Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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I Lived My Life To Stand In The Shadow Of Your Heart

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Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Mer 6 Avr - 21:40

I Lived My Life To Stand In The Shadow Of Your Heart
Un léger "pop" se fait entendre dans mon bureau et je lève le nez de mon parchemin pour observer la petite enveloppe scellée de cire mauve qui est apparue sur ma pile de documents. Le sceau de l'archimage, ainsi que sa couleur. Etrange... Je tends la main pour saisir la missive et je fais sauter le sceau avant de tirer la petite feuille de parchemin qui s'y trouve nichée. Je soupire, m'enfonçant un peu plus dans mon fauteuil alors que mes yeux parcourent les lignes d'une écriture fine et serrée, parfois presque indéchiffrable.

Cher Steven

Je vous écris ce jour car j'ai une mission d'importance à vous confier. Le récit de bien sombres agissements sont venus à mes oreilles et j'ai besoin de quelqu'un de confiance pour aller mener l'enquête. L'objet de ces investigations est votre confrère Rumlow. Les accusations à son encontre sont assez graves, mais ont besoin d'être confirmées. C'est vous, que je charge de cette mission. Vous me ferez un rapport sur ce que vous avez vu et entendu, ainsi que sur les conclusions auxquelles vous seriez arrivé. De mon côté, je vais prévenir Rumlow de votre venue, lui donnant comme raison de votre présence le besoin que le congrès des mages aurait de certaines informations contenues dans les parchemins rares qu'il détient dans sa collection privée. Cela vous permettra de rester assez longtemps à ses côtés pour vous rendre compte si quelque chose doit m'être rapporté.

Je vous remercie pour votre collaboration, et tout le conseil des Anciens a confiance en vous.

Bruerbach Salmonzar


Je lis puis relis le courrier avant de le laisser retomber sur mon sous-main en cuir rouge. Une mission. Vraiment. Par les dieux je ne suis pas un émissaire ni un espion, alors pourquoi est-ce moi qui suis chargé de me rendre chez ce type que je déteste? Je n'en ai aucune idée et je suis loin, très loin d'être enchanté. Rumlow est le type de mage que je déteste : imbu de lui, fanfaronnant sans cesse, et estimant que parce qu'il sait utiliser la magie, il doit être traité comme un être supérieur au commun des mortels. Alors certes il est très bon, peut-être même un des meilleurs, mais ses manières sont tellement détestables. Il fait payer ses services à prix d'or, adore qu'on lui lèche les bottes, et rêve en secret qu'on lui érige des autels et que le pauvre commun des mortels, humains comme elfes, et même les quunaris se prosternent devant lui et applaudissent sa gloire. Il est comme un de ces empereurs des mers chaudes qui s'amusent de voir leur ville brûler... et voilà que je vais devoir, sous un faux prétexte, passer plusieurs jours chez lui.

Cela ne pouvait plus mal tomber. Je viens de recevoir deux nouveaux parchemins fort intéressants, retrouvés dans un fortin abandonné du comté de Oranial qui pourraient me donner de précieuses informations sur l'orbe... mon orbe... l'artefact de légende que je rêve de posséder et d'étudier depuis si longtemps... Et qui maintenant, grâce à ces parchemins, pourrait être à moi. Sauf qu'il va falloir que je repousse leur étude et cela me contrarie. Je préfèrerais tant rester ici, dans mon manoir, à déchiffrer ces pages en draconique, aidé de mes manuels et mes grimoires, plutôt que de faire un travail d'inquisiteur auprès de cet homme qui a comme premier crime celui d'avoir un ego plus grand que le mont Ravnos... Bon sang si ça n'était pas l'archimage j'aurais bien refusé en disant de trouver quelqu'un d'autre, quelqu'un qui n'aurait rien à faire de ses journées et qui aurait comme passe-temps de traquer les criminels ou que sas-je. Mais j'irai. Je n'ai pas le choix, je devrai aller chez lui, faire semblant de m'intéresser à sa bibliothèque en guise de couverture tout en espionnant ses faits et gestes, le tout en me montrant courtois et charmant. J'aurais préféré affronter une vouivre ou un griffon enragé plutôt que Rumlow...

Je me lève et repousse ma chaise avant de revenir dans le hall, puis passer dans la cuisine. Les deux soeurs qui sont à mon service s'arrêtent de discuter et reposent les légumes qu'elles sont en train de découper sur le plan de travail en bois, surprises de me voir là. Je leur souris alors que je m'approche.

Les filles tout va bien. Je venais vous informer que dès demain je devrai partir en mission et je ne sais pas pour combien de temps je serai parti. Une semaine. Deux tout au plus. Exceptionnellement, je ne pourrai pas rentrer pour dormir ici, donc ne prévoyez aucun repas pour moi, pas un de la journée. Je vous transmettrai une missive dès que ma mission sera terminée, pour que vous puissiez préparer mon retour... D'accord?
Oui Steve.
Parfait. Et quel est le menu pour ce soir?
Canard farci aux chataignes et au miel.
J'en salive d'avance. A tout à l'heure mes douces.


Je referme la porte après avoir contemplé mes deux protégées. Mila et Lara. Leurs parents s'étaient fait tuer quelques années auparavant alors qu'elles étaient de toutes jeunes adolescentes, et une vieille tante, la seule famille qui leur restait, m'avait supplié de les prendre à mon service, parce qu'elle était trop pauvre pour prendre en charge deux jeunes filles... Grand bien m'en a pris. Si au début elles étaient simplement de petites souris qui s'occupaient sans bruit du ménage, de la cuisine et du linge pendant que je travaillais, bien vite elles sont devenues de charmantes jeunes femmes aux sourires enjôleurs et aux formes appétissantes. Et finalement, une chose en entraînant une autre, il m'arrive d'avoir la visite de l'une, de l'autre, ou des deux en même temps dans mon lit pour occuper les longues soirées d'hiver... ou les longues nuits d'été également...

Je repasse dans mon laboratoire pour rassembler le nécessaire indispensable à mon "voyage", même si je pourrais toujours revenir ici si j'ai oublié quelque chose. Linge, cape de voyage et autres s'entassent dans ma malle, tout comme quelques livres, un nécessaire à écriture et du parchemin. Plus quelques amulettes diverses et variées, juste au cas où. Je laisse la lettre de l'archimage sur mon bureau, de peur que Rumlow l trouve, et n'en ayant de toute façon pas besoin, avant de la laisser près de mon lit, prête pour mon départ le lendemain après mon petit déjeuner. Puis je redescends, et soupire en voyant mes deux trouvailles sagement disposées sur mon bureau, me narguant presque de ne pas pouvoir être lues tout de suite, ce qui me met en rage. Tout simplement parce qu'il me faudra des semaines pour le traduire, avant d'en étudier le sens avec soin... Je les range dans la bibliothèque avec mes autres documents, au cas où, puis je redescends trouver mes deux trésors pour le diner.

Trésors qui décident de ne pas me laisser seul pour ma dernière nuit à la maison, et avec qui je passe un doux moment avant de sombrer dans un sommeil lourd. J'ouvre les yeux et je suis seul. Je grogne en me rappelant de ma mission alors que je repousse les couvertures et enfile une longue tunique qui descend jusqu'aux genoux, bien suffisante pour simplement prendre mon déjeuner. Mes deux colombes ont servi le déjeuner et je m'attable, lisant distraitement un grimoire, avant de m'essuyer les mains. Par les dieux j'ai envie de tout sauf ça. Déjà que j'ai toujours une hésitation avant de devoir quitter ma demeure pour me lancer à l'aventure, alors là... pour aller passer plusieurs jours sous le même toit que ce crétin... c'est de la torture. Quand je remonte dans ma chambre mon bain est prêt et je m'y prélasse avec délice, tentant de repousser au maximum le moment où je devrais me mettre en route. Enfin... quand l'eau commence à refroidir je quitte l'eau et m'habille. Puis je m'installe avec ma malle et je me concentre pour visualiser ma destination. Je rouvre les yeux et je suis dans le hall du manoir de Rumlow. Par les dieux mais qu'il est présomptueux. Ce n'est qu'une débauche d'or, de soieries et d'articles de luxe, tapageurs et uniquement là pour en mettre plein la vue au visiteur assez crédule pour croire à cette mise en scène. C'est à ce moment que la voix du maître de maison résonne dans l'immense pièce en marbre.

Steven!
Rumlow!


On tombe faussement dans les bras l'un de l'autre et on se donne une accolade faussement chaleureuse qui a comme seule réaction de me faire plisser du nez face au parfum capiteux, sans doute très cher, et surtout mis en beaucoup trop grande quantité.

Viens Steven, mes domestiques te montreront ta chambre. Bucky! Prends la malle de notre invité et montre lui sa chambre! Steven je te laisse t'installer et on se retrouve quand tu auras terminé. On a de belles discussions de magie qui s'annoncent!
Tu as bien raison! Il y a un million de choses dont on va devoir discuter!


Je le suis du regard alors qu'il s'éloigne. Crétin. Le temps va être long. Très long.

good vibes.
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Mer 6 Avr - 22:02


Always Yours


La bile me laisse un goût amer sur la langue et mon souffle se fait plus court quand je sens ses doigts effleurer ma nuque frissonnante, remontant doucement sur mon cuir chevelu, qu'il caresse avec une tendresse qui ne lui ressemble pas. Lentement, ses doigts caressent mes cheveux tandis que mon coeur lui semble sur le point d'éclater. Cette tendresse n'est pas sienne, elle n'est que le reflet de la colère qui l'anime en cet instant. Tout est de ma faute après tout. Je suis celui qui a fuit. Je suis celui qui a cru que je pouvais m'en sortir. Ses doigts agrippent mes cheveux et d'un geste sec, il me force à basculer la tête en arrière juste pour que je puisse croiser son regard si sombre. Un sourire se glisse sur ses lèvres et si sa voix se fait douce comme du miel, je n'y entends que les coups de fouets que je vais prendre quand nous rentrons et ses hurlements.

"Bucky, Bucky, Bucky… Je pensais que tu étais plus intelligent que ça… N'avais-je pas dit que tu devais m'attendre au domaine ?"

L'idée du châtiment à venir me fait gémir et alors que je porte mes mains à son poignet, tentant de le faire lâcher, il reprend, tirant un peu plus sur mes cheveux.

"Je t'ai posé une question Bucky."

Un autre gémissement m'échappe, une première larme roule sur ma joue tandis que je détourne le regard. Je sais que quoi que je dise… Il va me punir. Peut-être plus sévèrement qu'avant. Ce sera sûrement pire que les coups de fouets, les journées sans manger ou sans dormir. Je serre les dents et commence à sangloter, cherchant de quelle manière je pourrais apaiser la colère qui se cache dans la douceur de sa voix. Seulement rien ne me vient. Du moins, aucun mensonge ne semble vouloir traverser mes lèvres, juste une vérité honnête et teinté d'une peur viscérale.

"Si je devais… Mais je ne voulais pas que tu m'y trouves à ton retour."

Je termine à peine ma phrase qu'un long hurlement m'échappe. Mes tatouages se mettent à luire d'une lumière bleutée, chauffant mon être au point que j'ai l'impression de me consumer sur place. Ma peau est si chaude que je cherche à la lacérer de mes ongles, essayant d'un geste désespéré de faire taire cette douleur insupportable. Sa magie vient étouffer autant la mienne que mon être alors qu'il vient gronder au creux même de mon oreille.

"Un mois seul et regarde-toi, tu te penses être capable de tout. Tu penses être un homme libre Bucky ? Tu penses que tu peux tout te permettre ? Idiot."

Je hurle à nouveau, le suppliant de faire taire cette douleur qui consume mon être et qui en cet instant, me fait prier une mort plus rapide. Du plat de la main il vient tapoter ma joue comme il pourrait le faire avec un animal de compagnie, riant alors qu'il contemple le village d'elfes dans lequel j'ai trouvé refuge.

"Je devrais te tuer… Mais heureusement pour toi, tu es bien trop précieux pour que je te sacrifie… Non à la place, je vais te faire comprendre que le seul endroit où tu as ta place, c'est à mes pieds. Alors… Nous allons rentrer et tu vas redevenir ma chose, comme avant… Mais d'abord… Il va falloir te faire pardonner…"

La douleur cesse et sa magie se retire de mon être, me permettant de respirer à nouveau. Je tombe à genoux et commence à cracher et à vomir, tremblant comme une pauvre petite chose brisée. Et si pendant ce mois j'avais entretenu une rage, une envie de me venger, en cet instant je ne suis qu'un gamin apeuré qui attend la prochaine gifle qu'il va devoir encaisser. Rumlow dégaine une épée et en apprécie le tranchant, ayant ce sourire qui me fait frissonner.

"Tu vas les tuer. Jusqu'au dernier. Et c'est seulement quand tu seras couvert de leur sang que nous rentrerons. Ainsi… Tu ne tenteras plus de t'échapper."

Mon souffle se meurt sur mes lèvres alors que je cherche à croiser son regard, mes mains s'agrippant à sa tunique.

"Je… Je vous en prie Messire ! Ils n'ont rien fait ! Je… Ne me demandez pas ça !"

Un rire glisse d'entre ses lèvres, son regard croise le mien et je comprends que je ne vais pas avoir le choix. Que supplier n'épargnera pas ce village… Je recommence à sangloter, mes phalanges devenant blanches tant je serre sa tunique entre mes doigts.

