Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

 :: Autres RP -Ras le bol du mal de mer ! :: Stuckys Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

You're Not As Bad As Everyone Says You Are (wolves 2.0)

avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Ven 8 Juil - 14:26
Werewolves stucky You're Not As Bad As Everyone Says You AreJe sens la main de Sam sur mon épaule alors que je me tiens face au cercueil de Damen qu'on fait lentement descendre dans la fosse creusée pour lui, auprès de sa grand-mère et de sa petite soeur, morte dans un accident de voiture alors qu'elle n'avait que douze ans. Ses doigts se serrent à travers le tissu épais de mon manteau noir, et ma main se pose sur la sienne, étouffant un sanglot. Aujourd'hui c'est une partie de moi-même qu'on fait descendre dans cette boite, un morceau de mon coeur que j'ai glissé avec lui en même temps que quelques objets qui comptaient pour lui, comme sa bague d'université ou son exemplaire du Seigneur des anneaux signé de la main de Tolkien que je lui avais offert pour son anniversaire, il y a un ou deux ans de ça. Ses trésors avec lui, alors qu'il était mon trésor à moi. Et intérieurement je sens mon loup qui hurle à la mort. Il a aussi perdu son compagnon, sa moitié depuis de longues années...

Le cercueil est enfin arrivé en bas de la fosse, et le prêtre commence son discours. Je n'écoute rien. Je n'entends rien. La seule chose que je vois c'est cette boite en bois verni qui contient ce qu'il reste de son corps blessé. Je n'arrive pas à réaliser qu'il est là, endormi pour toujours, à quelques mètres de moi. Que lui est là, moi ici, et que c'est la dernière fois qu'on se voit. Enfin qu'on se voit... qu'on est aussi proches. Bientôt on le recouvrira de terre et c'est un monde qui va nous séparer. Mon Damen. Mon oméga. J'ai tellement mal que j'ai fermé mon lien avec le reste de la meute. Je ne veux pas qu'ils le sentent. Je ne veux vivre et sentir ça seul. Parce qu'avec lui, on a partagé beaucoup de choses, beaucoup plus qu'avec les autres. Lui je l'aimais. L'aime encore d'ailleurs. L'aimerais toujours. Le vent glacé fouette mon visage, peut-être dans une tentative désespérée de me rappeler que moi je suis toujours là. Que moi je suis toujours en vie. Mais vu ce que je souffre, pas de doute que je l'oublie. Pas une seule seconde. L'annonce de sa mort a été comme une gigantesque poigne de fer qui s'est engouffrée dans mon ventre, a broyé mon coeur, et ne l'a pas laissé depuis trois jours. Depuis que les flics m'ont appelé pour m'annoncer qu'on l'avait retrouvé, mort, dans le parking de l'hôpital alors qu'il finissait son service de nuit. D'après eux il aurait été attaqué par une bête errante, vu ses blessures à la gorge et les griffures sur son torse. Sauf qu'à la seconde où ils m'ont annoncé la nouvelle e toù ils m'ont donné quelques détails, j'ai compris. J'ai compris que c'était tout sauf un accident, mais bel et bien une attaque. Une attaque contre moi, contre ma meute.

Les jours suivants, trop abruti pour faire quoi que ce soit je suis resté dans mon appartement, le regard vide, sans manger, volant à peine quelques heures de sommeil, enroulé dans un de ses pulls qui sentait encore son odeur. Tout chez nous me le rappelait. Le moindre objet, les photos, sa tasse dans l'évier et son écharpe sur le portemanteau, tout me hurlait au visage que maintenant tout ce qui était ici ne servirait plus à rien, parce que leur propriétaire était parti, et que le simple fait de les voir me donnerait envie de hurler. Mon loup aussi était triste, désespéré. Il grattait et couinait, cherchant celui qui ne reviendrait plus, et ne comprenant pas ce qui s'était passé et pourquoi son compagnon n'était pas avec lui. Les autres aussi accusaient le coup, et il planait une ambiance morose sur tout l'immeuble. Puis il a fallu tout régler pour lui. Pour organiser son dernier voyage, un voyage qu'il ferait sans sa meute, sans nous. Et surtout sans moi. Je m'occupais de tout comme un automate, sans vraiment réaliser tout ce qui se passait autour de moi, sans réaliser que je préparais la dernière fois où je le verrai. Avant nos adieux définitifs.

Et voilà qu'on y est. Il fait si froid que mes larmes me brûlent les joues alors qu'ils se tiennent tous à côté et derrière moi, face à la tombe, alors que la famille de Damen se tient à l'opposé. Je ne reviens à moi que quand un des types des pompes funèbres prend une pelle et jette une pelletée sur le cercueil. Brutalement j'ai envie de hurler. J'ai envie de lui dire d'arrêter, de ne pas faire ça. Que c'est impossible et que Damen, mon Damen, ne peut pas être laissé à pourrir là, dans la terre noire et lourde. Non! Et c'est là où je me dis que tout ça, toute la dignité des enterrements est une connerie. J'en ai rien à foutre de rester sombre et grave. Non. J'ai envie de laisser éclater ce que j'ai sur le coeur, de hurler ma douleur, de tomber à genoux et de gratter le sol de mes mains. Mais non je reste planté là, les poings serrés, à regarder chaque personne présente qui verse une poignée de terre qui retombe avec un bruit sourd sur le bois verni. J'attends. Puis un à un ma meute s'éloigne, allant présenter leurs adieux à celui qui fut leur compagnon à tous, leur oméga. J'entends les larmes de Tasha, de Wanda et de Pepper, la respiration hachée de Scott et de Clint. Les dents qui grincent de Tony. Puis moi. Une fois qu'ils se sont tous éloignés je reste seul devant sa tombe, et je m'accroupis.

T'es qu'un sale con. T'es qu'un sale con de m'avoir planté! Tu me laisses comme un crétin maintenant... et je sais pas comment je vais faire sans toi...

Ma voix meurt dans ma gorge alors que je me redresse, et que je laisse tomber la rose rouge que je tenais entre les doigts sur la terre, avant de m'éloigner. J'échange quelques mots avec ses parents, surtout sa mère, qui me serre dans ses bras en sanglotant, puis je pars. Une fois dans la voiture, et Tony au volant, je ne laisse échapper qu'une chose.

Ce soir.

On rentre et je monte m'asseoir dans mon appartement qui sent le renfermé. Là je n'ai plus envie de pleurer, j'ai envie d'explications. J'ai envie de vengeance. Je veux savoir putain. Je veux savoir qui a fait ça, et pourquoi. Damen mérite ça. Les heures passent et à la tombée du jour je redescends. Tous répondent à mon appel et on se met en route. Nos voitures se suivent et on s'arrête à l'autre bout de la ville, devant leur QG. Une vieille caserne dans laquelle ils se sont installés. On entre par la porte ouverte qui servait à laisser sortir et entrer les camions, et on attend. Les autres sont derrière moi alors que je suis planté là, dans ma tenue de deuil, les bras croisés. Pas besoin de nous annoncer, ils savent qu'on est là. Petit à petit un, puis deux, puis trois, puis dix membres de la meute apparaissent dans le vaste garage où sont garées quelques voitures. Je n'en connais pas la plupart mais je vois leur chef au milieu d'eux, plus grand qu'eux tous et un sourire mauvais aux lèvres.

Rogers. Que nous vaut l'honneur de ta visite?
Rumlow... On est là parce qu'on a des questions à te poser.
Ah oui? Et sur quoi? Tu as oublié comment te transformer? Ou alors comment diriger une meute?


Je serre les dents et les poings.

Damen. Mon compagnon. Est-ce que tu as quelque chose à voir là-dedans?
Pourquoi je devrais avoir un lien avec ça?
Parce qu'on l'a retrouvé sur le parking de l'hôpital où il bossait, la gorge arrachée et à moitié vidé de son sang. La police a conclu à une bête sauvage...
Vraiment? Je connaissait les alligators dans les égouts mais alors les pumas sur les parkings... dingue non?
On avait des accords. Ma meute a respecté son territoire et n'a enfreint aucune règle. Alors pourquoi t'en être pris à lui?
Peut-être que je voulais plus? Peut-être que ce j'en ai assez de notre petit Brooklyn, et que je veux régner aussi sur les beaux quartiers?
Alors tu avoues?
Et tu vas me faire quoi Rogers? Nous tuer tous?


Je remarque que la plupart des visages sont surpris, étonnés voire inquiets en apprenant la nouvelle. On dirait que leur chef a agi en cavalier seul. Ils échangent des regards entendus et je vois un type d'une cinquantaine d'années s'approcher de Rumlow.

C'est vrai ce qu'il dit? Tu aurais attaqué leur meute? Sans nous en avertir?
Je suis l'alpha ici! Je fais ce que bon me semble! Une meute c'est pas la Suisse où ils font des référendums pour tout! Vous avez le droit de vous exprimer quand JE vous le laisserais faire! Là ça ne vous concernait pas.
Justement. Tu vas régler ça avec lui. C'est la goutte d'eau. On ne te suivra pas.
Mais vous croyez que vous avez le choix? Je vous ORDONNE d'aller leur régler leur compte!


Je les vois se raidir, puis se tourner lentement vers nous et s'avancer d'un pas lourd. Il les oblige. Il les oblige à se battre contre nous! Quel...non mais quel... je serre les poings alors que je sens mon loup gronder et hérisser ses poils, prêt à en découdre.
© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 687
Date d'inscription : 26/11/2014
Ven 8 Juil - 15:57

You're not as bad as everyone says you are
"James vas-tu cesser de faire l'enfant ?!
- Et vous allez enfin vous comporter autrement que comme des parents psycho rigides de merde incapables d'accorder une putain de chose à leur fils unique !
- Jure encore une fois sous notre toit jeune homme et …
- Et quoi ?! Vous allez m'amener devant l'alpha pour qu'il me fasse son numéro du grand méchant loup ?! Hein ?! Désolé mais ça ne marche pas avec moi, je ne suis pas comme vous !"

Un silence retombe dans l'appartement de mes parents et si je les toise, soutenant leur regard, je sens que derrière leurs pupilles, il y a toute la meute qui m'observe et me juge. Moi, le dernier de la portée, le louveteau de quinze ans qu'ils veulent tous voir changer pour la première fois. Le gamin effrayé qui s'accroche à son humanité. Le petit rebelle qui refuse de rejoindre la meute, celui qui refuse d'être comme eux. Dans le regard de mon père, qui devient celui de l'animal, je vois le loup qui gronde et qui n'aime pas les mots que je hurle. Un frisson glisse le long de mon échine, un soupir échappe à ma mère et c'est elle qui reprend d'une voix douce.

"James. Nous ne voulons pas t'enfermer, la meute n'est pas une prison, tu le sais… C'est juste… Nous préférerions tous te savoir ici, en sécurité, que chez des humains, le jour du changement… Tu sais que nos loups s'inquiètent pour toi, ils t'aiment… Tu es autant notre fils que le leur…
- Assez ! Je… Je ne vais pas être chez des humains mais des amis ! Des gens comme moi !
- James, ils ne sont pas comme toi, tu es un loup…
- Non ! Je ne suis pas un monstre comme vous ! Je suis normal ! NORMAL !"

Ma mère semble blessée par mes mots alors que mon père, ou du moins son loup, gronde contre moi.

"Tiens ta langue, James. Cesse d'être égoïste cinq minutes et de nous répéter ce caprice ridicule. Tu es un loup. Tu finiras par changer et tu comprendras pourquoi nous préférons te savoir sur notre territoire."


Je lève les yeux au ciel.

"Tout ce cirque simplement parce que mon ami habite sur le territoire de l'autre meute ?! Mais bon sang, je ne vais pas aller me promener dans la rue avec une pancarte "mangez-moi" autour du cou ! Je vais chez lui pour la soirée, avec le reste de mes potes ! C'est pas la mer à boire !
- C'est dangereux ! Tu es un loup en devenir ! Tu dois rester avec les tiens !

- Non ! Je ne suis pas un loup ! Je ne suis pas comme vous ! Vous… Vous ne comprenez pas ! Je ne ressens rien ! RIEN ! Les autres me disent tout le temps qu'eux sentaient déjà l'animal en eux ! Moi je ne ressens rien ! Rien ! Je me sens…. Humain ! Pas loup ! Alors si ça ce trouve… Je suis vraiment humain…"

C'est au tour de mes parents de sembler affligés par mes mots.

"James… Nous sommes tes parents et nous sommes tout les deux des loups… Tu ne peux pas être humain. Nous avons déjà eu cette discussion. Tu finiras par changer."

Un soupir de contrariété glisse d'entre mes lèvres et furieux d'entendre cela à nouveau, je détourne le regard, pinçant les lèvres tandis que la voix de ma mère s'élève à nouveau dans le salon.

"Ça viendra… Peut-être ne le sens-tu pas encore parce qu'il n'est pas très dominant….
- Génial… En plus je vais être un loup soumis… Merveilleux, je devrais me rouler sur le dos et accepter tout ce qu'on me dit.
- James, tout les loups sont différents…
- Mais Rumlow m'a dit qu'il a toujours senti son loup gronder en lui et moi… Rien !"

Ils échangent un regard que je ne comprends pas et subitement, j'ai l'impression qu'ils me cachent quelque chose.

"Bon… Et si nous trouvions un compromis, par exemple…"

Les mots restent suspendus dans les airs et je dois lever le nez vers mon père pour comprendre ce qui lui arrive. Et si je pensais qu'il se taisait simplement parce qu'il réfléchissait, je comprends à ses sourcils froncés que quelque chose ne va pas. Mon coeur me monte aux lèvres presque immédiatement et dans une tentative vaine de me rassurer, je viens croiser le regard de ma mère, sentant alors que quelque chose ne va pas.

"P'pa ?"

Mais rien. Je n'ai le droit à rien. Je passe ma langue sur mes lèvres alors que des papillons commencent à voleter dans mon estomac. Il vient poser une main dans le dos de ma mère, murmurant doucement.

"Mets le petit à l'abri.
- Quoi ?"

Un son étranglé s'échappe d'entre mes lèvres tandis que ma mère vient presque me soulever du sol, me gardant autant dans ses bras que contre son coeur. Sans que je n'ai le temps de demander ce qui se passe, je me retrouve dans la chambre de mes parents que ma mère verrouille de l'intérieur. Elle m'installe ensuite sur le lit, me gardant tout contre elle, ses doigts se glissant dans mes cheveux qu'elle caresse avec inquiétude. Je ferme les yeux et tremble tout contre elle, murmurant.

"Qu'est-ce qui ce passe, m'man ? Le loup de papa est en colère ? Comme celui de Rumblow… ?
- Quoi… ? Non, non mon amour… Jamais le loup de ton père ne pourrait te faire du mal… Non, il y a juste des intrus….
- Ils viennent pour nous faire du mal ?
- Je ne sais pas… Je n'espère pas."

