Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Whispers in the air tell the tales of the brothers gone

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Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Lun 1 Fév - 0:58
A heart of broken glass
Ma langue passe sur mes lèvres et malgré moi je goûte le sang qui s'y trouve, plissant le nez face à ce goût métallique et alors que je tente de croiser le regard vide de ma dernière victime, je sens mon coeur se remettre à battre. C'est en tuant que je deviens vivant. C'est en ayant les mains couvertes de sang que je me réchauffe et reviens à la vie. Je reprends conscience de ce que je suis, et de mon corps. J'entends désormais les battements de mon coeur, qui dans un rythme mécanique et imperturbable continue d'irriguer mon corps, déversant dans mes veines l'épais liquide vermillon qu'est mon sang. Je sens le rythme lent de ma respiration qui se calme au fil des secondes qui passent et de me mon myocarde qui bat dans ma poitrine. Le bourdonnement dans mes oreilles se tait enfin, me laissant avec cet étrange silence qui flotte désormais dans la pièce. Plus personne n'ose bouger, ni parler… Il n'y a que moi… Et lui. Mon ancien supérieur, dont le regard désormais vide n'exprime plus que la terreur qui l'habitait alors que mes phalanges métalliques s'enfonçaient durement dans les os de son visage que je fracassais à chaque coups. Je me recule quelque peu, considérant du regard l'homme dont je n'ai jamais retenu le prénom, et qui chaque soirs me muselait comme un animal pour la nuit avant de s'occuper de me préparer le lendemain… Lentement et presque difficilement je me relève, chancelant quelque peu sur mes pieds. Mon regard balaye la pièce dans laquelle je me trouve et porte mes mains encore couvertes de sang à ma nuque, cherchant l'attache de mon masque. Les gardes me tiennent en joue, presque fébriles, attendant des ordres qui ne viendront jamais. Mes doigts poissent glissent sur la fermeture et un léger grondement d'exaspération m'échappe. Je veux le retirer. Je ne veux plus le sentir sur mon visage, je ne veux plus être ça… Je ne veux plus être une machine, ou une arme. Je veux savoir à quoi je ressemble, je ne veux plus être le "Soldat". Je tire sur mes cheveux, gémissant face à la douleur avant de venir griffer le masque que je tente de retirer désespérément. Des pas se font entendre derrière-moi et enfin, quelqu'un vient m'aider.

"Doucement, doucement… Laisse-moi t'aider…"

Je me raidis en reconnaissant sa voix. Lui. Lui qui s'est amusé à m'humilier. À me laver à l'eau froide, à me traîner par les cheveux quand j'étais entravé… Lui qui s'occupait des punitions avec mon supérieur et il y prenait du plaisir. Je prends une grande inspiration, sentant ses doigts dans mes cheveux puis sur l'attache du masque. Pourquoi fait-il ça ? Pourquoi m'aider subitement ? Les plaques de mon bras se resserrent, bougeant dans un sifflement discret alors qu'il retire enfin mon masque. Je porte les mains à mon visage et du bout des doigts, je découvre mes lèvres gercées et fendues, ma peau  dissimulée sous une barbe naissante, l'arrête de mon nez… J'ouvre grand la bouche, gémissant doucement tant c'est douloureux. Puis doucement, je me tourne vers lui, croisant son regard à l'expression étrange. Il veut m'annoncer quelque chose. Ça se sent à sa manière de passer sa langue sur ses lèvres, de mâcher ses mots en silence et de fuir mon regard alors qu'il a sa main sur la crosse de son arme. Il va vouloir me maitriser. Ou me remettre dans le caisson. Ou me tuer.

"Le Leader Suprême a été capturé. HYDRA se retrouve sans leader et le SHIELD est en route pour nous détruire… Il va falloir qu'on soit discret pendant quelques temps… Va falloir donc qu'on te cache quelque part…"

Il pense pouvoir me donner des ordres. Il pense qu'il est en charge, qu'il est le maître de la situation. Il pense qu'il va pouvoir me confiner dans mon caisson et me stocker dans une des planques en Russie le temps que quelques années passent et que le monde pense qu'HYDRA n'est plus qu'un tas de cendre. Mais non. Je refuse d'être à nouveau un objet. Je refuse de redevenir moins qu'un être humain. Je ne suis pas une arme qu'on range après utilisation. Je ne suis plus ça, je suis plus. Et quitte à grimper… Je serais plus qu'un prédateur. Je serais le roi.

"Parce que… Personne n'aimerait que tu te fasses capturer… Tu es si précieux, HYDRA n'est rien sans toi."

Il vient poser sa main sur mon épaule, tentant de bien se faire voir de ma personne, sauf que son geste me fait me raidir un peu plus.

"Oui… HYDRA n'est rien sans moi."

Je murmure cela doucement à sa plus grande surprise alors que je m'approche de lui, tirant de ma ceinture une longue lame. HYDRA a besoin de moi. Je suis celui sur qui elle repose. Je suis son meilleur agent. Je suis son bras armé. Et bientôt, j'en serais le roi. Car si quelqu'un doit se débarrasser d'eux, c'est moi. Moi et moi seul. Pas le  SHIELD ou leur précieux Captain America. Je dois être celui qui met fin à tout ceci… Je lève les yeux vers lui, esquissant un sourire qui élargit les plaies sur mes lèvres, faisant sûrement perler une goutte de sang sombre de plus sur celles-ci.

"Mais HYDRA n'a pas besoin de toi."

D'un geste sec je viens planter la lame entre ses côtes, la laissant s'enfoncer dans sa chair puis dans son coeur. Je contemple la surprise et la peur qui règnent désormais dans ses pupilles avant de le laisser s'écrouler à mes pieds. Je fais un pas en arrière avant de me tourner vers les gardes et autres agents qui sont encore là.

"Brûlez-tout. Et prévenez les autres planques de faire de même. Ordre du nouveau Leader Suprême."

*

Ma peau est doucement réchauffée par les rayons du soleil de cette fin d'après-midi alors qu'installé face à lui, je tente de percevoir sa frimousse derrière son immense carnet. J'entends son fusain gratter le papier épais alors qu'il me réprimande, me disant de ne pas bouger. Un sourire se glisse sur mes lèvres et je ferme les yeux. "C'pas ma faute Stevie… J'ai envie de voir à quoi ça ressemble, sans compter que j'adore te voir sortir la langue quand tu me dessines." J'ai presque un rire alors qu'il s'immobilise, me jetant un regard par-dessus son carnet. Je sais que ça le travaille de me voir ainsi, abandonné sur le canapé à moitié nu. Je cambre peut-être le dos pour lui, riant de le voir rougir un peu plus, râlant sans cesse, prétendant que je vais foirer son dessin. "Mais je m'ennuie, ça fait presque une heure que je pose pour toi… Faisons une pause et laisse-moi regarder…." Un soupir traverse ses lèvres délicates avant qu'il ne me cède, s'avançant vers moi. Mes doigts se referment sur son carnet et une fois de plus, je peux contempler à quel point il me rend beau en quelques coups de crayons. Le carnet termine sur la table basse et rapidement, ses doigts pleins de fusains viennent laisser de longues marques dans mon dos alors que du bout de mes lèvres, je lui arrache de longs gémissements. Et sous le regard des rayons du soleil qui illuminent encore partiellement le salon, je me retrouve allongé sur le canapé, mes mains posées sur ses fines hanches qui ondulent contre les miennes. De légers gémissements glissent d'entre ses lèvres entrouvertes et alors qu'il murmure mon prénom d'une façon délicieuse, je m'autorise le droit de fermer les yeux, m'abandonnant pleinement à lui. Sauf que tout s'arrête brusquement. Ses hanches cessent de rouler contre les miennes et ses mains viennent se poser sur ma gorge qu'il commence à serrer avec force. Je rouvre les yeux et tente de me débattre, hurlant, griffant ses avant-bras alors que lui m'observe avec un sourire malsain. Je tente de faire taire le feu qui consume déjà mes poumons, laissant mes halètements douloureux se mêler à son rire. "Tu m'as laissé Buck… Tu m'as laissé… Tout est de ta faute… Tout ça… Tout est de ta faute… Parce que tu m'as laissé…" Non. Tu m'as lâché… Tu m'as laissé tomber. Tu n'as pas sauté avec moi… J'hoquète, alors qu'il plonge sa main dans ma poitrine, venant broyer mon coeur entre ses doigts encore noircit par le fusain. "Tu m'as laissé Buck… C'est toi qui est parti…" Je pousse un hurlement et finis par me réveiller.

Le souffle court et le coeur en vrac, je ne peux que contempler mes draps déchirés entre mes doigts alors qu'une sueur glacée glisse le long de mon échine. J'écoute les battements de mon coeur alors que je peux presque sentir ses doigts effleurer ma nuque. "C'est de ta faute…", semble murmurer le silence.

"Non. C'est toi qui n'as pas été capable de me retenir…"

Je passe mes deux mains dans mes cheveux, repoussant les restes de mes draps pour aller me glisser sous une douche chaude. Je sens les plaques de mon bras se resserrer pour protéger le mécanisme complexe de celui-ci alors que l'eau glisse sur mon corps, disparaissant dans le siphon. Deux ans. Ça fait deux ans que c'est ainsi. Que je me souviens de la personne que j'étais et de… Steve. Toutes les nuits je rêve de ma vie d'avant, de cette existence que je passais avec lui dans notre appartement, puis de celle où je combattais à ses côtés… Avant la chute, avant HYDRA. Ma peau rougit face à l'eau chaude alors que je tente de repousser tout ses souvenirs d'une vie que je tente d'oublier. Ça n'a plus d'importance, plus aucune. J'ai chuté, il m'a laissé glisser, HYDRA m'a brisé et aujourd'hui je suis à la tête de celle-ci. Aujourd'hui je suis le Leader Suprême que ce cher Captain America cherche tant à faire tomber. Si il savait… Si Steve savait que je suis celui qu'il traque avec tant d'assiduité… Que dirait-il ? Tenterait-il de me sauver ? Sûrement. Il essayerait de me faire joindre sa cause, me disant qu'à ses côtés, j'aurais le droit à l'absolution et une seconde chance, qu'à ses côtés, je pourrais redevenir son Buck et lutter contre le mal… Il tenterait de me dire qu'HYDRA ne veut pas le bien de l'humanité mais que le SHIELD est là pour me sauver, pour m'accorder le pardon… Steve irait peut-être jusqu'à me dire que ce n'est pas de ma faute… Et qu'il peut m'aider. La vérité c'est que Steve est désespérant. À toujours vouloir sauver tout le monde, à penser qu'il est du bon côté et que parce qu'il est intègre et sincère, il est capable de pourfendre le mal. Alors oui… Le jour venu… Il voudra me rallier à sa cause pour me sauver… Sans comprendre que je n'ai pas prévu de quitter HYDRA pour le SHIELD. Je sens l'eau tiédir et après un dernier soupir, je coupe l'eau, quittant la douche pour me sécher et passer ma tenue. Je pourrais tenter de retourner voler quelques heures de sommeil mais j'ai bien trop peur de fermer les yeux et de replonger dans un de ses souvenirs avec lui. À la place, je descends jusqu'à la salle d'entrainement et vide mon esprit en frappant dans des sacs de sable, n'étant dérangé qu'une bonne heure plus tard par l'un de mes agents.

"Leader Suprême… Pardonnez-moi de vous déranger pendant votre séance d'entrainement quotidienne mais nos agents sont revenus de mission."

Je donne un dernier coup dans le sac, poussant un long soupir alors que je lui tourne toujours le dos. Je défais le bandage autour de ma main droite avant de lui demander d'une voix étrangement calme.

"Laissez-moi deviner… Rien ne s'est passé comme prévu ?
- Je… Je crains que non, Leader Suprême."

Étonnant, vraiment.

"Les Avengers ?
- Je le crains hélas…"

Un léger sourire se dessine sur mes lèvres. Eh bien, ils sont réactifs en ce moment. Tant mieux. Plus ils seront consumés par la rage de vaincre et l'envie de me faire chuter… Plus ils seront tentés de se précipiter et ainsi, de tomber dans les pièges que je leur réserve. Le bandage tombe à mes pieds alors que je me retourne vers lui.

"Rapport."

Je passe devant lui et alors qu'il me suit comme il le peut, il m'apprend rapidement que nos agents ont été capturés et que le SHIELD a récupéré la base.  Nous remontons les couloirs et alors que nous arrivons dans ce qui est mon bureau, je fais mander le reste des mes responsables, et une fois tous là, je me contente d'un long soupir avant de prendre la parole.

"Je vais être franc, depuis six mois j'en viens à me demander si vous essayez vraiment de faire quelque chose ou si vous tentez de me faire part de votre parfaite incapacité à être utile à quoi que ce soit."

Silence général.

"Et honnêtement, je devrais me débarrasser de chacun d'entre vous et vous remplacer par des agents bien plus capables que vous. Seulement votre stupidité et votre inutilité va peut-être nous mener quelque part. Avec ce qu'ils vont trouver dans la base… Nous allons les diviser. Ils vont désormais avoir nos prochains plans d'attaque et nous n'allons certainement pas les annuler. Au contraire. Nous allons frapper aux mêmes endroits et à la même heure. Ainsi, ils seront obligés de se séparer. Et c'est là qu'on s'occupera de capturer Captain America."

Je me lève sous leur regard abasourdis, et j'hausse un sourcil en voyant qu'aucun n'acquiesce ou ne me serve un "oui ô grand Leader Suprême."

"On maintient tout. Et je veux Rogers en vie. Suis-je clair ?
- Euh… Oui Leader Suprême."

Ils me saluent tous et quitte mon bureau alors que je contemple ma main gauche, observant les doigts métalliques se mouvoir doucement, dans un sifflement que j'ai appris à  supporter. Nous allons nous retrouver mon amour… Après plus de quatre-vingt dix ans loin l'un de l'autre… Nous allons nous retrouver.

*

"Leader Suprême… Le prisonnier vous attend dans le bloc. Il est prêt pour l'intervention."

Un sourire se glisse sur mes lèvres alors que je sens jonc leur s'emballer à la simple idée de savoir ici, avec moi. Mon Steve. Prisonnier d'HYDRA. Mon prisonnier. Lui doit penser qu'il ne va pas tarder à rencontrer le monstre qui tire les ficelles dans l'ombre depuis bientôt deux ans, sans se douter que c'est moi qu'il chassait depuis des années. À quoi penses-tu que je ressemble Steve ? Comment m'imagines-tu ? Oh je parie que pour toi, je dois ressembler à Pierce, tu dois me voir comme un vieux requin…. Mon sourire s'élargit alors que je termine d'ajuster ma tenue, enfilant un gant pour couvrir ma main gauche. Après tant d'années, je vais finalement le retrouver… Je me demande si il sera heureux ou surpris de me voir. Peut-être les deux. Peut-être me dira-t-il qu'il est heureux de me voir, peut-être me demandera-t-il pourquoi je suis là…

"Bien, j'arrive. Resserrez ses liens et augmentez les doses de tranquillisants. Je ne veux pas qu'il ait la moindre chance de s'échapper.
- Bien Leader Suprême."

L'homme s'efface et me laisse seul alors que je contemple une dernière fois mon regard dans la glace.

"Je fais ça parce que tu ne m'as pas laissé le choix Steve… Je fais ça pour nous deux, pour que l'on puisse être tout les deux."

Le miroir ne me rend que mon reflet, alors que je m'attends presque à entendre sa voix au loin… Celle du gringalet que je vois si souvent dans mes rêves et qui ne cesse de murmurer mon prénom, un sourire aux lèvres. Je m'attends à l'entendre me dire "ce n'est pas grave mon amour… Ce n'est rien." Mais rien. Je lisse les pans de ma veste et finalement, je me dirige vers le bloc, sentant mon coeur s'affoler au fil de mes pas. Je pousse les portes du bloc, affichant un léger sourire quand je le vois, lui, sagement attaché à sa chaise. Son regard croise le mien et un léger rire m'échappe. Oh tu devrais te voir… On dirait que tu viens voir un fantôme… Enfin, comment pourrais-je t'en vouloir ? Tu me penses mort… Tu m'as tué après tout. Tu n'as pas eu le courage de rattraper ma main ce jour-là, tu m'as laissé chuter dans ce ravin… Tu m'as donné à HYDRA. Normal que tu sois aussi surpris… À tes yeux je devrais être mort. Je fais un premier pas vers lui, sentant mon long manteau balayer mes chevilles alors que j'arbore fièrement les couleurs d'HYDRA.

"Bonjour Steve…"

Je m'approche un peu plus, venant me planter face à lui, laissant mon regard croiser le sien, me délectant de ce que je peux y lire. La surprise, l'étonnement, l'espoir aussi… Parce qu'il n'y croyait plus… Il ne pensait pas revoir un jour l'homme qu'il aimait tant… Celui avec qui il a échangé son premier baiser, celui avec qui il a couché pour la première fois… Non… Il ne pensait pas avoir la chance de croiser un jour mon regard. Et pourtant, me voilà… Je suis celui qui t'a capturé mon amour, celui qui t'a rattrapé… Tu sais… Ce que tu aurais dû faire ce jour-là.

"J'ai l'impression que ça fait une éternité que nous nous sommes quittés… Tu m'avais manqué, mon frère."
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Mer 16 Mar - 13:05

Whispers in the air tell the tales of the brothers gone

Evil Bucky & Puppet Steve

Deux ans. Deux ans déjà. Deux ans qu'on m'avait tiré de la glace, et que j'avais été propulsé dans ce nouveau monde si étrange, si bizarre, qui avait continué à tourner sans moi pendant tout ce temps. Des inventions dignes des romans de science fiction qu'on dévorait avec Bucky quand on était gosses existaient bel et bien, et se trouvaient dans les maisons, dans les poches, ou dans les sacs de n'importe quelle personne que je croisais dans la rue. Avec un téléphone qui était devenu portable on pouvait se repérer où qu'on soit, on pouvait jouer, communiquer avec le monde entier, chercher tout ce dont on avait besoin comme informations. On pouvait avoir l'équivalent de centaines de vinyles dessus aussi, qu'on pouvait écouter partout, sans électricité et sans tourne-disques. On pouvait s'écrire sans avoir besoin de prendre une feuille de papier, sans enveloppe et sans timbre, et avoir une réponse immédiate, même si la personne en face habitait à des milliers de kilomètres. Et puis les avions, les voitures, les gens dans l'espace. Le tout avec un président Noir, alors qu'à mon époque ils n'étaient même pas autorisés à prendre le même bus que les blancs, et qu'on allait dans des écoles séparées.

J'avais dû apprendre à découvrir tout ça, appréhender toutes ces découvertes, rattraper soixante-quinze ans en quelques mois, quelques semaines. Et à peine j'étais revenu parmi les vivants, dans cette épique si différente, j'avais déjà été envoyé sur le terrain, repris les armes contre une invasion extraterrestre. Moi, le gamin de Brooklyn, qui avant d'être catapulté au front n'avait jamais quitté Brooklyn, et qui allait à l'église tous les dimanches avec ma mère, je me suis retrouvé avec comme frères d'armes un scientifique qui pouvait se transformer en monstre vert quand il s'énervait, le fils de Howard Stark qui avait de loin dépassé son père et qui s'était construit une armure volante, tel un chevalier moderne. Et enfin, pour couronner le tout, un dieu nordique. Un vrai. Dieu. Nordique. J'avais lu les histoires de Odin et du Valhalla étant gamin, mais jamais, jamais je n'aurais pensé que tout cela puisse exister. Après des débuts difficiles pour collaborer tous ensemble, nous avions finalement compris que l'union faisait la force et que nos petites préoccupations devaient être laissées de côté si on voulait avoir la chance de sauver la ville entière. Voire la planète. Ils ont commencé à me voir autrement qu'un vestige du passé, une pièce de musée bien vivante, mais qui n'était plus bon à rien.

Et sentir que je pouvais encore me rendre utile m'avait aidé. Grâce à ça je m'étais senti un peu plus utile. Au moins ça occupait mes journées, que de m'entraîner, et partir en missions avec eux. A partir de mon arrivée dans les Avengers, je me suis surtout rapproché de Natasha. Cette magnifique rousse d'origine russe, aussi incendiaire que dangereuse me rappelait Peggy. Elle était belle, et forte, et ne pensait pas que le fait qu'elle soit une femme puisse l'empêcher de quoi que ce soit. Elle m'avait emmenée me promener simplement en ville, m'avait expliqué un million de choses que j'avais soigneusement noté dans un carnet, et elle m'avait appris à me servir du net aussi. Une fois qu'elle m'avait expliqué les bases, elle m'avait laissé avec une petite tape sur l'épaule, et un ''Tu peux aussi t'en servir pour mater du porno". Et il m'avait fallu un moment avant de comprendre, et ensuite de rougir comme une tomate. Une de parler de ça, et de deux d'entendre ça de la bouche d'une fille, qui avait clairement l'air plus au courant que moi sur ces choses-là.

J'avais aussi rencontré Sam, l'ancien pilote d'essai qui nous avait rejoints, tout comme Wanda, la télépathe très douée. Et après l'attaque extraterrestre, la principale mission des Avengers avait été de traquer Hydra. Parce qu'à ma grande surprise, mon travail ne s'était pas terminé en faisant plonger mon avion dans la mer glacée. Fidèle à son nom j'avais coupé une tête, mais d'autres avaient poussé, infiltrant tous les gouvernements, mettant de leurs agents partout, comme des pions sur un échiquier, dans l'ombre. Et seul un incident nous avait fait découvrir toute l'horreur de leur plan. Fury, notre chef, avait survécu de justesse à une attaque, et c'était suite à ça qu'on avait remonté la trace de ces fanatiques. Pendant un an et demie les Avengers s'étaient lancé sur leurs traces, et petit à petit on avait fait tomber leurs pions. Ou presque.

Il y a six mois, peut-être un peu plus, on avait enfin eu l'adresse de la dernière base de Hydra. Ils étaient vulnérables, acculés. On allait les avoir, c'était la fin. Sauf qu'au moment où on est arrivés sur place, il n'y avait qu'un carnage, et leur chef avait été poignardé. Un tas de cadavres calcinés. Règlement de comptes? Crise de démence? On n'en savait rien, mais la seule chose qu'on pouvait en déduire, c'est que Hydra était tombé. Elle s'était effondrée sur leurs propres vestiges, et la menace qu'elle représentait avait disparu. Alors qu'on errait dans les couloirs, j'avais la désagréable impression de me retrouver en 1941, dans cette base perdue au fin fond de l'Allemagne glacée. Et une petite lueur d'espoir s'attendait à ce que je retrouve Bucky, comme je l'avais trouvé à l'époque. Une sorte de pressentiment, mélangé à une impression de déjà-vu sans doute. Une équipe était venue nettoyer tout ça, les légistes avaient identifié les cadavres, et tous avaient eu droit à une tombe décente dans un lieu tenu secret.

Après, j'avais pensé que ça serait terminé. Enfin, que j'allais aider là où on aurait besoin de moi, mais avec la toute puissance du SHIELD qui régnait à présent sans vraie menace, les choses s'annonçaient plus tranquilles. Et ça m'effrayait. Ca m'effrayait parce que les combats que j'allais mener n'allaient pas être suffisants pour m'occuper. Pour m'empêcher de ressentir ce vide, ce manque. De rouvrir la plaie qui n'était finalement pas si cicatrisée que ça. Je faisais du sport, je travaillais pour le SHIELD, mais je ne savais pas quoi faire de mon temps libre. Je me sentais trop...bizarre, pour cette époque. Trop en décalage. J'avais passé vingt ans dans un monde qui fonctionnait d'une certaine manière, et j'avais atterri dans un univers totalement différent. Où j'avais l'impression que je me sentirais jamais à ma place. Malgré l'aide de Tasha. Et c'est à ce moment qu'une série d'évènements étranges ont commencé à survenir. Au début, personne n'y avait fait attention. Et puis Jarvis, cette...intelligence artificielle, nous avait tous convoqués un jour, et nos pires craintes s'étaient avérées justifiées. Hydra vivait toujours. Hydra avait un nouveau chef et elle recommençait à frapper.

__

Capsicle, t'es prêt?
Tony, je t'ai déjà demandé d'arrêter de m'appeler comme ça.
Allons allons, ça te va comme un gant. Et puis Steven, c'est bon pour ta mère non?
Les garçons, vous avez terminé?
C'est pas de ma faute Tasha, c'est lui qui a commencé.
Et moi je suis pas instit en maternelle. Arrêtez vos conneries.
Tasha...
Je dis autant de gros mots que je veux. Putain de bordel de merde.


Je soupire en levant les yeux au ciel alors que je boucle ma ceinture, une fois bien installé dans le Quinjet. Tony avait réussi à intercepter des plans d'attaque de Hydra, et on allait tenter de les arrêter. Il fallait qu'on y arrive. Il fallait qu'on mette fin à toutes les horreurs qui étaient commises, sous la supervision de ce nouveau chef qu'on ne connaissait pas. C'était un silhouette dans l'ombre, et qui n'avait pas de nom. Juste une cible dans le dos, sur laquelle on allait tirer dans quelques heures à peine. Le jet se pose dans une clairière un peu loin de ce qui semble être la dernière base de Hydra, et on descend tous. On parcourt un bon kilomètre dans les bois, aux aguets pour distinguer la présence d'éventuelles sentinelles ou de dispositifs de surveillance, mais à part un drone que Clint a descendu d'une flèche, rien. Bon, d'après les caméras thermiques par satellite, il y a du monde à l'intérieur. Peut-être qu'ils ne s'attendaient pas à être découverts si vite? N'empêche, j'ai les tripes nouées, et rien n'arrive à faire disparaître ce sentiment. Une intuition peut-être? J'en sais rien.

Clint endort les deux gardes postés à l'entrée du bunker, et on entre. Le premier niveau sert juste de stockage, avec des camions et des avions entreposés avec des stocks de munitions et d'armes. Des explosifs aussi. Peut-être que c'est un entrepôt, mais pas une base de commandement? J'en sais rien. J'aime pas ça. Y'a pas un chat à ce niveau. Pas de gardes en train de jouer aux cartes ou de simplement fumer pour passer le temps. Pas de type qui vérifie la mécanique des camions ou qui contrôle les caisses. Rien du tout. Pourtant, les satellites l'ont confirmé. Il y a des gens ici. On s'engouffre petit à petit dans le niveau inférieur, au premier sous-sol, et je passe le premier. J'observe lentement autour de nous, et les rayons de ma lampe de poche ne glissent que sur des murs lépreux et humides. Personne n'a été ici depuis bien trop longtemps. J'aime pas ça. J'aime vraiment pas ça. Je lève la main et arrête le reste de la troupe qui se trouve derrière moi.

Les gars j'ai un mauvais pressentiment. J'aime pas cet endroit. Vraiment pas. C'est pas normal, ça devrait être une base de commandement. Il devrait y avoir de la vie. De l'agitation. Plus de gardes.
Je suis d'accord. Mais il y a du monde là-dedans. Jarvis me le confirme.
Est-ce que tu vois du mouvement?
Non... C'est louche.
Ouais, clairement. Vous savez quoi? Restez ici. Je passe le premier, et vous me rejoignez s'il y a quelque chose.
T'es sûr que...
Oui, vous en faites pas. Restez sur vos gardes, et au moindre truc suspect, barrez-vous.


Mes doigts serrent nerveusement mon arme alors que je m'engouffre dans le premier sous-sol. Un long couloir, avec des portes de chaque côté. Jarvis me dit que les gens sont dans la troisième. J'aime pas ça. Pas du tout... Je jette un oeil aux autres qui attendent sagement. Non. Non ça va pas. Non. On annule. On annule tout. Je suis sur le point de tourner les talons quand j'entends une voix.

Eho? Y'a quelqu'un? Eho? S'il vous plait! Aidez-nous!

Putain tout s'éclaire. Si ces types ne bougeaient pas, c'est qu'ils étaient prisonniers! Ces salauds s'étaient barrés et avaient laissé des prisonniers derrière eux.

A l'équipe, j'entends des survivants. Sûrement des prisonniers. Je vais voir.
Ok Cap. Fais gaffe.
Toujours.


Je presse le pas, l'oreille toujours aux aguets, alors que je m'éloigne de la sortie. Une porte. Deux portes. Rien. Des cellules vides. Puis la troisième. Dans l'obscurité je vois quatre corps sur le sol, adossés au mur ou agenouillés. Une étrange lueur rouge émane d'eux.

Je viens vous sauver, vous en faites pas! On va bientôt vous ramener chez vous.

Pas un mouvement. Et mon sang se glace quand dans l'obscurité, j'entends encore.

Eho? Y'a quelqu'un? Eho? S'il vous plait! Aidez-nous!

Ils m'ont entendu. Je suis face à eux. Pourquoi personne ne bouge? Pourquoi répéter la même chose? Sauf qu'une fois face à eux, de l'autre côté de la grille, je comprends d'où provient cette lueur rouge. Des putains d'appareils pour garder les corps au chaud. Donner l'illusion aux caméras thermiques que les types sont encore en vie alors qu'ils ont pu être laissés là depuis des jours. Et la vérité me gifle. Un piège. C'est un putain de piège. Je hurle dans mon poignet.

Barrez vous! barrez vous c'est un piège! C'est un p...

Une première déflagration retentit et je sens la terre trembler sous mes pieds. Je cours plus vite alors qu'une deuxième retentit et que je chancelle, avant de recommencer à courir jusqu'à la sortie. Je les vois, au loin, qui m'attendent, qui tendent les mains vers moi. Tony s'apprête à voler pour me chercher mais le plafond s'effondre juste devant moi, et leur bloque le passage. Je recule, cherchant une issue, et une troisième déflagration me souffle, et je heurte violemment un mur.

_

J'ouvre les yeux en entendant une voix. Une voix qui me semble familière. Mais d'où? Où est-ce que j'ai entendu cette voix? J'ouvre les yeux et grimace en sentant la douleur hurler dans mon crâne et dans tout mon corps. Mes paupières clignent, et je suis trop sonné pour voir clairement autour de moi. Il me faut quelques secondes avant de commencer à voir clair. Une silhouette se dessine, face à moi. Une silhouette qui me dit quelque chose. Une silhouette qui... non. Non c'est pas... Mes yeux s'agrandissent alors que je reconnais...Bucky. Non. Impossible. Il... il... Mon coeur s'emballe et c'est seulement là que je me rends compte que je suis attaché.

Bucky? Bucky mais...mais comment tu... tu peux être là? Le train et puis... et puis toutes ces années comment tu... Il... je suis tombé dans un piège, Hydra m'a attrapé. Buck détache moi et on va se barrer d'ici!

Sauf qu'il reste immobile face à moi. C'est bien Bucky, mais différent. Ses cheveux sont longs et vont jusqu'aux épaules. Sa barbe est mal rasée. Et pourquoi porte-t-il un long manteau avec le logo de HYDRA au niveau du coeur? Trop...trop de choses. Je dois délirer. J'ai mal. Je sais pas où je suis. La fièvre sûrement. Ou de la torture. C'est pas vrai. Ce que tu vois existe pas Steve. Non. C'est impossible. Impossible. Pourtant...pourtant... Je relève douloureusement les yeux vers lui et murmure simplement.

Bucky?

© HELLOPAINFUL
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Jeu 17 Mar - 13:25
A heart of broken glass
D'une certaine façon, je suis heureux que nous soyons là. Tout les deux, à nouveau, comme à une certaine époque. Pourtant mon coeur ne s'affole pas, mon souffle ne fait pas plus court et à part une boule qui se forme dans ma gorge, résultat d'une espèce de rancoeur qui ronge mon être depuis bien longtemps. Mon regard croise le sien et sans un mot, sans prendre la peine de l'interrompre, je laisse son esprit se perdre dans une profonde confusion, lui faisant de ce fait s'emmêler dans une illusion qui m'arrache un demi-sourire. J'en étais sûr… Je te connais bien trop mon frère, je savais qu'en me voyant, tu me verrais encore comme celui qui se tient à tes côtés, celui qui est là pour veiller sur toi et te sauver de toutes les situations périlleuses dans lesquelles tu te jettes avec conviction. Une fois de plus il me regarde comme son cher Bucky, celui qui va être là pour le sauver d'une bagarre dans une allée ou pour le suivre au front, sans la moindre hésitation. Et là, attaché sur cette chaise, il ose penser que j'ai encore envie de faire ça. Que j'ai encore l'envie de me sacrifier pour lui, de tout faire pour le sauver, comme si il était une petite chose précieuse qu'il faut protéger. Seulement je suis fatigué de tout ça. J'ai passé des années à être là pour lui, à me saigner pour quelques sourires ou quelques bons moments… Et le jour où moi j'ai eu besoin de lui ? Il n'a pas eu le courage d'attraper ma main. Il n'a pas eu le cran de sauter pour moi. Nos places auraient été inversés, j'aurais sauté, sans hésiter… Mais lui ? Non. J'étais moins précieux que sa propre vie…  Je n'étais que Bucky. Un ami et amant qu'il acceptait de perdre au combat. Oh je suis sûr qu'il m'a pleuré… Qu'il a même osé dire que j'étais la personne la plus importante de son existence, que sans moi il ne savait pas ce qu'il allait faire… Je parie en plus qu'on l'a consolé, qu'on lui a dit que c'était mon choix de le suivre et que je connaissais les risques. Seulement la vérité mon frère… C'est que tu n'as pas eu le courage de faire ce que j'ai fais pour toi. Et ça… Tu le sais. Et si au début, quand j'ai recommencé à me souvenir, à recomposer mon esprit, je lui en voulait, maintenant je me dis juste qu'on va pouvoir tout remettre à zéro. Tout ça n'a plus d'importance après tout. Je ne suis plus son Bucky et bientôt il ne sera plus mon Steve. Tout les deux… Nous pourrons tout reprendre depuis le début. Les gardes continuent de m'entourer, attendant mes ordres alors que les médecins observent nerveusement les liens qui l'entravent. Un murmure lui échappe et je ne peux qu'avoir un sourire triste.

"Steve…."

Le temps a filé sans nous et pourtant, nous voilà face l'un à l'autre… Et si je devrais m'en réjouir, je dois avouer trouver tout cela bien amer. Amer parce qu'il est celui qui m'a lâché, qui m'abandonné mais surtout… Il est celui qui a baissé les bras. J'ai toujours connu Steve comme étant le genre à ne jamais vouloir lâcher quoi que ce soit, à toujours vouloir se battre pour ceux qu'il aime et à être habité par une rage de vaincre qui parfois m'effrayait autant qu'elle me fascinait… Et pourtant… Ce jour-là, face à la neige et au ravin… Je n'étais pas digne de tout ça. Ni de son amour qu'il disait inconditionnel, ni de sa vie. Je n'étais qu'un ami dont la mort était une chose qu'il considérait à court terme. A l'époque j'aurais accepté de mourir pour lui. Et je l'ai fais. J'ai chuté, HYDRA m'a récupéré et je les aies laissés me déchirer, me fracasser et me remodeler pour être leur Winter Soldier… Juste pour que Steve puisse être tranquille… Tout est de sa faute. Si il m'avait rattrapé, peut-être l'histoire se serait-elle écrite d'une bien autre manière. Mais non, il a fallut qu'il soit lâche, qu'il soit un traître. Je fais un signe de la main aux gardes pour qu'ils me laissent un peu d'espace et doucement, je m'approche un peu plus de lui, ne prenant pas la peine de me pencher pour être à son niveau, me contentant simplement d'effleurer ses doigts de ma main gantée.