"Bien sûr… Ce n'est pas de leur faute Bucky… Mais de la tienne. Affreux petit esclave que tu es. Tout est de ta faute."

La pointe de la lame vient se glisser sous mon menton et alors qu'il reprend la parole, je sens sa magie recommencer à se déverser en moi, se glissant dans mes tatouages et prenant ainsi contrôle de ma personne. Il ne va pas me laisser le choix… Il va faire de moi sa marionnette et me punir de cette façon. Un sanglot m'échappe tandis qu'il prend le contrôle de mon être, me forçant à obéir.

"Tu vas les tuer Bucky. Pour moi.
- Pitié… Non…"

Et pourtant, je tends la main, attrapant la garde de cette épée avant de me relever, me mettant déjà en marche pour ce massacre que je vais commettre sous ses yeux. Je n'ai pas le choix. Je ne veux pas, mais je ne peux pas refuser. À cause des tatouages, je ne peux rien lui refuser. Il n'a qu'à insuffler un peu de magie en ma personne et je ne suis plus qu'un pantin dont il tire les ficelles pour ses jeux pervers. La seule chose que je peux me faire, c'est me raccrocher à l'idée que je ne voulais pas et que je n'ai pas eu le choix… Et surtout, à celle que je lui ferais un jour payer. La lame est presque trop légère, presque irréelle alors qu'un des villageois m'approche. Je pince les lèvres et sans lui laisser le temps de comprendre, la lame mord sa chair en une estafilade mortel. L'homme tombe à terre, non sans un cri et alors que son sang gicle sur ma joue, l'épée semble soudain prendre un semblant de réalité. Maintenant elle pèse quelque chose dans ma main, elle a le poids de la vie que je viens d'ôter. Seulement je n'ai le droit de la lâcher qu'au moment où je tue le dernier des miens. Je tombe à genoux, au milieu des cadavres et du sang, me maintenant à vomir entre deux sanglots sur les cadavres des enfants et des femmes que je viens de tuer. Rumlow me rejoint quelques instants plus tard, et vient doucement caresser ma joue, y déposant même un baiser avant de murmurer.

"Bien… Maintenant rentrons à la maison mon Bucky."

Je me réveille d'un coup, le souffle court alors que les livres qui flottaient dans la pièce retombe lourdement. La nuit est encore épaisse et Rumlow n'est plus dans son lit. Au milieu des battements de mon coeur affolé, j'entends les cliquetis de la chaîne qui me retient prisonnier au pied de son lit. Mes doigts se posent sur celle-ci et remontent lentement vers le lourd collier en bronze qui ne me lâche pas depuis ma première évasion. Six mois déjà et depuis, je ne peux le retirer, devant le conserver comme si j'étais son chien. Maintenant, il me promène en laisse et quand ce n'est pas le cas, il me le laisse, disant que grâce à celui-ci, il pourra toujours me retrouver. Je me recroqueville sur le léger futon sur lequel je dors, profitant du fait d'être seul pour sangloter. Je ne voulais pas les tuer… Et si j'avais pu, je me serais contenté de le suivre jusqu'au domaine… Mais non. C'était ça ma punition. De tuer ceux qui m'avaient aidé, simplement pour me faire comprendre que je ne pourrais jamais m'échapper et que jusqu'à la fin de mes jours, je suis sa chose, son esclave. Son gentil Bucky qui courbe l'échine pour lui et qui en plus d'être un beau sujet d'expérimentation qu'il présente à ses amis, un gentil garçon qui réchauffe son lit quand il n'a pas envie d'être avec ses maitresses ou qui justement, réchauffe le lit de ses amis. Tout ça pour me rappeler que je ne suis qu'un objet, une chose qui n'est en vie que parce qu'elle a de la valeur… Rumlow veut que je me rappelle de ça et que chaque jours de mon existence, je me souvienne que je ne suis encore de ce monde qu'à cause des tatouages qu'il a gravé dans ma peau. D'un revers de la main j'essuie mes larmes et tente de me relever, cherchant surtout à ne pas m'étrangler par inadvertance.

"Maître ?"

Ma voix porte à peine dans l'obscurité et sonne à mes oreilles comme un geignement à peine agréable. Il n'est pas là… Il doit être avec une de ses maîtresses… Ou sûrement à lire je ne sais trop quoi dans son bureau. Un frisson dévale mon échine et bien sagement, je me rallonge sur mon futon, fixant avec une certaine crainte la porte de sa chambre. J'aimerais que ce soir il ne vienne pas, en fait, j'aimerais même qu'il ne revienne plus jamais. Je m'installe plus confortablement, faisant de ce fait tinter la chaîne à nouveau, passant ensuite une partie de la nuit à  osciller entre des pensées bien sombres et un sommeil bien trop léger.

Et le réveille est d'autant plus dur quand je n'ai le droit qu'à Rumlow qui tire sèchement sur ma chaîne, me disant de me lever si je veux manger. J'ouvre les yeux et croise son regard, me relevant le plus rapidement possible. Rumlow détache ma chaîne et me fait comprendre que je ferais mieux de le suivre alors qu'il commence déjà à énumérer mes tâches de la journée.

"Je vais avoir un invité… Donc après le petit-déjeuner, tu vas te faire beau mon Bucky et surtout, je ne veux pas le moindre incident, c'est clair ? Pas question que tu te comportes comme la semaine dernière, sinon ce n'est pas cent coups de fouets que je te donne mais je te jette en pâture à Harianna."

Un frisson dévale mon échine à cette simple idée. Harianna est sûrement la pire des maîtresses de Rumlow. En plus d'être sa favorite, elle est aussi un mage et une salope de première qui adore punir les esclaves qui travaillent pour son amant. Je ne compte plus le nombre de fois où c'est elle qui s'est occupée de mes punitions. Elle qui me fouettait jusqu'à ce que ma chair soit à vif, elle qui a pris du plaisir à me violer plus d'une fois simplement pour m'entendre la supplier.

"Je… Ça n'arrivera pas…

- Bien. Tu t'offriras à notre invité. Si il exige quelque chose, tu lui donnes. Si il veut que tu passes la nuit avec lui, tu acceptes. Si il veut te cracher dessus ou même t'humilier, tu le laisses faire et mieux, tu en redemandes.
- Oui Maître.
- Et mets ta tenue noire… Elle fait ressortir tes tatouages.
- Bien sûr Maître…"

Nous arrivons dans la salle manger et alors qu'il s'assied dans son lourd fauteuil en bois sombre, je prends ma place à ses côtés, par terre, posant ma tête sur sa cuisse. Ses doigts passent rapidement dans mes cheveux et je pousse un soupir quand il commence à manger, ne levant la tête pour lui que pour attraper du bout des lèvres les morceaux de fruits ou de pain qu'il accepte de me donner. Je mâche en silence, appréciant simplement qu'aujourd'hui il soit de suffisamment bonne humeur pour me nourrir. Il termine son repas et après m'avoir repoussé, il m'envoie m'habiller, disant qu'il va s'occuper d'accueillir notre invité. Je me retire, et file m'habiller, passant la tenue noire au tissu fin, dont si le col remonte assez haut, laisse mes bras nus. Je redescends ensuite et perçois la voix de Rumlow qui déjà m'ordonne de venir m'occuper du fameux mage. Je m'approche et n'échange qu'un regard avec mon Maître, offrant ensuite un immense sourire à notre invité. Quand je suis à son niveau, je m'incline respectueusement.

"Bonjour Messire. Permettez-moi de porter vos affaires jusqu'à votre chambre."

Je me redresse et force mon sourire alors que j'attrape sa malle et la soulève non sans quelques difficultés. Encore un mage sous ce toit… Merveilleux. Et si il est là, c'est qu'il est un ami de Rumlow, donc tout aussi désagréable que lui. Lentement je le guide entre les différents couloirs de soieries et de pierreries, le fait monter un escalier et ouvre enfin la porte de la chambre des invités. Je lui dévoile une chambre immense, composé d'un lit à baldaquin aux tentures pourpres, d'une grande armoire en bois clair et d'autres meubles finement ouvragés. Je dépose sa malle au pied de son lit avant de me tourner vers lui, toujours aussi souriant.

"Voilà Messire, j'espère que la chambre est à votre goût. Si vous désirez quoi que ce soit… Je suis à votre service. Demandez et j'obérais. Mon Maître vous attend dans le salon, je me ferais une joie de vous y conduire, et si vous préférez vous reposer avant le repas, je peux aussi aller le prévenir…"

© TITANIA
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Jeu 7 Avr - 20:53

I Lived My Life To Stand In The Shadow Of Your Heart
S'il y a bien quelque chose qui m'insupporte, c'est de gâcher mon temps. C'est de semer au vent des poignées de secondes de la seule chose contre laquelle je ne peux pas lutter : le temps. Je peux guérir des blessures, lever des enchantements, faire disparaitre une douleur... mais je ne peux pas rendre la jeunesse. Je ne peux pas empêcher la mort de faire son oeuvre une fois le moment venu et c'est pour cela que je tente de vivre de telle sorte que je ne gâche, à mes yeux, aucune de ces précieuses secondes qu'on m'a données à ma naissance. Et surtout pas en allant jouer les espions chez cet egocentrique de Rumlow, et en m'invitant au sein de sa demeure. La seule consolation dans tout cela est que j'aurais peut-être l'occasion d'étudier quelques uns de ses manuscrits, qui à ce qu'on dit sont de vraies raretés... J'en tirerai peut-être quelques informations intéressantes qui justifieront ces journées perdues loin de chez moi, à étudier, manger des repas fameux accompagnés de vin amoureusement vieilli en futs de chêne ou à remplir ma chambre de gémissements de plaisir. Ou bien à partir à l'aventure dans toute la contrée auprès de mes compagnons, à affronter des créatures dangereuses ou des situations périlleuses dans le but de ramener des artefacts rares ou d'accomplir un exploit. A chaque fois je vois cela comme un défi que je veux résoudre, un défi lancé à mes pouvoirs et à mon esprit, une mise à l'épreuve de mes capacités. J'aime, entre mes longues semaines d'étude, ces jours au grand air à suivre la trace d'un orc ou d'un troll, de trouver un ancien sanctuaire quunari ou affronter un dragon ou une coquatrix qui protège un trésor fabuleux... les repas cuits au feu de bois avec les étoiles et les deux lunes de Rahnsam au-dessus de la tête, les passages dans les auberges ou les tavernes, les longues discussions alors que nos montures traversent des forêts verdoyantes ou des goulots étroits. Et après chaque quête, je retrouve avec bonheur mon manoir, mes livres, mon laboratoire, mes chères colombes et mon lit. J'aime ma vie ainsi, et je déteste tout ce qui s'oppose à ce qu'elle suive ce cours précis. Comme en l'occurrence la requête de l'archimage...

Après quelques mots de bienvenue et une chaleur feinte, Rumlow, aux cheveux noirs plaqués en arrière avec de la graisse, appelle un de ses domestiques pour qu'il prenne mes affaires. Je hausse un sourcil, sentant son aura magique alors qu'il vient seulement d'entrer dans la pièce, et je suis encore plus surpris quand je remarque que la personne en question est un elfe. Mais...mais comment? La réponse s'impose à moi dès qu'il s'approche et que je vois de grands tatouages s'étaler en arabesques claires sur sa peau sombre. Il me faut quelques secondes avant de réaliser que ce n'est pas lui qui est magique, mais ses tatouages, qu'on lui a faits grâce au lyrium... Pourquoi irait-on s'amuser à glisser une telle substance sous la peau d'un simple elfe? Quel est l'intérêt pour Rumlow, qui est déjà mage? C'est vraiment étrange, et curieusement, cette première découverte me met la puce à l'oreille et je me dis que c'était peut-être de cela que l'archimage a voulu que j'observe. Je note cette première information, me disant que j'enquêterai à ce propos dès que l'occasion se présentera et je souris au jeune homme répondant au nom de Bucky.

Merci Bucky! Je vous suis!

Il passe devant moi et je le vois lutter avec le poids de la malle, alors d'un petit geste je la soulève légèrement grâce à mon pouvoir, pour qu'elle lui paraisse plus légère. Je monte les escaliers à sa suite, grimaçant en voyant la débauche de boiseries dorées, de velours brodés et chamarrés, et je manque de retourner chez moi quand je remarque qu'à la place d'honneur, dans l'escalier, trône un portrait de lui. Non mais il est sérieux? Vraiment? A-t-il vraiment une si haute estime de lui-même et une telle méconnaissance du bon goût qu'il ait tout d'abord eu l'idée d'y penser, puis l'audace d'aller voir un peintre pour réaliser cette horreur, et enfin la folie de l'accrocher au mur? Allons bon, cela n'est pas sérieux. Je suis donc son serviteur jusqu'à ma chambre, et souris en découvrant l'endroit où on me loge. Bien... la chambre est vaste et confortable, beaucoup plus que ce que j'avais espéré. Une agréable surprise. Mes doigts effleurent les meubles finement sculptés, dans une sobriété et une élégance qui m'étonnent de Rumlow. Ces meubles détonnent ici, mais auraient été parfaits chez moi. Il a sans doute oublié que cette chambre existait, parce qu'elle n'est pas couverte des dorures qui caractérisent si bien le style pompeux de mon confrère... Je sursaute en me rappelant que le jeune serviteur est toujours ici lorsque j'entends sa voix douce mais au ton faussement enjoué.

Tout est parfait merci. Eh bien je descends avec vous jeune homme. Ce n'est pas comme si j'avais fait un long voyage. Un des avantages d'être mage n'est-il pas?

Je souris et le suis jusqu'au salon, où je trouve Rumlow confortablement installé près du feu. Je m'avance vers lui, prêt à le rejoindre, et je m'arrête une seconde quand je vois Bucky s'agenouiller docilement près du mage, et poser sa joue sur la cuisse de ce dernier. Rumlow lui sourit, le félicitant doucement comme on flatterait un chien, avant de glisser une main dans ses cheveux blancs. Je comprends alors le lourd collier qu'il portait autour du cou et je serre les mâchoires même si je m'approche et m'assieds dans un fauteuil.

Merci pour la chambre, elle est parfaite! Tu me reçois comme un prince, je ne mérite pas tant d'égards!

Je me force à rire et à ne pas regarder ce spectacle affligeant de ce pauvre garçon obligé de ramper pour ce crétin. Le mage sourit et m'encourage à prendre une coupe de vin qui trône sur un plateau devant moi, ce que je fais. Nous trinquons et je soupire en goûtant le cépage. Au moins sa cave a le mérite d'être de bon goût, elle.

Par les dieux il est excellent! Tu me gâtes beaucoup trop!

Et je ne mens pas. Son vin est vraiment excellent, et je suis presque jaloux de ne pas avoir un tonneau de cette merveille dans ma propre cave. Avec du sanglier ou de la biche, ça serait une pure merveille... Je reporte mon attention sur Rumlow, qui désigne son esclave, maintenant je l'ai compris, d'un petit geste du menton, avec un sourire satisfait aux lèvres.

Alors... n'est-il pas charmant? Je l'ai ramassé alors qu'il n'était qu'un bébé et je me suis occupé de lui comme si c'était mon propre enfant... Je lui ai même fait un cadeau des plus précieux... Les tatouages que tu vois... Ne sont-ils pas magnifiques?
Oh si. Et je comprends maintenant pourquoi je ressentais de la magie émaner de lui... Mais pourquoi avoir pris la décision de faire une telle dépense? Le Lyrium est rare est cher... alors le transformer en tatouages, et en plus sur une créature qui n'a pas de potentiel magique naturel... c'était risqué!




good vibes.
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Ven 8 Avr - 18:42


Always Yours


J'ai un autre sourire quand il me répond qu'il ne connait pas la fatigue voyage. Avantages d'être mage, qu'il dit. Un chapelet de jurons rêvent de traverser mes lèvres mais craignant autant sa colère que celle de Rumlow, je préfère conserver mon sourire faux au possible m'inclinant une fois de plus avant de m'effacer, lui faisant signe de me suivre jusqu'au salon. Et alors que je lui tourne le dos, redescendant lentement jusqu'au salon, je ne peux m'empêcher de redouter la présence de ce nouveau mage. Il n'est pas un de ses amis qui passent régulièrement et qui s'amusent de moi… Au fil des années, j'ai appris à les connaitre et surtout à connaitre chacun des jeux pervers auxquels ils aiment s'adonner. Mais lui… C'est la première fois qu'il vient ici… Et j'ai peur qu'i soit tout aussi malsain que les autres, voir même pire. Je serre les dents et descends les escaliers sur la pointe des pieds, craignant presque de faire le moindre bruit. Il a l'air souriant et charmant, mais Alexander l'est aussi… Et lui aime me faire mal pendant qu'il me souille. Les plus mielleux sont les plus mauvais. A tel point que ce que je redoute le moins, sont ceux qui n'essayent pas de conserver apparence humaine. J'ouvre la porte pour lui et le laisse s'engouffrer dans le salon avant de le suivre, allant prendre ma place à côté de Rumlow qui est déjà dans son fauteuil à siroter un peu de vin. Sans qu'il ne m'en donne l'ordre je m'installe à ses pieds, posant ma joue sur sa cuisse, récoltant de ce fait une légère caresse dans la nuque et dans les cheveux. Je ferme les yeux et ravale le dégoût qui me fait frissonner, me disant simplement que ce n'est que le temps que l'invité reste. Après… Après il ne m'exposera plus comme une pièce d'art hors de prix. Après nous retournerons  dans ce quotidien où je ne suis donné qu'à sa maîtresse ou lui. Mais pour l'instant… Je dois être sage. Bien me faire voir et éviter une autre punition. Alors, bien docilement, je le laisse faire, les écoutants roucouler avec une coupe de vin entre les doigts, se complimentant avec une telle obséquiosité que je m'attends presque à les voir commencer à se sucer l'un après l'autre. L'invité pense être reçu comme un prince et Rumlow lui sert un des meilleurs vins qui siège dans son immense cave. Et pendant qu'ils continuent d'échanger des banalités, je laisse mon regard errer dans le vide, se perdant dans la contemplation du tapis ou d'un rideau, ne revenant à moi que lorsque Rumlow commence à parler de moi, ses doigts se referment un peu plus fermement dans mes cheveux.

"Alors… N'est-il pas charmant ? Je l'ai ramassé alors qu'il n'était qu'un bébé et je me suis occupé de lui comme si c'était mon propre enfant… Je lui ai même fait un cadeau des plus précieux… Les tatouages que tu vois… Ne sont-ils pas magnifiques ?"

Je plisse le nez face à son mensonge, mes doigts serrant un peu le tissu soyeux de sa tunique. Il m'a peut-être récupéré quand je n'étais qu'un nourrisson, mais jamais il ne m'a élevé comme si j'étais son fils. Les servantes avaient plus d'instinct parental que lui. Quand je n'étais qu'un enfant, je me devais déjà d'être capable de lui apporter les livres qu'il voulait ou remplir sa coupe sans renverser de vin. Quant à son cadeau… Si lui pense m'avoir rendu un quelconque service en faisant de moi un abomination avec laquelle il aime s'amuser le soir… Moi je n'y vois qu'un monstre, une chose infâme que l'on devrait abattre… Une chimère que ni les mages, ni les elfes ne voudront reconnaître comme leurs. Je n'ai jamais eu de présents, d'anniversaires… Je n'ai été que Bucky. Son esclave et le seul sujet d'expérimentation qu'il a survécu à sa folie. Alors non, je n'ai rien d'un enfant qu'il a aimé ou chéri… Je ne suis qu'un bel objet avec lequel il s'amuse bien. Pas un être vivant, ni même un animal. Je ne suis qu'un objet. Je n'ai jamais eu le choix, ni même le moindre mot à dire. La seule chose qu'on m'a accordé, c'est d'hurler quand il me tatouait. Je rouvre les yeux et observe l'autre mage, n'étant pas franchement surpris par sa réponse. Je sens d'ici Rumlow sourire. Il aime tant se vanter de ce qu'il a été capable de faire avec moi. Ses doigts viennent doucement caresser sa joue alors qu'il ronronne pour moi, regardant pourtant toujours Steve.

"Bucky ? Va donc lui montrer de plus près à quel point tu en valais la peine…
- Oui Maître."

Je me relève et m'approche lentement du mage me plantant face à lui. Je ne croise pas son regard, préférant laisser le mien se perdre par-dessus son épaule, observant la bibliothèque face à lui.

"C'était risqué certes, mais le résultat est plutôt intéressant. C'est la preuve que n'importe qui pourrait devenir un mage… Mais… Ce qui est le plus intéressant, c'est ce que tu peux faire avec lui. Bucky. Déshabille-toi."

Je déglutis et m'exécute, me dénudant jusqu'à la taille, dévoilant un peu plus les tatouages qui recouvrent ma peau.

"Il ne sera peut-être jamais aussi puissant que toi ou moi… Ce qui est une bonne chose, mais il a d'autres avantages. Comme celui de faire un amant tout à fait respectable."

Un léger rire accompagne ses mots avant de claquer des doigts, empêchant à Steve de réellement poser les doigts sur ma personne pour l'instant. Je me rhabille et reviens vers lui, sentant quelque chose d'étrange dans le regard de Rumlow. Il se vante moins. Quand il m'a présenté à Alexander… C'est limite si il ne m'a pas demandé de m'offrir à lui… Mais là… Il semble hésiter. Ou alors… Il cherche simplement à le rendre impatient de me posséder. Je reprends ma place par terre et soupir doucement quand la main de Rumlow revient dans mes cheveux.

"J'ai réussis à créer quelque chose d'unique. Il est le seul de son espèce et il est le seul à être ainsi. Te rends tu comptes ? Si le lyrium n'était pas aussi cher… Nous pourrions en créer d'autres comme lui…. Mais je me doute que tu n'es pas ici pour lui… Enfin, même si il est à ton entière disposition. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à lui demander. Il se fera un plaisir de t'obéir… Il est si docile, tu verras."


Ma mâchoire se verrouille et instantanément, je sens une vive douleur dans l'un des tatouages de mon cou. Je me recroqueville un peu plus, ayant un simple hoquet. Salaud. Tu sais que je n'ai pas envie de m'offrir à ton invité et sans un mot, simplement à l'aide de ta magie et du lien qui nous unit tu me fais comprendre que je n'ai pas le droit de refuser. Je serre à nouveau les doigts avant de murmurer.

"Mon Maître aimerait-il que je fasse quelque chose pour lui et son invité ?"

Ses doigts cessent de se glisser dans mes cheveux et je comprends qu'il ne s'attendait pas à ça. Un ange passe et finalement, il ignore ma question.

"Laisse-nous. Je t'appellerais quand j'aurais besoin de toi. J'ai à parler avec Messire Rogers sur la raison de sa venue ici. Ce n'est pas des choses que tu dois entendre.
- Bien, mon Maître."

Je me relève, m'incline devant lui avant de faire de même devant notre invité, ne pouvant retenir un regard teinté d'une certaine rancoeur.
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Sam 9 Avr - 11:18

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Je le suis jusqu'au rez-de-chaussée du manoir suintant le mauvais goût, soupirant en entendant ce pauvre elfe réciter son discours bien soigneusement, comme on le lui a appris. Bon sang encore une raison supplémentaire de mépriser ce mage. Il a tant besoin de sentir que ses domestiques sont bien à son service, et fidèles, qu'ils doivent s'écraser ainsi devant lui? Il doit vraiment avoir un souci d'ego, pour qu'on lui serine sans cesse à quel point il est le maître, à quel point il est merveilleux et tout puissant. Et pendant une seconde je repense à la maison. Je me rappelle des deux encore petites qui me donnaient du "Oui monsieur Rogers, tout de suite monsieur Rogers" et je leur ai bien vite fait comprendre que même si je les employais pour accomplir des tâches auxquelles je n'avais ni le temps ni l'envie de me consacrer, ce n'était pas pour autant qu'elles devaient ramper devant moi. Et parfois je me dis que j'ai même été un peu trop libéral avec elles quand le manoir résonne de colères homériques à propos de choses faites ou non, accompagnées de vaisselle brisée et de menaces de brûler la bibliothèque ou de percer tous les tonneaux de vin. Mais c'est aussi ça la vie, que diable, et mon manoir n'est pas un fichu temple. Il faut que ça vive, et pour ça que ça crie! De colère ou de plaisir mais qu'importe, même si je préfère le second choix au premier. J'aime entendre leurs rires et leurs bavardages, j'aime les entendre chanter ou se chamailler pendant que je lis ou j'étudie. Alors qu'ici les domestiques semblent glisser sur le sol et se retenir de respirer. Quelle horreur! Mais c'est pire qu'une crypte!

Je descends, suivant ce petit Bucky qui m'intrigue au plus haut point, jusqu'au moment où, arrivés dans le salon, je le vois à moitié ramper devant ce crétin de Rumlow. Alors là... là tu viens de briser le peu d'estime que j'avais encore pour toi. Des esclaves. Tu t'es payé des esclaves. Tu t'es payé d'autres êtres humains, que tu obliges à ramper devant toi. Et même pas parce que tu les paies pour ça, mais parce que tu vas les tuer, ou tout du moins tu les menaces de le faire s'ils ne t'obéissent pas. J'ai envie de vomir sur ta bassesse, et encore, ce serait une insulte au contenu de mon estomac que de le laisser se répandre sur ta misérable personne. Tu l'as élevé comme ton enfant? Quel père demande à son fils de s'asseoir par terre à côté de lui, de se faire flatter et porter un collier comme un chien? L'archimage en sera informé, c'est une certitude... Et tout en crachant mentalement tout mon mépris sur sa face en lame de couteau et couturée de cicatrices, je souris et le complimente sur le vin, tout en feignant de m'intéresser au soi-disant prodige d'avoir torturé un pauvre elfe pour le transformer en une expérience magique monstrueuse. Mon regard se promène sur sa fine personne alors que Rumlow continue de me donner davantage de précisions, semblant se délecter de son propre stratagème comme un chat qui se lèche les babines pleines de crème.

Mais lui as-tu appris à contrôler cette magie qui l'habite? Et que veux-tu dire par "faire avec lui?"

