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The Taste of Ink

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Mer 9 Mar - 19:32


The Taste of Ink


« Fairy tales are more than true: not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten. »

Je me rappelle la première fois qu'on m'a raconté cette histoire. Enfin cette histoire... plutôt, quand on m'a expliqué ce qui allait m'arriver, à moi comme à tous les autres, quand j'aurai dix-huit ans. Je devais en avoir huit ou neuf à l'époque, et dix-huit ans, ça me paraissait être dans des siècles. Pourtant je me rappelle des mots de ma mère, du fait qu'elle m'avait raconté ça comme une de ces histoires de princesses et de chevaliers que j'adorais à l'époque.


"Tu sais James, quand tu seras un grand garçon, le jour de tes dix-huit ans, quelque chose de merveilleux va se passer. Tu pourras savoir quelle est la personne faite pour toi. Pour ça, tout ce que tu écriras sur ta peau apparaîtra sur la sienne. Et pour lui aussi. Ce qu'il écrira, tu le verras. Comme ça, tu sauras comment le trouver. Parfois, retrouver cette personne pourra être aussi difficile que de sauver une princesse ou retrouver un trésor, parce qu'elle peut être loin, qu'elle n'est peut-être pas prête... mais si tu es brave et valeureux comme un chevalier, tu seras aussi heureux que dans tes romans...''


Sien sûr, j'ai eu des milliers de questions. Et si l'autre voulait pas de moi? Et si elle était gardée par un dragon? Et si je devais affronter des fées et de vrais dragons? Ce à quoi elle avait simplement ri en m'embrassant le front, et elle s'est levée, ôtant sa main de mes cheveux en me souhaitant bonne nuit. Les années avaient passé,et mine de rien, cette barre des dix-huit ans avait fini par se rapprocher. Le collège, et le lycée étaient terminés, ou presque. Comme j'étais né au moins d'avril, mes dix-huit ans tomberaient un peu avant la fin d'année, et petit à petit j'avais commencé à compter les jours. Surtout qu'autour de moi, j'avais vu mes autres potes franchir le cap, et timidement, je les ai observés se mettre à la poursuite de leur moitié, j'ai vu leurs mains ou leurs bras se noircir de conversations ou de dessins, et j'ai jamais vu des gens aussi heureux en regardant leur paume ou leur avant-bras. Surtout que petit à petit j'étais devenu jaloux. Moi aussi je voulais ça. Moi aussi je voulais trouver ma moitié. La personne qui me rendrait heureux. La personne avec qui je partagerai le reste de ma vie. Pour certains ça a été facile, l'autre habitait dans le même pays, parfois dans le même état. Pour d'autres, c'était à l'autre bout du monde qu'ils ont dû chercher. Certains ont été emmerdés parce que l'autre parlait pas la même langue, et que ça compliquait un peu tout. Je suivais ça de loin, tout en réfléchissant à mon orientation. J'avais pas envie d'aller à la fac. Aucun métier me tentait... alors j'ai signé pour entrer dans l'armée. Deux semaines après mon diplôme je partirai faire mes classes et ensuite... ensuite c'est une nouvelle vie qui allait commencer pour moi. Mon père était militaire, et j'aimais l'entendre me raconter des histoires qui se passaient pendant ses missions, à l'autre bout du monde. Aider les gens, rendre le monde plus sûr... Ouais, tout ça me tentait.


Et puis on s'est retrouvés en février, et j'ai déjà vu les premiers couples officiels se former. Mars et le printemps. Avril. Pâques. Presque, on y était presque. Et puis on y est arrivé. Je me rappelle encore, ce matin-là, quand le réveil a sonné, j'étais encore totalement embrumé. J'avais pas encore pris mon café et j'ai tangué jusqu'à la salle de bains.  C'est là, alors que je me brossais les dents, que j'ai remarqué un truc sur ma main. J'ai froncé les sourcils et j'ai commencé à frotter, mais ça partait pas. Alors je me suis rappelé du jour où on était, et mon coeur s'est mis à tambouriner à une vitesse folle. J'ai rapproché ma main de mes yeux et j'ai vu. Une rose. Une rose dessinée sur le dos de ma main. J'ai souri comme un idiot, frôlant le dessin du bout des doigts. Alors ça y est. Elle était là mon âme soeur. Et elle était douée en dessin! J'ai inspecté ma main de longues minutes, observant les pétales, les épines, tout, la brosse à dents encore en bouche, avant que ma mère m'appelle. J'ai expédié mon petit déjeuner, j'ai ouvert mes cadeaux avec mes parents et Becca, mais sur le coup je m'en foutais un peu. J'avais juste envie de m'occuper de mon âme soeur. J'ai remercié tout le monde et j'ai grimpé dans ma chambre. C'est seulement dix minutes plus tard, habillé et avec mon sac à mes pieds, tranquillement installé dans le bus de ramassage que j'ai chopé un stylo et que j'ai dessiné la tige de la rose. J'ai souri comme un con en voyant que des épines apparaissaient sur la tige. Et après de longues minutes, j'ai timidement écrit sous le dessin.

"Salut... je m'appelle Bucky...''

- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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Mer 9 Mar - 22:50
The Taste of Ink
Je me souviens que la première fois que maman m'a raconté cette histoire d'âme soeur, je devais avoir… Huit ou neuf ans. Je me souviens que j'étais assez malade et que déjà à l'époque… Je ne pouvais rien entendre ou dire. Maman disait que c'est ce qui me rendait exceptionnel et que jamais, je ne devrais me penser moins bien qu'un autre simplement parce que je ne peux pas prononcer le mot "tomate" ou "chocolat." Maman arrêtait pas de m'écrire que j'étais son petit ange, son petit rayon de soleil et qu'elle n'avait pas besoin de m'entendre dire le moindre mot pour savoir que je l'aimais ou quoi que ce soit. Elle ne cessait de m'écrire qu'elle n'avait qu'à croiser mon regard pour être heureuse. J'étais même impressionné que parfois, il lui suffise de croiser mon regard pour comprendre ce qui se passait dans ma tête. Elle savait quand j'allais bien, quand j'étais triste ou quoi… Et j'appréciais ça. Avec elle je n'avais rien besoin de dire et pourtant on me comprenait. C'est pour ça que j'aimais pas trop sortir, aller à l'école ou même chez des copains… Parce que personne ne me comprenait. Ou alors uniquement si je pouvais écrire sur un coin de feuille pour expliquer ce qui se passait dans ma tête. Et si au début ça m'allait.. Ça devenait fatiguant. Je pouvais pas avoir une discussion avec quelqu'un et rapidement, les gens ont commencés à être mal à l'aise face à moi, surtout quand ma mère avait expliqué à tout le monde que j'avais appris à lire sur les lèvres et à signer. En moins d'une seconde, j'étais devenu une curiosité et du coup… Je préférais être avec maman. Elle, elle me comprenait. Je pouvais avoir des discussions avec elle, je pouvais lui dire ce que j'avais sur le coeur… Et c'est un jour où j'étais malade qu'elle ma raconté cette histoire. Je me souviens que tout fiévreux, j'avais regardé ses lèvres se mouvoir et entre deux toussotements, je lisais sur ses lèvres son histoire.

"Un jour, quand tu serais un grand, grand garçon… Il se produira quelque chose de merveilleux. Ta peau sera comme tes carnets de coloriage… Tu pourras y dessiner et y écrire des choses et ton âme soeur, la personne avec qui tu seras heureux jusqu'à la fin de tes jours, verra cela apparaître sur sa peau. Vous serez liés ainsi et vous devez vous retrouver… Elle ou lui veillera sur toi et t'acceptera comme tu es mon soleil… Cette personne, elle t'aimera… Et elle aimera voir tes mots ou tes dessins sur ta peau comme tu le seras… Tu devras peut-être te battre pour elle… Mais ça en vaudra la peine… Parce que lui ou elle, s'en fichera que tu ne puisses pas parler ou entendre sa voix… Pour elle, tu seras parfait comme tu es."

Elle avait ensuite caressé ma joue alors que je somnolais à moitié, sentant mon coeur se réchauffer à l'idée que je trouverais peut-être quelqu'un comme moi, quelqu'un que ça ne dérangerait pas de ne pas m'entendre. Quelqu'un qui m'aimerait. Je me souviens qu'à partir de ce jour-là, j'attendais simplement le jour de mes dix-huit ans, presque avec impatience. Au point que même avant, je commençais déjà à dessiner sur ma peau, comme si il y aurait une exception pour moi… Mais non. Rien. J'avais beau écrire, dessiner et marquer ma peau… Personne n'était là pour répondre à mes questions ou simplement compléter mes dessins. Les jours passaient, mon anniversaire approchait et rien. Ma mère mère avait beau me rassurer, me dire que je devais être simplement patient, j'avais juste peur que ça aussi, ça ne marche pas avoir. Je me souviens avoir pleuré un soir dans ses bras, sanglotant contre son coeur en me disant qu'en plus de ne pas avoir le droit d'être comme tout le monde, je n'aurais pas non plus le droit à une âme-soeur. J'avais si peur… Si peur de n'avoir personne, d'être obligé de passer mon existence à errer au milieu de gens qui n'auraient jamais envie de faire un effort pour moi ou qui tenteraient de profiter de moi et de mon handicap.

Et ce soir, assis dans mon lit et simplement éclairé par ma lampe de chevet, je trace une rose sur ma main, espérant comme chaque jours que demain, je verrais un autre dessin ou même un mot apparaître sur ma peau. Je sais que je vais avoir mes dix-huit ans dans deux mois… Mais je.. J'ai plus envie d'attendre… Je veux la rencontrer ou le rencontrer… J'ai plus envie d'être seul, j'ai envie de pouvoir discuter avec lui, comme je ne peux le faire avec les autres. Je pousse un soupir, regardant l'encre noire, puis rouge, teinter ma peau, laissant progressivement apparaître une rose. J'aimerais tant que demain, à côté de cette rose, il y ait un petit message ou même un autre dessin, juste un signe qui rassura mon coeur. Je repose mon stylo et pousse un autre soupir, me glissant dans mes draps pour tenter de trouver un semblant de repos.

Seulement, à ma plus grande déception le lendemain… Rien. Peiné et le coeur lourd je descends jusqu'à la cuisine, y trouvant ma mère qui commence déjà à me signer un "bonjour, mon rayon de soleil." Je lui rends à peine son sourire et je sursaute quand elle attrape ma main, fronçant les sourcils. Je sais ce qu'elle va dire… Mais j'ai juste envie d'être sûr… Je veux le rencontrer. Mes yeux se posent sur ses lèvres et j'y lis ceci :

"Steve… Nous en avons déjà parlé…"

Je retire ma main et la tête basse, je commence à signer.

"Je sais… Mais je ne veux plus attendre. J'ai peur qu'il ne vienne jamais."

Du bout des doigts elle vient effleurer ma joue, me faisant de ce fait relever la tête pour croiser son regard et ses lèvres.

"Deux mois Steve… Tu verras…"

Sauf que je détourne la tête, me reculant d'un pas ou deux. Elle sait que ça m'angoisse et que depuis quelques temps, ça me rends vraiment malheureux… Mais elle ne cesse de dire que personne ne se retrouve seul ou sans âme soeur… Et si j'étais le premier ? Le premier à être amputé de ça ? Je prends mon petit-déjeuner en silence, avant de prendre mon sac et de la saluer, quittant la sécurité de l'appartement pour le monde extérieur. Monde où je dois faire attention à tout, car personne ne le fera à ma place. Je dois regarder un million de fois avant de traverser histoire d'être sûr de ne pas me faire renverser par une voiture, je dois toujours être à l'affut et surtout, je dois me déplacer au milieu de cette foule et arriver à me faire ma place parmi eux. Enfin… Heureusement, quand il s'agit d'aller au lycée, j'ai juste à attendre le bus. Je m'installe à l'arrêt et pousse un soupir, observant les quelques élèves de mon lycée qui discutent sûrement entre eux. Même là je ne peux pas lire… Si je fais ça… Je risque de ne pas entendre le bus et je pense qu'aucun d'entre eux ne viendrait m'aider… Alors j'attends, regardant la route… Et c'est seulement quand je suis dans le bus que je remarque que ma rose a désormais une tige. Ma bouche forme un "o" presque parfait alors que d'une main je la couvre, n'en revenant pas. Ça y est. C'est lui… C'est… C'est mon âme soeur…. ! C'est lui… Ou elle ! Oh mon dieu…. ! J'en reviens pas ! Je… Je suis plus tout seul… J'en reviens pas. Je sens mes yeux s'humidifier et alors que j'affiche un immense sourire, j'attrape un stylo dans mon sac, commençant à dessiner des épines à cette rose, puis des feuilles. Un léger rire m'échappe mais rapidement, plus rien… Le coeur battant j'attends et finalement, quelques mots se tracent sur ma peau.

Bucky.

C'est son prénom. Mon âme soeur s'appelle Bucky. Étrangement, je ne suis pas si étonné de ça que de découvrir que c'est un homme… Je parlais toujours de cette âme soeur en disant "il"… Mais là… Ça n'a pas d'importance… Je suis juste heureux de savoir qu'il est là, qu'il existe et qu'il est peut-être tout aussi excité que moi… Je me mords la lèvre et doucement, sous sa question, je note de ma petite écriture fine.

"Salut… Moi c'est Steve…"
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Jeu 10 Mar - 18:29


The Taste of Ink


« Fairy tales are more than true: not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten. »

Et j'ai même hésité, une fois dans le bus, à faire quoi que ce soit. Parce que bon, tant que j'y avais pas touché, tout était encore parfait. Tout était encore bien. Y'avait encore ce mystère excitant et terrifiant à la fois qui entourait mon âme soeur qui venait de se manifester... mais à partir du moment où j'aurais pris mon stylo pour ''répondre'' il saura que j'existe, on aura commencé à se lier, et ça me fait peur. Parce que là d'autres questions se bousculent, même si je me les posais déjà avant. Mais maintenant je me dis que je pourrais enfin y avoir une réponse, et ça me file une trouille bleue aussi... Est-ce que mon âme soeur sera belle? Gentille? Douce? Drôle? Est-ce qu'elle vit dans le même pays que moi? Depuis gamin, j'avais passé de longues heures à m'imaginer mon âme soeur idéale, et là j'avais peur parce que mes rêves allaient rencontrer la réalité. Pourvu que ça se passe bien. Pourvu que ce soit possible. Tout ça en même temps. Et puis j'ai respiré profondément et je me suis lancé. Après tout, les Barnes ont jamais été des trouillards!

Alors une fois dans le bus je me suis lancé. Après tout c'était censé être mon âme soeur non? Donc je serais heureux avec. Alors... tout pourrait qu'aller bien. J'ai complété son dessin, et j'ai souri en voyant que lui aussi travaillait dessus. Et dans un sens c'était presque flippant, comme dans certains films d'horreur où on voit des trucs apparaître sur la peau des gens possédés. Bon, là c'était que des épines et des feuilles, pas des croix sataniques ou je sais pas quel bordel. Je regardais ma main comme un idiot pendant tout le trajet, avant de devoir descendre du bus et me bouger comme jamais pour aller en cours. Pas que j'étais impatient d'aller en bio, mais juste...bien installé, je pourrais continuer à lui parler. Enfin lui parler tout court, parce que jusqu'à présent, y'a eu que le dessin... Là... là ça allait être le premier contact. Je me mords les lèvres, avant d'écrire timidement mon prénom, et d'attendre une réponse. Par chance il avait l'air disponible, parce qu'il a répondu tout de suite, et les lignes noires sont apparues sur ma peau comme si le stylo s'était posé dessus. Pire qu'une fin d'épisode qui nous laisse sur notre faim. J'attendais son prénom. Est-ce qu'elle aurait un beau prénom? Un prénom qui fait rêver ou qui roule sous la langue? Un prénom exotique? Et là, j'avoue que mon sourire s'est un peu fané en lisant simplement ''Steve''. Ouais... sur le coup, moi qui rêvais de trucs de dingue... j'étais un peu déçu. Et... je sais pas pourquoi, mais je m'étais attendu à ce que ce soit une fille... Pourquoi? J'en sais rien. Enfin, Si la personne qui était pour moi avait un pénis au lieu d'un e paire de seins, j'avais envie de dire, c'est pas ça qui me paniquait le plus. Même si j'avais un peu peur de comment mes parents allaient réagir en apprenant que, si tout irait bien, un Steve allait rentrer dans ma vie, et dans la leur aussi, du coup.

J'ai repris mon stylo et j'ai continué à écrire.

Enchanté Steve... Je suis américain... Je vis près de Seattle... Et toi? Tu viens d'où?

Toujours les yeux rivés sur le dos de ma main. Et là j'ai entendu la voix du prof, monsieur Gibbons, qui a résonné dans la classe.

Barnes? Qu'est-ce qu'il y a de si passionnant?
Je...euh...
M'sieur, c'est son anniversaire aujourd'hui. Ses dix-huit ans.
Oh! Et donc... c'est votre première conversation?

Je me suis mordu la lèvre et j'ai un peu rougi avant de répondre un petit ''Oui'' timide. Il a gentiment ri avant de reprendre.

Je comprends, je comprends... Profite bien de ces moments. Tu verras, c'est magique. Les autres, on reprend. Donc, si on regarde la figure B, que peut-on remarquer? Jérémy?


J'ai soupiré, fixant ma main avec impatience et excitation, jusqu'à ce que sa réponse arrive. New-York... la vache, l'autre bout du pays... Enfin, au moins c'était pas à l'autre bout du monde et il parlait anglais, c'était déjà ça...

Ici il est huit heures et quart et je suis en cours de bio, et toi, qu'est-ce que tu fais?

J'ai jeté un oeil au tableau et à l'exercice qu'on faisait, avant de regarder ma main à nouveau, toujours avec un sourire débile. J'ai hésité un peu avant de reprendre, même si ma main commençait déjà à être couverte d'écriture.

Tu sais... j'attends de te connaître depuis des années... Et je suis super nerveux... Rassure moi et dis moi que toi aussi...

- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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Ven 11 Mar - 12:07
The Taste of Ink
La bille de mon stylo quitte ma peau et le coeur battant, un sourire aux lèvres, j'attends sa réaction. Je sens le bus s'arrêter et descends, commençant à marcher vers le lycée. Seulement, au fil de mes pas, je commence à me demander si il ne va pas être déçu de savoir que je suis un homme, si il ne va pas regretter que je sois seulement "Steve…" Je pousse la porte du lycée et commence à déambuler dans les couloirs encore vides, me dirigeant vers ma salle de bio, tandis qu'une angoisse vient doucement m'étreindre. Et si il était déçu ? Et il ne voulait pas qu'on se rencontre ou même qu'on se parle ? Et si il disait qu'il était déçu ? Qu'est-ce que je devrais faire ? Il est censé être la personne avec qui je dois être, la personne qui ne doit voir que moi et n'aimer que moi… Alors si il venait à en être déçu ou à me rejeter… Mon coeur se serre à cette simple idée. Et si je ne lui plaisait pas ? Et si il voulait être avec quelqu'un d'autre ? C'est l'esprit tourmenté par toutes ses questions que je passe la porte du labo de bio, m'installant comme à mon habitude au premier rang, histoire de ne pas avoir trop de mal à lire sur les lèvres du prof, sortant mon carnet et le cours que j'ai déjà, griffonnant doucement sur une page, alors que les autres reviennent du cours de musique dont je suis dispensé. Je jette un dernier regard au dos de ma main et voyant qu'il n'a pas répondu, je me concentre sur le professeur, ne pouvant tout de même, m'empêcher de jeter quelques coups d'oeil à ma main, avec l'espoir fou qu'il m'ait répondu. Ainsi, pendant de longues minutes, mon regard et mon attention font des aller-retours entre les lèvres de mon professeur de biologie, mes notes sur lesquelles je rajoute des annotations et la paume de main. Et un sourire se glisse sur mes lèvres quand je vois qu'il m'a répondu. Seattle… Mes dents effleurent ma lèvre inférieur. Certes, j'aurais aimé qu'il soit dans la même ville que moi… Mais bon, au moins il est aussi américain et il vit dans le même pays que moi… C'est déjà merveilleux… Ça veut dire… Que je pourrais le rencontrer… Mon coeur s'emballe à cette idée, et tout excité, presque grisé, je commence à écrire ma réponse sous sa question.

"Enchanté Bucky ! Moi je vis à New-York…"

Ok il est à l'autre bout du pays… Mais au moins, nous sommes sur le même continent… Maman m'a dit que ça arrivait que certains devaient traverser des océans ou la moitié du monde pour retrouver leur âme soeur.. Alors que moi… J'aurais peut-être qu'à prendre l'avion et je pourrais le rencontrer. Enfin… Si il le veut… Et si… Il serait pas trop déçu de voir ce que je suis… Je pousse un léger soupir, me disant que je n'aurais qu'à en parler avec m'man. Après tout… Selon elle… Bucky est censé me trouver parfait… Et ne pas être dérangé par mon handicap. Je sursaute quand le professeur s'approche de mon bureau, venant effleurer ma main pour attirer mon attention. Je lève les yeux vers lui et lis sur ses lèvres quelque chose qui me fait froncer les sourcils.

"Steve… ? Quelque chose ne va pas que tu sois si distrait ?"

Je fais non de la tête et il hausse un sourcil, ajoutant simplement que je dois me concentrer, car le cours d'aujourd'hui est compliqué. Je fais oui de la tête et tente de passer plus de temps à lire sur ses lèvres ou à recopier les exemples et autres formules qu'il note au tableau, plutôt qu'à guetter la réponse de Bucky. Seulement, je dois avouer que je décroche rapidement quand je vois qu'il m'a répondu. J'ai un autre sourire, trouvant amusant que lui aussi soit en bio… Comme quoi.

"Sérieux ?! Moi aussi je suis en bio… Mais ici c'est bientôt l'heure de la pause déjeuner ! C'est dingue !"

Et suite à cette phrase, je ne peux m'empêcher de rajouter un petit bonhomme souriant. Ok je vais avoir l'air idiot… Ou même niais, mais tant pis… Je suis juste tellement heureux de savoir qu'il existe et que, comme tout le monde, j'aurais le droit à mon âme soeur. À cette personne avec qui je serais heureux jusqu'à la fin de mes jours, dans les bras de quelqu'un pour qui mon handicap ne sera pas un problème… J'ai dans l'espoir qu'avec lui, je pourrais presque être normal… Qu'il ne verra pas comme un pauvre gringalet qui n'entend rien et qui n'est pas capable de parler… Mais comme son âme soeur, la personne qu'il a envie de prendre dans ses bras et de faire sourire. Parce que moi… C'est ce que je veux. Son écriture recommence à apparaitre sur ma peau et je ne peux retenir un léger rire quand il m'avoue qu'il est terriblement nerveux et qu'il souhaite que je le rassure. Je retrousse un peu ma manche et je lui réponds.

"Je le suis… Tu n'imagines pas… J'avais peur que tu n'existes pas… Je n'en dormais plus… Je suis tellement heureux de savoir que t'es là… J'avais peur et je suis tellement heureux de te rencontrer !"

Les autres élèves se lèvent et je comprends que le cours est terminé. Je ramasse rapidement mes affaires et alors qu'on me bouscule gentiment dans les couloirs, je ne peux que regarder le dos de ma main, tout heureux. Je l'ai trouvé… Et… Il a l'air content… Enfin j'espère. Je me laisse retomber dans un coin de la cafétéria, reprenant mon stylo.

"Du coup t'as déjà dix-huit ans ? Moi je les aurais que dans deux mois…  Mais sinon, à par le fait que t'es au lycée à Seattle, qu'est-ce que tu peux me dire sur toi ? T'as des frères et soeurs ? T'aimes faire quoi de ton temps libre ?"

Puis je rajoute rapidement.

"Désolé pour toutes les questions… C'est juste… Je suis tellement content… Du coup… J'ai envie de parler de tout et de rien avec toi…"

J'ai un rougissement idiot alors que quelqu'un vient s'assoir à ma table. Je lève les yeux vers l'inconnue, souriant en reconnaissant la fille qui passe son temps à la bibliothèque à lire des bouquins de vampires et de monstres. Elle croise mon regard et me fait un petit geste amical, recommençant à manger dans son coin. Et voyant que Buck ne répond pas de suite, je mange mon repas en recommençant à dessiner sur ma peau, repartant dans de longs et sinueux motifs floraux.
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Sam 12 Mar - 11:35


The Taste of Ink


« Fairy tales are more than true: not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten. »

Je rougis comme une tomate quand le prof m'attrape en flagrant délit de "je n'écoute pas votre cours parce que je viens de découvrir mon âme soeur", et au lieu de me passer au savon, il se contente juste de me dire à quel point c'est merveilleux et reprend son cours comme si de rien n'était. Eh beh... je pensais pas que Gibbons était du genre romantique! La vache. Mais après tout il a dû vivre ça, lui aussi. Et en bien, vu le sourire sur son visage, et les étoiles dans ses yeux. Dans un sens, je suis tellement content de me dire qu'à partir de maintenant, moi aussi j'y aurai droit. Je connaitrai ça. Avec lui. Et peut-être que bientôt on pourra se voir en vrai. Même si... je me mords un peu les lèvres en lisant New York. C'est juste... à l'autre bout du pays en fait. Enfin, au moins on reste dans le même, de pays. Et on peut se comprendre, c'est déjà ça...


"J'avoue, c'est dingue! Comme quoi, on sera unis par les liens sacrés de la biologie!"

J'entends ensuite Gibbons qui se racle un peu la gorge et je lève les yeux. Il a le regard qui dit "Ok gamin, je veux bien te laisser roucouler tranquille mais me pourrit pas mon cours sinon tu vas souffrir.'' Je baisse les yeux et tente d'être plus silencieux, même si j'ai toujours un sourire à m'en faire mal aux joues. Mon âme soeur. La personne qui sera parfaite pour moi... Steve. Petit à petit je me détends. Il a l'air gentil... et ça me rassure un peu, alors je m'ouvre à lui et je lui confie que j'étais tellement nerveux à l'idée de le rencontrer. Sa réponse me fait sourire encore plus, et j'aurais presque envie de le serrer dans mes bras et lui dire que ouais, maintenant je suis là et qu'on aura toute la vie pour se connaître.

J'ai soupiré, fixant ma main avec impatience et excitation, jusqu'à ce que sa réponse arrive. New-York... la vache, l'autre bout du pays... Enfin, au moins c'était pas à l'autre bout du monde et il parlait anglais, c'était déjà ça...

Pareil, pareil... T'as l'air gentil Steve! J'espère juste que tu seras pas déçu quand tu me verras!  

J'ai jeté un oeil au tableau et à l'exercice qu'on faisait, avant de regarder ma main à nouveau, toujours avec un sourire débile. J'ai hésité un peu avant de reprendre, même si ma main commençait déjà à être couverte d'écriture.

Et je dessine un petit smiley débile. Sa réponse tarde à venir et pendant ce temps je prends mes affaires et file dans le cours suivant, histoire. La vieille Thompkins est clairement moins cool que le prof de bio, alors je dois être plus discret. Je me force à écouter quand même un peu et à prendre des notes, avant de sourire encore une fois à la réponse suivante de Steve. Et comme ma main est déjà pleine je retrousse ma manche et continue à écrire sur mon avant-bras.

Ouais, c'est mon anniversaire aujourd'hui! Comme je suis le premier à avoir dix-huit ans, c'est moi qui ai activé notre lien, si on peut dire. Et pour parler de moi je suis assez sportif. Je fais de la natation et du foot en club, au lycée. J'aime bien lire aussi, et jouer aux jeux vidéos... Sinon j'ai une soeur qui s'appelle Becca, elle a quinze ans, et un chat, Spok. Et toi?

J'ai pas encore fini d'écrire que je lis sa petite excuse et ça me fait rire. Je penche la tête en voyant le regard assassin de Thompkins, faisant profil bas.

T'excuse pas, je suis aussi super content, et j'ai aussi envie de tout savoir sur toi... Alors je te renvoie la question : Tu as des frères et soeurs? T'aimes faire quoi dans la vie?

Je bosse comme je peux tout en jetant un oeil à mon bras, attendant ses réponses. Et je souris en voyant qu'il a recommencé à dessiner. J'observe mon bras se couvrir de dessins pendant que je bosse, même si mes doigts me brûlent de lui répondre, de parler d'un million de trucs avec lui. Enfin le cours s'arrête et je file en maths. Le prof est plus cool et je peux recommencer à écrire.

Pardon pour l'attente, j'étais en histoire et la prof m'a pas lâché. Mais tes dessins sont magnifiques, t'es doué!

Encore un smiley idiot mais bon, c'est dur de communiquer autrement...

Tu fais des études d'art?

- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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Mer 20 Avr - 12:18
The Taste of Ink
"Jamais je ne pourrais l'être…"

Voilà ce que je réponds de ma petite écriture fine et serrée quand il me demande si je pourrais être déçu en le recentrant. Il ne se rend pas compte à quel point il est déjà important pour moi… C'est mon âme soeur, la seule personne en ce monde qui sera toujours heureuse de me voir et surtout qui ne m'en voudra jamais de ne pas être capable d'entendre sa voix ou de lui faire entendre la mienne. Lui doit m'aimer pour ce que je suis et ne jamais trouver mon silence pesant… Lui doit simplement m'aimer comme je suis, sans jamais m'en vouloir de ne pas être normal. Je n'ose lui dire que c'est moi qui ait peur qu'il soit déçu, qu'il se dise finalement qu'il préfère passer le reste de son existence avec une autre personne dont il pourra entendre la voix qu'avec moi, pauvre petit être fragile incapable de percevoir le moindre son. Peut-être qu'il pensera qu'il sera plus heureux avec quelqu'un qui pourra entendre sa voix qu'avec moi… Peut-être que je ne serais pas assez bien pour lui… Alors que je trace de nombreuses fleurs et autres motifs végétaux sur ma peau, attendant une réponse de Bucky, je regarde de temps à autre ce que je lui ai écrit, ne cessant de me demander si ce n'est pas trop pathétique.

"Moi ? Je suis enfant unique… J'habite seul avec ma mère mais j'aime aussi jouer aux jeux vidéos et dessiner… Mais je ne suis pas très sportif… Pas du tout même."

Que va-t-il penser de moi ? Que va-t-il s'imaginer ? Peut-être va-t-il être déçu ? Sûrement. Avec mon handicap, je ne peux pas me permettre de faire trop de sport avec les autres, surtout parce que c'est compliqué pour eux de jouer avec moi. N'entendant rien, je ne suis pas un bon coéquipier au basket ou au foot… Et même dans les sports individuels, je ne brille pas non plus par mon talent… Sans compter que les entraîneurs ont toujours du mal avec moi à cause de ma surdité… Donc petit à petit, j'ai finis par ne pas aimer ça, ne me sentant pas à ma place au milieu des autres, préférant alors la tranquillité de mon carnet à dessin que la jungle que représentait un cour d'éducation physique. Le stylo finit par quitter ma peau et sagement, je commence à manger mon petit repas, dévorant avidement ma salade d'avocat puis mon petit sandwich à la dinde pour terminer par mon jus de fruit que je sirote en silence. Je suis tellement heureux de savoir qu'il existe et qu'il est dans le même pays que moi… Je suis tellement heureux de me dire qu'il est là et qu'il est content de me parler… Alors ouais, c'est peut-être que le premier jour et peut-être qu'il sera déçu… Mais pour l'instant, j'ai simplement envie de me rassurer et de me dire qu'il est là, quelque part dans un lycée à Seattle, à se dire que lui aussi a trouvé son âme soeur… Je recommence à sourire quand je vois son écriture apparaitre à nouveau sur ma peau et je ne peux que rougir quand je lis son compliment sur mes dessins. Je dois avoir l'air idiot à sourire tout seul pour rien, mais ce n'est pas grave… Le regard des autres n'a aucune valeur en comparaison des simples mots qu'il laisse sur ma peau. Je reprends mon stylo et lentement je lui réponds.

"Oh tu sais, c'est rien, je fais ça quand je m'ennuie, mais merci Bucky."

Je rajoute un petit smiley qui sourit et un petit coeur. Ok là je vais passer pour un crétin à ses yeux, mais tant pis. Je ne vois pas comment lui faire part de la joie que ça me procure de lire ça, de lire qu'il aime bien mes dessins, qu'il aime bien me parler et tout le reste… Il ne se rend pas compte… Il est tout ce que j'avais attendu depuis des années… Quelqu'un qui pourrait m'aimer et qui pourrait accepter ce que je suis. Quelqu'un qui me regarderait comme si j'étais son soleil à lui.

"J'aimerais en faire plus tard… Quand je quitterais le lycée… En plus y'a une super fac d'art à New-York… Mais pour ça je dois travailler dur… Mais j'y crois ! Et toi, t'aimerais faire quoi après le lycée ?"

Je range mon stylo et lève la tête quand je vois que ma voisine referme son livre et m'adresse un sourire, se levant sûrement pour retourner en cours. Je jette un rapide coup d'oeil à ma montre avant de soupirer à la simple idée que je vais devoir aller en cours d'histoire…. Et avec la prof que j'ai, je ne vais pas avoir le droit de me disperser et de penser à autre chose. Elle est du genre à faire des cours magistraux et si elle me fait des notes qu'elle me donne au début de chaque cours, je dois tout de même être attentif histoire de ne pas être perdu. Rapidement je remballe mes affaires et file jusqu'à ma classe d'histoire, m'installant à ma place habituelle. Je jette un rapide coup d'oeil à mon bras avant que ma prof ne vienne me donner le cours du jour. Je lui souris avant de rapidement noter sur mon bras.

"Désolé, je vais être coincé en histoire et même si j'adorais discuter pendant des heures avec toi… Je ne peux pas. On se retrouve dans une heure… Promis ? Et je me disais… On devrait peut-être échanger nos mails, ou notre Skype, histoire de discuter autant que l'on veut… Non ?"

Je sursaute quand je sens une main sur mon épaule. Je croise le regard de ma prof qui me dit qu'elle va commencer le cours et que je ferais mieux d'arrêter de rêvasser. Je fais oui de la tête avant de me concentrer sur le cours, simplement impatient de lire une réponse de Bucky.
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Jeu 21 Avr - 15:48


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« Fairy tales are more than true: not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten. »

J'ai peur que ce soit pas réel. J'ai peur que je me sois encore endormi en cours d'anglais, et que bientôt je vais me faire réveiller par la jolie mais soporifique miss Rossom, que je vais sursauter de mon pupitre, et décoller ma joue pleine de bave de la table en bois recouverte de dessins et d'inscriptions au tipp-ex. Ouvrir les yeux et comprendre que tout est fini. Qu'au final, je l'ai pas encore rencontré. Que rien n'est encore apparu sur mon bras, ni dans ma vie. Que cette journée, finalement, sera une journée comme un autre. Et j'ai le coeur qui bat à l'idée que ça se réalise pas comme ça. Parce que c'est bête mais... mais maintenant que je lui ai parlé, maintenant que j'en ai appris un peu plus sur lui et que j'ai vu ses dessins... J'aimerais pas que ce soit quelqu'un d'autre. Maintenant... maintenant c'est Steve. Et ouais... pour ce que j'en ai vu, pour ce que j'en ai appris... il me plait. Je veux lui parler encore, je veux en apprendre plus sur lui, tout savoir. Et surtout savoir à quoi il ressemble. D'un coup je flippe. Et s'il était moche? Mais genre...vraiment moche? A la Elephant Man? Je secoue la tête et soupire. Non non... il est fait pour moi. Alors j'ai même pas à me poser ce genre de questions. Je vais le prendre comme il est. Parce qu'il est le bon pour moi.

Je souris quand il me dit qu'il est fils unique et qu'il aime les jeux vidéos. C'est con mais je m'imagine déjà, bientôt peut-être, être avec lui sur un canapé, à passer des heures à rire face à la console, ou à se chamailler ou se pousser dans les coussins, et à tenter de faire perdre l'autre. D'ailleurs, quand j'aurai plus de place sur les mains, il faut que je pense à lui demander ce qu'il aime comme jeux. Mince, faites qu'il soit pas le genre de mec qui passe sa vie sur des jeux de gestion chiants où on fait évoluer sa civilisation sur fond de musique new age... alors que moi je rêve de soirées Mario Kart ou autres conneries. Enfin, on verra. Je dois couper les ponts le temps du cours de maths, et me contente juste de regarder mon bras en souriant, alors qu'il se couvre de ses beaux dessins. Peut-être que plus tard, à défaut de jeux vidéos partagés, il y aura ses dessins au mur. Dans de beaux cadres. Et je pourrais être fier en disant que c'est mon Steve qui les a faits... Ouais ça pourrait être bien... Vraiment bien... La vache, j'ai jamais pensé à vivre avec quelqu'un avant que son nom apparaisse sur mon bras, et là, ça me dérange même pas de me voir habiter avec lui. C'est...je suis flippé et en même temps impatient. Steve... mon Steve. Mon âme soeur. Une fois les maths terminés je le complimente, et je souris comme un idiot quand je vois juste son écriture, et mon propre surnom sur ma peau. Dans un sens, c'est un peu comme s'il me le chuchotait. Et quand le petit coeur apparaît, je rougis comme un con. Mais vraiment. Au point que je baisse le nez sur mon bouquin pour être sûr de ne pas me faire capter. Et vite fait, je trace un petit coeur à côté du sien, pendant qu'il m'écrit sa réponse.

Une école d'art. C'est un artiste. Mon âme soeur est un artiste. Je trouve ça génial. Et je soupire quand je lis jusqu'à la fin, avant de sentir mes tripes se serrer. J'avais pas pensé à ça, à lui, au moment de m'engager. A cette possibilité. J'hésite une seconde avant de trouver un espace libre.

Je te le souhaite, vraiment! Moi je dessine comme une patate. Vraiment. Et pour après... je me suis enrôlé dans l'armée. Après mon diplôme je partirai faire mes classes, et après je ne sais pas où je serai envoyé. J'ai la trouille de partir à l'autre bout du monde mais honnêtement... je savais pas quoi faire d'autre après le lycée... Enfin voilà. A toute à l'heure!

J'espère... j'espère qu'on trouvera un moyen de se voir avant que j'aille faire mes classes, mais surtout, avant que je parte loin... J'essaie de pas penser au pire, de pas me dire que s'il m'arrive quelque chose là-bas et que si on a pas pu se croiser avant, je l'aurais jamais vu en vrai. En entier. Mon Steve. Mon âme soeur, la personne avec qui je serai le plus heureux au monde... un artiste pas très sportif qui vit à New York... Tout mon opposé on dirait. Et pourtant j'ai déjà tellement envie de le connaître. Je me demande même si je le reconnaîtrai quand je le verrai. Mais oui je le verrai. Bien sûr. C'est Steve. Il est fait pour moi. Alors forcément quand je le verrai, je saurai.

Au cours suivant j'examine mes mains et mes avant-bras. Punaise j'ai quasiment plus de place. Je retrousse un peu plus ma manche et griffonne.

Bien sûr. Mon mail c'est capbucky@marvel.com (te fous pas du nom, c'est parce que je suis capitaine de l'équipe de foot). J'ai hâte de pouvoir skyper avec toi et te voir, entendre le son de ta voix! Je sens que je vais pas décoller du PC une fois qu'on se sera ajoutés. Y'a tellement de trucs donc je veux parler avec toi!

Je repose le stylo quand la cloche sonne et j'embarque vite mes affaires. Je suis les copains à la cafétéria, qui me bombardent déjà de questions sur mon âme soeur. Et j'entends certaines filles qui couinent déjà quand je leur montre les roses et quand je leur dis qu'il est artiste. Puis le concert des ''Oh mais c'est trop bien!" ou "Oh mais j'aimerais trop avoir une âme soeur artiste moi aussi!" entre autres. Je mange et je discute avec eux, même si je jette sans arrêt des coups d'oeil à ma peau, pour voir s'il a rien écrit. Et j'angoisse déjà à l'idée qu'il réponde plus...

- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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Ven 22 Avr - 9:53
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Je peine à me concentrer sur le cours d'histoire, lisant un mot sur deux sur les lèvres de ma prof, pensant plutôt à Bucky qui doit déjà m'avoir répondu. Et alors que je devrais me concentrer sur la guerre de session, je ne cesse de penser à ce dont je pourrais discuter avec Bucky, des jeux dont on pourrait parler, des livres ou même simplement de sa vie à Seattle… Mais surtout de ce que ça pourrait être de lui parler Skype… De pouvoir le voir et croiser son regard. Un sourire idiot nait sûrement sur mes lèvres en cet instant, alors que je tente de mettre un visage sur son prénom et son écriture. Bucky… Je parie qu'il est grand, genre, bien plus grand que moi… Et vu que c'est un sportif, je suis sûr qu'il a des épaules si carrés qu'une fois que je serais dans ses bras, je pourrais disparaitre… Et après, je dirais qu'il est brun… Enfin, j'espère qu'il l'est… Rapidement ce que peut dire ma prof n'a plus la moindre importance et je finis par passer l'heure à imaginer ce à quoi Bucky peut bien ressembler. Et quand celui-ci se termine, je suis tout heureux de constater qu'il m'a répondu. Mais le sourire qui était sur mes lèvres s'efface bien vite en le lisant. L'armée. Mon âme-soeur va entrer dans l'armée. Une pointe d'angoisse fait battre mon coeur plus vite, libérant dans mes veines une peur qui se mélange à mon sang, engourdissant presque le bout de mes doigts. Non… Il ne peut pas… Je… C'est dangereux. Il pourrait mourir, nous pourrions ne jamais nous rencontrer ou même nous voir et… Non… Je ne peux pas le perdre. Je n'ai que lui… Je sais que je dois être pathétique à penser ça… Mais c'est mon Bucky. Il est le seul dans cet univers qui pourra m'aimer pour ce que je suis… Et si il lui arrive quelque chose… J'en voudrais au monde entier de m'avoir retiré ma seule chance d'être heureux avec quelqu'un de bien. Ce serait terrible… Je ne veux pas vivre sans lui, pas en sachant que je l'ai perdu sans même avoir pu être dans ses bras ne serait-ce qu'une fois. Soucieux, et paniqué à la simple idée de le perdre quelqu'un que je n'ai encore jamais vu, je déambule dans les couloirs, ne prêtant pas attention aux quelques personnes qui me bousculent par moment. Est-ce que c'est normal d'être inquiet comme ça ? D'avoir déjà peur de perdre quelqu'un que je ne connais que depuis quelques heures ? Est-ce que je suis normal ? Est-ce que je suis fou ? L'esprit ailleurs et les dents dans la pulpe de mes lèvres, je finis par m'installer pour le prochain cours, n'osant plus regarder mon bras. Parce que j'ai déjà peur pour lui au point que j'ai envie de le retenir. De lui dire que c'est dangereux et… Du calme. C'est pas la peine… Il doit en être conscient… J'attrape mon stylo et réponds juste sous sa phrase.

"Je pense qu'on a souvent dû te le dire mais… Tu feras attention ? Je sais que c'est l'armée et tout… Mais si jamais t'es envoyé à l'autre bout du monde… J'aimerais pas te savoir en danger."

On vient de se rencontrer. Tout ne devrait être que sourires et insouciance. Nous devrions simplement parler des films qu'on adore, de nos jeux préférés et de ce que nous pourrions faire tout les deux… Pas de sa possible carrière en temps que soldat… Je devrais apprendre à le connaître et non déjà m'inquiéter pour lui. Je ne remarque pas que le cours commence sans moi, trop occupé à fixer mon bras, craignant déjà de lire autre chose sur sa peau à ce sujet-là… Puis en remontant ma manche, guettant une éventuelle réponse, je remarque alors un autre message de sa part. Je fronce doucement les sourcils avant de sourire en découvrant son adresse mail. Wow… Il est capitaine de l'équipe de football de son lycée… Dingue. Il doit être ce genre de garçon avec les épaules hyper carrés et un sourire à tomber… Oh et il doit aussi avoir un blouson avec son nom dessus… Tout en continuant de rêvasser à ce que nous pourrions faire tout les deux, portant son blouson, je perds mon sourire au fil de ses mots que je parcours du regard. "Entendre le son de ma voix". Non. Je n'y avais pas pensé en lui parlant de Skype… Mais… Je ne pourrais même pas entendre sa voix ou lui parler… Tout ce que je pourrais faire c'est lui sourire et lui faire de grands gestes… Mais rien de plus. Et là, il comprendra que je ne suis pas normal… Peut-être que là, il sera déçu… Sous le coup de l'angoisse, mes lèvres reviennent s'enfoncer dans ma lèvre inférieure tandis que le stylo semble presque trembler entre mes doigts. Il est mon âme-soeur… Normalement, ma surdité et mon mutisme ne devraient pas le gêner… Mais que faire si c'est le cas ? M'excuser ? Maman ne cesse de me dire que je n'ai pas à le faire… Que je ne suis pas une anomalie ou une erreur de la nature… Mais face à lui, si je lisais de la déception dans son regard, je ne pourrais que m'effondrer et pleurer. Parce qu'il est peut-être la seule personne au monde, hormis ma mère, qui devrait me comprendre et ne pas considérer mon handicap comme une déception… La bile du stylo revient se presser sur ma peau et lentement, avec un demi-sourire, je tente de me rassurer en lui répondant.

"Capitaine de l'équipe, carrément ? C'est super cool ! Et merci pour ton adresse, je t'envoie un mail dès que j'ai terminé mon cours ! Je pense aussi que je ne vais pas quitter mon ordinateur… Va falloir qu'on parle de tellement de trucs… Genre si t'es du genre à mettre le lait avant les céréales ou pas… Enfin, tu vois !"

Voilà, c'est de ça dont nous devrions parler… J'ai envie de tout savoir à son propos, de connaître la moindre de ses préférences et me rassurer en me disant que oui, il est fait pour moi. Le cours passe sans moi et quand celui-ci se termine, j'envoie un message un message à ma mère, lui disant que je vais rentrer. Et pendant tout le trajet de bus, j'attends sa réponse qui ne vient pas, finissant par arriver à la maison sans savoir si il est toujours aussi enthousiaste que moi. Ma mère m'attend dans le salon, et je ne peux que lui offrir un immense sourire quand sur ses lèvres je lis :

"Tu as l'air radieux par rapport à ce matin Steve… Qu'est-ce qu'il y a ?"

Mon sac termine par terre et déjà je remonte ma manche, lui dévoilant tout les messages que j'ai échangé avec Bucky durant la journée. Au début elle ne semble pas comprendre, s'apprêtant sûrement à me dire qu'il fallait que j'arrête mais rapidement je la vois sourire à son tour en découvrant l'écriture de Bucky. Pendant de longues secondes nous n'échangeons pas un mot et finalement, ses doigts relâchent mon poignet, lui permettant de me signer avec un sourire.

"C'est ton âme-soeur ? Bucky ? C'est bizarre comme prénom…
- C'est James, M'man… Et oui, c'est lui ! Il a dix-huit ans et il est même capitaine de l'équipe de foot de son lycée ! Il habite à Seattle mais on a l'air d'aimer les même trucs et…"

Doucement elle vient saisir mes mains, me souriant là où moi je fronce les sourcils. Quoi ? Ça ne l'intéresse pas ? Elle ne veut pas que je lui parle de lui ou elle est simplement déçue de savoir que mon âme-soeur est un autre homme. Inquiet je la regarde signer, souriant doucement quand je comprends ce qui ne va pas.

"Doucement mon coeur… Tu signes trop vite, je peine à te lire. Reprends un tout petit plus doucement…"

J'hoche de la tête et plus lentement, après une grande inspiration, je lui parle de Bucky, dont le prénom est James en réalité, mais vu qu'il est mon âme-soeur, j'ai le droit de l'appeler Bucky… Je lui parle aussi du fait qu'il est sportif et qu'il veut entrer dans l'armée après le lycée puis qu'il aime mes dessins aussi… Et ça me réchauffe le coeur de voir qu'elle est vraiment heureuse pour moi, et mieux que ça ne la dérange pas que Bucky ne soit pas une Cassy ou Sandra… Elle s'en fout. Bucky ça lui convient. Je ris doucement, essuyant le coin de mes yeux avant de la prendre dans mes bras, tout heureux. Elle sait, elle sait à quel point ça me pesait depuis quelques temps… Je me recule légèrement et lentement je lui signe à nouveau.

"Je vais dans ma chambre pour travailler, mais avant j'envoie un mail à Bucky !
- D'accord… Je te fais confiance, travaille bien…"

Elle dépose un rapide baiser dans mes cheveux, avant que je ne parte, récupérant mon sac au passage. Je m'installe dans ma chambre, pose mon sac sur mon lit avant d'allumer mon ordinateur. Pendant que celui-ci se met en route je sors mes différents cours de la journée et je commence à les trier. Puis quand celui-ci est enfin allumé, j'ouvre ma boîte mail, et commence un message pour Bucky.

"Salut Bucky !

C'est Steve ! Bon là, je t'envoie un mail depuis ma chambre, j'ai terminé les cours pour aujourd'hui ! Je ne sais pas si toi il te reste beaucoup à faire, mais j'espère que c'est pas trop le cas ! J'en profite pour te donner mon Skype histoire qu'on puisse discuter tout les deux au plus vite ! C'est Wintershield mon pseudo :D Et ouais je suis déjà tellement impatient de parler de tellement de trucs avec toi… C'est dingue. Bref, je m'en vais bosser mes cours et j'espère que le reste de la journée va bien se passer pour toi !

Steve."


Le coeur battant j'envoie mon message avant de longuement soupirer, commençant à travailler sur mes cours, vérifiant toute les deux minutes si je n'ai pas une réponse de sa part.
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Mar 10 Mai - 21:26


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J'ai l'impression d'être tombé à pieds joints dans une de ces séries guimauve qu'adore Becca. Les trucs du genre ''amour toujours, sourire débile et pétales de roses''. Ouais, moi. Moi Bucky le capitaine de l'équipe de foot, qui roule des épaules et devant qui les étudiants des autres années s'écartent sagement quand je traverse les couloirs du lycée. Moi Bucky qui peut encaisser une mêlée et passer des heures à m'entraîner sans ciller sous la pluie et dans la boue, là je suis comme un chamallow fondu en lisant la petite écriture fine de Steve. Mon Steve. Mon âme soeur. Celui qui me rendra heureux. Personne ne sera mieux pour moi que lui. Personne ne pourra m'apporter ce qu'il m'apportera. En quelques heures pourtant je me sens tellement idiot et impatient à l'idée de tout savoir sur lui. Et c'est comme si je comprenais enfin l'expression ''coup de foudre''. Même si c'était écrit qu'on se trouverait. J'ai... j'ai juste envie de le voir, de l'avoir face à moi, de pouvoir le voir, regarder ses yeux, son visage, le toucher, passer ma main dans ses cheveux et sur sa joue. Me rendre compte qu'il est bien réel. Qu'il est mon Steve. Celui que le destin m'a promis, comme on m'a promis à lui. Et dans un sens j'ai la trouille. J'ai la trouille qu'il soit déçu. Qu'il s'imagine pas le Bucky que je suis comme ça, que je sois moins bien que ce qu'il s'imagine. Mais non. Non Buck. C'est écrit, on est poussés l'un vers l'autre parce que c'est la meilleure chose pour chacun de nous deux. On peut pas se décevoir si on est faits l'un pour l'autre...

Je termine mon sandwich et fais un panier avec la boule de papier kraft qui a emballé mon déjeuner. Mais je rate. Les autres se fichent de moi, et me disent que je suis meilleur pour les touchdown en tant que halfback. Ouais. C'est plus simple de taper un sprint avec une vingtaine de mecs harnachés comme des camions plutôt que de faire entrer une baballe dans un rond. Bref. Je baisse encore les yeux et je sens ma gorge se serrer quand je lis sa réponse. Il s'inquiète pour moi. Il s'inquiète pour moi alors qu'on vient seulement de se ''rencontrer'', qu'il sait à peine quelques informations sur moi, et pourtant, pourtant j'ai la gorge nouée en lisant ses mots tout simples mais qui me touchent au coeur. J'ai envie de lui promettre qu'on se retrouvera, mais je ne peux pas. Pas à 100%. Alors je préfère changer de sujet, et lui donner mon adresse mail. On redevient des gamins avec des préoccupations de gamins, et ça dénoue le noeud dans ma gorge. C'est mieux. Je préfère. Je lis sa réponse et j'éclate de rire, provoquant alors l'arrivée d'une nuée de filles qui veulent absolument lire la réponse de mon Steve, et qui couinent en lisant le coup des céréales. Mon Steve. Je l'ai appelé mon Steve. C'est marrant. Bref. Et puis qui dans cette planète verse d'abord le lait et ensuite les céréales.

La pause se termine sans nouvelle réponse. S'il est comme moi, il doit plus avoir de place sur les bras, et il doit peut-être attendre d'être rentré chez lui pour continuer par mail. La vache j'ai tellement hâte. Hâte de pouvoir parler des heures, et écrire des romans sans être limité par la surface de ma peau, et à arriver à écrire correctement par-dessus mes poils. Je change d'affaires pour l'après-midi et file au premier cours. Par chance c'est le prof de physique, et aujourd'hui je vois avec bonheur qu'il a sorti l'objet magique : le vidéo projecteur. Ca veut dire film. Ca veut dire je peux continuer de parler. Yeah. Je remonte les manches de mon pull pour guetter une réponse, et quand je vois Ted qui tente de lire ce qui est marqué, je profite d'une seconde d'inattention du prof pour lui en coller une derrière l'oreille.

C'est privé putain!

Je chuchote rapidement avant de regarder mes bras comme un idiot. Et autant les filles ça me dérange pas qu'elles aient lu, autant les mecs... Je veux pas qu'ils me prennent pour une lopette chuinarde. Je suis le capitaine quoi! C'est pas bon pour moi de me voir roucouler comme une collégienne boutonneuse. Bref. Rien. Putain. A peine il me parle plus qu'il... qu'il me manque, et je tourne en cours comme un lion en cage. J'en veux plus. Je veux lui parler d'un million de trucs! Je veux continuer à papoter avec lui! Je... ok du calme Buck. Il a le droit d'avoir une vie. Du calme. Surtout que maintenant, vous avez toute la vie pour vous parler. Alors respire Buck. Ouais. Ouais... Mais j'ai jamais aimé attendre moi!

Le documentaire est chiant au possible, et mes yeux quittent pas mon bras. Sauf que rien se rajoute. Allez. Allez! Me laisse pas comme ça! J'enrage, jouant avec mon stylo ou n'importe quoi pour faire passer le temps plus vite. Enfin ça sonne et j'embarque mes affaires, saluant à peine les autres avant de sauter dans le bus qui me ramène à la maison. Une fois là je sors mon portable et j'ai un sourire jusqu'aux oreilles quand je vois que j'ai un mail. De lui. Je fonds en le lisant. Il a l'air tellement doux... je vois bien le genre d'artiste un peu bohème avec des cheveux jusqu'aux épaules, une grande écharpe, et les doigts tachés d'encre. Et je pianote furieusement pour lui répondre directement.

Salut! Je viens de finir moi aussi. Je suis dans le bus pour rentrer, merci la 3G! J'ai aussi tellement de trucs à te dire, je saurais même pas par où commencer. Et j'ai aussi du boulot en rentrant. Heureusement ce soir j'ai pas entraînement donc on pourra parler. C'est compliqué de texter alors qu'on doit suivre un ballon des yeux! A vite mon Wintershield! Je t'ajoute dès que je suis rentré!''

J'envoie le mail après l'avoir relu une ou deux fois, et je passe le reste du trajet les yeux rivés sur mon écran. Mais rien. Il doit sûrement attendre que je l'ajoute sur Skype. J'ai envie de hurler au chauffeur d'aller plus vite mais je peux pas. Alors je me ronge les ongles, me tournant et me retournant sur mon siège. Enfin c'est à moi et je me précipite à la maison. Par chance je suis le premier rentré, et je grimpe jusqu'à ma chambre, abandonnant mon sac dans un coin pour allumer mon pc. En attendant je vire mon blouson et mes baskets, guettant que ça démarre enfin et que Skype se lance. Allez. Allez. Oui, enfin. Je pianote son pseudo et je le vois. Y'a qu'un seul Wintershield de New York. J'envoie l'invitation et j'attends. Allez. Allez. Invitation acceptée. Mon coeur bat super vite quand je le vois connecté et je lance l'appel, les doigts tremblants.

- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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Sam 2 Juil - 23:44
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Le nez dans mon cahier de mathématiques, je laisse mon crayon de bois courir sur le papier, traçant sans cesse des arabesques au lieu d'inscrire les formules que je devrais appliquer pour résoudre la première question de mon exercice. En cet instant, toute mon attention ne devrait appartenir qu'à la trigonométrie et à mes cours, mais c'est en réalité Bucky qui la possède. Mon âme-soeur qui j'espère lit mon mail et y répond déjà. Mon Bucky qui semble aussi impatient que moi à l'idée de me trouver et de me prendre dans ses bras… Et si l'angoisse de lui déplaire torture toujours mon être, je ne veux pas y penser en cet instant. Non, tout ce qui compte, c'est l'idée qu'il puisse m'aimer et ne vouloir que mon bonheur. Ce qui me fait sourire, c'est d'imaginer la couleur de ses yeux et la largeur de ses épaules. Ce qui me fait soupirer de plaisir, c'est déjà d'imaginer nos doigts se trouver et s'entrelacer puis nos lèvres s'effleurer et nos langues se trouver pour un premier baiser plein de tendresse… Les joues légèrement roses, je me mords doucement la lèvre, frissonnant doucement alors que je pense à ce que ce serait de me sentir en sécurité et aimé dans ses bras… À ses lèvres qui pourraient se perdre dans mes cheveux ou au creux de mon oreille…. À son souffle qui caresserait ma peau et remplacerait ses mots que je ne pourrais entendre… Mes doigts se referment quelque peu autour de mon crayon et rapidement, je me retrouve à rêvasser, en mâchonnant le bout de  mon crayon, décidant que pour aujourd'hui, mes devoirs pouvaient prendre un peu de retard. Même énormément… Quelle importance cela pourrait avoir après tout ? J'ai trouvé mon âme-soeur… Tout ne peut que bien se passer à partir de là. Je ne peux qu'être heureux. Je ne peux qu'être chanceux et amoureux. Je bats des cils le temps d'une seconde, soupirant longuement tandis que je n'arrive pas à faire disparaitre mon sourire sûrement béat…  Mais comment ne pas l'être ? Comment ne pas être heureux en sachant qu'à l'autre bout du pays, il y a ce garçon qui est aussi au lycée, qui est le capitaine de l'équipe de football, est sûrement là, à relire mon écriture fine en se disant qu'un jour, je serais une partie essentielle de son quotidien, que je serais à ses côtés pour lever les yeux vers lui et l'admirer comme si il était le soleil…. Sûrement s'imagine-t-il déjà que je dois être grand et fort ou au contraire petit et chétif. Peut-être espère-t-il que je sois blond, parce que c'est son genre, peut-être rêve-t-il que je sois le genre d'artiste avec les doigts pleins de peinture… Peut-être pense-t-il déjà la douceur de mes lèvres et à la façon dont j'embrasse… Les yeux clos, je l'imagine déjà et je fantasme sur les baisers que nous aurons, les regards que nous échangerons et surtout la façon dont ses lèvres traceront mon prénom et les mots d'amour qui y seront toujours associés. Je donne un dernier coup de dents dans le bois de mon crayon et enfin, je rouvre les yeux prêt à travailler pour simplement tomber sur son mail. Mon coeur rate un battement et presque fiévreusement, je l'ouvre, dévorant ses mots comme si je pouvais les lire sur ses lèvres. Il est dans le bus. Je pourrais couiner si j'étais capable d'émettre un son. Il pense à moi. Je porte les mains à mon visage, tout heureux. Il n'a pas entraînement alors nous pourrons parler toute la nuit. Je crois que je souris et rougis à nouveau. Il va m'ajouter sur Skype. Mon coeur semble subitement vouloir quitter ma cage thoracique et encore plus impatient qu'avant, c'est désormais la fenêtre de Skype que je fixe, trouvant que les secondes passent bien trop lentement. Je sais qu'il est peut-être encore dans le bus et qu'il doit peut-être discuter un peu avec ses parents ou je ne sais quoi… Mais là, très égoïstement, j'aimerais qu'il ne soit qu'à moi. Qu'il soit mon Bucky, ma moitié. Les minutes filent et finalement, je vois son invitation. Sans hésitation je l'accepte et si je souris, les doigts sur le clavier, prêt à lui dire que je suis heureux de le retrouver ici, mon sang lui se glace dans mes veines au moment même où je vois qu'il tente de m'appeler. Face à l'écran, je cesse de respirer, suspendant mon geste de taper comme si je m'étais brûlé. Non. Je ne peux décrocher. Je ne peux. Je ne pourrais pas l'entendre et surtout, je ne pourrais même pas lui répondre… Et là… Là je devrais lui avouer ce que je suis. Du bout de mes doigts et grâce à mon clavier, je devrais lui apprendre que je suis une pauvre petite chose fragile et blessée. Un pauvre gamin sourd-muet. Paniqué je porte une main à mes lèvres, couvrant ma bouche alors que ma vue se brouille déjà. Je sais que je vais devoir le dire, que je vais devoir lui expliquer que je suis handicapé… Mais j'ai trop peur. Je suis terrorisé à l'idée qu'il puisse me dire qu'il est déçu et qu'il aurait aimé quelqu'un de normal comme âme-soeur. J'ai peur qu'il m'en veuille, qu'il me déteste et que je le perde. J'ai peur de rester solitaire et de n'avoir personne à mes côtés… J'ai peur de ne jamais trouver ma place dans ce monde et de n'être que l'éternel Steve, le gars sympa et mignon qui n'entend rien. J'ai peur de ne jamais être rien de plus qu'un assisté aux yeux des autres… Enfin… J'ai surtout peur que lui me voit ainsi… Lui qui doit m'aimer et m'accepter comme je suis. Il continue d'attendre que je décroche et c'est quand l'appel se coupe de lui-même que j'essuie du revers de ma main le coin de mes yeux. Je dois trouver le courage de lui avouer ce que je suis. Il faut… Mais pas aujourd'hui. Demain plutôt. Je sais que je ferais mieux de le lui dire le plus tôt possible… Mais c'est trop dur. Je ne suis pas assez courageux pour ça… Je ne peux pas. Je ne peux pas le décevoir. Je ne peux pas lui avouer que je suis sourd, qu'en plus d'être incapable de parler, je ne pourrais jamais entendre sa voix. Je vois qu'il commence à écrire et après une grande inspiration, j'ai mon premier mensonge pour lui.

"Désolé, je n'étais pas devant le clavier, je viens de revenir ! J'adorais pouvoir discuter avec toi en live mais je crains que ma connexion internet ne supporte pas… J'habite dans un vieil immeuble à Brooklyn avec ma mère alors tu sais, faut pas trop lui en demander."

C'est ça. Tente de noyer le poisson. Je soupire une fois de plus et tente de me consoler, me disant que j'ai peut-être juste gagné un peu de temps. Mes doigts retrouvent mon clavier et le coeur encore un peu lourd, je tente de retrouver un peu de douceur et de réconfort dans ses mots.

"Mais j'adorais qu'on se distrait entre deux exercices… Genre… En se racontant tout et n'importe quoi… Parce exemple… Je ne sais pas… Parler de hobbys ou de ce genre de choses… Moi par exemple, j'adore dessiner, j'écris un peu mais j'avoue lire pas mal de comics ou de bouquins… En fait, je ne suis pas un grand sportif…. Loin de là. Je suis plutôt du genre à n'avoir que la peau sur les os."

Je lui envoie ça et j'ai honte. Il va me prendre pour un de ses nerds boutonneux qui sont justes bons à passer leurs journées enfermés dans leur chambres, mais tant pis. C'est ce que je suis. Un artiste qui a besoin de la sécurité de sa chambre pour s'épanouir. Quelqu'un pour qui le monde extérieur est trop compliqué à gérer. Quelqu'un pour qui Buck est une lueur d'espoir et la promesse d'être aimé.
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« Fairy tales are more than true: not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten. »

J'ai jamais été aussi nerveux. Parce qu'avant, quoi qu'il se passe, avec les filles avec lesquelles j'étais sorti, je savais que ça durerait pas parce qu'elles étaient pas mon âme soeur. Le droit de se planter parce qu'on sait d'avance que c'est pas la bonne. Alors oui, bien sûr, j'ai jamais eu envie de me prendre des rateaux, et oui je m'en suis déjà pris quelques uns, mais là... là ça peut pas se finir comme ça.Là c'est écrit que ça se passera bien. C'est écrit qu'on est faits pour être entendre et qu'on sera heureux. Alors bien sûr je sais pas encore quand on va se voir en vrai, dans quelle ville on va habiter, ou s'il préfère le vert au bleu mais je sais que ça sera lui et ça me suffit. Lui. Mon Steve. Plus je discute avec lui et plus l'idée que ce soit un mec me dérange de moins en moins. Après tout, ce qui est le plus important c'est qu'on soit heureux et qu'on s'aime, alors peu importe s'il a un pénis ou une paire de seins. Enfin... j'avoue que j'aime bien les seins, leur toucher doux et moelleux, jouer avec... et en y pensant, par rapport au...au cul, il va falloir que je me renseigne. Enfin je suis pas débile, je sais bien comment ça se passe, des potes m'ont déjà montré des vidéos, mais...quand c'est moi qui vais devoir gérer, c'est clairement pas pareil et j'ai envie que ça se passe bien, lui et moi. Bref Buck t'as le temps!

Je pense à tout ça alors que la sonnerie de Skype me vrille les tympans et je soupire en voyant qu'il ne répond pas. Merde. Il veut plus me voir? J'ai dit ou fait quelque chose qui lui ai fait passer l'envie de me rencontrer? Je me mords la lèvre en flippant et me disant que j'ai déjà tout gâché. James t'es vraiment trop con... L'appel échoue et je donne un coup de pied dans ma chaise en me traitant mentalement de tous les noms. C'est là que j'entends la petite notification qu'on m'a parlé, et je soupire en voyant que mon Steve m'a parlé, et que s'il a pas répondu, c'est qu'il était tout simplement pas derrière l'écran. Je soupire de soulagement, me traitant une nouvelle fois de con, mais cette fois d'avoir flippé pour un rien, et j'avoue être déçu quand il me dit qu'on pourra jamais se faire de vocal skype à cause de sa connexion... Merde... j'aurais tellement aimé entendre déjà sa voix, et surtout, le voir lui. Savoir de quelle couleur sont ses yeux, ses cheveux. S'il est petit ou grand. S'il est plutôt du genre baraqué ou plus fin. Et...ouais, savoir surtout s'il est mignon. Parce que ouais, c'est mon âme soeur, d'accord, mais à choisir je préfèrerais qu'il soit agréable à regarder plutôt que moche à faire peur, même s'il va me rendre heureux, peu importe son apparence.

C'est rien je comprends. Ca fait seulement deux ans que mes parents sont passés à la fibre. Avant on avait internet par TELEPHONE. T'imagines le calvaire? Par téléphone. Je devais couper le net quand ma mère attendait un coup de fil ou voulait en passer un. J'aurais aimé te voir mais je comprends. C'est pas grave. Tiens, tu me donnes ton portable? Le mien c'est...

Je le lui passe et pendant ce temps je vois qu'il est en train de me répondre. Puis je ris doucement en commençant à lire la suite, quand il me dit qu'il veut que je lui change les idées pendant qu'il bosse. Et je hoche la tête, même s'il me voit pas, quand il me raconte un peu plus ce qu'il aime et ce qu'il fait. Eh beh, il est vraiment le cliché de l'artiste maigrichon mauvais en sport et le nez dans les bouquins. Brutalement j'ai peur. Enfin un peu. J'ai peur que d'être aussi différents, des opposés même, ça risque pas de nous poser problème? D'avoir si peu en commun? Et puis après je me dis qu'au final il y a bien le proverbe ''Les contraires s'attirent''. Peut-être que c'est ce qui fera que ça marche? Je sais pas. Bien sûr que je sais, c'est mon âme soeur! Et quand je repense à son physique, en lisant ''que la peau sur les os'' je me dis que s'il est pas grand, ça sera peut-être comme de prendre une fille dans ses bras. Fine et fragile, mais aux cheveux courts et sans seins dans mes bras. Ca pourrait être chouette ouais. Vraiment. Un prince princesse. Ouais enfin je me comprends.

Oh t'en fais pas. Moi je suis pas très bouquins. J'aime bien les BD mais à part ça, je préfère jouer sur la console ou regarder des films... et puis avec les entraînements et mes potes, j'ai pas trop le temps de passer mes journées dans les livres. Mais je trouve ça cool que t'aimes! Et pour le physique je... enfin attends ça va aller plus vite.

J'attrape mon portable et fais un selfie bien dégueulasse pour le faire rire, avant de lui envoyer au numéro qu'il m'a donné.

Me voilà! Sinon ouais j'aime aller au cinéma, sortir avec les copains. Souvent le vendredi soir après l'entraînement on reste dans les gradins et on mange tous ensemble. On se fait livrer des hamburgers ou des pizzas et on discute en buvant des bières et en regardant les étoiles. Enfin tous regardent pas les étoiles, la plupart sont plutôt occupés à regarder sous les jupes des pompom girls ou le fond de leur bouteille mais bon. On se comprend! A part ça... bah rien. Je suis sûr que t'es quelqu'un de beaucoup plus intéressant que moi. Je suis pas une tête, c'est pour ça que je suis pas allé à la fac. Ca aurait été perdre mon temps. Et dans ma famille, c'est Becca, ma petite soeur, qui est la plus douée...

Je ramène mon sac et l'ouvre, sortant mon agenda et mes cahiers.

Sinon je vais faire comme toi, et tenter de bosser pendant qu'on parle. J'ai du boulot pour demain et ma mère pètera un plomb si j'ai rien fait quand elle rentrera. On commence par la bio... Tu fais quoi en bio toi?

Je souris et parcours les exos, relevant le nez quand j'entends la petite alerte.

- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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Mer 14 Sep - 17:09
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Mon excuse passe et heureusement, Buck n'insiste pas, m'expliquant même que lui aussi à un époque avait une connexion apocalyptique qui empêchait sa mère et lui de téléphoner et lancer l'ordinateur en même temps. Un sourire aux lèvres je me détends et me rassure, me disant que pour l'instant, tout est sous contrôle. Un jour je devrais lui avouer que je suis sourd mais pour aujourd'hui, ce n'est pas grave, pour aujourd'hui je peux continuer d'être son âme soeur qu'il vient à peine de rencontrer… Mon handicap peut attendre contrairement à ce besoin que j'ai de parler avec lui et de me rassurer. Mon stylo dans les doigts, je lis les messages qu'il m'envoie sur Skype et en apprends un peu plus sur lui, ne pouvant m'empêcher de me mordre la lèvre d'envie en l'imaginant de plus en plus comme le beau sportif que je peux voir dans à peu-près toutes les séries que je regarde ou livres que je lis… Le genre avec des épaules carrées, une mèche sauvage et un sourire éclatant. Je l'imagine même avec une moto et déjà je rougis, en proie aux vapeurs que seuls les adolescents peuvent avoir. Presque délicatement je resserre les cuisses et me dandine sur ma chaise, fantasmant déjà sur ces moments où je serais dans ses bras, à être enlacé et embrassé. Ces moments où je me sentirais aimé et désirable. Rapidement j'entre son numéro dans mon téléphone, et ne lui réponds que lorsque j'ai relevé le nez.

"Je t'enverrais un message pour que tu aies le mien ! Et j'aime bien les BD's aussi, tu lis quoi en ce moment ? Parce que… On pourrait peut-être s'échanger des conseils de lectures… Comme ça quand t'aurais terminé tes entraînements… Tu pourrais peut-être mettre le nez dedans et ensuite on pourrait en parler pendant des heures !"

J'envoie mon message et sens ensuite mon téléphone vibrer sur ma cuisse, signe que j'ai reçu un message. Mes doigts quittent le clavier et curieux, j'ouvre la photo qu'il m'a joint et souris légèrement en voyant la pose ridicule qu'il a pris avant de réaliser qu'il est terriblement beau. Les yeux rivés sur mon écran, je porte une main à mes lèvres, laissant jonc leur s'affoler tandis que dans mon esprit, c'est une tempête d'émotions qui se déclenche. Au milieu des réflexions sur le fait qu'il a l'air vraiment sympa comme garçon, se cache mon angoisse de ne pas être assez bien pour lui. Dissimulé sous le plaisir de constater qu'il est aussi charmant à lire qu'à regarder se trouve la crainte qu'il soit déçu du petit maigrichon sourd-muet que je suis. Je reçois plusieurs messages que je ne lis pas et auxquels je ne réponds pas tandis que je cherche la bonne chose à faire. Je ne peux pas me cacher plus longtemps et lui mentir sur ce que je suis… Un jour il va voir et il m'en voudra si j'ai passé mon temps à prétendre être quelqu'un que je ne suis pas… Âme soeur ou non, il ne pourra jamais m'aimer si je ne suis pas franc… Alors peut-être qu'il est compliqué pour moi de lui avouer mon handicap aujourd'hui, je pense qu'il est en droit de voir à quoi je ressemble. Après une grande inspiration pour me donner du courage, je me prends à mon tour en photo, prenant une pose plus classique, avec en prime un merveilleux sourire, que je lui envoie ensuite, accompagné d'un petit message. "Pour que tu ne sois pas le seul à être obligé de prendre des selfies dans ta chambre alors que tu devrais bosser ta bio. -Steve." Nerveux, je repose mon portable sur ma cuisse, histoire de sentir si il me répond, relevant enfin les yeux vers l'écran pour lire les messages qu'il m'a laissé sur Skype. Avec un léger sourire aux lèvres je continue de le découvrir au fil des phrases qu'il a tapé. Il a l'air vraiment chouette comme garçon… En plus d'avoir des tas d'amis, il semble être le genre à vivre en Californie et à vivre cette adolescence dont tout le monde rêve. Celle qu'on vit à toute allure avec en fond Hotel California. J'aimerais ne pas avoir un pincement au coeur en me disant que je devrais être heureux de ma vie à New-York mais… C'est un endroit merveilleux pour ceux qui peuvent profiter de la ville… Pour moi, c'est plus compliqué. C'est une jungle permanente dont je dois me méfier sans cesse. Je repose mes mains sur le clavier et rapidement, je lui réponds.

"Arrête ! C'est toi qui me fait rêver avec tes histoires d'aller faire la fête et tout ! En plus t'es Capitaine de l'équipe de foot de ton lycée, moi je suis genre… Le roi des crétins. Je passe mon temps le nez dans mes carnets de dessin ou dans mes livres donc tu sais… Je te trouve vachement plus intéressant à aller souvent au cinéma avec tes amis."

De justesse je me retiens de dire que j'y vais rarement avant de reprendre.

"Et puis je suis sûr que t'es parfaitement capable d'aller à la fac… Tu sais moi je n'y vais que pour les études artistiques et il faut pas non plus être un génie pour y entrer… Enfin, concentrons-nous sur la bio ouais ! En ce moment je travaille sur le principe de sélection naturelle en se basant sur l'exemple des papillons. On travaille sur les facteurs génétiques et sur les chromosomes… Genre comment une caractéristique mutante va permettre à l'espèce d'évoluer et comment elle se propage au sein de la population."

Je me penche d'ailleurs rapidement le temps de regarder l'exercice que je vais devoir faire avant de recommencer à taper.

"Mais bon, c'est vachement moi intéressant que de parler avec toi… D'ailleurs…"


Je rougis, pas encore certain d'avoir envie de lui envoyer ça, de peur de passer pour un idiot. Mais tant pis.

"Si tu penses que t'es pas une tête, t'as pas le droit de me dire que t'es pas beau… Là je penserais que tu te fous de moi… Parce que je suis sûr que t'es le genre que toute les filles aimeraient avoir en âme soeur…"


Voilà, et c'est là que je meurs de honte, me disant qu'il va me traiter de débile ou penser que je vais trop vite. Seulement au moment où je me dis que je ne devrais pas lui dire un tel truc alors qu'on vient de commencer à discuter, le message est déjà envoyé et à sûrement déjà dû être lu… Soucieux d'avoir tout foutu en l'air, je me penche alors sur mon exercice et commence à plancher dessus, jetant de temps à autre un regard ou deux à l'écran.
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Dim 25 Sep - 9:48


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« Fairy tales are more than true: not because they tell us that dragons exist, but because they tell us that dragons can be beaten. »

JJe le découvre et en même temps c'est tellement normal de lui parler. Y'a pas de côté mal à l'aise, le genre de moments pas agréables où on se sent con à pas trop savoir quoi dire, à tourner ses phrases dans sa tête avant d'oser les dire ou les écrire de peur de passer pour un débile. Non...là c'est l'inverse, j'ai envie de lui dire un million de trucs, de parler de tout et de rien, et le seul souci c'est d'arriver à mettre un peu d'ordre et pas me précipiter. Ca et la peur de passer pour un crétin. Je sais que je suis pas le type le plus intelligent de la promo, et j'ai raté de peu la bourse sportive pour la fac alors... C'est un artiste, il a du talent... et j'ai peur qu'il me trouve trop...bas du front. Enfin, je lui envoie déjà ma photo, en faisant un duckface bien dégueulasse pour rire, et j'attends sa réponse. Et si je lui plais pas? Et s'il aime pas? En attendant qu'il voie ma photo débile je lis sa réponse et souris en voyant qu'il veut déjà qu'on parle de bouquins et de BD et qu'on discute de ça pendant des heures. La vache c'est trop mignon et en même temps, je flippe de rien avoir à dire. D'être plat et stupide. Enfin...ouais, une partie de moi m'imagine assez bien avec lui, à discuter sur le balcon ou sur un canapé, de ce qu'on aurait lu. Faudrait que je me bouge un peu plus plus lire, et je suis sûr que M.Garrett mon prof de littérature va pas s'en plaindre...

