va trop vite aussi. En moins d'une seconde… Je… J'ai accès à tout. Pas juste ses impressions ou ses ressentis. J'ai ses pensées, ses souvenirs… C'est comme si, en moins d'une seconde… Nous n'étions plus qu'une seule et même personne… C'est juste… Tellement plus puissant, tellement plus intrusif que ce que je pouvais avoir Sam. C'est…Ça me coupe le souffle. Je rouvre brutalement les yeux alors que quelqu'un indique au loin que nous sommes synchronisés. Putain de merde. J'y crois pas. C'est pas possible.

"Putain…"

C'est tout ce qui traverse mes lèvres dans un premier temps. Avant que ceci ne suive.

"Putain… Sors de ma tête."

Je le sens. Je sens qu'on partage tout et en permanence, c'est un échange, comme si… Comme si c'était normal qu'on partage tout.

"Sérieux… Sors de là. Je sais que tu ne fais pas exprès mais… Bordel… Je vois tout…."

Les derniers mots ressemblent presque à une plainte. Non pas que c'est douloureux ou quoi… C'est juste dérangeant. J'ai accès à beaucoup trop de choses, beaucoup trop d'informations en trop peu de temps. Et d'un coup… Tout semble se calmer. Tout semble plus naturel… Je ressens ce qu'il ressent, entends ce qu'il entend… Et… Ça me semble normal. Familier presque. Plus que ça ne pouvait l'être avec Sam. C'est comme si je me sentais complet tout d'un coup, comme si j'avais enfin retrouvé la moitié qui m'avait toujours manqué. C'est tellement dérangeant.

"Messieurs. J'ai le plaisir de vous annoncer que vous êtes parfaitement compatibles… Qu'y l'eut crû ? Dès demain vous allez vous entraîner tout les deux. Félicitations."

Putain c'est un cauchemar. C'est pas vrai.
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Jeu 24 Sep - 13:43
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Un mois. Le mois le plus long et le plus dur de toute ma vie. Pourquoi? Parce que pour la première fois Clint n'était pas avec moi. Parce que pour la première fois on était pas ensemble pour se serrer les coudes, pour s'épauler, pour se taper sur l'épaule et se dire "Allez, t'en fais pas, ça va aller, on va y arriver". Jusqu'à présent c'était le cas : on y était arrivés, tous les deux. Mais maintenant ça a foiré et je suis seul. La minuscule consolation, c'est qu'au moins je suis tranquille dans mes quartiers, et pas obligé de partager l'infirmerie avec ce connard fini. Tranquille pour hurler, pour chialer comme un gamin. J'aurais jamais supporté qu'il me voie comme ça, qu'il m'entende hurler ma peine. Plusieurs fois j'ai juste enfoui mon visage dans les coussins et j'ai hurlé, ou alors j'ai attendu qu'une bonne grosse tempête secoue le shatterdome et je suis sorti. Je me suis planté sur le bord des quais, fouetté par le vent et par la pluie et j'ai crié tout ce que j'ai pu. J'ai crié que c'était injuste, j'ai crié que je lui en voulais d'être parti, et que c'était de ma faute, j'ai crié que je m'en voulais à moi de pas avoir pu le protéger. Tout ça et bien d'autres choses. On peut pas vivre vingt-cinq ans avec quelqu'un, qu'il soit proche au point qu'il sache tout ce qui se passe dans sa tête, qu'on partage tout, et tourner la page du jour au lendemain. Avec Clint on était pas des jumeaux mais on était aussi proches que deux frères pouvaient l'être. C'est pour ça qu'on a été choisis quasiment tout de suite, et que la dérive, pour nous, était une des plus puissantes existantes parmi les pilotes de jaeger : on était tout l'un pour l'autre et on avait rien à cacher. Une dérive totale, pleine et entière, d'une puissance redoutable.

Maintenant, je devais faire sans. Et ça m'a pris du temps. Ca m'a pris du temps pour accepter que son lit resterait vide. Pour accepter que je ne l'entendrai plus se marrer comme un gamin quand il avait planqué mes affaires et que j'avais découvert sa connerie. Que j'aurais plus droit à ses blagues pourries ou ses coups de gueule redoutables. Non. Plus rien. Plus ça. Et même encore, des semaines après, j'ai encore le réflexe de le voir, du coin de l'oeil, dans un coin ou un autre. D'avoir l'impression d'entendre sa voix. D'attendre qu'on appelle son nom quand on fait l'appel pendant les réunions. Une partie de mon cerveau le sait, l'autre pas, et pour l'instant, la cohabitation entre les deux est plutôt difficile. Et compliquée, pour moi.

Par chance aussi, les autres ont appris ce qui s'est passé, et ils m'ont bien aidé. Pendant quelques jours, ils m'ont laissé tranquille, ce que j'ai apprécié, et petit à petit on est venu toquer à ma porte pour aller manger. Pour aller faire un basket sur le quai d'embarquement. Pour aller s'entraîner au combat, une fois que mon épaule était remise. On tentait de me faire rire, de me remonter les idées, et ça m'a fait tellement de bien. Les pauvres ont supporté mon humeur plutôt morose au début sans rien dire... Et je sens surtout qu'ils sont de mon côté. Lui on ne l'invite pas. Lui déjeune et dîne seul. Lui, personne ne vient le chercher pour les matchs de basket.

Sauf que le compte à rebours imposé par Strakker touche à sa fin et je suis obligé de faire ce foutu test. Je peux pas. Je veux foutrement pas avoir à piloter avec lui. Il est dangereux, imprévisible, prétentieux, arrogant et surtout, c'est à cause de lui que mon frère a été tué. Surtout que l'armée ne vous laisse pas de choix, et en tant que militaire, je dois obéir aux ordres. Même si j'en connais pas d'autres auxquels j'aimerais moins obéir. Le jour J je suis là. Strakker aussi et j'attends. Au moins notre supérieur ne se sent pas obligé de me faire la conversation, ce que j'apprécie. Qu'on me laisse juste tranquille. Petit à petit je sens qu'il s'impatiente, et intérieurement je me dis que s'il se pointe quand même, il va se prendre une rincée, mais s'il se pointe pas du tout, il devra subir les foudres de l'apocalypse en personne. Je crois que Strakker pourrait faire peur à Lucifer en personne, si les deux se retrouvaient face à face.

Enfin la porte s'ouvre et je me relève lentement, soupirant quand je le vois. Enfoiré. Putain d'enfoiré qui se permet encore de faire son show et de se montrer arrogant à crever. Mes poings serrés me démangent, mais j'étouffe un petit rire quand je l'entends se faire taper sur les doigts, et menacer de récurage. Ca lui fera le plus grand bien... Je soupire quand Strakker nous annonce son plan, et hoche lentement la tête. Franchement, me battre sans Clint... ça serait encore mieux de retourner au ranch, surtout qu'il y a du boulot là-bas, et que mes parents ne sont plus tout jeunes...

Sans lui accorder un regard je m'installe dans le simulateur et ferme les yeux. Comme à chaque fois je respire lentement et profondément. Petit à petit, je visualise mon esprit comme une série de portes et de compartiments, que j'ouvre mentalement une à une, avant que tout soit comme une gigantesque plaine. Celle du Montana. Le ranch de mes parents, les écuries, les chevaux qui galopent dans les prés. Les week-ends avec les copains au bord du lac, dans les tentes, à parler autour du feu et à se baigner dans l'eau glacée à deux heures du matin, salement éméchés. Je nous vois aussi nous mettre salement sur la gueule la seule fois où on s'est engueulés, et où on a finis par pelleter toutes les box en une nuit comme punition de nos parents, un oeil au beurre noir chacun et l'alcool mauvais. Tout ça. Toute ma vie. Notre vie, avec Clint. Celle qu'il a contribué à gâcher.

Avant même que je remarque quoi que ce soit, il me dit de sortir de sa tête, et pourtant j'ai pas senti que j'y étais. Avant de percuter, enfin. New York. Gamin de la ville. Lycée. Sam. Tous les deux qui deviennent très proches. Je vois aussi qu'il... oh... alors comme ça Barnes aime les garçons. Et il aime bien se faire prendre. J'ai un léger sourire quand je le sens tenter de me retenir ,de me bloquer le passage, de fermer certaines portes et cacher des squelettes dans le placard, mais j'y peux rien. J'ai accès à tout. Sans limite, sans restriction. Je vois tout, je sais tout, comme la fois où il s'est fait choper par sa mère au beau milieu de l'acte avec un mec qui était entré en douce par la fenêtre. Entre autres. Et ça m'amuse. Parce que moi j'accepte mes casseroles, je m'en fous, alors que lui tente de retenir du sable dans sa main avec les doigts ouverts, et il lutte avec l'énergie du désespoir. On dirait qu'il a jamais connu une dérive comme ça, alors qu'avec Clint, c'était comme ça tout le temps.

La voix de Strakker s'élève enfin, et nous annonce qu'on est quasiment aussi compatibles que Clint et moi. Non. Non non. Je me retire de la dérive et ôte mon casque, secouant la tête.

Commandant c'est pas possible. Je peux pas. Je peux pas bosser avec lui! Je peux pas lui faire confiance! Il est imprevisible! Je veux pas risquer ma vie de façon inconsidérée!

Strakker se tourne lentement vers moi et me toise avant de répondre d'une voix froide.

C'est un ordre, Rogers. Demain simulation de combat. Maintenant rompez.

Et je reste comme un con, planté là, abasourdi par la nouvelle alors qu'il disparaît, me laissant seul avec Buck.


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Ven 2 Oct - 20:23
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Avec Sam… La dérive a toujours été simple, efficace. On a jamais eu ce genre de dérive dont certains parlent, ce genre où l'on est incapable de retenir quoi que ce soit et où l'on ne fait qu'un avec l'autre. Non.. Nous c'était différent, lui voyait ce que j'avais envie de voir et n'allait jamais chercher plus loin que ce que je le laissais entrevoir… Et en même temps, pourquoi  aurait-il eu besoin de plus ? Il me connaissait, il n'avait pas besoin de mes souvenirs pour dériver. On avait pas besoin de ça. On n'avait qu'ouvrir notre esprit et se laisser aller. C'était simple.  Bien plus simple que ce qui est en train de se produire. J'ai pas l'impression de dériver… J'ai l'impression qu'il viole littéralement mon esprit. Je sens son esprit s'engouffrer dans le miens alors qu'il accède à tout. Et j'ai beau tenter de le repousser, de lui dissimuler certaines choses… C'est trop tard. Il a déjà tout vu. Il me voit gamin dans la cuisine de mes parents, à dévorer des sandwichs beurre de cacahuètes et confiture de fraise. Puis il voit Sam avec moi, Brooklyn, les nuits d'Halloween à se promener dans le quartier en dévorant des bonbons… Et ensuite il entre dans la partie de mon esprit la plus intime. Il me voit au lit avec mon premier amant, un mec de mon lycée… Il nous voit à nous tripoter dans ma chambre, le souffle court en ne laissant échapper que quelques gémissements… Et il le revoit plus tard, quand ma mère nous découvre un soir. J'ai envie d'hurler. Pas de lui crier dessus pour lui dire de sortir de ma tête une fois de plus. Non… J'ai envie d'hurler, de simplement laisser échapper un hurlement de frustration et de douleur. Je ne veux pas qu'il voit ça. Je tente tant bien que mal de le repousser de lui claquer la porte au nez, mais c'est comme tenter d'attraper de l'eau : tout me glisse entre les doigts et bien contre moi, il continue de pouvoir accéder à tout ce que je suis ou ce que j'ai été. Les muscles de mon corps se tendent au point que cela en est douloureux. Mon souffle se fait plus court et j'ai l'impression que mon coeur va me lâcher. Sors. Sors. Sors. Putain de merde. C'est violent, c'est intense… Et honnêtement je ne pensais pas connaître cela un jour.

Seulement au milieu de mes tentatives vaines, j'ai moi-même accès à ses souvenirs. Un ranch. Des plaines immenses, l'odeur du foin et rapidement, c'est lui et son frère que j'entrevois. L'odeur du bois fraîchement coupé fait frissonner ma peau et comme pour lui, j'ai accès à tout ce que renferme son esprit. Je le vois gamin avec son frère, à sa chamailler, je vois la première fois qu'il monte à cheval, sa première chute… Puis avec ses potes autour d'un feu près d'un lac, à brailler comme des salauds bien éméchés avant de se jeter dans l'eau glacée. Tant de choses que je ne voulais pas vraiment voir, ni connaître. En moins d'une seconde, on sait tout l'un de l'autre. Je serre les dents et attends que la dérive se termine, priant simplement pour que ça prenne fin. Et heureusement, Strakker finit par couper court à la simulation, nous apprenant que ça y est, nous sommes compatibles. Je rouvre les yeux et l'observe, incapable de prononcer le moindre mot. C'est pas vrai. Ça ne peut pas être vrai. C'est un cauchemar. Tirez-moi de là. Je ne peux pas être compatible avec ce connard. Alors nous foutre dans un jaeger tout les deux et espérer qu'on fasse des merveilles : c'est de la pure connerie. Je le tuerais si les kaijus ne le font pas avant moi. Mes épaules tremblent légèrement alors qu'il nous annonce que demain, nous passons aux choses sérieuses. Que demain, nous devrons nous présenter pour une simulation de combat. Ma mâchoire me fait mal tant elle est crispée. Je pourrais lui hurler dessus et lui dire que ses ordres il peut se les mettre au cul, mais tout ce que ça me ferait gagner, c'est une nuit à récurer la base à la brosse à dents. Alors je ferme ma gueule, je le laisse se barrer et c'est seulement quand la porte se referme que je me permets de craquer. D'un geste violent je retire mon casque et l'envoie se fracasser sur le mur d'en-face. Je tremble tant j'enrage. J'arrive à desserrer les lèvres et tout ce qui m'échappe c'est un putain de hurlement de frustration, de haine, de colère, de douleur, de souffrance… Tant de choses que je n'ai pas dis, que je n'ose pas ressentir. Tout ce qui semblait macérer au sein de mon coeur semble jaillir hors de ma personne en ce simple hurlement. Ce hurlement qui fait face aux ruines de mon casque et de mon existence sans Sam. Mon existence que ce connard de Rogers connait désormais. J'arrête lorsque je sens ma gorge me brûler et que j'ai le souffle court. Un silence presque assourdissant semble retomber et c'est vers lui que je me tourne, avec l'étrange envie de pleurer. Je serre les poings et me jette sur lui, voulant juste passer tout ce que j'ai sur le coeur sur sa personne. C'est tellement plus simple d'hurler sur les autres que d'accepter d'affronter ses propres émotions. Mes mains viennent chercher son col et alors que mon regard s'ancre dans le sien, je tente de le plaquer contre un mur, en vain. Malgré la fureur qui anime corps, malgré la rage qui consume mon coeur, il fait toujours une tête de plus que moi et il a toujours été dit que l'énergie du désespoir ne soulevait pas vraiment les montagnes. Là je ne soulève vraiment rien. C'est à peine si j'arrive à me porter. Mon corps entier semble trembler et honnêtement, je suis à deux doigts de céder. Je suis partagé entre l'envie de lui démonter la gueule et celle de lui hurler qu'il est pas le seul à en chier depuis un mois. Seulement moi, y'a eu personne pour m'aider à passer à autre chose. Moi j'ai dû me démerder et en plus, il faut que je subisse ça ?! Qu'il entre dans mon esprit et qu'il découvre ce qui ne le regarde pas ?