Il ordonne à l'elfe de se deshabiller et je regarde sa peau sombre constellée des nombreux tatouages au lyrium qui partent de sa taille jusqu'à son menton et couvrent ses bras jusqu'au dos de ses mains. Et je soupçonne que cela continue sous sa ceinture...et sa peau porte les traces de nombreuses blessures... J'ouvre la bouche pour poser une question qui aura l'air d'être technique, quand une violente nausée me saisit alors qu'il me révèle qu'en plus de le traiter comme un chien, de l'avoir mutilé, il le prend aussi dans son lit. Tu avais touché le fond, maintenant tu creuses. Tu n'es même pas capable de te payer une courtisane, tu achètes une vie et tu l'utilises. Mais comment arrives-tu à prendre du plaisir à savoir que celui dont tu écartes les cuisses vit dans la peur? Subit parce que tu as tout pouvoir sur lui? Par les dieux mais jamais je ne serais capable d'une quelconque vigueur à ce niveau là en sachant la condition de la personne qui partageait mon lit. Et c'est tellement plus agréable d'entendre une porte s'ouvrir au petit matin, des pieds nus trottiner sur le parquet, et sentir les couvertures se soulever pour accueillir un petit corps chaud et nu qui vient se blottir contre sa personne? Alors que lui doit aimer lire la peur dans ses yeux. La jointure de mes doigts blanchit tant je serre la coupe de vin que je vide d'un coup, même si c'est une insulte au précieux breuvage de ne pas le savourer. Puis avec un sourire toujours faux et un intérêt qui l'est tout autant je relance la conversation.

Vraiment? En quoi le lyrium change-t-il quoi que ce soit au lit? Tu m'intrigues?

J'observe la pauvre créature au regard vague se rhabiller mécaniquement et revenir s'asseoir, soumis, près de son maître, qui glisse ses doigts pleines de bagues lourdes dans ses cheveux blancs.

C'est en effet un grand prodige que tu as accompli, je suis impressionné. Cela ne fait que prouver ta position d'un des meilleurs mages de la guilde. Peu auraient réussi ce tour de force!

Je me dégoûte de prononcer ces mots à haute voix, mais je dois assurer ma couverture et jouer le jeu. Si je me montre trop suspicieux, ou si je lui fais sentir ma désapprobation, il risque de se douter de quelque chose et tout l'effet de surprise sera réduit à néant. Je me sers une nouvelle coupe de vin que je me retiens de lui jeter au visage lorsqu'il me fait comprendre que si j'en ai la fantaisie, je pourrais aussi l'utiliser. Par les dieux ce n'est pas un outil! On ne se le prête pas comme une couverture de voyage ou un couteau autour du feu!

Il est absolument ravissant et tout à fait attirant mais je ne voudrais pas provoquer la colère de ma maîtresse si elle apprend que j'ai partagé mon lit avec quelqu'un d'autre qu'elle... Mais je te remercie pour cette proposition des plus tentantes.

Je hausse un sourcil en sentant brusquement qu'il utilise la magie sur lui, comme s'il tirait sur une laisse, la faisant s'insuffler dans ses fameux tatouages pour le faire souffrir davantage. Bon sang si je pouvais... c'est toi qui porterais ce fichu collier et qui ramperait au sol. C'est alors que Bucky me ressort son discours bien répété et je lui souris sincèrement.

Ne t'en fais pas, tout est parfait. Je n'ai besoin de rien. Mais merci de demander, c'est fort aimable.

Il le congédie ensuite et je reste seul avec lui. Il y a tant de choses que j'aimerais faire, mais je choisis la plus raisonnable.

Encore une fois, désolé de débarquer chez toi, sorti de nulle part, mais l'archimage m'a demandé de faire des recherches pour lui, et tu es le seul dont la bibliothèque recèle les informations dont il a besoin. Donc ne t'en fais pas, un coin de table, un encrier et quelques parchemins, tu n'entendras même pas parler de moi!

J'ai un léger rire alors que je le suis jusqu'à la bibliothèque et que nous commençons à arpenter les rayonnages de grimoires et d'étagères, discutant de choses et d'autres. Pendant qu'une part de moi réfléchit à comment informer l'archimage de mes premières découvertes.

Le surlendemain, je fais une pause dans mes "investigations" pour me rendre aux cuisines. Je ne feins pas d'étudier ses parchemins, car j'y découvre des sorts et des potions tout à fait intéressantes, dont je fais une copie pour mon propre usage. Mais là j'ai besoin de boire et la faim me tenaille. Après tout cela fait deux heures que je n'ai rien mangé. C'est long. Je m'approche du bureau de Rumlow et j'entends des gémissements. Je hausse un sourcil. Ainsi il serait en train de se donner du bon temps? Ou est-il en bonne compagnie? Sauf qu'en passant devant sa porte je remarque qu'elle est entr'ouverte. Et la petit ouverture me permet de voir Bucky, qu'il a fait se pencher sur son bureau, dont il est en train de tirer du plaisir, poussant des gémissements écoeurants, alors que le jeune elfe reste silencieux, abandonné, même vaincu. Cette scène m'ayant coupé l'appétit, je tourne les talons mais au moment de disparaître, je croise son regard vide, et je me promets de faire quelque chose pour lui.



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Lun 11 Avr - 22:09


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Nos regards se croisent et pourtant, je peine à comprendre ce qu'il peut penser ou ressentir. Contrairement aux autres mages qui rendent visite à Rumlow, je ne lis pas la moindre joie, plaisir ou même excitation en me découvrant et surtout en me voyant ramper à ses pieds. Il arbore un sourire façade qui ne monte pas jusqu'à son regard. Je fronce légèrement les sourcils et pince les lèvres, quittant ensuite la pièce, les laissant discuter tout les deux. La porte se ferme derrière moi et je ne peux retenir un soupir, m'adossant doucement à celle-ci pour fixer le tapis à mes pieds, tendant l'oreille dans l'espoir de percevoir quelques bribes de leur conversation. Je ne devrais pas… Mais tant pis. Si Rumlow m'attrape ou qu'un autre domestique me dénonce… Je n'ose songer à ce qu'il pourrait me faire. Peut-être me jetterait-il dans les bras d'Hadrianna… ? Ou alors se garderait-il le plaisir de me battre lui même ? Aucune idée. Je retiens ma respiration à cette simple idée, fronçant simplement les sourcils quand la voix du mage Steve s'élève à nouveau, étant légèrement étouffée par l'épaisse porte de bois sombre. Alors comme ça, il n'est pas l'ami de Rumlow, juste un visiteur qui est là pour parcourir quelques manuscrits, pour le compte de l'archimage. Je me mords doucement la lèvre avant de me décoller de la porte, allant jusque dans la chambre de Rumlow, me laissant retomber au pied de son lit. Je passe une main dans ma nuque, la sentant raide à cause du lourd collier qu'il m'empêche de retirer. Je ferme les yeux et m'autorise un moment de tranquillité, m'allongeant simplement en fermant les yeux, priant pour que Rumlow m'oublie le temps de me reposer.

Et étrangement, si je m'attendais à ce que mon quotidien soit bouleversé, il n'en est rien. Steve est plutôt discret, passant ses journées à lire des parchemins, sous la surveillance des domestiques ou de moi-même qui servons de petites pies pour lui. Chacun notre tour nous allons lui offrir du vin ou de quoi grignoter, revenant ensuite murmurer à son oreille ce qu'il fait. Et si les autres peuvent ensuite reprendre leurs tâches, je continue pour ma part d'être exposé à son invité comme si j'étais une parure qui devait le rendre jaloux et lui donner envie de me posséder. Il me fait le suivre comme une ombre et à chaque repas, je reste non loin de lui, grignotant d'entre ses doigts le peu de nourriture qu'il accepte de me donner. Il offre à Steve mon quotidien, le lui dévoilant sans la moindre gêne et comme il le ferait avec le reste des mages. Pour cet inconnu, je sers une fois de plus de trophée et de chien qu'il traîne un peu partout et qui surtout ne doit jamais être autre chose qu'une petite chose docile.

Seulement un matin, je suis fatigué de courber l'échine pour quelqu'un qu'il n'apprécie même pas… Et poussé par cette même témérité qui m'a fait m'enfuir une fois, je lui mords les doigts quand il me nourrit. Un léger juron lui échappe alors que mes dents s'enfoncent dans sa chair, jusqu'à sentir le goût métallique de sang sur ma langue. Nos regards se croisent et si j'accepte de le lâcher, je me doute qu'il ne va pas laisser passer ça. D'un revers de la main il me décoche une gifle qui me fait hoqueter alors que froidement, il m'ordonne de partir.

"Dans le bureau. Maintenant.
- Oui Maître."

Je me relève et le laisse, m'essuyant le coin des lèvres alors qu'un sourire y nait. Presque une heure plus tard il me rejoint et à son regard, je me doute qu'il est à deux doigts d'hurler. Mes doigts se crispent un peu sur le bord du bureau sur lequel je suis assis tandis qu'il s'approche, me faisant part de son insatisfaction d'une voix sourde qui semble faire vibrer mes os.

"Tu penses que parce que j'ai un invité tu peux te permettre ce genre de chose ? Pour qui te prends-tu Bucky ?

- Pour rien Maître…"

D'un geste vif, sa main immense se referme sur mon menton et me free à relever les yeux vers lui, grondant à nouveau.

"Me mordre ? Vraiment ? Qu'est-ce que tu cherches ? Tu veux que je demande à Hadrianna de te mordre ? Je pourrais la laisser te mordre jusqu'au sang, jusqu'au point de laisser tes cicatrices sur ta peau… Puis je te soignerais simplement pour qu'elle puisse recommencer, encore et encore…."

Mon sang se glace dans mes veines et je retiens mon souffle, portant déjà mes mains à son poignet. Un sourire lui échappe et il reprend, murmurant désormais contre mes lèvres.

"Ou alors devrais-je peut-être que tu n'es qu'une pauvre chose que je peux briser quand cela me chante… Un pantin qui ne peut défaire ses fils…."

Un frisson dévale mon échine et lentement je sens sa magie s'infiltrer dans mes tatouages, m'arrachant un premier gémissement. Ses doigts effleurent une dernière fois ma peau tandis que sa voix se fait doucereuse au possible.

"Maintenant tu vas être sage Bucky… Sage pour moi sinon c'est elle qui s'occupera de te rappeler ce que tu es…"

Je gémis à nouveau, me retrouvant à lui faire dos, me penchant sur le bureau pour m'offrir à lui. Mes ongles commencent à racler le bois alors que mon souffle se fait plus court. Lentement, mes tatouages commencent à luire, brillant d'un éclat bleuté qui me donne la nausée. Le bas de ma tenue termine sur mes chevilles et je ne peux que serrer les dents quand il me prend sèchement et sans la moindre douceur. La douleur irradie du creux de mes reins jusqu'au bout de mes doigts, m'arrachant un cri. Je respire rapidement, laissant mon regard se perdre dans la contemplation de la porte entrouverte, priant simplement pour qu'il fasse vite. Comme à son habitude, Rumlow ne fait preuve d'aucune douceur. Violemment il me baise d'une façon presque animale, ne cherchant pas mon plaisir mais le sien. Il ne veut pas profiter de mon corps comme il le fait d'habitude mais juste un esclave qu'il peut prendre et dans lequel il peut venir comme bon lui semble. Je suis moins qu'une pute en cet instant et alors qu'il accélère encore, je jure de me venger. De lui faire payer chaque fois où il m'a pris comme une putain du port, de lui faire payer chaque punitions et humiliations… Mais en attendant, je me contente d'enfoncer mes ongles dans le bureau, de serrer les dents et d'attendre qu'il termine, le regard dans le vide. Seulement quelque chose attire mon attention. La silhouette de notre invité apparait dans l'ouverture de la porte et le temps d'une poignée de secondes, nos regards se croisent. Et si je ne fais que lui témoigner l'étrange lassitude qui m'étreint, je n'arrive pas à lire autre que du dégoût dans ses yeux. Rumlow donne un autre coup de reins et je ferme les yeux, retenant mon souffle, essayant de ravaler un gémissement douloureux. Et quand je rouvre les yeux… Steve n'est plus là.

Il faut encore quelques minutes à Rumlow pour venir en moi, qui ensuite se recule se rhabillant rapidement alors que je peux sentir sa semence commencer à couler sur l'intérieur de ma cuisse. Je tente de reprendre mon souffle alors qu'il se penche vers moi, venant murmurer à mon oreille.

"Je devrais te demander de glisser tes doigts entre tes fesses pour récupérer ma semence et ensuite… Je devrais te forcer à la lécher…"

Il glisse à nouveau une main entre mes cuisses et du bout des doigts, il essuie l'épais liquide qui glisse sur ma peau, la portant ensuite à mes lèvres.

"Lèche. Et ensuite tu pourras prendre une douche avant de me rejoindre."

J'hésite, avant de lui céder, laissant ma langue caresser le bout de ses doigts alors qu'une puissante nausée me saisit. Puis une fois terminé, il accepte de me laisser partir, ajoutant simplement que ce soir, je devrais m'occuper de notre invité pendant qu'il est en déplacement. Je lui dis que je le ferais avec grand plaisir, plissant simplement le nez quand il ajoute que je devrais aussi lui offrir mes charmes pour la nuit. J'hoche de la tête, m'incline et disparais pour aller me laver.

Rumlow part un peu avant l'heure du repas, me laissant avec la tâche de m'occuper et de surveiller l'invité. Et voyant que celui-ci est toujours dans la bibliothèque, je me permets de toquer à la porte, m'inclinant quand j'ouvre. Je lui offre un autre sourire forcé, mes mains sagement croisés face à moi.

"Pardonnez-moi de vous déranger Messire Rogers… Mais les domestiques s'affairent déjà à préparer votre repas… Voudriez-vous quoi que ce soit avant votre repas ? Une autre coupe de vin, peut-être ?"
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Mar 12 Avr - 11:24

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Je n'en reviens pas. Je n'arrive pas à réaliser à quel point Rumlow est un être abject et méprisable, qui en plus d'avoir un goût totalement déplorable en matière de décoration et d'habillement, méprise à ce point la vie humaine qu'il en est une insulte aux êtres vivants doués de raison et de sentiments. Comment? Comment peut-on tomber aussi bas? Comment peut-on s'avilir de la sorte? Il est tellement malsain qu'il ne peut prendre du plaisir qu'avec des esclaves qu'il s'est payés, et en torturant plus particulièrement cet elfe, au point d'en faire son chien et de lui imposer des tatouages magiques alors qu'il n'en est pas doté par nature? Plus les secondes passent et plus j'ai la nausée rien qu'à constater qu'il est encore en vie. Mais je fais le mage gentil et admiratif, ce qui me dégoûte, surtout lorsque je vois à quel point il semble fier de ce qu'il fait. Tu ne mérites pas le titre de mage. Tu ne mérites même pas le titre d'être humain...

Les deux jours suivants, je les passe dans sa bibliothèque privée, sachant très bien que je suis observé, et que les domestiques qu'ils laissent avec moi sont tenus de lui faire un compte tenu régulier de mes agissements. Eh bien soit. Il ne pourront dire que le nombre de pages que je noircis, le nombre de coupes de vin ou d'autres boissons que je demande, ainsi que combien de repas j'ai fait porter. Veut-il savoir aussi ce que je laisse aux latrines? Si ça peut lui faire plaisir je peux lui mettre ça dans de belles boites étiquetées, si explorer ma vie digestive lui tient à coeur. Enfin, rapidement les vieux réflexes du rat de bibliothèque que je suis reprennent le dessus et je me plonge dans une étude de ses grimoires et ses manuscrits, y décelant des pépites qui pourraient m'être fort utiles. Et pour chaque heure passée ici, il y a toujours un domestique planté dans un coin de la pièce qui attend sagement mon bon vouloir. Et qui officiellement m'espionne. Plus d'une fois je leur ai dit que j'étais un grand garçon, et que je pourrais toujours appeler si j'avais besoin de quoi que ce soit, mais rien à faire. Alors la seule concession que j'aie pu obtenir, c'est qu'il s'installe au moins dans un fauteuil, et ne fasse pas concurrence à un porte-manteau.

Pourtant, il y a bien une fois ou deux où je fais chercher une infusion ou des biscuits afin de me ménager une petite fenêtre de quelques minutes durant lesquelles j'envoie un petit mot à l'archimage, par magie. Et quand ma "commande'' revient, je suis encore la plume en main et mon nez dans les lignes serrées et confuses... Dans mon mot je lui fais déjà part du fait que notre "ami" commun possède des esclaves, mais en plus les traite de bien horrible manière, les humiliant, les torturant, et abusant même d'eux. J'espère sincèrement que notre chef va agir, car je ne supporterai pas de voir de tels agissements rester impunis. A lui seul il ternit toute notre guilde qui pour la majorité est composée de mages honnêtes et surtout, remplis d'humanité.

Mais la goutte d'eau fait déborder le vase lorsque par le plus grand des hasards je suis malgré moi le spectateur d'une scène qui fait bouillir mon sang dans mes veines, et me donne la nausée en même temps. Lui qui abuse du jeune elfe sur son bureau, comme le gros porc qu'il est. Et rien que le regard de Bucky, que je ne croise pourtant que pendant une seconde, me dit que je dois faire quelque chose. Je ne peux pas laisser ce monstre continuer à faire ça à ses esclaves une seconde de plus. Enfin, surtout à l'elfe. Les autres n'ont pas l'air d'avoir subi de tels traitements... Je retourne à la bibliothèque, ne pouvant pas me permettre de l'interrompre en plein milieu de sa saillie, l'air de rien, pour lui demander où il avait rangé le troisième tome des grimoires de Beedle le barde, même si l'envie me brûle les doigts de la lui faire tout bonnement disparaître. Ou lui donner une forme de canard. Ou autres. Une fois à ma table le coeur n'y est pas et je n'arrive plus à me remettre à l'ouvrage. Qu'importe. Je range plume et encriers et remonte chercher dans mes malles de quoi préparer ce qu'il faudra pour le tirer de là. Surtout que, d'après les bruits de couloir, ce cher Rumlow devra s'absenter ce soir. Merveilleux pour moi. Je rassemble le tout et retourne auprès de ces chers livres, pour ne pas éveiller les soupçons. Et j'ai bien fait car à peine me suis-je installé dans le fauteuil qu'on toque à la porte et que Bucky entre en s'inclinant, et demandant d'un ton poli ce que je veux, comme si de rien n'était. Je lui souris et lui fais signe d'approcher.

Appelle-moi Steve tu sais. Et c'est parfait pour le repas. Une coupe de vin me serait agréable en effet...

Je l'observe s'incliner et je le retiens alors qu'il allait tourner les talons.

Attends... Je... je suis désolé d'avoir vu ce qu'il te faisait tout à l'heure. Mais d'après ce que j'ai compris, ce n'est pas la première fois n'est-ce pas? Sache que... je désapprouve ce qu'il fait.

Il file et une fois seul je soupire, tentant de me remettre au travail mais peine perdue. Au lieu de ça je prépare rapidement une amulette qui pourrait l'aider, et retourne dans la salle à manger pour y prendre mon dîner, seul cette fois. Je dine en silence, pensant à ce qui allait suivre. A ce que j'allais faire. Mais qu'importe. Ma raison m'y pousse et je compte bien la suivre. Elle s'est montrée bonne conseillère jusqu'à présent. C'est l'elfe qui me sert et je vide mon vin et termine mes plats avant de me lever et lui faire signe de se rapprocher de moi.

Retrouve moi dans la bibliothèque dans cinq minutes.

Puis je retourne dans l'antre des parchemins, et je l'attends. Je suis soulagé de le voir se montrer et je lui fais signe d'approcher.

Ferme la porte et viens. J'ai vu ce que Rumlow te fait. Ou au moins j'en ai une idée. Si tu veux, je peux te libérer. Briser les liens magiques qui t'unissent à lui. Tu n'as qu'un mot à dire et tu peux être libre dans quelques minutes. Alors?



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Mar 19 Avr - 18:58


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Rumlow aime que je sois celui qui m'occupe des invités. Il aime voir et contempler les regards que ceux-ci me portent quand ils me découvrent. Et si ses amis les plus proches admirent l'oeuvre que sont mes tatouages, d'autres sont intimités par la simple idée que je puisse être imprégné de magie pure, craignant que je puisse être dangereux. Voilà pourquoi il n'hésite pas à me promener partout, me demandant même de m'occuper des invités quand il n'est pas là… Ce que je fais ce soir. Steve a un sourire pour moi et je m'approche quand il me fait signe de le faire, marchant presque sur la pointe des pieds. Je souris à nouveau quand il me demande de l'appeler par son prénom, cachant de ce fait mon agacement. Je déteste le fait qu'il tente de se faire passer pour quelqu'un de sympathique. Qu'il cesse… Si il n'est pas comme les autres, il n'est pas non plus un saint. Même si il n'est pas complètement en extase face à Rumlow, il ne lui a pas non plus fait part d'un quelconque dégoût ou désapprobation… Il m'a regardé pour ce que je suis : un abomination, une expérience. Mais sans résister je m'approche, hochant doucement de la tête pour lui faire comprendre que je lui apporterais son vin avant de manger.

"J'y veillerais alors Messire Steve…"

Je m'incline une fois de plus avant de tourner les talons, n'étant retenu que par le mage qui continue son petit numéro de sympathie. Nos regards se croisent et alors que je tente de digérer ses mots, sentant ma mâchoire se verrouiller tant tout ça me laisse un goût amer dans la bouche. Il est désolé ? Et il désapprouve ? Vraiment ? Il ose me dire ça alors qu'il n'a pas fait mine de bouger quand Rumlow m'a présenté à lui. Il ose alors que depuis quelques jours, il assiste à ce qu'il me fait endurer sans rien dire. Je sens mon sourire se faner et mes doigts se crisper sur mon pantalon en lin. Il n'est pas désolé. Il ne désapprouve pas tout cela. Il est comme les autres. Au pire un salaud qui adorait faire de moi sa pute et au mieux un observateur qui ne fera rien. J'ai envie d'hurler ce que j'ai sur le coeur, mais à la place, je me fends d'un autre sourire forcé.

"Si vous le dîtes Messire…"


J'aimerais pouvoir hurler et lui dire d'aller se faire foutre, lui dire que si il désapprouvait tant que ça les manières de Rumlow, il aurait aussi pu intervenir quand ce dernier me prenait sur son bureau sous ses yeux. Mais non, il avait préféré tourner les talons et prétendre qu'il n'avait rien vu. Il tente de se faire passer pour mon allié mais je ne suis pas idiot, il est comme les autres… Il ferme les yeux sur les choses qui ne l'arrange pas, se cachant derrière d'obscures règles ou je ne sais trop quoi. Je quitte le salon et vais jusqu'à la cuisine, lui servant une coupe que je dépose à sa place dans la salle à manger, attendant ensuite qu'il se décide à nous rejoindre. Chose qu'il fait après quelques minutes. Je lui offre un autre sourire quand il s'installe à table, m'assurant durant tout le repas qu'il ne manque de rien. Si se coupe se vide, je suis là pour la remplir. Si le pain vient à manquer, je suis là pour en ramener une autre corbeille… Comme je le ferais avec n'importe quel invité, je fais tout pour que celui-ci n'ait rien à me reprocher à Rumlow. Il mange dans le plus grand des silences et quand il termine, je suis presque surpris d'entendre sa voix. Je fronce les sourcils et le regarde sans trop comprendre, sentant déjà mon coeur s'emballer au rythme des théories que mon esprit anxieux échafaude. Non. Pourquoi voudrait-il me voir dans la bibliothèque… ? Pourquoi voudrait-il que je m'isole avec lui… ? Un vertige me saisit au moment même où une idée s'impose à mon esprit. Il veut reproduire avec moi ce que Rumlow a pu me faire dans son bureau ou dans d'autres pièces de la maison. Si ça ce trouve… Il veut simplement me prendre entre deux étagères de la bibliothèque. Mes dents rencontrent ma lèvre inférieure alors que déjà il s'éloigne. Je ne veux pas. Je ne veux pas le rejoindre. Je ne veux pas être sa chose, je le refuse. Mais d'un autre côté… Je ne veux pas que Rumlow le sache et surtout… Je ne veux pas d'une autre punition ou d'une nuit entre les griffes d'Hadrianna… La vaisselle tinte entre mes doigts tremblants tandis que mon imagination s'emballe, imaginant ce qu'il pourrait me demander. Et c'est donc le coeur en vrac et l'estomac noué que j'entrouvre la porte de la bibliothèque, sursautant presque quand j'entends à nouveau sa voix.

"Bien Messire…"

Lentement je m'approche, manquant presque de tomber à genoux tant ce qu'il dit fait cesser mon coeur de battre et fige mon sang dans mes veines. Il veut me libérer. M'aider à m'enfuir et me faire quitter cet enfer… Il veut m'offrir une chance de briser mes chaînes et ne plus avoir à subir tout ça. Mes lèvres s'entrouvrent et je cesse de respirer quand je croise son regard. Je donnerais tout pour ça… Absolument tout. Mais puis-je seulement le croire ? Je n'en sais rien. Qui me dit que ce n'est pas un jeu tordu que son esprit malsain a concocté pour exiger ce qu'il veut de ma personne… ? Qui me dit qu'il ne fait pas ça, simplement pour avoir ensuite le plaisir de me traîner jusqu'à Rumlow en disant que je ne suis qu'un fuyard qui mériterait le fouet ? Tant de questions qui traversent mon esprit là où je ne lui offre qu'un long silence, mon regard ancré dans le sien. Je ne sais pas quoi lui répondre. Je ne sais pas si je dois être honnête ou si je ferais mieux de lui mentir. Pendant de longues secondes, je reste silencieux, écorchant ma lèvre de mes dents et tordant mes doigts jusqu'à en avoir les articulations douloureuses. Puis au rythme des battements de mon coeur, je finis par prendre une décision. Il serait facile de faire un pas en arrière et de simplement fuir… Je veux être libre, et je finirais par l'être… Et je me refuse de laisser passer une opportunité pour ensuite le regretter jusqu'à la fin de mes jours. Je prends une grande inspiration et me calme le temps de lui répondre.

"Faites-le."

Si l'angoisse se lisait dans mon regard, maintenant il n'y a plus qu'une détermination farouche qui l'anime, un brasier qui semble réchauffer mon être et faire couler dans mes veines un sentiment d'invincibilité. Je veux être libre, je veux le fuir et construire ma vie ailleurs. Je ne veux plus être un esclave qui obéit mais un homme qui est maître de ses choix.
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Ven 6 Mai - 12:35

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Ce que je m'apprête à faire est de la pure folie mais je m'en voudrais si je ne fais rien. Je ne pourrais pas dormir tranquille en sachant que j'aurais pu faire quelque chose, et que je ne l'ai pas fait. Que je suis tout simplement parti de chez lui, de chez ce monstre de Rumlow en laissant ce pauvre elfe entre ses griffes, comme un simple jouet sans âme ni conscience. En imaginant que ce que j'ai surpris se passera encore et encore jusqu'à... jusqu'à la fin plus que probable de son pauvre serviteur. L'acte en lui-même sera rapide, mais ce sont surtout les conséquences qui risqueront d'être lourdes. Tout d'abord Rumlow lui-même, qui ne sera pas content de l'avoir privé de sa petite chose à maltraiter et sur quoi passer son semblant de pouvoir histoire de rassurer son égo surdimensionné (qui compense sûrement une excroissance ridicule qu'il se targue d'appeler membre). Mais surtout, s'il soupçonne que j'aie quoi que ce soit à voir là-dedans, la confrérie n'hésitera pas à mener l'enquête. C'est pour cela qu'il m'a fallu plusieurs jours pour préparer mon plan. Il fallait que je reste après que l'esclave se soit enfui, histoire de ne pas éveiller les soupçons. Puis me rendre visible, pour me donner un alibi, comme on dit. J'avais prévu de descendre aux cuisines pour quelques temps, histoire de discuter avec les domestiques, quitte à demander de grignoter un petit quelque chose et de me servir dans la cave à vin, sous leur surveillance bien évidemment. Ainsi le sort pour le libérer devrait-il se faire très vite. Il fallait également trouver la bonne et parfaite occasion, qui est arrivée en m'ouvrant les bras telle une de mes jumelles se glissant dans mon lit, totalement nue et offerte. Il avait été appelé et ne serait pas chez lui pour une nuit. Parfait. Ce sera donc ce soir-là.

Petit à petit, tout au long de la journée, je prépare le sort, griffonnant régulièrement la suite du sort sur un parchemin que je prends avant de le reposer, comme s'il n'était qu'une des nombreuses pages que je noircissais parmi tout le reste de mes notes. Tout comme je place sur le sol et sur la table les éléments pour le libérer. J'envoie chercher du vin le temps de tracer des runes sur le sol. J'envoie quérir des fruits pour cloturer le cercle. Puis je pose un globe d'améthyste, une plume et une bougie sur le sol, pestant pour donner l'impression que le bureau est trop petit et que je ne fais que me dégager de l'espace. Et enfin je file à la salle à manger pour dîner. Ses domestiques savent y faire, même s'ils sont moins doués que mes jumelles, et j'ai hâte de rentrer presque que pour ça. Prendre le dîner dans la cuisine avec elles, et qu'elles me servent de dessert ensuite.

C'est seulement plus tard que je fais venir l'elfe près de moi, et après m'être assuré que je suis bien seul avec lui, je lui fais ma proposition. Il se fige ensuite, surpris et je lis un million de sentiments et de questions qui traversent son esprit en même temps. Il réfléchit. Il ne me croit pas. Il a peur. Il a envie et en même temps il craint Rumlow. De mon côté, j'attends simplement. S'il refuse, je ne pourrais pas le forcer. Et je pourrais simplement me dire que j'ai tout fait, mais que c'est lui qui n'a pas su saisir sa chance. Puis enfin il se décide, et je hoche la tête quand il me dit de le faire.

Bien. Ce sera très rapide. Une fois que ce sera fait, il est important que pour quelques heures encore, tu fasses comme si rien n'avait changé. Continue tes tâches, croise les autres, discute avec eux. Et c'est seulement quand la maisonnée sera endormie que tu fuiras. D'accord? Ca te laissera une longueur d'avance plus importante. Es-tu prêt? Avant minuit plus aucun lien ne te retiendra.

Il hoche la tête, décidé, et je lui fais signe d'approcher.

Place-toi au centre de ce cercle. Ne bouge plus quoi que tu sentes.

Après un dernier regard autour de nous, je prononce l'incantation, qui fait s'éclater le globe, fondre la bougie et réduire la plume en cendres. Je baisse la main et lui tends l'amulette que j'ai préparée.

Voilà pour toi. Une fois dehors tu passeras ça autour de ton cou. Ca évitera que Rumlow puisse utiliser sa magie pour te retrouver. Maintenant je vais aller à la cuisine pour qu'on me voie avec les domestiques. Reste ici un petit peu, et ramasse la cire comme les débris de roche. Il faut aussi que tu effaces le cercle que j'ai tracé pour que l'autre ne se doute pas que je t'ai aidé. Rien ne doit rester de ce sortilège. Tu comprends? Sur ce je te souhaite bonne chance jeune elfe. Que les dieux soient avec toi dans cette nouvelle vie qui s'offre à toi.

Je lui souris et me glisse hors de la bibliothèque, commençant déjà tonitruer sur le fait que j'ai encore faim, appelant un domestique au hasard. Puis je m'installe avec deux d'entre eux qui sont encore là, et fais un sort à un bocal de pâté de sanglier que je tartine sur de larges tranches de pain noir, le tout en racontant des histoires un peu grivoises.

Je reste avec eux jusque tard, et une ou deux bouteilles de vin vides gisent sur la table alors qu'on monte se coucher. J'aurais été avec eux toute la soirée, et je n'aurais plus croisé l'elfe depuis le moment du dîner. Demain, dès mon réveil j'inspecterai la bibliothèque pour dissiper tout résidu du sort, s'il en reste. Mais avant ça... Je m'écroule dans le grand lit, ayant juste la force d'ôter mes vêtements et de me glisser nu sous les couvertures douillettes, avant de fermer les yeux.

Le lendemain, je souris en entendant le remue ménage qui agite la maison. On crie,on s'appelle, et une des servantes arrive avec mon déjeuner, s'excusant platement.

Je suis désolée monsieur Steve, mais un des domestiques manquait à l'appel ce matin et nous avons dû nous partager ses tâches.
Ce n'est rien mon enfant, tout est parfait.
Oh merci monsieur Steve, vous êtes bien aimable.
Ne t'en fais pas. Et d'ailleurs, qui ne s'est pas montré? Jayce? Il avait une triste mine hier soir. Peut-être qu'il n'a pas digéré le pâté de sanglier... Ca lui apprendra à s'empiffrer.


J'ai un rire alors que je m'assieds dans le lit, gardant pudiquement les couvertures autour de mes hanches pour ne pas affoler la petite demoiselle, et je pioche un peu de miel que j'étale sur du pain beurré.

Oh non monsieur Steve, c'est Bucky qui a disparu.
Bucky? Lequel est-ce de nouveau?
L'elfe avec les tatouages.
Ah oui, je vois. Eh bien je vous souhaite bonne chance.
Merci monsieur Steve...

Elle esquisse une révérence et disparaît dans un trottinement de souris. J'ai un sourire aux lèvres alors que je mange tranquillement et j'espère que le gamin s'en est sorti et qu'il fera attention.



good vibes.
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Lun 25 Juil - 12:15


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"Un homme décide, un esclave obéit." Voilà les mots qui résonnent dans mon esprit et qui font écho à mon désire de liberté. Les mots qu'avaient Rumlow pour moi alors que plus jeune, il tentait de me façonner. Je me souviens des coups qu'il me portait parce que je refusais de ramper ou de rester sage la nuit. Je me souviens des punitions plus cruelles les unes que les autres que je devais endurer simplement parce que ce porc voulait que je sois une biens docile marionnette. Je me souviens qu'il me hurlait ça, ajoutant ensuite que je ne serais jamais un homme, jamais son égal car les elfes ne sont de toute façon que des animaux qui ont besoin d'être éduqués. Mais en cet instant, est-ce que tout ceci à la moindre importance ? Non. En cet instant, ses paroles passées ne sont que poussière dans le vent, des résidus de mensonges que je balaye d'un revers de la main pour me concentrer sur l'autre mage qui me fait face. Celui qui de son regard bleu et de ses lèvres pleines me promet, enfin me propose de choisir. De décider et de forcer ma liberté. Lui s'adresse à moi comme si j'étais un homme, et non esclave. Lui me propose de redevenir un homme libre, sans pour autant me demander de m'agenouiller et d'ouvrir les lèvres pour sa queue. Non, lui veut simplement m'aider. Restant tout de même méfiant, je l'écoute, hochant doucement de la tête pour lui faire comprendre que j'ai bien compris. Et là je réalise… Avant minuit… Je serais libre. Je serais libre comme je ne l'ai jamais été jusqu'ici… Ce ne sera pas comme ma dernière fuite… Là il ne pourra pas me retrouver, il ne pourra pas me forcer à tuer… Là, je serais un elfe libre, capable de lui cracher au visage et de le combattre. Mon coeur se gonfle de joie à cette simple idée et presque sur la pointe des pieds, je pénètre dans le cercle d'incantation, le souffle plus court. Un frisson glisse sur mon échine et bien malgré moi, une pensée revient m'obséder. Et si tout ceci était un piège ? Comment pourrais-je me défendre face à mon maître ? Comment être sûr qu'il ne va pas m'entraver et ensuite rapporter à Rumlow que j'ai tenté de fuir une fois de plus ?

"Je ne peux." articulent mes lèvres silencieusement tandis que je ferme les yeux, laissant sa voix douce caresser ma peau.

De sa bouche, glissent les débuts d'une incantation magique qui fait s'alourdir l'air autour de moi. Je sens mon coeur s'affoler dans ma poitrine et sa magie, plus chaude et douce que celle de Rumlow, remonter le long de mes tatouages et s'y enrouler avec une certaine tendresse, effaçant au passage les traces de possession de mon maître. Les cheveux dans ma nuque s'hérissent et la plume devient cendres. Le bout de mes doigts picotent et j'en perds le souffle alors que je sens les sceaux qu'il m'avait apposé se briser un à un. D'abord ceux sur les bras, puis les épaules, le torse et enfin le front. Le lyrium sous ma peau réagit et alors que j'entrouvre les lèvres pour laisser échapper un gémissement douloureux, mes tatouages commencent à s'illuminer. Sa magie devient des lianes, des ronces, des tentacules qui s'enroulent autour de moi et qui effacent, détruisent mes entraves. Le flot qui glisse désormais sur ma peau et dans mes veines est chaud comme du miel, c'est une douce étreinte qui réchauffe mon être me rassure, laissant sur mes lèvres les notes sucrées d'une liberté enfin accordée. Et brutalement, tout cesse. Tout s'estompe et pour la première fois depuis longtemps, je ne sens que le lyrium sous ma peau. Je ne sens que cette présence minérale et silencieuse et non les résidus de la magie de Rumlow. Pour la première fois de mon existence… Mon corps est mien. Je suis le maître de ma chair, de mes os et de mon être. Je suis celui qui décide… Je suis celui qui est libre. Libre de laisser une larme rouler sur ma joue alors que le mage face à moi m'explique que je dois tout nettoyer pendant que lui assurer son alibi. Vers lui je relève les yeux et je mets peut-être quelques secondes avant de lui répondre.

"Oui bien sûr…. Je comprends."

Et pourtant, j'ai envie de lui dire "non". J'ai envie de simplement tourner les talons et m'enfuir, abandonnant ici toute trace de mon ancienne existence. Je veux fuir et tout laisser derrière-moi, laissant aux autres le soin d'expliquer à Rumlow pourquoi son jouet n'est plus là… Le temps d'une seconde, je me dis que je ne veux plus être un servant qui récure le sol et nettoie derrière les autres… Le temps d'une seconde j'ai presque envie d'être ingrat avant de me reprendre, me disant que si je veux disparaitre, il vaut mieux que je ne  laisse pas derrière-moi la preuve que j'ai reçu la moindre aide magique. L'invité m'offre un sourire que je lui rends à peine avant qu'il ne sorte, me laissant seul avec cette sensation grisante. Je suis libre.

"Libre…"

Je murmure avant de sourire plus franchement et de simplement éclater de rire, n'arrivant pas à contenir ma joie qui s'exprime par des tremblements et une faible lueur bleutée. Libre. C'est si étrange à dire, à penser, à ressentir. Et pourtant… Pourtant je le suis. Fébrile, je vais chercher de quoi nettoyer et alors que je balaye la cendre au-dehors et que je frotte le plancher pour retirer la craie et la cire, je ne pense qu'à ce que je vais pouvoir faire et accomplir en ce monde… Je pense à ce que je pourrais voir et faire, aux voyages que je pourrais effectuer… Il me faut une petite vingtaine de minutes pour tout nettoyer et une fois cela fait, je reprends ma place dans le service de la maison, effectuant des tâches sans vraiment m'y appliquer, pensant simplement au cheval que je vais voler et à la chevauché que j'effectuerais pour atteindre la plus grande cité… J'en aurais sûrement pour quelques jours de voyages… Il faudra que je m'arrête en chemin, ne serait-ce que pour ma monture… Il va donc falloir que je prenne des provisions, et des vêtements… Je termine de faire les draps de Rumlow, pensant plus à ce que je vais devoir emmener pour ma fuite qu'à correctement lisser les draps de soie sur lesquels je m'allonge ensuite, souriant en me disant que de toute façon, je ne serais plus là demain pour subir sa colère… Que demain à la même heure, je serais sur la route.

Je ne sors de sa chambre qu'une fois la maison endormie, vêtu d'une tenue de voyage épaisse, composé d'une cape et d'assez de tissus pour masquer ma peau, alors que dans la besace que je lui ai volé, s'y trouve bijoux et pierres précieuses que je compte revendre. Je passe rapidement aux cuisines et volent de quoi manger pour quelques jours au moins, filant ensuite à l'armurie pour récupérer une bonne épée, pour finalement me faufiler aux écuries et voler une des juments qui ne manquera à personne. Je la selle rapidement avant de grimper sur son dos, n'accordant pas un dernier regard pour cette demeure que je hais, éperonnant simplement ma monture qui s'élance bien rapidement dans la nuit.

*

"Allez l'elfe, laisse-toi faire… Ça nous fendrais le coeur de t'abîmer, tu perdrais de la valeur sur le marché… Surtout que vu ton minois, j'suis sûr que y'a des riches nobles qui adoraient t'avoir comme mignon."

Je serre les dents et lève le menton, tirant ma lame au clair face aux trois esclavagistes qui me font face. Le cuir sombre de mon armure est doucement réchauffé par le soleil et pourtant, je ne transpire pas. Non, je reste planté là, infaillible, comme la montagne le fait face au vent. Je reste imperturbable, m'autorisant un simple haussement de sourcils.

"Et moi ça le fendrait le coeur de souiller le cuir de mon armure de votre sang. Alors je le répète une dernière fois… Passez votre chemin."


Rien ne bouge et ce n'est qu'un rire gras qui me parvient au milieu des épées et dagues qu'ils sortent. Trois hommes. J'empoigne la garde de mon arme à deux mains et prends une grande inspiration, essayant de me rassurer alors que déjà, ils chargent. Cela fait trois moi que je suis libre, trois mois que je vis sur les routes, que j'ai survécu et que je me suis adapté à ce monde. Trois mois que je suis mercenaire et que c'est grâce à mon épée que j'ai dans mes poches quelques pièces qui me permettent de séjourner dans une auberge et de manger. L'un m'attaque sur le flanc gauche et je repousse son coup d'un revers de la lame, bondissant en arrière pour éviter une dague qui voulait se planter dans mes côtes. Un fouet claque au loin. Je sais ce qu'ils vont vouloir faire… Ils vont vouloir m'entraver pour ensuite me ramener à un marchant qui me vendra au premier porc qui aura quelques pièces de trop et l'envie d'avoir un elfe à ses pieds. Furieux je décide de charger à mon tour, faisant siffler dans l'air la lame de mon épée, engageant contre eux un combat que j'espère gagner. Un combat rude et sanglant qui me laisse le souffle court. Une danse mortelle qui n'a pour musique que nos épées qui se rencontrent et nos corps qui se meurtrissent. Et si mon épée s'enfonce dans le corps de mes assaillants, mettant alors fin à ce combat, je ne peux ignorer l'immense blessure à mon épaule. Le souffle court je plante mon épée dans le sol et m'accroche à elle pour ne pas chuter, tandis que je tente de repousser les taches qui dansent devant mes yeux. Le sang roule sur ma peau alors que mon amulette se balance autour de mon cou. Parfaitement conscient de tout ce qui m'entoure, je ne peux ignorer la sueur glacée qui roule le long de mon échine, signe d'une inconscience à venir. Je ferme les yeux et frissonne, sentant alors mes tatouages réagir, se mettant à brûler mon être. Paniqué  je me recule et tire à nouveau mon épée pour me défendre, me trouvant alors en face du mage qui m'a libéré il y a trois mois. Je chancèle sur place et montre presque les dents, pointant le bout de ma lame vers lui.

"Alors quoi ? Vous venez me demander votre dû ? C'est ça ? Je vous préviens, quelque soit la raison de votre présence, je ne suis plus un esclave, je suis un homme libre, je me défendrais et attaquer un mage ne me fait plus peur." dis-je alors que je tremble comme une feuille, la tête lourde et l'épaule en sang.
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Lun 25 Juil - 17:17

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Trois jours. J'ai encore passé trois jours au sein de cette demeure pompeuse et bien trop vulgaire. Trois jours à supporter ses discussions plates et sans intérêt, ses péroraisons et la répétition des mêmes récits vantant sa gloire et ses prouesses magiques. Oui espèce de bouffon, je sais que c'est toi qui a vaincu le dragon d'Asgarath. Oui je sais que tu as traduit le manuscrit de Delft. Oui j'ai déjà entendu trois fois les quelques hauts faits desquels tu peux te targuer et cela me sortait déjà par les oreilles la première. J'ai accompli deux fois plus de prouesses que toi, voire plus! Est-ce que je m'en targue? Non. Est-ce que je le crie sur les toits? Non. Alors pour l'amour des dieux apprends je te prie ce que signifie le terme d'humilité. Parmi les centaines et centaines de parchemin, l'un d'entre eux doit bien être un dictionnaire non? S'il mettait autant d'entrain à pratiquer sa magie qu'à se vanter, il y aurait de quoi créer vingt portails vers les dieux...

Mais dans ces tourments, entourés de domestiques effrayés et tyrannisés, mon seul réconfort fut sa fureur lorsqu'il rentra et découvrit que son elfe chéri avait disparu. Ses hurlements de colère firent trembler les murs, et pendant quelques secondes, j'eus vraiment peur qu'une volée de magie trop puissante ne finisse par mettre le feu à la maison ou à faire exploser le toit. Par chance il n'en fut rien. Je savourais simplement le chapelet de jurons et d'imprécations aussi diverses que variées que sa bouche proférait à la chaine. Et pendant ce temps, tranquillement dans la bibliothèque je riais, donnant des notes à ses jurons, ou m'étonnant de la surprenante créativité dont il arrivait à faire preuve. Je me promis même d'en retenir quelques uns tant ils étaient fleuris. Et bien évidemment, à peine une heure après son arrivée, le voilà qui entra comme un ouragan, demandant de façon tout sauf discrète si je n'avais rien remarqué à propos de son elfe. A quoi s'attendait-il, ce crétin? A mon récit détaillé et mes aveux signés? Hors de question. Alors j'ai feint l'ignorance, avec un soupçon de bêtise. En gros je me mis à son niveau. Ce que je trouvais être une insulte personnelle, mais aux grands maux, comme on dit...

Par chance mon stratagème avait bien marché et bien vite les soupçons s'envolèrent tout comme sa crédibilité à mes yeux. Ses domestiques témoignèrent avoir passé la soirée en ma compagnie, et avoir vu l'elfe vaquer à ses occupations jusqu'au coucher du soleil. Pourtant, restait la question des pouvoirs. Comment avait-il perdu le moyen de traquer celui qu'il considérait comme sa propriété? Et j'apportai la réponse, royal.

Non mais mon cher Rumlow, nous sommes dans la demeure d'un magicien illustre. Crois bien qu'après toutes ces années, son intelligence limitée a quand même dû comprendre l'une ou l'autre chose à la magie. Peut-être a-t-il volé une amulette qui empêche d'être affecté par des pouvoirs magiques? Tout magicien qui se respecte en a au moins une ou deux... Si ça se trouve il n'a aucune idée de ce qu'il tient, et quand il vendra l'amulette, tu retrouveras sa trace et tu feras payer ce petit impertinent comme il se doit. Il mérite une bonne leçon le bougre.
- Oh oui il va payer. Il va payer cher je te le promets.
- Je te fais confiance pour cela.


Puis enfin j'ai pu signifier mon départ sans que cela ne paraisse suspect, et après une accolade pleine de fausse camaraderie, et la respiration bloquée pour ne pas sentir le parfum dont il s'aspergeait par bassines, j'ai créé un portail, et j'ai retrouvé ma chère demeure. Que cela a fait du bien de revenir chez soi. Avec ses affaires, et surtout, sa douce compagnie. Les portes à peine franchies j'ai entendu des couinements ravis et des pas légers arriver de la cuisine jusqu'à l'entrée. Puis je me suis retrouvé assailli par deux tornades blondes que j'ai prises dans mes bras et soulevées, une dans chaque bras. Oh que leurs doux piaillements étaient doux à mes oreilles en comparaisons des discours ennuyeux de mon ancien hôte. "Oh Steve tu nous a tellement manqué! Oh Steve ne pars plus si longtemps la prochaine fois! Oh Steve il faut qu'on rattrape le temps perdu..." C'est ce qu'on fait. Trois fois, dont la première sur la table de la cuisine. Bon sang ça m'avait manqué...

La vie a repris son cours et j'ai vaqué à mes occupations. Mais plus important, dès le lendemain de mon arrivée, une fois remis de mes retrouvailles avec mes tourterelles, j'utilise un plat d'argent rempli d'eau pour contacter l'archimage. Salmonzar est là, heureusement.

Steven! De retour de votre mission?
Oui très cher archimage! Et je peux vous faire le compte-rendu de ce que j'ai découvert sur place.
Je suis toute ouïe.
Eh bien outre son égo démesuré, et la façon totalement indécente dont il traite l'ensemble de ses domestiques, un nom surtout, enfin un cas, est digne de venir à vos illustres oreilles. Il a pris un elfe en esclavage. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il lui a fait tatouer du lyrium sur tout le corps. Vraiment. Tout son corps. Il le contrôle ainsi, lui fait faire toutes sortes de choses horribles. Par chance, l'esclave s'est enfui...
Hmmm il aura à répondre de ses actes sous peu. Le conseil va se réunir et en discuter. Merci Steven. Et si par hasard votre chemin recroise celui de l'elfe, gardez-le près de vous et amenez-le moi. Son témoignage pourra être important. Et s'il collabore, peut-être pourra-t-il bénéficier de notre protection.
Je veillerai. Merci archimage.


L'image se trouble et disparaît. Bien... une bonne chose de faite. Je peux enfin faire ce qui me chante. Pendant les trois mois qui ont suivi j'ai travaillé sur demande à quelques sorts, j'ai prêté assistance à des villages dans le besoin, ou a de riches monarques. La routine, en quelque sorte. Enfin la routine de mage. J'ai parcouru de nombreuses contrées pour récupérer des artefacts précieux ou des manuscrits rares qui viennent enrichir ma célèbre bibliothèque. Tout est bien dans le meilleur des mondes. Sauf qu'un soir, alors que je suis en train de lire un vieil ouvrage, mes deux tourterelles endormies contre moi, totalement nues comme moi même après une session de travail particulièrement intense. Mais soudain, je sens une alerte. Comme une sorte d'alarme silencieuse, une corde passée à mon poignet qui me tirerait doucement. Que... je réfléchis une seconde avant de me rappeler du présent fait à l'elfe, et soupire en me redressant, rallongeant tendrement mes deux endormies dans les fourrures et les couvertures. Puis j'attrape à la hâte une longue tunique, glisse mes pieds dans mes bottes et ouvre un portail. Chose surprenante, la première chose que je vois est la pointe d'une épée. Je recule d'un pas, et remarque Buck, tenant à peine debout, blessé et épuisé. J'ouvre la bouche pour parler mais ce qu'il dit me surprend, et arrive, ô miracle, à me laisser sans voix une seconde. Avant de hausser un sourcil.

Alors jeune homme, remettons les choses en perspective. C'est toi qui m'a appelé, en mettant du sang sur l'amulette que je t'avais offerte. Et comme promis, je suis venu. Enfin... à te voir, l'alerte semble tenir davantage de l'accident...

Du bout des doigts je dévie sa lame, posant mes mains sur mes hanches.

Sincèrement, c'est comme ça que tu envisages nos retrouvailles? Je suis presque vexé de te voir te comporter envers moi, qui t'ait offert ta liberté sans rien demander en retour. Et si j'avais voulu une contrepartie, je l'aurais demandée tout de suite, ou je t'aurais prévenu. Tant que nous y sommes, surveille tes paroles sur les mages. Je peux encore te transformer en poule avant que tu aies le temps de cligner les yeux.

Je soupire, marquant une pause.

Bon, venons-en au fait. Soit je disparais comme je suis venu. Soit je peux t'emmener dans ma demeure ou tu seras soigné. Tu n'as qu'un mot à dire et je te tire d'ici pour un endroit...un endroit, tout d'abord, et non pas un trou perdu au milieu de nulle part, où tu seras à l'abri, avec de quoi dîner sur le feu et de belles bûches qui crépitent dans l'âtre. Alors?



good vibes.
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Jeu 23 Fév - 15:00


Always Yours


J'hésite une seconde, le menaçant toujours de la pointe de mon épée tandis que je sens toujours rouler le long de mon épaule blessée un long filet de sang, qui en plus de poisser le cuir relativement neuf de mon armure, colle à ma peau et attire rapidement quelques insectes charognards qui voient en moi leur prochain repas. Les lèvres retroussées et le coeur au bord de celles-ci je l'écoute, n'ayant au final qu'un grognement pour le mage qui ose se tenir devant et me faire la leçon comme si j'étais l'un de ses apprentis qui ferait n'importe quoi pour entrer dans les bonnes grâces de son mentor. Du bout des doigts il repousse ma lame et bien incapable de lui tenir tête, je me laisse faire, baissant mon épée que je rengaine difficilement. Face à lui je reste impassible, me contentant de cracher au sol quand il ose sous-entendre que je me montre ingrat et que pire, je devrais remercier les Dieux d'être chanceux et d'avoir pu à nouveau croiser sa route. Je grogne un peu, porte ma main à mon épaule blessée et après quelques secondes à lui offrir un silence agacé et une moue contrariée, je finis par articuler quelques mots qui sonnent presque comme une insulte.

"Je ne vais pas chez un mage. Plutôt mourir."