"C'est bien moi… Ton Bucky… Celui qui tu n'as pas sauvé…. Celui que tu pensais mort…

Mon sourire se fait plus large, et un rire bien forcé se glisse d'entre mes lèvres.

"Tada…. Alors… Qu'est-ce que ça fait de revoir celui que tu as tué ? Oh ne réponds pas… Je sais déjà ce que tu vas dire. De toute façon, avec ce que tu as dans le sang… Tu penses que tout ceci est un rêve… Seulement j'ai une mauvaise nouvelle pour toi : ce n'est pas le cas."

Je claque des doigts et demande d'un geste silencieux qu'on m'apporte une chaise, sur laquelle je m'installe, lui faisant toujours face.

"Un million de questions doivent te brûler les lèvres…. Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi est-ce que je porte les couleurs d'HYDRA ? Comment est-ce que je peux encore être en vie ? Pourquoi est-ce que je ne te détache pas.. ? Je n'y répondrais pas, parce qu'au fond, tu connais déjà la réponse."

Je soutien son regard, laissant son esprit embrumé par les drogues et les médicaments tenter de remettre les pièces du puzzle en place. Les gardes m'obéissent, je ne tente pas de le libérer et pire personne ne semble rien faire pour m'arrêter. Ai-je vraiment besoin de lui confirmer que je suis l'ennemi qu'il cherche tant à faire tomber depuis quelque temps ? Non. C'est inutile. Il le sait. Je passe ma langue sur mes lèvres, baissant les yeux pour admirer l'étoile argenté qui orne sa poitrine.

"Je vois que malgré les années, tu as gardé cet uniforme ridicule…. Tu sais que la seule raison pour laquelle je t'ai demandé de le garder, c'était simplement pour te baiser en le portant… Pour te rappeler que même avec le sérum… Je refusais de devenir ta pute."

Un sourire revient éclairer mon visage, dévoilant alors ma dentition désormais parfaite grâce aux bon soins des médecins d'HYDRA. Toutes en porcelaine, je m'étonne à chaque fois de leur blancheur. Mon regard reste sur cette étoile alors que je reprends.

"Si je ne t'en voulais pas autant… Et si je n'avais pas d'autres plans pour toi… Je dois avouer que là… Je te rappellerais peut-être que tout ce que tu as actuellement, tu me le dois Steve. Si j'avais été un peu moins con et moins amoureux, peut-être que je n'aurais pas toujours été là pour te sauver et peut-être que j'aurais été celui qui aurait eu le droit à tout ça… Peut-être même qu'on ne m'aurait pas laissé tomber au fond de se ravin… Mais non… Je n'étais pas assez bien pour toi… Ta vie avait plus d'importance que la mienne. Ton putain de bouclier était plus important que moi…. Moi qui ait passé des années me saigner pour ta personne. J'aurais mieux fais de t'étouffer un soir avec un oreiller Steve… Je nous aurais épargné bien des choses."

Je reviens enfin croiser son regard, lui offrant un magnifique sourire.

"Tu l'aurais mérité après tout. Tu n'as pas hésité à me laisser mourir, à laisser HYDRA me briser pour faire de moi moins qu'un être humain, pendant que le reste du monde faisait de toi un héros national…. T'as toujours été comme ça… Pas vrai ? Derrière ses airs de petite chose fragile et chétive, tu as toujours été une personne abominable. Les autres ne le voyaient peut-être pas.. Mais moi je l'ai vu Steve… J'ai toujours su… Et tu n'as fais que le confirmer ce jour-là. Une mission suicide dans laquelle tu n'as pas hésité à me sacrifier. Moi que tu disais aimer et que tu laissais te baiser…"

Lentement, je lève ma main gauche, et du bout des doigts, je caresse doucement sa joue, dessinant l'os de sa mâchoire.

"Mais tu sais quoi ? Je t'ai pardonné. Je t'en ai voulu pendant des années… Et aujourd'hui encore, je sens mes entrailles se nouer lorsque je croise ton regard et que j'y lis cette envie de vouloir reprendre comme avant… Mais j'ai décidé de te pardonner. Enfin… Je vais te donner une chance de te faire pardonner… Et pour ça… Je vais te faire subir ce qu'on m'a fait pendant soixante-dix ans… Tu vas devenir ma chose. Mon esclave et ensemble… Nous nous débarrasserons du SHIELD. Tu vois… ? Comme à l'époque… Juste toi et moi…."

Je me penche légèrement vers lui, venant murmurer à son oreille.

"Et comme à l'époque, je te ferais t'agenouiller pour ma queue, te rappelant qu'il n'y a que la mienne qui te fasse crier comme une putain…"

Je me recule avec un sourire, repoussant du pied la chaise sur laquelle j'étais assis. Je réajuste le col de ma veste, lui offrant un dernier regard.

"Je pourrais mentir et te dire que ça ne va pas être douloureux ou quoi, mais je suis honnête. Ça va faire un mal de chien. Mais ne t'inquiètes pas… Tu es entre de bonnes mains : les miennes. Et tu sais à quel point je t'aime… Pas vrai ?"
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Evil Bucky & Puppet Steve

Je ne sais pas si c'est un rêve ou un cauchemar. Je ne sais pas si c'est la réalité ou la fiction. Je ne sais plus rien. C'est mon Bucky, mon premier et seul amour, et en même temps ce n'est pas lui. C'est le même, et en différent. Il a les cheveux longs. Il n'a plus sa tenue de soldat qu'il portait alors qu'il m'accompagnait dans les Howlin' Commandos. Il porte un manteau aux couleurs d'Hydra. Il a les cheveux longs. Et surtout... surtout quelque chose a changé dans son regard. Enfin je le crois. Ma vision est floue et j'ai tellement mal au crâne que j'en ai envie de vomir. C'est trop. Tout ça c'est trop. Ca se bouscule. Je dois délirer. Mais je ne sais pas où je suis. J'essaie de me redresser mais je suis attaché à une chaise. C'est ça. Le piège. Je me rappelle du piège. De la mission tendue par Hydra. La fausse mission. L'entrepôt vide. Les cadavres qu'on avait laissés au chaud pour tromper Jarvis et nous attire à l'intérieur. Je me rappelle. J'étais seul. Les autres. Est-ce qu'ils ont réussi à s'en sortir? Est-ce qu'ils savent que je suis encore en vie ou est-ce qu'ils m'ont cru mort? Ils doivent. Ils doivent venir me chercher. Jarvis doit savoir que je suis encore en vie. Il y a les capteurs de ma combinaison, et quand je baisse les yeux, même si ça me fait un mal de chien en ayant l'impression que mon cerveau cogne dans ma boite crânienne, je vois que je la porte toujours. Donc il sait. Et s'il sait, les autres savent. Et Bucky...Bucky c'est la commotion. Ils m'ont injecté des trucs. C'est une hallucination. Un cauchemar. Un tour que me joue mon subconscient.

Sauf qu'il parle. Il parle encore et je relève les yeux vers lui, luttant pour rester conscient et pas me laisser partir. Et je fronce les sourcils quand sa main touche la mienne. Je le sens. Je sens ses doigts sur ma main. Il...non. Non c'est pas possible. C'est pas possible. Ca fait... ça fait soixante-quinze ans qu'il a disparu. Ca fait soixante-quinze ans qu'il est mort. Alors il peut pas être là. Il peut pas être là et aussi jeune. Il peut pas être là, aussi jeune et me tenir la main. Non. Non. Et pourtant je sens sa main, j'entends sa voix. Alors... alors c'est...C'est peut-être vrai. Je sens ma gorge se nouer alors que je croise son regard, ma vision toujours aussi floue.

Bucky? Mais comment... comment tu as pu... Je te croyais mort. Je croyais que je t'avais perdu. A tout jamais. Comme tu peux...être là et?

Il se met à rire et quelque chose ne va pas. Il sonne faux. Il sonne...méchant. Je l'ai jamais entendu rire comme ça et ça a quelque chose de glaçant. Et ses mots me donnent l'impression qu'on me gifle.

Non... non je t'ai pas tué. Je t'ai pas tué j'ai... j'ai tout fait pour te retenir. Te rattraper. Mais j'ai pas pu. Ta main a glissé et j'ai pas pu. Je...

C'est un cauchemar. Un vrai cauchemar. Ca peut pas être possible. Mon Bucky dirait jamais ça. Mon Bucky me reprocherait jamais de l'avoir laissé mourir. Bucky saurait que j'ai tout fait pour l'aider. Pour le sauver. Parce que le voir mourir a été la chose la plus dure qui me soit arrivée de toute ma vie, tout comme perdre ma mère. Il recommence à parler et je relève la tête vers lui, sans comprendre. Je connais la réponse. Je connais la réponse. Non je ne la co...oh non. Non. C'est vraiment un cauchemar. Vraiment. Bucky ne serait jamais passé à l'ennemi. Il n'aurait jamais travaillé pour eux! Il ne serait jamais passé du côté des méchants!

C'est...pas possible. On a combattu Hydra tous...tous les deux. Alors tu...tu peux pas... tu peux pas maintenant...

Pourtant il continue. Il recommence à parler, et dit encore des choses horribles. Qu'il a jamais voulu devenir ma pute. Je fronce les sourcils, totalement perdu.

Mais Bucky... T'as...enfin on... on s'aimait... c'est...c'est pour ça qu'on...qu'on était ensemble et je...

Je m'arrête en voyant son sourire mauvais alors qu'il s'installe sur une chaise qu'on lui apporte. Des gardes lui obéissent. Il... il doit avoir un grand rôle pour avoir des larbins. Pour pouvoir commander. Non... non c'est impossible. C'est un mauvais rêve. Qu'un mauvais rêve. C'est ça. Un cauchemar. Et bientôt les autres vont me récupérer, on va me soigner, et ça ira. Il recommence à parler et j'ai brusquement envie de serrer les poings. De hurler à cette horrible cauchemar de se la fermer, parce qu'il trahit le souvenir de mon Bucky. Parce que mon Bucky m'aurait jamais dit ça. Il me ferait jamais ça. Jamais.

Arrête! Arrête! Tu sais que c'est faux. Tu sais que jamais personne a compté à part toi. Tu sais que t'as été le seul que j'ai aimé!

Je m'arrête pour reprendre mon souffle.

Tu n'es pas Bucky. Tu... tu n'es pas mon Bucky. Mon...mon Bucky ne penserait même pas à ça une seconde. Pas...pas une. Il savait que je l'aimais comme...comme un fou et que sa mort...m'a rendu dingue!

Il approche un peu plus sa chaise et tends les doigts vers mon visage. Je tourne la tête, pour éviter ce contact.

Ne...ne me touche pas! Tu...tu n'es pas Bucky! Je... je sais pas ce que tu es mais...mais t'es pas Bucky!

Relever la tête est trop douloureux alors je laisse mon menton retomber sur ma poitrine, le souffle court, écoutant encore toutes les choses horribles qu'il me dit, et qui me serrent les tripes. C'est une hallucination Steve. Une hallucination. Rien d'autre. Il va partir. Il va s'arrêter. Bientôt les autres te retrouveront et tout ça sera oublié. C'est ça. Voilà.

Non. Je...je ferai jamais ça. C'est Hydra qui... qui doit tomber. Et je... je ne ferai jamais ce que tu...tu veux, monstre. Tu...tu peux aller...Te faire foutre!

A moins que ce soit pas une hallucination, mais une machination de Hydra. J'ai vu Tasha porter un autre visage quand on a fait tomber Pierce au siège du Shield, alors c'est peut-être ça. Quelqu'un qu'on m'envoie pour me torturer. Pour me faire céder. Une torture bien sadique. Non. Je me laisserai pas prendre. Je me laisserai pas faire. Ils m'auront pas! Je dois juste tenir. Je dois juste survivre un peu, jusqu'à ce qu'on me sauve. Il s'approche et je serre les dents en l'entendant en rajouter une couche, alors que quand il se recule, je lui crache au visage.

