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Hey You - Arlanne & Nox

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Ven 25 Avr - 16:09
Hey You
Nox & Arlanne

Cela faisait une semaine maintenant que le capitaine m’avait fait passer pour un mousse récemment engagé. Les premiers jours ayant suivi mon arrivée sur le bateau, j’étais restée cachée dans la cabine de Raphaël, le temps de me remettre de tout ce qui m’était arrivée, et à l’escale suivante, il annonça au reste de l’équipage que la disparition eu second avait eu pour conséquences de devoir recruter un mousse, mais que pour l’instant, il se réservait un délai de réflexion pour décider qui serait son remplaçant. La veille de ma deuxième mais officielle arrivée, alors qu’on était tête à tête tous les deux et que j’étais morte de peur, il me prodigua quelques précieux conseils : porter un bonnet, sous lequel j’allais pouvoir cacher mes cheveux, cacher ma poitrine, qui, même si elle n’était pas proéminente, pouvait me trahir car je ne pouvais pas porter de corset, et enduire la peau de mes bras et de mon cou de brou de noix pour donner l’impression d’une peau brûlée par le soleil, car ma peau d’une blancheur de lait était trop surprenante, et me trahirait de suite. Mon visage devait être sale, pour rendre mes traits moins visibles, et je devais m’efforcer de parler avec une voix plus grave que la mienne. J’enregistrai soigneusement toutes ces recommandations, car je savais que je pas respecter l’une était encourir de gros risques.

Le lendemain, je m’étais tenue près de lui, habillée en homme, pendant qu’il me présentait à l’équipage, et me suivit quelques instants du regard avant de vaquer à ses tâches. La journée fut interminable et éreintante. Je dus nettoyer le pont, tirer des cordes, amarrer des voiles, recoudre, apporter, déplacer… la peau si fine de mes mains fut mise à rude épreuve, et sur la fin, je dus cacher mes ampoules et mes paumes en sang. La nuit venue, Raphaël m’ordonna d’aller, en guise de bizutage, passer la nuit dans le nid d’hirondelle, tout en haut du mât de misaine. Les autres rirent avant de descendre dans leurs quartiers, laissant seulement deux pirates sur le pont pour assurer la veille. Il me fit alors signe de le rejoindre sans me faire voir, et referma la porte de sa cabine derrière moi.

Je pleurai d’épuisement, et de douleur. Jamais mes muscles n’avaient autant travaillé. Quand il vit mes mains en sang, il me fit asseoir près de lui sur son lit, et revint quelques minutes  avec un pot d’onguent dont il m’enduisit les mains. La douleur disparut quasiment, et je lui jetai un regard éperdu de reconnaissance. Cette pâte allait me sauver la vie, j’en étais certaine.

Petit à petit le travail se fit moins dur, j’essayai de ne pas trop parler aux autres, pour me laisser le moins de chances de me trahir, mais une seule chose me posait encore problème : l’hygiène. Après avoir travaillé toute la journée sous un soleil de plomb, il était impossible de rester dans sa crasse. J’avais un besoin viscéral de me doucher. Et je trouvai rapidement une façon de m’accommoder tant bien que mal. Tous les soirs, je tirai un seau d’eau douce, avec la permission de Raphaël, m’installai dans une cale, et faisais une toilette sommaire. C’était déjà mieux que rien. Perdus en pleine mer, je ne pouvais espérer prendre un bain chaque jour.

Comme tous les soirs, j’étais donc descendue avec mon seau d’eau, ma chemise propre, un peu de savon et de quoi m’essuyer.  Je m’installai près d’une poutre, non loin d’une lanterne, et après avoir vérifié que personne ne se trouvait là, ni ne descendait, je commençai par ôter ma chemise sale, la laissai retomber sur le sol, avant de tremper un linge dans l’eau, le frotter avec un peu savon, et posai le linge frais et trempé sur ma nuque rougie par le soleil avec un soupir de soulagement. Je lavai ensuite mon visage, puis mes bras, en chantonnant doucement.


 
Emi Burton
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Sam 13 Déc - 10:54

Hey you !

Arly - Nox

Nox avait horreur des cales, quelles qu’elles soient. En général, il lui suffisait d’y faire deux pas pour commencer à souffrir du mal de mer. Il y descendait donc que quand il n’avait vraiment pas le choix… Et c’était le cas ce soir-là. Il était de quart, aucun de ses camarades avaient les mains libres puisqu’ils étaient trop occupé à tenter de maintenir la voile dont le cordage avait cassé. La situation avait beau être urgente, l’exorciste était incapable de se dépêcher. Blême et déjà l’estomac en vrac rien qu’à l’idée de devoir aller chercher du matériel, il pénétra dans les profondeurs du navire.
Il posa une main sur le bois pour se guider dans la pénombre, malgré la sensation désagréable que lui provoquait ce contact –il était convaincu que des esprits imprégnaient le corps du Plume Rouge sans avoir pu pour autant les voir ou confirmer leur présence- et avança vaillamment en ressemblant tout le courage dont il pouvait faire preuve.

Une lueur attira son attention alors qu’il s’enfonçait de plus en plus loin dans la cale de matériel. Personne n’était censé se trouver là. Les matelots étaient pour la plupart couchés dans leur hamac en train de ronfler comme des bienheureux. Il aperçut le mouse et ne se formalisa pas plus que ça. Le capitaine avait du lui demander quelque chose. Il le salua d’un vague grognement avant d’essuyer ses tempes moites de sueur, puis se pencha sur la réserve de cordages pour choisir un bout de rechange. Puis il se figea. Le mousse. En train de se laver. A moitié nu. Avec des… seins ? Non, il devait avoir rêvé…

-Qu’est-ce que…

Nox se redressa.

-Tu es… une fille ?

« Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? »

Enfin, il réalisa que la pauvre gamine était vraiment à moitié nue sous les yeux d’un inconnu et il se retourna en vacillant. Mais sans rougir, bien qu’il soit relativement gêné.

-Je vais devoir prévenir le capitaine, tu le sais ça ? dit-il d’une voix rauque qui pouvait paraitre menaçante.

« Faut que je sorte de là, je vais retapisser la coque sinon…. »

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Ven 19 Déc - 8:53
Hey You
Nox & Arlanne



Je profitai enfin d’un moment de calme après une journée éprouvante. Encore une fois je me suis esquinté les mains, le dos et la nuque à travailler comme le plus humble et misérable larbin. Mais plus les jours passaient, plus je me faisais à cette nouvelle vie, si loin de mon couvent paisible, des journées passées à broder, à jouer de la musique, ou à travailler dans les jardins. Une dure et brutale réalité, après des années protégée et choyée, dont cet horrible projet de mariage m’avait tiré. Heureusement, certains marins semblaient m’avoir pris en pitié, et me voyaient comme une sorte de petit garçon qu’il fallait chaperonner, ce qui était loin de me déplaire. Ils grommelaient parfois, et me poussaient, mais ils semblaient avoir compris que je faisais de mon mieux, et prenaient parfois le temps de m’expliquer l’une ou l’autre manœuvre. Le tout sans soupçonner ma vraie nature. Les conseils de Raphaël s’étaient avérés efficaces.

Pourtant, j’avais besoin de calme, pour souffler, parce que jouer ce rôle de jeune mousse était éprouvant à la longue. Devoir veiller à chaque geste, à chaque parole, pour ne pas me trahir. Pour que personne ne se doute de rien. Alors j’étais à demi vêtue, ma chemise sale sur le plancher de la cale, en train de me savonner avec délice, soupirant de soulagement en sentant la crasse de la journée disparaître grâce à mon linge trempé. J’avais vraiment trouvé une cachette idéale pour mes ablutions, car personne ne venait dans cette partie de la cale. Enfin… c’est ce que je croyais jusqu’à entendre un pas lourd dans mon dos.

Je me figeai tout d’abord, ramenant simplement mes bras contre ma poitrine alors que l’homme passait derrière moi en lançant un simple grognement. Et il continua sa route. Et ne réagissait pas. Peut-être que l’obscurité ambiante avait joué dans ma faveur et l’avait, par chance, empêché de découvrir le pot aux roses ? Du coin de l’œil, je reconnus le manteau en cuir noir du second, un certain Nox. Sauf qu’une voix s’éleva et je compris alors que mon secret venait d’être découvert. J’hésitai, une seconde, avant de murmurer, et cette fois sans forcer ma voix.

Oui…je…suis une fille… mais je peux…peux tout expliquer…

Je le sentis pivoter sur ses talons, et je soupirai un peu de soulagement à ce seul geste. Lui n’était pas comme l’autre, et s’il s’était tourné, c’était qu’il n’allait pas tenter d’abuser de moi. Il resta immobile, et pendant ce temps j’attrapai ma chemise propre et la passai rapidement.

Je… le capitaine le sait. C’est…avec sa complicité que je… me suis fait passer pour un homme pour… échapper à … un mariage forcé. Je ne… je ne voulais pas… alors j’ai fui et j’ai…atterri ici. Monsieur, je vous en prie… je…vous demande simplement de ne… ne rien dire aux autres marins. Juste de… me laisser faire mon travail… Je ne demande rien d’autre. Je…s’il vous plaît. Monsieur…


Emi Burton

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Dim 22 Fév - 20:43

Hey you !

Arly - Nox

-Hin hin… répondit Nox en réprimant difficilement un haut le coeur.

Il s’appuya lourdement contre l’une des poutres du plafonds bas, les bras levés au-dessus de lui, tête basse. Puis il se décida à se retourner pour observer la jeune fille.

-Je l’en aviserais quand même, juste au cas où tu me raconterais n’importe quoi pour essayer de sauver ta peau. De toute façon, tu es coincée ici tant qu’on n'accoste pas, sauf si bien sûr tu préfères te noyer en tentant de t’enfuir en plongeant dans la flotte. Ce que je te déconseille. Il parait que c'est affreux de mourir noyé.

Le second essuya ses tempes et son front ruisselants de sueur, avant de vaciller jusqu’au mousse, les mains légèrement tendues vers l’avant pour garder son équilibre. Mais il dépassa la jeune femme pour aller farfouiller dans les réserves de cordes. Lorsqu’il se redressa pour reculer, il manqua de s’écrouler assis sur le plancher. Une main crispée sur son ventre, l’autre mollement serrée sur le bout, il tourna les talons et lança un regard éteint au mousse.

-Aide moi à retourner sur le pont, au lieu de rester les bras ballant ! abboya-t-il d'un ton involontairement hargneux. Comment tu t’appelles d’ailleurs ? Ton vrai nom.

Il insista particulièrement sur le "vrai".

-Ne t’en fais pas, je ne le révèlerais pas à tes camarades. ajouta-t-il en s’appuyant lourdement sur elle. Seulement au capitaine s’il s’avère que ton histoire n’est qu’un ramassis de mensonges dont il n'aurait pas entendu parler…

Il s’efforça de se reprendre un peu, mais ce foutu mal de mer lui coupait les jambes de façon inquiétante.

« J’ai besoin d’air, j’ai besoin d’air, je vais vomir sur les pieds du mousse et il n’y a rien de pire que de faire preuve de faiblesse devant un mousse quand on est second, ooooooooooh mooooooooooon diiiiiiiiiiiiiieeeeeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuuu »

Un violent haut le cœur le saisit et il se couvrit les lèvres d’une main, avant de se racler la gorge.

-Tu dis donc que tu as fuit un mariage… Mais pourquoi t’es tu engagée sur un bateau pour cela ? Y'a plus... pratique pour une fille... que s'engager sur un navire rempli d'hommes...

Ca ressemblait tellement à son histoire à lui… Fuir sa famille pour gagner la liberté, et s’engager sur un bateau pour être sur de ne pas être rattrapé…

-Je ne dis pas ça pour me plaindre de ton travail, au contraire, tu es un peu lent m… lente mais au moins, tu ne rechigne pas et tu t’appliques. Ca se voit, et si tes camarades prenaient exemple sur toi, le capitaine et moi aurions moins de boulot.

Parler. Ca lui paraissait être la seule solution pour ne pas se vider pitoyablement à quatre pattes sur le plancher sous le nez du mousse. Alors il s’efforçait de tenir une conversation, même si pour cela il devait déblatérer sur n’importe quoi. Il n’attendait pas vraiment de réponse d’ailleurs. Mais il devait tout de même faire attention à ce qu’il pouvait dire, et ce, malgré son esprit bien trop embrumé par son état de malaise.


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Sam 28 Mar - 18:24
Hey You
Nox & Arlanne



Mon coeur tambourinait dans ma poitrine et j'avais le coeur au bord des lèvres. Pas à cause du mal de mer, mais par peur. Peur qu'il ne me réserve un traitement...terrible. Je savais qu'il pouvait se montrer intraitable et dur avec les marins qui désobéissaient, même si je ne l'avais jamais vu imposer un châtiment qui n'avait jamais été mérité. C'était sans doute ma seule chance, le fait d'avoir été surprise par lui, et non pas par un autre des marins... Une sorte de chance dans mon malheur, si l'on pouvait considérer les choses ainsi. Je pourrais supporter les coups de fouet, mais pas le reste...

D'une voix lourde et lente, il me prévient qu'il ira vérifier mon histoire auprès du capitaine, et je hoche rapidement la tête. Je dis la vérité alors qu'importe, du moment que cela reste simplement entre Raphaël, lui et moi...

Je ne...je ne vais pas m'enfuir...

Ma voix est un faible murmure, à peine audible au milieu des cordages qui crissent et du bois qui grince sous la houle. Je recule d'un pas quand il passe tout près de moi, les mains tendues. Pendant une seconde j'ai cru que...avant de soupirer de soulagement en remarquant qu'il va simplement chercher quelque chose dans les réserves de cordes. Cependant, au moment de se relever, je remarque qu'il chancelle, et retombe sur le plancher. Il transpire à grosses gouttes et se tient le ventre. Il a l'air bien mal en point... Je sursaute à nouveau quand sa voix devient un ordre qu'il me lance, comme il le fait à l'accoutumée sur le pont. Il me faut une seconde pour décider mes jambes à agir, et je me précipite vers lui, lui tendant le bras pour l'aider à se relever, avant de le laisser passer le sien autour de mes épaules.

Vous...vous n'êtes pas bien? Vous voulez...que j'appelle le médecin?

Mais il ne me laisse pas en dire plus, et continue à donner les ordres, à savoir celui de lui révéler mon nom. Et de ma voix toujours fluette, sans tenter de la rendre un peu moins grave, je lui réponds.

Je m'appelle Arlanne. Arlanne de Voûtefeuille...

Je soupire de soulagement quand il me dit qu'il n'en parlera pas aux autres, et je serre ensuite les dents pour l'aider à sortir de là. Il est plus grand et plus lourd que moi... Mais je tiens bon et pas après pas on se rapproche des escaliers qui mènent au pont. A ma grande surprise il me parle de ma vie d'avant, et des raisons qui ont fait que je me sois retrouvée sur ce vaisseau. Sa voix est plus douce et il semble vraiment vouloir en savoir plus. J'hésite une seconde avant de lui répondre.

Le destin a choisi pour moi. J'ai fui quelques heures avant mon mariage. J'avais déjà la robe, la coiffure, et...toute la tenue. Ils étaient à mes trousses alors je me suis cachée dans le premier endroit que j'ai trouvé... un baril de pommes. Qu'on a chargé ici. Et quand j'ai découvert où j'étais, nous étions au beau milieu de l'océan...avec de l'eau à perte de vue. C'est...l'ancien second qui m'a trouvée et il a essayé de...d'abuser de moi. Par chance le capitaine s'est interposé et l'a tué. Puis il m'a fait rester quelques temps dans...sa cabine. Avant de me présenter comme mousse à l'escale suivante...

Je peux enfin sentir l'air frais qui arrive, nous fouettant le visage, alors qu'on atteint enfin le pont. Je l'aide à s'asseoir sur un tonneau rangé près du bastingage, et mes yeux s'agrandissent de surprise en l'entendant...me complimenter. Est-ce que j'entends bien ce que j'entends? Il...est content de moi? Je n'en reviens pas, moi qui avais l'impression de commettre bévue sur bévue, et d'être une catastrophe ambulante.

M...merci...

Je le contemple quelques instants, dans la semi-obscurité de la nuit encore jeune. J'hésite une seconde, avant d'oser répondre.

Pour...pour le mal de mer... Vous devriez vous frotter les tempes avec...de la menthe et de la lavande...ces huiles marchent...plutôt bien...


 
Emi Burton
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Sam 28 Mar - 19:54

Hey you !

Arly - Nox

-Le médecin ne peut rien pour moi. ai-je grogné d’une voix rauque et malheureusement peu aimable malgré moi. Ce n’est que le mal de mer. Seulement le mal de mer…

Et c’est parfois suffisamment gênant pour me mettre hors d’attaque et m’empêcher de mener mes taches à bien. Le capitaine l’a compris et accepté, mais si je peux éviter de me ridiculiser devant l’équipage, c’est mieux… Histoire de rester crédible.

Elle me raconte son histoire et je l’écoute attentivement, posant maladroitement un pied devant l’autre. Pauvre petite. Elle n’a pas vraiment eu le choix, et elle est tout de même bien courageuse. Bon, et Raph est également bien bon, mais ça, c’est évident. Si ça n’avait pas été le cas, il ne m’aurait pas engagé deux ans plus tôt, alors que je ne connaissais rien à la mer et au navire, et encore moins à la navigation.

-Cet homme était un porc qui faisait mal son travail et s’escrimait à trouver des excuses pour cogner n’importe qui pour faire valoir sa force.

J’ai répondu du tac au tac. J’ai toujours détesté ce type, et je ne m’en suis jamais caché auprès de qui que ce soit. J’ai rarement souffert de ses traitements, heureusement, mais certains des marins ont pris bien cher, et ça ne me plaisait pas du tout. D’autant plus que je suis plutôt contre tout ce qui est punition physique. Même si sur un navire, on n’a parfois pas d’autre choix.
Le capitaine avait prétendu que notre ancien second l’avait attaqué… Ce qui m’avait paru étonnant. Mais maintenant que la lumière est faite sur cet évènement, je comprends mieux ce qu’il s’est passé.

Je me sens de suite mieux lorsque nous nous retrouvons à l’air libre. Gravir les escaliers ne m’a jamais paru aussi difficile qu’aujourd’hui. Dieu merci, le mousse, enfin la jeune fille, est bien solide, et même si elle peine à supporter mon poids, elle m’aide avec une dévotion presque effrayante. Certainement parce que je la tiens, en fait. Tant sur le plan physique –j’ai gardé mes doigts serrés sur son poignet pour éviter qu’elle ne m’échappe, malgré ce qu’elle prétend, mais sans exagérer non plus ma force- que sur le plan psychologique. Je pourrais révéler à tout l’équipage quel est son nom, qu’elle est une femme, et la leur livrer pieds et poings liés. Je ne le ferais jamais bien évidemment, mais elle, elle ne le sait pas, et elle doit être terrorisée.

Je me laisse tomber lourdement sur le tonneau et lance le bout à l’un de mes camarades de quart, qui s’empresse de retourner à son travail sans chercher à comprendre ce que je fous assis là avec le mousse, puis je me plie en deux avec un grognement.

-Menthe et lavande… Je prends note, merci.

Mes nausées ont beau s’être calmées, j’ai toujours l’impression que je vais dégobiller tripes et boyaux par-dessus bord. Dans le meilleur des cas, sinon, ça sera sur le plancher du pont.

-Et comment sais-tu ça, mousse ?

Je l’ai toujours appelé comme ça et ça ne changera pas. Oh, ce n’est pas de l’irrespect, c’est juste un réflexe.

-Serais tu suffisamment gentil pour aller en chercher dans la coquerie ?
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Ven 3 Avr - 15:09
Hey You
Nox & Arlanne



J'ai été découverte, et par le second en plus, mais les choses semblent se dérouler bien mieux qu'il n'y paraît. Et au lieu des pires outrages ou je ne sais quel autre traitement dégradant ou punition humiliante, il se contente de...me parler. Un peu rudement par moments, certes, mais tant que ça n'est que cela, et que ses mains restent dans des zones acceptables, je ne peux que m'estimer chanceuse. D'autres n'auraient pas eu sa retenue et son tact.

C'est pour cela que je lui obéis sans trop rechigner lorsqu'il me demande de le sortir de là, et de l'aider à regagner le pont. L'air frais me fait du bien, mais ça ne m'empêche pas de m'inquiéter d'être vue. Je me suis rhabillée bien trop prestement pour avoir eu le temps de cacher ma poitrine sous les bandages, et pour glisser mes longs cheveux sous un bonnet de laine. Serrant les dents, j'achève de raconter mon histoire tout en guidant Nox, et je sursaute presque en entendant son jugement pour le moins radical sur l'ancien second, tué pour les mauvais traitements qu'il m'a infligés. Je hoche lentement la tête, et bien que j'approuve intérieurement, il ne serait pas convenable de me réjouir du malheur d'autrui. Même si cet autrui était un vrai monstre.

Au moment où nous arrivons enfin, je l'aide à s'asseoir sur un tonneau, et je me recule dans l'ombre lorsqu'un des marins s'approche. Heureusement, il disparaît sitôt le bout cherché par Nox dans les mains, nous laissant à nouveau seuls dans cette partie du pont. J'ose timidement lui conseiller quelque remède pour soigner son mal de mer, et il me remercie, avant de me demander d'aller lui en chercher à la coquerie. Pendant un instant je panique à l'idée de devoir traverser le bateau sans mon "déguisement", mais je n'ai pas le choix.

Bien mais...j'aurai besoin de...ça... si vous permettez.

J'attrape un des foulards qu'il arbore autour de son cou et je le noue rapidement autour de ma tête, pour cacher mes longs cheveux. Je remarque ensuite un pot de poix disposé près d'une autre pile de cordages, et j'y trempe les doigts, avant d'étaler ça sur mes joues et mon cou. Quelqu'un qui semble crasseux attire moins l'attention que quelqu'un a la peau aussi blanche que du lait. Surtout sur un bateau pirate. Et on remarque moins mon visage trop fin comme ça. Une fois ça fait je file sans bruit, baissant les yeux comme d'habitude, les bras croisés sur ma poitrine pour la cacher, et je me glisse dans la coquerie. Heureusement, elle est vide, et je cherche ce dont j'ai besoin pour aider Nox. Quelque peu contrainte et forcée, je le reconnais.

Je prends les deux fioles et refais le chemin inverse jusqu'au pirate, qui attend toujours sur le tonneau, le visage trempé de sueur et pâle comme la mort. Je fais couler quelques gouttes de chaque sur mes mains, mélangeant les deux avant de déposer le bout de mes doigts sur ses tempes.

Pendant...toutes mes années au couvent on m'a appris à faire quelques remèdes simples que nous utilisions pour soigner les pauvres gens des environs...

Sauf qu'au moment d'effleurer sa peau je suis prise d'une vision. Pendant une seconde, je le vois en habit d'apparat, et plus jeune. Une salle de bal. Des chandeliers dorés, un parquet ciré, de la vaisselle de porcelaine et des verres de cristal. Des musiciens sont installés dans un coin de la pièce, et des centaines de personnes élégamment vêtues discutent, de la dentelle, des costumes de soie et de satin. De l'or et des diamants. Je le vois lui en train de faire valser une jeune fille de son âge, aux cheveux de la même couleur que les miens, et les deux rient et s'amusent.

Quand j'ouvre les yeux, je suis à genoux sur le pont, le souffle court, et je relève lentement les yeux vers lui.

Vous...vous n'êtes pas un vrai pirate. Vous...vous êtes de noble naissance...



 
Emi Burton
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Ven 3 Avr - 16:35

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Arly - Nox

Je baisse les yeux sur ses mains, qui dénouent prestement mon foulard détrempé, un peu abasourdi. En théorie, je devrais être en train de protester. Je suis censé être son supérieur, je suis censé me faire respecter... Mais franchement, quel marin souffrant du mal de mer serait suffisamment crédible pour exiger un quelconque respect de qui que ce soit ? Je dois avoir un air tellement misérable en plus que j'attirerais plutôt la pitié...

Mais je comprends de suite sa manœuvre quand je la vois cacher ses cheveux sous l'étoffe puis s'étaler de la poix sur les joues, le front, le menton et la gorge. Les embruns y laissent des coulures et des taches, mais le déguisement reste passablement réussi. Hormis sa poitrine certainement, mais je n'ose baisser les yeux dessus pour la simple et bonne raison que ça ne se fait pas. C'est tout simplement incorrect.

Je la regarde partir... Puis je me précipite vers le bastingage et me penche par-dessus, à moitié à genoux sur le plancher, pour y déverser bien malgré moi le peu de liquide que contient encore mon estomac, salement malmené par les crampes qui le secouent à chaque embardée du navire. Je reste dans la même position quelques instants, le front reposant sur le bois, pantelant puis je me redresse et retourne à mon tonneau, accroché à un cordage pour avancer, comme si ma vie en dépendait.
Ceci dit, c'est peut être le cas vu que la tempête forcit. Certaines vagues viennent déferler sur le pont, balayant parfois Small Speed, l'un des marins les plus petits et maigres qui soit de cet équipage hétéroclite. Le vent souffle avec de plus en plus de violence, hurlant dans la mature, faisant claquer certains bouts dans le vide avec de plus en plus de force.

Je dois avouer que c'est dans ce genre de moment que je regrette la sécurité de ma chambre au manoir, sa stabilité, son confort, sa cheminée avec son feu ronflant et son lit à baldaquin moelleux... et l'un des nombreux chats de la famille étalé sur l'édredon de tout son long en train de ronronner.
Ma rêverie est interrompue par le retour d'Arlanne. Tête basse, les doigts crispés sur le bord du tonneau juste entre mes cuisses au point que mes phalanges en sont devenues exsangues, je fixe mon attention sur ses mains. L'odeur des huiles me soulève encore un peu plus le coeur et je me mords sévèrement la lèvre inférieure.

-Vous devriez éviter de parler ainsi de vous... On ne sait jamais qui  peut nous entendre sur un navire et à découvert comme ça...

Le vouvoiement est venu naturellement, et je me morigène intérieurement pour cela. Sacrée imprudence…
D'un contact léger, à peine un effleurement, elle commence à masser mes tempes et le parfum de la lavande et de la menthe vient chatouiller mes narines, bien plus puissant qu'auparavant, et  je fronce légèrement le nez, toujours dérangé quoiqu'un peu moins qu'avant.

Je la vois soudain s'effondrer et je tente de la rattraper dans un mouvement purement réflexe, mais je me retrouve accroupi à ses côtés au final, sans trop savoir comment j'ai pu finir dans cette position.

-Mousse ? Tout va bien ?

Mon inquiétude est sincère. Je pars du principe que pour mériter le respect de mes hommes, je ne dois pas seulement faire preuve d'autorité, je dois aussi les respecter à mon tour et prendre soin d'eux dans la mesure du possible. Pour l'instant, c'est plutôt efficace comme méthode.

Ses mots me laissent sans voix, et je crois bien que je suis devenu encore plus blême que je ne l’étais déjà avant. Si toutefois c'est possible.

-Comment... Comment pouv... peux tu le savoir ?

Une terreur sans nom me saisit. A-t-elle été envoyée par ma famille, ou bien une autre caste d'exorcistes, pour me ramener au manoir ? Est-elle une sorte d'informatrice pour mon père ? Je suis paralysé, incapable de réfléchir et pourtant, des pensées se bousculent dans mon esprit, déferlant en une sorte de raz-de-marée glaçant. L'une de mes mains vient saisir durement son poignet, mais ma voix vibre d'angoisse.

-Réponds !


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Lun 6 Avr - 14:29
Hey You
Nox & Arlanne



La situation est pour le moins surprenante. C'est le second qui est malade, en position de faiblesse, et c'est moi, frêle personne, plus petite que lui d'une bonne tête, qui doit l'aider et le soutenir jusqu'à le faire sortir des cales, et l'installer à l'air libre. C'est à nouveau moi qui lui suggère un remède qui pourrait l'aider, à savoir des huiles essentielles susceptibles de soulager ses violentes nausées. Sauf que pour lui apporter ces flacons, il faut que je traverse tout le bateau, et je dois improviser un costume, car mon bonnet, les bandes qui compriment habituellement ma poitrine sont dans la cales et j'ai ôté le brou de noix qui sert à cacher la blancheur de ma peau. Là je n'ai rien, et si je fais un pas sur le pont ainsi, ça en est fini de mon secret. J'espère sincèrement que Raphaël me protègera mais cela voudra dire terminer ma traversée cloîtrée dans sa cabine, verrouillée pour qu'aucun d'eux ne puisse m'atteindre.

Je n'ai pas de temps à perdre alors je demande simplement la permission de lui emprunter un de ses foulards, pour cacher mes longs cheveux, et improvise du maquillage avec ce que j'ai sous la main. Le produit brûle un peau ma peau mais ce n'est que pour quelques minutes à peine. Mon excursion se passe sans encombres et j'ai l'impression de pouvoir respirer enfin quand je regagne le coin du pont abrité des regards indiscrets. Si mes cheveux peuvent demeurer cachés, j'attrape un torchon pour ôter la pâte épaisse de mes joues et mon cou, avant de m'essuyer les mains.

C'est vous qui m'avez posé la question...je vous réponds...voilà tout...

Une fois les doigts propres, j'entreprends de lui déposer un peu du mélange d'huiles sur les tempes, et c'est à cet instant qu'une vision m'assaille. La première depuis celle que j'ai eue quand Raphaël m'a touchée. Une succession d'images, mais décrivant toutes le même évènement se bousculent, et j'en apprends plus sur l'homme en face de moi. Ce n'est sans doute pas un secret mais je découvre simplement qu'il vient d'un univers tellement différent de celui dans lequel il se trouve à présent. Comme...moi, dans un certain sens.

En revenant à moi, je me rends compte que je suis tombée à genoux, et que Nox est près de moi, à ma grande surprise. Il semble même inquiet. Sauf que je vais bien. J'ai l'habitude. Je me rappelle des visions beaucoup moins agréables où je me suis retrouvée dans un buisson de ronces, ou dans un étang. Et je n'ai eu la vie sauve que grâce à Elisabeth qui m'a tirée de l'eau à temps. En quelques mots, je lui dis ce que j'ai vu, et je remarque que son visage change du tout au tout. De l'inquiétude il passe à la panique, mêlée à la colère.

Je...en fait je...j'ai...

Sauf que les mots n'ont pas le temps de sortir de ma gorge qu'il a déjà saisi durement mon poignet dans sa main de fer, et qu'il referme ses doigts pour me faire parler. J'étouffe un gémissement de douleur alors qu'il me force à venir près de lui, m'obligeant à me tordre pour tenter de dissiper la douleur. Je sens déjà des larmes perler au coin de mes paupières au moment où je me retrouve presque à ramper devant lui.

J'ai un don! J'ai...j'ai un don je...je peux...je peux ... vous me faites mal... s'il vous plaît... je...je peux voir le passé et l'avenir en...en touchant des objets ou des gens...et j'ai...ces images se sont...se sont imposées à moi sans...sans que je puisse les contrôler... Je...mon pouvoir ne...ne peut pas vous...faire de mal...je...lâchez moi...j'ai mal...s'il...s'il vous plaît...


 
Emi Burton
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Ven 10 Avr - 14:13

Hey you !

Arly - Nox

Je réalise enfin ce que je suis en train de faire. Mes doigts se desserrent brusquement pour lâcher complètement son poignet et je détourne le regard, mortifié de voir des larmes perler aux coins de ses yeux. Les marques que j'ai laissé sur sa peau commencent déjà à foncer.

-Pardon... Je... J'ai paniqué... C'est une longue histoire...

Je me relève en la soulevant à demi pour qu'elle fasse de même, tenant son bras fermement mais sans brutalité excessive.  

-Venez.

Je l'entraine vers un coin désert du navire, progressant péniblement entre les assauts du vent et ceux, bien plus violents, des vagues qui déferlent sur le pont, jusqu'à ce qu'on atteigne ma cabine. Je la laisse pénétrer dedans et referme la porte dans mon dos, avant de faire mine de mettre un peu d'ordre. J'ai honte du bordel qui y règne. Du linge dans tous les coins, sale comme propre, des feuilles, des cartes, des instruments de navigation.... et ma rapière, soigneusement accrochée à l'un des murs de bois.

-Ne faites pas attention au désordre, Arlanne. Mais au moins ici nous pourrons parler plus librement. Asseyez vous.

Je lui désigne le lit défait dont j'ai remis les draps en place à peu près correctement, et je viens m'asseoir à ses côtés, peinant à faire fi du mal de mer qui me tord de nouveau les tripes avec une violence suffocante.

-Je suis vraiment navré de vous avoir blessé.

Je prends sa main dans la mienne avec timidité pour examiner son poignet. Mes manières de garçon de bonne famille reviennent doucement.

-Je n'ai rien pour vous soigner, mais Raphaël aura surement un remède. J'irais lui demander si vous voulez.

Je la lâche et lève les yeux sur son visage, penaud.

-Je suis une sorte de fugitif moi aussi. C'est pour ça que j'ai paniqué quand vous avez... vu... que j'étais de haute lignée. Et je ne veux pas qu'on me retrouve, pour rien au monde.

Qu'est ce qui me pousse à me confier ainsi ? Je n'en ai aucune idée. Je sais juste que j'ai confiance en cette jeune fille, qui, comme moi, a embarqué sur ce navire pour fuir son monde sans  rien connaitre à la vie en mer, apparemment. Ca peut être dangereux, pourtant, je me lance sans aucune hésitation. Ou presque.

-J'avais besoin de fuir ce... cette société... c'était trop... Insupportable.

Je ne vais peut être pas tout dévoiler non plus. Certaines choses doivent être passées sous silence quel-qu'en soit le prix, et plus de la moitié de ma vie est emplie par ces secrets. Les exorcismes. La Langue Oubliée. Les incestes. Les violences de mon père.

-Je me suis présenté devant Raphaël sans avoir aucune expérience de la navigation il y a deux ans. Je lui ai demandé si il m'accorderait une place sur son navire contre tout ce qu'il voulait et qu'il m'étais possible de lui apporter. J'étais prêt à travailler jusqu'à épuisement sans ouvrir la bouche pour autre chose que le remercier.

Je pince les lèvres, les mâchoires serrées, alors qu'un haut le coeur me secoue. Je crispe une main sur mon ventre et me lève d'un bond.

-Bougez pas...

Je me précipite dehors  et manque de passer par dessus le bastingage lorsque je me penche par dessus, prêt à rendre une nouvelle fois le contenu de mon estomac. Mais rien ne sort et je reste agenouillé, la tête dans les bras, plus affalé qu'appuyé contre le bois détrempé. Un bruit de pas m'arrache un grognement, ou peut être est ce un gémissement de dépit parce que je suis incapable de me redresser. La voix de Small Speed me parvient et je secoue la main pour lui signifier mon agacement et le faire dégager. Qu'on me foute la paix par pitié, et que cette tempête s'arrête, que je meure, j'en sais rien mais que cela cesse.

J'ai conscience que quelque part le mousse, non, Arlanne, m'attend dans ma cabine, mais pour l'instant, je suis paralysé, au fond du trou, à suer tout ce que je sais tant les embardées du navire me rendent malades.

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Sam 18 Avr - 9:51
Hey You
Nox & Arlanne



Les choses avaient si bien commencé, et prenaient un tournant fort désagréable. Il m'avait découverte, à moitié nue, il connaissait mon secret, et pourtant il s'était comporté en parfait gentilhomme. Ne tentant à aucun moment de profiter de la situation à son avantage. Au contraire il avait demandé à ce que je lui raconte mon histoire, m'écoutant avec attention alors que je l'avais aidé à regagner le pont.

Sauf qu'une vision était venue tout gâcher. Je l'ai vu, lui, avant. J'ai entrevu son passé l'espace d'une seconde, une seconde qui a suffi pour tout changer. Et ma grande bêtise a été de lui en parler. Pas grand chose, bien sûr, rien qui, selon moi, aurait pu représenter un quelconque danger, et pourtant voilà qu'il agrippe mon poignet avec force, m'obligeant à me tordre le bras pour tenter de calmer la douleur de sa poigne de fer. Et je le supplie, les larmes aux yeux, tentant d'expliquer mon don tant bien que mal compte tenu des circonstances. Et soudainement, comme s'il semblait réaliser qu'il me blessait, il relâche son étreinte, et me force à me remettre sur mes pieds.

Le temps se gâte et le bateau est davantage balloté par les vagues qui se font plus hautes, et le vent qui souffle plus fort. Je le suis, sans pouvoir protester, ou m'opposer. Il est plus grand et plus fort que moi de toute façon. Mais où m'emmène-t-il? Chez Raphaël? Il lui dira que je raconte la vérité. Mais non. C'est dans sa propre cabine que Nox m'emmène, et je reste figée contre la porte fermée alors qu'il remet un peu d'ordre dans le désordre ambiant, avant de m'inviter à m'asseoir. Mais pourquoi? Pourquoi m'a-t-il fait venir ici? Je suis perdue et je n'y comprends rien...

Sans trop réfléchir, je m'approche de son lit et m'assieds timidement sur le rebord du lit, prête à me relever à tout instant. Espérons que personne ne nous a vus rentrer ici, sinon les commérages vont aller bon train. Avec un peu de chance, les ragots ne porteront que sur les goûts un peu particuliers du second... et pas sur l'idée que je sois une fille... C'est étrange, il se remet à me vouvoyer. A part Raphaël, il est la seule personne qui s'adresse à moi de cette manière et c'est étrange de...retrouver certains...privilèges qui m'étaient dus à l'époque où j'étais encore une jeune demoiselle issue de la noblesse. Et pas encore un mousse tout juste bon à récurer le pont et recoudre les voiles... Il saisit mes mains avec douceur et les examine rapidement, s'excusant encore une fois. Je fais non de la tête lorsqu'il me propose d'aller chercher de quoi me soigner.

Non...ça va aller...et je...je...si j'avais vraiment été envoyée par votre famille, vous pensez que je vous en aurai parlé aussi librement? J'aurais attendu la première escale pour envoyer un messager les prévenir, leur donner le nom du bateau, et celui de notre prochaine escale!

Il s'ouvre ensuite légèrement à moi, me laissant entrevoir ce que fut son passé, et ce qui l'a amené sur ce navire. Il faut croire que nous nous ressemblons plus que ce qu'il n'y paraissait de prime abord. Je hoche lentement la tête avant de lui sourire doucement.

Il semblerait que le capitaine ait un penchant pour les cas qui sembleraient désespérés non? Deux fugitifs totalement ignorants du monde marin sur le même bateau...

J'ai à peine le temps d'achever ma phrase qu'il se précipite hors de sa cabine, une main sur le ventre. Un second qui a le mal de mer... J'attends sagement qu'il revienne, mais au bout de quelques minutes, ne le voyant toujours pas revenir, je remonte sur le pont, où je le vois à moitié agenouillé sur le sol. J'ai encore les flacons dans ma poche et, après avoir vérifié que nous sommes bien seuls j'en mélange dans mes paumes, et après les avoir fait chauffer, je relève les mains vers lui.

Espérons qu'une vision ne viendra pas vous interrompre... Il faut que je vous masse quelques minutes pour que ça fasse effet...

Et je pose les mains sur ses tempes, avant de faire de légers cercles dans un sens, puis dans l'autre, tentant tant bien que mal de tenir à genoux malgré le pont qui tangue.


 
Emi Burton
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Dim 12 Juil - 22:17

Hey you !

Arly - Nox

Je tente vaguement de repousser Arlanne. Si on nous chope ici aussi proches tous les deux, si on voit qu'elle est une femme, et non pas le jeune garçon qu'elle prétend être... Les conséquences seront désastreuses.
Je murmure un vague "Non, attendez, ma cabine..." mais ses mains tièdes viennent déjà caresser doucement mais avec fermeté mes tempes. L'odeur des huiles me prend à la gorge, envahissant complètement mes sens au point de me faire légèrement tourner la tête.

Il ne s'écoule pas une minute ainsi que mes nausées refluent de façon impressionnante. Oh, je suis loin d'être encore frais, mais ça va déjà bien mieux et j'arrive même à me redresser un peu.

-J'aimerais éviter que toute ma vie défile devant vos yeux. Ce ne serait agréable ni pour vous, ni pour moi. ai-je marmonné, peut-être un peu agressivement.

J'ai peur. Si elle a pu voir que j'étais de haute naissance, elle peut accéder à n'importe quoi d'autre. Et il y a des choses que je veux garder exclusivement pour moi. Des choses trop douloureuses pour être partagées. Des choses trop humiliantes, également. Et puis de bêtes secrets aussi, tout simplement.

-Ca va m...

Une vague me frappe soudain en pleine poitrine et me voilà entrainé dans une sorte de rouleau qui m'aspire inexorablement. Je ne peux rien faire. Je suis balloté en tous sens, et je n'ai plus aucune prise sur quoi que ce soit et... Bon sang, le mousse ! Si la déferlante a réussi à m'entrainer alors que j'étais agrippé au bastingage comme un forcené, la jeune femme a dû passer par-dessus bord ! Je tâtonne vaguement autour de moi, et quelque chose de mou et tiède se fait sentir sous mes doigts. Dieu merci ! Je le saisis vivement avec une fermeté qui relève presque de la violence, cherchant de l'autre main une prise, les poumons prêts à exploser. Je suffoque, mais si j'ouvre la bouche, la seule chose que je vais inspirer sera de l'eau et je vais me noyer. Heureusement, j'en suis parfaitement conscient.

Mon dos percute quelque chose de dur et je retiens à grand peine un gémissement de douleur. Mais au moins, ma course est stoppée net. Et puis, lentement, l'eau reflue et je fais surface sur un pont partiellement inondé, la cheville d'Arlanne dans une main. Hoquetant péniblement pour aspirer de grandes goulées d'un air piquant de sel, j'enroule autour de ma taille le bout le plus proche que je trouve et j'attire doucement la jeune femme à moi pour la serrer presque convulsivement contre mon corps. La bienséance, sa véritable nature, le regard éventuel des hommes, tout cela n'a plus d'importance. Je veux juste éviter que nous passions tous les deux par-dessus bord.

-Ar... Mousse ? ai-je soufflé au creux de son oreille, entre ses mèches détrempées.

Je ne sais pas si elle est juste sonnée, ou si elle est inconsciente, ou... pire.

Je resserre ma prise sur elle alors que je vois une nouvelle vague approcher dangereusement vite de la coque. Elle est gigantesque. Elle va encore nous submerger. Et je suis en train de me liquéfier de terreur. Si je ne me fais pas dessus, c'est un miracle.

-ACCROCHEZ VOUS A TOUT CE QUI EST ARRIME AU BATEAU !!! ai-je hurlé à l'adresse des quelques hommes restant sur le pont qui ne l'ont pas fait, priant pour que ma voix soit suffisamment forte pour couvrir les hurlements du vent.

Si on ne chavire pas, c'est un miracle. Moi qui n'ai jamais cru en une quelconque divinité, me voilà en train de prier tous les dieux que je connais, et même ceux que je ne connais pas, qu'ils existent ou non, quelles que soient leurs origines théologiques...

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