Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Le trône du dragon

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Lun 21 Mai - 10:11
Le trône du dragon.
Stucky
J'ai l'impression qu'il est comme ces danseuses venant des pays d'Orient qui se cachent derrière de nombreux voiles au début de leur numéro, et qui petit à petit s'effeuillent, laissent glisser les morceaux de mousseline au fur et à mesure de leur numéro, au son lancinant des violons et du rythme hypnotique des tambours... ne dévoilant que plus tard les contours de leurs corps et leur visage. Bien sûr pour le prince ce n'est pas pour séduire qu'il fait ça, bien au contraire... c'est un peu comme s'il se protégeait en permanence, évoluait au milieu des courtisans, dans la salle du trône, lors des bals ou même dans les couloirs en portant constamment tous ses voiles... alors que j'ai le sentiment que petit à petit, il les abandonne avec moi... Il y a des moments où la chute des voiles s'est faite assez vite, et à d'autres moment il en reprend un pour s'en recouvrir à nouveau, une sorte de pas en arrière... Je suis pourtant heureux de voir que ses périodes d'orage s'espacent à mon encontre, et qu'il me laisse de plus en plus profiter du soleil qui émane de lui quand il veut... m'autorisant à être touché de ses rayons doux et chauds bien que tristes. Comme maintenant...

Je pensais avoir droit aux réprimandes, me faire houspiller pour je ne sais quelle raison, simplement pour le plaisir de se passer les nerfs sur quelqu'un, avec ce quelqu'un qui serait moi... mais non. Je le vois frapper le tronc d'un des arbres, avec violence et désespoir, comme pour se prouver quelque chose... ou prouver quelque chose au monde... même si à cet instant le monde se résume à moi... et je m'inquiète de le voir ainsi se faire du mal, avant d'arriver à le calmer assez pour qu'il cesse, et aille plonger ses poings blessés dans l'eau fraîche de la fontaine... Je me rapproche la margelle de pierre près de lui et l'écoute, hochant doucement la tête à ses paroles avant de répondre d'une voix encourageante.

Messire... être un bon guerrier ne fait pas de vous un bon roi... Quelle est l'utilité d'une épée, admirablement maniée, mais qui serait utilisée à mauvais escient? Etre toi ce n'est pas que de se battre, car un bon roi cherchera toujours la paix pour le bien-être de ses sujets. Croyez moi messire, j'ai connu des guerriers qui étaient moins intelligents que l'âne qui travaille au moulin... et je n'ose les imaginer en tant que rois un jour... ils ne seraient bons qu'à se saouler et festoyer... Vous serez roi messire, et vous aurez des guerriers sous vos ordres. Mais le plus essentiel est avant tout de savoir les diriger... réfléchir au devenir du royaume et prendre les bonnes décisions. C'est cela être un bon roi... pas savoir trancher la tête d'un homme d'un revers de la lame. Pour ça c'est mon affaire... Rendez votre peuple heureux messire, faites vous aimer de lui et non craindre, et vous serez le genre de roi dont l'histoire sera encore racontée dans cent ans...

Mon histoire finie je vois qu'il se lève et me fait face, posant sa main sur mon plastron à ses couleurs. Je trouve le petit garçon blessé, et je suis surpris qu'il s'ouvre aussi facilement à moi, faisant parler son coeur d'une façon encore inédite à mes yeux. J'en suis honoré, de voir qu'il n'a plus peur de se laisser avec moi, et de partager ce qui le ronge. J'ai l'impression que cela aussi, il n'a l'occasion de le faire avec personne de son entourage... me faisant me dire que je préfère encore ma condition à la sienne. Je pose ma main sur la sienne, qui est froide comme de la neige et lui souris.

Peut-être ont-ils déjà envoyé un signe mais vous ne vous en êtes pas encore rendu compte? Les dieux sont parfois subtils, discrets, voire même trop discrets... mais je ne pense pas qu'ils soient sourds à vos prières. Les choses sont certainement déjà en cours, mais à un stade que vous n'avez pas encore noté... Ayez confiance... J'ai confiance en eux... et je prie pour vous aussi...

Il s'abandonne encore un peu plus, posant son front de neige contre ma cuirasse, et fermant les yeux. Personne, je crois, ne l'a jamais vu ainsi, et je me sens à la fois flatté et honoré d'être celui à qui il offre ce cadeau. Car oui, la confiance qu'il m'accorde est pour moi un présent inestimable. J'aimerais faire quelque chose mais j'hésite... quelques secondes passent, à craindre de déclencher à nouveau son ire, avant de finalement oser, et poser doucement ma main dans son dos en signe de réconfort.

Ce n'est rien messire... j'ai déjà tout oublié... mais de quoi avez vous eu peur? C'est vous mon roi... et je ne suis pas comme Corden qui peut faire fuir une harde de sangliers déchaînés simplement en hurlant et en tapant sur son bouclier... Je ne suis que votre capitaine de la garde messire...

De longs instants passent, comme un vol de chardonnerets dans l'air frais du matin, alors que contre moi je le sens aux prises avec des sentiments contradictoires qui se font la guerre en lui. Comme deux lutteurs sur une foire, ou deux pugilistes dans une taverne. Avant qu'il ne mette enfin des mots sur ce qui le préoccupe, sur les deux dragons qui se battent sous sa montagne, et qui font s'effondrer chaque tour qu'on essaie d'y bâtir. Le petit enfant en lui se montre enfin, derrière ses prunelles couleur de ciel d'été et mon sourire se fait plus sincère en écoutant son aveu.

Messire, j'ai toujours entendu qu'il n'y a pas d'âge pour apprendre. Vous apprendrez... et vous serrez que je serai toujours là si vous avez besoin de moi. Mais en attendant...

Je ris comme un enfant en m'inclinant et mimant un baiser sur ses phalanges blessées, avant de poser ma main dans son dos et de commencer à l'entraîner dans une valse dont je donne le temps. Ta ta ta, ta ta ta... ta ta ta... le faisant tournoyer au milieu des feuilles mortes.

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Dim 3 Juin - 19:23

I would be your dragon clinging to your ruff, as if it's love

Le trône du dragon

En cet instant, alors que mes prunelles restent désespérément ancrées dans celles d'un homme qui aurait toute les raisons du monde de me haïr et de se réjouir de mon malheur, le temps semble devenir un entité à part entière, un être capable de nous accorder un moment de paix, cessant de ce fait d'être une constante immuable, un concept dont il est difficile de se séparer. Autour de nous, il se fait ainsi la cape qui nous enveloppe, le capuchon immatériel qui semble nous promettre de son silence immaculé, une chance de rattraper les écarts de cette existence, les ratés qui nous ont tout deux menés en ce moment si précis, où dans ses bras, je tente de racheter mes fautes, de trouver une absolution que personne ne pourra jamais m'offrir et qui à jamais, ne sera qu'un désir fiévreux, qu'une demande vaine de cette carcasse bien faible. Contre lui, je tente donc, pour la volonté seule de ce dernier espoir vain qui renaît à chaque pleine lune, de trouver ce que le monde ne peut me donner, m'abreuvant ainsi de ses mots, de sa douceur pour espérer en tirer une essence doucereuse qui serait enfin capable de faire taire mes doutes et mes peurs. Et si durant une fraction de secondes, j'ai la sensation, l'impression que quelque chose change autour de nous, que dans son regard même j'y retrouve des traces de cette affection que m'a un jour porté Baldec, je ne peux qu'être quelque peu déçu quand le baiser sur mes phalanges ne devient qu'une excuse pour rire, pour se moquer de la gravité de la situation et d'ainsi chasser ce qui me trouble d'un revers de la main, puis d'une danse trop enjouée pour être sincère, trop subjuguante et enivrante pour être autre chose qu'une mauvaise farce dont j'essaye bien rapidement de m'extraire, secouant tout d'abord la tête avant de bredouiller quelques syllabes qui se perdent dans le bruit soudain assourdissant des feuilles mortes.

"Assez.... Pitié... Assez."


De son étreinte, je tente de m'enfuir, de rompre cette union qui soudain me faire perdre le souffle, me débattant alors contre lui, mes deux paumes posées sur le plat de son plastron.

"Arrêtez ! Arrêtez !"

Cette fois-ci, les bredouillements et autres balbutiements se font des cris, des hurlements pathétiques aux ratés audibles qui loin de me donner la force dont j'aurais besoin pour sembler digne de ce rang qui n'est chez moi qu'une absurdité de plus, une tare étrange qui ne fait que souligner le moindre des défauts de ma personne.

"Pitié... Assez."

Piteusement, je le repousse, ou plutôt je recule d'un pas, afin de mettre un peu de distance entre nous et d'ainsi pouvoir à nouveau fuir son regard et sa personne, lui offrant ainsi la vision de mon être courbé et victime de tremblements pathétiques. La tête basse, je reste l'enfant que je n'ai jamais cessez d'être, celui qui tremble, qui s'effraie des ombres des plus grands et qui en ce jour où il donnerait tout pour une épaule sur laquelle se reposer préfère observer danser à ses pieds regrets et feuilles tout juste bonnes à être piétinées. Au lieu de me faire indolent, d'accepter cette main que l'on peut tenter de me tendre, je préfère à la place passer une main sur mon visage et chasser les larmes qui ne devrait pas tarder à rouler le long de mes pommettes.

"Pas ainsi... Pas comme cela." Plus jamais ainsi. Une grande inspiration je prends alors que je détourne le regard, fuyant sa personne pour mieux contempler un lointain qui n'est composé de rien, ou plutôt que des fragments d'une réalité qui n'est pas la mienne, d'un horizon qui loin d'être ma prochaine destination restera à jamais cette ambition que je ne pourrais saisir, une opportunité dont seul les autres pourront profiter. "Sans musique... Ce n'est pas la même chose." Je tente de me trouver une excuse, d'inventer quelque chose de plausible qui n'aura pas l'air trop triste à entendre et qui pourra supporter d'être un écho au milieu du silence que j'installe entre nous, le temps de reprendre mes esprits et de me recomposer cette attitude faussement méprisante et nonchalante qui jure pourtant avec le sang sur mes phalanges et cette douleur qui semble avoir fait son nid au sein même de mes iris. Puis, finalement, après de longues secondes, peut-être même une minute, je parviens à murmurer à nouveau et même à esquisser un sourire qui peine malheureusement à atteindre la commissure de mes lèvres.

"Je...." Un soupir glisse d'entre mes lèvres alors que je replonge dans un mutisme plus gêné cette fois-ci, un qui trahi malheureusement mon incapacité à exprimer des sentiments, des sensations et des impressions que j'ai pendant si longtemps dû réprimer. "J'ai envie de croire que vous serez toujours là, Steve." Prononcer son prénom fait courir sur mon échine osseuse un frisson loin d'être totalement désagréable. "J'ai envie de penser que comme Baldec, ce n'est que la mort qui vous arrachera à ma présence, mais je n'y parviens pas... Car je sais que d'une façon ou d'une autre... Vous serez vous aussi emporté par le dragon."

Ma voix se meurt sur la fin de ma phrase, emportant ainsi avec elle les quelques mots que je n'aurais dû que murmurer à ma propre solitude, à cette obscurité vivante qui dans les recoins de ma chambre est devenue la seule présence sur laquelle je pouvais me reposer quand la maladie et l'ombre du monstre que je suis, rampaient sous ma peau comme pour s'amuser de ce malheur qu'est mon existence. A nouveau j'expire alors que je porte à mon coeur l'une de mes mains, afin de me saisir du bout de mes doigts la broche en forme de dragon qui permet à ma cape de tenir sur mes maigres épaules.  Au sol, celle-ci chute tandis que dans le creux de ma paume, je fais un instant jouer les rayons du soleil sur la courbe du monstre ailé aux pattes ornées de roses  avant de simplement le jeter dans la fontaine à nos côtés pour ensuite tourner les talons et abandonner derrière-moi les draperies et autres ornements qui ne sont que les entraves placées là par mon père pour me rappeler que d'humain, je n'ai jamais rien eu.

"Venez... J'ai envie de sortir... Que diriez-vous de m'escorter hors du château, loin des domaines du palais pour nous perdre dans les bois ? Cela fait longtemps que je n'ai pas monté."



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Sam 14 Juil - 9:07
Le trône du dragon.
Stucky
Le vent froid du matin pince nos joues comme le ferait une grand mère un peu trop enthousiaste et affectueuse, laissant nos pommettes rouges comme des pommes d'api alors que je l'entraîne dans une valse lente, faisant tourbillonner les quelques feuilles mortes qui s'égarent encore là et écraser l'herbe constellée de givre, les seuls sons qui servent d'instruments à notre danse silencieuse. Viens... viens mon prince... viens et oublie... souris et arrête de montrer les dents. Amuse toi et ne pense pas à hier ni à demain. Sois juste là, ici avec moi, et profite de quelque chose d'aussi simple que la présence d'un ami. Laisse tes soucis s'envoler comme des flocons de neige et laisse le froid t'embrasser comme une amante empressée. Mais surtout...surtout... arrête de laisser les nuages de la contrariété obscurcir le ciel de tes yeux et amuse toi... oublie la cour, oublie les règles, oublie ton père, et pense juste à t'amuser avec moi, à rire avec la personne qui passe le plus de temps avec toi de tout le chateau... moi.

La cour ne t'aime pas, elle te méprise et te craint. Le peuple ne demande qu'à t'aimer, à condition que tu te préoccupes d'eux... ne sois pas comme ces souverains qui comme ton père vivent dans leur tour d'ivoire et ne font que lever des impôts sans demander ce dont ses sujets ont besoin... Ne sois pas comment eux... Enfin tu ne l'es pas mais... sois différent...meilleur. Car tu le peux. Et alors que je l'entraîne dans cette valse silencieuse je le sens tout à coup me repousser et balbutier sans comprendre. J'écarte les bras pour lui rendre la liberté qu'il n'avait jamais perdue et recule d'un pas, le contemplant sans comprendre.

Mon prince, qu'est-ce que...

Il recule encore, panique et me fuit, alors que je l'observe, sourcils froncés, perdu face à sa réaction. Le moment était agréable pourtant... et le voilà qui tremble et deux perles de cristal roulent sur ses joues bien trop pâles.

Mon prince est-ce que je vous ai fait mal? S'est-il passé quelque chose? Je ne comprends pas...

Il me tourne le dos, reniflant encore légèrement, et je penche légèrement la tête sur le côté quand la seule réponse que j'aie, est qu'il ne veut pas danser sans musique. Je ne suis pas stupide, et je sais bien que le fait qu'il n'y ait pas de musique n'est pas la vraie raison à ses larmes et à sa réaction... sauf que je n'ai pas envie d'en rajouter alors je me contente de rire un peu.

Vous avez raison, nous danserons bientôt ensemble, avec de la musique cette fois, si vous le voulez...

Et il me fait à nouveau face, comme si les quelques secondes qui s'étaient écoulées avaient été nécessaires pour se recomposer et tenter de faire bonne figure même si ça ne suffit pas, mais alors pas du tout à me convaincre. Un faible sourire nait sur ses lèvres, comme un léger rayon de soleil un matin d'hiver et je suis surpris par la suite de ses paroles.

Je suis à votre service mon prince... et tant qu'on aura besoin de moi ici, j'y serai... Par contre je ne... que voulez vous dire par ''emporté par le dragon?" je ne comprends pas... Eclairez moi...

Mais au lieu de ça il ôte sa cape et semble jouer avec le fermail, faisant scintiller les pierreries à la lueur du soleil avant de la lancer dans la fontaine. Et je me fige, sans comprendre ni sa réaction ni son attitude... pourquoi jeter ce bijou? Il servirait à lui seul à nourrir tout un village pendant un hiver entier! Et même si je sais bien que son geste n'était pas fait dans le but de montrer sa vanité ou sa supériorité, qu'il se débarrasse d'un tel objet de prix ne montre qu'une chose... nous venons de mondes bien différents et dans le sien, la faim et le froid ne sont pas des choses qui font partie de son quotidien. Le mien si... et quand il ne regarde pas je plonge la main dans l'eau claire, attrape le fermail que je glisse dans ma poche avant de me pencher pour récupérer sa cape que je pose sur mon avant-bras.

C'est une excellente idée messire mais le temps est frais et vous n'êtes pas assez couvert ainsi... enfilez ça j'insiste... Ce serait triste d'être alité une semaine parce qu'une après-midi vous avez pris froid... Allez venez nous allons aux écuries...

Je reste près de lui alors que nous descendons dans la cour du chateau et que l'on se dirige vers la grande bâtisse où toutes les montures sont sagement enfermées. Deux palfreniers s'inclinent en voyant le prince et je leur souris.

Le prince souhaiterait faire une promenade. Préparez sa monture. Je vais m'occuper de la mienne. Merci.

Je m'approche du box et attache mon étalon pommelé, avant de commencer à le panser, riant de le voir mordiller mes chausses ou mon pourpoint à la recherche d'une pomme ou d'une carotte. Cette bête est joueuse et amicale, et c'est un plaisir que de l'avoir comme monture car elle ne se contente pas de suivre les ordres. Elle a son petit caractère et c'est plus une forme de discussion et de négociation que de démonstration de force brute.

Patience animal!

Je le repousse doucement avant de croiser le regard du prince, qui se tient non loin, pendant que les deux pages s'activent fiévreusement.

Et messire aurait-il un endroit préféré pour sa promenade? Nous pourrions longer le lac près du chateau? Ou pousser plus loin vers les falaises?

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Sam 25 Aoû - 15:49

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Le trône du dragon

Je n'ai bien qu'un frisson en réponse à cette inquiétude qu'il manifeste par cette cape de soie et de fourrure qu'il dépose à nouveau sur mes épaules maigrelettes, couvrant de fait une fois de plus cette silhouette qui depuis des années n'est bonne qu'à se fracturer, qu'à se déchirer pour le corps disgracieux et difforme de ce dragon que je deviens à toutes les pleines lunes. Les yeux dans le lointain et les paupières presque closes, je ne peux donc qu'esquiver sa douceur et sa personne en me laissant disparaitre sous les couches d'un tissu qui n'a jamais été rien de plus qu'une excuse pour masquer la laideur de mon ossature qui apparait sous ma peau diaphane et les horreurs de ce caractère que je me suis forgé pour ne pas trop souffrir de la morsure des vipères qui en ce palais pullulent, donnant parfois l'impression d'habiter dans le nid même d'une colonie de reptile ou de gorgones prêtes à avaler quiconque serait assez idiot pour offrir sa nuque au jugement de leurs crocs. Un soupir m'échappe et pourtant, aux côtés de Steve que je suis de plus en plus persuadé de devoir le perdre sous peu, j'évolue dans les entrailles même de ce château que je n'ai jamais réellement quitté, jusqu'à atteindre les écuries où là, je suis de nouveau accueillit avec un respect que je ne peux trouver qu'obséquieux, que par des pirouettes et des ronds de jambes auxquels je ne daigne pas même prêter attention, préférant à la place me désoler de cette époque où je pouvais encore venir ici et simplement profiter de ce plaisir enfantin de se rouler dans la paille et de gaver les chevaux du palais de pommes et autres carottes volés dans les cuisines. Ici, désormais, je n'ai plus que droit à des honneurs que je ne mérite qu'à cause de ce sang qui coule dans mes veines, qu'à ce respect terriblement artificiel et cette envie presque maladive de tout faire à ma place, comme si mes paumes devaient rester immaculées jusqu'au moment où j'aurais à les salir dans la poussière, la boue et des ossements qui composent le sol de l'étroite cave qui se fait cette autre cage que je redoute tant. Ici, je ne trouve plus cette impression de liberté qui fut un jour la mienne mais le simple ballet des pages qui s'activent autour de ma monture, un impressionnant étalon à la robe sombre qui peine à rester immobile et qui sur moi, pose son regard impénétrable. J'esquisse un sourire et fait simplement claquer ma langue contre mes dents pour lui faire redresser les oreilles avant de me tourner légèrement vers Steve et de plonger mes prunelles dans les siennes.

"J'aimerais éviter de rester près du château… J'ai tant vu les abords du lac que j'ai l'impression de m'y être déjà noyé." Je soupire doucement alors que je détourne le regard pour poser mes iris sur mon cheval quasiment harnaché. "J'ai plus envie de me perdre dans les bois… De galoper au milieu des feuilles mortes et de tenter d'échapper à l'hiver…"

Un instant, je frissonne, puis souris légèrement alors que les pages terminent d'ajuster la selle sur le dos de ma monture, qui désormais couvert d'un ensemble de cuir et d'or, avance vers moi, au grand damne des deux jeunes garçons, pour venir presser son chanfrein contre ma joue et pousser un long soupir qui fait presque se soulever ma cape et m'arrache de ce fait un rire presque enfantin.

"Oui… Moi aussi je suis content de te revoir. Ca fait longtemps."

Du bout des doigts, je viens caresser sa joue, réapprenant une fois de plus la texture de sa robe qui semble n'être qu'une encre vivante et mouvante alors que je plisse le nez face à l'odeur du cuir que j'effleure à peine, comme craintif.

"Je suis désolé. Je voulais revenir plus tôt mais j'ai été malade."

Je sais que l'animal ne m'entend pas, qu'il ne comprend pas exactement ce que je tente de lui expliquer et qu'au fond, il est simplement heureux de me voir à ses côtés mais par respect pour cette monture que j'ai supplié père de me laisser apprivoiser. Même si je sais que lui ne peut me répondre ou même m'accorder un pardon que je ne mérite pas, je m'acharne à lui donner une humanité que bien des gens en ce monde n'ont pas, moi inclus. Même si je sais qu'à ses yeux je ne suis rien de plus qu'une main tendue, qu'une silhouette qui a eu le courage de l'approcher, un inconscient qui voulait simplement comprendre, un idiot devant lequel il a courbé l'échine, j'ai envie de penser que derrière ce crâne et ses iris équines, se trouve un quelque chose auquel je peux me raccrocher, une promesse qu'un jour peut-être, tout ceci ne sera pas une fatalité à supporter, un enchaînement de contraintes qui mènent toutes à la même désolation mais au contraire de doux moments dont je pourrais profiter et que je ne craindrais pas de perdre. A nouveau, je soupire, puis me recule pour venir tapoter sur l'épaule de mon étalon, Seren, qui sans attendre, mime une révérence pour me permettre de grimper en selle sans le moindre effort. Sur son dos, je m'installe ainsi, tentant de retenir un sourire alors qu'il se redresse, me permettant ainsi de toiser Steve une seconde tandis que je prends les rênes en mains.

"Je passe devant. Je vous fais confiance pour me suivre."

A lui je n'arrive pas à sourire alors que je talonne ma monture, qui bondit brusquement, s'élancer en un galop fougueux qui fait disparaitre le monde sous mes yeux, ne laissant ainsi à ma personne que le chant du vent qui hurle à mes oreilles tandis que je penche sur son encolure, enfouissant mon nez dans ses crins pour mieux murmurer.

"Je ne veux pas y retourner. Je veux y échapper. Juste une fois. Pitié. Juste une fois."

Seren semble accélère, avaler un peu plus la forêt sous ses sabots, piétinant avec cruauté presque les feuilles et le reste de la végétation dont je me cache presque, répondant presque à mon appel, à cette demande qui semble émaner de mon coeur et qui dans l'assourdissante course de l'étalon se perd. Derrière-moi, je ne tente de pas de vérifier si Steve me suit, préférant à la place défaire ma cape et la laisser s'envoler pour abandonner derrière-moi ce morceau de tissu trop voyant qui pourrait permettre au capitaine de me retrouver trop aisément, préférant à la place la jeter aux griffes d'une branche amicale alors que mon cheval s'enfonce un peu plus dans les sous-bois, me donnant de ce fait l'impression de chercher la faille qui nous permettra de quitter à jamais la grotte qui n'existe pourtant qu'au coeur d'une montagne.

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