Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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 :: Autres RP -Ras le bol du mal de mer ! :: Stuckys Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Sick Again

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Messages : 687
Date d'inscription : 26/11/2014
Jeu 30 Juil - 11:21
Sick Again
“Life is tough, my darling, but so are you.”
James ✧ Steve
"Vous allez bien, Rogers ?"

Non ça ne va pas. Ça ne va pas du tout. Les yeux rivés sur mon mes notes de cours, je tente simplement d'ignorer les tâches sombres qui envahissent déjà mon champ de vision. Putain de merde. Pas encore. Ça va passer, j'ai juste… Pas mangé, c'est rien. Un bourdonnement commence à se faire sentir dans mes oreilles et bien rapidement j'ai du mal à percevoir ce qui se passe autour de moi. J'ai du mal à entendre le prof d'histoire qui tente de comprendre ce qui m'arrive, je perçois à peine la main de mon voisin qui m'attrape l'épaule et qui répète lui aussi en boucle mon prénom. Mon souffle se fait plus court alors que je sens une sueur glacée couler le long de mon échine. Du calme, du calme… Faut juste que je me calme. Ça va passer. Avant ça finissait par passer. J'ai juste besoin de boire un peu d'eau, peut-être croquer dans un morceau de sucre et ce sera bon. Tout ce que j'ai à faire, c'est simplement sortir et réussir à me traîner jusqu'à l'infirmerie. Ça va aller. Je relève difficilement la tête et tente de me lever, mais tout ce que j'arrive à faire, c'est m'écrouler lamentablement au milieu de la salle de classe. Glorieux, Rogers.

Lorsque je rouvre les yeux, je suis allongé à l'infirmerie, sous le regard inquiet de Tasha et Sam, et de l'infirmière qui est là à me secouer, un verre d'eau sucrée à la main. Je grogne doucement, toujours aussi nauséeux.

"Allez debout… Revenez à vous sinon on va devoir appeler les pompiers… Steve, vous m'entendez ?"

Je cligne plusieurs fois des yeux alors qu'elle glisse déjà le verre à mes lèvres, manquant de ce fait de m'étouffer avec l'eau sucrée qu'elle tente de me faire avaler. Sauf que le simple goût me fait vomir. Je recrache tout, repoussant faiblement sa main. Je les entends râler, me dire d'être raisonnable, mais un autre haut-le-coeur me saisit.

"Je me sens pas bien… Ça ne va pas…"

Je tente de me rassoir et une fois de plus, je tourne de l'oeil. Et cette fois-ci, quand je rouvre les yeux, je suis à l'hôpital. Merde. Le seul endroit où je ne voulais pas atterrir. Allongé dans un lit aux urgences, je vois une infirmière installer une perfusion à côté de moi avant de me sourire. Elle tente de me rassurer, me disant que ça va aller, je me suis évanoui et qu'on m'a amené là, que c'est sûrement rien, juste une méchante crise d'hypoglycémie, qu'elle va me faire une prise de sang et qu'après, je pourrais rentrer chez moi. Le souffle court je la laisse faire, détournant le regard quand elle commence à passer un garrot autour de mon bras. Putain je vais encore être malade. Je manque de tourner de l'oeil quand l'aiguille s'enfonce dans ma chair. Détendez-vous qu'elle me dit. J'aimerais bien sale vampire de merde…. Je ferme les yeux, sentant que le monde recommence à tanguer autour de moi. Je déglutis difficilement alors qu'elle presse un coton au creux de mon bras.

"Et voilà… Je vous embête plus, d'accord ? Allez, je vous apporte un verre d'eau et ensuite je laisse vos copains vous rejoindre."

C'est ça. Je m'écroule dans les oreillers. Ça va aller, elle a sûrement raison, c'est rien… Juste une méchante crise d'hypoglycémie. C'est vrai que depuis que j'habite seul, je fais plus attention à manger régulièrement, je me contente de grignoter quand j'ai faim, et c'est vrai que le matin… Je bouffe jamais. Au point que ce n'est pas la première fois que je tourne de l'oeil au lycée… Par contre c'est bien la première fois que je me retrouve à l'hosto à cause de ça. Je rouvre les yeux et pousse un soupir. Bon le point positif, c'est qu'après ça, je vais avoir le droit de retourner à mon appartement et m'y écrouler pour la journée. Je souris quand je vois Tasha et Sam entrer.

"Putain mec ! Combien de fois on t'a dit de bouffer le matin bordel ! T'es juste pas croyable !
- Ouais je sais… Mais eh, grâce à moi, t'as pu te rincer l'oeil sur les pompiers non ?
- Même pas ! Et niveau médecin sexy ici, on repassera. T'es le roi des cons, tu devrais avoir honte de nous faire ça… Tu sais qu'on s'inquiète pour toi…"

Ouais je sais. Je hausse une épaule. Je sais que depuis que j'ai quitté mes grands-parents pour m'installer tout seul, ils sont au petits soins pour moi. Toujours à me demander si je ne veux pas passer un week-end chez eux, m'assurant que leurs parents seraient ravis de m'avoir comme invité. Mais à chaque fois je refuse… Parce que je ne pourrais pas. J'arriverais pas à prétendre que tout va bien, et à les voir être heureux. C'est con, c'est sûrement même affreusement égoïste, mais je les jalouse… A toujours avoir ce que l'on m'a retiré y'a pas un an. Je lève les yeux vers eux et esquisse un pale sourire.

"Bon au moins vous pourrez rassurer tout le monde et dire que c'est rien… Enfin quand ils auront les résultats et que je pourrais sortir d'ici…"

Chose qui met tout de même une bonne demi-heure. Au point que je dis à Sam et Tasha de me laisser, de retourner en cours, mais bien évidemment, ils refusent. Puis voilà qu'un médecin débarque, feuille de résultat en main, accompagné d'un infirmier. Je hausse un sourcil. C'pas normal… Pourquoi c'est pas celle qui s'est occupé de moi qui revient me dire que tout va bien ? L'air de rien je me crispe et j'apprécie de sentir la main de Tasha attraper la mienne. Ouais. Elle aussi elle l'a vu, ils respirent pas la joie tous. Quelque chose ne va pas. Et mon impression ne fait que se renforcer quand les premiers mots du médecin sont :

"Monsieur Rogers… Peut-être que vos amis devraient nous laisser….
- Non. Ils restent.
- Fort bien…. Nous avons eu vos résultats et… Ce n'est pas un simple malaise. Vous avez une leucémie."

Mon monde s'écroule juste sous mes pieds. Putain non. C'est pas vrai. C'est pas possible. Ça peut pas m'arriver, pas à moi, pas à seize ans. Mon coeur cesse de battre et je broie littéralement la main de Tasha. Non, non, non…  J'écoute à peine ce qu'il me dit. Un cancer. J'ai… J'ai un putain de cancer. Moi. Je… Je serais vieux et tout, je dirais rien, mais là… Je suis encore qu'un gosse.. J'ai même pas finis le lycée… Je devrais pas avoir ça… C'est pas juste. Toute trace de sang quitte mon visage et à nouveau la tête me tourne. Je suis malade, malade à en crever. Je suis condamné. Mes doigts glissent loin de la main de Tasha alors que je commence à trembler, complètement paniqué. Non, non...

"C'est pas possible… Ça doit être une erreur… Je peux pas être malade…"

Il m'assure une fois de plus que si. C'est pas possible, c'est pas possible… Je peux pas être malade. Pas à mon âge, j'ai rien fais pour mériter ça, je suis trop jeune pour avoir ça… Et pourtant. Je… J'ai le sang malade. Je suis malade. Je lève les yeux vers l'infirmier qui s'approche de moi et me recule, tentant de l'empêcher de me toucher.

"Non je ne veux pas y aller… C'est pas possible… Je veux pas, je veux pas… Je veux rentrer chez moi…"

Ses mains se referment sur mon bras et je commence à paniquer, hurlant à moitié alors qu'on escorte Sam et Tasha hors de là, leur disant qu'ils pourront repasser dans quelques jours… Je leur jette un dernier regard avant de regarder l'infirmier qui tente de me rassurer, de me dire que tout va bien se passer, que ce n'est qu'un mauvais moment, que tout va s'arranger, mais que pour ça il faut que je sois raisonnable, que je me laisse faire. Mais il ne comprend pas… Il n'est pas condamné. Liu n'est pas malade, lui n'est pas dans ma situation.

"Je ne veux pas… Lâchez-moi ! Je veux pas y aller… Je veux rentrer…"

Au milieu de mon début d'hystérie, je sens une larme rouler sur ma joue. C'est tellement, tellement injuste.
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Ven 31 Juil - 10:44
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"Par les royaumes de Krismaroc le balafré et Cunégonde la vaillante, je te conjure, preux chevalier Tristan, de prendre les comprimés du mage Medicus. Ces baies magiques te permettront d'être assez fort pour combattre la vilaine maladie qui te gagne et tu pourras ainsi délivrer les terres d'Hystéria!"

Je vois le gosse qui se met à rire, tout en me regardant avec de grands yeux, et qui avale ses comprimés d'une traite, avant de me tendre sagement le gobelet vide.

En voilà un preux chevalier! Bientôt vous pourrez libérer le royaume et vous serez la gloire de tout le pays!

Je fais mine de mettre un genou à terre, comme pour présenter mes hommages à un roi, et une fois la porte fermée, je vire mon heaume en plastique et mon épée, m'ébouriffant les cheveux. Qu'est-ce qu'il faut pas faire pour qu'ils acceptent de se soigner... Mais au moins ça marche... Je retourne vers la salle des soignants, pour ranger les différents accessoires qu'on garde pour amuser les gamins, quand j'entends la voix de Rhonda, la secrétaire, qui m'appelle.

James? James on a besoin de toi en salle 12. Un nouveau qui fait une crise d'hystérie. Simmons a besoin de toi, t'es le seul mec à l'étage aujourd'hui.
Ok. Prends ça.


Je lui tends l'épée et le heaume, gardant la fausse armure sur le haut de mon corps, avant de courir jusqu'à la chambre en question. Melinda est déjà là mais c'est une petite créature et elle a du mal à tenir le gamin qui s'agite dans tous les sens, totalement paniqué. Et pourtant il est pas bien gros... même si par le passé j'ai déjà vu des bouts de chou déployer une foutue force quand ils étaient terrorisés. Et j'avais de beaux bleus pour le prouver. D'un hochement de tête, je fais signe à Melinda que je suis là et que je m'en charge, avant de venir me placer près du malade, attrapant sa main dans une des miennes, pendant que l'autre se pose sur son torse pour le garder couché.

Hey...hey...Steve. Steve c'est ça? Steve je m'appelle James. Je suis infirmier ici et on va s'occuper de toi. Regarde-moi. Regarde-moi ok? Voilà, c'est bien. C'est parfait.

Je serre ses doigts plus fort quand je sens qu'il s'y raccroche avec force, et pose une fesse sur le lit pour lui faire face.

Ok... ok je sais que ce qui t'arrive est moche. On se dit que c'est pas normal, que c'est pas juste. Et t'as le droit de penser ça. C'est dégueulasse d'avoir ça si jeune... Mais maintenant t'es ici et on va s'occuper de toi... D'accord? Ecoute ce que le médecin va te dire...

Je vois qu'il s'est calmé, au moins suffisamment pour pouvoir écouter ce qu'on lui dit. Et je me redresse, gardant simplement sa main dans la mienne jusqu'à ce qu'il décide de la lâcher lui-même. Et le médecin, qui attendait sagement dans un coin de la pièce, s'avance à nouveau et fait mécaniquement son petit speech sur ce qu'est une leucémie, comment la traiter, etc etc. Je le laisse faire avant qu'il se barre et nous laisse. Melinda nous quitte aussi, et je me retrouve seul avec lui.

Ok, maintenant je vais t'emmener dans le service où tu vas être soigné. Tu ne vas pas rester aux urgences. C'est parti...

Je déverrouille les freins du lit et le sort du box d'examen avant de le guider jusqu'à l'ascenseur. Il reste prostré et silencieux, alors je le laisse tranquille. Il faut qu'il digère ça et pour lui, ça fait beaucoup... On arrive au bon étage et je demande au passage à la cadre où est-ce que j'installe notre petit nouveau. La 22. je hoche la tête et guide le lit à l'intérieur, poussant celui qui s'y trouve de côté. Je le ferai descendre plus tard. Je m'approche ensuite de Steve, qui lève les yeux vers moi. Il est tellement jeune...

Ne t'en fais pas. Là c'est l'infirmier qui parle, mais je vois souvent des leucémies et ça se guérit bien. Vraiment bien. Je te garantis pas que ça va être facile, loin de là. Ca va être dur, mais si tu y crois, je t'assure que ça va aller. Il y a une super équipe qui va s'occuper de toi, et on va tout faire pour que tu te sentes bien. On est là pour te soigner, mais aussi pour t'aider. Si t'as besoin de parler, de pleurer un bon coup, hésite pas.

Je laisse passer une seconde avant de reprendre.

Tu vas passer quelques semaines ici donc hésite pas à apporter des trucs que t'aimes. Des peluches, des bouquins, des affaires... Pour que tu te sentes bien. Tes parents pourront te ramener ça.Sinon y'a une bibliothèque où tu pourras emprunter des livres si tu en as envie... Et y'a des activités aussi. T'en fais pas...

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Ven 7 Aoû - 12:31
Sick Again
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Non, non… Non… Je ne veux pas y aller, je ne veux pas rester et encore moins être transféré. Je veux simplement rentrer chez moi et reprendre le cours de mon existence. Je veux rentrer dans mon appartement, retourner en classe et vivre comme le ferait un gamin de mon âge. Je… Je ne peux pas être déjà à l'hôpital avec cette putain d'épée de Damoclès au dessus de la tête. Parce que ce n'est pas juste. Je n'ai que seize ans… Je ne mérite pas ça ! Y'a tellement, tellement de choses que je n'ai pas pu encore faire ! J'ai jamais eu ma première fois, jamais eu mon bal de promo, ni ma première bagnole ou ma première cuite… J'ai… J'ai rien fais, j'ai même pas eu le temps de réellement vivre…. Que des personnes âgées soient malades… C'est normal, faut bien qu'elles meurent d'un truc… Mais moi… Je… Non… Je suis trop jeune. C'est ce que j'aimerais hurler à l'infirmier qui tente de me calmer sous le regard presque blasé du médecin. Je ne dois pas être le patient qui réagit aussi violemment à un de ses diagnostics, ainsi il se contente simplement de m'observer paniquer et me débattre, glissant par moment un "soyez raisonnable jeune homme, allons… Nous sommes là pour vous aider." C'est ça. "M'aider." Comme si c'était possible… J'ai le sang pourri. On en reparlera quand tu seras dans mon état connard, on verre si tu seras raisonnable. Je continue de repousser l'infirmier qui tente de me calmer, faisant preuve d'une force que je ne soupçonnais pas.

"Non ! Non ! Je m'en fous de ce que vous avez à me dire ! Je veux rentrer ! Je ne veux pas rester ici ! Lâchez-moi !"

Une autre infirmière s'ajoute et au lieu d'arriver à me maîtriser, ça n'a pour seul effet que de me faire redoubler d'effort. Les même mots continuent de traverser leurs lèvres. Qu'il faut que je me laisse faire, que ce n'est pas pour m'aider, que je ferais mieux de me calmer… Je sais que je devrais, je sais que c'est idiot… Mais j'ai peur. J'ai peur et je suis furieux. Parce que je trouve ça profondément injuste, j'suis jeune, trop jeune pour mériter ça… C'est dégueulasse ce qui m'arrive et actuellement, j'en veux à l'univers entier. Parce que ce n'est pas juste. Pourquoi moi ? Pourquoi est-ce qu'il faut que ça me tombe dessus ? Pourquoi moi et pas quelqu'un d'autre ? Ça ne devrait pas m'arriver à moi, ce n'est pas juste. Au milieu de mes cris et de leurs tentatives pour me calmer, je ne remarque pas l'autre infirmier qui vient leur prêter main forte. Je ne le remarque que lorsqu'il prend la place de l'infirmière, attrapant entre sa main un de mes poignets tandis que l'autre se pose sur ma poitrine pour me maintenant allongé. Immédiatement mon regard se porte vers le sien à la simple prononciation de mon prénom. Mes doigts resserrent instinctivement les siens alors qu'il commence à tenter de me rassurer. James. Qui en plus d'être infirmier est chevalier à mi-temps… Je pourrais franchement m'attarder sur ce détail, et même lui glisser une mauvaise plaisanterie à ce sujet… Mais là, je me contente de me perdre dans son regard et à m'agripper à lui comme si il était mon seul point fixe dans l'univers. Il s'assoit face à moi, son regard ne quittant toujours pas le mien. Étrangement j'avais besoin de ça… De quelqu'un qui me rassure, qui prenne le temps de me dire que ça va aller… Quelqu'un qui prenne le temps de faire ce que mes parents auraient faits si ils avaient été toujours là… Un sanglot s'étouffe dans ma gorge alors que je regarde James dans son armure qui m'assure qu'il comprend ma situation mais que maintenant, ils sont là pour m'occuper de moi… Pendant plusieurs secondes je ne réponds pas à sa question, me contentant simplement se serrer ses doigts dans les miens. J'ai pas envie qu'il me lâche, j'ai envie qu'il reste, juste pour me rassurer, pour me dire que ça va aller, que ce n'est pas si grave que cela… Et que je vais m'en sortir. Pas qu'il me dise qu'il y a de grandes chances pour que je m'en sorte, non mais que je vais guérir à coup sûr et que dans pas longtemps, je pourrais recommencer à vivre ma vie… Alors pendant quelques secondes, je ne cherche que cette certitude dans son regard avant de lentement lâcher sa main, hochant simplement la tête pour lui dire que je suis assez calme pour écouter le médecin. Et ce qu'il m'annonce ne me rassure pas vraiment. Pire, ça m'angoisse un peu plus… Quatre-vingt pour-cent de malades s'en sortent, surtout à mon âge. Tu parles. Et si t'es dans les vingt autres pour-cent ? Je hoche à nouveau la tête alors qu'il m'explique que je vais surtout avoir le droit à de la chimiothérapie… Et si les choses ne vont pas mieux, quelques transfusions de sang, histoire de me garder en forme. L'idée me fait déglutir… Je vais en avoir… Pour des mois de soins… Et à l'entendre, je ne vais pas m'amuser : je vais avoir la nausée, je vais être fatigué… Ça va être une longue bataille pour reprendre ses mots. Seulement… Je ne suis pas sûr d'être capable de la livrer. Et si j'y arrivais pas ? Et si je finissais par y passer ? Et si je passais mes derniers jours dans ce lit, à espérer être guérit pour finalement mourir à pas dix-sept ans. Je ne pourrais pas. Ce serait… Non. Le médecin finit par nous laisser et bien rapidement je ne me retrouve qu'avec James qui porte toujours son armure. Je lève les yeux vers lui, et le regarde les yeux encore rougit. Je vois qu'il tente de me rassurer, de me dire que ça va aller… Mais j'ai du mal à le croire. Je pousse un soupir avant de murmurer.

"Ouais… J'hésiterais pas."

Je baisse à nouveau les yeux et le laisse m'emmener jusqu'à ce qui va être ma nouvelle chambre. Je plisse le nez face à l'austérité de la chambre et je me laisse faire comme si je n'étais qu'une poupée qu'on manipule. Je les laisse m'aider à m'enfiler la blouse avant de me placer mon cathéter dans le creux du bras gauche, m'installant ma première perfusion. Rapidement il m'en explique le fonctionnement, me disant qu'ils viendront la changer tout les jours. Il me met en garde sur le fait de ne pas l'arracher sous peine de me faire mal et m'indique une fois de plus qu'au moindre problème… Je n'aurais qu'à appeler et on viendra s'occuper de moi. Seulement sentant que je ne suis pas très réceptif, il tente une autre approche. Il me parle de la bibliothèque, et des activités pour m'occuper… Je ferme les yeux et serre les dents. Je ne veux pas de tout ça. Je veux rentrer chez moi, je veux retrouver mes amis, je veux être en bonne santé. J'avais pas besoin de ça. Pas maintenant. Je ramène mes genoux contre ma poitrine et pose mon front sur mes genoux.

"T'as pas d'autres gamins dont tu dois t'occuper Lancelot ? Laisse-moi. J'ai envie d'être seul."

Je me refuse à lui répondre ou même à régir aux moindres de ses mots ou geste. Je me contente de rester dans un profond mutisme, lui faisant comprendre que je n'ai pas envie de lui parler, ni même de l'écouter. Et ce n'est que lorsque que j'entends qu'il referme la porte de ma chambre que je me permets d'éclater en sanglots, ne cessant de pleurer sur mes parents que j'aimerais à mes côtés.

Quelques heures plus tard, après que l'infirmière soit passé me donner un plateau repas que je n'ai pas mangé, je m'allonge dans mon lit et fixe le plafond. Je ne devrais pas être là. C'est pas ma place. Je ne veux pas être ici… Je veux sortir. Je dois sortir. Je ne peux pas rester. Je refuse de passer des mois ici à espérer que tout s'arrange éventuellement. Une espèce de panique irraisonnée s'empare de moi, des tremblements commencent à secouer mon corps et respirer se fait de plus en plus compliqué. Je dois partir. Vite. Je tente de me lever et pousse un gémissement douloureux en tirant sur ma perfusion. Je blanchis, sentant déjà la tête me tourner alors que j'approche mes doigts du cathéter. Allez. D'un coup sec je tire dessus et l'arrache, ne pouvant retenir un cri de douleur. Je plis me coude pour tenter de ne pas voir l'hémorragie, et saute hors de mon lit, la tête me tournant déjà. Je sors de ma chambre et chancelle, mes deux mains sur le mur alors que je vois des taches se former devant mes yeux. Merde, merde… Mon souffle se fait plus court alors que je peine à marcher, laissant derrière moi de plus en plus de gouttes de sang, et alors que j'entends des pas derrière moi, je sens que je m'évanouis.
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Mar 11 Aoû - 15:18
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Ce qu'il y a avec le service pédiatrique, c'est que c'est un de ceux où les patients sont le plus variés. Ca peut aller d'un séjour de quelques jours pour une appendicite ou une mauvaise fracture qui demande une opération, une sale grippe ou une mauvaise fièvre, et ça peut aller à des choses beaucoup beaucoup plus lourdes comme des opérations à coeur ouvert, des transplantations et...des cancers. Comme lui. Ce sont les patients qui séjournent dans notre service le plus longtemps et en général ce sont les gamins auxquels je m'attache le plus. Parce qu'on les aide à guérir, et à se battre. A survivre. C'est une foutue bataille qu'ils livrent ici, aidés par les médecins, et par nous, les infirmiers.

Et voir ce gamin de seize ans qui se prend une elle nouvelle au coin de la truffe me fait mal au coeur. C'est normal qu'il ait peur, c'est normal qu'il soit en colère. Et c'est plus sain que se laisser abattre parce que là, c'est se condamner. Je serre les dents quand je laisse le médecin lui parler, et je me retiens de lever les yeux au ciel. Je sais que dans ce métier il faut se blinder, et essayer de pas trop s'attacher aux patients parce que sinon on serait constamment en train de souffrir mais quand même. Celui-là fait preuve d'un manque d'empathie qui me glace sévèrement, et j'ai presque envie de lui balancer que si ça le faisait chier de réconforter un pauvre gosse apeuré, il pouvait aussi bien changer de métier ou passer médecin légiste, comme ça il n'aurait pas à s'emmerder avec l'aspect social de la chose. Et heureusement il se barre.

Je tente de rassurer Steve du mieux que je peux alors que je l'installe dans le service de pédiatrie, notre domaine. Je vois son visage au moment où je le ramène dans sa chambre, et je tente tant bien que mal de lui remonter le moral. Ou au moins le rassurer. C'est sûr que les chambres sont pas super joyeuses mais à la base elles ne sont là que le temps d'un court séjour. A part pour des cas comme lui. Je lui explique ce qu'il pourra faire ici, les moyens qu'il aura de s'occuper, parce que je sais bien que le temps est long quand on a rien à faire à part subir des chimios.

Pendant que je fais ça, je m'occupe de le préparer, lui passant sa blouse d'hôpital, installant sa perfusion, et lui donnant quelques consignes de base. A savoir ne pas tirer dessus, faire attention en bougeant, et surtout, ne pas y toucher de lui-même. Il se laisse faire gentiment, ou même...docilement, comme une poupée de chiffon. Et je remonte les couvertures sur lui, veillant à ce qu'il soit bien installé. Enfin, au bout de quelques longues secondes de silence je l'entends me dire d'une petite voix qu'il préfère rester seul, et je souris légèrement quand il m'appelle Lancelot.

Eh bien soit, sire Lancelot va aller galoper vers d'autres quêtes. Appelle si tu as besoin de quelque chose...

Je recule du lit et disparais vers mes autres patients du matin. Sauf que j'ai à peine fini les soins de la petite fille qui est à côté que j'entends l'alarme dans la chambre de Steve. Le gamin et quand même pas en train de faire un arrêt cardiaque! Je sors dans le couloir et vois la porte du gosses s'ouvrir, et Steve sortir, en titubant. Sauf que son coude dégouline de sang et qu'il tient à peine sur ses pattes. Oh merde. Oh putain de merde. Je me mets à courir vers lui et j'arrive juste à glisser mon bras autour de sa taille alors qu'il s'effondre en avant, le ramenant contre moi.

J'ai besoin d'aide là, tout de suite!

Heureusement un interne qui passait par là se précipite pour ouvrir la porte de Steve, et j'arrive à le réinstaller dans son lit.

Il faut faire un garrot...

Pendant que le doc en devenir s'en occupe, j'installe sa perfusion de l'autre côté, dans son avant-bras encore intact. Et je soupire. La vache j'espère qu'il va pas nous faire ça tous les jours... Avec l'interne on le nettoie rapidement, tout comme le sol, et une fois le tout balancé sur le chariot à ménage, et un remerciement à l'interne, je fonce vers le bureau et passe la tête, sacrément en pétard.

- Putain de merde, on m'explique pourquoi personne est encore venu voir ce pauvre gosse? Il a une leucémie bordel et il a besoin d'avoir ses parents qui lui tiennent la main! Il nous connaît pas, c'est normal qu'il soit effrayé!
- James...
- Non mais c'est vrai je viens de l'attraper dans le couloir, le gosse s'était arraché sa perf. Il meurt de trouille!
- James...
- Quoi?
- Il a plus de famille...
- Comment ça?
- Il est orphelin. Il s'est fait émanciper y'a quelques mois... Ce sont ses amis qui sont sur la liste des gens à contacter.
- Merde... le pauvre gamin... Après tout ça y'a encore une leucémie qui lui tombe dessus...


Je me frotte le visage. La vache, le pauvre. Je quitte le bureau et jette un oeil à sa chambre. Le stress et les calmants ont fait leur effet, et il dort profondément. Je finis ma tournée et à la fin de mon service je repasse le voir. Il est réveillé, et a une mine affreuse. Je rentre et referme la porte derrière moi, avant de m'approcher du lit.

Tu m'as fait peur tu sais... On est pas ici parce qu'on est des tortionnaires psychopathes et sadiques. On veut juste que tu guérisses, et pour ça, faut accepter qu'on te soigne. D'accord? Si tu veux guérir, il faut nous laisser faire. Et t'en fais pas, tes potes pourront venir te voir tous les jours pendant les heures de visite...

© Gasmask


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Mer 19 Aoû - 16:16
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Je sens qu'on m'attrape, enfin, qu'on me rattrape, qu'on m'évite de rencontrer le sol trop rapidement. Une puissante nausée me saisit alors que je tente de comprendre ce que les voix hurlent non loin de moi. Jusqu'à ce que j'arrête de me battre. Je me laisse traîner comme une poupée de chiffon, fermant simplement les yeux en espérant que lorsque je les rouvrirais, je me réveillerais d'un mauvais cauchemar que je raconterai à Tasha et Sam demain au lycée. Ouais c'est ça… C'est juste un putain de cauchemar. Je vais me réveiller et je serais dans mon appartement un peu miteux, je serais en bonne santé… Et la seule chose dont je devrais me préoccuper c'est de savoir si je vais pouvoir payer mon loyer à la fin du mois et si je vais pas planter le prochain contrôle de je ne sais pas trop quelle matière. Quelque chose se met à serrer mon bras gauche et un autre haut-le-coeur me saisit.

Je rouvre les yeux et il fait nuit. Je rouvre les yeux et je suis toujours à l'hôpital. J'entends le bruit de la machine et si une légère gêne se fait sentir dans mon bras droit, j'ai carrément mal au bras gauche. Un léger gémissement m'échappe quand je tente de bouger. Non, non, ce n'est pas une bonne idée, mieux vaut que je reste allongé, juste un peu, juste le temps que la nausée, l'envie de vomir et la douleur disparaissent. Je referme les yeux. C'est juste un mauvais cauchemar. Je vais me réveiller, et tout sera terminé.

Seulement non. Il fait toujours aussi sombre et je suis toujours dans cette putain de chambre. La machine s'emballe en même temps que mon coeur. C'est pas un rêve, c'est pas un putain de rêve. Je suis toujours ici, dans cette chambre qui me semble être mon enfer personnel. Mon purgatoire rien qu'à moi. Et ici pas de flammes, pas de démons, pas de "tu paieras pour tes crimes"… Non juste des aiguilles, des médecins et mon propre sang qui tente de me tuer. Je regarde la perfusion et je sens déjà une boule se former dans ma gorge. C'est tellement injuste… Je ne devrais pas être là. Je passe une main sur mon visage et me couvre les yeux tentant de refouler les larmes qui roulent déjà sur mes joues. J'aimerais avoir mes parents, n'importe qui à mes côtés, quelqu'un qui passerait sa main dans mes cheveux, qui me prendrait dans ses bras et qui me dirait que oui c'est injuste et que le monde est cruel, mais que comme pour le reste, je vais me battre et je vais gagner. J'aimerais avoir tout ça. Juste une personne. Une seule. N'importe qui pour me chuchoter que je vais m'en sortir, parce qu'il croit en moi, parce qu'il sait que je vais y arriver. Sans m'en rendre compte je finis par sangloter dans mon lit. Je tente de sécher mes larmes et je me surprends à penser que j'aimerais peut-être appeler mes grands-parents, juste pour leur dire que je suis désolé et que je regrette tout ce que j'ai pu dire… Et dans un geste bien égoïste, je leur demanderais de venir s'occuper de moi, de venir me rassurer… C'est dingue, suffit de se retrouver dans le couloir de la mort pour qu'on en vienne à se dire : "Je suis con, je devrais tenter de me faire pardonner auprès de tel ou d'untel…" Je renifle une dernière fois et je fixe le plafond.

La porte s'ouvre et je tourne la tête vers Lancelot qui a décidé de quitter son armure. Et étrangement, je suis presque content de le voir, parce que sans sa blouse, je peux me dire qu'il est venu me voir moi, pour voir si j'allais bien, pas juste pour me faire une autre prise de sang ou pour changer ma perfusion. Je me redresse un peu et j'arrive à m'assoir, tentant d'ignorer la légère nausée qui revient. Je pince les lèvres en l'entendant. Il a eu peur. Comme si c'était possible. Je suis quoi de toute façon pour lui ? À part un patient ? Rien. Je regarde mes draps et pousse un soupir. Il comprend pas. Il ne comprend vraiment pas.

"Le truc… C'est que je ne veux pas être là. Je… J'arrive pas à croire que je suis vraiment malade. Je suis jeune et c'est juste… Terriblement injuste ce qui m'arrive…"

Je recommence à pleurer. Putain. Je tente de ravaler mes larmes mais c'est trop tard. Je tente de reprendre, bredouillant comme un gamin.

"C'est pas juste… Et j'ai peur. Je veux pas être là, je voudrais pouvoir rentrer chez moi et pas simplement attendre la mort dans cette putain de chambre que je hais déjà. J'ai pas envie de mourir ici ! Pas maintenant…"

Je commence à trembler, à paniquer. J'entends la machine s'affoler et ça ne fait que me donner envie de partir une fois de plus. Je remonte mes genoux contre ma poitrine alors que je pleure encore et toujours.

"Je veux pas mourir, je veux pas mourir."

C'est tout ce qui traverse mes lèvres.
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A peine quelques heures et je sais déjà que Steve va faire partie de ces patients qui restent en mémoire. Ceux dont on se souvient, ceux qui nous marquent, même des années après. Je ne peux pas l'expliquer, juste... c'est comme ça. Comme Lily, qui avait dû se faire amputer une jambe à cause d'une mauvaise chute de cheval, ou Tristan, le petit hémophile. Il y en a d'autres, bien sûr, mais c'est l'idée. Et chacun d'entre nous a eu ses chouchous. Je sais que Miranda ne pouvait pas supporter Tristan car elle trouvait qu'il chuinait trop... Et elle adorait Jack, le garçon qu'on a opéré pour le guérir de sa surdité, et qui était un petit con fini. Ils ont une personnalité, une pathologie, une histoire, qui font que ça nous touche, nous aussi. Qu'ils resteront dans un petit coin de nos souvenirs.

Et à peine j'ai appris son histoire que la pulsion du Saint Bernard me frappe : mon besoin d'aider et de soigner ceux qui en ont besoin. Clint se fout souvent de moi pour ça d'ailleurs, Saint Bucky, le patron des causes désespérées, des canards boiteux et des cockers sans pattes. Plus le cas est grave, plus je sens l'envie d'aider. De me sentir utile en les aidant à traverser tout ça. Pour lui, la leucémie. C'est pour ça que je me faufile sans sa chambre après ma journée, et je surprends un reniflement, ce qui me fait allumer la lumière. Il ne dort pas. Pire, il sanglote tout seul dans son lit. Le pauvre. Il devrait avoir toute sa famille pour l'aider, et non, il se retrouve seul, là, avec juste ses potes qui lui rendent visite quand ils peuvent. C'est moche pour lui, vraiment. J'arrive même pas à imaginer ma vie sans ma famille, mon père, ma mère, ma soeur, toute la tribu Barnes, comprenant oncles, tantes, grands-parents, neveux et nièces et cousins. Lui il a juste... personne. Je m'approche doucement de lui et m'assieds au pied du lit, tentant de le rassurer.

Bien sûr que c'est injuste... Y'a rien de plus injuste que la maladie... Mais tu as de la chance qu'on ait trouvé rapidement ce que tu avais, et qu'on t'ait amené ici à un stade où tu as le maximum de chances pour t'en sortir. Hein? Alors oui la leucémie c'est pas un rhume, loin de là, mais la médecine fait de super progrès et les chances de guérison sont beaucoup plus élevées que pour d'autres maladies.

Sauf que ce que je commence à lui dire n'a pas l'air de toucher son but. Et dans un sens je le comprends. Là, c'est pas à sa raison que je dois m'adresser, parce que c'est juste un gamin terrorisé qui a pas besoin qu'on lui donne des chiffres et des données scientifiques. Il faut juste qu'on le rassure. Je sens son souffle qui s'accélère, et ses épaules qui s'agitent de sanglots. J'ai la gorge nouée à le voir comme ça, et en même temps j'hésite. Normalement, on doit garder une certaine distance avec les patients, rester professionnel mais... chez les enfants, ça s'applique pas vraiment. On peut pas être juste professionnels. On peut pas être juste des soigneurs. On est aussi des amis, des grands frères, des confidents... Et quand les machines s'emballent aussi, je soupire. Merde. On va pas me reprocher de vouloir bien faire mon job.

Je me rapproche un peu plus de lui, et l'attire doucement contre moi, une main dans sa nuque et l'autre dans son dos, pendant que je le serre. Une seconde plus tard je sens ses mains qui s'agrippent à mon pull, et le barrage cède. Il se met à pleurer comme le gosse qu'il est encore un peu, le visage enfoui dans le tissu.

C'est bien... pleure. C'est pas bon de tout garder à l'intérieur... laisse-toi aller... Je suis là... je suis là...

Petit à petit je commence à le bercer, ma main caressant son dos par-dessus sa blouse tout en murmurant des chuuuuut chuuuuut à son oreille. C'est ça qu'il lui fallait, un moyen de relâcher la pression, de vider son sac. Et il a personne pour le faire à part moi. Alors je le laisse pleurer autant qu'il en a besoin, jusqu'à ce qu'il se calme, que ses sanglots s'apaisent et que sa respiration se fasse plus profonde. Je lui caresse doucement la joue du pouce et lui souris.

Tu vas mieux? T'as le droit d'aller mal, de craquer...c'est normal. Et on est là pour ça. Je suis là si t'en as besoin ok?

Je me recule un peu, mais je reste quand même près de lui.

Je vois passer pas mal de patients tu sais. Et presque tous ceux qui avaient une leucémie ont réussi à s'en sortir. T'es entre de bonnes mains. Alors y'a pas de raison pour que ça marche pas. Il faut juste que toi, t'y croies. Que tu croies que ça va marcher. La bataille se joue grâce aux médocs, mais aussi grâce à ton moral. Je peux en parler, j'ai vu ça souvent. Si tu t'accroches, si t'y crois... Tout va bien se passer. Et dans un mois ou deux, tout ça sera un mauvais souvenir. Tu retrouveras ta vie, tes cours, tes potes... et les questions les plus importantes que t'auras à te poser ça sera la couleur de ton smoking pour le bal de promo et quel citation débile tu mettras dans ton yearbook!

Je lui souris, croisant son regard.

Ca va mieux? Tu veux que je reste encore un peu?

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Je me sens seul. Terriblement seul. J'ai juste l'impression que l'univers entier vient de m'abandonner en me disant que c'est bon, il en a eu marre de s'occuper de mon cas et que du coup, fallait que je me démerde tout seul. Sans mes parents, sans mes potes…. Juste moi et ses putain de machines. Juste moi et le personnel médical. Et pourtant même si je sens que Lancelot est à mes côtés, assis sur le lit… J'ai l'impression d'être seul. C'est con, je sais, mais j'ai sincèrement peur. Parce que j'ai l'impression qu'il n'y a personne qui puisse m'aider… J'ai l'impression que c'est foutu, que c'est terminé, que je suis condamné. Tout semble différent… J'ai l'impression que c'est trop tard. Que malgré le traitement ou les bons soins des médecins… C'est inutile. Là, ce soir, j'arrive pas à me dire qu'il y a un espoir… Ce soir j'aimerais juste qu'on me dise que c'est bon, que je suis guéris, que je peux rentrer chez moi et prétendre que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve. Rien de plus. Sauf que les secondes passent et ce n'est pas ce qu'il me dit. Il préfère me dire que c'est bon, on m'a pris à temps, que je ne vais pas mourir, que j'ai toutes les chances de mon côté, que je vais très certainement m'en sortir. Seulement ce n'est pas ce que je veux entendre. Je sanglote de plus en plus, me recroquevillant encore alors que je le sens s'approcher puis simplement me prendre dans ses bras. Et même si au début, je suis surpris par son geste, c'est sans hésiter que je me serre contre lui, agrippant avec force son pull, cachant mon visage dans son épaule. Je cède au moment où je sens ses mains se refermer sur moi, l'une se glissant dans ma nuque et l'autre dans mon dos. Je tente de retenir mes larmes, mais tant pis… Je craque et fonds en larme dans ses bras, pleurant comme un gamin. Demain je pourrais avoir honte et me dire que j'ai sûrement eu l'air hyper con, mais là… J'ai juste besoin de quelqu'un pour me rassurer, quelqu'un pour me dire que ça va aller, qu'il sera là pour me rattraper si jamais j'en ai besoin… Bref j'ai quelqu'un qui puisse remplacer mes parents dans cette situation. Et bien que je sais que je ne peux pas demander ça à un de mes infirmiers, pour ce soir… Il prend leur place. Pour ce soir il sera celui sur qui je peux compter, celui sur qui je peux me reposer. Comme un enfant je me laisse bercer, appréciant simplement qu'il soit pour quelques mots rassurants et une tape dans le dos. C'est ce dont j'avais besoin ce soir. Lentement, je finis par me calmer, sentant mon souffle se faire plus régulier, rapidement j'essuie les larmes sur mes joues. Doucement il se recule et je croise enfin son regard. Je frissonne face à son geste, n'osant pas vraiment lui rendre son sourire. Alors à la place, je hoche doucement de la tête, pinçant quelque peu les lèvres.

"Un peu… Et… Je sais… J'hésiterais pas si jamais…"


Tout est murmuré, comme si j'avais honte de l'admettre… Et pourtant, j'ai besoin d'aide. C'est évident. Alors pourquoi avoir presque honte de le dire ? Par fierté ? Peut-être. Je baisse les yeux et continue de fixer du regard son pull plutôt que de me perdre dans ses yeux. Un ange passe et il reprend me disant qu'il en a vu pas mal des patients comme moi, des patients qui avaient eux aussi une leucémie et qui s'en sont sortis, qu'au fond, il faut simplement que j'y crois et que tout ira bien. La foi. Faut que j'y crois pour m'en sortir. Faut que j'ai la rage de vaincre. J'ai une moue perplexe avant de sourire quand il me parle du bal de promo et de mon year book. Je ris discrètement, levant les yeux vers lui.

"Ouais t'as raison… Puis bon, en plus si je m'en sors… Veni, vini, vici aura encore plus de sens dans mon year book…"

Je souris doucement et soutiens son regard avant d'hocher la tête pour le rassurer.

"Oui ça va mieux… J'avais juste besoin… Enfin j'ai eu un petit moment de faiblesse… Mais ça va mieux… Je t'assure, je vais simplement aller me coucher et tenter de me reposer. Demain j'ai une longue journée entre les analyses de sang et tout…"

Je tente un dernier sourire pour le rassurer, lui ajoutant qu'au pire, au moindre problème, je pourrais toujours appeler les infirmières de garde. Il finit par me laisser et c'est un peu plus confiant que je m'allonge dans mon lit, fixant le plafond. Je tourne et me retourne entre les draps pendant peut-être une petite heure avant de finalement être capable de m'endormir. Seulement c'est loin d'être une nuit tranquille. Je me réveille régulièrement, le coeur au bord des lèvres, avec l'impression que la pièce entière tourne autour de moi. Plusieurs fois, alors que je tente d'atteindre les toilettes, je me retrouve à vomir par terre ou dans mes draps, et à chaque fois les infirmières débarquent, me disant que ça va aller, que c'est normal. Et à chaque fois, je les laisse me changer, virer les draps, me laisser une bassine en me disant que cette fois, je pourrais tenter de ne pas vomir à côté. Alors quand le jour se lève, je suis crevé. Au point que je m'écroule simplement, n'étant réveillé que par l'infirmier du matin qui me fait rapidement une prise de sang avant de m'apporter de quoi manger. Je regarde d'un air incertain le plateau. Je sais qu'il faut que je mange, mais quand j'ai encore un arrière goût de bile sur la langue, je dois avouer que même le pudding au chocolat ne me fait pas envie… Alors les légumes vapeurs et le truc qu'ils osent faire passer pour de la viande… Ouais non. Je repousse le plateau et ferme les yeux. Plus tard. Sauf que plus tard, justement, j'entends des pas, feutrés dans ma chambre. Je rouvre doucement les yeux et voilà qu'au pied de mon lit, je croise deux petits yeux verts qui me fixe, et une bouille de sale gosse qui me fait hausser un sourcil.

"Tu veux quoi, toi ?"

Il reste sans bouger, ses doigts toujours posés sur le bord de mon lit. Lui aussi a une blouse et un bracelet. Donc c'est pas juste un gamin qui a échappé à sa mère. C'est un gamin du service qui s'est échappé de sa chambre et qui du coup vient squatter la mienne. Suspicieux je me relève quelque peu.

"Tu vas rester là longtemps où…. ?"


Toujours pas un mot de sa part. Il se contente simplement de me fixer. Étrange. Puis d'un coup, voilà qu'il pose sur mes genoux un numéro de spider-man. Je fronce les sourcils.

"Tu me fais un cadeau ? C'est ça… ?"

Il fait non de la tête. Alors c'est quoi ? Il veut quoi bordel ? Que je lui lise ? Il m'a pris pour qui, sa mère ? Seulement je n'ai pas le temps de lui dire quoi que ce soit d'autre qu'il attrape mon pudding au chocolat et se tire en courant.

"Eh ! EH ! Mais c'est mon pudding ! Reviens-là espèce de sale petit crapaud !"

Je tente de me lever et arrive juste à tomber de mon lit. Un grognement m'échappe quand je rencontre violemment le sol. Chose qui a pour effet de faire venir une infirmière qui me regarde sans trop comprendre. Et quand elle voit le comics sur mon lit, elle a un sourire en m'aidant à me relever.

"Je vois que t'as fais la connaissance de Scott…
- Quoi ? Le sale gosse qui m'a volé mon dessert ?
- Oui il a un peu cette mauvaise manie d'échanger ses comics avec les dessert des autres patients… Faut pas lui en vouloir, c'est juste qu'il s'ennuie, sa mère ne peut pas passer le voir tout les jours, alors à la place elle le couvre de BD histoire qu'il s'occupe…
- M'ouais enfin si il aurait pu simplement me demander plutôt que de jouer les apprentis ninja et de se barrer avec mon pudding."

Elle un rire avant de m'aider à m'assoir sur le lit, vérifiant que ma perfusion est toujours bien en place.

"Je suis sûr qu'il se fera pardonner, et si y'a que ça, j'irais lui en toucher deux mots. En attendant, mange le reste. T'as besoin de force. Et je sais que… Le traitement te rend un peu malade, mais ça ira mieux avec le temps. D'accord ?"

Je hoche doucement de la tête alors qu'elle me laisse avec mon plateau que je commence à manger, lisant le numéro de spider-man, jusqu'à ce que je vois Sir Lancelot passer la tête par la porte de ma chambre. Un léger sourire se dessine sur mes lèvres alors que je repose ma fourchette.

"Eh !Si t'es là pour me demander si la bouffe est bonne, je te dirais que j'ai mangé du carton qu'avait meilleur goût, et si c'est pour me demander comment va le moral, je te dirais comme quelqu'un qui a une chance sur deux d'y passer, mais si t'es là pour me faire sortir d'ici et m'accompagner jusqu'à la bibliothèque… Je serais pas contre, je m'emmerde un peu…"
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Jeu 3 Sep - 16:17
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Pauvre petit gars. Il me fait de la peine, à sangloter comme ça, et le pire dans tout ça, c'est qu'il a personne d'autre, à part ses potes, et nous les infirmiers, pour l'aider à tenir le coup. J'arrive même pas à imaginer ce qui lui passe dans la tête et à quel point il doit avoir peur. Il a ses amis, et heureusement, mais là, il aurait surtout besoin de ses parents à son chevet, qui viendraient lui rapporter ses pulls préférés qui sentent bon la lessive et des cookies tout chauds qui sortent du four. Même s'il a seize ans, il a besoin de sa mère qui le prend dans ses bras pour lui dire que quoi qu'il arrive, ils seront là, et de son père qui fait pareil. Sauf qu'il a pas droit à tout ça. Et c'est pas possible que je le laisse comme ça, tout seul dans sa chambre. Avoir peur c'est une chose, mais avoir peur tout seul c'est juste... juste pas possible. Pas acceptable pour moi. Alors mon Wilson attendra un peu, mais je vais rester avec lui jusqu'à ce qu'il se calme et qu'il ait vidé son sac.

Comme je m'y attendais, il a juste suffi que je le prenne dans mes bras pour qu'il lâche les vannes. Qu'il se laisse aller tout court, et qu'il sanglote contre moi, ses doigts agrippés à mon pull. Je le berce lentement, ma main caressant son dos, et petit à petit il se calme, ses sanglots se calment et son souffle se fait plus profond. Voilà. C'est une bonne fatigue de pleurer un bon coup... Et quand il s'est un peu calmé, je lui tiens un nouveau petit discours d'encouragement alors qu'il renifle encore un peu, et qu'il hoche lentement la tête, me regardant avec ses yeux encore rougis et humides.

Parfait. Quand ça va pas, faut juste tout laisser sortir... c'est la meilleure des choses. Je t'assure...

Je ris doucement quand il me suit sur mon idée du yearbook et hoche la tête.

Tu vas voir, tu pourras montrer tes cicatrices de perf aux filles. Elles vont adorer. Tu vas toutes les avoir à tes pieds après ça.

C'est bien de l'entendre rire de nouveau, et le voir sourire. Comme le soleil qui réapparaît après l'orage. Et je serre un peu plus ma main sur son épaule quand il bredouille des excuses.

Attends, attends... c'est pas un moment de faiblesse. On te demande pas de traverser tout ça sans rien dire. Sans broncher. Loin de là. C'est normal que tu craques, et c'est normal que tu craques plusieurs fois. Que tu hurles. Que tu râles. C'est comme ça qu'on tient le coup. T'es pas un robot Steve, et c'est normal d'avoir des hauts et des bas. D'accord? Alors tu hésites pas à nous le dire, et si t'en as besoin, on peut toujours appeler tes amis si tu veux qu'ils viennent te voir. Si leur présence te fait du bien, hésite pas à les faire venir. Allez dors un peu, moi j'y vais, sinon mon chien va me faire la gueule. On se revoit demain? Si besoin on en reparle... hésite pas. Bonne nuit Steve... et rappelle-toi... t'es pas tout seul...

Je lui souris, me relevant, avant de remonter les couvertures sur lui et de m'éloigner vers la porte. Un petit signe de la main et j'éteins la lumière avant de m'éclipser, et descendre prendre ma moto sur le parking. Dix minutes plus tard je me gare devant la maison, et à peine le casque enlevé j'entends les aboiements de Wilson qui a reconnu le bruit du moteur.

C'est bon, c'est bon gros, j'arrive!

J'ouvre la porte et une tornade baveuse me saute dessus en aboyant et en voulant me noyer sous les léchouilles. Je le repousse après l'avoir gratté et je me relève.

On y va! Doucement!

Je ris et attrape la laisse qui pend près de la porte avant de descendre jusqu'à la plage, et de passer une bonne demi-heure à lui lancer sa balle de tennis préférée. Une fois qu'il s'est dépensé, et que je sens la fatigue d'une journée de boulot me cogner derrière la tête, on rentre à la maison. Je rince le gros au jet dehors pour enlever le sable, et il va ronfler dans son panier pendant que je me réchauffe une pizza. Pendant qu'elle chauffe je me douche, et je m'écroule devant la télé en pyjama, prenant mon diner devant une série avant de monter jusqu'à ma chambre, Wilson sur mes talons.

Le lendemain je traine un peu au lit, et émerge en grognant un peu, trainant mes savates jusqu'à la terrasse, prenant mon petit déjeuner en regardant la mer et les vagues. Je m'habille, fais un petit tour avec Wilson avant de l'installer pour la journée, et reprends la moto pour assurer mon service. Je vois plusieurs de mes patients avant d'arriver à Steve. Je souris en voyant qu'il a meilleure mine que la veille, et qu'il m'accueille même avec le sourire.

Hey toi! Alors, t'as passé une bonne nuit? T'as pu te reposer un peu?

Je m'approche de lui et jette un oeil à son plateau, avant de remarquer le tome de comics qu'il était en train de lire.

Ah, toi t'as eu vu Scott! Qu'est-ce qu'il t'a chipé?

Je me marre quand il me raconte l'incursion de la petite terreur, tout en vérifiant ses constantes et sa perfusion. Je relève les yeux vers lui quand il me demande de l'emmener à la bibliothèque et je lui souris.

Bien sûr. Je termine ma tournée et je reviens te chercher d'accord? Au fait, tes potes vont bientôt passer te voir? Tu as besoin d'affaires?

Une fois tout examiné je remplis son dossier et me dirige vers la porte.

D'ici une heure ou deux je suis à toi!

Je sors, allant voir les autres, et j'atterris dans la chambre de Scott.

Alors comme ça, terreur, t'es allé chiper un dessert à Steve?

Il hoche lentement la tête en baissant les yeux.

Tu veux qu'il soit ton copain?

Il hoche frénétiquement la tête, m'offrant un sourire édenté.

Il a besoin de copains ici. Je suis sûr que vous allez bien vous entendre...

Je finis ses soins et retourne dans la chambre de Steve.

Mission bibliothèque lancée! T'es prêt à y aller?

Je m'approche de lui pour l'aider à descendre du lit et à faire attention à sa perf, avant de passer mon bras sous le sien et le guider dans le couloir, ne le quittant pas des yeux.

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Mar 20 Oct - 7:10
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J'ai un sourire en le voyant. C'est idiot je sais, parce qu'il n'est qu'un infirmier de plus, quelqu'un qui fait simplement son job, mais étant le seul qui vient me voir en me demandant si j'ai bien dormis, le seul qui s'inquiète de savoir si je vais bien, je ne sais pas, tout ça fait que je suis heureux de le voir. Donc quand il passe la porte de ma chambre aujourd'hui, j'ai l'impression que ma journée n'est pas si mauvaise que ça, même si je me suis fais voler mon dessert par un sale crapaud, que j'ai passé une nuit affreuse et qu'une envie permanente de vomir me tient. Je hausse simplement une épaule quand il me demande si la nuit s'est bien passée alors qu'il s'approche, ses yeux dérivants sur le comics que j'étais en train de lire. Et je ne peux qu'hausser un sourcil quand lui aussi me parle de Scott. Eh bien… Il doit vraiment faire cela avec tout le monde, pour que tout les infirmiers du service le connaissent.

"Ouais… Et il m'a volé mon dessert… Mais bon, en échange j'ai eu de la lecture, alors ça va… C'est pas si malhonnête que ça comme échange."

James a un sourire alors qu'il vérifie ma perfusion et mes constantes. Un peu nerveux je l'observe, espérant qu'il ne va pas m'annoncer que ce n'est pas normal, ou que ça empire… Mais non, au lieu de ça il m'adresse un sourire rassurant quand je lui demande si il peut me montrer la bibliothèque, me disant qu'une fois son service terminée, ce serait avec plaisir. Il m'arrache un autre sourire et je prends une grande inspiration, tentant de faire passer mon envie de vomir. Mes doigts jouent nerveusement avec les draps alors qu'il recommence à s'inquiéter pour moi. Je hausse une épaule, fixant le pied du lit.

"Normalement ils vont passer en fin de semaine, et ils vont m'amener de quoi m'occuper… Donc… Ça devrait aller."

Et pourtant, vu le ton que j'emploie… On dirait que non. Pourtant, je devrais non ? Je devrais me réjouir que Sam et Tasha passent avec des vêtements, mon ordinateurs, quelques livres… Je pourrais les voir, avoir du monde avec moi… Seulement, j'aimerais rentrer. J'aimerais ne pas être là et j'aimerais qu'ils ne me voient pas, dans un lit avec une perfusion avec le coeur au bord des lèvres à cause du traitement. Je voudrais que tout ceci ne soit qu'un immense cauchemar… Mais malheureusement, plus les secondes passent, plus je suis obligé d'admettre que tout ceci est douloureusement réel. Je vais être là pour un long moment, et si ça ce trouve… Je vais peut-être ne jamais quitter cet endroit vivant. Peut-être que cette chambre, cet hôpital, ce sont les dernières choses que je vais voir, peut-être que je n'aurais pas le droit d'avoir tout ce que je réclame et que j'estime mériter. J'aurais peut-être jamais mon bal de promo, j'aurais jamais le courage d'inviter le mec de la bibliothèque que je trouve à tomber… J'aurais pas tout ça… Ni Sam, ni Tasha… Ni plus rien. Si ça ce trouve, je n'aurais rien de plus que cette chambre. L'idée m'arrache un frisson. Alors quand il termine de remplir mon dossier, me disant qu'on se revoit dans une heure ou deux… Je n'ai plus le coeur si léger que ça, au contraire, je me contente de lui glisser un léger sourire et d'hocher la tête. Je le regarde partir et égoïstement, je me dis que j'aurais aimé qu'il reste avec moi, rien qu'avec moi pour me rassurer et me dire que ça va aller. Et j'aimerais que ce soit le cas. J'aimerais qu'il reste avec moi, qu'il me dise que ça va aller, et qu'il fasse ce que mes parents ne peuvent pas faire. Je repousse le plateau sur mes genoux et me roule en boule sous les draps, dormant avec le tome de spider-man entre mes bras.

Quand je rouvre les yeux, le plateau repas n'est plus là et James se tient dans l'encadrement de la porte, me glissant un sourire avant de s'approcher, me demandant si je suis toujours prêt pour cette escapade à la bibliothèque. Et honnêtement, non. Je me redresse, prenant appuie sur mon coude et je me sens… Barbouillé. Fatigué aussi. Je me frotte les yeux et arrive à m'assoir, malgré la tête qui me tourne quelque peu. Doucement il vient m'aider à me lever et un soupir m'échappe quand je me retrouve debout. La vache, ça tourne. Je prends le temps de me faire à être hors de mon lit alors qu'il s'occupe autant de ma perfusion que de me soutenir. Allez, je peux le faire. Il faut que je le fasse. Je peux pas rester dans ce lit tout le temps, je m'y refuse. Son bras passe sous le mien et lentement, on quitte la chambre, marchant à pas de tortues dans le couloir. Je m'accroche à lui, sentant ma respiration se faire plus lente, plus profonde. Quelques tâches dansent devant mes yeux et je tente de faire comme si tout allait bien. On prend l'ascenseur et quand les portes se referment sur nous, je m'adosse contre un des murs, poussant un long soupir.

"C'est dur… Rien que ça… C'est dur… C'est normal ? Que le traitement me mette dans cet état ?"

Je lui murmure cela du bout des lèvres, me sentant presque à deux doigts de vomir. Le médecin m'a dit que le traitement allait me fatiguer, que je risquais d'être nauséeux tout le temps, que je serais fatigué, parce que le traitement allait mettre à mal mon corps… Mais que c'était pour mon bien, et qu'il fallait que j'y crois, que j'abandonne pas. L'ascenseur s'immobilise et je rouvre les yeux, le suivant dans les couloirs, voyant de plus en plus de tâches danser devant mes yeux. Alors quand on arrive à la fameuse bibliothèque, c'est à peine si je vois quelque chose, si j'entends autre chose que les battements de mon propre coeur. Tout semble tourner autour de moi alors que je me raccroche à lui, bredouillant difficilement.

"Je… Ramène-moi à ma chambre… Je me sens pas bien… Je vais… Je vais vomir."
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Bon, au moins Scott a décidé de ''s'occuper de lui'', à savoir le saouler avec des échanges non consentis de comics contre des desserts. Ca pousse Scott a surmonter sa trouille et ça peut faire que du bien à Steve d'avoir de la compagnie. Le pauvre. Il va vraiment qu'on redouble d'attentions avec lui, vu qu'il a personne à part ses potes pour l'aider à traverser tout ça. Et il a une bouille adorable en plus, mignon comme tout. Typiquement le genre de gamin qu'on a doublement envie de protéger parce que le destin semble s'être acharné sur lui. En mode ''Bon toi le petit mignon, tu vas en chier dix fois plus que les autres. Parce que. Amuse-toi bien. Le destin.'' Et j'imagine même pas tout ce qui doit lui passer par la tête. La trouille. L'angoisse. Un million de questions aussi... Je suis un peu rassuré quand il me dit qu'il aura de la visite en fin de semaine, et je hoche la tête.

Super, c'est très bien ça, d'avoir de la visite. Ca te fera du bien. D'ailleurs... tes potes peuvent rester un peu plus longtemps les soirs où l'autre chef est pas là. Jusqu'à ce qu'on termine notre service. Même passer la nuit s'ils sont discrets. Et en attendant si t'as besoin qu'on te dépanne pour quelque chose... Je peux te ramener un pyjama, te prêter un pull ou un jogging... je sais que la blouse c'est pas super sexy. Ni confortable. Tu as qu'à demander ok?

Bien sûr je le ferai jamais pour un patient lambda qui dans son malheur a la chance d'avoir toute sa famille qui l'entoure et l'épaule. Lui est juste perdu, et il a personne pour lui filer les petits trucs de la vie de tous les jours. Alors ça sera nous, les soignants. Et je réfléchis à deux trois trucs tout en discutant avec lui avant de le quitter. Je fais ma tournée, rigole avec Scott et finis par revenir chercher Steve. Il a vraiment pas bonne mine, et pendant quelques secondes je suis presque tenté d'annuler. Sauf qu'il avait l'air tellement content de sortir de sa piaule et voir autre chose que... tant pis. Je vais veiller sur lui après tout. Et il sera toujours temps de rentrer si jamais ça va pas.

Je l'aide lentement à se mettre debout, et le soutiens tout en marchant à côté de lui. Je le quitte pas des yeux, juste au cas où, alors qu'on commence à avancer à tous petits pas. Je m'occupe de faire avancer sa perf pour qu'il s'occupe juste de lui, ce qui semble lui donner déjà bien assez de boulot...

T'en fais pas, on y va à ton rythme. Doucement ou même très doucement.

Mais il tient à peine sur ses jambes et je suis vraiment pas rassuré. On met un temps infini à arriver à l'ascenseur, et une fois à l'intérieur, son visage a encore pâli, alors que je pensais vraiment pas que ça pouvait être possible. J'assure ma prise, pour être sûr de pouvoir le rattraper au cas où.

Ouais c'est normal. Tu sais, la chimio c'est comme une bombe atomique dans ton organisme. C'est violent. Donc oui ça met ton corps à genoux le temps que toutes les cellules malades soient détruites. C'est dur mais ça va passer. Ca va aller mieux je te le promets. Ok?

Je le sens se raccrocher de plus en plus à moi, et quand l'ascenseur arrive, et que les portes s'ouvrent, je pense vraiment à le ramener. Sauf qu'il en a dans le ventre et il commence à marcher, moi sur ses talons. Enfin, ça fonctionne peut-être trois ou quatre pas avant que je le sente vraiment vaciller, et ses mains s'accrochent à mon bras. J'ai juste le temps de me pencher pour passer mon bras sous ses genoux, et le soulever comme une mariée.

Wow wow doucement mon grand. On a peut-être été trop ambitieux aujourd'hui. Il vaut mieux qu'on te remette au lit, viens-là.

J'appelle un collègue qui nous accompagne jusqu'à l'ascenseur, au moins pour amener la perf avec lui, et une fois dedans, il la détache et pose la poche sur le ventre de Steve avant de nous laisser monter. Alors qu'on grimpe, je le secoue doucement.

Hey hey, reste avec moi... Reste avec moi champion. On va remonter, on va t'installer... Reste avec moi...

Heureusement les portes s'ouvrent et j'avance rapidement jusqu'à sa chambre. Il est pas lourd, c'est même un poids plume, et je m'approche de son lit, l'y déposant doucement avant de le recouvrir, et lui remonter un peu le lit pour qu'il soit un peu plus assis. J'effleure doucement son front pour en virer les mèches en bataille et sens qu'il a de la fièvre. Je sonne mes autres collègues du service, qui ramènent une nouvelle perche à perfusion, et surtout, qui appellent le médecin. Il bouge son cul seulement une dizaine de minutes après, me laissant seul dans la chambre du petit à lui tenir la main et à lui parler de tout et de n'importe quoi pour qu'il reste conscient, dans le doute. Mais au final c'est juste une grande fatigue et qu'il ne mange pas assez. Tu m'étonnes, avec ce qu'on leur sert ici... Je lui dis de dormir, pour qu'il se repose, et file ensuite chez moi pour l'après-midi.

En chemin je fais une halte au centre commercial et lui achète un pyjama Captain America taille S, vu son gabarit, je pense que ça sera bon, et quelques babioles pendant que je fais mes courses. Des bananes, des chips, des bonbons. On s'en fout qu'il mange sain, du moment qu'il mange. Une fois à la maison, je lance une machine avec le pyjama et mes fringues, range mes courses et fais une longue promenade avec Wilson. Le soir Clint passe, on se regarde un film et je file me coucher.

Le lendemain, alors que j'arrive dans sa chambre, il dort profondément. Je dépose un sac sur son chevet, avec marqué "En cas d'urgence''. A savoir le pyjama fraîchement lavé, un paquet de bonbons, un paquet de chips, les deux premiers tomes de Harry Potter que j'avais chez moi, et un tupp de bolognaises cuisinées par Miranda. Deux heures plus tard je toque à sa porte et souris en entrant.

Alors, t'as ouvert le paquet?

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C'est normal, normal que je sois dans un tel état. Que ça aille pas mieux avec les médicaments et le traitement. C'est censé m'aider à aller mieux… Mais en attendant, ça me fout à genoux. Ça me file une nausée permanente, me coupe l'appétit et là, alors que Buck tente de m'accompagner jusqu'à la fameuse bibliothèque… J'ai l'impression de demander à mon corps de grimper l'Everest. J'ai mal au coeur, envie de vomir… Et au fil des battements de mon coeur, je sens que je n'y arriverais pas. Que c'est mort. Que je vais m'évanouir là, au milieu d'un couloir, aux côtés de Buck. Je n'entends plus rien, rien à part mon coeur affolé. Mes doigts cherchent la blouse de Buck et si ils se referment sur quelque chose, je ne suis pas sûr de ce que c'est. Tout devient noir, un sifflement me vrille les tympans et le temps d'une seconde je me dis que c'est la fin. Je me dis que ça y est… C'est comme ça que je vais y passer. Je sens qu'on me soulève et que le monde continue de tourner autour de moi. J'ai l'impression que sa voix me parvient au loin, que ses doigts caressent aussi ma peau. Mais tout semble si lointain, comme si… Comme si je n'étais plus dans mon propre corps. Il me secoue, il me parle et je crois qu'au fond, j'essaye vraiment de rester conscient. Je tente de rouvrir les yeux, les plissants face à la lumière tandis que j'entrouvre les lèvres, essayant de lui dire que je suis là. En vain. Peut-être que je gémis quelque chose, peut-être que je marmonne un truc, mais j'ai plus l'impression de n'être qu'une pauvre petite chose brisée qu'il soulève et ramène à sa chambre. Entre inconscience et conscience, et dans ses bras, je me sens juste… Minuscule et terriblement fragile. Si je le pouvais, je me recroquevillerais un peu plus dans ses bras. Mais je ne peux pas. Parce que mon corps ne semble plus me répondre. Je ferme à nouveau les yeux et je m'en remets à Buck, me disant que de toute façon, il n'y a que lui pour m'aider. Et c'est sur cette pensée que je m'évanouis pour de bon.

Quand je rouvre les yeux, je me sens… Épuisé. Au point que j'ai presque envie de simplement refermer les yeux et de laisser Morphée me garder dans ses bras. Je pousse un soupir et lève les yeux vers mes perfusions, plissant le nez en voyant que j'en ai une deuxième… Puis je croise le regard de Buck. J'ai un sourire à peine esquissé alors qu'il m'explique que j'ai fais une petite chute de tension et qu'il faut que je me repose. Je me contente d'hocher de la tête alors qu'il me laisse et qu'au lieu de me battre, je fais ce qu'on me dit pour une fois.

Je crois que je rouvre les yeux peut-être une ou deux fois. Mais c'est juste parce que les infirmières passent pour me dire de manger un morceau ou pour me faire une prise de sang, histoire de surveiller ma glycémie. Elles me demandent si tout va bien, et à chaque fois, je me contente d'hocher de la tête bien sagement. Non ça ne va pas. Mais tant pis, de toute façon, je suis coincé ici pour un bon moment. Je remonte les couvertures sur mon nez et me recroqueville dans mon lit, réussissant à me rendormir.

"Steve ? Steve… ?"

Je rouvre doucement les yeux et regarde l'infirmière qui me sourit quelque peu. Je tente de me redresser alors qu'elle pose une main sur mon bras.

"Eh, eh doucement, je te réveille juste pour que tu prennes ton petit-déjeuner. Avec ta crise d'hier, il faut que tu manges. D'accord ?
- Oui…
- Bien… Et si jamais tu as besoin de quoi que ce soit ou que tu te sens pas bien… Tu appelles et on vient pour toi, d'accord ?
- Oui."

Elle me glisse un dernier sourire avant de me laisser seul, face à mon plateau qui me fait plisser du nez. Un verre de jus d'orange, des oeufs brouillés, un toast et une pomme. Rien qui ne me donne envie. Mais faut que je me mange. Et alors que je croque dans un toast… Je remarque le paquet qui attend bien sagement sur ma table de chevet. Je mâchonne lentement, tendant lentement la main vers celui-ci, fronçant les sourcils quand je vois la petite carte "En cas d'urgence." Je cesse de manger, repoussant le plateau pour poser le paquet sur mes genoux. Qui a pu… Me laisser ça ? Tasha ? Sam ? Je l'ouvre doucement et souris quand j'y découvre à l'intérieur des bouquins, des bonbons et de la bouffe… Mes doigts se referment sur le pyjama captain america qui a une odeur de lessive qui me serre la gorge. Parce que ça me rappelle la maison, la lessive que ma mère utilisait pour laver mes fringues… Je cache mon visage dans le tissu alors que je commence à sangloter, regrettant la maison et le reste… Maudissant l'univers de m'avoir retiré mes parents et mon existence. Je renifle longuement avant de regarder le pyjama, me disant que… J'aimerais l'enfiler. Juste pour pouvoir quitter cette affreuse blouse… Juste pour être enroulé dans des vêtements qui sentent la lessive et la maison. Et pas le désinfectant et les médicaments. Je me frotte les yeux avant de sourire comme un idiot face au paquet. J'attrape mon toast alors que je commence à lire le volume d'Harry Potter qui était dans le paquet. Et sans trop m'en rendre compte, j'arrive à grignoter mon plateau repas, chose qui ravie l'infirmière qui vient retirer mon plateau.

"Eh ! T'as tout mangé, bravo !"

J'ai un sourire timide avant de la retenir.

"Euh… Je… Quelqu'un est passé me voir aujourd'hui ?
- Non personne… Pourquoi ?
- Oh… Pour rien… Pour rien…
- Allez, je suis sûr que tes amis passeront dans la semaine…"

J'ai un sourire plus triste alors qu'elle me laisse et que je me contente de lire, avançant dans mon bouquin jusqu'à ce que Buck débarque, passant la tête par la porte de ma chambre. Mon sourire se fait plus sincère alors que je croise son regard.

"Ouais… Et… Merci. J'en avais besoin… Autant des livres que du reste… Je… J'aurais bien enfilé le pyjama, mais avec la perfusion et tout, je dois avouer que je n'ai pas osé tenter… De peur de l'arracher une fois de plus."
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Je crois que de tous les gamins dans le service, j'ai rarement eu un cas aussi triste que celui de Steve. Des parents morts, le gamin qui se retrouve sans famille, et puis la tuile, une leucémie qui lui tombe dessus. Et il est tout seul pour l'affronter. C'est tellement triste. Je veux dire, depuis quelques années maintenant je fais ce métier, et bien sûr on a perdu des gamins. Et personne dans le service pourra dire qu'il s'en fout ou que ça l'a laissé de marbre. Personne. Sauf que, même s'ils arrivaient à cette triste extrémité, ils partaient entourés de leur famille, de leurs parents. Ils sentaient qu'ils étaient aimés jusqu'au bout. Ils sentaient qu'ils allaient manquer à quelqu'un. Qu'ils allaient laisser un vide. Lui... Lui n'a personne. Lui est tout seul, et je supporte pas l'idée qu'il puisse... mourir tout seul, sans personne qui aura veillé sur lui. Sans personne qui l'aura accompagné...

Alors, quand il fait un malaise alors que je veux l'emmener à la bibliothèque je sens que l'heure est grave. Que ce pauvre gamin a besoin d'un sacré coup de main. Qu'il faut qu'on soit tous aux petits soins, qu'on soit tous attentifs. Il faut qu'on soit plus que de simples soignants. Il faut qu'on soit plus que des infirmiers. Il faut... qu'on soit un peu ses amis, ses oncles et ses tantes. Qu'on lui montre qu'il compte et qu'il est pas tout seul, qu'on s'inquiète pour lui même si on le connaît à peine. Qu'on veut qu'il s'en sorte. Qu'il réussisse à vaincre cette saloperie. Je le ramène dans son lit et heureusement c'est rien de grave. Juste une chute de tension. Pourtant, s'il en arrive là, c'est que la chimio bouffe ses forces, et qu'il doit surtout se remplumer pour arriver à tenir le coup. Il est tout maigre, et je sais à quel point ces trucs peuvent pomper comme énergie. Son corps est soumis à une foutrement rude épreuve et il doit le supporter. Alors, une fois qu'il est en train de se reposer, je passe le mot aux autres, pour qu'on veille sur lui encore plus que sur les autres. Et je suis le premier à me lancer dans le projet.

Dans l'idée ça sera pas grand chose, mais une série de petites attentions pour lui faire sentir que des gens pensent à lui. Veillent sur lui. Veulent qu'ils s'en sorte. Et ça passe par des cochonneries à manger, des bouquins et un pyjama Captain America... Il dort encore quand je viens prendre son service, et je dépose le colis surprise sur son chevet avant de me mettre au boulot. Et c'est seulement un peu plus tard que je repasse le voir. Il est réveillé, et il a le nez dans un Harry Potter.

Eh bien comme l'infirmière m'a dit que t'avais tout mangé... On va s'occuper de ce fameux pyjama...

Je m'approche et lui souris pendant que je commence à défaire sa blouse.

Je suis content que ça te plaise. Tout le monde s'inquiète pour toi et on veut que tu guérisses. Mais... j'avoue que le pyjama c'est mon idée. Et on dirait que ça t'a plu. Attends...lève les bras...

Je ris doucement alors que je détache sa première perfusion, la fait glisser dans la manche du pyjama puis la raccroche, faisant de même pour l'autre côté. Et je lui souris alors que mes mains referment lentement les boutons un à un. Pour le bas, il est arrivé à se débrouiller tout seul, ce qui est bien.

Voilà, j'ai choisi la bonne taille on dirait. Tu te sens bien? Tu es bien dedans? Si jamais dis-le moi d'accord?

Je remonte doucement les couvertures et tasse ses oreillers pour qu'il soit un peu mieux installé.

Tu veux que je te ramène un thé ou un cacao?

Je lui apporte ça peu après et le laisse tranquille. Sauf qu'en discutant avec mes collègues, deux jours plus tard, elles confirment qu'il n'a pas eu de visite depuis qu'il est ici. Il doit bien avoir des amis non? Il est pas totalement seul au monde, des gens doivent bien s'inquiéter pour lui quand même! Une fois ma tournée finie je reprends son dossier, et vois deux noms dans les personnes à contacter. J'attrape le téléphone du bureau et compose les chiffres. Et je m'inquiète encore plus maintenant que le médecin a dit que ses dernières analyses n'étaient pas bonnes, et que ça devait s'améliorer s'il voulait avoir une chance de s'en sortir. Ok... il faut sortir le grand jeu.

Le lendemain, je toque doucement à la porte de Steve et je passe la tête en souriant.

Hey Stevie! Comment tu vas? Bien dormi?

Je jette un oeil par dessus mon épaule avant de le regarder à nouveau.

Oh au fait, je suis tombé sur quelqu'un qui avait l'air de te connaître...

Je m'efface pour laisser passer une petite rouquine, et je referme doucement la porte, les laissant tranquilles.

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Sam 13 Fév - 23:26
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Je hais cette situation, je hais être malade et je hais être dans cet hôpital Je hais ça parce que j'ai l'impression d'être une pauvre chose fragile qu'il faut aider sans cesse et que je ne suis plus capable de faire quoi que ce soit. Je dois juste attendre et espérer que tout s'arrange pour moi… Et en attendant, je n'ai personne pour me soutenir et j'ai besoin de quelque pour m'aider à enfiler un pauvre pyjama. Et ce n'est pas juste… C'est même profondément injuste, parce que je n'ai pas mérité ça… Je n'ai pas mérité de finir ainsi… Je devrais être avec mes parents, à ne m'angoisser que pour mes notes ou sur l'éventualité d'avoir le droit d'aller à une soirée ou non… James s'approche et je peine à lui rendre le sourire qu'il a pour moi, alors que déjà, il commence à défaire les boutons de ma blouse. Quelque peu angoissé, je remonte légèrement les draps sur moi, frémissant à la simple pensée qu'il pourrait me voir nu… Le rouge me monte aux joues et je fixe les draps, me laissant docilement manipuler alors qu'il détache ma première perfusion, m'aidant à passer une manche, pour ensuite faire de même avec l'autre.

"C'est… Gentil en fait… En plus… J'avoue que j'aime bien Captain America… Il est cool."

J'ai un léger sourire en disant cela, évitant de regarder ses doigts qui s'affairent déjà à refermer les boutons en forme de bouclier de mon pyjama. Il me tend le bas de pyjama et avec un sourire gêné, je lui dis que je vais me débrouiller avec ça. Je le glisse sous mes draps et sans me découvrir, les joues toujours aussi rouges, j'arrive à l'enfiler, non sans me tortiller sous les draps. Et c'est seulement une fois complètement habillé que je viens croiser son regard, lui offrant un faible sourire, accompagné d'un léger haussement d'épaule.

"C'est pas trop dur… Je suis tellement petit et fin… Je peux rentrer dans quasiment n'importe quoi…"

J'ai un léger rire avant de me rendre compte que je dois avoir l'air idiot. Je baisse à nouveau les yeux, jouant nerveusement avec l'un des boutons, mes dents s'enfonçant l'air de rien dans ma lèvres. Je devrais juste le remercier, après tout, il n'est pas obligé de faire ça et encore moins de s'intéresser à moi, je ne suis qu'un patient, qu'un gamin souffreteux de plus. Je sursaute en le voyant remonter les draps sur moi et tasser les oreillers. Je le regarde sans comprendre et pendant de longues secondes, je suis incapable de produire la moindre réponse satisfaisante à sa question. J'entrouvre les lèvres mais rien ne sort. Et finalement… J'arrive à articuler quelque chose.

"Je veux bien un chocolat… Enfin si j'ai le droit. Et James ? Merci pour le pyjama et tout le reste… Ça fait du bien."

Je relève les yeux vers lui et lui souris, avec peut-être un peu plus de conviction… Parce que ça me fait vraiment plaisir. D'avoir quelqu'un qui se préoccupe de ça, ne serait-ce qu'un peu. Il me laisse le temps d'aller me chercher ça puis, une fois que j'ai la tasse entre les doigts, il m'annonce qu'il repassera plus tard, histoire de vérifier que je vais bien… Je lui glisse un dernier sourire et le regarde partir, plongeant ensuite mon regard dans la surface velouté du breuvage encore chaud.

Deux jours passent et l'ennui autant que la solitude commencent à me peser. Personne ne passe et je ne peux que subir le défilé des infirmiers et des médecins qui viennent m'expliquer que rien ne change et que je dois juste attendre et me dire que le traitement va finir par me sauver. Deux jours et je n'ai pour me consoler que le pyjama que James m'a ramené et les petites bricoles qu'il m'a apporté. Et Scott qui vient toujours me voler mon dessert pour l'échanger contre une bande-dessinée de son choix. Un coup j'ai eu les X-men, hier c'était une histoire avec Hawkeye et aujourd'hui… J'ai eu un numéro de Green Lantern. Je pousse un soupir en reposant le comics sur ma table de chevet, commençant à fixer le plafond. J'en ai marre. Marre d'être ici et d'attendre comme une âme en peine que l'univers décide pour moi de la suite des évènements. La porte s'ouvre et je souris doucement à James qui apparait dans l'encadrement de celle-ci.

"Salut James… Pas plus mal que d'habitude… Et ouais… Les médicaments aident…"

Étrangement, j'aime bien qu'il m'appelle "Stevie", ça me donne l'impression qu'il en a quelque chose à faire de ma personne et… Et ouais, ça me fait du bien… Mon sourire s'élargit un peu plus alors que je m'attends à ce qu'il entre pour discuter un peu avec moi mais je ne fais que froncer les sourcils en voyant qu'il reste simplement sur le pas de la porte. Oh, je vois. Il ne peut pas ou ne veut pas… C'est rien… Je ne suis pas son seul patient après tout… Il ne peut pas perdre de temps avec moi… Je détourne quelque peu le regard, laissant mon sourire se faner alors qu'il reprend.

"Quelqu'un qui… ?"

Et là Natasha apparaît. Je porte mes mains à mes lèvres et sens mon coeur s'emballer alors qu'elle se jette sur mon lit, venant simplement me prendre dans ses bras. Ma vue se brouille et alors qu'elle me serre tout contre son coeur, je cache mon visage dans son épaule, commençant simplement à pleurer.

"Je suis tellement content de te revoir…
- Je sais, je sais… Moi aussi…"

Elle me serre un peu plus contre elle et ne fait que caresser mon dos avec tendresse pendant les longues minutes où je me laisse le droit de céder. Et quand j'arrive enfin à me calmer, je me recule pour lui faire face, essuyant d'un revers de la main mes larmes.

"Tu m'avais manqué… Je commençais à croire que tu viendrais jamais…
- Je sais… Je suis désolé… On voulait passer plus tôt avec Sam…
- C'rien… T'es là… C'est tout ce qui compte."

Elle a un sourire avant de poser son front contre le mien. Je ferme les yeux et esquisse un sourire.

"T'es pas seul, Steve. On est là… Et tu vas t'en sortir, d'accord ? Parce que t'es pas du genre qui abandonne… Hein ? Toi t'es le genre avec la rage de vaincre et qui se bat. Donc t'as pas le droit de baisser les bras, c'est clair ?"

Je ris doucement et essuie à nouveau mes yeux rougis, sentant ses doigts effleurer ma joue. Ouais. Je suis le genre à me battre. À la mort de mes parents j'ai refusé d'aller chez mes grands-parents et j'ai décidé que je pourrais me débrouiller seul. Que j'allais pas me laisser abattre, que si l'univers décidait de me faire ça, j'allais pas courber pour l'échine pour lui. Elle a un rire, posant ses doigts sur les boutons de mon pyjama.

"Wow, je ne savais pas que tu portais ce genre de chose…
- C'est un cadeau de James… Il m'a filé ça histoire de me remonter le moral.
- Quoi ? James… ? Genre l'infirmier super beau garçon ? C'est lui qui s'occupe de toi ?"

Je pince les lèvres, fixant les draps.

"Yep… Il m'a même fait un paquet de survie et tout… Avec des bouquins, du chocolat et tout…
- Eh mais c'est super… Il a l'air vachement sympa… En plus d'être méga-sexy."

Elle me glisse un clin d'oeil avant de me reprendre dans mes bras, m'arrachant au passage un léger gémissement de douleur.

"Oh pardon ! Pardon… ! Qu'est-ce j'ai fais de mal ?
- La perfusion…
- Merde ! Je l'ai pas arraché ?"

Je jette un coup d'oeil avant de soupirer.

"Non c'est bon… C'est rien… C'est juste chiant… Faut faire gaffe…
- Ok… Ok…"

Et pendant cinq bonnes minutes, on tente simplement de trouver un moyen d'être l'un contre l'autre et quand c'est le cas… Il me faut moins d'une demi-seconde pour simplement m'assoupir dans ses bras, simplement bercé par ses doigts qui caressent tendrement mes cheveux et les battements lents de son coeur.
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J'ai halluciné quand je suis allé chercher la petite rouquine en bas, dans le hall. Elle m'a sérieusement fait du gringue la gosse! Alors je dis pas qu'elle est pas mignonne comme un coeur, et qu'elle doit pas faire tourner pas mal de têtes au bahut, mais elle a quinze ans et elle croit qu'elle va arriver à draguer un mec de presque dix ans de plus qu'elle. Qui en plus, préfère clairement les pénis aux seins. J'avais surtout envie de lui dire que plutôt que de me draguer, elle aurait mieux fait de s'occuper de son pote, qui est là tout seul depuis une semaine, sans avoir eu une seule visite de sa part. Alors qu'il a plus de famille. Enfin c'est pas mon rôle de lui faire la morale, même si ça me démange. Au lieu de ça je la repousse doucement en disant que je suis bien trop vieux et casé. Ouais bon le côté casé c'est du flan mais peu importe. Elle se calme un peu dans l'ascenseur, mais continue à me jeter des regards de braise derrière ses longs cils. Petite sorcière va.

Je la conduis jusqu'à la porte de la chambre de Steve, et je suis content de voir à quel point il est heureux quand il la voit. Sérieusement gamin, elle te mérite pas... Si elle tenait tant à toi, elle aurait dû venir plus tôt, et surtout, sans que je sois obligé d'aller la chercher... Je jette un oeil par la fenêtre de la chambre et je me dis que j'ai quand même bien fait de l'appeler. Il pleure de joie et rayonne de bonheur. Pas de doute, je suis sûr que ses résultats vont s'améliorer avec ça. Le moral, c'est tellement important... Et quand je les vois dans les bras l'un de l'autre, à roucouler en amoureux, je suis content. Je les laisse tranquille et file faire ma tournée, repassant une heure plus tard en je souris en les voyant endormis l'un contre l'autre. Bien... très bien... Je m'occupe de Scott, qui râle en disant qu'aujourd'hui il peut pas aller chiper le dessert de Steve, et je lui répond que Steve a de la visite et qu'il doit le laisser tranquille. Finalement, je reviens les voir à la fin de mon service. Ils sont réveillés, parfait. Et Steve a toujours un sourire ravi.

Natacha? Il est l'heure. Mon service est terminé, et les heures des visites aussi. Mais reviens dès que tu peux, Steve sera toujours content de te voir je pense. Et je pourrais toujours m'arranger pour te faire rester un peu plus longtemps pour que tu puisses profiter de ton amoureux.

Je l'attends dans le couloir, pour leur laisser le temps de se dire au revoir, et l'escorte jusqu'à l'ascenseur.

C'est bien que tu sois venu, vraiment. Il a besoin d'avoir de la visite, qu'on lui change les idées. Aucun traitement marchera s'il a pas le moral, j'espère que tu comprends... Donc... je peux compter sur toi pour te voir revenir lui rendre visite? Et hésite pas à venir avec quelqu'un d'autre... Il a vraiment besoin de ça, sinon il passe ses journées tout seul ici tu sais? Allez, rentre bien ma grande!

Je lui souris et lui fais un petit signe de la main quand les portes de l'ascenseur se ferment, et je retourne voir Steve.

C'est chouette de te voir avec un aussi beau sourire Stevie! Je suis sûr qu'elle va revenir te voir bientôt! Par contre euh... juste...pour que ce soit sûr... normalement le sexe c'est pas autorisé. Et... si vous décidiez quand même de faire des bêtises ici, protégez-vous. C'est pas parce que tu es sous traitement que tu peux pas la mettre enceinte, et tu serais encore plus sensible aux MST...ok?

Je me retiens de rire quand il pique un fard et qu'il bredouille que la fameuse Natacha et lui ne sont que meilleurs amis. Je m'excuse platement et le laisse tranquille. Les deux jours qui suivent passent rapidement, et je reçois les résultats de ses derniers tests. C'est mieux, mais c'est pas encore ça. Il a encore du progrès à faire pour que ce soit vraiment encourageant. Et personne n'est venu lui rendre visite entre temps. Il faut que je trouve quelque chose. J'y pense alors que je rentre chez moi, roulant sur la route qui longe la plage, et la réponse s'impose d'elle-même quand j'ouvre la porte et que Wilson me saute dessus. De la compagnie. Une présence amicale. Pendant que je promène le chien j'appelle ma chef, et elle finit par accepter que j'emmène le gros en douce pour Steve.

Alors le lendemain matin, quand je commence à 6h, je toque doucement à sa porte avant d'entrer. Il se réveille lentement, et me regarde sans comprendre. Je suis un peu penché en avant parce que j'ai un Wilson qui tire pour rentrer, et je le cache derrière la porte entr'ouverte.

Il y a quelqu'un pour toi. Désolé, ce ne sont pas tes amis... mais lui est tout aussi sympa... Tu veux le rencontrer?

Il met quelques secondes à se réveiller et à comprendre ce qui se passe, avant de hocher la tête. Je lâche alors Wilson qui se glisse dans sa chambre et qui bondit dans son lit, commençant à le couvrir de léchouilles amoureuses. Je ris en le voyant faire, et referme lentement la porte.

Je me suis dit que tu aimerais avoir de la compagnie... Je repasse te voir plus tard...

© Gasmask


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