Pourquoi pas ouais! Mais je te préviens je lis pas non plus énormément donc... j'espère que tu seras pas déçu si j'ai pas un million de bouquins dont je pourrais parler... mais tu pourras m'expliquer des trucs sur l'art aussi, j'aime bien! Même si je comprends pas tout...

Une dizaine de secondes passent, qui me donnent l'impression que ce sont des heures et je tente timidement de renvoyer quelque chose.

Tu as reçu mon MMS? Parfois ça s'envoie pas alors je préfère demander.

C'est faux, ça passe toujours, mais son silence m'inquiète. J'ai peur qu'il ait été déçu... Heureusement mon portable vibre et je me jette dessus, manquant de le faire tomber de mes mains tellement je suis content. Et j'ouvre son texto. Mon coeur s'arrête une seconde quand je vois sa petite bouille d'amour. Un blondinet aux yeux bleus, au visage fin et au si joli sourire... wow. Il est vraiment adorable. Je soupire de soulagement, et continue à regarder sa photo encore et encore, pour être bien sûr d'avoir tout vu. De rien rater. Ses petites oreilles, ses mèches en bataille... tout ça le rend adorable, et j'ai juste envie de le prendre dans mes bras et caresser sa joue... la vache...il faut croire que j'ai été gâté pour la loterie des âmes soeurs! Il est doué, il est mignon, il est intéressant... c'est presque trop parfait!

J'abandonne le portable, pour rester seulement sur skype et je vois qu'il m'a répondu.

Je suis sûr que t'es pas le roi des crétins! Et puis le genre artiste timide, c'est très bien aussi! De nous deux c'est moi le moins futé tu sais alors... Et je suis sûr que tu dois aussi faire des trucs avec tes potes alors t'en fais donc pas pour ça! ;-)

On bifurque ensuite sur ce qu'on bosse en bio et je hoche la tête avant de pianoter sur le clavier.

Ouais on l'a vu y'a quelques semaines, mais pas avec des papillons. C'était une autre espèce mais je me souviens plus. Ptet des souris. Enfin le principe était le même... je me rappelle surtout du prof qui a fait le lien avec les XMen ce que j'avais trouvé bien cool! De mon côté on est passés à un chapitre de géologie... les cailloux c'est moins palpitant mais bon...

Il me répond et je souris comme un idiot quand il me dit que parler avec moi est plus intéressant que de se mettre à son boulot. La vache... rien qu'à entendre ce genre de trucs je suis tout content, un vrai débile. Et je ris franchement quand il me dit que je suis beau, avant de hausser les épaules.

J'avoue que je me plains pas, mes parents m'ont pas trop foiré c'est sûr, mais le physique ça fait pas tout. Et puis...maintenant que je t'ai trouvé, que je sais que t'existes... je m'en fous un peu des autres filles. J'ai juste hâte de te voir toi... en espérant que tu sois pas déçu en me voyant en vrai...enfin dès que j'aurais ouvert la bouche...

Un peu nerveux je sors mes affaires et commence à bosser, jetant de petits coups d'oeil à la fenêtre de discussion pour voir s'il me répond. A chaque fois que je vois le petit ''Steve est en train de répondre'' j'ai le coeur qui bat plus vite, et au fur et à mesure du boulot que je fais tant bien que mal, et même si c'est foutrement dur de rester concentré alors qu'il est là, enfin, à me parler, et qu'on se découvre. Enfin, maintenant on aura tout le temps du monde... et bientôt on se verra en vrai. Je sais pas encore quand ni comment mais on se verra. Je pourrais entendre le son de sa voix, le prendre dans mes bras et lui tenir la main... et ça sera bien...

Et sinon si tu me racontais ce que c'est de vivre à New York? Ca doit être génial de vivre dans une aussi grande ville où il se passe autant de trucs! J'adorerais tellement la visiter et...tu pourrais me servir de guide en plus! J'imagine que tu dois connaître un million d'endroits trop cool,des cafés, des boutiques et autres... tu me montrerais tout ça?
- Adrenalean 2016 pour Bazzart

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Lun 31 Oct - 22:06
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Je ne pensais pas que j'aurais si peur en trouvant mon âme soeur. Honnêtement, je pensais que tout serait plus simple, que tout mes soucis s'envoleraient et qu'en un claquement de doigts, je serais capable de tout oublier et de ne plus jamais m'inquiéter. Je pensais qu'en trouvant cette personne qui ne pourrait jamais me faire de mal, cette personne qui pourrait accepter mon handicap et me dire que même si je ne serais jamais capable d'entendre sa voix ou même de lui dire que je l'aime… Je serais tout de même parfait à ses yeux, à signer de mes doigts frêles les mots que j'aimerais entendre traverser mes lèvres. Bucky… Bucky il devrait être tout ça… Cette âme-soeur qui caresserait ma joue avec tendresse, qui n'aurait pour moi que des sourires et des baisers … Ce Bucky que j'ai terriblement peur de décevoir. Ça devrait être simple. Je ne devrais pas angoisser autant et pourtant, j'ai si peur… Nous ne discutons pas depuis longtemps et certes nous n'avons échangé qu'une photo mais… J'ai déjà peur de le décevoir. Un léger frisson secoue mes épaule tandis que les yeux baissés sur mes devoirs de biologie, je n'arrive pas à me concentrer sur autre chose que mes angoisses et de cette photo qui est toujours affichée sur l'écran de mon téléphone portable. Nerveusement, je mordille le bout de mon crayon tandis que presque délicatement, je bats des cils pour ensuite regarder l'écran, découvrant alors un nouveau de message de Buck qui arrive à m'arracher un léger sourire. Il dit qu'il s'en fout des filles maintenant que je suis là… Et qu'il est juste impatient de me rencontrer. Je me mords doucement la lèvre, presque gêné de me sentir rougir et sourire de la sorte devant mon écran. Alors… C'est ça. C'est ça que de rencontrer son âme soeur et d'échanger avec elle pour la première fois. C'est d'avoir des papillons dans le ventre et à la place du coeur. Timidement, je viens poser mes doigts sur les touches de mon clavier et avec une certaine angoisse, je reste là, à tenter de lui répondre. Je déglutis difficilement et finalement, après des secondes d'hésitation, je commence à taper.

"J'ai surtout peur que ce soit toi qui sois déçu en me voyant…"

Si il savait… Que dirait-il ? M'en voudrait-il ? Peut-être… Déjà que je ne suis pas grand, pas fort et loin d'être aussi beau ou populaire que lui… Il pourrait ne pas apprécier d'avoir comme seul et unique amour un handicapé. Mes doigts commencent à trembler au-dessus de mon clavier et la gorge nouée, je recommence à écrire.

"Je suis aussi super impatient de te voir, t'imagines pas à quel point… Ça faisait des mois que je rêvais de voir un mot ou même un signe apparaître sur ma peau… Je t'attends depuis si longtemps ! Mais j'ai tellement peur de te décevoir… Je sais que c'est stupide en plus… Mais bon, t'es tellement… Parfait quoi."

Faut que j'arrête d'écrire. Je vais passer pour un gros désespéré. Si je continue comme ça, il va penser que je suis un espèce d'asocial qui quitte jamais ses livres et sa chambre. Pire il va se dire que si il est avec moi, il va s'ennuyer et il va regretter et… Ok, faut que je me calme, je suis en train de paniquer. Tout en retirant mes doigts du clavier, je prends une grande inspiration. Buck est le seul dans cet univers tout entier qui pourrait comprendre et m'accepter. Qui pourrait me regarder et me dire que je suis beau et parfait malgré mes défauts. Bucky… C'est mon âme soeur. Le seul qui puisse m'aimer et me rendre heureux. Je dois lui faire confiance et surtout y croire. Car si moi je ressens déjà tant de choses pour lui, ça doit être pareil de son côté. Alors… Y'a pas de raisons. Je fais doucement rouler mes épaules, je m'étire un peu et enfin, je m'y remets.

"Enfin, j'suis sûr que quand on se verra… Ce sera tellement bien qu'on oubliera toutes nos angoisses."

J'ai envie de croire que oui. J'ai envie de penser qu'en un regard, on saura qu'on ne pourra jamais décevoir l'autre. Que nous n'aurons qu'à entrelacer nos doigts pour que tout s'arrange. Je soupire un peu avant de reprendre mon exercice de bio, me forçant à répondre à au moins une question avant de regarder à nouveau l'écran pour vérifier que Bucky m'a répondu. Et en voyant que c'est le cas, j'abandonne à nouveau mes exercices, rêvant plutôt à ce que pourrait être notre première visite de New-York tout les deux.

"Oh ben… C'est loin d'être comme quand les films. Je veux dire, c'est une super ville et y'a genre, toujours tellement de trucs à faire ! Je te jure ! Ya des expositions tout le temps, des spectacles et peu importe l'heure à laquelle tu sors, y'a toujours un truc à faire, même en plein milieu de la ville ! Je te jure. C'est dingue. Y'a des restaurants qui ne ferment jamais, des bars qui ne sont ouverts que la nuit et tout… Je te raconte pas ! C'est comme si personne ne dormait ici."

Je m'emballe un peu en lui écrivant tout ça, me disant que Buck adorait sûrement visiter le stade de baseball, puis la statue de la Liberté, ou encore le MOMA… Si il venait, on pourrait être deux, à marcher main dans la main dans les rues de New-York, lui à s'émerveiller de cette ville dans laquelle je suis né et moi à contempler sa simple présence. Lui que je regarderais comme si il était une des sept merveilles du monde, un être que je n'oserais toucher par peur de le perdre.

"Y'a des tonnes de trucs à voir et honnêtement, faudrait une vie pour être capable de tout découvrir… Mais c'est ce qui est excitant ici… Et puis y'a tellement de gens différents et de choses à voir ou à faire… Ça file le tournis parfois ! Mais en même temps… C'est dur de se sentir vraiment seul…."

Sauf si l'on est sourd. Là, le monde devient une foule dans laquelle on n'a pas sa place. Comme un immense océan qui ne demande qu'à nous recracher sur la plage. Mais ça… Il ne faut pas qu'il le sache. Je n'ai pas encore le courage de lui avouer tout ça, je préfère être… Steve, son âme soeur qui à part être un poil maigrichon et pas franchement très grand, est tout ce qu'il y a de plus normal. J'ai pas encore le courage de briser ses illusions et lui avouer que je suis un estropié.

"Enfin, si tu venais, on ferait que des trucs cool ! Je te montrerais le magasin de comics où je traîne tout le temps ! Il est genre immense. Imagine un magasin sur trois étages, avec tout les comics de tes rêves, plus des maquettes, des figurines et autres… C'est le paradis. On pourrait aussi aller au diner qui est dans mon quartier, il est cool, ils font des milk-shakes aux oreos et même au nutella. Et puis après… On pourrait juste se balader, visiter les trucs à voir à New-York genre… La statue de la Liberté, Time Square et le MOMA… Mais bon, on prévoira ça le jour où tu auras envie de venir ! Et toi, c'est comment Seattle ? Y'a des trucs à faire aussi là-bas ?"
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» With a taste of your lips I'm on a ride You're toxic I'm slipping under With a taste of a poison paradise I'm addicted to you - Ysaline

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