"Un mot, un mot de ce que tu as pu voir dans mon esprit Rogers… Et crois-moi, je t'envoie rejoindre ton frère dans l'au-delà."

Incapable de me soutenir un peu plus, je desserre son col et chancelle quelque peu, ayant vaguement l'impression que je ne vais pas tarder à m'évanouir. Seulement ça ne m'empêche pas de continuer à hurler :

"T'avais aucun droit de fouiller dans mon esprit de la sorte ! AUCUN ! Et compte pas sur moi pour être ton partenaire ou ton co-pilote ! Je bosse pas avec des incompétents et encore moins des connards dans ton genre ! Donc rien à foutre des ordres de Strakker ! Il est HORS DE QUESTION qu'on dérive une fois de plus tout les deux ! Et encore moins que je combatte à tes côtés !"
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Je me rappelle de notre première dérive, avec Clint. Des tournées de recrutement passaient de ville en ville et ils avaient apporté un simulateur, installé dans un camion. Le jour où ils sont arrivés chez nous, c'était la foire d'automne, et leur immense remorque était installée près de la grande roue et des stands de tir, une attraction comme une autre. Tous les gamins faisaient la queue avec leur meilleur ami, leur petite copine, entre mari et femme, pour tester en rigolant s'ils étaient compatibles. Et avec Clint et les copains, notre bière en main, on s'était dit "pourquoi pas". On se marrait encore, mais nerveusement, quand on nous a installés, et quelques instants après, ça a commencé. C'était comme être emporté par une vague violente, qui te coupe le souffle, qui te balaye. Et ensuite c'était comme une porte qu'on ouvre. Tout. J'ai revécu toute ma vie, toute notre vie. Je nous voyais faire nos conneries, je nous voyais travailler au ranch, aller au lycée, et petit à petit j'ai accédé à ses souvenirs à lui, sans les miens. Des trucs qu'il avait faits sans m'en parler, comme se taper la fille Fitzroy à l'arrière de sa bagnole un soir de 4 juillet, avoir fumé un pétard avec ses potes sans me le dire. Et de son côté, il a vu que j'avais embrassé Rory la semaine dernière, alors que j'étais passé chez lui jouer aux jeux vidéo, et qu'il me plaisait salement. C'était très bizarre de plus avoir de barrière entre nous, alors qu'on avait toujours été super proches, au point que ma mère nous disait toujours qu'elle avait des jumeaux avec deux ans d'écart. La machine avait fait de drôles de bruits et on était revenus à nous. On était revenus dans le camion, et on osait plus se regarder, gênés. C'est là que le sergent instructeur nous a dit qu'il avait rarement vu une compatibilité aussi forte, et que si on voulait, on pouvait utiliser ça pour servir notre pays, et le monde entier.

On est rentrés, un peu sonnés, parce qu'on s'imaginait pas quitter le Montana et notre ville natale, ou en tout cas pas partir trop loin, alors là, apprendre qu'on pourrait... aller se battre contre ces saloperies... c'était... énorme. Inespéré. On l'a dit à nos parents, et notre père, qui avait fait l'armée plus jeune, nous a dit qu'il serait fier de ses fils, et qu'il pouvait bien se débrouiller sans nous pendant quelques temps. C'est comme ça qu'on a rappelé le type de la démonstration, et qu'on est partis faire nos classes. Sauf que maintenant, il y a que moi... et ce crétin.

Je souris en le sentant bouillonner de rage quand il voit qu'il ne peut rien retenir, qu'il ne peut rien me cacher. Je vois tout, je sais tout. Avec Clint, j'ai accepté depuis bien longtemps que je ne pourrais rien lui cacher, et réciproquement, alors je laisse faire, j'ouvre grand les portes de mon esprit, sans rien retenir. C'est beaucoup plus facile si on ne lutte pas. Au contraire, lui tente de pousser une porte qui est sortie de ses gonds par un flot puissant et incontrôlable. J'ai presque envie de lui dire de garder son énergie parce que de toute façon ça ne servirait à rien de s'échiner de la sorte. Que quoi qu'il arrive, je finirai par tout savoir, comme lui saura tout de moi. C'est comme ça, je l'ai accepté, et j'ai honte de rien. Pas comme lui.

Strakker nous arrête et on revient à nous. Je soupire simplement quand il dit qu'on va devoir bosser ensemble, parce qu'on est compatibles et qu'il y a pas d'autre pilote disponible. Je vais faire ça pour mon pays, pour les pauvres victimes de ces saloperies, et ensuite je claquerai la porte, et je rentrerai chez moi, en m'était sûrement arrêté quelques minutes pour lui refaire le portrait. Puis il sort. Sauf que je suis à peine en train d'enlever mon casque que je vois le sien qui vole à travers la pièce du simulateur avant de venir s'écraser contre le mur en béton. Je tourne lentement la tête et vois qu'il est encore plein de rage, encore plus que pendant la simulation. La vache, mais qu'est-ce qui lui prend? Il a jamais dérivé de sa vie ou quoi? Non mais sérieusement! Et le voilà qui hurle. Il veut une nounou? Une totote? Qu'on le berce et qu'on lui raconte une histoire? Il me ferait même un peu peur, là...

Mais ça suffit pas à ce con, on dirait, puis qu'une seconde plus tard il me charge comme un taureau furieux et tente de me choper au col. Sauf que je suis plus grand, plus fort, et surtout, maintenant, plus calme que lui. Je le regarde, sans bouger, alors qu'il est une boule de rage, presque la bave aux lèvres. Et quand je l'entends, j'étouffe un léger rire.

Eh ben Barnes, t'as la trouille que je dise à toute la base que t'aimes te faire prendre? Hein? Que t'aimes qu'on te mette la tête dans l'oreiller et qu'on t'attrape les hanches? Par contre si TOI tu oses encore utiliser mon frère de quelque manière que ce soit, ou même, mieux, JUSTE parler de lui, je t'arrache la tête à mains nues. Clair?

Je le repousse, et le vois chanceler, avant qu'il revienne face à moi, comme un teckel hargneux. Il me rappelle Toby, notre chien de berger, qui devenait fou quand il s'attaquait aux porc-epic. Il essayait de les mordre, se faisait piquer, et ça le rendait encore plus dingue. Combien de fois on a dû lui ôter des épines des babines... Et là, Buck, c'est pareil. Il préfèrerait crever plutôt que de s'arrêter et se calmer.

Mais t'es con ou quoi? La vraie dérive, c'est ça! C'est laisser l'autre venir dans ton esprit, dans un accès total! Alors je savais pas comment tu fonctionnais avec Sam mais c'est comme ça que ça fonctionne! Plus de limites, plus de retenue. Plus tu partages avec ton copilote, et plus la connexion est forte, crétin! C'est pour ça que dans les pires situations, on perdait jamais le contact, et on était toujours connectés! Et que notre lien était un des plus puissants de la base!

Cette fois c'est moi qui pose ma main sur sa gorge et le plaque contre le mur. Il tient à peine debout.

Ose me dire encore UNE FOIS que je suis incompétent! Encore UNE FOIS! J'ai pas fait tuer mon copilote, et encore moins le pilote d'un autre jaeger! J'ai jamais provoqué la destruction de DEUX jaegers parce que mon ego surdimensionné et que je pensais pouvoir buter trois kaijus à moi tout seul! Tu penses sérieusement que j'ai envie de bosser avec toi? Mais je supporte même pas l'idée de partager le même oxygène, tête de con! Seulement là-dehors y'a des gens innocents, des hommes, des femmes, des gosses, qui ont besoin de nous parce qu'on est les seuls à pouvoir arrêter ces saloperies! Alors tu vas arrêter de geindre comme un gamin et te foutre un coup de pied au cul, on a des millions de personnes à protéger, et ça dépasse tes petits états d'âme de pucelle! Sur ce, réfléchis à ce que j'ai dit!

Je le relâche et tourne les talons, entrant dans mes quartiers.

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Mon sang ne fait qu'un tour quand il ose mentionner le fait que j'aime me faire prendre par les hanches et qu'on me foute le nez dans l'oreiller. Je serre les dents et recommence à hurler, le menaçant sans pour autant le cogner. Un enfant… Voilà à quoi je dois probablement ressembler. Un gamin qui hurle contre le monde sans raison. Je dois être pathétique, mais je ne peux pas m'en empêcher. C'est comme si d'un coup, j'avais besoin de hurler toute la douleur, toute la rage qui macéraient au sein de mon être depuis un mois. Comme si là, j'arrêtais de prétendre que je n'en ai rien à foutre, que ça ne m'atteint pas… Sous ses yeux et d'une étrange façon, je commence à craquer en lui hurlant dessus, lui disant que je ne veux pas être son pilote, que je ne veux pas qu'il m'approche… Peut-être plus par peur qu'il puisse voit autre chose dans mon esprit. Je m'en fous qu'une vraie dérive ça fonctionne ainsi, je m'en fous qu'il ait eu un lien hyper puissant avec son frère… Je veux juste qu'il reste loin de mon esprit. Je ne veux pas qu'il puisse comprendre ou voir je ne sais trop quoi. Personne, pas même Sam n'avait accès à mon esprit. Alors je continue d'hurler, tentant de cette façon de le repousser, de lui faire comprendre que je ne veux pas de lui à mes côtés… Que je peux me débrouiller seul. Seulement cela a exactement l'effet inverse. Il se jette sur moi et m'attrape à la gorge, me plaquant violemment contre le mur. Ma tête heurte le mur et j'étouffe un gémissement de douleur alors que ses doigts se referment sur ma gorge palpitante. Tout mon corps se met à trembler et si je suis encore debout, c'est uniquement grâce à lui. Mon souffle se fait plus court et j'ai presque du mal à soutenir son regard quand il commence à me faire la moral. C'est ça, hurle-moi quelque chose que je sais déjà. Je serre les dents et me contente de laisser son speech glisser sur ma personne. Je sais tout ça, je sais que je suis celui que tout le monde accuse de la mort de deux pilotes, je sais qu'on fait ça pour protéger les innocents… J'ai pas besoin de l'entendre de sa bouche. Je me ferme à ses mots et quand il me lâche, je me contente de me laisser glisser au sol, le souffle court. La porte claque et là je cède. Les tremblements de mon corps s'intensifient et bien rapidement je ne peux pas retenir un sanglot. Recroquevillé contre le mur je commence à sangloter, laissant échapper tout ce que je me suis forcé à enterrer quelque part au fond de mon être. Pendant de longues minutes je ne fais qu'hurler. Hurler et pleurer comme un enfant avec un coeur brisé. Je hurle le manque de Sam. Je pleure ma frustration et ma solitude. Et le pire dans tout ça, c'est que malgré mes hurlements, mes sanglots… Personne ne vient me donner une tape sur l'épaule ou même me dire que je suis pathétique. Il n'y a personne. Absolument personne. Et c'est peut-être ça le plus triste…. Le fait que même dans les pires moments… Il n'y a vraiment personne… Et que la seule personne qui accepte encore de m'approcher, je viens de lui hurler dessus en le traitant de connard. Ouais, je pense que c'est ça le plus triste… Le peu de gens qui acceptent encore de me côtoyer, sont ceux qui y sont obligés. Du revers de la main j'essuies mes joues avant de me lever, retournant à mes quartiers en évitant soigneusement de croiser qui que ce soit. Je referme la porte derrière moi et attrape un des pulls de Sam que j'enfile avant d'aller m'allonger dans mon lit. Je remonte le col sur mon nez et ferme les yeux, tentant d'oublier que dans une semaine, c'est son enterrement.

Le lendemain je me traine presque pour rejoindre à nouveau le simulateur. Vêtu d'un des pulls de Sam je me présente, y trouvant Roger qui je parie était là en avance. Je ne le regarde pas, me refusant de croiser son regard. De toute façon, que vais-je y lire ? Qu'il me déteste ? Me méprise ? Tant mieux pour lui, je n'ai pas une plus haute opinion de lui de mon côté, sans compter que bon… Je préférais qu'il ne remarque pas que j'ai l'air… Épuisé. Les yeux rougis, le teint pâle… J'ai la tête du faible, de celui qui a osé craquer. Je m'installe à ses côtés dans le simulateur et me contente d'écouter Strakker nous réciter le programme de l'entraînement. Simulation de combat en jaeger contre un kaiju. Inratable selon lui. J'ai un léger sourire avant de remettre mon casque, me préparant à la dérive. Un kaiju. Certes pas réel, mais ça me suffira… La sensation, l'impression… Ça me suffira… J'arriverais à faire avec. Je mets mon casque et pousse un soupir. La procédure se lance, je repense à Sam et tente de lui bloquer une partie de mon esprit, en vain. Aussi violemment qu'hier, il arrive de nouveau à pousser toutes les portes que j'avais soigneusement verrouillées, en moins d'une minute, il se retrouve à naviguer à nouveau dans mes souvenirs, me revoyant gamin pour remonter à quelque chose de bien plus récent. Sam et moi en train de jouer aux cartes dans sa chambre avant que l'alarme ne sonne, mes hurlements d'hier soir, mes larmes… Et ma nuit enroulé dans son pull. Mes muscles se tendent et je tente de le repousser une fois de plus.

"Non… Ça ne te regarde pas."

Je crache cela entre mes dents alors que je comprends que c'est vain. Je me promène à loisir dans son esprit et lui aussi… Malheureusement je devrais m'y faire. Dès qu'on dérivera… On en viendra là. À tout partager. Quelque chose de l'ordre d'un sanglot silencieux se meurt sur mes lèvres tandis que j'abandonne pour aujourd'hui. Tu sais quoi ? Tu veux me voir pathétique à en crever ? Fais donc. Si c'est la seule chose qui te permet de te sentir important, fais donc. J'en ai rien à foutre. Au final, je sais que je vaux mieux que toi. Que même seul, je peux m'en sortir. Je dois m'en sortir.

"Synchronisation terminée messieurs. Lancement de la simulation."

Devant nos yeux l'écran change et un océan déchainé se forme devant nous, la pluie semble battre nos visières et un tremblement dévale mon échine. Il le fait exprès c'est pas possible….

"Connard…"

Le juron s'échappe d'entre mes lèvres et je parie que Steve sait que pour une fois je ne lui adresse pas cette insulte. Au loin la silhouette du kaiju nous apparait alors que je peux le sentir calculer, se demander quel est le meilleur angle d'attaque, la façon la plus sûr. Je lève les yeux au ciel avant de sourire.

"La bonne technique c'est de l'attaquer de front Rogers. Il est seul."

Je tente de faire bouger le jeager et immédiatement je sens une résistance. Je serre les dents et force, ne m'arrêtant que lorsque la simulation nous indique que le kaiju s'approche dangereusement.

"Fais pas le con… C'est une simulation bordel ! Laisse-moi faire !"

Mais non, il s'obstine. Un grondement m'échappe alors que le kaiju s'avance vers nous.
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Mar 20 Oct - 11:10
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Je ne le comprends pas. Mais alors vraiment pas. Ca lui suffit pas d'avoir fait le con? Ca lui suffit pas d'avoir fait perdre deux jaegers et surtout, d'avoir fait tuer deux pilotes? Il devrait baisser les yeux, être mal, regretter, j'en sais rien. Montrer que ça le touche. Et pas aboyer comme un roquet teigneux qui a l'air d'en vouloir à la terre entière. Sauf que ça a l'air de glisser sur lui. C'est une boule de rage, une boule de nerfs, et je me demande si quelque chose arrivera à le calmer un jour. Est-ce qu'il a été serein au moins un jour dans sa vie? Est-ce qu'il a été bien dans ses baskets au moins une fois? Sérieusement s'il était aussi instable, pourquoi est-ce que Strakker l'a laissé venir? L'a laissé piloter? On a vu les dégâts, et surtout, surtout, j'ai perdu un frère.

Alors je lui hurle, je lui hurle d'arrêter de geindre, d'arrêter de hurler, et de se comporter comme un homme. Pas comme une fillette. Parce que la cause qu'on défend va au-delà de ses petits états d'âme et des miens. Des pays entiers comptent sur nous, sur les quelques machines qu'on pilote, ces monstres de fer et de technologie qui sont les seuls remparts contre ces créatures venues d'un autre monde. On ne s'appartient plus, ce qu'on pense et ce qu'on ressent, ça passe après les foules de gens qui ont peur. Après les villes qui risquent d'être dévastées. Il ne le comprend pas. Lui seul compte à ses yeux, et tout le reste est secondaire. Ce qui a le don de me mettre hors de moi, surtout si ses caprices mettent la vie d'innocents en danger. Mon frère et son copilote en ont fait les frais.

Je lui règle son compte, lui hurle ses quatre vérités, et tant pis si je suis le seul à avoir eu les couilles de le faire. Hors de question qu'il joue sa princesse et que ça nous fasse tous tuer. Je ne suis pas du genre à m'emporter mais là c'est trop. Je perds mon sang froid et je le colle contre le mur, avant de le lâcher, une fois que j'ai vidé mon sac. Et je ne me retourne même pas alors que je l'entends glisser le long du mur, le laissant à ses états-d'âme.

Le soir je vais me promener sur le quai d'embarquement, et j'entends un pas léger s'approcher de moi. Mori. Sans même tourner la tête je sais que c'est elle. La protégée de Strakker. Je souris alors qu'elle vient s'asseoir à côté de moi, sur le bout de la jetée, et les pieds dans le vide. Devant nous, l'immensité de l'océan, qui est aussi la porte d'entrée de ces foutues créatures.

Bonsoir Steve.
- Bonsoir Mako. Qu'est-ce que tu viens faire là?
- J'ai entendu que tu avais eu une dure journée...
- C'est le moins qu'on puisse dire...


Elle sourit, passant la main dans mes cheveux courts.

Vous arriverez à vous entendre.
- Je ne crois pas. Vraiment pas. C'est un crétin arrogant, qui se jette au devant du danger et pour qui rien n'est jamais sa faute.
- C'est vrai. Mais il a aussi l'air d'un gamin perdu et blessé.
- Je m'en fous. Mako à cause de lui j'ai perdu mon frère!
- Et lui a perdu son copilote, à qui il tenait énormément.
- On dirait qu'il s'en fout. Que ça ne compte pas pour lui.
- Il est peut-être juste bon à cacher ça. A toi comme aux autres.
- Moui. Il agit juste comme un crétin et s'il ne change pas, je risque d'être le suivant sur la liste, s'il fait une nouvelle connerie en combat.
- Apprends à le connaître. Comme lui doit apprendre à le faire... Et pour ça rien de mieux que le simulateur...
- Je te hais pour avoir raison par moments tu sais?
- Eh, les asiatiques ont toujours raison non?


J'ai un léger rire alors qu'elle se relève et qu'elle me souhaite bonne nuit. Je lui rends la pareille et l'écoute s'éloigner, restant quelques minutes seul avant de rentrer à mon tour et de m'écrouler. Le lendemain je sors du lit quand le réveille sonne et passe au réfectoire prendre mon petit déjeuner. Je m'assieds avec les autres qui ont l'air compatissants en sachant que je dois faire équipe avec Bucky Bitch, et je leur raconte rapidement ce qui m'est arrivé la veille. Certains haussent les yeux, d'autres soupirent et j'ai même droit à une main réconfortante posée sur mon épaule. Je les remercie, et leur dis que j'espère que ça va marcher, avant de finir mon repas et débarrasser mon plateau.

J'arrive au simulateur le premier, bientôt rejoint par Strakker.  On discute quelques minutes avant que Buck se joigne à nous.

Eh bien Barnes, content de voir que vous nous honorez de votre présence. Allez, installez-vous.

Il se place dans le fond de la salle, croisant les bras sur son torse et nous surveillant avec la plus grande attention. Je place le casque sur mes yeux et glisse mes mains dans les gants de contrôle avant de les bouger doucement pour tester si tout est en place. Bien. Je hoche lentement la tête aux ordres de Strakker et frissonne en sentant l'excitation de Buck me gagner. C'est pas sain. C'est pas sain d'y prendre autant de plaisir. Je serre les dents et me laisse porter par la dérive qui se lance. En une seconde je suis dans sa tête, et encore une fois je vois tout. Sauf qu'il y a de nouveaux éléments. Des choses plus récentes. Je revois hier, ma colère, ma rage. Notre engueulade, et surtout, ce qui a suivi. Je le vois seul ici, recroquevillé par terre en train de pleurer comme un gamin. Et je suis brutalement tenaillé entre deux choses. La culpabilité, en me disant que c'est moi qui l'ai mis dans cet état là, que c'est moi qui l'ai bousculé, et trop fort, visiblement. Et une autre partie de moi me dit que merde, il l'a cherché, et qu'il paie juste les conneries qu'il a faites.

Je ne choisis pas ce que je vois. Alors ne me reproche rien.

Ma voix est plus douce, moins cassante qu'à l'accoutumée. Et enfin devant mes yeux c'est l'océan déchainé, des vagues immenses qui rugissent à nos oreilles et une pluie battante qui martèle nos casques. Je sursaute quand j'entends son juron, avant de comprendre qu'il n'est pas pour moi. Mais Strakker. Et qu'il est en rogne d'avoir recréé les conditions du drame. J'avoue que j'en mène pas large non plus, mais ayant grandi dans un ranch, je suis bien placé pour comprendre l'adage qui dit qu'on doit remonter en selle le plus vite possible après être tombé de cheval. Même si c'est avec lui.

Je me concentre sur le kaiju, qui est criant de vérité, et parcourt rapidement ce que disent les ordinateurs de bord devant moi.

Attends, il est peut-être pas seul. Il peut y en avoir d'autres sous l'eau. C'est peut-être un piège pour nous encercler.

Connaissant Strakker, pas impossible qu'il nous fasse ce coup-là. J'hésite, guettant autour de nous l'arrivée d'un autre monstre alors qu'il bouillonne d'impatience à côté de moi. Mais toujours rien. Alors après avoir hésité, je capitule.

Ok, va-y. Mais sois attentif. Surveille tes radars, et je continue à les vérifier aussi.

Je le sens se préparer à attaquer, ressentant son adrénaline et son...plaisir. C'est vraiment pas sain. Pendant ce temps, j'accompagne ses gestes tout en veillant,et c'est là que je trouve le piège.

Buck on se baisse, tout de suite! Il y en a un qui nous attaque. On allume les propulseurs!

Je m'exécute et lance les moteurs dorsaux, comme la dernière fois. On sent le choc du kaiju sur notre dos, mais qui ne dure pas car la créature est en train de brûler avant de se laisser retomber dans l'océan.

Sors l'épée! Ils sont deux maintenant, et ça m'étonnerait pas qu'on en ait trois bientôt!

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Sam 24 Oct - 17:39
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L'eau semble battre mon casque et tout ce que j'entends à part les faux grondements de la mer à nos pieds, c'est ma respiration et sa réserve. Ouais. Strakker se fout de notre gueule. En plus de faire de notre vie un enfer, il trouve rien de mieux que de nous remettre dans la situation qui a mené à la mort de nos co-pilotes. Mon rythme cardiaque s'accélère légèrement alors qu'un frisson d'impatience et d'excitation dévale mon échine. Une certaine crainte me parvient de son côté et je tente de l'ignorer. Sam aussi trouvait ça hyper malsain, puis avec le temps, il avait finit par s'y faire… Par se dire que si ça me permettait de bien faire mon boulot, il ne pouvait rien dire. Il devait faire avec le fait que ça me rendait dingue de massacrer des kaijus, d'être dans un jeager, connecté à son esprit et partager autant ses montées d'adrénaline que les miennes. Ça lui faisait peur, ça l'inquiétait… Mais il avait finit par s'y faire. Par accepter que j'étais un putain de taré. Un éclair zèbre le ciel noir d'encre alors que le kaiju se rapproche et que Rogers continue de faire sa pucelle, me disant que c'est peut-être un piège, qu'il y a peut-être d'autre kaijus… Que Strakker est peut-être le genre de connard à nous poser ce genre de simulation alors que nous n'avons pas piloter depuis plus d'un mois. Rien qui puisse me surprendre en somme. Un soupir m'échappe alors que je cesse de forcer.

"Tu réfléchis trop Rogers."

J'entends d'ici des réflexions, les cliquetis des rouages de son esprit qui s'activent se demandant si on devrait continuer d'attendre au cas où ou si on laisse le kaiju nous massacrer. À ses côtés je bouillonne, serrant les dents pour me retenir de l'insulter ou de lui hurler dessus. Allez, allez… Arrête de penser, contente-toi de me laisser faire… Y'a pas à réfléchir pendant des heures, c'est une simulation. Et finalement, il finit par capituler. Un sourire se dessine sur mes lèvres alors qu'il cesse de résister.

"Détends-toi… Ça va bien se passer, t'es entre de bonnes mains."

Tout mon amusement peut s'entendre dans ma voix alors que je me mets en position de combat, m'approchant du kaiju. D'auters frissons parcourt mon échine et cette douce sensation de plaisir et d'excitation recommence à courir dans mes veines. Alors certes, ce n'est pas aussi bon qu'e,n combat réel… Mais n'ayant rien eu depuis un bon mois… Je dois admettre que je ne vais pas me plaindre. Au contraire. Un sourire se dessine sur mes lèvres alors que je le sens s'abandonner, me laissant le contrôle quasi-total du jeager. L'ivresse d'être le seul maître à bord me grise d'avantage. C'est ça. C'est juste ça que j'avais besson de ressentir. De me perdre dans ce plaisir malsain, de m'abandonner à cette sensation addictive. Et alors que tout se passe bien, voilà qu'en plus du radar qui se met à devenir dingue, Steve m'ordonne de me baisser. J'aurais pu lui demander d'arrêter de m'emmerder cinq minutes, mais face au sentiment d'urgence qui lui bouffe les tripes, je m'exécute alors qu'il allume les propulseurs dorsaux. La machine nous simule un violent choc avec le kaiju alors qu'un cri lui échappe avant qu'il ne sombre dans l'eau. Il recommence à me filer des ordres alors que les radars s'affolent à nouveau, nous indiquant la présence de deux kaijus en plus de celui qui crâne au fond de l'eau. Je dégaine l'épée et les observe, les laissant approcher. Un autre flot d'adrénaline se déverse dans mes veines et je sens mon excitation me laisser tremblant. Je prends une grande inspiration alors que je glisse un léger sourire à Steve.

"Laisse-moi faire… Je m'en occupe."

Je fais tourner l'épée dans la main du jaeger, laissant les deux monstres s'approcher. C'est ça… Venez… Venez voir Papa… Je me concentre et ne conserve qu'un léger sourire en coin tandis que mon souffle se fait plus profond. Leurs hurlements se font stridents et j'entends les radars nous signaler qu'ils sont dangereusement proches. Je sais… Je sais… Mes doigts se crispent et je ne cesse de calculer mon coup. Ça va le faire… Faut juste qu'il soit un tout petit peu plus proche… Encore un pas… Allez. J'esquisse un mouvement vers la droite, feintant le kaiju simplement pour forcer l'autre à nous sauter dessus. Dommage pour toi mon pote. Je me retourne sur la gauche et empale purement et simplement le kaiju qui s'apprêtait à nous bondir dessus, regardant l'épée s'enfoncer entre ses crocs. C'est ça mon pote. Bouffe-toi ça. D'un coup sec je l'achève et retire la lame, me retournant vers l'autre qui a déjà ses griffes sur le jaeger. L'alarme de l'ordinateur retentit, se sentant obligé de nous rappeler que oui, on devrait faire attention au monstre qui tente de percer la coque de notre jeager. Ses crocs se rapprochent dangereusement de nous et je lui mets un coup dans la mâchoire, juste pour le faire lâcher. Un grondement lui échappe et il revient à la charge.

"Alors là mon pote… Dans tes putain de rêves."

Je murmure cela entre mes dents alors que je me jette sur lui, faisant crisser ma lame plusieurs fois sur ses écailles alors que de ses griffes, il tente de nous tuer. Une autre secousse se fait sentir et agacé par la résistance que le kaiju m'offre, je le laisse nous infliger un coup de plus simplement pour être suffisamment proche pour enfoncer la lame de mon épée dans sa cage thoracique jusqu'à la garde. Il pousse un dernier hurlement et sombre à son tour. Un long silence s'installe alors que je reprends mon souffle. Je ferme les yeux et esquisse un sourire quand j'entends que la simulation se termine. Je jette un regard à Steve, alors qu'on se désynchronise et qu'il quitte mon esprit.

"Alors… Qu'est-ce que je te disais… ? Suffisait de me faire confiance.
- C'était dangereux, brouillon et parfaitement stupide Barnes."

Je retire mon casque pour regarder Strakker qui s'avance vers nous, pas aussi impressionné que je le pensais. Je serre les dents et soutien son regard.

"Je vous demande pardon commandant ?
- C'était parfaitement ridicule. Vous avez pris des risques inconsidérés pour un résultat à peine convenable. À ce rythme, vous ne retournerez pas sur le terrain avant un bon moment."

Outré, je laisse mon casque tomber au sol alors que je m'approche de lui, furieux.

"Je ne vous permets pas ! Trois kaijus ! On vient d'affronter trois kaijus et on s'en est sortis ! J'ai assuré ! Simulation ou pas, j'ai assuré !
- Non vous n'avez pas assuré ! Vous avez été con !
- Con ?! Mais allez vous faire foutre ! Je suis un des meilleurs pilotes de cette base ! Peu d'entre eux seraient capables de se battre contre trois kaijus ! Je peux le faire !"

Strakker m'attrape par le col et commence à gronder.

"Surveillez votre langue Barnes. Je ne vais pas le dire deux fois mais la seule raison pour laquelle on vous garde c'est parce que les pilotes ne courent par les rues. Si ça ne tenait qu'à moi et si quelqu'un pouvait vous remplacer, je vous ferais passer en cour martiale pour la mort de deux pilotes. Suis-je clair ?!"

Il me lâche et me repousse avant d'ajouter.

"Et pour vous apprendre le respect… Vous nettoierez le réfectoire à la brosse à dent. Et si j'entends quoi que ce soit de plus… Vous sautez le repas."

Je serre les dents, fixant le sol à mes pieds alors qu'un ange passe.

"Bien. Il est temps que vous compreniez qu'ici, vous n'êtes plus rien. Si vous vouliez votre titre de meilleur pilote… Fallait l'être. La vérité c'est que vous êtes médiocre. C'est Sam qui était la force de votre duo. Parce que lui était capable de vous canaliser. Maintenant… Vous êtes juste le pilote le plus détesté de cette base et je suis peut-être la seule personne qui accepte d'être dans la même pièce que vous. Même Rogers ne vous supporte pas. Alors pensez-y à deux fois avant de me dire d'aller me faire foutre."

Ses mots me font l'effet d'une gifle. Je reste con, incapable même de respirer. Ses pas résonnent dans la pièce alors qu'il nous quitte, me laissant seul avec Steve. Blessé et frustré je donne un puissant coup de pied dans mon casque avant de jurer à haute voix.

"Connard. De. Merde !"

Un cri de frustration m'échappe alors que son discours ne cesse de tourner dans mon esprit. Je ne suis rien. Sans Sam, je ne suis qu'un pilote médiocre. Non. Non. Avec Sam ça fonctionnait parce qu'on se faisait confiance… Là si ça merde… Si ce n'est pas à la hauteur… C'est parce qu'on se déteste avec Steve. C'est juste ça… Je suis un bon pilote… Un bon combattant. Je prends une grande inspiration, tentant de ravaler la boule qui s'est formé dans ma gorge. Je me tourne vers Steve et le regarde, tentant de ne pas lui montrer que tout ça m'a touché.

"Quoi ? T'as mieux à faire que de rester là ? Genre retrouver tes potes et les laisser te consoler parce que tu dois fréquenter Bucky Bitch ?"

J'ai toujours hais ce surnom. Parce qu'il me fait passer pour le gros connard de service, juste parce qu'ils sont jaloux de ne pas être à mon niveau. Je renifle et déglutis difficilement avant de reprendre.

"Ou alors t'as envie de me gueuler dessus aussi ?"
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J'en reviens pas. J'en reviens pas de sentir ça chez lui. A chaque fois que je monte dans un jaeger j'ai peur. J'ai peur de mourir, peur d'y rester, même si j'assume ce que je fais et que je le regrette pas. Mais je grimpe dans le cockpit avec le sentiment d'avoir quelque chose à perdre. Que si tout s'arrêtait... ben... j'aurais l'impression que j'aurais encore pu faire autre chose. De laisser derrière moi des trucs inachevés, comme reprendre le ranch de mes parents, de voyager en Europe, de trouver quelqu'un dont je serais vraiment amoureux et avec qui je pourrais passer ma vie et vieillir à ses côtés... J'ai quelque chose à perdre. Contrairement à Buck. Il plonge dans le bain de la dérive comme on se jette dans une piscine fraîche un jour de canicule : il adore ça. Vraiment. Et c'est flippant. C'est flippant parce qu'on dirait que pour lui rien n'a d'importance. Que pour lui tout ça est qu'un jeu. Comme un jeu vidéo sauf que cette fois pas de foutue sauvegarde, et si on meurt, aucun moyen de recommencer.

C'est presque flippant de sentir à quel point il a besoin de ça, et à quel point il adore ça. Moi je l'ai fait par devoir, lui le fait par plaisir. Comment on peut se jeter dans la gueule de dinosaures extraterrestres par plaisir? Et une voix dans ma tête me souffle la réponse "Parce qu'on a rien à perdre". Et ça doit être ça. Rien avoir à perdre. Rien laisser derrière soi. Dans un sens ça doit être reposant, de se dire qu'on peut partir dans l'instant et que c'est pas grave, et dans un autre... j'ai presque de la peine pour lui. Le fait qu'il ait rien dans sa vie qui vaille la peine de le garder là...

Enfin bref, pendant que le simulateur se déchaîne autour de nous, je suis obligé de garder les rênes et d'être concentré pour deux. Si ça tenait qu'à lui, il se serait jeté face au kaiju et il aurait sérieusement pensé pouvoir le mettre au tapis en corps à corps. Vraiment. Et heureusement que je garde la tête froide parce que sinon on aurait encore pris cher une seconde fois. Il s'en est fallu d'un cheveu que l'autre kaiju nous défonce en sautant sur notre dos, et heureusement que je me suis rappelé de la technique qu'on avait utilisée l'autre fois. On dirait vraiment que je suis le garde-fou dans l'histoire, que je suis celui qui tient la laisse pour l'empêcher d'aller trop loin et surtout, de nous faire tuer tous les deux. Et heureusement parce qu'un deuxième kaiju arrive, et si je l'avais laissé faire dès le début on aurait déjà été submergés. Là on a encore l'ascendant, avec un kaiju déjà descendu.

Je lutte avec lui pour finir les deux saloperies à l'épée et je tente tant bien que mal de calmer ses ardeurs et de limiter la casse en prenant des angles d'attaque moins risqués, et plus mesurés. Les radars bippent, la tempête hurle à mes oreilles, la pluie et les embruns balaient mon casque et tout mon corps résonne des coups que nous inflige le monstre. Je laisse Buck prendre la tête, faisant juste gaffe à assurer ses arrières, quand finalement dans un dernier coup de lame le dernier est avalé par la mer dans un long hurlement furieux. Et la lumière se rallume dans mon casque, me rappelant que tout ça était q u'un test. Merde. C'était tellement... vrai. J'ai encore le souffle court quand j'entends Buck se vanter, et Strakker lui rabattre sèchement le caquet. Je souris en coin quand je l'entends se prendre une volée de bois vert de la part du big boss, étant clairement d'accord avec lui.

Mais je le trouve quand même dur. Ok il a pris des risques, et ouais il s'est jeté dans la gueule de ces monstres mais je suis arrivé à le canaliser un peu et au final c'était quand même moins catastrophique que la dernière fois. La fois où on a tous les deux perdu quelqu'un. Et comme je m'y attendais, comme un foutu roquet enragé Buck lui saute à la gorge. Et s'il y a bien un truc qu'il faut pas faire avec Strakker, c'est l'attaquer en frontal. Et comme prévu, l'autre garde son calme, encore pire qu'un moine tibétain, mais se lâche quand il s'agit de la sanction. Wow. Même moi je souris plus quand j'entends le discours qu'il lui lâche. Même moi je trouve ça dur. je reste planté là alors qu'il se barre, nous laissant seuls tous les deux.

A peine Strakker a passé la porte que je vois son casque voler à travers la pièce et qu'il explose de rage, hurlant en serrant les poings. Je bouge pas d'un poil, attendant que l'orage passe mais il me voit. Et bien sûr je deviens illico le prétexte pour canaliser sa rage. Il me hurle dessus et je soupire.

Non je voulais juste te dire qu'on s'était quand même pas mal démerdés mais il faut croire que Strakker a raison. Tu peux être qu'un sale con qui sait rien faire d'autre que montrer les dents. Et ouais tu viens juste de t'en prendre à la seule personne qui te parlait encore...

Je tourne les talons et quitte le simulateur pour rentrer dans mes quartiers.

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Il pousse un soupir et étrangement… Étrangement je sens toute la rage qui me dévorait, s'étioler, me laissant avec une sale impression de déjà-vu. Parce qu'à le voir ainsi, face à moi, j'ai l'impression de revoir Sam. Sam qui quand il en avait marre de m'entendre gueuler me disait juste froidement qu'il était peut-être la seule personne de cette base qui ne méritait pas que je lui hurle dessus. Et là, à croiser le regard de Steve… J'ai l'impression d'entendre Sam me dire ça. Un frisson dévale mon échine alors qu'il m'assène ce que je m'attendais de toute façon à entendre. Ouais il allait me dire qu'on s'était pas mal démerdé, et que peut-être que je méritais bien mon surnom. Bucky Bitch. Juste bon à montrer les dents et à hurler. Je me referme au fur et à mesure, me contentant de baisser les yeux quand il disparait, me laissant seul dans la salle de simulation. Je prends une grande inspiration avant de passer une main dans mes cheveux. Le truc… C'est que je suis perdu. Je devrais être… Furieux, je devrais avoir envie de cogner dans un mur comme c'était le cas hier, mais là… Là j'en sais foutrement rien. Je sais ce que je devrais ressentir mais actuellement, c'est le bordel. Je ne sais pas si je suis furieux, si je m'en veux… Je… Je cache mon visage de mes deux mains, prenant quelques secondes pour me calmer. Le point positif… C'est qu'au moins… La simulation s'est bien passée… Et que du coup, j'ai une chance de pouvoir retourner sur le terrain un de ses jours… Et même si c'est en compagnie de Rogers… Je peux faire ma paix avec ça. Je peux me faire à l'idée de piloter avec lui… Je pousse un autre soupir et ramasse le casque au sol, le reposant à côté de celui de Steve, quittant ensuite la salle de simulation pour retourner m'enfermer dans mes quartiers.  De toute façon, ce n'est pas comme si je pouvais faire autre chose. Personne ne viendra me chercher pour une partie de basket ou même simplement pour jouer aux cartes. Non… Bucky Bitch on l'approche pas. Parce que c'est un sale con… Et si avant je m'en foutais parce que j'avais Sam… Mais maintenant que je l'ai perdu… Je m'en mords les doigts quoi que j'en dise. J'ai beau hurler à qui veut l'entendre que je n'ai pas besoin d'eux pour être heureux… Là tout de suite, j'aimerais quelqu'un pour poser sa main sur mon épaule et me dire qu'il comprend, qu'il sait ce que c'est et que je ne suis pas seul. Et ouais, peut-être que j'aimerais que ce soit Steve. Je fixe le plafond une seconde de plus avant de fermer les yeux.

"J'ai pas besoin d'eux, j'ai pas besoin d'eux…"

Je murmure cela doucement, essayant plus de me convaincre qu'autre chose. Sauf que je n'ai aucun droit de me plaindre ou de crier à l'injustice. C'est de ma faute. C'est moi qui ait repoussé tout le monde au loin, en disant que je n'avais pas besoin de la plèbe… Que je pouvais me débrouiller seul… Sans eux. On récolte ce qu'on sème après tout. Je m'allonge sur le côté, le nez dans le pull de Sam, tentant de ravaler ma fierté et cette désagréable impression d'être un gamin inconsolable.

Je toque à la porte de la psy, entendant sa voix me parvenir. J'en pousse doucement la porte et croise son regard surpris. Ouais, je sais… Je ne devais pas passer avant deux jours… Mais bon. Je ne sais pas quoi faire, je me sens seul et j'ai besoin de parler avec quelqu'un, n'importe qui… Et le plus triste dans cette histoire, c'est qu'il n'y a peut-être qu'elle vers qui je peux me tourner. Pendant une seconde je reste sur le pas de la porte, hésitant entre l'envie de rester et celle de partir.

"James… Je ne pensais pas vous voir ici… Venez, prenez un siège."

J'apprécie qu'elle ne me demande pas ce que je veux ou si j'ai besoin de parler. Non, elle se contente de m'offrir un siège… Comme si elle savait et qu'elle comprenait. Je m'installe face à elle et alors qu'elle pose son regard sur moi, je fuis le sien, me mordant l'intérieur de la joue. Je sais que c'est le moment où je dois lui expliquer ce que je fous ici, mais quelque chose m'empêche de le lui dire. Comme un idiot, je reste là, les lèvres entrouvertes alors que je joue nerveusement avec les manches de mon pull. Le silence se fait plus épais et au bout d'un moment, comme asphyxié, je finis par me relever.

"Désolé, c'était pas une bonne idée.
- James… Si jamais… Vous savez que vous pouvez toujours venir ici…"

Mes doigts se referment sur la poignée alors que j'ai un semblant de sourire.

"Je vous vois dans deux jours…"

Elle pousse un soupir avant de me laisser filer. Je referme sa porte derrière-moi et croise le regard des deux pilotes allemands qui passent devant moi. Je soutiens leur regard, levant légèrement le menton en serrant les dents. Ils passent devant moi et après un autre soupir, je me décide à aller jusqu'au self. Et comme c'est étonnant, je me retrouve à manger seul à ma table, pendant que les autres se regroupent et se tiennent les coudes, certains écoutant sûrement Steve leur expliquer que ouais, je suis vraiment le dernier des cons. Une fois mon repas terminé je pars, ne revenant qu'une fois qu'ils ont tous terminés, trouvant Straker qui m'attend avec comme promis une brosse à dents et un sceau d'eau. Je pousse un soupir alors qu'il pose une tape sur mon épaule.

"Bonne nuit à vous Barnes. Et n'oubliez pas, demain vous avez entraînement avec Rogers au dojo, histoire de renforcer votre duo."

Je grince des dents avant de commencer à récurer le sol, maudissant l'univers entier. Parce que j'aimerais que Sam soit là, juste pour me soutenir et me dire que dans le fond je l'avais cherché. Et au lieu de l'insulter, je lui aurais glissé un sourire en lui disant qu'il n'avait qu'à m'empêcher de déraper. Seulement y'a personne. Juste moi et cette putain de brosse à dents.

Et sans surprise, le lendemain, je suis défoncé. J'ai les genoux qui hurlent, le dos en morceau et même après une bonne douche, je n'ai qu'une envie, c'est de retourner me coucher. Seulement pour rester éveiller et me filer un coup de fouet, je descends jusqu'au dojo, commençant à m'échauffer sans Rogers. Et quand celui-ci débarque, je me contente de le regarder, faisant tout pour rester neutre. Malgré mes épaules et ma mâchoire qui se crispent.

