Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Welcome to the jungle

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Mar 10 Mai - 15:26
Welcome to the Jungle —




Je ferme les yeux et je suis de nouveau dans ce ravin. En un battement de coeur, je redeviens un gamin qui se fait doucement à l'idée qu'il va mourir. En cet instant, je suis Bucky Barnes, j'ai 21ans. Le froid et la neige dévore le reste de mon bras, mon sang se répand au sol et mon esprit lui s'engourdit. Je suis James Barnes, je suis né à Brooklyn, et je vais mourir. Des flocons s'accrochant à mes cils, à mes cheveux, aux plaques de mon bras… Non. Je n'ai pas de bras. Je suis dans le ravin. Il n'y a que les arbres, le ciel, la neige et mes gémissements craintifs. Je suis Bucky, le meilleur ami de Steve. Un frisson secoue mon être et lentement, je sens que mon sang peine à  réchauffer mes veines. Les volutes de buées que j'exhale se font de plus en plus timides et garder les idées claires est compliqué. Je ne suis personne, et je vais mourir seul. Ma température corporelle baisse et mon bras mécanique peine à bouger. Les plaques tentent de se resserrer, en vain. Le givre attaque sûrement le métal. Ou alors, c'est le sang qui gèle et grippe le mécanisme. Je bats des cils et écoute mon coeur ralentir. C'est terminé. Je vais avoir le droit de me reposer. J'aimerais sourire et dire que je suis heureux que ce la prenne enfin fin… Mais je n'y arrive pas. Cette mort, ce repos, j'aurais aimé le connaître il y a bien cent ans. J'aurais aimé que l'on me l'accorde quand j'étais encore jeune et humain. Le froid et la neige continuent de faire rage autour de moi mais je ne cède pas. Je ne tombe pas à genoux. Je m'y refuse. Quitte à mourir, autant le faire debout. Au moins, peut-être que cette fois-ci, personne ne tentera de me ramasser. Peut-être qu'on me laissera et qu'on m'oubliera. Mais non. Une fois de plus, il y a des pas dans la neige, une voix dans le blizzard et un regard que je dois croiser. Ses cheveux rouges me rappellent mon propre sang dans la neige et sa voix semble faire taire les hurlements du vent. Je croise son regard mais n'écoute pas ce qu'elle me dit. Tout ce que je vois, c'est la combinaison qu'elle me tend. Il faut partir. Mes doigts se referment sur la tenue et lentement, je commence à l'enfiler, me disant qu'une fois de plus, je n'aurais pas le droite m'endormir ici. Je termine de m'équiper, passant la capuche avant de la suivre, soupirant longuement quand je comprends qu'elle n'arrive pas à s'habiller seule. Je la rattrape et rapidement, je la dépasse, me plaçant face à elle. Je sais que je devrais la remercier, m'excuser… Mais rien ne vient. Je me contente de baisser les yeux et de l'aider à enfiler sa manche et fermer sa combinaison. Je pourrais avoir un sourire, mais une fois de plus, je me contente de tourner les talons et d'avancer jusqu'au point d'extraction. La neige craque sous mes pas. Le vent caresse mes joues et ébouriffe mes cheveux comme le ferait une mère aimante ou une amante. Les yeux dans le vide, l'esprit ailleurs, je ne repense qu'aux noms et aux listes que j'ai pu trouver dans ce nouveau dossier. La berline apparait au loin, et ma mâchoire se verrouille. Ce n'était pas une coïncidence. Tout comme cette mission à l'opéra. Quelqu'un voulait que je vois tout ça, que je comprenne et constate le nombres de gens qui étaient impliqués dans ce fameux programme. Cолдат Зима. Le poing d'HYDRA. Celui qui allait façonner l'avenir. Je me glisse dans la berline et pendant tout le trajet, je n'entrouvre pas les lèvres. Je ne lui accorde pas même un regard, trop occupé à penser à cette liste, à ses hommes que je vais devoir trouver, torturer et tuer. Seront-ils surpris de me voir débarquer chez eux ? Sûrement. Beaucoup doivent penser que je suis encore dans mon caisson, quelque par en Sibérie. Certains se diront peut-être que je suis un fantôme ou un cauchemar… Beaucoup vont regretter de penser qu'ils ne craignent rien. La berline s'immobilise et une fois à l'aéroport, je me contente de l'attendre, refusant les soins que l'on me propose.

"Ce n'est pas mon sang. Je vais bien."

La personne se recule, esquissant un murmure horrifié avant de me laisser en paix. Oui. Je suis un monstre. Je suis celui qu'HYDRA a façonné. James Barnes n'est plus depuis bien longtemps et même maintenant, je ne serais pas dire ce que je suis désormais… Ni même qui je suis. Je ne suis plus le Bucky de Steve, mais je ne suis plus non plus le Soldat de l'Hiver. Je suis autre chose. Je suis la résultante de ses deux personnes. Je suis les débris d'un être humain et les décombres d'une machine à tuer. Une ruine. C'est peut-être ça que je suis aujourd'hui. Une ruine qui n'est que la trace de la personne qui existait avant de tout cela. Natasha finit par quitter l'infirmerie et en sa compagnie, je grimpe dans le jet. Je m'installe dans un des sièges et après le décollage, je remarque à peine qu'elle s'absente. C'est pour ça que je suis presque surpris quand elle tente de faire la conversation. Mon regard croise le sien et d'un air contrarié, les sourcils froncés, je tente de lui faire comprendre que je ne veux pas parler. Mais ça ne l'arrête pas, au contraire. Elle veut savoir ce qui s'est passé. Je me contente simplement de serrer les dents, ne lui offrant comme réponse que mon silence. Je ne veux pas en parler et surtout pas avec elle. Seulement la rouquine refuse de se taire et au fil de ses mots, ce n'est plus de la colère que je ressens mais une peur qui me fait redevenir le gamin que j'ai été un jour. Puis le premier mot de la liste glisse d'entre ses lèvres. Зависть. Mon souffle se bloque dans ma poitrine et déjà j'ai envie d'hurler. Non. Ça va recommencer. Un gémissement m'échappe. Ржавый. Je hurle et me jette sur elle pour qu'elle se taise. Ma main vient se poser sur sa bouche et l'autre s'agrippe à son siège. Je souffle comme un boeuf et dans mes yeux, il y a l'éclat de ce qu'elle a faillit me faire redevenir. Je ne cherche pas à lui faire peur, mais ma voix est rauque au possible. Désagréable à entendre même.

"Pas un mot de plus."

Je pourrais marquer son joli minois de mes doigts, faire des bleus sur sa peau de porcelaine mais ce n'est pas ce que je cherche, ni même ce que je veux. Tout ce que je désire, c'est qu'elle se taise. Qu'elle ne poursuive pas la liste. Qu'elle ne fasse pas de moi un monstre à nouveau. Je sens son souffle contre la paume de ma main et dans ses yeux magnifiques, j'y lis la crainte. Tu vois Barnes ? Tu n'es plus rien. Plus un être humain, ni même un tombeur de ses dames. Tu n'es plus qu'un monstre.

"Je vais retirer ma main… Et là, tu vas m'expliquer par quel miracle tu sais pour cette liste. Tu vas me dire qui te l'a dit ou où tu l'as lu… Et ensuite, tu vas me faire le plaisir de l'oublier. Suis-je clair ?"

Je compte quatre battements de coeur avant de retirer ma main, restant tout de même bien trop proche d'elle.
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Mar 10 Mai - 18:57

Welcome to the jungle

ft. Bucky & Tasha


« la citation qui vous plaira. »
Il est délicat, quand il veut. Quand il se plante face à moi, j'hésite une seconde, sans comprendre ce qu'il me veut. Mon coeur, lui, rate un battement, à l'idée que peut-être, là, il va me faire du mal. Qu'il a décidé de jouer cavalier seul et qu'il va me coller une balle, m'abandonnant au beau milieu d'une plaine ukrainienne où on me retrouvera ensevelie sous la neige épaisse et moelleuse. Le traqueur dans ma combinaison leur dira bien vite où je suis, et surtout dans quel état je suis, à savoir morte, mais ils mettraient quand même plusieurs à venir me récupérer. Plusieurs heures qui sont plus d'avance qu'il ne lui faudrait pour disparaître, comme une ombre, comme un fantôme. Celui de ce pauvre type qu'on a récupéré il y a soixante quinze ans, dont on a lavé le cerveau et qu'on a utilisé contre a volonté pour tuer des gens. Le souci c'est que je ne le vois pas. Je n'arrive pas à trouver le meilleur ami de Steve derrière sa carrure d'armoire à glace et derrière ce visage sombre. Je n'arrive pas à voir le gamin qui a grandi avec lui, son meilleur ami avec qui il a partagé tellement de trucs. Non. Je ne vois qu'une façade aussi chaleureuse qu'une porte de prison. Je ne vois que la machine qu'on a faite de lui. Le tueur froid. C'est ce qui me fait le plus peur. Le fait que je n'arrive pas à le lire. Le fait que son esprit soit comme un lac gelé. Je marche sur la glace épaisse mais fragile, sans savoir ce qui se passe en-dessous, et surtout, sans savoir si elle va craquer. Ou plutôt quand.

Pourtant c'est fini. C'est terminé. Il a retrouvé Steve. Il a retrouvé son pays. On le laisse libre de ses mouvements au Shield, il n'est plus prisonnier, et petit à petit Steve me dit que ses souvenirs lui reviennent. Alors pourquoi? Pourquoi être aussi menaçant? Aussi froid? Pourquoi tenir le monde à distance? Pourquoi nous repousser tous? Même s'il ne me l'a pas dit, c'est aussi dur pour Steve. Il me dit qu'il a besoin de temps. Que ça ne va pas se faire de suite. D'accord. Mais est-ce que c'est une raison pour nous mordre tous? Pour ne parler à personne? Et même moi, après ce qu'il m'a fait, deux fois, je suis prête à lui tendre la main. Sauf que ma main, il en veut pas. Je ne sais pas ce qu'il veut.

Je serre les dents et étouffe un gémissement alors qu'il bouge mon épaule pour faire rentrer mon bras dans ma combinaison, avant que je le replie pour pouvoir comprimer ma plaie. Il remonte la fermeture sur mon bras crispé et on reprend la route, sans un mot. Pendant une seconde il m'a aidée alors que je ne lui ai rien demandé. Il a fait attention en bougeant mon bras. Et la seconde d'après, il était redevenu le bloc de glace que je connais trop bien et trop peu en même temps. Chaque pas est une torture alors qu'on s'approche de la berline, et j'ai de plus en plus de mal à résister au vent. Pendant tout ça, je pense juste à ces mots. C'est bête mais ça me fait penser à autre chose. Enfin je me force à ça.

Envie. Rouillé. Fournaise. Aube. Dix-sept. Bénin. Neuf. Retour à la maison. Un. Wagon de marchandises. Envie. Rouillé...

Une fois en voiture je soupire de soulagement maintenant que tout est terminé. Maintenant on va juste prendre l'avion et rentrer. On va me soigner et je n'aurai plus mal. On va me soigner et je ne le verrai plus. C'est seulement quand on reprend notre route que j'appuie sur le détonateur de l'usine. Tout le monde a eu le temps de sortir et l'explosion ne vas pas faire de victimes. Juste détruire tous leurs secrets, et ne laisser aucune trace de leurs travaux. Je tourne légèrement la tête et je vois de la fumée s'élever au-dessus de la bâtisse. C'est bon, c'est terminé. Je me roule un peu plus en boule et somnole à moitié, bercée par la chaleur et les mouvements de la voiture, alors que j'ai toujours aussi mal, et que ma fatigue augmente encore. Putain faites que ça s'arrête. Faites que ça se taise. J'ai l'impression que je vais devenir dingue, et je sens déjà que l'intérieur de ma combinaison devient humide et poisseuse. J'ai perdu beaucoup de sang. J'espère qu'il m'en reste encore un peu...

Heureusement on arrive vite à l'aéroport et j'ai enfin droit à un médecin. Piqûres, points, balle sortie, pansements et c'est terminé. On peut décoller. Enfin rentrer à la maison. C'est con mais là j'ai juste envie de retourner à l'ambassade, de m'enrouler dans un pashmina de maman et de boire du thé à la bergamote avec elle. Comme si rien s'était passé. Comme si je venais pas de participer à une mission pour le Shield au cours de laquelle des gens sont morts. Etre juste Natasha, qui a besoin de sa mère et d'oublier tout ça. D'oublier que j'ai failli mourir. J'ai un peu de mal à grimper dans le jet mais au moins la douleur s'est arrêtée. J'ai juste qu'à m'installer, et à me laisser ramener à la maison. Il ne m'arrivera plus rien. C'est fini.

J'utilise mes dernières forces pour me changer, virer mes fringues pleines de sang et me débarbouiller dans la salle de bains du jet avant d'enfiler des vêtements amples et confortables. Je me laisse retomber sur mon siège, et en voyant Bucky en face de moi, je tente de lancer la discussion, autant pour briser la glace que pour avoir des réponses à cette mystérieuse feuille. Sauf que sa réaction est pas vraiment celle que j'attendais. J'ai même pas fini ma phrase qu'il a plongé sur moi et a posé sa main sur ma bouche, l'autre s'agrippant au siège alors qu'il me bloque de toute sa carrure de colosse. Putain mais il fait quoi là? Mon coeur rate un battement avant de tambouriner dans ma poitrine, et mes yeux le fixent sans comprendre. Pourquoi s'en prendre à moi maintenant? Qu'est-ce qu'il veut? Je tente de réfléchir à une solution alors qu'il me parle. La liste. Les mots que j'ai trouvés. La liste de mots sans aucun sens.

Envie. Rouillé. Fournaise. Aube. Dix-sept. Bénin. Neuf. Retour à la maison. Un. Wagon de marchandises...

C'est ça. C'est ça qui le fait péter un plomb. Mais pourquoi? C'est que des putains de mots! Alors pourquoi il me menace? Je hoche la tête pour lui montrer que j'ai compris mais au moment où il ôte sa main je remonte ma jambe et appuie de toutes mes forces sur son torse, me cambrant pour le repousser. Et dans la seconde de répit que ça me laisse, je sors l'arme de sous mon pull. Fury m'avait prévenue. Toujours armée. Toujours prête. Et s'il s'éloigne du chemin une seule seconde, j'ai le droit d'éliminer la menace. Il regarde mon arme alors que j'ôte la sécurité, et je serre un peu plus mes doigts sur la crosse.

Recule. Et maintenant c'est toi qui vas me dire ce que c'est que cette liste. A quoi correspondent ces foutus mots. Tu aurais demandé gentiment je t'aurais tout dit. Maintenant tu parles ou je les sors tous. Les uns après les autres. Je les ai tous en mémoire. Et peut-être même que je les donnerai à Fury. Alors? C'est toi qui décides.


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Mar 10 Mai - 23:06
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J'ai été idiot. Je n'aurais pas dû lui laisser la possibilité de se défendre. J'aurais dû faire comme à l'époque, poser ma main sur sa gorge et simplement serrer. J'aurais dû la traiter comme j'ai traité toutes mes victimes de sexe féminins. J'aurais dû tordre le cou à ce joli rouge-gorge. Au moment même où je retire ma main, son pied trouve mon torse et en cambrant le dos, elle me repousse vivement. Ma main laisse une marque dans le siège et par réflexe, je gonfle ma poitrine pour éviter de me retrouver avec le souffle coupé. Un juron siffle d'entre mes dents avant que ma mâchoire se verrouille quand je me retrouve face au canon de son arme. J'observe ses doigts sur sa crosse, la façon dont son poignet se crispe et rend raide son épaule. La sécurité de l'arme saute et calmement, je pousse un soupir, déglutissant alors que je calme mon coeur. Elle ne tira pas. Elle n'osera pas. Même si elle en a eu l'ordre… Elle n'est pas encore prête à ôter une vie. Elle n'est qu'une gamine qui pense que parce qu'elle s'entraîne, elle est capable de tout. Elle ne se rend pas compte de ce que ça représente de pointer son arme sur quelqu'un. Elle ne réfléchit pas aux conséquences, ni à la sensation qui restera la hanter le soir quand elle repensera à cette balle qu'elle aura collé entre les deux yeux de quelqu'un. Elle ne se rend pas compte que si elle fait ça… Elle passera le restant de ses nuits à revoir mon regard vide et mon sang se répandre sur le sol. Elle n'envisage pas qu'ôter une vie, c'est accepter de vivre avec le fantôme de la victime pour le restant de ses jours. Elle pense que c'est simple. Elle pense qu'elle peut le faire. Elle est stupide. Stupide et naïve. Naïve et innocente. Elle ne devrait pas avoir à faire ça. Personne ne devrait être obligé d'avoir du sang sur les mains. Je me radoucis presque, repensant au gamin que j'étais. Je pensais que ça ne me ferait rien, que j'étais plus fort que tout ça. Idiot que j'étais. Mes épaules se détendent et le temps d'une seconde, j'envisage de simplement m'excuser et lui dire que ce n'est rien… Jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche. Là, je recommence à montrer les crocs et l'envie de m'excuser me passe rapidement. Tu penses que me menacer est la meilleure des idées ? Stupide et naïve… C'est amusant de voir que l'on en revient toujours à ça. Ses doigts se crispent sur la crosse et déjà, je me dis que je n'aurais qu'à lui saisir le poignet, le tordre légèrement et elle serait obligée de lâcher son arme. Je tente de refouler mes sales réflexes mais c'est trop tard. En quelques secondes j'ai déjà en tête plusieurs manières de la désarmer. Ce serait si simple. Comme voler une sucette à un gamin. J'attends qu'elle termine son petit speech avant de passer à l'attaque. D'un geste vif, je viens poser ma main gauche sur le canon de son arme, saisissant le flingue sans craindre une seule seconde qu'elle puisse me faire du mal. Au pire, elle va tirer, la balle va se heurter à une plaque de métal qu'elle ne pourra pas traverser, le métal va chauffer et après ? Après rien. Mon autre main vient se glisser derrière son coude, l'empêchant de ce fait de plier l'articulation du bras… Et mieux, je n'ai qu'à forcer pour le briser. Les vieux réflexes reviennent. Le Soldat de l'Hiver recommence à vivre au travers de ma personne. Nous n'avons jamais été deux personnalités dans le même corps. Mais bien une seule et même personne. James Buchanan Barnes est le Soldat de l'Hiver. Bucky est la machine à tuer d'HYDRA. Je suis un monstre.

"Je te l'ai déjà dis à l'entraînement. Tu crispes trop ton poignet et ça alourdit ta prise jusqu'à ton épaule. C'est comme si tu suppliais tes adversaires de te désarmer."

Je tords un peu plus son poignet et gronde simplement quand j'entends le coup de feu partir. Le bruit de la détonation se fait entendre dans tout l'appareil et sans broncher, je décide que ce petit jeu a assez duré. Je la désarme pour de bon, récupérant l'arme pour être désormais celui qui tient en joue. Celui qui décide. Celui qui menace. Celui qui est dangereux. Je redeviens le Soldat. Lentement je redeviens ce qui me dégoûte tant chez moi. L'index sur la gâchette, je prends une grande inspiration.

"Alors c'est comme ça que veux jouer ? Il aurait fallut que je demande gentiment ? Alors que t'as une liste sur laquelle tu n'aurais jamais dû tomber ? Tu aurais voulu que je te raconte bien gentiment des choses que je n'évoque pas même avec Steve ? Tout en me menaçant par la suite ? Le choix n'est pas trop dur à faire. Essaye donc de les sortir. Vas-y."

Je suis l'ennemi. Le monstre, la personne dangereuse qui n'aurait jamais dû quitter la cage dans laquelle on l'avait enfermé ou la glace dans laquelle je reposais en paix. Je suis la machine à tuer qu'on aurait dû débrancher. Le pauvre gamin de Brooklyn qu'on a brisé et transformé en ce que je suis aujourd'hui. Mais je ne veux pas la tuer. Je ne veux pas. Ni même la blesser. Je veux la liste. Je veux son silence et la certitude qu'on ne réveillera pas à nouveau la docilité du Soldat ou sa cruauté. Je ne veux pas redevenir ce pantin sans la moindre once d'humanité. Je veux mon moment de paix. Je veux mon droit à être libre. Je ne veux plus qu'on me dise quoi faire et comment.
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Ven 13 Mai - 20:21

Welcome to the jungle

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« la citation qui vous plaira. »
Des mots. Des simples mots. Des mots qui n'ont aucun sens entre eux. Des mots qui ne veulent rien dire. Et pourtant à la seconde où les deux premiers ont franchi mes lèvres il a viré taureau furieux devant lequel on agite la cape rouge. Vraiment furieux, mais aussi paniqué. Parce que ouais, personne n'aurait jamais réagi aussi violemment à de simples mots en russe s'il n'avait pas peur que quelque chose se passe. Comme lui, maintenant. Une seconde avant, il regardait distraitement dehors, la mine aussi expressive que Clint Eastwood dans un de ses films, l'air de se faire passablement chier alors que je commençais tout juste à ouvrir la bouche. Un premier mot et il m'a fixée de ses yeux de glace comme si je venais de le piquer. Et au deuxième mot il est devenu pâle. Pourtant qu'est-ce que ''Envie'' et ''Rouillé" pouvaient bien réveiller chez lui? Qu'est-ce que ça pouvait lui dire pour une telle réaction? J'en sais foutre rien... et c'est peut-être ça qui me fait encore plus paniquer. L'idée qu'en plus de tout le reste, il puisse péter un plomb pour rien, pour des mots complètement idiots qui n'ont aucun sens les uns à la suite des autres.

Voilà que je me retrouve face à lui, son nez frôlant presque le mien alors que sa main est posée sur ma bouche. Une peur panique s'empare de moi alors que je sens tout d'un coup vulnérable. Tellement vulnérable. Et même si ce n'est pas la première fois qu'il s'en prend à moi, je pensais que c'était fini. Je pensais que c'était terminé. Que grâce au SHIELD et surtout à Steve il avait un peu repris pied. Je pensais qu'il allait mieux, je pensais qu'il redevenait humain. Je me plantais. Je me plantais totalement en pensant qu'il pourrait être réparé. Qu'il pourrait redevenir humain. Je vois que c'est pas possible. Qu'il lui faut que quelques mots pour péter un plomb et avoir envie de me tuer. En plus là je suis seule. La première fois toute l'équipe m'avait tirée de là, et quand il s'était jeté sur mois dans les couloirs du SHIELD, encore une fois ils étaient plusieurs et ils ont pu le virer de moi. Mais là... là je suis seule en plein ciel avec lui, et le pilote qui est dans le cockpit. Je peux compter que sur moi, et encore, je suis blessée, tout juste rafistolée et j'ai perdu pas mal de sang. Putain le timing est parfait...

Heureusement, j'ai réussi à le surprendre assez pour le faire reculer d'un pas. Un pas et c'est tout ce qu'il me faut pour arriver à sortir mon arme de sous mon bas de jogging et le mettre en joue. Ne pas hésiter. Ne pas hésiter à tirer. Je ne dois pas hésiter à tirer. Fury l'a dit. Fury m'a dit que si les choses tournaient mal je pouvais limiter les dégâts. Que j'avais le droit de l'abattre. Il ne devait pas mettre en péril la mission. Il ne devait pas laisser de trainée de sang derrière lui. Il ne devait pas faire de vagues, et ne pas se faire remarquer. Le SHIELD ne devait pas être soupçonné. Jamais. Hors de question. Alors j'ai le droit de le tuer. J'ai le droit. J'expliquerai qu'il m'a sauté dessus alors qu'on parlait. Qu'il m'a menacée. Je tente de garder l'esprit clair, au maximum. On est dans un putain d'avion en plein ciel et la moindre balle perdue peut percer la carlingue et nous faire nous écraser à cause de la dépressurisation. Mon coeur tambourine à mes tympans et j'ai la gorge sèche. Mais je tente d'assurer ma prise sur mon arme, comme il me l'a lui-même appris. Putain d'ironie.

Etrangement son regard change encore, et on dirait que la panique de prime abord s'est un peu envolée. Comme si maintenant il savait que quoi que je dise ou fasse, il allait maîtriser la situation. Il allait me dominer, ou me vaincre. Voire... voire me tuer? Je le tiens encore en joue, toujours installée dans le fauteuil, et je déglutis quand sa seule réponse est de critiquer comment je tiens mon arme. Il sait. Il connaît mes points faibles. Il sait déjà comment il va réussir à se débrouiller. Et... et j'ai peur pour après, parce que je sais pas du tout ce qu'il me réserve. Merde. C'est un soldat d'élite qui se bat depuis plus de soixante quinze ans, et moi ça fait tout juste deux mois que j'ai intégré le SHIELD. Je ferai pas le poids. Jamais. Pourtant... pourtant si j'y suis obligée, je vais défendre chèrement ma peau. Clairement. Je déglutis avant de répondre, d'une voix aussi calme que possible. Mais une seconde, en une seconde il a réussi à avancer son bras et à bloquer mon coude. Un geste, une poussée et il le brise. Et là ça serait foutu. Mon autre épaule est flinguée et je peux pas me permettre d'être manchote, même momentanément. Je fais quoi? Je fais quoi?! Merde! Tant pis. Il faut que je me sorte de là. Je tire dans sa main en métal qui absorbe déjà le choc. Le coup résonne à mes oreilles et avant que j'aie le temps de réagir il fait sauter mon arme des mains. C'est un cauchemar. C'est un putain de cauchemar. Maintenant c'est moi qui suis face au canon. C'est pas franchement agréable de se retrouver de ce côté-ci. Mon regard fait des allers et retours entre ses yeux de glace et le canon alors qu'il parle à nouveau.

Je veux pas jouer! Mais tu peux pas me menacer en premier alors que je te posais simplement une question! Tu crois que j'ai fait exprès de tomber sur ce bout de papier? T'avais laissé des dossiers éparpillés partout et j'ai juste vu une feuille avec ton nom de code et ton étoile dessus! Je t'en parle tranquillement et c'est toi qui m'a sauté à la gorge! Qu'est-ce que ça peut être pour que t'hésites pas à vouloir me tuer une troisième fois?

Je commence à trembler. J'ai faim. J'ai froid. Je suis épuisée. Et en plus ça. C'est vraiment ma journée. Je regarde autour de moi mais je suis seule. Totalement seule avec lui. Il faut que je me sorte de là. Et je réalise qu'il y a un bien un truc que je peux faire. David contre Goliath. Le pot de terre contre le pot de fer. Tout ça. Maintenant il faut prouver que ça marche. Il est face à moi, en position d'attaque, et me tient toujours en joue. L'avantage avec la position de tir réglementaire c'est qu'on a les jambes un peu écartées. Juste ce qu'il faut. Alors qu'il me fixe toujours je reste immobile. Je replie un peu la jambe et lui flanque un grand coup de talon dans les bijoux de famille. Une seconde. Une seconde et c'est juste ce qu'il me faut pour reprendre son arme et me glisser derrière le fauteuil dans lequel j'étais assise plus tôt. Une fois à l'abri, et hors de danger, je le vise à mon tour, et récite sagement, sans le quitter des yeux ni le laisser approcher.

Aube. Dix-sept. Bénin. Neuf...


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Sam 14 Mai - 14:51
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J'attends. Patiemment, je reste sur mes gardes et j'attends comme on me l'a toujours appris. En cet instant et le doigt sur la gâchette, je redeviens le Soldat qu'HYDRA a si joliment entraîné. Je redeviens ce bijou de violence et de destruction que j'ai toujours été. Dans cet avion et avec elle au bout de mon canon, je redeviens ce que je n'ai jamais réellement cessé d'être. Dans mon regard se rallume l'éclat du Soldat et entre mes doigts, je sens l'arme s'alléger. Les regrets s'envolent, les remords fuient avec eux. Tout ce qui compte c'est cette liste qui m'obsède, cette suite de mot qu'elle n'aurait jamais dû connaitre. Ouvre les lèvres ma douce, vas-y, tente de les prononcer et je tirais. Et si je n'abîmerai pas ton minois, je sais où tirer pour te blesser et te faire hurler. Je sais prendre mon temps, je sais être patient. L'arme ne tremble pas entre mes doigts et alors que je calme les battements de mon coeur, je croise son regard affolé. Bien. Tu aurais toujours dû me regarder ainsi, ça t'aurais peut-être empêché de faire la connerie que t'es en train de faire. Elle commence à parler et je fronce les sourcils. Elle ne comprend pas… Et elle ne pourra très certainement jamais me comprendre. Elle ne sait pas ce que c'est de voir son esprit être fracassé, brisé puis reconstruit. Elle ne sais pas ce que c'est de ne plus être maître de ses propres pensées, ni de savoir que d'un mot, quelqu'un peut vous ordonner de vous donner la mort ou de massacrer toute forme de vie présente dans la pièce. Elle ne sait pas. Elle est trop innocente… Encore trop naïve. Je n'ai en face de moi qu'une enfant qui pense qu'en parlant de ses problèmes on peut tout résoudre. Une idiote que le monde a pour l'instant épargné…  Mes doigts se resserrent autour de la crosse de  mon arme, et le temps d'une seconde, je détourne le regard en serrant les dents. Les autres l'enroulent dans du coton, il la traite trop gentiment, elle n'apprendra jamais. Seulement je ne suis pas eux et j'ai appris que la douceur n'existe dans ce monde que pour se faire briser. Mon regard revient chercher le sien et étrangement, j'ai l'impression de me revoir. J'avais cette même envie de bien faire, ce même besoin de sauver le monde et de protéger Steve. Une vive douleur à l'entrejambe me ramène à moi et c'est un grognement qui m'échappe alors qu'elle récupère son arme. Je me plie légèrement en deux, accusant le coup en jurant dans un russe parfait.

"Putain…"


Au travers des mèches de cheveux qui barrent mon visage je me redresse et la fixe, elle qui se cache désormais derrière son fauteuil, comme si elle espérait que ça allait me ralentir ou m'empêcher de l'attraper. Je montre les dents et m'apprête à lui sauter dessus quand elle prononce la suite de la liste. Рассвет. Mon souffle se coupe et dans ma tête se télescope bien des choses. L'odeur de la neige et du métal rouillé me revient, celle de la pisse et du sang aussi. Il y a des bruits de bottes au loin, puis la voix désagréable de mon supérieur. Au loin, je vois le carnet et j'aimerais le saisir, simplement pour qu'il se taise. Pour que la suite ne vienne jamais. Семнадцать. C'est un hurlement qui m'échappe. Douloureux. Long. Plein de rage et de désespoir. Je porte les mains à mon crâne et ferme les yeux, tentant de repousser les flashs qui s'imposent à moi. Il y a du sang, de la neige, des cadavres, le canon fumant de mon arme. Un pouls affolé contre la paume de ma main. Les cris d'un gamin, l'éclat de ma lame, mes pas dans la neige. Je veux qu'elle arrête, qu'elle se taise, qu'elle ne réveille pas cette cette partie de moi. Elle ne veut pas le revoir, il est dangereux, mauvais… Elle me regretterait. Mais jamais elle ne s'arrête. Бенин. C'est un gémissement qui m'échappe alors que je tente un pas vers elle, jetant dans son regard toute mon envie de la tuer. Mon esprit recommence à se brouiller. Des portes s'ouvrent dans ma tête et me replonge dans un mécanisme de pensée qui me fait froid dans le dos. Je tends une main vers elle, mais je sais qu'elle ne viendra pas m'aider. Arrête ! Arrête ! Voilà ce que j'essaye d'hurler. Девять. Je fais un pas de plus en criant. J'ai peur. Je ne sais pas ce que je vais lui faire. Je ne sais pas si je ne vais pas vouloir terminer ma mission de la dernière fois. J'ai mal. Les flashs se poursuivent. Je revois Steve en sang. Le carnage sur la route, mon propre reflet dans une glace fendillée. Je revois les hommes d'HYDRA… Je revois l'être à peine humain que j'étais. Elle fait une pause et j'en profite pour me jeter sur elle.

"Ta gueule ! Ta gueule !"

Je hurle, pose une main sur le fauteuil avant de tendre mon bras gauche vers sa gorge mais c'est trop tard. Восвояси. Mes doigts effleurent sa gorge mais ne se referment pas autour de celle-ci. Mon souffle se calme d'un coup et plus rien ne s'échappe d'entre mes lèvres. Je n'ai plus un cri, plus une envie. Je ne suis que pendu à ses lèvres. Один. Je me calme et reste parfaitement immobile alors que tout se replace dans mon esprit. Je suis le Soldat de l'Hiver. Le sauveur de la patrie. Le poing d'HYDRA. Je suis le calme et le froid. La cruauté et la justice. Je suis le protecteur des idéaux. Le soldat parfait. Docile, efficace et infaillible. Je cligne une fois des yeux et laisse les plaques de mon bras se remettre en place, bougeant avec un sifflement discret. Грузовой вагон. Je n'entends pas le bruit d'un carnet qui se referme et pourtant, lentement je me recule, me redresse pour me mettre presque au garde-à-vous devant ma supérieur. Je plonge mon regard dans le sien, réalisant alors que je ne suis jamais rentré après ma dernière mission. Elle doit être là pour le rapport que je n'ai jamais fais. Ma mâchoire se verrouille et sans un mot, j'attends de savoir ce qu'elle veut de moi. Va-t-elle me demander un rapport ou me donner une autre mission ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que nous sommes dans un avion, qu'elle me pointe de son arme et que je n'aime pas ça. Je fixe le canon de son arme et me tends, m'apprêtant à réagir si elle tente de me sauter dessus. Puis je la regarde plus attentivement et je me surprends à penser qu'elle ne sait pas tirer. Son épaule est trop raide. D'une torsion je serais à même de lui briser le bras, de récupérer son arme et d'ensuite l'abattre. L'idée m'effleure l'esprit, puis je me rappelle que nous sommes dans un avion. Une balle perdue et je pourrais ne jamais m'en sortir. Et ce n'est pas ce que je veux. Qu'est-ce que je veux déjà… ? Ah oui… Rester en vie.
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Lun 16 Mai - 13:02

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« la citation qui vous plaira. »
Je suis coincée avec lui. Je suis coincée dans un jet en plein vol avec un ancien assassin de HYDRA, qui en fait en est toujours un, et un sacrément bon. Pourtant, si j'avais trouvé ça super cool à l'usine, vu la facilité avec laquelle il était arrivé à nous débarrasser des gardes qui s'étaient pointés, là c'est autre chose. Parce que sa cible, maintenant, c'est moi. Parce que tout son talent, ses années de pratique, tout ça, c'est contre moi qu'il va les utiliser. Et objectivement, en simple combat, j'ai aucune chance. Il est plus grand, plus fort, et surtout beaucoup mieux entraîné que moi. Ca fait seulement quelques mois que j'ai commencé les arts martiaux, et même si Maria me dit que je progresse très vite, c'est clairement pas suffisant pour rattraper quelqu'un qui fait ça depuis des années. Des dizaines d'années même. En plus je suis épuisée et blessée alors que lui est en plein possession de ses moyens. Pour faire clair, je suis morte. Si j'utilise pas mon cerveau très vite, je suis clairement morte. En un claquement de doigt, en une pression de son bras en métal je serai un cadavre à ses pieds. Mais pourquoi il devient dingue à propos d'une liste? Qu'est-ce que cette liste de mots peut lui faire pour qu'il soit aussi terrorisé qu'il veuille s'en prendre à moi, histoire que je ne les prononce pas? Que je me la boucle? Vite. Vite Tasha. Vite putain! Trouve quelque chose! Trouve quelque chose et vite, sinon t'auras rien à trouver. Je le regarde lui, ses yeux bleus dans les miens, mon arme qu'il a retournée contre moi, et sa prise ferme sur la détente. J'ai aucune chance. Aucune foutue chance. A part...

Je le frappe aussi fort que je peux entre les jambes, et la foutue seconde que je gagne me permet d'attraper mon arme et de me glisser derrière le fauteuil. Je me redresse, le tenant en joue, et le fixe. A cet instant je sais pas ce que j'éprouve. J'ai peur. J'ai peur de lui, j'ai peur de mourir. Et je suis déçue. Déçue parce que je vois tout juste que ce que j'ai toujours espéré depuis que je l'ai vu, était bon à mettre à la poubelle. Mon âme soeur. La personne qui était censée m'aimer, et être parfaite pour moi. La personne avec qui je saurais être bien. Heureuse. Tout ça est mort, mon rêve s'est juste brisé comme une jolie babiole en cristal qui explose sur le sol et qui laisse des débris scintillants mais coupants. Comme lui. Il a essayé de me tuer deux fois. Là il essaie encore alors que je voulais juste lui parler. Pourtant j'ai fait quoi? Hein? Pourquoi maintenant je serai condamnée à jamais trouver quelqu'un? Ou quelqu'un que j'aimerais moins, quelqu'un avec qui je serais moins bien que si ça avait pu être avec lui? Destin de merde. Ironie tragique de merde. Je me retiens de chialer alors que je le garde toujours en joue, et que je commence à réciter les autres mots de la liste. Pas après pas je recule pour mettre de la distance entre lui et moi, à mesure que les mots franchissent mes lèvres. Un million d'expressions différentes passent sur son visage mais je sais pas pourquoi. Je sais pas ce qu'il pense, ni ce que ces mots provoquent. Je vois juste qu'il est furieux et qu'il veut me faire taire. Il crie. Il hurle. Il secoue la tête et fais une pause. Il hurle encore, esquissant le geste de m'attraper à la gorge mais il est trop loin, heureusement.  Retour à la maison. Un. Wagon de marchandises! Mon dos heurte la paroi de la cabine, près de la cloison du cockpit.

Mais bizarrement, il est immobile. D'un coup il s'est calmé. Comme vide. En une seconde il est... éteint. Putain mais c'étaient quoi ces mots? Comment ça a pu produire tout ça? Pendant encore quelques secondes je reste figée, mon flingue braqué sur lui, mais il ne bouge pas. Il me regarde simplement, sans aucune expression. Je déglutis et baisse mon arme, la gardant quand même prête, au cas où.

Bucky? Bucky qu'est-ce qui se passe?

Et là je réalise. J'ai entendu parler de soldats qu'on avait programmés avec des mots. Des noms de code qui pouvaient faire effet quand on les prononçait. Mais pour faire quoi? J'en sais rien. En tout cas il est figé, et il attend. Comme un interrupteur qu'on a basculé d'un position à une autre. Plus de colère. Plus de peur. Plus de rage. Plus de menace. Juste lui. C'est pour ça qu'il a eu tellement peur. C'est peut-être une liste de mots qui permettent de le contrôler, comme un code de lancement. Un truc qu'ils lui ont implanté pour lui faire faire ce qu'ils voulaient, même sans son accord. Merde, et si c'était vrai... ça serait juste... dingue. En gros, cette liste pourrait être une simple télécommande pour lui ordonner ce que je veux. Faire ce que je veux. Ou n'importe qui qui aurait ces mots. Ouais mais pourquoi avoir réagi comme ça plutôt que de m'en parler? Je vois qu'une solution.

Il a toujours pas bougé et je me rapproche, l'arme au poing mais le bras le long du corps. Je croise son regard, bougeant un peu la tête.

Peux-tu me dire à quoi sert la liste de mots que je viens de prononcer?

Sa voix récite mécaniquement une réponse, presque comme une répondeur ou les voix qu'on entend dans les gares. Putain j'avais raison. C'est pas une liste. C'est un code d'activation. J'ai dans la poche et dans la tête de quoi l'obliger à faire ce que je veux, et le rendre docile comme un chien. Bordel... Bordel bordel. Je me calme petit à petit, en voyant que je suis plus une menace, et qu'il est plus agressif. J'ai toutes les informations dont j'ai besoin. Enfin presque.

C'est Hydra qui t'a fait ça? Qui a implanté cette liste dans ton esprit?

Nouveau oui. Bordel. Je le regarde de longues secondes, avant de hocher la tête. La vache, j'ai du mal à fixer mon regard sur lui, c'est comme si... ça tournait un peu. Comme si j'avais du mal à faire le point.

C'est très bien. Je n'ai plus besoin de toi à présent. Repos.

Si j'ai bien compris, Bucky va revenir. Mais je ne sais pas dans quel état. Je recule d'un pas, me remettant en joue et je bloque mes épaules pour stabiliser ma position. Deux secondes plus tard, c'est Bucky qui est là. Ca se voit dans ses yeux et dans sa façon de se tenir. De nouveau tendu, les épaules contractées. Et son expression de peur et de colère sur le visage. Mon regard a encore plus de mal à se fixer sur lui et je sens que mes jambes se mettent à trembler. Merde.

Bucky, je sais ce que c'est que cette liste. C'est... c'est juste horrible. Mais... pourquoi tu me l'as pas dit, tout simplement? Je... on peut en parler calmement, mais seulement si promets de ne pas me faire du mal... Et je...

Je titube, cligne rapidement des paupières mais ça va pas. Ca va vraiment pas. Une seconde plus tard je sens mes jambes qui me lâchent et plus rien.


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Elle baisse son arme et je ne bouge pas. De toute façon, si elle avait voulu me tirer dessus, elle l'aurait fait. HYDRA ne fait pas preuve de pitié, surtout envers moi. Je relève doucement le menton et lui témoigne ma docilité de mon immobilité et de mon silence. Après tout, elle a le carnet. Elle est celle à qui j'appartiens. Celle à qui je dois tout. Mon souffle est régulier alors qu'elle commence à parler. Et si elle demande des explications, je reste silencieux, n'étant pas celui à qui elle s'adresse. Un silence se pose entre nous et mon regard ancré dans le sien, je lis dans ses prunelles la palette d'émotion qui semble actuellement la paralyser et la plonger dans un profond mutisme. Elle est tendre, ça s'entend à son silence et innocente. Elle n'a rien de mes anciens supérieurs. Elle ressemble à une enfant qui ne sait pas ce qu'elle a en sa possession. Et ça la rend dangereuse. Lentement elle s'approche et je n'essaye pas de reculer, croisant toujours son regard alors qu'elle me demande des explications sur la liste de mots qu'elle a prononcé pour me réveiller. Je fronce légèrement les sourcils mais ne tarde pas à lui répondre.

"C'est la liste qui permet de me re-configurer et de m'activer. C'est elle qui fait de moi le Soldat de l'Hiver."

Le sens de ma phrase m'échappe presque tant c'est un automatisme que je ne pensais pas avoir. Un autre silence se pose entre nous et une fois de plus, je vois de la confusion dans son regard d'enfant. Elle ne sait vraiment pas ce qu'elle a entre les doigts. Ça causera sûrement sa mort. Je bats des cils et écoute mon coeur battre, indifférent à son destin incertain. Une autre question lui échappe et c'est une autre réponse que je lui donne.

"Oui. C'est HYDRA qui a fait de moi ce que je suis. C'est le docteur Zola qui a commencé à implanter cette liste dans mon esprit."

Je suis une machine, il est normal que je sache qui est celui qui m'a construit. Je suis un outil, il est tout aussi normal que je sache qui m'utilise. Zola m'a fait, HYDRA m'a utilisé. Est-ce que j'en suis contrarié ? Non. Les armes ne ressentent rien. Ni la peur, la colère, ni la rancoeur. Je sais ce que je suis et je sais ce que j'ai fais. Le reste importe peu. Elle hoche la tête et hésite moins dans ses questions. Elle a compris. Elle sait ce que je suis et ce qu'elle peut faire de moi. Elle me félicite et j'apprécie sans pour autant le montrer. Elle fera sûrement bon usage de moi. Elle me congédie et d'un battement de cils, je disparais à nouveau.

Je rouvre les yeux et je découvre que j'ai eu un blanc. Un blanc que je connais bien trop. Un bien trop familier qui m'angoisse et me rend furieux. Elle a osé. Elle a terminé la liste… Elle a vu ce que je suis et elle devrait mourir pour ça. L'idée traverse un instant mon esprit  alors que je lui fais face, sentant mes épaules se tendre à nouveau quand nos regards se croisent. Elle titube alors qu'elle bafouille, osant me sortir un semblant de pitié qui me fait grincer des dents. Ouais c'est horrible, mais tu aurais pu t'abstenir. Tu as vu que j'avais peur, tu as vu que je ne voulais pas en parler et tu as insisté. L'idée de lui hurler dessus me semble plus réalisable mais quand je la vois chanceler pour enfin chuter, je me contente de la rattraper, récupérant son arme que je dépose au sol.

"Tu es une idiote qui n'a aucune idée de ce qu'elle a trouvé…."

Je récupère la liste que je fourre dans ma poche, caressant doucement sa joue avant de simplement l'installer confortablement dans l'un des sièges en cuir de l'appareil. Je pousse un long soupir et après un léger silence, j'ajoute dans un murmure :

"Et parce que personne ne doit savoir que je suis un monstre."

Je m'installe un peu à l'écart et la surveille de loin le reste du vol. Quand nous arrivons, je la prends dans mes bras et descends avec elle, l'abandonnant à l'infirmerie du SHIELD tandis que je vais prendre une douche et me changer avant d'aller faire mon rapport à Fury. Chose que je fais une bonne demi-heure plus tard et sans elle. Face à lui, je tente de ne rien exprimer alors qu'il me presse sans cesse pour savoir comment la jeune recrue a pu être blessée. Les bras croisés dans mon dos je prends une grande inspiration avant de répéter la même chose depuis bien dix minutes.

"J'ai tenté de la tenir à l'écart du danger, ce n'est pas ma faute si elle n'est pas capable de se mettre à couvert correctement, Monsieur."


Je vois qu'il n'avale pas mon histoire et je ne doute pas qu'elle lui avoue que si elle a été blessé c'est uniquement parce que j'ai voulu prendre une autre chemin. Je ne doute pas une seconde que je serais sanctionné pour cela, mais ce n'est pas mon problème. Qu'il me sanctionne si il veut, ça ne changera pas le fait que la mission est terminée. Après de longues minutes à discuter ainsi, il finit par me lâcher et alors que je remonte le couloir pour rejoindre mes appartements, je croise Natasha à qui je n'accorde qu'un bref regard et un long silence. Nous nous croisons et rien n'est dit, rien n'est échangé. Je n'ai pas un regard pour elle, pas un sourire, pas un mot. Tout ce que je lui offre c'est mon indifférence. Nos chemins ne se croisent pas et rapidement je retrouve ma chambre dans laquelle je me terre, fuyant ainsi autant Steve que le reste du monde. Face à mon armoire, à fumer une cigarette, je regarde ma liste à moi et je décide qu'il est temps de me lancer. J'ai trop attendu.

Les semaines passent et si j'ai été réprimandé une première fois à cause de la blessure qu'à reçue Natasha, j'ai, grâce à une mission faite en compagnie de Steve, réussit à obtenir le droit de sortir, certes juste une fois par semaine, mais une soirée où j'ai le droit de me promener comme je l'entends dans New-York. Ou du moins presque. Étant loin d'être naif, je sais que je suis suivis. Je sais que dans mes pas se cache un ou plusieurs agents dont la seule mission et de vérifier ce que je fais… Alors sagement, comme un bon garçon, je joue le jeu, passant mes soirée dans des cafés ou à manger des burgers avant de profiter d'une bière sur une terrasse… Je vais même une fois au cinéma, histoire de complètement brouiller les pistes. Je les perds aussi, juste pour les laisser me retrouver assis dans un parc à dévorer un bagel ou dans un night-shop… Je joue au chat et à la souris tout en les faisant penser que je cherche simplement à réapprendre à être humain, là où en réalité je fais des repérages pour ma première victime. Lentement, comme on me l'a appris à une époque, je laisse des traces dans la neige mais je trompe ma proie. Les semaines passent et j''endors la méfiance de tout le monde. Je passe juste pour un taré qui tente de retrouver un semblant d'humanité. Et un soir, alors que les agents ne sont plus aussi vigilants qu'avant… Je décide de passer à l'action. Je ne pars pas avec plus que de matériel qu'avant. J'ai toujours le même sac à dos et mon 9mm à portée de main. J'ai ma casquette, mon blouson noir et mes rangers. Je pars avec ça et si je passe le début de soirée normalement, à boire un café, à manger un burger…. Je disparais des écrans radars vers minuit, me rendant à l'appartement du fameux Johan Zimmerman, un scientifique qui a longtemps travaillé pour HYDRA et qui aujourd'hui profite de sa pension de retraite pour vivre dans un loft à Manhattan. Loft dans lequel je m'introduis sans problème. Loft dans lequel j'évolue sans soucis jusqu'à trouver la chambre de ce gros porc qui dort sur ses deux oreilles comme l'enfant innocent. Les dents serrés, j'hésite une seconde à sortir mon flingue et répandre sur ses draps sa cervelle de sale traître. Mais ça ferait trop de bruit, trop de sang à nettoyer… Les plaques de mon bras sifflent alors que je serre le poing. J'aurais aimé l'abattre comme un chien… Mais je réserve ça aux autres. Lui mourra par le bras armé d'HYDRA, ce bras qu'il a aidé à entretenir. Je me jette sur lui et serre sa gorge entre mes doigts, ne lui laissant pas le plaisir de suffoquer alors que je broie presque ses cervicales. Il ouvre les yeux et je croise son regard le temps d'un instant avant qu'il ne meurt. Un sanglot m'échappe et je contemple son regard….

"Putain…."

Non. Non. Je… Qu'ai-je fait ? Mon coeur rate un battement et devant mes yeux je contemple ce dont je suis encore capable. J'observe ce que ma rancoeur a crée et j'accepte. J'admets être un monstre. Steve n'aurait jamais fait ça. N'importe qui d'autre n'aurait pas fait ça. Mais moi, si. Un soupir glisse d'entre mes lèvres et résigné, j'attrape le cadavre encore chaud de l'ancien scientifique, m'occupant de le faire disparaitre comme à l'époque. J'allonge l'homme dans la baignoire et sort de mon sac de quoi préparer son bain mortuaire. Il faut une petite heure pour qu'il disparaisse complètement. Une heure que je passe avec un livre, à vérifier que tout ne devient bien que bouilli sous mes yeux. La chair est la première à fondre, ensuite les organes résistent un peu et quand eux-mêmes sont liquides, ce sont les os qui deviennent poreux avant de céder et de devenir de la mélasse, qui lentement, finit par disparaitre dans le siphon de la baignoire. L'odeur et le bruit m'arrachent un haut-le coeur mais je ravale le tout, m'occupant ensuite de nettoyer sa salle de bain avant d'aller chercher une valise, d'y fourrer quelques affaires et son passeport. Je récupère ensuite ses clés et verrouille son appartement comme si il était parti en vacances et jette le tout dans un broyeur à ordure avant de rentrer au SHIELD comme si de rien n'était. Comme si je n'avais pas tué un homme. Comme si ça ne m'affectait pas. Non. J'en ai rien à foutre. Ça ne me touche pas. Il est mort. C'est tout ce qui compte. Ça fait un connard de moins en vie dans ce monde. Encore neuf et tout sera bon.

Deux jours passent et voilà que j'ai une séance de tir programmé avec elle. Et si d'ordinaire j'aurais dû broncher en disant que je ne voulais pas d'elle dans mes pattes, j'ai accepté d'un silence. Et c'est ainsi que résigné, au stand de tir, le doigts sur la détente de mon arme, je fixe la cible sans tirer, comptant les battements de mon coeur sans saisir l'opportunité de tirer. Elle sait pour la liste. Elle sait ce que je suis. Elle a vu que celui qui a tenté de la tuer. La porte s'ouvre et c'est à ce moment-là que je tire, atteignant la cible en plein coeur. Je baisse mon arme mais ne lui fait pas de remarques sur son potentiel retard. Je m'en fous aussi. Tout ce que je veux c'est que ça ce termine rapidement. Je m'efface simplement pour qu'elle puisse se mettre en position et si je vois des erreurs dans celle-ci, je me contente de corriger ça sans prononcer un mot. Je relève ses mains, je lui fais légèrement tourner les hanches et ensuite j'attends qu'elle tire. Elle touche sa cible. Pas aussi bien que moi, mais elle touche. C'est ce qui compte. Je détourne le regard et j'hoche simplement de la tête. C'est bon. Elle sait tirer. Elle saura se débrouiller.

"Tu sais tenir une arme. T'as plus besoin de venir. Je n'ai plus rien à t'apprendre."

C'est faux, il y a tant que je pourrais lui apprendre mais si peu que j'ai envie de lui enseigner. Je ne veux pas qu'elle connaisse mes techniques. Je ne veux pas qu'elle puisse reproduire ce dont je suis capable. Nerveusement je passe ma langue sur mes lèvres et j'ai pour elle les mots qu'elle a toujours voulu entendre de ma part.

"Tu te débrouilles bien. T'as plus besoin de t'entraîner."
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Mar 5 Juil - 19:23

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« la citation qui vous plaira. »
Une clé. Une simple liste de mots qui en fait étaient la clé pour le mettre à mon service. Pour le rendre obéissant comme un chien bien dressé. Pour lui ordonner ce que je veux, donner n'importe quelle consigne, et savoir qu'il va obéir sans même poser la moindre question. C'est la pire chose qu'on pouvait lui faire : lui ôter toute volonté, et tout libre arbitre. Il ne peut qu'obéir, même si ce qu'on lui demande de faire est quelque chose d'horrible. De contre ses principes ou sa morale. On ne lui laisse pas le choix, et ça me révolte. Savoir que pendant des années on a pu faire de lui un pantin, une marionnette dont on avait juste à tirer les fils avant de le remettre sagement dans sa boite une fois les missions accomplies. Et que maintenant il se souvient de tout. De tout ce qu'on lui a fait faire, et sûrement, d'avoir tout ça sur sa conscience. D'avoir commis tout ça et de rien avoir pu faire pour l'empêcher. Dans un sens, je comprends pourquoi il réagit comme ça, ce qui le met dans cet état. Le fait qu'il soit aussi sombre et qu'il ait cette rage sourde en lui. Pourtant... pourtant c'est aussi ce qui m'effraie. Comment est-ce qu'on peut rester sain après tout ça? Ou au moins un peu normal? Je sais vraiment pas ce qui se passe dans sa tête et j'avoue que ça me panique un peu. Me dire que tout ça l'a rendu fracassé et violent. Il n'est plus rationnel, il n'est plus logique. Il est un animal blessé qui hésitera pas à montrer les dents, comme il m'a fait pour moi.

Sauf qu'au milieu de toutes ça qui se bouscule dans mon esprit, et les questions que je lui pose, je sens que je perds pied. La fatigue, ma blessure, la violence de la bataille, c'est trop. Et c'est le trou noir alors que je me sens juste partir. J'ouvre les yeux dans une salle d'hôpital, et en reconnaissant le logo "A" un peu partout, je souffle en réalisant qu'on est revenus à bon port, à la base du SHIELD. Vu sa réaction quant à la liste, quand à tout le reste, j'ai eu peur qu'il fasse un truc idiot. Se barrer. Me vendre à l'ennemi où je ne sais quelle connerie. Pour au final me rendre compte que non, on est rentrés, tout simplement, et on s'est occupé de moi. D'ailleurs, je reconnais Bruce qui vient me voir en souriant, et qui me rassure en me disant que tout va bien. La blessure est bien soignée, et maintenant il me faut juste du repos pour reprendre des forces et pour laisser à mon organisme le temps de recréer tout le sang qu'il avait perdu. Dans les heures qui suivent, et alors que je somnole par intermittence, je reçois les visites de Clint, qui me prend doucement dans ses bras, Maria, mais aussi Steve. Le pauvre a l'air vraiment inquiet pour moi, et à travers ses questions je comprends qu'il a aussi très peur que Buck soit la cause de tout ça. Je le rassure l'air de rien en disant que je me suis pris une balle perdue au cours d'une fusillade contre les gardes du complexe, et je vois un poids s'ôter de ses épaules. Pauvre Steve... On est tous les deux dans le même bateau, et encore, pour lui c'est pire. Même si Bucky est mon âme soeur, je l'ai toujours connu comme ça, l'ours sombre et solitaire qui ne décroche pas trois mots, et qui, accessoirement, a tenté deux fois de me tuer. Lui... lui il l'a connu tout gamin, quand Bucky était quelqu'un d'autre. Un garçon plein de vie de Brooklyn, qui aimait boire des bières au pub et faire danser les filles. Qui avait toujours été là pour Steve et sauver ses fesses. Un peu son père et un peu son grand frère, en plus de son meilleur ami. Steve a traversé la guerre pour le retrouver, et ils ont combattu ensemble, jusqu'au bout. Et maintenant... maintenant je vois dans ses yeux qu'il ne reste rien du Bucky d'avant. Du Bucky qui n'existe plus que sur les vieilles photos que Steve a encore dans sa chambre, et les plaques qu'il garde dans son chevet. Pourtant Captain croit qu'il peut redevenir comme avant, qu'il y a de l'espoir, mais moi je doute. Et plus le temps passe, plus je sens que Steve doute aussi. Qu'il se demande vraiment s'il retrouvera un jour son Buck d'avant.

Le lendemain de mon admission, une fois que je suis reposée et que je peux me tenir debout, Fury me demande de passer le voir dans son bureau pour lui faire mon débriefing. Habillée d'un jogging et les cheveux retenus en queue de cheval, je me retrouve face à lui, qui me scrute de son oeil unique.

Agent Romanov, j'attends votre récit de la mission.

Je hoche la tête et je me lance. Jusqu'au moment où on a atterri dans le bureau et qu'on est tombés sur les dossiers confidentiels, je raconte l'exacte vérité. Qu'il n'a pas respecté les ordres. Qu'on a rencontré les gardes. Qu'il nous a embarqués dans un échange de tirs, et que c'est là où j'ai été blessée. Par contre... la suite est moins proche de la réalité. Ou plutôt... je ne raconte pas tout. On a fait évacuer la base, j'ai posé la bombe et on est partis. La bombe a explosé et la base est inutilisable. Je reste debout face à lui, imperturbable. De longues secondes passent avant qu'il ne brise enfin le silence.

Etrange... le pilote m'a parlé de hurlements. Il y a même eu un coup de feu. Barnes n'a pas jugé bon de développer cet aspect. J'en attends plus de vous.

Je hoche la tête, prenant une seconde pour trouver quoi répondre, avant de me lancer, d'une voix calme.

En effet. Une fois rentrés j'ai commencé à reprocher à l'agent Barnes de ne pas avoir suivi les ordres et que c'était par sa faute que j'avais été blessée. Il était en train de nettoyer son arme alors que le ton est monté, et à un moment, sans le faire exprès, il a laissé tomber son arme alors qu'il était en train de me hurler dessus. Le coup est parti tout seul. Ce n'était pas volontaire. Mais de vous avoir désobéi, oui.

De longues secondes passent durant lesquelles il ne dit rien. Il se contente de me regarder, de haut en bas, avant de finalement me dire que je pouvais y aller. Je ne le croise que plus tard dans la journée, et rien. Il me regarde même pas. Comme si le couloir était vide. Putain. J'ai envie de lui hurler qu'il devrait être content que j'aie gardé son secret, que j'ai caché à Fury qu'il y a un moyen de faire de lui ce qu'on veut, et qu'il a failli me tuer dans cet avion, ou au moins qu'il s'en est vraiment pris à moi. Mais j'ai rien dit. Alors que putain ça m'a brûlé la langue... sauf que je suis restée muette. Parce que j'ai eu pitié de lui. Et lui n'en a rien à foutre de moi. Je soupire alors que je vais rejoindre Steve, pour parler un peu avec lui.

Pendant encore quelques jours je suis de repos. Je rentre à l'ambassade le temps de me remettre, et ça me fait du bien de retrouver l'amour de mes parents après cette dernière mission. Puis le moment de la reprise arrive, et si je ne dors plus tous les soirs au SHIELD, j'y vais au moins tous les deux jours pour mes entraînements. Au début j'enchaîne surtout de la rééducation pour mon bras, pour que mes muscles ne soient pas raides et retrouvent toute leur mobilité. Il manquerait plus qu'une ballerine soit raide comme un piquet d'un bras... donc kiné, yoga, gymnastique, jusqu'à ce que les entraînements plus intenses reprennent. Combat avec Maria, et je pâlis en voyant qu'on m'a remise avec Buck pour le tir. Merveilleux. J'ai le coeur qui bat alors que je m'approche du stand de tir, et soupire en voyant qu'on y est seuls tous les deux. J'entre et viens près de lui, prenant mon arme habituelle et mettant mes lunettes de protection.

Salut Bucky...

Pas de réponse. Nouveau soupir alors que je me mets en position et que je commence à viser la cible. Il m'arrête sans un mot, posant juste sa main sur les parties de mon corps qui doivent bouger. Il relève mon coude, fait pivoter ma hanche, mais sans ouvrir la bouche. Nouvelle série de tir et je touche la cible. Enfin. Je souris, et tourne la tête vers lui, mais il disparait rapidement quand je vois sa mine. On est pas à en enterrement merde. Et cequi me surprend le plus c'est quand il me dit qu'il n'a plus besoin de m'apprendre quoi que ce soit. Que son travail est terminé. Ok là il y a vraiment un problème. Il me reprochait un cheveu de travers ou un battement de cil en trop et là, j'ai droit à un ''Tu sais tirer et tenir une arme donc tu peux partir''. C'est pas normal. Je repose mon flingue et m'adosse à la table de munitions.

Buck je... qu'est-ce qui se passe? Si c'est par rapport à Fury je lui ai rien dit à propos de la liste... Je t'ai dit que personne ne saura pour ça...


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Sam 9 Juil - 20:46
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Elle est idiote. Si idiote. Elle tente de me retenir, d'avoir des réponses à des questions qui m'angoissent et qu'elle ne devrait pas avoir envie de me poser. Elle devrait être heureuse de ne plus avoir à faire avec moi, et non rester auprès de moi Sur mon visage elle peut lire ma détresse. À la façon dont je détourne le regard et pince les lèvres, elle peut y voir la culpabilité qui me ronge. Je repose mon arme sur la table et m'éloigne déjà, cherchant à fuir cette discussion. Personne ne peut comprendre, personne ne peut savoir. Ni elle, ni Steve. De toute façon, rien ne dura. Rien ne sera éternel. Tout va bientôt prendre fin. Neuf noms à barrer sur une liste et je serais libre. Neuf vies à réclamer et j'aurais le droit au Jugement dernier. Je n'ai qu'à tacher un peu plus de sang mes mains et ensuite, j'aurais le droit de retrouver mon tombeau de glace… J'aurais le droit à une autre chute, et la neige me gardera peut-être en son sein cette fois-ci. Un soupir m'échappe et je m'arrête, lui faisant dos alors qu'entre mes omoplates, je sens son regard. Je sais pourquoi tu fais ça… Tu penses encore que je peux être sauvé, que tu peux m'avoir comme âme soeur… Que nous pouvons être heureux…. Mais quand comprendras-tu ? Quand verras-tu que je n'ai plus envie de m'accrocher ? Que je ne veux plus survivre mais en finir avec cette existence déjà vient top longue à mon goût ? Mon coeur est lourd et dans mes veines, j'ai l'impression de sentir de l'encre y couler.

"Ne poses pas des questions dont tu ne veux pas les réponses."

Voilà ce que je murmure alors que ma gorge se noue. Je ne suis pas ce qu'il te faut, je ne le serais jamais. Tu mérites mieux, bien mieux qu'un homme qui de ses doigts va te salir et t'entraîner dans les abysses. Tu mérites quelqu'un qui est encore capable d'aimer et d'éprouver quelque chose. Tu ne mérites pas une machine d'HYDRA. Un autre soupir glisse d'entre mes lèvres et je lève la tête vers le plafond, sentant une certaine résignation étreindre mon coeur. C'est peut-être là, la fin du voyage dont me parlait Steve. C'est peut-être ainsi que ça doit se terminer. Dans ce stand de tir. En cet instant. C'est peut-être le moment où je perds définitivement mon humanité….  Celui où je perds la dernière personne qui voulait encore m'approcher.

"Ce qui se passe ? Tu veux vraiment savoir… ? Hein ?"

Par-dessus mon épaule je la regarde, le visage déformé par une douleur que j'ai envie d'hurler et de pleurer. Une douleur qui me donne envie de me tirer une balle dans le crâne pour ne jamais plus être capable de l'éprouver. Une douleur qui me fait regretter d'avoir été sauvé.

"Ce qui se passe c'est que tu aurais dû me tuer dans cet avion. Tu sais pour la liste et tu as vu ce que ça me fait. Tu aurais dû me coller une balle et dire la vérité à Fury.“


Étrangement, mon ton est calme. Trop peut-être. Il a la douceur d'un homme qui se sait condamné et qui envisage déjà la fin brutale de son existence. Un homme sans futur qui accueille déjà la mort comme une délivrance… Un homme qui a vu le monstre en lui et qui ne peut plus vivre avec le poids de ses péchés. Je ne veux pas tenter de sauver quoique ce soit et je commence à être fatigué que l'on tente de m'aider… J'en ai marre que tout le monde me parle de comment il vit MA situation, j'en ai marre de m'entendre dire que c'est difficile de me supporter, ou d'avoir à faire avec moi, sans que jamais personne ne se demande une seule putain de fois comment je vis mon propre quotidien. Tout le monde se plaint de ce que je suis, du danger que je représente et de mon comportement sans même à un moment penser que je suis le premier à souffrir de tout ça. Tous pense que je m'en fous, que j'accepte d'être encore en partie le Soldat de l'Hiver sans voir que c'est ça qui me ronge chaque jours. Même elle, même Steve ne comprennent. Ils ne pensent qu'à l'impact que ça a sur eux. Ils ne voient ou ne veulent pas voir le mal que ça me fait. Lentement je me tourne vers elle et je sens que je perds cette façade lisse et calme que j'arrivais à maintenir jusque là. Je sens que je commence à craquer, que je ne suis pas capable de garder tout cela pour moi, que c'est devenu bien trop dur avec le temps et que, cette vie que j'ai ôté était celle de trop. Mais je dois avancer. Je dois continuer. Neuf. Juste neuf. Rien que neuf.

"Alors ce qui se passe ?… Ce qui se passe c'est que tu n'as pas besoin de moi. Tu n'as jamais eu besoin du connard qui a tenté de te tuer ! Tu peux te débrouiller sans moi ! Tu peux trouver quelqu'un d'autre ! Tout comme Steve ! Vous pourriez être heureux et accepter que je ne peux pas continuer !"

J'ai envie de hurler mais je tremble. J'ai envie de pleurer mais je me retiens. J'en ai marre. Je suis fatigué, mais peux-tu le voir ? Non. Tu ne vois rien, comme les autres. On m'avait dit gamin que mon âme soeur serait capable de tout comprendre, et de soigner tout mes maux. On m'avait dit qu'elle saurait m'aimer et me montrer comment la rendre heureuse… ? M'aurait-on menti ? Plus je croise ton regard plus je pense que oui. Mes dents viennent rapidement maltraiter ma lèvre et j'ai un mouvement de recul, balayant l'air d'un geste de la main, cherchant à mettre fin à cette discussion.

"Tu n'as plus rien à apprendre de moi. Tu as les bases, pour le reste demande à quelqu'un d'autre… Je ne peux pas t'aider. Un homme comme moi ne peut aider qui que ce soit. Alors… "


Alors laisse-moi. Abandonne-moi. Autorise-moi à mourir. Déteste-moi et surtout, cesse de me regarder comme si il y avait quelque chose à sauver chez moi. Ne me regrette pas.

"… Alors accepte s'il-te-plait que je ne suis pas bon pour toi. Tu devrais me fuir. Tu devrais te réjouir que je te laisse partir. Alors s'il-te-plait… Ne me demande plus ce qui se passe. C'est trop tard."
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Lun 18 Juil - 21:24

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« la citation qui vous plaira. »
C'est presque comme si je ne le reconnaissais pas. Qu'il n'était pas le même. Il est là sans être là, à agir comme un automate, alors que jusqu'à présent, il se faisait un plaisir de commenter en critiquant chacune de mes actions, trouvant même à redire sur ma façon de respirer ou les battements de mon coeur. Ca le faisait chier d'être là et de devoir s'occuper de moi mais au moins il me parlait. Là il se donne même pas la peine d'ouvrir la bouche et corrige ma position sans desserrer les dents. Pire que tout, à la seconde où j'arrive à coller deux ou trois balles dans la cible, il me balance froidement qu'à partir de maintenant je n'aurais plus besoin de venir parce que je n'ai plus besoin de lui. Il est sérieux? J'arrive pour la première fois à coller deux balles dans une cible en papier et pour lui je suis prête? Mais qu'est-ce qu'il est en train d'imaginer? Pourtant c'est pas de la lassitude que je lis dans ses yeux. C'est autre chose. Enfin justement non... son regard a l'air éteint. Et timidement, j'essaie d'en savoir plus.

Sauf que sa réponse est tout ce que j'attendais.

[i]Buck... je suis pas une balance. Et je sais que t'as pas choisi ce qui t'es arrivé. C'est pour ça que j'ai rien dit et que je dirai rien. Donc... tu peux... enfin tu peux me parler. Fury va pas venir dans les cinq minutes et te balancer la liste pour te transformer en caniche obéissant...

Bizarrement, je ne le sens pas en colère comme d'habitude. Là...c'est différent. Je sais pas encore comment, mais il est différent. Je fais un pas vers lui alors qu'il me tourne le dos et tends la main pour la poser sur son épaule quand il reprend la parole et je suspends mon geste. Une seconde plus tard, ses yeux de glace me fixent par dessus son épaule et je recule d'un pas. Mon coeur se met à battre plus vite à l'idée qu'il va peut-être s'énerver, et que ça finira comme dans l'avion. Quelque chose s'est réveillé et je suis seule ici avec lui. Je m'attends à ce qu'il hurle mais il reste très calme, malgré la violence de ce qu'il me dit. Et moi, je suis comme sonnée. Je m'attendais à tout sauf à ça, et j'ai deux secondes d'hésitation avant de répondre enfin.

Mais...mais bien sûr que non! Ici ce n'est pas HYDRA et moi je ne vais pas te faire ce qu'ils t'ont fait! Ca a jamais été mon but de te faire du mal et c'est pas maintenant que ça va commencer. Je... je suis pas ton ennemie Buck... Je l'ai jamais été...

Son souffle se fait plus court, et sa voix plus rauque. Il n'est pas en colère non... il... il craque. J'ai en face de moi un Bucky qui tombe enfin le masque, ou enfin, dont le masque se fendille au moins un peu. Avant pour moi il n'était qu'un robot dangereux, qui ne voulait que me tuer et fumer. Là...là pour la première fois il se montre humain, au moins un peu. Et ça me rassure. Ca me rassure parce que ça me montre qu'il éprouve des trucs, et surtout, qu'il y a quelque chose à sauver. Qu'il y a une part d'humanité derrière Terminator. Et que je ne vais pas être réduite à jouer les Sarah Connor jusqu'à la fin de mes jours. D'ailleurs, dans le 2, au lieu de vouloir la buter, il est celui qui la protège. En baissant les yeux je vois ses mains trembler.

James... Tout ce qui s'est passé, c'était pas ta faute. On t'a obligé à faire ça. A me faire ça. Parmi le million de possibilités le destin t'as mis sur ma route et sur celle de Steve. Si ça c'est pas un signe. Ton...âme soeur et ton meilleur ami. Tu...tu es pas tout seul...

Il repousse mes arguments de la main et secoue la tête. Je me mords la lèvre et soupire, sentant mon coeur se fendiller dans ma poitrine. Alors c'est ça. Juste ça. Il ne veut pas s'encombrer de moi parce qu'il est sûr que ça ne marchera pas. Il ne veut rien avoir à faire avec moi. Il ne veut même pas se battre pour voir si ça marche. Non. Il me laisse là, sans se demander si ça me va. Si moi je veux être privée de mon âme soeur. Si je veux passer le restant de mes jours seule, ou à les finir avec quelqu'un avec qui je serais peut-être bien, mais en gardant toujours en bouche le goût de cendres de savoir qu'il y avait quelqu'un là dehors avec qui j'aurais été plus heureuse. Comment est-ce qu'il peut renoncer à ça? Comment, alors qu'on s'est trouvés, et malgré tous les efforts que je fais pour lui, il peut tirer un trait sur ce qu'il pourrait avoir? Qu'il préfère dire non tout en sachant ce qu'il laisse derrière lui? Qu'il n'envisage même pas que ça puisse marcher? Que Steve et moi on puisse l'aider? Que nous deux ça puisse marcher? Une partie de moi est en colère en l'entendant me balancer qu'il ne croit pas que ça puisse fonctionner, nous condamnant de base à être malheureux tous les deux.Et solitaires. Pourtant une autre partie de moi me dit qu'il doit aussi être salement fracassé pour en arriver là. Pour que dans son esprit amoché, la seule solution envisagée soit ça. Soit d'abandonner et de se foutre en l'air. Cassé au point de penser que rien ni personne ne pourra le guérir, ou tout du moins l'aider. Il est un bassin d'eau noire et froide, et si je veux pouvoir faire quelque chose, je dois y plonger, même si j'en vois pas le fond. Même si je sais pas s'il y a des trucs là dedans qui vont me bouffer ou pas.

Eh... l'histoire c'est toi qui l'écris maintenant. T'es face à une page blanche, et t'es le seul qui va décider ce qu'il y aura dessus. Mais juste... faut que tu pardonnes Buck. Tas rien voulu de ce qui t'es arrivé. Et si t'avais le choix, je... je sais bien que tu referais pas ça...

J'hésite puis viens le prendre dans mes bras, me préparant quand même à une riposte violente. Après tout, ça reste Buck, celui qui a tenté de me tuer trois fois maintenant...


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Mar 6 Sep - 12:11
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Elle est l'innocence. La neige qui tombait sur mes cils et qui m'enveloppait. Elle est ce que je ne peux plus souiller et que je n'ai pas le droit de toucher. Mes larmes ne demandent qu'à couler et pourtant, je ravale tout, cherchant en mon être le réconfort de la fin à venir. Ils sont neuf à me séparer du repos éternel que je convoite tant. Neuf morts sont à venir. Puis tout pourra enfin prendre fin. Je n'aurais plu à subir les cauchemars et le regard de Steve. Je n'aurais plus à vivre avec ma culpabilité et elle à mes côtés. Je n'aurais plus à faire semblant. Je n'aurais plus à fumer lors de mes nuits d'insomnies pour tenter de tuer ce qui me ronge de l'intérieur. Le temps m'est compté désormais et je ne peux plus reculer, pas même pour celle qui pense que je suis encore l'homme qui devait être son âme-soeur. Du regard je caresse l'intérieur de mon poignet droit, repensant avec un pincement au coeur au jeune homme que j'ai été. Je repense à ce Bucky, qui le soir, allongé sur son lit et une cigarette aux lèvres caressait du bout des doigts les premiers mots de son âme-soeur en se murmurant qu'elle ne pouvait qu'être la plus belle et la plus douce des femmes de ce monde. Je me souviens de ce gamin qui nourrissait son coeur d'espoirs et noircissait ses poumons en se disant que sa dulcinée à lui serait belle au point de rendre les anges jaloux. Je repense à cet enfant qui a terminé brisé au fond d'un ravin… Pour ce gamin qui n'a jamais eu les funérailles qu'il méritait, j'ai une pensée et une larme solitaire. Une seule et unique perle salée qui m'échappe et qui s'écrase au sol. Lui aurait mérité qu'elle s'accroche et qu'elle veuille croiser son regard. Lui aurait tant mérité. Autant les médailles que les baisers. Autant Steve que Natasha. Lui aurait dû tout avoir. Lui aurait dû survivre. Elle fait un pas vers et je tente de reculer, reprenant mes esprits. Je ne peux céder devant elle. Je ne peux être faible et lui montrer qu'une part de moi regrette amèrement la vie qu'on lui a volé, l'identité qu'on lui a retiré. J'ai envie d'hurler mais je serre les dents. J'ai envie de la repousser mais je la laisser faire un pas de plus, puis un autre… Je l'entends mais ne l'écoute pas. L'innocente ne comprend pas et elle ne comprendra jamais. Elle est la neige dans le ravin. Le vent dans les arbres. Le ciel qui me veillait. Elle est ce que j'aurais dû avoir et qu'on m'a refusé. Elle appartient à un autre, à un Bucky qui prenait soin de Steve, qui n'avait pas de sang sur les mains et qui se battait pour ce qui était juste. Elle est l'âme-soeur d'un gamin dont je n'arrive pas à faire le deuil. Mais elle ne lâche rien… Elle avance, elle hésite mais elle vient vers moi. Mon coeur se serre quand j'en viens à me dire qu'il l'aurait aimé et qu'il aurait eu pour elle tout les mots que je n'oserais jamais penser. Timidement, elle vient m'enlacer et c'est tout mon corps qui se tend. Mes muscles se crispent et se déclenche alors en moi une guerre que je ne sais résoudre. J'ai envie de la repousser, de lui hurler dessus, de lui rappeler que je suis celui qui ai cherché la tuer… Et en même temps… J'ai envie de céder. De m'effondrer et de pleurer comme je ne l'ai pas fait depuis ce qui me semble être des mois. Entre ses bras j'ai envie de craquer et de pleurer. Sur son épaule, j'ai envie de déverser larmes et mots qui me rongent de l'intérieur. Mais j'hésite. Immobile je peine à respirer et n'ose parler. J'aimerais que ce soit possible… J'aimerais être réparable mais je ne me fais pas d'illusion. Je ne peux trouver l'absolution et la paix que dans la mort. Elle aurait pu l'aimer et le sauver lui, le pauvre gamin de 21 qui était dans le ravin… Mais moi, non. Parce que je ne suis pas l'homme avec qui elle pense pouvoir être heureuse un jour. Je suis un tueur, une machine qui appartient encore à HYDRA. Je ne suis plus Bucky. Je suis le Soldat de l'Hiver, quoi que je puisse en dire. Je leur appartiens encore, comme le prouve ma vengeance. Les secondes passent et je ne sais plus quoi faire. J'ai envie d'hurler… Et c'est ce que je finis par faire alors que mes bras se referment autour de son corps frêle. C'est un sanglot sec qui s'échappe d'entre mes lèvres. Un sanglot sans larme, une plainte douloureuse qui s'accompagne de tremblements. Je la serre comme si je tenais à la briser et hurle jusqu'à en avoir mal à la gorge. Le cri est long, douloureux et presque violent. Pour le pousser c'est presque tout mon corps qui se contracte et qui se referme autour de sa silhouette si frêle. Mes mains se crispent dans son dos et quand enfin je me tais, je ne suis que tremblements et regrets. Des murmures m'échappent comme des aveux que je ne répèterais pas, des mots qui ont tant de sens et de valeur. Ce qui glisse d'entre mes lèvres est précieux. C'est une confession qu'elle est la première, et sûrement la dernière, à entendre.

"Je me souviens de chacun d'entre eux. Je n'ai qu'à fermer les yeux et je peux les voir… Ce sont leur regards vides qui hantent mes cauchemars… Ils sont là, à me juger depuis l'au-delà… Et je sais que je mérite la mort… Qu'il n'y a pas de page blanche… Parce que j'étais conscient… C'est moi qui ai appuyé sur la détente."


Les yeux clos, toujours dans ses bras je revois les morts et les cadavres qui s'empilent. Derrière mes paupières, j'entends encore les cris, les suppliques… Et surtout elle qui pleure et qui me demande de l'épargner. Elle aurait dû être l'un d'entre eux… Mes doigts labourent presque son dos et finalement, c'est quand je réalise que nos deux corps s'étreignent que je me recule vivement, fuyant son contact. Perdu, tel un animal blessé, je croise son regard et tente de retrouver mon souffle, parfaitement conscient de la faiblesse dont j'ai fais preuve. J'ai été négligent… Qui sait ce qu'elle va dire à Fury ou à Steve ? J'ai merdé… Je lui ai montré plus que e-ce que je ne le voulais réellement… Je lui ai montré que je pouvais m'ouvrir à quelqu'un et que je n'étais pas que ce tueur froid qui a essayé par trois fois de la tuer… Elle a vu et peut-être compris. Elle va penser qu'on peut me sauver, elle va s'accrocher… Sans réaliser qu'une fois vengé des monstres qui m'ont créent… Je ne compte pas continuer. Je fais un pas en arrière et calme enfin ma respiration, reprenant d'une voix rendue rauque par le hurlement que j'ai poussé un peu plus tôt.

"Tu demanderas à Clint pour le tir. Il se débrouille. Moi je n'ai plus envie. Tu n'es plus mon élève."

Je tourne les talons et quitte sans un mot de plus le stand de tir, allant me réfugier sur l'un des toits, avec pour simple compagnon mon paquet de cigarettes et mon briquet. Et pendant une heure peut-être, je fume en fixant le sol, planifiant déjà les meurtres suivants. Ma vengeance est en marche et pour les jours qui suivent, je n'existe pour personne, me contentant de n'être qu'une ombre que certains cherchent.
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Sam 10 Sep - 13:45

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« la citation qui vous plaira. »
On est tellement loin de tous les moments qu'on a été forcés de partager jusqu'à présent. On est tellement loin des cris, de la colère, des menaces et des coups. Il y a ce calme gêné, ces sentiments qui bouillonnent et se pressent à la surface de cette armoire à glace, et qui demandent qu'à sortir, comme un abcès qu'on doit crever. C'est effrayant, dans un sens, parce que jusqu'à présent, je m'y étais faite, dans un certain sens. Je m'étais habituée à son regard dur, à ses mâchoires serrées, à sa rage contenue et à ses mots bien trop rares. Alors là... le sentir faiblir, même un peu, c'est presque comme si j'avais quelqu'un d'autre face à moi. Quelqu'un dont je pourrais enfin voir la fragilité, et... le côté humain. Quelqu'un qui souffre, quelqu'un qui regrette, quelqu'un qui aime, sûrement, même si ça doit faire longtemps. C'est effrayant parce que j'ai peur de mal faire, j'ai peur de rater cette fenêtre, cette toute petite fenêtre que j'ai pour lui parler, à lui, à James, au meilleur ami de Steve, à ce jeune homme qui aimait boire, faire la fête et courir les filles en 1940. A ce gamin de Brooklyn sûr de lui à en crever qui se prenait pour le roi du monde, à faire chavirer le coeur des demoiselles et qui était prêt à tout pour protéger son meilleur copain. Pendant une seconde j'ai enfin une idée de ce à quoi ressemblait cet ancien Bucky, qui n'existait encore que sur les photos, les rapports de l'armée et dans les souvenirs de Steve... il est là, un tout petit peu, comme un fantôme, un être de brume, ou un reflet dans un miroir. Et un souffle de vent suffirait à le dissiper.

Alors, au risque de déclencher une colère épique et peut-être une nouvelle tentative d'assassinat, je viens simplement le prendre dans mes bras. L'occasion est trop belle, et je ne sais pas quand elle se présentera de nouveau. Quand je pourrais l'atteindre vraiment, comme ça. Je devrais abandonner l'idée qu'il soit mon âme soeur, je devrais laisser tomber, et tenter de me construire ailleurs, avec un mec bien, "normal'' j'aurais envie de dire, mais je repense sans cesse à mon bras, à ce qui y est écrit, à ses mots que sa bouche a prononcée alors que je m'approchais de lui en sortant du restaurant. C'est lui. C'est lui et c'est moi. Ca ne peut être personne d'autre, point. C'est lui que le destin a prévu pour moi, alors c'est lui que je dois avoir, même si c'est dur, même si je dois serrer les dents pour l'instant. On n'a rien sans rien, me disait ma mère, alors... alors je dois le convaincre de me donner une chance. De nous donner une chance. Et pour ça, il faut qu'il fasse la paix avec lui même. Il faut qu'il arrête de se sentir aussi coupable, alors qu'il n'y est pour rien... même si je n'imagine même pas ce que ça doit faire de se voir tuer des gens, d'avoir été une marionnette pendant aussi longtemps, un chien docile qui ne savait pas dire non. Je n'imagine même pas à quel point ça a dû être aussi horrible pour lui mais... tout n'est pas fini. On l'a retrouvé, et ça pourrait être le début d'autre chose, s'il acceptait de tourner la page, de se dire que c'était pas de sa faute... et que s'il nous laissait l'aider... ça pourrait être merveilleux...

Au moment où mes bras se glissent autour de sa taille je le sens tendre, et je me prépare à tout. A un coup, à ce qu'il me repousse brutalement, à ce qu'il m'insulte. Pendant une seconde, un battement de coeur, je ne bouge pas, attendant qu'il réagisse. Qu'il me repousse ou qu'il cède. Qu'il me laisse enfin l'aider ou que tout soit fini... Cette seconde, cette foutue seconde dure une éternité, en équilibre au-dessus d'un foutu précipice. Un siècle entre deux souffles. J'ai presque l'impression d'enlacer un bloc de pierre, une montagne, quand je sens enfin ses bras autour de moi, qui me rendent mon étreinte. Sur le coup mon coeur rate un battement. J'y croyais pas. J'y croyais vraiment pas et pourtant...il a cédé. Il a sauté de mon côté, plutôt que de l'autre, et je viens un peu plus contre lui, le serrant plus fort.

C'est pas de ta faute... c'est pas de ta faute Bucky... ça l'a jamais été...

J'entends un cri s'échapper de ses lèvres, un cri de bête blessée, un cri de désespoir qui vient des tripes alors que je le garde contre moi. Il se laisse enfin aller, et je le sens trembler, le souffle court, s'agrippant à moi comme un naufragé à sa planche de bois. Il me fait presque mal mais je ne ris rien, j'ai bien trop peur de casser ce qui se passe, de briser cette minute où il me laisse enfin entrevoir qui il est vraiment. Mon visage se pose contre son épaule alors qu'une de mes mains caresse lentement son dos. Et il parle. Pas de sa voix de robot, froide, mais d'une voix brisée,qui donne l'impression qu'à chaque seconde il est prêt à éclater en sanglots. C'est ça... c'est ça... parle, raconte moi, raconte à qui tu veux mais ne garde pas tout ça en toi. Ne laisse pas tout ça te pourrir. Vomit tout ça et oublie le, au moins un peu. Laisse la plaie se cicatriser...enfin.

On t'a obligé à faire tout ça. On t'a fait oublier qui tu étais. On t'a conditionné. T'as pas eu le choix. Tu pouvais pas dire non parce qu'on a tout fait pour que tu saches même pas que tu pouvais le faire. On t'a transformé en arme, et c'est pas ce que t'aurais voulu. Steve...Steve m'a parlé de toi et tout ce qu'il m'a dit...de son Bucky... tu aurais pas pu faire ça si on t'y avait pas contraint. Tu... t'es quelqu'un de bien Buck, et tu dois te pardonner. Y'avait...rien de ce que t'aurais pu faire aurait pu empêcher tout ça... rien du tout...

Il me serre de plus en plus fort, presque avec désespoir, comme une dernière tentative de se raccrocher à son côté humain, avant de me repousser. Je chancelle, surprise, alors qu'il plonge ses yeux dans les miens. Et là je le vois. Sous mes yeux, seconde après seconde, je vois le masque qui se reconstitue, les morceaux qui se rassemblent et la porte qui se ferme. Est-ce que j'ai réussi ou est-ce que j'ai foiré? Il parle à nouveau et m'annonce froidement que Clint m'apprendre à partir de maintenant. Il me repousse, encore, mais pourquoi? Parce qu'il m'a montré ses faiblesses et qu'il a honte? Parce qu'il en a vraiment assez de moi et qu'il ne croit pas que ça pourrait marcher? Qu'il ne pense pas pouvoir me donner une chance? De penser que je voudrais plus de lui après ce qui s'est passé? Après ce qu'il a fait? Une seconde plus tard il est déjà en train de partir. Je l'appelle, tente de le retenir mais c'est trop tard. Il est déjà loin. Physiquement comme mentalement.


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Mer 12 Avr - 17:58
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Deux semaines sont passées. Je les regrette. Le temps passe vite. J'ai l'impression de n'avoir à mes pieds que des douilles et les restes de mon être brisé. Je voudrais remonter le temps. Je voudrais dessouler et cesser de souffrir. Je voudrais ne plus sentir le froid qui par ma peau s'infiltre pour trouver mes os. Je voudrais que tout cesse. Je voudrais fermer les yeux et remonter dans le temps, revenir à l'instant même où tout allait bien. Le ravin me manque. La neige aussi. Mes doigts tremblent tant que je peine à porter ma dernière cigarette à mes lèvres bouffées par la crasse et mes propres dents. Je laisse sûrement un peu de sang sur le filtre tandis qu'en bas, chute cette bouteille à moitié vide de vodka qui était la troisième à défaut d'être la seule. Je compte les secondes et me trompe. Les éclats de verre viennent trop tôt. J'ai pas eu le temps d'arriver à trois. Je lève la tête vers le ciel au lieu de regarder le sol sur lequel je vais m'écraser. J'ouvre grand les bras, et sur la pointe des pieds, je taquine le vide en chancelant. J'ai envie d'hurler, j'ai envie de pleurer. Mais rien ne vient. Je me sens vide. Je me sens léger. Et pourtant, j'aimerais remonter dans le temps. J'aimerais être un autre. J'aimerais être Bucky, parce que c'était plaisant de se sentir vivant. J'aimerais être le Soldat, parce que c'était plus simple de n'être rien.

Je ferme les yeux. J'écoute les battements de mon coeur. J'inspire. J'expire. Puis rien.


Encore un. Plus que huit. Mes mains deviennent lourdes, ma tête aussi. J'ai le souffle court. Je suis obligé de m'allonger par terre, de prendre cinq minutes pour retrouver mon souffle. J'ai un frisson quand mon corps trouve le sol de la salle de bain. Je ferme les yeux, et alors que me parvient l'odeur de la poudre et de sa carcasse qui un mélange d'acide et de détergent. J'ai le coeux aux bords de lèvres tandis qu'il glisse sur ma peau une sueur glacée qui me dégoûte. Mais ce qui me fait vomir, c'est pas le fait d'avoir tué un homme... C'est cette étrange pensée qui me fait dire que je regrettes presque l'époque où je n'étais que le pion d'HYDRA.


Fury et Steve commencent à se poser des questions. Ils doutent de mes intentions, de mes motivations et des raisons qui me poussent à parcourir les couloirs de la base et les rues de la ville. Steve essayer de me faire parler mais je me contente de lui dire que tout va bien, et que mon envie de m'isoler ne vient que des souvenirs qui me reviennent. Je lui mens, prétendant sentir à nouveau la culpabilité me ronger. J'avoue avoir un pincement au coeur quand je l'entends me dire que je peux venir le voir pour ça, qu'il sera là pour m'aider. J'ai envie de lui dire qu'en réalité, je me laisse à nouveau glisser dans la peau du Soldat. J'ai envie de lui avouer la peur qui ronge mes entrailles, mais quand il vient me prendre dans ses bras, je me contente de pincer les lèvres et d'anéantir en moi le peu d'amour que je lui portais. C'est mieux ainsi. C'est plus juste aussi.


Je me retrouve en détention pour deux jours. Fury n'a pas apprécié que je lui dise d'aller se faire foutre. J'suis de nouveau dans la cellule au sous-sol, menotté au sol. J'ai le temps de me reposer. J'ai l'opportunité de cesser de combattre ma nature profonde et de laisser remonter celui que l'on disait être l'hiver rude d'un pays qui ne connaît pas la faiblesse. Dans cette cellule, je réapprends à être une machine et à ingurgiter les gélules qu'ils me donnent. Je redeviens docile.Je redeviens silencieux et dangereux. Et malheureusement, si Steve pense simplement que c'est à cause mon emprisonnement, Fury lui semble avoir tout compris. Contrairement à Steve, il est capable lui de lire dans mes prunelles cette rage sourde qui me pousse à redevenir le monstre que j'ai tant voulu tuer. Lui voit le désespoir dans mes iris et est conscient que Bucky n'est déjà plus.


Sept. Puis six. Ils étaient simples à localiser, encore plus à abattre. Ils n'étaient plus que des carcasses vieillissantes, des silhouettes malingres qui n'étaient plus que les restes des hommes qu'ils avaient été. Pour eux je n'ai même pas tiré. L'oreiller a suffit. Les infirmières demain diront qu'ils se sont éteints dans leur sommeil et que des choses comme ça arrivent parfois. C'est la vie, diront-elles.


Cinq est plus coriace. Plus jeune. Plus entouré. Je le laisse filer pour l'instant, m'occupant d'un autre.


Il n'en reste plus que quatre. J'ai envie d'arrêter là. J'suis fatigué. Je descends pourtant de bouteilles de vodka et descends au stand de tir pour vider mon chargeur sur une cible, histoire de ne pas être tenté de faire connerie.


Trois. Il m'a reconnu. Il a balbutié des mots en russe. J'ai répondu. J'ai été sa chose à nouveau. J'ai eu peur qu'il me manipule. Mais il a été idiot à la place. Il m'a demandé de me tuer pour l'épargner. Dommage. Il aurait dû se souvenir que l'auto-destruction n'était pas une chose qu'ils avaient implantés dans mon esprit. Pour me venger je l'ai fait passer par la fenêtre et je l'ai regardé s'écraser sur le pavé.


Je croise Natasha le lendemain mais j'évite son regard. J'ai honte. J'ai peur. J'aimerais la remercier pour la dernière fois, mais je n'y arrive pas. Je l'entends me saluer mais je l'ignore. Elle sera plus heureuse sans moi. Son âme-soeur, elle va le trouver. Je n'en doute pas.


Deux. J'ai son sang sur le visage. Je ne pense plus. Je ne ressens plus rien.


Je suis juste las. Fatigué. Le repos viendra.


Bientôt.


Un.


J'ai trouvé Steve dans ma chambre. Il voulait me parler. Je n'ai rien dis. Il a hurlé. J'ai montré les dents. J'ai dû passer quelques heures avec les médecins. Ils ont décrétés que je faisais une rechute. Que je devais pas prendre correctement mes médicaments. J'ai entendu dire Steve qu'il allait s'occuper de moi. Le lendemain, c'est lui qui a ingurgité sans le savoir ma dose de somnifère. Je l'abandonne une heure et je vais me charger de ma dernière cible. J'essaye plus d'être discret. Je passe simplement par la fenêtre de son appartement et je l'abats dans son lit.


C'est finis. Je suis libre.


Libre.


Libre.


Il n'y a plus qu'une chose à faire. En finir. Histoire d'être vraiment libre.

Faut que je trouve le courage de sauter. Alors je bois. Et je termine là. sur ce toit. A tenter de compter les secondes qui viennent de s'écouler. A tenter de comprendre pourquoi j'en suis là. J'ai envie de faire tant de choses, et pourtant, je suis simplement là, à chanceler dans le vide et à prier pour que tout se termine vite. Je crois entendre une voix familière. On dirait celle de l'être aimé. Une larme roule sur ma joue. C'est trop tard. Je vais chuter sans toi.

"J'suis désolé." Il a gagné.


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