Je sais pas qui tu es mais ça prend pas. Ca prend pas avec moi. J'ai perdu Bucky il y a des années, et jamais, jamais il m'aurait parlé comme ça. Traité comme ça! Alors votre tentative de torture psychologique, vous pouvez vous la mettre au cul!

Il se relève et me promet encore une longue liste de trucs qu'il veut me faire, mais j'ai juste la force de rire, tête basse, luttant de plus en plus pour garder les yeux ouverts.

C'est ça... Heil Hydra! Va prendre des cours de théâtre...Parce que t'es très mauvais. Et...va rendre ce costume...ridicule...

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Jeu 14 Avr - 19:52
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Du revers de la main, j'essuie son crachat qui roule sur ma joue, perdant progressivement le sourire le plus sincère que j'ai pu avoir depuis des années. Je me doutais qu'il ne serait pas docile simplement en me voyant. Un long soupir glisse d'entre mes lèvres alors que je fixe mes doigts, sentant qu'autour de moi qu'on attend une décision, une réaction… Quelque chose, n'importe quoi. Mais pendant une poignée de secondes, je n'offre qu'un long silence, ressassant ses paroles, encore et encore.

"Bien sûr que je ne suis plus ton Bucky, Steve… Ce Bucky que tu aimes et que tu penses mort, tu l'as effectivement tué ce jour-là, en étant trop lâche pour attraper sa main."

Je me tourne à nouveau vers lui, n'essayant plus de sourire. Il ne veut pas comprendre, il pense que je ne suis qu'un agent déguisé qui tente de lui jouer un mauvais numéro de remplaçant du Leader d'HYDRA. Il pense que tout ceci n'est qu'une hallucination… Mais ça… Ça je ne lui laisserait pas le penser. Il n'a pas le droit de gagner ça, aussi. Il n'a pas le droit de simplement fermer les yeux et de se boucher les oreilles en se disant que ce n'est pas vrai. Je refuse de lui laisser plaisir. Je veux qu'il me regarde droit dans les yeux et qu'il comprenne. Je veux voir son coeur et son esprit se briser sous mes yeux. Je veux être celui qui brisera son corps et le mettra à genoux. Je veux le faire souffrir comme on a pu me faire souffrir pendant des années. Je ne veux pas être le seul à avoir dû lutter pour survivre… Je ne veux pas être le seul à avoir dû souffrir, ce ne serait pas juste.

"Tu es pathétique Steve… Tu penses vraiment que tout ceci n'est qu'une mauvaise farce… ? Que je ne suis qu'un pantin dont HYDRA se sert pour te faire craquer ? Tu es vraiment stupide au point de penser ça ? Je ne devrais pas être déçu te connaissant… Mais tu arrives à baisser une fois de plus dans mon estime Steve… Moi qui pensais que tu m'aimais et que tu me connaissais…"

Un sourire étrangement triste se glisse sur mes lèvres alors que je reviens vers lui, caressant doucement sa joue alors que je reprends d'une voix douce.

"Tu veux la preuve que je suis bien ton Bucky ? Tu voudrais que je te parle de toutes ces fois où j'ai dû aller chez le médecin ou à la pharmacie pour aller chercher tes médicaments ? Ou alors des fois où je te servais de modèle pour tes travaux en anatomie ? Mais peut-être préférais-tu que je te parle du lit que j'avais aménagé dans notre appartement pour que nous puissions dormir tout les deux… Mon frère, mon amour…"

Un sourire se glisse sur mes lèvres alors que je termine ma phrase par cette routine qui n'appartient qu'à nous. "Mon Steve, mon frère, mon amour." Je me souviens qu'à l'époque, j'aimais lui murmurer ça… Enfin, je crois que j'aimas ça… J'aimais le tenir contre moi après lui avoir fait tendrement l'amour, j'aimais embrasser avec tendresse ses cheveux encore humides alors que j'écoutais les battements affolés de son petit coeur… À une époque j'aimais ça, mais maintenant, le simple fait d'y penser me fait serrer les dents et me donne envie de le frapper. Il ne se rend pas compte, il ne comprend pas. Ma mâchoire se verrouille et d'un geste sec, ma main gauche le saisit à la gorge, mes doigts métalliques se referment sur sa trachée.

"J'ai tout fait pour toi ! Tout ! J'ai sué des matinées entières aux docks simplement pour payer notre loyer et t'offrir de l'aquarelle ou de la gouache, simplement pour te voir sourire ! Je me suis engagé dans l'armée pour payer tes soins…. ! J'ai voué ma vie entière à ta simple personne ! Je me suis sacrifié pour toi ! J'ai accepté de te suivre dans tes croisades ridicules Steve ! Et toi, tout ce que tu arrives à me dire c'est que je suis mort et que jamais je n'aurais pu te faire ça ?!"

Mes doigts se referment un peu plus sur sa gorge.

"Je devrais te tuer sale petit égoïste de merde. J'ai souffert pendant des années en me raccrochant à des souvenirs de toi. J'ai souffert en pensant que tu viendrais me sauver ou qu'au moins tu tenterais de te faire pardonner… Mais non ! Tu es toujours aussi égoïste… Toujours le même sale con qui méritait de se faire tabasser dans une ruelle… Oh maintenant que j'y pense, j'aurais dû les laisser faire… J'aurais dû les laisser te briser Steve… Ça m'aurait peut-être épargné tant de choses…"

Je desserre enfin sa gorge, le laissant reprendre son souffle alors que sur sa peau apparait déjà la trace de mes doigts. Si il n'était pas tombé malade, je n'aurais pas eu à m'engager, il ne m'aurait pas suivi, ne serait pas entré dans ce putain de programme de super-soldat et il ne serait jamais devenu Captain America. Si il ne s'était pas lancé dans cette croisade personnelle… Je ne serais pas devenu le Soldat de l'Hiver et comme mes parents, je serais peut-être dans la tombe familiale à Brooklyn… J'aurais peut-être pu avoir une vie avec lui, autre chose que cette pseudo-existence que je mène maintenant. J'aurais pu rester un être humain, j'aurais pu rester son Bucky… Mais il a fallut qu'il gâche tout.

"Nous aurions pu tout avoir Steve… Tu te rends compte ? Une vie tranquille à New-York tout les deux, toi en tant qu'illustrateur et moi, j'aurais continué à bosser… Nous aurions pu être heureux tout les deux mon frère… Mais une fois plus, tu as tout gâché… Parce que tu voulais prouver au monde entier que tu valais mieux que tout le monde… Tu voulais qu'on t'admire, sans remarquer que je le faisais."

Il était ma raison de vivre avant qu'il n'ose m'abandonner. Je le prenais dans mes bras autant pour le réchauffer que pour me rassurer. Je craignais de le perdre et honnêtement, j'aurais fait n'importe quoi pour lui. J'aurais tué pour qu'il ait ce qu'il lui fallait… Mais lui ? Lui rien. Jamais un merci. Jamais rien. Il attendait toujours plus de moi et le jour où j'ai eu besoin de lui… Il m'a regardé chuter. Moi, son frère, son soit-disant amour… Il m'a laissé chuter. Il m'a livré à la mort, à la neige et à HYDRA. Tout est de sa faute et aujourd'hui, alors que je tente de lui faire comprendre que nous pouvons changer les choses et qu'il peut surtout se faire pardonner… Voilà qu'il me crache au visage et qu'il ose me dire que je n'existe pas. Moi qui suis là. Moi qui ait saigné pour lui. Moi qui ait été brisé pour lui.

"Je devrais te tuer sale ingrat… Je te devrais te torturer jusqu'à ce que tu me supplie de t'achever…"

Je crache entre mes dents avant de prendre une grande inspiration. Non. Ce serait perdre mon temps. Le blesser ne me calmerais que sur le moment. Il faut voir à long terme. Je passe une main dans mes cheveux avant de reprendre.

"Mais ce serait trop… Trop simple. Ce serait t'accorder quelque chose que tu ne mérites pas. Non. Toi et moi, nous allons reprendre notre combat tout les deux. Steve Rogers et son fidèle ami de toujours James Barnes… Oui, nous allons reprendre le combat. Mais cette fois-ci, je serais celui qui décide, celui qui porte la bannière et les idéaux. Tu vas être mon Winter Soldier à moi."

Je souris doucement avant de m'éloigner, faisant signe aux gardes de se tenir prêt et aux médecins de le préparer.

"Mettez le sujet en place. Je veux qu'il soit complètement effacé. Et une fois la procédure terminée, vous ne direz rien. Je devrais rester seul avec le sujet."

Je lui jette un dernier regard, soupirant doucement alors que je sens mon coeur se serrer. Peut-être qu'une partie de mon être l'aime toujours. Peut-être qu'au fond de moi… J'ai toujours envie d'être son Bucky… Mais tout ça est recouvert par la profonde envie de lui faire payer son égoïsme. Il m'a tué. Il est responsable de ce qui m'est arrivé. Lui aussi à participé à faire de moi le Winter Soldier. Je ne peux plus l'aimer, ni avoir pitié. Il doit devenir mien maintenant. Devenir ma chose pour que tout ceci se terminer enfin. Le SHIELD va tomber et HYDRA avec. Cette guerre prendra enfin fin et finalement, lui et moi pourrons avoir le repos que nous méritons. Tout les deux. Je m'occuperais de le tuer et ensuite… Je m'allongerais à ses côtés… Peut-être aurons-nous le droit à notre tombe tout les deux… Et peut-être dans la mort, je serais enfin capable de lui pardonner et lui d'être enfin quelqu'un de bien. Je crois les bras sur ma poitrine et observe les médecins s'occuper de lui, posant des électrodes sur son torse alors que l'immense machine se referme sur lui en émettant un sifflement strident. Un frisson dévale mon échine et sous l'angoisse, la peur d'un son familier qui me rappelle de mauvais souvenirs, je sens les plaques de mon bras gauche se resserrer, mimant un muscle qui se contracterait. Je ferme les yeux et des flashs me reviennent, me ramenant à l'époque où j'était celui qui était installé dans cette chaise. Je me revois à hurler, à pleurer alors que mon être entier semblait être déchiré, que mes souvenirs m'étaient volés. Je voyais Steve disparaitre, ne devant plus qu'une silhouette inconnue qui hantait mes cauchemars. Je sais ce qu'il subit, je comprends la douleur qu'il va ressentir… Mais ça ne me touche pas. Ça me laisse froid. Je suis simplement heureux de ne pas être à sa place, dans cette chaise.
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Il faut juste... il faut juste que je gagne du temps. Il faut juste que je tienne le coup jusqu'à ce que les autres viennent me récupérer. Ils vont me trouver. Bien sûr qu'ils vont me trouver. Tony ne m'aurait pas laissé sortir sans un moyen de me suivre, de nous suivre tous. Alors la seule chose que j'ai à faire c'est attendre. C'est serrer les dents. C'est résister à cette espèce de numéro ridicule qu'ils ont trouvé pour me faire craquer. Ils m'auront pas. Ils m'auront pas parce que Bucky me parlerait jamais comme ça. Parce que Bucky ne pourrait jamais faire ça. Parce que Bucky ne pourrait jamais me dire ça. Parce que mon Bucky ne m'aurait jamais reproché de ne pas avoir pu le retenir. Bucky m'aimait, tout comme je l'aimais, et on le savait jusqu'au dernier moment. Jusqu'au moment où ses yeux agrandis par la peur ont disparu, avalés par le blizzard et la neige qui fouettaient les montagnes. Il savait que je l'aimais jusqu'au bout. Jusqu'à la dernière seconde. Et d'une certaine façon il savait que je l'avais pleuré pendant des semaines, jusqu'au moment où j'avais fait s'écraser l'avion dans les glaces pour protéger la planète. Ils savaient que j'avais vu Bucky mourir, alors pourquoi me tendre un piège aussi grossier? Ils me pensaient si bête? Ou si désespéré? Qu'il me manquait encore tellement qu'ils pensaient que j'allais marcher? Ou alors l'inverse, qu'ils n'avaient aucun moyen de pression sur moi actuellement, et qu'ils étaient obliger de dépoussiérer des souvenirs vieux de soixante quinze ans mais toujours aussi douloureux.