Tout contre elle je me glisse et retiens mes larmes qui déjà perlent au coin de mes yeux. C'est aussi pour ça que je hais être le fils de loups, à devoir vivre dans une meute. Car quand on ne m'empêche pas de sortir ou d'inviter des copains, il faut que je me cache des rites ou des conflits que peut avoir la meute. Combien de fois ai-je du rester sagement dans ma chambre à attendre que quelque chose se termine, le tout sans faire le moindre bruit ? Combien de nuits ai-je passé seul, dans cette caserne à attendre que les autres rentrent ? Je ferme les yeux et me raccroche à ma mère, maudissant l'univers de m'avoir fait naître au sein d'une meute… J'avoue qu'en cet instant, je donnerais tout pour avoir des parents moyens qui vivent dans la banlieue, avec des crédits sur le dos et un boulot de merde… Je donnerais tout pour être un simple être humain tout ce qu'il y a de plus normal. Les doigts de ma mère continuent de se glisser dans mes mèches brunes et au loin, je crois entendre des éclats de voix… Des paroles lourdes qu'elle tente de dissimuler à mes oreilles qu'elle pense encore trop innocentes pour la dureté de la meute… Sans savoir que je sais ce qu'implique d'être un loup. Rumlow, l'alpha, me l'a dit. Je sais que c'est dur et que ce n'est bien que lorsqu'on laisse le loup prendre le contrôle. L'air se fait subitement plus lourd et c'est là que je sens que tout échappe à tout contrôle. Ma mère cesse de m'étreindre et elle se relève, ses traits étant déformés par une terreur que je n'avais jamais vu chez elle.

"Le placard James….
- Quoi ?"

Se jetant presque sur le tiroir de sa table de chevet, elle tire de celui-ci un revolver qu'elle fourre de force entres mes mains, me poussant par la même occasion vers le placard mural de leur chambre.

"Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi… ?
- Pas maintenant James, je t'en prie… Cache-toi là, et promets moi de tirer si quelqu'un d'autre que moi ou ton père ouvre cette porte…
- Non…."

Face à elle, alors qu'elle me force à m'assoir de force au fond de celui-ci, me cachant derrière des cartons de chaussures et de lourds manteaux d'hiver, je sanglote, serrant contre mon coeur le revolver qu'elle m'a donné. Elle se penche vers moi une dernière fois, caresse ma joue et au travers de mes larmes, je peine à croiser son regard.

"Tu te souviens comment on fait, hein ?"

Ses ongles griffent presque ma peau et un autre sanglot douloureux m'échappe.

"Promets -moi que tu resteras caché, que tu ne feras pas un bruit… Je reviens vite… Je t'aime, James…
- Non, me laisse pas… J'ai peur !
- Je sais, je sais, mais la meute est là, elle te protège… Je reviens vite mon amour… Promis.
- Non !"

Et sur moi, elle claque la porte, m'enfermant dans ce placard qui a l'odeur du cuir et du sapin. Comme un enfant, je sanglote, écoutant les hurlements qui me parviennent depuis l'étage du dessous. J'entends des loups qui hurlent, des murs qui semblent être frappés et bien d'autres bruits que je ne veux pas identifier. Des sons plaintifs se meurent entre mes lèvres alors que de chaudes larmes roulent sur mes joues. Mes doigts se referment sur la crosse de l'arme que j'ai entre les mains et les yeux clos, je prie pour que tout s'arrête rapidement. Je prie pour que mes parents remontent rapidement et me prennent dans leurs bras… Là je pourrais m'excuser et leur dire que je ne voulais pas les traiter de monstres, que je ne voulais pas faire un caprice et que oui, je resterais à l'appartement le soir de la pleine lune… Je veux avoir le droit d'avoir une prochaine fois avec eux. En cet instant, au milieu de la poussière et des cartons, je m'en veux d'avoir eu de tels mots pour eux. Je m'en veux de ne pas avoir été plus compréhensif. La peur me fait tout regretter… Mon souffle se fait plus court et c'est quand un silence étouffant s'installe dans la caserne que je comprends que c'est terminé. Et c'est là que je me rends compte que je pleure bien trop bruyamment pour être discret. Je plaque alors ma main sur ma bouche et je me force à respirer plus lentement, espérant que ceux qui viendront ouvrir les portes de ce placard seront mes parents, et non des inconnus qui auraient pu attaquer la meute.© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 24 Juil - 14:07
Werewolves stucky You're Not As Bad As Everyone Says You AreRumlow a la réputation d'être un sale con. Vraiment un sale con. Parmi les chefs de meute de New York les rumeurs circulent, et de loup à loup on entend des choses tout sauf joyeuses et agréables sur lui. Son caractère de merde, le fait qu'il soit impulsif, voire violent. Très violent même. Et que ses colères étaient salement redoutables. On dit aussi qu'il traiterait mal, vraiment mal certains des siens, et les menacerait pour qu'ils ne pensent même pas à se barrer vite et loin. Pour couronner le tout, cet enfoiré à des envies de grandeur, pour lesquelles il n'hésite pas à avoir du sang sur les mains. Pourtant, en voyant la réaction des autres quand ce bâtard reconnaît que c'est lui qui a osé blesser mon oméga, mon compagnon, je comprends que les rumeurs sont vraies. Il est allé attaquer un membre d'une meute rivale, sur son territoire, risquant de déclencher une guerre dans laquelle ils vont se retrouvés plongés sans même avoir été consultés. Mais qui fait ça? Qui prend de telles décisions, et de tels risques? Qui va faire couler un bain de sang en mettant sa meute devant le fait accompli? Un chef doit être celui qui sait trancher et prendre des décisions, mais là, là c'est un manque de respect. C'est ne pas tenir compte des gens en face de soi, de l'avis et la vie de ses propres membres. Nier le fait qu'ils puissent avoir une volonté propre et ne les voir que comme des pantins. Ou des soldats. Je sens mon loup qui gronde déjà, l'écume aux lèvres et le poil hérissé en comprenant qu'il est celui qui a tué son compagnon.

L'un d'entre eux proteste, tente de faire comprendre à Rumlow qu'il est allé trop loin, et que jamais, jamais il n'aurait dû prendre cette décision seul. Mais rien à faire. Il reste imperturbable du haut du balcon depuis lequel il nous surplombe. Je sens la peur chez eux, l'incompréhension, alors que chez les miens, c'est la rage et la soif de sang qui gronde. Eux aussi veulent venger la mort de leur oméga, et de leur ami. Eux aussi veulent justice pour leur douleur et leur deuil. Pour avoir été amputés d'une partie d'eux-mêmes, comme moi. Et moi aussi je veux le faire payer, lui. Je veux sentir l'étincelle de sa vie s'éteindre entre mes mains autour de sa gorge, alors que je l'aurais étouffé lentement, mon regard plongé dans le sien. Je veux qu'il paie. Et je veux que plus jamais il ne fasse subir ça à quelqu'un d'autre.

Près de moi Tasha lutte pour ne pas se changer de suite, et mon loup commence à griffer en hurlant pour que je le laisse sortir. Patience. Patience! Quelques secondes! Quelques secondes et tu pourras aller boire au flot rouge de sa gorge béante. Puis c'est là qu'il lance son ordre. Sa meute. Il retourne sa meute contre nous. Il sacrifie les siens plutôt que d'assumer ses actes. Faible. Lâche! Monstre! Jamais tu n'aurais dû être alpha! Jamais tu n'aurais dû avoir la charge d'une meute! Je lève la main et je remarque que ses loups se sont arrêtés une seconde.

Rumlow, c'est entre toi et moi. Eux n'étaient même pas au courant. On va régler ça ici, et nos meutes seront témoin. Alpha contre alpha. Selon les règles.
Je m'en fous des règles Rogers! Elles ne sont bonnes que pour les caniches! Tu crois que les loups sauvages se préoccupent des règles? Hein? Tu crois qu'ils lisent sagement un code quand ils sont louveteaux!
Espèce d'enfoiré! On est plus que de simples bêtes. Enfin quand je te vois, je me dis qu'il y en a un de nous tous qui a arrêté d'évoluer pendant que les autres ont continué!
New York sera à moi! Tu entends? A moi!


Puis je le vois s'agripper à la rambarde et pousser un rugissement féroce, ses yeux jaunes remplaçant ceux de l'humain. Ses loups se retournent vers nous et se rapprochent alors que je recule d'un pas. Le loup hurle et bondit, luttant pour sortir, prendre ma place, et se battre. Lui aussi veut du sang. Un membre de sa meute s'approche, les yeux verts brillants, et tente de me coller une droite. Je lui en retourne une, et je commence à esquiver ses coups, même si je n'arrive pas à les détourner tous. Je chancelle quand je me prends un crocher dur comme un coup de marteau qui me fait siffler le tympan, et me remets en position de défense. Le souffle court, j'entends le bruit de l'affrontement autour de moi, les gémissements, les cris, les coups. Mais je ne peux pas le quitter du regard une seconde. Il se bat bien. Par chance, je manque de trébucher sur une planche, et je la ramasse in extremis. Me voyant armé, il hésite mais une force le pousse à revenir vers moi, et à attaquer brutalement. On lui a dit de frapper, il frappe. Sans réfléchir. Sans stratégie. Tant mieux pour moi, j'arrive à le déséquilibrer et je lui assène un coup de plancue sur le côté de son visage. Sa tête bascule sur le côté, une gerbe de sang jaillit de sa bouche avant qu'il s'effondre sur le sol, inconscient.

Je relève enfin la tête et regarde autour de moi. La bataille fait rage, et les miens tiennent le coup. Puis je vois que Rumlow est encore sur son balcon, comme un empereur romain au cirque. Je laisse tomber la planche et l'appelle, tout en ôtant mon manteau et mes chaussures.

Alors connard, trop froussard pour te battre en face d'un vrai alpha qui va te coller une trempe? C'est tellement plus facile de t'en prendre à un oméga seul! J'imagine que pour que tu te comportes comme ça, la taille de ta bite doit être inversement proportionnelle à la taille de ta bite. Tu prends une pince à épiler pour pisser sale enfoiré?
Rogers ça va être ta fête. Et les autres, VOUS VAINCREZ OU VOUS PERIREZ!


Puis d'un bond souple il se perche sur la rambarde. Je sens ma chemise qui craque. Et dans mes poings serrés je sens les griffes qui s'allongent et qui s'enfoncent dans mes paumes. Je le fixe, alors qu'il bondit sur moi. Le choc est violent, il me frappe comme une enclume, me plaquant contre une voiture dont j'enfonce le flanc et dont les vitres explosent sous le choc. Du verre pleut sur mes épaules alors que je fais une roulade avec lui sur le sol, puis recule. La bête est tellement furieuse que la transformation est brève. En quelques secondes mon loup est là, et commence à courir vers Rumlow, se débarrassant rageusement des lambeaux de tissu qui restent sur son pelage. Rumlow est plus lent, et une seconde, c'est tout ce qu'il faut pour qu'il lui saute à la gorge alors que cet enfoiré est en pleine transformation. Sous ses crocs il sent que le corps de sa proie change mais peu importe, il verrouille ses mâchoires et serre, serre encore. Il soupire de plaisir en sentant le sang jaillir de la chair qu'il maltraite, mais un violent coup de griffe le force à lâcher prise et il recule, fouaillant de la queue et les babines rougies de sang. Il lui tourne autour, cherche une attaque. Par deux fois mon loup esquive, ne laissant l'autre que claquer des mâchoires de frustration mais il finit quand même pas le blesser à l'épaule. Mon loup hurle, et sa rage redouble. Puis enfin il trouve une opportunité, et attaque encore sa gorge. Sauf que cette fois rien ne le fait lâcher. Il serre, serre toujours plus fort, indifférent au bruit, à l'agitation autour de nous. Il serre, déchirant la chair de sa gorge, broyant sa trachée, son sang épais collant son pelage brun. Il secoue la tête pour faire jaillir le sang plus vite, et en finir avec tout ça. L'autre se débat comme il peut mais c'est trop tard. Ses mouvements se font plus mous, plus lâches. Puis il ne bouge plus du tout. C'est seulement quand il ne respire plus que mon loup lâche enfin et recule. Il est content. Le sang a coulé, et le coupable a été puni. Justice a été faite.

Il me laisse reprendre le dessus, et je me redresse, le corps nu maculé de sang. Autour de moi la bataille fait rage, même si je remarque que...que quelque chose change. Sa meute s'arrête. Peut-être ont-ils compris qu'ils n'avaient plus besoin de se battre? Que le combat était terminé? Notre vengeance ne concernait que Rumlow. Les autres n'y étaient pour rien et n'avaient pas à payer pour ses fautes. Je pousse un hurlement pour attirer l'attention et tout le monde se tourne vers moi. Il y a des blessés, quelques uns sont inconscients, mais Rumlow est le seul mort.

Cessez le combat, tous! Votre chef a payé sa faute, mais nous ne voulions que son sang. Vous n'aviez rien à voir dans sa trahison, et vous aussi il s'est joué de vous. Nous allons partir, et vous laisser choisir votre nouvel alpha.

Sam s'approche, la lèvre en sang et se tenant le bras. D'un regard j'observe mes troupes. Des blessures superficielles. Peut-être un os ou deux de cassé, des points de suture. Rien d'extraordinaire. Tant mieux.

On rentre tout le monde...

Je tourne les talons et j'aide Wanda à marcher alors qu'elle boitille. On s'éloigne vers la porte, épuisés, alors que dans mon dos j'entends leur meute qui remonte dans les étages. Enfin...pas tous. Un choc sourd me fait tourner la tête. Une femme de leur meute a pris la planche que j'avais utilisée, et elle a commencé à frapper un des membres inconscients sur le sol.

Putain mais qu'est-ce qu'elle fait? Clint arrête là!

Sauf qu'une seconde plus tard une détonation retentit derrière une des portes fermées. Et mon sang se glace. Brusquement je comprends le sens des dernières paroles de Rumlow. S'il était vaincu, ils périraient. Eux mêmes périraient. Ce salaud les avait obligés à se suicider! Oh mon dieu!

Empêchez les de se faire du mal! Vite! Fouillez tous les appartements! Empêchez les de se tuer!

Clint saisit la femme à bras le corps mais elle hurle et se débat, tendant les mains vers la planche. Avec les autres on grimpe et on défonce les portes. Sauf que partout c'est le même carnage. Il n'a fallu que quelques secondes pour voir des cadavres, partout. Tous se sont suicidés, ou sont en train de mourir. Armes à feu, armes blanches, le sol et coloré de rouge. Là c'est un type qui a bu une bouteille d'acide et dont les lèvres fondent alors que ses hurlements envahissent la pièce. Je lui brise le cou pour abréger ses souffrances alors qu'on passe d'appartement en appartement, séparés pour tenter d'en sauver le plus possible. Certains ont sauté par la fenêtre et sont maintenant sans vie sur le trottoir. Des corps. Des corps partout. Une boucherie. Une vraie boucherie. Une rage sourde irradie dans chaque fibre de mon corps à l'idée que ce salaud est allé jusque là. Il les a tous emportés avec lui. Il a ruiné toutes leurs vies. Chaque porte amène son lot de nouveaux cadavres et je m'arrête, vêtu d'un short et d'un pull que j'ai trouvé dans un des appartements.

On dégage. On peut plus sauver personne...
Ok on rentre. Putain quel salaud...


Mais alors qu'on commence à redescendre les marches, Tasha s'arrête.

Attendez. Il y a quelqu'un!
Comment ça? Un loup a survécu?
Non... un humain. Il y a un humain.


Je la suis alors qu'on grimpe à l'étage supérieur, et on enjambe le cadavre d'une femme dans le salon, avec un couteau dans le ventre. Maintenant je sens moi aussi cette présence, et j'entre dans une chambre à coucher. Il n'y a personne. Le placard. Je m'approche doucement et appelle d'une voix douce.

Eh...il y a quelqu'un? Je vais ouvrir le placard. Je m'appelle Steve et je ne suis pas là pour te faire du mal. Je vais ouvrir maintenant.

J'avance la main et ouvre le panneau de bois. Un gamin de même pas dix-sept ans est recroquevillé sur le sol, les joues humides de larmes, et il tient un flingue en main. Je fais signe aux autres de rester hors de sa vue alors que je m'accroupis.

Salut... je m'appelle Steve...comme je te l'ai déjà dit. Ecoute quelque chose d'horrible s'est passé ici. Est-ce que tu aurais quelqu'un qui pourrait veiller sur toi? De la famille que tu pourrais prévenir? Tu vas devoir aller vivre chez eux à partir de maintenant...

© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 687
Date d'inscription : 26/11/2014
Jeu 28 Juil - 21:12

You're not as bad as everyone says you are
Le silence semble bourdonner à mes oreilles et complètement paniqué, je serre tout contre mon coeur le revolver que m'a confié ma mère comme si c'était la seule chose de tangible autour de moi. Je tremble et une main sur ma bouche, à tenter de me faire ravaler autant mes larmes que ma respiration trop bruyante, j'écoute ce silence qui n'annonce rien de bon. Les battements de mon coeur ne semblent pas vouloir se calmer tandis que je panique, ne comprenant pas comment la meute peut être subitement si silencieuse… Ça fait… Ça fait quinze ans que je vis parmi eux, quinze ans qu'ils m'élèvent alors je sais qu'ils ne savent pas être silencieux… Si ce n'est pas Rumlow qui gronde, c'est Sylvia que j'entends chantonner en bas pendant qu'elle travaille… Le silence est une chose que les loups ne connaissent pas… La maison n'est pas un endroit calme… Rien de ce que je n'entends n'est normal. Un sanglot manque de m'étouffer tandis que je déglutis. Il a dû arriver quelque chose, sinon… Sinon je les entendrais en bas. J'aurais les échos de certains grognements, le crissement des griffes sur le parquet, Rumlow qui hurle des ordres… Mais non, je n'ai rien de ça… Tout ce que j'ai… Ce sont des pas dans l'escalier. Des pas qui me font retenir ma respiration, me plongeant alors dans une attente qui me dévore et me fait me poser des questions que je ne voulais pas me poser. Est-ce ma mère ? Mon père ? Rumlow ? Et si c'est un autre membre de la meute qui vient m'annoncer une mauvaise nouvelle ? Qu'est-ce que je suis censé faire ? Tirer quand même ? Et si c'est quelqu'un d'autre ? Un inconnu ? Je dois l'abattre et me mettre à courir ? Mais pour aller où ? Contre la paume de ma main mon souffle se fait de plus en plus court au fil des pas qui se rapprochent. Je ferme les yeux et ravale une plainte tandis que mes larmes qui roulent sur mes joues se font brûlantes. Quelqu'un passe la porte et je me mords l'intérieur de la joue pour ne pas hurler quand la voix que j'entends est celle d'un inconnu. Non… Non. Je ferme les yeux et commence à prier pour un dieu dont je ne me suis jamais soucié jusque-là. "Je vous en prie….  Je ne mérite pas pas ça, ni même mes parents, je suis jeune, ça ne peut pas m'arriver à moi… Je suis encore trop jeune et j'ai rien fais de mal… Je vous en prie… Pitié." Voilà les pensées ridicules que je hurle dans mon esprit alors que la voix se donne un prénom et une intonation rassurante. Il est devant le placard. Je me recroqueville et pointe du canon la porte qu'il veut ouvrir. J'aimerais me rassurer et me dire que si il ouvre, je vais lui faire la peau mais avec les sanglots qui secouent mes épaules et font trembler ma main, je sais que je vais le rater… Ma seule chance, c'est que "Steve" ouvre le placard et ne me voit pas. Sauf qu'il va me voir. J'ai quinze ans et tout les manteaux d'hiver du monde n'arriveront pas à me rendre invisible face à un homme qui va sûrement vouloir me tuer. Un son plaintif m'échappe et je me retrouve à plisser les yeux quand il ouvre la porte. Un autre cri étranglé m'échappe tandis que je contemple le dernier visage de ma courte existence. Je tente de maintenir le canon de mon arme à la hauteur de son visage mais c'est trop dur… J'ai bien trop peur. Je crois que je serais plus petit, je me pisserais presque dessus… Mais j'ai quinze, j'ai de la dignité même face à la mort et surtout un meilleur contrôle de ma vessie. "Steve s'accroupis face à moi et si il parle, je n'écoute rien, ne voulant pas nourrir un peu plus la peur qui paralyse actuellement mon être. Mon index sur la détente, je croise son regard et retire enfin ma main de ma bouche, faisant ce qui est sûrement le dernier geste de mon existence. J'appuie sur la détente.

Rien.

L'arme émet un cliquetis mais pas de détonation. Ma main tremble de plus en plus et je panique. C'est trop tard maintenant, il sait ce que je comptais faire et il va tenter de me tuer… C'est la fin putain, la fin. Il va m'égorger ou me dévorer ou peut-être même me tirer une balle, j'en sais rien, mais c'est la fin. Je tente de serrer mes doigts autour de la crosse du revolver mais celui-ci me glisse d'entre les mains et termine au sol alors que comme un gamin je commence à sangloter bruyamment, laissant échapper des plaintes digne d'un animal blessé.

"Je vous en prie ! Me tuez pas ! Je veux pas mourir ! Je suis trop jeune ! J'ai rien fais, je ne veux pas, je veux pas mourir ! Je suis qu'un gamin… ! Je suis humain ! Me tuez pas !"

Contre le fond du placard je me recroqueville un peu plus et n'arrive plus à retenir les hurlements qui m'échappent. Ça aurait dû être ma mère ou mon père qui auraient dû ouvrir cette porte et me prendre dans leurs bras pour me consoler et me dire que tout va bien… Et pas Steve qui va sûrement mettre fin à mes jours parce qu'il me pense être un membre de la meute.

"Pitié ! Laissez-moi juste retrouver mes parents, je ne dirais rien ! Je veux juste rester en vie et retrouver ma vie d'avant ! Je ne veux pas aller chez des gens ou quoi… !  Pitié ! C'est chez moi ici ! C'est ma maison… Tout ceux que je connais vivent ici ! S'il-vous-plait ! Laissez-moi vivre !"

Mes sanglots redoublent ainsi que mes tremblements, me faisant sûrement ressembler plus à un gamin apeuré qu'à un adolescent qui aurait dû écouter sa mère et tirer sur l'inconnu qui lui fait face.© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 31 Juil - 21:11
Werewolves stucky You're Not As Bad As Everyone Says You AreJe déteste cet horrible sentiment d'impuissance. De voir sous mes yeux et ceux de ma meute les loups de Rumlow qui se donnent la mort comme des automates. Comme dans un film au ralenti je vois tous ces loups, toutes ces personnes qui ont un nom, un métier, des goûts, des loisirs, de la famille, des amis, une vie, tout simplement, se la voir être ôtée à cause de cet alpha de malheur. Ce putain de salaud qui n'a pas hésité une seconde à sacrifier tous ceux qui l'ont servi, qui lui ont prêté allégeance, depuis des années sûrement. Tout ça il l'a envoyé balader d'un revers de la main, d'un ordre aboyé comme un autre, comme celui de se rassembler alors que la lune va bientôt se coucher, ou de se préparer à partir. Là il leur a froidement dit de se tuer, et peu importe ce qu'on fait, ça ne marche pas. Il a utilisé de toute sa puissance d'alpha pour implanter ses directives, et rien ne pourra les en empêcher. C'est un monstre. Un foutu monstre. Il n'aurait jamais dû avoir de meute. Il n'aurait jamais dû être en charge d'autres loups à part lui-même. On aurait dû le tuer avant qu'il ne prenne la tête d'une meute, ou l'envoyer vivre comme loup solitaire dans une contrée lointaine.

Pièce après pièce, appartement après appartement ce sont les mêmes visions de cauchemar. Les seules variantes sont les façons d'en finir, mais le résultats est le même. Du sang. De la violence. Du verre brisé et des lames de couteau. Des yeux vitreux que l'étincelle de la vie n'illuminera plus jamais. Jamais. Un massacre de masse alors que leur assassin est déjà mort. Personne à part un autre loup ne pourrait comprendre ce qu'on traverse à ce moment. En temps normal, les loups auraient été satisfaits d'avoir fait régner la justice et châtié les coupables, mais là... là aucun loup ne savoure sa victoire ou son triomphe. Tous pleurent des congénères sacrifiés. Et pendant ce temps on essaie de sauver quelque chose, mais rien. Il n'y a pas de survivant. Enfin, c'est ce que l'on croyait jusqu'au moment où Tasha nous prévient que nous ne sommes pas seuls. Quelqu'un a survécu. Quelqu'un a résisté. C'est elle qui a le meilleur flair de la meute et je la suis sans hésiter, pendant qu'intérieurement mon loup trépigne d'impatience à l'idée qu'il y a un rescapé. Je grimpe les marches à sa suite, et retrouve bien vite celui qu'on cherche. Un jeune garçon.

Sitôt face à lui, je comprends bien pourquoi il est en un seul morceau : il ne s'est encore jamais transformé. C'est pour bientôt, mais il n'est encore jamais devenu loup, et en ça, ça l'a sauvé. L'ordre de Rumlow n'a pas pu l'atteindre. Et étrangement, je suis d'accord avec mon loup. En trouver un vivant c'est... c'est comme une victoire. Le symbole que tout n'est pas perdu. Qu'on pourra quand même servir à quelque chose. Enfin c'est surtout mon loup qui bat de la queue, satisfait. Il voit en lui un louveteau, un jeune louveteau sans meute qu'il faut protéger. Vite. Un loup solitaire, aussi jeune, est un danger. Pourtant, le pauvre gosse est tellement terrorisé que le flingue tremble dans ses mains. J'essaie de lui parler, doucement, calmement, mettant tout mon pouvoir de persuasion d'alpha dans ma volonté de le faire quitter ce placard, et cet endroit. C'est parce que j'ai voulu régler mes comptes avec Rumlow que ce bain de sang a eu lieu. Je suis responsable de lui. Je ne peux pas abandonner un louveteau sans défense. C'est contre les règles. C'est indigne d'un alpha.

Puis, alors que je ne m'attendais pas à ce qu'il le fasse, voilà qu'il appuie sur la détente en me visant. Par réflexe j'ai porté mes mains à mon visage, car je sais qu'à moins de me faire exploser la boite crânienne où me toucher en plein coeur, je guérirai. Même si, tant que je pouvais éviter de me transformer en emmenthal, j'apprécierais. Et aussi surpris que moi par le fait que son coup rate, l'arme glisse sur le sol. Pendant une seconde je jette un oeil et je remarque que la sécurité est toujours mise. Bien. C'est pas passé loin. J'écarte prudemment le flingue du bout du pied et regarde ce pauvre garçon qui est recroquevillé dans son placard. D'un geste doux je viens poser ma main sur son bras, et le force à croiser son regard. Même s'il est jeune, peut-être que mon loup arrivera quand même à parler au sien...

Eh. Eh. Calme-toi. Calme toi. Regarde-moi. Regarde-moi. Voilà. Comme ça. C'est très bien. C'est très bien. Comme je te l'ai dit je m'appelle Steve. Personne ne va te faire du mal je te le promets. Je te le jure même. Mais il y a eu une problème. Je...

Je soupire et insiste un peu plus, pour avoir toute son attention, et qu'il m'écoute.

Mon garçon, tes parents et toute ta meute sont morts. Ils...

Il panique et tremble comme une feuille. J'échange un regard avec Tasha, qui hoche la tête. En tant que louve alpha, on a un lien spécial tous les deux, et on a pas forcément besoin de se parler pour se comprendre. Là, c'est que la vérité est trop dure pour ce gamin. Il est trop jeune pour concevoir que toute sa meute, ses parents compris, se sont donnés la mort à cause d'un ordre de leur alpha horrible. Je dois lui mentir, pour lui épargner tout ça. Quitte à ce qu'il me déteste. Presque par réflexe et sans y penser je l'attire contre moi et l'enserre de mes bras puissants, laissant le loup essayer de le calmer autant que moi. Je le berce quelques secondes avant de continuer.

Ton alpha a tué mon compagnon il y a une semaine. Ma meute et moi sommes venus lui demander des comptes. Sauf que... sauf que ça a dégénéré. Ils nous ont attaqués et on s'est défendus. Malheureusement, comme ça arrive... ta meute a été tuée dans l'affrontement. Tu es le seul survivant.

Comme je m'y attendais il me repousse violemment et commence à hurler qu'il va me dénoncer aux flics, que je suis un assassin, un meurtrier, que je vais payer, comme ma meute. Et si mon loup était doux jusque là, le fait que le petit montre les crocs ne lui plait pas du tout.

Même si tu ne t'es pas encore transformé tu es un loup. Tu sais très bien que nous avons nos propres règles! Ton alpha a tué l'homme que j'aimais et je suis venu demander justice. Les choses ont mal tourné et ça n'aurait pas dû se finir ainsi. Ecoute, en attendant de contacter ta famille, ou savoir où tu vas habiter, viens avec nous. Je te donne ma parole d'alpha qu'il ne te sera fait aucun mal. Si tu acceptes tu seras sous notre protection. On va s'occuper de toi... tu seras pas tout seul...

Je me radoucis un peu sur la fin. Sa réaction est normale, le gosse est vraiment terrorisé et en une heure il a tout perdu.

Je n'ai pas envie de te voir tout seul si jeune. On peut t'offrir un toit, une protection... Tu ne manqueras de rien...

© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 687
Date d'inscription : 26/11/2014
Dim 30 Oct - 9:59

You're not as bad as everyone says you are
Son silence m'arrache un autre sanglot, une autre plainte, tandis que du bout du pied, il me prive de ma seule chance de m'en sortir. Le noeud dans ma gorge se serre un peu plus et entre deux tremblements violents, je comprends que je vis mes dernière instants et que le mec face à moi, qui dit s'appeler Steve, va se contenter de terminer le boulot en m'achevant. Je tente de reculer, de m'échapper un peu plus, geignant à l'approche de ma fin. J'ai pas envie de crever, ce serait pas juste, parce que j'ai pas eu le droit ou la chance de vivre ce que les autres auront ou ont eu le plaisir de faire. Je connaîtrais jamais mon bal de promo, la fac, le quotidien et le fait de vieillir. Moi je veux avoir le temps de m'ennuyer, de me voir devenir vieux et d'avoir la chance de vivre mes rêves. Y'a tant de trucs que j'ai pas encore fait et c'est trop tôt putain pour que j'y passe. Et c'est pour tout ça que je presse un peu plus mon dos contre le fond du placard, espérant je ne sais trop comment que je vais lui échapper et m'en sortir. Je pourrais essayer de gagner du temps, dans l'espoir qu'on vienne m'aider mais j'ai pas l'esprit assez clair pour penser à ça, à vrai dire, je peine à penser à grand chose. La seule chose qui m'obsède, c'est cette crainte d'y passer. Cette terreur qui me fait marchander en silence avec des forces, un destin qui se foutent de ce que je suis, cette angoisse qui me fait promettre et supplier pour un peu de temps supplémentaire sur cette planète. "Je promets que j'userais plus correctement de mon temps, que je perdrais plus mes journées à traîner, à paresser ou à faire des trucs inutiles. Je ferais tout pour vraiment vivre ma vie et pas simplement la gâcher à rien foutre.", voilà ce que je me répète comme un désespéré tandis que "Steve" tend une main vers moi, m'arrachant de ce fait un autre hurlement alors que nos regards se croisent. J'ai envie de le supplier mais tout ce qui m'échappe c'est un cri inarticulé, une plainte sourde qui vient de mes tripes. Je m'attends à ce qu'il me fasse taire de force et à ma plus grande surprise, il se contente de simplement toucher mon bras et de tenter de me rassurer. Abasourdi, je le regarde, le museau humide et les joues trempées tandis qu'il espère me faire croire que tout va bien et que personne ne va me faire de mal. Paniqué, je peine à le croire et quand il m'annonce que toute la meute est morte, je retiens mon souffle.

Ils sont morts. Non. Putain de merde. Non.

Ils ne peuvent pas. Ce n'est pas possible, il… Il raconte n'importe quoi. Je ne peux pas avoir perdu ma famille d'un claquement de doigts. Rumlow disait que… Que la meute était puissante, presque invincible… Que personne ne pourrait la détruire… Je… Je commence à avoir du mal à respirer, comme un asthmatique je tente de retrouver mon souffle, en vain. J'ai l'impression de me noyer dans ma propre angoisse, de m'étouffer avec mes larmes et les fragments de mon coeur qui arrive pas à accuser la perte de mes parents et le deuil que je vais devoir faire. J'ai envie d'hurler à nouveau mais rien ne me vient. Juste un putain de silence et des sanglots étouffés. Mes poumons commencent à me brûler et ma gorge se fait douloureuse au possible. Je vais claquer à mon tour. C'est la fin. Ou alors je vais me réveiller. Je sais pas. Je sais plus. J'ai juste envie que tout ça prenne fin. Je ne fais presque plus attention à sa main qui est sur mon épaule tant le choc est trop dur à accuser. J'ai la tête qui tourne, le sang qui se glace dans mes veines et le coeur au bord des lèvres. En une soirée, peut-être une heure à tout casser, j'ai tout perdu. Mes parents, ma famille, la meute et tout ce qui s'y rattache. Je me sens devenir pâle tandis que lui m'explique les raisons qui l'amènent ici. Il dit qu'il venait pour l'alpha pour régler des comptes… Et que dans son envie de se venger, il a mêlé la meute en la massacrant et que n'ayant pas encore changé, j'ai été protégé de tout ça. D'un coup, je le repousse et croise son regard, ne sachant plus si je tremble de rage ou de peur désormais. Tout ce que je ressens, c'est une profonde injustice qui enfin me permet d'avoir des hurlements que l'on peut au moins comprendre.

"Tu… Ils n'auraient jamais attaqués ! TU MENS ! Ils ne sont pas comme ça ! Jamais mes parents ou les autres… ! Ils… !" J'ai un sanglot avant de reprendre. "T'es juste un putain de meurtrier ! Un assassin ! T'as tué mes parents juste pour une connerie de trucs d'alpha ! T'es qu'une bête ! Un monstre, comme Rumlow l'avait dit !" Jamais mes tremblements ne cessent et les poings serrés, je lui crache au visage tout ce que j'ai sur le coeur. "Toi et ta meute, vous m'avez tout pris ! C'était ma famille ! Sans eux j'ai plus rien ! Je… Je devrais appeler les flics et tous vous dénoncer, histoire que vous payez !"

Mais ça ne semble pas lui faire peur. Loin de là. C'est même tout le contraire, il semble s'agacer en me rappelant que les loups ont des règles et que si tout ceci est arrivé, c'est à cause de putain de règles à la con qui ne me concernent même pas. La mâchoire serrée, j'ai envie de lui répéter que je suis humain mais à quoi cela servirait-il ? Il serait du genre à me dire comme les autres que je suis un loup en devenir et que je me transformerais un jour ou l'autre. Mais là où il me fait réellement sortir de mes gonds, c'est quand il ose me dire que je peux rester avec eux le temps que je contacte ma famille. Furieux je montre presque les dents alors que je tente de le repousser.

"Je n'ai personne à appeler à part les flics ! Tu comprends pas ?! Tu comprends pas que dans ton envie de faire l'alpha et de te venger tu as détruis tout ce que j'avais ! J'ai plus rien ! Plus personne ! Je…. Je suis tout seul ! TOUT ! SEUL !"

J'ai pas envie de recommencer à pleurer devant lui, mais j'ai pas non plus envie de paraitre brave. Parce que j'ai que quinze ans et que j'aimerais ma vie soit simple. Que mes plus gros soucis ce soit mes contrôles au lycée et savoir si je vais avoir le courage d'inviter Sally, la capitaine des cheerleaders au bal avec moi. Pas d'être là à hurler sur l'inconnu qui a ruiné toute ma putain d'existence.

"Je ne suis pas un loup ! J'suis un pauvre humain qui se retrouve sans rien à cause d'un monstre comme toi ! J'ai nulle part où aller ! Tu comprends pas ?! NULLE PART ! Je vais sûrement terminer dans la rue ou dans un orphelinat de merde à…. "

À je ne sais pas quoi justement. Je couvre mon visage de mes mains, réalisant réellement pour la première fois que je n'ai plus rien, plus d'avenir ou quoi que ce soit. J'ouvre la bouche comme pour crier mais je ne produis aucun son, me contentant alors d'un murmure.

"À crever dans un coin parce que j'ai plus rien. Toi et ta meute… Vous avez foutu ma vie en l'air putain… Toute ma vie."

Et là, alors que je croise à nouveau le regard de l'alpha, je réalise que préférais peut-être être mort en cet instant plutôt que d'avoir à vivre avec cette non-existence qui va être la mienne.© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Ven 4 Nov - 18:52
Werewolves stucky You're Not As Bad As Everyone Says You AreJ'aurais aimé le tuer tout de suite. J'aurais aimé régler ça seul à seul avec lui, sans que cet enfoiré décide de sacrifier toute sa meute au profit plutôt que d'assumer son erreur comme un brave, comme un chef. Intérieurement mon hurle de frustration et de rage de ne pas avoir pu les sauver, même s'il n'était pas leur alpha. Pour lui, ils auraient dû être épargnés, tous. A part Rumlow. Lui seul devait mourir, et payer le fait qu'il nous a ôté notre cher compagnon. Qu'il nous a pris Damen, qui était l'amour de ma vie, et dont le loup s'était curieusement uni au mien. On était les deux parties d'un tout et je ne pensais pas pouvoir connaître autant de paix et de plénitude en tant qu'alpha. Et je n'aurais pas connu tout ça, sans lui. Il est...était pur comme l'eau d'une source et joyeux comme un rayon de soleil. Il aimait aider les gens, les soigner et les voir se rétablir. Il avait toujours un mot gentil pour tout le monde, et un sourire qui arrivait à vous réchauffer jusqu'aux os et qui vous faisait sentir une personne extraordinaire. C'est ce qu'il était, et chaque jour, quand je le voyais, pieds nus et le museau plein de peinture, installé dans un fauteuil à dessiner, ou quand il avait l'air tellement concentré en préparant un gâteau, je me disais que j'avais une chance de dingue de l'avoir. Et j'ai...une chance de dingue de l'avoir connu. Trop peu de temps, mais j'ai au moins eu la chance qu'il entre dans ma vie... il était comme une météorite qui brillait bien trop et bien trop fort pour que ça puisse durer. C'était trop beau...

Je me rappelle encore le jour où il est venu. Je venais de prendre la tête de la meute et j'étais encore un tout jeune alpha impulsif et à fleur de peau. Je voulais me différencier des autres alphas que j'avais connus, je voulais...changer les choses, ne pas tout imposer par la violence, et surtout...vivre avec notre époque et virer tous ces rites du Moyen-Age. Je venais d'entrer comme avocat junior dans un grand cabinet, enfin...comme larbin surdiplômé qui devait faire tout le boulot pour un avocat associé avec un salaire à six chiffres... on galérait tous un peu...Wanda n'était pas encore arrivée, il y avait encore Fury. On était tous des gosses. Enfin sauf Tony qui était quand même plus vieux que moi mais on s'en fout. On était tous dans l'ancien siège de la meute, un vieux bar qu'on louait une misère parce qu'il était complètement vêtuste, et qu'on n'ouvrait jamais au public. On habitait dans des endroits différents alors, pas très loin, mais Clint par exemple, était à l'autre bout du quartier, et il fallait bien vingt minutes de marche pour aller de son appart au mien. On se retrouvait une fois par semaine pour picoler et parler de ce qu'on allait faire, des trucs à mettre en place et autres. Tout le monde était content de ma vision des choses, de l'idée de pas fonctionner comme nos parents, et on discutait tranquillement autour d'une bière quand on a toqué à la porte. Scott a gueulé par dessus son épaule qu'on était fermés, mais une voix douce a simplement répondu qu'elle aimerait parler à l'alpha. On s'est tous regardés, avec des yeux ronds, et je me suis levé, suivi par Sam et Tony. On a ouvert et c'était Damen.

Il venait de trouver un boulot ici et il voulait intégrer une meute. On n'avait pas d'oméga alors, parce que l'alpha que j'avais battu, Pierce, avait emmené le sien avec lui. Dès qu'il s'est tenu en face de moi j'ai été submergé par son calme et sa douceur... et sans me poser de questions je l'ai fait entrer. Il a demandé à pouvoir se joindre à nous,et au bout de la soirée, quand on a appris à le connaître un peu mieux, on a décidé qu'on l'accepterait à l'essai. Les autres sont partis ensuite, mais pas lui, et on a passé une bonne partie de la nuit à discuter de tout et de rien. Je m'étais jamais senti aussi bien... Deux mois après il emménageait avec moi... et là... là mon lit vide, les armoires, les placards encore pleins de ses affaires hurlaient son absence et je tenais le coup je sais pas comment. L'énergie de la meute, qu'ils m'envoyaient autant qu'ils pouvaient, c'était une évidence... Et quand je vois ce pauvre gosse terré dans son placard, avec un flingue dont il sait pas se servir entre les mains, je me dis que les autres meutes devraient changer, elles aussi, pour que des destins comme celui de ce gamin soient pas brisés. Faire changer les choses. Il se met à hurler et si mon loup grogne à l'idée qu'on ne lui obéisse pas tout de suite et qu'on me tienne tête, ma partie humaine comprend ce qu'il vient de vivre. Jusqu'au moment où il commence à hurler que je suis un monstre, un assassin, et que Rumlow les avait déjà tous montés contre nous. Contre moi. Ma compassion s'efface pour que la colère gagne les deux parties de moi et je tape du plat de la main sur le chambranle du placard en un bruit sourd, laissant l'impact de ma main sur le bois fendillé.

Cesse! Tu ne sais pas ce qui s'est passé et ce qui s'est dit! Alors tu n'as pas le droit de juger! Ton alpha était un mauvais alpha qui a fait des choses indignes. Et il vous a mentis, à tous. Alors maintenant tiens ta langue.

Les flics... la bonne blague. Ils ne comprendront pas et ne comprendront jamais. Pour eux, ils verront juste un suicide de masse, un truc de secte à la Manson Family. Jamais ils ne soupçonneront autre chose qu'un groupe de gens tombés sous l'influence d'un connard comme Rumlow et qui se sont fait sauter la caboche parce qu'il leur aurait annoncé la fin du monde ou l'arrivée des aliens. Ils peuvent venir, jamais on ne nous associera à ça. Aucun de mes loups n'a levé la main sur eux. Il n'y a que moi qui ai tué Rumlow et ça je l'assume plutôt deux fois qu'une. Je me calme un peu en voyant le gamin aussi perdu, qui montre les crocs comme n'importe quel chiot effrayé.

Tu sais très bien que la police ne croira pas tout ça. Personne ne te croira. Je suis désolé d'apprendre que tu seul, mais encore une fois, je t'invite à nous suivre. Notre base est grande et tu aurais ton propre appartement. Tu serais sous notre protection jusqu'à ce que tu te transformes pour la première fois et que tu décides quoi faire. Réfléchis... qu'est-ce qui va arriver si tu n'as personne pour te guider lors de ta première transformation? Qu'est-ce qui risque de se passer pour toi? On t'offre un toit, une protection et de l'aide pour que tu deviennes correctement un loup...entouré et guidé. Et je pense que tes parents n'auraient pas aimé que tu sois seul pour affronter tout ça... Et arrête de dire que tu n'es pas un loup... Je le sens d'ici... la bête est proche et ta première transformation arrivera bientôt. Deux ou trois lunes tout au plus... maintenant la question est... où veux-tu te trouver quand ça arrivera? Au sein d'une meute qui sera là pour veiller sur toi et t'accompagner dans ce moment difficile? Ou seul avec des inconnus qui n'y connaissent rien et qui ne pourront pas t'aider si tu en as besoin?

© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 687
Date d'inscription : 26/11/2014
Sam 3 Déc - 22:35

You're not as bad as everyone says you are
J'entends le bois craquer sous la paume de sa main qui s'abat violemment sur le chambranle de la porte et me recroqueville un peu plus, sentant monter en lui une colère que j'ai déjà vu dans le regard de Rumlow. Une rage sourde, venant sûrement de la bête qui vit en son coeur et qui dicte ses pas. Un gémissement m'échappe alors que je tente de le fuir un peu plus, craignant qu'il s'emporte et n'en vienne à me faire du mal. C'est pourquoi, presque docilement, je m'écrase face à cette fureur et reste silencieux face à cet homme que je vois encore comme la bête qui sur un coup de tête et d'un coup de crocs, vient de réduire à néant mon existence. Par simple désir de... De je ne sais même pas quoi, il a décidé de tuer autant mon foyer que mon avenir... Par simple pulsion égoïste, il vient de foutre en l'air la vie du gamin de quinze ans. Mais je tiens ma langue, me retenant de lui cracher ça au visage, de peur qu'il se dire que finalement, j'suis plus un témoin gênant qu'autre chose, et que vu le massacre qu'ils viennent de faire, un de plus ou de moins, ça ne fera pas grande différence aux yeux des flics qui se diront sûrement qu'on était juste membres d'une secte un peu obscure et que par peur de la fin du monde, on a préféré mettre fin à nos jours pour retrouver notre Dieu ou je ne sais trop quelle autre connerie. Et "Steve" le sait. Il sait que personne ne croira un traître mot de ce que je pourrais raconter. Il sait que si je l'ouvre, je suis bon pour une visite chez le psy ou pire, pour un aller simple à l'hôpital psychiatrique. Il est pas con et il me le fait savoir. Les yeux baissés, toujours coincé et à moitié dissimulé dans les manteaux de mes parents, je l'écoute m'asséner la vérité que je ne veux pas avaler. La mâchoire verrouillée et les doigts crispés sur mon jean troué, je fais non de la tête quand il me demande de réfléchir à ce qui va se passer quand je devrais faire face à ma première transformation sans l'aide de personne. Rien, parce que j'aurais pas besoin d'aide, car y'aura pas de changement, pas de loup à laisser sortir, pas de douleur à ressentir. Je vais fêter mon seizième anniversaire, la lune va pointer le bout de son nez et je resterais humain. Parce que je le suis. Je ne suis pas comme eux. Je ne suis pas un monstre en devenir. J'suis normal. J'suis Buck, un simple gamin de quinze ans complètement paumé pour l'instant et depuis moins d'une heure, orphelin. Je fais à nouveau non de la tête quand il me parle de mes parents, puis quand il insiste sur la bête qu'il dit sentir en moi. Un tremblement secoue à nouveau mes épaules, alors que perle au coin de mes yeux, d'autres larmes prêtes à accompagner le sanglot étouffé que je tente de contenir. Dans deux, trois lunes, y'aura que dalle. Je le sens pas. Je sens pas le monstre en moi. J'ai pas de voix comme les autres, ni d'impressions ou de sensations... Dans le coeur et la tête, y'a que moi... Moi et moi seul. Le loup, il existe pas. Il court pas dans mes veines ou quoi. J'ai aucun des symptômes du futur loup-garou... J'suis juste un gamin qui veut qu'on arrête de le saouler avec ces conneries de meute et d'alpha...  Puis vient la question, l'ultimatum presque qu'il m'impose. Une larme roule sur ma joue alors que je me recroqueville un peu plus.

"J'en sais rien..."

J'en ai aucune putain d'idée. Je suis censé faire quoi ? Changer de meute, accepter que les meurtriers de mes parents deviennent ceux qui vont m'élever et me protéger ? Ça a pas de sens putain. Steve lui-même devrait se rendre compte que c'est complètement tordu de réfléchir ainsi... Il... Il devrait m'aider ou je ne sais pas... S'en vouloir vraiment, me dire qu'il est désolé, qu'il va tout arranger pour moi et là... Là il me fait comprendre que j'ai le choix entre les services sociaux et sa meute peuplée d'inconnus probablement complètement psychopathes pour avoir ainsi massacré ma famille en une nuit, en me disant que c'est à moi de choisir mais que si j'y réfléchis bien, je serais plus en sécurité avec eux et qu'ils pourront m'aider le jour de ma non-transformation. Les secondes passent, égrenées par les battements affolés de mon coeur, et comprenant que ce n'est pas ce qu'il voulait entendre en cet instant, je pose mes mains sur mes oreilles, enfonçant mes ongles dans la peau fine de mon crâne.

"Je sais pas, je te dis ! Je ne sais pas !"

Les sanglots, les larmes et la peur remontent, me laissant tremblant, à moitié en train d'hurler ce qui se déverse dans mes veines et d'entre mes lèvres.

"Je ne sais pas quoi faire, ni penser ! J'en sais rien ! J'en sais foutrement rien ! Je ne veux pas changer ! Je ne veux pas d'une nouvelle meute ou quoi ! Je veux que ce cauchemar cesse et que je me réveille !"


Mais c'est trop tard. On revient pas en arrière et... C'est mort. Tout n'est plus que poussière, et cet alpha, cette meute, c'est ma seule chance. Parce que seul, je ne sais pas où j'irais... J'ai tant eu l'habitude d'évoluer parmi les loups que je connais pas grand monde en dehors de cet endroit... Alors certes, j'ai bien des potes, mais je pense pas que leurs parents vont vouloir me faire une place sur le canapé pour plus d'une nuit... Quant au reste... A qui je pourrais me confier ? Mes profs ? Hors de question. Les flics ? Ils vont me refiler aux services sociaux, qui en auront pas grand chose à foutre de ce que je veux... Tout ce qu'ils voudront, c'est me caser dans une famille et prier pour que je ne tourne pas mal. Alors ouais, à l'instant t, coincé dans ce placard, Steve est ma seule porte de sortie. Et même si tout est de sa faute, il est au moins là pour me dire qu'il va essayer d'arranger le coup et me donner un semblant d'existence, plutôt que simplement y mettre un terme. Je renifle une fois ou deux avant de lever les yeux vers lui, et d'essuyer mes larmes d'un revers de la main, tentant par ce geste ridicule de passer pour un brave. "J'ai pas peur de toi" semble dire mon regard là où ma posture indique clairement que j'ai plutôt besoin qu'on vienne me prendre dans ses bras, mais c'est pas grave. "Tu peux paraître frêle, mais moi je sais que t'es un battant mon Bucky." m'avait dit un jour Rumlow. Alors c'est ce que je vais être. Un battant. J'suis peut-être pas un loup et encore moins un monstre comme eux, mais je peux montrer les dents moi aussi, je peux leur faire voir ma rage de vaincre et ma fureur de vivre.

"Tout ça là... C'est de ta faute et celle de ta meute. Alors c'est le moins que vous puissiez faire que de m'accueillir chez vous et me filer ce dont j'ai besoin. C'votre devoir et c'est ta responsabilité d'alpha."

Je dis ça mais c'est toujours le bordel dans ma tête. J'en mène pas large et au moindre éclat de voix, je serais bon à recommencer à sangloter... Mais je ne peux pas non plus rester dans ce placard toute ma vie... Et c'est sans compter Steve qui voudra peut-être pas attendre jusqu'à la prochaine lune pour que je me décide.© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 8 Jan - 12:37
Werewolves stucky You're Not As Bad As Everyone Says You AreCe salaud l'a bien dressé, l'a bien pourri avec son idéologie qui date d'un autre temps, et qui a perverti ses pensées et ses croyances. Ce salaud qui a osé livrer une vision tellement déformée du monde à un gamin si jeune. Ce salaud qui a cause de ses principes a brisé tellement de vies ce soir, ainsi qu'un destin, celui de ce gamin terrorisé dans le placard, ce gamin qui en une poignée de minutes à peine a tout perdu et se retrouve totalement seul au monde. La rage bout en moi et mon loup montre les dents, au point de ne pas faire preuve de toute la douceur et la compassion nécessaire envers lui. Envers le rescapé qui n'a plus personne. Damen... si seulement tu étais là. Toi tu avais le don d'empathie, plus que nous tous. Tu avais la douceur et la gentillesse. Tu te serais accroupi près de lui et tu lui aurais parlé, tu lui aurais souri. En quelques secondes, en quelques mots tu aurais apaisé son coeur et ses craintes avec ta voix de miel et tu l'aurais convaincu. Avec toi à nos côtés ça aurait été facile, mais tu n'es pas là. Tu ne le seras plus jamais, et mon coeur blessé ne s'en remettra sans doute pas. Jamais même. Tu étais trop précieux et trop unique pour qu'un autre puisse prendre ta place, et personne ne pourra me donner ce que tu m'offrais. Personne ne pourras m'apporter ce que tu as amené dans ma vie. Tout ça tu l'as pris avec toi sous terre, et je me retrouve tellement vide...

J'inspire une seconde pour chasser ces pensées. Je ne peux pas m'apitoyer, l'heure est grave. Il y a ce gamin à aider, et la situation à gérer... Mon loup s'impatiente, il veut qu'on prenne le petit, qu'on le protège, qu'on le mette à l'abri, comme tout bon alpha. Son instinct de protection a toujours été tellement fort... et quand je croise le regard de ce gosse, moi aussi j'ai envie de l'aider. De l'emmener loin de cet enfer, et de tenter de lui faire vivre une vie normale, enfin... normale pour un loup-garou. J'ai envie de lui faire retrouver l'insouciance qu'il n'aurait jamais dû perdre, et que la seule angoisse dans sa vie soit celle de son futur rang et rien d'autre. Il n'aurait pas dû vivre ça. Personne ne le doit. Personne ne mérite de se voir amputé d'une partie de sa vie aussi jeune. Personne ne mérite de connaître une telle douleur. Alors je me calme, et essaie de lui expliquer qu'il a tout intérêt à venir avec nous. Pour lui comme pour nous. Pour lui car on va lui assurer protection, aide, et soutien dans tout ce qu'il s'apprête à traverser, et pour nous... s'il est seul là dehors et qu'il se transforme, sans personne pour le guider, il va faire une connerie. Il va forcément être ingérable, et on saura. S'il traine juste dehors et se fait attraper par la fourrière, comment expliquer qu'on a enfermé un chien loup le soir, et qu'on trouve un gamin terrifié et complètement nu dans la cage? Et pire, si on le voit se transformer... C'est la fin pour nous. Il ne doit pas être seul, pour sa survie et celle de toute notre espèce...

Une fois que je lui ai tout expliqué, il répond qu'il n'en sait rien alors j'attends simplement qu'il se décide. C'est une sacrée décision que de suivre des inconnus, bien que je lui ai promis qu'il ne lui arriverait rien, et qu'entre loups, il peut se fier à cette promesse. Jamais aucun mal ne lui sera fait, et jamais il ne sera trahi. Il faut pourtant qu'il accepte. Il le faut... Mais plus les secondes passent plus la panique déferle dans ses veines et il recommence à trembler et à sangloter, sa voix passant d'un murmure à un cri apeuré. Je tends la main et reprends, d'une voix plus douce et plus apaisante qu'avant, touchant doucement son épaule.

Je sais que c'est dur ce qui se passe, mais c'est dangereux pour toi de rester seul. Surtout dans cette ville. Je te fais la promesse qu'on va veiller sur toi, qu'on t'aidera, te guidera, et que tu pourras compter sur nous. Jamais on ne te trahira. Et après ta première transformation, tu pourras rester avec nous ou choisir une autre meute... Tu as besoin de gens pour s'occuper de toi...

Je sens qu'il cède, petit à petit. Que l'idée fait son chemin dans son esprit. Il a peur, il veut qu'on l'aide, il a besoin qu'on veille sur lui, et c'est normal après ce qui s'est passé. Mon loup s'impatiente, il veut qu'on le tire de là, et vite, et qu'on se barre rapidement de cet endroit de malheur. Je lui souris quand il relève enfin les yeux vers moi, posant toute ma main sur son épaule. Il a envie de protection, et j'ai presque le réflexe de l'attirer à moi, juste avant qu'il n'ouvre la bouche. Je serre les dents, me forçant à garder mon sourire même si brutalement mon loup grogne sous l'affront. On l'a insulté. On a insulté sa meute. Je l'apaise, en lui disant que pour l'instant l'essentiel est de mettre le petit à l'abri, et qu'on s'occupera de ce qu'il pense et croit plus tard. Je hoche lentement la tête et ôte ma main de son épaule pour prendre son avant-bras et l'attirer doucement hors du placard, l'aidant à se remettre debout.

On va y aller directement. Demain tu reviendras avec quelqu'un pour chercher toutes tes affaires, mais pour l'instant emmène juste de quoi passer la nuit d'accord? Tu auras le droit de prendre tout ce que tu veux pour ton futur chez toi demain... Je recule d'un pas et l'accompagne jusqu'à sa chambre, le regardant attraper quelques vêtements et autres qu'il fourre dans un sac. Les autres sont déjà en train de s'occuper du massacre mais le petit ne doit pas voir ça. C'est impossible. C'est beaucoup trop violent pour un gamin de quize ans, surtout quand ses parents sont parmi les cadavres. Alors avant qu'on sorte, je le fais rapidement se tourner ,et je plonge mon regard dans le sien, mes prunelles devenant dorées, rencontrant celles de son loup qui est là, mais encore dormant, ou presque. Je n'aime pas faire ça, je n'aime pas imposer des choses à ma meute, sans leur consentement, mais l'heure est grave. Je gronde doucement avant de murmurer.

Tu vas descendre avec moi mais tu ne verras rien. Tu ne verras ni le sang, ni les corps, rien. Tu ne reprendras conscience que quand on sera sortis du bâtiment et tu ne te souviendras pas que je t'ai dit tout ça...

Je relâche mon pouvoir et mets ma main dans son dos pour le guider dans les escaliers. Il traverse le charnier le regard vide et lointain, avant qu'on sorte enfin de cet enfer et que je lui sourie, désignant une des deux berlines qui attend, sagement garée devant leur bâtiment.

Installe toi là dedans, et bientôt nous serons arrivés... là bas on dînera et je te présenterai tout le monde dans les règles.

Les autres nous rejoignent vite, et bientôt nous retrouvons notre immeuble. Les voitures se garent au sous-sol et chacun remonte chez soi, la mine grise et le pas lourd. J'emmène Buck dans un des appartements vides, meublé simplement mais confortablement et j'ouvre la porte.

Voilà, c'est ici chez toi. Je te laisse t'installer. Tu... en général on mange tous les soirs ensemble, dans la salle à manger commune, mais si tu n'as pas envie de nous rejoindre tu as aussi ta cuisine. Je...reviens dans quelques minutes, surtout fais comme chez toi et si tu as des questions, n'hésite pas. D'accord? Tu es ici chez toi...

© 2981 12289 0[/quote]
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 687
Date d'inscription : 26/11/2014
Dim 8 Jan - 16:50

You're not as bad as everyone says you are
Pendant une seconde, j'ai peur qu'il montre les crocs et se mette à hurler, comme Rumlow pouvait le faire avec les autres quand ils osaient lui tenir tête… Mais il semblerait que comme avec mon ancien alpha, moi j'ai le droit de dire ce que je pense et de refuser de me plier aux règles que je considère ne pas être les miennes… Comme si… Comme si les alphas n'avaient aucune emprise sur ma personne… Je frissonne et me conforte avec l'idée que je suis humain, tandis que Steve, l'assassin de mes parents me fait toujours face, se murant dans un silence que je trouve inquiétant. Peut-être qu'il va me tuer… Ce serait rapide en même temps. "Les loups c'est des machines à tuer, t'sais." disait souvent Rumlow en caressant ma joue. "C'est pour ça que je suis là pour vous protéger des autres… Ils sont des monstres." qu'il répétait. Ouais, des monstres qui ont foutu ma vie en l'air et dont le chef est là, à m'expliquer la bouche en coeur que je suis comme eux et que je dois cesser de faire des caprices en répétant sans cesse que ce sont des meurtriers. Difficilement je déglutis alors qu'il retire sa main de mon épaule, préférant attraper mon avant-bras entre ses doigts immenses. Bien incapable de respirer et surtout de résister, je le laisse me faire quitter mon placard, m'arrachant d'une bien étrange manière à mes parents. "Je reviens vite mon amour… Promis." C'est elle qui devait venir me chercher. Elle qui aurait dû m'attraper par le poignet et me dire que tout va bien. J'ai un dernier regard pour les manteaux qui ne seront plus jamais portés, me disant qu'une certaine manière, on me fait dire adieu à ma vie d'avant une seconde fois.

Je me retrouve debout face à lui, et je peine à ne pas trembler même si les mots qui glissent d'entre ses lèvres se veulent rassurant, je peine à soutenir son regard, mes prunelles faisant sans cesse de bien maladroits aller-retour entre ses pupilles et le mur derrière-lui. Pour seule réponse, je me contente d'hocher la tête, me disant que c'est plutôt sympa de sa part de me laisser prendre quelques affaires et de pas seulement me traîner hors d'ici pour me jeter au milieu d'une meute inconnue. Sans un bruit, je le suis jusqu'à ma chambre, fixant le sol à mes pieds de peur que si je venais à balayer la pièce du regard, j'y trouverais un truc que j'aurais aimé ne jamais voir. Pourtant, ma curiosité me pousse à vouloir découvrir la vérité mais le simple fait de penser voir une large tache de sang du coin de l'oeil me fait avoir la nausée et presser le pas jusqu'à ma chambre. Une fois en relative sécurité dans celle-ci, j'observe mes affaires, parfaitement conscient que Steve va rester sur le pas de ma porte histoire que je tente pas un truc con comme tenter de sauter par la fenêtre de celle-ci, alors presque résigné, j'attrape le plus grand sac que je possède et je commence à fourrer en vrac des affaires dedans. J'y fourre surtout des vêtements pour commencer, n'ayant pas envie d'avoir besoin de leur demander de me prêter des trucs, puis quand j'ai de quoi tenir une petite semaine sans machine, j'attrape des trucs plus personnels… Des trucs pour me rassurer. Je chope mon bouquin préféré, Gatsby le Magnifique, puis une peluche à la con que j'ai depuis que je suis gosse, un gros husky qui a connu des jours meilleurs.. Puis j'y ajoute mon portable, mon ordinateur et je me fais une raison à propos du reste… On viendra le chercher demain. Je pousse un soupir, ferme mon sac et le porte à mon épaule, me tournant vers Steve à qui je demande d'un regard un peu piteux qu'on a intérêt à revenir au plus vite et avant que les flics ne se décident à foutre sous scellé toute ma vie. Un soupir discret glisse d'entre mes lèvres puis vers lui j'avance, le coeur lourd à l'idée de me dire que tout va prendre fin en cet instant. Je me plante face à lui, et attends, me permettant un simple froncement de sourcils quand nos prunelles se croisent et que je comprends à la couleur des siennes, que c'est son loup qui a le dessus. Mon coeur rate un battement et si pendant une seconde j'ai l'envie de fuir, je me retrouve étrangement pétrifié alors que dans mon esprit, c'est un vide qui se crée, une seconde d'oubli, un néant qui m'aspire.

Ce sont au début deux perles dorées qui attirent ton attention et viennent te tirer de ton sommeil. Difficilement, et encore trop jeune pour réellement réagir, tu remontes lentement de ton inconscience, sans comprendre pourquoi l'on peut t'appeler si tôt. Au fond de toi, tu sais qu'il n'est pas encore temps pour toi de sortir et de faire un avec l'humain, avec cet autre toi. Tu sais que tu devrais continuer à dormir et pourtant, face à l'appel de l'alpha qui veut ton attention, tu viens effleurer la surface de ton propre être pour la première fois. Tu bats des cils et entrouvre les lèvres pour l'alpha que tu penses déjà être le tien. Son odeur rassurante te fait rester et sa voix, douce et envoûtante te fais hocher de la tête à sa requête que tu trouves raisonnable. Tu ne dois rien voir, rien remarquer et ignorer ce que tu pourrais voir. Tu comprends. Tu fais ça pour l'humain. Pour cette autre partie de toi que tu dois protéger. Lentement, tu lèves la tête vers lui et sans rien dire de plus, tu frissonnes simplement quand vous vous mettez en marche. Presque maladroitement, tu fais ton premier pas, puis le suivant, appréciant cette main dans ton dos et cette présence. En sa compagnie, tu entames ta marche, contemplant alors malgré toi le carnage qui s'est produit en ton absence. Sang, corps, os, chair. Tout réveille tes instincts. Tu bats des cils, continue à marcher, évites une flaque de vermillon grâce à Steve, avant de descendre les escaliers. Tout ça te laisse indifférent. Les corps mutilés, démembrés ou abimés ne t'arrachent rien, à part une étrange sensation de vide. Tu as l'impression d'avoir perdu quelque chose, mais… Ce n'est rien. À ton prochain réveil, au vrai instant où tu viendras au monde, tu auras oublié ça. Vous arrivez au rez-de chaussée et tu te laisses guider une fois de plus, n'étant une qu'une conscience passagère qui contrôle un corps qui semble être une coquille vide. Tu ne sais pas si lui sent que tu es là mais juste avant de passer la porte du bâtiment, c'est à l'alpha que tu glisses un regard, comme pour lui montrer que tu as été là et que tu as protégé dignement ton autre toi. Tu franchis avec la porte, et voilà que tu disparais, sagement renvoyé à ton long sommeil par la conscience brouillonne et confuse de l'humain qui revient à lui.

"Moi…. Protéger." souffles-tu.

J'ai un sursaut alors que l'air frais de la nuit vient caresser mon visage. Il dévale le long de mon échine un long frisson tandis que mon sac sur l'épaule, je me retourne pour observer ce qui était ma maison, encore secoué du blanc que je viens d'avoir. Confus, je porte une main à mon front alors que Steve, soucieux de me traîner hors d'ici me désigne déjà l'une des berlines garés devant chez nous. J'hésite avant de m'approcher si j'ouvre l'une des portières pour me glisser sur l'une des banquettes en cuir, ce n'est pas parce qu'il insiste mais simplement pour fuir le reste de la meute qui déjà nous rejoint. Je m'installe et soupire, mon sac sur les genoux. Durant tout le trajet, je reste silencieux, incapable de comprendre ce qui m'est arrivé et surtout d'admettre que mes parents puissent être morts. Le front contre la vitre, je ferme les yeux, me disant que tout ceci est un cauchemar et que demain, ma mère va venir me réveiller pour que j'aille au lycée.

Mais non, on finit par arriver chez eux. Personne vient pour me tirer de ce cauchemar et impuissant, je dois subir ce qui se passe, accepter qu'il se gare réellement et qu'avec les autres il quitte la berline pendant que moi, j'hésite longuement, préférant rester sur la banquette que de foutre un pied chez eux. Malheureusement, incapable de refuser, je me retrouve à devoir suivre Steve jusque dans un des appartements vides qui reste. Tout en serrant mon sac contre mon coeur, je découvre ce qui va être mon nouveau chez moi. Un appartement vide, sans chaleur. Génial. Les lèvres pincées, je fais un pas sans lui et je me retourne pour lui faire face, me forçant à avoir un sourire de façade pas bien convaincant.

"Ouais… J'hésiterais pas…"

Je reste ainsi, à rien dire de plus jusqu'à ce qu'il s'en aille, m'offrant alors la possibilité de soupirer puis de verrouiller mon appartement. Le front contre la porte, je me mords la lèvre avant de me laisser glisser jusqu'au sol. Les genoux remontés sur ma poitrine, j'observe l'appartement froid et impersonnel qui est désormais mon chez moi, laissant passer des minutes sans rien faire d'autre que de me dire que je ne peux pas vivre ici. J'entends Steve revenir et quand il appuie sur la poignée, je sursaute, me reculant légèrement. J'ose pas lui dire que j'ai pas envie de le voir, alors je le laisse s'inquiéter et se demander ce qui passe tandis que j'attrape mon sac et file jusque dans la chambre, jetant mes affaires sur le lit avant de le défaire pour me glisser sous les draps et recommencer à sangloter, les mains sur les oreilles pour ne pas entendre l'alpha qui à travers la porte s'inquiète pour son prisonnier.© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 8 Jan - 21:10
Werewolves stucky You're Not As Bad As Everyone Says You AreIl faut le sortir d'ici, et vite. Il faut l'emmener loin de ce carnage, loin de ce spectacle de cauchemar, loin des corps mutilés et horriblement défigurés de ceux qui ont été sa famille et ses amis. Sa meute. Personne ne devrait voir ça, et il faut que je préserve l'enfant qu'il est encore, parce que s'il voit ça, s'il contemple l'oeuvre de ce connard fini, ce vrai charnier, une partie de lui va mourir. Et c'est hors de question qu'il perde une partie de son innocence et son insouciance en plus du deuil de ses parents. Il ne doit pas voir ceux qu'il aimait dans cet état, il ne doit pas savoir ce que Rumlow les a poussés à faire contre leur gré... Jamais. Ca serait trop dur à porter pour lui, alors...alors je vais ruser. Je ne vais pas lui mentir, il ne saura juste pas ce qui s'est vraiment déroulé dans ce qui était jusqu'à présent sa maison. A ses yeux ma meute sera responsable, et je pourrais vivre avec, je préfère ça au fait qu'il vive le restant de ses jours avec la vision que ses parents se sont suicidés parce que leur alpha était un taré maniaque du contrôle qui préférait les emmener dans la mort avec lui plutôt que de leur laisser la chance d'avoir un autre chef. Il préférait être empereur d'un tas de cendres que roi de rien du tout, et tous autour de nous l'ont payé. Cher. Beaucoup trop cher.

Alors que je le suis jusqu'à sa chambre, je ne peux m'empêcher de regarder autour de moi les traces d'une vie tellement simple et banale. Un appartement comme il y en a tant, plein de souvenirs, de bibelots, de photos, et d'amour. Il y a encore une heure une famille heureuse vivait ici, des parents, un adolescent. Maintenant c'est terminé, il n'y aura plus rien ni personne. De lieu de vie on passe à un lieu de mort, à un tombeau, ou un mausolée... Je vois et devine les moments partagés ici, les anniversaires, les Noëls, les repas de famille et les soirées jeux qui bientôt ne seront qu'un souvenir lointain, puis plus rien du tout. Et c'est comme ça pour toute la bâtisse. Tellement de destins brisés en si peu de temps par la volonté d'un seul, et autant d'appartements qui seront vides ce soir, qui hurleront l'absence de tellement de gens qui les avaient remplis de vie... Je préfère qu'il me déteste et qu'il me juge coupable plutôt que de vivre avec ces images qui le hanteront à jamais. Le mensonge est parfois plus doux à avaler que la vérité, et surtout il fait moins de mal... Je joue nerveusement avec les lambeaux de ma chemise déchirée, me sentant terriblement pas à ma place ici, pendant qu'il rassemble quelques affaires, et je sens ma gorge se nouer quand il fourre une vieille peluche dans son sac, entre autres choses. Un bout de son enfance qu'il emmène avec lui... Une fois que son sac est fait je m'approche pour le lui prendre mais il me dit qu'il préfère le garder.

Très bien, comme tu veux... Et une promesse est une promesse, on viendra prendre tout ce que tu voudras garder et emmener avec toi. T'en fais pas pour les flics, je suis avocat et j'ai l'habitude de bosser avec eux...

Puis on se dirige vers la porte d'entrée de l'appartement. On y est seuls tous les deux et j'utilise mon pouvoir juste avant qu'on ne franchisse le seuil. Le point de non retour. J'appelle son loup, et l'éveille pour qu'il me parle. Il réagit plutôt bien, preuve que son loup n'était pas loin, attendant sagement la première fois où il pourrait sortir et découvrir ce monde que le garçon connaît depuis quelques années déjà. Viens...viens à moi petit loup. Viens à moi et écoute moi... Au bout de quelques secondes je sens la bête arriver, remonter à la surface de son être, de son esprit, et fais bientôt connaissance avec un tout jeune loup aux yeux dorés comme les miens. Un louveteau même. Je ressens sa jeunesse et aussi sa surprise d'être là sans y être préparé, alors je le rassure doucement.

Bonjour toi... J'ai besoin de toi pour protéger ton humain. Avant qu'on sorte du bâtiment il ne doit rien voir, rien entendre et rien sentir, sinon ça lui ferait trop mal. Et toi et moi on a envie que rien de mauvais ne lui arrive, non? Bien. Tu es un bon loup. Bientôt tu pourras nous rejoindre et connaître tes frères mais pour l'instant c'est trop tôt. Aide moi, aide-le, et une fois dehors tu pourras te rendormir... Rends ton alpha fier, petit loup...

C'est le loup qui a le contrôle alors qu'on fait nos premiers pas dans le couloir, et je soutiens ce petit corps encore un peu chancelant et maladroit. L'animal n'a pas l'habitude de devoir bouger ses membres, et il est comme un nouveau-né qui doit tout découvrir... Heureusement le chemin n'est pas long et ce n'est pas une chose trop difficile que je lui ai demandée... Simplement remplacer les yeux de Buck par les siens le temps qu'on sorte, et se reposer à nouveau, pour prendre des forces avant le moment où il sortira enfin, où il rencontrera notre meute. Arrivés en bas je croise à nouveau le regard du loup et lui souris. Mon loup aussi et content de cette nouvelle recrue qui a suivi les ordres.

Tu as été un très bon louveteau, et grâce à toi ton humain a été protégé. C'est bien... tu peux t'en aller maintenant petit loup...et à bientôt...

Une seconde plus tard ce sont des yeux bruns qui me regardent, surpris d'être dehors alors que pour lui il était encore dans son appartement une seconde plus tôt. Je ne le laisse pas se poser plus de questions et on s'installe en voiture, lui seul avec moi. Soit, je comprends qu'il n'ait envie de parler avec personne, et de rester seul après tout ça... C'était d'une telle violence... et il aura besoin de temps. De temps et d'affection, deux choses qu'on peut lui donner sans problème... Puis on arrive au parking, et je le guide jusqu'à l'appartement qui sera le sien, jusqu'à ce qu'il décide ce qu'il veut faire. Je le laisse entrer, restant sur le pas de la porte après lui avoir rapidement expliqué le fonctionnement de la maison. Après un dernier sourire je le laisse tranquille, l'entendant verrouiller la porte derrière moi et s'éloigner. Fais ton deuil petit loup... fais ton deuil... tu en as besoin. Et bientôt ça ira mieux, je te le promets...

J'essaie de repasser un peu plus tard mais la porte est toujours verrouillée et je n'insiste pas, je sens juste sa peine et sa douleur derrière le panneau de bois... Je me douche, jette mes vêtements déchirés et maculés de sang et on se retrouve pour une bière avec les autres, discutant de ce qui s'est passé et de ce qu'on va faire. Puis, épuisés et les visages graves on va tous se coucher. Le lendemain je vais bosser et je jefais de mon mieux pour me concentrer, mon esprit vagabondant sans cesse sur le petit loup qui attend à la maison, terré dans son appartement à pleurer ses parents. Et je m'en veux tellement... Après mon dernier rendez vous je rentre et monte jusqu'à chez lui, toquant doucement à la porte.

Bucky? C'est Steve... Je...voulais savoir si tu te sentais d'attaque à ce qu'on aille prendre ce que tu veux. Tu n'as qu'un mot à dire et on y va ok?

© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 687
Date d'inscription : 26/11/2014
Lun 9 Jan - 12:09

You're not as bad as everyone says you are
J'ouvre les yeux, presque surpris de réaliser que j'ai finis par m'endormir. La joue contre l'oreiller et le coin des lèvres humides, je pose mes prunelles sur la fenêtre qui se trouve au-dessus du lit, contemplant alors avec difficulté le jour qui semble déjà s'être levé. Un léger grognement m'échappe et après quelques secondes, à simplement rester allongé sous les draps, vêtus encore de mes fringues de la veille. Un soupir m'échappe puis forcé de quitter ce lit, je me lève attrapant mon sac au passage tandis que je vais à la salle de bain. J'allume la lumière et découvre une pièce qui aurait pu m'arracher un sourire mais qui aujourd'hui me fait juste déposer mes affaires sur le meuble à côté de l'évier. Je me déshabille, laisse tout traîner au sol alors que je m'installe dans la baignoire, ouvrant en grand le robinet d'eau chaude. Un frisson parcourt ma peau avant que je ne règle la température et laisse ensuite l'eau remplir la cuve. Recroqueville sur moi-même j'écoute le chant et les clapotis de celle-ci, le regard dans le loin et l'esprit occupé par des choses futiles, histoire de ne pas concentrer sur ce qui est réellement grave. Je passe une main dans mes cheveux, je soupire, puis je me dis qu'il doit être tard, ou qu'au moins la matinée doit être bien avancée et que je devrais être actuellement en cours, à sûrement me faire chier en histoire ou en littérature. La surface de l'eau vient délicatement effleurer mes côtes et du bout des doigts, je coupe les robinets, m'installant ensuite de telle manière à être capable de croiser les deux bras sur le rebord de la baignoire et d'y poser ma tête, me faisant me retrouver dans une position qui est loin d'être confortable. La tempe pressée contre ma peau, et les lèvres entrouvertes, j'écoute le silence en contemplant le tapis de bain. Il faudrait que je me bouge, que je frotte ma peau et la savonne pour la débarrasser de la transpiration qui la fait légèrement coller… Mais j'y arrive pas. Je ferme une fois de plus les yeux, et je me laisse ainsi infuser, mouillant à peine mon corps. Je laisse l'eau devenir tiède et ne sors que lorsque je commence à frissonner. J'attrape une serviette, me sèche, vide la baignoire, regarde l'eau glisser dans le siphon et reste ensuite là, à contempler le vide.

Les épaules tremblantes, je laisse l'eau glisser et perler le long de ma peau, pendant que les secondes filent et s'égrènent. Je bats des cils, incapable de comprendre ce qui se passe. Je devrais bouger, faire, agir… Mais je reste là. C'est pourtant si simple d'ouvrir mon sac, de prendre des vêtements et de les enfiler… C'est pas compliqué mais je suis incapable de le faire en cet instant. Pas compliqué, certes, mais infaisable à mes yeux. Il faut plusieurs minutes avant d'être capable de bouger et d'accomplir cet espèce d'exploit que de m'habiller. La serviette termine avec mon linge sale au sol et une fois mon sac de nouveau contre mon coeur, je décide de quitter la salle de bain sur la pointe des pieds, retrouvant alors le reste de l'appartement que je n'ai pas encore réellement visité. Je balaye du regard le salon, la cuisine et une porte qui mène vers ce qui doit être les toilettes. Timidement, je commence à en faire le tour, ouvrant les placards vides comme le réfrigérateur, effleurant du bout des doigts les meubles encore neufs. Si quelqu'un a habité ici, à son départ il a pris grand soin d'effacer toutes traces de son existence, comme pour rendre cet endroit parfaitement impersonnel. Je retourne dans ma chambre, dépose mon sac au pied du lit et m'installe sur celui-ci, contemplant la chambre que j'aurais aimé découvrir décoré et peut-être encore occupé par quelques affaires de son ancien propriétaire. Je soupire à nouveau et murmure à l'attention du silence qui assis sagement dans son coin, doit bien se marrer de me voir aussi catatonique.

"M'man elle aurait fait des gaufres ce matin… Pour que j'ai pas faim à 11h pour mon devoir de sciences…" Je renifle et me penche pour attraper dans mon sac ma peluche. Je m'allonge ensuite et ferme les yeux. "Mais là, comme je suis sûrement malade, elle va venir avec de la purée au jambon…" Je murmure et malgré mon envie de pleurer, ni larmes ni sanglots ne m'échappent alors qu'à nouveau je sombre dans un sommeil étrangement profond.

C'est une voix, douce et féminine qui me fait revenir à moi. Une qui en plus de prononcer mon prénom avec une once d'accent étranger, toque à ma porte pour visiblement m'apporter de quoi manger. "Tu dois avoir faim et comme tu n'es pas descendu hier soir… Je t'ai gardé un peu de chili. Tu aimes ça ?" Mon estomac dit que oui, mais moi ? Moi je reste immobile. Je laisse les secondes filer et je me refuse à lui faire entendre et comprendre que je puisse être éveillé et donc capable de lui ouvrir. Je l'entends insister quelques instants, avant de baisser les bras pour me dire qu'elle laisse tout devant ma porte. Je déglutis, compte deux minutes avant de me lever et d'aller jusque dans l'entrée. Du bout des doigts, je déverrouille mon appartement et entrouvre la porte, vérifiant que personne n'est là avant de glisser ma main et de récupérer le bol énorme qui fume sur mon palier. Je referme et verrouille tout derrière-moi avant d'aller jusqu'à la cuisine, grimpant sur le comptoir à côté de l'évier pour m'assoir et attrapant une grande cuillère pour attaquer avec appétit le repas que la louve m'a apporté. Du bout des lèvres je le goûte et souris un peu alors que je mâche, me disant qu'il est presque aussi bon que celui de maman. Je glisse une autre cuillère entre mes lèvres et je fais taire mon estomac affamé.

Une fois rassasié, j'abandonne le bol dans l'évier et retourne me coucher, laissant la journée filer sans moi tandis que mon portable, désormais sagement posé sur la table de chevet, sonne plus d'une fois. La fin de la journée arrive, et Steve avec. Steve qui vient toquer à ma porte et qui d'une certaine façon me tire de mon lit. Steve qui est la cause de tout mes malheurs et de cette journée de merde, qui vient presque la bouche en coeur toquer à ma porte et me demander si je me sens de récupérer mes affaires. Lui sur qui j'ai envie d'hurler. Je repousse mes draps, abandonne ma peluche et m'approche de la porte que j'entrouvre à peine. Le regard terne et vissé au sol, je pince les lèvres, mes doigts crispés sur la poignée.

"Comment tu connais mon prénom ?" Je murmure doucement, relevant les yeux pour croiser son regard. "Je te l'ai pas dit…" Je soupire. "Je veux pas que tu m'appelles Bucky, y'a que mes amis qui m'appellent Bucky. Mon vrai prénom c'est James."

J'hésite, puis détourne le regard.

"Je veux bien y retourner… Mes affaires me manquent et j'aime pas l'appartement."
© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 12 Fév - 18:34
Werewolves stucky You're Not As Bad As Everyone Says You ArePauvre petit loup... pauvre gamin. Tu ne sais pas ce qui s'est vraiment passé et tant mieux. Je préfère être celui que tu détestes plutôt que tu gardes en mémoire pour le reste de tes jours que tes parents ont été obligés de se suicider avec le reste de la meute, à cause des ordres de ce taré de Rumlow. Je préfère que tu sois en colère contre moi mais que tu imagines que tes parents ont perdu la vie après avoir bravement combattu, après avoir défendu leur meute. Et pas en ayant bu de l'acide ou de la Javel dans la cuisine, comme des zombies, avec le regard terrifié et pourtant un corps qui ne leur obéissait plus. Je préfère ça car je sais que tu vivras mieux avec ça. Même le loup et content, il approuve. Il faut savoir se sacrifier pour les siens, pour sa meute. Car oui, alors même qu'il ne s'est même jamais transformé, et qu'il vient d'arriver, le loup estime que le gamin est sous sa protection. Qu'il fait partie de la meute, et que son intégration n'est qu'une question de temps... Il faut l'aider à aller mieux, car s'il va mal, c'est toute la meute qui va en souffrir. Je sais... je sais vieux frère.

Je rentre le soir, gare ma voiture au sous-sol et d'un rapide coup d'oeil je vois qui est déjà là, et qui n'est pas encore rentré. Je sors dans le hall pour me prendre une bière dans la cuisine commune, et sens la douce présence de Wanda derrière moi, avant d'entendre sa voix chantante.

Je suis allée voir le petit. Je lui ai fait à manger.

Je décapsule ma bière et m'adosse au comptoir pour lui faire face, et souris après avoir bu une gorgée de bière.

Merci pour ça. T'es merveilleuse tu sais?
Je sais. Et quand je suis revenue plus tard, le plat n'était plus là. J'imagine qu'il a grignoté quelque chose.
Je l'espère aussi, mais en tout cas c'est gentil d'avoir pensé à faire ça et t'occuper de lui. Je vais prendre le relai tout de suite. Je termine ma bière et je monte.
D'accord. Il a mal tu sais. Très mal. Et même s'il n'est pas de la meute je peux sentir sa douleur...
Je m'en doute ma belle... ça n'aurait jamais dû arriver. Rumlow n'aurait jamais dû faire ça... imposer ça à sa meute et faire vivre ça à un ado...


Et encore une fois le loup y va de son commentaire. C'est bien qu'il mange. En mangeant on devient fort et vigoureux. On devient un loup capable de chasser loin et longtemps. C'est ça... tu as raison... Je termine ma bière en quelques gorgées, en souriant à Wanda. J'ai toujours étonné qu'elle ne soit pas une oméga, parce qu'elle en a la douceur et la sensibilité, mais non. C'est une gamma. Presque du même rang mais qui change beaucoup... En plus de tout ça, je pense qu'elle et moi sommes les personnes dans ce bâtiment qui pouvons le mieux comprendre ce qui arrive à Buck. Elle a perdu son frère jumeau, Pietro, et moi Damen... Je fourre la bouteille vide dans le container à verre et m'approche d'elle pour la prendre rapidement dans mes bras et déposer un baiser dans ses cheveux. Sa louve s'apaise, contente de cette attention accordée par son alpha et je souris à la jeune fille tellement fragile qui est contre moi.

Tu vas bien toi?
Oui ça va. Je devrais avoir la réponse de l'éditeur demain pour les illustrations.
Merveilleux. Je croise les doigts mais je suis sûr qu'ils vont te prendre, tu as du talent!


Je me détache d'elle et grimpe jusqu'à la porte du petit. Wanda est l'artiste du groupe. Elle fait des dessins à l'aquarelle à tomber, et commence à gagner sa vie en faisant des illustrations pour des bouquins pour enfants. Une fois devant la porte je toque doucement, lui proposant qu'on aille chercher ce dont il a besoin. Et je hausse un sourcil quand la première chose qu'il demande est comment je connais son prénom. Je le laisse finir avant de soupirer.

Très bien James. Et si je connais ton nom c'est que je l'ai vu chez tes parents, un peu partout.

Le loup grogne un peu, pas très content qu'il ne nous ai pas comptés parmi ses amis et je le raisonne comme je peux. C'est choses-là prennent du temps. Alors patience... Pour l'instant il faut surtout lui donner confiance en nous. En nous tous. Je hoche la tête.

On prendra tout ce que tu veux, et ce qui ne rentre pas dans la voiture, on le fera livrer ici. Par contre je suis vraiment désolé pour l'appartement... Qu'est-ce qui ne te plait pas? Tu as besoin de quoi? N'hésite pas, on te prendre tout ce dont tu auras besoin... Je veux que tu t'y sentes bien tu sais...

Je lui lance un petit sourire rassurant et encourageant, lui envoyant des ondes positives sans savoir s'il va les percevoir, et je lui fais signe de me suivre jusqu'à la voiture au sous-sol. Il ne dit pas un mot et je ne force pas, me contentant de rouler jusqu'à son ancienne maison, et serre les dents en voyant les voitures de police garées dans la rue et la lumière des gyrophares. Je coupe le moteur et me tourne vers Buck.

Bon, les flics sont là, il fallait t'en douter. Le mieux ça serait que tu leur expliques que tu étais chez nous depuis hier et que tu viens de rentrer... ça expliquerait pourquoi tu es encore en vie...

Je laisse passer une seconde et je croise son regard.

Je...compte sur toi pour protéger notre secret. Si tu nous trahis, on sera tous en danger... toi comme nous... Et il n'y aura personne pour te protéger...

© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 687
Date d'inscription : 26/11/2014
Mar 21 Fév - 20:52

You're not as bad as everyone says you are
Le regard au loin et la mâchoire verrouillée, j'écoute Steve me servir son demi-mensonge, me contentant de simplement froncer les sourcils à la simple idée qu'il ait pu fouiller l'appartement et éventuellement toucher à des choses qui ne sont pas les siennes, souillant de ce fait les souvenirs qu'il n'aurait jamais dû effleurer du regard ou du bout des doigts. Mon sang ne fait qu'un tour et je suis presque pris d'un vertige en me disant qu'il a peut-être touché un des vieux dessins que mes parents gardaient sur le frigo ou que sans la moindre gêne, il a peut-être fouillé dans mon bureau, trouvant sur celui-ci un ou deux carnets qui portaient mon prénom. Sans comprendre pourquoi, et sans vraiment avoir envie de savoir d'où ce ressentiment vient, je me retrouve à grincer des dents, de plus en plus agacé à l'idée qu'après tout ça, il ose venir vers moi et me demander si tout va bien. Un frisson dévale mon échine et légèrement étourdi par la colère qui fait violemment pulser mon sang dans mes veines, je lève pourtant les yeux vers lui quand il reprend. Sans dire un mot je l'écoute et n'hausse les épaules qu'une fois qu'il se tait, hésitant un instant ou deux avant de le suivre non sans avoir au préalable claquer ma porte et ensuite me maudire pour avoir oublié de prendre ma veste.

"Je ne l'aime pas. C'est tout. Même avec mes affaires dedans, je continuerais de le détester. Tu peux le comprendre non ? C'est pas chez moi et ça le sera jamais. Ce sera juste l'appartement que tu me prêtes et qui m'évite d'être à la rue ou pire. Ce sera jamais la maison. La maison c'était chez mes parents. Alors te fatigue pas, pour l'instant je veux juste mes affaires et qu'on me foute la paix."
dis-je en grognant à moitié, tandis que les mains fourrées dans les poches de mon jean, je descends avec lui jusqu'au garage. Décidé à ne pas décrocher un mot, je reste silencieux une fois installé dans sa voiture, me contentant de poser mon front contre la vitre de sa caisse, m'autorisant un dernier soupir avant de sombrer dans un profond mutisme le temps du voyage. Plus d'une fois, alors que je regarde le paysage familier de mon quartier défiler devant mes yeux, j'en viens à me demander si je serais encore en vie si j'avais changé plus tôt, avant de me reprendre en me serinant une fois de plus que je ne ressemble en rien au monstre qui assis derrière le volant a tué mes parents et le reste de ma meute. Puis doucement, je viens m'interroger sur ce qu'aurait été ma vie si j'avais été un peu plus normal... Si mes parents avaient été humains et qu'on aurait juste eu une petite maison rien que tout les trois, dans un quartier sympa... Qu'est-ce qu'on ferait en cet instant ? Je ferme les yeux et chasse du bout des doigts une larme, reniflant discrètement tandis qu'au loin se dessine ce qui était mon chez moi, flics en plus tout dans le jardin. Steve se gare et le nez contre la vitre, j'observe les officiers qui déjà nous jettent des regards suspects, se demandant sûrement qui pourrait être assez con pour s'arrêter non loin d'une scène de crime. Le temps d'une seconde, je cesse de respirer, me disant que si j'ai une chance de m'en sortir, c'est le moment de la saisir. Les doigts posés sur la poignée de porte et les lèvres légèrement entrouvertes de manière à créer un peu de buée sur la vitre qui me sépare encore des flics, je l'écoute à peine, me contentant d'émettre de légers sons qui sont à peine plus de vagues grognements que des syllabes que j'aurais dû mal à articuler.

"Ouais..." est tout ce que je lui réponds avant d'ouvrir la porte, faisant quelques pas chancelants et sûrement hésitants vers la maison, ignorant de ce fait royalement les policiers qui pourtant s'approchent de moi et commences à m'inonder de questions que je n'écoute pas et ne comprends certainement pas. Un étrange fourmillement s'empare de mon être et comme emporté au loin, je ne réagis pas quand l'un d'entre eux vient me saisir par les épaules, me demandant si je suis bien James Barnes, le gamin porté disparu qu'ils cherchent depuis bien 24h. Je plonge mon regard dans les prunelles de l'inspecteur à la peu d'ébène, n'ayant pour lui qu'un murmure que je n'ai pourtant pas l'impression de prononcer.

"C'est nous."


L'homme fronce des sourcils, m'attire à lui et demande à ce qu'on fasse venir les médecins par ici, clamant que je suis en état de choc. Quelque chose en moi se rebelle à cette idée et enfin, je reviens à moi, entrouvrant les lèvres pour l'homme qui tente de me rassurer et se présente comme l'inspecteur Marlowe. Je bredouille quelques mots face à ses questions et voyant que je ne suis pour l'instant bon à rien, il soupire simplement, me laissant aux bon soins des médecins urgentistes.

"Tu sais quoi ? Les docteurs vont s'occuper de toi, d'accord James ? Ils vont vérifier que tout va bien et ensuite, on va aller au poste pour discuter tout les deux d'accord ?"


J'ai envie de dire non, mais voilà, je suis incapable de parler. Pour une raison qui m'échappe, j'ai pas l'esprit clair et paniqué, je sens que tout tourne autour de moi tandis qu'une voix dans ma tête hurle à Steve de me venir en aide. "Viens. Viens. Steve. Viens." Je peine à respirer, à penser correctement et pourtant, j'entrouvre les lèvres, me tournant vers Steve qui est toujours dans la voiture. "Viens. Viens." L'inspecteur ne comprend pas, il panique avec moi et laisse sa prise sur épaule se faire plus douloureuse. J'ai envie d'hurler, de lui dire de me lâcher mais rien ne vient. J'ai peur. "VIENS." La voix hurle dans mon esprit et enfin, il glisse d'entre mes lèvres un cri. Le bourdonnement dans mes oreilles devient assourdissant et enfin, j'arrive à articuler quelque chose, un semblant de phrase qui en plus de figer le monde qui m'entoure, fait venir Steve à moi.

"J'étais... J'étais... Chez...."
Je bredouille et peine à articuler, attrapant fébrilement en un geste que je ne m'explique pas la manche de Steve pour légitimer sa présence à mes côtés. "Des amis." Je parviens enfin à terminer ma phrase et si je vois tout d'abord que l'inspecteur peine à me croire, j'insiste,  non sans avoir tout d'abord lâché Steve. "C'est... Un cousin à moi... Il... Il me raccompagnait...." Je me racle la gorge et reprend difficilement mon souffle, encore secoué par ce qui vient de se passer. L'homme qui me fait face fronce les sourcils et c'est en l'entendant me demander si je vais bien que je comprends qu'au lieu de gentiment faire la discussion, je devrais être là à lui demander ce qu'il fait là. "Mais... Il s'est passé un truc... ? Pourquoi vous êtes là ? Tout va bien... Non ?" Je n'ai pas à feindre à la tristesse qui se lit désormais sur mon visage et pire, le sanglot qui m'échappe quand il m'avoue que mes parents sont morts est plus que sincère. Il prend le temps de me consoler, ou tout du moins de me taper gentiment sur l'épaule avant de m'accompagner jusqu'aux médecins qui me prennent ensuite en charge et me retire à la surveillance de Steve que je ne retrouve que quelques heures plus tard, à la sortie du poste. Tout penaud et la tête basse, je lui fais désormais face, esquissant une moue avant de simplement lâcher.

"Je peux pas récupérer mes affaires. Pièces à conviction." Je soupire et fourre mes mains dans le sweat à capuche qu'ils m'ont prêtés car j'ai prétexté avoir froid. Je descends les marches du commissariat et passe à côté de Steve sans lui jeter un regard. "J'ai dis que tu étais un cousin éloigné et que tu pouvais veiller sur moi. D'où les papiers que t'as dû signer pendant que j'avais le droit à un interrogatoire." J'émets un son proche d'un grognement et m'approche simplement de sa voiture. "J'ai pas envie de parler. Ok je reste avec vous mais ça veut pas dire que je vous fais confiance. Dès que j'ai dix-huit je me barre. Je vous dois rien." J'ouvre simplement la porte et m'écroule dans le siège passager de sa voiture, me recroquevillant sur celui-ci avant de coller mon front contre la vitre, fermant les yeux en grognant pour moi-même. "Journée de merde."© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 745
Date d'inscription : 03/04/2014
Jeu 4 Mai - 21:19
Werewolves stucky You're Not As Bad As Everyone Says You AreAlors qu'on grimpe en voiture je tente de discuter un peu avec lui, sans vraiment savoir si les mots que je laisse échapper entre mes lèvres atteignent leur but, ou au moins le soulagent un minimum. Les mots... c'est étrange parfois comme une simple succession de sons, ou de lettres peuvent changer le cours de certaines vies, voire le cours de centaines, de millions de vies. Comme quelques lignes d'encre sur une feuille peuvent avoir un tel poids... J'en ai fait mon métier. Bien sûr je dois connaître la loi, établir des faits, étudier des cas mais avant tout je brode des mots comme on brode sur de la soie, utilisant les arguments ad hominem comme on glisse des perles sur un fil et les connecteurs logiques comme des sequins sur une robe du soir. C'est mon arme à moi, avec le code civil, mes mots ont pu sauver ou condamner en fonction de mon client, ont pu rétablir la justice ou punir le coupable, briser des familles ou les réunir et pourtant là, assis dans ma berline j'ai l'impression que pour une fois mon arme favorite est inutile. Que mes coups d'aiguille et mes points experts de brodeur de mots ne marchent pas sur lui et qu'il reste enfermé dans une bulle de silence. Et je sais pourquoi, je sais qu'il m'en veut parce que c'est ce que je lui ai laissé croire, il m'en veut parce que c'est ce que je lui ai dit de faire, mais n'empêche, je n'aime pas le voir, le savoir comme ça. Sentir qu'il est aussi seul, et aussi perdu dans ce nouveau chapitre de sa vie dans lequel il a été jeté sans préparation, mais juste avec un grand coup de batte de baseball, recouverte de barbelés...

Pourtant... mes vieux réflexes d'alpha reprennent le dessus, surtout mon loup qui montre les crocs en entendant le petit nous répondre ainsi. Pas assez respectueusement selon lui, et immédiatement je sens une bouffée de rage qui monte et je serre plus fort les volant entre mes doigts. Il est furieux de l'entendre bafouer notre hospitalité, notre générosité, alors que théoriquement nous ne lui devons rien, et la bête me souffle déjà qu'on ferait mieux de l'abandonner et que ça n'en serait que mieux.

James, personne nous oblige à faire tout ça pour toi. On le fait parce qu'on a peur pour toi et qu'on n'a pas envie de te voir te débrouiller tout seul dehors. Alors j'aimerais bien que tu changes de ton. La maison c'est là où t'as décidé d'être et là ou tu te sens bien. Et si tu fais partie de la meute, tu as aussi des devoirs envers elle.

Mon ton est sec mais je n'ai pas élevé la voix. Pourtant c'est dur. La bête veut que je lui donne déjà une leçon, que je lui rappelle qui est l'alpha de nous deux... même si je n'en ai pas du tout envie. Le moment serait tout sauf bien choisi pour commencer à déclencher une guerre en pleine bagnole, avec un gamin qui souffre à en crever... Alors je calme le loup, l'apaise avec les mots que je manie si bien, et étrangement, pour lui ça marche. Tant mieux... Et bientôt je sens le calme revenir un peu, même si la bête est là, tapie quelque part, surveillant le petit non pas comme un louveteau à protéger du danger, mais comme un jeune loup qu'il va falloir cadrer, et fermement. Ca promet...

Finalement le trajet se déroule sans encombres et on arrive bientôt en vue de son ancien appartement. Son ancien monde, autour de quoi tout tournait. L'école, les courses, les copains, tout partait d'ici, avant de s'éloigner ailleurs. Le centre de son univers d'ado presque banal... et qui aurait dû continuer... Là, ça ne devrait être qu'un mauvais rêve, le genre de rêve après lequel on se sent bizarre, un peu perdu, le genre de rêve qui laisse un goût pateux en bouche et qui donne une seule envie, celle d'aller se blottir sous une couverture avec un chocolat ou auprès de quelqu'un qu'on aime. C'est comme ça que ça aurait dû se passer... Il aurait dû se réveiller en sursaut, flipper un peu, passer dans le couloir et entendre ses parents dormir tranquillement avant de se recoucher, rassuré de voir que tout est toujours à sa place et que le monde, son monde, continue de tourner dans le bon sens. Voilà ce que j'aurais voulu pour lui. Pas ça. Pas ce cortège de flics qui vont le cuisiner... Et sur le coup j'ai peur. Je ne sais pas si je peux, et ou si je dois avoir confiance en lui. Il a entre les mains un secret vieux de plusieurs millénaires, et sur sa langue notre survie à tous. Je n'aime pas ça parce que je ne sais pas comment il va réagir. Le loup n'aime pas ça parce que pour la première fois, plutôt que de se méfier il le voit comme une menace, pour lui, pour sa meute, pour tous les loups. Et son ''ouais'' est pas vraiment là pour nous rassurer...

Je me gare et attends, l'observant de loin alors que les flics se précipitent vers lui quand ils comprennent enfin qu'il est le corps manquant dans leur inventaire. Pire, qu'il y a un survivant. Les minutes passent, longues, alors qu'il file dans l'ambulance, que je vois des uniformes, des carnets, des gyrophares et des combinaisons de médecins légistes. Et quelques minutes à peine, le temps d'une cigarette fumée nerveusement adossé à la portière de la voiture je sens quelque chose. Comme si on tirait faiblement sur le lien de la meute. Un appel. Un besoin. Lui. Les autres, je les aurais reconnus dans la seconde, il n'y a que lui qui... Je balance ma clope au sol et avance, le rejoignant en quelques enjambées, le loup déjà prêt à défendre celui qui se sent menacé sur le coup. C'est drôle comme il peut vite changer son fusil d'épaule ce sac à puces. Inquiet pour Buck autant que pour ce qu'il aurait pu dire je pose ma main sur son épaule, comme pour affirmer au monde que le gamin est sous ma protection. Je le regarde, hochant la tête en l'entendant et attends qu'il ait fini avant de renchérir. Je suis le tisseur de mots, après tout...

C'est ça, nos mères sont soeurs. On est allés au cinéma et comme il était tard il est resté dormir chez moi. Il y a un souci?

Le petit est parfait, son mensonge est crédible, et surtout, il ne dit rien. C'est bien... c'est bien petit être. Continue ainsi et protège nous, honore ta race et ce que tu es... et honore ceux qui ne sont plus...tous. Je le serre un peu contre moi quand le flic annonce que tout le monde est mort, je feins un choc brutal que j'encaisserais plus sobrement que lui avant de les laisser l'emmener. Et rapidement j'use de mon baratin d'avocat pour accélérer les choses, et qu'on le laisse tranquille plus vite. Seulement, au vu du carnage ils veulent d'abord que le gamin soit examiné. J'ai droit à plusieurs questions, mais plus légères que les siennes, évidemment. Le temps que ce soit fini, on l'a déjà emmené et pendant ce temps je refais un crochet par la maison pour prévenir tout le monde et lui prendre quelques affaires. De retour au poste, paperasserie, autorisation temporaire de garde et tout le bataclan, que je règle rapidement. Et enfin, après une éternité, je peux le ramener chez nous. Je l'attends devant le commissariat, un cacao et un donut en main, lui souriant quand il s'approche. Sauf qu'il m'ignore royalement et ne s'arrête même pas. Et le loup qui il y a une seconde encore était prêt à se battre pour lui, veut le punir de son affront, me faisant serrer les poings.

Très bien. Mais tu pourrais même me regarder quand tu me parles et t'arrêter une seconde. Je suis pas ton chien.

Il s'engouffre dans la BMW, m'annonçant sèchement qu'il voulait pas parler et joue les ados blasés et mutiques. Merveilleux. Je pose quand même le cacao dans le porte gobelet et le sachet du donut devant lui avant de mettre le contact et démarrer.

Il va quand même falloir que tu sois intégré à la meute pour qu'on puisse veiller sur toi et te protéger. On fera ça après ta première transformation.

Je n'ajoute rien d'autre, me contentant de faire glisser la berline dans le trafic jusqu'à arriver chez nous. Je me gare dans le parking souterrain et sors de la voiture, attendant qu'il me rejoigne.

On mange ensemble tous les soirs, et ce soir c'est Tony qui prévoit le dîner. Il bosse chez Apple. Tu devrais rester avec nous...


© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas





Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
You're Not As Bad As Everyone Says You Are (wolves 2.0)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Space wolves VS tyranides
» Les "Sea Wolves"
» European Single Player Championship 40k 2010 (05-06/08/2010)
» dread body forgeworld space wolf
» Auriez-vous objection à jouer contre ça...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Autres RP -Ras le bol du mal de mer ! :: Stuckys-
Sauter vers: