Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Wild Horses

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Jeu 22 Déc - 21:17


We were young, wild and free
ft. Steve & Bucky


"Ce n'est pas ta gourmandise qui te perdra Buck, mais ton besoin sans cesse de jouer les jolis coeurs", disaient-ils, les mâles jaloux de la horde qui ne supportaient pas que d'un simple trot un peu relevé, je puisse faire soupirer d'envie toutes les femelles en âge de papillonner des cils pour moi. Je me souviens des autres avec qui j'ai échangé plus d'un coup de sabot par envie de les faire taire. Oui, je me souviens de tout ça et pourtant l'ignore alors que dans les bois, je chasse cette femelle aux cheveux d'or et à la robe pareille à du miel, qui suavement chantonne et siffle pour moi entre les branches des arbres. Le coeur gonflé par l'envie et le sang rendu bouillant à l'idée de pouvoir poser mes lèvres sur la peau sûrement délicieuse de celle qui me fait me glisser dans les sous-bois que ma horde évite, je saute par-dessus des troncs et galope. Elle, qui soupire doucement autant pour la mousse qui étouffe le bruit de mes sabots que pour moi, le jeune centaure envieux à l'échine frissonnante, qui ignorant les avertissements de son propre clan, s'enfonce dans le territoire des chasseurs. "Attrape-moi et je serais tienne." chante-t-elle entre deux gloussements adorables. "Fais-moi tienne et nous batifolerons dans l'herbe." semble-t-elle susurrer avec le vent. Les brindilles craquent sous mes sabots mais je ne m'arrête pas. Je pourchasse la belle à la peau de porcelaine, celle qui sans cesse me dit que je pourrais glisser dans ses cheveux plus que des fleurs, mais mes doigts aventureux. Elle qui porte le nom même de la tentation. Elle qui m'attire jusqu'à l'orée d'une clairière où l'herbe grasse est tendrement caressé par le vent. Je fais un pas pour elle, mais ne la vois nulle part. Il n'y a plus de rires, plus de chants, plus d'appel, comme si ma sirène s'était évanouie au milieu du discret chèvrefeuille qui fleurit par endroit, créant de discrètes touches colorées. Je m'immobilise et frissonne, le coeur toujours palpitant à l'idée de trouver les bras de celle qui m'a promis plus qu'une étreinte et quelques regards enamourés. Elle qui parlait de tresser mes longs cheveux d'ébènes avec quelques roses avant de venir réclamer mes lèvres à jamais. Elle qui pourtant, n'est plus là, et me laisse seul, au milieu de cette clairière qui au fil des secondes semble devenir bien moins attrayante et perd son allure d'écrin végétal pour devenir le lieu angoissant où je me demande si je n'ai pas fait une erreur. Un frisson dévale mon échine et nerveux, je frappe d'abord le sol d'un sabot une fois, puis deux avant de reculer, ayant l'étrange impression que tout ceci est un piège, dans lequel je me suis jeté avec l'allégresse d'un homme amoureux. Un murmure m'échappe mais c'est trop tard. Même le craquement d'une branche n'est pas suffisant pour me faire fuir et m'empêcher d'éviter le piège qui se referme en cet instant sur moi. Un homme cri, puis un autre. Une corde s'enroule autour de l'un de mes poignets alors que je commence à me débattre, mais c'est trop tard. Les chasseurs sont autour de moi et les cordes se multiplient. Elles deviennent les attentions que j'aurais aimé recevoir d'une amante, s'enroulant autour de mon cou, de mes membres et mêmes de mes hanches. Un hurlement glisse d'entre mes lèvres là où je te tente une ruade dans l'espoir de repousser et de blesser ceux qui entre deux ordres qu'ils s'hurlent, tentent de me faire chuter. Le cordage brûle ma peau et bientôt, à cause de la corde autour de ma gorge, je me retrouve à lutter pour un peu d'air. Un gémissement m'échappe tandis qu'on m'empêche de porter mes doigts à mon cou. Désormais cabré, je tente une dernière fois de m'en sortir mais c'est trop tard. Tout ça ne sont que les gesticulations d'une créature qui se sait condamné. L'un d'entre eux frappe l'une de mes articulations et me voilà à rencontrer brutalement le sol. Sonné, et allongé sur le flanc je reprends difficilement mon souffle pendant que les humains savourent la proie qu'ils viennent de capturer. J'adresse un regard fou à l'un d'entre eux et celui-ci rit, se payant même le luxe de repousser les mèches de cheveux qui barrent mon visage. "Il est beau celui-là, j'en connais qui vont devenir dingue et claquer tout ce qu'ils ont pour se le procurer…" L'homme fait claquer sa langue contre ses dents avant de reprendre son inspection, m'arrachant de ce fait une envie de me rebeller qui est rapidement maîtrisée. "Jeune, pas une cicatrice en vue, une belle robe…." Il pose une main sur mon ventre et laisse sa paume apprécier la courbe de mon être jusqu'à la croupe, sifflant presque d'admiration. "T'ferais presque un bon reproducteur si t'étais pas con au point de chasser la première femelle en chaleur que tu penses croiser." Il rit et je montre les dents, gargouillant pathétiquement en tentant de me redresser.

"Que la peste t'emporte, humain !"

Il éclate de rire en s'éloignant, ordonnant à ses hommes de s'occuper de moi et de surtout veiller à ne pas me blesser. Les cordes se resserrent autour de moi et l'un d'entre approche avec un chiffon et un sourire mauvais aux lèvres. "Ça fera pas mal.", qu'il dit en posant le morceau de tissu crasseux sur mon visage. J'étouffe une grognement, tente de remuer comme je le peux, n'arrivant qu'à labourer le sol sur lequel je suis allongé tandis que mon coeur affolé s'occupe de faire circuler plus rapidement dans mes veines la drogue que je respire malgré moi. Je peine à compter les secondes qui filent alors que lentement, je sombre dans une lourde inconscience. La clairière danse sous mes yeux et les arbres deviennent des taches qui perdent leurs couleurs. J'entrouvre les lèvres, tente de cambrer le dos, de tirer sur mes liens, mais rien. Juste un peu de bave qui perle au coin de ma bouche et c'est le noir. Le néant complet qui m'avale et ne me recrache que des siècles plus tard, quand on me tire de mon inconscience en tirant sur la chaîne que j'ai autour du cou.

"Debout. T'as assez dormis pour les deux jours à venir. J'ai un acheteur et faut que tu sois beau."

Je lève les yeux vers lui, incapable de dire où je me trouve. Ça ressemble à l'intérieur d'une cabane mais ça ne sent pas la poussière. Juste le bois, la transpiration et l'urine. Ma peau frissonne, mes sabots raclent le sol, les chaînes qui m'entravent tintent et difficilement, à cause de mes bras entravés dans mon dos et de mes jambes si lourdement lestées, je tente de me lever. Je chancèle, échoue une fois ou deux à me relever avant d'être capable de tenir sur mes quatre pattes pour faire face à l'homme qui me félicite d'une tape sur le flanc.

"Tu vas voir, il va pas te faire courir lui."

Son rire pue l'alcool et encore dans les vapes, je ne dis rien, laissant les humains faire leurs affaires. J'en vois un entrer, discuter avec celui qui peut visiblement pas s'empêcher de me toucher. Ils me jettent des regards et je vois que le nouveau aime bien ce qu'il voit. Avec dans la prunelle un éclat d'avidité, il s'approche et ne cesse de murmurer que je suis une belle bête. Il s'offre le droit de flatter mon échine, ma croupe et le creux de mon dos, m'arrachant de ce fait un spasme de dégoût alors que je fais fouetter ma queue dans l'air et frappe le bois d'un sabot que j'adorais lui coller dans l'estomac.

"Nerveux mais il est beau… " dit-il presque fasciné. J'ai un soupir avant de grogner. "Il est jeune, bien portant… Et cette robe… Elles devaient toutes le vouloir…" L'homme rit. Celui qui me touche se permet de venir caresser mon ventre et de s'approcher un peu trop à mon goût de ma virilité. Je bouge à nouveau alors qu'il remonte simplement vers mon coeur, puis mes pattes avant. "Vous l'avez trouvé en Europe ?" L'autre lui répond avec un sourire qu'il m'a trouvé au fin fond d'une forêt en Croatie. "Rien que pour vous…" qu'il ajoute. Je sens que ça lui plait et que j'ai un côté exotique, mais ce qui m'inquiète, c'est de savoir où je suis. L'air semble humide et les humains portent sur eux un panel d'odeurs que je ne sais reconnaître. Un frisson secoue à nouveau mon être tandis que la transaction se fait sans moi. Les deux hommes me laissent et je me retrouve à nouveau seul. Fatigué et fourbu, je m'allonge à nouveau, acceptant de toute façon qu'ainsi entravé, je ne peux rien faire. Un soupir m'échappe, puis une douloureuse réalisation me vient.

Ils avaient raison. Ce n'est pas la gourmandise qui a causé ma perte, mais ma stupidité.

Je m'allonge plus confortablement sur le bois humide à l'odeur désagréable au possible et ferme les yeux tandis qu'au loin, un peu d'or est échangé contre ma liberté.  Le chasseur revient et s'accroupis pour être à mon niveau, et ainsi mieux caresser ma joue. "Je savais que lui allait pas faire des caprices pour t'acheter… Allez, tu ferais mieux de dormir, le voyage va être long."

Et il l'est. Foutrement même. Il me faut des jours pour rejoindre ce que tous appellent ma nouvelle demeure. Je reste un long moment attaché dans la boîte en bois, avant d'être obligé de marcher, au milieu d'un convoi d'autres chevaux et dans une nature hostile, où à part de la boue et de l'herbe grise, il n'y a que le froid. Le soir je désespère en regardant les étoiles, allongé auprès de l'un des chevaux pour ne pas mourir de froid dans la nuit, malgré la couverture qu'on a posé sur mes épaules. Puis le matin, après une courte nuit de sommeil, voilà qu'on reprend la route, jusqu'à se domaine immense qui fini un jour par se dessiner à l'horizon. Tout semble trop grand, presque démesuré et pourtant, c'est ici qu'on m'abandonne. Mon acheteur est là pour m'accueillir et tout ce qu'il a pour moi, c'est un sourire et des ordres qu'il donne à d'autres humains. Je tente de me débattre à nouveau, je rue, me cabre, hurle, mais c'est vain. Je termine à nouveau entravé et forcé malgré moi à aller là où je ne veux pas. On ouvre deux grandes portes et je panique. L'odeur qui se dégage de là me dit que je ne suis pas le bienvenu et que je ferais mieux de fuir.

"Non… Non… Par pitié… Pas ici… Je… "

Je freine des quatre fers et l'oeil fou, je contemple l'entrée de cet endroit qui me semble être pareille à la bouche même de l'enfer. Ma queue fouette violemment l'air et plus les humains forcent, plus je me braque et supplie. On tente de me rassurer, de me dire que c'est temporaire mais je résiste. "N'entre pas", disent les odeurs des créatures qui ont déjà mis les pieds ici avant moi, "N'entre pas." Un homme sort approche et il a la main quelque chose qui sent le cuir et qui ressemble à un long serpent. Il le fait claquer non loin de ma croupe et le bruit seul suffit amplement à me faire bondir vers l'avant.

"Non…."

Un autre sifflement se fait entendre, je bondis à nouveau et à contre-coeur, je me retrouve à l'intérieur. On me détache, on s'éloigne et paralysé, je me retrouve à observer cet endroit avec crainte. Désormais seul, je suis là, à laisser mes sabots s'enfoncer dans le mélange de paille et de copeaux de bois qui sont au sol. Au loin il y a l'odeur d'un peu de foin, et de quelques fruits. Et pourtant, durant de longues minutes, je reste là, immobilisé par la peur et l'angoisse, à regarder dans le vide en tentant de remettre de l'ordre dans mes idées. Prisonnier. Condamné. Exilé. Voilà les seuls mots qui traversent mon esprit au fil des secondes qui s'égrènent sans moi. Un long soupir m'échappe, puis un second avant que dans la sciure, je ne me laisse lourdement retomber pour étouffer une long sanglot. Comme un jeune poulain le ferait, je sèche mes larmes brûlante de mes mains en reniflant lourdement, le coeur lourd et plein d'espoir que l'un des miens viendra me sauver, mais si jeune je suis, je reste pourvu d'une raison qui me fait lentement entendre que mon insouciance s'est vue corrigé et que désormais, ceci sera mon existence, celle d'une créature captive d'humains aux attentions inconnues… Une créature qui pour l'instant sanglote, jusqu'à en tomber de fatigue.

Le lendemain, alors que je m'étire longuement sur le sol, allongé de tout mon long sur le flanc, je perçois dans l'un des murs une fente ou deux, qui permettent au soleil de venir jusqu'à moi et de doucement caresser ma peau fraîche. Un vague soupir m'échapper et en me redressant pour m'ébrouer, je n'ai qu'un vague grognement.

"Bien au moins… J'aurais encore le plaisir de te voir."

Je glisse mes mains dans mes cheveux et les secoue pour en faire tomber tout les copeaux qui s'y trouvent, sursautant alors au moment où j'entends du bruit venant de ma droite. D'instinct, je lève les yeux vers les stries de lumière qui deviennent rayons avant d'être dissimulés par la silhouette d'un frêle humain. D'un haussement de sourcils je le considère, restant tout de même à distance. Étant à contre-jour, je peine à discerner ses traits mais me doute vu ses épaules, qu'il doit être une sorte d'enfant ou d'humain mal terminé par sa mère… Ce qui dans les deux cas, me pousse à faire peut-être un pas vers lui, alors que mes doigts terminent de glisser entre les mèches soyeuses de mes cheveux. J'hésite à lui sourire, me contentant à la place de simplement l'observer.

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Dim 25 Déc - 18:03
Wild Horses
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Ma gouvernante vient m'apporter une lettre de mon père alors que je suis en train de travailler dans le bureau. Mon précepteur me sourit derrière ses lunettes et s'étire.

Allez, lis-là, je sais que tu en meurs d'envie. Et pendant ce temps... Maria, pourriez -vous être un ange et me faire apporter une tasse de café?
Tout de suite maître Pim.


Rassuré par mon maître qui me donne sa bénédiction, j'attrape le coupe papier et le glisse sous le rabat de l'enveloppe avant de la couper d'un geste sec et précis. A l'intérieur, une simple et petite feuille de papier sagement pliée et qui a souffert des affres du voyage. Quelques mots seulement. Mon père n'a jamais été du genre bavard. Les yeux sur la lettre que je déplie, je parcours rapidement son contenu, souriant de plus en plus, ce qui fait hausser le sourcil à mon vieux maître.

Alors? Il t'a ramené une fiancée?

J'éclate de rire avant de reposer la lettre et me rasseoir.

Non mon cher, mais il a trouvé un centaure, un mâle, qui d'après lui est de toute beauté. Dès la fin de la leçon j'irai préparer son enclos pour l'accueillir dans les meilleures conditions. Oh je suis tellement impatient, je ne pensais pas qu'il réussirait à en trouver un autre, vu le mal qu'il a eu à rapporter Natasha...
Eh bien il y en aura donc deux qui seront contents de cette nouvelle venue!
Je l'espère oui! Si les deux se plaisaient il pourrait même y avoir des petits, vous vous imaginez? Ca serait merveilleux!
Bien sûr, bien sûr Steve. Mais en attendant ton arithmétique ne va pas se résoudre toute seule.
Je...oui vous avez raison...


Je lui accorde un petit sourire d'excuse avant de reprendre ma plume et me pencher sagement sur les exercices sur lesquels nous étions en train de travailler avant que Maria ne nous interrompe. Je me concentre tant bien que mal, écoutant ses conseils jusqu'à ce que ma gouvernante n'arrive avec le thé. Nous voilà donc bientôt plongés dans les calculs, puis le latin, avant d'être finalement libéré. Je raccompagne monsieur Pim à sa voiture avant de filer jusqu'aux différents enclos. Dans chacun j'examine ses pensionnaires, les caresse, les brosse et leur murmure de douces paroles tout en leur apportant leur dîner. Sirènes, hippogriffes, chevaux ailés et autres, avant de finir par la belle Natasha, à la robe couleur de feu comme ses cheveux. Elle trotte jusqu'à moi alors que j'entre et embrasse gentiment mes cheveux.

J'ai une grande nouvelle pour toi ma douce, tu vas bientôt avoir de la compagnie!
Vraiment? Une autre femelle?
Non un mâle. A ce que m'a dit mon père dans sa lettre, il est très beau.
Hmmm une autre fille m'aurait plus plu, on aurait eu plus de choses sur lesquelles discuter...
Qui sait, un jour peut-être il en trouvera une et vous vous entendrez bien...
Si seulement... et donc quand arrive mon nouveau colocataire?
D'ici trois semaines, voire un mois. Ils doivent le faire venir par bateau, puis en train jusqu'au domaine.
J'espère juste que ce ne sera pas un idiot.
Je te le souhaite aussi ma belle...


Elle m'ébouriffe les cheveux et je file rentrer me doucher et me préparer pour le dîner que je partage avec Maria. Pendant plusieurs semaines je guette le courrier, je guette le retour de mon père bien sûr, mais évidemment l'arrivée du nouveau membre de la ''collection''. Les journées sont longues, mais peu importe, j'ai de quoi faire entre mes leçons, et nos ''invités". J'apprends à Tasha à lire et à écrire, je joue aux échecs avec les sirènes qui en échange m'apprennent comment faire des bijoux en coquillages et comment imiter le bruit de la tempête avec de grosses conques. Et j'essaie, mais c'est le plus dur, d'apprendre aux Big Foot d'apprendre à parler...mais c'est pas gagné. Pour l'instant ils arrivent déjà à moduler leurs grognements et gémissements, et à articuler quelques syllabes. C'est un début...

Et puis enfin ça y est, un télégramme déposé par un soir de pluie battante par un coursier trempé jusqu'aux os, nous prévenant que père avait bien accosté, que le voyage s'était bien passé et que demain il serait là. J'ai de la peine à m'endormir tant je suis impatient, et le lendemain je dois plusieurs fois me faire rappeler à l'ordre par maître Pim parce que je suis bien trop dissipé quant à mes déclinaisons et mes versions... Et enfin la délivrance. Je fais un dernier tour du parc avant d'entendre le convoi s'approcher. Du haut du mur je distingue quatre cavaliers et je dégringole à moitié à leur rencontre. Père me sourit et désigne le centaure entravé d'un geste du menton.

Un sale caractère, mais une bête magnifique. Allez viens, on va l'installer.

Il me tend la main et d'un geste rapide me soulève pour me faire asseoir en selle derrière lui, et le convoi se met en marche jusqu'à la zone d'acclimatation. Et pendant tout le trajet je ne fais que l'observer, contempler ses cheveux noirs comme sa robe de soie, ses longs crins, sa mâchoire carrée et son regard de feu. Je sais...tu nous en veux et tu as raison... Il tente de se débattre, de s'enfuir mais ses liens sont solides et il est sous bonne garde. Je ne dis rien, me contentant de garder mon regard sur lui alors qu'on approche enfin de l'enclos fermé réservé à la quarantaine. Et là il panique. Père, inquiet pour moi, refuse que je m'approche, et je reste là, les dents serrées et les tripes nouées à les voir le brutaliser alors que tout aurait pu se régler en prenant le temps de leur expliquer. Ce sont tous des brutes, et les animaux ont tous peur d'eux, et des hommes en général, à part moi. Parce que moi je n'essaie pas de les dominer ou les soumettre. J'essaie de les comprendre, qu'ils m'apprécient, et leur prouver que je ne suis pas une menace. Pour presque tous, ça marche d'ailleurs. Et peut-être que pour lui aussi... Qui sait. Et même une fois qu'il est enfermé dans le grand box, je n'ai toujours pas le droit d'aller le voir.

Non Steve. Il est bien trop sauvage et bien trop nerveux. Il pourrait te faire du mal. Laisse-le se calmer d'abord, et nous reviendrons demain...

Je grogne mais obéis. On ne dit jamais non à mon père de toute façon. Je les suis tous à la maison, montant prendre mon dîner avec lui, où il m'explique un peu plus en détail d'où le nouveau spécimen vient, et comment il a réussi à l'obtenir. Croatie... un nom si lointain pour l'anglais que je suis... Et des paysages tellement différents pour lui... Je monte ensuite me coucher, et hésite longtemps à sortir en douce pour aller le voir, avant de me raviser. Il vaut mieux le laisser se remettre et j'irai parler avec lui demain... Alors, au saut du lit je m'habille, engloutis mon petit déjeuner, chipe deux pommes et une pêche et cavale autant que je le peux jusqu'à son box. Je me racle un peu la gorge, laissant mon regard errer entre les planches, et observant la merveille. Un noir d'encre. Des traits bien dessinés... un specimen magnifique... Contrairement à hier il a l'air moins anxieux, ou en tout cas il n'a pas l'air d'avoir peur de moi. Enfin quand on me voit on comprend pourquoi...

Bonjour toi... Je m'appelle Steve, et tu es ici chez moi, enfin chez mon père et moi. C'est lui qui t'a acheté pour que tu viennes vivre ici. Tu as faim?

Je le vois qui s'approche et mon sourire s'agrandit quand je vois qu'il a l'air plus curieux qu'autre chose. Je m'approche de la trappe, que j'ouvre, et lui tends une pomme.

Tiens, prends-là, c'est pour toi. Elle est bonne tu verras, elle vient d'ici, du verger... elle est bien sucrée...

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Mar 14 Mar - 12:18


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Mes doigts terminent de glisser dans mes cheveux là où un frisson se promène sur ma croupe, me faisant de ce fait chasser de ma queue ce tressaillement désagréable produit par la voix qui s'échappe de la silhouette frêle de l'humain. Afin d'être à même de détailler son visage, je lève une main vers le ciel et me protège de celle-ci des rayons matinaux du soleil, découvrant ainsi le minois enfantin de celui qui chez nous serait encore considéré comme un jeune poulain. Du bout d'un sabot, je dérange la sciure et soulève un peu de poussière tandis que le petit nommé Steve me tend au travers d'une trappe une pomme. Curieux, je m'approche et une fois à portée, je me penche, attrapant le fruit entre mes doigts avant de reculer vivement, craignant que ceci ne soit qu'un piège. Je trottine au loin et croque ensuite dans la pomme, l'observant sans rien dire tandis que je savoure le fruit particulièrement sucrée. J'hausse un sourcil et une fois ma bouchée avalée, je contemple plus longuement la pomme, marmonnant autant pour lui que pour moi.

"C'est pas une pomme... C'est trop doux. On dirait plus du miel... Les pommes c'est..."

Je passe ma langue sur mes lèvres, me remémorant alors les instants, où jeune et insouciant, je me souviens avoir cueillis des arbres de petites pommes à l'acidité telle qu'elles nous faisaient retrousser les lèvres en riant. Je me souviens des vergers sauvages dans lesquelles nous galopions et des pommes et poires que nous volions parfois aux humains qui ne faisaient pas garder leur domaine par des chiens. Je me remémore tout ça, les doigts crispés autour du fruit que je finis par lâcher et laisser rouler au sol, le poussant du bout du sabot, cherchant à chasser au loin cette chose qui ose se faire passer pour le fruit que j'ai appris à aimer avec les années.

"Pas ça."

J'entends mon estomac gronder et surement s'indigner de me voir ainsi repousser la nourriture que m'offre pourtant gracieusement le petit humain. Je fouaille l'air de ma queue une fois de plus et reste à bonne distance, fixant Steve un instant avant de reprendre, plus méfiant qu'avant.

"Je veux sortir." est tout ce que je grogne tandis que rendu nerveux par la captivité, je commence à moitié à piaffer, soulevant de mes sabots quelques gerbes de sciure de bois. "Ça sent mauvais ici. Ça sent la peur, le sang et d'autres choses mauvaises." Je crache par terre. "T'es un humain non ? Je saurais pas dire, je vois pas bien ton visage avec le soleil…" Je grogne un peu avant de reprendre. "Mais t'as l'air d'être le faible de la portée, t'es tout maigre. Tu ressembles à une femelle." Le mot sonne comme une insulte entre mes lèvres tandis que je m'éloigne un  peu plus, trottinant au loin. "Je ne veux pas de tes pommes. Je veux sortir. Je veux être libre." Dans un coin je retourne m'exiler et le fixe de mes prunelles bleues, décidant que m'enfermer dans le silence est la meilleure chose à faire en cet instant, plutôt que de parlementer avec l'un de ses créatures bipèdes incapable de faire preuve de respect pour les autres être vivants qu'ils croisent et qui se font respecter à l'aide de la terreur qu'ils créent. Dans mon clan, on disait qu'il fallait à tout prix les éviter, car avides de tout posséder, ils transformaient tout ce qu'ils touchaient en cendres. Ceux qui habitaient non loin de notre forêt n'était pas trop dangereux, car encore conscients de n'être comme nous que des créatures vouées à disparaitre un jour pour laisser notre place à d'autres… Mais ceux-là ? Ceux qui m'ont capturés ? Ce sont des monstres qui vouent un culte à la peur et au feu, et qui sont maintenant mes geôliers. Ceux qui en cet endroit vont me garder.

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Mer 13 Juin - 21:48
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Depuis que je l'ai vu une partie de mon esprit repense sans cesse à lui, à sa robe noire trempée de pluie, à son torse large ruisselant et à ses yeux couleur de ciel d'orage, à sa fougue alors que les hommes de mon père l'amenaient depuis le train jusqu'à son nouveau foyer... le domaine Rogers... Depuis son arrivée je m'imagine déjà comment m'y prendre pour faire en sorte qu'on devienne amis et qu'on passe de bons moments ensemble, comme j'ai réussi à le faire avec presque tous les autres... Il n'y a qu'avec les trolls que je ne suis pas arrivée à nouer des liens... mais c'est aussi parce qu'ils sont bêtes comme des pelles et méchants comme des tiques... Et je reste à distance depuis la fois où en essayant de faire connaissance je me suis retrouvé balancé contre un mur comme un vulgaire sac de patates. Heureusement que Rumlow notre garde chasse était dans les parages et a pu me tirer de là, parce que sinon je ne sais pas ce que j'aurais fait... J'y serais resté, très certainement...

Et là dès que mon petit déjeuner est pris je file jusqu'à la zone de quarantaine, et entreprends de briser la glace avec le nouveau venu, lui proposant des fruits en guise de rameau d'olivier. Toujours commencer par l'estomac, c'est la clé. Et si mon offrande semble l'intéresser au début, voilà que le beau fruit roule dans la paille et la sciure à peine croqué, mon sourire sincère et curieux ne quitte pas mes lèvres, m'offrant une occasion de relancer la discussion.

Ah oui? Vraiment? Elles avaient quel goût les pommes alors chez toi? Sinon, il y a d'autres choses que tu aimes manger? Je pourrais essayer de te l'apporter... J'ai envie que tu te sentes bien ici...que tu y trouves des choses qui te fassent plaisir...

Je vois les quelques rayons de soleil caresser sa robe d'encre alors qu'il piaffe un peu dans son box, tournant nerveusement dans son box. Ils font tous ça au début et c'est normal... ils ont peur, ils sont déboussolés et c'est mon rôle de les aider...

Tu es sur les terres de mon père, et ce box sert à voir si tu n'es pas malade. A chaque fois qu'on reçoit un nouveau pensionnaire il passe quelques jours ici afin de voir s'il n'a pas une maladie dangereuse qui pourrait contaminer les autres... Mais tu verras je suis sûr que tout va bien se passer et que bientôt tu pourras galoper dans le pré qu'on a préparé pour toi. C'est le plus grand de la propriété, qui communique avec le lac des carpes d'or... et tu rencontreras notre centaure qui est déjà là, Natasha... c'est ma meilleure amie... Elle est magnifique, et douce, et drôle et...

Mais il ne me laisse pas finir et commence à parler de mon physique. J'ai l'habitude de faire davantage pitié qu'envie, et que trop souvent on se méprenne sur mon âge... alors sa question me fait même rire par son espèce de brutale franchise.

Je... oui je suis humain, et oui je ne suis pas bien grand. Ni gros. Ni tout ce que tu veux en fait... mais bon, c'est comme ça!

J'ai un sourire timide alors que je hausse une épaule, et je le vois trépigner à nouveau, retournant à l'autre bout du box, méfiant et aussi en colère. Je le comprends... Jeffleure les barreaux des doigts tout en soupirant de la distance qui nous sépare. J'ai envie de caresser sa robe, car j'aurais l'impression de toucher la nuit elle-même, et de tresser sa crinière comme pour faire une natte d'orage... Je crois que c'est le plus beau centaure que j'aie vu. Ne t'en fais pas voleur de vent et chasseur d'étoiles, tu auras ta place ici et tu seras bien... bientôt tu t'ouvriras à moi et tu me raconteras tes aventures, allongé dans l'herbe près de moi à paresser au soleil ou à somnoler à l'ombre d'un tilleul. Bientôt nous irons nager dans le lac et je te présenterai les sirènes... bientôt nous serons amis, toi et moi, et nous tenterons de dépasser le vent ensemble...

Pendant quelques secondes je reste plongé dans le bain chaud de mes rêveries, ayant hâte de réaliser tout ça avec lui, et compter un ami de plus ici, au domaine. Un allié alors que là dehors personne ne se soucie de moi ou ne sait même que j'existe. L'avorton de Rogers... l'héritier ridicule et valétudinaire de Rogers... combien de fois ai-je déjà entendu ce discours? Trop de fois... Je fronce un peu les sourcils et chasse ces mauvaises pensées quand un bruit de sabot me fait revenir à moi. Il veut sortir, mais pas encore... il est trop tôt... Je me pince les lèvres et regarde autour de moi avant de sourire, et de faire le tour du box pour en ouvrir les volets. Il ne peut pas sortir car la fenêtre a des barreaux mais au moins le jour se déverse à flots dans cet espace étroit, et le rend du coup beaucoup moins angoissant pour lui. J'attrape une petite caisse de bois que je pose sous la fenêtre afin de pouvoir voir à l'intérieur et l'appelle doucement.

Eh... Viens regarde... c'est ici chez toi maintenant... c'est beau tu vas voir...

Je le vois s'approcher et du doigt je lui désigne la verdoyante campagne anglaise qui s'étend à perte de vue devant lui, piquetée seulement ça et là de quelques petits villages ou fermes épars, tous à papa.

C'est ici que tu vas vivre... tu vas t'y plaire je te promets... Et au fait tu as un nom?

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Ven 15 Juin - 21:37


We were young, wild and free
ft. Steve & Bucky


Je l'écoute à peine, le petit homme qui dit s'appeler Steve. Je l'ignore presque malgré tout, malgré mes prunelles qui accrochent les siennes et malgré les tressaillements évident de ma chair quand de ses lèvres, il s'échappe les promesses d'une liberté qui sera tout de même confinée aux limites de barrières et d'un horizon qui ne sera jamais plus une invitation au voyage mais une frontière de plus, un mur illusoire contre lequel mes rêves et espoirs vont s'écraser avec la force qu'on les causes perdues quand elles se heurtent aux limites de ce monde cruel. Loin d'être capable de voir dans ses mots la beauté d'une réalité que je sais être tout autre, je ne peux que me renfermer, me détourner un peu plus de cet petit humain aux intentions surement plus douces que celles des hommes qui m'ont fait venir ici, pour mieux m'enfoncer dans les ténèbres de cette cage, et ainsi frissonner et angoisser à l'abri du regard inquisiteur et surement fasciné de celui qui doit voir dans ma silhouette équine une beauté sans pareille, une sublime élégance qui comme l'avait prédit le reste de la horde est le péché pour lequel je souffre désormais. D'entre mes lèvres il s'échappe un soupir, et si un instant je songe à simplement tomber au sol et abandonner tout espoir d'être de nouveau libre et fier, je préfère à la place glisser un regard à Steve et ainsi constater qu'il semble perdu dans une contemplation, qui si elle aurait pu me plaire, aujourd'hui me donne envie de lui hurler dessus, de crier entre deux sanglots violents et pathétiques, de lui ordonner de détourner le regard. "Arrête ! Arrête de me contempler comme si j'avais de la valeur, comme si tu respectais ce que la nature a crée et que ton espèce aime enfermer ! Arrête de t'émerveiller ! J'existe pas pour ton plaisir, pour ton droit à admirer ce qui mérite d'être libre, d'être exempt de ta cruauté ! Reste pas là ! Disparais ! Arrête d'être idiot, arrête de penser que je suis beau, parce que je ne le suis que quand je suis libre !" Un instant, j'ai envie de desserrer les lèvres, de laisser libre cours à la haine, à la colère et à la peine qui dans mon coeur se font des vipères désireuses de mordre, des petits dragons qui sifflent et distillent dans mes veines un poison qui me fait trembler, qui me pousse à esquisser d'autres pas, d'autres piaffements qui ne font en réalité qu'attiser la nervosité qui malmène, depuis mon arrivée, mon échine plus durement que le moindre des coups que l'on pourrait vouloir m'asséner. Confus, perdu, je me détourne ainsi donc de l'humain à nouveau, restant muet à ses questions et sourd aux histoires qu'il tente d'insuffler à mon esprit afin de créer au sein de celui-ci l'espoir de croire qu'être prisonnier de cet endroit pourrait être aussi plaisant que d'être libre. Que d'être un être parmi d'autres au milieu d'un paradis artificiel est un destin enviable, une vie que tous voudraient vivre et qui pourtant porte avec elle les fragrances d'une mort certaine, d'une lente agonie de l'âme, des rêves et des fantasmes qui mène inévitablement à la perte de cette envie d'exister, de survivre et de même combattre la fatalité. Car quoiqu'en dise Steve, au sein des quatre murs de cette cellule, sous la sciure et la paille, sous le bois et la poussière, je perçois l'odeur du sang, de la sueur, des larmes des pauvres créatures qui m'ont précédés ici. Sous la couche faussement accueillante de cette litière qui n'a rien de naturelle, qui n'est pas l'herbe et la terre que j'ai l'habitude de fouler, je ne peux ignorer les effluves de cette douleur passée que je partage avec des êtres du passées, des créatures comme moi qui n'ont peut-être pas survécu à cette période d'isolement, à ce temps passé loin du monde, à se demander si la pluie tombe encore, si le soleil se lèvre toujours, à oublier l'éclat des étoiles dans le ciel d'encre que l'on dit éternel et qui pourtant se fait presque éphémère en ce lieu bien cruel. Ici, malgré les mots de Steve, malgré ses promesses qui ne sont en réalité que des mensonges enrobées d'un miel sirupeux, je ne peux que commencer à désespérer, à entrevoir la possibilité que rien n'aille mieux et que tout ne soit jamais plus qu'une longue descente dans l'étreinte d'une peine plus immense encore que ce que le corps peut supporter.

