Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

 :: Autres RP -Ras le bol du mal de mer ! :: Stuckys Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

I, Robot - Steampunk

Aller à la page : 1, 2  Suivant
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Mer 25 Nov - 19:20

I, Robot

Steampunk Stucky


D’une main sûre je resserre le dernier boulon de la mécanique complexe de ma nouvelle création. Mon premier robot humain ; Mais vraiment humain. Depuis des années j’ai travaillé sur plusieurs projets. Depuis que mon père m’a initié aux joies de la mécanique et de l’ingénierie, je n’ai pas arrêté. Parce que c’était une des seules choses que je pouvais faire avec mes jambes trop faibles et mes poumons fragiles. Je pouvais rester allongé dans mon lit et avoir une petite table face à moi, par-dessus les couvertures, où je commençais à assembler, dessiner, monter et puis bientôt souder. Même si ça m’a valu de sacrés reproches de la part de Maria, ma gouvernante, parce que j’ai mis plusieurs fois des trous dans ses draps en lin, ou que j’ai bien failli m’immoler un jour où un débris incandescent était tombé sur le tissu.

Vers dix ans je commençais déjà à assembler des automates, des petites choses que j’avais vues, comme des numéros de cirque. J’avais créé des trapézistes qui pouvaient faire des saltos et se rattraper, et aussi un singe qui pouvait jongler avec de petites balles. Ma préférée était une petite ballerine qui arrivait à faire des entrechats et des pirouettes. Pendant des heures je la regardais, toute jolie avec son petit tutu et ses pointes en satin, et j’espérais secrètement qu’un jour, je pourrais épouser une ballerine aussi jolie, que je pourrai regarder danser encore et encore.

Et puis je me suis lancé dans d’autres projets : tenter de créer des animaux. D’abord une souris. Une toute petite souris grise, que j’avais habillée de molleton gris. Pendant des heures j’avais observé une vraie souris, pour tenter de comprendre son déplacement, ses mouvements, sa façon de nettoyer ses moustaches ou de se mettre sur ses petites pattes arrière pour renifler l’air. Qu’est-ce qu’elle était mignonne. Mais malheureusement, lors du premier essai, elle trottinait gentiment sur le parquet de ma chambre, parfaite, quand Maria est arrivée pour me donner mes médicaments. Elle a hurlé en voyant la souris, alors que moi j’étais tout content. Elle était si réussie qu’elle lui faisait peur. Sauf que mon sourire a vite fané quand je l’ai vue lever sa bottine et écraser ma souris. Presque par réflexe j’ai voulu me précipiter, et je suis tombé du lit en criant. Elle m’a attrapé et m’a remis au lit en me disant que ce n’était qu’une souris, jusqu’au moment où, en larmes, je lui ai dit d’aller la voir de plus près et elle s’est confondue en excuses.

Pendant deux jours j’ai été inconsolable, avant de prendre la résolution de faire encore mieux. J’ai d’abord construit un lapin, puis un chat. Le chat, c’était difficile, car ses mouvements sont complexes, j’ai dû déployer des trésors d’imagination et d’ingéniosité pour arriver à rendre de la façon la plus exacte possible sa façon de bouger. Et j’ai eu encore plus de mal pour le miaulement. C’est bête pourtant, un miaulement. Mais arriver à ce que mon chat en pousse un correct… Ca m’a pris plusieurs semaines.

D’ailleurs c’est la dernière chose que j’ai pu montrer à mon père. Une semaine plus tard il y a eu une explosion à l’usine et il est mort avec quatre ouvriers, alors qu’ils étaient en train de rester un nouveau prototype de train à vapeur à grande vitesse. Il y a eu un souci avec la compression de la vapeur et la locomotive a explosé, le tuant sur le coup.

J’ai été triste, mais heureusement j’avais Bucky. Bucky était le fils de la cuisinière, qui est arrivée quand je devais avoir six ans. Et un jour qu’on m’avait installé dans le jardin pour que je profite du soleil, je vois un garçon d’à peu près mon âge chiper des pommes dans le pommier. Il m’a vu, il a ri, et il s’est approché de moi en croquant dans la peau bien rouge. Et puis il s’est essuyé les lèvres du revers de la main et il est venu s’asseoir près de moi.

Comment tu peux rester assis là alors qu’il fait si beau ? Tu préfèrerais pas aller courir ? Ou nager dans le ruisseau ?

Sur le coup j’ai été surpris qu’il me parle aussi facilement. Sans me donner du « monsieur » ou du « petit maître ». Je pense qu’il ne savait même pas qui j’étais. A savoir le fils du patron de sa mère.

C’est comme ça qu’on a commencé à devenir amis. Il était le premier garçon de mon âge que je cotoyais, et je l’ai aimé à la seconde où je l’ai vu. Ma mère, qui était ravie de voir son influence sur moi, l’encourageait à passer du temps en ma compagnie. Au début j’ai eu peur qu’il se sente obligé, qu’il le fasse pour ne pas que sa mère se fasse renvoyer. Mais non. Il était content d’être avec moi, ce qui me surprenait jour après jour. Avec lui j’ai fait de la luge pour la première fois, dans le pré en pente qui descend derrière le manoir. Ma mère n’était pas très rassurée mais elle a quand même cédé, vu à quel point j’insistais. Elle m’a ficelé comme un rôti dans des vêtements chauds, et m’a enfin laissé partir. Et quand la luge a dévalé la pente, le bras de Bucky autour de ma taille, j’ai eu l’impression de voler. Sans fauteuil sans rien. Ca reste un de mes meilleurs souvenirs.

Le même hiver on a aussi fait du traineau. Maman l’avait acheté spécialement pour moi, et on partait pendant de longues heures dans les bois, tirés par Molly, la jument de maman qui est toujours si douce et si calme. Il m’a aussi emmené sur l’étang gelé, lui avec des patins, et moi sur une espèce de brouette spéciale, ensevelie sous une fourrure de renard bien chaude, et on glissait sans penser à rien pendant des heures. En été on est allés faire du cerf-volant, et il m’a même emmené me baigner dans le ruisseau. Bien sûr, cette fois-là, Maria était venue avec nous, tout comme le jardinier, pour me repêcher de là, si jamais. Mais ça s’est bien passé. Buck avait son bras sous mes aisselles, et il me laissait juste flotter doucement, au gré du courant. A cette époque-là, malgré mes jambes inutiles et malgré la mort de papa… j’étais heureux. Vraiment heureux. Grâce à lui.

Seulement, alors que je venais d’avoir quinze ans, Bucky était allé accompagner maman pour aller faire les courses de Noël, comme tout le monde était occupé pour les préparatifs du réveillon. Je les ai regardés partir, je leur ai fait de grands signes depuis la fenêtre de ma chambre avant de me mettre à mon oiseau. Un nouveau projet. Celui-là je n’en avais rien dit à Buck parce que je voulais lui en faire la surprise. Comme cadeau de Noël.

A chaque fois que je travaille, je perds la notion du temps, et je n’avais pas remarqué qu’il était bien après l’heure du dîner. Seulement, Maria est venue toquer à la porte, et à son visage, j’ai tout de suite compris que quelque chose de grave s’était passé. Et ce qu’elle m’a annoncé était encore pire que tout ce que j’aurais pu imaginer. Ma mère. Mon meilleur ami. Morts dans un accident, parce qu’un coup de feu d’un braconnier a fait peur aux chevaux, et la berline s’est renversée. J’ai cru que j’allais mourir. Je le voulais, pour pouvoir les rejoindre. Pour pouvoir être à nouveau avec eux, et pas tout seul ici. Peu importait que j’étais riche, une des plus grosses fortunes du pays, si j’allais vivre le reste de mes jours sans les deux personnes qui comptaient le plus pour moi.

Tout Londres s’est précipité aux funérailles, et j’ai dû accepter les condoléances de centaines et de centaines de personnes, Maria debout derrière mon fauteuil, fière et droite, sans aucune touche de couleur sur elle, qui gardait sa main sur mon épaule. Et j’ai insisté pour que Buck soit enterré sur le domaine, dans le même cimetière que mes parents, et que toute ma famille. Je n’arrivais pas à me dire que j’étais riche à présent, et la seule dépense que j’ai faite, ça a été de leur offrir à tous les deux ce qu’il y avait de mieux pour leur dernier voyage. Après… après je ne sais plus.

Les semaines qui ont suivi sont floues. Maria m’a raconté que je suis resté des jours dans mon lit, sans manger, dormant toute la journée, et que je réveillais parfois le manoir de hurlements de terreur que je poussais dans mon sommeil. Elle a eu peur pour moi. Elle a vraiment cru qu’elle allait devoir m’enterrer, moi aussi. Et puis j’ai doucement commencé à me faire une idée. Après tout ce que j'avais déjà créé, pourquoi pas... Pourquoi pas un humain? Un robot humanoïde? Après tout j'en étais bien capable. Et si c'était pas le cas... Je le deviendrai.

Et c'est comme ça que je me suis lancé dans ce projet totalement fou de construire un robot. Un robot humain. Mon Bucky. Pendant presque trois ans, toutes mes journées ont été consacrées à ça. Maria veillait toujours à ce que je mange et que je dorme mais...sinon j'étais dans mon laboratoire, à travailler. Et là, enfin, je lui apporte la touche finale. Il n'y a plus rien à modifier. Il est parfait comme ça. Les yeux, les cheveux, la peau, tout. Tout est une illusion parfaite de la réalité. Mais il y a encore une inconnue. Savoir s'il va marcher.

Je fais pivoter mon fauteuil et glisse ma main dans sa nuque. Mon coeur bat vite alors que mes doigts effleurent le bouton que j'ai caché. Je le presse et recule légèrement, mort d'impatience.

Et là je vois ses paupières s'ouvrir, et j'ai vraiment l'impression qu'il me regarde. Un sourire naît sur mes lèvres alors que sa tête bouge doucement, et que les articulations de ses yeux font pivoter ses orbites sur moi, et ce qui l'entoure.

Bonjour Bucky. Je m'appelle Steve. C'est moi qui t'ai créé. A partir de maintenant tu es ici chez toi...


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Jeu 26 Nov - 20:39

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ C'est lui que tu as vu la première fois que tu as pris conscience, lorsque les rouages qui te composaient se sont doucement mis marche, s'emboitant les uns dans les autres parfaitement, permettant à ton mécanisme encore incomplet de s'éveiller. Au début tu avais été incapable de bouger et de répondre à ses attentes et pourtant… Tu le voyais. Lui. La seule personne qui attirait ton attention, même si à cet instant de ton existence, tu ne savais pas ce qu'il était, où tu te trouvais. Non, tu ne savais même pas te définir. La seule chose que tu savais pour sûr… C'est que tu devais bouger les doigts pour lui… Chose dont tu n'étais pas capable. Tes mécanismes avaient beau ronronner bien sagement… Tu ne pouvais bouger les doigts. Et ça te dérageait. Parce qu'au fond de ton être, tu aurais aimé en être capable. Tu aurais aimé voir autre chose dans son regard. Tu aurais aimé qu'il ne te désactive pas. Tu penses que tu aurais été capable de bouger la main pour lui.

La seconde fois… Ça s'est mieux passé. Tu t'es réactivé et il l'a vu. Il a eu un sourire pour toi, alors que tes rouages reprenaient doucement leurs rotations. Tu étais un peu plus avancé, plus construit. Tu ne sais pas combien de temps tu avais passé mais pour toi, ça n'avait duré qu'une fraction de seconde. Pour lui, il y avait dû avoir des nuits et des nuits à travailler sur toi, mais ça, tu ne pouvais pas encore en avoir conscience. Ta conception du monde se résumait à vous deux, aux sourires qu'il t'offrait quand tu ouvrais les yeux pour lui et aux ordres qu'il te donnait. Ce jour-là il t'a demandé de bouger les doigts. C'est la main que tu as levé, lentement, puis tu as plié un doigt… Puis deux… Puis trois… Tu te souviens qu'un rire lui avait échappé alors que presque avec crainte, il était venu effleurer la paume de ta main. D'une manière assez raide, assez laborieuse, tu avais réussis à refermer tes doigts sur les siens et garder sa main. Il avait eu rire et des larmes pour toi. Tu ne comprenais pas mais ce n'est pas grave, tu étais simplement satisfait d'avoir répondu à ses attentes. Ne serait-ce qu'une fois.

A partir de ce moment-là, Steve te laissait conscient pendant qu'il travaillait sur ta conception. Tu ne savais pas vraiment si c'était ce qu'il voulait ou si c'était une simple méprise de sa part, mais tu étais conscient, légèrement du moins. Tu pouvais l'entendre te parler de tout et de rien, du fait que tu allais être son automate, son infirmier… Son ami murmurait-il par moment… Par moment tu l'entendais pleurer, ou hurler, disant qu'il n'y arriverait jamais… Qu'il n'était pas assez bon… Et à chaque fois, tu avais envie de venir comprendre ce que lui arrivais, une chose en toi te poussais à vouloir le consoler même si ce concept même t'échappais. D'une certaine façon, tu avais l'impression de passer du temps avec lui, d'apprendre à le comprendre et à te comprendre. Doucement tu prends conscience de ce que tu es. Au fils de ces tests, tu prends conscience que tu as des bras, un corps, des jambes… Tu ne fais pas de rapprochement entre vous, et pourtant… Les années passent mais tu ne t'en rends pas compte, pour toi… Ce n'est qu'un enchaînement de moment où Steve est avec toi et de moments où il te laisse seul dans cet atelier sombre. Tu te sens inutile quand il n'est pas là. Sans lui à tes côtés, tu te sens inutile. Sans intérêt. Tu n'existes que pour lui. Et tu tentais de lui montrer dès que possible. Par moment, pendant les phases de tests, tu avais un mouvement vers lui, un début d'attention… Tu ne saurais dire pourquoi… Mais par moment, tu avais ce besoin. Une fois tu t'es penché vers lui, tendant la main vers son visage que tu aurais aimé caresser. Mais pour une raison ou une autre, tu finissais toujours par suspendre ton geste. Que ce soit à cause d'un problème purement mécanique ou le simple fait de croiser son regard. Plus d'une fois tes doigts ce sont bloqués non loin de sa joue.  Tu voulais juste… Tu ne sais pas ce que tu voulais. Le problème est bien là. Tu te souviens pas, mais après ces moments, lui restait toujours perturbé, ce demandant si c'était un mouvement volontaire ou un problème mécanique. Tu le laissais perplexe. Tu occupais chacune de ses pensées, de jour comme de nuit. Tu étais le centre de son attention. Mais tu ne pouvais pas t'en rendre compte. Tu n'étais pas terminé, pas encore doté de cette conscience. Malgré tout ce qu'il pouvait te raconter, tu oubliais. Si il ne parlait pas, tout s'étiolait, tu redevenais une carcasse sans conscience et sans vie. Tu n'existais qu'au travers de lui.

Seulement aujourd'hui c'et différent. Aujourd'hui tu es terminé. Achevé. Il te regarde, autant impatient qu'anxieux. C'est le moment. Celui du test final, celui qui va déterminer si tu es fonctionnel ou non. Tu ne ressens pas son angoisse et pourtant… Tu devrais le voir à être aussi nerveux… Ses doigts viennent lentement se glisser dans ta nuque et presser le bouton qui y est. Lentement tes rouages se mettent en marchent, commençant au niveau de ton cou, avant que le reste ne s'active à son tour. Lentement, tu t'éveilles réellement pour la première fois
.

Il y a un léger cliquetis tandis que tes paupières qui recouvrent tes yeux se soulèvent, t'autorisant enfin à découvrir où tu te trouves. Ton mécanisme interne tourne sans le moindre soucis, ronronnant presque silencieusement. Tu ne sais pas où tu es, malgré les deux années que tu as passé ici. Tes yeux bougent légèrement, cherchant à comprendre, découvrant aussi, avant de finalement croiser pour la première fois son regard. Tu ne sais pas qu'il y est et pourtant, il t'offre un sourire radieux. Il avait peur que tu ne fonctionnes pas. Et pourtant il est là à se perdre dans ton regard, incapable de retenir un sourire heureux. Car oui, te voir fonctionner… Ça le rend heureux, mais une fois de plus, tu ne peux avoir conscience de rien. Tu ne sais pas pourquoi tu es là, tu ne sais même pas ce que tu es. Tes yeux ont beau se perdre dans l'atelier, y observant les nombreuses pièces, rouages, plans, tasse de thé qui y trainent, tu ne comprends pas ce que tu vois, ce que tu observes. Tu te contentes de noter que tu es quelque part. Où ? Tu ne peux le dire. Tes yeux se perdent ensuite sur tes mains, dont tu testes les différentes articulations, commençant par tes doigts avant de vérifier tes poignets, remontant jusqu'à tes coudes. Tout te réponds et c'est la seule chose qui compte pour toi à cet instant. Tes yeux reviennent sur lui alors qu'il te parle, parfaitement conscient cette fois-ci du fait que tu puisses l'écouter et peut-être, lui répondre. Il te salut, te donnant finalement un nom. Bucky. Tu es Bucky. C'est la première chose que tu retiens, que tu apprends. Tu es Bucky. Tu as enfin un nom, une identité. Bucky. Puis il se présente. Steve, ton créateur. C'est la seconde chose que tu apprends. Qu'il est celui qui t'as fabriqué, qui a fait de toi ce que tu es aujourd'hui. Tu es Bucky grâce à lui. Si seulement tu avais conscience de ce que cela pouvait dire, tu le remercierais mais là, tu te contentes de le fixer, retenant simplement que tu es Bucky et qu'il est Steve, ton créateur. Et alors que tu l'observes, tu te demandes si il t'a fait à son image. Mais non. Tu as les cheveux plus longs, plus sombres, tu es aussi plus grand et bien moins frêle que lui. Une fois que tu as terminé de l'observer, tes yeux de verres viennent rechercher à accrocher les siens et sans comprendre pourquoi ou comment, tu lui réponds. C'est fascinant pour lui. Parce qu'il ne te pensait pas capable de ça. Et pourtant, tu entrouvres les lèvres et le mécanisme subtile qu'il a installé dans ta gorge se met en marche, te faisant prononcer tes premiers mots.

"Bonjour… Steve."

Tu apprends déjà. Et tu as déjà appris. Pendant ces longues années où vaguement conscient, il te parlait. Tu ne sais plus de quoi, ni de qui, mais ça par contre… Tu as retenus. Les mots te viennent, certes avec une certaine hésitation, mais ça tu peux le dire. Tu peux l'exprimer tout du moins. Tu ne sais pas encore ce que cela représente, mais ce n'est rien. L'important c'est que tu fonctionnes. La suite te vient un peu plus naturellement, parce que c'est une phrase que tu as souvent entendu, de la part de Maria ou du reste du personnel qui sert ton créateur. Alors tel un perroquet… Tu répètes. Parce que ça te semble être la seule chose à faire.

"Que puis-je faire pour vous, Steve ?"
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Ven 27 Nov - 17:43

I, Robot

Steampunk Stucky


Ô temps, suspends ton vol... c'est un peu l'impression que j'ai alors que mes doigts ont effleuré le bouton qui met mon robot en marche, que je le pousse et que j'attends. Les secondes me paraissent des heures, des siècles, pendant lesquelles Bucky reste totalement immobile. Les paupières closes, aucun de ses rouages ne bouge. Et j'ai peur. Si rien ne fonctionnait? Si rien de ce que j'avais fait ne marchait? Pourtant chaque élément pris à part a fonctionné, je les ai testés, encore et encore, je les ai optimisés, je les ai améliorés, rendus les plus performants possibles. J'ai passé des heures à étudier le coude de Maria, ou les jambes du jardinier qui a dû me prendre encore plus pour un fou quand je suis resté pendant une bonne demi-heure à lui demander de tourner lentement devant moi, en pantalon court, perché sur une table pour être à hauteur de mes yeux pendant que je griffonnais sans cesse. Heureusement qu'il me connaît depuis que je suis petit, et que, comme tous ceux ici, il a de la pitié pour le ''petit maître'' que je suis, et une immense affection pour feu mes deux parents...

Parce que ce projet est... est ce qui m'a gardé loin de la folie et du désespoir. Entre me jeter là-dedans et me jeter dans le vide, j'ai choisi ça. Alors bien sûr que j'y ai réfléchi, bien sûr que j'ai longuement médité sur le fait que je me prenais pour Dieu, que j'écalais le Créateur, mais le Créateur en question s'était amusé à ôter de ma vie les personnes qui en étaient les plus chères. Et il m'avait donné l'intelligence et le talent pour mener à bien mon projet. Si jamais je le contrarie, je l'attends, il saura me trouver et nous nous expliquerons autour d'une tasse de thé. J'ai plongé à corps perdu dans cette idée complètement folle, mais... mais c'était ça ou mourir. C'était ma planche de salut, ma dernière et toute infime lueur d'espoir. Construire quelqu'un qui ne pourra pas mourir. Construire quelqu'un qui ne me laissera jamais. Qui pourra toujours être là, avec moi, veiller sur moi... Que le destin ou Dieu ou peu importe ne pourra pas me prendre. Quelqu'un qui ne sera pas malade, quelqu'un que je pourrai réparer s'il est blessé.

Alors je me suis mis au travail. Un Buck immortel. Mon meilleur ami que je garderai toujours avec moi. Et même si au moment de commencer la tâche m'a parue bien trop ambitieuse, je me suis dit que celui qui ne tente rien n'a rien. Et je n'avais que ça pour occuper mon temps et mes pensées. Pour m'éviter de me morfondre, pour éviter de penser sans cesse à mère, à père et à Buck. Pendant de longues semaines je n'ai fait que des plans. J'ai fait venir des ouvrages d'anatomie par dizaines, j'ai acheté des spécimens de jambes, de bras ou autres dans le formol à des écoles de médecine ou des embaumeurs. Et j'ai essayé de transposer tout ça sous forme de robot, de rouages, de pistons. J'ai repris l'atelier de mon père, car j'avais besoin de place pour mon projet, y ai tout transféré, et au fil des semaines mon projet a pris forme. Sauf que personne ne s'imagine la merveilleuse complexité de l'architecture d'une main, de toute la variété de ses mouvements, de l'éblouissante finesse de sa précision. Et tout ça je devais le comprendre, et le recréer, avec du métal et des vis. S'est bientôt aussi posé le problème des aménagements. Parce que je ne voulais pas seulement d'un robot humanoïde, mais il me fallait quelqu'un capable de me soigner. Parce que si déjà il allait vivre à mes côtés, autant qu'il puisse m'aider le plus possible. En parallèle à la forme humaine, j'ai aussi réfléchi à un système de mesure de mes pulsations cardiaques et de mon souffle, à cause de mon asthme et de mes problèmes au coeur. Et j'ai également pensé à un moyen de pouvoir me faire inhaler des vapeurs de menthe et d'eucalyptus qui m'aident quand ma gorge se ferme.

Pendant des jours et des jours je pouvais rester bloqué sur la simple jointure du petit doigt, sur la rotation d'une cheville ou sur le mouvement de la marche. Le rendre le plus exact possible. Qu'il reproduise le plus exactement celle d'un vrai être humain, sans la raideur qui caractérisait trop souvent les automates. Petit à petit, pièce après pièce, et échec après échec, j'ai progressé. Les pieds. Le bassin. Les hanches. Les épaules. Autant de morceaux d'un puzzle gigantesque et dément que je tentais d'assembler, au péril de ma raison et de ma santé. Mais je devais le faire. Bien sûr cela ne s'est pas fait sans désagrément, et je ne compte plus les fois où je me suis coupé, brûlé, planté je ne sais quoi dans les mains ou le bras. Et les hurlements de rage que j'ai poussés, jetant parfois des choses à travers la pièce quand je me retrouvais face à un échec trop cuisant.

Enfin je suis arrivé au visage. Et je me suis rendu compte que deux ans avaient passé. Deux années. Deux hivers où lui et moi nous ne sommes pas allés faire du patin sur le lac gelé, ou du traineau dans les bois. Deux étés où nous n'avons pas fait voler de cerf-volant et où je ne suis pas retourné me baigner dans la rivière. Deux automnes où il ne restait pas contre moi toute la nuit quand j'étais malade, pour me garder au chaud mieux que quelle fourrure, pendant que je lui lisais des histoires de pirates ou d'enfants imaginaires au pays des sirènes. Deux ans que j'ai été privé de tout ça. Et surtout... deux ans où je n'ai pas vu Buck grandir. La dernière fois où je l'ai vu il avait quinze ans, et maintenant il devait en avoir dix-sept, ou dix-huit. Pendant de longues heures j'ai noirci des pages et des pages en essayant de l'imaginer aujourd'hui. Comment l'adolescent sauvage serait devenu un jeune homme, me fiant à mes souvenirs et aux quelques photos de lui que j'avais, prises par maman.

J'ai enfin arrêté ma version de Buck. Tel qu'il pourrait ressembler aujourd'hui, selon moi. Et je me suis lancé dans la dernière étape du voyage. Le visage. Le plus difficile. Parce que le corps sera caché, vêtu. Le visage sera à la portée de tous et personne ne devra se douter de ce qu'il est. Des semaines j'ai travaillé sur ce qui serait sa peau, et j'ai finalement conçu un mélange de caoutchouc et de soie qui, avec la bonne dose, et réchauffé par un mince réseau de tubes de cuivre dans lesquels courait de l'eau chaude, faisait illusion. J'ai même tendu des pièges à Maria, lui demandant de toucher le bras ou la jambe de Buck et elle s'est fait prendre. J'étais de plus en plus excité et impatient à mesure que mon oeuvre touchait au but. J'ai commandé chez un prothésiste un jeu de dents complet, acheté de vrais cheveux que j'ai implantés un par un dans la tête, tout comme des cils et des sourcils. J'ai conçu un système de larmes avec un petit réservoir, et des yeux de cristal qui m'ont demandé des semaines et des semaines, les recouvrant ensuite de paupières bordées de cils.

Il m'a fallu articuler tout ça, rendre toutes les expressions qu'un visage humain peut adopter. Les légères rides au coin des lèvres quand on sourit. Les sourcils qui se froncent de consternation ou de tristesse. L'inquiétude. La joie. Tout. Il devait pouvoir tout éprouver, ou tout du moins, l'afficher. Et avec une bonne dose de patience j'y suis arrivé. Durant tout le processus je lui ai parlé. Je lui ai parlé de celui dont il prenait la place. Je lui ai raconté nos souvenirs d'enfants, les histoires qu'on se lisait, ainsi que nos jeux. Je lui racontais nos bêtises, encore et encore, et le visage amusé de mère qui était bien trop contente que je me comporte comme n'importe quel enfant de mon âge au lieu de rester cloué au lit à concevoir des automates. Elle trouvait ça sain que je casse un vase en percutant un guéridon avec mon fauteuil au cours d'une partie de cache cache, parce que je m'amusais. Parce que je vivais. Ca et bien d'autres choses.

Et là j'attends. Quand enfin un cliquetis infime. Puis le léger souffle des rouages bien huilés. Un. Puis deux. Puis trois. Puis une cascade. Et enfin les paupières qui s'ouvrent. Son regard croise le mien et je suis moi-même surpris du résultat. Il... On dirait vraiment qu'il... regarde. Qu'il me regarde. Je lui parle, je me présente, et à ma grande surprise sa voix résonne, encore un peu rauque et hésitante. Mais il parle. Il parle et il forme des phrases. Mon coeur se gonfle de joie et j'ai un immense sourire quand il continue à parler.

Dans un premier temps tu peux me tutoyer. Et... ensuite je... je t'ai conçu pour que tu m'aides. Je ne suis pas en bonne santé et mes jambes sont trop faibles pour que je puisse marcher. J'aurais besoin de quelqu'un qui pourrait m'aider à me déplacer, à m'installer de mon fauteuil à mon lit, par exemple. Est-ce que tu serais d'accord de faire ça pour moi? Accepterais-tu de t'occuper de moi?

Je passe ma langue sur mes lèvres alors que je le scrute longuement, examinant chaque détail de son visage.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Ven 27 Nov - 22:04

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Il t'adresse un immense sourire que malheureusement tu ne comprends pas. Tu es encore bien trop jeune pour comprendre ce sourire, cette joie qui emplir son être alors que tu dépasses largement ses attentes. Tu viens d'ouvrir les yeux et pourtant tu es là, à l'observer, à parler. Tu ne te rends pas compte. Si seulement tu pouvais comprendre à quel point c'est merveilleux. Tu ne devrais pas faire autant, tu devrais être plus… Incomplet. Mais peut-être Steve a-t-il bien mieux travaillé qu'il ne le pensait. Peut-être qu'en deux années de travail, de tests, d'échecs et de réussites, il a réussis à prévenir d'avances certains problèmes que tu aurais pu rencontrer. Parce qu'aujourd'hui, face à lui, éveillé pour la première fois, tu ne semble pas éprouver ou ressentir le moindre dysfonctionnement. Du moins, de ce que tu as essayé. Tu ne sais pas encore si tes jambes fonctionnes et étrangement, tu n'as pas tant conscience de ce à quoi tu peux ressembler. Plus tu observes Steve, plus tu te demandes si tu es comme lui. Alors lentement, tu continues de te découvrir, de remuer chacune de tes articulations, dans l'espoir de comprendre un peu plus ce que tu es. Sa création, ça tu le sais désormais… Mais ça reste si vague, si peu pour toi. Ce n'est pas assez, ça ne te suffit pas à te déterminer. A te donner une identité, une idée de ce que tu es. Mais heureusement, une fois la joie et la surprise passées, voilà qu'il te parle à nouveau, qu'il te dit que tu n'as à le vouvoyer. Seulement, le tutoiement reste un terme vague. Il pourrait te parler de la pluie que ce serait pareil pour toi. Et c'est uniquement quand il continue de parler que tu finis par comprendre, du moins appréhender ce concept de tutoiement. Il aurait aimé que tu lui dises "Que puis-je faire pour toi, Steve ?" Quelque chose de différent que ce que cette femme pouvait lui dire quand elle lui apportait de quoi manger ou boire. Et la suite te donne enfin la raison même de ton existence. Il t'a crée pour que tu l'aides. Lui qui est faible et qui a besoin de quelqu'un pour l'assister. Tu pourrais te demander pourquoi toi ? Pourquoi ne pas chercher de l'aide ailleurs, mais encore une fois, tu n'es qu'une coquille vide pour l'instant. La seule chose de concret en toi, ce sont les rouages qui te composent, et qui tournent sagement, dans une bruit discret. Pour le moment, tu n'as aucune conscience, aucune pensées. Et c'est normal. Tu es comme un nouveau né, à peine éveillé depuis quelques minutes, que tu parles est déjà un exploit, alors que tu sois déjà un être conscient… Ce serait un miracle. Après tout, tu es une machine, un automate. Ton rôle n'est pas de penser, mais de le servir. Il t'a construit pour que tu l'aides, pour que tu sois celui qui le soutiennes, qui l'aide à retrouver son fauteuil ou son lit. Et chose étrange, il te demande si tu es d'accord, si tu souhaites l'aider ou non. Comme si tu étais capable d'exprimer un refus. C'est si étrange. Et tu ne sais pas quoi faire. Les paroles de toutes à l'heure étaient mécaniques finalement, vide de sens et d'intentions, parce que tu ne savais pas ce que tu devais faire, et maintenant qu'il te l'a dit, tu ne comprends pas ces mots. Acceptes-tu ? Tu ne comprends pas. La question glisse sur toi et incapable de formuler la bonne réponse… Tu restes immobile face à lui. Tes rouages continuent de tourner bien sagement, et ton regard reste ancré dans le siens. Tu l'observes de longues secondes, ne sachant pas, ne comprenant pas ce qui se passe. Tu ne sais pas quoi dire. Tu ne sais pas quels mots utiliser pour répondre à une telle demande… Le problème c'est que tu peines à comprendre le sens de sa question. L'aider ? Qu'est-ce que c'est ? Faible ? Qu'est-ce que cela représente ? Tant de questions que tu n'es pas encore en mesure de te poser, mais qui résume assez bien ce qui se passe en toi. Ça n'éveille rien, n'évoque rien. Alors tu restes silencieux et passe à autre chose.

Tu décides de te comprendre un peu plus. Enfin, de continuer à te découvrir.

Tes yeux se baissent à nouveau sur tes mains que tu observes une fois de plus. Tes doigts remuent doucement sous ton regard, et dans une espèce de routine, tu recommences à vérifier tes poignets, tes coudes… Puis tes épaules. C'est comme si tu avais oublié… Ce n'est pas le cas, mais c'est tout ce que tu trouves à faire pour combler ce moment de flottement. Tu portes doucement tes mains à ta poitrine et tu caresses doucement le tissu de ta chemise, laissant tes doigts passer sur les boutons sagement fermés. Lentement tu remontes jusqu'à ton cou, puis ton visage, terminant en laissant tes doigts glisser dans tes cheveux. Tu descends ainsi jusqu'à ta nuque, tes doigts rencontrant alors l'interrupteur dans ta nuque. Tu l'effleures doucement, prenant simplement conscience de sa présence. Tu ne sens pas le regard inquiet de Steve qui entrouvre déjà les lèvres pour te dire de ne pas y toucher. Jamais, même. Et c'est tout ce qu'il te faut pour que tes doigts quittent ta nuque, reprenant presque ta stature initiale. Ton regard revient chercher le sien alors que tu continues de tenter de comprendre et percevoir ce que tu es.Tu sens certains mécanismes en toi mais tu ne sais pas comment les utiliser ni pourquoi. Deux réservoirs d'eau te composent : l'un est assez grand et diffuse de l'eau dans tout ton être, se glissant sous ta peau pour te réchauffer et les autres… Ils se trouvent au niveau de tes yeux. Tu ne sais pas comment les activer. Mais tu sais qu'ils sont là. Et le reste… Tu es visiblement équipé pour mesurer son rythme cardiaque et son souffle, mais ne comprenant pas ce que c'est, tu ne t'y attardes pas… En vérité, tu passes rapidement là-dessus… Parce que tu peines encore à comprendre le but de tout ceci. Alors tu reviens perdre ton regard dans le sien, répétant encore et encore seule chose tu peux dire et qui te semble avoir du sens.

"Que puis-je faire pour toi, Steve ?"
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Mar 1 Déc - 18:32

I, Robot

Steampunk Stucky


Je suis fasciné. Vraiment. J’ai passé tellement et tellement d’heures à assembler chacun des éléments épars, à réfléchir à chaque partie de ce corps séparément, que j’ai presque perdu de vue l’ensemble. Lui. Lui en entier. Des heures à ne me concentrer que sur l’articulation du coude, que sur le mouvement des hanches, sur le jeu des chevilles. Et là, maintenant qu’il ouvre enfin les yeux, maintenant que je l’allume pour la première fois, je suis presque surpris de voir que j’ai… j’ai un homme en face de moi. Mon regard erre sur chaque élément, les dents, est-ce qu’elles sont bien implantées ? Est-ce qu’elles lui permettent de bien articuler ? Le nez est-il réaliste ? Les sourcils, le front, tout… J’examine tout, prenant conscience de la totalité après avoir trop de temps sur le particulier.

Mon dieu… j’ai créé un être humain. Je suis arrivé à créer un être humain en entier, un être qui… qui parle ! Qui peut bouger, qui peut parler, qui peut… vivre ! Mon cœur faible s’emballe en me disant que j’ai réussi. Enfin. Alors évidemment, une nouvelle étape s’ouvre à présent, au cours de laquelle je vais avoir un million de tests à faire. Des réglages. Des variations presque infimes sur les mouvements des sourcils, une commissure des lèvres à rectifier. Et puis… et puis tellement d’autres choses.

Je fronce un peu les sourcils quand je l’entends me parler encore une fois, et répéter sa phrase, me demandant encore ce qu’il peut faire pour moi. Mais en me tutoyant. C’est donc qu’il a saisi le concept et qu’il sait l’appliquer. Avant de sourire. Evidemment il est extrêmement limité pour l’instant, mais… mais il y a quelque chose. Une forme sans doute très basique de raisonnement et de réflexion. Je vais devoir tout lui apprendre. Tout. Et je n’arrive même pas à saisir l’étendue de toutes les choses que je devrai lui inculquer, lui transmettre. J’ai peur et je suis impatient. Et si j’y parvenais ? Et si mon projet fou aboutissait ?

Dans un premier temps il va d'abord falloir que je cerne ce que j'ai à lui apprendre. Ce qu'il peut comprendre et assimiler. C'est... mon dieu, mais jamais encore quelqu'un n'y est arrivé. Jamais encore  un homme n'était arrivé à créer une intelligence artificielle de la sorte. Un esprit qui peut penser, et qui n'est pas humain. Et si j'y arrive... Et si j'y arrive je serai... Je serai dans l'histoire! Mais surtout... surtout maintenant... je pourrai toujours avoir quelqu'un avec moi... Si tout va bien. Et tout se bouscule dans ma tête. Qu'est-ce qu'il sait déjà? Qu'est-ce qu'il peut apprendre? Qu'est-ce qu'il va pouvoir comprendre et intégrer? Quelles seront ses limites? Autant de questions qui m'angoissais mais auxquelles je brûlais d'envie d'apporter une réponse. Et je l'observe prendre conscience de lui-même, un sourire aux lèvres. Ses mouvements sont parfaits. Un peu raides mais... mais tout s'enchaîne, tout est...fluide. On pourrait s'y méprendre. On dirait juste quelqu'un de gauche, de maladroit. Et j'y suis arrivé. J'ai fait ça. J'ai fait ça tout seul. Totalement seul. Je savoure le fruit de mon travail, tout en ne le quittant pas des yeux. Je l'admire et pourtant je guette la moindre choses à améliorer, à corriger. Le moindre détail qui pourrait attirer l'attention, qui pourrait mettre la puce à l'oreille à quelqu'un...

Mais je me raidis quand ses mains glissent dans sa nuque et je tends la main vers lui.

Buck non! Le bouton que tu touches, tu ne dois surtout pas appuyer dessus, sinon... Sinon tu vas t'éteindre. Tu ne fonctionneras plus...

Il suspend son geste, me regarde pendant quelques secondes, avant de baisser sagement les mains. Il a compris. Bon sang il a compris! Je ne sais pas encore ce qu'il a compris exactement, mais suffisamment pour saisir le concept d'interdiction. D'associer ma parole à un acte. C'est... c'est juste merveilleux! Avec un grand sourire je recule mon fauteuil pour lui laisser un peu de place, et qu'il puisse se redresser.

Tu peux te lever. Ici c'est mon laboratoire. C'est là que je t'ai créé. Que je t'ai fabriqué. Je m'appelle Steve et ton nom à toi est Bucky.

Je roule un peu et désigne ma grande pièce encombrée de plans de travail à la hauteur de mon fauteuil, aux murs remplis de livres, de plans, d'étagères pleines de rouages et de pièces diverses et variées.

Tu comprends? Cet endroit est le laboratoire. Et si tu marchais un peu? Que je voie si tout se passe comme il faut?

Et sans le quitter des yeux je le regarde se redresser et commencer a avancer vers moi.



Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Jeu 3 Déc - 20:34

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ À quoi se résume la conception de ton monde au final ? Pas grand chose. Tu sais que tu es Buck, ou Bucky. Le y apparait et disparait en fonction de l'humeur de ton créateur, Steve qui est pour le moment, la seule personne que tu aies jamais vu et entendu. La seule personne qui compose ton mode pour l'instant limité. Là, tout de suite, tu ne vois et ne perçois que lui. Il n'y a que lui qui existe. Et d'instinct, tu vas former tout ton univers autour de lui. Tout va tourner, évoluer autour de sa simple personne. Il sera ton point de repère pour tout le reste. Tout seras d'une façon ou d'une autre relié à ton créateur… À Steve. Et après Steve… Il y a toi. Tu sais vaguement que tu descends et dépends de lui. Le pourquoi du comment t'échappes mais tu finiras par l'apprendre. Au fond de tes rouages qui ronronnent sous l'alliage étrange qui compose ta peau, tu sais qu'il te dira quoi faire, qu'il t'aidera à devenir ce qu'il a rêvé que tu sois. Comme pour l'interrupteur dans ta nuque, il te dira ce que tu peux faire ou non. Il va déterminer les règles qui t'entraveront et les libertés que tu auras. Grâce à lui, à ces mots, tu finiras par avoir un but. Un endroit où aller. Car pour l'instant, tu attends. Tu attends sagement qu'il te dise ce que tu peux faire pour lui. Tu as besoin de le savoir. Sans ça, tu n'es rien. Juste un automate assis sur une table. Un regroupement complexe de rouages et autres matériaux qui te donnent cette allure si humaine. Tu ne comprends pas le regard que Steve te porte. Tu ne peux saisir la joie, l'émerveillement et la surprise qui animent ses deux grands yeux bleus quand il te regarde. Tant d'émotions qui t'échappent et glissent sur toi. Tu restes terriblement impassible, observant son visage se mouvoir sous tes yeux. Tu pourrais apprendre, comprendre et reproduire mais n'ayant aucun concept qui t'y rattaches… Tu laisses tout cela t'échapper. Tout ce que tu attends, c'est une réponse à ta question. Que peux-tu faire pour lui ? Steve a un sourire, fait rouler son fauteuil en arrière, t'offrant la possibilité de te lever. Il ne répond pas à ta question, te disant simplement que tu peux te lever, qu'ici est l'endroit où tu as été conçus. Puis il répète une fois de plus qui vous êtes. Tu ne bouges pas. Il n'a pas répondu. Sans compter que se lever… Encore un concept que tu ne saisis pas. Tu ne sais même pas que tu es assis. Alors te lever… C'est abstrait. Il continue de s'éloigner de toi, parlant, te désignant les livres, les rouages qui composent le chaos étrangement ordonné de son laboratoire. Et consciencieusement, tu observes tout ce qu'il te désigne, sans pour autant comprendre de dont il s'agit. Mais tu regardes, parce que Steve te le montre. Et quand il te demande si tu comprends, tu ne dis rien. Comprendre quoi ? Que tu es ici avec lui ? Oui tu t'en doutes. Mais non, tu ne le dis pas. Tu ne lui offres qu'un silence, pas parce que tu ne veux pas lui répondre, mais plutôt parce que tu ne sais pas comment lui répondre. Là est ton vrai problème. Il finit par cesser d'agrandir la distance qui vous sépare et une fois de plus, il te demande autre chose. Marcher. Mais pour cela, il faudrait déjà que tu sois debout. Son regard se pose à nouveau dans le tien et tu comprends que c'est le moment de lui obéir, de bouger et de lui donner ce qu'il te demande. Tu hésites. Tu saisis le fait que tu dois le retrouver, le rejoindre. Le reste… Tu vas l'improviser.