Son sourire disparaît et on dirait qu'il a compris que je ne marche pas. Que je ne le crois pas. Eh oui je ne te crois pas. Je ne marche pas dans ce piège débile qui mélange mon Bucky en l'habillant de la tenue de Hydra. Qui lui a laissé les cheveux longs alors qu'ils étaient courts. Comment voulaient-ils que je marche avec toutes ces incohérences? je secoue la tête et croise à nouveau son regard. Illustrateur... là ils se sont bien renseignés, enfin... n'importe qui aurait pu aller sur Wikipedia, comme me l'a montré Tony, et trouver des informations sur moi.

Je n'ai jamais cherché la gloire ou à prouver quoi que ce soit. Je me suis toujours battu pour ce qui était juste. Je n'ai jamais supporté les tyrans. Mais Bucky le savait, lui. Comme il savait que je n'ai jamais été admiré.

Je suis calme parce que je sais que c'est pas vrai. Qu'ils me mentent. Que ce n'est pas Bucky. Je n'ai qu'à attendre et à serrer les dents, le temps que mon organisme guérisse. Qu'il me retape. Que je puisse faire sauter les liens qui me tiennent et coller une raclée à cet imposteur, rien que pour avoir osé salir la mémoire de mon Bucky, et lui faire dire des choses qu'il n'aurait jamais eu l'idée de penser. Vous le paierez. Les Avengers vont faire payer Hydra. Ils vont l'écaser comme un cafard sous un talon, et détruire jusqu'à son souvenir. Bientôt il ne restera de Hydra que quelques caisses de paperasses dans les archives du Shield. Rien d'autre. Ils seront effacés. Et cet imposteur avec.

C'est ça, continue. T'en as encore d'autres comme ça? Me dire que je te déçois? Que je t'ai abandonné? Que je suis un monstre ou je sais quelle connerie? Sérieusement si c'est pour me faire craquer, ou tomber tu te débrouilles vraiment très mal! Tu es tout l'opposé de mon Bucky.

Il s'approche, souriant à nouveau, et mes tripes se nouent alors qu'il a le même sourire que lui. Pour ça ils ont vraiment bien travaillé. Pourtant, pourquoi se donner autant de mal si c'est finalement pour tout casser avec des incohérences? Bucky avait ce sourire... ce même sourire quand il me récupérait dans une ruelle, après m'être fait casser la gueule... Les salauds sont arrivés à saisir le mélange de tristesse et d'inquiétude derrière ses fossettes... j'en ai presque le souffle coupé. Pourtant, quand il caresse ma joue je tourne la tête.

Me touche pas!

Il recommence à parler et alors que je m'attendais à de nouvelles conneries, je lève les yeux vers lui, croisant à nouveau son regard. Non. Non c'est pas possible. Autant avant... avant c'était n'importe quoi autant là... là c'est... non. C'est juste pas possible. Il parle du médecin. Le fait qu'il soit mon modèle, et je me rappelle de lui encore à poil sur le canapé, tellement à l'aise, alors que j'avais les joues enflammées à l'idée de le voir comme ça, ayant du mal à me concentrer. Non... non il peut pas... la suite... la suite me dit que...non. Personne pouvait savoir. Personne à part nous ne pouvait savoir pour le lit. La surprise qu'il m'avait faite quand on s'est vraiment mis ensemble, d'avoir une chambre pour nous deux, avec nos deux lits, et notre rengaine. Notre rengaine à nous, qu'on a jamais dite à personne. A part dans nos lettres, sinon personne savait. Personne. Alors...alors comment? Et comme un chateau de cartes toute ma belle assurance s'évanouit brusquement et c'est presque avec une voix d'enfant que je lui demande.

Bucky? Mais... mais comment tu... mais comment ça peut être toi? Tu... et tout ce que tu as dit. Je t'ai jamais... une partie de moi est mort avec toi ce jour-là... Tu...comment tu as survécu?

En une seconde je suis redevenu le petit Steve craintif qui voulait se battre contre les moulins à vent. En une seconde je ne suis plus cette armoire de Captain America, mais je suis juste Steve Rogers, face au seul homme qui l'ait jamais aimé et qui l'ait jamais trouvé beau... Mon coeur se met à tambouriner dans ma poitrine, et ma tête déjà douloureuse est encombrée d'un million de pensées. Tellement de choses. La surprise. L'incompréhension. L'espoir. Tout ça se mélange en même temps que j'ai l'impression qu'on plante des aiguilles dans mon crâne. Sauf que j'ai même pas le temps de rouvrir la bouche qu'une main me serre la gorge.

Je... putain mais j'ai jamais voulu tout ça! Je t'ai jamais obligé Buck! J'ai jamais voulu être un poids pour toi! Je... j'ai toujours essayé de faire de mon mieux mais... je... je... j'ai jamais voulu tout ça! J'ai jamais voulu que tu partes à l'armée et j'ai jamais voulu qu'il t'arrive tout ça! Jamais!

Je commence à paniquer, trop perdu et trop secoué par tout ce qui se passe. Et il continue. Il continue à cracher une haine qui m'était inconnue jusqu'alors. Parce que c'était Bucky et que je n'avais jamais vu ce sentiment chez lui avant maintenant. Si c'est bien lui. Oui c'est bien lui. Personne n'aurait pu savoir. Personne. Je commence à secouer la tête, luttant contre sa main qui me serre toujours, et je sens mes yeux devenir de plus en plus humides.

Arrête! Arrête! Dès que j'ai appris que tu avais été fait prisonnier je suis allé te chercher! J'ai tout risqué pour te retrouver, désobéissant à mon général, aux scientifiques, et à je sais pas combien d'autres personnes. On m'a dit que tu étais mort parce qu'on ne savait pas ou...ou tu étais. Mais ça pouvait pas être vrai. Je me suis engagé pour te retrouver! J'ai accepté d'être...d'être une souris de laboratoire si ça pouvait me permettre d'aller te chercher. Et je l'ai fait! J'aurais pu mourir sur cette table d'opération, mais si y'avait une chance, une seule chance de te tirer de là, il fallait que j'essaie! Tu peux pas me dire que tu comptais pas pour moi! Tu...tu pouvais pas dire que j'ai rien fait pour toi!

Il me lâche enfin et je reprends mon souffle, ma gorge enfin libérée. Pourquoi? Pourquoi est-ce qu'il est devenu comme ça? Pourquoi il voit tout de travers, et qu'il se souvient de rien correctement? Putain mais qu'est-ce qu'on lui a fait pour qu'il devienne comme ça. Quoi? Je sens une larme rouler sur ma joue. Est-ce que c'est encore un test? Non... ils auraient pas pu savoir. Ils auraient pas pu deviner. Non. Impossible.

Tout était pas de ma faute! Tout était pas de ma faute Buck!

Je tente de me redresser, le regardant s'éloigner alors que je lutte avec les sangles, la tête encore prise dans un étau. Et je serre les dents en entendant qu'il devrait me torturer. Je secoue encore la tête, réalisant pas ce qu'il me dit.

Un combat? Mais y'a...mais y'a jamais eu de combat! On était ensemble, on s'est battus ensemble! T'es la personne la plus importante du monde pour moi! Je... non!

Je frissonne en entendant le terme de Winter Soldier. Alors c'est ça. Alors c'était lui. Tasha m'en avait parlé, cet assassin qui sévit depuis plus de soixante dix ans sans vieillir, qui peut disparaître pendant des années avant de revenir, exactement pareil. Alors c'est comme ça qu'il a pu traverser le temps. Bucky était le Winter Soldier. Sauf que je n'ai pas le temps de parler que déjà il appelle ses chiens de garde, et leur demande de m'effacer;

Co...comment ça m'effacer? Qu'est-ce que tu veux me faire? Bucky! Bucky!

Je hurle et me débat de plus belle mais les drogues me rendent faible, et la douleur aussi. Je tente de mon mieux de me défaire de mes liens mais je peux seulement me fatiguer, le souffle court et la tête lourde. Ils approchent des choses de moi. Une machine qui s'allume. On maintient ma tête, alors que j'essaie de toutes mes forces de ne pas les laisser m'immobiliser. Mais ils sont deux et moi réduit à rien. Mes yeux sont agrandis par la terreur quand je vois les parois de cette machine se refermer sur moi. Qu'est-ce qui va se passer? Il a dit qu'il allait m'effacer mais comment? Qu'est-ce que ça veut dire? Je continue à hurler, à lui demander de ne pas faire ça, de tout arrêter, mais rien. Puis on presse un bouton, et une série de flashs violents crépite devant mes yeux. Et en même temps mes muscles se crispent et s'agitent. Je revois des souvenirs en bataille. La guerre. Bucky. Nous deux. En tant qu'amants. Notre première nuit. Notre premier baiser. Notre vie à l'appart. La mort de ma mère. Notre enfance à Brooklyn. Ma rencontre avec Bucky. Mon premier jour d'école. Les gaufres de ma mère. Puis rien.

J'ouvre les yeux, et je suis sur une chaise. Je ne comprends pas où je suis et encore moins pourquoi je suis attaché. J'ai mal à la tête quand je la redresse, et plisse les yeux alors que je regarde autour de moi.

Où... où est ce que je suis... Et pourquoi...je suis attaché?

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Lun 25 Avr - 12:57
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Je devrais avoir mal pour lui. Je devrais avoir une once d'empathie pour sa personne mais… Rien. Je ne ressens absolument rien. Si, juste un certain soulagement, celui de savoir que je n'aurais plus jamais à m'assoir dans cette chaise, à être jeté en pâture à cette machine qui tue l'esprit et broie les souvenirs. Je suis juste heureux de ne pas être à la place de Steve, heureux de ne pas être celui qui va souffrir pour une fois, heureux d'être celui qui va conserver sa sainteté d'esprit. Les plaques de mon bras gauche se resserrent et ma respiration se fait plus profonde alors que dans un sifflement désagréable et strident, la machine se met en place autour de lui, le recouvrant de la même manière qu'elle l'a fait avec moi. Comme une vieille amante, elle le fait siens comme j'ai été à elle à une époque, l'emprisonnant dans ses bras métallique. Elle va te dévorer. Te broyer. Faire de toi moins que rien. Puis elle te recrachera et je serais là pour te ramasser. Un frisson dévale mon échine et je n'arrive pas à me l'expliquer. Serait-ce un reste de l'amour que j'éprouvais pour lui ? Un fragment qui ne veut dépérir de l'ancien Bucky qui aurait tout fait pour son Steve d'amour ? Peut-être. Peut-être est-ce le même genre de murmure du passé qui vient hanter mes nuits et mes rêves… Ces cauchemars où pour Steve je sus son amant, une âme pur au grand coeur qui vient simplement protéger la seule personne qui donne un peu de sens à son existence. Mais maintenant… Maintenant j'ai l'impression que c'est autre chose. Un autre souvenir qui se rappelle à moi, un murmure qui effleure ma nuque et qui me dit que j'ai bien fait de ne pas démonter la machine à l'époque… Un murmure qui me souffle que j'ai eu raison de la garder pour lui… Pour le faire souffrir comme j'ai souffert sans lui. Pour lui arracher l'ultime vérité. Tout est de sa faute. Si il n'avait jamais laissé ma main glisser si loin de la sienne… Nous aurions pu avoir une autre vie tout les deux. Nous aurions pu être heureux. J'aurais pu ne jamais lui en vouloir… J'aurais pu rester son Bucky. Tout ça me laisse un goût amer en bouche alors que la procédure se lance enfin et que le laboratoire n'est plus emplit que de ses cris et de ses larmes. Et si les autres ont du mal à l'observer hurler et se débattre, je me délecte presque de ce spectacle, me demandant à chaque hurlement ce que la machine peut bien lui voler. Est-ce que tu m'as déjà oublié ? Est-ce que tu ne sais même plus à quoi ressemble ta mère ? Tant de questions qui s'enchaînent dans mon esprit alors qu'il hurle, encore et encore… Oui, c'est douloureux de perdre chaque parcelles de son être… Je sais… Je sais ce que cela fait de perdre chaque souvenirs et ne plus pouvoir se rassurer avec des choses simples, comme l'odeur d'un bon plat ou le souvenir d'un sourire de ses parents… Sais-tu que si toi tu es revenu hanter mon être, je ne me souviens plus du visage de ma propre mère, ni même celui de ma soeur ? Non, mais tu finiras toi même par comprendre… Quand tout ceci sera terminé, avant que la fin ne sonne pour nous, peut-être te laisserais-je un moment de lucidité où tu réaliseras ce par quoi j'ai dû passer pendant que toi tu devenais le héros de l'Amérique, celui dont on chantait les louanges. Mais ne le temps de telles choses n'est pas encore venu. Nous n'en sommes qu'au début… Qu'au commencement et cette fin n'arrivera qu'uniquement si mon plan se déroule sans le moindre accroc. Ses hurlements deviennent cris, et les cris deviennent gémissements, pour ensuite n'être plus qu'un silence pesant. La machine se remet en veille et le libère. Et dieu… Qu'il est beau… Abandonné, blessé, fatigué… La douleur le rend beau… Je me souviens pourquoi j'ai finis par tomber pour lui, ce n'est pas pour ses sourires ou pour le reste… Mais pour cette douleur qui lui donnait une aura si délicieuse. Comme une de ses peintures de la Renaissance… C'est malade que j'avais le plus envie de le prendre dans mes bras, quand il peinait à respirer que j'avais envie de l'embrasser et de lui voler le peu de souffle qu'il avait. Et là, c'est pareil. Là j'ai envie d'effleurer sa joue et ses lèvres, de profiter de cette beauté si étrange. Mais chaque chose en son temps. Je claque des doigts pour faire comprendre aux gardes de nous laisser alors que Steve revient à lui, commençant à poser des questions. Je fais un pas vers lui, affichant un sourire inquiet.

"Steve… J'ai eu si peur… Si peur…"

Je viens m'agenouiller face à lui, portant mes mains à son visage pour que nos regards se croisent. Il faut que je lui montre que je tiens à lui, que je suis le seul en qui il peut avoir confiance… Mais pour ça… Je dois jouer ce parfait numéro. Être l'amant et le confident qui a eu peur de le perdre… Être celui qu'il aimait avant… Sans non plus trop lui rappeler ce Bucky qu'il aimant tant… Sinon les souvenirs reviendront et il comprendra que je ne fais que le manipuler. Non, je dois être comme une de ses sirènes qui chantent pour les marins qu'elles veulent noyer.

"Je m'en veux qu'ils aient pu te faire du mal… Oh, heureusement, tu n'as rien…"

Je souris à nouveau et caresse une dernière fois sa joue avant de poser mes mains sur les siennes, écoutant les nombreuses questions qu'il me pose déjà. Oui, oui, tu es perdu mais viens à moi… Viens à moi et je te raconterais de quoi combler les blancs, je te donnerais de quoi rassurer ton être et te donner l'impression que tu es quelqu'un, que tu es quelque chose… Car contrairement à HYDRA qui me laissait nager dans un brouillard permanent, me transformant plus en machine qu'autre chose… Lui je vais lui laisser son humanité. Je vais lui laisser un semblant de l'être humain qu'il est tout en faisant de lui ma chose. Mon Steve. Mon Captain Hydra…

"Je sais pardon… Tu… Tu ne te souviens de rien ? Je… Je m'appelle Bucky… Tu te souviens ? Bucky, celui qui prend soin de toi et qui veille à ce qu'il ne t'arrive rien… Et toi… Tu es Steve… Notre précieux Steve qui a été blessé et capturé par nos ennemis… Mais tout va bien désormais, nous t'avons sauvé et soigné, maintenant tu es de nouveau en sécurité et avec moi…"

Je souris à nouveau et commence lentement à défaire ses liens.

"Mais chaque chose en son temps… Je t'expliquerais tout ce que tu veux savoir… On va déjà s'occuper de te laver et te donner tes vêtements… Histoire que tu sois à l'aise…"

Je termine de le libérer et me relève, lui offrant ma main avec un sourire.
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Mar 3 Mai - 19:07

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Evil Bucky & Puppet Steve

Une panique violente me sert les tripes alors que j'entends cette machine s'allumer, et commencer à bouger. C'est trop. Beaucoup trop. Je suis dans un cauchemar et je vais me réveiller. Oui c'est ça. Je vais me réveiller. Ca peut pas. Ca peut pas être Bucky, mon Bucky. Il peut pas me regarder dans les yeux, pas après tout ce qu'on a vécu, et me dire qu'il a raté sa vie à cause de moi, et que suis le fléau de son existence. Non. Non! Il peut pas. C'est pas possible! Je... mon Bucky m'aimait, mon Bucky savait qu'il était tout pour moi comme j'étais tout pour lui. Il savait que j'ai tout risqué pour lui comme il a tout risqué pour moi. Alors comment il peut croire que tout est de ma faute? Comment il peut croire que toute sa vie s'est arrêtée parce que n'ai pas sauté avec lui? Il m'en veut, il me hait simplement parce que j'ai plongé sans hésiter dans cette mer glaciale, quelques jours à peine après sa chute. Comment est-ce qu'il peut refuser d'admettre que c'est tout simplement parce que notre histoire était moins importante que de sauver le monde de cette foutue menace? Que j'étais presque heureux quand j'ai pris ma décision, parce que pour moi mon job était fait, Captain America avait rempli son devoir, et que maintenant j'allais le retrouver. Ouais, j'ai pensé à tout ça alors que je m'enfonçais dans la glace. Que la boucle était bouclée et que j'allais le retrouver pour l'éternité.

Tout ça se télescope et se bouscule en même temps qu'il me crache qu'il est le Winter Soldier. Tout s'éclaire alors, même si mon coeur tambourine encore plus fort. Maintenant je sais pourquoi il a traversé les années, les décennies et ça me terrifie de me dire qu'il y a une explication logique à ce qu'il soit encore en vie. Ca peut pas être simplement un cauchemar ou une aberration. C'est réel. C'est vrai. Et ça me terrifie de me dire qu'ils l'ont utilisé, depuis des années. Comment? Qu'est-ce qu'ils lui ont fait? Ils l'ont forcé à devenir un assassin... et c'est Hydra qui l'a détraqué. C'est Hydra qui l'a fait merder au point de lui embrouiller l'esprit, et plus voir les choses clairement. Après tellement d'années, avec je sais même pas quel traitement, n'importe qui aurait pété les plombs, mais... mais ça me tue de me dire que j'ai été la chose sur quoi il a crispé toute sa haine, toute sa rancoeur. Au lieu de me garder comme... comme l'homme qu'il aimait, son frère, son amour, sa demoiselle au souffle cassé comme il aimait m'appeler, il m'a vu comme un ennemi. Son ennemi. Comme la cause de tout ce qui lui est arrivé. Que toute sa vie a basculé parce que j'ai pas sauté avec lui. J'ai envie de lui hurler que si on avait été deux à s'être fait capturer, on aurait été deux à souffrir. Ou j'aurais pu mourir et lui survivre. Tout ça a pas de sens, et mon crâne douloureux et fatigué m'empêche d'avoir les idées claires. Surtout que bientôt je pense plus à rien. A rien à part la peur animale quand je sens cette foutue machine qui me bloque, commençant à bipper et à ronronner de plus en plus vite et de plus en plus fort.

Quand j'ouvre les yeux je suis bloqué. Je ne peux pas bouger comme je veux, et on dirait que je suis sanglé sur une espèce de chaise. Pourquoi? Qu'est-ce que... ma tête me fait affreusement mal, et je soupire de soulagement quand le vrombissement de la machine s'arrête enfin. Un léger mieux. Je commence à tirer sur mes liens, complètement perdu. Je ne sais pas où je suis, ni ce que je fais là. En fait je... je ne sais rien. Je commence à paniquer parce que je réalise que... que ma tête est vide. Que je ne sais rien. Je ne sais pas où je suis. Je ne sais pas qui je suis. Rien. Le blanc. Je jette des regards affolés autour de moi alors que rien, absolument rien ne traverse mon esprit. Mon souffle se fait court alors que j'entends enfin une voix qui répond à mon appel. Mes yeux se portent sur l'origine de la voix, car ma tête est bloquée et ne peut pas bouger. Steve. Un homme s'approche de moi et me parle. Il m'appelle Steve. Ca doit être mon prénom, Steve.

Qui... Qui es-tu?

Il pose sa main sur ma joue dans un geste doux, rassurant. A l'entendre...il me serait arrivé quelque chose. Et lui semble s'être inquiété.

On se...on se connaît donc. Mais je...pourquoi je suis attaché? Je... je me souviens de rien... Je...détache moi...

Je secoue lentement la tête. Bucky. Il s'appelle Bucky et il me connaît. Du bout des lèvres je murmure son prénom avant d'écouter la suite. Il parle vite et j'ai du mal à suivre, mais je comprends que je m'appelle Steve, qu'il tient à moi et des ennemis m'ont fait ça. Des ennemis? J'ai des ennemis? On a des ennemis même. On dirait. Et je fronce les sourcils en me disant que je comprends les mots qui sortent de sa bouche, je connais la langue qu'il parle, et pourtant je ne peux pas dire mon nom ou quoi que ce soit sur moi. Peut-être... Peut-être la blessure dont il parle. Je le suis du regard alors qu'il commence à me détacher.

C'est...pour ça que j'ai mal à la tête? C'est là que j'ai été blessé?

J'aimerais des réponses. J'aimerais qu'il m'explique, parce que ma tête est une page blanche sur laquelle sont simplement écrits "Moi : Steve. Lui : Bucky. On a des ennemis. Il tient à moi. J'ai été blessé". Voilà la somme de tout ce que je sais. Rien de plus. Je sais ce que c'est que de se laver mais je peux pas dire quand est-ce que moi je me suis lavé pour la dernière fois. Bientôt mes mains et mes chevilles sont libres, et je me masse doucement les poignets avant de mettre les pieds par terre, aidé par Bucky qui m'a tendu la main. Une fois debout je titube, et je manque de m'écrouler sur la chaise. Je me fige quelques secondes, reprenant mon souffle, avant de me redresser lentement.

Je... je veux bien me laver. Mais je... j'ai beaucoup de questions... je... je me souviens de rien et j'ai peur...Bucky...

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Sam 25 Juin - 21:29
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Il ouvre les yeux et pour moi, rien que pour moi, il s'éveille en un homme nouveau. Il ouvre les yeux et il devient le Steve dont j'ai toujours voulu et eu besoin. Il revient à la vie en la personne dont je pourrais faire quelque chose et avec qui je pourrais réparer les erreurs du passé. Il sera celui qui se fera pardonner pour ses erreurs du passé et qui me fera oublier ce qui m'est arrivé. Le nouveau Steve sera ce dont j'ai besoin et envie. Il ne sera rien de plus. Il sera mon bras armé, mon bon Steve, ma marionnette et celui qui s'excusera en rampant à mes pieds. Les liens glissent bien loin de ses poignets et je dois retenir un sourire quand il commence à me demander pourquoi il a mal à la tête, pourquoi il a été blessé… Tant de questions… Tant de réponses à inventer. Entre mes mains, il est comme un enfant… Un pauvre être sans repère que je vais pouvoir façonner selon mon bon vouloir… Un être que je vais pouvoir briser à ma guise pour mener à bien mes desseins. Je croise son regard, l'observe chanceler et tituber comme un nouveau-né alors qu'une pointe d'amusement me fait hausser très légèrement un sourcil. J'aimerais être désolé pour toi, mon frère. J'aimerais me dire que ça va me faire de mal de te faire subir tout ça… Mais à quoi bon mentir ? Je vais adorer ça. Je vais me délecter de chaque secondes où je te verrais baisser les yeux vers moi et me regarder comme si j'étais ton Dieu. Je vais aimer te punir comme te récompenser. Je vais aimer te torturer et te cajoler… Je vais adorer te frapper et te susurrer des mots d'amour. Et si cruel je serais sûrement, doux je saurais me faire par instant… Comme maintenant. Pour ton réveil, je t'accorde le droit de n'avoir que mes caresses et mes lèvres. Les coups viendront plus tard… Si tu ne sais pas te faire sage pour moi. Je lève quelque peu les yeux vers et doucement, je viens caresser sa joue lisse et si bien rasée, jetant dans ses yeux le regard d'un amant inquiet et d'un ami concerné. Ce regard immonde que je devais lui porter à l'époque… Celui du jeune homme que je ne suis plus. Celui du garçon qui l'aimait peut-être bien trop.

"Tout va bien Steve… Tu as été soigné… La migraine va passer, ce n'est rien."

La première fois, elle passe rapidement. Une douche, un battement de cils et c'est bon, tout s'étiole, ton esprit accepte et se résigne. La première fois, tu es capable d'endurer la douleur, le manque… Je déglutis difficilement et avec un sourire, je reprends, recoiffant tendre ses cheveux.

"Mais tu as raison, allons prendre une douche… Ça te fera bien, et je pourrais ainsi répondre à toute tes questions… D'accord ?"

Je pose une question mais je n'attends pas vraiment de réponses. Il va me suivre. Il n'a pas le choix. Je suis le seul qui est là et il est perdu comme je pouvais l'être moi aussi à une époque. Je me souviens qu'après… Qu'après ça, j'avais été moi-même terriblement docile. Je n'avais plus tenté de me débattre ou d'hurler. Je n'avais plus essayé de frapper ou de me débattre. Mon esprit acceptait le vide et le comblait en la personne de mon responsable. Comme un chien, j'ai accepté de suivre cet homme et sans posera moindre question, j'ai accepté le moindre de ses mots, ordres et injonctions. Je n'avais que ça pour me définir et exister. Je n'existais au travers de son regard et c'est quand je voyais mon reflet dans ses prunelles que je me savais réel… J'étais son Soldat parce qu'il me le disait. J'étais le bras armé d'HYDRA parce qu'il le hurlait. Sous ses coups, je pouvais enfin ressentir que j'étais fait de chair et de sang comme mes cibles. C'est quand on m'arrachait les dents que je comprenais que je pouvais saigner. C'est quand on me torturait pendant des jours que je réalisais que je pouvais mourir. Et Steve… ? Oh. Steve subira la même chose. Sous mon regard, sous mes phalanges, à mes pieds il comprendra sa propre nature. Celle d'être une arme qui peut être brisée et re-forgée. Lentement je passe un bras sous le sien, et comme un ami le ferait, je l'aide à faire un premier pas, puis un autre, y allant doucement pour ne pas le brusquer.

"Doucement… Je sais que c'est encore compliqué… Mais tu t'en sors bien… Ça va aller. Je suis là…"


Tout ça sonne tellement bien dans ma bouche et pourtant…. Pourtant tout est amer dans mon coeur. Je n'ai pas envie d'être doux avec lui en cet instant, j'ai envie de le faire payer, de le faire souffrir comme j'ai souffert de sa trahison. Tu aurais dû sauter avec moi mon frère. Tu aurais dû avoir le courage de me rejoindre dans cette étendue glacée. Tu aurais dû être là, avec moi, dans la neige et le sang, à regarder le ciel blanc et prier pour que tout s'arrête bientôt. Tu aurais dû être là, à pleurer sur mon être mourant… Tu aurais dû mourir avec moi. Et si pendant longtemps je t'en ai voulu… J'ai finis par accepter, par te pardonner… Et ceci, ce que je t'offre là, c'est ta chance de me montrer que tu es sincère. Lentement, nous avançons dans les dédales de la base, rejoignant finalement mes quartiers. Mais patience. Demain il commencera à comprendre, à apprendre… Demain je pourrais me montrer moins tendre avec lui. Demain je pourrais enfin exiger ce que j'attends depuis des années. Je verrouille mes quartiers et l'accompagne ensuite jusqu'à ma salle de bain, lâchant son bras pour m'occuper de faire couler l'eau. Profite. Apprécie ce que je fais pour toi. Pense que je t'aime. Pense-le. L'eau glisse et perle sur mes doigts alors que d'une voix douce, j'installe le début des règles qu'il va devoir suivre.

"Tu ne dois pas bien reconnaître l'endroit, pas vrai ? C'est normal, c'est parce que tu ne viens pas souvent ici…  Tu n'as pas le droit normalement, enfin… Tu peux y venir et être avec moi si tu as bien fait… Sinon… Tu restes seul. Mais aujourd'hui… Après ta blessure… Je pense que ça te fera du bien d'être ici, avec moi."

Je me retourne vers lui et commence à le déshabiller, défaisant son costume que j'ai envie d'arracher. Je le hais. Je hais tant cette putain de bannière étoilée. Je hais cet uniforme qui semble me narguer et me rappeler sans cesse que lui a pu vivre pendant des années, être heureux alors qu'on m'a arraché tout avenir. Le tissu glisse le long de son corps alors que je murmure doucement pour lui.

"On va te retirer ce costume ridicule… Hein ?"

Je lui souris doucement et terminer de le déshabiller avant de moi-même défaire mon uniforme pour le laisser tomber au sol, lui attrapant ensuite la main pour qu'il me suive sous le jet d'eau délicieusement chaude qui nous attend. Je reste près de lui et le laisse réaliser, un sourire aux lèvres alors que j'attends ses questions, attrapant simplement de quoi savonner sa peau.
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Mer 10 Aoû - 16:19

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Evil Bucky & Puppet Steve

C'est terriblement angoissant. Effrayant. Je sais des choses, sur ce qui m'entoure. Je peux dire que c'est une chaise, je peux dire que c'est une fenêtre, que j'ai deux bras et deux jambes. Tout ça je le sais. mais ce que je ne sais pas, c'est qui je suis, et où je suis. Qui est ce Buck en face de moi? Qui sont ces ennemis dont il me parle? Pourquoi j'aurais des ennemis? Ca veut dire que je serais méchant? Et lui aussi, vu qu'on a l'air de travailler ensemble, lui et moi? Ou alors l'inverse, est-ce qu'on poursuit les méchants? Mais pourquoi? Pourquoi est-ce que je me battrais? Ca veut dire que je suis un soldat? Un militaire? Vu ma tenue, je dirais que oui. J'ai des rangers aux pieds, un treillis sur les jambes. Je suis un soldat. Mais qui est Bucky? Mon ami? Mon supérieur? Autre chose? Je ne sais rien, rien. Tout est vide dans ma tête, à part les quelques bribes d'informations que je récolte en observant ce qui m'entoure. Qui je suis? D'où je viens? Est-ce que j'ai de la famille? Des amis? Mon passé, mon histoire, tout ça est effacé, et je ne trouve que du vide. Du rien. je sais tout, à part ce que je suis moi.

Je quitte l'espèce de machine sur laquelle j'étais installé, et l'observe sans comprendre. Qu'est-ce que je fais là-dedans? A quoi est-ce qu'elle sert? Je hoche la tête quand il me dit qu'il va s'occuper de moi et me faire me doucher puis me changer. Oui ça j'en ai envie. Je me sens sale et j'ai envie d'être propre. Je veux aussi changer de vêtements. Et dormir, pour que le mal de crâne passe. Heureusement, d'après Bucky il devrait faire moins mal bientôt et je l'espère sincèrement, parce que là j'ai l'impression qu'une perceuse me vrille les tempes au point que j'ai du mal à regarder ce qui m'entoure avec précision.

Mais la machine...elle sert à quoi? A soigner mon mal de tête? Pourtant j'ai...j'ai encore mal. Ou alors...j'étais blessé ailleurs? Je sais plus rien Bucky...

Etrangement, je me raccroche à lui, et c'est comme si je ne supportais pas d'être loin de lui. Loin de la seule personne qui semble me connaître et veiller sur moi, qui cherche à ce que j'aille mieux. A veiller sur moi. J'ai l'impression d'être comme dans une pièce entièrement noire, et la seule petite source de lumière, c'est lui. Alors je dois rester près de lui. C'est lui qui a les réponses. Pour l'instant, c'est lui qui me connaît mieux que je me connais moi-même. Sa main est douce dans mes cheveux, et je le suis docilement alors qu'il m'emmène loin de la salle où j'étais attaché solidement. J'ai du mal à me tenir debout et je suis content qu'il soit là, à m'aider à marcher, à petits pas, comme un gamin.

Merci Bucky... Je me sens tellement faible. Et...vide. Heureusement...tu...tu es là...

Mon souffle est court, comme si simplement marcher était trop dur. Pourtant quelque chose me dit qu'en général je me débrouille beaucoup mieux. Que je n'ai pas tant de difficultés. Comment? Je n'en sais rien. C'est comme... une intuition. Oui... ou un souvenir. Une sensation. C'est bizarre. Je le sais sans le savoir. Je progresse lentement, m'appuyant sur lui, dans des couloirs sombres et austères. Il me parle un peu tout au long du trajet mais je ne retiens pas tout, et j'ai encore du mal à voir où on est. Est-ce que je suis déjà venu ici? Est-ce que normalement ce chemin me dit quelque chose? Ces couloirs me sont-ils familiers? Aucune idée et aucune réponse... Je ne fais que mettre un pied devant l'autre, alors qu'on croise des gardes de temps à autres. Puis une double porte. Un garde nous ouvre et l'intérieur est beaucoup plus beau et agréable que les couloirs nus en béton gris. J'entends le verrou alors qu'on avance plus loin. Je vois un lit, un bureau, des tapis et des tentures. C'est joli. Est-ce que c'est chez Bucky ou chez moi? Je n'en sais rien. Mais avant que j'aie pu poser la question je l'entends me dire que c'est normal si rien de ce que je vois ne me rappelle quelque chose. D'après lui, c'est rare que je vienne ici. Il continue de parler alors qu'on s'approche d'une grande salle de bains et qu'il se penche pour allumer l'eau, attendant qu'elle se réchauffe. Pendant une seconde je me dis que c'est gentil, qu'il fasse attention à ça. Que je ne me brûle pas ou que je ne sois pas gelé.

Ah oui? Pourquoi je n'ai pas le droit? Et je... venir près de toi alors c'est une...récompense? C'est ça?

Il se tourne vers moi et me propose d'ôter ma tenue. Je hoche la tête, encore perdu et maladroit, et je l'aide comme je peux pour enlever tout ça, et le laisser retomber sur le sol de la salle de bains. Je suis surpris qu'il se deshabille lui aussi, mais en même temps je suis...content qu'il me laisse pas tout seul. Je ne veux pas être séparé de lui. Il est la lumière dans l'obscurité. Ma lumière. Il me connaît. Il a l'air de m'aimer. Je le suis docilement et soupire de plaisir en sentant l'eau chaude qui dénoue mes muscles et apaise mon mal de tête. Je vois de la crasse et du sang glisser le long de mes jambes et j'aime la sensation d'être propre. Oui, c'est bien. Je me tourne et trouve du savon, que j'attrape et fais lentement courir sur ma peau, la découvrant pour la première fois même si je dois l'habiter depuis un sacré nombre d'années.

Et Bucky... comment on se connaît? On... on est soldats tous les deux c'est ça? On s'est connus à la guerre? Et on...on est amis c'est ça?

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