Un instant, un long moment, je reste ainsi à pleurer en silence, et sans verser une larme, sur cette vie qui me manque déjà, sur ce passé qui était, il y a quelques jours à peine, un privilège que je pensais acquis, un don dont je ne prenais pas soin, pensant que jamais on ne pourrait me retirer, jusqu'à entendre Steve s'éloigner, m'abandonnant un instant avant d'apparaître à nouveau au travers d'une ouverture plus grande cette fois-ci, qui en plus de me permettre de mieux admirer son visage fin et juvénile, autorise le soleil à m'éblouir. De ses rayons, je me protège une seconde en battant des cils et plissant des yeux tandis que ce brouillard lumineux et solaire s'échappe une invitation à laquelle je peine à résister. Non par parce que j'ai soudainement le besoin ou l'envie de me faire docile pour la volonté seule de mon frêle geôlier mais plus par envie d'être à nouveau baigné et bercé par les rayons puissants de cet astre immortel, cet empereur du ciel qui en cet instant semble me murmurer à moi seul des mots qui parviennent à réchauffer ma robe frissonnante. Ainsi, lentement, je m'approche, tendant une main vers l'horizon pour mieux offrir ma paume à une entité surement indifférente qui se fait pourtant mon seul espoir, ma seule chance peut-être d'un jour pouvoir prétendre être à nouveau heureux. A l'aveugle, j'avance, j'approche jusqu'à sentir sous ma paume, le métal froid des barreaux autour desquels, mes doigts se referment avec crainte tandis que d'entre mes lèvres, il s'échappe une plainte qui n'est rien de plus qu'un soupir douloureux, qu'une réalisation difficile et pénible.

"Ce n'est pas beau... C'est tout le contraire."

Comme si je redevenais le poulain que je fus un jour, ma lèvre se met à trembler.

"Ca n'a rien de beau... Absolument rien."

Sous mes yeux, il s'étend un paradis monstrueux, un assemblage de morceaux de nature qui sont séparés par des barrières, des grilles et qui sont sous la garde d'humains armés, d'hommes qui n'ont pas hésité à m'arracher à ce pays qui fut mon berceau, à cette qui fut ma famille, à cette terre qui m'a vu grandir pour m'enfermer entre les quatre murs  de ce mouroir au sol duquel je m'écroule, la tête basse, le coeur au bord des lèvres et les mains pourtant toujours tendues vers le ciel, afin de permettre au soleil de réchauffer mes phalanges devenues blanches à force de serrer les barreaux.

"C'est affreux... Je... "

Un sanglot m'échappe enfin, accompagné d'une larme qui dans la sciure se perd après avoir dévalé la courbe de ma joue.

"Je n'en veux pas... Je ne veux pas de tes promesses et de ton pré... Je ne suis pas un animal... Je ne suis pas fait pour vivre dans un enclos. Je ne veux rien de tout ça. Je ne veux rien de cette vie laide et affreuse que tu veux me donner en pensant me rendre un service... Je n'en veux pas Steve. Je n'en veux pas !"


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