Mon regard se perd sur les cadavres de mes agresseurs et tout en ignorant royalement Steve, je me penche vers l'un d'entre eux, ramassant de quoi faire un bandage de fortune que je noue plus que maladroitement autour de mon articulation meurtrie. Je plisse le nez en voyant le sang ainsi imbiber le morceau de tissu crasseux avant de soupirer, le souffle toujours aussi court.

"J'ai pas demandé à ce que tu viennes me sauver. Je ne suis plus un pauvre petit esclave que tu peux prendre en pitié et aider histoire de t'acheter une bonne conscience. Je suis un guerrier désormais. Je n'ai besoin de personne pour m'en sortir."

Je récupère sur l'un des hommes une bourse que je glisse dans l'une de mes sacoches et après un dernier coup d'oeil à Steve, je passe à ses côtés, grognant simplement.

"Si tu veux aider, oublie-moi. Les mages ne m'ont jamais rien offert que je ne puisse regretter. Tu as beau tenter de faire le bien autour de toi, tu ne peux rattraper ou effacer les erreurs des autres. Vous êtes tous mauvais nature, mais ce n'est pas de votre faute... Vos pouvoirs vous corrompent. Ainsi vont les choses."


Je reprends ma route et hésite un instant, les doigts refermés autour de son amulette désormais teintée de quelques gouttes de mon sang. Je pousse un long soupir et ne sachant pas si il est toujours là, je me contente de reprendre ma marche, sans savoir si il se trouve sur mes pas ou non. Jusqu'au village le plus proche je marche, poussant ensuite la porte de la seule auberge du bourg, payant pour une chambre et le droit d'accéder à la salle de bain. Sous le regarde médusé de la clientèle je jette deux souverains sur le comptoir, tendant ensuite la main pour récupérer la clé que l'aubergiste me donne presque du bout des doigts. Je le remercie d'un grognement et monte ensuite, allant jeter arme et armure sur mon lit de fortune avant d'aller jusqu'à la salle de bain où m'attend un baquet d'eau brûlante et un vieux morceau de savon. Je termine de me déshabiller et une fois enveloppé de la douche chaleur de l'eau qui se teinte déjà du sang qui souillait ma peau, je m'autorise un long soupir et un moment de calme durant lequel j'oublie la blessure qui pourtant me faire souffrir comme un chien. Du bout des doigts je viens inspecter celle-ci et c'est sans surprise que j'observe le lyrium sous ma peau s'occuper de se lier à nouveau et de recréer les motifs du tatouage.

"Forcément..." Je grogne à moitié et lave ma plaie. "Fallait que ça ait sa propre conscience et une envie de rester entier..." Je serre les dents et continue de nettoyer mon épaule, restant dans l'eau jusqu'à ce que celle-ci prenne une teinte vermillon qui me force à quitter le baquet et à laisser les domestiques de l'établissement s'occuper de nettoyer le sanglant désordre que je laisse derrière-moi. Un frisson dévale mon échine tandis qu'enroulé dans un simple drap, je m'en retourne à ma chambre et m'allonge sur mon lit, portant alors, après un moment de flottement, l'amulette à mes lèvres. Je ferme les yeux et soupire doucement, murmurant alors des mots qui j'espère iront jusqu'à lui.

"Je ne voulais pas être ingrat. La peur guide mon coeur quand je suis face à un mage. Je n'aurais jamais les mots pour te remercier et je crains que tu ne les entende jamais. J'aimerais savoir comment payer la dette qui est désormais la mienne."

Tout se meurt en un souffle et après un dernier battement de coeur, je m'occupe de panser ma plaie, appliquant surtout sur celle-ci un mélange d'herbes sauvages qui dégage une puissante odeur qui en plus de rapidement m'écoeurer, me fait rapidement sombrer dans un profond sommeil. Le lendemain je reprends la route et presque deux mois plus tard, j'arrive dans la ville qui est sous la protection du fameux mage qui m'a libéré des griffes de Rumlow. Après quelques renseignements et écus déposés dans la paume de miséreux bien heureux de pouvoir m'informer, je me présente à sa demeure, toquant à sa porte pour finalement faire face à ce qui semble être ses servantes. Je plisse légèrement le nez et me contente de tendre à celle-ci l'amulette que je n'ai cessé de garder jusqu'ici.

"Pour ton maître."
dis-je. "Dis lui que je souhaite le rencontrer à l'auberge et que je l'attendrais pendant trois jours. Si il ne vient pas... J'en déduirais que je ne lui dois plus rien."

La jeune femme tente d'ouvrir les lèvres mais c'est trop tard, je tourne déjà les talons et m'en retourne l'attendre dans la chambre que j'ai loué à prix d'or.
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Ven 24 Fév - 16:48

I Lived My Life To Stand In The Shadow Of Your Heart
On l'aura vite compris, je déteste être dérangé. Encore plus quand je suis en bonne compagnie. Et par dessous tout quand je suis en bonne compagnie, et que je suis en train de travailler. Trois bonnes raisons qui me donneraient envie de repousser cet appel que je mets une bonne minute à identifier, à me rappeler, alors que ma plume en main j'annote soigneusement un nouvel ouvrage que j'ai fait venir de loin et que j'attendais depuis longtemps. Je déteste que les choses ne se passent pas comme je le veux, et encore moins comme je les avais prévues... mais alors que la lumière se fait dans mon esprit, je ne peux que me souvenir de la promesse que j'ai faite à ce pauvre elfe, et je me dis que les choses sont peut-être graves. Après tout, Bali, ou Barty enfin quelque chose comme ça a fui seul, avec seulement un cheval et quelques babioles, qui sait ce qu'il a pu devenir depuis le temps. Surtout si avant sa ''capture'' il n'a jamais appris à se débrouiller seul dans ce monde qui est tout sauf accueillant et hostile... Et donc... comme c'est moi qui l'ai aidé à s'enfuir... c'est normal que je sois quand même là...au cas où. Bref me tirant donc des couvertures et des bras de mes douces, je me glisse hors du lit et enfile juste de quoi être convenablement vêtu avant d'ouvrir un portail, concentrant ma magie sur l'amulette.

J'apparais à peine qu'au lieu de remerciements, j'ai le droit à avoir une lame d'épée plantée sous mon nez, et un elfe en piteux état qui semble à peine tenir sur ses jambes. Je fais un gros effort pour être courtois, surtout vu l'accueil que je reçois, ce qui me fait encore plus regretter de m'être levé et d'avoir quitté ma chambre si douillette... Et sans le considérer comme une menace je contemple le lieu où j'ai atterri, à savoir un bois lointain et solitaire, dont un maigre feu, quelque chevaux, et surtout quelques cadavres sont les seules marques d'existence humaine. Eh bien... dans quelle fâcheuse posture s'est-il retrouvé celui-là? En l'écoutant et en observant la scène, je comprends vite qu'il m'a appelé par accident, et pourtant, rien qu'en voyant la gravité de ses blessures, je propose tout de même qu'il me suivre. Après tout... il pourrait y en avoir d'autres. D'autres quoi d'ailleurs...

Je pousse du bout de ma botte un des corps et fais doucement rouler mes doigts, ce qui augmente l'intensité du feu, et donc la lumière. Ce ne sont pas des soldats... A leurs tenues et leur équipement... des chasseurs de prime je dirais, des bandits de grand chemin qui se sont sûrement dits qu'ils pourraient mettre la main sur un elfe et le revendre à bon prix. Par tous les saints, les humains peuvent être de telles ignobles créatures... voilà pourquoi je me tiens loin de tout et de tout le monde, à part de mes douces tourterelles. Chaque jour m'apportera une nouvelle surprise désagréable sur la bassesse de leur âme... Je relève ensuite la tête et hausse un sourcil face à sa réponse dédaigneuse. Il ose même cracher au sol et pendant un instant j'ai juste envie de mettre mes menaces à exécution et le transformer en poule ou quelque chose du même genre, pour lui faire la leçon. S'il avait dû payer son désenvoûtement, cela se serait calculé en dizaines de pièces d'or, et encore plus pour l'amulette que je lui ai offert. Le prix d'une petite ferme à la campagne, sur laquelle monsieur crache. Eh bien... Le feu se met à crépiter plus fort alors que la colère se met à se glisser dans mes veines, même si à part cela, je n'en laisse rien paraître.

Pardon? Si je suis là c'est que je me suis montré bon, généreux, et surtout que je t'ai fait une promesse. Je suis un homme de parole, et qui plus est, je te conseille de tenir ta langue, petit avorton. Je n'ai jamais rien demandé en retour. Je n'ai jamais demandé de condition à ta libération. Je l'ai simplement fait parce que cela me semblait la chose juste à faire. Rien de plus! Et je te rappelle également que si je ne t'étais pas venu en aide, que si je ne t'avais pas proposé mes connaissances que tu critiques si vivement à présent, tu serais encore en train d'écarter les cuisses pour ce salaud de Rumlow, qui te traiterait moins bien que son paillasson!

Je recule d'un pas, ouvrant déjà le portail d'un geste ample de la main.

Eh bien mon cher, tu viens de me faire regretter une action généreuse et désinteressée. Grâce à toi, je m'abstiendrais d'aider d'autres personnes dans le besoin, vu que t'avoir libéré semble être la pire chose qui te soit arrivée ces derniers temps. Mais si tu préfères retourner chez lui et te mettre à genoux quand il le voudra, je t'ouvre un portail dans la seconde et tu seras ravi de l'accueil que tu vas recevoir, crois moi. Et dire que le conseil des mages voulait te mettre sous leur protection suite à ce que Rumlow t'a fait subir... Je m'étais trompé sur toi. Peut-être n'as-tu eu que ce que tu méritais.

Je traverse le cercle argenté qui ondule comme de l'eau éclairée par la pleine lune et je sens sous mes pieds le parquet bien familier de mon bureau, refermant le portail d'un geste rapide. La lumière baisse pour n'être réduite qu'à celle projetée par le faible feu de cheminée qui meurt lentement. Je remets une bûche dans l'âtre, d'un geste rageur, répandant une gerbe d'étincelles dans tout l'âtre, que je ravive d'un petit geste de la main. Quel petit ingrat. Quelle créature suffisante. Mais pour qui est-ce qu'il se prend? Qui est-il pour me parler sur ce ton? Je ne demandais qu'un merci, un peu de reconnaissance, car il me semble bien que personne à part moi ne lui ai tendu la main. Et bien non, monsieur fait encore le difficile et me regarde de haut. Ca m'apprendra à avoir trop bon coeur...

Incapable de me rendormir je descends me chercher une carafe de vin, un reste de pâté et une miche de pain, montant le tout à mon bureau et me remettant au travail, même si je rumine sans cesse son attitude arrogante et ces mots bien trop durs, me vengeant sur la miche qui subit des coups de lame rageurs. Pourtant, alors que l'aube point, je sursaute en entendant une voix s'élever dans mon bureau. Celle de l'elfe. Je me fige, coupe entre les doigts et oreille aux aguets, ne sachant pas s'il est sérieux ou s'il se moque cordialement de moi, après la scène de tout à l'heure. Pourtant il a l'air sincère, et la fatigue dans sa voix n'est pas feinte. Je laisse planer quelques secondes avant d'ouvrir un flacon de poudre violette, d'en répandre un peu sur le dos de ma main et le souffler doucement devant moi.

Pourtant tu t'es comporté comme le dernier des abrutis alors que je n'ai fait que t'aider, sans rien te le demander. Et je ne sais pas si de simples excuses suffiront, elfe.

Je me tais alors que la poussière retombe, achevant la communication, et je termine mon vin avant de me remettre au travail. Et puis quoi encore? C'est trop facile de venir m'aboyer dessus et me cracher sa haine au visage, pour ensuite venir dire à quel point il est reconnaissant et à quel point il m'est redevable. Je vous jure...

Et puis dès le lendemain la vie reprend son cours. Je crée des sortilèges pour chasser les pluies ou au contraire les attirer, faire cesser le vent ou faire fondre la neige. Je vais déloger un troll et arrive à vaincre un nid de harpies dans les montagnes, me permettant de récupérer des plumes, des griffes et aussi des oeufs qui me seront d'une grande utilité. Et après avoir bien festoyé avec la petite équipe qui m'a accompagné, j'ouvre un portail pour rentrer. Mina s'approche de moi, tenant une lanière de cuir entre ses doigts fins.

Steve, tu as eu un visiteur.
Oh... et c'était pour quoi?
Je n'en sais rien, un elfe tatoué a déposé ça pour toi il y a deux jours. Il a dit qu'il t'attendrait à l'auberge pour trois jours donc...il y sera encore demain. Il a parlé d'une dette qu'il aurait envers toi...
Eh bien...c'est une sacrée surprise... Je m'en occuperai demain. Mais en attendant j'ai une faim de loup.


Après une douce soirée et une bonne nuit dans mon grand lit, je me réveille frais et dispos. Je sors seller mon cheval après m'être lavé et habillé, et grimpe en selle. Moins d'une heure plus tard j'arrive au bourg et confie les rênes au garçon d'écurie avant de pousser la porte. Je salue une partie des personnes présentes, ris avec le tavernier et vais m'installer à une table près du feu.

Au fait, il y aurait un elfe qui loge ici. Fais-le prévenir que je suis là, et sers moi une de tes tartes aux pêches dont tu as le secret. Je n'ai pas déjeuné et je meurs de faim!

Je souris et bois un lait chaud au miel, guettant l'escalier et attendant qu'il descende.



good vibes.
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