"Rogers. Prêt pour ta leçon du matin ?"
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Dim 13 Déc - 23:00
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Je comprends pas. Je comprends vraiment pas. Je suis celui qui aurait eu le plus de raisons de le détester, de lui exploser la tête à coups de poing, à transformer sa boite crânienne en un mélange de confiture de mure et de pâtée pour chat, à le rouer de putains de coups, l'écraser à coups de bottes et autres. Mais je peux pas. Je peux pas parce que pour l'instant, le détester va servir à rien. Pour l'instant, s'amuser avec lui à la guerre ouverte dans la base, à nous saborder et à nous tirer dans les pattes dans la base, ça va amener à rien. Ce pour quoi on se bat, c'est au-dessus de nous. Bien au-dessus. Je le détesterai plus tard, une fois que la guerre sera terminée, une fois que ces saloperies seront exterminées jusqu'au dernier. Une fois que des centaines de villes, des milliers voire des millions de personnes seront hors de danger, et risqueront plus de se faire tuer, soit directement par la bave de ces saloperies, soit ensevelis sous les décombres d'une ville qu'ils auront ravagée... Là, et seulement là je rouvrirai la porte à ma haine, à ma colère, parce que je pourrai la laisser sortir sans menacer la vie d'autres personnes.

Je comprends pas qu'il ose juste me hurler dessus, être une seconde désagréable alors qu'il est en tort à mille pour cent. Qu'il se contente pas de la fermer, de dire ''Ok on y va, et pardon encore'', même si ça me ramènera pas mon frère. Juste, me montrer que dans un sens, ça l'a touché. Qu'il s'en veut. Même un peu... Mais on dirait même pas que perdre son meilleur pote l'a touché. Alors... un inconnu pour lui comme Clint, qu'il croisait juste sur la base... ça doit être...rien. Rien du tout. Comment est-ce qu'on peut s'en foutre autant d'avoir pris une vie humaine? Ou alors le fait qu'il soit toujours tellement en colère... c'est peut-être un signe? La seule façon pour lui d'exprimer ce qui va pas? J'en sais rien. La seule chose c'est qu'il est incapable de gérer sa colère et qu'il hurle sur tout le monde.

Et j'en ai un magnifique exemple, alors que Strakker vient de lui passer un savon, la seconde après qu'il ait passé la porte je le vois balancer son casque de toutes ses forces contre le mur, pétant la visière au passage. Et bien sûr il hurle, encore. Encore et toujours. Il me hurle dessus alors que j'étais sur le point de lui dire que... que c'était moche et que je trouvais que Strakker y était allé trop fort. Mais ce crétin montre encore les dents. Et là, le peu d'empathie que j'avais pour lui s'est juste envolé. Qu'il aille au diable. Je lui dis le fond de ma pensée, et encore, je filtre encore au passage, avant de rentrer dans mes quartiers. Crétin. Stupide crétin. Pourquoi est-ce qu'il a fallu qu'il soit le seul crétin compatible. Le seul? Je décide d'aller rejoindre les autres pour un peu de sport, qui m'aide au moins à me vider la tête. Pompes, tractions et autres, on s'encourage avant de finir avec une partie de basket sur le tarmac, et après avoir diné ensemble je vire mes fringues, prends une longue douche chaude et enfile un jogging avant de m'écrouler sur mon lit. Je repense à Buck, seul à sa table pendant le repas, alors que tout le monde était en groupe ou au moins à deux. Pourquoi est-ce qu'il a tellement l'air d'en vouloir à la terre entière? Pourquoi est-ce qu'il est incapable de se montrer sympa avec quelqu'un? Je soupire en me disant que de toute façon, j'aurai sûrement jamais la réponse à toutes ces questions. Je vais juste devoir bosser avec lui jusqu'à la fin de cette guerre contre ces saloperies, et après... après nos chemins se sépareront et ça sera pas mal. Au final je tente de bouquiner un peu et je finis par m'endormir.

Le lendemain j'ouvre les yeux à la sonnerie du réveil. Mes muscles me tirent un peu suite à la grosse session de la veille mais c'est pas grave. Ca me fait me sentir vivant. Et surtout, j'ai l'impression d'être prêt pour ce qui peut arriver. Je me change et file au réfectoire pour prendre le petit déjeuner. Et j'avoue que l'idée d'un nouvel entraînement avec lui est loin de me plaire. A mille bornes ouais. L'entendre encore hurler. S'énerver tout seul. Devoir gérer son côté explosif et imprévisible. Je veux juste bosser, faire ce que j'ai à faire et revenir à ma vie. Loin de tout ça. Mais les ordres sont les ordres, alors je me traine jusqu'au gymnase, sous le regard désolé et compatissant des autres. Ils me plaignent. J'arrive au dojo et je hausse un sourcil en voyant que Buck est déjà là. Et j'ai un petit sourire en me rappelant de la raison pour laquelle il a tellement une sale gueule. Il a dû passer la nuit de sa vie avec le nez dans le détergent et les genoux sur les carreaux froids.

Barnes.

Je pense que ça va être comme ça pour la suite. L'ignorer au maximum. Juste faire ce qu'il faut et me barrer. Pas lui donner encore d'autres raisons de me hurler dessus, de jouer son connard ou autres. Non. Ca lui ferait trop plaisir. J'ôte mes chaussures et je commence à faire des échauffements, histoire de pas me faire un claquage ou autres en y allant trop vite et trop fort. Derrière moi, je sens qu'il bouillonne de se lancer, de commencer, de se jeter sur moi pour avoir le dessus. Et je prends juste du plaisir à le voir s'énerver. A le faire attendre, et sentir qu'il se retient de dire quoi que ce soit. Au moins cinq bonnes minutes passent, quand je me sens d'attaque. Je reviens me placer face à lui et dis d'un ton neutre.

Maintenant je suis prêt. Et c'est juste un entraînement, pas une leçon.

Il se place face à moi et après s'être salués, il se jette déjà sur moi comme un taureau furieux. Je me décale à peine et il retombe lourdement sur le tapis, emporté par son élan. Je pivote pour lui faire face à nouveau, retenant mon sourire.

Sois plus subtil dans tes attaques. On devine tout de suite ce que tu vas faire.

Et j'attends qu'il recommence, parant deux ou trois coups avant de le mettre au tapis en ayant à peine bougé.

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Mer 20 Jan - 14:59
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J'ai envie de lui faire voler ses putain de dents trop parfaites. J'ai envie de lui fracasser le nez et de sentir sur mes phalanges la chaleur de son sang. Je rêve de le faucher aux jambes et de simplement venir poser mon genou sur sa gorge, lui rappelant qu'en rien il n'a le droit de me regarder de haut. Qu'il n'a pas à se penser supérieur parce que soit-disant le reste de la caserne l'apprécie et accepte de lui lécher le cul. Qu'il n'a pas à penser qu'il vaut mieux que moi simplement pour des histoires de principes et de comportement. T'es mon putain d'égal Rogers. T'es toi même un chien au milieu de cette arène… T'es là comme pour nous, pour "servir" ton pays et démonter des kaijus. T'es là pour les même raisons, pour ce besoin de faire quelque chose et ce plaisir d'être utile. Tu veux juste ton quart d'heure de gloire… Tu ne vaux pas que moi… Tu ne vaux pas mieux que moi… C'est ce que je ne cesse de me répéter alors que je termine de bander mes mains en observant Rogers faire son entrée dans le dojo. J'ai une furieuse envie de t'éclater la gueule… Pourquoi ? Aucune idée. Peut-être une vieille envie qui ressort à cause de ma nuit blanche… Va savoir. Les articulations de mes doigts craquent alors que je l'observe s'étirer avec une lenteur qui m'exaspère. Je me mords l'intérieur de la joue jusqu'au sang, me répétant en boucle que la moindre réflexion de me part lui ferait bien trop plaisir. Il fait ça simplement pour m'agacer… Parce que ça l'amuse. Il a besoin de ça. De voir qu'il peut m'atteindre, qu'il peut se venger pour la mort de son frère. Il veut m'humilier, me rappeler que je ne suis rien face à lui, sans comprendre qu'à continuer ainsi, je serais le premier à lui éclater la gueule à la sortie des douches. Mais je dois faire avec son comportement de preux chevalier blanc, de Monsieur je me pense meilleur que tout le monde… Il est ma seule chance de retourner sur le terrain un jour. Si je veux avoir ma dose… Je vais devoir faire avec lui. Du coin de l'oeil je le regarde s'étirer, échauffant chacun de ses muscles putain de parfaits. Je fais rouler les muscles de mes épaules laissant les secondes puis les minutes passer sous mon regard agacé jusqu'au moment où il vient se poster face à moi, osant m'expliquer que ceci n'est qu'un entraînement et pas une leçon. Oh ça va en devenir une quand je te ferais mordre la poussière deux trois fois. Sam était le stratège de nous deux, moi je suis le guerrier. Sam était un bon combattant mais j'étais meilleur. Parce que j'ai cette rage de vaincre et que je ne crains rien. Ni la mort ni les kaijus ou je ne sais trop quoi. Non. Je veux juste mettre ma combinaison, m'installer à bord de mon jaeger et simplement dériver avec Sam. Je veux sentir nos esprits se mêler et me jeter au devant du danger parce qu'il n'y a comme ça que je suis bon et que je me sens en vie. Tous font ça pour la gloire, la reconnaissance ou pour le besoin de satisfaire leur complexe du messie, moi je le fais parce que j'en ai besoin et parce que je n'ai rien à perdre. Je veux juste… Vivre et servir à quelque chose. Je veux massacrer du kaiju et sentir dans mes veines se répandre cette douce chose qui me fait frissonner de plaisir. C'est pour ça que je suis bon, parce que je ne crains rien et que j'ai accepté depuis longtemps l'idée que j'y passerais très certainement. Un sourire désagréable au possible se glisse sur mes lèvres tandis que je le salue rapidement.

"Ça va en devenir une au moment où je vais te montrer ce que c'est de vraiment s'entraîner."

Je me mets en position de combat, sentant les muscles de mes épaules se détendre alors que ceux de mon dos se verrouillent. J'ai juste envie de lui foutre sur la gueule. J'ai pas envie d'être tendre ou de tenter d'apprendre son style de combat. J'ai simplement envie de lui rentrer dedans et lui rappeler pourquoi je suis le meilleur pilote de cette base. Sans prendre le temps de calmer ma respiration ou de voir de quel côté je pourrais l'attaquer, je me jette sur lui, l'attaquant de front. D'un pas il se décale et je me rattrape d'une roulade au sol, me retrouvant sans trop tarder sur mes pieds. Je riposte et tente un coup de pied qu'il esquive d'un pas en arrière, avant de tenter un autre coup de poing qui ne fait qu'effleurer son oreille. D'une main il attrape mon bras et d'une prise étrangement fluide, il me met à terre. Mon dos rencontre le tatamis et un léger grondement m'échappe. Je pose mes mains des deux côtés de ma tête et d'un bond souple je me relève lui faisant de nouveau face.

"C'était de la chance. Rien de plus."


Du revers de la main j'essuie le coin de mes lèvres avant de me remettre en position de combat, retournant à l'attaque. Je ne cherche pas à comprendre, à l'analyser ou à trouver un moyen de percer sa garde, non, je veux juste le voir tomber. Je veux le voir à mes pieds et admettre que je ne suis pas qu'un danger public qui n'a pas sa place ici… Je serre les dents à cette simple idée, me laissant emporter parla rage sourde qui anime chaque cellules de mon être. Et si la première fois était un coup de chance… Les fois suivantes sont inexplicables. Peu importe mes attaques, je termine toujours à terre. Et si à chaque fois je me relève, déterminé à le faire tomber… Je me retrouve sur le dos à l'entendre me dire que si je me calmais, je serais peut-être capable de l'atteindre. Ma mâchoire se verrouille et je finis par me relever, n'ayant plus franchement le coeur à m'entraîner. Je défais mes cheveux et les laisse glisser dans mon cou avant de croiser son regard.

"Tu fais chier. J'arrête pour aujourd'hui. J'en ai marre de perdre mon temps avec toi."

Je me contente de lui tourner le dos et de quitter le dojo, filant directement dans ma chambre pour me laisser retomber sur mon lit. Lentement et après un long soupir, je défais mes bandages, les laissant simplement retomber à mes pieds. Je regarde le tas à mes pieds, sentant subitement la fatigue me donner un autre coup dans la nuque. J'en ai marre. J'ai pas demandé à ce que ça se passe comme ça… J'ai pas voulu de cette putain de situation… J'ai jamais rien demandé. Je prends mon visage entre mes mains avant de m'allonger sur mon lit, m'endormant sans une couverture pour me protéger du froid et sans même me déshabiller. Parce que je m'en fous. Je sais que si Sam passe par là… Il sera là pour veiller sur moi… Pas vrai ?

Sauf que non. Je me réveille peu avant le repas du soir, découvrant ma chambre dans le même état qu'avant. Je grogne en m'étirant, et décide d'aller prendre une douche avant de me présenter au réfectoire. Et comme tout les jours depuis l'incident, je mange seul, le nez dans mon plateau pendant que les autres sont soient avec leur copilote, soit avec Steve à sûrement l'écouter se plaindre à propos de moi. Je termine à peine ma portion avant de partir, retournant au dojo pour passer mes nerfs sur un pauvre mannequin d'entrainement. Je frappe jusqu'à en avoir mal dans les phalanges, jusqu'à être incapable de plier les doigts. Je contemple mes mains un instant, déglutissant difficilement.

"Je voulais pas… Je voulais pas… Je suis désolé…"


Je murmure cela doucement tandis que je me laisse glisser à terre, le dos contre un des murs. Je reprends mon souffle et ferme les yeux, ne comprenant pas auprès de qui je m'excuse. Sam ? Sûrement. Steve ? Jamais de la vie. C'est de sa faute. C'est de sa faute à lui. Avec Sam on allait s'en sortir, parce qu'on s'en sortait toujours… C'est lui… C'est lui… Je me rassure ainsi et finis par retourner dans ma chambre, n'en ressortant que le lendemain pour mon second entraînement en sa compagnie. J'arrive après lui et tire déjà la gueule en croisant son regard.

"Rogers."

Face à lui, je bombe le torse, essayant de me faire plus imposant que je ne le suis réellement, comme pour lui faire comprendre que je hais avoir à lever les yeux pour le regarder. Nous nous saluons rapidement et comme hier, l'entraînement suit le même chemin et sans cesse il continue de me répéter que je devrais me calmer, prendre le temps de me concentrer plutôt que de charger tête baissée. Et si au début j'arrive à l'ignorer, je finis par en avoir marre. Je finis par simplement exploser et lui hurler dessus.

"Ta gueule ! Juste ta gueule ! Je sais ce que je fais et je n'ai pas besoin de tes conseils à la con ! Je n'ai pas besoin de toi, ni même de personne ! Tu n'es pas Sam et tu ne le seras jamais ! Alors arrête de tenter de le remplacer ! Tu ne seras jamais Sam ! Jamais !"
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Je me tiens là, un peu comme ce truc qui se passe avec des taureaux en Espagne, où tes types en tenue de drag queen et avec des oreilles de Mickey sur les oreilles excitent ces énormes bêtes et les évitent à la dernière minute avant de planter des piques à brochette dans leur dos. Bien que je sois beaucoup moins ridicule, et beaucoup mieux habillé, l'idée est là. Sauf qu'au lieu d'un taureau furax, j'ai Buck qui me charge, la bave aux lèvres. J'ai jamais vu un mec qui est à ce point en colère, qui ait tellement la rage au ventre. Et là c'est pas juste l'énergie de vouloir sauver sa peau, de se battre pour survivre, non. Lui, c'est juste et simplement une sorte de putain de colère contre le monde entier. Comme s'il avait des putains de comptes à régler avec la terre entière. Au moins. Et il a pas compris que ça, je peux le tirer à mon avantage. C'était notre point fort avec Clint : le calme. On ne se précipitait jamais. On paniquait jamais. On était des putains de blocs de glace, qui arrivions toujours à analyser calmement les choses et à prendre le temps de réfléchir avant d'agir. Pas comme lui. Il est un chien fou et c'est un foutu miracle si aucun accident n'était arrivé plus tôt. Et qu'à cause de cette putain de bombe à retardement, on a perdu mon frère. Et lui son copilote. D'ailleurs on dirait qu'il s'en fout. Que ça le touche pas. Pourtant j'ai vu à quel point ils étaient proches, eux aussi... Enfin bon, j'en sais rien. Je le comprends pas...

Eh bien je t'attends.

Je me prépare face à lui et j'attends juste qu'il recommence à charger, à s'énerver et se précipiter. Comme dans ce super vieux film avec un mec qui doit choisir entre une pilule bleue et une pilule rouge, et qui doit suivre un lapin blanc. A un moment celui qui lui apprend est en face de lui et pour le faire chier, lui fait juste signe de s'approcher, avec deux doigts. L'autre est furieux et attaque. Ce qu'il fait. En une seconde je me suis juste reculé d'un pas et il a fini au tapis. J'ai vraiment l'impression d'être dans ce foutu film, où l'autre arrive à parer toutes les attaques du type en face, qui s'appelle Néo je crois. Sauf qu'il est tellement prévisible. Tellement burtal. Il a la finesse d'une enclume. Lourde. Brutale. Une, deux, trois attaques que j'arrive à parer sans aucune difficulté, et c'est seulement à la troisième que je suis simplement obligé d'utiliser une main pour la détourner. Plus il est au tapis, plus il est en colère, et il me tourne lentement autour, le souffle court et les poings serrés. Jamais, jamais t'y arriveras comme ça... A chaque fois je lui répète qu'il doit se calmer, réfléchir, analyser. A chaque fois je lui conseille juste de prendre son temps plutôt que de foncer tête baissée, mais non. On dirait qu'il se nourrit de sa propre rage et que là c'est impossible pour lui de penser, ou passer à autre chose. Finalement, après une séance entière sans qu'il arrive à me toucher, il abandonne, et me jette froidement que je le fais chier et qu'il veut arrêter. On dirait un gamin qui dit que c'est nul parce qu'il y arrive pas... sérieusement il a quel âge?

Je ne pense pas que c'est du temps perdu vu que ça te sert quand même pour apprendre des choses mais soit... Je te dis à demain...

Même si ouais, au fond de moi j'aimerais qu'il y ait pas de demain, ou tout du moins pas de demain avec lui. Juste quelqu'un d'autre, un pilote même pas sympa, mais juste pro, qui est prêt à se retrousser les manches comme moi pour que le boulot soit fait. Qui ait pas des prétentions de roi de l'univers, mais qui veut juste faire ce qui est juste et rien de plus. C'est tout. Pas ce danger public qui risque de me faire tuer. Je soupire quand il m'a laissé et enfile juste des baskets et un pull avant de sortir prendre mon déjeuner. Pas besoin de douche, j'ai pas transpiré une seule seconde... Je passe l'après-midi en entraînement avec les autres pilotes, et à discuter un peu mécanique avec les techniciens qui s'occupent du nouveau jaeger qu'on pilotera ensemble, si on finit pas par s'étriper avant même la première séance dedans... Je dis pas que j'ai pas une boule dans l'estomac en me disant que c'est là que Clint est mort, que c'est dans une partie de ce jaeger que mon frangin a poussé son dernier soupir. Mes doigts effleurent la carcasse du géant de fer, et avant d'aller prendre le dîner je lève juste les yeux vers ce colosse en murmurant.

Tu me laisseras plus tomber hein? Tu peux pas laisser perdre tes deux pilotes mec... on a vécu trop de trucs ensemble... Protège moi... j'ai besoin de toi quand on ressortira ok?

Je tapote une dernière fois la carlingue avant de filer, et m'installer avec les autres. Barnes nous fait l'honneur de se pointer, et mange seul. Sérieusement, ça lui fait rien? Ca le dérange pas de savoir qu'il s'est mis la base à dos parce qu'il est pas foutu d'être sympa cinq secondes? Ca me boufferait, mais lui pas. Le soir, je reste dans la salle commune avec les autres et on se mate un vieux film avant de filer au lit. Le lendemain, nouvelle séance d'entraînement, et cette fois je prends même pas le temps de m'échauffer. Je sais bien comment ça va se finir...

Barnes...

On se salue et c'est parti. Encore une fois il est hargneux et teigneux. Encore une fois il réfléchit pas une seule seconde et veut frapper vite et fort. Il veut juste me blesser. Il veut juste me faire mal. Mais c'est pas comme ça que ça fonctionne. Encore une fois je joue Matrix, et je repousse à peine ses coups. Je détourne juste son énergie, et il se viande tout seul encore et encore. Mais quand est-ce qu'il sera foutu de comprendre, hein? Quand? Putain... Encore et encore il finit au tapis, et je lui conseille calmement de prévoir ses attaques, de regarder les portes ouvertes que je pourrais lui laisser. Il ne dit rien. Il serre les dents à se les faire péter, jusqu'au moment où il hurle à travers le dojo, faisant s'arrêter et se tourner les autres qui s'entraînaient aussi. Là c'est moi qui serre les poings et qui en une seconde le colle au tapis, un genou sur son torse.

Non, je me la fermerai pas! T'as pas d'ordres à me donner, c'est clair! Je me la ferme si je peux, et j'y peux rien si je suis obligé de te dire d'arrêter de faire de la merde putain! Et ouais je suis pas Sam, heureusement! Heureusement que je suis pas lui parce que je sais pas comment il a pu te supporter aussi longtemps, et comment il a pu te faire assez confiance pour grimper dans un jaeger avec toi! T'es une putain de bombe à retardement, et si j'avais le choix crois moi je préfèrerais dériver avec un macaque plutôt qu'avec un putain de danger public comme toi! Ok? Je le remplacerai jamais et je veux pas le faire. Je suis pas ton pote. Je le serai jamais. Mais on a un boulot à faire t'entends! Un PUTAIN DE BOULOT! Je pourrais te tuer sur place pour avoir fait mourir Clint mais j'ai au moins l'intelligence de me dire que dans quelques semaines, quand tout ça sera réglé, dans quelques semaines je risquerais plus de claquer parce que t'auras été infoutu de suivre les ordres et de réfléchir quatre putains de secondes! Mais maintenant on est là. Alors plutôt que de gueuler sans arrêt comme un teckel furieux, tu devrais plutôt faire taire ton putain d'ego et te mettre un coup de pied au cul! On s'en cogne que t'aies la rage contre le monde entier, on s'en cogne que tu sois tellement un sale con que personne t'apprécie. Maintenant tu vas te mettre à bosser, fermer ta grande gueule et arrêter de t'énerver pour un rien! Ma patience a des putain de limites et là tu les as dépassées!

Je me relève souplement et le laisse rager alors que je me barre, allant faire un tour sur l'héliport, pour me calmer les idées. Mori me rejoint et ça me fait du bien de discuter avec elle, de juste penser à autre chose. Finalement, je déjeune avec les autres, et en début d'après midi je lui fais transmettre l'info qu'on aura une nouvelle séance, et qu'il doit me rejoindre. Ordre de Strakker. C'est faux mais on s'en fout. Je veux qu'on règle ça et qu'on en finisse. Je l'attends dans le dojo et me met en position.

Bon. Prêt à combattre vraiment? Place toi face à moi et on va commencer très lentement, avant d'accélérer petit à petit. C'est parti. Fente latérale...

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Étrangement, j'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'ai pas hurlé sur lui ou sur quelqu'un avec une telle intensité. Et je parle d'hurler au point d'en avoir la voix rauque et les cordes vocales douloureuses, le genre de hurlement qui ne vient pas de la poitrine mais du coeur et des entrailles, un hurlement qui peut-être en dévoile plus que je ne le voudrais sur ma situation. À la base j'ai beau bomber le torse et relever le menton, je ne fais pas le fier quand je suis dans le bureau du psychiatre ou dans ms quartiers à porter les pulls de Sam. Si face aux autres pilotes je continue de prétendre que rien ne m'atteint, la vérité est toute autre. La vérité est que Sam me manque et que je m'en veux. Bien sûr que je l'ai tué… Bien sûr que c'est de ma faute… Mais sur le moment je n'y ai pas pensé… Comme à mon habitude je me suis dis que Sam rattraperait mes erreurs et qu'à deux, nous pourrions une fois de plus se jouer de la Mort et rentrer à la base pour se descendre une bonne bière après un massacre de kaijus. Il aurait dû s'en sortir… On aurait dû s'en sortir et aujourd'hui je devrais être en train de m'entraîner avec lui et pas avec ce connard de Rogers qui aurait dû arriver plus tôt. Si lui et son coéquipier n'avait pas traînés… Peut-être qu'ils auraient pu nous aider. Mais non… Ils sont arrivés trop tard et c'est moi qui désormais passe pour le monstre de la base. Tout le monde console Rogers en lui disant qu'ils sont désolés pour lui et moi… Y'a personne pour poser une main sur mon épaule et me dire que ça va aller, que je finirais par faire mon deuil et avoir assez de cran pour passer déposer quelques fleurs sur la tombe de Sam. Et c'est peut-être que je lui dis en lui hurlant dessus de la sorte. Que je m'en veux pour la mort de Sam, et que non, ça ne m'amuse pas plus que ça de me retrouver avec lui, à devoir piloter. Un silence de mort règne désormais sur le dojo alors que les autres pilotes nous regardent, se demandant très certainement comment Rogers va réagir. Et il ne se fait pas attendre. Sans que j'ai le temps de réagir il me plaque au sol, venant ensuite poser son genou sur ma poitrine. Un grondement m'échappe et sans chercher à me débattre, je ne fais que soutenir son regard, refusant de lui faire le plaisir de courber l'échine et d'accepter sa colère. Il veut se battre ? Essayer de faire baisser les yeux et me plier à ses envies ? Va falloir qu'il gagne cela. Va falloir qu'il gagne mon respect ou je ne sais pas trop quoi, mais pour l'instant, j'ai juste envie de lui en coller une en recommençant à hurler. Sauf que je ne fais que serrer les dents, l'écoutant en sentant ma rage s'éroder, laissant place à quelque chose que je n'arrive pas à saisir. J'écarquille les yeux et sens mon souffle se faire plus court tandis que je réalise que oui, il n'est pas Sam. Il ne le sera jamais. Il ne pourra jamais prendre sa place et même si il le voulait, il ne serait pas lui. Lui n'aura pas envie de m'épauler, ni même de m'aider. Steve ne fait ça que parce que c'est son boulot, que parce qu'il doit faire son travail avant de se retirer dans son putain de ranch où il ira pleurer son frère. Il se sera jamais réellement mon co-pilote, juste Steve. Le connard que je vais devoir supporter. Enfin un connard dont j'ai besoin. Étrangement, il est la seule personne que j'ai. Le seul qui me parle… Le seul avec qui j'échange réellement quelques mots. Depuis que j'ai perdu Sam, je n'ai que lui. Son genou quitte ma poitrine et alors qu'il quitte le dojo, je reste par terre, reprenant simplement mon souffle. La porte claque et je me relève lentement, réalisant subitement que pèse sur moi. J'ai un reniflement dédaigneux avant de montrer les dents, recommençant à hausser le ton.

"Quoi ?! Quelque chose à ajouter ? Hein ?! Ça vous amuse ?!"

Tous me regardent et si certains serrent les dents ou poussent des soupirs, rien n'est dit. Tous finissent par en retourner à leur entraînement, me laissant avec l'impression de ne pas être là. Et alors que je tente de me calmer, de retrouver mon souffle, je prends conscience que je ne suis personne pour eux, juste le sale con qui hurle sur tout le monde et qui a tué deux pilotes. Je serre les dents et défais mes cheveux, quittant à mon tour le dojo. Je file directement dans mes quartiers et une fois la porte verrouillé derrière moi, je donne un puissant coup de poing dans le mur, poussant un hurlement en sentant la douleur irradier de mes phalanges meurtries. Je jure en ramenant ma main contre moi, me laissant tomber sur mon lit.

"Putain… Putain de merde… Ça fait chier… Il fait chier… Ils font tous chier…"

Je regarde ma main rougir, n'étant pas plus surpris que ça de voir une larme s'écraser sur ma peau. Non je ne veux pas qu'il remplace Sam, parce que personne ne le pourra… Mais j'aimerais avoir quelqu'un à mes côtés. Juste une personne… Ce n'est pas juste qu'il soit le seul à être plaint… Le seul à qui on dit que tout va s'arranger… Ce n'est pas non plus simple pour moi… J'ai perdu Sam et sans lui, je suis à la ramasse. C'est Sam qui m'apaisait et qui me permettait de bien faire mon boulot, maintenant… Maintenant j'ai l'impression d'être dans le noir. Je ne sais pas où je vais, ni comment. Tout ce que je sais, c'est que j'ai besoin de remonter dans un jeager et de faire ce que je sais faire de mieux : me battre. Le souci c'est que nos sessions d'entraînements n'avancent pas et pire ne donnent rien. Et à ce rythme-là, Strakker ne nous laissera jamais retourner sur le terrain. Je commence à bander mes mains, repensant au jaeger qu'ils sont en train de me reconstruire dans le dôme. Notre jaeger. Je passe une main dans mes cheveux et quitte ensuite mes quartiers, allant jusqu'au hangar pour regarder le géant mécanique que nous devrions piloter. Mon coeur se serre quand je reconnais certaines des pièces du Winter Hawk. Je reconnais la plaque sur le bras gauche, celle où avec Sam on avait peint une immense étoile rouge alors qu'on était un peu ivre. J'ai un demi-sourire avant de filer, allant prendre mon repas en ressassant l'idée que notre jaeger est sur le point d'être terminé. Et alors que je suis perdu dans mes pensées, on m'annonce que j'ai une autre session d'entraînement avec Steve, ordre de Strakker. Je plisse le nez et pousse un soupir, me rendant jusqu'au dojo, nouant mes cheveux sur le chemin. Ainsi quand je le retrouve, je tire la gueule et ne lui offre pas un mot. Parce que je n'ai pas oublié ce qui s'est passé ce matin et que j'ai toujours autant envie de lui casser la gueule. Il se met en position et l'écoute pendant que je m'étire rapidement, m'échauffant pour la deuxième fois de la journée. Il commence à me donner des ordres et dans un soupir, je me prépare à l'attaquer.

"Je sais me battre Rogers. Je ne suis pas un débutant. Loin de là."

J'effectue ma fente latérale, ne cherchant pas à l'atteindre mais simplement à lui prouver que je n'ai rien à apprendre. Je sais me battre. Je sais comment blesser mon adversaire, le mettre à terre et ne jamais lui donner envie de se relever. Je ne suis peut-être pas le meilleur des stratèges, pas le mec le plus intelligent de la base, mais je ne mens pas en disant que je suis le meilleur combattant. J'effectue un autre enchaînement, énumérant chacun de mes mouvements, jusqu'à finalement faire siffler mon poing à son oreille. Un sourire arrogant se glisse sur mes lèvres et je me recule, poussant un long soupir.

"T'as rien à m'apprendre Rogers, donc pas la peine de me croire en sucre et d'y aller doucement. Je préfère qu'on cesse de faire semblant et que tu me montres de quoi t'es capable. Oh et si Strakker t'as dit de faire ça, histoire qu'on se rapproche… Ça marche pas avec moi. Tu veux qu'on soit proche ? Bah écoute… Approche."

J'ai un autre sourire en me reculant, me mettant en position de combat, lui faisant signe de m'attaquer. C'est ça, fais-moi le plaisir d'approcher. Laisse-moi une chance de fracasser tes si parfaites dents et te faire ravaler tout ce que tu as pu me hurler dessus. Laisse-moi te prouver que tu devrais me craindre et me respecter pour ce que je suis, le meilleur putain de pilote de cette base.
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Ven 1 Juil - 21:46
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Oh putain ça fait un bien fou. Comme si tout ce que j'avais gardé à l'intérieur depuis la mort de Clint avait enfin pu sortir, et se disperser, une sorte de nuage de papillons noirs toxiques qui maintenant sont balayés par le vent. Quand je me relève j'ai le souffle court mais je sens qu'on m'a ôté un poids. Pourtant, en général, je ne suis pas du genre à m'énerver, au contraire. Mais là...après tout ce qu'il a dit et fait, son attitude de sale con, prétentieux et arrogant, le fait qu'il mette délibérément la vie des autres en danger tout en se foutant royalement des conséquences... il fallait lui faire comprendre que bordel, le monde tournait pas autour de lui et qu'il avait sacrément fait de la merde. Il fallait lui remettre un peu les idées en place, mais pour l'instant je suis pas encore sûr que ça ait marché.

Une fois que j'ai crevé l'abcès je me relève simplement et disparais. Tout a été dit et je préfère qu'il médite là-dessus, seul, plutôt qu'il se mette à hurler, à me dire à quel point on est tous des connards sans coeur, de parfaits crétins et que lui est meilleur que nous tous réunis. Vraiment pas quelque chose que j'ai envie d'entendre, surtout que c'est clairement faux. Il est un bon pilote, un très bon même, mais ses qualités sont aussi ses défauts : impulsif, spontané, irréfléchi. Sa capacité d'analyse et de réactivité sont bonnes, mais il sous estime clairement les risques, et c'est pour ça que son copilote était précieux. Il était celui qui arrivait à lui faire entendre raison... et encore, pas totalement. Dehors, sur le quai, je repense à ça. Au fait que je ne veux pas que mon aventure au sein de Pacific Rim s'achève sur un échec. Si le programme s'arrête là, la mort de Clint n'aura servi à rien. Si j'en reste là, j'aurai toute ma vie l'impression d'avoir échoué, raté une occasion de faire le bien. D'avoir failli à mon devoir. Je dois bien ça à Clint.

C'est pour ça que je mens en programmant une nouvelle séance quelques heures plus tard alors que je tente tant bien que mal de me persuader que ça va bien se passer. Et qu'à un moment, enfin, il aura le déclic. Il aura ce rouage qui s'enclenche dans son esprit et qui lui fera comprendre qu'il ne se bat pas pour lui. Que ce n'est pas une foutue bagarre lui contre le monde, mais qu'il est juste un gardien. Un gardien de tous les habitants de cette planète face à ces saloperies de kaijus. Ce n'est pas une démonstration de talent, de compétition ou quoi que ce soit. Ce n'est pas un sport où il y a un classement mondial. Ce n'est rien. C'est juste la bonne chose à faire parce qu'on en a les capacités, face à cette catastrophe...

Je l'attends et dès qu'il arrive je me mets en position. Bizarrement, à sa démarche, à sa façon d'avancer vers moi et à son regard je sens que quelque chose a changé. Il a l'air...plus calme. Il n'a plus les mâchoires serrées et les épaules nouées. Il marche comme un félin, comme un guerrier, et plus comme une machine de guerre. Je me surprends à sourire face à ce changement, et à me dire que finalement, la grosse engueulade de tout à l'heure a porté ses fruits. Le voilà calmé, enfin non, pas calmé mais...raisonnable? En tout cas son espèce de rage a l'air diminuée. Un peu.

Barnes, si j'ai proposé d'y aller doucement c'est que je t'ai collé au tapis à chaque fois que je t'ai attaqué à vitesse normale. C'est plutôt à toi d'arrêter de faire semblant et me prouver que tu mérites le titre de pilote. Ce que je veux c'est qu'on finisse le job et qu'on puisse reprendre nos vies. Alors on y va.

Je souffle doucement, me mettant en position d'attaque, et j'hésite une seconde quand il me sourit et me fait signe de l'attaquer. Le changement est assez surprenant. Tout à l'heure encore il me fonçait dessus avec la délicatesse d'une enclume. Là il prend enfin son temps. Il m'observe. Voilà. C'est déjà mieux. Je saisis deux bokens et lui en lance un, avant de prendre l'autre et me mets en garde. Puis j'attaque franchement, voyant comment il pare mon coup. Contrairement aux autres fois il pare mon attaque sans trop de difficultés, et enfin un vrai combat s'annonce. Nos coups se répondent, nos épées se heurtent avec des bruits sourds dans le dojo désert. Mieux que ça, c'est presque une danse. Je ne sais pas ce qui s'est passé dans sa tête mais je suis soufflé à quel point ça marche. On tourbillonne sur le tapis, on se baisse, on esquive, et pendant un long moment aucun de nous deux n'a l'ascendant. On se rend coup pour coup, on regagne le terrain perdu juste avant, et bientôt je suis trempé et exténué. Il essaie de m'attaquer en fente, et je riposte, mais il profite de la seule seconde de vulnérabilité dans ma parade pour me frapper à l'arrière du genou, ce qui m'oblige à en mettre un à terre. Le souffle court je relève lentement la tête vers lui qui me regarde de haut, un immense sourire au visage et l'air fier.

Eh ben j'aurais pas pensé que tu puisses sérieusement t'y mettre. C'est bien... Maintenant à voir ce que ça va donner quand on sera dans un jaeger...

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Jeu 1 Déc - 12:24
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Il parle trop et c'est ça son putain de problème. C'est parce qu'il se sent obligé de l'ouvrir pour tout et rien qu'il est juste Steve Rogers, le pilote pas trop dégueulasse du feu Captain Hawk. Il est de ce genre qui se prend pour un putain d'intellect, un héros qui se sent obligé sans cesse de toute le temps l'ouvrir pour expliquer au monde entier qu'il est là pour sauver le monde et non pour une médaille alors que dans le fond, tout le monde s'en fout royalement. On est tous là pour la même chose : casser du kaiju. Mais non, le grand Rogers, lui il est là pour faire la moral à tout le monde et tenter de s'élever au-dessus de la plèbe tel un archange bienveillant ou un surhomme qui aurait dépassé sa condition de simple être de chair et de sang. Le grand Rogers, il faut qu'il l'ouvre et qu'il ose me dire que ce qu'il veut, c'est que je me bouge le cul histoire qu'on termine cette histoire d'invasion d'une autre dimension pour qu'il puisse reprendre son existence de merde au fond de son ranch à la con mais sans son frère… Je serre un peu les dents en roulant des épaules, n'arrivant pas encore à admettre que si il l'a perdu, c'est à cause de moi et des décisions que j'ai pu prendre. Et si j'avais un sourire pour lui il y a quelques minutes, j'avoue être plus sérieux quand il me lance un boken que j'attrape au vol. C'est pas le moment, ni l'endroit pour m'en vouloir et pour me demander si je n'ai pas effectivement merdé. Là, c'est l'instant où je lui rappelle que si avec Sam on assurait autant, c'est parce que j'était le combattant parfait qui faisait des merveilles avec un stratège comme lui. J'étais l'arme de notre duo et lui… Le mec capable de transformer le plomb en or. Nous étions un tout parfait, un juste mélange de violence et de raisonnement qui ne pouvait que faire des merveilles… Et sans lui à mes côtés… Je ne suis qu'une moitié bouillonnante, un condensé de rage qui ne sait plus comment mettre un pied devant l'autre. Je suis devenu une putain de grenade à fragmentations et dans les veines, j'ai plus vraiment du sang mais un feu brûlant qui me donne envie d'hurler tandis que dans ma tête, y'a un putain d'ouragan permanent. Ma vie est un combat qui ne prend jamais fin, et si avant j'avais Sam pour m'offrir quelques moments de calme, maintenant je n'ai plus que Steve sur qui passer ma frustration. Mais c'est jamais assez. Jamais suffisant et encore moins satisfaisant. Et j'ai aucune idée du pourquoi. Ça devrait me faire du bien de lui hurler dessus, de me fatiguer à tenter de lui coller la branlée de sa vie et pourtant, à chaque fois je ressors de l'un de nos échanges, j'ai comme un sale goût de cendres dans la bouche, comme si lui hurler dessus n'amenait à rien. J'esquive son premier coup et me concentre enfin sur cet échange, me rassurant en me disant que ça, peut-être, me ferait oublier la culpabilité qui pèse désormais sur mes épaules. Il enchaîne un autre coup que je pare et enfin, il devient le centre de mon attention, la seule chose qui compte, car il est l'ennemi que je dois abattre. Au fil des secondes et des battements de mon coeur, il devient tout ce dont je veux me débarrasser. Il est l'absence de Sam, la culpabilité qui me ronge, le doute, l'angoisse, la peur, le manque, la douleur. Il devient presque mon démon, mon kaiju à moi. Il est cet adversaire dont je dois apprendre chacun des gestes ou mouvements pour être un jour à même de le faire tomber. Et ainsi, nous entamons une longue danse, aussi élégante que violente, soulevant sous nos pas la poussière tandis que volette autour de nous des perles de transpiration. Je le laisse avancer par instant, reculer par d'autres. J'attaque. J'apprends. Il riposte. Je comprends. Au ventre, j'ai une rage qui ne s'éteint pas, un brasier qui gronde et se répand dans mes veines alors que nous échangeons passes et coups, en un combat qui ne calme pas la haine que j'ai pour lui. Je veux lui faire mal pour qu'il souffre comme moi. Je veux lui faire regretter ses regards et les mots qu'il a eu pour moi. Je veux qu'il comprenne, et qu'il admette que Bucky Bitch, comme tout le monde aime à m'appeler, n'est pas juste un danger ou le plus grand connard de l'univers, mais juste une boule de nerfs qui ne connait pas le repos. Une arme vivante qui ne sait pas quoi faire si personne n'est là pour le canaliser. Faut qu'il sente la rage dans me veines et la colère qui fait battre mon coeur. Il faut qu'il comprenne, et qu'il ouvre les yeux. Si on veut être un jour un tout, un duo qui fonctionne parfaitement, il faut qu'il accepte tout ça et qu'il cesse de me demander sans cesse d'être un autre. Mais suis-je moi même capable d'accepter de le voir prendre la place de Sam ? Non. C'est encore trop frais. La plaie est encore à vif et j'arrive pas à me dire qu'il serait temps d'appliquer un bandage sur celle-ci. Je m'en veux encore de ne pas avoir été capable de le sauver, je me sens encore coupable de le savoir six pieds sous terre et pire... J'ai honte de ne pas être encore allé sur sa tombe depuis son enterrement auquel j'ai assisté de loin, la jambe dans le plâtre. Je lui donne un coup, puis un autre, ne voyant pas derrière le voile qui recouvre mes yeux qu'il peine à me suivre. Je veux qu'il tombe. Je veux qu'il comprenne que je suis le meilleur, et que j'ai fais tout ce qui était en mon pouvoir pour sauver Sam. Je ne suis pas un lâche, ni un traître. Je ne suis pas faible, ni même fragile. Je suis dangereux, comme toutes les armes le sont. Entre de mauvaises mains, je blesse et je tue, mais avec la bonne personne, je sauve et protège. Je serre les dents, ignore la fine perle de sueur froide qui glisse le long de mon échine. J'encaisse désormais ses coups avec plus d'aisance, comprenant désormais la subtilité de ses enchaînements et sa façon de penser quand il se bat. Au fil des secondes et des battements de coeur qui passent, je le comprends. Il m'est plus simple de le parer et encore plus de riposter. Car dans toute sa maîtrise, moi je vois les fêlures qu'il laisse entrevoir. Il est comme un tableau de maître, parfait au premier regard mais plein de craquelures quand on y prête un peu d'attention. Il a un appuie un peu plus faible sur les genoux quand il attaque. Il offre son coeur à son adversaire quand il pare sur sa droite... Et son genou est mien quand il pare l'un de mes coups. Sans pitié et sans la moindre hésitation, je le fauche au détour d'un échange. Lourdement il tombe et fier comme jamais, je le toise, le menton relevé et un sourire arrogant aux lèvres. Un rire m'échappe quand il commence à me féliciter et encore ivre de cette victoire, je viens poser le bout de mon boken sur son coeur.

"Ce que ça va donner ? Ce qui vient de se passer, mais en mieux si t'essayes pas de me retenir."

Le bout de mon arme remonte, jusqu'à se glisser sous son menton, lui faisant un peu plus relever la tête pour ainsi mieux croiser mon regard encore teinté de ce plaisir malsain, que je ne dois qu'à la légère dose d'adrénaline qui coule dans mes veines.

"Faut que tu comprennes Steve. Je suis bon. J'suis même meilleur combattant que toi, alors faut que ça, tu l'acceptes et que tu me laisses faire..."


Je reprends mon souffle alors que je retire le boken de sa gorge, me reculant légèrement pour détacher mes cheveux qui, aisément, viennent cascader dans mon cou. Je passe une main dans ma crinière et pousse un long soupir tandis qu'il se relève. Lentement, je redescends de ma sensation d'ivresse, lui jetant alors un regard du coin de l'oeil.

"Demain, faudrait qu'on dérive tout les deux, à nouveau."

C'était bien la dernière chose que je pensais un jour lui dire. Je n'ai pas envie de le sentir à nouveau dans ma tête, mais je n'ai pas le choix. Si je veux piloter, j'ai besoin de lui, et pour ça, on va devoir dériver tout les deux. Je range mon arme d'entraînement avant de me tourner vers lui, la pupille encore pétillante de plaisir.

"Faisons ça ce soir. Toi, moi le Jaeger en construction. Le poste de pilotage doit être relativement construit depuis le temps..."
J'ai un sourire. "On pourrait au moins tester la bête et s'assurer qu'on va pouvoir déboîter du kaiju... Non ?"
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Lun 20 Fév - 22:05
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feat : Bucky & Steve

C'est ça... c'est ça... viens. Danse avec moi. Montre moi que tu n'es pas qu'une masse de rage et de colère, sans raison ni pensée. Montre moi que tu peux être fin et subtil. Montre moi que tu peux te canaliser, et arrêter de te laisser emporter sans arrêt comme une feuille morte dans la brise d'hiver. Montre moi que tu sauras garder assez la tête froide pour au moins m'écouter, et ne pas outrepasser mes ordres. Parce que quoi qu'il arrive, je sais très bien que je serai la voix de la raison, mais ça ne marchera que s'il accepte de m'écouter, et que son premier mécanisme de défense ne sera pas de montrer les dents. Parce que sinon, autant rester au sol et claquer la porte. Se disputer là dehors? Perde quelques secondes notre objectif de vue pour nous bouffer le nez et c'est toute une ville qui peut être détruite. Ou un jaeger qui peut être entraîné au fond de l'eau, avec ses pilotes à l'intérieur. Viens, viens et montre moi qu'il y a quelque chose à sauver. Montre moi. Danse. Danse avec moi.

Dès les premières secondes, quelque chose a changé. Dès les premières secondes, j'ai l'impression de combattre avec quelqu'un d'autre. Il est calme et mesuré, même si je vois très bien que c'est un volcan qui dort, et que sa rage est toujours là, comme une rivière souterraine, gorgée des eaux de pluie d'un orage. Elle est là et glisse partout, dans ses muscles, sous sa peau, et je le vois à ses dents serrées, ses sourcils froncés, et ses mains qui font un tel effort pour maitriser ses gestes que leurs jointures sont blanches. Allez... prouve moi que tu vaux mieux qu'un chien enragé qu'on doit piquer... Un coup puis un autre. Puissant mais précis. C'est bien. Il commence à calculer où son coup va porter, et ne cherche plus à me foncer dessus pour me blesser à tout prix. Un progrès énorme, au vu des derniers jours... Danse. Dans avec moi. Viens. Il sait se battre mais il est plus brouillon que moi. Il est encore trop imprécis dans ses attaques, trop brutal dans ses parades mais ça vient. Doucement mais ça vient. Danse. Petit à petit nos bokens se heurtent en une chanson rythmée qui répond aux battements rapides de mon coeur et à mon souffle court. Seconde après seconde, coup après coup, pas après pas et regard après regard, parer ses coups est de moins en moins facile. Et ça me plait. Ca me plait parce que pour la première fois je vois en lui un défi et pas une corvée. Pour la première fois je vois en lui un espoir plutôt que le meurtrier de mon frère. La personne avec qui je vais lancer les dernières attaques et pouvoir sauver la Terre de ces saloperies. Qu'il puisse se racheter de ce qu'il a fait à Clint en sauvant des tas de vies... Peut-être. Peut-être...

De légers grognements s'élèvent alors que nos armes continuent leur musique violente et dangereuse, et qu'on valse, ne quittant pas l'adversaire des yeux sauf le temps d'une pirouette. Anticiper. Lire le corps de l'autre comme un livre ouvert. Le sentir bouger. Le sentir réagir. Prévoir la suite. Anticiper ce qu'il va faire. Les coups s'enchaînent, encore et toujours, rapides et précis alors que je commence à fatiguer. Je suis trempé de sueur et mon bâton commence à devenir moite sous mes mains. Pourtant je ne lâcher rien. C'est poussé dans ses limites que je saurais enfin ce qu'il vaut. Que je saurais si, malgré ce qu'il a fait, il saura faire amende honorable, et surtout, si je peux mettre ma vie entre ses mains. Parce que c'est aussi de ça dont il est question, quand on sort. Nos vies dépendent l'une de l'autre. Une confiance aveugle. Une harmonie à toute épreuve pour avoir une dérive solide. La dérive... il va aussi falloir la retravailler. Mais pas encore... pas encore. Pour l'instant rien ne compte à part nous, et notre combat. Le monde s'arrête autour du tatami, ignorant tout, la tempête qui hurle dehors, la menace qui pèse sur nous, l'alarme qui risque de se mettre à hurler à chaque seconde. Rien. Juste lui et moi. Notre danse. Notre combat. Et plus les secondes passent plus je prends du plaisir à combattre, parce qu'il est à mon niveau et qu'il me pousse dans mes retranchements. J'y mets mes tripes et mon âme, sentant mes muscles brûler mais ça fait du bien. Vivant.

Puis tout s'arrête quand il profite de l'infime fenêtre que je lui offre pour me faire tomber lourdement sur le dos, me prenant par surprise, et je le félicite. Ca serait malhonnête de ne pas reconnaître que pour cette fois, il a géré, et a offert un combat magnifique. Sauf qu'à peine le compliment lancé, le voilà qui jubile, bien trop satisfait de lui-même pour son propre bien. Il est toujours dans l'excès...de rage ou de suffisance. Il est une tasse remplie jusqu'à ras bord, qui menace sans arrêt de déborder... Mon sourire à moi disparaît à sa phrase qui pue la trop haute estime de lui.

Mon rôle est justement de te retenir pour que t'ailles pas trop loin, et que tu gardes la tête froide. Je suis là pour tenir les rêves, pas pour te donner des coups de cravache.

Je grogne ensuite quand il dépasse les bornes et glisse son arme sous ma gorge, pour le simple plaisir de me voir au tapis. Et je n'aime pas ce que j'entends. Pourtant tout avait bien commencé... mais j'ai de nouveau des doutes... D'un coup de pied bien placé je le fais chanceler, et virer sa menace de moi pendant qu'il se croit dans une pub pour les shampooings, allant ranger mon boken dans le rack d'armes. Et j'avoue penser mal entendre quand il me propose qu'on dérive tous les deux. Je me tourne vers lui, commençant à longuement m'étirer sans le quitter du regard.

Je sais pas si c'est une bonne idée. Je sais pas si t'es prêt pour ça. Si t'es prêt à piloter avec moi, et surtout, me laisser entrer...

Je l'écoute, et il a une lueur de chien fou dans ses yeux, ou pire, un gamin impatient de tester un nouveau jouet. J'aime pas ça. J'aime pas ça du tout... J'hésite une seconde avant de soupirer.

On peut tester, mais on devra être discrets. Rendez-vous après dîner à la porte 4.

Sans un mot de plus je tourne les talons, prenant une longue douche brûlante pour délasser mes muscles avant de me changer et dormir un peu avant le repas. Je discute avec les autres, à qui je réponds vaguement quand ils me demandent comment ça s'est passé avec Bucky Bitch, et une fois terminé, j'attends qu'il vienne, guettant nerveusement le couloir. Heureusement il se pointe rapidement et je ferme la porte derrière nous, m'approchant de la machine.

Encore une fois, tu dois être prêt à tout lâcher, et rien me cacher. Je m'en fous de ce que t'as fait, d'où tu viens ou autres. J'accepte de piloter avec toi tel que tu es, mais c'est à toi de pas avoir honte de ce que tu me montres. Sinon ça marchera jamais...

Je me glisse dans la machine, en simple jogging, vu que c'est un entraînement, et enfile le casque, réveillant l'intelligence qui s'occupe du système du jaeger. Je soupire longuement et fais le vide, recommençant à voir les vertes prairies du ranch et sentant l'odeur des chevaux.

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Jeu 23 Fév - 0:09
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___
"Oh je t'en prie, ne commence pas... Je commençais presque à me dire que j'avais moins envie de t'en coller une...."

Je grogne à moitié pour lui, qui au lieu de se perdre dans le même cheminement de pensées que moi, à savoir qu'il serait temps qu'on dérive à nouveau, préfère douter et raviver en moi cette pulsion qui me hurle de fracasser ses dents bien trop parfaitement alignées. Je soupire bruyamment en l'entendant et m'éloigne déjà, non sans un dernier regard agacé pour sa personne, ne m'interrompant que lorsqu'enfin il cesse de faire la poule mouillée. D'un sourire je dévoile ma dentition et à nouveau je pose mes prunelles dans les siennes, presque pour lui faire comprendre qu'il ne mérite mon attention que lorsqu'il est de mon avis ou qu'il se décide enfin à transgresser les règles qu'il se contente d'aveuglément suivre.

"Bien sûr. Il te suffit de tenir ta langue alors et de ne pas expliquer à te petite cour que tu vas retrouver Bucky Bitch dans un coin sombre..."
J'ai un début de rire tandis que de haut en bas, je m'autorise à le scruter, n'ayant qu'un léger rictus quand sur son entrejambe mes prunelles s'arrêtent un instant. "Faudrait pas qu'ils croient que tu fraternises avec l'ennemi... Ils pourraient en avoir assez de te sucer la queue."

Nos regards se croisent une dernière fois et après m'être une dernière fois respectueusement incliné devant le tatami, je file, retrouvant mes quartiers pour prendre une longue douche, dans l'espoir d'autant débarrasser ma peau de la sueur que mon esprit du plaisir que j'ai eu à terrasser Steve. Un soupir m'échappe alors qu'une main posée sur le carrelage de ma salle de bain, je suis là, à laisser l'eau brûlante ruisseler le long de mon échine rendue frissonnante non pas par les mots de Steve qui depuis un long moment ne créent plus d'écho dans mon esprit, mais plus par cette crainte irrationnelle qui à moitié me fait trembler. Celle qui me noue les tripes et me susurre à l'oreille que dériver c'est accepter de le laisser une fois de plus s'introduire dans mes pensées et devenir l'esclave de ce lien qui nous forcera à nous confier pleinement et entièrement à l'autre. Les dents serrées, je ferme les yeux, poussant un long soupir, me rassurant en quelques murmures que je répète et chante à moitié, le coeur pourtant au bord de l'implosion. "Il ne peut rien contre moi." Un tremblement me fait doucement chanceler tandis que je frappe du plat de la main sur le mur qui me fait face. "Je suis plus fort. Je suis celui le combattant de nous deux." L'eau devient plus fraîche sur ma peau mais je ne bouge pas, le souffle court. "Il ne peut rien contre moi." Je viens couper l'eau et attrape une serviette pour me sécher, enfilant ensuite un jogging et un sweat, laissant mes cheveux librement cascader dans mon cou tandis que j'attrape un livre, décidant qu'aujourd'hui je n'ai pas envie de croiser des regards hostiles durant mon repas. Ainsi, au milieu des autres pilotes, je me retrouve à lire l'un des romans de Sam tout en mâchant distraitement, la fourchette à mi-chemin entre mes lèvres entrouvertes et mon assiette. J'ignore les autres, bien trop occupé à lire, ne retrouvant Steve qu'après le repas. Je lui souris en le voyant m'attendre ainsi.

"T'as l'air nerveux, Rogers. Peur de te faire choper et que papa te punisse ?"

Sans que ça ne m'étonne, il devient sérieux et recommence à me faire la leçon, me sermonnant alors que derrière-moi il referme la porte et qu'il s'approche du jaeger encore en construction. Je perds mon sourire et lève les yeux au ciel, profondément agacé alors qu'à ses côtés, je pénètre dans la cabine de pilotage. Je plisse légèrement le nez à cause de l'odeur de cambouis tandis que je sens sur ma peau courir un frisson qui vient allumer au creux de mes reins une sensation que je ne trouve normalement que dans les bras du danger. Je viens à mon tour m'installer dans la machine, fermant les yeux là où Steve s'occupe de démarrer l'IA qui après avoir vérifié que tout est en ordre. Un soupir m'échappe et avant que la dérive ne commence, je reviens dans cette cabane, aux côtés de Sam qui m'offre un sourire. L'odeur des cookies de sa mère me vient mais est rapidement balayée par celle d'une prairie verte. Un grognement m'échappe et je serre les poings.

"Putain... Putain...."

D'autres souvenirs viennent balayer les miens, et bien rapidement, je dis adieu aux rues de New-York et à ses nuits passées sur des balcons où avec Sam nous fumions en regardant les passants pour me retrouver au milieu du bétail, des chevaux et du foins. J'arque le dos et porte mes mains à mon casque, comprenant au milieu de souvenirs que lui se perd au milieu des restes de mon existence, naviguant entre mes souvenirs d'enfance et les moments où longuement, j'ai pleuré l'absence de celui dont je ne fais toujours pas le deuil. A nouveau je résiste et alors qu'il manque de me voir pleurer et hurler la perte de Sam, je tente de briser la dérive en retirant mon casque, faisant de ce fait hurler l'ordinateur qui commence à s'affoler et à afficher de nombreux messages d'erreurs. Je sens nos conscience se séparer tandis que dans ma bouche je goûte mon propre sang. Je m'extirpe hors de la machine et m'écroule au sol, crachant un peu de sang au sol là où je tente de murmurer quelque chose pour justifier mon geste.

"Pas... Je...." Je crache à nouveau, m'essuyant ensuite les lèvres d'un revers de la main. "... Fallait pas.... Que...." Nauséeux, je peine à trouver mes mots. "Sam.... Toi.... Je..." Je tente de me relever, en vain. "C'était.... Pas une bonne idée." Je prends appuie sur le mur et le souffle court, je m'éloigne déjà, toujours hanté par ses souvenirs et ses pensées qui continuent de parasiter les miennes malgré la dérive que j'ai interrompu de force. "Stop..." Je grogne à nouveau, le front contre la paroi froide de l'engin. "Sors... Sors... On est plus... Tu... Tu devrais plus rien voir... Sors de ma tête...."
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