Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

 :: Autres RP -Ras le bol du mal de mer ! :: Stuckys Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le trône du dragon

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
avatar
Messages : 755
Date d'inscription : 03/04/2014
Lun 21 Mai - 10:11
Le trône du dragon.
Stucky
J'ai l'impression qu'il est comme ces danseuses venant des pays d'Orient qui se cachent derrière de nombreux voiles au début de leur numéro, et qui petit à petit s'effeuillent, laissent glisser les morceaux de mousseline au fur et à mesure de leur numéro, au son lancinant des violons et du rythme hypnotique des tambours... ne dévoilant que plus tard les contours de leurs corps et leur visage. Bien sûr pour le prince ce n'est pas pour séduire qu'il fait ça, bien au contraire... c'est un peu comme s'il se protégeait en permanence, évoluait au milieu des courtisans, dans la salle du trône, lors des bals ou même dans les couloirs en portant constamment tous ses voiles... alors que j'ai le sentiment que petit à petit, il les abandonne avec moi... Il y a des moments où la chute des voiles s'est faite assez vite, et à d'autres moment il en reprend un pour s'en recouvrir à nouveau, une sorte de pas en arrière... Je suis pourtant heureux de voir que ses périodes d'orage s'espacent à mon encontre, et qu'il me laisse de plus en plus profiter du soleil qui émane de lui quand il veut... m'autorisant à être touché de ses rayons doux et chauds bien que tristes. Comme maintenant...

Je pensais avoir droit aux réprimandes, me faire houspiller pour je ne sais quelle raison, simplement pour le plaisir de se passer les nerfs sur quelqu'un, avec ce quelqu'un qui serait moi... mais non. Je le vois frapper le tronc d'un des arbres, avec violence et désespoir, comme pour se prouver quelque chose... ou prouver quelque chose au monde... même si à cet instant le monde se résume à moi... et je m'inquiète de le voir ainsi se faire du mal, avant d'arriver à le calmer assez pour qu'il cesse, et aille plonger ses poings blessés dans l'eau fraîche de la fontaine... Je me rapproche la margelle de pierre près de lui et l'écoute, hochant doucement la tête à ses paroles avant de répondre d'une voix encourageante.

Messire... être un bon guerrier ne fait pas de vous un bon roi... Quelle est l'utilité d'une épée, admirablement maniée, mais qui serait utilisée à mauvais escient? Etre toi ce n'est pas que de se battre, car un bon roi cherchera toujours la paix pour le bien-être de ses sujets. Croyez moi messire, j'ai connu des guerriers qui étaient moins intelligents que l'âne qui travaille au moulin... et je n'ose les imaginer en tant que rois un jour... ils ne seraient bons qu'à se saouler et festoyer... Vous serez roi messire, et vous aurez des guerriers sous vos ordres. Mais le plus essentiel est avant tout de savoir les diriger... réfléchir au devenir du royaume et prendre les bonnes décisions. C'est cela être un bon roi... pas savoir trancher la tête d'un homme d'un revers de la lame. Pour ça c'est mon affaire... Rendez votre peuple heureux messire, faites vous aimer de lui et non craindre, et vous serez le genre de roi dont l'histoire sera encore racontée dans cent ans...

Mon histoire finie je vois qu'il se lève et me fait face, posant sa main sur mon plastron à ses couleurs. Je trouve le petit garçon blessé, et je suis surpris qu'il s'ouvre aussi facilement à moi, faisant parler son coeur d'une façon encore inédite à mes yeux. J'en suis honoré, de voir qu'il n'a plus peur de se laisser avec moi, et de partager ce qui le ronge. J'ai l'impression que cela aussi, il n'a l'occasion de le faire avec personne de son entourage... me faisant me dire que je préfère encore ma condition à la sienne. Je pose ma main sur la sienne, qui est froide comme de la neige et lui souris.

Peut-être ont-ils déjà envoyé un signe mais vous ne vous en êtes pas encore rendu compte? Les dieux sont parfois subtils, discrets, voire même trop discrets... mais je ne pense pas qu'ils soient sourds à vos prières. Les choses sont certainement déjà en cours, mais à un stade que vous n'avez pas encore noté... Ayez confiance... J'ai confiance en eux... et je prie pour vous aussi...

Il s'abandonne encore un peu plus, posant son front de neige contre ma cuirasse, et fermant les yeux. Personne, je crois, ne l'a jamais vu ainsi, et je me sens à la fois flatté et honoré d'être celui à qui il offre ce cadeau. Car oui, la confiance qu'il m'accorde est pour moi un présent inestimable. J'aimerais faire quelque chose mais j'hésite... quelques secondes passent, à craindre de déclencher à nouveau son ire, avant de finalement oser, et poser doucement ma main dans son dos en signe de réconfort.

Ce n'est rien messire... j'ai déjà tout oublié... mais de quoi avez vous eu peur? C'est vous mon roi... et je ne suis pas comme Corden qui peut faire fuir une harde de sangliers déchaînés simplement en hurlant et en tapant sur son bouclier... Je ne suis que votre capitaine de la garde messire...

De longs instants passent, comme un vol de chardonnerets dans l'air frais du matin, alors que contre moi je le sens aux prises avec des sentiments contradictoires qui se font la guerre en lui. Comme deux lutteurs sur une foire, ou deux pugilistes dans une taverne. Avant qu'il ne mette enfin des mots sur ce qui le préoccupe, sur les deux dragons qui se battent sous sa montagne, et qui font s'effondrer chaque tour qu'on essaie d'y bâtir. Le petit enfant en lui se montre enfin, derrière ses prunelles couleur de ciel d'été et mon sourire se fait plus sincère en écoutant son aveu.

Messire, j'ai toujours entendu qu'il n'y a pas d'âge pour apprendre. Vous apprendrez... et vous serrez que je serai toujours là si vous avez besoin de moi. Mais en attendant...

Je ris comme un enfant en m'inclinant et mimant un baiser sur ses phalanges blessées, avant de poser ma main dans son dos et de commencer à l'entraîner dans une valse dont je donne le temps. Ta ta ta, ta ta ta... ta ta ta... le faisant tournoyer au milieu des feuilles mortes.

code by mirror.wax
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 720
Date d'inscription : 26/11/2014
Dim 3 Juin - 19:23

I would be your dragon clinging to your ruff, as if it's love

Le trône du dragon

En cet instant, alors que mes prunelles restent désespérément ancrées dans celles d'un homme qui aurait toute les raisons du monde de me haïr et de se réjouir de mon malheur, le temps semble devenir un entité à part entière, un être capable de nous accorder un moment de paix, cessant de ce fait d'être une constante immuable, un concept dont il est difficile de se séparer. Autour de nous, il se fait ainsi la cape qui nous enveloppe, le capuchon immatériel qui semble nous promettre de son silence immaculé, une chance de rattraper les écarts de cette existence, les ratés qui nous ont tout deux menés en ce moment si précis, où dans ses bras, je tente de racheter mes fautes, de trouver une absolution que personne ne pourra jamais m'offrir et qui à jamais, ne sera qu'un désir fiévreux, qu'une demande vaine de cette carcasse bien faible. Contre lui, je tente donc, pour la volonté seule de ce dernier espoir vain qui renaît à chaque pleine lune, de trouver ce que le monde ne peut me donner, m'abreuvant ainsi de ses mots, de sa douceur pour espérer en tirer une essence doucereuse qui serait enfin capable de faire taire mes doutes et mes peurs. Et si durant une fraction de secondes, j'ai la sensation, l'impression que quelque chose change autour de nous, que dans son regard même j'y retrouve des traces de cette affection que m'a un jour porté Baldec, je ne peux qu'être quelque peu déçu quand le baiser sur mes phalanges ne devient qu'une excuse pour rire, pour se moquer de la gravité de la situation et d'ainsi chasser ce qui me trouble d'un revers de la main, puis d'une danse trop enjouée pour être sincère, trop subjuguante et enivrante pour être autre chose qu'une mauvaise farce dont j'essaye bien rapidement de m'extraire, secouant tout d'abord la tête avant de bredouiller quelques syllabes qui se perdent dans le bruit soudain assourdissant des feuilles mortes.

"Assez.... Pitié... Assez."


De son étreinte, je tente de m'enfuir, de rompre cette union qui soudain me faire perdre le souffle, me débattant alors contre lui, mes deux paumes posées sur le plat de son plastron.

"Arrêtez ! Arrêtez !"

Cette fois-ci, les bredouillements et autres balbutiements se font des cris, des hurlements pathétiques aux ratés audibles qui loin de me donner la force dont j'aurais besoin pour sembler digne de ce rang qui n'est chez moi qu'une absurdité de plus, une tare étrange qui ne fait que souligner le moindre des défauts de ma personne.

"Pitié... Assez."

Piteusement, je le repousse, ou plutôt je recule d'un pas, afin de mettre un peu de distance entre nous et d'ainsi pouvoir à nouveau fuir son regard et sa personne, lui offrant ainsi la vision de mon être courbé et victime de tremblements pathétiques. La tête basse, je reste l'enfant que je n'ai jamais cessez d'être, celui qui tremble, qui s'effraie des ombres des plus grands et qui en ce jour où il donnerait tout pour une épaule sur laquelle se reposer préfère observer danser à ses pieds regrets et feuilles tout juste bonnes à être piétinées. Au lieu de me faire indolent, d'accepter cette main que l'on peut tenter de me tendre, je préfère à la place passer une main sur mon visage et chasser les larmes qui ne devrait pas tarder à rouler le long de mes pommettes.

"Pas ainsi... Pas comme cela." Plus jamais ainsi. Une grande inspiration je prends alors que je détourne le regard, fuyant sa personne pour mieux contempler un lointain qui n'est composé de rien, ou plutôt que des fragments d'une réalité qui n'est pas la mienne, d'un horizon qui loin d'être ma prochaine destination restera à jamais cette ambition que je ne pourrais saisir, une opportunité dont seul les autres pourront profiter. "Sans musique... Ce n'est pas la même chose." Je tente de me trouver une excuse, d'inventer quelque chose de plausible qui n'aura pas l'air trop triste à entendre et qui pourra supporter d'être un écho au milieu du silence que j'installe entre nous, le temps de reprendre mes esprits et de me recomposer cette attitude faussement méprisante et nonchalante qui jure pourtant avec le sang sur mes phalanges et cette douleur qui semble avoir fait son nid au sein même de mes iris. Puis, finalement, après de longues secondes, peut-être même une minute, je parviens à murmurer à nouveau et même à esquisser un sourire qui peine malheureusement à atteindre la commissure de mes lèvres.

"Je...." Un soupir glisse d'entre mes lèvres alors que je replonge dans un mutisme plus gêné cette fois-ci, un qui trahi malheureusement mon incapacité à exprimer des sentiments, des sensations et des impressions que j'ai pendant si longtemps dû réprimer. "J'ai envie de croire que vous serez toujours là, Steve." Prononcer son prénom fait courir sur mon échine osseuse un frisson loin d'être totalement désagréable. "J'ai envie de penser que comme Baldec, ce n'est que la mort qui vous arrachera à ma présence, mais je n'y parviens pas... Car je sais que d'une façon ou d'une autre... Vous serez vous aussi emporté par le dragon."

Ma voix se meurt sur la fin de ma phrase, emportant ainsi avec elle les quelques mots que je n'aurais dû que murmurer à ma propre solitude, à cette obscurité vivante qui dans les recoins de ma chambre est devenue la seule présence sur laquelle je pouvais me reposer quand la maladie et l'ombre du monstre que je suis, rampaient sous ma peau comme pour s'amuser de ce malheur qu'est mon existence. A nouveau j'expire alors que je porte à mon coeur l'une de mes mains, afin de me saisir du bout de mes doigts la broche en forme de dragon qui permet à ma cape de tenir sur mes maigres épaules.  Au sol, celle-ci chute tandis que dans le creux de ma paume, je fais un instant jouer les rayons du soleil sur la courbe du monstre ailé aux pattes ornées de roses  avant de simplement le jeter dans la fontaine à nos côtés pour ensuite tourner les talons et abandonner derrière-moi les draperies et autres ornements qui ne sont que les entraves placées là par mon père pour me rappeler que d'humain, je n'ai jamais rien eu.

"Venez... J'ai envie de sortir... Que diriez-vous de m'escorter hors du château, loin des domaines du palais pour nous perdre dans les bois ? Cela fait longtemps que je n'ai pas monté."



Revenir en haut Aller en bas
Le trône du dragon
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 3 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
Sujets similaires
-
» How train your dragon
» [Jeu Vidéo]Dragon Age Origin
» Avocats du Dragon
» Dragon vs Aigles
» Au Dragon Vert

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Autres RP -Ras le bol du mal de mer ! :: Stuckys-
Sauter vers: