Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Make it alright

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Jeu 2 Juil - 14:11

Make It Alright
Oh right here, cause I need, Little love and little sympathy
Je pense que ma mère aurait honte de moi. De voir son seul fils, qu'elle s'est tuée à bien élever, à soigner, enfiler une de ses robes. Elle me l'arracherait avant de me gifler, me disant que je devrais avoir honte, qu'elle m'avait mieux élevé que ça. Que je n'étais pas ce genre-là. Je referme lentement la robe de couleur neutre, me regardant dans le miroir. Je peine à croiser mon propre regard tant j'ai honte alors qu'un frisson parcourt mes épaules. Mes doigts eux viennent chercher la fine croix en or qui pend autour de mon cou. Je sais qu'un bon garçon ne ferait pas ça. Qu'il n'aurait même pas cette idée… Mais je le fais parce que je n'ai pas le choix. Je dois faire ce qui est juste. Je ne peux pas rester les bras croisés, chez moi à laisser les autres se battre. Je me regarde une dernière fois dans le miroir, vérifiant que le soutien-gorge que j'ai passé, et remplit, soit juste comme il faut avant de retourner au reste de ma nouvelle routine.

Celle de faire de moi une femme.

Parait que certains le font pour le plaisir, parce qu'ils ne se sentent pas à l'aise dans leurs corps… Beaucoup n'hésitent pas à dire qu'ils sont déviants, voir malade. Pour ma part… Je ne sais pas quoi en penser. Je ne sais plus quoi en penser. Face au miroir de la salle de bain je commence à ourler mes yeux d'un fin trait d'eye-liner. Juste ce qu'il faut pour que mon regard puisse passer aux yeux du monde à ceux d'une biche. Mes lèvres subitement le même sort, se retrouvant couvertes d'un épais rouge. Je croise mon regard dans le miroir et un goût amer me reste sur la langue. Je ne devrais pas avoir à faire ça. Je ne devrais pas. Une part de moi à envie d'essuyer le rouge à lèvres d'un revers de la main, de laisser cette robe glisser le long de mes hanches avant d'aller simplement me coucher. Et l'autre lui hurle qu'il le faut. C'est ma seule chance.

Un soupir s'échappe d'entre mes lèvres. La vérité, c'est que je voulais simplement m'engager, comme tout le monde. Servir mon pays pendant la guerre… Mais tout les centres de recrutements me disait que je ne pouvais pas. Que j'étais trop faible. Que je ne survivrais jamais à ça. Qu'à cause de ma santé, je ne pourrais jamais être un bon soldat… Et qu'il vaudrait mieux pour moi que je reste loin de tout ça. Je quitte la salle de bain, allant enfiler ma perruque blonde, puis mes talons, me regardant une dernière fois. J'ai l'air si triste… Je tente un sourire avant de sentir mes épaules s'affaisser. J'aimerais ne pas avoir à faire ça. À ne pas me faire passer pour une femme pour faire ce qui me semble être juste. Je devrais pouvoir servir mon pays… Sans être obligé de tricher de cette façon. Mais c'était la seule solution. Je referme la porte de mon appartement avant de me diriger vers la base à laquelle j'ai été affecté. Et à chaque fois… Ça me rassure d'une étrange façon de constater que même dans une robe… Personne ne se retourne pour me regarder, m'observer ou me juger. Au yeux du monde je reste invisible. Que je porte une robe ou non. Je passe le contrôle d'entrée avant de rejoindre le reste des infirmières, qui m'accueillent avec des sourires à peine sincères. Un plus discret se dessine sur les miennes alors que j'enfile rapidement ma blouse.

Oui, j'en suis là. Moi Steve Rogers, vingt-et-un ans, j'en suis réduis à me faire pour Angie, jeune infirmière qui veut servir son pays. Je ne suis plus que ça. Et c'est triste. Enfin, je trouve que ça l'est… Parce que chaque jours… J'ai cette putain de peur qui me colle au ventre. Celle que quelqu'un découvre qu'en réalité, je suis un homme. Que sous ce maquillage, cette robe et cette petite voix fluette, Angie cache Steve, l'étudiant en art qui à cause de ses soucis de santé n'a rien trouvé de mieux que de se travestir pour entrer dans l'armée. Si quelqu'un l'apprend. Je suis mort. Vraiment mort.

"Angie ? Eh Angie !"

Je finis par tourner la tête vers Nancy, croisant son regard. Dans ses mains elle tient un dossier qu'elle me tend alors que je m'approche, tentant de ne pas tanguer sur mes talons.

"Tu serais un amour si tu t'occupais de lui… "

Je hausse un sourcil alors que mes doigts se referment autour du dossier qui indique le prénom d'un certain Sergent Barnes. Mon regard revient chercher le sien.

"Pourquoi ?
- Eumh… Eh bien… C'est juste que… Comment dire ça ?"

T'as pas envie de t'occuper de lui ? Quoi il t'a planté après une nuit ? Il t'a fait miroiter je ne sais trop quoi avant de te laisser tomber pour une autre ? Ou alors t'as envie de tirer au flanc encore quelques minutes avant de t'y mettre ?

"Disons que tu me rendrais service ma chérie. S'il-te-plait…"

Elle papillonne littéralement des yeux et je ne peux que soupirer alors que je me rends. Fort bien. Je vais m'en occuper. Un peu plus et la jeune fille se jetterais dans mes bras alors qu'elle ne cesse de me dire que je suis un amour. C'est ça… Continue. Je parcours rapidement son dossier et reste quelque peu surpris quand je vois que le gars est en réalité le sergent instructeur pour les nouveaux pilotes. Eh bien… J'espère qu'il ne vient pas pour un truc trop grave… Parce qu'honnêtement, je ne me sens pas de m'occuper d'un cas sanglant à pas huit heures du matin. Pitié. Dites-moi qu'il vient pour une éraflure ou je sais pas… Mais pas une blessure sanglante ou quoi… Mon estomac y survivra pas aujourd'hui. Avant de pousser la porte de la salle d'examen je prends une grande inspiration, me forçant à sourire.

"Bonjour Sergent… Qu'est-ce qu'il vous arrive donc ?"
electric bird.
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Ven 3 Juil - 22:42

Make It Alright
Steve & Bucky


Je pousse à la double porte menant à l'infirmerie et j'entre, un sourire ravageur aux lèvres alors que tous les regards se tournent vers moi avant que leurs piaillements ne s'élèvent dans la salle bondée, telle une nuée de perruches colorées et toutes adorables.

- Oh Buck mon grand, tu m'emmènes danser bientôt?
- Buck chéri tu me dois encore un dîner!
- Sergent Barnes, cet uniforme vous va si bien...


Et je souris à chacune, tel un paon faisant la roue, m'abreuvant de leurs compliments. Oh oui mes trésors. Continuez. Dites-moi à quel point je suis beau. A quel point vous aimez ma compagnie. A quel point je suis celui qui porte le mieux l'uniforme de tout le régiment... Rah je ne m'en lasserai pas.

- Dorothée, ta nouvelle coiffure te va à ravir!
- Millicent, ta robe est ravissante.
- Tiens Audrey, tu as mis du rouge à lèvres ce matin!"


Je traverse les rangées de lits sagement alignés pour rejoindre le médecin chef, et récupérer quelques documents pour mon escouade. Et après quelques minutes, je ressors, et traverse à nouveau la basse cour comme un coq qui se pavane. Même si l'une ou l'autre me jettent des regards assassins. Hmm il est vrai que j'ai dû en fâcher une ou deux à repousser leurs avances, ou à jouer les goujats histoire de me faire une réputation. Pourquoi ce stratagème? Parce qu'aucune ne m'intéresse, et que ça paraîtrait fort suspect si je ne m'intéressais à aucune d'entre elle malgré le fait que je sois joli garçon et célibataire. Et pourquoi aucune ne m'intéresse? Parce que j'ai le vice normalement très honteux d'aimer ceux de mon sexe. D'aimer les hommes. Et par les temps qui courent, on va dire que ce n'est pas quelque chose que l'on va crier sur les toits. Alors je joue un rôle. Je fais semblant. Enfin...en partie. J'aime charmer, j'aime séduire, et ça m'amuse énormément de voir que toutes les filles sont prévisibles, que j'utilise les mêmes ficelles encore et encore, et qu'elles marchent quasiment à chaque fois. Sacrées femelles. Et du coin de l'oeil je remarque une petite silhouette près d'un lit, et je ralentis le pas pour l'examiner en passant. Chatain. Pas vraiment de fesses ou de seins. Toute menue. La seule qui ne me regarde pas. Je ne l'ai jamais vue, elle. Elle doit être nouvelle. Peu importe, on devrait lui donner quelques tickets de rationnement en plus à la pauvre petite...

Je salue ma cour en bon prince et file jusqu'aux hangars, pour la leçon de pilotage de l'après-midi. Sauf que les manoeuvres ne se passent pas comme prévu. Vraiment pas. Et au beau milieu d'un exercice de mitraillage un des apprentis a fait une fausse manipulation. Le mauvais geste, le genre de faute qui ne pardonne pas. Il a coupé la trajectoire de l'autre avion en exercice, nous plaçant directement dans les feux de celui en face. Autour de moi c'est le chaos. Mon élève hurle de terreur dans son casque, l'air siffle à nos oreilles et les coups de feu de la mitraillette en face résonnent lourdement sur le terrain d'aviation. J'attrape le manche pour reprendre les commandes, et je commence à le remettre dans l'axe quand brutalement une balle vient faire exploser le pare-brise et me touche à l'épaule. Au début c'est étrange. Je ne sens rien. Pas le choc, mais plus mon bras du tout. Et quelques seconde après, une explosion de douleur dans toute la partie droite de mon corps, qui me fait gémir en serrant les dents, alors que je faisais atterrir mon avion tant bien que mal. Une fois le moteur coupé je m'extirpe du cockpit et ôte mon casque que je laisse rageusement retomber sur le sol avant de hurler au colonel qui s'approche, ayant appris notre mésaventure.

Ce gamin est un foutu danger public! Pour lui et pour les autres! Au front il aura pas un autre pilote pour lui sauver la mise, mais ça sera un simple mitrailleur ou un navigateur! Il doit gérer sa foutue mission! Je veux plus le voir dans un engin tant qu'il aura pas pris du plomb dans la tête!

Grimaçant toujours, les dents serrées et ma combinaison de vol commençant à arborer un beau brassard rouge poisseux, alors que je me dirige vers l'infirmerie. La douleur me fait tourner la tête et j'ai l'impression que mon coeur qui pulse comme un dingue est dans mon épaule et plus dans ma poitrine. Heureusement on s'occupe de suite de moi et on m'installe dans un de ces carrés d'examen séparé des autres par un rideau. Quelques secondes plus tard, c'est la petite nouvelle qui fait son entrée, et même si je souffre comme un chien je l'accueille avec mon plus beau sourire.

Bonjour très chère. Eh bien comme vous pouvez le voir, un de mes élèves stupide m'a confondu avec une cible... Et une balle de mitraillette m'a traversé l'épaule. J'ai besoin de vos soins experts...

AVENGEDINCHAINS
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Sam 4 Juil - 11:55

Make It Alright
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Il a le genre de sourire qui ferait rougir n'importe quelle demoiselle au coeur d'artichaut. Un sourire qui vous donne l'impression d'être la personne la plus merveilleuse et la plus importante du monde. Comme si à ses yeux… On était parfait. Ou la personne qu'il cherchait depuis des années. Un sourire qui doit lui permettre de faire tomber toutes les femmes qu'il croisent. Il est ce genre d'homme dont je suis viscéralement jaloux : bien trop charmant pour son propre bien, séduisant à souhait et qui déborde d'une confiance en soit qui me donne presque envie d'aller me cacher au fond d'un trou tant je me sens pathétique en comparaison. Ridicule même. Je m'avance doucement vers lui, mon regard ne croisant pas son regard. Parce que je n'ose pas. Un pale sourire se dessine sur mes lèvres alors qu'il commence à me saluer, me glissant même un "très chère". Tenterait-il de me brosser dans le sens du poil ? Sûrement. Je déglutis quand il poursuit, ne pouvant tout de même pas retenir un sourire quand j'imagine une de ses recrues le prendre pour cible. Combien j'en entends se plaindre de lui, le traitant de sale con alors que je les pansais pour telle ou telle raison. Je dépose le dossier à ses côtés avant de m'approcher, plissant le nez en voyant l'immense tâche rouge qui macule sa combinaison de pilotage. Mon estomac se retourne légèrement. Moi qui ne voulait pas de ça tôt le matin justement. Je prends une légère inspiration avant de lui rendre un sourire faussement agréable.

"Je vois… Pauvre de vous. Je vais m'occuper de tout ça et vous remettre rapidement sur pied… Sinon vous allez manquer à vos recrues."


Un léger rire m'échappe. Tu parles. Je suis sûr que certains seraient heureux de le voir au lit pendant des semaines. Lui qui doit passer son temps à leur mener la vie dure. Enfin c'est son job après tout… D'en faire de bons soldats, de bon pilotes. Je pince doucement les lèvres alors que j'enfile des gants, commençant à lentement défaire sa tenue, histoire d'avoir une bonne vue d'ensemble de la blessure à son épaule. Et… Je jure avoir du mal à déglutir. La balle de la mitraillette a perforé la peau de son épaule, en une trace ronde et presque parfaite sur on oublie le sang qui s'en écoule abondamment. J'attrape des compresses que j'applique sur sa plait, posant sa main dessus.

"Appuyez le temps que je revienne avec ce qui faut."

Je reviens avec une bassine d'eau, d'épaisses serviettes, des bandages, un anesthésiant et tout ce qu'il faut pour le recoudre, ainsi que les pinces pour extraire la balle. Je lui jette un léger regard presque désolé alors que je le pique, lui injectant l'anesthésiant.  Puis j'attrape les serviettes que j'humidifie, commençant à laver le sang sur sa peau en silence. Je fais attention à ne pas trop appuyer sur sa plaie, lui jetant de temps à autre quelques coups d'oeil. Au point que j'en viens à remarquer qu'il m'observe. Comme si il cherchait à se rappeler de quelque chose, ou à tenter de mettre le doigt sur ce qui le chiffonne actuellement. Bien rapidement je baisse les yeux avant de reposer les serviettes rougit par le sang dans la bassine, attrapant les pinces.

"Désolé. Ça risque d'être… Un peu douloureux."

Je serre les dents alors que je commence à triturer sa plaie, ne cherchant qu'à faire ressortir la balle logé dans son épaule. Et c'est dans ses moments-là que je me maudis d'avoir cette idée. Parce que j'ai rien d'une bonne infirmière. Non j'ai même rien d'une vrai infirmière. J'ai des bases grâce à ma mère, mais pour le reste, je dois avouer être obligé de tout apprendre sur le tas. Chose qui n'est pas une si bonne chose que ça. Vraiment. Je me mords la lèvres alors que je tente de refouler mon envie de vomir. La sensation d'avoir mes doigts dans sa chair, et l'odeur du sang… C'est trop. Je me sens pâlir à vue d'oeil alors que finalement je retire la balle de son épaule. Je la laisse retomber dans la bassine à mes côtés avant de prendre une grande inspiration. Ça va aller… Du calme. Tu finis de le soigner et ensuite tu vas faire un crochet par le toilettes. Change-toi les idées en attendant.

"Vous voulez garder la balle en souvenir ? Non parce qu'elle est intacte…"

D'accord. T'aurais pu trouver mieux Rogers. Je me sens subitement comme le dernier des crétins, à baisser les yeux, les lèvres pincées alors que je commence à désinfecter sa paie, écoutant à peine ce qu'il est entrain de me dire. Je crois que c'est un non. Soit-disant que ce n'est pas sa première. Qu'en sais-je ? Puis le moment que je redoute le plus arrive finalement. Celui où je vais devoir le recoudre. Mes doigts tremblent légèrement alors que j'approche celle-ci de sa peau. Honnêtement, la seule chose que j'ai recousu de ma vie, ce sont mes ourlets de pantalon ou mes boutons de chemises. Alors faire des points de sutures… Je dois avouer ne pas savoir par où commencer. Dans l'idée… Faut refermer la plaie… Et je ne peux décemment pas le transformer en patchwork en lui cousant une compresse sur l'épaule. Les minutes passent et l'aiguille entre mes doigts tremblote toujours. Va falloir que je me décide. Tant pis. Il aura des points un peu hasardeux. Et au pire ça lui fera une cicatrice de plus à montrer à sa cour de pintade en blouse. Je commence alors à le recoudre, me rendant rapidement compte que je suis en train de lui faire des points en forme d'éclair. Chose qu'il ne se gêne pas de me faire remarquer.
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Dim 5 Juil - 18:30

Make It Alright
Steve & Bucky




Point important, si j'accepte sans aucun problème de me faire haïr de mes recrues, parce que je ne suis pas là pour jouer les nounou, je me mets en quatre pour plaire aux infirmières. Ce sont elles qui tiennent ma vie entre leurs mains si j'ai besoin de soins, ou en tout cas ce sont les responsables de mon bon rétablissement alors il faut les bichonner. Et qu'est-ce que ça coûte? Rien. Il faut juste être un peu observateur, trouver le compliment qui flatte, montrer qu'on les remarque, et elles me mangent dans la main. A part les quelques-unes qui ont été assez courageuses pour vouloir sortir avec moi, et que j'ai assez vite refroidies, les autres me mangent dans la main. Et c'est toujours utile. Une question ou un service susurrés d'une voix charmeuse marchent beaucoup mieux qu'un ton informel. Surtout quand on glisse un petit "trésor" ou "sucre d'orge", ou un "Tu serais un amour si...". Tellement de temps et d'énergie économisés... Comme là. A peine arrivé dans le hall Dorothée m'installe dans un box, où, à ma grande surprise, c'est la petite maigrichonne qui me rejoint. Hmmm l'occasion de me rapprocher d'elle aussi et me la mettre dans la poche. Tentant de cacher au mieux ma douleur, je lui accorde mon sourire spécial "je t'emballe en moins de cinq minutes, ronronnant alors qu'elle s'installe près de moi.

Et je vois la petite créature garder les yeux baissés, toute intimidée. Hmmm à te voir je dirai que tu viens de la campagne. Famille modeste. Pieux aussi. Intérieurement je ris en me disant qu'elle est proche du cliché de la grenouille de bénitier ou de la jeune fille trop gentille et qui va finir mademoiselle. J'étouffe un léger rire quand je l'entends, même s'il y a quelque chose de particulier dans le ton de sa voix. Elle est surprenamment grave pour quelqu'un de son gabarit.

Vous plaisantez? Ils sont trop heureux de me voir ici! Je sais que je les rudoie un peu, mais c'est pour leur bien. La guerre ne fait pas de cadeau...

Je serre les dents alors qu'elle vient doucement baisser la fermeture éclair de ma combinaison, me laissant en marcel jusqu'à la taille, et dégager le tissu qui collait à ma plaie. Sauf qu'au moment où je la vois examiner ma plaie, c'est tout juste si elle tourne pas de l'oeil. Eh ben dis-donc jeune fille? On est infirmière et on supporte pas la vue du sang? Mais loin de vouloir me montrer désagréable, je préfère une approche un peu plus douce pendant qu'elle éponge et nettoie ma plaie. Et aussi pour tenter d'oublier la douleur du moindre frôlement.

Vous êtes nouvelle hein? Dites-moi, c'est quoi votre petit nom?

Je lui obéis quand elle me dit qu'elle va revenir et appuie docilement sur le compresse en la regardant disparaître. Plus je la regarde et plus...je trouve qu'il y a quelque chose qui cloche. Mais sans arriver à mettre le doigt dessus. Un détail dans l'ensemble qui tranche, qui n'est pas à sa place mais lequel? Le rideau coulisse et elle revient, trottinant silencieusement jusqu'à moi, et déposant tout ce dont elle aura besoin sur la tablette de bois à côté d'elle. Et je soupire en la voyant commencer par la seringue. Anesthésiant. Bien, au moins pour le reste des opérations je ne sentirai rien. Je soupire quand elle me pique, avant de sentir petit à petit la douleur qui se calme. Enfin. Je me détends, maintenant que je ne souffre plus, et l'observe alors qu'elle commence à s'occuper de moi. Elle s'applique mais elle a l'air de paniquer un peu, et je vois la couleur de son visage correspondre de plus en plus à celle de sa blouse alors qu'elle extirpe la balle de ma chair. Qu'est-ce qui cloche chez toi? Hein? Surtout qu'elle est plate. Mais plate... c'est à peine si on distingue deux bosselures sous sa blouse. Et en même temps son visage est loin d'être vilain, à part une mâchoire un peu carrée. Elle la peau qui ressemble presque à de la porcelaine, et a de jolis yeux bleus cachés sous de longs cils blonds. Etrange étrange...

Je la laisse faire, observant sans rien dire, avant de sourire quand elle me demande si je veux garder la balle.

Oh non trésor vous pouvez vous en débarrasser. C'est pas la première que je prends de toute façon... Mais si vous la voulez, surtout ne vous gênez pas...

Je lui fais un clin d'oeil avant de l'observer préparer son fil et son aiguille. Elle hésite quelques secondes avant de se lancer, et ses mains tremblent un peu alors que le métal traverse ma peau et commence à faire des allers-retours. Et petit à petit je remarque que les points qu'elle me fait sont loin d'être aussi réguliers que normalement. Je hausse un sourcil.

Angie, je ne suis pas contre un peu de créativité mais là... je reconnais pas vos points.... Dites-moi... vous auriez pas séché vos cours de couture à l'école?


AVENGEDINCHAINS
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Lun 6 Juil - 22:55

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Ça me fait doucement grincer des dents qu'il se permette de me glisser un "trésor" alors qu'il ose me faire remarquer que je peux garder la balle en souvenir. Je hausse un sourcil. Rien que pour ça, je devrais te la remettre dans l'épaule cette foutue balle, on verrait alors si tu serais toujours d'humeur à me faire ton numéro de charme. Mais à la place je me contente de pousser un long soupir, tentant de refouler au passage la puissante nausée qui me tient. Ça va aller. Tu le recouds… Et ensuite c'est bon. La balle retombe sur le plateau à mes côtés alors que je commence à tenter de le recoudre. L'aiguille perce sans soucis sa chair et je jure que rien qu'à voir le fil courir et glisser dans sa peau, je suis à deux doigts de m'évanouir. Une sueur glacée coule le long de mon échine alors que j'entends mon pouls pulser violemment à mes tempes. Du calme, du calme. Ça va aller. C'est rien. C'est juste un mauvais moment à passer. Rien de plus. Et alors que je suis concentré sur mes points plus qu'aléatoire, voilà que sa voix me parvient. Je ne peux m'empêcher de sursauter alors que mes doigts se crispent sur l'aiguille. Subitement je me sens mal, voir très mal. Car comme il le fait remarquer… Mes points sont, autant être honnête, quelque peu catastrophique. D'accord, là c'est le moment où je dois lui sortir une excuse, n'importe laquelle. Tant que ça lui fait oublier que je suis en train de faire n'importe quoi. Je passe ma langue sur mes lèvres avant de tenter un sourire.

"La vérité… C'est que je n'ai jamais été très bon en couture."

Ouais parfait. Il va carrément acheter ça. Comme si ça existait des infirmières qui ne savent pas coudre. Bravo Rogers, t'essaye réellement d'être ridicule ou simplement que le Sergent se rende compte qu'il y a un truc qui cloche avec toi ? Mon coeur arrête de battre quand il me reprend sur ma réponse. Oh mince. J'oublie tout le temps d'accorder. Je blanchis encore plus que possible, au point que je suis persuadé que dans quelques minutes il sera capable de voir à travers moi. Je balbutie, le souffle court.

"Bonne… Pardon… Bonne. Oui je n'ai jamais été très bonne en couture."

Je suis un homme mort. Intérieurement je me gifle alors que j'appuie volontaire sur l'adjectif "bonne", comme pour tenter de rappeler que non, je suis bien une femme. Subtile, vraiment. Je recommence à planter mes dents dans ma lippe ourlée de rouge alors que je recommence à le recoudre, de plus en plus angoissé. Parce que je sens son regard sur ma personne. Je sens qu'il m'observe et qu'il tente de trouver ce qui cloche chez moi. Et je me sens mal à l'aise. Parce que j'ai peur qu'il finisse par comprendre que mon absence de seins et de fesses n'est pas dû à un pas de bol mais à une raison bien plus simple. Je me mords l'intérieur de la joue alors que je termine rapidement ses points, coupant le fil d'un geste sec avant de lui faire son bandage rapidement. Je me recule légèrement me disant que si j'ai péché du côté de la couture, mon pansement lui est des plus réussis. Je croise à nouveau son regard avant de commencer à rassemble mon matériel.

"Vous voilà de nouveau bon pour le service Sergent… Je vous conseille juste de rester au repos au moins aujourd'hui, histoire de ne pas faire sauter vos points… Et au moindre problème, vous n'avez qu'à revenir nous voir…"

Je lui glisse un sourire délicieux avant de m'échapper avec mes compresses pleines de sang, mon aiguilles et ma balle, le laissant au bon soin de Dorothée, qui commence déjà à roucouler. Chose qui me fait lever les yeux au ciel. Bon sang… Mais arrêtez de le flatter… Vous ne voyez pas qu'il raffole de ça ? Ou alors espèrent-elles toute avoir un rencard avec lui ? Peut-être. En fait pour être honnête, je m'en fiche.

*

Je jette un dernier regard aux alentours avant de soupirer de soulagement quand je me rends compte que je suis enfin seul. Ou du moins, je vais pouvoir profiter d'un vestiaire rien que pour moi. Il est vrai que d'habitude, je ne me change jamais ici, je me contente généralement de quitter ma blouse et de filer jusqu'à mon appartement pour enfin me débarrasser de tout ce maquillage et de ma robe… Seulement aujourd'hui… J'ai vraiment du mal avec mon soutien-gorge. J'en peux plus de le porter et de toute façon, que ce soit avec ou sans, personne ne remarque mon absence de sein. Je trottine jusqu'au vestiaire désert, poussant un soupir alors que je peux enfin retirer mes talons. Oh merci… Je pousse un soupir alors que rapidement je défais ma robe, la faisant glisser le long de mes épaules, dévoilant mon dos osseux, et mes hanches. Je me bataille quelques secondes avec le soutien-gorge avant d'être capable de le défaire, le laissant lui et son rembourrage tomber au sol. Un autre soupir m'échappe alors que je m'étire, regardant les légères marques rouges sur ma peau.
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Mer 8 Juil - 8:24

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Je l'observe avec attention alors qu'elle-même est trop concentrée sur sa couture pour me remarquer. Et, comme je l'avais supposé, elle est nouvelle. Vraiment nouvelle. La pauvre tremble comme une feuille et mes mains sont prêtes à la rattraper au cas où elle aurait des vapeurs et que la pauvre petite tournerait de l'oeil. Une infirmière qui ne supporte pas la vue du sang... Un comble quand même, non? Et ses points ensuite. Je pense affirmer avec certitude que je me débrouillerai mieux qu'elle à ce jeu-là, alors que moi je n'ai jamais dû passer par la classe "cours de couture" ou "cours de cuisine". Elle est une anomalie ici, elle tranche, tant par son attitude effrayée et paniquée, que par son manque de savoir faire. A la regarder s'activer maladroitement, on pourrait croire qu'elle est arrivée la veille.

Eh, calmez-vous Angie... C'est moi qui ai été transformé en passoire et c'est vous qui êtes à deux doigts de tourner de l'oeil. Et qui va me recoudre si vous vous évanouissez? J'ai besoin de vous moi!

Je lui lance un petit clin d'oeil charmeur, qui accompagne le compliment discrètement glissé, avant de continuer de la regarder faire. Mais au bout d'une dizaine de points je ne peux pas m'empêcher de faire une remarque à haute voix. Elle pique un fard, baisse les yeux, avant de bredouiller timidement une excuse. Allons, allons ma jolie. Je ne suis pas homme à m'énerver de quelques points, et une belle cicatrice rajoutera du piment au récit de mes exploits, quand je tiendrai un fringuant jeune homme sur mes genoux et que je lui raconterai mes faits d'armes pendant la guerre. Sauf que la fin de sa phrase me fait tiquer, lorsqu'elle utilise ''bon" pour parler de ses talents de couturière. Pendant une seconde je crois mal entendre, mais non. Elle a parlé d'elle au masculin. Je me penche légèrement pour l'observer d'un peu plus près, avant de la corriger.

Bonne vous voulez dire. Vous avez dit que vous étiez "bon" en couture...

Nouvelle pièce de l'étrange puzzle mystérieux qui touche la fameuse Angie... Elle parle d'elle au masculin, n'a pas de formes, une voix un peu rauque, mais en même temps elle reste fluette, gracile, avec un visage fin et régulier. Qu'es-tu donc Angie? Intérieurement, le joueur que je suis se lance le pari de tirer ça au clair. Quitte à devoir l'inviter au restaurant et au cinéma pour en savoir plus, et tirer le vrai du faux. Tu n'imagines pas à quel point tu sors du lot Angie, car tu es la première à attiser ma curiosité... Quelques minutes plus tard elle interrompt mes réflexions en tranchant le fil de ma suture, et me faisant un bandage impeccable à l'épaule. Bon, là je retrouve les gestes d'une vraie infirmière. Peut-être qu'elle est juste maladroite et provinciale après tout...

Je soupire en me relevant, et m'étirant légèrement avant d'inspecter mon tatouage, tout en l'écoutant me prodiguer ses conseils. Je la regarde, lui accordant mon plus beau sourire avant de lui prendre la main et d'y déposer un baiser.

Angie vous êtes un amour. Je suis comme neuf grâce à vous! Mais au risque de vous contrarier, je vais juste changer de combinaison et j'y retourne. La guerre n'attend pas et je ne veux pas que mes élèves manquent la moindre session d'entraînement. Je repasserai vous voir demain pour que vous puissiez vérifier que j'ai été un gentil garçon et que je n'ai pas ruiné votre merveilleux travail. Bonne journée très chère...

Petit clin d'oeil avant ma sortie, et je vois déjà des nuées de regards inquiets sur mon bras, et sur ma combinaison tachée de sang dont la moitié haute pend contre mes hanches, laissant le haut de mon corps simplement recouvert d'un marcel, mes plaques dansant contre le coton blanc au rythme de mes pas. Et voilà les filles, j'ai encore pris du galon en terme de héros, et je réponds rapidement aux questions paniquées "Mais ça va sergent?" ou "Vous n'avez pas trop mal sergent?" d'un ton calme et rassurant "C'est trois fois rien mes toutes belles, occupez-vous plutôt des blessés qui ont vraiment besoin de vous..."

Et je retourne sur le terrain d'aviation, grimpant dans un autre avion, le temps que le mien soit réparé.

La journée est longue, surtout quand la douleur se réveille un peu plus tard, et je calme le tout avec un peu de bourbon de ma flasque avant de rentrer chez moi, m'écroulant dans mon lit après une bonne douche, où je lutte pour ne pas mouiller mon bandage. Le lendemain, ça va mieux, même si je sens que ça tiraille, preuve que ça cicatrise. Bon, on fera avec. Je m'organise pour prévoir des exercices où je resterai au sol, et contemplerai de loin les prouesses de mes nouvelles recrues, carnet et crayon en main, et lunettes de soleil sur le nez. Mine de rien la journée passe vite, et après un cours théorique de tactique l'après-midi, je me prépare doucement à rentrer. Sauf qu'au moment de quitter ma combinaison de vol, je me rappelle des recommandations d'Angie, que j'aille la voir pour qu'elle vérifie si la suture a pris, et s'il n'y a pas d'infection. Il est déjà tard... Bon, essayons quand même. Je regagne le quartier des infirmières, mais tout semble désert. Ah non, il y a de la lumière au vestiaire. Coup de chance! Je m'approche, et la porte est entr'ouverte. Et ce que je vois me laisse sans voix. Angie. Alors bon, je ne dis pas qu'à choisir, j'aurais préféré en voir d'autres se deshabiller, mais elle enlève son soutien-gorge, qui tombe sur le sol, et je fronce un sourcil en voyant qu'elle y a mis du rembourrage. Non mais mettre du rembourrage pour avoir un si petit résultat, c'est vraiment pas malin. A moins que... mais... mais attends... la courbe de ce dos, le manque de formes... Toutes les pièces du puzzle se remettent en place et l'évidence me frappe. Angie est en fait un garçon. Un garçon petit, fluet, mais garçon quand même. Je me racle légèrement la gorge, accoudé au chambranle de porte, et je la vois se raidir, avant de se tourner lentement.

Angie, trésor... A moins que je doive vous appeler par un autre prénom? Un prénom peut-être un peu plus masculin ne serait-il pas plus approprié?

Et je lui accorde mon plus beau sourire, la regardant simplement sans rien faire de plus.

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Jeu 9 Juil - 9:44

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J'aurais dû être plus prudent. J'aurais dû serrer les dents et rentrer directement chez moi malgré l'inconfort du soutien-gorge. J'aurais dû faire comme d'habitude et pas avoir l'idée idiote de me changer ici. C'est la première chose qui me traverse l'esprit alors que j'entends quelqu'un se racler la gorge derrière-moi. Mon coeur s'arrête littéralement de battre alors que je cesse tout simplement de respirer. Je suis un homme mort. Qui que ce soit derrière moi, il va se rendre compte que je ne suis pas ce que je prétends être, que je suis loin d'être la petite Angie, gentille et discrète infirmière qui travaille ici. Non. Il va comprendre que je suis un mec et il va me dénoncer. Tout simplement. Mon sang se glace dans mes veines alors que du bout des doigts je viens effleurer la croix en or qui pend à mon cou. Je me vois déjà être entraîné de force dans le bureau du plus haut-gradé, avant d'être humilié et punis pour ce que j'ai fais. Parce que j'ai osé me travestir, que j'ai mentis sur ce que j'étais et sur ce que je savais faire. Non je suis pas Angie, non je ne suis pas réellement infirmière… Et non je ne suis pas une femme. Mon souffle se fait courir alors que je sens une crise de panique pointer le bout de son nez. Je ne vais pas y survivre, c'est la fin. Je vais perdre le peu que j'ai à cause d'une putain d'erreur. D'une idée stupide qui m'a traversé l'esprit. Je me mords la lèvre alors que je prends soudain conscience que je vais vraiment tout perdre. Tout. Mes lèvres tremblent alors que j'arrive finalement à recommencer à respirer. Lentement je me retourne et croise le regard de cette personne qui va finalement pouvoir réduit à néant mon existence. Et un goût terriblement amer me reste sur la langue quand je découvre le Sergent Barnes sur le pas de la porte.

Je retiens à nouveau mon souffle, alors qu'instinctivement je tente de me cacher. Je sais que c'est idiot, mais face à son regard et à son sourire, je me sens si vulnérable. Face à sa personne je me sens soudain minuscule. J'ai l'impression qu'il pourrait simplement me briser d'un simple regard. La vérité c'est que j'ai peur de lui. Parce que je sais que désormais, toute mon existence repose entre ses mains. Je jure sentir mes joues s'enflammer alors que son regard court sur ma personne et qu'il me fait gentiment remarquer qu'un prénom plus masculin m'irait bien mieux. Mais le pire… C'est sa façon qu'il a de prononcer le "trésor". On dirait… Qu'il aime ça. De me tenir de la sorte. Car il le sait. Il sait qu'il me tient. Que je suis à sa merci. Un frisson parcourt mon échine. Il m'effraie. Face à lui je suis un chat pris dans les phares d'une voiture. Une voix me hurle de fuir. De me cacher. De le supplier de ne pas me dénoncer. Un tremblement secoue mon corps tout entier alors que je commence à balbutier.

"Ce… Ce n'est pas ce que vous croyez ! Je… Je peux vous expliquer… Je peux tout vous expliquer."

Et qu'est-ce que tu vas lui dire ? Que t'es en effet une femme ? Non. Mon souffle se fait plus court alors que je tente désespérément de trouver une excuse ou du moins, un début d'excuse. Un mensonge que je pourrais lui servir en espérant que ça lui convienne. Non. Il n'avalera jamais ça. Je suis foutu. Un autre tremblement parcourt mes épaules. Il va tout dire. Son sourire va disparaitre et il va m'attraper par la gorge, me traîner jusqu'à son responsable, non sans me dire que je ne mérite que ça… Que je suis pathétique, dégueulasse. Une honte. Une anomalie.

"Je…."

Quelque chose se serre dans ma gorge alors que je croise son regard, de plus en plus effrayé. Arrête de sourire, arrête de me regarder ainsi. Arrête d'être aussi à l'aise à l'idée de me voir ainsi… Je me ramasse un peu plus sur moi, ayant subitement l'envie de quitter ma propre peau tant que je suis moi-même dégoûté à l'idée qu'il soit en train de me voir ainsi. Maquillé, la robe sur les hanches qui me dévoile jusqu'au nombril et mes bas qui enserrent mes fines jambes. Je me sens comme une anomalie de la nature. Une espèce de bête de foire. Et sous son regard, je rêve de venir griffer ma peau jusqu'au sang, simplement pour voir tout cela disparaitre, pour me débarrasser de ce dégoût, pour oublier tout ce que je suis.
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Sam 11 Juil - 10:56

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Les choses deviennent intéressantes. Très intéressantes même. Si on m'avait dit qu'une visite tardive dans le quartier des infirmières m'aurait permis une telle découverte, et je ne parle pas d'apercevoir un bout de cuisse ou de sein dénudé, je n'y aurais pas cru. Et là, sous mes yeux ébahis, se trouve cette adorable petite Angie, qui se révèle être Angie-dépouvue-de-seins-mais-équipée-d'un-pénis. Parmi toute ma cour déchainée d'admiratrices, Angie était clairement la dernière que j'aurais soupçonnée de cacher un tel secret. Oui, si j'avais dû désigner quelqu'un, je pense que ça aurait été Rosa. Taillée comme un bucheron, et avec suffisamment de moustache pour paraître suspecte. Elle correspondait davantage à l'idée de l'homme travesti qu'on m'avait raconté, comme ce qui se passait à Berlin, dans certains cabarets décadents où la frontière entre les sexes avait été abolie et où c'était tout à fait normal de trouver des hommes déguisés en femmes. Quelque chose que j'aimerais bien aller voir un jour, si j'en ai l'occasion. Enfin, maintenant que la guerre est là, je ne suis même pas sûr que ce genre d'endroits soit toujours ouvert, et ce genre d'attraction, autorisé par le régime de Hitler. Il est plutôt tatillon sur les notions d'ordre et de morale...

Et il est là, encore maquillé, ce que je suppose être une perruque encore sur sa tête, et ses bras fins croisé sur son torse maigrelet dans une tentative aussi désespérée que pathétique pour cacher quelque chose qui ne s'y trouve même pas. C'est alors qu'il commence à tenter de s'expliquer, en bredouillant sous le coup de la surprise et de l'angoisse. Sans quitter mon sourire, je l'arrête d'un geste.

Très chere vous n'avez toujours pas répondu à ma question. Comment vous appelez-vous vraiment?

Ma voix reste aussi douce et caressante que possible, alors que j'observe cette adorable créature qui commence à trembler, pétrifiée, comme un lapin pris dans les phares d'une voiture. Dieu que cette situation est plaisante. J'ai découvert son secret. Moi seul. Personne d'autre ne sait la vérité. Et je le tiens entre mes mains. Je pourrais en faire ce que je veux. Oh très cher quelque chose de très très intéressant est en train de se dessiner... Et je mentirai en disant que je ne savoure pas ce sentiment de toute puissance que j'éprouve en cet instant. Mais ne nous emballons pas. Pour l'instant le pauvre est absolument terrifié et je n'ai jamais aimé jouer de mon ascendant dans ces circonstances. Ca n'a aucun intérêt.

Oh mais j'espère bien avoir des explications trésor...

Je bouge enfin, pour m'avancer vers elle d'une démarche tranquille. Sauf que j'ai à peine fait un pas que je vois ses yeux s'agrandir de frayeur, et qu'elle recule doucement, ses bras toujours serrés autour de sa poitrine alors que je m'approche. Et elle finit par se retrouver acculée contre les casiers de métal, sursautant quand sa peau touche les plaques froides. Je continue d'avancer, et je vois déjà sa poitrine se soulever plus rapidement. Je me plante en face d'elle, tendant les mains vers ses hanches, pour attraper les pans de son chemisier ouvert, que je remonte sur ses épaules, avant de prendre ses bras l'un après l'autre pour les laisser retomber le long de ses côtes, me permettant de boutonner le vêtement jusqu'au col.

Du calme... du calme... ça serait idiot de prendre froid n'est-il pas? Et je pense que pour rentrer chez vous ce soir vous n'aurez pas besoin de soutien-gorge. Pour ce qu'il apporte, de toute façon...

Mes mains lâchent son vêtement alors que mon index vient lentement effleurer la ligne de sa mâchoire, l'obligeant à me regarder. Ravissant. Et je meurs de curiosité de voir ma Angie sans ses attributs féminins, pour découvrir ce qu'il est vraiment. Je recule ensuite d'un pas, laissant un peu plus d'espace entre nous, et souriant de voir Angie totalement perdue, que ce soit par mes gestes ou mes paroles. Pauvre créature. Comme j'ai hâte de connaître ton secret...

Détendez-vous. Je ne vous ferai pas de mal. Et je ne vous dénoncerai pas. Par contre... je veux que vous m'expliquiez tout. Tout depuis le début, et en détail. Mais pas ici, et pas maintenant. Vous êtes bien trop chamboulée pour ça, et le cadre est tout sauf propice aux confidences. C'est pour cela que je vous propose un dîner. Demain soir, vous et moi. Chez Gino sur la 42e vous connaissez? Vous me raconterez tout autour d'un bon plat de pâtes et d'un bon verre de vin rouge. Qu'en pensez-vous?

Alors qu'elle est toujours paralysée par la peur j'attrape sa main et je la porte à mes lèvres, m'inclinant légèrement.

Je viendrai vous chercher ici à dix-neuf heures demain soir, d'accord? Nous irons tout de suite après la fin de votre service. En attendant, bonne nuit très chère, rentrez bien...

Je lâche sa main, qui retombe mollement le long de sa hanche alors qu'elle me contemple toujours, et je tourne les talons, m'éloignant vers la porte. Une fois dehors, je repasse simplement la tête par la porte encore ouverte et je croise son regard.

Demain dix-neuf heures hein? Je compte sur vous...

Et après un dernier clin d'oeil je disparais.

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Dim 12 Juil - 12:38

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Sa voix étrangement trop douce et trop délicieuse me fait m'interrompre dans ma tentative pathétique de m'expliquer. Je ne sais pas à quoi je m'attendais. Qu'il m'insulte peut-être ? Qu'il s'avance vers moi et qu'il me passe à tabac, me traitant de sale pédérastre. Oui, honnêtement je m'attends à recevoir la raclée de ma vie avant de me faire traîner jusqu'au bureau du caporal. Mais non à la place il m'offre un sourire charmant, insistant pour avoir mon prénom. Mon coeur rate un battement. Je ne peux pas le lui donner, je ne peux juste pas. Pendant une bonne seconde, je reste silencieux, le souffle bien trop court. Et finalement… Je retrouve la parole.

"Steve… Mais, encore une fois, je peux tout vous expliquer !"

Bien sûr ? Et qu'est-ce que tu vas lui dire ? Que tu fais ça pour servir ton pays parce que tu ne peux t'engager au sein de l'armée par les voies légales ? Que te travestir était la seule solution pour qu'on te laisse participer à cette guerre, prouver que toi aussi tu pouvais aider, faire quelque chose. Non je ne peux clairement pas lui dire ça, mais en même temps… Je ne peux pas réellement faire autrement. Il semble vouloir des explications et lui avouer la vérité est peut-être ma seule chance de m'en sortir. Mes tremblements ne cessent pas alors que je croise son regard bien trop sûr de lui. Sa voix chaude fait courir sur mon échine un long frisson. Puis voilà qu'il fait un pas vers moi. Non. Non. Reste loin. Ne m'approche pas. Ne me touche pas. Reste loin. Je peine à respirer alors que mes bras se referment un peu plus autour de mon torse. Une vraie panique doit se lire dans mon regard tandis que je recule, cherchant simplement à le fuir, comme un animal blessé pourrait le faire. Je veux qu'il reste loin, très loin, je ne veux pas qu'il m'approche. Un hoquet de surprise m'échappe quand mon dos rencontre le métal froid des casiers. Mon regard n'arrive pas à quitter le sien tandis qu'il s'approche toujours et encore. J'ai envie de le supplier, de lui dire de ne pas m'approcher. Mais tout les mots restent coincés dans ma gorge. Mon souffle s'accélère. Encore deux pas et je veux être à sa merci. Mes lèvres tremblent. Encore un pas et le voilà face à moi. Un sanglot me serre la gorge. Ne me fait pas de mal. D'instinct je ferme les yeux quand il tend les mains vers moi, m'attendant à ce qu'il me porte un coup. Et à ma grande surprise, il se contente simplement de venir attraper les pans de ma robe sur mes hanches. Je prends une grande inspiration, croisant à nouveau son regard. C'est… C'est tout ? Il va juste… Oh oui, visiblement. Incapable de détacher mon regard de ses deux yeux d'un bleu tirant presque sur le gris, je le laisse lentement reboutonner mon chemiser, couvrant à nouveau mon torse ridiculement maigre. Ma cage thoracique se soulève de plus en plus vite quand ses mains se referment doucement sur mes poignets. Une marionnette, voilà ce que je suis actuellement. Je me laisse manipuler bien sagement alors qu'il glisse mon bras puis l'autre dans mes manches. Je sens ses doigts remonter jusqu'au col de mon chemisier et c'est avec peine que je parviens à déglutir. Je crois que je vais m'évanouir. Ou mourir. Mon souffle est bien trop court et la tête me tourne. Je pense que je vais vomir si il continue. Sa voix me fait sursauter une fois de plus.

Du calme ? Comment pourrais-je l'être, calme ? Il tient ma vie entre ses mains, et je devrais être calme ? Impossible. Pour l'instant j'ai surtout envie de me recroqueville sur moi-même et pleurer. Je devrais avoir un sourire quand il me fait doucement remarquer que je n'ai nul besoin de mon soutien-gorge. Je devrais mais je ne peux pas. Je soupir de soulagement quand ses mains quittent enfin mon chemisier, recommençant à paniquer quand de l'index il vient caresser ma mâchoire. Un goût amer me reste dans la bouche. Ne me touche pas. Mais tout ce que j'exhale c'est un soupir étranglé. Il ne me fera pas de mal, du moins c'est qu'il me dit. Qu'il veut juste comprendre, et que pour cela… Il veut m'emmener dîner demain soir. Pardon ? Un… Dîner. Tout les deux ? Je le regarde complètement perdu. Je ne comprends rien. Mais alors rien du tout. C'est donc dans la plus grande incompréhension que je le laisse déposer ses lèvres sur le dos de ma main, l'écoutant sagement m'annoncer qu'il viendra me chercher vers 19h, après mon service. Pour seule réponse je hoche docilement la tête. Comment pourrais-je lui dire après tout ? Je suis déjà incapable de prononcer le moindre mot, alors lui tenir tête… Sans compter que j'ai peur qu'un refus lui fasse perdre ses bonnes manières. Et pour être franc si je peux éviter une raclée… Je pense qu'un diner c'est loin d'être trop demandé. Ma main retombe mollement le long de mon corps. Je ne le comprends pas. Il se recule légèrement et je jure recommencer à respirer. Je veux qu'il disparaisse… Histoire que j'ai le droit d'avoir ma crise de panique. J'ai le droit à un dernier regard de sa part.

"Vous pouvez."

Ce n'est qu'un murmure qui traverse mes lèvres. Pourquoi je dis ça ? Bien sûr que non. Je ne veux pas qu'il compte sur moi. Je veux qu'il m'oublie, qu'il me laisse tranquille et qu'il fasse comme tout les autres : qu'il prétende que je n'existe pas. Il m'adresse un dernier clin d'oeil avant d'enfin disparaitre. Je me laisse glisser le long des casiers, le souffle court. Je cache mon visage dans mes mains, recroquevillé sur moi-même, cherchant simplement à me calmer. Un repas. Et des explications. C'est tout ce qu'il veut.

*
Je passe la journée du lendemain à me ronger les sangs. A penser à ce dîner que j'ai avoir en compagnie du Sergent, de la seule personne qui connaît désormais mon secret. Honnêtement, je passe la journée à exécuter mes tâches sans vraiment y prêter la moindre attention. Tout est mécanique et c'est à peine si j'en ai quelque chose à faire de faire des points, de poser des bandages… Même quand les autres me parlent, c'est à peine si je les écoute. Plusieurs me demandent ce qui peut occuper mon esprit, et à chaque fois je réponds que je ne suis pas dans mon assiette voilà tout. Et à juste titre. L'idée d'aller dîner avec lui m'angoisse, m'effraie. Parce que je sais que ce n'est pas par simple courtoisie ou par envie de me faire du charme. Non, il veut des explications. Rien de plus. Rien de moins. Des explications contre mon secret. Les heures passent et j'angoisse. Au point que je me demande si je ne ferais pas mieux de simplement esquiver ce repas, ou trouver une excuse du genre "désolé je ne me sens pas bien" ou "oh pardon j'ai complètement oublié mais j'avais déjà quelque chose de prévu." Non. Il n'achètera jamais ça. Pire, si je refuse il serait peut-être capable de me dénoncer. Non je crois que je n'ai pas le choix. Un soupir contrarié s'échappe d'entre mes lèvres tandis que j'essaye de me rassurer. Si ça ce trouve, la soirée va être relativement  agréable. Autant qu'un interrogatoire puisse l'être.

Finalement les fatales 19h arrivent et je pense être à deux doigts de tourner de l'oeil. L'angoisse me serre autant la gorge que l'estomac. Je ne vais pas être capable de manger quoi que ce soit tant j'ai peur. Je me ronge les ongles alors que je l'entends arriver. Comment ? Peut-être à cause des nombreux roucoulements et autres ronronnements que les autres viennent lui glisser au creux de l'oreille. Je le vois s'approcher de moi, bouquet de fleurs en mains, et quand il s'immobilise face à moi, j'ose à peine croiser son regard. J'entrouvre mes lèvres couvertes d'une épaisse couche de rouge à lèvres, restant muet quelques secondes avant de réussir à bredouiller en un soupir un timide :

"Bonsoir Sergent…"

Et quand il attrape ma main pour y déposer un baise-main des plus chastes, je jure sentir le regard des autres se poser sur moi, m'insultant en silence de tout les mots.
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Dim 12 Juil - 14:43

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C'est un chat sauvage que j'ai en face de moi. Enfin non, plutôt un oisillon tombé du nid. J'entends presque ses genoux s'entrechoquer a mesure que les minutes passent et que je me rapproche de ma Angie pas à pas. J'apprends enfin son prénom aussi. Steve. C'est joli Steve.

Eh bien, enchanté Steve. Ravi de vous connaître...

Et je me retiens presque de rire en voyant son air paniqué quand je saisis les pans de sa robe, et que je le rhabille doucement. Il ne bouge pas, pétrifié, la seule chose qui bouge encore est sa poitrine plate qui se soulève à un rythme rapide alors qu'il se laisse faire comme une poupée, me laissant la rendre à nouveau présentable. Détends-toi petit oiseau, je n'ai l'envie d'abuser ni de la situation, ni de toi. Je préfère de loin quand on s'abandonne à moi de son plein gré, et pas pour obtenir quoi que ce soit, sous la contrainte, ou sous la menace. J'aime qu'on me supplie de continuer, et pas d'arrêter...

Je me recule ensuite, le laissant suffisamment surpris par mon comportement et mes douces paroles, et par le fait que je ne tente rien de désagréable envers lui. Oh si tu savais comme je suis heureux que ce soit moi qui t'ai trouvé et qui ai percé ton secret. Si tu savais toutes les idées que ça me donne... Mais pas maintenant. Il est bien trop tôt et tu es loin d'être prêt pour ce que je te propose. Tout viendra à point. Je continue à parler, lui annonçant mon plan, l'invitant formellement à dîner. Et enfin elle semble se réveiller légèrement, me regardant sans comprendre. Eh oui mon mignon, un dîner, un seul, c'est tout ce que je te demande. Il semble ne pas en revenir, et hésite quelques secondes avant d'ouvrir la bouche pour la première fois depuis de longues secondes. Pour confirmer qu'il sera là. Eh bien, lui extorquer un dîner s'est avéré bien plus facile que ce que j'espérais. Et je quitte donc Angie/Steve avant de disparaître, un sourire insolent aux lèvres. Un point pour toi Barnes.

Je rentre en chantonnant, passant par le restaurant pour réserver notre table avant d'arriver enfin dans mon appartement. Je feuillette le journal, écoute une émission de radio avant de dîner et me mettre au lit avec un bouquin. La journée du lendemain, je surveille l'heure avec attention. Je botte le cul d'un ou deux nouveaux qui s'obstinent à ne pas écouter mes consignes et à n'en faire qu'à leur tête, et passe l'après-midi à donner un cours de stratégie et tactique de combat. Et après une bonne heure de notions assez ardues, je laisse les aspirants retourner à leurs occupations, et passe par les vestiaires pour quitter ma combinaison de vol, me doucher, et enfiler mon uniforme. Une fois prêt, je vois qu'il me reste encore une dizaine de minutes avant de retrouver mon fameux Steve et une petite idée germe dans mon esprit. Je quitte la base, et je vois que le fleuriste tout proche est encore ouvert. J'attrape un bouquet assez simple que je glisse sous mon bras, et me dirige vers le pôle des infirmières.

Et à nouveau je soigne mon entrée. J'ouvre grand les double portes et m'avance comme un prince, bouquet sous le bras et casquette légèrement de travers pour me donner un air de mauvais garçon juste ce qu'il faut. En une seconde, la volée de mes perruches se met à piailler de concert, roucoulant à mes oreilles, tentant par tous les moyens d'attirer mon intérêt. Et je sens bien que toutes, toutes ont remarqué mon bouquet, et je les vois du coin de l'oeil se tourner les unes vers les autres pour faire des commentaires enthousiastes.

Je m'avance, cherchant mon Steve du regard et la remarque enfin, penchée sur un soldat blessé. Ce n'est que quand je suis planté face à lui qu'il relève les yeux, et je l'accueille avec le sourire le plus charmeur qu'il m'est possible d'accorder. Celui que je ne réserve pas aux demoiselles. Et les piaillements redoublent quand je lui prends la main et y dépose un baiser. Oh le vent de haine et de jalousie qui s'abat brutalement sur l'endroit. Que c'est délicieux. Et j'aurais aimé que Steve en profite autant que moi, s'il n'était pas aussi intimidé. Même si ça a l'air d'aller mieux qu'hier.

Bonsoir très chère. Vous êtes prête?

Je l'aide à passer son manteau, avant de lui présenter mon bras et de quitter les lieux sous les regards assassins de mes chères perruches. Une fois la porte fermée, j'éclate de rire.

Je crois que vous venez de vous faire au moins une dizaine d'ennemies mortelles...

Je la guide jusqu'à ma voiture et lui ouvre la portière avant de m'installer et de démarrer. En moins de dix minutes je nous gare devant le restaurant et la patronne, Maria, vient m'accueillir en me prenant dans ses bras et en me pressant contre ses seins énormes, sa croix en or à moitié incrustée sur mon front, avant qu'elle ne me lâche pour pincer la joue à Steve.

Oh mais elle est mignonne! Par contre demoiselle il faut manger un peu! Vous êtes toute maigrichonne. Oh vous en faites pas je demanderai à Gino de vous mettre un supplément dans vos assiettes!

Elle nous fait un clin d'oeil avant de nous installer à notre table, et revient à peine quelques secondes plus tard avec une bouteille de vin rouge qu'elle nous sert. La salle est assez sombre, avec de petites lampes sur les tables rondes et des nappes à carreaux. Je fais tinter mon verre contre le sien avant d'en boire une gorgée, et je lui lance un sourire ravageur.

Alors... si vous me racontiez tout?

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Dim 12 Juil - 21:09

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Je ne sais pas ce qui est le pire : les fleurs ou le baise-main. Aux yeux des autres infirmières le simple fait qu'il ose poser son regard sur ma personne et que je sois le centre de son attention est une infamie. Oh je sais qu'elles aimeraient être à ma place, être celle qui a le droit au bouquet de fleurs et au base-main. Mes joues s'enflamment à cette simple attention tandis que je baisse les yeux, fixant le sol avec grand intérêt. Car j'ai peur de lever les yeux et de croiser le regard assassin de Dorothée ou Audrey. Mes doigts glissent d'entre les siens. Je savais que c'était une mauvaise idée… Maintenant… Je sais que demain, je vais devenir l'ennemie publique numéro un. Outre leurs remarques… Je vais devoir supporter leur jalousie. Parce que contrairement à elles, j'aurais eu le droit à des fleurs, à un baise-main. Je me mordille les lèvres, lui adressant un vague sourire.

"Je le suis…"

Oui. Fait moi sortir de cet enfer, sauve-moi de ses harpies qui sont prêtes à se jeter à ma gorge pour me tuer. Je le remercie du bout des lèvres quand il m'aide à enfiler mon manteau. Et quand il m'offre son bras, c'est presque timidement que je viens y poser ma main. Un frisson secoue mes épaules. Demain elles vont me tuer. Demain elles me cracheront leur venin au visage, me rappelant que je ne suis rien, juste une pauvre cruche. Je ne suis pas idiot, je sais qu'elles ne m'appréciaient pas de base… Mais maintenant… Je préfère ne pas y songer. C'est sans prononcer un mot que je le suis à l'extérieur, osant un léger soupir. La porte se referme et je jure sursauter quand il éclate de rire. Sa remarque m'arrache difficilement  un sourire.

"Vous pensez ? Vous savez que dès demain elles vont tenter de me tuer…. Cette soirée risque d'être la dernière que je passe en vie…"

Et je plaisante à moitié. Sincèrement. Mes doigts se referment un peu plus sur son bras tandis que je le suis en silence jusqu'à sa voiture. Wow. Il a sa propre voiture… Je pensais pas qu'un sergent instructeur se faisait autant. Timidement je grimpe en voiture, le remerciant d'un regard confus quand il referme la portière. C'est incroyable, il se comporte avec moi comme si j'étais une vraie femme. A tel point que je pourrais croire qu'il a oublié ce qui s'est passé hier. Qu'il a oublié que sous cette robe et ce maquillage se cache un frêle garçon paniqué à l'idée de se retrouver en tête-à-tête avec lui autour d'un plat de pâtes. Seulement je n'ai que dix minutes pour paniquer avant que la voiture ne s'immobilise. Mon coeur rate un battement quand il m'ouvre à nouveau la porte. Je suis tenté de lui demander si je peux encore y réfléchir, mais à la place je croise son regard et lui glisse un léger sourire. J'ai tellement peur. Terriblement peur. Chose qui ne s'arrange pas quand une femme, qui doit être la tenancière lui saute dessus, l'étouffant littéralement entre ses seins. Face à ce geste je ne peux que me reculer avec un sourire. Eh bien… Encore une admiratrice ? Possible. J'ai un léger rire jusqu'au moment où la femme se tourne vers moi. Oh non. Je retiens mon souffle, restant comme un idiot quand elle vient me pincer la joue. Et voilà qu'elle commence à me dire que je suis mignonne, avant d'enchainer sur le fait que je suis toute maigrichonne. Je serre les dents, me retenant de lui faire remarquer que je ne suis pas si maigre que ça. Je me masse la joue quand elle me lâche, la suivant jusqu'à la table qu'elle nous a réservé. Je n'ose rien dire pendant de longues secondes, fixant  la nappe face à moi. Non mais je ne peux vraiment pas faire ça. C'est pas ma place et… C'est pas bien. Je devrais être chez moi, dans une chemise à tenter d'oublier ce que je fais entre deux tasses de thé et quelques croquis. Je ne devrais pas être là… Et puis d'un coup je réalise un truc… C'est mon premier rendez-vous. J'écarquille les yeux à cette idée. Oh mon Dieu. C'est la première fois que je me retrouve au restaurant avec quelqu'un d'autre. Et je dois avouer que quand je m'imaginais ça, je me voyais plus souvent avec une charmante demoiselle… Et pas avec le sergent instructeur de la base. Je pince les lèvres, ne revenant à moi que lorsqu'il tend son verre de vin en ma direction.

"Oh pardon…"

Je reviens à moi, soulevant timidement mon verre qui s'entrechoque avec le sien. Et alors que lui trempe ses lèvres dans son vin, je me contente de détourner le regard face à son sourire et à sa question. Après tout… Tout l'intérêt de ce dîner, c'est que je lui explique. Mes doigts effleurent doucement les bords du verre tandis que je me mords la lèvre. Je passe une main dans ma nuque avant de pousser un soupire, un léger sourire timide m'échappant.

"Pour être franc, je ne sais pas trop par où commencer…"

Je regarde le verre avant de le reposer. Je pourrais me donner du coeur à l'ouvrage en osant en siroter une gorgée, mais je sais que l'alcool a des effets désastreux sur ma personne, alors autant rester sobre. Je pousse un autre soupir avant d'oser, peinant à croiser son regard que je sens rivé sur ma personne.

"Je… Je pense qu'il est assez évident que vu ma stature… Je suis loin d'être en bonne santé. Gamin j'étais tout le temps malade et heureusement que ma mère était infirmière… Sinon, je pense que je n'aurais jamais atteint mes vingt-et-un ans."

Je baisse à nouveau les yeux. Sans ma mère, je pense qu'aujourd'hui je serais déjà mort. Sans elle pour veiller sur moi à la moindre poussé de fièvre ou rhume, à m'aider à calmer mes crises d'asthmes, à panser mes bleus et autres saignements de nez tout en me grondant gentiment pour m'être jeté dans une énième bagarre. Le temps d'un instant je repense à ma mère, je me revois assis sur un coin de table, le nez plein de coton et elle qui chantonne doucement, désinfectant mes genoux écorchés. Je relève les yeux vers lui avant de reprendre.

"Si je vous raconte ça, c'est que lorsque la guerre a éclaté… J'ai voulu m'engager, seulement ma condition physique m'en empêchait. Plus j'essayais, plus on me disait que pour mon propre bien je ferais mieux de laisser les autres s'occuper de ça. Et je ne trouvais pas ça juste… Qu'on m'interdise de servir mon pays à cause de mon état de santé. Alors… Alors quand j'ai vu que l'armée cherchait des infirmières pour s'occuper des blessés… Je me suis dis que c'était peut-être ma dernière chance. Que je pouvais toujours essayé. Alors…"

Gêné je cache mon visage dans mes mains. J'ai honte. J'ai tellement honte. Honte de devoir faire ça, honte de ce que je suis. Un long soupir m'échappe. Cette fois-ci je n'ose plus le regarder et je ne peux que me mordiller la lèvre.

"Alors… J'ai décidé que me travestir était la seule solution… Mais je vous jure. Je ne suis pas ce genre d'homme. Je suis loin d'être de ceux qui apprécient ce genre de chose. Je ne suis pas un désaxé ou quoi, je suis juste un étudiant en art qui tente de faire ce qui lui semble être juste. Rien de plus."

Je n'aimerais pas qu'il se fasse de mauvaises idées sur ma personne. Qu'il pense que je suis ce genre d'homme. Ceux à la morale douteuse. Mes doigts viennent caresser lentement la croix en or autour de mon cou tandis que je croise difficilement son regard, m'apprêtant à subir son jugement.
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Lun 13 Juil - 22:31

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Steve & Bucky




Je connais Maria et Gino depuis des années maintenant. Mes parents avaient commencé à venir peu après l'ouverture du restaurant, alors qu'ils étaient juste fiancés, et puis ils m'ont emmené quand je suis arrivé. On y allait au moins une fois par semaine, donc forcément... Et maintenant je la considère un peu comme une tante poule, qui est plus mère poule que ma propre génitrice, parce qu'elle au moins ne me serine pas sans arrêt qu'il serait temps que je me marie, que je dois porter l'héritage de la famille, et tout son discours qui est dur et amer sous la dent à force d'avoir été réchauffé. Si elle savait la vraie raison derrière mon célibat... Loin de "Je ne supporterai pas de laisser derrière moi une veuve et des orphelins si jamais je meurs au combat..." avec un regard lourd de sens qui veut dire ''Pas comme papa". Mon père qui a disparu dans le feu de la première mondiale et dont le souvenir s'efface à mesure que le temps passe.

Maintenant Maria a tout de la "mamma" italienne, toujours vêtue de noir, aux longs cheveux corbeau relevés en un chignon un peu embrouillé qui tient par art autant que par miracle grâce à un système de peignes compliqué. Et j'avoue que le moment de vérité arrive quand elle me laisse quitter ses bras et se tourne vers Steve, toujours en Angie. Toutes les infirmières se sont laissées prendre, à voir si la mayonnaise prend avec elle ou non. Et il faut croire que oui. Elle la complimente avant de lui dire de manger plus, et nous installe. C'était ce moment que je redoutais le plus, mais maintenant qu'il est passé, on peut se concentrer sur l'essentiel. En apprendre plus. Et je brûle d'impatience d'apprendre ce que ses lèvres fines ourlées de rouge pourront me révéler.

Pourtant Steve est loin d'être à l'aise. Pendant de longues secondes son regard reste fixé sur la nappe à carreaux. J'imagine bien que ce qu'il va me dire ne doit pas être aisé alors je la laisse, profitant de son silence pour servir le vin, puis lui tendre son verre. Il s'excuse timidement avant de le prendre entre ses doigts fins, et le porter à ses lèvres après avoir trinqué. J'essaie de l'encourager avec un sourire qui se vent gentil, pas le sourire réservé à ma volière, et attends. Attends qu'elle s'ouvre à moi. Et à peine elle a ouvert la bouche que je reste médusé. Eh bien pour de la révélation, c'est de la révélation! Je hoche lentement la tête au gré de ses paroles, avant de froncer les sourcils en voyant Steve enfouir son visage dans ses mains. Et sans même y réfléchir je pose ma main sur sa joue et serre doucement ses doigts, l'incitant à lever les yeux et à me regarder.

S...Angie. Angie... N'ayez pas honte de ce que vous faites. Bien au contraire. Beaucoup trop de personnes font ça pour la gloire et l'honneur, pour espérer entrer dans les livres d'histoire et avoir un beau jeu de médailles à exposer dans un cadre au-dessus de la cheminée, pour la fierté de pouvoir dire à ses enfants et à ses petits enfants 'J'y étais'. Et je suis un peu de ceux-là. Je suis autant attiré par le prestige que par l'envie d'aider mon prochain. Vous S...Angie... vous voulez simplement aider votre pays. Aider votre prochain. Il y a... une certaine forme de pureté dans votre engagement et je... je trouve cela admirable. Vraiment.

Je caresse encore sa main avec la mienne pendant que l'autre amène le verre de vin à mes lèvres pour en boire une gorgée avant de reprendre.

Angie. Dans un certain sens je vous admire. Il faut beaucoup de courage pour avoir osé faire tout ça. Il y a des risques, mais ce en quoi vous croyez est plus fort. C'est admirable. Allons... allons détendez-vous...

Il finit enfin son histoire, m'avouant qu'avant la guerre, il était étudiant en art. Je hausse un sourcil, vraiment intrigué.

Ecole d'art, vraiment? Nous avons donc un futur Picasso ou Michel-Ange qui se cache sous cette perruque et ce rouge à lèvres. Je serai curieux de voir ce que vous faites. Un jour, peut-être...

A cet instant deux seins énormes me surplombent, presque capables de cacher la lumière du soleil si nous avions été en extérieur. Maria, qui sourit en voyant ma main sur celle de Steve, déposant devant nous un panier de pain au beurre frotté à l'ail, avant de prendre nos commandes.

Cannelonis, pour moi. Angie, choisissez ce que vous voulez. Tout est excellent.

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Jeu 16 Juil - 18:45

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J'ai honte. Tellement honte. Honnêtement, je suis à deux doigts de m'excuser et de m'enfuir en courant pour aller me terrer dans mon appartement. Il sait maintenant. Il sait tout. Il pourrait dès demain aller en parler au caporal et là… Ma vie serait foutue. Je perdrais tout et je ne saurais pas quoi faire. Parce que je n'ai rien. Rien à part cet appartement que je tiens de ma mère, rien à part le maigre salaire que je gagne en jouant les infirmières… Non si il révélait tout… Je serais bon pour pas grand chose. Qui voudrait filer du boulot à un homme comme moi ? Qui accepterait de me loger ? Personne. Désormais… Il a toute mon existence en main. Littéralement. D'un caprice de sa part je peux tout perdre. Un frisson dévale mon échine alors que je peine à respirer. Je n'aurais jamais dû accepter, j'aurais dû fuir ou… Trouver un moyen d'esquiver ce rendez-vous . Non mieux, j'aurais dû être plus prudent. Hier soir j'aurais du me contenter de rentrer bien sagement chez moi, et ne pas commencer à me changer dans ce vestiaire.

Je sursaute quand je sens ses doigts se poser sur mes mains. Lentement il me force à découvrir mon visage. Non. Je ne veux pas croiser votre regard. Pas après ce que je viens de dire. Ses doigts tracent délicatement ma mâchoire avant de se glisser sous mon menton, m'obligeant à croiser son regard. Je me fige tandis qu'il commence à me dire qu'il m'admire pour mon courage. Qu'au lieu de faire ça pour la gloire ou la reconnaissance, je ne fais que parce que j'estime que c'est ce qui est juste. Lentement je me détends à ses mots, au point que je ne me méfie plus de sa main qui caresse lentement la mienne. Mieux, je trouve ça presque rassurant. Au point que j'ose un sourire quand il insiste une fois de plus sur le fait que ce que je fais est admirable. Je n'irais pas jusqu'à dire ça. Je fais ce qui me semble être juste. Rien de plus. Je fais mon devoir. J'ai le droit de vouloir défendre et servir mon pays… Ma condition physique ne devrait pas être un obstacle ou une excuse pour que je laisse les autres se battre.  Non. Je voulais juste prouver que j'étais capable de me défendre moi aussi, que je n'étais pas qu'une simple chose fragile que l'on doit protéger. Mais à le voir ainsi avec moi… Je ne sais plus quoi penser. Suis-je vraiment courageux ? Fais-je vraiment ce qu'il faut ? Lui semble me dire que oui. Lui semble me comprendre… Il ne me juge pas. Chose qui me rassure. Au point que j'en viens à lui avouer qu'avant de faire tout ça, je n'étais qu'un simple étudiant en art sans la moindre prétention. Un garçon bien sage et discret au point d'être invisible au yeux du monde. Un rougissement m'échappe tandis qu'il m'avoue vouloir voir un jour l'artiste qui se cache derrière ses lèvres outrageusement rouges.

"Un jour qui sait…"

Jamais j'espère. Qu'il me voit comme ça me gêne déjà énormément, alors qu'il découvre le jeune homme en dessous… Je ne pourrais. Là il ne voit qu'une image, une façade, une mascarade, un lac trouble dont il ne voit pas le fond. Et honnêtement, je ne suis pas sûr de vouloir le laisser voir plus loin que la surface. Ses doigts peuvent en troubler la surface… Mais c'est tout. Je sursaute au moment où je vois la tenancière revenir vers nous, souriant alors que son regard se pose sur nos mains. Je retire la mienne d'un coup, recommençant à regarder la nappe à carreaux. Pour être franc, si cette chère Maria fait le moindre commentaire, je crois que je vais être malade. Heureusement elle se contente de poser devant nous un peu de pain frotté à l'ail, pour ensuite nous demander ce que nous aimerions manger. Oh. J'oubliais. Le dîner. J'étais tellement pris dans mes explications, que j'en ai oublié le repas.

"Euh eh bien… Des cannellonis pour moi aussi… Je vous fais confiance Sergent."

Je tente un sourire timide, croisant à peine son regard. Maria a un rire avant de nous laisser, me rappelant qu'elle veillera à ce que je mange bien. Une légère grimace m'échappe. Je m'attends au pire. Vraiment. Mes doigts jouent nerveusement avec le tissu de ma robe tandis qu'un léger silence s'installe entre nous. Un silence gêné. Terriblement gêné. Parce que j'ai l'impression de ne pas être à ma place. Je ne devrais pas être là. Pas ainsi et pas avec lui.

"James ? Je peux vous poser une question ?"

J'attends qu'il me fasse signe d'y aller avant de prendre une grande inspiration.

"Pourquoi m'inviter à dîner ? J'aurais pu tout vous avouer hier soir… Rien ne vous obligeait à m'emmener ici. Vous auriez pu profiter de cette soirée avec l'une de vos admiratrices et non moi. Certaines tueraient pour être ici, alors pourquoi perdre votre temps avec moi ? Pourquoi ? Est-ce par simple curiosité ou par simple envie de vous jouer de moi ?"
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Ven 17 Juil - 21:56

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Si je m'attendais à ça. La soirée s'avère beaucoup plus intéressante que ce que j'avais espéré de prime abord. Parce que oui, j'étais ma foi fort curieux d'apprendre pourquoi un jeune homme du nom de Steve accepterait d'endosser chaque matin le costume de la charmante "Nurse Angie", et passerait ses journées à soigner nos pauvres soldats. Qu'est-ce qui pourrait pousser un homme normalement constitué bien que très fin, à se travestir, avec tous les risques que cela implique. Parce que, dans un cabaret, dans des clubs, pourquoi pas j'ai envie de dire, surtout avec un contexte de fête, de décadence, un cadre feutré... mais quel pourrait être l'intérêt de s'habiller ainsi pour "travailler"?

Et à ma grande surprise c'est une histoire touchante qu'il me raconte, avec une émotion telle que je le vois cacher son visage dans ses mains. Et sans même y réfléchir j'éprouve de la compassion pour elle, et je fais comme je réconforterai une vraie demoiselle en détresse, émotif tout du moins, et je porte la main à sa joue pour une douce caresse, avant de lui faire relever les yeux vers moi. Bon sang elle tromperait le monde entier... Et si je n'en avais pas eu la preuve sous les yeux, je crois que j'aurais bien ri au nez de quiconque serait venu me voir en m'annonçant simplement "Angie est en fait un homme". Il en a la délicatesse, une certaine grâce timide... et regardez-moi ces longs cils clairs qui cachent ces yeux magnifiques. Maintenant je n'ai qu'une hâte, c'est de le voir tout entier. Le voir sans maquillage, sans artifices féminins. Voir quel jeune homme gracile se cache sous cette blouse bien trop chaste et cette jupe bien trop longue. Plus tard. Plus tard. C'est bien trop tôt pour l'instant.

Je le rassure du mieux que je peux, et je suis sincère dans mes paroles. Son engagement est admirable, et me touche autant qu'il m'intrigue. Ce Steve doit être quelqu'un de bien singulier pour faire un tel sacrifice. Mais je veux en savoir plus. Et là, pour couronner le tout, le jeune homme est étudiant en art. Enfin était, avant la guerre. Un artiste qui se met à jouer les infirmières pour servir son pays. Le frêle jeune homme en face de moi semble avoir plus de patriotisme qu'une bonne partie des bidasses de mon régiment. Et lui n'a pas le droit de se battre. J'aurais bien plus confiance en lui sur le champ de bataille qu'en ceux qui paradent en uniforme mais qui détalent comme des lapins au premier coup de feu. J'espère simplement qu'il tient mieux son pinceau qu'il ne tient une aiguille...

Ouh... serait-ce une invitation, Rogers? Attention parce que je risque de vous prendre au mot!

Je lui lance un clin d'oeil avant de boire une nouvelle gorgée de vin. A cet instant Maria vient nous prendre nos commandes et nous accorde un sourire attendri de la mère poule sur son poussin. Puis elle disparaît en rappelant à Steve qu'elle veillera personnellement à ce qu'il ait une portion supplémentaire de cannellonis. Je ris doucement, attrape sa main couverte de bagues et dépose un baiser.

Merci Maria... Tu es un amour...

Je me ressers du vin une fois que la matrone nous a laissés et je fronce légèrement les sourcils en regardant Steve. Elle a retiré sa main de la mienne comme si elle s'était brûlée et garde ses yeux obstinément rivés sur sa robe. Ce n'est qu'au bout de longues secondes qu'il rompt enfin le silence. Je souris, et tente une blague pour l'encourager.

Très chère, vous venez déjà de m'en poser une... Mais allez-y je vous écoute.

Je le vois qui prend une profonde inspiration avant de se lancer dans une longue tirade. La fameuse tirade du pourquoi du comment. Eh bien nous y sommes... Alors...

Angie. Tout d'abord, si vous êtes ici c'est que je n'avais pas envie de me lancer dans ce genre de discussion dans le couloir froid d'une base militaire. Admettez que le cadre est plus agréable non ? Vous auriez préféré quoi? Que je vous frappe? Que je hurle? Je suis curieux, voilà tout. La moindre des choses était de vous laisser l'opportunité de vous expliquer non? C'est toujours mieux autour d'une bonne bouteille et de la sublime cuisine italienne...

Je soupire en ne le voyant vraiment pas convaincu et je me penche davantage vers lui.

Quant à mes admiratrices, vous pouvez vous rassurer. Elles me m'intéressent pas. Les femmes ne m'intéressent pas. Je fais mon petit cinéma pour cultiver ma couverture, c'est tout. Voilà. Vous êtes un peu plus rassuré? Maintenant vous avez aussi un secret sur moi. Et... Sachez une chose. Je n'aime pas me jouer de quelqu'un. Ce que j'aime, c'est jouer avec quelqu'un. Ca, ça me plait beaucoup. Je vous montrerai peut-être ça un jour, mais pour l'instant c'est beaucoup trop tôt. J'ai juste envie de passer un peu de temps avec vous, et apprendre à vous connaître. Rien de plus...


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Jeu 23 Juil - 11:06

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Angie. Rien que sa façon de prononcer ce prénom me fait frissonner. Parce que j'ai envie de lui dire qu'avec un ton aussi sérieux, je préférais qu'il utilise mon vrai prénom. Pas celui que j'emploi pour me faire passer pour une femme. Mais tant pis. Je croise à nouveau son regard et ce que j'entends me laisse perplexe. Il marque un point sur le fait que je préfère largement qu'on discute de tout cela ici, dans une ambiance feutrée et relativement intime, qu'au milieu des casiers et de son regard accusateur. Il a raison. On est bien mieux ici. Au moins ici, je ne crains pas de prendre un coup, de l'entendre hurler ou m'insulter. Étrangement, ici je suis dans une relative sécurité… Relative car rien ne l'empêchera d'aller révéler mon secret dès demain à qui voudra bien l'entendre et le croire… Ici, je ne crains rien. Et pourtant. J'ai du mal à croire que ce soit la seule raison pour laquelle je me retrouve ici, autour d'une bouteille de bon vin et d'un plat italien. Je ne devrais pas lui poser cette question. Je devrais me contenter d'avaler ses explications sans broncher, mais quelque chose me dit qu'il y a plus que la simple envie d'entendre mes fameuses explications. Il cherche autre chose, il veut autre chose. Et à le voir se pencher vers moi, j'ai comme l'impression que je ne vais pas tarder à le savoir. Mes doigts resserrent d'avantage le tissu de ma robe tandis qu'il reprend d'un ton plus feutré, un ton que l'on réserve pour des aveux ou des confidences.

Et rien que le début me fait écarquiller les yeux de surprise.

Il n'aime pas les femmes, elles ne l'intéressent pas. C'est… Il… Lui ? Impossible. Non. Pourtant il a pas l'air comme ça, toute les femmes lui mangent dans la main et je pense que pour se trouver une fiancée il ne doit pas avoir à chercher des années. Mais à l'entendre il ne jouerait les jolis coeurs que pour entretenir une couverture. Au yeux du monde il se fait passer pour le tombeur de ses dames alors que dans les faits… Il préfère se perdre dans les bras d'autres hommes. Alors non. Je ne suis pas franchement rassuré de l'entendre me dire ça. Pense-t-il que je suis ce genre là ? Que je suis comme lui ? Non… Moi… Je… Comme tout les bons garçon, je n'aime que les femmes… C'est ce que je devrais penser non ? C'est la première chose qui devrait traverser mon esprit, n'est-ce pas ? Et pourtant non. La première chose qui travers mon esprit c'est "Je ne sais pas." Ça devrait être évident. Je devrais ne pas avoir à me poser de questions… Et pourtant. Même si j'essaye de me convaincre que ce sont les femmes qui charment mon être… Je n'arrive pas à m'en convaincre. Parce qu'au fond, je ne sais pas. Jamais je n'ai eu l'occasion d'en emmener une au restaurant, ni n'ai eu l'occasion de ne serait-ce que l'embrasser… Alors comment savoir si c'est ça qui séduit autant mon coeur que mon âme ? Les bons garçon le savent, murmure une voix dans mon esprit. Ma mère me réprimanderait en me disant que je n'ai pas à me poser ce genre de question, que c'est idiot. Alors quand pour répondre à sa question, non je ne suis pas plus rassuré que ça, et pourtant je me contente d'hocher docilement la tête. Puis je réalise à ses mots qu'en effet, maintenant j'ai moi-même un point de pression sur lui. Désormais il n'a plus l'ascendant sur moi… Maintenant nous sommes à égal. Et cette nouvelle me rassure plus que de savoir qu'il a un penchant pour les hommes. De savoir qu'il ne tente pas de se jouer de moi… Mais qu'il veut jouer avec moi. Je fronce légèrement les sourcils. Avec moi ? À quoi veut-il qu'on joue ? Nouveau froncement de sourcils quand il me susurre qu'il me montrera peut-être ça un jour. Mais me montrer quoi ? Je me fais étrangement plus méfiant alors qu'il m'avoue ne vouloir que passer un peu de temps avec moi, simplement pour apprendre à me connaître.

"Je ne suis pas sûr de comprendre…"


Le bruit de talons sur le plancher m'interrompt. La grande Maria revient avec nos deux plats, chantonnant presque un bon appétit quand elle dépose les deux assiettes devant nous. Assiette qui me fait doucement écarquiller les yeux. Oh bon sang, elle ne plaisantait pas quand elle parlait d'augmenter un peu ma portion parce que selon elle je ne mange pas assez. La vache, je n'arriverais jamais à avaler tout ça. Je risque d'en être malade. Je glisse un sourire à la tenancière avant qu'elle ne s'éloigne, nous rendant notre semblant d'intimité. J'attrape ma fourchette, esquissant un léger sourire au sergent.

"Ça a l'air franchement délicieux…"

J'en prends une bouchée suivant ses sourires d'encouragements, mâchonnant doucement. Et bon sang… C'est vrai que c'est délicieux. Un sourire se dessine sur mes lèvres, au point que j'en viens en prendre une autre bouchée, oubliant presque ce que je voulais lui dire. Jusqu'à ce qu'entre deux gorgées de vin, et une assiette largement entamé, je finisse par laisser mon regard se perdre dans le sien. La soirée n'est pas si désagréable que ça, et étrangement, il se comporte plus que bien avec moi, comme si j'étais une de ses demoiselles, une de ses groupies enamourée. Comme si j'étais une personne désirable à qui il tentait de faire passer une agréable soirée. Je termine mon verre de vin et observe avec amusement son sourire.

"Alors c'est ça que vous appelez jouer avec quelqu'un James ? L'emmener se confier dans un restaurant au cadre feutré ? C'est ça qui vous amuse ? De lui faire passer une bonne soirée… ? Drôle de jeu."

J'ai un sourire alors qu'il s'occupe de régler pour nous deux en parfait gentleman qu'il est. Je remercie et félicite une fois de plus Maria avant de laisser le sergent me raccompagner. Honnêtement, cela aurait pu être bien pire. Il aurait pu effectivement m'arracher des aveux hier soir au milieu des vestiaires, mais à la place, j'ai eu le droit à cette soirée agréable en sa compagnie. Je souris, presque gêné quand il insiste pour me raccompagner jusqu'à mon appartement. L'idée qu'il puisse savoir où j'habite me dérange quelque peu, mais j'ai l'impression que je n'ai pas vraiment le choix et que refuser n'est pas vraiment une option. Je regarde la ville défiler sous mes yeux, poussant un léger soupir de lassitude à l'idée que tout ceci est terminé. Que pour ce soir je ne vais plus avoir à me faire passer pour la charmante Angie. Que dans moins de cinq minutes je pourrais redevenir Steve, le simple étudiant en art.

Un sourire se glisse sur mes lèvres quand il m'ouvre la portière, en parfait gentleman, je sors de sa voiture et commence à fouiller dans ma pochette pour en tirer mes clés. Je le sens sur mes talons alors que le trousseau tinte entre mes doigts. Nous y voilà. Sur le pas de ma porte. Et il est toujours là, dans son uniforme, avec son regard bleu qui ne quitte pas le mien et son sourire en coin qui ne trompe personne. Le temps d'un instant, je comprends ce que les femmes lui trouvent. Il est plus que beau garçon et à sa manière de me regarder… Je ne sais pas… J'ai l'impression de mériter chaque parcelles de son attention. Je baisse doucement les yeux et fais un pas en arrière, commençant d'une voix douce.

"James… Merci pour la soirée… Et j'espère que… Mes explications ont su vous satisfaire, mais je ne vais pas vous retenir plus longtemps il est tard et demain vous devez vous occuper de vos recrues."

Je croise à nouveau son regard.

"Bonne soirée James et au plaisir de vous recroiser un jour à la base…"

Et alors que je m'apprête à simplement lui tourner le dos pour rentrer chez moi, voilà qu'il m'annonce qu'on se reverra bien plus tôt que ça. Dans deux jours même, autour d'un verre dans un bar qu'il affectionne particulièrement. Mon sang se glace dans mes veines alors que mon sourire disparait d'un coup.

"Pardon ? Mais… Je croyais que… Je croyais que vous ne vouliez qu'un dîner… Et rien de plus."
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Ven 24 Juil - 10:38

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Le cadre est agréable, un vieux vinyle de musique italienne crachote en fond sonore alors que la lumière tamisée est propice aux confidences. Et je ris doucement en voyant ses yeux s'agrandir comme des soucoupes à la mention de mes préférences dans la chambre à coucher, portant la main à mes lèvres avant d'attraper la sienne.

Oh vous êtes vraiment adorable! Je suis sûr que vous vous imaginez déjà un désaxé, quelqu'un s'adonnant aux pires pratiques, à la luxure et au stupre et que sais-je encore, dans une version moderne de Sodome et Gomorrhe. La réalité est toute autre. Je préfère simplement sentir un corps d'homme entre mes bras. En avoir un dans mon lit. Et les femmes sont en général bien trop ennuyeuses à mon goût. Et capricieuses...

Je porte le verre à mes lèvres et tourne les yeux en voyant Maria nous apporter deux portions de cannellonis. Une copieuse, pour moi, et une carrément dantesque, pour Steve. Je lui accorde un sourire ravageur tout en désignant l'assiette de Steve.

Ma belle, tu sais qu'avec ce que tu lui as servi il y a de quoi nourrir tout ton village en Sicile? Tu en es consciente?
Eh bien qu'elle mange ce qu'elle pourra. Il faut qu'elle se remplume cette pauvre petite!


Elle accorde un nouveau sourire de mère poule fière d'avoir accompli son devoir nourricier avant de retourner en cuisine. Je lève les yeux vers mon protégé quand il me dit qu'il a peur de ne pas tout comprendre, et je lui lance d'un air mystérieux.

C'est normal... Mais ne vous en faites pas, je ne vais pas vous croquer...

Oh qu'est-ce que je m'amuse à jouer ainsi avec lui. Il est si charmant, si innocent. Je me demande même s'il a déjà tenu une femme dans ses bras. Oh parce que s'il ne connaît rien... il va devenir encore plus intéressant à mes yeux. Un tel joyau d'innocence ne se présente pas tous les jours. Pas d'aussi beau tout du moins... Il redevient silencieux et je l'encourage à attaquer son plat fumant qui me donne déjà l'eau à la bouche. Pendant quelques instants je ne fais que le regarder, m'amusant de son expression qui change à la seconde où il goûte la première bouchée. Tu vois que j'ai bien fait de t'amener ici? Hein? Je fais un sort à mon plat, lui jetant de petits coups d'oeil accompagnés de sourires rassurants. Et je suis content de voir qu'il se détend petit à petit. Qu'il apprécie autant la nourriture que ma compagnie. Et après tout c'est vrai, a-t-on déjà vu une personne en détester une autre autour d'un plat de cannelonis? Moi, jamais. Il faut croire qu'une soirée agréable était tout ce qu'il fallait pour apprivoiser un peu cet étrange phénomène nommé Steve... Qui se décide enfin à ouvrir la bouche, redevenant sérieux. Et j'étouffe un léger rire avant de reprendre du vin.

Oh...Ce n'est qu'une petite, une toute petite partie de ce jeu... Mais si vous êtes assez aventureuse, je vous montrerai le reste...

Je repose mes couverts, et vois ma Maria qui revient près de nous. Je la félicite, lui glissant à l'oreille d'emballer ce que ma charmante invitée n'a pas pu manger pour qu'elle puisse le ramener chez elle, et la matrone me tape sur l'épaule avec un sourire entendu avant de disparaître.

Alors très chère, ça vous a plu? Vous êtes sûre que vous ne voulez pas de dessert?

A son refus je me lève et file retrouver Gino pour régler l'addition. Je le quitte après une poignée de main franche et chaleureuse, avant que Maria ne me retrouve, et ne me serre contre elle en me faisant lui promettre que je reviendrai bientôt, et que ça serait un plaisir de voir la petite demoiselle. Je promets sagement, et je la vois tendre un paquet à Steve. Les restes de son plat. Un dernier salut et nous sortons. Je lui ouvre la portière et la laisse s'installer, veillant même à ce que sa jupe ne se coince pas, et je me mets au volant, le laissant me guider jusqu'à son appartement. Le trajet se fait en silence, mais pas un silence pesant. Plutôt le silence du ventre plein et de l'alcool qui fait gentiment somnoler. Je m'arrête, vais lui ouvrir et lui tends la main pour l'aider à sortir. Et le suis jusque devant sa porte. J'écoute avec un petit sourire satisfait ses remerciements timides, hochant la tête.

Le plaisir était partagé Steve. C'était très agréable...

J'attrape sa main qui ne tient pas les fleurs et y dépose un léger baiser avant de la lui rendre. Il hésite une seconde avant de se tourner pour rentrer dans le hall, et je lance avec un air de sale gosse.

Après-demain. Pour un verre. Je connais un endroit très sympa dans le centre. Vous allez adorer.

Mon sourire se fait encore plus charmeur alors qu'il bredouille, paniqué. Je penche légèrement la tête sur le côté.

Un verre. Ce n'est rien un verre! Et vous avez dit vous même que cette soirée vous avait plu! Alors, où est le mal? Je vous cherche à 19h après votre service!

Je ne lui laisse pas le temps de répondre que je me glisse dans ma voiture et que je disparais dans la nuit. Je souris bêtement, amusé par ce nouveau mystère qui m'est présenté, et attend le surlendemain avec impatience, même si dès le lendemain je ne me gêne pas pour lui lancer des oeillades ravageuses quand je passe dans le pôle des infirmières. Et le fameux soir, vêtu de mon uniforme impeccable, et de nouvelles fleurs sous le bras, je vais retrouver ma petite Angie, sous les regards haineux de mes perruches. Eh oui, c'est la première que j'invite deux fois de suite, et elles doivent déjà tirer des plans sur la comète. Je le vois enfin, si sérieux dans sa jupe longue et sa blouse blanche, et je m'approche avant de prendre sa main et l'élever jusqu'à mes lèvres.

Bonsoir très chère. Etes-vous prête?

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Sam 25 Juil - 13:04

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Oh right here, cause I need, Little love and little sympathy
Non, non… Ça ne devait être qu'un repas. Un simple repas, quelques explications et il me laissait tranquille. En aucun-cas il n'avait parlé d'aller prendre un verre ou quoi. Je pensais qu'après cette soirée le sergent allait tout simplement m'oublier et s'en retourner à sa cour de perruches… Mais non. Il est là, délicieusement charmant face à moi, à me dire qu'on remet ça après-demain. Je me sens pâlir alors que mes doigts se resserrent autour du bouquet de fleur, que je ne vais pas tarder à ruiner si cela continue. Et je ne peux que serrer des dents quand je vois qu'il me fait son numéro de joli coeur, à sourire avec une insolence délicieuse, la tête légèrement penché. Pas avec moi, je ne suis pas une de tes perruches… Et pourtant, il insiste… Je pousse un soupir résigné, sentant que ce n'est pas vraiment la peine de tenter de gagner ce combat. Il ne va pas me lâcher jusqu'à ce que je finisse par accepter ce verre. Simplement parce que j'ai eu le malheur de lui avouer que j'ai apprécié cette soirée en sa compagnie. Je me mordille les lèvres. Mal joué Rogers, très mal joué… Où est le mal ? Je suis un homme, qui se fait passer pour une femme, et lui qui le sait, continue pourtant à vouloir une autre soirée avec moi. Si ce n'est qu'un verre… Ça reste innocent, non ? Après tout… J'ai été clair, contrairement à lui, je n'ai pas ses préférences...

Seulement alors que je suis perdu dans mes pensées, je ne remarque que lorsque j'entends le moteur de sa voiture ronronner qu'il s'est sagement éclipsé, sans vraiment me laisser le temps de refuser ce nouveau rendez-vous. C'est donc avec un refus sur le bord des lèvres, mon bouquet de fleurs en main et mes restes de cannellonis que je le regarde partir. Pendant quelques secondes je reste donc sur le pas de la porte, mes clés en mains avant de finalement me décider à rejoindre mon appartement. Et alors que je me déshabille, que je me débarrasse de mon semblant de maquillage, je ne cesse de ruminer ses mots. Le fait qu'il m'ait avoué avoir une préférence pour les hommes, et qu'il serait prêt à me montrer en temps voulu le genre de jeu auquel il s'adonne. Je fais disparaitre le rouge sur mes lèvres et soupir en croisant mon reflet dans le miroir. Je ne le comprends pas… Pourquoi s'intéresser à moi ? Parce que je me déguise en femme ? Je ne sais pas, et je dois avouer que la réponse m'effraie quelque peu. Je retire ma robe, renfilant une chemise avant de jeter un coup d'oeil au bouquet qui m'attend sagement sur la table. Pourquoi ? Pourquoi m'en offrir ? Pour maintenir sa couverture autant que la mienne ? Pour rendre le reste des infirmières jalousent ? Ou simplement parce que cela fait parti de son jeu ? Aucune idée. Je saisis le bouquet que je défais, le glissant dans un vase que je pose sur le bureau. Et pendant quelques minutes, je me contente de l'observer, me demandant ce que le sergent a derrière la tête.

Je passe la journée du lendemain à ruminer dans mon coin, écoutant à peine ce que les autres infirmières peuvent raconter. La vérité c'est que je fonctionne en pilote automatique. Je hoche docilement de la tête pour répondre à toutes les questions et je m'occupe des blessés sans vraiment y penser. Jusqu'au moment où je vois le sergent Barnes débarquer à l'infirmerie. Immédiatement toutes les perruches recommencent à venir roucouler à son oreille, espérant qu'à l'aide de battement de cils, elles obtiennent ne serait-ce qu'une parcelle de son attention… Mais non. C'est à moi qu'il réserve ses sourires et ses oeillades ravageuses. Chose qui est pris comme un affront par les autres. Parce qu'il ose me regarde moi, Angie, la pauvre gamine sans forme, à peine mignonne… Et pas elles. Je ne cherche plus à croiser son regard alors qu'il repart, non sans flatter une dernière fois sa cour de quelques compliments bien futiles.

"Eh bien… Un rendez-vous et voilà que tu penses avoir ses faveurs ? Ne te fais pas trop d'illusions Angie… Il t'oubliera bien rapidement…"

Je baisse les yeux, écoutant les légers gloussements que les autres tentent de retenir. Ce n'est que de la jalousie. De la jalousie pur. Parce que moi j'ai eu ce qu'elles n'ont jamais eu… La pauvre Angie sans forme et sans charme a reçu plus d'attentions qu'elles…  Je me contente de les ignorer. Elles ont raisons au fond, au bout d'un moment il finira par se lasser. Et ce jour-là… Rien ne l'empêchera de me dénoncer.

Mon coeur s'arrête de battre quand je le vois à nouveau franchir les portes de l'infirmerie, dans son uniforme impeccable, sa casquette légèrement de travers et entre ses bras, un autre bouquet de fleur. Et je dois avouer… Apprécier le voir ainsi rien que pour moi, et pas pour une autre idiote du service. Il vient pour moi, il parade pour moi et pas pour une de ses dindes. Je baisse les yeux, tentant de contenir mon sourire. Contrairement à la dernière fois… J'apprécie simplement de les sentir se consumer de jalousie… Pour moi. La petite Angie fade et sans intérêt qui n'aura jamais les faveurs du beau James Barnes. Je le laisse saisir mon poignet, lui glissant un sourire candide.

"Bonsoir Sergent… Je n'attendais que vous…"

J'accepte son bouquet de fleurs et passe ma main sur son bras, relevant le menton alors que je sens le regard haineux des autres se poser sur ma personne. Deux fois. J'ai eu deux fois ce qu'il ne vous donnera jamais. Je reste sérieux, marchant à ses côtés, et quand les portes se referment derrière nous, un long soupir m'échappe, ma main glissant le long de son bras tandis que je m'éloigne quelque peu de lui.

"Vous savez qu'elles vont finir par me tuer ? Vous les rendez folles à m'accorder un rendez-vous supplémentaire… Vous êtes un démon…"

Je croise son regard, y voyant quelque chose qui fait courir sur mon échine un long frisson. Je murmure doucement la suite de ma phrase.

"Un démon qui prend du plaisir à les rendre jalouse grâce à moi."
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Mer 29 Juil - 15:23

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Steve & Bucky




Steve. Mon charmant, curieux et terriblement intéressant Steve. Infirmière le jour, artiste la nuit, adorable tout le temps. C'est simple, je le veux. Je veux qu'il soit à moi. Je veux qu'il devienne mon nouveau protégé. Mon nouveau jouet. Et surtout, je meurs d'envie de voir à quoi il ressemble sous cette perruque et ce rouge à lèvres. Parce que même s'il fait une demoiselle plus que passable, ce sont ses attraits de garçon et son minois au naturel qui m'intéressent. Tu es arrivé à faire ce que peu ont réussi : éveiller mon intérêt et ma curiosité... Et ça, très cher... ça, ce n'est pas donné à tout le monde.

Je reste pensif tout le long du chemin du retour, me perdant dans des rêveries à propos de ma charmante infirmière, et ce à quoi elle pourrait ressembler. Et la curiosité et l'impatience m'agacent, rendant le temps long au point que ça en est presque insupportable. Mais enfin vient le lendemain, et enfin le moment s'approche où je pourrais le revoir. Ca me brûle d'en savoir plus. Ca me brûle de le faire mien. Totalement mien. La journée passe lentement, trop lentement, et j'essaie au maximum de me concentrer sur les exercices de reconnaissance à basse altitude que j'impose à mes recrues, ainsi qu'un entraînement à quelques figures de base, exprès parce que la journée est pluvieuse et que ça rend les choses moins faciles. Bilan de l'activité, un idiot a failli faire se cracher son Spitfire. Heureusement que son navigateur lui a hurlé de se bouger le cul, parce que sinon ils seraient allés droit dans le mur. Littéralement.

Enfin, je repasse par le vestiaire pour quitter ma combinaison de vol et reprendre mon uniforme après une douche rapide, et je profite du peu de temps qu'il me reste pour prendre de nouvelles fleurs pour mon rendez-vous. Eh oui mes chères perruches, ce soir est un grand soir : Angie va être la première à avoir l'honneur d'être invitée deux fois. Et je m'en fiche totalement si ça semble totalement présomptueux. Elles rêvent tous de me passer la corde au cou, et que sitôt installés dans une petite maison de banlieue avec enfants et chien je reste tout aussi joli garçon et impertinent mais que je n'ait d'yeux que pour elle et que je dise Amen à tout. Hahaha si seulement. Mes perruches vous ne me voudriez vraiment pas dans votre vie, à part pour impressionner vos amies lors de vos après-midi bridge et tartes aux fruits. Je suis bien trop un sale gosse pour la vie écoeurante d'ordre que vous voulez m'imposer mes belles.

Je viens le retrouver, et sent un vent aussi glacial qu'un blizzard sibérien souffle brutalement quand je me dirige une nouvelle fois vers Steve, des fleurs sous le bras, déposant un gracieux baisemain sur ses doigts fins. Oh oui mes perruches, je peux déjà vous entendre rager, et vous insurger. Mais pourquoi elle? Mais pourquoi pas moi? Parce que vous êtes tellement plates et insignifiantes... Vous n'aurez aucune chance. Jamais. Lui par contre... Et curieusement, contrairement à hier, où il était tout tremblant, voilà qu'il me sourit, et entre dans mon jeu. Eh bien eh bien... voilà que notre timide Angie s'avère bien piquante. Et ça me plait terriblement.

Je l'escorte jusqu'à ma voiture et lui tiens la porte avant de nous mettre en route. Je nous emmène jusqu'au centre ville, et je me gare face à une devanture assez commune. Je lui ouvre la porte, et lui présente mon bras alors qu'un portier nous ouvre.

Merci Barney

Dès l'entrée une charmante petite blonde nous prend nos manteaux, mais le petit couloir où se trouve son guichet est sombre, et seules quelques notes filtrent jusqu'à nous. Oh Angie, je suis sûr que tu vas adorer...

A tout à l'heure Penny!

Petit clin d'oeil à la demoiselle du vestiaire alors que je pousse la porte de la grande salle, Steve toujours à mon bras. Et là je souris. Voilà mon élément. Une bouffée de chaleur, de parfums capiteux et de fumée de cigare vient nous fouetter le visage alors que les mesures rapides d'un swing endiablé retentissent dans toute la salle sombre aux lumières discrètes. Le groupe joue sur la scène, entourée de danseuses recouvertes de strass et de plumes. Une adorable rouquine s'approche de nous, et je dépose un baiser sur sa joue.

Rebecca trésor! Tu es ravissante. Tu nous emmènes à ma table? Tu es un amour...

Elle nous sourit, peu gênée par ma petite infirmière à mon bras, qui se resserre comme si elle allait courir le plus grand des dangers. Je pose ma main sur la sienne, me penchant vers son oreille.

Tout va bien Steve. Vous allez adorer et j'aurai un mal de chien à vous faire rentrer chez vous...

Rebecca fend la foule alors qu'on la suit, et je tire la chaise de Steve avant de m'installer face à elle, déposant mon képi sur la table. Je lui souris, avant de tourner la tête vers l'orchestre qui vient de terminer son morceau, et que le public applaudit chaudement. Et entame un nouveau morceau. Oh oui... Je me penche vers elle et attrape sa main.

Laissez votre sac ici et allons danser! Ne vous en faites pas, je vais vous montrer...

Et sans le laisser protester, je le traine sur la piste, et pose une main sur sa hanche.

Suivez mes pas. Vous verrez c'est facile. Allons-y...

Toujours en souriant, je commence à la guider au rythme de la musique.

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Ven 31 Juil - 22:37

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Il aime ça. Il aime les voir me jalouser, à se demander ce que je peux avoir de plus qu'elles, à se demander ce que j'ai pu faire pour obtenir ses faveurs et pour les conserver. Elles qui disaient que je n'aurais rien de plus qu'un bouquet de fleurs et un baisemain avant qu'il ne jette son dévolu sur quelqu'un d'autre, avant qu'il ne se trouve une vraie femme… Si elles savaient. Un frisson court le long de mon échine alors que pour simple réponse à ma constatation, il m'adresse un sourire aussi insolent que charmant. Un sourire qui répond autant à mes inquiétudes qu'au reste. C'est un jeu pour lui. Tout ceci n'est qu'un jeu à ses yeux et j'ai bien peur que je ne suis qu'un jouet pour lui. Un jouet qui lui permet de rendre dingue sa cour de perruches… Et j'ai peur que le jour où il sera lassé de moi… Je ne sais pas, je ne redevienne qu'un anonyme dans la foule… Enfin si il ne décide pas à  répandre mon secret.

Étrangement inquiet, je le suis sans ajouter un mot, lui glissant un simple sourire quand il m'ouvre la portière, m'asseyant sur le siège en cuir. C'est si étrange, d'être à nouveau avec lui et d'être pourtant toujours traité comme si j'étais une femme. Il sait ce que je suis au fond, et lui qui dit ne pas aimer les femmes, quel plaisir tire-t-il à continuer de me voir comme ça ? A moins que cela ne soit ainsi qu'il aime… Non. Non. J'ai été clair avec lui. Je ne suis pas ce genre-là. Je ne fais qu'accepter ses rendez-vous parce que je n'ai pas le choix, parce qu'il me fait comprendre que refuser n'est pas vraiment envisageable. Pourtant je pourrais… Mais… Une partie de moi aime ça, qu'il trouve le moindre intérêt en ma personne, qu'il insiste pour m'emmener boire un verre. Simplement parce qu'il est le seul à avoir fait ça, le seul à m'avoir regardé et à me trouver le moindre intérêt. Et puis… Le dîner qu'il m'a offert était loin d'être désagréable, j'ai même passé un bon moment avec lui… Alors pourquoi angoisser à propos de ce verre ? Un léger soupir m'échappe alors que je laisse mon regard se perdre sur le paysage qui défile devant mes yeux perdus dans le vague. Peut-être parce que j'angoisse de finir par aimer ça… Qu'il m'emmène dîner ou danser...

Je fronce les sourcils en voyant la devanture du bâtiment devant lequel nous nous garons. Étrange je croyais qu'il m'emmenait boire dans un établissement qu'il affectionnait tant, et vu le genre d'homme qu'il est… Je m'attendais à quelque chose de plus tape à l'oeil. Visiblement j'étais dans l'erreur. Je descends avec le plus de souplesse possible au vu de mes talons et glisse ma main sur son bras sans la moindre hésitation, comme si ce geste était devenu normal entre nous alors qu'il ne devrait pas vraiment l'être… Mais tant pis… Pour ce soir ne suis-je pas Angie ? De toute façon, que connait-il de Steve ? Rien, enfin à part que je suis artiste et que je me travestis… Il ne m'a jamais vu autrement que sous le déguisement d'Angie. Alors je le suis jusqu'à la porte du bâtiment, lui glissant un regard en coin quand je vois qu'il salue le portier qui semble bien trop le connaitre. Je vois qu'on est un habitué. Est-ce que cela devrait m'étonner ? Non. Et pourtant… Une fois la porte passée, une blonde à peine plus grande que moi et guère plus épaisse, s'occupe de nous soulager de nos vestes, le tout avec un sourire des plus délicieux. Et heureusement que le couloir est sombre, sinon je pense qu'elle me verrait rougir quand son regard croise le mien. Quelques notes d'un morceau entrainant à souhait arrivent à se faufiler jusqu'à nous, et je sens mon coeur lentement s'emballer dans ma poitrine. Mon dieu… Il m'emmène réellement danser… Il faudrait peut-être que je lui dise que je ne sais pas danser… Il faudrait. Mais avant que je n'ai eu le temps de prononcer le moindre mot, voilà qu'il ouvre en grand la double porte qui mène à la salle principale. Et autant la musique que l'ambiance me volent le moindre mots. Face à l'odeur lourde envoûtante du tabac qui se mélange doucement avec celle de l'alcool, le monde ne se résume pour l'instant qu'à une musique endiablée et des danseuses dont les robes toutes composées de plumes et de strass qui me coupe le souffle. C'est la première fois que… Que j'entre dans ce genre d'endroits… Et je dois avouer que se mêle à mon angoisse une certaine excitation, une certaine envie de simplement m'abandonner à cette ambiance festive. Une grande rousse s'approche de nous, et je sursaute presque quand je les vois tout les deux échanger baisers sur la joue et flatteries, me donnant presque l'impression d'être de trop. Jusqu'à ce que je sente sa main se poser sur la mienne. Lentement je lève les yeux vers lui, frissonnant lorsqu'il se penche vers moi, venant murmurer d'une voix bien trop agréable à l'oreille quelques paroles rassurantes. Un demi-sourire m'échappe alors qu'à mon tour je lui chuchote en retour.

"Je vous fais confiance James…"

Et étrangement c'est le cas. Je me laisse entraîner jusqu'à la table que Rebecca nous a choisit et m'assieds face à lui, croisant sagement les jambes sous la table. Je lui souris sans trop savoir pourquoi alors que le morceau se termine et que tout le monde applaudit chaudement l'orchestre. Finalement, c'est pas si mal ici… C'est même plutôt agréable. Un nouveau morceau démarre et un nouveau frisson dévale mon échine quand il pose sa main sur la mienne, se penchant à nouveau vers moi. J'entrouvre doucement les lèvres et ose croiser son regard. Il veut danser. Avec moi. Non mais ce n'est pas possible, enfin pas envisageable. Seulement avant que je n'ai le temps de commencer à protester, ou à lui dire que pour mon propre bien il vaut mieux que je me tienne loin de la moindre piste de danse, voilà que je me retrouve à tanguer sur mes talons, abandonnant mon sac et mes angoisses à notre table. Sa main vient lentement se poser sur ma hanche et je ne peux retenir un léger frisson…  Dire que ça va être ma première danse… Avec quelqu'un d'autre que ma mère. Mes doigts restent dans sa main alors que les autres se posent délicatement sur son épaule. Oh mon dieu… J'ai l'impression que mon coeur va exploser dans ma poitrine tant il bat fort. Je croise une fois de plus son regard et je me sens juste rougir quand il me glisse d'une voix chaude que je n'ai qu'à suivre ses pas. Son sourire me fait frissonner et quand il commence à se déhancher en rythme, je baisse les yeux me sentant presque ridicule. Sa main sur ma hanche me force lentement à prendre le plis et à après quelques pas maladroits et des déhanchés raides, je finis par me détendre, par me laisser aller… Lentement un sourire se dessine sur mes lèvres et je m'abandonne autant à lui qu'à la musique, j'en oublie tout et je me contente simplement de danser avec lui, appréciant étrangement de croiser son regard, de voir qu'il me sourit alors qu'il me ramène doucement à lui, me faisant tourner, osant même me faire un tombé qui m'arrache un léger hoquet de surprise. Alors quand je reviens face à lui et que je croise son regard, je ne peux que lui adresser un sourire éclatant. Mes doigts se referment un peu plus sur les siens, ne pouvant me dire qu'il avait raison. Maintenant… Je n'ai plus vraiment envie de partir, j'ai envie de rester et de danser toute la soirée avec lui.

"Vous aviez raison Sergent…"

Mon sourire s'élargit alors qu'il m'en propose une autre. Comment refuser ? A nouveau je le laisse me guider et une fois que celle-ci est terminée, c'est en souriant et le coeur battant que je retourne avec lui à notre table. C'est… C'est mieux que ce que je pouvais imaginer pour une soirée de ce genre. Mieux que tout ce que j'ai pu imaginer.
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Dim 2 Aoû - 18:28

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A ce que j'ai senti, à ce que j'ai observé, tout ce que je l'emmène faire semble nouveau, inédit. Il n'a pas l'air d'avoir déjà été au restaurant, ou tout du moins, au restaurant avec quelqu'un qui pouvait éveiller un quelconque intérêt d'ordre... sentimental, disons. Il est aussi innocent que l'agneau qui vient de naître, et j'en viens à l'observer à la dérobée, me demandant bien s'il a déjà au moins embrassé une demoiselle. Et si... oh mon dieu si dans ce domaine aussi il est ignorant... Et que peut-être je serai celui qui... Oh je ne vais jamais pouvoir résister. Un frisson d'envie me parcourt alors que je lui accorde un sourire ravageur, gardant ses doigts fins dans les miens. Et j'étouffe un léger rire lorsque je le vois découvrir l'endroit où je l'ai emmené. Le Stork Club, un des endroits les plus branchés de Manhattan. Et si on a de la chance, peut-être qu'on croisera une célébrité ce soir... Ses grands yeux bleus s'écarquillent de surprise alors qu'il se raccroche davantage à mon bras, comme s'il avait peur qu'il ne nous arrive quelque chose. Mais il ne nous arrivera rien. A part nous amuser honteusement.

Je ne le quitte pas des yeux tout au long de notre traversée jusqu'à une petite table pour deux que j'ai réservée le matin-même. Mais qu'as-tu fait dans ta vie petit Steve? Comment as-tu occupé tes jeunes années pour qu'aller au restaurant, ou aller danser soient des choses encore inédites pour toi? C'est quelque chose que je meurs d'envie de savoir, et en même temps, tant mieux. Parce que ça me permet d'être son guide et son initiateur. Dieu que ça sonne présomptueux mais ne nous voilons pas la face... C'est un peu ça. Je ronronne presque quand il me murmure de sa voix douce qu'il me fait confiance. Oh tu as raison trésor. Tu as tellement raison... Abandonne-toi à moi, cède entre mes bras et tu n'imagines pas tout ce que je vais pouvoir te montrer, te faire découvrir. Et tu vas adorer au point d'en redemander.

Et pour le convaincre qu'une soirée avec moi est loin d'être perdue, je l'entraîne sur la piste de danse sans lui laisser le temps de protester, venant doucement poser ma main sur sa hanche et prenant sa main dans l'autre. Voilà. Laisse-moi faire. Laisse-moi te montrer. Remets-toi à moi mon adorable Steve... Je le sens tremblant et intimidé entre mes mains, alors qu'il baisse les yeux. Et je glisse un doigt sous son menton pour que son regard croise le mien.

On ne doit pas regarder ses pieds quand on danse, mais son partenaire. Ne vous en faites pas, je suis bon cavalier... Suivez moi et tout ira bien...

Petit à petit il se laisse faire, il se détend. Et arrive à me suivre pour les pas de base. Bien. Très bien. Il commence à être de plus en plus à l'aise, à garder le rythme. Et tout en le guidant avec mon sourire de mauvais garçon, je n'arrive pas à cesser de penser à combien ça a été facile. D'arriver à le convaincre, à gagner sa confiance. Honnêtement, j'avais vraiment pensé que ça prendrait plus de temps. Que la lutte, la conquête serait plus ardue. Et voilà que dès le deuxième rendez-vous il s'abandonne au milieu de la foule, pour que je le fasse danser. Mes passes se font plus audacieuses, et j'arrive même à le faire tourner doucement, et autres petites choses, avant l'apothéose qui en a laissée plus d'une pantelante, le basculer doucement en arrière, ma main dans sa nuque. Mais pas de baiser, bien que j'en meure d'envie. C'est trop tôt, et ce n'est pas le bon endroit. Si je pose mes lèvres sur les siennes, ça sera seulement dans un lieu calme, où on sera tous les deux, et que je sentirai qu'il en a envie. Là, je le prendrai par surprise et tout le mal que je me suis donné serait réduit à néant. Au lieu de ça je le regarde simplement, penché sur lui, avant de le relever doucement. J'étouffe un rire quand il me dit que j'avais raison, et qu'il ne veut plus partir.

Ah! Vous comprenez maintenant pourquoi j'affectionne cet endroit... Je suis content que ça vous plaise autant. Nous pourrions y revenir, si c'est ça dont vous avez envie.

Je nous ramène jusqu'à notre table, gardant sa main dans la mienne, et quand Rebecca revient, je me penche légèrement vers mon invité.

J'imagine que vous ne vous y connaissez pas trop en cocktails. Vous me permettez de choisir pour vous? Je suis sûr que ça vous plaira...

Et une fois que j'ai son aval, je m'adresse à Rebecca.

Je vais prendre un Side-car, et pour ma très chère invitée je pense qu'un Champagne Gloria Swanson lui plaira beaucoup... Merci ma douce.

Rebecca s'éclipse, et je contemple les danseuses et l'orchestre quelques instants avant de reporter mon attention sur mon adorable Steve, prenant à nouveau sa main. Ses doigts sont si fins... Il me sourit simplement, appréciant l'ambiance et le spectacle, et on nous apporte nos cocktails peu après. Je souris alors que je le vois porter le verre à ses lèvres après l'avoir fait tinter contre le mien, et avale une gorgée. Le barman est un dieu, il faut le reconnaître...

Alors, ça vous plait? Vous voulez un deuxième round sur la piste?


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Ven 7 Aoû - 12:33

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Deux danses avec lui, et voilà que j'ai déjà un sourire éclatant aux lèvres. Voilà que je croise son regard avec plaisir et que je lui avoue sans la moindre honte qu'il a raison, que la soirée est bien plus agréable que ce que j'avais pu imaginer et… Que j'y prends du plaisir. Peut-être trop pour que ce soit sain. Je sais que je ne devrais pas autant apprécier d'être avec lui ce soir, et pourtant. Au milieu de cette ambiance de liesse et d'allégresse, d'alcool et de tabac,  j'apprécie d'être face à lui, à sentir sa main sur la mienne, à croiser son regard et son sourire qu'il ne semble offrir qu'à moi ce soir. Je devrais avoir honte. Honte d'apprécier d'être ici. Seulement, comment ne pas avoir un sourire quand il me susurre d'une voix délicieuse qu'il est heureux que j'apprécie d'être ici avec lui et que si je le désire nous pourrons revenir. Mon premier réflexe est de lui dire que ce serait avec plaisir, mais je me retiens de justesse. Non. Je ne dois pas y prendre goût. Surtout pas. Je ne suis qu'une distraction de quelques instants, rien de plus. Un jour il se lassera. Je ne suis qu'un jouet, les autres ont raison, un jour il trouvera quelqu'un d'autre avec qui s'amuser. Il faut que je me fasses une raison et que je cesse de m'imaginer qu'il me ramènerait dans un tel endroit une fois de plus… Et pourtant, à voir la façon dont il me regarde… Je n'arrive pas à me dire qu'il me traiterait comme n'importe laquelle des perruches qui lui tournent autour.

"Ce serait avec plaisir…"


Je baisse timidement les yeux et sourit, sentant mes joues rougir légèrement. Je me sens idiot… Mais qui ne le serait pas à son premier rendez-vous ? Je ne relève les yeux que lorsque la jeune femme rousse revient jusqu'à nous, nous demandant ce que nous aimerions consommer. Mes lèvres s'entrouvres quelque peu et je reste muet. Au point que j'apprécie de voir Buck se pencher vers moi, me proposant de m'en remettre à lui pour les boissons. Je hoche doucement la tête et le laisse commander. Et je ne peux retenir un sourire quand j'entends le nom du cocktail. Je détourne le regard et observe les danseuses et l'orchestre. Oui, je pense que pour un premier rendez-vous, je pense que je n'aurais pas pu espérer mieux. Contrairement à notre première soirée tout les deux, je ne tente pas de retirer ma main quand la grande rousse revient avec nos boissons. Comme si ça aussi devenait quelque chose de naturel entre nous. Alors que ça ne devrait pas du tout l'être. Bon sang Steve… Qu'est-ce que tu es en train de faire ? Je me recule quelque peu et observe avec intérêt le cocktail face à moi. Je trinque timidement avec lui, et lentement je porte le verre à mes lèvres. Et là où je m'attendais à un goût assez fort, je me surprends à trouver cela fort sucré. Doux sur la langue même. Un sourire m'échappe et je ne peux que retenir un léger rire quand je lui réponds.

"Encore une fois, je ne regrette pas de vous avoir fait confiance James… Et i c'est vous qui me proposez une autre danse… Je crains d'être incapable de vous résister…"

Je ne sais pas ça à quel jeu je joue, mais c'est avec plaisir que je m'y adonne. On sirote pendant encore quelques minutes nos verres avant qu'il ne m'invite à nouveau et ne m'accompagne jusque sur la piste de danses. Et les minutes semblent s'envoler alors que l'on danse tout les deux. Je me perds dans son regard et lui sourit sans cesse. Il avait vraiment raison. J'aimerais que cette soirée ne cesse jamais. Seulement, une fois nos verres vidés, il finit par proposer de me raccompagner en parfait gentleman qu'il est, en voyant un premier signe de fatigue chez moi. Et même si je suis prêt à lui mentir pour ne serait-ce qu'avoir le droit à une danse, je suis obligé de m'annoncer vaincu. C'est donc avec une pointe de regret que je le laisse me raccompagner au vestiaire et je repasse ma veste, m'engouffrant ensuite dans sa voiture. L'alcool faisant effet je somnole tout le long du trajet, sous son oeil sûrement amusé. Je dois avouer que je commence à être curieux. Le premier rendez-vous était plus un interrogatoire pour comprendre ce qu'un jeune homme comme moi avait comme raison pour ce travestir, mais là… Pourquoi exiger un second rendez-vous ? Parce qu'il apprécie ma compagnie ? Peut-être, même si j'en doute. Je rouvre les yeux en sentant la voiture s'immobiliser et je lui glisse un sourire alors qu'il m'ouvre la porte. Et une fois sur le pas de la porte, j'ai du mal à le voir partir, parce que j'ai étrangement envie qu'il me dise que dans deux jours nous irons je ne sais trop où… J'ai envie de l'entendre me dire ça. Je lève les yeux vers lui et souris avec douceur.

"J'ai vraiment apprécié passer cette soirée en votre compagnie… Si vous continuez, je vais finir par vous suivre aveuglément n'importe où James…"

Qu'est-ce que tu racontes ? Arrête. Immédiatement. Deux hommes qui sortent ensemble de la sorte ce n'est pas bien, et tu ne devrais pas apprécier cela. Ce n'est pas bien. Je ne devrais pas faire ça. Et pourtant, lorsqu'il me glisse d'une voix douce que nous remettons ça dans deux jours, mon coeur saute un battement.

"Avec plaisir…"

Je le regarde partir en tentant de masquer mon sourire, puis grimpe jusqu'à mon appartement. Et c'est seulement quand je referme la porte que je reprends mes esprits. Il a réussit à m'arracher un autre rendez-vous avec lui. Le démon. Et le pire c'est que cette fois-ci. Je n'ai même pas tenter de m'y opposer. Une sueur glacée coule le long de mon échine. Je ne devrais pas prendre goût à ça.

Sauf que c'est trop tard. Nous enchaînons les rendez-vous, au grand désespoir des perruches qui commencent à médire de plus en plus sur moi, se demandant ce que je peux bien lui offrir, moi qui ne suit qu'une simple infirmière, que je n'ai rien d'intéressant, que je ne suis qu'une pauvre fille sans atout et même pas si mignonne que ça.  La vérité c'est qu'elles sont jalouses et qu'elles ne comprennent pas ce que lui peut me trouver. Et je dois avouer que j'ai moi-même du mal à comprendre… Au-delà du fait qu'il connaisse mon secret, je ne vois pas en quoi je peux l'intéresser. Et pour être franc, je préfère ne pas me poser la question, je préfère simplement profiter des rendez-vous qu'il m'impose, même si je commence sincèrement à y prendre goût. Oui j'aime le voir venir me chercher le soir, un bouquet en main, un sourire aux lèvres et c'est yeux qui ne cherchent que les miens. J'aime voir que je suis celui avec qui il rend les autres jalouses, j'aime être celui qu'il emmène danser ou boire… Je ne devrais pas autant aimer ça… Et pourtant. Dieu seul sait à quel point j'aime être avec lui… Parce que d'une certaine façon… J'ai presque l'impression d'être désirable. Seulement ce n'est pas bien. Je ne devrais pas apprécier d'être avec lui, je ne devrais pas autant aimer être avec un homme de cette manière. En premier lieu je ne devrais même pas porter une robe, je ne devrais pas me faire passer pour une femme… Alors apprécier en plus qu'un homme me sorte comme si j'étais une de ses favorites… Je ne devrais pas.

Et alors que je pense cela, voilà que ce soir, alors qu'il me ramène après une autre soirée à boire et à danser, je me surprends à penser que… Que j'aimerais que la soirée ne se termine pas. Ainsi, adossé contre ma porte d'entée, lui légèrement penché au-dessus de moi, appuyé sur son bras au-dessus de moi, je n'arrive pas à décrocher de son regard… Quant à son sourire… Ce serait mentir de dire qu'il me laisse indifférent. Bon sang, reprends-toi Steve. T'as sûrement l'air con… À le regarder comme si il était ton seul point dans l'univers…. Ouais… Il est le premier à me donner l'impression d'être important, d'être désirable… Alors oui, j'aimerais que cette soirée ne s'arrête pas… Qu'il me garde avec lui… Comme si j'étais la personne la plus importante de son univers. Je me mords doucement la lèvre, toujours incapable de quitter ses yeux bleus. Faut que j'arrête d'y penser. Je ne suis qu'une distraction, un passe-temps. Rien de plus.
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Sam 8 Aoû - 11:57

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L'ambiance est du tonnerre. Les cuivres brûlant noient la place dans une musique endiablée et il faudrait être cul-de-jatte, au moins, pour ne pas être pris d'une furieuse envie de danser. Et les cocktails ne sont qu'une petite pause avant de reprendre de plus belle. Je me laisse retomber sur ma chaise, ôtant ma cravate, déboutonnant le col et retroussant les manches de ma chemise pour être plus à l'aise. Il fait une chaleur d'enfer mais si l'enfer ressemble à ça, je signe demain. Je vois que mon petit Steve reprend aussi son souffle, les pommettes rougies mais un sourire ravi aux lèvres. C'est bien... très bien même. Amuse-toi, profite... Tout ça n'est que le début d'une longue aventure. Une longue et terriblement intéressante aventure... Et je lui accorde mon plus beau sourire quand je l'entends me répondre que revenir ici serait avec plaisir. Un point pour toi Bucky, le poisson a mordu à l'hameçon.

Je m'interrompt une seconde pour passer notre commande, et je le regarde avec curiosité quand il porte le verre à ses lèvres après avoir trinqué avec moi. Je ronronne presque quand je l'entends me dire qu'il ne regrette pas de m'avoir fait confiance, et qu'il ne refusera pas une nouvelle danse. Oh oui avec le plus grand plaisir mon doux agneau. Je veux t'étourdir de musique et de danse, te montrer tout ce que tu sembles avoir raté toutes ces années. Me rendre indispensable... Je suis presque étonné de... son assurance brutale. Lui si timide, si réservé, le voilà une vraie séductrice qui semble connaître les cartes à jouer avec les hommes. Ou tout du moins avec moi. Un adorable mélange entre une pointe d'audace et une candeur désarmante. Un cocktail aussi parfait que mon side-car...

Et je le laisse à peine boire quelques gorgées que je l'entraîne à nouveau sur la piste, le faisant tournoyer entre mes bras, et souriant de voir son regard plein d'étoiles. Mais petit à petit je sens qu'il fatigue, et bien loin de moi l'idée de le tuer sur la piste de danse. Il m'a dit qu'il était de santé fragile et je ne voudrais pas abuser. Alors je termine mon cocktail et propose de le ramener. Je le vois qui accepte à regrets, avant de finir le sien et me suivre jusqu'au vestiaire. Sur le chemin du retour je souris en le voyant somnoler, enroulé dans son manteau, sa tête dodelinant au rythme de la voiture. Il n'ouvre les yeux que quand je m'arrête et que je le raccompagne jusqu'à la porte d'entrée de son immeuble. A ma grande surprise, le voilà qui roucoule à nouveau en me disant que bientôt il me suivra partout. J'attrape sa main pour y déposer un baiser avant de murmurer d'une voix suave.

Mais c'est le but très cher... Que vous me suiviez partout avec confiance... Il y a encore tellement de choses que j'aimerais vous faire découvrir... Des choses merveilleuses... Je vous retrouve dans deux jours trésor...

Je relâche sa main avant de le laisser filer et je retourne à ma voiture, souriant à l'idée que cette fois, il n'a même pas essayé de parlementer ou négocier. Il a accepté parce qu'il en avait envie... Parce que je lui ai donné envie d'accepter. Et c'est une bien douce routine qui s'installe dans les semaines qui suivent. Je l'invite, trois, quatre, cinq, six fois, pour un restaurant, un cinéma, ou pour aller danser. Je jubile de voir les perruches saluer mon arrivée avec un regard noir, surtout quand elle remarquent à chaque fois le nouveau bouquet sur mon bras, et le sourire ravageur que je n'accorde à aucune d'entre elles. Seule ma petite Angie a ma préférence, et aucune ne sait pourquoi. Et il ne vaut mieux pas que vous le sachiez d'ailleurs... A ma grande surprise, j'apprécie beaucoup ces moments. Enfin, pour être plus précis, je ne quitte pas de vue mon objectif qui est de faire succomber l'adorable Steve, pour qu'il soit à moi. Et en même temps, ce n'est pas purement physique. J'apprécie sa compagnie. Ses idéaux, sa façon de penser sont rafraichissants et ça fait du bien de fréquenter quelqu'un comme lui. Sa douceur et sa détermination sont touchantes et achèvent de me dire que je le veux. Je le veux désespérément.

De son côté aussi je sens que ses sentiments à mon égard progressent. De la peur panique et la méfiance du début, je me trouve face au plaisir d'être avec moi... et... une lueur de... comment dire... Allons, n'ayons pas peur des mots... ses regards s'enamourachent. Je suis très fort pour les reconnaître, et c'est précisément un de ces regards qu'il me lance alors qu'il joue avec ses clefs, adossé à sa porte d'entrée. Pendant quelques secondes, j'hésite à sauter le pas. J'hésite à lui prendre ce que je meurs d'envie de lui dérober depuis des semaines, me contentant d'attendre sagement le bon moment, de peur de le brusquer. Et on dirait qu'il est arrivé. Ses yeux ne quittent pas les miens, et lorsqu'il se mord la lèvre, je comprends que c'est bon. Qu'il n'attend que ça. Alors doucement, très doucement, je rapproche mon visage du sien, et murmure, mes lèvres effleurant presque les siennes.

J'ai passé une très bonne soirée Steve... Et j'ai envie de la rendre encore meilleure...

Ma main qui s'était appuyée sur la porte vient glisser sur sa joue alors que je viens doucement poser mes lèvres sur les siennes. Je frémis d'excitation en me disant que je suis le premier à prendre ses lèvres, que personne d'autre ne l'a embrassé. Je me fais violence pour ne pas le plaquer contre la porte et l'embrasser avec toute la fièvre dont j'aurais envie, me contentant d'un baiser très sage, me contenant simplement de caresser mes lèvres des siennes pendant de longues secondes. Je le sens se raidir, frémir contre moi avant de finalement se détendre et ses doigts fins agripper ma chemise. Au moins il ne m'a pas giflé... Et je mets fin à notre premier baiser en reculant légèrement, lui lançant un sourire à faire fondre un iceberg.

Dors bien Steve... A dans deux jours...

Mon index effleure légèrement sa joue avant de tourner les talons et m'éloigner vers ma voiture. Et en chemin, je me retourne une dernière fois pour le voir, toujours devant sa porte, et lui faire un petit signe. Quelle adorable créature...


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Jeu 13 Aoû - 13:04

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Je ne sais pas ce que je fais. Est-ce que j'essaye de le retenir ? Réellement ? Je crois bien. Il aurait pu partir il y a bien deux ou trois minutes, en me glissant comme d'habitude quelques mots doux avant de me dire que nous nous reverrions dans deux jours, autour d'un verre ou pour une soirée au cinéma… Mais là, il ne dit rien. Il se contente de simples sourires et de regards qui font courir sur ma peau de longs frissons. Je ne sais pas ce que j'attends, enfin, j'attends qu'il me dise qu'on remet ça dans deux jours, comme d'habitude. Seulement il ne dit rien. Pas un mot, rien. Il se contente de m'observer et d'attendre. Je me mordille doucement les lèvres alors que je me perds dans ses yeux. Que veut-il ? Que ce soit moi qui lui demande si nous pouvons nous revoir ? Peut-être. Mais il sait que je ne pourrais pas le faire, parce que ce serait admettre que… Que j'aime être avec lui. Que j'aime être traité ainsi. Et je ne peux pas. Je ne devrais pas. Je ne peux pas apprécier ça, ce n'est pas bien… Et pourtant, j'aime la façon dont il me regarde, parce que pour la première fois de ma vie, je me sens désirable. Avec lui, j'ai l'impression d'être plus que Steve, le chérif garçon que personne ne remarque, que tout le monde qualifie de gentil garçon ou de pauvre petit… Non avec lui, je suis plus que ça. Avec lui j'ai l'impression d'être son Steve. L'idée m'arrache un autre frisson. Je pense que je suis foutu, que c'est terminé. Je suis bon pour l'enfer. Mon coeur rate un battement quand je le vois se pencher vers moi, un sourire démoniaque aux lèvres. Non… Il… Il ne va pas faire ça. Si… Ses lèvres effleurent presque les miennes et je cesse de respirer. Une part de moi à envie qu'il le fasse et l'autre me hurle que ce n'est pas bien. Qu'il ne faut pas. Aller danser, prétendre être Angie à son bras, passe encore… Mais embrasser un autre homme. Non. Juste non. Et pourtant… Mon regard dérive sur ses lèvres dont je suis le tracé. J'ai envie… Terriblement envie. Je frissonne quand il me murmure doucement qu'il a apprécié la soirée et qu'il voudrait simplement la rendre meilleur. Mon coeur cesse de battre. Il va le faire. Il va m'embrasser, moi, Steve Rogers. Sa main vient se poser sur ma joue, la caressant avec tendresse avant de franchir le peu d'espace qui nous séparait encore. Ses lèvres viennent se poser sur les miennes et… Je pense que c'est la fin. Mon coeur cogne si violemment dans ma poitrine que cela en est presque douloureux, je sens mes joues s'enflammer et je me sens autant stupide qu'heureux. Stupide parce que je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas où poser mes mains et j'ai peur de faire quoi que ce soit qui puisse tout gâcher. Et heureux… Parce qu'au fond, j'avais envie de ça depuis un long moment. Un long frisson dévale mon échine quand je sens ses lèvres se presser un peu plus contre les miennes. Mes mains viennent se poser sur son torse alors que je me détends, appréciant simplement ce premier baiser qu'il m'offre. Mon premier baiser.

Mon premier baiser. Avec lui. Juste avec lui. Lui qui s'intéresse à moi. Il est le seul, il est le premier à s'intéresser un minimum à moi, à vouloir apprendre à me connaître, à vouloir aller plus que loin que mon apparence chétive. Quand je suis avec lui, j'ai l'impression de lui plaire, j'ai l'impression d'être désirable, d'être intéressant. Les yeux clos, j'oublie simplement le reste du monde face à son baiser. Tout ce qui compte, c'est lui. Puis finalement, il rompt notre premier baiser, se reculant quelque peu pour m'adresser un sourire qui fait juste fondre mon coeur. Un léger soupir m'échappe alors que j'arrive finalement à prononcer le moindre mot.

"Bonne nuit James… A… A dans deux jours…"

Je retiens ma respiration quand il caresse avec douceur ma joue avant de me quitter, me laissant seul contre ma porte. De légers tremblements secouent mon corps alors que je peine à contenir un sourire. Il m'a embrassé, et il veut qu'on se retrouve dans deux jours. Je ne devrais pas m'en réjouir… Je devrais avoir honte… Pendant de longues secondes je reste simplement contre ma porte avant d'entrer, le coeur léger. C'est donc ça. Que d'être embrassé, que de se sentir désiré… Je rentre dans mon appartement et ne cesse de repenser à se baiser alors que je me débarrasse de ma robe et de mon maquillage. Et c'est avec un sourire de crétin sur les lèvres que je m'écroule dans mon lit, à regarder le plafond. Il m'a embrassé. Moi, et moi seul. Rien que moi, son Steve. Quelque chose en moi me murmure que je ne suis pas le premier à qui il a dû faire ce genre de numéro, mais franchement quelle importance ? La moitié des perruches du service n'ont certainement pas eu le droit à ça… Je ne suis pas le premier ? Pas grave. Il m'a tout de même embrassé.

Et pendant les deux jours qui suivent, je n'arrive pas à me concentrer sur autre que lui. Je ne cesse de repenser à notre baiser, à ses lèvres sur les miennes, à ses mots, à son sourire… À tel point que le reste des filles ne se gênent pas pour médire sur nos rendez-vous et sur le fait que j'ai très certainement dû coucher avec lui, qu'au fond si je l'intéresse, c'est simplement parce que je suis un fille de mauvais genre, une de celles qui n'hésite pas à écarter les cuisses pour se faire bien voir des hommes. Commentaires que je me contente d'ignorer. Qu'elles pensent ce qu'elles veulent. Elles sont simplement jalouses. Et malheureusement, la venue de James qui de temps à autre me glisse un sourire n'arrange pas vraiment les choses. Parce que comme un idiot je baisse les yeux en rougissant, tentant de cacher mon sourire. Je sais que ça lui plais de me voir ainsi. Je suis sûr qu'actuellement il est en train de jubiler, quasiment presque aussi impatient que moi à l'idée de notre prochain rendez-vous.

Soir qui arrive bien trop lentement à mon goût. Ce soir-là, je traîne un peu avec un des patients avant de faire un crochet par les vestiaires pour me débarrasser de ma blouse. C'est presque avec empressement que je me débarrasse de mon uniforme pour me retrouver dans ma simple petite robe bleue. Je me sens idiot à être aussi impatient de le revoir, de pouvoir sortir avec lui… Au point que je chantonne doucement, terminant de vérifier que ma robe est bien mise. Un sourire se dessine sur mes lèvres quand j'entends des pas derrière moi.

"Je suis prêt… J…"

Je me retourne et mon sourire s'efface quand je croise un regard qui n'est pas celui de James. Merde. J'espère… J'espère qu'il n'a rien vu. J'espère qu'il pense simplement être tombé sur la petite Angie qui traîne un peu le soir dans les vestiaires. Mon coeur s'affole et un frisson d'appréhension glisse le long de mon échine tandis que je croise son regard étrangement vitreux. Je le regarde attendre quelque chose, adossé à la porte. Mes doigts se referment  sur ma robe alors que je tente un sourire.

"Je… Vous… Vous avez besoin de quelque chose ? Je peux vous aider ?"

Un sourire lui échappe alors qu'il se décolle du coin de la porte et qu'il s'approche de moi, tanguant salement. Merveilleux. Je déglutis difficilement alors qu'il se retrouve bien trop rapidement à mon goût face à moi, me soufflant son haleine chargée au visage.

"Tu vas pouvoir t'occuper de moi ma jolie, hein ?"

Il tend une main vers moi pour tenter de caresser ma joue, main que je repousse sèchement, plissant le nez.

"Je ne crois pas… Désolé mais j'ai mieux à faire."

Je tente de passer à côté de lui et me retrouve rapidement avec son bras autour de ma taille. D'un geste brusque il me ramène à lui, m'enlaçant comme si nous étions deux amants. Son souffle revient chatouiller mon visage et un haut-le-coeur me saisit. Je commence à me débattre, tentant de repousser ses mains qui se posent sur mes hanches.

"Eh, eh, t'es pas pressée nan ? T'as finis ta journée, puis je suis là nan ? On peut discuter quand même un peu…
- Non. Lâchez-moi…"

Je tente de le repousser une fois de plus, chose qui lui arrache un rire gras et une réflexion graveleuse. Entre ses bras je commence à paniquer, me sentant sale rien que d'être contre lui. Mon souffle se fait plus court alors que l'angoisse me saisit à la gorge. Il va finir par sentir que je n'ai rien d'une jolie fille. Il va finir par comprendre et à ce moment-là… Il ne fera pas comme James… Il me frappera, il me battra… Je me débats une fois de plus.

"Lâchez-moi !"

Je lui assène un coup de coude dans la mâchoire, espérant ainsi le faire me lâcher. Un grognement lui échappe alors que je me recule, tentant de fuir. Un juron lui échappe avant qu'il ne me rattrape par le poignet, me collant un revers de la main qui me fait chanceler, et c'est complètement hébété par son coup que je me retrouve coincé entre lui et un casier. Un gémissement m'échappe alors que je sens un peu de sang couler le long de ma lèvre.

"Maintenant tu vas rester sage putain et te laisser faire…. Ça ira plus vite ainsi…"

Non, non, non… Je me débats de plus belle, tentant de le repousser, le suppliant entre mes cris de me lâcher. D'une main il vient me faire taire tandis que l'autre se glisse sous ma robe, remontant le long de ma cuisse. Une puissante envie de vomir me saisit. Je ne veux pas qu'il me touche, et encore moins ainsi. Ça me dégoûte de sentir son haleine, de croiser son regard et d'y voir la simple envie de se servir de moi pour… Pour son propre putain de plaisir. Au milieu de mes gémissements étouffés un sanglot m'échappe quand il me force à écarter les jambes. Il va s'en rendre compte… Il va comprendre… Il va… Il va… Un autre sanglot déchirant m'échappe alors que je tente de le repousser. Il va le faire. Et d'un coup. Il cesse de bouger, il cesse de me toucher. Je le sens juste glisser, et par-dessus mon épaule, j'y vois James. Un immense soulagement me saisit alors que je me laisse glisser le long du casier, me recroquevillant sur moi-même pour sangloter. Je ferme les yeux, tentant simplement d'occulter le monde entier et d'oublier tout ça. Parce que je me sens sale. Parce que j'ai honte.
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Jeu 13 Aoû - 16:34

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C'est tellement délicieux de voir ma petite Angie adorée qui s'abandonne à moi. Après quelques secondes à simplement sonder son regard, pour tenter de voir si je pouvais me lancer, je pose enfin mes lèvres sur les siennes. Et je souris intérieurement en le sentant se figer, le coeur battant, avant que ses petites mains ne s'agrippent à ma chemise comme un naufragé à sa planche de bois. Pendant quelques secondes je ne fais que caresser ses lèvres avec les miennes, une main sur sa joue et l'autre posée dans le bas de son dos. C'est moi, c'est moi qui suis le premier à prendre ses lèvres, c'est moi qui pour toujours, et quoi qu'il arrive, resterai comme le premier. On se souvient toujours de son premier baiser...

Je me recule doucement après cette légère étreinte, souriant en le voyant complètement chamboulé, les yeux pleins d'étoiles. Oh oui mon tout beau, maintenant tu sais ce que c'est. Et tu aurais envie que je recommence. Seulement c'est trop tôt. Il faut créer une attente, et te donner furieusement envie que l'on se revoie encore... Prenons notre temps, ça n'en sera que meilleur... Je m'éclipse, le laissant tout pantelant devant son entrée, les pommettes enflammées et un immense sourire aux lèvres. La prochaine fois tu en redemanderas j'en suis sûr, mon trésor...

Je souris pendant tout le chemin du retour, rêvassant sur ce que je vais pouvoir lui faire découvrir bientôt, si les choses continuent d'avancer à un si bon train. L'embrasser, mais aussi le toucher, lui montrer toutes ces choses dont il est totalement ignorant et qui sont tellement, tellement agréables... N'aie crainte, j'avancerai à pas de souris, et ce sera toi qui va me demander d'aller plus loin à chaque fois... Tu seras bientôt à moi, tout à moi... et tu vas adorer.

Les deux jours qui suivent sont affligeants de routine. Mes entraînements de vol, mes leçons tactiques à la base, les réunions avec l'Etat-Major pour discuter de l'avancée de la guerre en Europe, et de la gestion de nos troupes. Ce monstre d'Hitler qui se profile au loin m'effraie, et en même temps, j'aurais envie d'y aller, moi-aussi. Ne pas simplement voler gentiment ici, sur une base américaine, où les seuls risques sont une mauvaise manoeuvre de mes recrues, comme l'incident de l'épaule de l'autre jour - qui d'ailleurs m'a laissé une belle cicatrice en forme d'éclair- mais être sur le terrain, et libérer l'Europe. Sauf que comme chaque fois on me répond que je suis plus utile à former chaque mois une dizaine de bons pilotes plutôt que de me perdre et de ne plus avoir personne pour assurer la relève.

Pourtant malgré tout ça, je m'arrange pour croiser mon petit Steve, lui décrochant des sourires ravageurs et des clin d'oeil insolents de loin, me retenant de rire en le voyant baisser les yeux et rougir comme n'importe quelle demoiselle. Seigneur n'est-il pas adorable? Comment est-il possible que personne à part moi n'ait prêté attention à cette charmante créature. Et j'avoue que je ris aussi de voir les perruches s'échanger des regards lourds de sous-entendus et de jalousie quand je le gratifie d'une de ces petites attentions. Eh oui mes toutes belles, vous n'aurez jamais plus qu'un dixième de l'intérêt que je lui porte, voire encore moins... Jusqu'à présent je n'avais personne sur qui jeter mon dévolu, mais maintenant que c'est fait, vous allez lentement sombrer dans l'oubli, et lui seul restera.

Arrive enfin le fameux soir de notre nouveau rendez-vous. Et cette fois-ci, les choses seront différentes. Pourquoi? Parce qu'entre temps, nous nous sommes embrassés. Au vu de ses pommettes enflammées et ses sourires camouflés je ne pense pas qu'il regrette ce qui s'est passé, bien au contraire, mais maintenant il faut juste que j'en sois sûr. Que ce soit bien ce dont il ait envie. Que ce baiser marque le début de quelque chose d'autre, et non pas un égarement d'un soir. C'est donc douché, rasé et habillé de frais et un bouquet de fleurs sous le bras que je file en direction des vestiaires pour retrouver mon doux prétendant. Sauf que j'entends de l'agitation dans le vestiaire des filles. Etrange, en général Steve s'arrange pour être le dernier à se changer, histoire d'être tranquille et que personne ne se rende compte de la supercherie, mais là c'est... soit ce sont deux personnes qui se battent, soit ce sont deux personnes qui... s'amusent. J'ouvre la porte, et je me rends vite compte qu'une des deux personnes est loin de prendre du plaisir, et que cette personne est Steve.

Mon sang se glace. Mon dieu mais qu'est-ce qui se passe? Qu'est-ce qui lui arrive? Je contourne une première rangée de casiers et en une seconde j'ai tout compris. Un gros porc est en train de poser ses pattes sur mon trésor. Une vague de rage brûlante déferle dans mes veines. Oh non. Oh non il est à moi. Et personne d'autre que moi n'aura droit à ce que tu as en tête. Tu as fait une grosse, très grosse erreur en t'attaquant à mes affaires. Et maintenant tu vas en payer le prix. Heureusement pour moi, on était en train de réparer une des rangées de casiers et la caisse à outils est sagement rangée dans un coin. J'attrape une grosse clef à mollette, aussi grande que mon avant bras, avant de revenir vers lui. J'entends ses halètements alors qu'il lutte pour avoir ce qu'il veut, et les supplications de Steve qui se débat comme il peut. D'un geste souple formé par des années à jouer au baseball, je batte sa tempe avec une violence faite pour décrocher un home run. Une seconde plus tard, il s'effondre sur le sol, inconscient. Sauf que ma rage est loin, très loin d'être calmée. Tu as osé t'en prendre à lui. Tu as osé penser une seconde que c'était dans ton droit de te servir comme un buffet, et de salir ce que tu pensais être une pauvre fille sans défense. Les femmes peuvent être de vraies garces, manipulatrices, superficielles, mesquines, mais aucune, aucune ne mérite qu'on lui impose ça. Jamais.

Un, puis deux, puis trois coups pleuvent sur son crâne, créant des plaies béantes et réduisant sa joue et son oreille en charpie. Je m'en fous. Tu l'as bien cherché. Le souffle court, je laisse retomber la clef à mollette sur le carrelage, avant de lui cracher au visage.

Un vrai mec n'a pas besoin de forcer une fille. Et quand on est vraiment trop pathétique, on va se payer une pute.

Je reporte enfin mon attention sur Steve, qui est prostré dans un coin, sanglotant, les bras autour de ses genoux. Je m'accroupis à genoux devant lui et tente de le prendre dans mes bras mais il tente de me repousser. J'attrape lentement ses poignets et l'attire vers moi.

Chuuuut...chuuuut c'est terminé. C'est terminé Steve... Il ne te fera rien. C'est promis je me suis occupé de lui. Tout va bien, tout va bien. C'est moi... doucement... doucement...

Il vient ensuite se blottir contre moi, ses sanglots redoublant alors que mes bras le serrent avec force. Mon pauvre... mon pauvre petit moineau... rien que l'idée qu'on ait pu te faire du mal me rend fou. Et quand je le sens tout tremblant, je fais glisser ma veste de mes épaules et la pose sur les siennes, avant de passer mon bras dans le creux de ses genoux.

Accroche-toi à mon cou. Voilà...parfait. C'est très bien. Je t'emmène ne t'en fais pas. On va partir d'ici et je vais m'occuper de toi d'accord? Je te laisse pas seul après ce qui s'est passé... Je t'emmène chez moi, tu y seras en sécurité. Ne t'en fais pas, je suis là...

Il est tellement léger que je n'ai aucun mal à le porter jusqu'à l'extérieur, puis l'emmener à ma voiture, sagement garée. J'ouvre la porte et l'installe sur le siège passager, m'accroupissant pour être à sa hauteur.

Je suis désolé de ce qui t'es arrivé... Je vais m'occuper de toi ne t'en fais pas... Tu es prêt pour qu'on y aille?

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Ven 14 Aoû - 21:38

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Ça ne serait jamais arrivé si je ne m'étais pas mis en tête que ce serait une bonne idée que d'enfiler une robe pour me faire passer pour la jolie petite Angie. Si j'avais été raisonnable, si j'avais été sensé… Ça ne serait jamais arrivé. Il n'aurait pas voulu me toucher, il n'aurait pas essayé, il ne m'aurait même pas regardé. Je ne suis qu'un crétin, un pauvre crétin. Je ne voyais que l'avantage… Je ne voyais que les moments que j'avais avec James, les soirées et ses attentions, sans jamais penser au reste. Je pensais que je pouvais me permettre de faire ça sans causer de tort à personne… Mais j'avais tort. Ce que je fais n'est pas bien, et ce soir, j'ai eu le droit à une piqure de rappel. Recroquevillé sur moi-même, je sursaute à chaque coups de clé qui s'abat sur son crâne. C'est de ma faute, c'est de ma faute. J'ai presque l'impression d'entendre ça. Puis un silence retombe dans les vestiaires et tout ce que j'arrive à percevoir, ce sont mes sanglots pathétiques. Je n'aurais pas dû, tout est de ma faute. Même James va me le dire. Il va me dire que j'ai été stupide, que je n'aurais pas dû faire ça, que tout ceci est de ma faute, parce que j'ai été idiot de penser que ça serait une bonne idée. La vérité c'est que j'ai peur. Terriblement peur. Peur qu'on me touche à nouveau de la sorte. Mes ongles s'enfoncent dans ma nuque. Je me sens sale. Terriblement sale, j'ai envie d'arracher autant ma robe que ma propre peau. Un gémissement m'échappe quand j'entends des pas s'approcher. Je sais que c'est lui, je sais ce qu'il va me dire et je ne veux pas l'entendre. Je veux juste rentrer et cesser d'exister. Parce que je suis répugnant d'avoir cru que ça n'était pas si grave que ça… C'est ma punition pour lui avoir cédé à lui, pour avoir prétendu être Angie… Il se penche vers moi et je sens qu'il tente de me prendre dans ses bras, je lève les yeux vers lui, et le repousse violemment.

"Me touche pas… Me touche pas… Je veux pas…"

Je sanglote de plus en plus et je me fige quand il m'attrape par les poignets. Me fait pas mal, pas toi… S'il-te-plait. Je croise son regard et me laisse faire alors qu'il m'attire contre lui, me prenant tendrement dans ses bras. D'autres tremblements secouent mes épaules alors qu'il me rassure, ne cessant de répéter que ça va aller, qu'il ne me fera plus le moindre mal. J'hésite peut-être une seconde avant de me blottir contre lui, pleurant toutes les larmes de mon corps sur son épaule. Il ne me fera pas de mal, il n'est pas lui. C'est James. Mes doigts s'agrippent à sa chemise alors qu'il vient glisser sa veste sur mes épaules. Dans ses bras, je me sens en sécurité, dans ses bras j'ai l'impression qu'il ne m'arrivera rien, que je peux lui faire confiance. Je ferme les yeux et renifle doucement quand il passe ses bras au creux de mes genoux, me soulevant sans trop d'efforts. Je passe mes bras autour de son cou, hochant simplement la tête quand il me dit qu'il va me ramener chez lui. Je fais oui de la la tête, frissonnant légèrement quand nous quittons le vestiaire. Ma tête se pose sur son épaule et je me laisse simplement porter. Une part de moi veut simplement oublier tout ça. Je veux oublier ses mains sur moi, son haleine chargée, sa voix… Je veux simplement être avec quelqu'un qui pourra me rassurer, qui pourra me tenir loin de tout ça… Je me retrouve sur le siège passager de sa voiture et frissonne doucement à ses mots, au point que je ressers quelque peu sa veste sur mes épaules. Je lève le soyeux vers lui et lui murmure avec douceur.

"C'est ma faute, je n'aurais jamais dû faire ça… Tout est de ma faute… Je…"

Un autre sanglot se meurt sur le bout de mes lèvres. Je m'en veux. Le pire c'est que je m'en veux vraiment. J'ai honte. Je me mords la lèvre pour tenter de me calmer alors que Buck me force à croiser son regard, m'assurant que ce n'est pas le cas… Et qu'il m'interdit même d'y songer. Je pourrais sourire, mais je me contente d'un sage hochement de tête alors qu'il vient s'installer derrière le volant et qu'il démarre. Et c'est sans un mot que je le laisse m'emmener jusqu'à son appartement situé dans le centre. Le regard perdu dans le vague, j'observe les immeubles défiler devant mes yeux, tentant simplement de me calmer et d'oublier tout ça. Seulement à chaque fois que je ferme les yeux, je peux presque le sentir contre moi. Je peux presque sentir son haleine immonde effleurer ma peau, ses doigts qui remontent le long de ma jambe. Un nouveau haut-le-coeur me saisit. J'ai envie de me débarrasser de cette robe et de simplement frotter ma peau jusqu'à que ce je sois incapable de ressentir la moindre sensation, jusqu'à être incapable de me souvenir ce que c'était de sentir son corps contre le mien. Je frémis quand James me dit que nous sommes arrivés et je le suis jusqu'à son appartement que je découvre pour la première fois. Il y a deux jours, après ce fameux baiser… Je ne cessais de me demander si un jour, je verrais autre chose de lui que les endroits où il accepte de se montrer avec moi. Je me demandais si j'aurais le droit de voir ce qui se cache sous ses airs de charmeur. Et l'idée qu'il me ramène chez lui m'avait traversé l'esprit, mais il y a deux jours, nous n'avions échangé qu'un simple baiser. Mes yeux se promènent sur l'intérieur et je ne peux qu'être impressionné par la taille de son appartement. Par rapport au mien, il me semble presque immense et surtout, bien mieux rangé et décoré que le mien. Ici nul pinceaux ou pots de peinture qui traînent un peu partout, ni des bouquets de fleurs qui sont autant dans des vases que dans des verres… Je lève les yeux vers lui quand il pose sa main sur mon épaule et qu'il me dit que je peux aller prendre une douche le temps qu'il me prépare un thé. Je lui souris avec douceur.

"Merci… Je... Je ferais vite…"

Il me dit de prendre mon temps et que je peux enfiler le pyjama qui doit attendre sagement sur l'évier. Je hoche doucement la tête avant de m'éclipser et de m'enfermer dans la salle de bain. Et là, avec une espèce de frénésie, je me débarre de tout ce que j'ai sur le dos : la robe, les bas, la perruque, sa veste. Tout finis à terre alors que je frissonne à me retrouver nu. Je vais ouvrir en grand les robinets et me glisse sous l'eau quelque peu trop chaude qui me brûle presque la peau. Un indifférence me saisit alors que j'attrape un morceau de savon et commence à frotter ma peau, espérant faire disparaitre cette désagréable sensation. Je veux oublier. Je veux simplement oublier. Je ne sais pas combien de temps je reste là-dedans, à simplement rougir ma peau à force de la frotter pour tenter de faire disparaitre je ne sais trop quoi. Et finalement, quand l'eau me fait frissonner, je quitte la douche et m'enroule dans un grand draps de bain. Je sens l'eau rouler de mes mèches humides alors que j'observe le pyjama. C'est étrange mais… Ça va être la première fois qu'il va me voir autrement qu'habillé avec un robe ou maquillé… Je pince les lèvres avant de me sécher et d'enfiler le pyjama. Est-ce que je suis inquiet de ce qu'il va me dire ? Peut-être. Peut-être qu'il ne me trouve intéressant qu'avec une robe… Va savoir. Je retrousse autant mes manches que les bas du pantalon, poussant un léger soupir avant de quitter la salle de bain. Je sens mon coeur s'emballer alors que je le rejoins au salon sur la pointe des pieds. Et au moment où je croise son regard, je baise les yeux, gêné. Car voilà à quoi ressemble Steve Rogers. Une petite chose fragile.

"Pardon pour… Le temps que j'ai pu mettre à me laver… J'avais… J'avais juste besoin de… De me calmer…"
electric bird.
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