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G.I Joes and 2am Diners - Steven & Bucky

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Dim 24 Mai - 21:35

GI JOE and 2AM Diners.
Bucky & Steve •••Je suis content de voir que mon simple geste, tenter de l'arrêter avant qu'il défrise les bigoudis de la voisine du dessus et scalpe son caniche fonctionne. Moi qui pensais qu'il allait s'énerver, qu'il allait péter un plomb par rapport au fait que je l'empêche de faire ce qu'il veut etc. Et finalement non. Il a l'air de se calmer, même s'il grommelle un peu dans sa barbe comme un vieux, malgré le fait que je rigole franchement et que je me moque de lui. Et ça me fait plaisir de voir qu'il prend pas la mouche et qu'il est moins...à cran.

Ou si elle recommence, tu prends un parapluie pour aller cloper. Ou mieux, tu arrêtes de fumer et on en parle même plus.

Je souris en voyant qu'il est intéressé par les cupcakes que j'ai ramenés de la boutique qui est sur le chemin et où j'aime m'arrêter de temps en temps. On discute un peu du programme de la soirée, du menu, et il est d'accord pour sortir les restes du frigo, histoire de pas trop se casser la tête et aussi... parce qu'il y a rien d'autre. Je soupire en hochant la tête, et lève les yeux vers lui.

Ouais, ou je peux les faire aussi. Dès que j'ai fini mes copies on pourra faire la liste de courses. Si y'a des trucs que t'as envie qu'on se fasse point de vue cuisine, tu me diras. Mais là, j'ai besoin d'une douche! A toute!

Je paresse une dizaine de minutes sous l'eau chaude avant de me changer et me mettre au boulot, une tasse de thé sur la table devant mes interrogations et de la musique dans les oreilles. La cuisine est vide et la pile descend rapidement, la plume du stylo glissant rapidement sur leur écriture maladroite, et collant des gommettes sur les meilleures copies. Je vois Buck revenir, du coin de l'oeil et se faire une tasse de café, et je sursaute quand j'entends sa voix derrière la musique, ôtant mes écouteurs d'un geste de la main avant de me tourner vers lui. C'est la première fois qu'il vient me voir pendant que je bosse, et ça me surprend de le voir sortir de sa chambre. Je dirai même que ça me fait plaisir. Qu'il se terre pas dans sa tanière aseptisée comme un ours.

Pardon Buck j'avais la musique. Tu disais?

Je lui souris, et écoute sa question, avant de laisser tomber mon stylo rouge sur mes copies, un peu sonné. Wow. Je...ça me retombe dessus comme un gros coup de massue, et il me faut quelques secondes pour réaliser que...qu'il est sérieux. Je veux dire, qu'il est pas en train de faire une blague de merde, ou se foutre de moi. Il a l'air de juste...vraiment...pas savoir. Mais comment? Comment ça se fait? Il... sa mère... il aurait dû savoir. Elle aurait dû lui raconter, et lui donner ce mot que j'avais griffonné entre deux portes. Je sens ma gorge se serrer à l'idée de ce que...que ce que je vais lui révéler. Est-ce qu'il est prêt? Non. Foutrement pas. Est-ce que je devrais lui mentir? Je dis pas que l'idée me traverse pas l'esprit, pour le préserver, pour attendre un autre moment. Un meilleur moment. Mais... mais je suis pas sûr que ce moment viendra et... et c'est Buck. Je peux pas lui mentir. Je peux tout simplement pas. Surtout pas après toutes ces années perdues ou un mensonge risquerait de foutre en l'air tout ce qui commence tout juste à se réparer entre nous. Alors j'inspire profondément et me lève, pour lui faire face. Et je le vois, là, le sourire aux lèvres, curieux, attendant sa réponse à sa question...légitime, pour quelqu'un qui sait...pas.

Buck...ma mère est... elle est morte y'a trois ans... Tu...t'étais vraiment pas au courant? Je t'accuse pas hein c'est juste que... je pensais que tu saurais vu que...vu que ta mère était là ce jour-là. Ca m'a fait mal de pas te voir mais elle m'a dit que t'avais pas pu venir parce que t'étais coincé au boulot...

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Lun 25 Mai - 9:37

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je le vois hésiter une seconde. Comme si il cherchait ses mots. Comme si la réponse était pas si évidente que cela. C'est étrange, d'habitude il lui faut moins d'une seconde pour me sortir une blague vaseuse ou une réflexion à la con et là, voilà qu'il semble réfléchir, hésiter… Comme si il ne savait pas vraiment comment me l'annoncer. Mon sourire se fane quelque peu alors que je fronce les sourcils. Qu'y a-t-il ? Tu ne peux pas simplement me rétorquer que… Que ta mère a décidé que pour ton propre bien faut que t'arrêtes les gâteaux, ou que je sais pas… N'importe quoi. Dis-moi juste quelque chose. Et c'est là que sa réponse tombe. Je me sens blêmir instantanément alors qu'il n'y a plus qu'une seule chose qui hante mon esprit. Elle est morte. Sarah Rogers, ma seconde mère, morte, il y a trois ans. Je peine à le concevoir. Non pire, c'est comme je bloquais, purement et simplement à cette nouvelle. Elle est… Morte ? Non, et le pire c'est qu'il ne s'arrête pas là, il continue, m'apprenant qu'elle est morte il y a trois ans, qu'il pensait que j'étais au courant parce que ma mère était là. Mon coeur rate un battement. Pardon ? Ma… Mère était à l'enterrement ? Ma.. Propre mère était à l'enterrement, a vu Steve… Et ne m'a rien dit. Rien. Je serre les dents alors que je le fixe sans pour autant réellement le regarder. Pourquoi ne rien m'avoir dit ? Pourquoi m'avoir caché tout ça ? Je… J'aurais aimé être là, pour Steve, pour Sarah… Et elle le savait, elle savait à quel point son absence me tuait, alors comment a-t-elle pu oublier de me préciser qu'elle l'avait revu. Lui, mon Steve, lui qui est très certainement la seule personne qui compte réellement à mes yeux.  Et rien. Elle m'avait caché tout ça, même après mon retour…. Là où j'aurais justement eu besoin de quelqu'un… De Steve… Elle avait préféré ne rien me dire et me maintenir à la maison, à la manière d'un animal blessé qu'on veut cacher. Et entendre Steve me dire qu'il m'en a voulut de ne pas être là avant d'apprendre que j'étais coincé au boulot… Au boulot. Je pourrais en rire amèrement, vraiment.

"J'arrive pas a y croire… Ma mère était là…. À l'enterrement… Et elle a osé ne rien me dire…. Steve… Je- je suis désolé, si j'avais su, crois-moi j'aurais été là pour toi mais…. MAIS MERDE. Ma propre mère était à l'enterrement, et… Elle n'a pas jugé bon de me tenir au courant…. MERDE."

Je pose mes mains sur mon visage alors que je tente de me calmer. Si j'avais su, j'aurais été là, pour lui. J'aurais été à ses côtés… Tant pis pour l'Afghanistan ou quoi, j'aurais trouvé un moyen, n'importe lequel. Mais j'aurais été là. Pour le soutenir… Au lieu d'être là-bas, à flipper que chaque jours soit le dernier, au milieu des affrontements… J'aurais dû être là. Avec ma mère. Je pousse un soupir exaspéré alors que je tente de retrouver un semblant de calme, sentant une crise pointer le bout de son nez. Mais comment le pourrais-je… ? Elle est morte. Je n'ai pas pu être là…. Et ma mère ne m'a rien dit. Rien. Jamais elle ne m'a fait passer ce fameux mot ou quoi...

"Je suis désolé Steve… J'aurais dû être là, j'aurais dû… J'étais en Afghanistan à l'époque… Mais j'aurais aimé être là… Je… Si elle me l'avait dit, si elle m'avait donné ton mot, je t'aurais contacté, je te jure… J'arrive juste pas a y croire… Elle m'a caché l'enterrement et elle m'a caché le fait qu'elle t'ait vu ! Elle ne m'a jamais parlé de toi, du mot ou de Sarah ! Je suis désolé Steve…. "

Je glisse mes doigts entre mes cheveux alors qu'un tremblement parcourt mes épaules, et que mon souffle se fait plus court. Il aurait pu être là plus tôt pour moi, j'aurais pu le retrouver il y a deux ans, à mon retour. On aurait pu être ensemble plus tôt… Un goût amer envahit ma bouche alors que je peine à entendre autre chose que les pulsations furieuses de mon sang à mes tempes et de mon coeur dans ma poitrine. Une rage sourde s'empare lentement de mon être alors que je n'ai qu'une envie, hurler et fracasser quelque chose… Et je sais que je n'ai pas le droit. Que je ne peux pas me permettre de faire ça… Pas depuis que j'ai retourné le salon chez mes parents, puis la moitié de l'appartement de Jesse. Parce que dans ses moments-là, je ne cherche qu'une chose : détruire. J'ai juste besoin de passer ma frustration sur quelque chose… Et je ne sais pas si je ne serais pas capable de faire du mal à quelqu'un… Sans le vouloir. Alors quand Steve tente de s'approcher, je tape du poing sur la table, envoyant au passage la tasse qui attendait sagement là, voler en éclats par terre.

"Elle n'avait aucun droit ! AUCUN ! Elle aurait dû me le dire !"

Bien sûr qu'elle aurait dû te le dire. C'est qu'il va me dire. Avant de m'assurer que ce n'est pas ma faute. Que je ne pouvais pas savoir, qu'il sait que j'aurais voulu être là… Il va vouloir me calmer. Mais il ne semble pas comprendre…. Elle est morte. Morte. Et je n'étais pas là. J'aurais dû être là. Et lui continue, il tente de me calmer, de me raisonner. Mais c'est trop tard. Dans un geste de rage je pousse violemment la table, commençant à fracasser tout ce qui me passe sous la main, porté par une pulsion de destruction pure. Ce n'est pas juste. J'aurais dû être là…. On aurait dû se retrouver il y a deux ans…. Et une fois de plus, voilà qu'on me vole deux ans avec lui… Simplement parce que ma génitrice a refusé de me dire qu'elle avait un mot de sa part… Avec ses coordonnés. Ce n'est pas juste. Deux putain d'années. Où on aurait pu être tout les deux.

crackle bones
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Lun 25 Mai - 13:48

GI JOE and 2AM Diners.
Bucky & Steve •••

C'est bien la première fois qu'il me coupe la chique au point d'arriver à me rendre...muet. Mais...vraiment muet. Alors comme ça il en sait rien. Alors comme ça elle lui en a rien dit. Mais comment? Comment elle a pu? Et ça veut dire qu'il a jamais lu mon mot? Ca explique tellement de choses du coup. Peut-être le fait qu'il ait été aussi froid depuis qu'on s'est retrouvés? Pourquoi? Pourquoi elle a fait ça? J'ai toujours cru que la mère de Bucky m'aimait bien, et que, même des années après, elle pouvait s'imaginer à quel point son fils pouvait toujours compter pour moi. A quel point c'était important de le retrouver. Même si c'était juste pour boire un café de temps en temps ou papoter sur Skype. Juste...l'avoir de nouveau dans ma vie. Et je comprends pas pourquoi elle nous a privés de tout ça. Un million de questions se bousculent dans ma tête alors que je réponds à Buck, et je vois toute couleur s'effacer de son visage, et son sourire disparaître. Je le sens accuser le coup, et je m'approche de lui, avant de continuer d'une voix douce.

Buck...Buck c'est bon. Je sais que ta mère t'a caché tout ça. Je t'en veux pas. T'entends, Buck? Je t'en veux pas... C'est elle qui...qui t'a caché la vérité. Et j'imagine que le mot que je t'avais écrit elle... elle te l'a pas donné non plus...

Je le sens partir en vrille. Accuser le coup, et être sur le point d'exploser, comme un volcan. Je me mords la lèvre et hésite avant de me planter face à lui et de poser mes mains sur les siennes.

Buck c'est rien. C'est rien. On a quand même fini par se retrouver. D'accord? On habite ensemble, et maintenant on sera plus séparés. D'accord? Je te le promets. On gardera toujours le contact... Je sais que t'y es pour rien. Et je sais que si t'avais pu, t'aurais été là... Je te reproche rien mon frère. Je te reproche rien...

Et sa réaction, bizarrement, m'inquiète et en même temps... me touche. Depuis qu'il est arrivé, depuis qu'il est revenu, il avait l'air toujours tellement...froid. Tellement distant, que j'avais presque l'impression que de m'avoir retrouvé, il s'en foutait. Que vivre avec moi, ou avec quelqu'un d'autre, au final ça revenait au même, du moment qu'il avait un toit au-dessus de la tête. Et le voir s'emporter d'un coup, sentir qu'il a été tellement bouleversé en apprenant que sa mère lui a caché ça, la mort de ma mère, mon message pour lui, le fait qu'on se soit revus... Alors... alors comme ça je t'ai manqué? Alors c'est vrai que t'as pensé à moi? Que t'aurais vraiment eu envie d'avoir de mes nouvelles? Avoir envie de me revoir plus tôt que devant ma porte suite à l'annonce? Mon coeur gonfle dans ma poitrine, et je dois faire attention à ce que ça me provoque pas de crise d'asthme. Je me recule un peu quand je le sens commencer à trembler, et c'est là qu'un hurlement résonne dans la pièce, alors qu'il tape lourdement du poing sur la table, et ma tasse DrWho se renverse et vient s'éclater sur le carrelage. Je grimace, fermant à moitié les yeux et levant les mains à mes oreilles, histoire d'atténuer le bruit de tonnerre qui résonne dans mes tympans abimés alors qu'il a hurlé bien trop près de moi.

Buck s'il te plait!

Heureusement, il se tait mais ça ne semble pas s'arranger pour autant. Parce que si aucun son ne sort de sa bouche, c'est loin d'être fini. Je le vois qui bouscule la table, qui finit par se renverser, alors que mes copies s'éparpillent sur le sol. Et deux autres chaises suivent le mouvement. Wow. Je sentais qu'il y avait une rage contenue en lui, mais pas que ça serait aussi violent. J'hésite, pendant une seconde, avant de revenir près de lui, levant les mains, et le souffle court.

Buck, c'est rien. C'est rien va. C'est rien. C'est rien du tout... Calme-toi...Calme-toi...tu t'expliqueras plus tard avec ta mère...mais là tu vas te calmer...

Je le vois attraper un bol de fruits et le faire se fracasser contre le carrelage, les pommes et les oranges commençant à rouler un peu partout dans la cuisine. On dirait un ours furieux, ou Hulk, le vert en moins. Et il faut que je l'arrête avant qu'il saccage la moitié de l'appart, ou pire, qu'il se fasse mal. Je me plante face à lui et chope son poignet valide, pendant que je le fais lentement reculer pour qu'il soit collé contre le mur. Et pour la première fois de ma vie, je le bloque. Une de mes mains tient toujours son poignet pendant que l'autre vient se poser sur sa joue.

Buck, je t'en veux pas. Je t'en veux pas. Calme-toi. Ce qui est fait est fait, et on pourra pas changer ça. Alors on va plutôt s'occuper de maintenant. Ok? Calme-toi... Calme-toi...

Je sens qu'il se débat, je sens qu'il lutte mais maintenant je suis de taille à le contenir, et je pose mon front contre le sien.

Arrête! Arrête maintenant! Calme-toi! T'es pas en colère contre moi alors... alors laisse-moi t'aider. Laisse-moi t'aider... c'est pas grave...

Et là je me rends compte que je suis contre lui. Vraiment contre. Que je le bloque. Que mes lèvres sont très près des siennes. La vache, moi qui pensais que ça, tout ça, c'était mort et enterré. Que ça s'était éteint, comme un feu... mais il fallait croire qu'il y avait toujours quelques braises...et un seul coup de vent...pour...que ça reparte. Alors sans même réfléchir... je franchis les quelques millimètres qui nous séparent et je pose mes lèvres sur les siennes.

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Lun 25 Mai - 15:58

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je contrôle plus rien. Dans ses moments-là, je suis presque dans le même état que lorsque je suis en plein cauchemar. Je suis comme en transe, le monde autour de moi semble s'effacer et c'est à peine si j'ai conscience de ce qui m'entoure. Tout ce qui compte c'est de laisser libre cours à cette rage, à cette envie de détruire simplement pour détruire. C'est vain, stérile même comme démarche, mais je ne sais pas comment canaliser ça autrement. Parce que je n'arrive pas à me calmer. J'arrive pas à simplement me dire, ok c'est moche mais ça va aller, on respire un coup… Non n'ayant pas ma mère pour passer mes nerfs, je me venge sur le mobilier de la cuisine. Après la table, les chaises, j'envoi le bol de fruit s'écraser au sol, m'apprêtant à faire subir le même sort à la vaisselle qui trône non loin de l'évier, seulement voilà qu'il me saisit par le poignet. Qu'est-ce que… ? Dégage Rogers. Sérieusement. Je me débats, essayant de libérer mon bras, en vain. À l'aide de ma main libre je tente de le faire lâcher prise, mais rien n'y fait. Lentement il me fait reculer, alors que je me débats tant bien que mal, lui ordonnant d'arrêter entre mes dents serrés. Mais il s'entête. Lâche-moi bon sang… Laisse-moi, fais comme tout le monde et tire-toi. Laisse-moi. Lâche-moi. Je pourrais lui faire du mal, le repousser avec violence, mais je me l'interdis, parce que si j'en venais à lui faire le moindre mal, je serais incapable de me le pardonner. Un grondement sourd m'échappe lorsque je finis plaqué contre le mur, lui tenant toujours mon poignet alors que j'arque le dos, lui ordonnant toujours de me lâcher. Parce que je n'ai pas l'habitude qu'il y est quelqu'un qui me tienne tête, ou qui essaye de me calmer. Généralement, soit je suis seul, soit on me fuit. Mais non, on n'essaye pas de me soutenir. Je me débats de plus belle alors que je sens sa main se poser sur ma joue. Je frémis alors que je croise enfin son regard. Lâche-moi, Rogers. Je suis sérieux. Ça va passer… Laisse-moi juste briser encore quelques trucs et ça ira mieux… Et voilà qu'il me dit qu'il ne m'en veux pas, que je n'ai pas de raison de me débattre. Que c'est trop tard. Mais justement ! C'est ça le problème. C'est parce que c'est déjà trop tard. Parce qu'à cause de ma mère, je n'ai pas pu te retrouver plus tôt. J'ai toute les raisons du monde d'être en colère, parce qu'une fois de plus, on t'a volé à moi. Je ferme les yeux lorsqu'il pose son front contre le mien, et lentement mes tremblements se font plus rare, lentement je sens mes muscles se détendre. Parce que je sais que je suis coincé entre lui et le mur… Qu'une fois de plus je suis impuissant. Prisonnier. Et j'ai beau me débattre, rien n'y fait. Je rouvre doucement les yeux quand il me demande de me calmer, de le laisser m'aider. T'en as déjà trop fait Steve… Je peux pas te demander de tout gérer. Les cauchemars, mon comportement… Je peux pas en plus t'infliger de devoir contenir mes crises… Je m'apprête à lui demander de me lâcher qu'il franchit le peu d'écart qui nous séparais pour venir poser ses lèvres contre les miennes.

Wow.

Pendant une bonne seconde, surpris par son geste, je n'ose bouger, les yeux ouverts. J'arrive pas à y croire. Il est… Réellement en train de m'embrasser. Enfin, disons qu'il a ses lèvres contre les miennes. Ouais enfin… Ça reste un baiser. Un qui ressemble étrangement à celui qu'on a échangé ce soir là dans le parc… D'un coup tout retombe et toute la frustration, la rage qui me tenaient disparaissent. Tout ce qui m'obsède désormais c'est ce baiser. Pourquoi ? Pourquoi m'embrasser ? Pourquoi maintenant ? Parce qu'il en a envie ? Parce qu'il se doute de ce que je ressens ? Mais alors dans ce-cas… Pourquoi m'avoir repoussé dans le parc ? Autant de questions qui tournent dans mon esprit. Au pire, en quoi est-ce important ? En rien. Peut-être que tout l'intérêt c'est de profiter de ce baiser, avant qu'il ne se termine et qu'à nouveau il s'éloigne de moi. Je ferme les yeux alors que je me décide à lui rendre son baiser, pressant mes lèvres contre les siennes. Et soudain je prends conscience de la proximité qu'on partage, du fait qu'il est contre moi, de sa main sur ma joue. Il devait en avoir envie d'une certaine façon… C'est lui qui est venu m'embrasser… Pas moi. Seulement bien rapidement il se recule, rompant ce baiser bien fugace. J'ai à peine le temps de croiser son regard qu'il me lâche, se reculant de quelques pas, s'excusant. Et mon coeur se brise au moment où il murmure qu'il n'aurait pas dû, qu'il ne voulait pas. Encore ? Tu oses encore me dire ça ? Je… C'est toi qui est venu m'embrasser… Tu ne peux pas… Juste me faire ça et ensuite m'avouer que t'en avais pas envie. Me refait pas ce coup-là.

"Alors pourquoi… ? Si tu ne voulais pas m'embrasser… Pourquoi le faire alors ? T'aurais pu aussi éviter…"

La vérité c'est que j'aurais préféré que tu ne m'embrasses pas. Surtout si c'était juste pour me dire que tu ne voulais pas… Me repousser une fois ne t'a pas suffit ce jour-là ? Faut qu'après toutes ses années, tu me refasses ce coup-là ? Vraiment ? Ça t'amuses ou quoi ? Je passe une main dans mes cheveux avant de pousser un soupir. Je suis partagé entre l'envie de l'attraper par le col et l'embrasser à nouveau et celle de lui en coller une. Si ça te dégoûte tant, la prochaine retiens-toi de m'embrasser, d'accord ? Non mieux, tu te contentes de m'aider, ou alors tu me laisses me démerder. Si c'était juste pour me calmer, la prochaine fois… Laisse-moi.

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Mar 26 Mai - 18:13

GI JOE and 2AM Diners.
Bucky & Steve •••

Je sais pas ce qui m’a pris. Je sais pas. C’est venu tout seul. Ca s’est fait sans réfléchir, et dans un sens, ça me fait simplement ouvrir les yeux sur le fait que… j’ai eu beau me voiler la face, j’ai eu beau avoir enterré ça bien profond, recouvert par tout ce qui constitue ma nouvelle vie mais… c’était là. Ca a toujours été là. Et aussi violente qu’à l’époque. Mon attirance pour lui. Mon amour pour lui. Pour mon Buck. Et après l’avoir plaqué contre le mur, après l’avoir calmé, au moment de le sentir contre moi, bien trop près de moi… je cède. Je cède comme un con, comme le collégien que j’étais, fou amoureux et qui avait pas les idées très claires. Il faut croire que maintenant je suis prof, et qu’elles le sont pas beaucoup plus. Surtout quand ça s’applique à lui.

Et je me retrouve dans le parc, ce fameux jour. Je me souviens de ses lèvres sur les miennes. Je me rappelle de ses bras autour de moi, et de mon cœur qui tambourinait dans ma poitrine à un rythme de dingue, au point de m’être dit que j’allais claquer, mais que c’était pas grave, parce que ça aurait été dans ses bras. Je me rappelle que c’était maladroit mais doux. Je me rappelle de la buée sur mes lunettes à cause de son souffle chaud. Et puis le goût d’alcool et la brusque réalisation qu’en fait… c’était pas lui. C’était pas ce qu’il voulait vraiment. Non. Qu’il aurait embrassé n’importe qui avec qui il aurait été à ce moment. Alors je l’ai repoussé. C’est moi qui ai interrompu le meilleur moment de ma vie, parce qu’en même temps, c’était aussi celui qui m’a fait le plus de mal. De me dire qu’enfin, enfin il me voyait comme moi je le voyais. Que peut-être il partageait ce que je ressentais et…et non. En fait non. Rien. Je restais son frère, son meilleur ami mais…rien d’autre. Malheureusement et froidement rien d’autre.

Et là, quatorze ans après, je reviens chercher ses lèvres. En m’imaginant quoi ? Que ça a changé ? Que maintenant il m’aimerait ? Que maintenant il allait se jeter à mon cou et qu’on aurait enfin le happy end dont j’avais toujours rêvé ? Steve, t’es vraiment trop con… Et pourtant ses lèvres sont toujours les mêmes… Il embrasse toujours pareil…et ça me tord le ventre. Arrête. Steve arrête. Arrête ou tu vas encore plus ruiner les choses. Ou tu vas vraiment tout foutre en l'air entre lui et toi. Et s'il se barrait? Et s'il prenait ses trois cartons et son sac, et se barrait? Parce que tu te laisses encore dépasser comme un collégien?

Je me recule, lâchant ses lèvres alors que je meurs d'envie de les reprendre, de pas les quitter, et d'avoir enfin ce que j'attends depuis...longtemps. Et je le regarde, paumé, le souffle court, avant de baisser les yeux, et passer nerveusement ma main dans ma nuque.

Je...pardon je... je sais pas ce qui... ce qui m'a pris je... J'aurais pas dû. Tu...t'allais pas bien et moi... je...ça se fait pas je... pardon Buck. Tu...tu dois me détester là... Je... je suis désolé...

''T'aurais pu aussi éviter''. Le message est clair. Ce baiser? Il en voulait pas. On sent même que ça le dégoûte. Ok, là je suis sûr. Certain. Tout ça, tout ce que je me suis imaginé pendant des années, ma belle love story avec un putain de ruban rose autour du cou, je peux la balancer à la poubelle, où la briser à coup de batte de baseball. Comme mon coeur, à l'instant présent. Je lui tourne le dos alors que je sens des larmes perler au coin de mes paupières, et je trouve le prétexte de ranger pour m'éloigner. D'un geste rapide je redresse la table et je ramasse les copies éparpillées, qui, par chance, ont pas été arrosées par le thé renversé. Et pendant tout ce temps je sens son regard, comme une brûlure dans ma nuque. Fais quelque chose, pars, j'en sais rien, mais reste pas comme ça putain. Reste pas planté là à penser "Pauvre type, tu pensais vraiment qu'il pourrait jamais y avoir quelque chose entre nous?". Et je préfère pas me tourner, par peur de voir un air exaspéré, ou pire, un sourire moqueur sur son visage. Là je pourrais juste me tuer. Je sors une balayette et rassemble vite fait tous les débris, avant de balancer le tout à la poubelle. Par chance, il reste encore un peu de place pour mon coeur en miettes. Et après avoir rassemblé les pommes qui profitaient de leur nouvelle liberté, les poser dans une assiette, et finalement attraper ma pile de copies.

Je...je vais dans ma chambre... pour...pour bosser...

J'ai presque envie d'y courir, mais je me glisse à l'intérieur, me laissant retomber sur mon lit, et virant mes lunettes et mes appareils. Pour le moment il faut juste que je me coupe du monde. Ma boule dans la gorge grossit, comme un monstre qui m'étouffe, et j'ai besoin d'un shot de ventoline pour pouvoir respirer un peu correctement. Un crétin. T'es qu'un crétin sentimental qui a juste besoin qu'on lui mette un bon coup de pied au cul. Enfin, théoriquement, c'est ce qui vient juste d'arriver, et le réveil est brutal. Tout se bouscule. Comment? Pourquoi? Bordel... bordel... Tout se bouscule, mais je tiens pas en place, alors malgré le peu d'espace que j'ai ici, je me lance dans une série d'exercices. Longs. Assez longs pour m'abrutir de fatigue. Assez longs pour espérer arriver à dormir après ça. Après cette belle baffe. Et j'attends d'être sûr qu'il soit dans sa chambre pour oser sortir de la mienne et me faire réchauffer la moitié du mexicain, avant de piocher un cupcake, et d'emmener le tout dans ma chambre avant de me mettre au boulot...

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Sam 30 Mai - 16:43

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je suis aussi perdu que je pouvais l'être y'a pas cinq minutes. Pas dans le genre, j'ai envie de me remettre à fracasser tout ce qui passe sous la main… Mais plutôt, j'ai envie de l'attraper par le col et lui faire cracher les mots qui semblent lui rester en travers de la gorge. Je le vois dans tes yeux que t'as bien un million de choses à me dire, alors pourquoi me regarder comme si j'étais subitement la plus grande déception de ton existence ? Comment, toi, peux-tu me faire ça ? Je serre les dents alors que je soutiens son regard, le coeur au bord des lèvres. C'est toi qui est venu m'embrasser, alors cette fois, t'as pas le droit de me regarder comme si c'était ma faute, comme si j'étais celui qui a tout fait merder entre nous une fois de plus. Alors quand je le vois se détourner, prétextant le besoin de ranger le bordel que j'ai crée, c'est non sans un pincement au coeur. Alors c'est tout ? T'as tellement honte de m'avoir embrassé que maintenant tu me fuis ? Je… Je te pensais pas capable d'une telle chose. Je pensais que… Je pensais pas que tu oserais me faire cette scène là une seconde fois. Pas après le parc… Et ce baiser suite à quelques bières… Je pensais… Je pensais qu'enfin, après des années… Tu… Non arrête. Il pourra jamais t'aimer. Jamais, t'entends ? C'est pas la peine de se raconter une belle histoire en priant très fort pour qu'elle soit réelle, parce qu'elle ne le sera jamais. Il n'est pas tombé amoureux du gamin que t'étais, alors comment pourrait-il désormais aimer l'épave que tu es ? Rêve pas Buck… Un jour, il fera sa vie avec quelqu'un d'autre… Et une fois de plus, il t'abandonnera. Faut te faire à cette idée. Toujours adossé au mur, la respiration désormais lente et régulière je fixe Steve qui s'affaire à ramasser ce qui reste de sa tasse. Je m'apprête à lui dire que ce n'est pas la peine, que c'est à moi de m'en occuper… Mais j'en suis parfaitement incapable. Parce que la seule que j'ai envie de lui demander… C'est pourquoi ce baiser ? Pourquoi maintenant ?  Seulement à la place je me contente d'un soupir discret alors qu'en silence, je viens l'aider à ramasser les pommes qui désormais vivent librement sur le carrelage.

Nous n'échangeons pas un mot et pour être franc, le silence est si pesant qu'il en est presque douloureux. Je n'ose croiser son regard et pourtant… J'aimerais. Juste pour être sûr que j'ai pas tout foutu en l'air une fois de plus. Que… Qu'à cause de moi on est pas de nouveau dans cette situation… Après le parc… Où je n'osais pas croiser son regard, où je n'osais pas lui parler… Jusqu'au moment où il avait finit par me dire que le mieux, c'était que nous n'en parlions plus. Mais là… Rien. Il ne m'offre qu'un silence presque angoissant. Je suis sûr qu'il va me demander de partir, de vider la chambre et de le laisser. Comme tout les autres, il ne va avoir aucun regret à me voir partir… Il va m'abandonner une fois de plus. Parce qu'une fois de plus j'ai eu le malheur de tout foutre en l'air. Je lève à peine les yeux vers lui alors qu'il m'annonce qu'il va dans sa chambre pour travailler, me laissant seul dans la cuisine. Tu vois ? Il te fuit déjà. Parce que t'as été trop con. J'aurais pu me contenter de lui dire que je ne voulais pas qu'il arrête, que j'aimais ça… Que… Je l'aimais lui… Mais non, tout ce que j'ai été foutu de lui dire c'est "t'aurais pu éviter." Ça m'aurait coûté quoi de lui dire que j'en avais envie ? Rien. Je lève doucement les yeux vers la porte de sa chambre, avant de simplement aller me réfugier dans la mienne. Je suis le roi des cons, l'empereur même. Je… Peut-être que je devrais partir… Le laisser et disparaître. Peut-être qu'il serait plus heureux sans moi… Que cette histoire de colocation, c'était une putain de mauvaise idée. Que j'allais tout foutre en l'air et que j'allais le perdre. Je… J'aurais dû rester loin de lui, je n'aurais pas dû lui imposer… Tout ça. Pendant une longue minute je considère sérieusement l'idée d'attraper mon sac et mes cartons pour me barrer et disparaitre de sa vie avant de me ressaisir. Je peux pas lui faire ça. Pas à lui. Je lui ai promis que… Que je serais là pour lui, à jamais… Que je ne pourrais jamais lui faire le moindre mal. Et je lui ai déjà causé tant de tort… Non, tant pis, c'est à moi de réparer mes conneries. Je reste… Mais si il me le demande… Je le laisserais. Un soupir m'échappe alors que j'ouvre la fenêtre, attrapant mon paquet de cigarette alors que je m'installe à ma fenêtre, Cacty à mes côtés. Mon regard se perd dans le lointain alors que je tire une première bouffée sur ma cigarette.

"Je sais plus quoi faire… Je… Je pensais que ça allait enfin mieux… Qu'on allait retrouver notre complicité d'avant.. Et… Et… Et une fois de plus j'ai fais n'importe quoi… J'aurais dû le retenir. Lui dire que j'en avais envie… Mais à la place… Je…"

Je m'interromps une seconde alors que je pose mes yeux sur mon cactus, esquissant une vague moue dépitée. Voilà que je recommence à lui parler. À lui confesser tout ce que j'ai sur le coeur… Alors que c'est juste une putain de plante sans importance. Je pince les lèvres avant d'écraser mon mégot que le rebord de la fenêtre, avant de murmurer avec une certaine amertume.

"De toute façon… La question ne se pose plus… Maintenant je suis sûr qu'il ne m'aime pas."

*
Cette nuit-là, je pensais sérieusement qu'il ne viendrait pas pour moi, qu'il me laisserait me démerder avec mon cauchemar. Et pourtant, quand je reprends conscience, c'est son regard que je croise, ses deux grands yeux bleus qui m'observent avant la plus grand inquiétude. Et étrangement, je suis soulagé de le voir avec moi… J'avais peur qu'il ne vienne pas, qu'il me laisse… Mais non. Lentement il m'attire à lui et c'est avec plaisir que je le laisse m'étreindre. Doucement je pose mon front sur son épaule alors que je tente de faire cesser les tremblements qui secouent mon corps. Merci d'être là… Pour moi. C'est ce que j'aimerais lui dire alors que je sens sa main se perdre dans mes cheveux. Un frisson court sur mon échine alors que je l'entends commencer à chanter… Doucement. Lentement. Presque avec hésitation. Je sens que sa voix est plus lourde… Qu'il peine à articuler correctement, comme si il tentait de refouler un sanglot. Mon coeur se serre en l'entendant… Mon Steve… Je suis désolé… Je ferme les yeux alors que je prends une grande inspiration, me concentrant sur les paroles. "You'll never know dear, how much I love you…" Les mots me font refermer un peu plus mon bras autour de sa taille. J'aimerais que tu le saches idiot… J'aimerais que tu saches que je t'aime à en crever depuis que j'ai quatorze ans… Je sens sa voix avoir un raté alors qu'il reprend le refrain et par instinct je viens glisser ma main dans ses cheveux, comme pour le calmer, pour lui dire que ça va aller et que je suis là. Mes doigts se perdent au milieu de ses mèches blondes alors que lentement je me calme, au creux de ses bras. Et quand il se recule légèrement pour voir si je vais mieux, je croise son regard avec appréhension. Mes doigts quittent ses cheveux alors que je le rassure doucement, l'assurant que ça va aller… Que je vais aller me recoucher. Je le regarde filer avec un pincement au coeur avant de quitter mon lit, me rhabillant en vitesse. Je sais qu'il est pas forcément dupe et qu'il sait que je ne vais pas sagement me recoucher… Mais pour ce soir… J'ai juste besoin d'être seul. J'attrape mes clés et disparait comme un voleur, refermant simplement la porte derrière moi.

Durant tout le trajet, c'est à peine si j'arrive à me concentrer, à penser à autre chose. La chanson, sa voix enroué… Tout tourne dans mon esprit. Peut-être que j'aurais dû lui dire, j'étais dans ses bras… Le moment aurait été parfait pour m'excuser et lui avouer que ce baiser, j'en avais envie. Après tout, faut peut-être que j'arrête de le fuir… Parce qu'à force, il va se lasser et il va cesser de tenter de me retenir. Un jour il en aura marre… Un jour il me laissera à nouveau. Je pousse un soupir. Je n'ai pas envie d'y penser. Je préfère me dire que… Que ça va s'arranger. D'une façon ou d'une autre. Alors c'est presque exténué que je pousse la porte du diners, saluant à peine Angie qui me saute presque dessus.

"Eh bien… T'as une sale gueule ce soir James… Et ton copain ? Il est pas là ?
- Non. Il… Il se sentait pas de m'accompagner."

À sa mine et à ses sourcils qui se froncent, je comprends qu'elle n'y croit pas une seconde. Au point que je la vois esquisser une moue dubitative. Elle croise les bras, posant son regard dans le mien. Oh. Ça. C'est pas bon signe.

"James. Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien. Je te dis qu'il se sentait pas de venir ce soir.
- Pas à moi.
- Lâche-moi.
- Dans tes rêves."

Je pousse un soupir agacé. J'adore Angie, vraiment… Mais là, pour ce soir, je préférais qu'elle ne tente pas de se mêler de ça. Je n'ai pas envie d'en parler. Il n'est pas là, parce que je ne voulais pas qu'il le soit. Je ne voulais pas croiser son regard triste alors qu'il tente de prétendre que tout va bien. Je ne voulais pas l'avoir ce soir… Pas après ce baiser. Je soutiens son regard jusqu'au moment où elle pousse un soupir résigné.

"D'accord, je vois, t'as pas envie d'en parler. Mais bon, si c'est une querelle d'amoureux, je suis sûr que demain après un câlin ça ira mieux.
- Angie…
- Quoi ?
- On est pas ensemble."

Je jure qu'elle me regarde comme si je venais de lui annoncer la fin du monde. Ses lèvres s'entrouvre alors qu'elle arrête de jouer nerveusement avec son carnet de note. J'entends presque les minutes passer avant qu'elle n'arrive à prononcer le moindre mot.

"Attends, attends. T'es sérieusement en train de me dire que toi et lui… ? Oh mon Dieu tu es sérieux. Mais c'est pas possible. Vu la façon dont vous vous dévorez du regard, je pensais que vous deux…
- Pardon ?
- Oh mon dieu… Tu sais même pas qu'il t'aime ? Mais James, ouvre les yeux. Y'a des filles qui tueraient pour être regardées de la même façon que lui te regarde. Il t'aime. Crois-moi.
- Arrête.
- Je te jure James. Ton colocataire il rêve que d'un truc, c'est de te croquer.
- Angie.
- Oh tu peux ronchonner autant que tu veux mon grand, crois-en la belle Angie, il t'aime… Tout autant que tu l'aimes. Et essaye même pas de me dire le contraire, je t'ai vu. Tu l'aimes à en crever… Et comme dirait ma mère, il t'aime d'amour pur."

Je me renfrogne avant de complètement me fermer. Il m'aime ? Je peine à y croire. Après ce baiser… Et… Tout le reste. Je préfère me dire que ce n'est pas la peine de me faire trop d'illusions, que si je commence à y croire, la déception n'en sera que plus grande. Je détourne le regard et n'entends qu'un soupir de la part d'Angie avant qu'elle ne disparaisse, me laissant seul avec cette simple pensée : et si elle avait raison ?

*
Pendant un ou deux jours, c'est à peine si je le croise, à peine si je le vois. L'air de rien nous prenons tout les deux nos distances et je dois avouer que ça me pèse. Qu'il ne vienne plus me demander si regarder un film avec lui m'intéresse ou quoi… C'est à peine si il arrive à me regarder dans les yeux, à peine si il accepte d'être dans la même pièce que moi. Au point que j'en viens à ne plus quitter ma chambre. Mais heureusement, il finit par revenir vers moi, doucement, mais sûrement. Ça commence par des trucs cons, comme me demander si partager une pizza autour d'une bière m'intéresse ou non… Ou simplement me proposer de mater un épisode d'une série avec lui… C'est pas grand chose… Mais ça me rassure. Même si je sens qu'il est plus distant qu'avant. Parce qu'il est encore blessé par mon comportement. Et Dieu seul sait à quel point j'aimerais le retenir à chaque fois que je le vois s'éclipser dans sa chambre. Seulement j'ai toujours peur qu'il me repousse, qu'il me dise d'aller me faire foutre. Alors j'ai finis par me dire qu'il avait simplement besoin de temps, et que de toute façon, je ne pouvais pas lui en demander plus. Ça aurait été terriblement égoïste, lui qui déjà supporte mes crises, mes cauchemars, mes humeurs… Je ne peux pas en plus lui demander d'être là à mes côtés jusqu'à la fin des temps, ni même à le forcer à m'aimer. Après tout… Comment le pourrait-il ?

Une semaine est passée depuis ce fameux baiser, et même si les choses ne ce sont pas complètement tassés, je dirais que ça va un peu mieux, on recommence à échanger quelques blagues vaseuses tout les deux et je passe un peu plus de temps avec lui… Alors même si ce n'est pas exactement comme ce qu'on avait avant, c'est déjà mieux que rien. Adossé à la rembarde du balcon, je sirote doucement ma bière, profitant du temps clément de cette fin d'après-midi, ne réagissant que lorsque j'entends la porte de sa chambre s'ouvrir. Curieux je retourne dans la cuisine, refermant doucement la porte vitrée derrière moi, et je dois avouer que le peu de bonne humeur que je pouvais avoir disparait au moment où je vois le bouquet de fleur dans ses bras. Je pince les lèvres alors que mes doigts serrent la bouteille. Je déglutis difficilement avant de lui demander, quelque peu amer.

"En partance pour retrouver ta dulcinée ?"