Quelques secondes passent pendant lesquelles tu ne sais pas quoi faire, alors que lui t'observes, attendant avec une certaine impatience ton prochain geste. Et si tu ne sens pas tout l'espoir qui parcourt son être si frêle, tu ressens l'attente. Tu dois répondre à sa demande. Tu dois t'exécuter pour lui. Tes mains se posent sur le rebord de la table tandis que tu te laisses glisser en bas de celle-ci. Tes pieds rencontrent le sol et avec un naturel dû au mécanisme complexe de ton dos, tu te retrouves debout dans un mouvement presque naturel. Les armatures de ton dos roulent sous ta peau alors que ton poids se rééquilibre. Tu es debout. Tu viens de te lever. Vu son sourire, tu te dis que c'est ça que de se lever. Quitter la table, te tenir ainsi. Tu assimiles le concept. Maintenant…. Maintenant il faut que tu le rejoignes. C'est ton rôle d'être à ses côtés et c'est ce qu'il veut. Marcher. Encore un concept qui t'échappes. Et ce n'est pas de lui que tu peux apprendre. Lui roule dans son fauteuil. Debout, face à lui, tu hésites à nouveau. tu veux le rejoindre, tu veux de nouveau être près de lui, comme vous l'étiez un peu plus tôt. Le seul soucis… C'est que tu ne sais pas comment faire. Heureusement, les mécanismes savent comment faire. Tu esquisses un premier geste, maladroit certes… Mais un premier pas. Tout tes rouages, pistons et autres engrenages se mettent en route et étrangement, marcher n'est pas si compliqué, c'est même simple. Tu as été si bien pensé par celui qui te regarde avec une immense fierté, que c'est aisé. Tes hanches bougent à peine, équilibrant le reste de ta stature alors que tout naturellement ton genoux se plis, que tes chevilles réceptionnent le choc de ta marche… Tout se déroule avec une fluidité qui tromperais n'importe qui. Et surtout lui dont les pupilles s'agrandissent autant que son sourire. Si seulement tu pouvais le voir, le comprendre… Mais non. Tu te contentes d'arriver face à lui et tu t'immobilises, baissant ton regard sur sa frêle silhouette sagement rangé dans son fauteuil. Lui ne "marche" pas. Lui fait autre chose. Tu pourrais te demander pourquoi, mais c'est encore bien trop tôt. Non à la place, tu te contentes de pencher légèrement la tête sur le côté, attendant de savoir si tu as bien fais.
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Ven 4 Déc - 18:43

I, Robot

Steampunk Stucky


Je ne peux pas détacher mon regard de lui. Je suis hypnotisé par ses gestes et ses mouvements. Parce que là, ce n'est pas une action répétitive que j'ai ordonné à la machine de faire, non. Là je l'ai conçu pour qu'il puisse bouger, mais mon rôle s'arrête là. A partir du moment où j'ai appuyé sur le bouton de sa nuque, je l'ai rendu vivant. Je l'ai réveillé, et non pas allumé. Il a ouvert les yeux, il a regardé tout autour de lui, il a pris connaissance de son propre corps comme un enfant qui se découvre, qui s'explore. Ses mains ont bougé de sa propre initiative, sur son torse, faisant lentement tourner ses poignets et ses doigts, en inclinant légèrement la tête. Et puis il m'a compris. Il a compris mon ordre quand je lui ai dit de ne pas toucher à ce fameux bouton. Il a saisi ce que je lui ai demandé. C'est à dire qu'il pourrait être douée de pensées abstraites? Steve ne t'emballe pas, c'est peut-être simplement le ton de ta voix qui l'a fait s'arrêter.

Un million de questions et de pensées virevoltent dans mon esprit et je tente de les chasser tant bien que mal d'un revers mental de la main pour juste... l'observer. Je recule mon fauteuil, mon regard analysant chaque parcelle de son être, chaque petit détail de ce corps que j'ai construit patiemment de mes mains pendant de si longs mois. Et qui est maintenant terminé. Mieux encore, vivant. Parce que pour moi il n'est pas animé comme un simple automate, il est... vivant. Il est vivant parce qu'il n'a rien d'une boite à musique ou d'un de ces appareils sur une chaîne de montage. Non. J'ai créé quelque chose, non, quelqu'un capable de se mouvoir, capable de penser, capable de... capable de tant de choses. Tant que de choses que ça en est effrayant autant que grisant. Je veux savoir. Je veux savoir ce qu'il peut faire, je veux savoir quelles sont ses capacités exactes. Je veux... Seigneur Steve tu recommences. Silence. Silence!

D'une voix douce, je lui demande de venir me rejoindre, pour que je puisse voir comment rend sa marche. Je le sens hésiter. Pendant quelques secondes il est encore assis sur mon établi, avec un regard pour l'instant vide d'expression. Tout doit être si nouveau pour lui. Si étrange, si... je n'imagine pas ce que cela doit faire, d'ouvrir les yeux dans un monde tout fait et de n'avoir aucune des clés pour l'appréhender. Mais n'aie crainte Buck, je t'aiderai. Je t'aiderai parce que c'est à ça que je vais consacrer ma vie à présent. Parce que te rendre un parfait humain, te rendre heureux va être mon but. Je vais faire de toi un humain accompli. Je vais faire de toi quelqu'un de meilleur que la plupart des êtres qui peuplent cette planète. Et je vais essayer de te conner l'envie de t'occuper de moi. Brusquement, une crainte me saisit : et s'il devient indépendant, libre, autonome au point de vouloir partir? Au point de se dire que sa vie serait meilleure ailleurs? De développer tous ces concepts et ces pensées? Ca serait... ça serait... Non. Steve arrête. Arrête. Il y a tellement d'autres choses que tu dois travailler avant d'en arriver là. Il doit d'abord prendre conscience qu'il est quelque chose. Qu'il est quelqu'un.

Et heureusement, toutes ces préoccupations s'envolent bien vite quand je le vois descendre de mon établi d'un mouvement souple, et s'avancer vers moi. C'est presque parfait. Pour un inconnu, Bucky serait juste un homme sans grande expression faciale, mais c'est tout. Alors que pour moi c'est... c'est une prouesse. Un miracle. Un prodige. Et même si je décèle une petite raideur dans la hanche gauche, et un très léger défaut de posture... c'est...c'est impressionnant. On y croit vraiment. Un rire ravi s'échappe de ma gorge alors qu'il s'approche et que je tends la main vers lui.

Magnifique, c'est magnifique! Bravo!

Je le contemple encore de longues secondes, avant de le faire s'asseoir dans le seul fauteuil de l'atelier, que je débarrasse rapidement de la pile de plans et de livres que je pousse à la hâte, les faisant tomber dans un nuage de poussière.

Voilà, assieds-toi.

Je prends sa main et la tire doucement vers le bas, tentant de lui faire comprendre ce que j'attends de lui. Et j'ai à nouveau un immense sourire quand je le vois s'exécuter, s'asseyant gentiment sur le fauteuil, et me regardant en attendant la suite.

Bravo! C'est très bien! C'est très bien Bucky!

Il me regarde toujours, et j'ai l'impression que mes mots, mes gestes, ce que je dis et je fais est observé avec attention, et enregistré. Bon eh bien si nous commencions la première leçon? Rien de trop compliqué... J'inspire profondément et lève un peu sa main que je tiens toujours dans la mienne.

Ceci est une main, et au bout de cette main il y a des doigts.

En disant ça je pose mon index sur chacun des doigts de sa main, avant de relever les yeux vers lui.

Tu peux répéter ça? Répéter c'est quand on dit la même chose.

J'accompagne mon geste d'un petit cercle en l'air fait du bout de mon index.

Ceci est une main, et au bout de cette main il y a des doigts. Allez, essaie...

Et je le regarde, impatient et plein d'espoir.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Mar 8 Déc - 19:42

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Ton créateur te félicite, avec un sourire et un rire que tu ne comprends pas. Tu l'entends, tu le perçois et pourtant tu ne réponds rien et ne réagit pas. Parce qu'à ce moment précis de ton existence encore si fraîche, si nouvelle, tu ne comprends pas sa joie. Tu ne peux comprendre à quel point tu es sa fierté, et que de ce fait, par chaque mouvements ou mots que tu arrives à prononcer, il sera fier de toi, heureux de constater que tu es si perfectionné. Non pour l'instant, tu restes impassible, encore incertain. As-tu fais ce qu'il voulait ou non ? Tu le penses. Tu le vois sourire mais tu ne sais toujours pas si c'est une bonne chose. Tu remarques juste la main qu'il te tend. Tes yeux se poses sur ses doigts qui restent suspendus dans le vide et d'un coup, il y a comme un écho en ton être. Un déjà-vu qui te laisses perplexe. Tu as l'impression que tu devrais joindre tes doigts au siens, que ta main devrait rencontrer la sienne et si l'idée de le faire commence à faire tourner les rouages de ton bras, tu n'en fais rien. Parce que tu ne sais pas si c'est quelque chose tu peux ou ne peux pas faire. Tu préfères ne faire que ce que lui te demande. Rien de plus. Tu es sa création après tout… Tu fais ce qu'il veut et pas autre chose.

Steve te félicite et pourtant, rien ne laisse percevoir que tu saisis même ce principe. Tu restes face à lui, ton regard venant simplement croiser le sien. Pourtant tu enregistres, tu assimiles que les mots qui traversent ses lèvres sont une bonne chose. Tu te dis que si il dit cela, c'est que tu as bien fait. Que tu as répondu à ses attentes. Et c'est tout ce qui compte, tout ce qui t'importes en fait. Tu as bien fais. Ça c'est important. Tu remplis ses attentes et il en est heureux. Et même si te conçois pas encore le concept de bonheur et de fierté, ce n'est rien, ce qui compte c'est que là, tu te sentes utile. Son regard se perd encore pendant quelques secondes dans le tien avant qu'il ne libère un fauteuil, laissant retomber les livres sur le sol dans un lourd nuage de poussière. Tu observes les particules danser dans la lumière sous tes yeux et curieux, tu regardes la poussière retomber lentement sur les livres ou le sol, redevenant une lourde couche qui n'attend que le prochain mouvement pour être remué à nouveau. Steve reprend la parole et tu restes perplexe face aux mots qui traversent ses lèvres. T'assoir. Encore un concept qui t'échappe. Tu n'arrives pas à saisir la notion de ce mot. Que veut-il que tu fasses ? Tu n'en sais rien. Alors une fois de plus, tu restes face à lui, ton regard se perdant dans ses yeux. Voyant que tu ne comprends pas, il vient chercher ta main, tirant doucement vers le bas pour te donner une indication sur ce que tu dois faire. T'abaisser. Tes yeux se posent sur sa main, ses doigts qui tiennent les tiens, puis sur le fauteuil libre qui est derrière toi. Quelques secondes filent et tu finis par saisir. S'assoir. Ou te laisser tomber sur ce fauteuil. Sagement tu t'exécutes alors que les rivets qui permettent à tes genoux de maintenir une position debout, se décalent légèrement, te permettant de t'assoir dans un mouvement souple. Le fauteuil grince doucement sous ton poids, et un autre sourire lui échappe. Tu commences à comprendre quelque chose. Si il sourit, c'est que tu fais quelques chose de bien. Tu poses tes mains sur tes genoux et attends, ton regard sagement accroché au sien. Il est fier de toi. Tu le comprends et l'entends à ces mots. "Bravo". C'est que tu as bien fais. "Très bien." C'est encore une bonne chose. Tu as bien fais. Encore une fois. Immobile tu l'observes, apprenant chaque expression, chaque mouvement de lèvre ou froncement de sourcils. Tu apprends. Tu apprends son expression, les modulations de sa voix et tout le reste, tentant de saisir de quelle manière cela fonctionne, de quelle manière il fonctionne. Puis tu penches légèrement la tête sur le côté quand il t'appelle Bucky. Tu pensais que ton prénom était Buck. Tu réfléchis longuement. Bucky. C'est peut-être une façon de te dire qu'il est encore plus content de toi ? Oui. C'est ce que tu te dis. Buck c'est ton prénom et Bucky c'est une façon de te féliciter, de te dire que tu as bien fais.

Steve lève quelque peu la main qu'il tient toujours, recommençant à parler, alors que d'un doigt il désigne chacun des tiens, relevant doucement les yeux vers toi. Il te demande de répéter. Une fois de plus tu ne saisis pas. Tu ne saisis pas grand chose de toute façon. Mais il t'explique. Répéter, c'est quand on dit la même chose. Tu clignes des yeux alors qu'il bouge son doigt, dessinant un léger mouvement circulaire. Puis la même phrase glisse d'entre ses lèvres. Tu lèves les yeux vers lui, entrouvrant doucement les lèvres alors que le mécanisme dans ta gorge se met en route.

"La… Même chose."

Tu penses que c'est ça répéter. Mais visiblement non. Vu son air et le fait qu'il te répète une autre phrase, tu comprends que ce n'est pas ça. Il recommence à désigner chacun de tes doigts de son index, te demandant de répéter, de dire la même chose. Mais répéter quoi ? Cette phrase ? Tu n'en sais rien. Et quand tu le vois baisser les yeux, perdant progressivement son sourire, tu comprends que tu fais quelque chose de mal. Tu le déçois. Et tu ne veux pas ça. Non. Tu veux qu'il te sourit, qu'il te dise que c'est bien. Ta main vient chercher la sienne et lentement, tu reproduis le même geste que lui, désignant de ton index ses doigts. Tu fais cela peut-être plusieurs fois avant d'arriver à répéter sa fameuse phrase.

"Ceci… Ceci est une main, et au bout de cette main il y a des doigts."
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Mer 9 Déc - 13:35

I, Robot

Steampunk Stucky


Les secondes passent et pourtant je ne rêve pas. Et pourtant tout ça est toujours vrai. Bucky, MON Bucky est là, bien réel! Enfin, je sais très bien que ce n'est pas vraiment mon Bucky mais... mais maintenant j'aurai quelqu'un qui, comme lui, ne pourrait jamais me quitter. Quelqu'un qui sera toujours à mes côtés. Quelqu'un... sur qui la mort n'aura pas de prise. Enfin, pas de prise sur lui tout du moins... Je sais très bien que je ne mourrai pas vieux, et ça sera déjà une chance si j'atteins mes trente ans, pourtant... pourtant lui... l'avoir lui à mes côtés, toujours... c'est... c'est juste... Une bouffée d'espoir et de bonheur me prend la gorge alors que je le regarde se lever lentement. Mais oui Buck, tu verras. Je vais tout t'apprendre, je vais tout te montrer. Je vais t'expliquer tout ce dont tu as à savoir pour te débrouiller dans ce monde. Pour le comprendre, et t'y aventurer sans crainte, comme un des nôtres. Je t'ai créé robot, mais je vais faire de toi un homme. Un vrai homme, dans tout ce qu'il y a de plus noble et d'idéal. Tu ne seras pas un de ces humains médiocres et méchants. Tu ne seras pas violent, joueur, faux ou menteur. Non. Je veux faire de toi quelqu'un de juste. De bon. De droit. Leur prouver que j'ai pu créer quelqu'un de plus humain qu'eux-mêmes. Leur prouver que j'ai pu recréer mon Bucky, que j'aimais tellement... celui qui m'a montré comment faire du cerf-volant, du traineau, celui à qui je lisais des histoires, enroulés dans les édredons et les couvertures.

Comme je le lui ai demandé, il s'exécute et s'avance docilement vers moi. Je le félicite avec chaleur et il a l'air de comprendre ce qui se passe. L'air de comprendre que je suis satisfait de lui. Tellement satisfait... Alors certes il ne dit rien mais je vois bien qu'il...réfléchit. Que tout ce que je dis, tout ce que je fais, est observé avec soin et attention. Il apprend. Et c'est totalement fou et grisant de le voir apprendre, là, devant moi. De l'observer alors que les informations se gravent dans la mémoire que je lui ai greffée. Les premières données d'une longue série...

Je libère tout de suite un fauteuil et l'y fais s'y asseoir. Evidemment, il ne comprend pas immédiatement ma demande vocale. Evidemment pour lui s'asseoir n'a pour l'instant pas plus de sens que xylophone ou antisthène. Sauf qu'à peine j'ai joint le geste à la parole qu'il s'assied docilement en face de moi. Encore une fois il a compris. Il semblerait que sa capacité de compréhension et d'apprentissage soit très rapide. Rien qu'à tous les tests que je vais devoir lui faire passer, tout ce que j'aurai à évaluer, mesurer, quantifier... Un tel prodige, un tel miracle... Une fois qu'il est installé face à moi, je le vois m'observer, scruter mon visage et mémoriser chaque geste. C'est bien. C'est bien Buck, apprends. Regarde. Observe. Ecoute. Vis!

J'entreprends une première leçon, pour savoir à quelle vitesse il arrive à comprendre et retenir un discours simple. Je prends donc sa main et essaie de lui faire prendre conscience d'une première chose. A savoir lui-même. Et lui apprendre aussi tout le vocabulaire dont il aura besoin pour parler avec...moi. Tellement de choses, tellement de choses... Et pourtant je suis impatient comme jamais, car jamais une création n'a été aussi concrète. Aboutie. Merveilleuse. Et elle vient de moi. Mes mains. Mon esprit... Je lui parle une première fois, tentant quelque chose de simple, et d'aisé. Mais rien. C'est normal. Il vient à peine de se réveiller, il est évident qu'il ne pas pas pouvoir discuter de mécanique des fluides et de robotique à vapeur à peine ses yeux de cristal ouverts et ses rouages mis en marche. Il est si dur de déterminer ce qu'il comprend et ne comprend pas. Ce qu'il assimile et ce qui est trop complexe pour lui... Mes doigts gardent sa main dans la mienne, et je répète ma phrase après lui avoir expliqué le sens du mot en accompagnant le tout d'un geste.

Mon sourire disparaît quelque peu quand il ouvre la bouche, certes, mais pour répéter la définition de "répéter". Je soupire une seconde. C'est tellement dur d'arriver à définir ce qu'il sait, ce qu'il peut comprendre. Personne ne l'a fait avant moi et je suis le seul. Personne ne peut m'aider parce que personne ne l'a fait avant moi. Et cette singularité me fait frissonner en même temps qu'elle me terrifie. Et si je me trompais? Et si je faisais mal? Et si, par mon inexpérience je réduisais à néant des années de travail? Seigneur non, je vous en prie. Et alors que je suis perdu dans mes réflexions, ma main devenant plus lâche, je sursaute en sentant ses doigts à lui prendre les miens. Je relève la tête, surpris, avant de l'être plus encore quand il commence à désigner mes doigts les uns après les autres, imitant mon geste. Bien. Très bien. Il semble déjà avoir un principe d'imitation. J'ai cru lire un jour que pour beaucoup d'animaux, et aussi pour l'homme, une grande partie des premiers apprentissages se font en imitant les aînés. Eh bien si cela fonctionne, pourquoi pas! Après tout ce n'est pas comme si j'avais une idée précise de comment je voulais faire les choses avec lui. Je l'observe donc faire avec la plus grande attention, surpris par la mobilité de ses doigts autant que par sa douceur. Je sens très légèrement ses rouages sous sa peau, contre la mienne, et il semble avoir su ajuster sa force. S'il l'avait voulu, il aurait pu me broyer les phalanges sans hésiter une seconde. Encore quelque chose à noter.

Et bientôt j'entends sa voix, encore un peu rauque, et monocorde, sans aucune intonation, qui s'élève du dispositif de sa gorge. Mon coeur rate un battement en l'entendant. Il a compris. Il a compris ce que je lui ai dit! Et encore mieux, il a su associer le geste à la parole, encore une fois. Maintenant, a-t-il saisi le concept d'une main ou d'un doigt, ou m'a-t-il juste simplement imité? Je n'en sais rien mais qu'importe. Il est capable d'apprendre et en cela, c'est merveilleux. Absolument merveilleux. Je ris à nouveau, posant ma main sur sa joue, comme je le faisais à Bucky, à l'époque.

Bravo! C'est bien! C'est très bien! Je suis tellement content de toi Bucky! Tellement content!

Mon regard se promène sur son visage qui me contemple toujours, et je baisse à nouveau les yeux sur ses doigts et les miens. Je prends son pouce entre mon pouce et mon index, puis l'index, et tous les doigts, les nommant, avant de relever les yeux vers lui.

Maintenant dis-moi : comment s'appelle ce doigt?

Je pose mon index sur son annulaire et j'attends sa réponse.



[/quote]
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Sam 12 Déc - 14:53

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Lentement et avec une douceur presque infinie, tu viens lentement répéter son geste, prononçant cette phrase qu'il voulait entendre glisser d'entre tes lèvres. Tu maîtrises chacun de tes gestes et une fois terminé, tu viens ancrer ton regard dans le sien, espérant que tu as fais ce qu'il voulait cette fois-ci. Tu espères que tu as été capable de "répéter" correctement, juste parce qu'au fond, tu ne veux pas revoir cette étrange expression sur son visage. Tu ne veux pas le voir à nouveau comme ça. Tu ne sais pas ce que sont la tristesse ou la déception, et pourtant quand tu as vu ça chez lui sans pour autant le concevoir ou le comprendre, tu t'es tout de suite dit que tu ne voulais plus jamais voir ça sur son visage. Parce qu'ainsi il ne te regarde pas, ne te touche pas… Et sans savoir pourquoi, sans comprendre, tu as besoin qu'il te regarde. Il est la seule chose de ton monde, la seule raison de ton existence. Sans lui tu n'es rien. C'est ce que tu penses pour l'instant. Alors une fois ton geste terminé, ta phrase prononcé. Tu attends. Tu voudrais juste qu'il recommence à sourire pour toi, qu'il croise ton regard et te dises "Bravo Bucky." Tu ne demandes que ça. Juste qu'il redevienne comme avant. Parce que tu n'aimes pas le voir ains, tu n'aimes pas ne pas pouvoir croiser son regard. D'une certaine manière cela t'effrayes, parce qu'il est la seule chose de tangible, de vivante face à toi et si tu venais à te retrouver sans lui, tu ne sais pas ce que tu ferais. Tu ne saurais même plus ce que tu es. Tu oublierais tout. Tu serais perdu. Tu as besoin de lui. Il est ta raison d'être. Et là tout de suite, tu as besoin que son regard revienne accrocher le tien. Et c'est là qu'un rire lui échappe. Tu ne comprends pas ce son délicat qui provient de sa gorge ni même la main qui se pose sur ta joue, non tout ce qui compte c'est son regard qui s'ancre dans le tien et ces mots que tu attendais tant. "Bravo !" "C'est bien !" Il est content de toi. L'entends-tu ? Oui. Il t'appelle à nouveau Bucky. Tu as bien fais. Tu le rends heureux. Tu fais ce pour quoi tu as été crée.

Il baisse à nouveau les yeux mais comme son sourire reste, tu te dis que c'est toujours bien, que ce n'est pas une autre déception ou quoi, mais que tout ça a un autre but. Ses doigts viennent attraper les tiens, et un à un, il les nomme. Comme toi qui possède ton propre prénom, chacun de tes doigts à le sien, et lentement, tu te dis que chaque choses autour de vous à un prénom. Ce sur quoi tu es assis doit avoir un prénom, les choses à tes pieds doivent en avoir aussi. Tu considères le monde d'une autre manière. Tu te dis qu'on peut parler de chaque chose, tant que l'on connait son nom. Tu comprends et perçois Steve. Et lentement, tu conçois mieux ta main et tes doigts. Tu l'écoutes attentivement, ton regard ne lâchant pas ses fins doigts qui se perdent sur les tiens. Tu apprends, lentement. Tu écoutes et retiens. Tu mémorises chaque mots qu'il prononce, comprenant que pour lui faire plaisir, tu dois retenir ça. Parce que c'est important pour lui. Il s'arrête, et vient saisir un de tes doigts, te demandant doucement quel est son nom. Tu lèves les yeux vers lui. La question te surprend. Tu veux bien faire, alors pendant de longues secondes, tu réfléchis. Il veut le nom de ce doigt en particulier. Pas celui des autres. Juste celui qu'il tient. Silencieusement, tu reprends la routine qu'il répétait. Le pouce, l'index, le majeur…

"L'annulaire."

Tu relèves les yeux vers lui, espérant que tu as donné la bonne réponse.
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Mer 16 Déc - 18:11

I, Robot

Steampunk Stucky


Mon coeur bat si fort que j'ai peur de faire une crise ou un malaise. Mais comment pourrais-je me calmer? Comment pourrais-je arriver à rester froid et impassible alors que je viens d'accomplir un prodige? Alors que je viens de créer un robot, un robot qui pense, qui marche et qui parle! Tout est tellement approximatif encore, bien sûr, mais... mais ça, mon oeuvre, est la première étape d'une telle foule de choses! Tellement...tellement de possibilités, tellement de... du calme, du calme. Tu y penseras après, plus tard. Pour l'instant concentre-toi sur lui. Sur lui qui a tant besoin de toi. Sur lui que tu dois guider, que tu dois former, à qui tu dois tout apprendre. Et ça serait bête de mourir juste après avoir vu cette première étape réussir, sans m'assurer des suivantes! Je crois que je reviendrai même en tant que spectre si ça me permettait de continuer à travailler avec lui. Mon Bucky. Ma création.

Je tente de me calmer au maximum, respirant profondément tout en l'observant avec attention. Je n'en reviens pas. Je n'en reviens pas que ce soit un robot qui se tienne en face de moi. Des semaines, des mois, des années passées à penser, étudier, créer, perfectionner chaque aspect de son être et le voilà. Mon robot. Et non il est plus que ça. Il... il est plus qu'un bête robot qui répète mécaniquement une tâche qu'on a programmée. Lui bouge, pense, réfléchit par sa seule volonté. Sans autre aide. Ce n'est pas un humain... ce n'est pas... non arrêtons de l'identifier par ce qu'il n'est pas et pensons à ce qu'il est. Il est Bucky. Mon Bucky. Mon nouveau Bucky qui lui ne me laissera pas. Jamais. Enfin je l'espère.

Pendant une seconde j'ai peur. Peur qu'il soit si autonome, si perfectionné qu'il n'ait plus besoin de moi. Qu'il n'ait plus envie de rester avec moi. Et je n'aurai pas le coeur à le garder ici, jamais. Non. Je ne suis pas un monstre ni un bourreau. Je le laisserai partir le coeur brisé, mais ma petite poitrine gonflée par la fierté d'avoir créé...quelqu'un. Quelqu'un qui vit, qui pense, qui a des idées et des opinions. Quelqu'un qui aura décidé que sa vie est mieux sans moi qu'avec moi. Je serai dévasté, anéanti, mais je le serai encore plus si... si je sentais qu'il ne voulait pas être là et que je le forçais à demeurer près de moi. Après tout personne n'aime être le garde malade de quelqu'un...

Allons Steve, profite déjà de ce que tu as, et apprends-lui au moins ce que sont des doigts et son prénom avant même d'envisager qu'il veuille partir et vivre sa vie tout seul. Je le regarde me rejoindre, je l'observe s'asseoir à ma demande, et j'essaie de lui apprendre quelque chose. Tout est si vaste et il y a tant d'éléments, d'informations... Mais qu'importe. Il faut bien commencer quelque part. Alors commençons par les doigts justement. Et je ris, les yeux humides lorsqu'il prend ma main, répétant sagement ce que je lui ai dit. Il... il a déjà conscience de son corps et du mien. Il a compris ce que c'était que répéter. Mais comprend-il ce qu'il répète? Saisit-il le sens de mes paroles ou agit-il par simple mimétisme? C'est là que j'ai l'idée d'un autre test. Je nomme les doigts, un par un, avant de lui désigner l'annulaire. Pour répondre, il devra avoir retenu le nom de chaque doigt, et ce qu'est un doigt. Va-t-il y arriver? Pour n'importe qui cette question serait tellement stupide et banale, on n'applaudirait une bonne réponse que chez un enfant qui commence à parler, et pourtant, mon coeur tambourine à nouveau alors qu'il prend son temps. Il observe, semble réfléchir. Puis ouvre les lèvres et me donne une bonne réponse. Je crois que je n'ai jamais été aussi content d'entendre le mot ''annulaire'' de toute ma vie. Je serre sa main, follement enthousiaste.

Bravo Bucky! Bravo! C'est très bien! Et celui-ci?

Je continue ainsi de longues minutes, lui demandant de nommer séparément les différents doigts. Et à chaque fois il réussit. Je suis sidéré, c'est prodigieux. Tellement extraordinaire! C'est... Je n'ai pas les mots. Une fois l'expérience terminée, je roule pour prendre mon carnet, et j'y griffonne rapidement quelques notes. Il va falloir que je tienne un journal. Un journal de ses progrès, de son évolution! Pour que tout le monde sache. Que tout le monde se rende compte de ses progrès! Mais après, après. Je repose le carnet et le crayon, avant de revenir face à lui, tellement impatient.

Et si on passait au reste du corps?

Je prends sa main et nomme les différentes parties du bras. Poignet. Avant-bras. Coude. Epaule. Dans l'ordre, puis le désordre et il me les répète. Je suis fou de joie et je continue avec le reste du corps, vérifiant petit à petit qu'il a retenu, qu'il a compris, qu'il associe le nom et la chose. C'est stupéfiant. Absolument stupéfiant. Et merveilleux. Mais je ne sais pas l'ampleur de ce qu'il peut retenir, et aussi, s'il peut atteindre une certaine saturation si je lui donne trop d'informations à la fois. Le mieux est de faire une pause. Je recule mon fauteuil et lui souris encore.

Bien Bucky, tu as très bien travaillé, bravo! Maintenant viens avec moi, je vais te montrer ta maison. Là où tu habites désormais...

Je commence à rouler jusqu'à la porte et regarde par-dessus mon épaule tout en lui faisant signe de me suivre.

Viens. Marche avec moi!


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Ven 25 Déc - 21:42

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Tu sens son coeur s'accélérer légèrement. Tu ne comprends pas exactement pourquoi ou même comment, mais tu sens quelque chose battre plus vite, et quelque chose en toi te dit que tu dois veiller, que tu dois faire attention à ça, à son coeur qui bat. Tu ne sais pas ce que c'est, tu ne comprends pas, mais quelque chose en toi te dit que c'est important, essentiel. Ton regard se perd sur sa personne et tu oublies presque le temps d'un instant que tu attendais de savoir si tu avais bien répondu à sa question. Tu sens ses doigts se refermer sur ta main et lentement, tu laisses ton regard observer ce geste que tu ne comprends pas. Est-ce une bonne chose ? Une mauvaise chose ? Tu n'en sais rien, tu attends de savoir. Puis finalement, il répond à tes questions. À nouveau il t'appelle Bucky. Tu as bien fais. Une fois de plus. Il te sourit à nouveau, et par association d'idée, tu comprends que serrer ta main de la sorte, c'est aussi une façon de te féliciter, de te dire que tu as bien fais. Tu lui rends cette étrange étreinte, te sentant bien sans comprendre ce que c'est étrange. Bien est peut-être un terme qui ne te convient pas encore, tu es plutôt, satisfait de répondre à ses attentes. Dans le fond, tu n'es plus qu'une machine, tout ce qui compte pour toi, c'est que tu sois fonctionnel, que tu répondes à ses attentes. Le reste… Tu n'es pas encore suffisamment éveillé pour en être conscient. Non pour l'instant, tout ce qui est important pour toi, ce qu'il soit fier de toi. Qu'il attrape tes mains et te dise "Bravo, Bucky." Juste ça. Tes yeux reviennent chercher les siens et avec un certain enthousiasme, il recommence à te poser des questions, te demandant de nommer un autre doigt, puis l'autre. Et si à chaque fois il te faut y réfléchir, tu finis toujours par lui donner la bonne réponse. Vous faites cela pendant de longues minutes, avec chacune de tes mains et à chaque fois, tu apprécies de bien faire, de l'entendre te dire que c'est bien. Au fil de ses mots, tu aimes être son Bucky et tu te dis que… Tu feras toujours bien pour lui. Juste pour l'entendre te dire Bucky, pour croiser son regard et son sourire. Oui, là, tout de suite, alors que vos doigts sont encore entremêlés, tu te dis que tu veux simplement être son Bucky. Son robot qui fait ce qu'il demande. Tu veux juste lui apporter ce qu'il veut et ce dont il a besoin. Ses doigts glissent d'entre les tiens et tu te retrouves à l'observer griffonner quelque chose dans un carnet. Action que tu ne comprends pas, tu te contentes de l'observer, te disant simplement que ce qu'il fait doit avoir un nom, comme le fait de marcher ou de s'assoir… Mais pour l'instant, tu laisses tes mains reposer sur ses genoux et tu attends. Ton monde, si il s'est élargit depuis que tu as ouvert les yeux, reste tout de même centré autour de Steve. Il continue de définir ce que tu perçois et comprends et tant qu'il ne parle pas, tu ne fais rien. Tu te contentes de l'observer et d'attendre qu'il exige quelque chose de toi. N'importe quoi. Il relève les yeux vers toi et vient saisir ton poignet entre ses doigts fins. Il va te demander autre chose. Une question s'échappe d'entre ses lèvres et tu sens que tu dois répondre. C'est la même intonation que lorsqu'il te demandait de désigner l'un de tes doigts. Le seul problème c'est que là, tu n'as pas la réponse. Tu ne sais pas quoi dire ou faire. Ton regard se perd dans le sien et presque mal à l'aise, tu cherches une réponse, tu cherches la réponse à lui donner… Mais rien de vient. Tu vas mal faire, pour la première fois et ça ne te plait pas. Pas du tout même. Mais heureusement, il recommence à parler et tu comprends que c'est une question différente. Une question qui n'attend pas forcément de réponse. Il désigne ton poignet, puis ton bras, ton coude et ainsi de suite… Lentement tu assimiles, découvrant comment parler du reste de ton corps. Tu apprends que tu as deux bras, deux coudes, deux poignets, deux épaules… Tu apprends aussi le reste de ton être : tes genoux, tes jambes… Maintenant quand tu te regardes, tu as l'impression d'être quelque chose, parce qu'il a mit des mots sur ce que tu es. Tu es Buck, ou Bucky quand tu fais bien, tu as un corps et tu es composé d'un visage, d'un coup, d'épaules, de bras, d'un torse et de jambes. Tu as des doigts. Tu as des pieds. Assis sur ce fauteuil face à lui, tu te sens étrangement complet. Tu te sens… Buck. Il s'éloigne de toi et tu le suis du regard. Tu n'aimes pas ça. Il est comme ton soleil, sans lui, tu es dans le noir. Tu as besoin de lui pour te dire quoi faire et quand. Sans lui, tu n'es rien. Il faut qu'il revienne pour toi. Tu ne comprends pas pourtant, il te félicite avant de s'éloigner. Les deux gestes ne te semblent pas s'assembler correctement. Où sont les doigts qui serrent les tiens ? Les sourires ? Le reste ? Pas là. Ce n'est pas comme d'habitude. Il s'éloigne un peu plus et tu ne sais pas quoi faire. Peut-être devrais-tu te lever ? Sûrement, mais tu ne sais pas si c'est ce qu'il veut ou ce qu'il attend de toi. Il s'arrête finalement et tu es pendu à ses lèvres. Il te fait un signe, avant de te dire de marcher avec lui. Sans attendre tu quittes ton fauteuil et le rejoins en quelques foulées souples. Tu t'arrêtes à ses côtés, attendant sagement ce qu'il veut de toi. Il recommence à avancer sans toi, toujours assis dans son fauteuil qui roule. Sans attendre d'autres indications tu le suis, veillant à rester à son niveau. Lentement, tu quittes avec lui le laboratoire pour la première fois et tu te retrouves dans un tout autre univers. Tes yeux se perdent un peu partout. Rien n'a de nom et tu ne sais pas où il veut t'emmener. Sans que tu le saches, tu ressens quelque chose proche d'une certaine appréhension. Un nouvel univers totalement inconnu… Même si Steve est à tes côtés. Tu avances jusqu'à ce que quelque chose attire ton attention. La pluie qui roule sur les carreaux. Tu ne sais pas ce que c'est… Mais ça bouge. Comme vous deux. Ce n'est pas inanimé. Tu observes cela, t'arrêtant ainsi de marcher. Tu regardes l'eau rouler sur les fenêtres, simplement fasciné par le mouvement qui est face à toi.
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Sam 26 Déc - 14:52

I, Robot

Steampunk Stucky


Il est intelligent. J'ai réussi à créer de l'intelligence. Une vraie intelligence. Qui comprend. Qui obéit. Qui retient. Mon dieu mon dieu, je suis tellement impatient. Tellement enthousiaste. J'aimerais pouvoir en parler, le crier sur les toits, mais c'est trop tôt. Il y a encore tellement de variables, tellement de paramètres à régler, peaufiner, adapter... mais ce ne sont que d'infimes détails par rapport à tout ce que j'ai déjà fait, par rapport à l'ampleur de ce que j'ai créé. Du calme Steve. Bientôt tu t'installeras à ton bureau et tu consigneras tout, calmement, de façon méthodique et réfléchie. Mais pour l'instant tu peux t'enthousiasmer comme un collégien face à ta création.

Suite à la réussite de mon premier test, qui est en même temps une première leçon, sur ses doigts, et voyant qu'il semble retenir sans trop de difficultés, je poursuis en étendant sur tout son corps. Il n'est pas comme un enfant qui a commencé progressivement à associer les mots et les choses au fur et à mesure que sa conscience se développait, et qu'il comprenait la mesure de ce qui l'entourait. Lui... a toutes les facultés, mais il a tout à apprendre. Et je ne sais même pas par où commencer. Enfin j'essaie, maladroitement, par parler de lui, qu'il sache de quoi il est composé. Et on dirait qu'il semble... content de participer, qu'il veut bien faire. A chacune de mes questions, il hésite mais semble soulagé d'avoir trouvé la bonne réponse. Puis quand je lui nomme les différentes parties de son corps il me regarde, sans rien dire, mais il retient. Il se concentre, et a tout retenu, à une vitesse stupéfiante. Mémoriser ne semble pas lui poser de problème pour l'instant, et c'est tant mieux. Pourtant il reste encore tant de choses qu'il va devoir apprendre et retenir... J'espère qu'il pourra. J'espère qu'il en aura les capacités. En attendant je le regarde s'examiner, observer avec attention chaque partie du corps que je viens de nommer, et il répète, bougeant doucement sa jambe, son bras ou encore son poignet. Il apprend.

Mais je ne veux pas que ce soit trop fastidieux, et je pense que le mieux est de nous octroyer une pause. Depuis combien de temps n'ai-je pas conçu l'idée de passer une longue nuit tranquille, sans avoir des milliers d'idées en tête pour la suite, ou encore paniquer à l'idée que tel ou tel élément n'aurait pas été conçu, ou assemblé correctement. Là... là je vais devoir m'occuper de son apprentissage mais la mécanique est terminée... Et j'ai du mal à réaliser que ça y est, les longues heures à mon plan de travail sont finies, au moins pour l'instant... Maintenant je vais me transformer en maître d'école, puis en précepteur... Mais poru tant mes années d'école sont bien loin... A moins que... Je ne crois pas que mère ait jeté mes affaires de la nursery... Alors...sans doute doit-il encore y avoir mes cahiers d'écriture, mes livres et le tableau noir sur lequel monsieur Pivett écrivait ses leçons soigneusement...

En attendant, passons à autre chose et je lui demande de me suivre hors du laboratoire. Je crois vois une forme d'inquiétude dans son regard quand je m'avance vers la porte, et que je mets de la distance entre nous. Il reste debout près du plan de travail, sans savoir quoi faire. Et il semble vraiment vouloir faire quelque chose, il est juste...perdu. J'accompagne le geste à la parole et je le vois venir rapidement près de moi, comme s'il était rassuré de savoir quoi faire. Il s'arrête quand je m'arrête avant de reprendre, bien sagement, à mes côtés. Comme s'il avait besoin d'être près de moi. Et dans un sens ça me flatte. Cette impression qu'il recherche ma présence, ma compagnie, alors que je ne lui ai rien dit, que je ne lui ai donné aucun ordre...

Je me hisse un peu pour ouvrir la poignée et on entre dans un salon confortable, aux murs lambrissés de bois sombre, aux meubles raffinés qui supportent des bibelots délicats. Et les grandes fenêtres donnent sur une terrasse qui surplombe le parc.

Ici c'est un salon. C'est un endroit où on va pour se reposer. Pour discuter. Pour lire...

Comprend-il au moins ce que sont ces notions? Je n'en sais rien mais qu'importe. L'intérêt est de lui parler. D'évoquer tout cela, et petit à petit, avec le temps et une attention constante, il associera, fera des liens, se construira une pensées, un réseau d'informations qu'il arrivera à connecter les unes aux autres. Et peut-être même qu'il arrivera à saisir des pensées abstraites comme l'amitié, l'affection, la fidélité... la religion? Nous verrons...mais s'il arrive à comprendre ça, de telles théories... les possibilités sont infinies... il n'y aura plus de limites... Je suis sur le point de commencer à lui détailler les éléments de la pièce quand je le vois qui s'approche de la fenêtre alors qu'il pleut dehors. Je roule pour être à ses côtés et pointe du doigt les carreaux.

Ce que tu vois couler c'est de la pluie. Pluie. C'est... de l'eau qui vient du ciel. Je...attends...

J'ouvre la porte vitrée et laisse une bouffée de vent s'engouffrer dans le salon, accompagné de pluie. J'ai un léger rire en frissonnant, et tends la main dans le souffle humide qui entre.

Ce que tu sens, là, c'est du vent. Vent. Essaie...

Je prends doucement sa main et la fais se tendre dehors. Quelques gouttes tombent sur sa peau et je les effleure du bout des doigts.

La pluie Bucky. La pluie. Qui vient du ciel.

Je tends mon index vers le haut pour désigner les nuages sombres qui s'accumulent au-dessus du manoir.

La pluie vient du ciel. Tu peux répéter?

C'est alors qu'un violent éclat de voix retentit de ma droite.

Steve Rogers, souhaitez-vous attraper la mort le plus vite possible? Il fait un temps exécrable et vous êtes là, en simple chemise, à prendre l'air et à tremper mes tapis! Alors bien sûr que depuis le temps que vous êtes enfermé je suis plus que contente de vous voir sortir, mais enfin sans veste et sans écharpe, et en plus sous la pluie vous...Seigneur dieu! Mais qui est-il?

Le plateau de thé lui échappe et retombe sur le parquet dans un fracas, des morceaux de porcelaine et des flaques de thé comme de crème se répandent sur le sol. Je pose ma main sur celle de Buck. Un peu caché dans la pénombre et contre le rideau, elle ne l'a vu qu'en s'approchant de moi.

Du calme. Du calme ce n'est rien. Ce n'est rien... Maria... je vous présente ma dernière création. C'est... c'est un robot. Je l'ai appelé Bucky... Qu'en dites-vous? Il est magnifique non?

Je suis fier comme jamais, et je ris doucement en voyant le visage pâle de Maria, ainsi que son air hébété.

Bucky, dis bonjour à Maria... Répète après moi : Bonjour Maria... Tu peux faire ça pour moi?

Je le regarde, toujours un grand sourire aux lèvres.



Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Mer 30 Déc - 10:15

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Tu n'écoutes pas du tout ce que Steve te dit. Tu ne regardes pas le salon qu'il te désigne et pour être franc, tu n'y jettes même un simple regard. Non, tu es bien trop occupé à regarder l'eau glisser sur les carreaux de la fenêtre. Tu oublies presque Steve tant ce mouvement t'intrigues. Tu t'avances lentement vers celle-ci, cherchant à en saisir chaque mécanismes sans y arriver. Tu as beau suivre du regard une goutte d'eau, la course des autres t'échappes et quand tu tentes de tout observer, tu ne peux comprendre chacune d'entres elles. Tu tentes de comprendre ce phénomène, en vain. Tout est trop abstrait, trop loin de ta perception. Tu n'as rien à quoi raccrocher ce que tu vois. Tu ne sais pas ce que c'est et de toi-même, tu n'arriveras jamais à l'expliquer. Tu n'arriveras jamais à déterminer que c'est de la pluie, et que cette pluie tombe du ciel… Non tout ce que tu vois, toi, ce sont ses petites gouttes qui roulent sur la vitre. Tu es étrangement fasciné sans pour autant comprendre ce que ça peut être. Tu as envie de toucher, tu ne sais pas quelle texture ça pourrait avoir sous tes doigts ou même si tu pourrais l'attraper. Ce sont encore des concepts qui t'échappent et pourtant l'envie est bien là. Steve roule jusqu'à tes côtés et doucement, sa voix revient se placer au centre de ton univers. Son doigt te désigne la fenêtre et ton regard se pose sur lui. Ce qui coule est de la pluie. Tu ne réagis pas. Couler… ? De la pluie ? Tout reste trop flou. Ce n'est pas assez précis. Tu ne sais pas encore ce que tu regardes et que tu admires tant. Comprenant étrangement que tout ceci est trop conceptuel pour toi, Steve ouvre la porte et laisse le vent et pluie s'inviter à ta découverte du manoir. Tu ne ressens pas l'humidité sur ta peau, ni même le vent qui tente de te caresser. Tu constates juste le rire de Steve. Il rit de la même façon que lorsque tu réponds correctement à ses attentes. Tu pourrais te demander si une bonne réponse de ta part et de la pluie sont comparables… Mais tu es plus primitif. Tu te dis juste qu'il est content, heureux que tu t'intéresses… Peut-être qu'il aime te voir vouloir apprendre, être fasciné. Il tend la main, laissant les gouttes rouler sur ses doigts. Fasciné tu t'approches, mais ne comprends pas. Le vent ? Que devrais-tu sentir ? Tu vois simplement ses cheveux bouger, tout comme les tiens. Mais tu ne ressens rien. Ni le froid, ni le vent. Il vient chercher ton poignet et doucement, il te fait toucher "la pluie". Les gouttes roulent entre tes doigts, sur la paume de ta main. La pluie. Ce qui roule entre tes doigts… C'est la pluie. C'est rapide et capricieux. A peine bouges-tu que la pluie te fuit. Et même quand Steve tente de l'attraper, elle glisse bien loin de ses doigts et des tiens. La pluie. Qui vient du ciel. Tu croises son regard, assimilant déjà que cette petite chose qui ne veut pas se laisser toucher est de la pluie. Puis tu lève les yeux, regardant ce qu'il désigne comme être le ciel. Le ciel fait venir la pluie. Tes yeux reviennent se poser sur sa fine silhouette et alors que tu assimiles le fait que le ciel est ce qui est au-dessus de toi. Tout ce qui te force à lever les yeux pour être observé doit être le ciel…. Et ce ciel donne de la pluie. Pour le moment tu estimes que la pluie doit tout le temps être là. Et que le seul rôle du ciel, c'est de produire de la pluie. Tu laisses les goutes rouler sur ta peau et alors que tu t'apprêtes à lui répéter fièrement ce que tu as appris, vous êtes interrompus.

Tout s'enchaîne bien trop vite pour toi. La femme hurle, le plateau se renverse par terre et elle te regarde, demandant sans cesse qui tu es. Tu es Bucky. Tu es la création de Steve et mentalement, tu commences à lister les parties de ton corps. Tu as des doigts, deux mains, deux coudes, deux bras, deux épaules… Et ainsi de suite. Tu es un être complet qui appartient à Steve et qui se nomme Bucky. C'est peut-être ce que tu devrais lui répondre. Et pourtant tu restes silencieux. Tu ne dis rien. Tu l'observes sans rien dire, écoutant simplement les mots qui n'ont aucun sens pour toi. Puis Steve reprend la parole. Il tente de parler à la femme que tu regardes. Silencieusement tu la détailles et si c'est vêtements sont différents des tiens, tu remarques que comme toi, elle possède des doigts, des mains… Lentement une idée fait son chemin dans ton esprit. Peut-être est-elle comme toi. Ce que Steve appelle un robot. Pour la première fois tu fronces les sourcils. Tu n'es pas un robot. Tu es Bucky. Tu es son Bucky. Le regard de la jeune femme se pose sur toi et elle fait un pas en arrière alors que Steve se tourne vers toi. Tu croises le regard de ton créateur alors qu'il te demande de répéter une autre chose. Seulement… Tu ne peux pas, pas tout de suite du moins. Tu as encore la pluie sur le bout de tes doigts. Tout va trop vite pour toi. On te demande beaucoup en si peu de temps. Il y avait le ciel, la pluie, et maintenant ça. Tu ne sais pas ce qui lui ferait le plus plaisir à entendre. Tu ne sais pas dans quel ordre traiter toutes ses demandes. Alors n'ayant pas encore le principe d'urgence, tu te contentes de simplement prendre les choses dans l'ordre. Lentement, tu viens effleurer la paume de sa main encore humide, croisant son regard alors que tu entrouvres doucement les lèvres.

"La pluie vient du ciel."

Puis tu retires ta main et regarde la femme qui se tient face à vous.

"Bonjour Maria."


Maintenant tu sais ce qu'elle est, qui elle est. C'est Maria. Steve la connait, donc tu te dis qu'elle doit elle aussi s'occuper de Steve. Tu jettes un regard à Steve, attendant de voir si tu vas être félicité à nouveau. Et c'est seulement quand tu l'entends te dire que c'est bien, que tu t'approches doucement d'elle. Tu avances, dans une démarche presque naturelle, ne t'arrêtant que lorsque tu marches sur les morceaux de porcelaine brisées. Le bruit t'interpelles et tu observes le chaos à tes pieds. Le thé, la crème, la porcelaine qui comme une constellation, s'étendent en un motif complexe et fascinant. Tu observes tout cela, la tête légèrement penché sur le côté. Qu'est-ce donc ?, penses-tu. Et alors que tu te perds dans une contemplation tout aussi fasciné que silencieuse, Maria comble ce silence, te désignant du doigt.

"Mais qu'avez-vous fait ?! Bucky est censé être mort… Je… Ce que vous faites… Ce n'est pas bien ! On ne crée pas d'être humains… On ne se prend pas pour Dieu !"

Tu lèves à nouveau les yeux vers elle, et quand tu vois sa main tendue vers toi… Tu as un geste qui ressemble à ce que tu faisais avec Steve dans le laboratoire. Lentement tu tends la main et viens lentement effleurer le bout de ses doigts. Et dans un murmure, tu répètes ce que Steve t'as appris il y a seulement quelques minutes.

"Ceci est une main, et au bout de cette main il y a des doigts."


Puis lentement tu te tournes vers Steve, espérant que tu vas avoir le droit à un autre sourire, un autre "c'est bien Bucky." Finalement, tu ne demandes pas grand chose, juste qu'il te dise que tu as bien fais.
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Ven 1 Jan - 16:44

I, Robot

Steampunk Stucky


C'est étrange de le voir comme ça, au milieu du salon. Pendant des semaines, des mois, il n'était que dans l'atelier, et dans un sens je m'étais habitué à le voir là-bas, dans ce décor encombré de machines, de plans et d'outils. De voir des morceaux de lui posés sur l'établi ou sur mon poste de soudure, une jambe, un bras, une main, le mécanisme d'une mâchoire à moitié assemblé ou juste le haut de son crâne avec les cheveux que j'ai implantés un par un... Là il est entier, et il est... réel. Il est à sa place. Maria s'est trompée, elle l'a pris pour "quelqu'un" et j'en suis fier. J'ai créé "quelqu'un" et non pas "quelque chose". Il fait illusion. Il peut évoluer au milieu de nous sans qu'on le remarque. Sans qu'on se dise qu'il... n'est pas comme nous.

Mais avant ça il découvre le vent et la pluie. Il découvre de nouvelles choses parmi l'infinité d'éléments qui lui sont inconnus. Avant c'était son propre corps, maintenant ce sont deux vagues notions de météo. Intérieurement je me dis que je vais devoir lui expliquer le cycle de l'eau, la condensation, les nuages, l'évaporation, la mer et ... non. Non non contente-toi simplement de lui dire que ceci est de l'eau et que l'eau tombe du ciel. Et s'il demande plus d'explications, je pourrai toujours faire comme Maria ou maman faisaient pour moi, à avoir me dire pour l'instant j'étais trop jeune pour comprendre et que bientôt on m'expliquera. Je lui expliquerai, mais tant de choses se bousculent. Tant de choses. Par quoi commencer? Qu'est-il en mesure d'intégrer? Arrête arrête. Concentre toi sur ce qui se passe ici et maintenant, et tu auras tout le temps de prévoir une progression de cours et de notions. Bref, il veut voir la pluie, donne-lui la pluie. Et le vent et le ciel.

Je le regarde découvrir ça, même si je fronce un peu les sourcils face à sa perplexité. Bien évidemment, lui ne peut pas sentir le vent. Il ne peut pas sentir la pluie, si c'est humide, froid ou chaud... J'avoue qu'en le concevant je ne pensais pas que ça puisse avoir de l'importance, et maintenant je me dis que son savoir ne sera pas total s'il ne sait pas ça. S'il ne comprend pas ça. S'il ne peut pas saisir la nuance entre doux ou rugueux, chaud et froid... mais comment? Comment le lui faire éprouver? Pour l'instant je ne sais pas, et je me note mentalement d'y réfléchir avant de me concentrer sur lui. La pluie mouille un peu sa chemise et fait voleter ses cheveux. Il observe, scrute, intègre toutes ces nouvelles notions que sont la pluie, le vent et le ciel. Même s'il ne sait pas tout et de loin, au moins en a-t-il un aperçu, une idée... Il lève les yeux quand je lui désigne le ciel, et lui demande de répéter, sauf qu'à peine ma demande formulée, Maria surgit, me fait la morale avant de hurler.

Par réflexe je lui prends la main et le rassure pendant que l'ouragan Maria passe sur nous. Et je suis bien trop fier, heureux et impatient pour me laisser démonter et démoraliser. Je crois que rien ne pourrait altérer ma bonne humeur. Et je le regarde. Elle également. Il y a de longues secondes où nous nous contentons de le regarder lui. Elle pour essayer de comprendre ce qu'il est, et ce qu'il fait ici. Moi parce que je suis follement curieux de voir sa réaction, ses gestes, d'entendre ses paroles. Au bout de ce qui semble une éternité je le vois baisser les yeux vers moi et répéter sagement ma première demande. Puis ma main est abandonnée et il regarde Maria cette fois-ci. Il l'examine avec attention après lui avoir dit bonjour, et s'avance vers elle. Je retiens presque mon souffle, craignant qu'il ne fasse quelque chose, mais il s'arrête en sentant les débris de porcelaine sous ses pieds, et regarde les taches sur le sol. La voix de Maria s'élève enfin, et elle semble avoir retrouvé ses esprits. Enfin bien assez pour me dire les mots que je craignais entendre.

Maria... Maria attends. Ce n'est pas ce que tu crois je... Je voulais... je voulais créer... quelqu'un qui... ne m'abandonnerait jamais. Tu ne peux pas comprendre! Je veux... je veux quelqu'un qui restera toujours auprès de moi. Toujours. Je... je ne dis pas que tu ne t'occupes pas bien de moi Maria, bien au contraire et sans toi je ne serais sûrement plus de ce monde mais je... je suis fatigué d'être tout seul. Là-dehors tout le monde s'intéresse à moi à cause de ma fortune ou de mon entreprise... A part Maman... Bucky était le seul et je...

Ma voix s'éteint en voyant que Buck a repris sa progression et qu'il est venu face à elle. Elle n'est pas à l'aise, et moi non plus. Je ne peux pas prédire ce qu'il pourra faire, et ça m'angoisse terriblement. Il ne m'a pas fait de mal, alors pourquoi lui en ferait-il, à elle? Mais je n'en suis pas certain, et je déteste ne pas être sûr de quelque chose, que tout ne soit pas prévu. Je ne le quitte pas des yeux alors que sa main vient toucher la main de Maria, et qu'il se tourne vers moi en répétant ce que je lui ai appris. J'ai un léger rire, en même temps que je me rends compte qu'il a réussi à appliquer une information que je lui ai donnée sur moi, et sur lui, sur quelqu'un d'autre. Il a compris que Maria était aussi une humaine, comme moi, et qu'elle était donc "formée" de la même manière que moi.

Oui Bucky, tu as raison! C'est bien, c'est très bien! Bravo!

Je regarde une dernière fois Maria avant de reprendre la main de Buck, roulant près de lui.

Maria s'occupe de moi. Elle est très gentille. Si elle te demande de faire quelque chose, j'aimerais que tu acceptes, si tu veux bien...

Pendant ce temps Maria est restée muette. Elle était terrorisée quand il est venu près d'elle mais s'est détendue en voyant qu'il était si doux et délicat, et qu'il ne lui faisait aucun mal. D'ici je peux voir les rouages de sa tête tourner à plein régime et je tente de la rassurer au maximum.

Maria je... J'aimerais que tu m'aides. Tu vois, il peut parler, il peut réfléchir. C'est un robot mais je sens qu'il a de grandes, d'immenses capacités! Aide-moi... Aide-moi à m'occuper de lui. A tout lui apprendre. A le faire devenir... l'ami dont j'ai tellement besoin... S'il te plaît. S'il y a bien quelqu'un qui peut me comprendre c'est toi... Je t'en prie... J'en peux plus d'être tout seul ici... J'ai besoin de quelqu'un. De lui...


Elle se pince les lèvres et sa main fait tinter nerveusement le trousseau de clefs. Signe qu'elle réfléchit. De longues secondes passent pendant lesquelles Bucky est retourné regarder la pluie qui fouette toujours les fenêtres et s'engouffre encore par la baie vitrée ouverte. Puis elle soupire en pointant son index vers moi.

Je vous préviens Steven, si cette chose fait un écart, un seul, vous le démontez et vous oubliez tout cela est-ce clair?
Je te le promets Maria. Mais il se comportera bien je te l'assure.


Elle hausse un peu les épaules, croisant ses bras sur sa poitrine avant d'aller fermer la fenêtre. Puis elle tire sur un cordon de sonnette pour appeler une des servantes. Comprenant que j'ai gagné la partie je roule un peu vers l'autre porte, celle qui mène sur le reste de la maison.

Bucky? Viens je vais te montrer le reste du manoir. La pièce où on va arriver est une bibliothèque. Il y a beaucoup de livres dedans. Je t'apprendrai à lire pour que toi aussi tu puisses t'installer ici... Je suis sûr que ça va te plaire...

J'ouvre la poignée et lui fais signe d'entrer à ma suite dans la pièce couverte de livres du sol au plafond.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Mer 6 Jan - 11:20

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ C'est étrange… Mais tu es heureux, presque rassuré qu'il te félicite à nouveau. Tu ne sais pas ce qu'est cette sensation ou quoi, et pourtant c'est comme si tu étais soulagé de l'entendre te dire que tu as bien fait une fois de plus. Maria est comme toi. Elle a des doigts, des mains, des poignets, des épaules… Maria est comme toi. Donc Maria doit aussi s'occuper de Steve. Tu l'inclus à ton univers, croisant pourtant le regard de ton créateur. Parce que tout ton univers ne tourne qu'autour de lui. Ton Steve. Tu le vois approcher de toi, et subtilement tes doigts viennent chercher les siens. Ils s'entrelacent doucement et ça te plait. Tu aimes bien quand il te prend la main, quand il te regarde, quand il te sourit. Tu as besoin de lui à tes côtés, tu as besoin qu'il te parle, qu'il te fasse exister. Sans Steve, tu n'es rien… Et doucement, une idée, la première peut-être, fait son chemin dans ton esprit. Sans Steve… Tu ne serais pas là. Sans Steve tu n'es rien… Donc… Tu te dois de toujours être avec lui. Sans ça… Tu cesserais d'exister. Il recommence à te parler et tu l'écoutes, buvant chacun de ses mots avec grande attention. Tu retiens tout mais surtout tu essayes de comprendre. Tu avais raison quand tu pensais que Maria s'occupait aussi de Steve. Qu'elle soit gentille par contre… C'est trop abstrait pour toi. Le mot est agréable à entendre et sûrement tout aussi agréable à prononcer mais il reste dénué de sens pour toi. Par contre la suite te semble limpide. Si Maria te demande de faire quelque chose… Tu dois faire comme avec Steve, lui obéir. Pour la deuxième fois de ton existence tu fronces les sourcils, reposant ton regard sur elle. Elle n'est pas comme toi alors. Plus comme Steve. Elle peut te demander des choses. Elle peut t'ordonner de faire certaines choses, comme Steve. Pourquoi ? Tu ne te poses pas plus que ça la question… Si Steve le dit, tu l'acceptes. Ton univers s'affine un peu. Maria n'est pas exactement comme toi, elle est comme Steve, sa seule différence, c'est qu'elle ne t'a pas créée. Steve attend une réponse de ta part et tu lui en donnes une.

"D'a… D'accord."

Il semble être satisfait. C'est bien te dis-tu. Tu as bien fait, une fois de plus. Steve recommence à parler à Maria et toi, tu recommences à observer la pluie. Tu la regardes s'engouffrer par la fenêtre, se perdant sur les carreaux, ou à l'intérieur. Tu gardes la main de Steve dans la tienne et pourtant, tu as envie de retourner voir la pluie. Tu as envie de recommencer à la voir glisser dans ta main, et fuir tes doigts. En fait, tu aimerais retourner avec cette petite chose capricieuse et joueuse, tu as envie de jouer avec. De la contempler pendant des heures et simplement jouer avec. Tu veux tenter d'attraper la pluie entre tes doigts mais Maria vient fermer la fenêtre. Non, penses-tu. Elle te retire la pluie. Elle t'empêche de retrouver cette partenaire de jeu capricieuse que tu appréciais. Les doigts de Steve glisse bien loin des tiens alors qu'il s'approche d'une autre porte. Tu le suis du regard, ressentant à nouveau cette sensation d'abandon. À nouveau, tu ne comprends pas pourquoi il te laisse… Mais une fois de plus, tu n'oses pas le suivre, tu attends des ordres de sa part. Un jour peut-être, tu seras capable de le suivre sans attendre un ordre de sa part. Mais le "viens" te décide à le suivre. D'une démarche souple tu le rejoins, revenant à ses côtés alors qu'il te parle d'une autre pièce. Tu l'écoutes mais ne comprends rien. Une bibliothèque ? Des livres ? Lire ? Tu le regardes, ne sachant absolument de quoi il parle. Tout est obscur pour toi. Et quand la porte s'ouvre, la lumière ne se fait pas. La pièce s'ouvre à toi, dévoilant des milliers de livres qui recouvrent les murs, jusqu'au plafond. Ton regard se pose sur les tranches des livres mais tu ne sais pas ce que c'est. Tu ne comprends même pas ce que c'est. Tu fais un premier pas de la pièce, cherchant à comprendre. tu te demandes si tu devrais savoir… Tes doigts viennent effleurer les reliures de cuir sans comprendre. Tu ne comprends rien. Tu es perdu. Et tu n'aimes pas ça. Parce que tu vas décevoir Steve. Et tu ne veux pas ça. Tu retires tes doigts et reviens vers lui, n'osant croiser son regard. Non à la place, tu recommences à regarder la pluie qui glisse sur les carreaux, te disant que ça au moins, tu sais ce que c'est. La pluie. Qui vient du ciel. Tu lèves les yeux vers le plafond, remarquant alors que ce "ciel" là, ne vous donne pas de pluie. Tu trouves ça étrange. Plus que les livres qui t'entourent.
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Dim 10 Jan - 19:46

I, Robot

Steampunk Stucky


Maria me cède. Maria accepte. Bien sûr que si je voulais, je pourrais lui imposer Bucky, et ne pas lui laisser le choix. Après tout Maria est mon employée, elle travaille pour ma famille depuis avant ma naissance, et a aidé ma mère, puis moi, de tellement de manières différentes. Elle a aidé ma mère a gérer toute les obligations mondaines qui se sont présentées à elle après son mariage, elle l'a aidée à tenir une maison, à être la maîtresse de ses lieux, et non plus la deuxième fille dans la maison de ses parents. Elle l'a calmée et rassurée quand elle est tombée enceinte de moi, et l'a réconfortée quand les médecins ont dit que je ne marcherai sans doute jamais, et que je ne vivrai jamais vieux. Elle a veillé sur moi quand j'étais malade, a séché mes larmes et m'a serrée contre elle aux funérailles de maman... Elle a fait autant pour moi que ma propre mère, même un peu plus, parce qu'au moins elle est toujours là, avec moi. Elle gère la maison, elle a trouvé Fury pour tenir les rênes de la compagnie en attendant que je sois en âge de la diriger et encore... J'ai jamais eu le sens des affaires. Je suis comme mon père, mon don c'est d'inventer. Pas les chiffres. Et comme mon oncle Anthony a été déclaré mort aux Amériques... il n'y a plus qu'elle et moi.

Je suis heureux qu'elle me laisse faire, même si elle pense que c'est de la folie, que je m'engage dans je ne sais quel projet fou qui ne m'attirera que déception ou pire, qui pourrait aggraver mon état. Et pourtant... j'ai vu l'expression de son visage quand elle a compris ce qu'était Bucky qui s'approchait d'elle. L'incompréhension puis la peur... Et enfin...la surprise. Elle était aussi...impressionnée. Un peu. Je sais que j'ai gagné la bataille quand elle reprend son rôle de mater familias dirigeant cette demeure ,et ferme la fenêtre avant de sonner une servante pour réparer l'incident du thé. Pendant ce temps, mon attention revient sur Bucky. Toujours Bucky. Depuis trois ans il est le centre de mon univers, de mon attention, toutes mes pensées, toutes mes journées tournaient autour de lui et là ce n'est que le début. Je l'ai créé mais là je dois l'éveiller, l'éduquer, l'instruire... faire de lui un homme. Un vrai. Capable d'arpenter notre monde avec les armes dont il aura besoin... J'entreprends alors de lui faire continuer la visite de son univers, en passant à la bibliothèque. Il reste immobile, me regardant simplement, et j'ai presque l'impression de discerner de l'inquiétude dans ses yeux. Serait-ce déjà possible? En tout cas il a l'air de s'inquiéter pour moi, ou tout du moins de ressentir le besoin d'être près de moi. Et tout de suite je l'appelle, l'encourageant à venir. Deux secondes plus tard il est près de moi, comme rassuré. Pourrait-il déjà ressentir cela? De l'inquiétude? Du soulagement? Ca serait merveilleux et si soudain...

Il me suit dans cette nouvelle pièce, et je l'observe alors que son regard erre sur ces centaines, ces milliers de livres qui s'entassent, qui remplissent des dizaines, des centaines d'étagères, sagement installés. Bien sûr il ne comprend pas. Ses doigts se promènent sur la tranche des ouvrages, mais il ne sait pas ce que c'est. Pour lui ce doit juste être beaucoup de morceaux de cuir sans intérêt. Il ne se doute pas de toutes les merveilles dont regorgent ces pages, de tout le savoir qu'elles contiennent, de toutes les aventures extraordinaires et stupéfiantes qu'il découvrira une fois qu'il saura lire. Bon sang comment apprend-on à quelqu'un à lire? Tout ça est tellement loin pour moi... Je me rappelle juste du tableau noir, de mon précepteur, et des lignes de lettres que je traçais soigneusement sur mon cahier avec les doigts pleins d'encre... Peut-être devrais-je faire venir un précepteur ou une institutrice? Il sera bien mieux qualifié que moi qui n'aurait que mon instinct au lieu de l'expérience pour lui apprendre toutes ces choses. Enfin, nous y repenserons demain, et j'en parlerai à Maria. Pour l'instant je vais d'abord lui faire découvrir les livres. Je roule rapidement jusqu'aux livres de botanique et de zoologie, attrapant un recueil de planches réalisées lors d'un voyage de James Cook, et où ses naturalistes ont immortalisé toutes les nouvelles espèces de plantes et d'animaux découvertes dans ces contrées lointaines. Peut-être que cela saura l'intéresser. Je pose mon livre sur les genoux et je m'approche de lui. Je me mets à côté d'un fauteuil et l'appelle.

Bucky? Viens près de moi, je vais te montrer quelque chose. Assieds-toi ici, c'est un fauteuil.

Il vient, et s'assied avec précaution, hésitant un peu. C'est touchant qu'il cherche à bien faire, et le côté qu'il ne soit pas sûr de lui. J'ouvre ensuite le livre et le pose sur ses genoux.

C'est bien Bucky. C'est très bien. Ce que tu as là, c'est un livre. Un livre. Un livre est un objet qui a des pages. Ca, c'est une page.

Je prends une page entre mon pouce et mon index et l'agite un peu.

Et toutes les pages ensemble forment un livre. Tu comprends? Dans un livre il y a des pages. Tu veux bien répéter? Maintenant essaie de tourner les pages...voilà, comme ça.

Il s'exécute et commence à faire voleter délicatement les pages. Il observe comment elles bougent, comment elles retombent lentement une fois qu'il les a tournées, et fait ainsi défiler les rectangles de papier pendant de longues secondes, d'un bout à l'autre, puis dans l'autre sens. Sauf qu'une fois ça fait, le livre semble perdre tout intérêt alors qu'il relève la tête et se remet à regarder les fenêtres couvertes d'une pluie battante. La pluie. Il aime la pluie. Elle l'intrigue. Evidemment ça doit avoir son intérêt, cette eau aux mouvements imprévisibles qui tombe du ciel. J'hésite, avant de me décider. La pluie l'intrigue. Et avec elle, l'eau. Je vois une cruche d'eau toujours posée sur un guéridon, et roule jusqu'au meuble pour la prendre. Je la pose sur la table basse qui se situe devant le fauteuil, et prends un vaste saladier en verre dont j'ôte les quelques fruits qui y sont disposés. Une fois tous les éléments réunis, je verse de l'eau dans le saladier, prends la main de Buck et l'incite à toucher l'eau.

Voilà, si tu veux t'amuser, ça c'est de l'eau. De l'eau...


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Lun 11 Jan - 20:22

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Alors que tu regardes toujours cette petite chose fascinante et capricieuse que tu aimes déjà tant. Tu ne sais pas encore ce que c'est d'apprécier une chose plus qu'une autre, mais à ton stade de développement, tu aimes déjà la pluie plus qu'autre chose. Tu aimes cette façon qu'elle a de rouler sur les carreaux et tu aimes encore plus cette manie qu'elle a de glisser d'entre tes doigts. Tu apprécies cette petite chose simple qui pourtant refuse de se laisser appréhender. Tu ne cherches qu'à la comprendre… Et la pluie, elle, préfère se jouer de toi et glisser sur ta peau synthétique avec une fluidité qui t'amuses presque. Comme un enfant, la seule chose qui te plait, et qui attise ton intérêt, ce sont les choses qui bougent. Certes tu as touché les fameux livres dont Steve te parlait… Mais eux n'était pas comme la pluie. Eux ne voulaient pas rouler entre tes doigts et ne semblent pas avoir envie de bouger. Ainsi, après les avoir rapidement regardé, tu détournes le regard, revenant te perdre dans la contemplation de la pluie qui continue de glisser sur les carreaux. Tu l'observes avec attention jusqu'à ce que Steve t'arrache à ta contemplation silencieuse. Tu te tournes vers lui, et sans hésiter, avec un certain plaisir même, tu viens à ses côtés, appréciant sans le comprendre d'avoir le droit d'être tout à côté de lui, à nouveau. Ton regard se perd dans le sien alors que tu attends, pendu à ses lèvres qu'il te dise quoi faire. Il désigne le fauteuil près de lui et tu assimiles, via sa demande que dans les fauteuils… On s'assied. Chose que tu fais doucement, lentement, avec une certaine hésitation même. Tu t'es déjà levé, tu as déjà marché… Mais t'assoir… Ça reste encore nouveau. Tu ne l'as fais qu'une fois dans le laboratoire et à ce moment-là, tu n'avais pas encore tant envie de lui faire plaisir. Tu finis par te retrouver assis dans le fauteuil et tu croises à nouveau son regard, t'attendant à ce qu'il te félicite à nouveau. Chose qu'il fait avant de poser sur tes genoux un livre. Tu baisses les yeux et regardes ce que c'est, étrangement plus intéressé. Surtout quand tu le vois tourner une ou deux pages sous tes yeux émerveillés. Ça bouge. Pas comme la pluie, mais ça bouge. Avec attention tu retiens ces mots, comprenant que tu as un livre sur les genoux, que celui est composé de pages et surtout… Tu peux en tourner les pages.

"Dans un livre… Il y a des pages. Et ceci…"


Tu viens saisir entre tes doigts une des pages, cherchant son regard pour y trouver l'approbation dont tu as tant besoin.

"… Est une page."

Avec une certaine précaution, tu lâches la page, la regardant retomber avec un intérêt tout nouveau. Le bruit est plaisant. Discret, étouffé… Comme si le livre ne voulait pas faire de bruit. C'est presque comme la pluie, ça fuit sous tes doigts. Et tu aimes bien ça. Alors lentement, tu commences à tourner les pages, sans chercher à regarder les images ou le texte, tout ça ne t'intéresse pas. De toute façon, ne sachant pas lire… Quel intérêt aurais-tu à tenter de déchiffrer quelque chose qui t'es totalement inconnu ? Aucun. Alors pour l'instant, tu découvres le livre en tournant les pages de celui-ci, plusieurs fois, jusqu'à arriver à chaque fois à la fin avant de recommencer, dans un geste presque mécanique. Puis au fil des minutes, le livre perd son intérêt. Parce que tu commences à le comprendre, à le saisir dans sa globalité et étrangement… Plus tu le comprends, plus il perd son intérêt. Le bruit ne t'intéresse plus autant. Le livre ne semble plus te résister ou garder le moindre secret. Tu tournes une dernière page avant de relever les yeux. Ton regard revient chercher la pluie qui roule sur les carreaux. Elle t'intéresse plus. Elle a encore des choses à t'apprendre, elle te fuit encore. Tes deux mains restent sagement posées sur les pages du livre. Quelques minutes passent, pendant lesquels tu sombres à nouveau dans ta contemplation silencieuse et pendant laquelle, Steve te regarde constant avec une certaine déception, peut-être, que tu ne t'intéresses pas à ce qu'il tente de te faire découvrir. Alors lentement, il prépare quelque chose pour toi, posant sur la table une saladier qu'il remplis d'eau. Intrigué tu l'observes, avant de légèrement refermer tes doigts en voyant l'eau couler et terminer dans le saladier. De la pluie, te dis-tu, qui vient d'un ciel qui tient dans la main de Steve. Mais rapidement, tu constates que cette pluie-là est différente. Elle ne glisse pas, ou ne bouge pas. Elle reste sagement au fond du récipient, sans bouger. Les quelques rides qui en agitaient la surface finissent par disparaitre, ne laissant qu'une surface lisse et immobile. Steve vient chercher ton poignet et lentement, approche tes doigts de cette pluie qui refuse de bouger. Ton regard vient chercher le sien et doucement, tu répètes avec lui.

"De l'eau…"

Tu pensais que c'était de la pluie, mais non… C'est de l'eau. De l'eau qui ressemble beaucoup à de la pluie. Tu laisses tes doigts effleurer avec lenteur la surface de l'eau et tu es surpris de voir que l'eau semble venir à ton contact. Ce n'est pas comme la pluie. La pluie est capricieuse. L'eau… L'eau est plus docile. Tu trempes tes doigts dans l'eau, allant jusqu'à toucher le fond du saladier avant de retirer ta main, observant alors les gouttes glisser le long de tes doigts, retournant dans l'eau. Tu te demandes si c'est de la pluie qui glisse d'entre tes doigts… Avant de te rappeler que la pluie ne vient que du ciel, et n'étant pas le ciel… Ce n'est que de l'eau… Qui ressemble à de la pluie entre tes doigts. Ensuite, tu entends le bruit de l'eau. Tu l'écoutes avec attention avant de recommencer, simplement pour entendre ce léger chant qui t'intéresses tant. Pendant de longues minutes, tu ne fais que ça… Regarder l'eau couler entre tes doigts, puis faire ce petit bruit semblable à la pluie, cette façon que l'eau à de se perdre sur sa peau ou sur tes vêtements. C'est de l'eau. Mais pas de la pluie. Tu continues à découvrir l'eau sous le regard de Steve jusqu'à ce que Maria entre dans la pièce, annonçant que le thé est prêt. Tu relèves les yeux vers elle avant de revenir vers Steve, attendant de voir ce qu'il va te demander.
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Lun 18 Jan - 9:57

I, Robot

Steampunk Stucky


Tout cela est tellement nouveau, sans doute, et j'ai encore du mal à me mettre à sa place. Que comprend-il? Que ne comprend-il pas? Ou s'arrête la répétition et ou commence la compréhension? Puis l'apprentissage? Je déteste être ainsi dans la position de celui qui ne sait rien, de celui qui ne maîtrise pas tout. Depuis des années je construis, j'invente, je dessine, je conçois. J'ai toujours été mon propre chef, mon propre maître, j'ai toujours décidé de tout. Et me voilà face à quelqu'un d'aussi imprévisible qu'indéchiffrable. Je ne sais de lui que ce qu'il me montre par ses gestes, et son attitude, et encore, tout cela, il est en train de le découvrir et le maitrise à peine. Et j'ai peur. Peur qu'il ait des limites, peur qu'au final il ne soit à peine plus qu'une machine qui dit quelques mots et qui exécute des tâches simples. Tant de mois, d'années de travail pour ça... je serais infiniment déçu...

Enfin, je n'en sais rien pour l'instant, il s'est réveillé depuis à peine une heure, alors ne tirons pas de conclusions hâtives. Je continue son enseignement en lui présentant un livre, après qu'il se soit installé près de moi. Etrangement, la seule chose qui ait eu l'air de le faire quitter la contemplation de la pluie a été quand je lui ai demandé de venir près de moi. Cela voudrait-il dire que j'aie une certaine importance à ses yeux? Je semble déjà en avoir plus que Maria, dont il s'est désintéressé assez rapidement après qu'il l'ait examinée avec attention. Il se presse sur le fauteuil, et j'ai l'impression que le simple fait de lui dire que tout est bien, que je suis content de lui le fait se tenir plus droit, semble allumer une certaine lueur dans son regard. Serait-il fier de lui? Arriverait-il déjà à être content? Ou est-ce moi qu'il voit déjà comme son "maître"? Dieu du ciel je déteste ce terme, ce n'est ni un chien ni un esclave. Non. Je veux le voir comme... comme un ami. Comme une aide. Pas un jouet. Pas un outil. Mais j'ai l'impression de compter plus que Maria. Mais par rapport aux autres, cela je ne sais... Je suis juste heureux qu'il m'écoute, qu'il fasse ce que je lui demande, et qu'il ait l'air satisfait de faire ce que je lui demande. Alors je ne suis pas avare en compliments, en félicitations, et je pose un livre sur ses genoux.

Je suis content de voir que cela arrive à l'intéresser. Enfin, comme un enfant ou un animal, c'est le mouvement qui l'intéresse. Au début je pensais que les images pourraient aussi l'intéresser, mais il semblerait que non. Il regarde à peine ce qui est imprimé sur les pages, préférant le mouvement de ces dernières à leur contenu. Enfin, c'est déjà ça. Docilement, comme un élève appliqué il répète ce que je lui demande, joignant le geste à la parole, ce qui me fait sourire.

Exactement Bucky, c'est une page que tu tiens. C'est très bien!

Mais comme un enfant il se lasse vite. Très vite. Quand il a compris le mouvement des feuilles, et que celui-ci n'apportait rien de nouveau, il s'en désintéresse. Au moins maintenant il sait ce qu'est un livre, une page, et s'est amusé quelques minutes. Sauf qu'il relève la tête, et tout en restant près de moi, son regard s'en va à nouveau loin, vers cette pluie qui l'intéresse et le fascine tant. Sauf que je ne peux pas le laisser dehors par ce temps. Normalement sa peau est solide et imperméable mais je n'ai pas envie de l'apprendre de la manière la plus désagréable, alors il restera là, à l'intérieur. Mon regard se promène alors sur la cruche, et en quelques minutes je monte un petit atelier pour lui, pour qu'il joue avec cette eau qui lui plait tant. Un bol qui contenait des fruits, une cruche d'eau, et voilà de quoi l'occuper...

Je prends sa main, la glisse dans l'eau et le laisse découvrir et faire ses propres expériences. Au bout de quelques minutes, je rajoute même un pot à crayon vide, en céramique, et une petite coupelle en métal, lui montrant comment il peut transvaser un liquide de l'une à l'autre. Ca l'amuse encore plus, et il fait des cascades, remplit et vide, essaie, sous mon regard amusé et fasciné. Jusqu'au moment où Maria vient nous interrompre, enfin l'interrompre surtout lui, et annonce le thé. Je croise le regard de Bucky, qui attend sans savoir quoi, une réaction de ma part sans doute.

Maria, pourrais-tu servir le thé ici? Je suis en train d'apprendre des choses à Bucky... s'il te plait.

Elle disparaît sans un bruit et revient quelques minutes plus tard avec le lourd plateau. Comme d'habitude, la théière en porcelaine pleine d'Earl Grey à la bergamote, le pot au lait, une tasse, un sucrier et une assiette de petits biscuits. Elle installe tout cela à côté de notre atelier "scientifique" pour débutants et verse le liquide chaud dans ma théière. Buck regarde le filet de liquide brun et fumant, voulant déjà y porter les doigts, mais j'arrête sa main.

Non Bucky. Tu ne peux pas toucher cette eau parce qu'elle est chaude. Elle peut te faire du mal.

A-t-il compris ces deux notions? La chaleur lui est inconnue, et le mal aussi... Enfin qu'importe, il y a des choses qu'il ne peut pas faire, de peur qu'il s'abime. Sa main recule et je lui souris.

C'est très bien. C'est très bien. Je t'expliquerai tout ça bientôt.

Je bois une gorgée de thé après avoir soufflé dessus, et je le vois qui observe les volutes de vapeur s'élever de la porcelaine. Je repose la tasse et lui souris à nouveau.

Moi je peux boire l'eau, j'en ai besoin. Mais toi tu n'en as pas besoin, donc tu ne fais pas comme moi d'accord? Tout comme ça...

Je prends un biscuit et le mange, avant de m'essuyer les lèvres.

Ce que je viens de faire, ça s'appelle manger. J'en ai besoin pour fonctionner. Mais toi tu n'en as pas besoin non plus.

Et pour finir je prends la petite fiole contenant les comprimés que je dois prendre plusieurs fois par jour. Je les dépose dans ma paume et je vois Buck qui les contemple, la tête légèrement inclinée sur le côté.

Ca, ce sont des médicaments. Je dois manger ça parce que je suis malade. J'en ai besoin...

Je me doute bien que ça fait beaucoup de choses pour lui, mais qu'importe. Tout viendra en temps et en heure. Je termine ma tasse et recule mon fauteuil de la table.

Alors Bucky, que dirais-tu de continuer la visite du manoir? Il y a encore beaucoup de choses que je veux te montrer!

Je souris, lui faisant signe de me suivre, et continue la visite jusqu'à arriver au jardin d'hiver. La serre est magnifique et quelques perruches piaillent au milieu des plantes en fleur. Je me mets de côté et le laisse découvrir ce petit coin de paradis perdu dans la campagne pluvieuse anglaise.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Mar 9 Fév - 21:34

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Tu lèves les yeux vers Maria, qui tient entre ses mains un lourd plateau pour le thé. Tes doigts se figent, au même titre que les autre rouages de ton être. Au fond de toi tu voulais être simplement avec Steve. Juste vous deux et l'eau. Parce que Steve est important, essentiel même, mais elle… Tu ne sais pas. Elle n'est qu'un élément extérieur qui gravite autour de Steve. Seulement, sans vraiment en avoir conscience, tu aimerais être le seul à avoir Steve pour point de référence… Tu aimerais qu'il ne regarde que toi, car sans lui, tu n'es rien. Juste une machine. Avec lui, tu es son Bucky. Tu es la personne à qui il sourit, à qui il a envie de parler et avec qui il passe du temps. Et tu ne veux pas que ça s'arrête. Et pourtant elle s'approche avec son plateau qu'elle dépose sur la table, dérangeant ton espace de découverte. On pousse les pots, les cruches et l'eau se retrouve bien loin de tes doigts. Maintenant il n'y a plus que les tasses et la théière. Tes mains se posent à nouveau sur tes genoux et tu n'as d'yeux que pour lui tandis qu'elle vous laisse. Tu entends ses pas disparaitre et enfin tu n'es qu'avec lui. C'est ce que tu voulais, sans même le penser ou le dire… Oui c'est ce que tu voulais. Être avec ton Steve. Lui ne cherche pas à croiser son regard mais ce n'est pas grave… Ce n'est pas  important… Tant qu'il est avec toi… Ça te convient. Ses doigts fins se referment sur la théière et d'un geste que tu détailles avec attention, il remplit une tasse d'une eau à la couleur bien particulière et dont des volutes s'échappent. Tu aimes ça, tu trouves ça beau et fasciné, tu lèves déjà la main, essayant de venir glisser tes doigts sous ce filet d'eau brune. Mais non. Ses doigts viennent saisir ton poignet et pour la première fois depuis ton éveil… Il te corrige. Ton regard croise le sien et tu es déçu d'avoir mal fait. Parce que c'est le cas. Ainsi, doucement, tu retires ta main et la repose sagement sur ton genou, acceptant l'idée que cette eau là tu ne peux la toucher, parce qu'elle est chaude et qu'elle pourrait te faire du mal. Tu peines à saisir ces concepts et pourtant tu acceptes cela. C'est "chaud" et cela peut te faire du "mal". Donc tu ne touches pas. Parce que Steve ne veut pas ça. Une idée nouvelle fait son chemin dans ton esprit. Tu ne dois pas toucher ce qui peut te faire "mal", parce que Steve ne serait pas fier de toi. Ton seul soucis désormais c'est de comprendre ce qui peut te faire "mal" ou non… Et pour ça, tu vas encore besoin de lui. Mais il te rassure. Il t'expliquera. Bientôt même. Tu hoche docilement de la tête avant de l'observer procéder à un bien étrange rituel, soufflant d'abord sur la tasse d'eau brune avant de la boire. Tu penches quelque peu la tête sur le côté, essayant de comprendre ce qu'il fait. Pourquoi lui a-t-il le droit de boire et toi non ? La tasse retrouve la table et ton regard se pose sur celle-ci, que tu fixes, espérant d'une certaine façon en percer tout les mystères. Les volutes dansent sous tes yeux et du coin de l'oeil, tu captes le sourire de Steve. Il a besoin de boire l'eau, mais toi non. Donc tu ne dois pas le faire. Tu hoches à nouveau la tête avant de le voir attraper une étrange petite chose qu'il glisse entre ses lèvres. Il appelle ça "manger" et ça non plus, tu dois pas le faire, parce que tu n'en as pas besoin.

"Pas boire, pas manger."

C'est plus pour toi que tu dis ça et pourtant ça traverser tes lèvres. Steve attrape un flacon et c'est fasciné que tu contemple les pilules dans la paume de sa main. Tu te demandes si il va les manger aussi. Tes yeux reviennent chercher les siens et tu fronces les sourcils quand il te dit qu'il mange cela parce qu'il est malade. Tu ne saisis pas tout, la seule chose que tu retiens au fond, c'est qu'il a besoin de ça aussi. Tu acceptes cette idée assez aisément, après tout, le terme de malade n'a rien de familier pour toi. Tu n'as pas la moindre idée de ce que ça peut signifier. Steve a juste besoin de ses médicaments. Sa tasse retrouve la table et tu es presque paniqué à l'idée de le voir s'éloigner autant de toi que de la table. Tu voudrais qu'il reste ou au moins qu'il te demande de le suivre. Tes doigts se crispent sur le tissu de ton pantalon alors que pendu à ses lèvres, tu espères qu'il te dise que tu peux le suivre. Chose qu'il fait quelques secondes plus tard. Impatient tu te lèves et viens le rejoindre, presque heureux. Oui tu as envie de voir d'autres chose et d'apprendre, car sans t'en rendre compte, tu apprécies de savoir ce qu'il fait et comment il fonctionne.

"Oui Steve."

Ça y est. Tu réponds à ta première question. Et pas en répétant, mais en construisant une vraie phrase qui a du sens. Oui tu veux voir et découvrir le reste de l'endroit. Il a un sourire et tu te dis que tu as bien fais, une fois de plus. Répéter lui fait plaisir, mais répondre par toi-même aussi. À ses côtés tu recommences à déambuler dans les couloirs, observant la pluie sur les carreaux. Puis tout change. Tu entres dans une pièce différente. Une pièce bien étrange. Il n'y a pas de livres ici… Mais de drôles de choses qui s'étendent de partout, allant du sol jusqu'au ciel. Tu fronces les sourcils, trouvant cela bien étrange, tout comme les bruits que tu entends de-ci de-là… Tu fais un premier pas et tu t'arrêtes au moment même où tu vois quelque chose bouger sous tes yeux. Ce n'est pas de la peur qui t'envahit mais quelque chose de similaire bien que plus confus. Ça bouge, mais ça refuse de se dévoiler à tes yeux. C'est pire que la pluie… Et ça a un bruit presque plus agréable encore à écouter. Tu lèves la tête vers les hauteurs de la serre et mécaniquement, tu cherches à trouver l'origine de ce chant étrange. Il y a un autre bruissement dans les branches que tu ne comprends pas et pourtant, tu fais un autre pas, tendant les mains pour tenter d'attraper ce que tu ne vois pas.
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Sam 13 Fév - 10:47

I, Robot

Steampunk Stucky


J'ai vraiment l'impression qu'il s'intéresse à ce que je dis. Qu'il m'écoute, qu'il retient. Et pourtant tout ça n'est pas facile, j'imagine. Rah j'enrage de ne pouvoir qu'imaginer, et de ne pas être capable de saisir comment lui fonctionne, comment les idées et les pensées font leur chemin dans son esprit. C'est une intelligence artificielle, alors rien n'est moins sûr qu'il fonctionne comme les êtres humains normaux. Déjà que personne ne pense exactement de la même manière... Je le vois m'observer, s'intéresser à ce que je fais, suivre chacun de mes gestes. Il m'étudie. Il apprend, c'est certain. Et je suis impressionné par la vitesse avec laquelle il semble percevoir les choses, les intégrer. En une heure à peine il a déjà appris plusieurs mots et saisi quelques concepts. Alors avec des soins dévoués, attentifs... je n'ose imaginer... et tellement d'idées et de projets bouillonnent dans mon crâne que j'en ai presque le tournis.

Je le félicite quand il m'obéit à propos du thé, reculant sagement sa main quand je lui demande de le faire. Et je tente de lui expliquer tant bien que mal pourquoi, même si je sais bien que les trois quarts des mots qui sortent de ma bouchent n'évoquent strictement rien pour lui. Pourtant il s'applique à bien faire, ce qui me fait sourire. La faim, la soif, la maladie, autant de choses abstraites pour lui, et qu'il ne connaîtra jamais. Qu'il n'éprouvera jamais. Il n'aura jamais besoin de manger ni de boire, et n'aura jamais le rhume ou la grippe... Mais peut-être qu'un jour il y arrivera. Peut-être qu'un jour il saura. Il me surprend encore en arrivant à la conclusion très minimaliste qui sort de ses lèvres, et je ris doucement.

Exactement Bucky, tu n'as pas besoin de boire, ni de manger... Les humains en ont besoin, mais toi non. Tu en as de la chance!

Je tapote doucement ma main sur la sienne, sentant à peine les rouages tourner doucement sous sa fausse peau tiède. Je n'en reviens pas que toutes ces pièces assemblées fonctionnent enfin. Que tous ces petits morceaux, ces rouages, ces soudures, ces pistons, mises ensemble forment... un humain. Lui. Que tout n'est possible que par le mouvement de quelques pièces de mécanique bien huilées... Enfin, une fois le thé pris, qui est surtout une façon agréable de me faire avaler mes médicaments, je recule mon fauteuil de la table et souris en lui proposant de continuer la visite du manoir. Je hausse les sourcils quand je tente ma chance, lui posant une première vraie question qui n'est pas de répéter ou de lui demander de faire quelque chose. Et mon sourire s'agrandit quand il me dit qu'il voudrait bien me suivre pour visiter le manoir.

Parfait! Allons-y alors!

Je m'éloigne vers la porte et je remarque qu'il est toujours sagement assis, mais qu'il me regarde, comme s'il n'attendait qu'une seule chose. Que je lui dise de venir. On dirait presque de l'inquiétude dans son regard quand il me voit m'éloigner alors que je ne lui ai pas dit de me rejoindre. Serait-il déjà attaché à moi d'une certaine manière? Ou bien reste-t-il près de moi parce que je lui semble être une sorte de repère? Je n'ai pas encore la réponse mais je le vois simplement venir rapidement vers moi quand je lui fais signe de me rejoindre.

Tout va bien Bucky. Tu sais tu n'es pas toujours obligé d'attendre que je te dise de me suivre. C'est ta maison ici, tu peux aller ou tu veux tant que tu restes à l'intérieur sans avoir besoin de me demander.

J'ouvre la porte de la bibliothèque et l'emmène à travers les couloirs. Du coin de l'oeil je le vois observer la pluie qui roule sur chacune des fenêtres qu'on longe, mais ne pas jeter un regard aux meubles, aux bibelots, indifférents à la salle à manger, les salons et autres. C'est pour cela que je vais l'emmener dans le jardin d'hiver. Je pense que ça l'amusera, et qu'il y trouvera de quoi attiser sa curiosité. L'amuser ou l'intéresser au moins. Nous arrivons enfin à la porte et je souris alors que je referme la porte derrière nous pour éviter que les petites pensionnaires ne s'enfuient dans le manoir. Maria me tuerait, héritier ou pas... Une fois la porte fermée je l'observe, alors que son regard erre de haut en bas, puis autour de lui. Evidemment, cela fait beaucoup d'informations : toutes ces couleurs, ces formes pour les plantes, et aussi tous ces bruits. Depuis son réveil il n'a connu que le tictac des horloges, et le bruit du vent et de la pluie dehors. Là il y a le chant de la cinquantaine de petits volatiles qui s'agitent et pépient dans tous les sens. Je souris quand je le vois tendre les mains pour tenter de saisir quelque chose d'aussi insaisissable que le bruit. Je roule doucement à ses côtés et pose ma main sur la sienne.

Attends Bucky, je vais t'expliquer... Ici c'est une serre. Et tout ce que tu vois là ce sont des plantes. Regarde.

Je recule un peu pour me mettre près d'un buisson et prends une feuille dans la main. J'attrape la main de Buck de l'autre et la lui fait effleurer.

C'est une feuille... les plantes ont besoin de feuilles pour vivre. Et quand elles vont bien, elles font des fleurs... Une fleur c'est ça...

Je désigne un gros pompon rouge entre des feuilles sombres et le lui tais toucher encore une fois.

Il peut y avoir des fleurs de toutes les couleurs. Ca c'est une fleur. Et ça aussi...

Mais encore une fois je le vois regarder les arbres en direction du bruit et je souris en lâchant sa main.

Je vais te montrer quelque chose qui devrait te plaire. Regarde...

Je roule jusqu'au petit coffre en bois contenant leurs graines, j'en prends une bonne poignée et je siffle doucement l'air que ma mère leur avait appris. Elle aimait venir ici, surtout les jours où elle n'allait pas trop bien. L'air chaud et humide aidait ses poumons, et elle passait de longues heures à lire, ou à apprivoiser les perruches que mon père lui avait ramenées de ses voyages. Je me rappelle que je jouais souvent près d'elle, dans un parc qu'on faisait descendre, ou plus tard, dans mon fauteuil, à dessiner ou bricoler près d'elle. En quelques secondes une, puis deux, puis trois, puis cinq perruches viennent se percher sur ma main et commencent à picorer les graines dans ma main. Bucky a l'air fasciné et observe avec attention les petits volatiles qui bougent doucement sur mes doigts.

Tends ta main... regarde. Et quoi qu'il se passe, garde bien ta main tendue, ne la referme pas... d'accord?

De ma main libre j'attrape une nouvelle poignée de graines que je dispose dans sa main bien à plat. Quelques perruches, voyant le buffet gratuit avec moins de concurrence, migrent jusqu'à la main de Buck, rejointes par d'autres. Elles s'activent à tout manger, indifférentes à nous deux, trop habituées à l'homme pour être effrayées par notre présence.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Jeu 31 Mar - 19:07

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Tu sens le mouvement, tu l'entends mais ne le comprends pas. Ce qui n'est pas grave, pas vrai ? Parce que Steve viendra t'aider et t'expliquer. Ce n'est qu'une question de secondes. Mais en attentant, tu lèves les mains essayant d'effleurer, de toucher ce qui secoue les feuilles des arbres ou celles de buissons. Tu veux comprendre, pour être capable ensuite de te tourner vers Steve et de lui prouver à quel point tu peux faire bien et le rendre fier. Le problème est que tes doigts ne se referment sur rien. Absolument rien. Un vide qui refuse de s'expliquer à toi. Tu baisses les bras et croise le regard de Steve, cherchant dans un geste que tu ne comprends pas et ne maîtrise pas à entrelacer vos doigts, comme si c'était quelque chose de naturel. Tu ne t'en souviens pas, et tu ne t'en souviendras peut-être jamais… Mais quand il travaillait encore sur ta conception, et qu'il passait des nuits sur le mécanisme de tes doigts… C'est la seule que tu arrivais à faire… La première chose que tu aies fait pour être honnête. Refermer tes doigts sur les siens… Comme si d'une certaine façon, tu avais eu à l'époque un instinct de survie qui t'avait poussé à lui prouver qu'il ne travaillait pas en vain. Mais ce sont là des questions et des réflexions que tu n'auras peut-être jamais, pour l'instant tout ce qui compte, c'est cet endroit que tu découvres en sa compagnie. Docilement tu l'écoutes, apprenant que l'endroit où tu te trouves est une serre et que ce qui la compose sont des plantes. Lentement ton regard parcourt à nouveau la serre et tu enregistres. Ce sont des plantes. Elles sont dans la serre. Pas dans les autres pièces. Tu l'observes se reculer et c'est avec délicatesse que tu effleures la feuilles, notant qu'elles ont cette forme-là et que les plantes en ont besoin.

"Les plantes ont besoin de feuilles pour vivre.", répètes-tu, comme pour lui prouver que tu as bien compris et que surtout, tu l'écoutes.

Et alors que tes doigts glissent bien loin de la feuille, il te désigne une fleur, qui est selon lui, un signe de bonne santé chez une plante. Tu viens en caresser les pétales colorées avec la même délicatesse, assimilant à nouveau sans la moindre difficulté ce qu'il te récite. Seulement, tu ne passes pas autant de temps qu'il le voudrait à admirer la fleur qui ne demande qu'à être adulée. Non, à nouveau, ce qui t'attire c'est le chant des oiseaux et la façon dont ils secouent les feuilles. Tu es encore trop primitif, trop neuf apprécier la contemplation silencieuse et inerte. C'est le mouvement qui te plait et qui t'attires. Ses doigts quittent les tiens alors qu'avec un sourire il te promet quelque chose qui devrait te plaire. Une fois de plus tu te contentes de pencher la tête sur le côté, attendant ce qu'il a de si important que ça à te montrer. Tu l'observes faire, patiemment, ne comprenant sont but que lorsque que tu vois jaillir d'entre les arbres et les feuilles, les oiseaux colorés, qui viennent se poser sur le bout des doigts de Steve, picorant déjà les graines qui attendent dans le creux de sa main. Tu ne sais pas qu'elles sont mais déjà, une étrange envie de les toucher et de les caresser nait en toi. Tu aimerais aussi être capable de faire ça, d'avoir le droit de les tenir sur le bout de tes doigts et de les nourrir. Et cette envie n'est pas mû par le désir de prendre soin de ses petits animaux mais simplement par celui de faire comme lui. De lui prouver que tu es capable de suivre son rythme et de faire aussi bien, aussi vite. Ainsi, tu approches doucement ta main d'un des oiseaux, essayant d'en effleurer le plumage, mais celui-ci fait comme la pluie, et refuse de te laisser le toucher, sautillant simplement un peu plus loin sur la main de Steve. Déçu tu retires ta main, te disant que visiblement, à part Steve, personne ne voudra jamais te laisser approcher. Tu n'as vraiment que lui. Steve est le seul à vouloir prendre ta main ou à même vouloir te toucher. Et alors que tu baisses les yeux, voilà que sa voix revient te cajoler, t'ordonnant d'une voix douce d'ouvrir grand la main et de ne pas la refermer. Sans comprendre et même sans chercher à comprendre tu t'exécutes, observant les graines qu'il dépose dans le creux de ta main. Les secondes passent et pour ton plus grand bonheur tu vois quelques perruches venir sur tes doigts, acceptant de t'approcher pour quelques graines, qu'elles picorent avec plaisir. Tout content, tu les laisses faire, ton regard faisant des allers-retours entre les oiseaux et Steve. Tu ne sais pas comment exprimer ce qui se passe en toi… Mais… C'est bien. Tu le sais, au fond de toi, tu sais que tu fais bien.

"Steve…"

C'est le seul mot qui traverse tes lèvres. Parce que tu n'es pas vraiment capable de dire plus de ton plein gré. Mais pour l'instant… C'est ta façon de transmettre l'émerveillement qui doucement s'empare de ta carcasse mécanique. Plus tard tu pourras peut-être comprendre tout ça, mais là… Tu n'es qu'une coquille vide qui n'existe que pour Steve, dont le prénom est la seule chose que tu es capable de prononcer spontanément.
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Sam 2 Avr - 17:46

I, Robot

Steampunk Stucky


Chaque minute apporte son lot de nouveautés et de découvertes, d'expérimentations et d'apprentissages. Depuis son réveil, il y a quelques heures à peine, il connaît déjà son prénom et le mien, a appris ce qu'étaient les livres, la pluie et le vent, qui était Maria, et à présent, le voilà qui s'initie à la biologie et à la zoologie. Il découvre les plantes et les oiseaux. Alors qu'est-ce que cela pourra être dans quelques jours? Quelques semaines? Quelques mois? Toutes ces perspectives m'enchantent et m'enthousiasment tant! Jusqu'où va-t-il pouvoir aller? Que va-t-il pouvoir apprendre, retenir, mémoriser et comprendre? Quels concepts va-t-il pouvoir saisir? Et restituer? Il va falloir que je note tout ceci au jour le jour... mais pour l'instant... pour l'instant chacun de ses gestes est une victoire et un enchantement. Voir ainsi sa création bouger, toucher, saisir, comprendre, agir seule est juste merveilleux... Bon sang j'aimerais ne pas avoir besoin de dormir autant pour passer toutes ces précieuses heures à m'occuper le plus possible de lui, et à lui apprendre plus rapidement tout ce que je voudrais qu'il sache...

A le voir, je remarque aussi qu'il a l'air... attaché à moi. Est-ce parce que, comme les oies ou les poules, il a considéré qu'étant la première personne qu'il a vue en ouvrant les yeux, j'allais être le plus à même de l'aider et m'occuper de lui? Ou alors se souvient-il de sa création? Des heures innombrables où j'ai travaillé avec soin et amour sur chaque élément de son corps magnifique? Et il me voit donc comme...littéralement, son créateur? Je n'en sais rien encore, mais la seule chose que je remarque est le fait qu'il me cherche constamment du regard, et qu'il a l'air d'avoir besoin de mon approbation. Il semble content lorsque je le félicite... Et cela aussi est merveilleux et me remplit d'espoir comme de fierté. Tant de choses... tant de choses encore... Enfin, pour l'instant l'heure est aux expérimentations et aux découvertes, et je souris en voyant l'expression d'abord contrariée de son visage lorsque les perruches le fuient, alors qu'avant il y avait de la fascination et de l'intérêt. Puis, de l'incrédulité, ou de l'impatience quand je lui dit d'ouvrir grand la main et de ne pas la refermer. Les volatiles s'installent tranquillement sur ses doigts fins, comme elles l'ont fait tant de fois chez ma mère ou moi-même, et Bucky les observe avec une sorte d'émerveillement, les regardant toutes s'agiter, picorer, sautiller sur sa peau et parfois se chamailler pour une graine. Puis mon nom quitte ses lèvres, d'un façon... je ne saurais l'exprimer. Comme s'il était perdu. Ou trop ému. Peu importe. Je viens doucement prendre sa main libre et la serre dans la mienne.

Tout va bien Bucky, tout va bien. Tu te débrouilles très bien, je suis content de toi. Vraiment content...

Je le laisse observer les petits oiseaux jusqu'au moment où, faute de graines, et après avoir jeté de petits coups d'oeil dans sa paume pour être sûres de n'avoir rien laissé, elles s'envolent une à une, retournant dans leurs buissons touffus. Le regard du robot les suit et je commente d'une voix douce.

Elles ont mangé alors elles sont parties. Mais tu vois, elles n'ont pas peur de toi. Nous pourrons revenir ici et refaire ça autant que tu le souhaites Bucky, d'accord?

Même s'il ne me comprend pas, au moins enregistre-t-il des mots qui finiront tôt ou tard par faire sens. Je serre un peu plus ses doigts pour attirer son attention, après avoir jeté un oeil à ma montre à gousset.

Bucky? Maintenant il va falloir qu'on sorte d'ici. Je vais te montrer l'étage et ma chambre. Puis je t'expliquerai aussi comment tu pourras m'aider, car j'aurai besoin de toi pour plusieurs choses... si tu veux bien, évidemment... Allons-y.

Je sors de la serre et une fois dans le couloir avec lui je lui demande de fermer la porte en accompagnant ma demande d'un mime du geste à effectuer, et nous roulons ensuite jusqu'à l'ascenseur que mon père a mis en place pour moi dès qu'il s'est rendu compte que je ne marcherai jamais. J'y fais rouler mon fauteuil et Bucky me suit. J'appuie sur un bouton et la grille se referme avant que la cabine ne monte lentement, propulsée par un système à vapeur.

Ceci est un ascenseur. C'est une boite qui me permet de monter ou de descendre, comme je ne peux pas prendre l'escalier.

Une petite clochette annonce que nous sommes arrivés et la grille s'ouvre. Je roule lentement dans le couloir qui mène à ma chambre, et j'en ouvre la porte.

Ici c'est ma chambre. C'est là où je dors et où je me repose quand je ne me sens pas bien... Tu pourras venir ici quand tu voudras toi aussi. D'ailleurs tu auras droit à ta propre chambre bientôt... Mais nous en reparlerons. Je... Viens ...

Je l'emmène jusqu'à ma salle d'eau, et désigne la grande baignoire de cuivre aux pieds de lion qui trône au milieu de la pièce.

C'est une baignoire. C'est là où on se lave, c'est à dire qu'on enlève la saleté de notre corps. Tous les jours. Moi je ne peux pas marcher, alors j'aurai besoin que tous les soirs, tu m'aides à m'installer dedans pour que je me lave. Est-ce que tu pourrais faire ça? Me prendre du fauteuil et me mettre dans la baignoire?

Je lui mime le mouvement de l'un à l'autre plusieurs fois, lentement, en prenant mon temps, avant de tendre les bras vers lui.

Allez Bucky, essaie. Je suis sûr que tu vas y arriver!


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 681
Date d'inscription : 26/11/2014
Sam 16 Avr - 17:56

I, Robot
Your lips feel warm to the touch… You can bring me back to life ✧ Tu fais bien. Ainsi, à laisser les oiseaux manger dans ta main, tu contentes Steve plus que tu ne peux vraiment le réaliser. Tu dépasses toutes ses attentes mais ça tu ne peux le voir. Tu ne te rends pas compte à quel point il est heureux, voir même transporté de te voir bouger, parler, apprendre… Tu es une merveille de mécanique et surtout, la personne qui va combler un vide dans son existence. Tu ne comprends pas encore pourquoi tu as été crée et peut-être ne réaliseras-tu jamais à quel point tu vas changer sa vie, mais ce n'est pas si grave. Pour l'instant, c'est même sans la moindre importance. Tout ce qui compte c'est que tu es là, que tu fonctionnes et que tu ne vois que lui. Steve est ton point de référence, le centre de ton univers encore restreint et ça te convient. Tu ne veux pas plus. Juste Steve, les plantes et les perruches. Le temps, qui est encore une notion bien trop abstraite et inconnue pour toi, pourrait s'arrêter que tu serais bien. Tu resterais bien avec Steve, à regarder les oiseaux colorés. Ça t'irait. Tu serais avec lui, tu serais bien et tu ferais selon son bon vouloir. Seulement les graines viennent à manquer dans le creux de ta main et sans autre raison pour les retenir, les perruches disparaissent une à une, retournant se cacher dans les arbres. Tu aimerais les retenir, les garder juste un peu plus sur le bout de tes doigts, voulant simplement prouver à Steve que tu peux continuer à bien faire…. Seulement tu ne comprends pas que toute chose doit avoir une fin… Tout est emporté par un mouvement perpétuel qui jamais ne t'affecteras. Tu es une ancre, le temps glisse sur toi mais ne t'atteint pas. Mais ça, le comprendras-tu un jour ? Peut-être. Mais pour l'instant tu es comme un enfant qui ne saisit pas la course du temps. Tout te semble éternel et sans fin. Comme cristallisé… Bloqué dans une journée qui n'aura peut-être pas de fin… Ça va être compliqué pour toi d'admettre que les jours vont passer et qu'ils ne seront pas les même. Demain ne sera pas aujourd'hui et Steve ne sera plus le même. Mais c'est trop tôt pour toi, bien trop tôt. Tu ne vois que l'instant, le moment présent. Tu ne saisis pas ce qu'il y avait avant et ce qu'il y aura plus tard reste un mystère pour toi. Hier n'a jamais été et demain n'existe pas. Tu avances dans l'obscurité les yeux fermés, suivant simplement Steve. Ce serait une bonne façon de décrire ta vision du monde pour l'instant… Mais tu n'as pas conscience de tout ça. Tu ne penses qu'aux oiseaux et ne vois que Steve, dont la voix douce te rassure. Ton regard revient chercher le sien et si tu ne comprends pas tout… Tu sais que ce n'est pas grave. Tu sais, au fond de ta carcasse mécanique que tu reviendras ici, que tu nourriras à nouveau les oiseaux et que Steve sera heureux. Tout cela devient une certitude au fil de ses mots. Ses doigts se referment un peu plus autour des tiens et tu ne cesses de l'observer, attendant de savoir ce qu'il veut de toi désormais. Ton prénom glisse d'entre ses lèvres et ce sont tes doigts qui se referment autour de sa main si fine. Tu aimes bien quand il t'appelle Bucky. Tu aimes vraiment ça… Parce qu'il le fait quand il est content de toi, quand tu fais bien… Et ça… Ça te rassure. Les mots glissent et tu les assimiles sans vraiment en comprendre le sens. Si ton vocabulaire devient plus riche, tu ne sais pas t'en servir. Rien n'a de sens. Tu pourrais aligner les mots les uns après les autres, mais ça n'aurait aucun sens. Tu ne sais pas construire une phrase… Tu n'en es pas encore capable… Mais il y a un mot qui retient ton attention et que tu comprends parfaitement. "Besoin." Steve a besoin de toi. Tout comme les plantes ont besoin de feuilles pour vivre. Tu es important et tu apprécies d'être d'une certaine façon… Sa feuille, essentielle à son bien-être.

"Oui."

Bien sûr que tu veux l'aider. Tu n'existes que pour ça. Alors c'est sans hésiter que tu le suis, apprenant à fermer les portes avant de te laisser guider dans le reste du domaine. Tu apprends ce que c'est un ascenseur, sans vraiment savoir ce que sont des escaliers mais… Ce n'est pas grave. Un jour tu comprendras, mais pour l'instant, tu es satisfait avec la simple idée que tu es dans une boîte qui te permet de monter. Tu relèves les yeux quand la clochette sonne, la cherchant du regard, suivant alors Steve en cherchant quelque chose vers ce que tu penses être le ciel et qui est en fait le plafond. Le son était étrange mais amusant. Alors que vous vous avancez vers la chambre de Steve, tu continues à chercher l'origine de ce son, écoutant ensuite avec attention ce qu'est cette pièce. Sa chambre dit-il, l'endroit où il se repose et où tu pourras venir. Bien. Tout ce que tu retiens en fait, c'est que vous pourrez être tout les deux ici… Pour le reste… C'est encore flou, surtout quand il te dit que tu auras la tienne. Tu pourrais avoir peur, mais tu n'en es pas encore là. La peur implique un certain degré de compréhension que tu n'as pas encore. Alors certes, tu as peur de te retrouver seul, d'être sans Steve mais ton esprit encore si jeune ne fait pas encore le lien entre un espace qui ne serait rien qu'à toi et l'envie d'intimité dont Steve pourrait avoir besoin, et la possible solitude que tu pourrais rencontrer. Tu penses encore que maintenant qu'il t'a avoué avoir besoin de toi, vous ne vous quitterez plus jamais. Steve s'éloigne et sagement tu le suis jusqu'à la pièce suivante, fronçant légèrement les sourcils face à l'installation étrange. Tu observes la baignoire, le carrelage, l'écoutant alors qu'il t'explique ce que lui doit faire et ce en quoi tu dois l'aider. L'idée de se laver te laisse avec une seule question… Est-ce que c'est comme manger et boire ? Est-ce que tu n'as pas le droit de te laver parce que tu n'en as pas besoin ? Steve te le dira, la question ne fait que traverser ton esprit alors que tu offres à nouveau toute ton attention à Steve. Tu l'observes joindre des geste à ses mots, t'expliquant exactement ce qu'il veut que tu fasses. Le prendre dans tes bras, l'assoir dans la baignoire. Ton regard fait le trajet plusieurs fois alors que Steve t'offre ses bras, te demandant de ce fait de le prendre dans tes bras. Il a besoin de toi, regarde-le… Si tu n'es pas là, il ne peut rien faire. Il a besoin de toi.

"Steve a besoin… De moi…"

Tu te penches vers lui, passant tes deux bras sous ses aisselles. Ses bras se nouent autour de ton cou et sans le moindre effort, tu le soulèves peut-être d'une façon assez maladroite. Ses jambes pendent dans le vide et tu ne tentes pas de passer un bras sous ses genoux pour que tout ceci soit plus confortable pour lui. Tu te débrouilles un peu mal… Mais comment t'en vouloir ? Tu apprends et tu essayes simplement de l'aider. Ton regard croise le sien alors qu'il est dans tes bras et assez maladroitement, tu grimpes à ton tour dans la baignoire, t'asseyant avec lui pour l'installer. Délicatement tu fais en sorte que son dos rencontre le bord de baignoire avant de te reculer, et de simplement le regarder. Tu ne sais pas comment t'installer, tes jambes prenant un peu trop de place mais ce n'est pas grave… Tu as ton premier sourire pour Steve. Parce que tu es heureux d'avoir pu l'aider… Et d'avoir bien fait.
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 737
Date d'inscription : 03/04/2014
Lun 18 Avr - 10:28

I, Robot

Steampunk Stucky


Chaque pas, chaque geste m'étonne. Certains sont encore assez maladroits, ou hésitants, mais d'autres sont précis, et fluides. Un aboutissement. Un couronnement d'années de travail qui dépasse toutes mes espérances. Il... il est comme un enfant qui vient de naître, mais l'illusion est parfaite. Il est tellement réel. Tellement... humain, déjà physiquement. Maria s'est fait prendre au piège, et je suis sûr que d'autres aussi. Moi seul saurai ce qu'il est vraiment. Ma plaisanterie au monde... ma prouesse. Mon miracle. Miracle de technologie et miracle pour moi également... Lui va pouvoir être constamment avec moi. Ne jamais me laisser. Ne jamais m'abandonner. Il va être là avec moi. Toujours. Et j'en suis ravi parce que j'ai tellement besoin de quelqu'un à mes côtés... même si je déteste avoir à l'admettre. Un infirmier. Un protecteur. Les jambes que je n'ai pas. Mais surtout un ami. Peut-être que... peut-être que bientôt il va pouvoir parler, s'exprimer. Peut-être que bientôt nous pourrons avoir de vraies conversations. Nous pourrons discuter des heures entières de tout et de rien. Je pourrais même l'emmener à Londres et lui faire découvrir la ville, et m'amuser de voir que tout le monde le prend pour un être humain. Sauf que lui et moi nous saurons. Avec lui nous pourrons aussi voyager. Voir le monde. Parce que où que j'aille il sera là. Où que j'aille il pourra me soigner. Veiller sur moi. Et je n'aurais plus rien à craindre. Ca serait merveilleux, vraiment.

Mais en attendant il apprend, et il apprend vite. Il referme la porte du jardin d'hiver derrière nous, et à ses coups d'oeil en arrière je crois comprendre que quitter cet endroit le rend triste. Enfin triste... il ne doit même pas savoir ce que c'est que la tristesse. Tout du moins, il semble regretter de partir. Je serre un peu plus ma main dans la sienne et lève les yeux vers lui.

Ne t'en fais pas Bucky. Nous reviendrons voir les perruches. Elles deviendront tes amies à toi aussi. Elles reviendront manger dans ta main...

Je m'en veux de devoir interrompre quelque chose qui semblait lui tenir tant à coeur mais ma santé m'oblige à une routine fastidieuse et des soins réguliers. Et c'est quelque chose avec lequel il va devoir vivre. Alors que nous avançons, je lui jette de légers coups d'oeil et mon coeur se serre à mesure que mon esprit s'emballe. Et s'il se mettait à m'en vouloir. S'il s'éveillait assez et qu'il détestait la routine dans laquelle je l'ai enfermé? S'il me haissait pour ne pas lui avoir laissé le choix de ce qu'il pourrait et voudrait faire? De l'avoir rendu esclave de mon corps faible et de mes soins contraignants? S'il décidait de me quitter? Je respire plus vite et serre un peu plus sa main. De toute façon je ne peux pas lui faire de mal. Non. Pour l'instant je dois avant tout lui apprendre qui il est, lui enseigner comment vivre dans notre monde, et après seulement, il décidera. Et je préfèrerais encore le savoir heureux ailleurs que malheureux à mes côtés, même si... ça me tuerait de voir qu'il m'abandonne à son tour. Si ça arrive...alors ça voudra dire que je ne suis bon pour personne. Si ça arrive ça voudra dire que je ne suis pas assez bien pour qu'on reste avec moi. Pour qu'on partage ma vie à moins d'y être obligé, ou payé pour le faire. C'est ainsi il faut croire. Alors s'il m'abandonne je me laisserai tomber du haut des marches. Ou j'irai sur l'étang gelé et je me laisserai endormir, prendre dans mes bras par le froid et ne plus jamais ouvrir les yeux. Je secoue légèrement la tête après avoir soupiré, une fois installés dans l'ascenseur. Cela suffit. Il est réveillé depuis à peine quelques heures et tu vois déjà le mal partout. Allons. Cela suffit.

Je souris, étrangement plus soulagé quand il me dit qu'il veut m'aider. Il aurait pu dire non. Il aurait pu répondre autre chose mais non. Il a l'air de vouloir m'aider même si je ne suis même pas sûr qu'il comprenne ce mot, et encore moins le concept qui se trouve derrière. Qu'importe, le sourire regagne mes lèvres et mon coeur devient plus léger alors que je le guide jusqu'à ma chambre. Une vaste pièce où tout a été aménagé pour que je puisse circuler dans mon fauteuil. Il y a aussi un bureau, ainsi qu'un bureau à roulettes que je peux placer sur mon lit pour les jours où je suis trop faible pour me lever, mais que je veux tout de même travailler. La seule concession accordée par Maria au fait que tout ce qui concerne mes inventions doit rester dans l'atelier. Et c'est vrai qu'avant d'en être réduite à cela, nous avions atteint un point ici où il y avait des pièces mécaniques et des outils dans chaque pièces que je fréquentais, et elle en avait assez de suivre les boulons sur mon passage comme le petit poucet avec ses cailloux. Nous roulons ensuite jusqu'à la salle de bains attenante, assez grande elle aussi, et je lui explique l'utilité de la pièce. Se laver. Encore quelque chose qu'il devra découvrir. Enfin, il faut bien commencer quelque part.

Je tente donc de lui faire comprendre une des premières choses que j'aurai besoin qu'il fasse pour moi : m'installer dans la baignoire. Je lui mime le geste, une fois, deux fois, trois fois, pour qu'il comprenne ce que j'attends de lui. Je l'observe me regarder, attentif, suivant mes gestes des yeux, l'air presque concentré. Il a l'air de vouloir bien faire et c'est merveilleux. Après plusieurs explications je tends les bras vers lui. C'est le moment de vérité. Là c'est un premier pas vers ce pour quoi je l'ai conçu. Pour m'aider. Alléger mon quotidien. Le rendre plus supportable. Mon coeur bat plus vite alors que je l'encourage, et mon coeur rate un battement quand je l'entends. On dirait... on dirait qu'il a compris. On dirait qu'il a compris, un peu, un tout petit peu, ce que j'attends de lui. Il a compris qu'il y a des choses que je ne peux pas faire seul et il a saisi la notion de besoin.

Oui Bucky, j'ai besoin de toi. J'ai besoin que tu m'aides. Tu peux faire ça? Je suis sûr que tu peux!

Il se penche vers moi et glisse ses bras sous mes aisselles alors que je tente de me hisser le plus possible pour l'aider, m'agrippant à son cou. Sauf qu'il ne fait rien de plus à part se redresser. Mes jambes pendent dans le vide et je me raccroche plus fort à son cou. C'est de ma faute. C'est de ma faute, je n'ai pas été assez clair. Je ne lui ai pas assez répété comment je voulais qu'il fasse. C'est de ma faute. J'étouffe un petit cri de surprise alors qu'il se met à marcher, me portant comme si je ne pesais rien, et il s'approche dans la baignoire. Sauf qu'au lieu de m'y déposer, le voilà qui s'approche de la baignoire.

B...Bucky? Bucky fais att...

Mais je n'ai guère le temps de finir ma phrase. Je sens qu'il lève sa jambe. Puis la repose dans la baignoire. Il lève la suivante et se retrouve debout dans la cuve. Il s'assied ensuite, en tailleur, et je serre mes bras plus fort, un peu balloté par ses mouvements. Il finit par m'installer dans la cuve, et je suis surpris par sa douceur. Il se recule ensuite et on se retrouve face à face dans la baignoire vide, et complètement habillés. Bucky a l'air fier, et là... là mon coeur rate un battement quand je le vois sourire. Un vrai sourire alors qu'il me regarde, content de lui. Ma gorge se noue et sans réfléchir je me jette à son cou, posant mon visage contre son épaule.

Bravo Bucky! C'était très bien! Il va falloir que je t'explique encore certaines choses mais c'était très bien! je suis fier de toi!

Je reste quelques secondes comme ça, oubliant qu'en fait ce n'est qu'une machine, et que mon geste ne signifie pas grand chose pour lui. Je me recule ensuite et porte mes mains à sa chemise.

Si déjà tu es là, autant que tu prennes ton bain avec moi. Mais pour prendre son bain il faut ôter ses vêtements. Ca ce sont tes vêtements. Un gilet. Une chemise. Un pantalon. Des chaussettes. Tu veux bien répéter?

Et pendant que je lui donne une nouvelle leçon, je le deshabille, avant de faire de même pour moi. Je me mets à rire quand il avance ses mains vers moi pour m'aider à déboutonner ma chemise et je le laisse faire, écartant les bras pour lui faciliter la tâche.

Merci Bucky! C'est très bien! C'est très bien!

Nos vêtements sont maintenant sur le carrelage et nous sommes nus face à face. En temps normal j'ai honte de mon corps et je le cache autant que je peux, mais là... Il n'y a rien à dissimuler vu qu'il n'a pas de conception de pudeur, de beau ou de laid. Je tourne ensuite les robinets et je le vois contempler avec fascination l'eau qui commence à remplir la cuve.

Tu sais ce que c'est? Tu as reconnu ce qui est en train de remplir la baignoire?


Revenir en haut Aller en bas





Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
I, Robot - Steampunk
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
Sujets similaires
-
» [Novembre] Byul Steampunk Rhiannon
» Mon steampunk ^^
» LES OBJETS STEAMPUNK
» Un jeu de figurines victorien steampunk !
» Industria 1859 : Un GN Steampunk!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Autres RP -Ras le bol du mal de mer ! :: Stuckys-
Sauter vers: