Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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I, Robot - Steampunk

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Lun 18 Avr - 14:45

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ C'est ton premier sourire. Tu ne t'en rends pas compte, mais c'est impressionnant qu'en si peu de temps, tu sois déjà capable de t'exprimer de cette manière. Alors certes, ce n'était pas complètement volontaire et tu n'en comprends pas encore la portée et le sens… Mais comme un perroquet, tu as observé et imité. Tu souris parce que tu l'as vu faire plus d'une fois quand tu avais bien sagement exécuté une de ses demandes. Alors, là, peut-être essayes-tu simplement de prouver que tu as bien fait ? Non. Ce serait étrange… Tu anticipes plutôt le sourire qu'il devrait avoir si tu as bien fait. Chose que tu ne sais pas. Peut-être va-t-il être furieux de la façon dont tu l'as porté… ? Peut-être va-t-il dire que tu ne devais pas venir dans la baignoire avec lui… Tant de choses que tu ne sais pas et que tu ne soupçonnes pas… Et pourtant, regarde-toi, à sourire, content de toi et d'être avec Steve. Si tu savais, si tu comprenais tout ce que tu as encore à comprendre, à découvrir… Tu n'aurais peut-être pas ce sourire. Tu es encore si primitif. Tout ne se limite pas à Steve, tout n'es pas aussi simple que de simplement lui faire plaisir et lui donner ce qu'il veut. Peut-être à un moment le comprendras-tu, mais pour l'instant, tu lui souris, toujours assis en tailleur face à lui. Vous devez être un peu ridicule, maladroit certainement, mais ce n'est pas important. À tes yeux en tout cas ça ne l'est pas. Tout ce qui compte, c'est que tu sois avec Steve, dans cette baignoire… Steve qui d'ailleurs se jette dans tes bras, riant alors que sa joue se pose sur ton épaule. Tu ne comprends pas ce qui se passe et souriant simplement quand il te rassure. Oui, une fois de plus tu as bien fait… Tes bras se referment avec douceur autour de sa fine silhouette sans que tu ne le comprennes vraiment. Pourquoi faire ça ? Peut-être parce que tu imites une fois de plus Steve ? Sûrement. En tout cas, tu lui rends son étreinte, appréciant peut-être de le sentir tout contre toi. Le centre de ton univers est au creux de tes bras, il est à toi, tout contre toi. Comme les oiseaux étaient dans ta main. C'est tout aussi plaisant, voir même plus. Tu préfères avoir Steve tout contre ta carcasse mécanique que les oiseaux. Et comme les perruches, c'est à regret que tu le laisses partir, cherchant à te  consoler en croisant son regard. Steve est là, ses mains ne quittant pas ta poitrine. Et sagement, tu attends de savoir quoi faire maintenant. À nouveau, tu es encore trop primitif pour penser ou avoir envie de quoi que ce soit d'autre que d'être avec lui. Pour le reste, c'est encore bien trop tôt… Tu as besoin d'apprendre et de saisir bien des choses avant d'être capable de lui dire que tu es simplement bien à être avec lui dans cette baignoire. Tu penches quelque peu la tête sur le côté quand Steve commence à t'expliquer que tu vas prendre ton bain avec lui, mais qu'avant tu vas devoir te déshabiller. Une fois de plus tu peines à comprendre ce dont il parle mais tu ne demandes qu'à apprendre. Ses doigts commencent à désigner les différents vêtements que tu portes et sagement,  tu écoutes, apprenant que tu portes un gilet, une chemise, un pantalon et des chaussettes. Lentement, alors qu'il te déshabille, laissant tes vêtements terminer au sol, tu répètes sagement ce qu'il veut t'apprendre, ne te rendant pas compte de ce qu'il est en train de faire. Il te déshabille. Pour toi ça n'aura jamais la moindre importance. Tu n'as pas vraiment quoi que ce soit à cacher, pas de réel corps don tu devrais honte… Tu n'es qu'un assemblage de rouages recouvert d'une peau artificielle, contrairement à Steve qui est fait de chair et de sang. Tu te laisses donc faire, te retrouvant finalement complètement nu dans cette baignoire. Tu n'as ni gilet, ni chemise à retirer et tu regardes Steve, laissant ton regard parcourir ses vêtements. Puis une association, la première peut-être se fait dans ton esprit. Dans un bain, il ne faut pas porter de vêtements. Si toi tu dois les retirer… Steve doit le faire aussi. Et pour ça aussi, il doit avoir besoin de toi… D'une geste lent mais non dépourvu d'une certaine douceur, tes doigts viennent saisir le col de sa chemise que tu commences à lentement défaire, bouton par bouton.

"Ceci est une chemise….", dis-tu alors que tu défais avec le plus grand soin celle-ci, la faisant glisser le long de ses épaules avant de la faire tomber au sol avec le reste de ses vêtements.

"Ceci est un pantalon…", ajoute-tu en lui retirant son pantalon, soulevant avec douceur ses jambes qu'il semble encore incapable de bouger sans ton aide pour le lui retirer.

Tu ne comprends pas encore pleinement que Steve ne peut pas marcher comme tu le fais. Son handicap, sa maladie, tu as encore du mal avec ça… Pas que tu ne veuilles pas comprendre mais simplement que ce concept t'échappe encore. Qu'est-ce après tout qu'être handicapé pour toi ? Qu'est-ce d'être normal ? Tu ne saurais même pas dire ce que tu es vraiment, pour l'instant, tu trouves que tu ressembles à Steve, ou même à Maria. De ce que tu as pu voir, vous êtes fait de la même façon. Vous avez des doigts, des mains, des bras, des coudes, des jambes… En bien des points vous êtes similaires… Il n'y a que Steve qui ne peut pas bouger ses jambes sans ton aide… Mais si ça retient ton attention le temps d'une seconde, la suivante tu continues sagement de répéter ce que tu apprends de ses lèvres.

"Et ça, ce sont des chaussettes…"

Ces dernières terminent au sol et à nouveau, tu souris en croisant son regard. Ça aussi tu aimes bien. Faire des choses avec lui. Pas simplement l'écouter et apprendre, mais le toucher, et interagir avec lui… Tu aimes bien ça. Tu voudrais faire ça plus souvent. Ton regard parcourt son corps semblable au tien et alors que mentalement, tu  répètes ce que tu as appris un peu plus tôt. Tu regardes ses épaules quand tu y penses, ses bras et ainsi de suite jusqu'à être étonné quand tu vois quelque chose entre ses jambes. Quelque chose que tu n'as pas. Ton regard glisse sur ton bas-ventre et tu trouves ça étrange que tu n'aies pas ce même membre que Steve. Tu n'as rien… La surface entre tes cuisses est lisse, dépourvu du moins membre… Après tout, quel en serait ton utilité ? Tu ne ressens ni plaisir, ni envie et jamais tu ne pourras procréer… Alors pourquoi Steve t'aurait fabriqué un pénis ? Ton regard fait des aller-retours entre ses cuisses et les tiennes, alors que tu tentes d'approcher ta main de cette chose étrange qui pend entre ses jambes, étant arrêté par Steve lui-même qui ouvre les robinets. Ton geste reste suspendu tandis que ton attention est désormais retenue par ses mots et l'eau qui commence à couler dans la baignoire. Un autre sourire se glisse sur tes lèvres et tes doigts qui s'apprêtaient à effleurer son membre cherchent désormais à attraper l'eau si joueuse. Pendant quelques secondes, tu joues sans rien dire, répondant à sa question en lui jetant un rapide regard.

"C'est de l'eau, Steve… C'est de l'eau qui remplit la baignoire…"

Puis, soucieux de vouloir comprendre, tes doigts délaissent l'eau pour venir finalement effleurer son entrejambe. Tu fronces les sourcils alors que tu effleures son membre, cherchant un mot que tu ne connais pas, lui posant une question que tu ne sais pas formuler.

"Ceci…"
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Lun 18 Avr - 20:33

I, Robot

Steampunk Stucky


Un sourire. Un simple sourire et pourtant j'ai l'impression que mon coeur va exploser dans ma poitrine, au point que je respire profondément pour me calmer. J'ai peur de faire un malaise, tant je suis transporté par ce sourire qui semble tellement naturel. Et pourtant. Pourtant il ne lui aura fallu que quelques heures. Quelques heures et il comprend. En quelques heures il a su assimiler ce que ce geste pouvait avoir comme signification sans même que je lui parle, que je lui explique. Il a observé, il a analysé, et il a compris. Peut-être même que cela s'est fait de façon inconsciente. Tout cela est merveilleux. Tellement merveilleux. Il me sourit donc il est bien, il est content d'avoir bien fait. Alors peut-être que si on continue comme ça. Que si les choses évoluent dans ce sens, il va être heureux ici. Il va rester avec moi. Je ne serai plus seul ici. Enfin... en dehors de Maria et des domestiques, qui sont tous gentils mais... ce n'est pas pareil. Lui... lui il pourrait être tellement de choses!

Tout ça se bouscule dans mon esprit alors qu'il est sagement assis face à moi, et je suis tellement enthousiaste que je viens nouer mes bras autour de son cou, me blottissant contre lui. Et je vais de surprise en surprise en sentant ses mains glisser dans mon dos et autour de ma taille. Pourquoi a-t-il réagi ainsi? Pourquoi a-t-il eu ce réflexe? Je n'en ai aucune idée mais encore une fois je sens que mon coeur va exploser. Avec mon Bucky on passait beaucoup de temps comme ça. A être l'un contre l'autre, dans les bras l'un de l'autre, soit dehors, sur l'herbe, quand le temps le permettait, ou alors dans mon lit, quand j'étais trop mal pour sortir et même me lever. Et en une seconde je retrouve ça, sauf qu'il est beaucoup plus grand et fort que mon Bucky. Enfin, Bucky aurait été comme ça, si on ne me l'avait pas pris... Je savoure ce contact, ce parfum de nostalgie qui me serre la gorge à son souvenir même si le léger cliquetis des rouages a remplacé ses battements de coeur. Mais tu vois Bucky, tu es là. Tu es encore là avec moi. Au moins un peu. Je ne t'oublie pas. Jamais. Tu me manques encore tellement que je t'ai fait revivre, d'une certaine façon... Mais il faut que j'arrête, sinon je vais me mettre à pleurer et le pauvre ne va rien comprendre. Alors je me recule pour lui faire face dans la cuve encore vide. Si déjà il est là, autant qu'il reste. Et je l'ai conçu pour pouvoir se baigner de toute manière. Enfin seulement jusqu'au cou.

C'est donc une nouvelle leçon qui s'applique sur l'instant alors que j'entreprends de le dévêtir. Et il se laisse faire docilement, levant les bras ou les jambes quand il voit le morceau de tissu bouger, et fait tout pour m'aider. Chaque minute passée avec lui m'étonne, et la rapidité avec laquelle il enregistre ces informations qui se présentent à lui me stupéfient. Il est fascinant. Et il me surprend encore davantage quand, au moment de me deshabiller moi-même, le voilà qui porte les mains vers moi et me rend la politesse. J'ai un léger rire alors que je me rapproche de lui pour lui rendre la tâche plus facile. Je suis stupéfait de sa délicatesse, moi qui pensais que je devrais lui apprendre à doser sa force, à adapter ses mouvements à la situation... on dirait qu'il a déjà compris comment les choses se passent et s'organisent. C'est fascinant. Vraiment fascinant.

Ses grandes mains défont mes boutons les uns après les autres et j'ai un léger rire en l'entendant répéter sagement le nom des pièces de tissu que je lui ai enlevées. Ma chemise atterrit sur le carrelage et je frissonne une seconde avant de le voir porter ses mains à mon pantalon. Il le déboutonne, et je me penche un peu en arrière pour l'aider. Puis je sens ses mains qui lèvent mes jambes l'une après l'autre pour faire glisser le tissu, encore une fois avec une douceur qui me surprend. C'est comme s'il sentait que j'étais faible, et incapable de faire les mêmes choses que lui... Enfin, mon caleçon puis mes chaussettes m'abandonnent et je lui souris.

Bravo Bucky. C'est très bien. Vraiment très bien.

J'allume ensuite l'eau, et à peine je me suis réinstallé que je le vois observer l'eau avec fascination alors qu'elle commence à remplir le bas de la cuve, puis recouvrir nos pieds. Je lui pose une nouvelle question, tentant de voir par là s'il peut faire le lien entre la pluie, l'eau de la cruche, et ici. J'éclate à nouveau de rire en entendant sa réponse. A son ton, c'est comme si j'étais un imbécile qui ne pouvait pas comprendre l'évidence la plus absolue.

Exactement, tu as très bien compris. Bravo!

Je tends la main vers le guéridon pour saisir l'éponge et je sursaute en sentant qu'on me touche. Là. Je croise son regard et je le vois en pleine contemplation de mon membre, qu'il tient dans sa main et qu'il a l'air d'analyser, se regardant lui puis me regardant moi. Je prends sa main et l'ôte avant de lui faire lever le menton.

Bucky? Ceci s'appelle un pénis. Je...

Bon sang je ne m'étais pas préparé aussi tôt à devoir répondre à de telles questions. Faisons simple, quitte à rectifier les informations après. Je sens mes joues s'enflammer et je soupire avant de me lancer.

Un pénis ça sert à évacuer ce que je bois et que je mange. Tu n'en as pas besoin parce que tu n'as pas besoin de boire et de manger. Par contre Bucky, il ne faut pas toucher le pénis des gens. Ou ne pas les toucher tout court sans leur demander leur permission. Enfin, moi tu n'as pas besoin parce que tu es mon ami. Et entre amis on a pas besoin de demander. A part pour le pénis. Tu comprends?

J'espère que oui, et que nous allons passer au plus vite à autre chose. L'eau monte doucement et couvre enfin cette partie gênante de mon anatomie. Je prends enfin cette éponge tant désirée et un pain de savon.

Bucky? Maintenant regarde-moi, je vais te montrer comment se laver. Ceci est une éponge. L'éponge est quelque chose qui sert à se frotter le corps pour le nettoyer. Pour qu'elle fonctionne bien, on doit la mouiller. Ca veut dire le tremper dans l'eau. Et ce qui est merveilleux c'est qu'elle garde l'eau. Regarde.

Je m'exécute, puis sors de l'eau l'éponge gorgée d'eau que je presse pour en faire goutter l'eau. Voyant qu'il est fasciné je la lui tends, et le laisse s'amuser avec quelques secondes. Puis je la lui reprends dans une main, et le savon dans l'autre. Je frotte le savon sur l'éponge.

Ceci est du savon. Ca aide à se nettoyer et ça fait des bulles quand il est mouillé. On utilise le savon avec l'éponge et ensuite...

Je tends la main et frotte doucement son torse avec l'éponge savonneuse, puis son bras qu'il tend vers moi, son cou et son autre bras. Cela suffira pour aujourd'hui, vu qu'il n'est pas sale. Je lui tends ensuite l'éponge et écarte les bras en souriant.

Tu voudrais bien me laver Bucky? Tu m'aiderais à faire ça?


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Mar 19 Avr - 12:05

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Presque fasciné, tu continues de toucher son membre, le caressant doucement avant de le secouer légèrement, espérant de ce fait percer le mystère de son anatomie. Bien sûr tu ne penses pas à mal et tu ne te rends pas compte de ce que tu fait, ne voyant pas que cela gêne Steve et pire, que tu fait preuve d'un manque d'éducation flagrante. Non, tout ce que tu vois, c'est que lui a un pénis et toi… Non. Juste une surface lisse. Chose que tu peines à comprendre. Pourquoi cette différence ? Est-ce à cause de ça que Steve a besoin de ton aide ? Tu n'en sais rien… Tout ce que tu vois c'est que tu n'as pas ça. Et est-ce que ça te dérange ? Pas vraiment, c'est simplement que tu voudrais comprendre l'utilité de cette chose et connaître son nom. Tu cherches simplement à comprendre, à apprendre… Les doigts de Steve se posent sur ton poignet, te faisant de ce fait lâcher son membre, venant ensuite glisser une main sous ton menton, te forçant ainsi à croiser son regard. Ton prénom qu'il prononce lui accorde immédiatement ton attention ainsi qu'un léger sourire alors qu'enfin il t'explique ce que c'est.

"Un pénis…", répètes-tu doucement alors que le sang lui monte aux joues.

Celles-ci deviennent rouges et intrigué, tu aimerais effleurer sa peau et comprendre ce qui se passe. Est-ce que c'est normal ? Oui, mais ça tu n'en es pas sûr. Tu aimerais avoir le droit de poser tes doigts sur sa joue. Seulement à l'entendre, tu n'oses plus. Parce que tu as mal fait. Il ne faut pas toucher les gens, surtout leurs pénis et toi… Sans lui demander ou quoi, tu l'as fait. Ton sourire se fane bien rapidement et tes mains retrouvent tes genoux sur lesquels tu les poses. Tu n'aurais pas dû. Tu ne ressens pas la culpabilité ou le remords et pourtant, tu t'en veux. C'est étrange non ? Tu t'en veux de l'avoir touché… Même si Steve ne te réprimande pas, se contentant de t'expliquer ce qu'il faut faire ou ne pas faire, mais tu es… Déçu. Oui c'est le terme. Tu es déçu d'avoir mal fait, d'avoir fait quelque chose qui force Steve à t'expliquer quelque chose à ne pas reproduire avec lui ou même quelqu'un d'autre. Te rends-tu compte ? Tu t'en veux de ne pas avoir su quelque chose dont tu n'avais même pas conscience. Comment aurais-tu pu savoir ? Sagement tu écoutes Steve, hochant doucement de la tête alors que l'eau continue de remplir la baignoire, vous couvrant désormais jusqu'aux hanches.

"Oui. Il ne faut pas toucher."

Tu oses à peine élever la voix, peu fier de ce que tu as fait. Tu ne recommenceras plus et ne le touchera que quand tu le pourras. Tu ne voulais pas le décevoir et là, tu veux juste de nouveau qu'il soit fier de toi. Qu'il te sourit et te dise que tu as bien fait. C'est peut-être maintenant que tu commences à concevoir que tu apprécies quelque chose plus qu'une autre. Tu préfères que Steve te dise qu'il est content de toi plutôt qu'il soit obligé de te reprendre sur ce que tu fais. Alors à partir de maintenant… Tu vas mieux faire. Juste pour l'entendre te dire qu'il est fier de toi… Seulement au moment où tu penses prendre cette décision, Steve récupère de nouveau toute ton attention, te faisant découvrir ce qu'est une éponge. Fasciné tu récupères un sourire, apprenant que cette chose peut aller dans l'eau, qu'elle sert à se nettoyer et surtout… Que l'on peut jouer avec. Tu l'observes faire et avec un sourire, tu tends déjà les doigts pour attraper l'éponge qu'il te tend. Tu la plonges dans l'eau, la ressort et la serre entre tes doigts, t'amusant de voir que l'eau s'en échappe, tombant comme si c'était de la pluie dans la baignoire. Plusieurs fois tu répètes ce même geste, répétant doucement à Steve ce qu'il t'a dit, simplement pour lui montrer que tu as bien compris.

"Ceci est une éponge et elle garde l'eau… Ça sert à se frotter le corps pour le nettoyer…"

Un sourire t'échappe alors que tu serres une fois de plus l'éponge, le perdant quand Steve la reprend. Tu aurais aimé continué à jouer avec, mais lui décide qu'il est temps de t'apprendre autre chose. Lentement il recommence à parler, te faisant découvrir le savon. Tu observes les deux se toucher et former de la mousse pour ton plus grand plaisir. À nouveau tu souris, cherchant à attraper les bulles et la mousse alors que Steve commence sagement à te savonner le torse. Tu le regardes faire, tes doigts touchant la mousse sur ta poitrine.

"Du savon…"

Steve chercher à laver ton bras et sagement, tu le laisses faire avant de te pencher vers lui pour qu'il puisse faire de même avec ton cou et ton autre bras. Tu vois, il a suffit d'une simple éponge et d'un peu de savon pour que tu oublie ta maladresse d'y il a quelques minutes. Ce n'est plus grave maintenant, Steve ne semble plus t'en vouloir puisqu'il accepte toujours de te parler et même de te toucher. Tu vois ? Tu t'en voulais mais tu n'as pas encore les capacités pour que ce soit vraiment le cas. Tout est encore si simple pour toi… Tu ne retiens que ce qui est important et qui a du sens, le reste glisse finalement sur ta personne… Comme le savon et l'eau le font actuellement sur ta peau synthétique. L'éponge cesse de passer sur ta peau et ton regard croise à nouveau le sien quand il te demande avec un sourire de l'aider à nouveau. Steve ne t'en veut vraiment pas. Il veut toujours que tu l'aides et regarde, il te sourit. Tu te dis que tu recommences à bien faire et en hochant de la tête, tu attrapes l'éponge que tu plonges dans l'eau.

"Oui Steve…"

Tu souris pour lui et après avoir serré l'éponge, tu la frottes doucement contre le savon, créant un peu de mousse et de bulles. Puis avec douceur, tu répètes les même gestes qu'il a eu pour toi. Avec une certaine tendresse tu commences à laver son torse, puis un de ses bras, son cou et finalement l'autre. Rapidement tu finis par prendre ça pour un jeu, cherchant à recouvrir chaque parcelles de sa peau de mousse, faisant attention à laver autant ses aisselles que ses côtes, allant même jusqu'à laver ce qui est sous l'eau. L'éponge passe sur son ventre, ses jambes mais à aucun moment tu ne t'approches de l'intérieur de ses cuisses, lui répétant simplement.

"Il ne faut pas toucher."

Puis quand tu as terminé… Tu remets l'éponge dans l'eau et commence à le rincer sans rien dire, t'appliquant simplement à faire disparaitre toute trace de savon sur sa peau, jusqu'à finalement croiser son regard quand tu estimes que tu as fait correctement ce qu'il t'a montré. Tu lui souris doucement, jouant toujours avec l'éponge et le savon, créant un peu plus de mousse à la surface de l'eau. Tu aimerais lui dire que vous êtes lavés, mais rien ne vient. C'est étrange, mais tu commences à sentir que tu aimerais exprimer des certitudes sans le pouvoir. Laver, c'est fait. Mais comment le dire ? Tu n'as pas les mots pour ça… Alors à la place, tu reste silencieux, jouant doucement avec les bulles et la mousse qui partagent désormais votre bain. Tu t'amuses à les saisir du bout de tes doigts, avant de complètement refermer tes doigts dessus, ne comprenant pas pourquoi celle-ci disparait. Tu pensais que la mousse serait plus joueuse que l'eau, mais ce n'est pas le cas.
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Mar 19 Avr - 17:34

I, Robot

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Je donne le bain à mon robot qui a présentement sa main sur mes bijoux de famille. Et je crois que je n'ai jamais été aussi honteux de toute ma vie. Plus que quand j'ai vomi sur le tapis après qu'une soupe au poisson ne soit pas passée, alors que la maison était pleine d'invités. Là c'est pire. Il est face à moi, ses sourcils froncés, très intéressé par mon membre qu'il touche, et j'étouffe un couinement quand il commence à le secouer. Dieu du ciel ça fait depuis que je n'ai plus de nourrice que personne n'a plus touché cette partie-là. Alors de réaliser que c'est ma création qui s'y intéresse vivement... mes joues s'enflamment et je tente le plus vite possible de changer de sujet, et surtout, d'ôter sa main. Il obéit et baisse la tête, son sourire si beau quittant déjà son visage. Non. Oh non. Non je ne voulais pas te rendre triste. Dieu du ciel je ne pensais pas qu'il le prendrait aussi mal. Surtout qu'il n'a aucune notion de pudeur, ou de décence. Il est comme un de ces êtres primitifs qui vit totalement nu parce qu'on ne lui a jamais dit le contraire, et que c'est pour lui la chose la plus naturelle du monde. Et que c'est ainsi aussi qu'Adam et Eve se promenaient librement dans le jardin d'Eden... C'est vrai que quand on y réfléchit, nous nous sommes nous-mêmes donnés des limites et des contraintes, que les sauvages ne connaissent pas... Et Bucky est l'un d'eux. La notion de bien et de mal lui sont inconnues également, et pourtant, vu son attitude, il semble avoir été peiné par mon refus. Par le fait de lui dire qu'il ne doit pas toucher ainsi quelqu'un... C'est terrible pour moi de voir son beau visage exprimer ce sentiment, et pour le faire passer à autre chose j'attire son attention sur de nouveaux jouets, en l'occurrence l'éponge et le savon.

Tu as très bien compris Bucky, bravo. Tu ne pouvais pas savoir avant, donc ce n'est pas grave d'accord? Ce n'est pas grave. Il faut juste que tu y penses à partir de maintenant. Tu comprends?

C'est avec soulagement que je vois reporter tout son intérêt sur cette éponge qui fonctionne comme un nuage, et qui peut faire de la pluie. Je souris en le voyant émerveillé comme un enfant quand il voit les gouttes épaisses retomber dans l'eau du bain et je lui laisse prendre l'éponge quand il tend sa main vers moi. Il répète ensuite mon geste, encore un sourire aux lèvres. C'est...c'est fantastique de le voir réagir et comprendre si vite. C'est extraordinaire. C'est mon oeuvre... la mienne propre et elle dépasse toutes mes espérances... Il s'amuse, vraiment, plongeant et serrant l'éponge entre ses doigts, avant de réciter sagement la leçon qu'il est en train d'apprendre.

C'est ça Bucky. C'est une éponge. C'est très bien.

Il sourit encore. C'est si bon de le voir sourire naturellement, sans qu'on le force, sans qu'on lui imposte. Juste parce qu'il exprime quelque chose de plaisant. Qu'il est bien ici... avec moi. Qu'il s'amuse. Je continue ma leçon et passe au savon. Je me retiens de rire en le voyant si concentré, et si appliqué alors que je frotte l'éponge contre le savon, et que de la mousse commence à apparaître. Il tente de la prendre, la malaxe dans ses doigts avant de la regarder disparaître. J'ai un nouveau rire en l'entendant.

Oui, tout à fait. C'est du savon.

Puis je le lave. Non pas qu'il en ait besoin, mais simplement pour qu'il comprenne le concept, et rien de mieux qu'une leçon grandeur nature, comme on dit. Il n'a qu'à le voir et le découvrir par lui-même. La mousse recouvre sa peau artificielle, et c'est avec soulagement que je constate que ce premier bain ne l'affecte pas du tout. J'ai procédé à de nombreux tests au fil des mois, mais je n'étais sûr de rien avant aujourd'hui. Mais tout va bien. Il peut prendre un bain. Il en prend un avec moi et je suis en train de le laver. Si ce matin encore on m'avait dit que dans quelques heures à peine je serais dans une baignoire avec lui, à lui expliquer ce qu'est la mousse et le savon... je n'y aurais pas cru. Et pourtant... Ma leçon terminée je vérifie qu'il a bien compris et lui tends l'éponge pour qu'il fasse de même avec moi. Il plonge l'éponge dans l'eau, la frotte soigneusement avec le savon, et pose ensuite le tout contre ma peau. La boule mousseuse court délicatement sur ma peau, allant même sous l'eau pour la passer sur mes jambes maigres. Et je ris quand il remonte le long de mes cuisses, et s'arrête, me disant qu'il ne faut pas toucher.

Exactement Bucky. Je suis très fier de toi. C'est très bien. Vraiment très bien. Bravo!

Je le laisse ensuite s'amuser de longues minutes dans l'eau chaude, avec la mousse, l'éponge et le savon, l'observant avec un sourire radieux aux lèvres. Il est un miracle. Un vrai petit miracle. Et pendant qu'il s'amuse encore, je me dis que je pourrais peut-être essayer de lui apprendre encore d'autres choses. Je rallume l'eau, pour garder le bain bien chaud pour moi, et en même temps je prends sa main.

Essayons quelque chose. Je m'appelle Steve et tu t'appelles Bucky. Maintenant... comment vas-tu dire la même chose mais pour parler de toi? Puis de moi ensuite?

Je souris pour l'encourager, avant de continuer.

Une fois qu'on s'est lavés, nous sommes propres. Je suis propre et tu es propre. On utilise nous quand on parle de soi et de quelqu'un d'autre. Là, je dis nous parce que je parle de toi, Bucky, et de moi, Steve. Est-ce que tu peux dire la même chose en parlant de toi?
Essaie, n'aie pas peur. Si tu te trompes ce n'est pas grave.


Je commence à me rincer alors que je continue encore, tant que je vois qu'il semble saisir, et qu'il n'éprouve pas de difficultés.

Quand on aime quelque chose, c'est qu'on fait cette chose avec plaisir. Tout à l'heure, j'ai vu que tu jouais avec l'eau. Est-ce que tu aimes l'eau? Tu t'amuses avec l'eau?

Je guette sa réaction, craignant sans cesse d'aller trop vite ou d'être trop compliqué pour lui.


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Mar 19 Avr - 21:52

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Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Alors que tu joues avec l'eau, tu ne vois pas le sourire sur ses lèvres et surtout, tu ne lis pas la joie qui fait pétiller son regard. Tu ne te rends pas compte du miracle que tu es à ses yeux. Toi qui il y a quelques minutes pensait le décevoir, tu ne saisis pas à quel point tu es loin de la réalité. Tu ne comprends pas que tu ne pourras jamais vraiment le décevoir. Le simple fait de te voir bouger et parler, remplit Steve d'une joie qui réchauffe son être peut-être plus que le bain que vous êtes en train de prendre. Alors t'entendre parler, te voir apprendre et commettre des erreurs, c'est fascinant et rassurant pour lui. Parce que c'est la preuve que tu fonctionnes et surtout, qu'il n'a pas passé des années sur ta conception pour rien. Tu fonctionnes, tu vis et à ses yeux, c'est merveilleux. Ainsi, il te pardonne toutes tes erreurs et tes maladresses, comprenant qu'après tout, tu n'as ouvert les yeux qu'un peu plus tôt dans la journée. C'est normal que tu ne saches rien… C'est donc normal que tu aies besoin d'apprendre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Mais en cet instant, tu ne perçois rien de tout ça, tu ne vois que la mousse qui glisse d'entre tes doigts et qui se mêle à l'eau. Tu ne vois que l'instant et ce qui attire pour le moment ton attention. Le mouvement, les choses avec lesquelles tu penses pouvoir jouer… Il est encore loin le temps où tu pourras simplement te perdre dans la contemplation de choses immobiles, à penser à bien des concepts abstraits… Pour l'instant tu as besoin de concret et de mouvement pour que tu y sois attentif… Le reste glisse autour de toi comme si il n'existait pas. Ainsi, tu ne quittes ton jeu avec la mousse que lorsque les doigts de Steve font tourner les robinets, rajoutant un peu d'eau chaude dans la baignoire, venant ensuite tout naturellement croiser son regard à lui. Et un sourire t'échappe quand avec douceur ses doigts viennent chercher les tiens alors qu'il te propose d'apprendre quelque chose d'autre. Tout heureux tu souris à nouveau, pendu à ses lèvres quand tes doigts se referment un peu plus sur les siens. Avec attention tu l'écoutes, fronçant légèrement les sourcils quand il te demande de parler de toi, puis de lui, comme il vient de le faire. Compliqué, ça l'est. Tu as quitté le domaine du concret et maintenant, ce qu'il tente de t'apprendre est plus abstrait mais néanmoins nécessaire pour que tu puisses être enfin capable de t'exprimer plus simplement. Tu réfléchis, longuement peut-être comprenant que c'es plus compliqué que de simplement répéter les mots dans le même ordre que lui. Là… Tu ne peux pas simplement dire que tu t'appelles Steve, déjà parce que ce n'est pas le cas et surtout parce que ce n'est pas ce qu'il veut entendre. Non. Tu es Bucky. Pas Steve. La phrase que tu vas prononcer ne peut pas être la même que celle qui a traversé ses lèvres. Tu regardes une dernière fois l'eau et doucement, presque hésitant, tu construis ta première phrase, rassuré par le sourire que tu vois sur ses lèvres.

"Je m'appelle… Bucky et tu t'appelles… Steve."

Ça semble simple ainsi, mais c'est plus compliqué qu'on ne le pense, pas vrai ? Bien sûr que sais qui tu es et qui il est. C'est juste, compliqué de le dire, de le penser seul sans que l'on te le répète. Mais maintenant… Tu sais comment exprimer cela. Tu sais dire qui tu es et qui il est. Regarde-toi, dans quelques temps tu seras capable de t'exprimer seul… Il continue avec un sourire et tu penches la tête sur le côté, cherchant à comprendre ce qu'il tente de t'apprendre. Tes doigts se raccrochent de nouveau aux siens et doucement, tu tentes d'assimiler le concept d'être propre et surtout de se laver. Ce que tu viens de faire… C'est de laver Steve, comme Steve t'as lavé… Et maintenant… Vous êtes propres. L'idée fait son chemin dans ton esprit et doucement, tu essayes de lui dire ce qu'il a envie d'entendre.

"Je suis propre et tu es propre."

Ça c'est simple. Tu répètes à nouveau. Ce n'est pas ce qu'il veut. Ce qu'il veut c'est que tu parles. Que tu construises tes phrases, que tu réfléchisses. Alors parle.

"Parce qu'on s'est lavés."

Encore une fois, tu ne cherches pas à parler mais tu ne fais que répéter. Ce n'est pas que Steve veut. Il veut que tu réfléchisses, que tu fasses plus que simplement être son perroquet. Tu dois apprendre.

"Je dis nous… Parce je parle de moi, Bucky et de toi… Steve."

Tu souris à nouveau, fier de toi alors qu'il continue, te demandant d'autres choses. Et cette fois tu ne comprends pas ce qu'il veut dire. Tu as beau croiser son regard, tu as du mal. Aimer, plaisir, jouer…  Tu ne sais pas, tu ne comprends pas. Tout ce que tu perçois c'est le mot eau. Ça oui, tu sais ce que c'est. Et oui tu aimes jouer avec, mais pour ce qui est de l'exprimer, c'est autre chose.

"Oui. C'est de l'eau.", dis-tu en troublant la surface de celle qui remplit la baignoire actuellement.

Ce n'est pas ce qu'il veut entendre, mais tant pis. C'est pour l'instant ta manière de prononcer les choses. Tu joues un peu avec, cherchant silencieusement à répondre plus justement à sa question. Si il te parle, tu n'écoutes pas, trop occupé à mettre les mots dans le bon ordre, comparant plusieurs le sens de toutes les questions qu'il a pu te poser ou de toutes les phrases qu'il t'a fait répéter. Et puis… Tu fronces les sourcils, pinçant longuement les lèvres avant de te lancer hésitant.

"Je… J'aime… L'eau. Je joue… Avec l'eau. Je… M'amuse avec l'eau."

Et là ton sourire revient quand tu croises son regard. Fier de toi, tu l'observes, répétant une fois de plus ce qu'il a dit.

"Quand on aime quelque chose, c'est qu'on fait cette chose avec plaisir. Comme… Nous. Toi… Et moi."

Serais-tu en train de lui dire que ça te fait plaisir d'être avec lui dans cette baignoire ? Oui, tu essayes tout du moins.
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Sam 23 Avr - 9:47

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Il s'amuse, simplement. Il sait s'amuser, comme un enfant, sans réfléchir, sans analyser, juste parce que ce qu'il fait lui plait, l'amuse. D'ailleurs, je suis encore et toujours émerveillé, cette fois par le fait qu'il sache s'amuser. Qu'il en ait l'instinct, comme un animal, ou un tout jeune enfant qui prend du plaisir à simplement manipuler les choses et les porter à sa bouche. Il a déjà dépassé ce stade, et est fasciné par le mouvement. Il a déjà compris le principe d'une éponge et de la mousse, et je ris doucement en le voyant tenter d'attraper cet amas de bulles qui éclate sous ses mains. Mon regard se perd sur ses gestes, fluides, précis, qu'il maîtrise déjà merveilleusement bien. J'avais pensé qu'il serait plus maladroit, qu'il ne saurait pas doser sa force, que ses mouvements seraient hasardeux, ou imprécis mais non. Il est criant de vérité et si quelqu'un venait à présent dans la salle de bains il ne saurait dire qui est l'automate et qui est l'humain. Il a presque l'air plus humain que moi, plus beau, plus grand, plus fort, et surtout, sans aucun problème de santé... Une réussite totale... mieux encore que ce que j'avais espéré. Un miracle. Un petit miracle. Enfin non, un miracle immense, parce que maintenant, si tout se passe bien, ma vie va changer. Il sera là, il sera là pour moi, toujours. Il m'aidera, il pourra me soigner mieux que quiconque, et grâce à lui je pourrai peut-être sortir d'ici plus facilement. Me déplacer, voyager, en Angleterre, en France, en Europe, et peut-être même plus loin! Il est mon espoir de voir le monde et que ma vie ne se résume pas à cette immense bâtisse dans laquelle je me sens bien seul... Et je me refuse à envisager le pire. Non... non je ne peux pas. Je ne peux pas.

Allons, cessons ces noires pensées et concentrons nous sur lui. Mon Bucky. Mon espoir. Mon meilleur ami, je l'espère bientôt. Je pourrais passer des heures à le regarder simplement remplir son éponge d'eau, puis la presser pour en faire couler l'eau, et recommencer, jouer avec le savon, l'eau, le tout combiné, avec un sourire aux lèvres. Je n'ai pas envie de sortir de l'eau. Je suis bien, là, avec lui, à le regarder s'éveiller au monde. Et je me dis que, tant qu'à être ici, autant continuer nos leçons, baignant dans une eau chaude et mousseuse. Je lui parle, prends sa main et il a l'air content de participer à ce que je lui propose. Il serre doucement mes doigts quand je commence à lui expliquer des notions un peu plus abstraites, et peut-être un peu compliquées, mais tant pis. Il faut nous lancer! Pourtant j'ai peur de le perdre, de me lancer dans des explications compliquées. Il n'a pour ainsi dire aucun vocabulaire, alors lui faire comprendre un mot qu'il ne comprend pas avec d'autres mots qu'il ne comprend pas davantage... Alors j'essaie, lentement, clairement, enfin le plus clairement que je peux. Je lance les concepts de toi et de moi, ainsi que le nous. Deux personnes différentes qui peuvent former un tout. Maintenant la difficulté va être de comprendre l'inversion des prénoms. D'associer le ''je'' avec lui, celui qui parle, et le ''tu'' avec moi, celui à qui il parle. Je suis suspendu à ses lèvres, l'observant avec attention alors qu'il fronce les sourcils. Il réfléchit. Sous mes yeux, il réfléchit. Il est confronté à un problème et il réfléchit. Mon coeur bat plus vite alors que j'attends sa réponse, pour voir s'il a saisi. Je serre ses mains plus fort quand je l'entends, mon rire envahissant toute la salle de bains.

Oui c'est ça! C'est tout à fait ça, tu as compris! Tu as tout compris! Bravo!

Je continue ensuite, et encore une fois il comble toutes mes espérances quand il comprend le ''nous'' et le fait d'être propres. Il a l'air de saisir aisément les concepts simples. Tentons autre chose de moins évident. L'idée d'aimer quelque chose. Mais comment lui expliquer, quand les termes d'apprécier, prendre du plaisir ou tout autre lui sont inconnus? Pourtant j'essaie, parce qu'il le faut. Parce qu'il a besoin de maîtriser ses notions, même si ce n'est pas nécessaire sur l'instant. Et là je rencontre mon premier échec. Enfin échec... la première difficulté. Et je ne m'en étonne pas. Il aurait été impossible qu'il apprenne tout et aussi vite. Je souris et hoche la tête.

Oui Bucky, tu as raison, c'est de l'eau. Quant tu veux jouer avec l'eau, que tu as envie de mettre les mains dans l'eau et t'amuser, ça veut dire que tu aimes faire ça. Tu comprends?

Il réfléchit à nouveau, se concentrant sur ce que je dis, sur le problème que je lui propose, qui a besoin d'une solution, et avant une solution, d'une réflexion. Je l'observe, notant presque les ébauches de pensées qui se forment et circulent dans son esprit. Les secondes passent, et rien ne trouble le silence à part le clapotis de l'eau chaude qui remplir encore un peu la baignoire avant que je ne ferme les robinets. Allez. Allez mon Bucky. Tu peux le faire. Tu peux le faire. J'attends encore, un sourire aux lèvres, alors que les mots passent timidement ses lèvres.

Oui c'est excellent! Tu aimes l'eau Bucky! C'est exactement ça! Tu aimes l'eau!

Il sourit, et semble content de lui, content d'avoir fait une réponse qui me satisfasse. Je suis tellement fier de lui... de la rapidité avec laquelle il arrive à saisir, comprendre et maintenant restituer toutes ces choses que je lui apprends. Bon sang... c'est merveilleux. Extraordinaire même. Une prouesse. Puis il parle à nouveau et je lui souris en l'entendant répéter ce que veut dire aimer quelque chose. Je suis sur le point de hocher la tête et de le féliciter quand j'entends la suite de sa phrase. Et si auparavant ma maigre poitrine était gonflée de fierté, maintenant elle se serre et je réprime à peine un sanglot alors qu'il m'explique qu'il aime être avec moi.

Je... moi aussi j'aime être avec toi Bucky...

Et sans hésiter je viens passer à nouveau mes bras autour de son cou, retenant difficilement mes larmes. Je ne lui ai rien demandé, je ne l'ai pas obligé à dire ça, et pourtant il me dit qu'il est content d'être avec moi. Qu'il est heureux. Il ne sait même pas encore totalement cette idée, ni même le concept d'aimer, mais la première chose qu'il trouve à aimer, la première qui lui vient à l'esprit en parlant d'aimer quelque chose... c'est moi. C'est le fait d'être ensemble. S'il savait. S'il savait à quel point il vient de me rendre heureux à ces simples paroles. S'il pouvait imaginer tout ce qu'elles représentent. mais il ne le sait pas. Il apprécie quelque chose alors il me le dit. Je suis la chose qu'il préfère le plus pour l'instant. Moi. Je reste de longues secondes contre lui, sentant ses rouages sous sa peau synthétique, et ses bras qui me gardent contre lui.

Je suis tellement fier de toi Bucky... tellement fier... Si tu veux on va passer beaucoup de temps ensemble... et il y a encore tellement de choses que j'ai envie de t'apprendre... Tellement...

Je reste de longues minutes ainsi, à juste apprécier d'avoir quelqu'un que je peux à nouveau prendre dans mes bras, avant de me reculer, m'essuyant les yeux.

Bien, il est temps de sortir du bain. Il va falloir que tu m'aides à sortir d'ici, de la même manière que tu m'as installé là. Mais avant, j'ai quelque chose qui va t'amuser. Regarde...

J'ôte le bouchon de la baignoire et m'amuse de le voir contempler l'eau qui baisse, puis le tourbillon qui se forme au niveau du siphon. Une fois l'eau vidée je nous rince rapidement.

Maintenant tu es propre et rincé. Tu vas sortir de l'eau, et ensuite m'aider à sortir de la baignoire. D'accord? Tu vas m'installer sur cette chaise là bas. On essaie?

Je le regarde faire, guettant avec nervosité sa sortie de la baignoire, et craignant qu'il ne glisse et ne se blesse, mais par chance tout va bien. Je lui souris, tendant ensuite les bras vers lui.

Une dernière chose Bucky. Tu as très bien fait la dernière fois mais tu peux faire encore mieux. Une de tes mains va se poser là pour me soulever. Et l'autre sous mes genoux. Comme ça.

Je lui désigne les endroits du corps et lui montre rapidement comment faire, avant de tendre à nouveau les bras vers lui.

Allez, on va y arriver!


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Dim 24 Avr - 9:52

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Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Tu es si étrange. Tu commets des actes, tu prononces dont des mots et des concepts dont la portée t'échappe. Tu exprimes avec une sincérité qui n'est propre qu'aux êtres de ton genre, sans te rendre compte des conséquences de l'honnête dont tu fais preuve. Pour toi, il est logique de dire à Steve que tu aimes être avec lui, tout comme il est logique de lui dire que tu aimes l'eau… Mais tu ne saisis pas ce que cela peut représenter pour Steve, tu ne rends pas compte à quel point ça le touche… Non pour l'instant, il n'y a aucune barrière entre ce que tu penses et ce que tu dis… Si tu peux exprimer quelque chose, tu le diras à Steve, parce que ça te semble la bonne chose à faire. Alors si pour l'instant tu n'as que des mots qui réchauffent le coeur de ton créateur, que feras-tu le jour où tu auras une parole qui pourra le blesser ? Comprendras-tu qu'un être humain est plus complexe que toi ? Peut-être, espérons en tout cas. Mais en attendant, tout ça n'a pas d'importance, pour l'instant, tu ne fais que lui dire que tu aimes être avec lui, parce que c'est le cas. Tu aimes quand il te parle, tu aimes quand il croise ton regard ou quand il prend ta main… Tu aimes tout cela. Tu aimes apprendre avec lui, donc tu lui dis. Avec tes mots certes, mais quand tu parles de ce "nous", tu regroupes un peu tout cela dedans. Tu apprécies d'être avec Steve et pour rien au monde tu ne voudrais être seul. C'est marrant comme tu en reviens à cette pensée primitive que tu avais un peu plus tôt… Celle où tu te disais que tu n'aimais pas que le centre de ton univers s'éloigne trop de toi, où tu avais besoin qu'il soit non loin de toi et que tu voulais qu'il te dise de venir le rejoindre… Tu ne penses pas à tout cela évidemment, non, en cet instant, tu ne fais que croiser son regard et lui sourire, ne comprenant pas, ne percevant même pas ce qu'il ressent. Tu ne vois pas l'émotion qui étreint son être si fragile, ni même la joie qui se cache derrière un sanglot qui ne demande qu'à s'échapper d'entre ses lèvres. Non, tout ce que tu perçois, ce sont ses mots qui te font avoir un autre sourire. Il aime être avec toi. Tu n'avais besoin que de ça, que de savoir que Steve appréciait autant que toi d'être en ta compagnie. Alors tout heureux, tu refermes à nouveau tes bras autour de lui quand il vient se nicher dans tes bras, le gardant tout contre toi. Tes yeux se ferment et tu souris plus doucement en sentant son coeur battre contre tes rouages. Tu ne sais pas encore qu'il a un coeur et tu ne sais rien du fonctionnement d'un coeur humain… Mais tu as été conçu pour être capable de le soigner, de faire attention à lui. Tu es donc capable de percevoir les battements de son coeur avec grande précision, et si pour l'instant tu ne t'alarmes pas de sentir son coeur battre d'un rythme incontrôlé, tu te laisses tout du moins bercer par celui-ci, l'écoutant battre tout contre tes rouages mécaniques. Ça aussi tu aimes. Tu aimes quand il vient dans tes bras et que tu as le droit de le toucher. Ça te fait plaisir, et sans hésiter, tu lui dis.

"J'aime être avec toi Steve."

Encore une fois, tu ne te rends pas compte de ce que tu dis. Tu ne fais que lui avouer avec sincérité ce que tu penses ressentir, sans prendre conscience de ce que cela produit chez lui. Tu ne sens pas sa gorge se nouer ou un frisson glisser sur son échine et sa peau. Tout ce que tu sais, c'est que Steve est dans tes bras, et que tu n'as pas franchement envie de le lâcher. A tel point que quand il recommence à parler, t'avouant bien des choses qui te font sourire mais dont certaines t'échappent encore, tu le serres un peu plus contre toi, craignant presque qu'il puisse un jour te quitter. Tu ne saurais pas quoi faire si cela arrivait… Mais tu n'y penses pas pour l'instant, non, là tu le gardes simplement contre toi, le laissant partir à regret quand il se recule, t'annonçant que le bain est terminé. Tu hoches doucement de la tête, ton attention drivant ensuite sur ce qu'il souhaite te montrer. Il tire sur quelque chose et d'un coup, l'eau commence à disparaitre. Tu fronces les sourcils et du bout des doigts tu cherches à retenir l'eau, ne comprenant pas où celle-ci va et plus le niveau de l'eau baisse, moins tu comprends… Jusqu'à découvrir le siphon et le tourbillon qu'il crée. À nouveau tes doigts tentent de l'attraper mais tout t'échappe. La baignoire est désormais vide et toi, tu décides que l'eau n'est pas vraiment pas une bonne compagne pour jouer. Toujours à te fuir. Ce n'est plus amusant à force. Vous vous retrouvez nu, l'un face à l'autre dans la baignoire et tandis que tu observes le siphon, Steve s'occupe de vous rincer, t'expliquant en même temps ce qu'il fait.

"Je suis propre et rincé."


Même si il ne t'a rien demandé, tu répètes et lui prouve une fois de plus que tu sais construire des phrases qui ont du sens. Est-ce qu'il est fier de toi ? Sûrement. Même si il doit aussi s'émerveiller de te savoir capable de prendre ta première initiative. Certes ton premier sourire en était une aussi, mais là, c'est un peu différent non ? Tu parles sans qu'il te demande de répéter quoi que ce soit. Tu lui dis ça pour lui montrer que tu comprends. Peut-être est-ce un début de dialogue… Peut-être qu'à un moment, vous serez capable de parler… Peut-être. Mais pour l'instant, tu dois l'écouter…Tu dois apprendre et comprendre. Ton regard vient croiser le sien et sagement, tu l'écoutes, comprenant que tu dois sortir, puis le faire sortir et ensuite l'assoir dans la chaise là-bas. Simple. La même chose qu'avant, mais dans l'autre sens. Tu hoches de la tête et lentement, tu te redresses, prenant appuie sur les rebords de la baignoire, et une fois debout, tu enjambes simplement celle-ci, te retrouvant sur le carrelage de la salle de bain que tu inondes presque. Tu es peut-être rincé mais pas sec, l'eau roule sur ta peau synthétique, venant créer à tes pieds des flaques. Tu te tournes ensuite vers lui, et lui offre un sourire qui va de paire avec celui qu'il t'adresse, tendant déjà les bras vers lui pour le porter hors de la baignoire… Seulement tu t'arrêtes quand il te dit que tu pourrais faire mieux qu'avant. Curieux tu penches la tête sur le côté, écoutant ses instructions alors que ton regard court sur son corps. Bien. C'est simple. Un bras sous ses genoux, l'autre dans son dos… Et tu le soulèves. C'est simple, si simple de faire mieux. Il tend de nouveau les bras vers toi et cette fois-ci alors que tu te penches vers lui, tu l'attrapes comme il te l'a montré. Un bras se glisse sous ses genoux là où l'autre passe dans son dos, et quand tu penses que c'est bon, tu le soulèves sans effort, le ramenant d'instinct tout contre toi. Voilà. Là, c'est bien. Là Steve est bien dans tes bras et tu souries en te disant que tu fais bien. Puis d'un pas lent, tu t'approches du siège dans lequel tu l'installes délicatement. Tes doigts effleurent doucement sa peau et un autre sourire se glisse sur tes lèvres quand tu vois des gouttes d'eau rouler sur son corps. Tu avances une main vers lui et doucement tu attrapes un goutte d'eau qui roule le long de son bras. Puis tu fais de même sur une qui roule le long de son torse et ainsi de suite, tu en viens à caresser sa peau d'une étrange manière, ne faisant, une fois de plus, pas attention aux conséquences de tes actes.
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Mar 26 Avr - 17:09

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Le bain s'achève, et tout s'est déroulé au-delà de mes espérances les plus folles. Il a vraiment envie de veiller sur moi, de faire attention à moi. Et cela sans que je lui demande d'être doux ou délicat. Il s'applique, et semble prendre ça à coeur le fait de vouloir me faire plaisir, de me contenter, ou tout simplement de m'aider. Même s'il n'a pas remarqué que lui peut déjà faire des choses dont je suis incapable. Alors ce n'est peut-être qu'une impression, ou encore la théorie de l'oie qui s'attache au premier être qu'elle voit et qu'elle identifie comme sa mère... mais certains gestes, et ses paroles dépassent tout cela. Rien ne l'a obligé à faire ou dire ça, et pourtant il l'a fait. Pourtant il s'est pris le temps pour moi. Il a mesuré ses gestes pour ne pas me blesser. Pour tout accomplir. Et il vient à peine de s'éveiller. Alors...alors si tout se passe bien. S'il continue ainsi tout en s'éveillant et en apprenant ça pourrait... ça pourrait être merveilleux. Tout comme de sentir déjà ses bras qui me serrent doucement contre lui alors que je n'attendais rien en retour. Que je n'attendais aucune réaction de sa part. Et je me demande si j'arriverai un jour à calmer mon coeur emballé de la sorte.

Alors que je ne suis toujours pas remis de ses paroles si touchantes, j'entreprends de nous rincer après l'avoir observé jouer avec l'eau du bain qui disparait petit à petit dans l'eau. Il semble en colère de ne pas pouvoir saisir cette eau traitresse, puis a l'air de se résigner quand il comprend que toute l'eau est partie, et qu'elle ne reviendra plus. Qu'il ne pourra plus jouer avec elle. Comme un enfant qui semble avoir compris que l'heure de jouer était terminée et qu'il était temps de retourner à ses leçons, il écoute sagement les nouvelles choses dont je lui fais part, les nouvelles choses que je lui explique. Ces idées, ces concepts, tous ces éléments qui ne sont, au final, qu'un assemblage de lettres et de sons mais que ses doigts ne pourront jamais tenir. Jamais. Un monde entier de notions qui pour l'instant ne lui disent rien mais qui vont s'avérer d'une importance capitale. Enfin je commence quand même avec des choses simples et abordables pour l'instant. Et il comprend, encore et toujours, alors qu'il m'annonce clairement qu'il est propre et rincé alors qu'il sort de la baignoire.

Exactement Bucky. C'est très bien.

Puis le moment fatidique. La sortie de la baignoire. Le moment dangereux, pour lui, comme pour moi. Maria a manqué de tomber plus d'une fois en m'aidant à la tâche, et pourtant je suis loin d'être gros. Je lui explique les nouvelles consignes pour l'exercice à venir, et il m'écoute bien attentivement, penchant légèrement la tête de côté, comme les chiens. Ca me fait sourire alors que j'accompagne le geste à la parole, avant de tendre les bras vers lui. Il s'approche doucement, hésite une seconde, puis glisse ses bras où je lui ai montré, alors que je noue les miens autour de son cou. Et sans aucune difficulté il me soulève et fais quelques pas jusqu'au fauteuil dans lequel il m'installe. Il a l'air tellement robuste... on dirait que me portait ne représentait rien. Qu'il n'avait même pas un poids dans les bras. Il fait quelques pas, sans relâcher son étreinte, avant de me déposer délicatement dans mon fauteuil, et il me sourit, alors que nos regards se croisent. Puis c'est là qu'il voit l'eau, encore. Son jeu préféré semble-t-il. Ses doigts viennent cueillir des gouttes sur ma peau encore trempée, et je souris en le voyant faire. Seulement, bientôt, j'ai froid et je commence à frissonner. Presque par réflexe je saisis sa main pour capter à nouveau son attention.

Bucky? C'était parfait. Vraiment parfait. Bravo! Par contre j'aurais encore besoin de toi. Tu pourrais aller me chercher ça. Ca s'appelle une serviette. On s'en sert pour s'essuyer. S'essuyer c'est enlever l'eau sur son corps. Une fois que l'eau est enlevée on dit qu'on est sec.

Il s'exécute et je prends la serviette dans mes mains, me séchant rapidement avant de faire de même pour lui.

Tu vois, je te sèche. Avec une serviette.

Une fois fait je roule jusqu'à la commode, pour en tirer un pyjama. Et si j'arrive à enfiler le haut sans problèmes, le bas est toujours compliqué.

Bucky? S'il te plait? Il va falloir que tu me soulèves encore. Passe ton bras autour de ma taille, pour que j'enfile ça. C'est un pyjama. Un vêtement qui sert à dormir. On essaie?

Je souris, impatient et inquiet à l'idée que ce soit notre premier échec. Pourtant, même si c'est maladroit ça marche, et je lui explique ce que j'attends. On arrive bientôt à vaincre le pyjama, et je retombe, habillé, sur mon fauteuil, un grand sourire aux lèvres.

Bravo! C'est magnifique! Nous y sommes arrivés! C'est bien Bucky! Mais maintenant il faut que toi aussi tu t'habilles. Quand on n'est pas habillé, on est nu. Et à part dans la salle de bains on ne doit pas rester tout nu.

Il se dirige vers ses vêtements abandonnés et je le guide pour qu'il enfile tout dans l'ordre. Si je ne l'avais pas arrêté il aurait mis ses jambes dans les manches de sa chemise... Et en passant j'en profite pour lui faire une leçon vestimentaire, et vérifie qu'il a bien mémorisé ce que je lui ai dit plus tôt. Il s'applique, et je le félicite encore.

Tu es parfait Bucky! C'est très bien! Vraiment très bien!

Une fois prêts tous les deux je l'emmène dans ma chambre et je m'installe derrière ma table qui me sert à dîner. Les autres repas, je les prends avec Maria, mais le soir, je mange seul ici, ou parfois elle me rejoint, mais pas dans la salle à manger. En général je suis fatigué et rester ici me fait du bien. Elle ne devrait plus trop tarder d'ailleurs, et en attendant je lui présente ma chambre.

Ici c'est ma chambre. C'est un endroit où j'aime passer du temps. Je joue avec les livres. Et je dors ici. Dans ce qui s'appelle un lit. Un lit sert à se reposer. C'est fermer les yeux un très long moment et après on va mieux. C'est quelque chose dont j'ai besoin mais pas toi. Toi tu n'as pas besoin de dormir... Tu peux observer tout ce que tu trouves ici, et si tu as une question demande moi. Quand on ne sait pas ce qu'est une chose, on demande : Qu'est-ce que c'est. D'accord? Alors je t'écoute.


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Mer 27 Avr - 15:38

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Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Du bout des doigts, tu joues avec les gouttes d'eau qui roulent sur la peau humide de Steve. Sans te rendre compte que tu devrais faire autre chose, tu devrais l'aider à se sécher, à se rhabiller, mais non. Tu es bien trop occupé à jouer avec les gouttes d'eau qui roulent sur sa peau et qui inlassablement te fuient. C'est agaçant pas vrai ? De vouloir avec elles et de les voir sans cesse t'esquiver ou éviter le bout de tes doigts… Tu ne demandes pas grand chose pourtant… Tu veux juste jouer avec elles, tu ne comprends pas d'ailleurs pourquoi l'eau est si capricieuse… Pourquoi vouloir jouer si c'est pour au final refuser de le faire avec toi ? Non… Vraiment, l'eau n'est pas une bonne compagne de jeu… Tu ferais mieux de revenir t'occuper de Steve, lui a toujours envie de te parler, de t'apprendre des choses et de croiser ton regard. Lui n'est pas comme l'eau. Lui ne cherche pas à te fuir… Et pourtant, en cet instant, tu préfères la compagnie fuyante de l'eau que Steve qui n'a d'yeux que pour toi. C'est lui que tu devrais regarder avec un sourire et tu ne devrais pas caresser sa peau de la sorte pour l'eau qui roule dessus mais simplement pour le plaisir de croiser son regard. Mais encore une fois, c'est très certainement trop tôt pour toi. Pour qu'il récupère ton attention, il faut qu'il attrape ton poignet et prononce ton prénom. Là oui, tu oublies l'eau et c'est son regard que tu viens chercher, un léger sourire aux lèvres. Tu ne vois pas qu'il frissonne, et ne conçois même pas qu'il puisse avoir froid, te demandant plutôt ce qu'il va te demander maintenant. Vous êtes propres, rincés… Tu ne vois pas ce qui pourrait aller après tout cela. Tu as beau chercher dans ton esprit encore limité, rien ne vient. Aucun concept, aucune idée… Tout ce que tu vois pour l'instant, c'est son regard et son corps si frêle qui il n'y a pas une minute était dans tes bras. Une fois de plus il te félicite, te disant que tu as bien fait et comme depuis le début, ça te fait plaisir, ça t'arrache même un autre sourire. Parce que tu aimes bien faire… Tu aimes lui faire plaisir. Tu aimes être son Bucky. D'une voix douce et pareil à une caresse il te demande de lui ramener quelque chose qui t'es inconnu. Et si tu fronces les sourcils au début, c'est en suivant son doigt qui te désigne quelque chose derrière toi que tu comprends ce qu'est une serviette. Tu regardes l'épais tissu qui attend, pendu sur un porte-serviette, t'approchant lentement de celui-ci pour la saisir. Tu ne sens pas que le tissu est doux et moelleux sous tes doigts mais ça ne t'empêche pas de le caresser, répétant doucement les mots de Steve.

"C'est une serviette… On s'en sert pour s'essuyer, pour enlever l'eau sur son corps. Une fois que l'eau est enlevée, on dit qu'on est sec."

Avec un sourire, tu lui offres cette serviette, l'observant se sécher, la tête penchée sur le côté. Fasciné tu l'observes faire, te demandant si des fois tu devras le faire pour lui, comme tu dois l'aider à entrer et sortir de la baignoire ou si pour ça, il n'a pas besoin de toi. La question ne se formule pas ainsi dans ton esprit, mais l'idée y est. Tu peines encore à comprendre ce que tu dois faire ou non pour lui… Tu peines à comprendre l'utilité que tu as… En réalité, tout ce que tu sais c'est que tu es là pour l'aider… Mais pourquoi ? Tes réflexions primitives sont interrompues par Steve qui vient poser la serviette sur ta peau, t'expliquant une fois de plus ce qu'il fait. Tu baisses légèrement les yeux et croise son regard, souriant doucement.

"Tu me sèches… Avec une serviette…"

Ça ne te semble pas être grand chose et pourtant, voilà que tu construis à nouveau tes propres phrases… Tu ne te contentes pas de répéter bêtement mais tu assimiles désormais, tu apprends. Oui il est en train de te sécher, de retirer l'eau de ton corps et bientôt, grâce à la serviette tu seras sec. Alors sagement, tu le laisses faire, soulevant peut-être un peu les bras pour l'aider quand tu ne te penches pas ou ne te tournes pas pour l'aider dans sa tâche. Et une fois sec tu souris à nouveau, effleurant du bout des doigts ta peau synthétique.

"Je suis sec."

Mais Steve n'écoute pas, ou du moins tu as l'impression qu'il ne t'écoute pas. Pendant que tu vérifies avec un sourire que tu es effectivement sec, lui roule vers un meuble pour tirer de nouveaux vêtements. De loin, tu l'observes faire, pensant simplement qu'il enfile une nouvelle chemise. Seulement, voilà, bien rapidement il se tourne vers toi, te demandant de nouveau de l'aide. Tu t'avances vers lui au moment même où il prononce ton prénom, écoutant sagement ce qu'il te demande.

"C'est un pyjama…"

Tu te penches lentement vers lui, posant avec délicatesse tes deux sur ses hanches avant de le soulever. Alors oui, c'est maladroit et la première fois, tu es obligé de le rassoir dans son fauteuil quand il te dit qu'il ne va pas pouvoir enfiler son bas de pyjama. Tu fronces les sourcils et semble réfléchir. Tu ne peux pas simplement l'attraper… Ça ne marcherait pas ainsi… Alors tu essayes autre chose… Au lieu d'attraper ses hanches, tes doigts se referment autour de ses chevilles et lentement tu l'aides à enfiler une jambe, puis l'autre… Jusqu'à simplement, le soulever sous les aisselles pendant que lui termine de remonter le bas de son pyjama sur ses hanches. Steve a un léger rire quand il retombe dans son fauteuil, propre et désormais habillé, te félicitant longuement avant de te dire qu'il est temps pour toi aussi de t'habiller. Tu hoches de la tête et lui tourne le dos, cherchant tes vêtements qui traînent par terre, répétant doucement.

"Quand on n'est pas habillé, on est nu… Et à part dans la salle de bains, on ne doit pas rester tout nu."

Lentement tu saisis un nouveau concept. Celui d'être nu. C'est étrange… Peux-tu vraiment être nu ? Contrairement à lui, tu n'as rien à cacher, aucune idée de la pudeur et aucune gêne. Tu ne peux même pas avoir honte de ce que tu es… Alors… À part faire tourner de l'oeil Maria ou le reste des domestiques… Ta soit-disante "nudité" reste un concept étrange. Mais tu l'acceptes. Si Steve dit que ce n'est pas bien, tu veilleras à toujours être habillé. Et c'est pour ça que déjà, tu ramasses tes vêtements, cherchant à les remettre avant d'être arrêté par Steve au moment où tu essayes d'enfiler ta chemise comme si c'était un pantalon. Ton regard vient chercher le sien alors qu'il commence à t'expliquer que ta chemise ne se porte pas ainsi. Mais qu'elle se passe sur les épaules. Tu commences à faire tourner celle-ci entre tes mains, en cherchant le sens, observant du coin de l'oeil Steve t'expliquer comment l'enfiler. Il te faut plusieurs essais avant d'enfin mettre le bon bras dans la bonne manche, souriant doucement alors que tu murmures plus pour toi même que pour Steve.

"Ceci est une chemise…"

Et alors que tu reboutonnes celle-ci, tu repenses à Steve et à la sienne que tu as dû lui retirer…  Tu repenses aussi à son pantalon, c'est chaussettes et au reste… Et rien que de penser à ça… Le reste semble plus facile. Finalement, s'habiller… C'est comme se déshabiller, mais dans l'autre sens. Enfiler ton pantalon devient plus simple, pareil pour tes chaussettes et une fois que tu as terminé, tu te tournes vers lui, lui offrant un grand sourire avant de désigner un à un les vêtements que tu portes.

"Un pantalon et des chaussettes.", dis-tu en désignant du doigts les différents vêtements avant de lui offrir un grand sourire.

À nouveau il te félicite et tu souris, rassuré d'être capable de lui prouver que tu peux bien faire, que tu peux être son Bucky qui ne connait aucun échec. Car oui, même si tu n'as pas encore idée de ce que ça peut-être d'échouer, tu te souviens de ce moment où tu n'as pas su faire, où tu as sentis que tu l'avais déçu d'une certaine manière. Même si il ne t'avait pas grondé ou quoi, tu avais vu dans ses mots et dans ses explications l'ombre d'un reproche. Et pour rien au monde tu n'aimerais qu'il recommence. Non. Tu aimerais qu'il soit toujours fier de toi, qu'il te dise sans cesse que tu fais bien… Sans voir que tu ne pourras pas tout le temps bien faire, même si tu es une machine, tu dois apprendre… Et apprendre implique de faire des erreurs. C'est en tombant que l'on apprend à marcher, pas vrai ? C'est dur pour le monde d'accepter ce principe, mais comme les autres, tu vas devoir accepter de faire des erreurs pour être ce que Steve veut que tu sois. Maintenant que tu es habillé, Steve te demande de le suivre et tout les deux, vous quittez la salle de bain, retournant dans la pièce que Steve t'as montré au préalable. Sa chambre te souviens-tu…  Tu hoches doucement de la tête quand il te le confirme, ajoutant ensuite qu'il aime bien être, où il joue avec des livres… Jouer avec des livres. C'est étrange. Tu trouves que les livres ne sont pas de bons compagnons de jeu… Si les pages sont amusantes à tourner, c'est rapidement moins intéressant que la pluie ou autre chose. Mais tu acceptes. Steve préfère les livres à l'eau. Tu notes cela dans un coin de ton esprit, l'écoutant ensuite te parler de ce que c'est de dormir. Tu fronces les sourcils, presque déçu que ça non plus tu ne puisses pas le faire.

"Je n'ai pas besoin de dormir… Comme manger et boire…"

Tout ça… Ce n'est pas pour toi. Tu ne ressens ni la faim, ni la soif et ni la fatigue. Et si beaucoup aimeraient être dans ton cas, tu trouves ça frustrant pour ta part. Car pour l'instant, tu as l'impression de ne rien pouvoir faire. Steve peut manger, boire, dormir et toi, tu ne peux que prendre un bain avec lui et jouer avec l'eau. Ça te semble si peu, mais tu ne dis rien, te contentant d'accepter le fait que tu ne peux pas dormir comme lui. Tu ne peux pas t'allonger, fermer les yeux un long moment… Mais tout ça passe. Comme le reste, c'est rapidement remplacé par autre chose. Avec un sourire, Steve te dit que tu peux demander ce que tu veux et t'expliqueras. Tu penches la tête sur le côté et après une longue seconde à simplement l'observer, tu t'autorises enfin à laisser ton regard se perdre dans la découverte de sa chambre.

"Qu'est-ce que c'est…", dis-tu alors que tu t'avances dans la chambre, ne désignant rien pour l'instant.

À vrai dire… Tu ne sais pas par quoi commencer. Il y a tant de choses qui t'attirent : le feu dans l'âtre, les lampes près de son lit, les nombreux bibelots qui composent la décoration de sa chambre. Il y a tant de choses dont tu veux connaître le nom et l'utilité… Tu t'approches de la cheminée pour lui demander à propos du feu, mais c'est autre chose qui attire ton attention. C'est ton propre reflet qui te fascine. Pour la première fois, tu te vois réellement. Et c'est perturbant. L'homme qui semble se tenir face à toi te perturbe. Grand, brun aux cheveux longs avec des yeux qui ont la même teinte que ceux de Steve, cet inconnu te fait légèrement reculer. C'est toi. Tu tends une main vers le miroir avant de suspendre ton geste, voyant que l'autre homme fait de même. Tu n'aimes pas ça… Ça te dérange, ça te fait presque peur… C'est irraisonné mais… C'est toi… ? Tu penses sans savoir, sans être sûr. Tu t'approches à nouveau, tendant la main vers ton reflet. Vos doigts semblent se toucher et une fois de plus tu ne sens rien, juste le regard de cet autre toi…  Sans t'en rendre compte tu accentues la pression sur le miroir et d'un coup, celui-ci se fend, te faisant de ce fait reculer. Tu l'as brisé et paniqué, tu regardes désormais ton reflet déformé.
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Dim 1 Mai - 17:30

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Encore une chose que nous avons faite tous les deux. Et avec cette activité, ce sont tant de nouvelles idées, de nouveaux savoirs qui se sont ajoutés à ceux qu'il avait déjà. Des concepts, des mots, et petit à petit une façon de pensée. Des concepts même, comme celui d'aimer quelque chose. Aimer être avec moi, entre autres, qui m'avait presque fait pleurer de joie. L'idée de sec et mouillé. Les vêtements. S'habiller, se déshabiller, se sécher, se savonner, se rincer... Et surtout, il a commencé à comprendre comment m'aider. Comment il allait pouvoir m'épauler dans toutes les tâches du quotidien qui sont si dures pour moi. Mais maintenant il est là. Il sera là, et il saura l'aider. Il saura prendre soin de lui comme personne, et rester à ses côtés encore et toujours. Il allait l'aider à aller mieux, ou tout du moins contenir sa maladie. L'empêcher de devenir trop grave. Chacune de ses découvertes, chacun de ses progrès me remplit de joie et d'espoir, à l'idée que mon quotidien sera plus doux avec quelqu'un qui saura me soigner, mais également, qui sera heureux d'être à mes côtés.

Tout ça en une journée, en quelques heures à peine. Alors qu'est-ce que ce sera dans quelques jours, quelques semaines. Voire quelques mois? Ca sera parfait. Merveilleux. Comme... comme une nouvelle naissance. Un renouveau. Comme une partie de mon corps qui me manquait jusqu'à présent et qui marche maintenant. Tellement d'espoir. Tellement... tellement de choses que je ne saurais les dire. Simplement, je veux qu'il évolue encore, s'ouvre au monde, au sens, aux sentiments, et surtout, que malgré tous ses savoirs, il reste près de moi parce qu'il m'aimerait. Qu'il choisisse de ne pas me quitter, mais au contraire, de demeurer à mes côtés. Enfin, nous aurons le temps pour cela. Et surtout, il vaut mieux que j'arrête de voir les choses en noir alors qu'il est à peine éveillé. Oui. Occupons nous d'abord de lui... et de ce qu'il a déjà pu faire pour moi. M'aider à me mettre dans la baignoire. Me laver. M'en sortir et me sécher tout comme m'habiller. Voilà déjà des choses que Maria ne sera pas obligée de faire pour moi. Et je n'ai pas envie qu'un parfait étranger vienne à me voir ainsi, dans des situations qui sont humiliantes, que je ne veux pas exposer à n'importe qui, même si je le paierai pour le faire. En lui... je pourrais avoir confiance. Il ne me verrait pas comme le vermisseau pathétique que je suis mais juste...comme un ami qui a besoin de lui. Ca serait merveilleux. Mais bref.

Nous rentrons dans ma chambre, propres et vêtus, et je le laisse découvrir l'espace où je passe le temps que je consacre pas à l'atelier. Alors qu'il contemple ce qui l'entoure, je repense à sa douceur, à une certaine forme de réflexes qu'il semble avoir pour moi, comme si d'instinct, il savait comment m'aider. Maladroitement, certes, mais ses gestes sont là. Ce qui me remplit de bonheur.

J'ai un léger rire alors qu'il demande qu'est-ce que c'est sans désigner quelque chose en particulier, déambulant de façon vague dans la pièce.

Il faut que tu me montres quelque chose pour que je te dise ce que c'est Bucky!

Je reste près de lui, et le suis du regard alors qu'il s'approche du feu. C'est vrai que c'est quelque chose qui l'avait déjà intrigué dans les autres pièces, mais il n'avait pas eu le temps, ou le réflexe de me demander. Enfin, il ne savait pas comment faire, jusqu'à présent. Son regard reste fixé sur lui avant de tomber sur le miroir. Et comme on pouvait s'y attendre il est surpris. Il est surpris de se trouver nez à nez avec quelqu'un qu'il ne sait pas encore être lui. Je l'observe s'étudier, bouger, avancer la main puis la reculer. Son visage se teinte d'émotions, comme la surprise, puis l'incompréhension et enfin la peur. Tout ça est bien nouveau. Puis il tend à nouveau sa main, ses doigts vers la glace. Je souris quand il touche son reflet, avant de sursauter lorsqu'un craquement se fait entendre, et que le verre se fendille, créant une toile d'araignée. Bucky aussi est surpris et recule d'un pas. Je sens qu'il est perdu alors je viens près de lui et prends sa main.

Doucement, doucement Bucky. Ce n'est rien. Ce n'est rien. L'objet que tu as là s'appelle un miroir. Ca sert à se regarder et à se voir. Ce que tu vois, c'est toi. Ne bouge pas, je te montre.

Je croise son regard puis lève mon autre main que j'agite doucement, mon reflet faisant de même.

Tu vois? Je suis à côté de toi dans le miroir comme je suis avec toi ici. Ce que tu vois c'est toi. C'est Bucky. Tu te vois. Et je me vois.

Il hoche la tête, semble réfléchir, puis arrive encore une fois à me surprendre. Je le félicite, le rassure, avant que je n'entende le pas de Maria dans le couloir, ou plutôt le bruit de ses clefs qui tintent sur ses hanches à chaque pas. Elle entre dans ma chambre et pose le plateau supportant mon dîner sur mon bureau. Puis elle se tourne et pose ses mains sur ses hanches en voyant le miroir fendillé.

Il commence déjà à briser des choses? Steve je vous avais prévenu!
Maria, il s'apercevait juste pour la première fois. Il a tendu la main vers la glace et n'a pas senti sa force.
Et qui me dit que cette chose ne vous blessera pas?
Il vient de me faire prendre mon bain. Il m'a installé dans la baignoire, il m'a aidé à me déshabiller, me savonner et me sortir de là. Il sait même m'aider à m'habiller.


Là je vois de la surprise sur son visage.

Vous êtes sûr? Rien de dangereux? Pas de méchanceté?
Non, au contraire! Il m'a même dit qu'il aimait être en ma compagnie!
Peut-être l'a-t-il répété comme un singe savant? Ou un de vos automates?
Je ne lui avait rien demandé. Il a dit ça tout seul!
Moui. Alors j'espère que ça va continuer. Je ne veux pas vous voir blessé par cette chose.
Je vous le promets Maria.
Bien. Au moindre problème, appelez-moi.
Oui Maria, vous avez ma parole.


Elle reste une seconde à regarder Bucky avant de tourner les talons et disparaître. Je me rapproche de la table et jette un oeil au plateau.

Ceci est mon repas. Je vais le manger. J'en ai besoin. Toi tu n'as pas besoin de manger. Tu as de la chance!

Je souris tout en buvant une gorgée d'eau.


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Jeu 5 Mai - 18:29

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Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Encore une fois tu ne te rends compte de rien. Tu ne comprends pas encore ce que tu es et encore moins ce dont tu es capable. Tu n'as compris que le miroir était une chose fragile et tu ne perçois toujours pas ta propre force. Ce sera peut-être long pour toi que tu comprennes que tu pourrais briser n'importe quoi entre tes doigts. Tu pourrais briser Steve avec une telle facilitée… Certains trouveraient ça grisant mais toi ? Non, si tu t'en rendais compte maintenant, tu n'oserais même plus le toucher. Tu demanderais presque à ce qu'il te désactive… Simplement parce que tu ne veux pas de faire de mal à ton Steve. Non, tu ne t'en remettrais pas. Tu dois l'aider… Pas lui faire subir le sort qu'a connu le miroir sous tes doigts. Mais pour l'instant, tout ceci ne t'atteint pas, pas encore et même sûrement jamais. Non, pour l'instant tu ne fais que contempler le miroir brisé face à toi, ne comprenant pas ce que tu as fait. Tu n'as pas eu l'impression d'être brutal avec cette surface qui ne faisait que refléter ta personne. Non, tu voulais juste comprendre qui était cet homme dans le miroir qui faisait les mêmes choses que toi… Tu voulais simplement découvrir et apprendre… Tu n'as jamais pensé à faire mal. Jamais. Tu voulais apprendre aux côtés de Steve. Mais c'est trop tard… Steve s'approche déjà de toi et pendant une seconde,  tu te dis qu'il va te réprimander, te dire que tu fais mal et que pire, tu aurais d'abord dû lui demander avant de toucher. Déjà sur tes traits, Steve peut y lire la peur, la déception et la tristesse. Un étrange mélange que tu n'éprouves pas encore et qui pourtant est bien là. C'est étrange, mais rapidement Steve vient faire disparaitre tout ça. Sa main attrape la tienne et tu t'y raccroches avec force, espérant de tout ton être mécanique qu'il ne va pas t'en vouloir. Mais ce n'est pas le cas. Steve a toute la patience du monde pour toi… Et il l'aura toujours. Il te donnera tout, absolument tout. Et pour l'instant, il t'explique ce qu'est la chose que tu viens de briser du bout des doigts. Ton regard se reporte sur cette chose qu'il te décrit comme étant un miroir.

"Un miroir… Ça sert à se regarder et à se voir…" murmures-tu pour bien lui faire comprendre que tu as compris.

Et pourtant, tu ne répètes pas que c'est toi que tu vois. Très certainement parce que tu n'arrives pas à admettre ou à comprendre que c'est bien le cas. Ce n'est pas que tu es sceptique mais simplement que peines à faire le lien entre ce reflet, cet homme qui te regarde et toi. Est-ce vraiment toi ? Es-tu vraiment cet homme brun aux cheveux longs ? Tu peines à le croire, et même à le penser. Et pourtant, tu ne réalises pas que tu es le portrait craché de cet ami et ancien amour qu'il a perdu. Mais ça viendra… Un jour tu réalisera que tu es loin d'être unique et que tu n'es qu'une tentative de conserver le passé et de le revivre. Tu n'es pas Bucky… Tu es le Bucky qu'il aurait ne jamais perdre. Steve lève la main et c'est surpris que tu la vois apparaitre dans le miroir. Alors c'est donc vrai ? C'est bien toi qui est cet homme aux cheveux longs. C'est bien toi. Tu fronces légèrement les sourcils. Il te voit ainsi. Bien des choses traversent ton esprit en cet instant. Tu ne sais pas si tu aimes ou non. Tu ne sais pas si ça te convient ou pas. Tu ne sais rien. Ton esprit n'est pour l'instant qu'un grand vide qu'il faut combler.

"C'est moi. C'est Bucky. Je me vois. Et tu te vois."

Tu sembles déjà plus y croire. Oui c'est toi… Toi et toi seul. L'unique Bucky de Steve. C'est bien, maintenant tu sais à peu près à quoi tu ressembles et d'une certaine façon, tout ça a du sens et ça te rassure. Maria pénètre dans pièce et si tu as pour elle un regard, tu l'oublies rapidement, préférant contempler ton reflet plutôt que d'écouter une conversation que tu ne comprends pas. Du bout des doigts  tu viens effleurer à nouveau le miroir, répétant doucement, encore et encore les mêmes mots, comme pour te convaincre de quelque chose.

"C'est moi… Bucky… Et je me vois…"

Tes doigts suivent le tracé des fêlures, comme si tu en apprenais le parcours et les motifs pour une raison qui n'appartient qu'à toi. Tu ne sais pas si en cet instant tu cherches à comprendre quelque chose ou si tu es juste fasciné par tout ceci. Le miroir te renvoyait bien mieux ton reflet avant que tu ne poses ta main dessus, et lentement, tu commences à te demander si tout les miroirs feraient ça si tu les touchait. La conversation se fait sans toi et c'est uniquement lorsque vous êtes seuls, que tu te tournes à nouveau vers Steve, laissant le miroir au mur. Tu souris doucement à Steve, l'observant s'approcher de son plateau sans un mot. Mais c'est quand il te parle que tu fronces les sourcils. Pas parce que tu ne comprends pas, mais parce qu'il te parle de quelque chose que tu connais comme si tu ne savais pas.

"Steve. Tu répètes."

Voilà ta réponse. Ton ton n'est pas sec mais il est le témoin de cette affirmation. Tu sais. C'est ce que tu aimerais lui dire. Tu sais que tu ne peux pas manger, boire et prendre des médicaments. Tu n'as le droit qu'aux bains et à Steve. Le reste tu n'en as pas besoin.

"Pas manger, pas boire."

Ton regard croise le sien et tu as un léger sourire pour lui, comme si tu lui rappelais ce qu'il t'a enseigné il n'y a pas si longtemps. C'est comme si tu le prenais par la manche et que tu lui soufflais, "tu as vu ? Tu as vu ? Je me souviens…". Voilà ce que ce sourire semble dire. Que tu as bien ait, que tu apprends bien. Que tu fais bien. Et regarde comme il est fier de toi. Les yeux tout humides, il est là à te féliciter à nouveau, te disant que oui, tu as raison. Tout heureux tu l'observes, esquissant un premier rire. C'est une ébauche de rire, un de ceux timides et qui ne demande qu'à devenir un éclat délicieux à l'oreille, mais c'est ton premier. C'est normal qu'il soit encore simple et fade. Mais tu ris. Tu ris parce que tu as entendu Steve le faire par moment, après ou avec un rire, tu l'as entendu faire ça. Et c'est ce que tu lui offres en cet instant. Bien sûr ça ne dure pas, mais ce n'est pas grave… Tu lui en offriras d'autres. Bien d'autres. Mais pour l'instant, tu estimes que c'est bon, et du regard, tu recommences à découvrir du regard la pièce, cherchant la prochaine chose que tu vas découvrir… Et c'est sur le feu qui ronronne dans l'âtre que ton dévolu se porte. Fasciné par les flammes qui dansent sous tes yeux que tu t'approches. Telles les gouttes d'eau, tu sens que cette chose est tout aussi joueuse et capricieuse que l'eau. C'est une chose que tu veux découvrir du bout des doigts. Un sourire se glisse sur tes lèvres alors que tu penses avoir trouvé une nouvelle compagne de jeu.

"Qu'est-ce que c'est, Steve ?"

Les mots glissent d'entre tes lèvres et déjà, tu cherches à effleurer cette chose qui ne demande qu'à te brûler et te consumer.
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Mer 8 Juin - 16:08

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Mon Bucky. Mon espoir. Mon miracle. Et avec de la chance, une immense chance, celui qui pourra prendre la place de mon Bucky à moi, mon meilleur ami, mon frère presque, qu'on m'a enlevé bien trop tôt, en même temps que ma mère. Si seulement le destin m'en avait laissé un pour m'aider à pleurer la perte de l'autre... mais là, on me les a terriblement arrachés, en même temps, et c'est comme si on m'avait arraché le coeur deux fois de suite, coup sur coup. Pendant des jours je n'ai pas mangé, et j'ai à peine dormi. Je passais mes journées à contempler le parc, le vide, à repenser à eux sans cesse, au rire de Buck, au sourire de ma mère et aux chansons qu'elle me chantait. Les deux personnes les plus importantes de mon univers qu'on m'avait ôtées alors que rien, rien ne justifiait qu'on m'inflige une telle punition. Le destin s'était déjà montré bien cruel avec moi, en installant mon âme dans un corps si fragile et rachitique. Dans une carcasse aussi débile qu'inutile. Des jambes qui ne pouvaient pas me porter. Des poumons qui se bloquaient bien trop facilement. Un coeur qui pouvait me lâcher. Tout cela pour une seule et même personne. Et malgré tout ça, on m'avait enlevé les deux seules personnes grâce à qui j'étais heureux. Dans cette succession de malheurs plus pathétiques les uns que les autres, ma seule conséquence était ma fortune. L'entreprise familiale m'assurait au moins de quoi vivre plus que confortablement ainsi que mes héritiers, même si cette idée me fait sourire tristement. Bien sûr que j'aurais envie d'avoir des enfants, pas aussi jeune, mais bien sûr. Et de trouver une femme qui saurait m'aimer pour ce que je suis, qui me comprendrait, et que mon handicap ne dérangerait pas. Douce et tendre. Enfin Steve arrête! Aucune femme normalement constituée ne voudra de toi. Etre unie à un boulet qui ne pourra jamais la prendre dans ses bras, qui ne pourra jamais lui accorder une danse... et pire, être assez folle pour porter mes enfants, avec le risque qu'ils soient aussi malades que moi. Non. Les seules qui oseront me sourire les rares fois où je me montrerai en société sont les croqueuses de diamants qui ne s'intéresseront qu'au revenu de mes rentes et au chiffre d'affaires de ma compagnie qu'à ma couleur préférée ou aux livres que j'aime lire. Et elles je vais les éviter comme la peste.

Bucky, lui... mon nouveau Bucky sera le compagnon de ma vie solitaire, celui qui égaiera cette immense bâtisse impeccable mais trop pleine de silences et de pièces vides. Grâce à lui j'espère sourire et rire. Grâce à lui j'espère avoir encore des raisons de me coucher le soir et de me lever le matin, outre celles de le construire et de l'animer. Maintenant qu'il est là... j'espère. J'espère qu'il pourra être celui qui saura ôter le manteau de la solitude qui pèse sur mes frêles épaules.

Je pense à tout cela alors que je l'observe analyser le miroir, puis commenter les savoirs que je lui ai appris. Il m'étonne seconde après seconde, à être aussi vif et perspicace. Puis enfin la grande découverte : lui-même. Son reflet. Le moment où il prend conscience de lui, qu'il a une image, qu'il a un reflet. Qu'il ressemble à quelque chose. Et j'observe avec intérêt toutes les expressions nouvelles qui parcourent son visage. De l'étonnement, de la stupeur, et de l'incompréhension. Je viens doucement prendre sa main, dans un geste qui commence à devenir une habitude. Puis il semble comprendre, s'habituer. Ses mots me le confirment, même si je ne saisis toujours pas ce qui est de la répétition, et ce qui est vraiment compris. Mais qu'importe. Tout est progrès. Tout est une prouesse, à ce stade. Et je ne m'attendais pas à tant de choses qu'il puisse comprendre en si peu de temps. Il effleure la glace brisée, pendant que j'échange quelques mots avec une Maria inquiète. Puis je reporte mon attention sur lui alors qu'il répète encore et encore ce que je lui dis, comme s'il réalisait à peine ce qui se passait sous ses yeux. Que ce nouveau concept est peut-être plus complexe que les autres auxquels il a été confronté jusqu'alors. Mais après tout il n'est qu'un amas de rouages amoureusement assemblés et recouverts d'une peau douce agrémentée de vrais cheveux.

Il abandonne le miroir alors que je m'installe face au repas et alors que je bois une gorgée d'eau j'avale de travers sous le coup de la surprise. Sa remarque. Je commence à tousser, de plus en plus fort pour chasser l'eau de mes poumons fatigués, la main devant ma bouche, et mon corps trop faible penché en avant, mon autre main se raccrochant à ma table. Heureusement ça se calme rapidement et je m'essuie la bouche avec la serviette de coton blanc, avant de reprendre péniblement mon souffle. Une fois redressé je croise le regard inquiet de Buck et je commence à rire pour l'apaiser.

Tout va bien. J'avais simplement quelque chose de coincé dans ma gorge. Tout va bien.

Et pendant de longues secondes je l'observe, fasciné. Il a compris et sans qu'il le comprenne, il a même fait de l'humour. Son ton n'était pas sec ou moqueur mais c'était une simple remarque, une constatation avisée, mais qui me semble tellement drôle hors de sa bouche car je ne m'y attendais pas. Bon sang, il dépasse toutes mes espérances, et de loin. C'est cela mon Bucky, bouge, souris, parle, comprends, et vis. Vis pour être bientôt conscient de tout, pour être bientôt totalement éveillé, et partager encore plus de choses avec moi. Je me languis déjà de conversations que nous pourrions avoir, de jeux que nous pourrions faire, et d'autres activités qui nécessitent qu'il soit lui, et totalement lui. Mais patience, Steve, patience. Tout se passe déjà bien plus vite que tu ne l'aurais cru, alors pas de précipitation. Tu as tout le temps du monde. Tout le temps. Maintenant il sera là. Il restera près de moi.

Exactement Bucky. Tu as raison. Je me répète c'est vrai. Et c'est très bien de l'avoir remarqué!

Pourtant, tel un enfant curieux il s'est déjà éloigné de moi et recommence à s'intéresser à tout ce qui l'entoure. Et tel un enfant curieux il est attiré par ce qui bouge. Avant c'était l'eau et la pluie, puis les perruches, et maintenant c'est le feu. Ca bouge donc ça lui plait. Comme un père fier de sa progéniture je le vois s'approcher du feu, mais bientôt la fierté se change en inquiétude lorsque je ne le vois pas s'arrêter. Au contraire, il s'approche encore et toujours des flammes. Et brutalement j'ai peur. Peur qu'il ne fasse quelque chose de stupide, et qu'il se mette en danger. J'attrape les roues de mon fauteuil et me recule de la table mais je vais arriver trop tard. Déjà il tend la main vers l'âtre.

Bucky non! Arrête!

Je roule près de lui aussi vite que possible et attrape sa main que je retire des flammes, le coeur affolé. Non. Non! Hors de question que des années de travail soient réduites en cendres parce qu'il aura eu un geste maladroit. Je ne supporterai pas de le perdre lui aussi! Avec inquiétude je prends ses doigts que j'examine. La pulpe en est un peu abimée mais ce n'est rien de grave. Et par chance ses vêtements n'ont rien subi. Je respire enfin normalement, et mon coeur se calme légèrement alors que je prends ses mains.

Bucky? Bucky regarde moi. Il faut que tu fasses très attention au feu. Le feu est dangereux, il ne faut pas s'en approcher. On en a besoin mais il ne faut pas mettre les mains dedans d'accord? Sinon tu pourrais être cassé...comme le miroir. Tu comprends? Promets moi de ne plus jamais mettre les mains dans le feu ou de t'en approcher mon Bucky, s'il te plait. Promets moi.


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Ven 23 Déc - 12:00

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Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Le feu est beau, si beau et plein de tentation. Tu l'observes, fasciné et émerveillé par la façon dont les flammèches et les braises dansent ou crépitent pour toi. Le feu est un compagnon de jeu que tu aimerais rencontrer et avec lequel, oh tu aimerais tant t'amuser. Il est là, sous tes yeux, à ronronner ton prénom avec plus de chaleur que Steve ne pourra jamais le faire, susurrant entre deux crépitements que tu n'as qu'à tendre la main pour le rencontrer. Chose que tu fais, tout en demandant à Steve ce que cette chose peut bien être. Tu trouves ça beau la façon dont les flammes t'accueillent et ne te fuient pas, contrairement aux gouttes d'eau taquines qui sans cesse refuse d'être tiennes, et pire, tu apprécies la caresse des flammes sur le bout de tes doigts et la manière dont délicatement, elles dévorent la pulpe de ceux-ci. Tu entends Steve hurler au loin mais tu avances toujours la main, un sourire aux lèvres et les rouages en liesse. Tout s'agite en toi, sans que tu ne comprennes pourquoi. Tu penses simplement aimer ça, sans comprendre qu'il s'agit en réalité de ton corps tout entier qui s'inquiète de se sentir ainsi consumé. Tu es un enfant et tu n'as pas conscience du danger et sans la douleur pour t'indiquer que ce que tu fais n'est pas bon, te voilà persuadé d'avoir trouvé une nouvelle manière de t'amuser. Tu entrouvres les lèvres, prêt à avoir un léger rire quand vivement, Steve attrape tes poignets et t'éloigne de l'âtre, à ton plus grand regret. Déjà, tu cherches à vouloir te défendre, à lui dire de te laisser faire, mais n'ayant pas le vocabulaire nécessaire, tu restes là, à poser tes yeux de verre dans les siens et à répéter le peu que tu sais.


"Qu'est-ce que c'est, Steve ?"

Mais il ne répond pas. Il semble inquiet et tu n'aimes pas ça. La tête légèrement baissé, tu l'observes ainsi s'inquiéter de tes doigts qu'il examine avec une minutie que tu ne comprends pas et même si tu vois que le bout en est légèrement abimé et noircis par les flammes que tu essayais tant de saisir, tu ne mesures pas la gravité de ce qui se passe. Incomplet et sûrement encore trop jeune pour comprendre, tu ne vois pas ce qu'il a de grave dans tout ça… Tout ce que tu mesures pour l'instant, c'est que Steve ne va pas bien et que tu dois faire en sorte que ça ne soit plus le cas. Tu as mal fait, une fois de plus. Tu as eu un geste ou une parole qui n'étaient pas les bons et maintenant, ton créateur, le centre même de ton univers s'inquiète. Tu fronces les sourcils, et comme tu le craignais, tu apprends qu'une fois de plus, tu as été maladroit. Du bout de ses lèvres, tu écoutes ses reproches et comprends au fil de ses mots ce qui le met dans un tel état. Honteux, sans vraiment être capable de comprendre ou de réellement ressentir une telle chose, tu replies le bout de tes doigts pour lui cacher les dégâts du feu sur ta chair synthétique, promettant quelque chose tu ne saisis pas complètement.


"Comme le miroir… Cassé… Promets."

Ça n'a pas de sens. Tu ne sais plus ce que tu dis. Les mots n'en trouvent pas dans ton esprit, peut-être est-ce pour aujourd'hui les limites de ce que tu peux apprendre… Tu ne sais pas quoi répondre, ni même comment comprendre ses mots. Tu dois faire attention pour ne pas finir comme le miroir, que d'un rapide coup d'oeil, tu observes à nouveau. Le feu, qu'il dit être cette chose avec laquelle tu voulais jouer peut te faire devenir comme le miroir qui est au mur et pour éviter ça, tu dois lui promettre, quoi que cela puisse bien dire, de plus jamais approcher tes mains de lui. C'est pourtant simple non ? Tu restes longuement silencieux, à laisser tes rouages cliqueter à ta place tandis que tu réfléchis. Tu songes encore à ce qu'il a tenté de t'expliquer et après de longues minutes de silence, à simplement observer la pulpe de tes doigts brûlée, tu as enfin une réponse que tu espères être la bonne.


"Le feu est dangereux. Je ne dois plus m'approcher du feu pour ne pas être comme le miroir. Cassé."

Tu tends ton autre main et désignes le miroir avant de la reposer lentement sur ton genou, la tête basse et le regard perdu sur ta paume grande ouverte..
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Sam 24 Déc - 11:59

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Bon sang, être arrivés aussi loin en à peine quelques heures, et soudainement craindre de voir tous ses efforts réduits à néant. Etre effrayé à l'idée que des jours, des semaines de travail puissent être dévorés par les flammes. Avoir peur que le miracle que j'ai réussi à accomplir ne se reproduise plus jamais et que pour le reste de mes jours je vais devoir vivre avec le regret d'avoir créé Bucky, de l'avoir fait revenir, pour ensuite me l'ôter encore plus douloureusement. De l'avoir vu bouger, rire et parler, d'avoir contemplé mon meilleur ami revenu d'entre les morts, pour moi, et m'apporter toute l'aide dont j'ai tellement besoin, avant de devoir accepter que je ne le verrai plus. Comme si par ma faute il était mort une seconde fois, parce que je n'avais pas été assez vigilant, assez attentif pour préserver ce miracle et l'éloigner de tout danger. C'est pour ça qu'une peur sans nom m'empare, le genre de peur qui agit comme un gigantesque poing glacé venant serrer ses entrailles avec force et nous coupe le souffle. Je crie pour l'en empêcher mais il ne m'écoute pas, il est trop intéressé et fasciné par les flammes pour entendre ma voix, saisir mon ordre et percevoir mon inquiétude. J'attrape les roues de mon fauteuil et à cet instant je maudis ces fiches jambes qui me portent à peine et qui m'empêchent d'aller aussi vite que je peux. Surtout qu'une catastrophe est en train de se jouer.

J'arrive enfin près de lui et le tire loin du feu, le coeur emballé et les larmes aux yeux. Non non...faites qu'il n'ait rien de grave. Faites que je puisse le réparer et qu'il puisse me rester. Faites...faites...faites que je ne perde pas la seule lueur d'espoir que j'ai eue depuis bien des mois, la chose qui me faisait sortir du lit le matin et traverser les jours sans abandonner et me laisser mourir. Faites que ce ne soit rien de grave... Je soupire de soulagement quand je remarque ses doigts un peu calcinés, la peau légèrement fondue, mais rien que je ne puisse pas faire. Et à part cela, rien d'autre. Bon sang j'ai eu si peur... J'entends à peine sa voix et me contente de lui faire croiser mon regard après l'examen, pour lui donner une nouvelle leçon, sûrement la plus importante de toutes.

Une larme roule sur ma joue alors que, le souffle court, je lui explique que jamais, plus jamais il ne doit s'approcher du feu, parce que c'est un danger, une menace. Parce que le feu risquait de le briser, et surtout de l'enlever à moi. Je le vois m'écouter avec attention et froncer les sourcils. Il a l'air tellement coupable sur le coup, les sourcils froncés et la tête basse, glissant ses doigts hors des miens. Il a l'air de réfléchir et je reprends d'une voix douce mais encore nouée à cause de la violente émotion qu'il vient de me faire éprouver.

Oui Bucky... je t'aime beaucoup trop pour te perdre à cause du feu... le feu peut nous séparer et te casser... Et je ne veux pas te voir cassé. Je ne veux pas que tu sois comme le miroir...

Il observe ses doigts longuement, silencieux pendant de longues secondes avant de lancer une conclusion dont il a le secret et qui me fait rire légèrement. Chaque fois qu'il ouvre la bouche, je reçois une leçon d'esprit et je m'étonne sans cesse à quel point son esprit pourtant si neuf, si primitif, arrive déjà à raisonner et à établir des conclusions. Je hoche lentement la tête pendant qu'il accompagne le geste de la parole en désignant le miroir.

C'est exactement ça Buck, tu as tout compris et c'est très bien. Ce n'est pas grave, tu ne savais pas, et je ne suis pas en colère. Mais maintenant tu sais, alors il va falloir faire attention. Tu n'as pas envie d'être cassé si?

Je reprends sa main et croise doucement mes doigts avec les siens.

Maintenant tout va bien, ce n'est rien. Et si on apprenait encore de nouvelles choses? Hein? Qu'en dis-tu?

Par chance il est d'accord et je suis content qu'il veuille toujours que je lui enseigne des choses, et que cette expérience malheureuse ne l'aie pas braqué et empêché de vouloir en savoir plus... Je commence à lui montrer les différents meubles de ma chambre, les lui faisant répéter. Puis j'étouffe un baillement et lui montre enfin mon lit.

Je suis fatigué Bucky. Tu veux bien m'aider à aller me coucher là dedans? C'est comme pour aller dans la baignoire, les mêmes gestes... Tu me montres comme tu as bien appris? Tu seras parfait j'en suis sûr!


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Dim 25 Déc - 20:44

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Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ C'est son rire, léger, étouffé et presque peiné qui te fait lever les yeux vers ton Steve chéri, vers ton créateur si précieux à tes yeux de jeune automate qui s'éveille tout juste au monde dans lequel on l'a jeté en simplement pressant l'interrupteur dans sa nuque. Et tu relèves les yeux au bon moment, à l'instant parfait où il roule sur sa joue une goutte d'eau qui te fascine et te fait doucement avoir un geste, autant tendre qu'innocent, envers Steve qui suite à cette crainte de t'avoir déjà perdu a bien besoin d'une telle attention de ta part. Lentement, presque prudemment, tu lèves la main vers sa joue et du bout des doigts, de ceux qui n'ont pas été grignotés par le feu, tu viens récolter cette petite perle salée que tu penses être de l'eau tandis qu'un murmure d'une candeur qui t'es propre, tu tentes de chasser une fois de plus la tristesse de son regard.

"Tu fais le ciel Steve…"

Tu souris, très faiblement, alors que la larme roule du bout de ton doigt jusqu'à ton poignet, venant se perdre comme toutes les autres avant elles dans le tissu de ta manche de chemise. Tu ne te formalises pas de cette goutte d'eau qui une fois de plus t'échappe, te contentant de retirer ta main de sa joue que jusque-là tu caressais presque, préférant plonger à nouveau tes prunelles dans les siennes. Et heureusement, il n'a qu'une larme, qu'une timide petite perle d'eau qui disparait alors qu'il te rassure, te disant que tout va bien et qu'une fois de plus, tu as bien fait. Toucher le feu était une erreur, mais comprendre qu'il ne faut pas que tu te retrouves dans le même état que le miroir, c'est une bonne chose selon lui tandis que toi, tu fais doucement le lien entre cassé et non-cassé. Si tu ne l'es pas, tout va bien. Tu peux être avec Steve, le regarder, lui parler, l'écouter, l'aider. Mais si tu l'es… Alors te voilà comme cet objet accroché au mur. Inutile, incapable d'être avec Steve et surtout… Mauvais. Tes paupières se ferment, puis se rouvrent, le temps d'un battement, d'un mouvement purement mécanique que tu perçois mais ne relève pas sans cesse. Tu sais que tu bats des cils, tu vois que tu te retrouves dans le noir le temps d'une fraction de seconde mais jamais tu ne te poses les questions de savoir pourquoi et dans quel but. Tout ce que tu sais, c'est qu'un mécanisme à l'intérieur de toi te pousse à faire ça régulièrement, là où d'autres te permettent de bouger la tête, les lèvres ou les doigts. Tout ça est un tout, et ce tout est toi. Steve t'a façonné ainsi et tu l'acceptes bien docilement et il ne peut en être autrement après tout, tu es bien trop jeune encore et pas assez développé pour être capable de remettre ta création et ton propre fonctionnement pour te remettre encore en cause. Tu es un enfant après tout et il serait injuste de te demander de tout savoir sans avoir toi même le droit à cette période de découverte et d'émerveillement. Ces instants que tu partages avec grand plaisir en compagnie de Steve, qui désireux de mettre ce malencontreux évènement derrière-vous te propose d'apprendre de nouvelles choses. D'un sourire et d'un hochement de tête, tu lui fais comprendre que oui, entreprenant alors en sa compagnie de découvrir le mobilier de sa chambre. Du bout de ses lèvres et de tes doigts, tu apprends ce qu'est une commode, une armoire, un fauteuil, des chaises et un tapis. Et si pour certains, tu te contentes de simplement effleurer le bois vernis qui les composent, tu découvres avec plus de plaisir ses vêtement dans les tiroirs que tu peux ouvrir et fermer à volonté ou les lampes de chevet que tu peux allumer selon ton bon plaisir. Et ainsi, au fil des minutes qui filent, tu apprends à apprécier cette chambre qui est celle de Steve jusqu'à l'instant étrange où après un bâillement, il t'avoue être fatigué et avoir besoin que tu l'aides à s'allonger dans ce lit qui est, selon lui, comme la baignoire. Tu penches légèrement la tête sur le côté, l'écoutant te dire que tu n'as qu'à répéter les mêmes gestes que tu as eu quelques minutes plus tôt dans la salle de bain. Tu restes d'abord immobile, à l'observer, avant d'enfin avoir pour lui quelques mots qui doivent le rassurer.

"Comme pour aller dans la baignoire."

Tu t'approches de son fauteuil et tu te penches vers lui, venant l'attraper convenablement, en passant une main dans son dos tandis que ton autre bras vient délicatement se retrouver sous ses genoux. En un geste assuré et doux, tu le soulèves de son fauteuil avec un sourire avant de venir l'installer dans son lit comme tu l'as fait dans la baignoire, l'asseyant ainsi contre ses oreillers avant de venir avec lui dans celui-ci, t'asseyant face à lui comme si tu en avais le droit… Après tout, si ce sont les mêmes gestes que pour aller se laver… Tu peux bien venir à avec lui, non ? N'a-t-il pas dit qu'il avait besoin de toi ? Si. Dans ta logique pure de machine qui veut bien faire, tu trouves ça normal de venir avec lui. Tout comme machinalement, tu lèves les doigts vers le bouton de son haut de pyjama, t'apprêtant à le défaire pour ouvrir le col de son vêtements, mais alors que tes doigts se referment sur celui-ci, tu fronces les sourcils, te rappelant des mots qu'il a eu pour toi alors que vous sorites tout les deux de la baignoire.

"Quand on n'est pas habillé, on est nu…" souffles-tu. "Et à part dans la salle de bain, on ne doit pas rester tout nu." Ton geste se suspend alors que tu regardes Steve. "Ici c'est ta chambre." Tu retires tes doigts et lui souris, ayant une réflexion que toi seul peut bien avoir. "Et on ne doit pas rester tout nu dans la chambre." Tu es fier de toi en cet instant et c'est pour ça que, persuadé de ne pas à avoir à attendre longtemps pour que Steve te dise que tu as bien fait, tu souris à celui qui est tout pour toi et pour qui tu ferais tout, sans l'ombre d'un doute.
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Mar 14 Fév - 15:51

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Cette première grosse angoisse qui a étreint mon coeur s'éteint rapidement, comme un chien qu'on envoie se coucher et qui se repose au loin, en boule près du feu. Mais prêt à agir au moindre souci. C'est le cas. Je ne pourrais m'empêcher d'être inquiet. Je ne pourrais m'empêcher d'être nerveux. Je ne pourrais pas craindre chaque seconde qu'un malheur lui arrive et qu'on l'ôte à moi, lui qui est tout ce que j'ai, lui qui est mon seul espoir. Lui qui est tout... Non pour l'instant le chien de garde est apaisé mais vigilant, rassuré par la promesse de Bucky qui a l'air d'avoir compris, et surtout par son nouveau mot d'esprit à propos de la larme que je verse. Il me stupéfie par sa rapidité de compréhension, alors que pour lui tout est nouveau, et qu'il neuf, brut comme un diamant, et je me dis que cette après-midi, que les quelques choses que nous avons déjà commencées à faire l'ont déjà poli et qu'il scintille, doucement, et que d'ici peu il brillera de mille feux. Il a compris le lien entre la pluie, l'eau, le ciel, et ma larme. Il a pu associer tout ça en l'essuyant dans un geste aussi doux que tendre. Maria a tort. Lui à peine éveillé, lui à peine conscient, et déjà si délicat, comment pourrait-il me faire de mal? Comment pourrait-il me blesser alors que c'est maintenant qu'il aurait le plus de chances de le faire, parce qu'il ne sait pas, parce qu'il ne se maîtrise pas encore? Et si maintenant il comprend tout, vite et bien, et sait déjà s'occuper de moi sans me faire mal, et en plus avec douceur, le futur ne peut être que radieux. Oh oui... un espoir nouveau me gonfle la poitrine comme une montgolfière et fait battre mon coeur délicieusement vite.

Alors nous apprenons, encore et toujours, pour faire tourner son esprit vif et insatiable à plein régime, pour lui donner le maximum de connaissances possibles et le faire se développer autant que je peux. Il découvre les lampes et les tiroirs, redevenant un enfant à s'amuser pendant de longues minutes à ouvrir et fermer la commode, ou à plonger la chambre dans l'obscurité avant de faire rejaillir la lumière, un sourire ravi aux lèvres. C'est cela...c'est cela mon Buck, mon miracle. Joue. Découvre. Expérimente. Vis et sois là. Sois là pour moi...

Et j'aimerais pouvoir le contempler encore et encore, que cette journée ne s'achève jamais et que je puisse continuer à le guider et lui enseigner tellement de choses mais mon corps se rappelle à moi et me dit qu'il est temps de se reposer. Qu'il est temps pour quelques heures de le laisser seul et ça m'angoisse déjà. Qu'est-ce qu'il va faire, tout seul? Est-ce qu'il risque de faire des bêtises? Se mettre en danger? Fuir? Tellement d'inquiétude dans ma tête alors que je lui demande de me mettre au lit, en m'aidant, encore une fois. Et par chance le voilà qui répète sagement que c'est comme aller dans la baignoire.

Exactement, comme la baignoire. Tout pareil...

Je l'observe qui s'approche, se penche vers moi et avec des gestes doux glisse une main sous mes genoux, et de l'autre me soutient le dos alors qu'il me sors de ma machine de bois. Je passe mes bras autour de son cou en souriant, encore une fois étonné par la douceur et la précision de ses gestes alors qu'il m'emmène d'un pas sûr, et sans aucune difficulté jusqu'au lit, sur lequel il me dépose délicatement. Je souris, et suis sur le point de le féliciter mais voilà qu'il reprend, me rejoint et s'assied face à moi. Comme dans la baignoire... Il a raison... tellement raison. Et je me dis qu'il va falloir que je sois vraiment précis à l'avenir quand je lui expliquerai quelque chose ou que je lui donnerai une consigne, pour ne pas qu'il soit trop...littéral dans sa compréhension. Enfin, j'ai un léger rire en le voyant assis fièrement face à moi sur le lit, avant de remarquer qu'il avance ses mains. Curieux, je le laisse faire, souriant simplement quand je vois qu'il a vraiment compris le ''comme dans la baignoire'' trop sérieusement, avant de surprendre ses gestes qui s'arrêtent, ses sourcils qui se froncent. Il réfléchit. Quel spectacle merveilleux que de voir un esprit fonctionner, créer ses propres connections pour lesquelles je n'y suis pour rien! Voir qu'il établit des connexions et des raisonnements seul! Il oralise encore les étapes de sa pensée, ce qui me permet de le suivre, et m'ébahir comme un père de son fils face à ce qu'il pense.

Bravo Buck! C'est exactement ça! Tu as tout compris!

Je ris, prenant sa main avant de venir embrasser sa joue, vestige de vieilles habitudes et d'une tendresse pour mon vrai Buck qui est encore là et qui le sera toujours. Puis je croise à nouveau son regard et le félicite encore.

Je suis tellement fier de toi! Je n'aurais jamais pensé que je puisse avoir un ami aussi intelligent! Aussi doué! Tu comprends tout et tu réfléchis très bien! Bravo!

Je m'allonge ensuite dans les draps et les couvertures, avant de lui faire signe de faire pareil à côté de moi.

Voilà... fais comme moi. Et demain nous nous retrouverons. Maintenant tu vas dormir, comme moi. C'est à dire qu'on va...S'éteindre, tous les deux, pour quelques heures, pour nous reposer. Et demain matin nous nous retrouverons, je te le promets. Nous nous retrouverons et nous ferons plein de nouvelles choses! Je te ferai visiter le reste de la maison, peut-être les jardins et...

Je soupire, totalement pris dans mon enthousiasme débordant, le regardant avec tendresse et le recoiffant doucement, mes doigts fins écartant quelques mèches de son front avant de les glisser sous sa nuque, glissant vers le bouton.

A demain Bucky. On se revoit très vite...

Puis je l'éteins. Ses paupières se ferment et j'entends le léger bourdonnement de ses rouages s'éteindre, ne laissant que le crépitement du feu dans la pièce. Je ferme les yeux à mon tour, et ne les rouvre que le lendemain, quand Maria vient me réveiller. J'ai droit à un sermon sur le fait d'avoir dormi avec "cette chose'' toute la nuit, mais je ne l'écoute pas. Je suis juste impatient de le retrouver, et qu'il puisse m'aider, encore. Alors quand elle a terminé et qu'elle est sortie, je le rallume et souris en le voyant ouvrir les yeux.

Bonjour Bucky! Tu as bien dormi?


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Mer 19 Avr - 15:52

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Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Il est si étrange, ton Steve. Il est plein de cette vie que tu ne possèdes pas et pourtant si fragile. Tu as conscience que comme le miroir, tu pourrais le briser, et si tu comprends que sans cesse il te demande de faire attention, tu peines à faire le lien entre les progrès que tu viens de faire et le baiser que sur ta joue il dépose. Pire, de marbre face à ce geste, tu l'observes tout simplement, te disant qu'il est si étrange ton Steve. Il est comme ce verre que tu n'aurais pas dû ainsi maltraiter, mais qui, à cause de ta maladresse et de ta curiosité, n'est désormais plus que des éclats qui au sol ne sont plus que des fragments qui accrochent vaguement quelques éclats de lumières qui n'attirent même plus ton regard. Non... En cet instant, tout ce qui compte, c'est Steve, ton créateur, qui profite de ton silence pour s'émerveiller du raisonnement que tu viens d'exprimer. Et pourtant, pour lui tu souris, dévoilant ainsi d'entre tes lèvres synthétiques, tes quenottes faites de nacre et d'émail tandis qu'en toi, les rouages de ton être s'activent, te permettant ainsi de pencher la tête sur le côté et surtout de l'imiter, pour venir à ses côtés, t'allonger. Presque délicatement, c'est entre ses draps que tu viens te reposer, laissant matelas et oreiller parfaitement épouser ta silhouette. Si humain tu étais, tu aurais sûrement esquissé un sourire ou un soupir pour cette literie de qualité, mais n'étant qu'une machine, tu te contentes de constater que c'est différent de la table dans son atelier avant de poser tes prunelles de verre dans celles de Steve, cherchant en lui quelques réponses sûrement. Car si lui t'explique qu'il te faut t'éteindre pendant quelques heures, tu peines à comprendre l'intérêt de tout ceci. Tu ne vois pas chez lui ce besoin de se reposer et pour toi… Non tu ne comprends pas. Les rouages de ton être ont beau tourner et tourner, rien ne se passe. L'eau certes, continue de couler sous ta peau et de créer cette fausse sensation de chaleur, les mécanismes de tes yeux te poussent une fois de plus à battre des cils mais à part ça… Rien qui ne sorte de l'ordinaire et qui ne prouve que tu développes encore la moindre idée. Non en cet instant, bien que cela doit être étrange à admettre, tu redeviens un pantin, une coquille vide qui comme elle l'a été pendant des mois sur la table de Steve, se contente de subir et d'accepter les demandes de celui qui l'a crée. En ce moment précis, tu perds le peu d'étincelle d'intelligence que tu avais et ne redevient qu'une machine. Allongé à ses côtés, les deux bras le long du corps, tu testes en cet instant les limites de tes capacités mentales. Alors certes, tu as déjà été éteint, tu te souviens ce que ça fait ne pas être là, mais ça ne t'effraie pas. Tu comprends. Tu admets. Tu acceptes. Steve veut que tout s'arrête pour quelques heures. Tu l'observes simplement et tu n'es pas triste. Les humains auraient peur de ça, de savoir qu'ils vont s'éteindre mais toi… ? Toi tu souris simplement face à la caresse tendre de Steve. Toi, tu entrouvres les lèvres et lui répète en un murmure ce qu'il veut sûrement entendre en ce instant.

"À demain, Steve."

Tu n'as aucune idée de ce que ça veut dire… Mais tu le répètes pour lui. Tu veux lui faire plaisir. Tu veux être bon. Tu veux bien faire. Ses doigts trouvent enfin le bouton sur ta nuque et d'une légère pression, le voilà qu'il met fin à tout. Sans avertissement et sans douceur, tu te sens disparaitre au fil d'une pensées, au détour d'une réflexion que tu ne termineras jamais. Tu voulais lui demander ce que c'était demain. "Qu'est-ce que c'est ?" voulais-tu murmurer. Demain viendra, mais sans toi. Tes rouages cessent de fonctionner et toi avec. De ton point de vue, ça pourrait ressembler à une mort. Rapide et sans douleur, le genre que certains rêvent de connaître. Progressivement, tout cesse de fonctionner en toi. Tes rouages s'immobilisent, tes articulations se verrouillent, l'eau cesse d'être chauffée puis distribuée dans le fin réseaux de tuyaux sous ta peau synthétique et voilà qu'aux côtés de ton créateur, tu ne deviens qu'une chose inanimée qu'il ne ramènera à la vie que le lendemain, d'un geste délicat.

Lentement, tout se remet en marche chez toi, et quand la mécanique bien huilée de ta personne a fini de te ramener à la vie, voilà que tu ouvres les yeux, découvrant alors le visage fin et rayonnant de ton créateur. Le temps d'un instant, tu ne fais que l'observer alors que lentement, tu te répètes tout ce que tu as appris hier, plus par envie de vérifier que tout est là que par réelle peur d'avoir oublié. Au bout de quelques minutes, il se glisse sur tes lèvres un sourire et son prénom.

"Steve."

Tu ne te lèves pas encore, préférant tendre ta main pour doucement effleurer le bout de son nez, l'informant d'ailleurs à ce sujet.

"Ceci est le nez… Ceci sont des cheveux." ajoutes-tu quand tes doigts se perdent dans ses mèches blondes que tu ébouriffes un peu plus. Tu aimerais ajouter que tu es content de le revoir et ne plus être éteint, mais étant incapable de ce genre de discours, tu préfères réciter tes leçons à la place tout en laissant tes doigts partiellement abimés se perdre sur les traits délicats de ton Steve, avant qu'enfin, tu poses la question qui hier soir a faillit traverser tes lèvres.

"Qu'est-ce que c'est demain ?"

Tes doigts quittent son visage alors que tu reprends.

"Demain c'est comme manger ? Demain c'est comme le feu ?"

Tu veux savoir. Tu veux comprendre. Tu deviens impatient. Tu deviens vivant.



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Steampunk Stucky


En l’observant allongé près de moi dans mon grand lit, je me dis que la vie tient parfois à peu de choses. Que si j’avais été en bonne santé, si l’infime erreur dans ma conception n’avait jamais existé et si j’avais été…normal, tout aurait été différent. Pleinement, radicalement différent. Qu’il s’est fallu d’une poussière, d’un dixième de poussière pour que tout bascule, ma vie, et celle de mes parents. Bien sûr j’ai eu de la chance de naître ici, entouré de domestiques qui veillent sur moi, et avec des ressources suffisantes pour payer tous les soins qui me maintiennent péniblement en vie jour après jour et pourtant… pourtant si ce grain de sable microscopique ne s’était pas glissé dans les rouages du destin, qu’est-ce que je serais ? Qu’est-ce que je ferais ? J’aurais connu le monde de plus haut, de hauteur d’homme, la hauteur qui donne l’impression de conquérir des montagnes… j’aurais voyagé aussi, posant un pied devant l’autre sur les routes escarpées de pays lointains et sauvages comme l’Inde, le Maroc ou encore les Amériques, là où mon oncle Anthony a disparu il y a plusieurs années. J’aurais su ce que c’est que d’aller au bal, la fièvre des préparatifs et l’excitation d’un costume neuf qu’on passe pour la première fois. J’aurais connu les discussions entre camarades de régiment ou d’université, un verre de champagne à la main, tout en observant les jeunes filles de bonne famille tourbillonnant dans leurs robes de taffetas ou de soie coloré. J’aurais su ce que ça aurait fait de croiser le regard de l’une d’entre elles et de se dire ‘’C’est elle’’, de sentir son cœur rater un battement et avoir l’impression de mourir un peu. J’aurais connu l’angoisse d’aller lui parler, j’aurais connu la sensation de tenir sa petite main, la garder contre moi et la faire virevolter sur un parquet brillant comme un miroir. Peut-être même que j’aurais déjà eu droit à un baiser ? Peut-être que je serais déjà marié ? Sûrement. Sans doute. Peut-être… Tout du moins ça aurait été une possibilité que j’aurais eue… Et au lieu de ça… je suis là. Dans cet état. Petit oisillon fragile au doux visage mais au corps bien trop faible pour une existence normale… Et dans toute cette épopée, ma seule consolation, la seule petite lueur d’espoir qu’il me reste pour meubler mes longues journées dans un immense manoir presque vide est de me dire que Dieu s’est rattrapé. Comme pour s’excuser de m’avoir joué ce bien méchant tour, il m’a donné ce talent pour m’en sortir quand même. Le don des machines et des rouages, la capacité à créer tout à partir de rien, comme s’il m’autorisait moi, au vu de tout ce qu’il m’avait infligé, à pouvoir le concurrencer et à pouvoir créer moi aussi la vie… A part que mon Bucky est fait de métal et de rouages au lieu de chair et de sang.
C’est ce que je me dis en voyant l’étincelle de vie dans ses yeux, si fugace et si jeune encore, disparaître, s’envoler et je me demande si chaque père a la même angoisse qui lui étreint le cœur à chaque fois que son enfant s’endort. L’angoisse qu’il ne se réveille jamais, que ses pupilles encore jeunes ne voient plus le soleil ? Comme un père je redoute de perdre cette chose que j’ai attendue si longtemps… Sauf que moi j’ai l’avantage de pouvoir la réparer beaucoup plus facilement qu’un être humain…

Finalement le sommeil m’accorde une danse que je n’aurais jamais sans lui et je ne rouvre les yeux qu’au matin, en entendant les légers coups donnés sur le bois de la porte avant que cette dernière ne s’ouvre, laissant la place à ma gouvernante qui entre, impeccable comme toujours, dans le cliquetis argentin de sa chatelaine.

- Bonjour Maria… Tu vas bien ?
- Très bien et vous Steve ?
- Ca va ça va…


Ses bottines claquent doucement sur le parquet avant d’être étouffées par l’épais tapis. J’entends ses mains attraper le velours épais des rideaux et les tirer pour laisser entrer de pleines brassées de soleil. Je plisse les yeux et sursaute en l’entendant crier.

- Jesus Marie Joseph qu’est ce que cette chose fait ici ?
- Maria j’ai besoin de lui. Je veux qu’il reste près de moi au cas où…
- Mais vous n’y pensez pas ! C’est une machine ! Soyez heureux qu’il ne vous ait pas tué pendant votre sommeil ! Il est hors de question que cette chose passe une autre nuit ici !
- Maria, c’est mon ami, et j’ai besoin de lui. Il restera tant que je l’aurai décidé.


Je la vois tourner les talons après un raclement de gorge qui en dit long mais qu’importe. Je n’attends qu’une chose, le rallumer, et voir si mon ami est toujours là. Les doigts fébriles, le cœur battant à tout rompre, je touche l’arrière de sa nuque et appuie sur le bouton. Puis l’attente. O temps suspends ton vol, et mon cœur de suspendre ses battements alors que je le fixe, guettant le moindre signe que ce qui s’est passé hier n’était pas un rêve, et que le miracle va se reproduire. C’est ce qui se passe, le miracle a lieu grâce à deux yeux bleus peints par un des meilleurs faiseurs de poupée d’Allemagne et venus jusqu’à moi par bateau qui se posent sur moi.

Mon cœur s’emballe, à la fois de joie et d’angoisse. Joie de voir qu’il est là, bien réel, prêt à continuer sa découverte de ce qui l’entoure, avec moi, mais angoisse à l’idée que peut-être toutes les choses qu’il a apprises, expérimentées, testées et aussi comprises se soient effacées. Qu’au final toute la journée d’hier n’ait été qu’écrire sur du sable et que la mer ait tout emporté. Pourtant… pourtant ses lèvres laissent échapper un mot, qui est mon prénom. Bon sang jamais je n’aurais pensé être aussi heureux en entendant cette simple succession de lettres et de sons qui inonde mon cœur de joie. Il est là. Il se souvient. Il est parfait. Et je ris comme un idiot, les yeux humides en le sentant me chatouiller le bout du nez, puis effleurer mes cheveux.

Mais oui Buck, tu te souviens de tout ! Tu es un vrai champion ! Je suis tellement content de toi !

Je secoue doucement la tête, avant de hausser un sourcil à sa question qui semble sortir de nulle part.

Eh bien… le moment où on se trouve, là…c’est le présent. C’est ce qu’on fait là tout de suite. Les moments juste avant, qui se sont terminés, c’est le passé. Et ce qui s’est pas encore passé, qui est à venir c’est le futur. Tu comprends ?

Je sens ses doigts qui découvrent mon visage presque tendrement, avec curiosité, et je souris, embrassant ses doigts.

Dans le ciel il y a le soleil le jour, et la lune la nuit. Tout le temps où le soleil est dans le ciel, c’est une journée. Eh bien demain, c’est le prochain moment où le soleil va se lever. Et hier, c’est la journée qui s’est terminée. Tu comprends ? Je sais que c’est un peu compliqué alors si tu ne comprends pas, dis-le moi et je t’expliquerai encore. D’accord ?


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Ven 5 Mai - 16:43

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Tu restes silencieux, l'écoutant alors qu'il tente de t'apprendre de nouveaux concepts bien complexes pour l'être juvénile que tu es encore. Et si plus d'une fois, tu te perds au milieu de ses explications, jamais tu ne l'interromps, préférant rester de marbre face à tes propres interrogations afin de mieux être capable de boire les paroles de Steve. Pour lui, tu te fais une bien belle éponge, qui sans cesse, se gorge des douces intonations de sa voix et des attentions délicates qui deviennent ton éducation. Car si ton créateur sait qu'il lui faut t'enseigner bien des choses, il ne se rend peut-être tout le temps compte qu'il sera ta référence, l'ultime vérité qui t'aidera à trancher le bien du mal. Il sera, et est déjà, celui à qui tu comparas tout, dans l'espoir sûrement de toujours un peu plus lui ressembler à défaut d'être tout simplement quelqu'un, avec des goûts, des envies, des motivations, des désirs, des rêves et des défauts… Steve serait sûrement triste de t'entendre penser ainsi et occulter au point toute possibilité de libre arbitre, mais voilà, peut-il réellement se désoler que l'objet que tu es encore ne veuille pas être autre chose que ce qui peut plaire à son créateur ? Peut-il seulement entrevoir et appréhender ce concept étranger, qui ne sera jamais plus qu'une aberration de son point de vue d'homme libre ? Tu ne sais pas. Tu ne sauras peut-être jamais… Peut-être seras-tu ainsi éternellement ballotté et hanté par ses idées, par cette distance fondamentale qui t'empêchera de n'être jamais plus qu'un amas de boulons et de tuyaux, une merveille de technologie, certes, mais une machine au final… Peut-être même regretteras-tu d'avoir une conscience et une capacité d'apprentissage… Mais ça… Ça ne t'inquiète pas encore, loin de là… Non, ce qui est important en cet instant, c'est Steve, et ses lèvres, qui délicatement viennent se poser sur chacun de tes doigts. Fasciné, tu lui souris et dévoile ainsi tes dents de porcelaine, t'autorisant ainsi le droit de faire de même.

Délicatement tu viens saisir dans ta main libre la sienne et porte avec douceur ses doigts à tes lèvres afin d'effleurer ses phalanges de celles-ci, en un geste qui au lieu d'être tendre, est plus teintée d'une envie de l'imiter, que d'une réelle envie d'être tendre envers celui qui s'émerveille de t'avoir dans son lit et aussi vif en cette matinée encore jeune. De justesse, tu te retiens de lui réciter quels doigts tu embrasses, préférant à la place garder sa main dans la tienne tandis que tu entreprends de lui répondre, pas directement, mais par étapes, traitant les informations dans l'ordre sans jamais établir la moindre notion de priorité.

"Le moment où l'on se trouve là, c'est le présent. Les moments juste avant, c'est le passé. Et ce qui s'est pas encore passé… C'est le futur."

Tu répètes, assimilant cette idée de temps qui pourrait passer et ainsi ordonner vos actions. Tu trouves cela étrange d'ainsi séparer les choses mais tu acceptes.

"Mais être avec toi… C'est un moment dans le passé et un moment dans le présent."

Tu fronces les sourcils et te heurte à ton premier paradoxe.

"Être avec toi c'est dans le passé, dans le présent et aussi dans le futur."

Tes rouages s'agitent, chauffent et commencent à tourner plus vite. Tout se passe au même instant. C'est frustrant pour toi. Tu ne saisis pas en quoi c'est bien ou mal… Tu sens juste que ça ne semble pas s'appliquer à cette logique qu'il tente d'imprimer dans ton esprit.

"Demain…. Demain c'est le prochain moment où le soleil va se lever. Et demain… C'est donc dans le futur… Car ce n'est pas encore passé. Et demain, je serais avec toi."

Tu croises à nouveau son regard, étrangement confus.

"Mais dans le passé, il y a hier. Et hier, j'étais avec toi…" Tu marques une légère pause avant de reprendre. "Steve c'est mon passé, mon présent et mon futur. Demain c'est Steve. Hier c'est Steve. Maintenant c'est Steve." Tu serres les dents. "Mais je peux pas… Être avec Steve. Puisqu'il est dans le passé. Et le passé ce n'est plus le présent." Tes doigts se referment un peu plus sur les siens, car complètement perdu. Tout ça est trop pour toi, et ça se sent… Ton raisonnement tourne en rond et n'a pas de sens, ton être tout entier même semble s'échauffer face à cette situation que tu ne parviens pas à résoudre seul… Non, te voilà piégé dans une boucle que ton propre esprit juvénile vient de créer et incapable de la briser, tu te retrouves donc à plonger dans un profond mutisme qui ne saurait être brisé que par les paroles de ton créateur.
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Jeu 22 Juin - 20:10

I, Robot

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Le soleil me fait ouvrir les yeux sur mon miracle, qui est toujours là, près de moi, allongé dans mon grand lit. Ma merveille, dont j'ai pensé amoureusement chaque pièce, dont j'ai assemblé tendrement chaque rouage. Je l'ai fait, moi, de A à Z, du sommet de son crâne jusqu'à ses orteils. J'ai tout imaginé, dessiné, taillé chez lui, et la moindre petite erreur de ma part aurait pu tout mettre par terre. Heureusement ce n'est pas le cas. Heureusement que tout s'est bien emboité, enchaîné, et que la petite étincelle de vie a fonctionné, et animé tous ses membres. Mieux encore, il ouvre les yeux pour la deuxième fois et tout est là. Tout ce qu'il a appris et découvert, tout s'est inscrit dans son esprit, s'est conservé comme un vrai souvenir, d'authentiques connaissances. Ma merveille apprend, ma merveille se souvient. Et si jusqu'à présent j'envisageais chaque journée comme un pas vers mon objectif, à savoir le faire vivre, maintenant c'est tout autre chose. Maintenant chaque minute va encore lui être consacrée, mais dans un tout autre but. Il est là, il est vivant, il parle et il marche! Cependant ce n'est pas tout et je vais lui apprendre à être un homme, mais aussi à être mon infirmier et aussi mon meilleur ami... Tout cela...

Et rien que de le voir là, rouvrir les yeux près de moi est la plus belle chose qui me soit arrivée depuis si longtemps. Savoir que ce n'est que le premier sourire matinal d'une longue, très longue série. Le commencement d'une magnifique aventure, et la fin d'une autre, celle de la solitude glacée dans laquelle j'étais plongé depuis la mort de tous ceux qui m'étaient chers. Il est le rayon de soleil qui annonce la fin de l'hiver et j'espère que son rire aura la douceur des chants d'oiseaux au printemps, quand il arrivera à rire. Un rayon de soleil qui pour l'instant prend l'apparence de mon prénom qui roule sur sa langue et sonne un peu durement dans sa voix encore légèrement rauque. Et c'est mon rire à moi qui s'élève en l'entendant me réciter sagement sa leçon d'hier sur l'anatomie, mais avec une douceur et une tendresse qui me donnent l'impression que mon coeur va exploser en mille morceaux. C'est ça... c'est exactement ça dont j'ai rêvé si longtemps, un ami qui veille sur moi, une présence bienveillante à mes côtés dès le réveil... et ainsi jusqu'à la fin de mes jours... Il sera là, toujours, et ne m'abandonnera jamais...

Je reste là, à sourire comme un idiot, alors qu'il m'imite, embrassant doucement mes doigts, et je le félicite pour son esprit dont la perspicacité est impressionnante. Puis je le vois qui répète ce que je viens de lui dire, j'observe l'idée faire sens dans son esprit, les concepts s'élaborer et se heurter les uns aux autres et remarque que quelque chose ne va pas. Il se fige un peu, comme si toute son énergie était et devait être consacrée à ce qui semble être un problème pour lui. Il fronce même les sourcils, et je m'enthousiasme face à cette attitude tellement humaine qu'il a prise tout seul, ou en m'imitant sans doute...

C'est cela...parce qu'on a passé du temps ensemble, on en passe encore à présent, et on continuera à en passer. On sera ensemble longtemps mon Bucky...

Pourtant cela ne suffit pas à dissiper ses interrogations légitimes, et les questions auxquelles il se heurte. Oh qu'est-ce que j'aimerais connaître sa façon de raisonner, de réfléchir... J'ai conçu le système, mais je suis impuissant sur son fonctionnement, je ne peux me fier qu'à ses questions... Et plus les secondes passent, plus je vois que les simples notions de temporalité, de passé, présent et futur lui sont trop abstraites pour qu'il les comprenne, le laissant totalement perdu. Le regard vague il pense, il tente d'attraper le bout de l'écheveau de cette notion bien complexe sans y parvenir, ne se retrouvant que face à une pelote de laine bien embrouillée à la place d'un fil d'Ariane. Le voyant déboussolé je viens prendre sa main et je lui souris.

Ce n'est rien Bucky. Tu verras qu'il y aura bien d'autres choses qui seront difficiles à comprendre mais ce n'est pas grave si tu n'y arrives pas tout de suite. Pour les autres, ça peut prendre des années... Et pour t'aider je vais faire un dessin. Ne bouge pas.

Je me penche pour attraper un carnet et un crayon qui sont toujours sur ma table de chevet, au cas où j'aurais une idée pendant la nuit et que je ne voudrais réveiller personne pour qu'on me donne de quoi noter. Je trace une flèche et commence à y mettre une croix.

Cette croix c'est le moment où tu as ouvert les yeux, ou tu t'es réveillé auprès de moi. Puis cette croix désigne le moment où tu as joué avec l'eau. Puis la visite du chateau... Tu te souviens de tout cela? Eh bien nous, à ce moment précis, dans mon lit, c'est le présent. C'est ce qu'on fait tout de suite. Toi et moi en train de parler. Et tout ce qu'on a fait avant ça, c'est le passé. Ce sont des actions terminées. Et le futur c'est ce qui va se passer, par exemple, quand j'aurais fini de t'expliquer, je vais m'habiller, et j'aurais besoin de toi pour le faire, puis j'irai manger. Tu comprends. C'est ce qui va se passer.

J'attends sa réaction, sa réponse, et j'ai un léger rire face à sa question. Est-ce que le présent se touche du doigt. Ca a du sens et c'est logique... je secoue la tête en croisant son regard.

Non. Le passé, le présent et le futur sont des mots qu'on a inventés pour pouvoir mettre de l'ordre dans les actions. Pour savoir si on parle de quelque chose qui s'est déjà passé, ou qui va se passer...

Il a l'air encore un peu perdu alors je viens simplement caresser sa joue.

Ce n'est rien Bucky, c'est quelque chose de difficile et ce n'est pas grave que tu ne comprennes pas tout. Loin de là. On a tout le temps du monde et ça viendra, je t'assure. Par contre maintenant on peut s'occuper d'un truc que tu peux faire sans problème à la perfection. Tu veux bien m'aider à sortir du lit et à m'installer dans mon fauteuil? Tu serais très gentil...

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