Angie avait tort. Il ne m'aime pas. Il ne peut pas m'aimer. Jamais. Il ne le pourra pas. Je lui en ferais part la prochaine fois que je la vois. "Oh toi qui disait qu'il m'aimait… Tu m'expliques en quoi c'est possible quand il va apporter des fleurs à la première idiote avec qui il a un rendez-vous galant ?" J'ai été stupide d'y croire, pire j'ai été stupide de penser que ce serait possible, qu'il serait capable de m'aimer, moi, James Buchanan Barnes.

crackle bones
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Dim 31 Mai - 9:30

GI JOE and 2AM Diners.
Bucky & Steve ••• Putain de putain de merde. Steven Rogers tu es un con. Tu es le dernier des cons. Sérieusement, t'as rien trouvé de mieux que de l'embrasser au pire moment possible, alors qu'il vient d'apprendre que ta mère est morte, que sa mère a lui le lui a caché, lui a caché le mot que tu avais griffonné entre deux portes pour qu'elle le lui transmette, et qu'il est parti dans une crise de colère mémorable, retournant deux ou trois meubles et pétant mon mug DrWho et le saladier de fruits. Pourquoi? Pourquoi est-ce qu'il a fallu que je lui saute dessus sans presque m'en rendre compte, emporté dans mes pulsions d'ado attardé qui a jamais réussi à tourner la page de son premier amour de collégien. Parce que ça a commencé à me travailler dès la première nuit où je l'ai serré dans mes bras alors qu'il était englué dans un de ses violents cauchemars. Vite et fort. Comme si tout ce que j'avais enfoui pendant quatorze ans était remonté à la surface avec la puissance d'une gifle. Pourquoi? Pourquoi j'ai pas pris mon courage à deux mains et je lui ai dit? Pourquoi j'ai pas toqué à sa porte ou profité d'un moment où on était bien, au calme, pour lui dire? Pour lui dire simplement "Buck, je t'aime depuis qu'on est gosses." Sauf que non. Sauf que j'ai tout fait foirer en lui sautant dessus.

Et au final, je me dis que j'ai peut-être pas mal fait de pas me lancer dans une belle déclaration, de pas l'attendre un soir avec quelque chose de bon sur la table, une bonne bouteille de vin et tout balancer. Parce qu'au final la révélation a été brutale. Que ça aurait été pire de voir ma surprise ruinée, plutôt que de découvrir la vérité sur ses sentiments en plein dans une de ses crises. La honte dure moins longtemps. Alors, n'arrivant pas à supporter son regard, ayant trop peur d'entendre ce qu'il aurait à me dire, je préfère m'occuper les mains à défaut de l'esprit, et commence à tout ranger. Derrière moi je le sens immobile. Sans savoir ce qui lui passe par la tête. Fais quelque chose, hurle, je sais pas, mais ne reste pas comme ça, simplement à me regarder. Et j'ai presque un soupir de soulagement quand je le sens s'approcher et ramasser les pommes qui ont roulé sur le sol. Et juste après, je m'éclipse dans ma piaule, m'abrutissant d'exercices sans arriver à calmer la tempête qui s'abat dans ma tête et sur mon coeur en miettes. Et après ma pile de copies, vers vingt-deux heures je me glisse sous la couette en espérant que dormir m'empêchera de trop gamberger.

Mauvais plan. Je fais que somnoler, grappillant une heure ou deux de sommeil entre deux sessions de contemplation de plafond, avant de me tourner, et me retourner, dans un sens, puis dans l'autre. Et je sais pas quelle heure il est lorsque ça commence. Un nouveau cauchemar. J'avoue que j'hésite, j'essaie de me rendormir, mais quand il se met à gémir, quand je sens la panique dans sa voix, je réfléchis même pas, et je repousse les couvertures avant d'aller le rejoindre. Et je l'accueille dans mes bras sans même me poser de questions, avant de me mettre à fredonner notre vieille rengaine, parce que c'était ce qui l'avait calmé l'autre nuit. Sauf que là, ce soir, commencer à chanter, à chanter ces paroles, ces mots, juste après... juste après ce que j'ai appris sur ses sentiments envers moi... ça me tue. Ca me tue parce que... parce qu'il est ça. Il est ça pour moi. Il représente ça pour moi. Celui qui me rendait heureux, celui qui était toujours là pour moi, même dans les pires moments, même dans mes crises les plus violentes. Et là... là je lui balance mon amour à la gueule, je le lui chante alors qu'il s'en fout. Alors que je suis encore en train de digérer que, que tout ce que j'ai espéré toutes ces années, que tout ce temps, blotti dans ses bras en espérant plus jamais avoir à les quitter, toutes ces années à attendre qu'il me voie... qu'il me voie comme moi je le voyais, c'était du vent. Des illusions que je me faisais.

Et le pire dans tout ça, c'est quand je sens sa main se glisser dans mes cheveux. Ca me vrille l'estomac parce que...parce que j'aimerais que ça, son geste, ce soit pas de la pitié... que ce soit pas comme un gamin qu'on câline parce qu'il a perdu son doudou. Arrête putain. Arrête. Me fais pas ça. Me fais pas ça, t'es en train de me tuer... Joue pas la carte de la tendresse après m'avoir limite dit que mon baiser t'avait dégoûté... Heureusement il se calme rapidement, et c'est presque avec soulagement que je lui demande si ça va, s'il a encore besoin de moi, et qu'il me répond qu'à partir de là, ça va aller. Je me détache de lui alors que je crèverais d'envie de le garder contre moi... et en même temps il vaut mieux arrêter de se faire du mal. Et couper court.

Je me relève, lui rappelle que je suis à côté avant de filer dans ma chambre, m'écroulant dans mon lit. Et avant que je réalise ce qui se passe, j'entends la porte claquer. Sur le coup je flippe. Merde. Non. Me dis pas qu'il est parti. Mais...vraiment parti. Non. Oh non. Mon coeur bat plus vite alors que je sors du lit. L'appart est silencieux. J'avance lentement, et pousse sa porte, y jetant un oeil, avant de soupirer de soulagement en voyant que ses affaires sont encore là. Il est pas parti. Je l'ai pas dégoûté au point qu'il veuille me fuir. Et partir loin. Ce qui est...déjà pas mal...

*

Pendant encore un jour ou deux, j'en chie. J'en chie vraiment. Parce que je dois faire le deuil de...de ce que je m'étais imaginé. De ce que j'avais rêvé, pour lui, pour nous. De mon amour pour lui. De mon amour de gosse, de mon amour d'ado, et même de mon amour...d'homme. Pour lui qui est jamais vraiment sorti de ma vie. Et je m'en suis rendu compte de la manière violente. Et puis... et puis je me rappelle qu'il me doit rien. Je me rappelle que... que je peux pas l'obliger à partager mes sentiments. Même si c'est ce dont je rêve la nuit. Même si ça me travaille depuis...putain depuis tellement longtemps... Et c'est Bucky. Tu voudrais le perdre totalement à nouveau? Même s'il se passera jamais ce que t'espères, tu veux vraiment définitivement tirer un trait sur lui et le perdre à nouveau? Non. Non je veux pas. Non. Il compte trop pour moi. On a partagé trop de choses, alors...alors tant pis. Ouais il m'aimera jamais mais...ça veut pas dire qu'on pourra pas être copains comme avant. Amis. Frères. C'est dur mais c'est comme ça... Je préfère le garder près de moi en tant qu'ami que le perdre pour toujours, encore.

Alors, timidement, je reviens vers lui. Après m'être terré dans ma piaule, je lui propose une pizza. Ou de venir voir un film. J'essaie de sourire, et je suis un peu soulagé en voyant qu'il... qu'il a pas l'air de trop m'en vouloir. De trop être en colère pour ce baiser. Et petit ça va un peu mieux. On est encore loin du côté "frères jusqu'à la mort" mais on arrive à nouveau de rire de certaines conneries, s'envoyer de nouveau des blagues à la con. Et je reste près de lui quand il a un cauchemar...ce qui devient moins étrange, et moi dur pour moi. De l'avoir contre moi plusieurs nuits, à le rassurer, à lui caresser les cheveux, à le bercer en chantant...

C'est foutrement dur mais je m'y fais. Je retourne dans ma routine des cours, du boulot, et lui s'y trouve une place. Petite, encore, mais j'espère de plus en plus grande. S'il veut bien. Enfin bon... Ce soir je rentre du boulot avec un bouquet sur les bras et je fronce les sourcils quand Buck me lance l'air de rien si les fleurs seraient pas pour une conquête. Non mais sérieusement? On dirait presque qu'il est... jaloux? Mais non arrête Rogers, tu te fais des films! Je me force à sourire doucement, passant nerveusement une main dans la nuque.

Ca? Je... non... je... Tous les premiers vendredis du mois je... je vais rendre visite à ma mère. D'ailleurs si...si tu veux...si ça te dit de venir avec moi... t'es...le bienvenu...

A ma grande surprise, il accepte, et il prend son blouson, ses clefs de voiture, avant de descendre avec moi pour retrouver sa voiture.

Elle est à Forest Hills... Tu...tu vois où c'est?

Le voyage se fait en silence, mais... pas un silence pesant. Plutôt le genre de silence où chacun a simplement...beaucoup de choses à penser. Et après une dizaine de minutes il se gare, et j'attrape mes affaires avant de l'attendre près de la voiture.

Viens, elle est par là. Je vais te montrer.

On s'avance sur l'allée en graviers qui est à moitié couverte de feuilles mortes, et on la quitte pour s'éloigner un peu, jusqu'à une tombe située sous de grands arbres. Je m'accroupis devant la pierre, balaye les feuilles mortes et écarte l'ancien bouquet maintenant fâné, avant de déposer le nouveau.

Salut, maman. Tu devineras jamais sur qui je suis tombé... Buck. Je t'assure. Notre Buck. Je cherchais un coloc et c'est lui qui a toqué à la porte. C'est dingue non? Il a bien grandi, tu le reconnaîtrais à peine... Il a fait la guerre. C'est un héros...

Je sais que je dois avoir l'air con à parler à une pierre tombale mais tant pis. Je fais signe à Buck de venir me rejoindre.

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Dim 31 Mai - 22:12

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Le sourire sur ses lèvres est si forcé, que je m'en veux presque d'avoir eu le malheur d'ouvrir ma grande gueule. En quoi ça me regarde après tout ? Il fait ce qu'il veut. Si il a un rencard, tant mieux pour lui. Je devrais me réjouir pour lui, qu'il soit heureux, qu'il fasse sa vie avec quelqu'un qui le mérite… Seulement je ne peux pas m'empêcher de crever de jalousie à cette simple idée. Parce que j'aimerais qu'il soit mien. C'est terriblement égoïste mais j'aimerais être celui avec qui il est, celui avec qu'il est heureux et avec qui il fait sa vie. Mais suite à ce qui s'est passé il y a quelques jours… Je commence à me dire qu'il est temps que j'arrête d'espérer quelque chose qui n'arrivera jamais. Dans le parc il m'avait déjà repoussé… Alors là. Oublie Barnes. Oublie. Il pourra jamais t'aimer. Pas après tout ça, pas après toutes ses années. Et je me détends presque avant de me sentir honteux lorsqu'il m'avoue que non, c'est pour sa mère qu'il a l'habitude d'aller voir tout les premiers vendredis du mois… Je pince les lèvres, déglutissant difficilement. J'ai été con d'être aussi agressif en lui demandant… Et je m'en veux. J'aurais dû être plus sympathique… Plus détendu, plutôt que de lui sauter à la gorge ainsi. Mais il ne semble pas s'en soucier, mieux il me demande carrément si j'ai envie de venir avec lui. Je dépose doucement la bouteille sur la table avant d'hocher doucement de la tête.

"Avec plaisir… Laisse-moi juste le temps d'attraper ma veste et j'arrive."

Je m'éclipse dans ma chambre, passant ma veste de l'armée avant d'attacher rapidement mes cheveux, glissant mes clés de voiture dans ma poche. Et je me contente d'hocher la tête quand il me dit qu'il faut qu'on aille jusqu'à Forest Hills. Ouais je vois où c'est… Un peu à l'écart du quartier, dans un des coins les plus silencieux de la ville… Dans un des rares endroits où l'on entend rien à part le vent dans les arbres. Le trajet se passe dans un silence que l'on partage volontiers, parce qu'aucun de nous deux ne semble vouloir réellement le meubler. De toute façon que pourrais-je lui dire ? Que je suis content qu'il m'ait pas foutu à la rue ? Que j'apprécie qu'il continue de prendre soin de moi ? Non. Je pourrais me forcer et tenter de lui dire qu'il fait beau, mais ce serait mentir. Le ciel a une couleur qui me donne envie de me terrer dans ma chambre. Celui qui annonce que le soleil n'est pas loin mais que la pluie serait ravie de se joindre à nous. Il a cette couleur des jours que tu passes au cimetière. Je pourrais tenter de mettre la radio, mais j'ai pas vraiment envie de fredonner quoi que ce soit. Et finalement on y arrive. Je coupe le moteur alors que je le vois descendre de voiture, et rapidement je le rejoins. Je déteste ses endroits. En même temps, je connais peu de personnes qui aiment venir ici… Simplement pour regarder des tombes sur lesquels sont inscrits les noms de gens qu'ils aimaient autrefois… Sans compter qu'à chaque fois… Je me dis que j'ai faillis finir là. Que j'aurais pu ne pas m'en sortir et qu'aujourd'hui, quelque part, y'aurais une tombe avec mon prénom… Et cette idée me glace le sang. Je déglutis doucement avant de le suivre, montant le chemin en gravier, frissonnant à chaque feuilles morte qui crisse sous mes pas. J'ai peur subitement. Peur de me retrouver en face de sa tombe à elle. Parce qu'avant… Certes, il m'a dit qu'elle n'était plus en vie… Mais ça restait un concept abstrait. Là… Je vais être devant sa tombe. La sienne. Et l'idée qu'elle est morte… Ne va plus en être une, ça va être une réalité. Violente et angoissante. Rien de plus. Alors quand on arrive au pied de cet arbre où se trouve sa tombe, je reste un peu en retrait. Elle est bien morte. Son enterrement a bien eu lieu, et je n'ai pas pu être là, ni pour elle, ni pour Steve. Ma gorge se noue alors que je le vois repousser les feuilles mortes, puis déposer le bouquet frais sur sa tombe alors qu'il commence à lui parler… À lui raconter que désormais il habite avec moi et que… Je suis un héros de guerre. Un frisson dévale mon échine alors que je serre les dents. Je suis rien de tout ça. Je suis juste un rescapé. Un gars qui a eu la chance de s'en sortir… Certes pas entier, mais je suis là, parmi les vivants à tenter de survivre, alors que par moment, je ne rêve que d'une chose : que tout s'arrête.

Et quand Steve me fais signe de le rejoindre j'hésite. Parce que j'ai peur. Peur d'une simple tombe. Alors à la manière d'un gosse apeuré, je m'approche, les mains dans les poches de ma veste. Et pendant une bonne seconde je me contente de simplement regarder les lettres qui composent son prénom. Un autre frisson secoue mes épaules alors que je tente de calmer mon coeur qui ne demande qu'à s'affoler. Je glisse un regard angoissé à Steve avant de revenir vers sa tombe. Je ne sais pas quoi dire. En fait, je ne sais pas par quoi commencer. Je fais craquer mes articulations avant de me racler la gorge.

"Je… Euh… Je…"


Je peux pas. Je peux pas lui dire que ça fait longtemps et que je suis désolé de pas avoir pu être là… Je peux pas. C'est trop dur. Allez. Un peu de courage Barnes.

"Je suis désolé d'avoir mis autant de temps… Je… J'aurais aimé être là. Mais, eh… Me voilà. Avec Steve. Enfin... Bref…"

Je me referme alors que je détourne le regard. Je sais pas quoi lui dire. Enfin si, je sais, mais j'arrive pas à le dire. J'arrive pas à lui dire que oui, je recommence à veiller sur son crétin de fils dont je suis amoureux, qu'à nouveau on est là l'un pour l'autre. Que si j'avais pu, je serais venu plus tôt. Mal à l'aise je finis par fermer les yeux et simplement tenter de me calmer. Du calme. C'est pas le moment de taper une crise. Pas maintenant. Je pousse un soupir avant de murmurer à Steve.

"Désolé… Je… Prends ton temps, j'ai besoin de marcher un peu. Je te retrouve à la voiture."

Je m'éloigne quelque peu, les mains vissées dans les poches, redescendant le chemin de gravier alors que je cherche mes cigarettes, en glissant une entre mes lèvres. C'est stupide. Je voulais aller la voir… Mais… C'est tellement étrange, je pensais avoir bien des choses à lui dire… Le soucis, c'est que face à Steve, j'y arrive pas. Peut-être parce que j'ai pas envie qu'il ait un aperçu de ce qui peut se passer dans ma tête… De peur qu'il me traite de con. Je m'adosse contre ma voiture avant de simplement regarder la danse des feuilles mortes face au vent, m'en voulant d'avoir fuit de la sorte, comme un lâche.

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Lun 1 Juin - 11:10

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Bucky & Steve •••
Je suis surpris qu’il ait accepté. Et en même temps je suis content. Heureux même. Au début, je pensais qu’il allait simplement hausser les épaules, finir de fumer sa cigarette, ou retourner parler à son cactus. Après tout, ce n’était pas sa mère… même si je sais qu’il l’aimait beaucoup. Enfin, à l’époque. Quatorze ans, c’est long. Et je lui en aurais pas voulu s’il avait voulu rester. Enfin, la crise qu’il a faite l’autre jour m’a prouvé que la nouvelle de sa mort l’avait chamboulé, et qu’elle comptait encore pour lui, malgré tout ce temps.

On se rend donc au cimetière, en silence. Bizarrement, j’appréhende un peu. Parce qu’en quelque sorte ce sont des retrouvailles. Avec une morte oui, mais je me demande comment Buck va réagir face à la tombe. Quand il aura la vraie preuve que maman est…partie. Je sais que pour moi, il m’a fallu du temps. Du temps pour accepter, du temps pour aller de l’avant, arriver à vivre sans elle. Bien sûr je vivais plus avec elle à partir du moment où je suis parti à la fac, mais j’ai tout lâché quand sa maladie s’est déclarée. Pour rester avec elle jusqu’au bout. J’ai pu m’y faire petit à petit, me préparer à son départ même si j’ai cru mourir moi aussi quand on m’a annoncé que c’était terminé. Buck, lui, c’était une simple phrase. Sortie l’air de rien, dans la cuisine, entre une tasse de thé et une pile de copies. Et là, la réalité bien en face, une pierre tombale, froide, avec un nom. Son nom. Maman.

On sort de la voiture et je lui jette de petits coups d’œil alors qu’on s’approche de plus en plus de sa tombe, avant de nous arrêter devant. Et par réflexe, je m’accroupis, commençant à la nettoyer, ôtant les feuilles mortes et le bouquet maintenant fané, avant de poser le nouveau, et de commencer à lui parler. Une vieille habitude que j’ai prise, une façon de la garder près de moi, encore un peu.

Chaque fois que je viens la voir, je lui raconte ma semaine, les choses que m’ont dites les gamins, les bonnes ou mauvaises choses qui me sont arrivées, mes galères, mes réflexions… Et ça m’aide, juste le fait de parler à haute voix. D’un moment de calme, hors de l’école, hors de l’université, hors de l’appart. Je lui parle un peu, avant de me tourner vers Buck. Mon dieu je dois lui paraître complètement dingue à parler à un bout de marbre. Mais heureusement il pas l’air de se foutre de moi. Il a pas l’air à l’aise, mais au moins il a le mérite de ne pas rire.

Je lui fais signe de venir me rejoindre, mais quand il commence à bégayer,  hésitant, je pose ma main sur son épaule, avant de lui sourire doucement.

Te force pas à lui parler hein. C’est…c’est quelque chose que…que je fais parce que ça m’aide mais… Je sais que ça peut paraître bizarre. Donc fais… comme tu le sens…

Je recule d’un pas quand il commence à lui parler, l’observant à la dérobée. Il…il a l’air d’être ému. Chamboulé par tout ça. Et c’est pour ça que je ne le bouscule pas, et le laisse partir quand il me dit qu’il veut s’éloigner un peu.

Aucun problème. Merci…d’être venu. Ca me touche Buck. Vraiment. J’arrive bientôt…

Je le suis du regard alors qu’il s’éloigne, et qu’il finit par disparaître entre les buissons et les arbres, avant de porter à nouveau mon regard sur la tombe.

Sacrée surprise hein ? Je suis sûr que tu t’y attendais pas. Je m’y attendais pas non plus et… Je suis… Je…C’est pas comme je m’étais imaginé nos retrouvailles tu sais. J’aurais pensé qu’on…qu’on se jetterait dans les bras l’un de l’autre, et qu’on passerait des jours à se raconter tout ce qu’on a manqué dans nos vies, pendant toutes ces années. Mais…Buck est plus le même. Il a changé. Il a fait la guerre et il…il a perdu son bras. Personnellement je m’en fous. Ca reste mon Buck. Et je l’aime comme ça. Ouais…après toutes ces années, je l’aime encore. C’est con. C’est stupide. C’est…mais j’y peux rien. Et je suis sûr que tu le savais hein ? Comme d’habitude, t’étais au courant de tout… Sauf que…sauf que l’autre jour je…il était en pleine crise de panique parce que…parce qu’il venait d’apprendre que tu étais partie. Et que sa mère ne lui avait rien dit. Il savait même pas que Wilma nous avait revus. Et le mot que j’ai écrit, elle ne le lui avait pas donné non plus… Quand il a appris ça, il est devenu dingue. Il a commencé à renverser la table. De la vaisselle. Et pour le calmer je lui ai pris les mains. Sauf que ça a dérapé. Et je l’ai embrassé. J’en avais tellement envie… mais…mais il m’a fait comprendre que c’était pas réciproque.

Je m’arrête, la gorge nouée, et essuie les larmes qui ont commencé à rouler le long de mes joues.

Tout ce temps j’avais espéré qu’un jour, un jour il vienne, et me dise qu’en fait c’était moi qu’il aimait. Que c’était avec moi qu’il voulait être et qu’à partir de maintenant on allait être heureux, ensemble. Que, même si ça avait pris du temps, on aurait le reste de nos vies pour…pour… mais non. Il…il m’aime pas. Il m’aime pas maman…Il m’a jamais aimé…Et…t’imagines…t’imagines même pas à quel point j’ai mal…

Je m’arrête, le temps de respirer l’air frais, et tenter de me calmer.

Pourtant je veux pas le lâcher. Je veux pas l’abandonner. Il y peut rien. Il y peut rien s’il m’aime pas… alors… je veux quand même qu’il reste dans ma vie. Je fais de mon mieux pour l’aider tu sais. Je le calme quand il fait des cauchemars, je calme ses crises. J’essaie que… qu’il soit bien avec moi. Et qui sait…peut-être qu’un jour on redeviendra comme avant. Comme des frères. Après tout le temps qu’il a passé à s’occuper de moi aussi bien que toi, c’est la moindre des choses que je sois là pour lui. J’espère juste qu’il… qu’il va me laisser l’aider.

Je m’arrête, passe ma langue sur mes lèvres et jette un œil à ma montre. Ca fait presque dix minutes qu’il m’attend. J’essuie mes yeux du revers de la main, inspirant profondément pour me donner une contenance, et je remets mes lunettes sur mon nez avant d’attraper le bouquet de fleurs fanées.

A bientôt maman. Je reviens vite. Sois sage hein. Dérange pas les morts à côté sinon je vais avoir des emmerdes ok ?

Je souris en coin, et tourne les talons, jetant le bouquet dans la première poubelle qui passe. Je rejoins rapidement Buck qui attend près de sa voiture.

Excuse-moi si j’ai mis du temps… J’avais pas mal de trucs à lui dire… Tu as pas eu trop froid ?

J’ouvre la portière et je m’installe à l’intérieur, espérant qu’il va pas me poser des questions sur mes yeux rouges.

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Lun 1 Juin - 21:42

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Les minutes s'écoulent doucement, et les cigarettes s'enchaînent. Dix minutes c'est suffisant pour en griller quatre. Un frisson dévale mon échine alors que je tente de réchauffer ma main droite dans la veste de ma poche. Le regard au loin, j'attends, ne cessant de retourner cette affreuse réalisation dans mon esprit. Elle est vraiment morte. Ça y est. Je peux plus prétexter une certaine distance ou une ignorance… Je l'ai vu. Cette tombe sur lequel on a inscrit son prénom. Je ferme les yeux alors que je tente de repousser encore un peu cette idée au loin. Parce qu'au fond, j'ai du mal à l'accepter. J'ai du mal à me dire que ça y est. Je ne la reverrais vraiment plus… Et qu'en plus, ma propre mère a préféré me cacher tout ça, pour une raison qui m'échappe encore. Le tabac me laisse un sale goût sur la bouche, presque doucereux, voir amer. Puis doucement, j'entends ses pas dans le gravier et je le vois revenir. Mon coeur se serre à le voir ainsi, et même si je ne dis rien, je ne peux que remarquer ses yeux rougis. Je pourrais dire quelque chose, n'importe quoi… Tenter de le rassurer, lui dire que ça va aller et que je suis là pour lui… Mais à la place je me contente d'un silence et d'un regard qui fuit. Je hausse une épaule en l'entendant.

"T'excuses pas… C'est normal."

Un autre frisson m'échappe alors que j'ignore sa question, me contentant de grimper en voiture et de mettre le contact, laissant le moteur ronronner. J'ai envie de lui dire que ça va aller, que je suis là pour lui et que… Que ça va aller quoi… Mais je ne me sens pas de lui mentir. Pas maintenant. Non ça va pas aller… Parce que tant qu'il s'obstinera à penser qu'il peut m'aider, qu'il peut me sauver… Il va se retrouver dans cet état. Et ça me tue de le voir aussi mal, en partie à cause de moi. Parce que je ne suis pas complètement con. J'ai vu que depuis l'incident… Même si il tente de me faire croire que tout va bien, c'est loin d'être le cas. Car derrière ses sourires forcés et cette fausse bonne humeur, je ne perçois que cette putain de tristesse dans son regard. Dans ses deux grands yeux bleu je ne vois que ça… Et ça me tue. Parce que le gamin que j'étais c'était promis de ne jamais le rendre malheureux, de toujours faire en sorte qu'il soit bien avec moi…  Et j'ai échoué. J'ai tout fais foirer. Une fois de plus. Je pince les lèvres, de plus en plus anxieux. Je devais le protéger. C'était mon rôle. Je devais être celui qui le protège du reste du monde… Et aujourd'hui… Je suis celui qui lui fait du mal. Je suis celui qui le rend triste… Je serre les dents avant de le regarder. J'aurais pas dû t'abandonner, je… J'aurais dû trouver un moyen pour rester avec toi… Son regard croise le mien, et pendant une seconde j'ai envie de le prendre dans mes bras… Mais à la place je me contente de tendre une main timide vers lui et de la poser sur son épaule. Un léger sourire se dessine sur mes lèvres alors que je me perds dans ses pupilles bleu. Ça va aller… Le temps d'une seconde, j'ai l'impression d'être à nouveau le gamin de quatorze ans qui veillait toujours sur lui, qui le lâchait pas d'une semelle et avec qui le prenait dans ses bras quand il n'allait pas bien. Puis je reviens à moi. Mon sourire se fane et je retire ma main avant de détourner le regard. Tu l'es plus Buck. T'es plus rien.

Le trajet s'effectue à nouveau dans le silence le plus parfait. Lui parce qu'il ne semble pas vouloir me décrocher un mot et moi parce que je n'ose pas prononcer le moindre mot. Bien des questions passent par mon esprit, mais je me contente de la boucler jusqu'à ce qu'on arrive à l'appartement. Sans un mot je repasse dans ma chambre, me délestant de ma veste et de mes clés avant de m'excuser auprès de lui, lui glissant que j'ai besoin de passer un coup de fil. Je refermer la porte vitrée derrière moi avant de pousser un soupir. Je ne devrais pas l'appeler. Parce que je sais d'avance que cette conversation ne va rien m'apporter de bon. Le simple fait d'entendre la tonalité du téléphone me donne envie de fracasser quelque chose, alors quand je vais l'entendre tenter de ses justifier… Je sais que ça va vriller une fois de plus. Je sais que vais craquer, m'énerver… Je retiens mon souffle quand je l'entends décrocher.

"Salut m'man."

Au ton de sa voix je sens qu'elle est surprise, mais en même temps soulagée d'avoir de mes nouvelles… En même temps… Je la comprends presque. Ça fait quoi ? Trois mois qu'elle n'a pas eu la moindre nouvelle de ma part ? Tu m'étonnes qu'elle soit surprise de m'entendre subitement. Je serre les dents alors qu'elle commence à me demander si il y a quoi que ce soit.

"Non, non rien de grave… Je...
- T'es sûr ? T'as l'air soucieux… Y'a quelque chose qui ne va pas ?"

Oui. Toi qui m'a caché la mort de Sarah et le fait que t'avais croisé Steve. Que t'avais un mot de sa part. Je déglutis difficilement avant de pousser un soupir résigné.

"Je t'assure… Ça va, ça va… J'appelle juste pour te donner mes nouvelles… Rien de plus.
- Ah ! Tu me rassures, j'ai cru que t'avais un soucis ou quoi… Alors ? Tu vas bien, mon chéri ?"

Je grince des dents alors que je ferme les yeux. J'arrive pas à croire qu'elle ose me poser la question. Bien sûr que non ça ne va pas. Et tu le sais très bien. Tu m'as récupéré à la sortie de l'hôpital. Tu sais dans quel état je suis, tu sais que je suis loin d'aller bien.

"Je sais pas… Je dirais que oui… J'ai déménagé… Et tu devineras jamais avec qui j'habite. Tu te souviens de Steve ?"

Je jure que je l'entends étouffer un hoquet de surprise. Silence sur la ligne et tout ce que j'entends, c'est les rouages de son esprit qui tournent à plein régime. Fais très attention à tes mots, mère.

"Ah… Euh… Oui… Steve…. Ça… Ça faisait un moment que vous ne vous étiez pas vu...
- Plus de quatorze ans mère.
- Ah oui… Eh bien c'est merveilleux que vous vous soyez retrouvés après toutes ses années…
- Oui… Il était surtout étonné que je ne l'ai pas contacté plus tôt…"

Silence. Je l'entends mordiller le bout de ses ongles alors qu'elle reprend d'une voix angoissée.

"Tu as essayé chéri...
- Arrête. Je sais maman. Il me l'a dit. Que tu étais là le jour des funérailles de sa mère, qu'il t'a donné le mot… Tu sais, les deux choses que tu m'as volontairement cachés ?
- James… Mon grand...
- Je t'interdis de me couper la parole et de me donner du "mon grand" ! J'arrive pas à croire que tu m'aies caché ça ! Tu sais à quel point il compte pour moi et tu sais que ça m'a tué de ne pas pouvoir le retrouver ! Et toi, tu as l'audace de le voir, ET TU OSES ME LE CACHER ?! Tu avais un mot de sa part ! J'aurais pu le retrouver il y a deux ans ! J'aurais pu le retrouver plus tôt ! Et toi, tu m'as volé ça ?! Tu penses pas que ça m'aurait aidé de l'avoir à mes côtés à la sortie de l'hôpital ?! Hein ?!
- James… Je.. C'était pour ton bien, je voulais pas que cette annonce te distrait… Je voulais que tu rentres sain et sauf… Je pensais qu'à ton bien mon grand...
- Non. Tu ne pensais à rien du tout. T'avais aucun droit de me faire ça. Aucun.
- James...
- Stop. J'ai… Tu me dégoûtes. J'ai pas envie de savoir pourquoi t'as fais ça et j'ai pas envie de t'entendre te justifier. Que tu sois ma mère n'y change rien, t'avais pas le droit de me faire ça. J'aurais tout donné pour le revoir. Tout. Tu sais quoi ? Ne m'appelle plus."

Je l'entends tenter de me garder un peu plus avec elle alors que je raccroche rapidement le téléphone, l'envoyant voler par-dessus la rembarde. Putain de merde. Je regarde mes mains tremblantes avant de pousser un soupir de frustration. Merde, merde, merde. MERDE. Je sens une crise pointer le bout de son nez et je ne peux que me raidir lorsque j'entends la porte s'ouvrir derrière moi.

"Elle avait pas le droit de me faire ça, de nous faire ça…. Elle avait pas le droit Steve !"

Calme-toi… Calme-toi… Tu peux pas craquer une fois de plus, pas après ce qui c'est passé la dernière fois. Un frisson violent secoue mes épaules alors que je serre les poings , tentant de faire taire la colère qui gronde en moi. Je pose mes mains sur mon visage alors que je respire entre mes dents serrées. Deux ans. Elle m'a volé deux ans. Deux années où j'aurais pu être avec lui. Et selon elle… C'était pour mon propre bien.

"Elle a osé me dire qu'elle a fait ça pour que je me concentre sur le fait de rester en vie… Pour pas que je pense à toi ou à Sarah… J'arrive pas à y croire… Y'a deux ans.. Je… J'aurais tout donné pour qu'on se retrouve… Je…"

Les mots se meurent dans ma gorge alors que je trempe désormais comme si j'étais transi de froid. Je voulais juste être avec lui… Je voulais juste… Qu'il me rattrape.

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Mar 2 Juin - 8:37

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J’ai peur qu’il me prenne pour un taré. Pour un dingue. Ou qu’il me trouve pathétique, le cliché du mec qui chiale encore sur la tombe de sa mère morte, même trois ans après, et qui lui parle, aussi. Je gamberge là-dessus tout au long du chemin qui me ramène sur le parking, et ma gorge se noue un peu en voyant sa silhouette au loin, de la fumée de cigarette s’échappant de ses lèvres. Mais heureusement il ne dit rien, et je ne sens pas le poids du…jugement dans son regard. Alors je m’installe, et esquisse un léger sourire, avant de le remercier du bout des lèvres. Reconnaissant qu’il comprenne. Qu’il ne me juge pas. Qu’il ne se moque pas. Et là où je suis surpris, c’est quand il tend sa main vesr moi et la pose sur mon épaule avec un petit sourire. Wow. Je m’y attendais pas et… bizarrement, ça…ça me touche au point d’être à deux doigts de pleurer de nouveau. Pourquoi ? Parce que c’est le premier geste… tendre, ou amical qu’il a pour moi depuis qu’on vit ensemble. Je ne parle pas des cauchemars, quand il me serre contre lui pour se rassurer. Non. Là c’est juste… une marque de compassion. La première. Et ça me fait du bien. Vraiment. Comme une petite victoire. Comme la preuve qu’au final… ça le touche, de me voir comme ça. Qu’il compatit. Qu’il ne s’en fout pas. Et sans même réfléchir je pose ma main sur la sienne avec un petit sourire triste.

Ca va aller Buck. Merci d’être là…

Parce que c’est vrai, même si c’est dur, même si j’en chie, avec ses crises, ses cauchemars, je suis quand même content qu’il soit là. Heureux même. Mon Buck…
On rentre en silence, mais un silence calme, pas un de ces silences gênés et étouffants. Plutôt le silence de ceux qui ont pas mal de choses qui leur passent pas la tête. On remonte chez nous et je m’installe à la table de la cuisine pour bosser un peu sur un rendu, alors que Buck prend son portable et file sur le balcon. J’entends de loin que le ton monte, jusqu’au moment où il se met à crier. Et je sens la crise arriver, vu que la réponse que lui a donnée sa mère lui aura certainement pas plu. Je repose mon stylo et me dirige vers le balcon, juste à temps pour le voir jeter son portable dans la rue, qui va magistralement s’écraser sur le trottoir d’en face.

T’as raison, la couleur était vraiment moche…

Je m’approche de lui, et je le sens tendu comme un arc, le souffle court. Et ce qu’il me dit me tord le ventre. Parce que… parce que depuis tout môme je rêvais qu’il dise « nous » en parlant de nous deux. Et encore une fois, j’ai un bref, très bref aperçu de ce que « nous » aurait pu être. Même si maintenant, c’est pour la paire d’amis que nous sommes, et pas le couple dont j’aurais rêvé. Je suis quand même touché. Pour la deuxième fois de la journée j’ai de nouveau l’impression d’être important à ses yeux. D’avoir vu derrière la façade de brique contre laquelle je me heurte depuis des jours. Des semaines même. Je sens…que je compte. Juste ça. J’ai juste besoin de ça pour continuer. Pour pas baisser les bras, pas me décourager face à toutes ses fêlures.

Buck, ce qui est fait est fait. C’est moche ce qu’elle a fait, mais te rend pas malade à cause de ça… On peut pas changer le passé…

Mais il garde encore cette tension, je sens la colère qui monte petit à petit, comme un fichu volcan, et c’est à moi de l’arrêter avant l’éruption. Je me mords la lèvre quand je l’entends dire qu’il aurait tout donné pour qu’on se retrouve deux ans plus tôt. Enfin. Enfin tu me montres que tu tiens à moi. Enfin tu me montres que je compte, et que je suis pas n’importe quel coloc de base que tu aurais trouvé sur Craigslist. Sans réfléchir, je m’approche de lui et lui ouvre les bras, venant le prendre contre moi.

Calme-toi... Calme toi... L’essentiel c’est qu’on se soit retrouvés. Si malgré tout ça, tout ce qui nous est arrivé, le destin a décidé de nous mettre dans les pattes l’un de l’autre, c’est pas pour rien. Je sais qu’on a perdu du temps…trop de temps. Foutrement trop de temps même mais… ce qui est important, c’est ce qu’on va faire du temps qui est devant nous. Je veux…je veux qu’on redevienne comme avant. Quand tout était simple. Quand on avait même pas besoin de se parler. Alors ouais…on a pris des chemins différents mais tu restes mon Buck. Tu restes mon frère…

Ca doit être bizarre qu’on ait gardé ça, le fait de se prendre dans les bras pour un oui ou pour un non, alors qu’on est devenus deux armoires à glace de presque trente ans. Mais je sens aussi qu’on en a encore besoin. Peut-être même plus que jamais…

Je souris, comme si j’étais libéré d’un poids. De simplement avoir surpris cette conversation. D’avoir appris de sa bouche tout ce que je représente pour lui. Et ma main s’égare dans ses cheveux.

C’est…c’est la première fois que…que je t’entends dire que je compte pour toi… Ca… ça me fait plaisir. Très plaisir… Ca me touche même. Avant je… je croyais juste que… qu’habiter avec moi ou un autre ça aurait pu être pareil pour toi et c’était pas… la chose la plus facile du monde à vivre. Je… je te demande pas de grands épanchements sentimentaux, ou d’écrire des poèmes à ma gloire hein… loin de là. Juste savoir que t’es content que je sois là… je suis heureux.

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Mar 2 Juin - 17:38

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je pourrais rire à sa blague, mais c'est comme si mon esprit lui-même refusait de l'imprimer. Tout ce qui m'obsède pour l'instant, ce sont les deux années que l'on nous a volés. On aurait dû, non aurait pû se retrouver plus tôt… Et… À cause d'elle… Ça n'a pas pu se faire. Elle me l'a… Retiré. Mon Steve. Mon frère. Lui sans qui je ne sais pas quoi faire. Sans qui je ne suis rien. On peut pas changer le passé. Je sais, et c'est ça qui me rend dingue… C'est qu'on ne retrouvera jamais tout ce qu'on avait et que rien au monde ne pourra nous rendre ses années… Quatorze ans. L'idée me reste presque en travers de la gorge. Je l'entends approcher et un frisson m'échappe quand je sens ses bras se refermer autour de moi. Le temps d'une seconde je reste sans bouger avant de simple lui rendre son étreinte, l'enlaçant de mes deux bras. Me lâche pas Steve… Jamais plus. La vérité c'est que j'ai terriblement besoin de toi mais que je suis bien trop effrayé pour te le dire. Presque naturellement mon front se pose sur son épaule alors que je ferme les yeux. Il veut qu'on redevienne comme avant, les frères qu'on étaient toujours… Moi aussi Steve. J'aimerais qu'on puisse retourner en arrière et revenir à cette époque où tout était bien plus simple. Où je n'avais pas un million de questions à me poser avant d'ouvrir la bouche, où j'osais croiser son regard sans la moindre peur… Je reste silencieux, me serrant simplement un peu plus contre lui à ses mots alors que ses doigts se perdent dans mes cheveux. Je sens les muscles de mon dos se détendre au fur et à mesure que sa main se perd dans mes mèches brunes. Un léger soupir m'échappe.

"Je le suis Steve… Heureux… Je…"

Je passe ma langue sur mes lèvres, alors que mes mains se crispent autour de son T-shirt. Je me rendais pas compte que ça devait le peser autant… Que je sois aussi distant… Je… Je voulais pas qu'il soit aussi mal, je pensais simplement le protéger, lui épargner mon état… Mais une fois de plus j'ai fais le con. C'est Steve putain. Lui il te repoussera pas, lui il aura pas peur de ce que tu es et il te laissera pas. Il sera là. Jusqu'au bout. Je le serre un peu plus contre moi, prenant une longue inspiration.

"Je suis heureux qu'on… Qu'on se soit retrouvé. Et qu'on habite ensemble… Je… pour rien au monde je ne voudrais un autre colocataire… Et… Tu sais… Je suis sérieux quand je dis que j'aurais tout donné pour te retrouver y'a deux ans. Alors… Habiter avec toi… Je…"

Un autre soupir m'échappe alors que je passe ma langue sur mes lèvres. Faut que ça sorte Buck. Tu peux pas continuer à tout garder pour toi. Dis-lui. Peut-être que ça effacera la tristesse dans son regard, peut-être qu'il a besoin de te l'entendre le dire.

"Je suis distant pas parce que je n'aime pas être avec toi, mais simplement parce que j'ai peur de te faire du mal… Tu sais si j'ai dû déménager… C'est parce que ça c'est mal passé avec mon ancien colocataire et… Et j'ai pas envie de tout foutre en l'air avec toi. J'ai pas envie de te perdre une fois de plus Steve. C'est juste… Je suis tellement perdu… Je… Je ne sais pas comment faire. Je sais plus comment faire… Et j'ai juste… Tellement, tellement peur. Et je déteste être comme ça ! J'en ai marre de pas savoir et d'être incapable de faire quoi que ce soit sans que ça blesse quelqu'un… Et je m'en veux tellement de t'infliger ça, de te faire du mal… Je… Je devrais être celui qui veille sur toi… Je… J'en ai marre d'être comme ça… J'en ai marre d'être fracassé et de briser tout ce que je touche… J'en ai assez de faire des crises, d'être instable et de…. De t'imposer tout ça. Je sais que je suis plus le Buck que tu connaissais et je donnerais tout pour l'être à nouveau… Et j'ai qu'une peur… C'est que tu finisses par en avoir et que comme tout les autres avant… Je veux pas que tu me regardes comme les autres… Je veux pas te dégoûter, je veux pas te révulser… Je voudrais juste… Redevenir ton Buck."

Je pense que c'est la première fois que je lui parle autant… Que j'ose lui confier tout ce que j'ai sur le coeur. Enfin, une partie. Le reste… Non, c'est juste pas possible. Je pourrais pas lui avouer que je l'aime à en crever depuis des années. De peur qu'il… Que ce ne soit pas réciproque. Et pourtant… Je n'arrête pas de repenser à ce baiser… Qui venait de lui. Et j'ai envie, j'ai envie de lui demander ce qu'il en est, mais je n'ose pas. Parce que… Parce que je ne veux pas qu'il recommence à me fuir. Je me cache un peu plus dans son cou alors que je reprend, plus doucement.

"Je voudrais me calmer… Mais… Je suis tellement aigris de voir qu'on a perdu tout ce temps. Je sais qu'on ne peut pas refaire le passé et que je devrais me réjouir qu'on ce soit retrouvé… Mais… J'y arrive pas.. J'y arrive pas… J'arrive pas à prétendre que tout va bien et que ça va aller… J'y arrive plus… Parce que j'arrête pas de me dire que je devrais pas être là… J'aurais pas dû revenir… Je devrais pas être là… C'est un miracle que je m'en soit sorti… Je devrais être mort Steve… Je m'étais fait à l'idée du putain… Que c'était la fin… Que j'allais pas revenir… Alors ici… Je sais plus. Je sais plus si j'ai vraiment ma place ici-bas… Peut-être que j'aurais dû y passer…."

Et le pire… C'est que je me dis que ouais… Peut-être que le plus simple ce serait d'en finir. J'aurais plus à m'angoisser à propos de quoi que ce soit. Je recommence à trembler alors que je réussis enfin à me taire, me serrant dans ses bras. Me lâche pas Steve. Me lâche pas putain. Je sais que je suis fracassé, je sais que je suis un désastre et que je ne suis pas facile à vivre… Mais me lâche pas… J'ai plus que toi. J'ai toujours eu que toi.

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Mar 2 Juin - 19:29

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Etrangement, je sens que... que cette discussion, que ce moment, là, sur le balcon, est important. Je le sens à sa façon de me serrer contre lui alors qu'on est pas au beau milieu d'un de ses cauchemars. Est-ce que ça serait maintenant, le début de nos retrouvailles? De vraies, de belles retrouvailles, et pas quelques blagues débiles envoyées par textos et quelques mots échangés entre deux portes. Comme si... comme si c'était maintenant le fait de nous serrer dans les bras à nous étouffer. Un mois pour y arriver. Mais ça y est. Il m'a offert une brèche, et j'ai foncé avec la délicatesse d'une ballerine cul-de-jatte. Je veux plus laisser passer la moindre occasion. Je veux plus laisser filer la moindre opportunité de vraiment le retrouver. Pas simplement d'habiter avec lui, mais retrouver mon meilleur ami. Mon frère. Mon amour... mon premier amour.

Et c'est comme si on ôtait une chape de plomb de mes épaules quand je l'entends me dire qu'il est aussi heureux d'être avec moi. Enfin. Enfin je le sais, je l'entends de sa bouche, que tout ce que je fais, a compté pour lui. J'ai l'impression de respirer pour la première fois depuis des semaines... alors je le garde contre moi, tant qu'aucun de nous ne voudra s'éloigner... on a tellement d'années à rattraper... Mais comme je le lui dis, on a toute la vie devant nous. Mon coeur bat plus vite alors que je sens ses mains s'agripper à mon tshirt. Comme ce qui se passe les nuits, mais là, c'est pas parce qu'il a peur... Il en a juste...envie, et besoin. Et ça me fait presque sourire de le prendre dans mes bras pour la première fois de ma vie. Que ce soit moi qui... le protège, en quelque sorte. Qui le rassure. Et qu'il accepte de se laisser faire. Reste. Reste contre moi. Reste contre moi, où rien pourra plus t'arriver. Je te le promets. Je te le jure même. A mon tour de veiller sur toi. Je te l'ai dit et je le ferai. Quoi qu'il arrive. Ma main caresse lentement son dos par-dessus ses vêtements, pendant que l'autre reste perdue dans ses cheveux.

Moi aussi j'aurais tout donné pour te retrouver plus tôt... Si tu savais comme... comme j'ai souffert de ton absence...

Je le berce à moitié pendant de longues minutes, content de voir qu'il se laisse enfin aller. Qu'il redevient un peu, mon Buck. Et qu'il laisse tomber le dernier rempart qu'il avait érigé entre nous. Enfin il parle. Enfin il me raconte tout, et ce qu'il me dit me permet de voir enfin plus clair. De mieux le comprendre. Une fois qu'il a fini, le coeur lourd mais en même temps plus léger, je glisse mon index sous son menton pour lui faire lever les yeux vers moi. Et je retiens l'envie de l'embrasser qui me tord le ventre.

"Alors, on va commencer par un premier truc : tu vas arrêter tes conneries. T'es mon Buck. T'as toujours été mon Buck. T'as changé, ouais, mais moi aussi. Et si tu penses que tu vas me perdre parce que tu me voles un peu de sommeil et que tu casses de la vaisselle, sérieusement... T'as fait la guerre Buck! Et c'est normal de pas sortir indemne de tout ça! Alors oui il te faudra du temps, oui t'auras encore des crises et des cauchemars mais ça va se calmer. Et t'es pas seul bon sang. Tu vas te rentrer ça dans ton crâne d'oeuf? T'es pas seul! Je suis là, et jamais, t'entends, jamais je te laisserai tomber! T'as été là pour moi pendant plus de dix ans. Alors tu t'imagines que parce que mon mug DrWho est parti à la poubelle, je vais te foutre dehors? Mais tu vas pas bien pauvre garçon! T'as intérêt à garder ton cul dans cet appartement sinon j'irai même jusqu'en Afghanistan pour te récupérer et te ramener là."

Je reprends mon souffle, souriant toujours. Ces yeux... ces yeux si bleus... Ils ont perdu leur éclat mais... mon Buck est toujours là. Je le sais. Je le sens. Ces yeux que je pouvais regarder pendant des heures... et qui m'attirent tellement... mais non. La dernière fois que t'as fait une connerie pareille, il t'a fallu 15 jours pour briser la glace que ça avait mise entre vous...

Tu me dégoûtes pas. Tu me révulses pas. J'ai pas peur de toi. T'es juste mon ami, mon frère, qui a besoin de mon aide, comme toi tu m'as aidé tout ce temps ok? Et rien d'autre... J'ai pas pitié de toi. Je t'aide parce que j'ai envie de t'aider. Parce que tu fais partie de ma vie. Et c'est tout. Alors ça prendra le temps que ça prendra, mais je serai là. Et ici ça sera toujours chez toi...

Je le laisse se blottir à nouveau contre moi. Ca fait tellement bizarre de jouer ce rôle-là. Mais j'aime sentir qu'enfin, il me repousse plus. Enfin il m'accepte. Sauf que ce qu'il dit me crève juste le coeur. Littéralement. L'entendre dire qu'il regrette presque d'avoir survécu. Qu'il sait pas s'il aurait dû mourir là bas plutôt que de revenir. Je commence enfin à entrevoir toute l'étendue...Des dégâts. Le problème c'est...qu'il a juste... rien qui le raccroche à la vie. Rien qui...rien qui le pousse à avancer. A mettre un pied devant l'autre. Eh bien... ce quelqu'un, ça sera moi.

Oui on s'est perdus de vue. Et oui c'était long. Si t'as survécu, c'est peut-être un geste de Dieu qui est pas arrivé à me faire comprendre que je devais changer la vaisselle et que je devais acheter plus de cactus. Plus sérieusement. Ouais t'es cabossé, et amoché. Mais ça va aller mieux. Je vais t'aider à aller mieux. Et je t'interdis de me repousser ok? Me cache plus rien. Parce que quoi que tu me dises, je vais rester... Allez, on rentre, t'as froid...

Je le garde contre moi encore quelques minutes avant de me détacher de lui, glissant mon bras autour de ses épaules, le guidant jusqu'au salon.

Pizza? Film? T'en dis quoi? A moins que t'aies encore des trucs dont tu voudrais me parler?

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Mar 2 Juin - 21:52

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je me retiens de me pendre à son cou pour l'embrasser alors que son regard croise le mien. J'en ai envie putain. J'en ai furieusement envie. De le faire taire, de faire taire mes angoisses sur ses lèvres et de simplement l'embrasser. De lui dire avec un simple baiser tout ce que je n'arrive pas à dire. Mais je ne peux pas. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être que je devrais… Non. Je peux pas. Je peux pas l'embrasser. Pas lui. Ça ferait encore tout foirer. Alors je me contente de rester contre lui, me laissant bercer autant par ses mots que par ses caresses. Je suis heureux de l'entendre me dire que jamais je ne le dégoûterais, que jamais il ne me repoussera à cause de ce que je suis devenu, et qu'à jamais, je resterais son frère… Son Buck. Et que même si je ne suis plus celui qu'il connaissait, il prendra le temps… Pour moi. Putain. Mais ce mec est pas réel. Il peut pas l'être. Personne n'irait perdre son temps avec moi et lui… Lui il me dit que ça va aller, qu'il est prêt à prendre le temps qu'il faudra pour moi, qu'il sera là… Jusqu'à ce que j'aille mieux. Mes doigts se perdent à nouveau dans sa nuque, jouant distraitement avec ses cheveux. J'ai pas envie d'être avec quelqu'un d'autre. Juste avec toi. Lentement je me calme entre ses bras. Je ne sais pas pourquoi j'ai survécu. Dieu ? Vraiment ? Je parlerais plutôt de mon instinct de survie. C'est ce qui m'a sauvé, sinon je serais encore en train de pourrir là-bas… Je ne sais pas comment je me suis retrouvé ici, je ne sais même pas comment je suis encore en vie. Je ne devrais pas l'être. Seulement là tout de suite, j'ai pas envie d'y penser, je veux juste rester dans ses bras, profiter de cette étreinte que j'ai le droit de lui voler. De sentir ses doigts se perdre dans mes cheveux longs, de sentir ses bras autour de mes épaules… Toutes ses choses que d'habitude il ne m'offre que pour tenter de me calmer… Là, c'est différent. Du moins j'en ai l'impression. Doucement je le laisser m'échapper à regret alors que je croise à nouveau son regard, tentant un sourire quand il me propose de rentrer.

"Je veux bien… En plus je crois que j'ai pas terminé les Gardiens de la Galaxie hier soir…."

*
Et pendant quelques jours… Je dirais que ça va mieux. Genre vraiment mieux. Je me sens… Presque à l'aise dans l'appartement, au point que je passe moins de temps cloîtré dans ma chambre, que j'arrive à être un peu plus ouvert et que je ne lui offre plus une façade froide et distante. On mange ensemble le soir, on discute… Bref, j'ai l'impression d'enfin vivre avec lui, et pas d'être simple le gars qui occupe la pièce libre. Et pour être franc c'est agréable… D'être dans ses bras le soir devant le film, d'être capable de le terminer sans piquer une crise d'angoisse… Et ce soir là, comme d'habitude, je suis tranquillement assis à ses côtés, appréciant simplement de sentir son bras autour de mon épaule. Je sais qu'il fait ça… Pour me rassurer, pour me dire qu'il est là et qu'au moindre problème il est disponible… Mais j'aimerais tant qu'il le fasse pour d'autres raisons… Que ce soit parce qu'il aime m'avoir contre lui, parce qu'il en a envie… Alors je me contente d'apprécier cela en silence, me disant que c'est mieux que rien. Je m'étire à la fin du film, étouffant bâillement.

"Je suis claqué… Je vais aller me coucher. À demain Steve… Bonne nuit."

Je lui glisse un dernier sourire avant de m'éclipser. Bonne nuit. Je sais que ça n'en sera pas une. Parce que je sais que quoi que je fasse, j'aurais un de ses putain de cauchemar, et qu'à chaque fois, ça forcera Steve à se lever pour me calmer. Je pousse un soupir avant de me débarrasser de mes fringues, ne gardant que mon boxer avant de retirer ma prothèse et d'enfiler mon T-shirt. Je fais un rapide crochet à la salle de bain avant de finalement me glisser sous les draps, espérant en vain que cette nuit… Je n'en aurais pas.

Le numéro que vous avez composé… N'est pas attribué. Sa voix résonne lourdement à mes oreilles alors qu'au milieu de ma respiration hachée je tente de voler une simple goulée d'air. L'eau continue de couler, encore et toujours. Je tente de supplier, mais à part des gémissements pathétiques, rien ne s'échappe de ma gorge. Puis au travers du brouillard… C'est son regard que je perçois. Bleu et perçant. Ses yeux. Et son sourire. Son putain de sourire. Le numéro que vous avez composé, n'est pas attribué. Il ne cesse de répéter ça alors qu'il recommence à me noyer, osant un rire quand il me voit m'étouffer. Une gifle violente me cueille alors que je continue de cracher l'eau qui brûle mes poumons. Et un hurlement m'échappe alors que je le sens presser la lame brûlante sur ma peau. Arrête. Arrête. Mais il continue encore et toujours. Je me débat, tente de la repousser alors que je hurle à la mort, essayant de m'échapper. Je dois fuir… Je dois fuir, sinon je vais y passer. Le numéro que vous avez composé n'est pas attribué. Un long gémissement de douleur m'échappe alors qu'il continue, taillant ma peau comme si je n'étais qu'un vulgaire animal qu'on s'apprête à abattre froidement. Et j'ai beau hurler, il continue d'y prendre du plaisir, il continue encore et toujours… Ses deux grands yeux bleus me fixant toujours et ses lèvres ne cessent de prononcer sans cesse les mêmes mots. Puis ses mains se posent sur mes épaules, m'arrachant un autre hurlement. Lâche-moi. Lâche-moi. Tu m'as fais suffisamment de mal. De ma seule main je tente de le repousser, en vain. Il me cloue littéralement au lit alors qu'il m'empêche de remuer. J'entends mon prénom fuser entre mes hurlements. Non, non… Non. J'arrive à glisser ma main sous mon oreiller et je sens mes doigts se refermer sur le couteau de chasse qui y attend sagement son heure. Et d'un geste ample, je me relève d'un coup, le déséquilibrant alors que je plante mon regard dans le sien, venant appuyer la lame sur sa gorge. Mon souffle se fait étrangement plus régulier alors que tout les muscles de mon corps se tendent. D'un simplement mouvement je pourrais le tuer. Parfaitement immobile je reste quelques secondes ainsi avant d'entendre une fois de plus mon prénom… Buck, Buck… Calme-toi… Je cligne des yeux avant de revenir à moi. Et je croise alors son regard affolé… Avant de réaliser. Le couteau… Le sang qui coule le long de sa gorge. Horrifié je me recule alors que je baisse ma main, lâchant l'arme qui subitement semble me brûler les doigts.

"Je… Je… Steve… Je voulais pas… Je voulais pas…."

Merde ça a recommencé. C'est à cause de ça que j'ai dû me barrer de chez Jesse… Et voilà que ça recommence, avec lui. Lui que je me suis juré de ne jamais lui faire de mal. Je regarde le sang couler le long de sa gorge avant de continuer à me confondre en excuse.

"Je… Je… Pardon… J'ai paniqué… Je… Je vais… Je vais partir… Dès demain… Je suis désolé… Je suis tellement désolé Steve…"

crackle bones
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Mer 3 Juin - 17:03

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Je m'en fous si ça va être compliqué, je m'en fous du nombre d'assiettes cassées, de chaises renversées, qu'il va y avoir dans notre appart. Du moment qu'il reste auprès de moi, du moment qu'il reste dans ma vie. Je suis prêt à encaisser tout ça. Pour le garder. Pour retrouver mon frère. Je passerai autant de nuits blanches qu'il le faut, je le garderai dans mes bras autant d'heures qu'il faudra si ça peut l'aider à aller mieux. J'ai toute la vie pour ça. Non. ON a toute la vie pour ça. Parce que maintenant, c'est lui et moi et pas autrement. Jamais plus je veux le voir disparaître de ma vie. Jamais. Et ça me fait du bien de voir que petit à petit il se détend. Et surtout qu'il reste. Qu'il reste blotti contre moi, son front contre mon épaule, ses bras autour de moi, agrippant mon tshirt. Là où est sa place. Là où il aurait toujours dû être. Et bon sang j'aurais tellement envie de l'embrasser mais... mais non. Vu la catastrophe de la dernière fois, surtout que tu sais qu'il... te verra jamais comme toi tu le vois. Qu'il te donnera jamais ce que tu espères depuis des années. Mais en même temps, je peux me faire à ça. A cette idée. Parce qu'il est surtout mon meilleur ami, mon frère... et que l'essentiel, c'est qu'il me quitte plus, plus jamais.

Et à partir de là, c'est vraiment comme si on s'était retrouvés. Les retrouvailles qu'on aurait dû avoir, ou presque. A rire, à se raconter des conneries, à être juste... bien. On discute beaucoup plus, Buck reste plus souvent avec moi dans le salon ou la cuisine, que ce soit pour regarder un film ou une série, lire pendant que je dessine ou que je travaille... Et rien que ces petites choses, ça me donne l'impression de le retrouver, au moins un peu. Alors bien sûr, il est quand même cabossé, et moi je n'ai pas forcément envie de crier sur les toits ce qui m'est arrivé, mais... ça va mieux. Il se méfie plus de moi, n'est plus sur la défensive et ça me soulage. De plus avoir à faire constamment attention à ce que je fais, ce que je dis. Je l'ai vu aller mal, et je suis resté. On dirait que c'était ça qu'il attendait pour vraiment s'ouvrir à moi.

Ce soir-là, comme les autres soirs, on est tranquillement installés devant un film, et Buck est blotti contre moi, une couverture sur nos genoux, comme quand on était gosses et qu'on regardait les dessins animés le dimanche matin quand maman faisait une garde à l'hôpital. C'est tellement...normal. Tellement simple, qu'on se retrouve comme ça alors qu'on est deux grands dadais. Comme ça que ça aurait toujours dû être, sans cette horrible coupure de quatorze ans... Sa tête est posée contre mon épaule, et mon bras entoure les siennes alors qu'on se marre de ce qui se passe.

Le film se termine et j'éteins la télé, alors que Buck m'annonce qu'il va se coucher. Je lui souris en hochant la tête.

J'espère que ta nuit sera bonne Buck. A demain!

Je le laisse filer, pendant que je ramène nos tasses vides au lave-vaisselle, et que je vérifie que la porte d'entrée est bien fermée. Je fais quelques exercices en pyjama, avant de me laisser retomber dans mon lit, et m'ensevelir sous la couette. Et comme d'habitude, je règle le réveil et laisse mes appareils, juste au cas où... Cas qui se présente. C'est presque comme un réflexe, j'ouvre les yeux dès que je l'entends gémir trop fort, et je pousse les couvertures sans même réfléchir à ce que je fais. Intérieurement, je me dis que ça doit être ça d'avoir un gamin qui ne fait pas ses nuits. Mais heureusement lui j'ai pas besoin de l'allaiter. Je m'assieds près de lui et commence à le rassurer, à le réveiller doucement, comme d'habitude. Ma main secoue son épaule, alors que je l'appelle.

Buck. Buck mon frère. Buck tout va bien. Tout va bien je suis là.

Enfin il ouvre les yeux. Mais comme d'habitude, c'est pas parce qu'il ouvre les yeux qu'il est "là". Non. Ca peut parfois prendre quelques secondes, voire de longues minutes avant que la "lumière" s'allume, et qu'il revienne à lui. Je l'empêche donc de se débattre, tout en répétant encore son prénom, et en lui disant que j'étais là pour lui. Sauf que brutalement, il se redresse, et j'ai à peine le temps de réaliser que je sens quelque chose sur ma gorge. Quelque chose de froid. Oh merde. Oh merde. Me dites-pas que c'est...que c'est... oh non. Une...une arme. Il dort avec une foutue arme sous on oreiller... Mon coeur a arrêté de battre alors que je ne bouge pas un muscle. A le voir, il a toujours pas l'air réveillé, et la seule chose qui me rassure, c'est qu'il reste totalement immobile, la respiration lourde entre ses dents serrées. Je tente de le calmer, de la voix la plus douce possible.

Buck... Buck tout va bien, tu es à la maison... lâche ça. T'en...t'en as pas besoin.

Et enfin je vois l'expression de son visage changer. Il me voit vraiment. Et l'horreur commence à se dessiner dans ses yeux alors que le couteau tombe de sa main, et retombe dans un bruit sourd sur le parquet de sa chambre, avant de commencer à s'excuser, totalement paniqué. J'en profite pour porter ma main tremblante à ma gorge, et soupire de soulagement en sentant que c'est finalement trois fois rien. Même si intérieurement le rush d'adrénaline s'estompe, et que mon coeur s'emballe, comme pour se rattraper de s'être arrêté un peu plus tôt. Bordel. J'aurais envie de gueuler, de hurler qu'il a failli me tuer, mais à le voir si dépité, si paniqué et misérable, je... ma colère se calme pas mal. Je me redresse et déglutis lentement.

Ok alors... je... veux bien venir te voir autant de fois qu'il le faudra, pendant aussi longtemps qu'il faudra mais TU VAS TE DEBARRASSER DE CETTE FOUTUE ARME! Je... je sais que... je sais que t'as pas fait exprès mais...mais je...j'aimerais éviter de finir en brochette en te réconfortant... tu...

J'inspire profondément, me calmant petit à petit.

Buck! Buck c'est bon. Regarde. C'est bon. C'est rien. C'est rien de grave. Buck! Calme-toi! Calme-toi bon sang! C'est moi qui devrait être celui qu'on calme là! Je... tu vas pas t'en aller, je te mets pas dehors. Pas du tout. Mais on va établir une nouvelle règle. Ton cure dents qui fait la taille de mon avant-bras, il va rester à dormir dans un foutu tiroir, où tu pourras pas l'atteindre pendant ton sommeil. On... on est d'accord?

Je regarde mon t-shirt taché de sang et l'enlève, le pressant contre mon cou.

Bon, maintenant viens m'aider à me rafistoler... Du calme c'est bon... je...je t'en veux pas. Tu m'as juste foutu la trouille de ma vie...

Je lui fais signe de me suivre et je sors pour aller dans la salle de bains.

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Mer 3 Juin - 22:21

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je ne voulais pas… Je ne voulais pas, ça ne devait pas se reproduire, pas une fois de plus, pas avec lui. Pas avec Steve. Je m'étais promis de ne pas lui faire le moindre mal, de ne jamais être celui qui le blesserais. Ainsi, c'est avec effroi que je vois le long filet de sang dévaler le long de sa gorge, essayant en vain de détourner le regard. Putain, même lui, je finis par devenir une menace… Alors qu'il voulait simplement m'aider. Il voulait simplement me calmer. N'arrivant pas à le regarder, je me contente de fixer le liquide vermillon qui teinte sa peau. Et je ne peux que sursauter quand je l'entends s'emporter. Je savais que je n'aurais pas dû m'installer avec  lui, j'ai été stupide de penser que ce serait différent avec lui, ça allait forcément se reproduire… Je suis un danger… Je suis instable. Je suis pas fait pour vivre avec lui, je… Sans m'en rendre vraiment compte je continue de répéter inlassablement les mêmes excuses, lui assurant que je vais partir… Que je vais me trouver un autre logement… Mais bien rapidement il fait taire mes angoisses en me disant que ce n'est rien. Que ça va aller. Je plonge mon regard anxieux dans le sien alors qu'il m'assure qu'il me garde avec lui, qu'il va pas me foutre dehors… Lentement je hoche la tête avant de réussir à dénouer le noeud dans ma gorge.

"Oui, oui… Tout ce que tu veux… Je… Je suis tellement désolé Steve…."

J'ai envie de porter ma main à son cou, simplement pour masquer le léger saignement, mais je ne peux. Je ne sais pas si je supporterais de sentir son sang, encore chaud sur le bout de mes doigts… Je ferme rapidement les yeux, tentant de refouler au loin le mauvais souvenir qui accompagne cette idée. Le temps d'un instant je repense à ce moment où je… Où j'ai dû me libérer… J'avais pas le choix. Je devais m'enfuir… Un frisson discret dévale mon échine alors que je tente d'occulter cette réminiscence, tentant d'oublier la texture de mon propre sang sur ma peau crasseuse. Je ne reviens à moi que lorsqu'il me demande de venir l'aider à panser ça… Je croise son regard une seconde avant d'hocher la tête, le suivant sans trop rien dire. Une fois dans la salle de bain, je le laisse s'assoir sur le rebord de la baignoire avant de chercher de quoi m'occuper de lui, fouillant dans les placards. Je finis par tomber sur une boite de sparadraps ridicules et un peu d'eosine. Je chope un peu de coton avant de m'assoir face à lui, déposant tout à porté de main. Je tends le bras vers lui et du bout des doigts je lui fais retirer son T-shirt. Je le laisse choir au sol avant de regarder la plaie, constatant avec soulagement que ça ne saigne déjà presque plus. D'un coup de dents j'ouvre le petit flacon de désinfectant avant de le glisser entre mes lèvres, attrapant le coton de l'autre main. Je rougis celui-ci avant de commencer à le passer sur sa plaie, esquissant un sourire bien triste en l'entendant ronchonner.

"Écoute, c'est tout ce que t'as et j'ai pas envie que tu chopes la mort… Alors tant pis si tu vas avoir une grosse marque rouge sur le cou, au pire ça partira demain sous la douche."

Une fois désinfecté, je jette le coton à la poubelle avant d'attraper un pansement, ne pouvant retenir un rire quand je vois la gueule de ses sparadraps. Je hausse un sourcil alors que je croise à nouveau son regard.

"Sérieusement ? Bob l'éponge ? Rappelle-moi de t'acheter des pansements de grand garçon la prochaine fois Rogers…"

Mon sourire se fane légèrement quand il me fait remarquer que si il est dans cet état, c'est à cause de moi et du foutu couteau que je gardais sous mon oreiller. Je pousse un soupir avant de murmurer un autre semblant d'excuse déposant le pansement Bob l'éponge sur la petite coupure. Voilà… Je croise son regard avant de tenter un sourire, espérant l'air de rien que ça va… Je ne sais pas… Je baisse les yeux et c'est comme si je me rendais subitement compte qu'il était torse nu… Face à moi. Près de moi. L'air de rien mon regard se perd sur les courbes  délicieuses de son corps. Non Buck. Non. Tu peux pas. Et si il te voit ? Qu'est-ce qu'il va dire ? Que tu oses le mater après ça ? Je pince les lèvres avant de détourner le regard, préférant fixer le lavabo. Qu'est-ce que t'espères ? Pouvoir le toucher ? Rêve pas. Il a beau de te prendre dans ses bras le soir devant la télé, de te consoler le soir… C'est juste pour t'aider. Pas parce qu'il en a vraiment envie. C'est juste pour t'aider… Rien de plus. Arrête Buck. Arrête. Je sais que je donnerais tout pour être toujours le bienvenue dans ses bras, pour être celui qu'il aime. Mais ça n'arrivera pas. Je lève doucement les yeux vers lui quand il me demande si je veux venir passer la nuit avec lui.

"Je… Je dirais pas non…"

Je me mordille doucement la lèvre alors qu'il me glisse une autre blague foireuse, et je le suis jusqu'à sa chambre. Nerveux je reste sur le pas de sa porte. Je devrais pas être là… J'ai l'impression de ne pas être à ma place… Et pourtant, j'ai envie d'être le bienvenue ici. D'être à ma place. Je regarde son lit avant de m'avancer presque timidement, me glissant sous les draps avec la sale impression de faire quelque chose de mal. Je devrais pas être là. C'est sa chambre. Et je dois avoir que c'est la première fois que je m'y aventure… D'habitude je préfère… Ne pas venir. Simplement. Je frissonne doucement avant de lui murmurer un "bonne nuit", essayant de me débarrasser de cette désagréable sensation de ne pas être à ma place. Un soupir m'échappe et je retiens mon souffle quand je sens sa main se poser dans mes cheveux.

"Ça va… Je vais bien… "

N'ai crainte. Je vais bien. Tant que tu es là avec moi… Tout va bien. Le seul truc… C'est que j'aimerais me glisser dans tes bras. Pour que tu ne me lâches plus.

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Jeu 4 Juin - 18:06
Arlanne de Voûtefeuille a écrit:

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Je le suis jusque dans la salle de bains, et je m'assieds sur le rebord de la baignoire pendant qu'il ouvre l'armoire à pharmacie pour sortir ce qu'il me faut. Petit à petit, mes mains ont arrêté de trembler, je respire à nouveau mieux et profondément. Pourtant j'ai encore du mal à réaliser ce qui vient de se passer. Buck. Mon Buck. Mon frère, qui a tenté de me faire du mal. Alors oui, bien sûr qu'il le voulait pas, bien sûr qu'il n'a jamais vraiment voulu me faire du mal, mais... mais il avait quand même cette lame sous son oreiller. Et dire que pendant toutes les nuits où je suis resté avec lui après ses cauchemars, pas une seconde je me suis douté qu'il y avait une arme sous son oreiller... Mon Buck, qu'est-ce que t'as bien pu voir là-bas, subir là-bas, pour que t'en sois réduit à ça? Que tu te sentes obligé d'être armé, même la nuit. Même chez nous. J'ai aussi une boule dans la gorge en me disant que... que si j'avais été peut-être plus...plus attentif...plus...je sais pas... il se serait senti assez en sécurité pour laisser tomber ça. Plus sentir le besoin de l'avoir chez nous. Alors qu'on habite ensemble et je pensais qu'il était...bien, avec moi.

J'hésite à vouloir l'aider quand il commence à dévisser le flacon de désinfectant, mais finalement il s'en sort plutôt bien et je le laisse faire. Et je laisse retomber mon tshirt sur le sol, avant de lever le menton pour lui laisser le plus d'accès possible, même si je ne suis emballé à l'idée d'avoir ma gorge qui se colore d'un beau rouge orangé...

Je vais avoir l'air fin moi, comme ça... on dirait que je commence à muter en tomate. Ou citrouille...

Je soupire alors que je sens le coton qui glisse sur ma peau, obligé de regarder les spots du plafond qui sont loin d'être intéressants. Et en même temps, le sentir aussi près de moi, son souffle sur mon torse... ça m'électrise doucement. Pense aux spots Rogers. Pense aux spots... Et je lance un rire exagéré quand il fait un commentaire sur les pansements que j'ai dans mon armoire à pharmacie.

Ha ha ha Buck je vais mourir de rire. Normalement j'en ai, sauf qu'il y a quelques semaines je me suis coupé en cuisinant et j'ai utilisé les derniers. Ceux-là c'est Clint qui me les a refilés je sais plus quand... Et puis si t'avais pas voulu jouer les Chuck Norris, je serais pas obligé de me trimballer avec des pansements Bob l'éponge sur la gorge...

Je le vois baisser les yeux. Merde. Je passe ma langue sur mes lèvres avant de tenter de me rattraper. Je prends doucement sa main.

Je...je voulais pas être méchant Buck, je t'assure. Je suis juste con, mais ça tu le sais déjà depuis que j'ai quatre ans et toi cinq... Je sais que tu l'as pas fait exprès et que tu t'en veux... Mais c'est oublié. C'est oublié va, on en parle plus... D'ailleurs, tu veux que je reste avec toi pour le reste de la nuit?

Je souris quand il me répond timidement qu'il aimerait bien, et je me relève, lui faisant signe de me suivre jusqu'à ma chambre. C'est vrai qu'il y est jamais entré. Je range vite fait les carnets posés sur mon lit avant de prendre un tshirt propre dans mon tiroir, et de venir le rejoindre sous la couette. Je lui jette un coup d'oeil avant de pouffer de rire comme un môme.

Eh...t'en fais pas mon mignon, je vais être doux si c'est ta première fois!

Je tends la main pour atteindre l'interrupteur, et éteindre, avant de me glisser un peu plus contre lui. Et là je mentirai en disant que je crève pas d'envie de l'embrasser, de l'avoir à moi, rien qu'à moi et totalement à moi, au moins pour une nuit... Mais ça sera jamais le cas. Et une fois qu'il s'est mis sur le côté je reste près de lui, mon front contre l'arrière de sa tête et ma main dans ses cheveux. Pour qu'il se calme, pour qu'il s'apaise, pour qu'il comprenne que je ne lui en veux pas. Jamais.

Je suis là. Je pars pas t'en fais pas...

Et je ferme les yeux en écoutant son souffle calme et tranquille.

*

Les quelques jours qui ont suivi ont filé vite. Boulot, cours du soir, séances de sport, et ça se passe bien. Vraiment bien. Contrairement aux autres "accidents", celui-là a pas l'air d'avoir de conséquences. Pas d'éloignement, pas de repli dans sa chambre. On dirait qu'il recherche encore plus ma compagnie. Et ça me fait plaisir. Voir qu'on se rapproche enfin à nouveau. Comme ça aurait toujours dû être entre nous. Et là je viens de lui envoyer une blague débile quand ma collègue Kitty vient toquer à la porte de ma salle de classe vide.

- Steve, t'aurais le temps qu'on vérifie les autorisations de sortie et l'argent pour le zoo? Il faut qu'on donne tout ça à la compta avant mardi donc...
- Bien sûr. Ben tu sais quoi? Viens à la maison. On va se faire ça autour d'un bon café, ou d'un thé. Ca changera de la salle des profs qui sent le vieux...
- Parfait! On se retrouve après les cours?
- Ca me va très bien. A tout à l'heure!


Les tornades reviennent vite de la cantine, et je finis de leur faire réviser leurs tables de multiplication avant que la cloche sonne. Je remballe toutes mes affaires et attrape aussi la pochette qui contient l'argent et les paperasses pour mes élèves, avant de retrouver Kitty.

Non mais t'imagines pas. Et c'est à ce moment-là que Kevin...

La porte s'ouvre et je fais entrer Kitty à ma suite, la guidant jusqu'au salon.

Crois-moi si tu veux, mais la mère a menacé de tuer Fury à coups de marteau et...

C'est là que je sursaute en voyant Bucky dans la cuisine. Je crois qu'à part faire cuire des pâtes ou réchauffer quelque chose, je l'ai jamais vu s'activer. Et il y a même un gateau dans le four. Wow. Un peu étonné, je mets une seconde à me reprendre.

Salut Buck! Buck, je te présente Kitty. Elle travaille avec moi à l'école! Kitty, voilà Bucky, mon meilleur ami...


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Jeu 4 Juin - 20:22

G.I Joe and 2am Diners
You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je tire le téléphone de ma poche et je ne peux qu'esquisser un sourire quand je lis sa blague foireuse. Dieu du ciel Rogers, j'ai beau habiter avec toi depuis plus d'un mois, je suis à chaque fois surpris de découvrir qu'il est capable de trouver pire. Je lui réponds rapidement avant de recommencer à défaire les courses, rangement le tout dans le frigo. Depuis quelques jours c'est un peu comme ça… Il m'envoie des blagues vaseuses, je lui rétorque qu'il est temps qu'il fasse quelque chose pour son humour… Bref, l'air de rien j'ai l'impression qu'on se rapproche lui et moi, et que lentement on commence à récupérer ce qu'on avait avant notre séparation. Et ça me rassure au fond, de me dire que… Que je peux avancer, que je peux retrouver ce que j'avais avec lui. Je sais qu'on ne peut revenir en arrière et qu'on ne pas rejouer le passé… Mais savoir que je peux récupérer ne serait-ce qu'un fragment de notre ancienne complicité… Ça me suffirait. Je sais que j'en demanderais bien trop si je disais que je le veux pour moi, que j'aimerais qu'il m'aime autant que je l'aime… Alors… Je me contente d'avoir la possibilité d'habiter avec lui, de partager son quotidien, de recevoir des blagues vaseuses par texto… Même si ses derniers jours ont été plus qu'agréables… Oh je ne dis pas que ça a été parfait… Mais maintenant je passe mes soirées avec lui à regarder des films, je reste avec lui quand il corrige dans la cuisine… Bon, je dois avouer par contre que j'ai du mal à le regarder pendant ses séances de yoga. Non pas que ça me gêne, bien au contraire. C'est juste que… C'est con à dire… Mais j'arrive pas à décrocher mon regard de sa personne quand je le vois faire ses étirements dans ses maillots outrageusement trop serrés… Là… Je ne dis pas que je n'ai pas eu envie de me réfugier dans ma chambre pour ne pas assister à ça.

Donc aussi étrange que cela puisse paraître… Depuis quelques jours… Ça va… mieux. Un peu. Au point que j'en suis venu à me dire si je ne devrais pas… Lui avouer ce que je ressens pour lui. Je sais que c'est stupide, peut-être même idiot… Mais depuis quelques jours, je n'arrête pas de retourner le problème dans tout les sens et j'en viens à la même conclusion : y'a moyen. C'est possible que lui aussi… Peut-être. Je veux dire… Le baiser de l'autre jour… Et cette façon qu'il a de toujours me prendre dans ses bras… Il doit y avoir quelque chose. D'une façon ou d'une autre. Et même si une partie de moi me dit que je vais être déçu, que je vais encore en souffrir… J'ai envie de croire Angie. Alors c'est pour ça qu'aujourd'hui, je m'active à préparer le repas du soir. Enfin… C'est pas grand chose… Disons que… Ok c'est stupide je sais. J'arrête pas de me le dire. Que c'est idiot. Que j'ai pas besoin de faire tout ça, que je pourrais me contenter de le choper quand il revient et de lui très clairement tout ce que j'ai sur le coeur… Mais je ne sais pas, j'ai envie de faire ça correctement… Sans compter que bon… Il appréciera peut-être l'intention… Puis bon… C'est pas grand chose… Juste des pâtes à la carbonara et des cupackes. Rien de trop compliqué. Enfin j'espère...

Je pousse un soupir alors que j'enfourne les cupackes avant de regarder l'heure. Ok. Dix-huit heure. Faut que j'attaque les pâtes. Bon, j'ai déjà une fournée qui refroidis au frigo… Et celle-ci… J'en ai pour une bonne vingtaine de minutes… Ok je vais y arriver. Le vin est au frigo… Non mais ça va aller. Un autre soupir m'échappe alors que je range rapidement la table de la cuisine, m'attaquant ensuite à faire chauffer l'eau et les pâtes. Et alors que je jette les pâtes dans l'eau bouillante, m'attaquant à la sauce, voilà que la porte d'entrée s'ouvre, me révélant Steve et…. La fille qu'il ramène à la maison. Je grince littéralement des dents alors qu'il nous présente. Traître. C'est ce que j'ai envie de lui hurler. Je pensais que… Que… Un silence s'installe alors que je foudroie du regard sa "compagne". Merveilleux. Je suis le roi des cons. Putain de merde. Je pensais réellement que… Que… Qu'il allait sagement attendre que je me décide à lui avouer quoi que ce soit. Non mais… Merde. Merde. J'ai été con. Je savais que c'était une mauvaise idée. Je le savais. J'aurais dû… Continuer à prétendre qu'il n'était que mon meilleur ami et ravaler tout le reste. Plutôt que de me nourrir d'espoir idiot. Bien sûr que non, il ne peut pas t'aimer Buck. T'es pas celui qu'il lui faut. Toi tu ne pourras être que cet ami qu'il veut sauver. Pas l'homme qu'il aime. Il a beau prétendre qu'il ne veut pas que tu quittes sa vie… Tu ne pourras pas non plus en être le centre. T'es rien à ses yeux. Rien. Je ferme rapidement les yeux et prend une grande inspiration alors que je me refuse à entendre le moindre mot. Je quitte rapidement la cuisine pour aller chercher ma veste et mes clés de voiture, avant de passer devant eux.

"Y'a de quoi manger pour deux. Faites-vous plaisir."

Je repousse la main de Steve qui tente de me retenir alors que je claque la porte derrière-moi. Faut que je me tire. Loin d'elle, et surtout loin de lui. J'ai été tellement, tellement stupide… De simplement croire qu'il pourrait y avoir quelque chose entre nous… Et le pire dans tout ça… C'est que je lui en veux. J'ai l'impression… D'avoir été trahis. Putain de merde. Je grimpe rapidement dans ma voiture avant de démarrer, roulant pendant de longues minutes sans savoir où aller. Je pourrais aller au diners, mais je n'ai pas envie d'entendre Angie m'assurer qu'il m'aime… Parce que je ne pourrais pas me retenir de lui hurler dessus, de lui dire que non. Il ne m'aime pas. Il ne m'aimera jamais. Alors je roule, avalant les kilomètres sans vraiment regarder la destination… À quoi bon de toute façon ? Et sans trop m'en rendre compte, je finis par arriver là. Au cimetière. Parce que c'est peut-être le seul endroit où je trouverais l'oreille attentive dont j'ai besoin… La seule personne à qui je pourrais me confier. Je referme la portière derrière moi et lentement, je grimpe le sentier, me retrouvant bien rapidement face à elle. Un noeud se forme dans ma gorge et face à cette stèle de marbre, je cède. Je me laisse complètement aller, essuyant une larme alors que je tente de faire taire tout le reste. Et le temps d'un instant, j'ai l'impression d'être à nouveau ce gamin de quatorze ans au coeur brisé. Cet enfant qui pensait qu'il pourrait être plus aux yeux de son meilleur ami… Du revers de la main j'essuie la larme qui roule le long de ma joue avant de carrément m'assoir face à sa tombe, la tête basse.

"Je… Je suis désolé je ne savais pas qui venir voir… Et t'es la première à qui j'ai pensé.. Alors… Voilà, je viens te déranger une fois de plus… Et désolé, j'ai pas eu le temps de te ramener des cupcakes… La prochaine fois… Promis."

Je lève doucement les yeux vers son prénom, alors que je me mordille les lèvres, le coeur lourd.

"Je… Je sais pas par quoi commencer… Je… Tu serais encore là tu me demanderais ce qui ne va pas, pourquoi je n'ai pas un merveilleux sourire sur les lèvres… Mais… Mais je peux pas Sarah. Je peux plus…. Je suis fatigué de faire semblant… Et ce soir… Ce soir je pensais que… Je sais pas ce que je pensais putain…"

Je passe une main dans mes cheveux alors que je frissonne sous ma veste. Non vraiment, je ne sais pas ce que je pensais… Que j'allais faire ma déclaration et que tout allait se passer comme prévu ? Arrête de rêver Buck. Arrête. C'est pas la peine. Pendant de longues minutes je ne dis rien, ne sachant pas réellement dans quel ordre mettre les choses… Un soupir m'échappe.

"Je ne sais plus comment faire… Je pensais que ça allait mieux entre nous… Qu'on allait retrouver ce qu'on avait avant… Et… Et je me suis trompé. On pourra jamais…  Parce qu'au fond ce n'est pas ça que je veux… Je… Je veux pas juste être son meilleur ami, je ne veux pas juste être son Buck ou quoi… Je… Je voudrais être plus."

Un sourire presque triste se dessine sur mes lèvres alors que ma vue recommence à se brouiller.

"Mais ça… Je parie que tu le sais déjà hein ? Je parie que déjà gamin tu te doutais que je l'aimais ton crétin de fils pas vrai ? Ça m'étonnerait pas… Tu savais tout. Je suis sûr que tu le savais même avant moi que j'en étais éperdument amoureux de ton fils. Que je l'aime depuis que j'ai douze ans et que merde… Je continue de l'aimer. Je l'aime à en crever ton crétin de fils ! Et lui ?! Il en a rien à foutre. Enfin j'en sais rien… Certes il m'a embrassé… Mais j'ai eu l'impression… Qu'il voulait pas, ou qu'il regrettait… Et depuis je comprends plus rien. Je sais pas… Je sais pas quoi faire ! Parce qu'il ne cesse de me dire qu'il est là pour moi, il me prend dans ses bras et je ne sais pas quoi en penser ! Et maintenant que je veux me déclarer à lui, lui avouer ce que j'ai sur le coeur, voilà qu'il ramène je ne sais trop qui à la maison !"

Un autre frisson secoue mes épaules. Je dois avoir l'air ridicule à lui raconter ça… Qu'est-ce qu'elle peut en avoir à foutre ? Elle est morte. Ce n'est pas comme si elle allait revenir simplement pour poser sa main sur mon épaule et me dire que ça va aller.

"Je voulais juste lui dire que je l'aime. Parce que c'est le cas. Je l'aime à en crever…"

Je resserre ma veste autour de mes épaules avant de baisser la tête. Là, face à cette tombe, j'ai subitement l'impression de n'être plus qu'un enfant au coeur brisé qui vient pleurer sur l'épaule de quelqu'un qui ne peut très certainement pas l'entendre… Mais ce n'est pas grave… Tant que ça me permet de confesser ce que je n'arrive pas à murmurer à Steve…

crackle bones
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Ven 5 Juin - 7:52

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Bucky & Steve •••
Kitty rentre dans l’appart à ma suite, mais je ne comprends pas le regard que me jette Buck. Il pâlit tout d’un coup, et je vois ses mâchoires se serrer comme si je venais d’insulter sa mère. Et encore, après ce qui s’est passé, je suis sûr qu’insulter sa mère ne le mettrait pas dans cet état. Peut-être qu’il a mal pris le fait que j’invite quelqu’un sans le prévenir ? C’est vrai qu’avec ses routines habituelles, peut-être que ça l’a perturbé, la venue d’une étrangère dans notre antre à tous les deux. Et j’ai à peine le temps d’ouvrir la bouche qu’il a déjà tourné les talons, et qu’il est sorti comme une tornade. Je le suis du regard, trop sonné pour penser à dire quelque chose, avant de me réveiller, et le suivre dans le couloir, sous l’œil médusé de Kitty, qui reste plantée là, sagement.

Buck ! Buck attends ! Mais attends !

Sauf qu’il est déjà dans les escaliers, et qu’il n’a pas l’air de vouloir s’arrêter. Bon…bon eh bien… on va le laisser se calmer et j’en discuterai avec lui quand il rentrera. S’il rentre… une partie de mon esprit tire la sonnette d’alarme. Mais non. Allons Rogers, il fait juste une petite crise et il va rentrer…
Je rentre, m’excusant platement auprès de Kitty.

Je suis vraiment désolé. Je ne sais pas ce qui lui a pris. Normalement il est vraiment sympa mais… on dirait qu’il a eu une mauvaise journée. Enfin n’en parlons plus. Installe-toi et je te fais un café…

Je file la cuisine, et vois ses pâtes à moitié préparées, et ses cupcakes qui cuisent dans le four. Wow, on dirait qu’il a vraiment mis les petits plats dans les grands. Mais pourquoi ? On dirait presque un repas…d’amoureux. Mais non arrête de te faire des idées… Je lance la cafetière, me fais un  thé, et m’assieds en face d’elle, sortant ma pochette, et attrapant mon crayon.

Bon, on commence par les autorisations ?

On pointe sagement, sa classe, puis la mienne, et on recompte l’argent ramené par les élèves. Bien. Tout est là, et le compte est bon. Et en même temps je surveille la cuisson des pâtes et je sors les cupcakes du four. Une fois tout ça terminé, elle me dit qu’elle va y aller, et je la raccompagne en m’excusant une nouvelle fois. Elle m’embrasse sur la joue en me disant que ça arrive, et jette un œil à sa montre en me disant qu’elle doit se dépêcher pour aller chercher son fils à la crèche.

Une fois la porte refermée, je file prendre mon portable. Aucune nouvelle de lui. Je tente de l’appeler plusieurs fois, de lui envoyer un ou deux messages, mais rien. Rien du tout. Il est bientôt 19h et je commence à m’inquiéter. C’est déjà arrivé que pendant une crise il sorte faire le tour du pâté de maison, ou alors c’est moi qui le fais, le laissant se calmer tout seul. Mais jamais encore je ne l’ai vu partir aussi longtemps. Et j’ai peur que l’irruption de Kitty ait foutu quelque chose par terre. Après avoir tourné pendant une dizaine de minutes comme un lion en cage j’attrape mon blouson et mes clefs et file. Sa bagnole n’est plus là. Merde. Bon, où est-ce qu’il aurait pu aller ? Tentons le diner.

Pour une fois je prends un taxi, histoire de ne pas passer plus d’une heure dans le métro, et pousse la porte chromée. Angie semble surprise de me voir, et surtout, de me voir arriver seul. Et aussi tôt. On est loin de l’heure habituelle de ses terreurs nocturnes.

- Angie ma belle, est-ce que Buck est là ? Enfin, James ?
- Non, je l’ai pas vu depuis la semaine dernière, quand il était avec toi…
- Merde. Il est parti comme une furie tout à l’heure sans que je comprenne pourquoi, ça fait une heure, et il est toujours pas rentré. Il ne répond ni à mes appels, ni à mes messages.
- Qu’est-ce qui s’est passé pour le mettre dans cet état-là ?
- J’en sais rien, j’ai juste ramené une collègue de boulot à la maison pour qu’on s’occupe de certains trucs et…
- Cherche pas Steve.
- Comment ça ?
- Elle est mignonne ta collègue ?
- Mais pourquoi tu demandes ça ?
- Réponds ! Elle est mignonne ?
- Je…oui, assez, enfin elle est jolie, mais elle m’intéresse pas. Tu sais que je suis gay.


Je la vois lever les yeux au ciel et soupirer, avant de poser ses mains sur mes épaules.

- Vous deux êtes les plus grands crétins de la création.
- Angie, c’est pas le moment, il est dehors je sais pas où et…
- Steve ! Il t’aime !
- P…pardon ? Je…c’est pas… c’est pas possible.
- J’ai vu comment il te regarde, comment tu le regardes. Vous vous aimez bande d’idiots !
- C’est pas possible Angie. Peu après…qu’il ait emménagé chez moi il… je l’ai embrassé. Et la seule chose qu’il ait trouvé à répondre c’est « T’aurais pu éviter ». Ca m’a…ça m’a juste tué… alors… Tu es adorable de croire à cette jolie histoire mais… mes sentiments sont pas réciproques.
- Parce que lui aussi est un con ! Et quand t’as ramené cette fille, il a simplement cru que t’avais un rencard avec !
- Mais il est con !
- Tu osais encore en douter ?
- Enfin, je sais toujours pas où il est !
- Pas ici… Y’a pas un autre endroit où il aime aller ?
- Je…peut-être…je…je vais tenter. M…merci. Merci ma belle…


Je me penche vers elle et dépose un baiser sur son front avant de courir jusqu’à l’avenue, et tenter d’attraper un taxi. Le cimetière. Maman. Je vois que ça. Je sais qu’il y est allé plusieurs fois tout seul ces dernières semaines. Et intérieurement je prie qu’il soit là-bas, parce que sinon, j’aurais pas la moindre idée de l’endroit où il pourrait se trouver.
Le trajet me semble interminable, mais heureusement je vois enfin la colline boisée se dessiner au loin. Et je respire enfin quand je vois sa vieille guimbarde sur le parking. Ca y est. Ca y est je l’ai trouvé… Enfin. Tout au long du trajet, et encore maintenant, je repasse sans cesse les paroles d’Angie. Qu’il m’aimait. Qu’il m’aimait vraiment. Et que tout ce qui s’est passé, était juste…des cafouillages parce qu’on était juste trop cons pour se dire les choses en face. Non…ça serait trop beau. Beaucoup trop beau… S’il y avait vraiment quelque chose… ça se serait déjà fait. Enfin… je crois. Je presse le pas sur le sentier de graviers et arrive bientôt en vue de la tombe, en contrebas. Et je vois, lui. Il me tourne le dos, et a la tête baissée vers la pierre tombale. Je me rapproche en silence, mes pas étouffés par l’herbe humide et les feuilles mortes, et plus je m’approche, plus j’entends sa voix. Au début, c’est juste son ton, noué par l’émotion, et bientôt je distingue ce qu’il dit. Et j’en reviens pas. On dirait que…que Angie avait raison. Mon cœur se met à tambouriner dans ma poitrine en l’entendant, mais je ne bouge pas, attendant juste un peu plus, histoire d’être sûr, sûr de bien entendre, et de pas m’enflammer pour rien. Sauf que non. Il a bien dit ce que je rêve d’entendre depuis que j’ai quatorze ans… il m’aime. Un sourire stupide s’affiche sur mon visage alors que j’ose enfin parler, me tenant à deux mètres derrière lui.

Et qui te dit que…que moi non plus je t’aime pas à en crever…depuis que j’ai quatorze ans ?

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je ne sais pas pourquoi je suis là. Je ne sais même pas pourquoi je m'entête… Je devrais… Je sais pas. Être à la maison ? Non je supporterais pas de les voir tout les deux, de les entendre. Je supporterais pas de voir cette fille avec lui. Dans ses bras ou… Je ferme les yeux alors que je serre les dents. Je pourrais pas supporter de savoir que c'est elle qui partage sa vie, son lit… Mais en même temps, je m'attendais à quoi ? À ce qu'il n'est personne et qu'il ne soit qu'à moi ? Je ne peux pas lui en vouloir de faire sa vie avec quelqu'un…  Il n'a pas à vivre comme moi comme un putain d'ermite… Comment lui en vouloir ? Il veut construire quelque chose… Avec quelqu'un… Seulement, j'aimerais simplement être cette personne… Être celui avec qui il veut être… Je ne veux pas être simplement un élément de sa vie, un simple ami dont il pense être obligé de s'occuper… J'aimerais qu'il me regarde autrement. Qu'il me regarde comme si j'étais la seule personne au monde à laquelle il tient… Et pas comme son simple ami. J'aimerais qu'il puisse poser sur moi le même regard que j'avais pour lui à l'époque… Celui d'un gamin follement amoureux de celui qu'il avait juré de protéger jusqu'à la fin de ses jours. Désir bien égoïste de ma part. Je ne peux pas demander une telle chose… Je n'en ai pas le droit, pas dans mon état. Qui voudrait de toute façon de quelqu'un comme moi ? De quelqu'un de si brisé qu'il n'est pas capable de se comporter normalement ? Qui a des crises monstrueuses pour un rien ? Plein de TOC et autre manies ridicules qui lui permette de faire semblant d'être bien… ? La vérité c'est que je n'ai que Steve, que j'ai besoin de lui… Et que lui… Il n'a pas besoin de moi, du moins il n'a plus besoin de moi. Je ne suis plus rien désormais. Juste Buck. Celui qu'il doit aider, qu'il doit porter et supporter sans cesse. Un frisson secoue doucement mes épaules alors que je ferme les yeux. Non. Jamais il ne pourra. Personne ne pourra. Puis j'entends sa voix… Comme une réponse à mes dernières paroles. Je retiens mon souffle alors que je rouvre les yeux. Impossible. Tu ne peux pas être là.

Lentement je me tourne et le découvre à quelques mètres de moi, m'observant avec un immense sourire tandis que ses mots traversent avec douceur ses lèvres. Mon coeur rate un battement alors que je ne peux que me perdre dans ses yeux bleus. Il… Il m'aimerait ? Vraiment ? Non il ne peut pas, c'est pas vrai. Ne me ment pas. Sinon… Sinon ce jour-là au parc… Tu ne m'aurais pas repoussé, tu ne m'aurais pas dit qu'il vaudrait mieux que l'on en parle jamais, qu'on oublie tout ça. Il est celui qui m'a demandé de ravaler mes sentiments. Il est celui qui ne voulais pas qu'on en parle… Et je pensais… Je pensais qu'il ne m'aimait pas. Pire que ce baiser l'avait dégoûté. Et pourtant… Je me souviens qu'il m'avait rendu mon baiser, que j'avais senti ses doigts se poser sur ma nuque. Oui sur le moment, je pensais que c'était bon. Qu'il avait comprit. Et que lui aussi m'aimait…. Mais non…  Pourtant là, face à moi… Il ose me dire que lui aussi m'aime depuis ses quatorze ans… Et je peine à y croire. Tu ne peux pas… C'est pas vrai…  Et pourtant… Ça expliquerait le baiser de l'autre jour… Le fait que ce soit lui qui soit venu le demander… Pendant de longues minutes, je le regarde sans être capable de prononcer le  moindre mot avant que cette simple question.

"Alors pourquoi ? Si tu m'aimes vraiment depuis toute ses années… Pourquoi tu m'as repoussé dans le parc ? Pourquoi me rendre mon baiser pour ensuite me briser le coeur en me disant que tu ne voulais pas ? Je pensais à l'époque que ça y est… Ça t'avais dégoûté ou quoi… Et que je ne pourrais jamais être plus que ton meilleur ami… Et… Et… Maintenant tu me dis que tu m'aimais déjà ? Alors pourquoi ? Pourquoi m'avoir brisé le coeur ce jour-là ?"

crackle bones
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Sam 6 Juin - 7:03

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Je me tiens là, comme un con, le coeur tambourinant dans la poitrine en entendant enfin, enfin, après tellement d'années, ce que j'ai toujours rêvé d'entendre, de sa part. Je réalise pas. Je réalise pas que c'est vrai. Je réalise pas qu'il...m'aime, comme moi je l'aime. Qu'il m'aime depuis plus longtemps que moi même. Enfin. J'ai presque l'impression de rêver, et de me dire que tôt ou tard, cette mauvaise blague va s'arrêter, que je vais ouvrir les yeux dans mon lit, seul, à moins qu'il ne soit dans mes bras après un cauchemar, et réaliser que tout ce qui s'est passé, c'était juste dans mon imagination. Et ça me fera mal. Tellement mal.

Pourtant, plus les secondes passent, plus je me force à dire, à constater que... ça y est. Que c'est réel. Que j'ai vraiment surpris la confession qu'il faisait à ma mère, la seule qui pouvait nous comprendre, nous lire comme des livres ouverts, sans même qu'on ait besoin de parler. Brusquement, des choses s'éclairent, d'autres sont plus floues : alors c'est pour ça qu'il m'a embrassé, il y a tellement d'années, dans le parc? Mais alors... pourquoi avoir répondu ce fameux "T'aurais pu éviter" après que je l'ai embrassé il y a quelques semaines? Il y a trop, trop de choses que je ne comprends pas, mais j'ai tellement envie d'y croire. Tellement envie d'avoir enfin mon happy end que j'attendais depuis tellement de temps. Depuis la moitié de ma vie, si on y réfléchit bien.

Alors je brise le silence et lui balance enfin ce que j'ai envie de lui dire depuis que j'ai quatorze ans, un grand sourire aux lèvres. Alors ça y est? Maintenant qu'on le sait, maintenant qu'on se l'est dit, tout va changer? On va "être ensemble?" J'ai du mal à réaliser et en même temps je me suis jamais senti aussi bien. Aussi heureux. Viens. Viens dans mes bras. Viens dans mes bras et embrasse-moi jusqu'à ce que je perde le souffle, embrasse moi à en perdre la notion du temps, même si nos lèvres ne se quitteront que demain matin. On a quatorze ans de baisers à rattraper... Sauf que...sauf qu'au lieu de me sauter dans les bras, sauf qu'au lieu de faire ce qu'on meurt d'envie de faire, ses lèvres s'ouvrent, mais pas pour m'embrasser. A la place, ce sont des questions qui s'échappent.

Pourquoi? Parce que... parce que dans le parc... je... je pensais pas que tu avais fait ça parce que tu m'aimais. Parce qu'avant cette histoire tu m'avais jamais rien dit sur tes sentiments pour moi. Alors mets-toi à ma place. Pour la première fois qu'on boit de l'alcool, d'un coup tu viens m'embrasser. J'avais pensé que... que c'était parce que tu avais bu. Que tu avais fait ça sur le moment. Pour t'amuser. Que tu l'aurais fait avec n'importe qui. Et ça m'a tué de...de me dire que ce que j'attendais depuis des mois, que tu m'embrasses, mais pas parce que t'étais bourré. En quelques minutes, t'as fait de moi le petit garçon le plus heureux, et le plus triste du monde. Rien de moins...

Je soupire doucement alors que je me rapproche de lui, pour me planter face à lui. Bon sang embrasse moi. Glisse tes bras autour de mon cou, prends mes lèvres et embrasse moi. Oublie les explications, oublie les malentendus. En parler encore ne va rien changer. Et embrasse-moi à la place. Sauf que c'est Buck. Mon Buck cassé, et comme pour tout, ça prend du temps. Alors je passe rapidement ma langue sur mes lèvres, mon sourire radieux a disparu de mes lèvres alors que je continue.

Et toi alors? On... on s'est enfin retrouvés, par je sais quel miracle. Enfin. Après tout ce qui nous est arrivés, on a enfin une chance, notre chance, de pouvoir être... heureux. Tu me dis que tu m'aimes à en crever et pourtant, quand je t'ai embrassé, tu... la seule chose que tu as dite c'est "T'aurais pu éviter"... C'est comme si tu m'avais tué une seconde fois. Je me suis senti con. Je me suis senti sale. D'avoir espéré comme un idiot que maintenant qu'on s'était retrouvés, les choses iraient bien. Et là, tu m'as juste fait comprendre que je te dégoutais. Que mon amour pour toi était pas réciproque. Que je m'étais fait des idées, pour rien, pendant quatorze ans. Et je commençais tout juste à tourner la page quand... quand j'ai ramené Kitty à la maison et que t'es parti comme une fusée. Je... c'est Angie qui m'a dit que... que t'avais des sentiments pour moi. C'est elle qui m'a dit qu'on était deux crétins pour se tourner autour sans comprendre qu'on était fous amoureux l'un de l'autre. Et puis je t'ai entendu, à l'instant. Alors merde Buck, soit on disserte encore sur le passé pendant le reste de la nuit, et ce qui aurait pu, ou pas pu se faire, ou alors tu fermes ta gueule, tu ramènes ton cul entre mes bras et tu viens me donner le baiser de ma vie. Alors, verdict?

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Sam 6 Juin - 18:39

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je me perds dans ses prunelles bleus, et je ne sais pas ce que j'y vois. L'espoir qu'un jour on soit réellement ensemble ? Oui, je crois. Je crois qu'une part de moi ne veut que ça… Qu'il me prenne dans ses bras, qu'il me dise qu'il m'aime et qu'il ne me lâche plus. Jamais plus. D'un coup j'ai l'impression d'être à nouveau ce gamin de quatorze ans qui volait un simple baiser à Steve. Je me souviens du goût de l'alcool sur ses lèvres, de la texture de celle-ci, de son coeur qui battait furieusement contre ma paume et de ses doigts fins qui caressaient ma nuque… Tout me revient alors que dans ses yeux j'y cherche je ne sais trop quoi. Puis doucement il m'avoue qu'à l'époque je ne l'avais pas embrassé parce que je l'aimais mais simplement parce que l'alcool me poussait à le faire. Que je ne voulais que m'amuser et que d'un simple baiser… Je n'avais fais que briser son coeur. Car lui n'attendais que ça depuis des mois… Oh si tu savais mon Steve. Ça faisait presque deux ans que moi ça me travaillait. Je n'arrivais plus à ignorer mes sentiments pour lui… Ce soir-là, j'avais simplement fait ce que j'avais en vie de faire depuis des mois et des mois. Je voulais simplement qu'il sache, et qu'il… Me rende ça. Je voulais simplement que t'aimes Steve. Je voulais juste… Juste que tu ne me repousses pas. Mais je n'avais jamais pensé que de son côté il pensait que je me serais joué de lui.

"Je n'aurais jamais pu Steve. Jamais. Tu.. Tu sais pas ce que tu représentes pour moi… À l'époque… T'étais la seule chose qui comptais. Je voyais que toi. Tu étais littéralement le centre de mon univers. La seule chose qui comptais réellement… Quand je t'ai perdu… C'est comme si on m'avait retiré la seule chose importante de mon existence, la vérité c'est que sans toi, j'étais paumé. C'est comme si j'avançais dans le noir… Je… J'aurais jamais pu te faire ça pour te faire du mal… Jamais. Si je t'ai embrassé ce jour-là… C'est parce que je le voulais."

Il s'approche doucement de moi et une fois de plus, je frissonne, j'angoisse comme un gamin qui s'apprête à se déclarer pour la première fois de sa vie. Face à ses yeux bleus tendre et aimant, je suis terrifié. C'est idiot, je ne devrais pas l'être, je devrais me contenter de me jeter dans ses bras et de l'embrasser avant qu'il ne me glisse entre les doigts une fois de plus. Je ne veux pas le voir s'éloigner une fois de plus. Je ne veux pas te perdre une fois de plus Steve. Je le supporterais pas. J'y arriverais pas. Je ne veux pas être de nouveau ce mec paumé qui se contente de survivre parce qu'il a perdu la seule personne qui comptait réellement. Et quand je l'entends me dire qu'à cause de ma réaction il s'était sentie… Sale, je ne peux que me mordiller la lèvre. Encore une fois… Je l'ai blessé, sans m'en rendre compte. Puis il m'avoue qu'il s'était fait une raison… Jusqu'à ce soir. Jusqu'à ce qu'Angie lui sorte le même discours qu'elle a pu me faire… Jusqu'à ce qu'il m'entende. Et voilà où nous en sommes. Face à la tombe de sa défunte mère, les yeux dans les yeux, à tenter de rattraper tout ce temps qu'on a perdu à se tourner autour. Et le choix qu'il me laisse, me fait doucement paniquer. Je ferme les yeux avant de soupirer. Je suis fatigué de remuer le passé sans cesse, fatigué de toujours me tourner vers lui et d'espérer qu'un jour je pourrais le revivre. J'en ai marre de toujours revenir à cette putain de journée dans le parc, à toujours me demander si il m'aimait ou non, à me demander si je le dégoûtais ou non. Marre de toujours me demander si il sera un jour capable de m'aimer malgré mes fêlures, mes faiblesses et tout le reste… J'en ai marre de vivre en me raccrochant à quelque chose que j'ai perdu, à des souvenirs qui s'étiolent dans mon esprit fatigué. Je ne veux plus vivre ainsi. Je ne veux pas le perdre à cause de me peur de le perdre. Ce n'est pas une façon de vivre, de ne pas oser l'approcher de peur de le perdre. Je lève doucement les yeux vers lui.

"Je ne veux pas te perdre… Je m'en fous du passé et de ce putain de baiser au parc. Je m'en fous. C'est passé et j'ai pas envie de perdre du temps à propos de ça… J'en ai marre de remuer tout ça… On a perdu assez de temps, assez d'années… J'en peux plus…"

Les mots se meurent doucement sur mes lèvres alors qu'hésitant je fais un pas vers lui. Je tends une main et viens doucement caresser sa joue avant d'oser poser mes lèvres sur les siennes, tentant de rattraper en un baiser toutes ses années sans lui, comme si j'essayais de lui dire tout ce que je suis incapable de prononcer à voix haute. Oui je t'aime, et non… Ne me laisse pas. Oublions le passé. Oublions-le. Ce qui compte c'est que l'on soit de nouveau l'un avec l'autre. Je m'en fous du reste… Tant que tu ne me repousses pas, tout ira bien.

crackle bones
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Dim 7 Juin - 13:03

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On dirait que ça y est. On dirait que c'est enfin en train de se faire. Qu'après toutes ces années, gosses, et toutes ces années perdues, on y est. On va arrêter de se tourner autour, arrêter de faire les cons, arrêter de se mentir, de mal comprendre de... s'arrêter. Et se dire enfin qu'on s'aime. Accepter qu'on s'aime. Montrer qu'on s'aime même. Et c'est ce que je lui dis de faire, parce que j'en meurs d'envie. Parce que la seule chose dont j'ai envie, là, maintenant, c'est de l'attirer contre moi et de l'embrasser. Longtemps. Très longtemps. Pendant quatorze ans. Voire plus. Pour toujours. Je souris quand il s'explique, qu'il s'excuse, me disant qu'il a jamais eu envie de me faire du mal, de me blesser. Et il me rappelle à quel point je comptais pour lui. Ma gorge se noue en l'entendant et j'ai encore plus envie de le serrer contre moi, encore plus envie de lui hurler que ça ne tient qu'à lui qu'on recommence là où on s'était arrêtés.

Alors... pourquoi tu ne m'as jamais rien dit? Pourquoi... tu m'as jamais regardé dans les yeux, pris ma main et dit "Steve...je t'aime..." On aurait pu... tout commencer à ce moment-là...

Oh et puis merde. Ca suffit. Ca suffit de ressasser le passé, de commencer toutes nos phrases par ce foutu "Et si?". C'est fait. Oui c'est fait. On a perdu quatorze ans, c'est sûr, et on les retrouvera jamais. Mais on en a même pas trente. Et si par chance on vit vieux, on a au moins quarante, cinquante, voire soixante ans qui nous attendent. A passer ensemble. Tous les deux. Je m'approche de lui, et finalement, lui dis tout ce que j'ai sur le coeur. Qu'il m'avait fait souffrir, mais maintenant le plus important c'est nous. Qu'on arrête d'être stupides, timides, tout ce qu'on veut, et qu'on se prenne enfin dans les bras, qu'on rentre enfin à la maison et...qu'on profite enfin de ce cadeau que le destin nous a fait. C'est ce que je lui dis, et je lève presque les yeux au ciel quand il trouve encore le moyen de parler. Même si ce qu'il dit me réchauffe le coeur.

Alors viens et tais-toi!

Mon coeur s'emballe alors qu'il s'approche à son tour, et que sa main caresse ma barbe de quelques jours. Ma main vient se poser sur la sienne, et je ferme les yeux quand je le sens m'embrasser. Enfin. Enfin ça y est. Je caresse doucement ses lèvres des miennes, alors que ma main se pose dans son dos pour le garder près de moi. Tout près de moi. Et en une seconde, je suis revenu quatorze ans en arrière. On est de nouveau ces deux gamins de Brooklyn, gauches, hésitants, amoureux et qui osaient pas se l'avouer. Même si cette fois je ne sens pas le goût d'alcool sur ses lèvres. Et aussi qu'il embrasse clairement mieux qu'à l'époque. Mon autre main glisse de ma joue à sa nuque, se perdant dans ses cheveux, alors que je viens timidement caresser sa langue avec la mienne. Et pendant de longues secondes, de longues minutes on est juste là, coupés du monde, oubliant où on est, et depuis combien de temps on est là. Il y a juste nous, et rien d'autre ne compte. Je romps enfin le baiser, posant mon front contre le sien.

Maintenant on se quitte plus. Plus jamais c'est clair? Parce que j'irai te chercher là où t'auras l'idée de te planquer Barnes...

Je viens reprendre ses lèvres pour un nouveau baiser, lent et doux, jusqu'au moment où le vent froid me fait frissonner. Je me détache de lui avant de lui sourire.

Et si on rentrait?

On se regarde, un peu perdus, et je viens timidement prendre sa main alors qu'on commence à s'éloigner en direction du chemin. Mais au bout de quelques pas, je tourne la tête, jetant un oeil à la tombe, et murmure simplement "Merci maman..." avant de suivre Buck jusqu'à sa voiture. Et on se lance des regards de crétins enamourés alors que sa vieille guimbarde traverse les rues agitées de ce milieu de soirée. On ne dit rien, parce qu'il n'y a plus rien à dire, et une fois qu'il trouve une place, et qu'il a coupé le moteur, je l'appelle au moment où il s'apprête à ouvrir la porte.

Buck?

Et je l'attrape par le col de son tshirt pour un nouveau baiser.

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Mar 9 Juin - 5:26

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You told me once dear, you really loved me. And no one else could come between. But now you've left me and love another. You have shattered all of my dreams. In all my dreams dear, you seem to leave me. When I awake my poor heart pains. So when you come back and make me happy. I'll forgive you dear, I'll take all the blame. You are my sunshine, my only sunshine. You make me happy when skies are gray. You'll never know dear, how much I love you. Please don't take my sunshine away

Je frémis quand je sens sa main se poser ma joue et finalement… Finalement j'ose venir l'embrasser, j'ose venir poser mes lèvre sur les siennes…  Et le temps de ce baiser, j'ai l'impression d'être à nouveau ce gamin hésitant qui venait lui dérober un premier baiser. Seulement ce n'est qu'une impression. Rien de plus. Sur ses lèvres je ne  goûte plus l'alcool et tout semble moins maladroit… Plus naturel. Ses lèvres caressent doucement les miennes et je sens sa main se poser dans mon dos, comme pour me garder tout contre lui. C'est ça. Me lâche-pas, retiens-moi. Ne me laisse plus jamais m'éloigner Steve. Doucement mon bras passe autour de son cou alors que sa langue vient timidement chercher la mienne et que j'approfondis avec douceur. Bon sang. Je ne sais pas depuis combien de temps j'attends… Ça. J'ai passé des années à rêver qu'un jour, lui et moi… On pourrait à nouveau être l'un avec l'autre… Et qu'on sera… Heureux… Mais je n'arrêtais pas de me dire que ça n'arriverait jamais, à cause de ce putain de baiser dans le parc… Et là… Là ses doigts se glissent dans mes cheveux et j'en oublie complètement le monde autour de nous. J'en oublie le reste, ne pensant qu'à lui, enfin qu'à nous… À nos lèvres qui ne semblent vouloir briser ce long baiser que nous échangeons, au grain de sa peau sous mes doigts, à cette main dans mon dos qui me garde tout contre lui… C'est ce que je voulais. C'est ce que le gamin éperdument amoureux voulait… C'est ce dont j'avais besoin. Me lâche plus Steve putain… Plus jamais. C'est à regret que je laisse rompre ce baiser, m'éloignant quelque peu alors qu'il pose son front contre le mien. Un léger sourire m'échappe alors que je ferme les yeux, murmurant doucement contre ses lèvres.

"T'auras pas à venir me chercher Rogers… Maintenant va falloir te faire à l'idée que je ne vais pas te lâcher…"

Ses lèvres viennent se poser à nouveau sur les miennes et un sourire m'échappe. C'est vraiment… Vrai. Lui et  moi… Juste là, l'un contre l'autre, à s'embrasser. Je peine presque à y croire… Et pourtant. Une fois de plus j'aimerais que ce baiser ne s'arrête jamais, simplement de peur que si je m'éloigne de lui ne serait-ce qu'une seconde, tout cela s'envole à jamais. Que je le perde à nouveau pendant quatorze ans et que cette fois-ci… Il ne me revienne pas. Que je n'ai plus la chance de croiser à nouveau ses grands yeux bleus, ni de voir son sourire et encore moins d'être dans ses bras… Cette simple idée me file un pincement au coeur. Je ne veux plus jamais le laisser m'échapper, j'ai fais l'erreur une fois de t'avoir laissé derrière moi Steve… Et crois-moi, je me suis senti mourir en te voyant disparaître au coin de la rue… Mes doigts caressent toujours avec douceur sa nuque alors qu'un frisson secoue ses épaules. Un léger sourire m'échappe alors que je hoche doucement de la tête, le laissant glisser hors de mes bras, puis mon regard vient croiser le sien. J'ai bien un millions de choses à lui demander… Et je mentirais si je disais que je suis parfaitement à l'aise… La vérité c'est que j'ai un peu peur, que je suis un peu perdu. Et surtout que j'ai du mal encore à me dire que c'est réel… Qu'on est vraiment… Ensemble… Si on l'est. Seulement je n'ose pas lui demander. De peur de briser ce moment si fragile, si unique. J'ai pas envie de tout faire foirer… Pas maintenant. Alors quand sa main vient chercher la mienne, j'ose à peine entrelacer nos doigts, craignant presque de briser je-ne-sais-trop-quoi. Lentement on redescend le sentier et un frisson m'échappe quand je l'entends murmurer… Je me retiens du moindre commentaire avant de finalement atteindre la voiture… Et pendant tout le trajet, on se lance des regards idiots… Le genre que se jetteraient des lycéens fraîchement en couple… Et c'est peut-être ce qu'on est… Je n'ose lui demander. Parce qu'au fond, je m'en fous. Tout ce qui compte… C'est qu'il soit là, avec moi. Les clés tintent entre mes doigts alors que je coupe le contact et alors que je m'apprête à quitter la voiture, je l'entends m'appeler.  Innocemment je me retourne et ce sale gosse m'attrape par le col pour venir me dérober un autre baiser. Le temps d'une seconde je reste comme un con avant de lui rendre ce baiser, laissant une main se perdre dans sa nuque. Et pendant de longues minutes je prolonge ce baiser, l'approfondissant jusqu'au moment où je sens sa main se poser sur ma cuisse. Un frisson parcourt mon échine alors que je romps un peu abruptement ce baiser. Non… J'ai pas le droit d'être mal… D'avoir peur ou quoi… C'est Steve… Il va rien me faire alors pourquoi ressentir cette subite angoisse ? Parce que  l'embrasser ça va… Mais le sentir être plus tactile… Je me tends immédiatement ? C'est stupide… Idiot. Tu sais qu'il ne va rien te faire ou quoi… Alors arrête. Arrête. Je ferme les yeux avant de prendre une grande inspiration...

"Excuse-moi… C'est rien…"

Je tente un sourire avant de venir prendre à nouveau ses lèvres, oubliant simplement cette sensation de mal à l'aise, me concentrant sur ses lèvres qui caressent les miennes. Puis doucement je romps ce baiser avant de lui murmurer, non sans un sourire.

"Et si on montait ? Non parce que… On a plus l'âge de faire ça dans une voiture…"

Je l'entends rire alors que je m'éloigne, poussant la porte de la voiture avant de remonter jusqu'à l'appartement. Et c'est presque un peu anxieux que je le regarde alors que nous nous retrouvons tout les deux dans le salon. C'est maintenant en fait que je ne sais plus quoi faire… Me jeter dans ses bras ? L'embrasser à en perdre le souffle ? Peut-être. J'en sais rien. Je veux juste… Être avec lui. Alors timidement je m'approche, attrapant sa main avant de me venir me blottir entre ses bras… Et alors que je ferme les yeux, ma tête sur son épaule, je commence doucement à fredonner un air qu'il connait tout aussi bien que moi…. You are my sunshine, my only sunshine...

*
"Je sais pas si je vais y arriver Steve…."

Je passe une main dans mes cheveux alors face à mon immense sac, je tente de convaincre Steve sur le fait que son idée en est une mauvaise. Déballer mon sac… Non. Justement… Le but de ce sac c'est qu'il contient tout ce qui m'est précieux, tout ce dont j'ai besoin… Et que si je dois partir en catastrophe…. C'est la seule chose que j'emporterais avec moi… Alors le déballer pour "m'installer"… C'est pas une bonne idée. Je lui jette un regard angoissé alors qu'il pose une main sur mon épaule. Non mais même commencer par un simple livre ou quelques fringues… C'est trop. Je pousse un soupir avant de me décider à tirer mon vieux exemplaire du Hobbit. Je fais tourner le livre entre mes mains avant de me décider à le poser dans la bibliothèque désespérément vide. Et j'ai à peine le temps de le lâcher, qu'une légère nausée me saisit. Il devrait pas être là. Un tremblement secoue mes épaules alors que je prends une grande inspiration, suivant Steve jusqu'au salon. Seulement, alors que je suis dans ses bras, à tenter de me concentrer sur ses doigts dans mes cheveux ou à regarder le film qui passe à la télé, je dois avouer n'être obsédé que par ce putain de livre. Il devrait être dans le sac. Avec le reste. Je pousse un soupir alors que mes doigts se referment autour de son T-shirt.

"Je peux pas Steve, je peux pas…"

Je me hais d'être comme ça. De pas être capable de supporter qu'un pauvre livre ne soit pas à sa place… Je devrais pas m'en préoccuper… C'est pas important… Mais je ne peux pas. Je suis incapable de ne pas y penser… Je frissonne d'angoisse avant de quitter ses bras, poussant un soupir.

"Je suis désolé Steve… Désolé…"

crackle bones
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Mer 10 Juin - 10:56

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J'ai un immense sourire peint sur mes lèvres quand je l'entends me répondre, me dire qu'il partira plus jamais, et qu'il restera collé à moi comme une moule à son rocher. Tant mieux, parce que c'est exactement ce que je veux. Rattraper le temps perdu. Lui consacrer le temps à venir. Les années à venir même. Parce que maintenant que je l'ai retrouvé, maintenant que je sais qu'il m'aime, je ne me vois plus avec quelqu'un d'autre. C'est lui. C'est lui que je veux. Maintenant et jusqu'à la fin de ma vie. Et je reviens prendre ses lèvres après avoir glissé un "Je t'aime'' contre les siennes. Je l'embrasse longtemps, oubliant tout pendant de longues minutes, avant que le froid fasse éclater notre petite bulle.

Comme deux collégiens on se prend timidement la main alors qu'on file vers sa voiture, et on se sourit bêtement le long du trajet, avant d'arriver enfin dans la rue, où j'attrape une nouvelle fois ses lèvres. Comme si j'en aurais jamais assez. Ma main se pose sur sa cuisse pour que je puisse me pencher un peu plus vers lui, et à la seconde où ma paume touche son jean, je sens que quelques chose ne va pas. Et une seconde plus tard il se recule, interrompant le baiser avant de s'excuser.

Eh, c'est rien! C'est rien, t'en fais pas...

Et je souris quand il revient m'embrasser doucement, avant de me suggérer de monter.

Disons qu'on aurait l'âge de le faire dans une voiture. C'est plus des risques de tétanos dont je m'inquiéterais. Ou de septicémie, vu ta bagnole.

Je ris doucement, sortant de la voiture, et l'attends pour monter les escaliers et rentrer dans notre appart. J'ôte mes pompes et mon blouson, tout en observant Buck du coin de l'oeil. Bizarrement, on dirait qu'il est... paumé. Il se dandine à moitié, avant de se tourner vers moi, s'approcher, prendre ma main et venir se blottir contre moi. Je souris avant de refermer mes bras autour de lui, pour le garder tout près. Et je viens déposer un baiser dans ses cheveux. Je l'entends ensuite parler. Je fronce les sourcils, baissant les yeux vers lui, avant de reconnaitre l'air. Notre vieille rengaine. My only sunshine... Et dire que quelques semaines plus tôt je la lui chantais en pensant faire le deuil de... de la relation que j'aurais toujours aimé qu'on aie... et maintenant... c'est lui qui me la fredonne parce que c'est vrai. Et on a été sacrément cons. Presque sans réfléchir mes lèvres fredonnent elles-aussi ces paroles, et je le berce lentement alors qu'on continue à chanter doucement.

Le plus beau commence Buck... le plus beau reste à venir... alors t'en fais pas...

Et je souris avant de lui proposer qu'on aille diner après toutes ces émotions, surtout qu'on a juste à réchauffer ce qu'il avait préparé plus tôt. Et je me glisse dans son lit pour la nuit, souriant en le prenant dans mes bras avant de fermer les yeux.

*

Plusieurs jours ont passé. Et j'ai du mal à réaliser que c'est à la fois tellement normal, et tellement bizarre qu'on soit... ensemble. Je trouve ça normal de l'avoir dans mes bras la nuit, de sentir sa tête contre mon épaule pendant qu'on regarde un film, de l'embrasser pendant de longues minutes. Comme si ça avait toujours été comme ça. Comme ça aurait dû être depuis le début. Mon Buck. Vraiment mon Buck.

Et maintenant que ça y est, qu'on est enfin ensemble, j'ai vraiment l'envie de l'aider, et le sentiment de pouvoir le faire. Que maintenant que je suis son "mec", j'ai un rôle à jouer. Alors, ce dimanche-là, je propose une première approche de "thérapie'', assez soft, à savoir tenter de laisser un truc de son sacro-saint sac, sur une étagère. Juste ça. Rien de plus. Je l'observe, appuyé au chambranle de porte alors qu'il farfouille dans son sac de marin, et en tire le bouquin usé par les ans et par toutes les fois où il l'a lu, seul ou avec moi.

Si tu essaies pas, tu sauras jamais si tu y arrives. Et si ça marche pas aujourd'hui, on réessaiera. Encore. Et encore. Ok? Mais on va y arriver. Tous les deux.

Je dépose un baiser dans ses cheveux alors qu'il passe près de moi pour regagner le salon, et je le suis, avant de nous lancer un film, l'attirant près de moi. Sauf que je sens vite que ça va pas. Il s'agite, se tortille, soupire, et jette de petits coups d'oeil à la porte de sa chambre. Avant de finir par se relever en s'excusant. Je me relève à sa suite, et l'accompagne jusqu'à sa chambre, le voyant reprendre le bouquin et le ranger. Je lui accorde un petit sourire alors qu'il s'excuse encore et encore.

Eh... on s'excuse pas d'avoir un rhume. Alors ça prendra le temps que ça prendra mais je vais t'aider à aller mieux. Tu sais quoi? On peut essayer autre chose. Demain, on va mettre une minuterie. Et puis à chaque fois on essaiera de laisser un truc dehors de plus en plus longtemps. Ok? Qu'est-ce que t'en penses? T'en dis quoi?

En le voyant encore chiffonné je m'approche et le prends dans mes bras.

Tu fais déjà d'immenses progrès. Tu fais beaucoup moins de cauchemars et de crises... Alors... faut laisser le temps au temps. Et le temps on l'a... Te bile pas...


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