Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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A Knight's Tale

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Date d'inscription : 03/04/2014
Jeu 5 Nov - 17:01
A Knight's Tale
Je suis en train de fredonner une vieille comptine de chez moi, alors que ma main s’active sur la robe de ma jument, Suie. L’écurie est sombre, et tranquille. Les chevaux somnolent en ce début d’après-midi et je m’occupe de ma monture après une leçon donnée par Burrich, le maître écuyer. Et comme il le répète à chaque fois « Un bon chevalier n’attend pas son écuyer pour s’occuper de son destrier. C’est comme ça que sa monture s’attache à son cavalier, et qu’elle sera plus brave pendant la bataille. »
Je me mets à rire quand elle frotte son chanfrein contre moi, et me donne de grands coups de tête qui me font reculer de plusieurs pas.

Arrête grosse bête !

C’est là que je sursaute en entendant la voix de Burrich qui résonne à travers la cour.

Steven mets ta jument au box et viens ici !

Je donne une dernière caresse sur l’encolure de Suie avant de la laisser s’installer dans son box. Je referme la porte en bois et lui donne la pomme que j’avais chipée au petit déjeuner et que j’avais cachée dans ma poche. Je galope ensuite jusqu’à la cour, et je cligne des yeux quand je me retrouve sous la lumière brûlante du soleil, mettant ma main en visière. Il me faut deux secondes avant de voir la silhouette immense du maître écuyer, Burrich, celui en charge des jeunes en apprentissage, comme moi.

Maître Burrich, vous avez demandé à me voir ?
-Oui mon garçon. Je te présente James, qui est un jeune page, comme toi. Il est le fils du roi du Nord. A partir de maintenant il va partager ta chambre et vous vous entraînerez ensemble.
-Bien maître Burrich.
-Je compte sur toi pour lui réserver le meilleur accueil possible, pour lui faire visiter le château et lui apprendre les coutumes de Castlecerf.
-Bien sûr maître Burrich.
-Tu es un bon garçon. James, approche-toi. Voilà Steven. Il est le fils du seigneur de Dain. Il va s’occuper de toi à partir de maintenant.


Je lui souris, et essuie mes mains sur ma tunique avant de lui en tendre une. En même temps je le regarde. Il est si différent. Il a ma taille mais il est plus fin. Ses cheveux sont sombres, comme des ailes de corbeau, et j’ai rarement vu quelqu’un avec des cheveux aussi noirs. Et sa peau est tellement blanche, on dirait de la neige, ou le marbre du temple. Je suis sûr que si je le touche, sa peau sera glacée. Mais je me retiens. C’est pas poli. Je vois ensuite ses yeux. Ils sont bleus comme de la glace, ou comme les matins d’hiver où le soleil brille. Ses cheveux en bataille lui retombent sur les épaules et il porte des vêtements qui ont l’air très chauds, en cuir brun, bordés de fourrure, et une lourde cape de laine bordée de fourrure. Je vois des gouttes de transpiration qui ruissellent sur ses tempes alors qu’il me lance un sourire fatigué.

Je chancelle un peu quand Burrich me tape sur l’épaule, et sourit à travers sa barbe broussailleuse poivre et sel.

Parfait, vous voilà déjà camarades. Steven, ton ami a fait une longue route, alors pour cette après-midi je vous libère tous les deux pour que tu t’occupes de lui. Emmène-le prendre un bain, passe à la blanchisserie lui trouver des vêtements plus adaptés à nos climats, et fais-le manger. Ensuite vous pourrez vous amuser et vous promener dans le château. Par contre Steven, interdiction de dépasser l’enceinte, suis-je clair ?
-Oui maître Burrich !
-Allez, filez garnements !


Il a un léger rire alors que je me tourne vers Buck et que j’attrape les sacoches qu’un valet vient de détacher de sa selle.

Viens, suis-moi !

Et je lui souris avant de lui prendre la main et l’entraîner dans la cour grouillante de monde. Je me rappelle la fois où je suis arrivé ici, et aussi le moment où j’ai appris que j’allais venir là. Comme si c’était hier, alors que ça fait deux mois que je suis ici maintenant… J’étais dans le petit salon et c’était l’heure de mon cours de harpe. Comme d’habitude mère était là, allongée sur une banquette, son infusion aux plantes devant elle et un sourire aux lèvres. Elle adorait me voir jouer de la harpe. Tout à coup on a frappé à la porte. Un valet a passé la tête et a dit qu’il y avait un message pour mère. Je me suis arrêté une seconde mais elle s’est tournée vers le valet en disant que ça attendrait la fin de ma leçon, puis m’a fait signe de continuer. Sauf qu’au moment où mes doigts allaient se reposer sur les cordes, j’ai entendu le valet dire d’une voix un peu inquiète.

Madame, le messager a été mandé par le roi…

J’ai vu l’inquiétude sur son beau visage et elle s’est relevée, avant de disparaître quelques secondes, accompagné du valet. Thibaut m’a fait continuer ma leçon, sauf qu’au bout de quelques minutes, la porte s’est rouverte, et j’ai vu mère en larmes. Je l’avais rarement vu pleurer, et j’aimais pas ça du tout, alors j’ai lâché ma harpe et j’ai couru vers elle. Elle s’est accroupie et m’a prise dans ses bras, me serrant avec une force que je n’imaginais pas.

Mère qu’avez-vous ? Vous avez appris une mauvaise nouvelle ?

Je l’ai vue se tamponner les yeux avec son mouchoir en dentelle et sourire entre ses larmes.

Le roi nous fait un grand honneur mon fils. Il demande ta présence à sa cour, à Castlecerf. Comme tous les fils de seigneurs tu iras là-bas pour apprendre à devenir un chevalier.

J’ai bondi de joie entre ses bras.

-Oh oui ! Oui mère je serai le plus grand des chevaliers ! Le plus preux, le plus vaillant ! Ne pleurez pas, tous les soirs je vous raconterai ce que j’ai fait et vous pourrez même venir à mes entraînements, comme vous le faites déjà !
-Mon trésor, je ne peux pas quitter notre comté. Il faut que je m’occupe de gérer le domaine, de tout ce que ça implique. Et le roi ne m’a pas conviée. C’est toi seul qui partira…
-Mais… mais je veux que vous veniez avec moi mère ! Je ne veux pas être sans vous là-bas ! Je vais avoir peur tout seul !
-Ne t’en fais pas mon trésor… Nous nous écrirons, et tu reviendras pour les fêtes et les moissons. Ton père a été fait chevalier de la même manière, lui aussi était page à Castlecerf, quand c’était le père d’Anthony qui règnait, Howard…
-Mère vous allez me manquer… Je ne veux pas être loin de vous…
-Moi non plus mon trésor, mais telle est la volonté du roi. Et tu dois faire honneur à notre nom et à notre comté…
-Bien mère…


Une semaine après je lui jetais un dernier regard et essuyais mes larmes alors que le convoi quittait Brünswick et s’éloignait du château…
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Jeu 5 Nov - 18:39

Steve & James
And who are you, the proud lord said, that I must bow so low?
"Où que tu ailles, les esprits et les dieux du Nord veilleront sur toi… Jamais ils n'abandonnent l'un de leurs enfants… Même si tu descends toujours plus au Sud… Ils te protègeront."

Les doigts de ma mère se perdent dans ma chevelure noire de jais qu'elle tente de discipliner en les tressant. Je regarde la plume de corbeau avec laquelle je joue presque nerveusement tandis qu'elle continue de me dire que quoi qu'il arrive, on veillera toujours sur moi… Que même au Sud, nos Dieux feront attention à moi. Je pince les lèvres alors qu'elle me reprend la plume des doigts, la glissant entre deux mèches de cheveux. Je prends une grande inspiration, regardant par la fenêtre.

"Ce n'est pas juste, mère. Je ne veux pas partir, je ne veux pas être arraché de ma terre pour être élevé par des hommes du Sud. Je ne veux pas être comme eux. Je veux être élevé comme mes frères, ici dans les terres du Nord et sous les yeux de nos esprits…"

Je sens sa main se poser sur mon crâne alors que dépose un baiser dans mes cheveux, me gardant tout contre elle. Le temps d'un instant je ne sais pas si elle pleure ou non… Et c'est seulement quand je me retourne vers elle que je vois rouler sur ses joues quelques larmes. Le coeur lourd je viens me glisser dans ses bras, ne pouvant retenir ma propre tristesse. Ma gorge se nous alors que j'enfouis mon visage dans sa longue chevelure noire.

"Je sais mon fils, je sais… Et ton père n'est pas non plus heureux de te voir partir… Mais nous avons refusé pour tes frères et pour toi… Nous aimerions faire de même… Mais le roi Anthony nous a fait comprendre qu'il prendrait offense que nous lui refusions notre dernier fils… Je sais que tu aimerais vivre avec nous… Mais tu reviendras pour la grande fête de l'Hiver et ton anniversaire… Et je te ferais parvenir aussi souvent que possible quelques présents…"

Ses doigts se perdent dans mes cheveux, essayant de ce geste de calmer mes sanglots. Mes doigts se referment sur sa lourde robe de velours alors qu'elle commence à me chantonner une comptine, une de celle qui raconte que peu importe les épreuves, un enfant du Nord reviendra toujours parmi les siens. Que quoi qu'il arrive, les dieux veilleront sur lui et qu'il reverra les neiges de sa contrée. Les mots se meurent sur ses lèvres et elle me serre une dernière fois. Je me recule quelque peu et alors qu'un corbeau se pose sur une branche non loin de là… J'entrouvre doucement les lèvres.

"Serais-je encore un enfant du Nord si ce sont les hommes du Sud qui m'éduquent ?
- Toujours et ne les laisses pas te dire le contraire. Tu n'es pas comme eux et tu ne le seras jamais. Tu es un enfant du Nord, un futur homme libre du Nord."

Elle dépose un dernier baiser dans mes cheveux avant de me dire de terminer mes bagages. Je lui souris une dernière fois et alors qu'elle quitte ma chambre, je laisse mon regard se poser sur le corbeau qui finit par s'envoler. Un soupir m'échappe et pour la deuxième fois de la journée, je vérifie que mes affaires de voyage.

Quelques jours plus tard, entouré de quelques gardes, sur mon cheval, je jette un dernier regard à la forteresse qui m'a vu naître. J'observe une dernière fois les lourdes pierres noires recouvertes de neige, écoutant le bruit du vent dans les sapins aux épines bleutées tandis que mes doigts jouent nerveusement avec l'amulette que je porte autour du cou. Mes parents m'observent du parvis, m'adressant des sourires qui ne font que faire ressortir la douleur qu'ils ressentent à me voir partir. Moi, leur fils… Leur James. Le petit dernier de la portée… Mon cheval soupire lourdement, expulsant de ses naseaux de lourdes volutes de buées.

"Il est temps de partir. La route est longue jusqu'à Castlecerf. Et j'aimerais que nous ayons quitté la forêt avant la fin de la nuit. Allons-y."

Non. Pas encore. Pas tout de suite. Je… Une boule se forme dans ma gorge alors que mon "escorte" commence à se mettre en mouvement, m'arrachant autant à mes parents qu'à mon pays, mes traditions et ma culture. Les dents serrés et dévoré par une certaine colère, je jette un dernier regard à mes parents avant de fixer d'un oeil vide la forêt dans laquelle nous nous enfonçons. Bien rapidement je n'entends plus rien à part le cliquetis des armures, le bruit de la neige qui craque sous les sabots de nos chevaux et le chant de la nature autour de nous. Nombreux murmures qui semblent nous suivre… Je lève les yeux vers le ciel et regarde les feuilles frémir sous les caresses du vent frais de ce début d'hiver. Au loin, entre deux branchages, j'aperçois un des totems servant d'autels pour remercier les esprits protecteurs de la forêt… Je murmure une légère prière en guise d'excuse.

"Accordez-nous protection, nous qui entrons dans votre domaine."

Mes doigts se referment un peu plus sur la bride alors que le reste de la journée se passe dans un silence qui est presque dérangeant. Il nous faut quinze jours pour finalement arriver à Castlecerf. Quinze jours où les hommes qui m'escortent me regardent comme si j'étais un sauvage. Ils me parlent à peine et quand c'est le cas, c'est simplement pour soulever très grossièrement que mes pratiques sont barbares. Soit… Mais de nous tous, je suis le seul qui grelotte pas le soir dans ses vêtements. Alors oui, mon pourpoint de cuir semble grossier et ma cape de laine a une odeur de fauve… Mais moi au moins, je sens encore mes orteils la nuit. Seulement au fil de notre descente, j'en viens à regretter mes lourds vêtements… L'air se fait plus doux et les forêts moins denses… La terre humide et tendre remplace la neige épaisse et dur… Les pins disparaissent pour laisser place à des arbres aux feuilles de toutes les couleurs et à la place des torrents furieux et violents… Ici il n'y a que des ruisseaux paresseux… Tout semble plus calme ici… Au point que le chant même de la forêt est différent… Ici tout n'est qu'un murmure que l'on étouffe… Comme si ici la nature avait peur qu'on l'entende. Assis sur mon cheval j'écoute ce que la forêt accepte de me raconter. Je viens chercher mon amulette du bout des doigts, caressant doucement l'os et les plumes qui la composent.

"Je sais que vous veillez sur moi… Quelque part…"

Du moins je l'espère.

Au bout de quinze jours, la silhouette de l'immense château de Castlecerf se dessine enfin sous mes yeux et je dois avouer en avoir le souffle coupé. C'est si différent de chez nous. Aucune muraille ou tour de garde immense… Juste des jardins à perte de vue, des fontaines… Pas de pierre noire mais des façades aux couleurs d'une douceur qu'on aimerait presque découvrir du bout des doigts.

"Nous y voilà… Ça te change de votre forteresse de solitude, pas vrai ?"

Il se permet un rire et je serre les dents.

"Nous au moins nous pourrions survivre à un siège…
- Nous personne n'a l'envie ou le courage de nous attaquer."

Que vous croyez. Nous quittons la forêt et c'est au milieu de grand champs à ciel ouvert que nous évoluons, et une multitude d'odeurs nouvelles me parviennent. Fasciné j'observe l'herbe grasse ou le blé s'étendre à perte de vue, rêvant d'aller m'y promener, laissant mes doigts effleurer ces océans de couleurs. Nous passons au travers de jardin et finalement… Nous y arrivons. Je passe les grandes portes, me retrouvant dans une cour où galope enfants de mon âge dans des tenues légère, des poules qui picorent les miettes et des chats qui chassent souris et rats. L'agitation, le bruit me rendent presque nerveux alors que je lève le menton, me montrant fier face aux quelques regards qui se posent sur ma personne. Un enfant du Nord, un sauvageon. Certains se murmurent ça sans ma quitter des yeux, détaillant autant mes vêtements que mes cheveux longs. Notre cortège finit par atteindre la cour et je descends de cheval, gardant la bride en main alors que je suis complètement perdu. Qu'est-ce qu'ils vont faire de moi ? Qu'est-ce que je dois faire ? J'en sais rien, et je n'aime pas ça.

"James ?"

Je lève les yeux vers le colosse qui me fait fasse, me collant d'instinct un peu plus à mon cheval. L'homme est géant à la barbe broussailleuse qui le temps d'un instant me fait penser à ces monstres qui arpentent les montagnes en quête de voyageurs à dévorer les voyageurs égarés. Puis je croise son regard et me détends quelque peu quand je vois le léger sourire que je parviens à lire sur ses lèvres.

"Je suis Burrich, le maître écuyer. Je suis chargé de m'occuper de toi à partir de maintenant… Tu as fais bon voyage ?
- Long mais tranquille…
- Je me doute. Ne t'inquiètes pas, tu auras la journée pour te reposer. Ton entrainement ne commencera que demain… Allez, viens, je vais te présenter à ton nouveau camarade."

Il pose une main énorme sur l'une de mes épaules, avant de me faire signe de le suivre. Chose que je fais, mon cheval sur les talons. Il me fait traverser une partie de la cour terriblement bruyante, m'amenant jusqu'aux écuries. Restant quelque peu derrière lui, je mets quelques instants à découvrir son interlocuteur qui semble être un enfant de mon âge… Steven. Je m'approche presque timidement sous les ordres du Maître écuyer et découvre alors Steven. Et… Et je reste idiot face à lui. Face à ses boucles blondes qui me donnent l'impression de regarder le soleil au travers des branches d'un arbre, de son teint halé qui me donne envie de caresser sa peau, juste pour vérifier si elle est aussi chaude que du sable réchauffé par le soleil et de ses yeux d'un bleu plus sombre que les miens me rappelant la couleur d'un lac dont on ne voit pas le fond. Pendant quelques secondes, nous restons là, à nous découvrir, à nous observer à se demander ce que ce serait de glisser ses doigts dans la chevelure de l'autre ou de toucher sa peau. Je finis par offrir à Steven un léger sourire, malgré l'épuisement du voyage et la fatigue dû  la chaleur ambiante. Le maître écuyer, visiblement satisfait de notre premier échange, donne une grande dans le dos de Steven, chose qui m'arrache un sourire quand je le vois chanceler, presque surpris par la force de l'homme. Je lève les yeux vers le géant et lui souris à mon tour alors qu'il nous laisse. Un valet vient s'occuper de mon cheval, défaisant les sacoches qu'il me tend. Steven en récupère quelqu'uns. Un sourire répond au sien alors qu'il me fait signe de le suivre, m'attrapant par la main pour m'entraîner dans la cour grouillante de monde. Je me laisse promener en silence, laissant mon regard se perdre sur chaque mur, chaque fenêtre, chaque personne que je croise, presque fasciné par cette agitation si différente, par ces personnes aux vêtements qui me semblent si étranges… On s'engouffre dans le château et je reste muet face à la décoration si coloré, si lumineuse de l'intérieur.  Ici pas de lourdes tapisseries sombres ou de trophées de chasses qui se succèdent… Juste des fenêtres immenses qui laissent le soleil venir caresser le carrelage fait d'une pierre délicate, qui par moment son remplacé par des peintures d'une finesse qui me donne envie de toucher du bout des doigts la peinture. Comme une poupée de chiffon je me laisse entraîner dans les dédales, suivant Steven sans rien dire, serrant simplement un peu plus sa main dans la mienne, comme si j'avais peur qu'il m'abandonne.

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Ven 13 Nov - 21:45
A Knight's Tale
J'ai un grand sourire quand je l'emmène loin des écuries, parce que je me dis que maintenant je serai plus le petit dernier, le petit nouveau. Celui à qui Clint et Thor demandent toujours de ramener quelque chose qu'ils ont oublié, ou celui qui doit servir de cible quand ils s'entraînent à la joute. Ou encore tenir le mannequin qui tourne sur lequel ils s'entraînent. Surtout qu'il est dangereux, il faut à chaque fois que je fasse bien attention pour pas être blessé parce qu'ils tapent comme des brutes dessus et que si je me baisse trop tard, le sac de sable me frappe et ça fait un mal de chien. Je devais faire ça parce que j'étais un bleu, et maintenant que je le suis plus, ils vont moins m'embêter. Et puis bon, je suis aussi content d'avoir quelqu'un de mon âge. Clint a deux étés de plus que moi et Thor trois. Eux ils s'entendent comme des frères et je les aime bien, mais ils s'intéressent pas aux mêmes choses que moi et ils ont passé l'âge où ils aiment jouer...

Je garde sa main dans la mienne et je me rends compte, presque déçu, qu'elle est chaude. Et pas comme la glace que j'imaginais. Enfin c'est le premier homme du Nord que je rencontre alors c'est normal de pas tout savoir... Je nous fait entrer dans le chateau, et des domestiques ronchonnent alors qu'on glisse entre leurs jambes, et que je les percute un peu avec les fontes de James que je porte sur l'épaule. Je l'entraîne dans l'escalier en colimaçon qui grimpe et enfin au troisième étage je pousse une première porte en bois qui mène à un couloir.

Ici ce sont les chambres des apprentis, comme nous. Clint et Thor ont leur propre chambre parce qu'ils sont plus grands. Normalement quand on a quinze étés on a le droit d'avoir sa chambre. Il y a aussi Matthew le fils du seigneur de Riverdale, mais il est aveugle alors on ne fait pas tout ensemble. Il reste surtout avec la princesse Tasha, et on prend nos cours de harpe ensemble... Mais il est gentil!

Le couloir est simple, quelques torches éteintes fixées au mur de pierre, un ou deux étendards et deux coffres où on range des couvertures et d'autres choses. J'ouvre la deuxième porte et je le fais entrer dans ma chambre, qui va être la nôtre. Elle n'est pas très grande, mais je n'y suis pas beaucoup. Juste pour dormir, et parfois quand Burrich est occupé à préparer une chasse, et qu'il fait trop mauvais pour rester dehors. Alors je lis ou je dessine. Il y a deux lits simples, une cheminée, et les murs en pierre sont recouverts avec une tapisserie un peu vieille qui a quelques trous de mite. Les plus belles sont dans la salle des fêtes et dans la chambre du roi, pas dans nos chambres à nous. On a dû nous mettre les vieilleries qu'on voulait plus. Mais bon je m'en fiche, le plus important c'est que ça évite aux chambres d'être trop froides l'hiver. Il y a aussi une table avec deux chaises. Ma harpe de voyage est posée sur la table, comme ma toupie, et des billes de verre aussi. Tous mes trésors...enfin en partie. Il y a d'autres babioles sur le rebord de la cheminée en pierre. Je pose ses sacoches sur le gros coffre de bois au pied de l'autre lit.

Je te laisserai un peu de place promis. Juste que j'étais seul ici depuis que je suis arrivé... Le coffre là c'est le tien. Il est vide. Tu pourras ranger tes affaires. Tu veux pas ôter ta cape et tes vêtements? Ils sont épais et tu dois avoir chaud non?

Je le regarde enlever ses vêtements, et il reste en pantalon et en tunique, tout simplement. Je ris en reprenant sa main et je l'entraîne tout au bout du couloir. Elle est toute petite et nue, à part un grand baquet de bois, une cuve sous laquelle est allumé un petit feu, avec deux seaux en bois posés devant.

Si... si tu veux prendre un bain tu prends de l'eau chaude dans la cuve avec ton seau et tu remplis la baignoire... Si tu veux de l'eau froide il y a la pompe juste là. Tu trouveras du savon et une brosse sur la table à côté. Je peux te laisser et t'attendre dans la chambre, c'est comme tu veux.

Je me rappelle encore mon arrivée. C'était un jour de pluie et j'ai passé le pont-levis encadré par les deux membres de mon escorte, et suivi par le cheval qui portait mes affaires. Ma fidèle Suie a pressé le pas quand elle a senti l'odeur d'autres chevaux, et comme pour James, on s'est arrêtés dans la cour, devant l'écurie, et c'est Burrich qui m'a accueilli. Sauf que c'est Clint qu'il a envoyé pour me montrer ma chambre, les cuisines et le chateau... Je me rappelle de la première fois où je suis entré dans cette salle d'eau et où j'ai eu l'impression d'être chez des paysans parce que chez nous c'était tellement différent... Et puis il m'avait mis une écuelle de soupe entre les mains et m'avait dit que ça allait bien se passer et que j'apprendrai vite à être un vrai chevalier. Il m'a un peu fait visiter, et puis il est allé retrouver son copain Clint. Je me rappelle encore d'avoir passé un long moment sur les remparts, à tenter de voir la maison de là où j'étais, la pluie cachant mes larmes. Ca remonte à deux mois et pourtant j'ai l'impression que ça fait des étés et des étés...

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Jeu 17 Déc - 11:43

Steve & James
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C'est bizarre mais je m'attendais à ce que sa main soit bien plus chaude que la mienne… Et dans les faits, c'est la sienne qui est fraîche. Chose qui est étrange… Mais normal vu la couche de vêtements et de fourrures que je porte actuellement. Le nez en l'air, je regarde, observe et découvre le château dans lequel il me perds au détour des couloirs et des domestiques qui râlent parce que Steven ou moi leur rentrons dedans par inadvertance, chargés de mes affaires. Subjugué par les peintures, les tentures, je grimpe les escaliers, me rendant compte qu'au fil des marches… Je suis dans un comté que je ne connais pas, au milieu d'inconnus qui ne savent pas qui je suis et qui n'en ont rien à faire. Pour tout le monde je ne suis que le nouveau pupilles du roi Anthony… Le dernier fils du Seigneur du Nord que l'on retient ici pour maintenir une certaine paix entre les différents comtés. Et au milieu de toute ces réflexions, je me rends compte que la seule personne qui sera à mes côtés, ce sera lui. J'observe ses cheveux blonds et alors qu'il pousse une lourde porte en bois, me dévoilant une chambre certes austère mais dont les quelques objets qui y trainent me font sourire. Je regarde la harpe qui est sur la table et le reste de ses affaires, me disant que bon… Ça va sûrement être bien d'être avec lui. Ça doit l'être. Mon regard se pose sur les vieilles tapisseries aux couleurs défraîchis alors qu'il me parle de personnes que je ne connais même pas. Puis du fait que nous aurons notre propre chambre avec nos quinze printemps… Idée qui m'étourdis presque. Parce que… Je pensais que je resterais quelques années, mais… Pas si longtemps. Une certaine angoisse dévore à nouveau mes entrailles alors que je me dis que… Que je ne pourrais peut-être jamais revoir mes parents ou les montagnes qui m'ont vus grandir…. Peut-être que je ne pourrais jamais retourner sur la terre de mes dieux. Peut-être que je ne pourrais jamais devenir un homme du Nord, un vrai… L'idée me fait peur. Parce que j'ai l'impression qu'on me vole à mes traditions, à ce que je suis. Le regard dans le vide je ne fais que m'angoisser à propos de ça, ne revenant à moi que lorsque Steve pose mes affaires sur un gros coffre, me disant avec un sourire qu'il me fera de la place pour qu'on puisse être bien tout les deux dans cette chambre. Puis avec un léger sourire, il me dit que bon, si j'ai envie de me débarrasser des quelques épaisseurs que j'ai sur le dos, rien ne m'en empêche. Presque gêné je baisse les yeux, marmonnant doucement.

"Oui… C'est vrai que… J'ai chaud…"


Je me bats un peu avec les différentes ouches de vêtements que je porte, défaisant d'abord ma lourde cape puis mes différents pourpoints qui, une fois retirés termine sur ce qui va être mon lit. Finalement, je ne me retrouve qu'avec mon pantalon et ma tunique, sentant malgré les gouttes salées qui coulent dans mon dos, un léger frisson qui court sur ma peau. Je baisse un peu plus les yeux, ne me sentant pas à ma place. Je ne croise pas son regard et pourtant, j'ai l'impression qu'il se moque. Il doit me trouver bien étrange, presque autant que moi… Je veux dire, nous sommes si différents et pourtant nous allons devoir vivre tout les deux, grandir ensemble… Il a un léger rire et je suis presque surpris quand sa main vient chercher à nouveau la mienne et sans trop comprendre il m'entraîne jusqu'au bout du couloir, dévoilant à mon regard une petite salle de bain tout ce qui a plus de plus simple. Mon regard revient se perdre dans le sien, tout aussi bleu que le mien.

"J'ai pas vraiment envie d'être tout seul…"

Ma main quitte la sienne et lentement, je commence à remplir le grand baquet d'eau chaude, avant de me débarrasser de mes vêtements, me glissant dans celui-ci. Je pousse un soupir et attrape le savon, commençant à me laver alors que timidement je lui glisse un regard. J'aimerais lui demander d'où il vient pour avoir la peau de cette couleur aussi chaude, pour avoir des cheveux dans lesquels on a envie de glisser ses doigts. L'eau roule sur ma peau et moi j'aimerais laisser mes doigts caresser sa peau, voir si elle a la couleur de ces épices poudreuses qu'on trouve parfois chez nous. J'ai envie de savoir si il a le goût de la cannelle ou du safran. Je secoue la tête, remuant mes mèches sombres et les plumes sombres, dont une tombe paresseusement à la surface de l'eau. Je la ramasse et du bout des doigts, la tends à Steve.

"Tu veux bien la garder ? Le temps que je termine ? J'ai pas envie de l'abîmer."


J'attends qu'il accepte de la garder, lui glissant un léger sourire avant de recommencer à décrasser ma peau, passant l'épaisse éponge dans ma nuque.

"Et toi… Tu… Tu es là depuis longtemps… Ton comté ne te manque pas trop ?"

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Ven 18 Déc - 11:16
A Knight's Tale
Je me rappelle encore les deux ou trois jours de route pour arriver jusqu’à Castlecerf. Petit à petit on s’éloignait du domaine de ma mère. J’ai d’abord vu les murs disparaître, puis le toit des tourelles à travers les arbres. Et puis on a traversé la ville de Ravenwood, le plus gros bourg. De là les deux escortes m’ont emmené jusqu’à un bateau qui allait descendre le fleuve jusqu’à Castlecerf. Pendant des heures j’ai vu le paysage changer, et petit à petit je me rendais compte que je quittais les endroits où j’allais quasiment tous les jours, pour des endroits où je n’étais allé qu’une fois ou deux, et qu’on passait enfin dans des endroits où je n’étais jamais allé du tout. Jusqu’au moment où on m’a annoncé qu’on avait quitté mon duché. C’était fini, je n’étais vraiment plus à la maison : ni au château, ni sur mes terres. Et ça m’a fait bizarre, parce qu’à partir de maintenant, tout ce que j’allais découvrir était l’inconnu.

Le petit navire a descendu paresseusement le fleuve tranquille pendant deux jours, jusqu’à arriver au port. De loin j’avais déjà aperçu les murailles de la ville, beaucoup plus massives et lourdes que celles de notre château, Joyeuse Garde. Il me faisait presque peur, et je devais lever les yeux bien haut pour arriver à voir le sommet des tours et des fortifications… On a pris d’autres chevaux, et quelques dizaines de minutes à peine plus tard, on est arrivés dans la cour du château. En passant à travers les rues de Castlecerf, j’étais de plus en plus étonné. Les vêtements étaient plus simples et moins travaillés que chez nous. Les étoffes moins précieuses. Et c’était loin d’être aussi propre et beau. Là des cochons se vautraient dans la boue en plein milieu de la rue. Jamais ça n’aurait été toléré à Ravenwood… les rues chez nous devaient être balayées chaque jour, et les animaux ne devaient pas divaguer. Si on en attrapait un à errer librement, il était confisqué, ce qui rendait les propriétaires beaucoup plus attentifs…

Comme pour Buck, c’est Burrich qui m’a accueilli. Sa taille immense et ses cheveux noirs, ainsi que sa barbe m’ont fait peur au début. Mais il était gentil. Un peu rustre mais gentil. Et j’ai vite compris qu’il n’en avait rien à faire que j’étais fils de seigneur ou non. Maintenant j’étais sous ses ordres et c’était tout ce qui comptait. C’est Clint qui avait été appelé pour me montrer ma chambre, sauf qu’il a juste pris mes fontes, m’a dit de le suivre d’un signe du menton accompagné d’un « Allez, suis-moi moineau » et c’est à peu près tout. On a un peu discuté sur le chemin, il m’a fait manger, et il m’a rapidement montré les différents endroits.

Mais il allait tellement vite que j’avais peur de ne pas tout retenir. Et puis il m’a laissé tout seul dans ma chambre. Elle était beaucoup moins jolie que la mienne, où j’avais un balcon qui donnait sur le jardin, et une grande volière avec des perruches. J’avais même appris à certaines les airs que je jouais à la harpe et elles m’accompagnaient parfois. Là… là j’avais juste une table en bois grossier, deux chaises, un coffre et un petit lit. Le cœur gros j’ai commencé à sortir mes affaires et quand j’ai senti que je commençais à pleurer, j’étais monté me cacher sur les remparts.

Sauf que maintenant c’est à moi de m’occuper de James, et je me dis que je vais mieux m’occuper de lui que Clint s’est occupé de moi. J’aime bien Clint, mais c’est un grand et il a des problèmes de grand. Comme courir après les servantes et passer des heures à espionner Natasha quand elle va se promener à cheval ou qu’elle brode dans le jardin avec ses dames de compagnie. Une fois je l’ai même vu revenir tout griffé parce que cet idiot était tombé de l’arbre sur lequel il s’était perché et il était tombé dans des ronces.

Je lui montre notre chambre, puis la salle de bains, et je lui tiens toujours la main, parce que pour moi c’est comme ça qu’on montre à quelqu’un qu’on veut pas le lâcher et qu’on continue à veiller sur lui. Le pauvre, il est tout perdu, mais moi aussi je l’étais. Et bien vite il se débrouillera tout seul, comme nous tous. Je lui conseille déjà d’enlever toutes ses couches de vêtements, et je me mets à rire de plus en plus fort quand je vois toutes les couches qui commencent à faire un tas par terre à côté de lui.

Eh mais tu as décidé de te transformer en oignon ? J’ai jamais vu autant de vêtements sur une seule personne !

Je sens qu’il est pas bien, qu’il a peur… Et je me dis qu’un bon bain, après ces longs jours de voyage, ça va lui faire du bien. Alors je lui prends de nouveau la main et l’emmène à la petite salle de bains des apprentis. On est loin de celles du roi, de la reine ou des gens de la cour… mais bon. Au moins on peut se laver sans avoir besoin de se tremper dans un abreuvoir ou un tonneau… Je lui explique comment ça marche et je lui demande ensuite s’il veut que je le laisse tout seul. Il hésite et d’une petite voix il me dit qu’il aimerait bien que je reste. Je ris doucement et le prends dans mes bras, posant mon menton sur son épaule.

Il faut pas avoir peur tu sais… C’est normal de pleurer parce que la maison nous manque et promis je rigolerai pas. Moi aussi j’ai pleuré pendant des jours, mais je me cachais, parce que sinon Clint et Thor allaient se moquer de moi. Moi je veux pas que tu te caches parce que c’est important de pas être seul quand on est malheureux. On est amis et c’est ça que font les amis !

Il commence à remplir la baignoire et je l’aide, on mélange rapidement eau chaude et eau froide. Je me déshabille ensuite et me glisse dans l’eau avec lui, m’asseyant en tailleur dans le baquet, de l’eau jusqu’au menton. Je l’observe, et dans l’eau ses cheveux lisses flottent comme si c’était de l’encre. Comme quand frère Anselme me fait faire des lignes d’écriture.
Ses cheveux d’encre avec une peau si blanche… Je sors de mes pensées quand il me tend une de ses plumes et je la prends entre mes doigts, la faisant tourner doucement.

C’est pas un oiseau que je connais… Il vient de chez toi ? Comment il s’appelle ?

Je me penche un peu pour poser la plume sur le tabouret en bois, et j’en profite pour attraper une brosse et un pain de savon. Je commence à me frotter et me laisse glisser une seconde pour mettre la tête sous l’eau, avant d’en cracher un peu, quand je l’entends.

Oh… ça fait trois lunes que je suis là. Et c’était dur, au début. Ma maman me manque beaucoup, et comme elle est souvent malade, ça m’inquiète de pas être près d’elle. Surtout qu’ici les choses qu’on m’apprend sont plus dures. A la maison j’avais des cours de harpe, de chant, de musique, de danse, et un peu d’équitation. Là je dois savoir me battre, tirer à l’arc, manier l’épée… ça fait beaucoup… Mais Burrich est gentil et puis… ça va aller mieux. Maintenant je suis aussi content d’être ici. On fait plein de choses et puis si je continue comme ça, Burrich m’a dit que je deviendrai un très bon chevalier. Tu veux aussi être un chevalier toi ?

Je me baisse de nouveau un peu pour prendre de l’eau dans ma bouche, et je la lui crache au visage dans un long jet avant d’éclater de rire quand ma bouche est vide.

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Sam 19 Déc - 20:58

Steve & James
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Il est si différent de ce qu'on a pu me raconter sur les hommes du Sud. Il n'a rien d'un homme arrogant ou froid… Il a cette chaleur, cette envie de bien faire que nous avons. Il me prend dans ses bras comme si j'étais son frère, il me rassure comme si nous étions déjà amis de longue date. Il se confie à moi comme si j'étais celui avec qui il faisait ça depuis des années. Au milieu des reflets de l'eau dans laquelle nous nous trouvons, je croise son regard, me perdant dans ces deux lacs profonds que sont ses yeux, alors qu'il me demande de quel animal vient cette plume sombre. Je fronce doucement les sourcils, serrant l'éponge entre mes doigts avant de lui répondre.

"C'est celle d'un Grand-Duc… C'est un rapace de chez nous… Ils chassent la nuit, c'est pour cela que leurs plumes sont si foncées… Pour qu'ils se cachent avec l'obscurité…"


Dans nos vieilles légendes, on raconte que ses oiseaux sont les enfants de la Lune, que comme elle, ils se drapent de la nuit. Les plumes pareilles à l'encre du ciel et les yeux tels les étoiles qui constellent celui-ci. Des oiseaux au vol plus silencieux que les murmures de la nuit… Je repense aux histoires de notre vieille enchanteresses, aux contes, aux légendes qu'elle nous racontait lors des fêtes ou des rituels… Mon regard se perd sur cette plume sombre et là, j'ai presque envie de pleurer. Parce que je prends subitement conscience que j'ai tout quitté il y a quinze jours. Et qu'aujourd'hui, je n'ai plus que lui, Steven, lui qui prend son bain avec moi et qui m'explique que si j'en ai besoin, j'aurais toujours son épaule pour pleurer. Parce qu'il faut qu'on soit là l'un pour l'autre… Comme des amis, comme des frères. Comme deux enfants qu'on a arrachés à leurs foyers, à leurs racines… Une boule se forme dans ma gorge mais fièrement je la ravale. Non. Pas maintenant, peut-être tout à l'heure, quand nous serons seuls dans notre chambre et que là j'aurais besoin d'un frère pour me rassurer… Mais là, je ne veux pas y penser, je veux me montrer fort face à lui, je veux le comprendre avant de lui offrir la moindre de mes failles. Il crache un peu d'eau avant daigner répondre à ma question, m'avouant qu'il est là depuis bien longtemps et que ça ne l'aide pas à se rassurer à propos de sa mère souffrante. Je baisse les yeux et m'apprête à lui offrir quelques excuses qu'il reprend, m'expliquant un peu plus en détail ce en quoi consiste notre entrainement ici. Et je dois avouer que je ne peux retenir un haussement de sourcil surpris. Chez lui il avait des cours de chant, de musique… Et de harpe ? Mais… C'est un… Enfin… C'est un garçon. Il devrait s'entraîner avec ses frères à tirer des flèches dans des courges ou à grimper avec eux dans des arbres pour imiter le chant des rapaces… Mais faire de la musique ? C'est une activité pour les filles… C'est ce qu'elles font pendant que nous, nous allons courir dans les bois, chassant lièvres et autres proies… Il est si étrange. Plus je l'entends parler, plus je le regarde, plus je me rends compte à quel point il est différent de moi… Et ça me fascine. L'envie de le toucher me tiraille de plus en plus… J'ai envie de caresser sa peau, de glisser mes doigts dans ses cheveux, juste pour être sûr qu'il n'est pas un rêve ou un de ses esprits capables de se matérialiser dans notre monde. Mais tout ce que j'ai pour me prouver qu'il est bien réel, c'est l'eau qu'il me crache au visage et son rire qui vient résonner à mes oreilles.

"Eh !"

Je souris doucement m'essuyant le visage d'un revers de la main, me permettant de lui envoyer une gerbe d'eau en retour. Un léger rire m'échappe alors que je croise son regard. Devenir chevalier… Qui n'aimerait pas l'être ? Servir son comté, son seigneur, sa terre… Être un de ses héros dont les légendes parlent… Ceux qui affrontent créatures et sauvent de belles princesses. Je hausse vaguement une épaule, conservant un sourire légèrement timide.

"Bien sûr… J'ai promis à mes frères que je le deviendrais et que je serais même le plus valeureux de tout le Nord… Le plus fort, comme celui dont on parle dans nos légendes. Un qu'on dit capable de fendre le blizzard de son seul souffle… Et vous ? Comment sont vos chevaliers ? Peuvent-ils soulever des montagnes ? Dompter des dragons ? Ou… Ou tu veux simplement être un chevalier pour retourner auprès de ta mère ?"


Ce serait une raison tout aussi noble, que celle de vouloir être un chevalier pour protéger sa mère souffrante.

"Oh mais… Peut-être veux-tu être un de ses chevaliers guérisseurs ? Ceux qu'on dit capable de guérir du mal ?"


Eux sont différents. Ils n'appartiennent à aucun seigneur, aucun roi… On dit qu'ils n'appartiennent qu'aux dieux et qu'ils ne servent qu'eux. On les dit capable de pourfendre le mal et d'apporter la lumière. Certains disent que ce sont des élus, des demi-dieux… Je termine de me laver avant de me contenter de simplement barboter, jouant doucement avec mes cheveux qui flottent paresseusement dans l'eau encore chaude.

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Mer 23 Déc - 21:08
A Knight's Tale
C'est drôle, c'est la première fois que je prends mon bain avec quelqu'un. Enfin, avec quelqu'un qui est dans la baignoire avec moi. A la maison, quand mère allait bien, c'est elle qui supervisait mes ablutions, vérifiant que j'aie bien frotté derrière les oreilles et que je m'étais bien nettoyé sous les ongles. Quand elle était trop faible, c'était ma gouvernante ou une servante qui s'en chargeait. Mais je préférais avec mère. Elle me racontait parfois des histoires, ou me rapportait un petit bateau en bois, ou un dauphin pour que je puisse m'amuser. Elle me faisait aussi réciter mes leçons, mes poèmes ou chanter les morceaux que j'apprenais... Sauf qu'arrivé ici j'ai dû me débrouiller tout seul. Au début j'aimais bien, parce que personne ne m'obligeait à me laver, alors je préférais rester dans ma chambre, ou jouer dehors, mais au bout de quelques jours, en passant sous le nez de Burrich il m'a attrapé par l'oreille et il m'a dit qu'il ne faisait pas cours à des porcelets. Et sans comprendre ce qui se passait il m'avait déposé dans l'abreuvoir. Devant mon air outré il s'était contenté de rire.

Steven, sois content que je ne t'ai pas jeté dans la porcherie. Maintenant tu dois apprendre à être un homme, alors ça implique de venir propre et avec des vêtements frais tous les jours. Maintenant tu montes, tu vas te laver, tu te changes, et seulement tu auras le droit de te présenter à nouveau devant moi. Est-ce clair?

J'ai hoché la tête, tout penaud dans mon abreuvoir, avant de galoper jusqu'à cette salle de bains. Je me suis frotté des orteils aux oreilles, j'ai mis des vêtements propres et je suis revenu aux écuries. Burrich m'a examiné de haut en bas, impassible, avant de hocher la tête.

Voilà qui est mieux. J'ai retrouvé mon jeune apprenti. Maintenant va panser les chevaux.
Oui maître Burrich...


Depuis je me lave tous les jours, comme il me l'a dit. J'ai eu bien trop honte la dernière fois pour laisser ça recommencer... Je souris en contemplant sa plume avant de la poser au sec.

Là d'où je viens on chasse avec des rapaces, mais de jour. Des aigles, des milans, des gerfauts... Mais pas avec des chouettes ou des hiboux... Leur vol est si silencieux que ça?

On discute ensuite de mon arrivée ici, et mon sourire disparaît un peu quand je lui parle de mère. Je joue un peu avec de l'eau, les yeux baissés alors qu'il raconte que lui aussi veut devenir un chevalier. Et que c'est presque un défi qu'il s'est lancé avec ses frères.

J'aurais bien aimé avoir des frères et soeurs avec qui jouer... Mais malheureusement ma mère n'a eu que moi, avant que mon père meure à la guerre. Et elle aimait trop mon père pour avoir envie de se remarier... Et chez nous les chevaliers sont pareils à ceux dont tu parles. Ils peuvent chevaucher les dragons, parler aux éléments, et à toutes les créatures de la forêt. Et pour les paladins, ils peuvent étinceler comme le soleil pour tuer les créatures de l'obscurité! J'aimerais être l'un d'entre eux... un favori des dieux à qui ils donnent des pouvoirs... Et oui j'aimerais être un de ceux qui peuvent guérir. Pour aider mère, et ne plus jamais l'entendre tousser, ou la voir toute pâle et incapable de marcher pendant des jours... J'aimerais qu'elle soit toujours en bonne santé. Toujours. Et ne plus avoir peur pour elle... Je n'ai plus qu'elle alors...

Je me pince les lèvres et inspire profondément. Ne pleure pas Steve. Tu n'es plus un enfant maintenant, tu es un apprenti chevalier. Et les apprentis chevaliers ne pleurent pas parce que leur mère leur manque...

Par chance le roi Anthony me laisse lui écrire toutes les semaines. On utilise les bateaux marchands pour transmettre nos lettres. Ca me rassure d'avoir des ses nouvelles souvent. Je sais qu'elle va bien, elle me raconte ce qui se passe, chez moi...

J'ai retrouvé mon sourire mais c'est un rire qui s'échappe de mes lèvres quand j'entends l'estomac de James qui gronde. Le pauvre doit être affamé. Je me redresse et attrape un linge.

Viens, je vais t'emmener aux cuisines. Tu dois avoir faim. Et pour les vêtements, on ira en prendre après. En attendant je t'en donne des miens. Tous les jeunes pages ont des tenues identiques de toute façon...

Je m'enroule dans le tissu un peu rêche et me sèche rapidement, avant de me frotter les cheveux. Je noue juste le tissu autour de ma taille, et j'attends que James soit prêt aussi pour retourner dans notre chambre. J'ouvre mon coffre, lui sort une tunique et un pantalon en lin beige, alors que j'enfile la même, et je l'emmène ensuite aux cuisines. Comme toujours il y a de l'agitation et ça court, ça crie, ça se bouscule. Deux femmes plument des faisans pendant qu'un des marmitons fait chauffer des amandes sur le feu, avec du miel, et ça sent divinement bon. On reste sur le pas de la porte, et bientôt Martha, la chef des cuisines, ronde comme un tonneau, s'approche.

Mais c'est le petit Steven! Qu'est-ce que tu veux moineau? Eh, mais tu as trouvé un nouveau galopin en route? Une chose est sûre, il n'est pas d'ici avec cette peau pâle et ces cheveux noirs...
Il s'appelle James madame Martha... c'est le fils des seigneurs du Nord.
Bien. James, ici c'est mon royaume. Chaparde et tes oreilles vont chauffer au rouge.


Je le regarde une seconde avant de me tourner à nouveau vers Martha.

Il a fait un long voyage et maître Burrich m'a dit de le faire manger. Vous auriez quelque chose pour lui?
Et pas pour toi?
Je...
Attendez. Thérésa! Verse deux bols de ragoût, prépare un bout de fromage, une miche de pain et quelques fruits sur un plateau pour les garnements que voici. Allez près du feu et ne gênez personne!


Je lui prends la main et l'emmène jusqu'à l'immense cheminée où rôtit un boeuf entier. Je m'assieds sur le banc de bois qui est tout proche, contre le mur, et remercie Thérésa quand elle nous donne notre ragoût.

Tiens mange, tu dois avoir rudement faim!

Je souris et lève le bol à mes lèvres, faisant descendre la viande avec un peu de pain.

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Sam 27 Fév - 15:43

Steve & James
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En quittant le château de mes parents, ma famille et la terre qui m'a vu naître, je n'avais qu'une peur : qu'ici on me traite comme un sauvage du Nord. Mère et Père m'ont toujours mis en garde de ce que pouvait dire à notre propose. Ils me disaient sans cesse qu'au Sud, on nous regardait comme des sauvages sans culture, rustres tout juste bon à piller et enlever des femmes. Les hommes du Sud nous regardent comme si nous n'étions que des animaux James… "Laisse les penser ce qu'ils veulent, la seule chose que tu dois combattre, c'est leur volonté de vouloir te civiliser. Tu l'es. Ce n'est pas parce que tu aimes d'autres dieux et parce que ta peau est comme la neige, que tu as besoin qu'ils te disent comment te vêtir et penser. Tu es un homme du Nord. Il n'y a que les blizzards de nos contrés qui peuvent te façonner mon fils." Voilà ce qu'il ne cessait de me répéter. Je ne suis pas comme eux, je ne le serais jamais et je n'aurais jamais l'être… Et même si ça pouvait me rassurer, j'ai peur qu'ils tentent quand même de me plier à leurs coutumes ou pire… Qu'ils me traitent comme un animal. Mais non… J'ai le droit d'être avec Steve, qui est plutôt gentil et tout aussi curieux que moi, et j'ai même le droit à une chambre et le droit de prendre des bains quand je le veux… Ce qui est bien. Je laisse l'eau réchauffer ma peau, écoutant Steve me parler des oiseaux qu'ils utilisent pour chasser.  Des oiseaux parfois plus gros ou plus petit mais dont le vol est moins silencieux que ceux que nous utilisons et qui face à la végétation dense de nos forêts auraient bien du mal à chasser… Je souris doucement à sa question, hochant vivement de la tête.

"On n'entend même pas un froissement d'aile… Rien. Le vent lui même semble assourdissant face à leur vol."

Je croise à nouveau son regard et pendant quelques minutes, nous parlons de son arrivée ici, des choses qui lui manquent et de ce qu'il fait concrètement au château. Et alors qu'il me parle des autres apprentis, mon esprit se perd dans la contemplation de sa peau légèrement halée, aux reflets semblables aux épices précieuses que nous ne trouvons pas sur nos terres. J'ai presque envie de le toucher, juste pour savoir si sa peau est aussi douce qu'elle en a l'air, mais je n'ose pas. Parce que si il est pour l'instant bien plus gentil que ce que je m'imaginais, je n'ai pas envie de me fâcher avec lui… J'ai un autre sourire quand il me parle des paladins et du fait qu'il souhaite en devenir un pour soigner sa mère, et quand je le vois baisser les yeux et pince les lèvres, je viens simplement poser ma main sur la sienne, comme un frère le ferait.

"C'est une noble cause… Vouloir être paladin pour sauver et protéger les siens… Tu n'as pas a avoir honte…"

Je lui offre un autre sourire, essayant de lui remonter le moral. Je sais que ça ne doit pas être facile pour lui non plus, contrairement à moi… Il est peut-être plus proche de chez lui que moi, mais lui n'a que sa mère là où moi j'ai encore mes deux parents et mes frères… Alors… C'est normal qu'il veuille absolument la protéger. Il semble se calmer et je retire ma main, continuant de frotter ma peau à l'aide d'une grosse éponge alors qu'il m'apprend qu'il écrit à sa mère régulièrement. Une bouffée d'espoir s'empare de moi et presque tout excité, je me jette presque sur lui pour lui demander si je peux faire la même chose.

"Vraiment ? Oh ! Tu penses que j'aurais aussi le droit de faire ça ?"

Je pourrais… Je pourrais dire à mes frères que tout va bien, rassurer ma mère et mon père…. Peut-être même leur demander de m'envoyer des vêtements ou de petites choses, histoire d'amener ici un peu de la maison. Sauf qu'avant qu'il n'ait le temps de me répondre, mon estomac commence à grogner et affreusement embarrassé, je baisse les yeux, rougissant quelque peu. Un rire lui échappe et alors qu'il quitte le bain pour se sécher, il me propose un repas que je ne me sens pas de refuser. Je termine rapidement de me laver, avant de sortir à mon tour, séchant rapidement ma peau avant de faire de même avec mes cheveux.

"Je dois avouer que je donnerais tout pour un bon repas chaud…. Et pour les vêtements, merci…"

Je tente de discipliner mes mèches de cheveux, enroulant à mon tour le linge rêche autour de mes hanches, reprenant mes plumes du bout des doigts. Et avec un sourire je le suis jusqu'à sa chambre, m'installant sur mon lit le temps qu'il m'offre une tenue en lin beige. Je le remercie avec un sourire et enfile tout ça, ajustant la tenue en sentant qu'elle me gratte légèrement. J'abandonne mes plumes de corbeau sur les draps et tout impatient à l'idée d'un bon repas, je le suis jusqu'aux cuisines. Et je me sens presque à la maison en y trouvant la même agitation, et le même brouhaha. La seule chose qui change vraiment ce sont les plats que l'on y prépare. Fasciné je regarde tout ça, frémissant simplement face à l'immense femme qui vient nous toiser d'un regard à la fois amusé et mauvais. Je fronce les sourcils quand elle commence à dire que je ne suis pas d'ici avant de croiser son regard quand elle me fait gentiment comprendre qu'ici c'est son royaume et qu'à la moindre infraction, j'aurais le droit à une bonne correction.

"Oui m'dame."

En bon garçon j'accepte de courber l'échine pour cette fois. Si elle savait. Si elle savait qu'avec mes frères, c'était notre passe-temps préféré d'aller piquer du pain ou des bouts de viande dans les cuisines du château. Elle a beau me mettre en garde de ne pas le faire, ça ne m'empêchera pas de le faire… De toute façon, elle ne m'attrapera pas. Donc, je ne risque pas le moindre problème. Un léger sourire malicieux se glisse sur mes lèvres alors qu'elle reporte son attention sur Steve. Et après une petite discussion, il arrive à nous obtenir un gros bol de ragoût, du fromage et du pain. J'attrape sa main avec plaisir et m'installe prêt du feu à ses côtés, remerciant la cuisinière quand elle nous offre les deux bols de ragoût. Je sens mes doigts se réchauffer face à la chaleur du bol en bois et salivant déjà rien qu'à l'odeur délicieuse qui semble s'échapper d'entre mes doigts. Je lui souris une dernière fois avant d'attaquer mon plat, mangeant comme si cela faisait des jours que je n'avais pas eu un morceau de pain entre les mains.

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Sam 26 Mar - 15:52
A Knight's Tale
C'est la première fois que je rencontre quelqu'un du Nord, et ça fait rudement bizarre. Chez nous, en tout cas dans mon comté, on racontait plein d'histoires sur le peuple des neiges. On disait que dans leur pays, on ne voyait jamais directement le soleil, et qu'il faisait soit nuit, soit de la neige, soit un jour gris et brumeux. On disait que les couches de neige pouvaient être plus hautes qu'un homme. Que la toison des chevaux et du bétail était plus épaisse que la main pour pouvoir survivre dans la neige. On disait qu'à chaque "printemps" quand la neige fondait, on trouvait des corps de gens qui s'étaient perdus pendant l'hiver, qui étaient morts de froid et recouverts par la neige. On disait qu'il y avait des hommes de glace qui pouvaient prendre vie les soirs de pleine lune. On disait aussi que les vrais gens du Nord avait de la glace dans les veines. Tout ça avait bercé mon imaginaire d'enfant, et du coup, me retrouver face à Buck dans la baignoire... je me serais presque attendu qu'il fonde. Que sa peau était de la neige et qu'il allait disparaître dans le bac d'eau chaude, ne laissant que des plumes qui allaient flotter à la surface.

Pourtant, à ce qu'il me dit, il n'est pas si différent. Et si ses cheveux sont sombres, lisses et longs, ou que sa peau est blanche comme du lait, lui aussi a une famille qui lui manque, lui aussi chasse. Il n'est pas un personnage d'histoire, mais juste un apprenti chevalier loin de chez lui, comme moi. Je souris en l'entendant parler des oiseaux qu'il utilise pour chasser et je me dis que j'aimerais bien aussi avoir une chouette ou un hibou pour partenaire de chasse. Savoir comment ça fait.

Tu crois que tu me montreras un jour?

Finalement on discute aussi de notre envie d'être chevaliers, et là aussi, on se ressemble pour plein de choses. Sauf que lui veut faire des exploits, moi je veux surtout pouvoir sauver ma mère. Et je relève doucement les yeux vers lui quand il me dit que c'est noble, et qu'il ne se moque pas de moi.

Tu es gentil... Tu as de la chance d'avoir de la famille, pouvoir faire ce genre des choses avec tes frères. Moi j'ai ma mère, sinon c'est avec l'intendant, le sénéchal, ou quelques valets quand ils ont le temps. Mais ils en ont pas toujours. Mais... tu crois qu'ici, enfin, maintenant que tu es là, tu voudrais jouer avec moi? Clint et Thor sont plus vieux, et ils me traitent comme un bébé. Du coup je n'ai pas vraiment beaucoup de monde avec qui m'amuser. Alors je serai vraiment content si... enfin si tu...Acceptes de jouer avec moi.

Je me gratte le crâne, un peu gêné, avant de baisser les yeux, et heureusement il me rassure. Puis on parle des nouvelles de la maison et il s'étonne quand je lui dis que j'ai le droit d'envoyer du courrier.

Bien sûr. Je demanderai à Maître Burrich demain, et il en touchera un mot au roi quand il le croisera. Je pense qu'il n'y aura aucun problème à ce que tu puisses continuer à avoir des nouvelles de ta famille, au contraire. Tu n'es pas prisonnier...

Finalement on quitte le bain et je lui prête de mes vêtements propres. On a la même taille alors c'est facile. On descend ensuite aux cuisines et je présente Buck à Martha, qui nous dit de nous installer avant de nous faire servir un bon repas. Je salive rien qu'à sentir la bonne odeur du ragoût qui flotte de nos bols de bois, et celle du pain encore chaud qu'on a tout juste sorti du four. Bon, je dois dire que j'ai déjeuné, donc j'ai à peine pris quelques bouchées que mon estomac est déjà plein. Et je regarde Buck en souriant. Lui on dirait qu'il n'a pas mangé depuis des semaines. Alors je lui tapote doucement sur l'épaule, et lui tends mon bol avec mon reste de pain.

Tiens, prends. J'ai plus faim de toute façon. Et toi, après ton long voyage, tu dois être affamé de toute façon!

Je lui souris, l'observant tout dévorer et pendant ce temps je ramasse les fruits que je glisse dans un sac de toile que j'attrape à un crochet sur le mur. Je prends aussi une gourde en peau et je me lève.

Tu as assez mangé? Allez viens, je vais te faire visiter tout le chateau! Tu vas voir c'est magnifique! Il y a plein d'endroits que je dois te montrer!

Je ris à nouveau et le prends par la main, l'entraînant hors des cuisines bondées. Pendant une bonne partie de l'après-midi je le guide le long des chemins de rondes, des potagers, des vergers, des écuries, de la fauconnerie, je lui montre la blanchisserie, le four, le moulin, tout ce qui fait le chateau. Puis je l'emmène à nouveau dans notre chambre. Je ferme soigneusement la porte pour qu'on nous dérange pas et j'ouvre la fenêtre, la bloquant avec la petite cale en bois que j'ai sculptée.

Et maintenant, l'endroit que je préfère de tout le chateau! J'espère que tu as pas le vertige!

Je ris doucement quand je vois sa mine surprise, et je commence à sortir par la fenêtre. Une fois là, je me mets debout sur le petit rebord, fais demi-tour et commence à escalader la muraille grâce aux pignons. En quelques efforts je me hisse sur le toit légèrement pentu et recouvert de tuiles plates, y déposant le sac qui contient nos maigres provisions. Je l'aide à me rejoindre et lui montre tout ce qui nous entoure. La rivière scintille dans le soleil de cette fin d'après-midi et on peut voir toute la région à des lieues à la ronde. Les pâturages gras, les champs de blé ou d'orge, quelques hameaux ça et là. La vue est à couper le souffle ,et je le laisse en profiter quelques minutes avant de croquer dans une pomme.

Alors... c'est chouette hein? J'aime bien dire que c'est mon toit. Juste à moi. Enfin maintenant c'est notre toit à tous les deux. J'aime bien venir ici pour... je sais pas, être juste seul, et pas qu'on m'embête.

Je bois de longues gorgées d'eau avant de m'allonger sur les tuiles en soupirant.

Quand j'ai le temps j'aime bien venir ici pour regarder les nuages. Ou le soir, et c'est les étoiles qui sont là...

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Jeu 31 Mar - 15:09

Steve & James
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Le ragoût est chaud, et étrangement plus épicé que celui que je pouvais manger au château chez mes parents. Je plisse doucement le nez, amusé en sentant cette brûlure peu familière sur ma langue. Je prends le temps d'avaler ma première bouchée avant de croquer dans le morceau de pain, sentant que la mie encore chaude et la croûte dorée font taire le léger feu qui réchauffait déjà mon palais et le reste de mon être. Puis j'enfourne une autre cuillerée de ragoût, me fichant bien de l'image que je peux renvoyer. Je n'ai pas mangé autre chose que des rations depuis deux bonnes semaines, alors avoir un vrai repas chaud entre les doigts… J'ai surtout peur que quelqu'un vienne me retirer l'écuelle des doigts, en disant que ça suffit pour l'instant. Je mâche rapidement, appréciant plus la consistance que la saveur du plat. Je sens le regard de Steve sur ma personne mais ça ne m'empêche pas de croquer dans mon morceau de pain avec envie. Les secondes passent et alors que mon bol se vide rapidement, lui semble à peine y toucher, allant même jusqu'à tapoter mon épaule, attirant mon attention pour simplement me proposer ses restes, prétextant que lui en a assez et que moi j'ai peut-être besoin de plus. Le temps d'une seconde, j'hésite avant d'attraper ses restes, les dévorants tout aussi rapidement. Et après m'être léché les lèvres et essuyé le coin de celles-ci d'un revers de la main, je repose les bols sur le coin d'une table, souriant à Steve qui me propose de faire le tour du château.

"Montre-moi la voie, je te suis !"

Je laisse nos doigts s'entremêler, et nos mains s'unir. C'est dingue comme ça semble simple avec lui. Il a beau être du Sud, j'ai presque l'impression d'avoir trouvé un autre frère. Quelqu'un qui veut simplement passer du temps avec moi et crapahuter sur les remparts du château, ou à chevaucher dans la forêt sauvage… Peut-être que lui aussi voudra aller chasser avec moi, grimper aux arbres et admirer le vol des oiseaux, perchés dans un arbre, à grignoter un morceau de viande séché ou un morceau de fruit. Et alors que je le suis au travers de la découverte de ce qui sera mon nouveau foyer pour les prochaines années, je me dis qu'avec lui… Ça sera peut-être plus supportable que ce que je pensais. Il est certes un enfant du Sud… Mais il n'est pas encore emplis des préjugés que les autres ont sur nous. Avec lui je n'aurais pas à me battre pour faire entendre ma voix, lui respectera peut-être mes coutumes et le reste… Steve veut déjà que je lui montre comment chasser avec un hibou… À ses côtés je découvre le domaine, m'extasiant devant les vergers aux fruits dont certains me sont inconnus ou sur les faucons aux plumages sublimes. J'en caresse les plumes du bout des doigts avant de poursuivre notre visite, notant déjà tout ce que j'aurais envie d'écrire à ma mère ou à mes frères… J'ai déjà sur le bout de la langue toutes les différences et autres comparaisons que je pourrais coucher sur le papier pour eux. Je pourrais leur parler des oiseaux, de la nature et même des gens, leurs avouant que la neige et nos montagnes me manquent autant qu'eux. Et alors que je suis perdu dans mes pensées, nous finissons par revenir dans notre chambre. Il referme la porte derrière nous puis ouvre la fenêtre en grand et la cale, me faisant ensuite signe de le suivre. J'hausse un sourcil avant de sourire, me glissant à mon tour à l'extérieur, prenant le temps d'observer par où il grimpe. Et lentement, avec la plus grande prudence, je glisse mes doigts entre les pierres, trouvant des points d'accroche, pour le suivre, escaladant la muraille ans suivant ses pas. Lentement, prudemment je m'élève avec lui, sentant le vent caresser avec douceur ma peau tandis qu'à l'aide d'une main qu'il me tend, j'arrive sur le toit aux tuiles encore un peu chaude, découvrant la vue qu'il aime tant. Un sourire se glisse sur mes lèvres et émerveillé, je reste muet, contemplant du regard le paysage qui s'offre à moi. La nature est belle ici aussi… Et si la neige me manque… Je ne peux que rester muet face à la beauté de cette rivière qui scintille au milieu des champs aux couleurs dorées. C'est si différent de chez moi, on dirait presque que c'est irréel. Je m'installe, remontant mes genoux contre ma poitrine alors que j'observe tout cela, un léger pincement au coeur. Oui… C'est beau et si différent… Ma vue se brouille et par fierté, je ravale mes larmes, me refusant de pleurer face à lui. D'un geste rapide, j'essuie mes yeux du revers de la main, me forçant à sourire quand il m'avoue que désormais, ce n'est plus son refuge, mais aussi le mien. Notre refuge. Un petit de bout de chez lui qu'il accepte de partager avec moi.

"C'est tellement beau… C'est tellement différent de chez moi…"

Je ris doucement avant de m'allonger avec lui, fixant le ciel en plissant légèrement les yeux. Même le soleil semble différent ici, comme plus lumineux. Peut-être est-ce lui le dieu ici ? Je prends une grande inspiration et me tourne légèrement vers lui.

"Au château j'aimais aussi aller sur les toits pour regarder les étoiles… Parce qu'il parait qu'elles sont des guides que les Dieux ont laissés pour nous… Chacune d'entre elle à son histoire et sa fonction… Ce sont des gardiennes. Enfin… Ça doit te sembler idiot. Il parait que vous, dans le Sud, vous n'avez pas ces histoires… Déjà que vous croyez en d'autres puissances…"

Je pousse un soupir, laissant mon regard se perdre à nouveau dans la contemplation du ciel.

"Dis-moi… Comment fais-tu pour ne pas être furieux ou fâché d'être ici sans qu'on te laisse le choix ? Ça ne te gêne pas d'avoir été arraché à ta famille ? D'être loin de chez toi ? De ne pas être élevé et entraîné par le tiens… ?"

Les questions deviennent murmures qui glissent d'entre mes lèvres alors que les larmes reviennent brouiller ma vue, diluant la couleur du ciel que je tentais d'admirer pour oublier le mal du pays qui ronge mon être.

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Lun 11 Juil - 16:38
A Knight's Tale
Je suis tellement content de ne plus être le plus jeune écuyer du chateau, mais d'avoir un camarade de mon âge avec qui jouer, un qui ne me traitera pas de bébé, ou qui ne se moquera pas de moi. Avec lui je peux parler de plein de choses, et surtout, je ne suis pas obligé d'entendre à longueur de journée le récit de leurs prouesses ou leurs discussions interminables sur les damoiselles du château, surtout la princesse Natasha pour Clint. Il est ennuyeux à mourir à décrire le roux de ses cheveux, le vert de ses yeux, sa taille fine ou je ne sais quelle autre bêtise. Je veux dire, bien sûr que la princesse est jolie, parce que c'est une princesse, mais il n'y a pas de quoi en parler des heures. Je veux dire, elle n'est pas la seule dans ce château à avoir deux yeux et des cheveux, et personne n'en fait tout un fromage alors... Et en plus ils parlent de choses à faire la nuit avec elle, et quand ils évoquent ce sujet, ils finissent toujours pas glousser comme des pintades et rougir sans que je comprenne pourquoi... Ils sont vraiment bizarres et je ne sais pas si je comprendrai tout ça un jour... et puis il y a des choses beaucoup plus intéressantes à faire, comme jouer aux chevaliers, soigner les chevaux ou aller voir les faucons plutôt que de discuter des cheveux des demoiselles...

Je lui fais visiter tout le chateau après qu'il ait mangé à sa faim, et fini nos deux bols de ragoût. Les écuries, le champ de lice, le terrain d'entraînement, mais aussi les communs, la salle de bal, la salle du trône, et tout ce qu'il aura besoin de savoir pour vivre ici, avec moi. Puis je termine par mon trésor, mon jardin secret à moi : mon perchoir. Je grimpe et il me suit sur les tuiles plates, encore chaudes en cette fin d'après-midi alors que le soleil commence à se coucher, recouvrant d'or tout le paysage. Il ne dit rien et j'en déduis que c'est parce que c'est vraiment beau. Moi aussi au début, je ne disais rien. Enfin d'un côté, jusqu'à ce soir, j'y montais toujours seul alors...c'est un peu normal que je ne parlais pas beaucoup. Ou alors c'est que le démon m'aurait possédé, comme dit le prêtre. Oh ça va être bien si Buck m'accompagne aussi au cours de religion, pour que je ne sois plus le seul à apprendre sagement des prières et à écouter des sermons. Je le laisse tranquille quelques secondes, mais quand je l'entends renifler, et que je le vois s'essuyer les yeux, je viens passer un bras autour de ses épaules.

Eh... ça va aller. Ca va aller... C'était dur pour moi aussi au début mais tout va bien maintenant. Et ça va être pareil pour toi aussi. Ta famille et ton pays vont te manquer, mais tu pourras leur écrire, et ils te répondront. Et avec de la chance le roi Tony fera comme avec moi, il te laissera rentrer de temps en temps chez les tiens... D'accord?

Une fois qu'il va un peu mieux j'ôte mon bras et quand il s'allonge, je fais pareil que lui, soupirant en sentant les tuiles chaudes sous mon dos et observe les nuages qui filent comme un âne paresseux dans le ciel. Avant de tourner la tête quand je l'entends me parler à nouveau. Je l'écoute et je souris quand il évoque les étoiles puis les dieux.

Mère me disait toujours que les étoiles étaient les esprits de ceux qui nous ont quittés. Des âmes qui sont parties mais qui veillent toujours sur nous. Et avant que je parte, elle m'a dit que si je me sentais seul, je n'avais qu'à lever le nez et je pourrais toujours voir quelqu'un qui m'observe, et que je ne suis pas seul. C'est ce qui m'a aidé, au début... et pour mes dieux...il y en a plusieurs oui... treize. Aza Aguilla, la Dame du Long silence, ou la Dame Très Equitable, déesse de la mort. On trouve Azri, le Père des Campagnes, seigneur des climats et de la guerre, Callo Androno, les Yeux des carrefours, père des routes, dieu des voyages, des langues et de l'histoire. Il y a Dama Elliza, mère des Pluies et des Récoltes, déesse de l'agriculture et de la fertilité, Gandolo, Père des chance, seigneur de la Monnaie et du Commerce, Iono, Père des tempête, seigneur des Eaux Avides, Morgante, père des la Ville, Seigneur des Noeuds Coulants et des Truelles, qui s'occupe de la Justice, de la Loi, seigneur de l'Ordre, de la hiérarchie et des Répercussions Implacables. Enfin on trouve Nara, Maitresse des épidémies, dame des Maladies Omniprésentes, déesse du temps, puis Perelandro, Père des Miséricordes, seigneur des Oublies, dieu de la pitié et de la charité, protecteur des généreux, Préva, Dame de la Folie Rouge, la Muse très belle, Mère de l'Amour et de la Folie, déesse de l'inspiration et de l'invention. Sendovani, la Dame des Mystères, Mère des mélanges et de l'alchimie, à la moitié du visage brûlé à l'acide, et Venaportha, la Dame aux Deux Visages, Mère du Hasard, déesse de la chance et des éventualités. Ce sont les dieux que je prie... Et toi?

Il me parle de ses dieux et finit par me demander comment j'ai fait pour tenir jusqu'ici. Je sens sa voix qui s'éteint, qui se fait toute faible, et je viens timidement prendre ses doigts dans les miens, que je serre, pour lui montrer que je suis là, même si j'ai peur qu'il trouve ça ridicule, comme geste, ou qu'il me dise qu'il est grand et qu'il n'a besoin de personne. Au contraire il serre mes doigts et je pose ma tête contre son épaule.

Je te l'ai dit, c'était dur. Je devais partir alors que ma mère est de santé fragile, et je ne voulais pas la quitter. Jamais. Pourtant depuis tout petit elle m'avait dit que ce jour pouvait arriver... Alors quand les messagers du roi sont venus, je n'ai pas eu le choix. Ils ont attendu une nuit, le temps que je prépare mes affaires avec mère, qu'on passe encore un peu de temps ensemble, et ensuite on est partis. Quatre jours de route et de bateau... c'était long. Une fois ici... j'étais furieux et perdu, et puis j'ai compris que si je voulais devenir un vrai chevalier, il fallait que je m'entraîne, et que je profite de tout ce qu'on pouvait m'apprendre ici. Et c'est un honneur que d'avoir servi le roi, et d'avoir pu profiter de ses maîtres et de son hospitalité. C'est un honneur pour mon comté de rentrer en ayant été fait chevalier par le roi...

A ce moment les trompettes sonnent pour annoncer le repas, et je me redresse.

Allez, relève toi! Le dîner va commencer et il ne faut surtout pas qu'on soit en retard, sinon on nous interdira d'entrer dans la salle à manger et on ne dînera pas...

J'attrape le sac de toile qui a accueilli nos provisions et me glisse jusqu'au rebord du toit. Je tends les pieds pour trouver une prise, et une fois que je sens les pierres familières sous mes orteils je commence à descendre avant de me glisser dans la chambre. J'attends Bucky, et une fois qu'il m'a rejoint je l'attrape par la main et me mets à courir, l'entraînant à travers les couloirs jusqu'à la salle de banquet où toute la cour s'installe tranquillement. Je soupire, content d'être arrivé à l'heure, et l'emmène jusqu'à notre coin de table, à nous, apprentis.

Voilà. C'est ici qu'on mange. Tu verras, la cuisine est bonne!

Puis les trompettes résonnent pour annoncer l'arrivée du roi Anthony.

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Jeu 20 Avr - 21:49

Steve & James
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Sous le regard de la nuit et des deux astres amantes qui dansent pour nous et font naître dans le ciel de nombreuses nuances colorées qui émerveillent les yeux de l'enfant que je suis, j'écoute Steve me parler de ses Dieux et même si je ne comprends pas en quoi ses croyances seraient plus justes ou plus puissantes que les miennes, c'est avec respect que j'apprends le nom de ceux qui veillent sur le peuple du Sud. Un léger frisson glisse sur ma peau alors qu'une brise légère se lève et fait danser dans mes cheveux les plumes sombres qui s'y trouvent. Contre ma poitrine je remonte mes genoux et alors que j'écoute le crépuscule chanter pour nous, c'est à mon tour d'entrouvrir les lèvres, lui parlant d'une voix nouée des esprits qui sur cette terre, courent avec nous et nous murmurent leurs secrets.

"Chez nous, on dit qu'au début il n'y avait que la Lune et le Soleil…. Deux amantes qui malheureuses de n'avoir aucun enfant ont un jour créent de la neige, un enfant. Un loup fort et puissant à qui elles confièrent les terres du Nord. Au début, il était heureux, fier, brave. Il courait avec le vent, les blizzards et tempêtes sans jamais craindre les éléments. Mais si immortels ils étaient, toutes les nuits, il pleurait pour sa mère la Lune, lui disant que de jour, il s'ennuyait d'être seul et que de nuit, il était fatigué de sans cesse pleurer. Peinée de voir son seul enfant malheureux, la Lune lui créa tout d'abord le Grand Ours puis le Corbeau. Tout les trois furent heureux un moment avant de commencer eux-même à pleurer. "Nous aussi nous voulons aimer. Nous aussi nous voulons créer." dirent-ils en choeur au Soleil, qui plus colérique que sa moitié, décida de leur donner une leçon. "Aimer vous voulez ? Eh bien apprenez qu'avec l'amour vient souvent le désespoir." Elle créa non pas d'autres frères et soeurs mais d'autres enfants, plus nombreux, plus voraces que les trois grands esprits. Vient alors les hommes, le fier peuple du Nord. "Voilà vos enfants" dit-elle. "Voilà votre progéniture. Ils n'ont rien de vous et pourtant demanderont toujours plus. Regardez-les détruire ce qui était un jour votre. Aimez-les, mais apprenez aussi à regretter le temps où vous étiez libres." Elle s'attendait à ce que les hommes saccagent tout et provoquent le chaos dans le coeur des Grands Esprits… Mais ce fut l'inverse. Les hommes furent respectueux et se tournèrent vers les trois en te demandant conseils et protections… A tel point qu'un soir, le Grand Esprit du Loup alla murmurer à sa mère la Lune qu'il était heureux d'être père. "Ils ne sont pas parfaits, mais ils aspirent à être meilleurs. Ils méritent de se tromper, comme nous l'avons fait avant eux. Et tant qu'ils seront humbles avec ce qu'ils ont… Nous serons là pour eux et nous tuerons si il le faut."

Je marque une pause, le temps de reprendre mon souffle et aussi de m'allonger sur les tuiles froides, observant ainsi un peu mieux le ciel.

"Depuis, nous les hommes du Nord, nous rendons grâces aux Grands Esprits et aux autres Esprits de la forêt. Nous vivons avec eux et grâce à eux. Nous apprenons de leurs murmures et si nous sommes respectueux, ils font grandir notre coeur. Mon père par exemple… Il est protégé par le Grand Esprit du Loup, qui dit avoir vu en lui les qualités nécessaires pour faire de lui un grand meneur. Et moi, avec mes frères, on doit faire nos preuves pour un jour mériter d'être des chefs." J'ai un léger sourire, qui se mue en un rire. "Même si je sais que c'est mon grand frère, le plus fort d'entre nous, qui va prendre le trône. Moi la prêtresse du village, elle a dit que j'avais une âme de guerrier et que pour l'instant, j'étais encore qu'un jeune louveteau qui devait rester digne…. Surtout ici."


Je m'assombris et c'est alors que je sens lentement les larmes monter à mes yeux et perler au coin de ceux-ci que vient la question qui me brûle les lèvres depuis quelques minutes.

"Dis-moi… Comment fais-tu pour ne pas être furieux ou fâché d'être ici sans qu'on te laisse le choix ? Ça ne te gêne pas d'avoir été arraché à ta famille ? D'être loin de chez toi ? De ne pas être élevé et entraîné par les tiens… ?"

Ma voix n'est qu'un murmure, une amorce de sanglot alors que lui se fait doux, comme une grande soeur le serait. Il vient attraper sa main dans la mienne et il hésite pas à entrelacer nos doigts pour me dire que c'est normal d'avoir peur et que lui aussi, il était triste en quittant sa mère malade. En un battement de coeur il me semble devenir un frère et alors que je souris de façon à lui dévoiler mes quenottes, prêt à le remercier pour tout ce qu'il fait, je suis interrompu par le son de trompettes, qui selon Steve, sonnent le repas à venir. Je hoche vivement de la tête et à sa suite je descends du toit et la main toujours dans la sienne, je cours avec lui dans le dédale qui constitue le coeur du palais et le souffle court, c'est avec lui que je pénètre dans la salle de banquet. Le souffle coupé par l'immensité de celle-ci et par la foule de gens qui s'y amasse, c'est avec une certaine crainte que je me glisse en compagnie de Steve au milieu des invités qui sur qui je pose mes prunelles de jeune ignorant du Nord sur ceux qui me semblent être en cet instant des créatures presque sauvages qu'il me faut apprivoiser pour ne pas être dévoré. Sans un mot, c'est aux côtés de mon nouveau frère que je m'installe, nos doigts toujours entrelacés, encore craintif à l'idée de devoir affronter tout ses inconnus. Ma fierté du Nord sagement ravalé, je jette un coup d'oeil fébrile au repas et aux autres apprentis avant de me tourner vers le roi qui fait son entrée. Tout contre Steve je reste et aux aguets, j'écoute le discours de celui-ci, me tassant de fait sur mon siège quand il parle de la nouvelle pupille qu'il a le plaisir d'accueillir pour sceller une alliance durable entre deux peuples. De sa grosse voix je l'entends qu'il m'appelle, me faisant même signe de le rejoindre et maladroitement, je traverse l'assemblée, le menton haut et l'air faussement fier quand en réalité je me sens scruté par ces gens du Sud qui se murmurent milles et unes chose à propos de mon teint de craie et de mes cheveux sombres décorés de plumes. Vers le roi j'approche et quand à son niveau j'arrive, c'est en homme du Nord que je le salue, le dos droit et l'oeil bravache.

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Mer 21 Juin - 20:24
A Knight's Tale
Je tourne la tête vers lui alors qu'il commence à me parler de ses dieux à lui, ceux qu'on prie dans le Nord, et je souris, curieux et fasciné en l'écoutant. Sa peau pâle et ses longs cheveux noirs et raides ressortent dans la lumière cuivrée du jour qui s'achève et je me laisse bercer par sa voix, et par toutes les images que son histoire fait jaillir en moi. Elles parlent de neige et de loups, d'amour et de lune, d'animaux sacrés comme le corbeau et l'ours. Et ce qui est drôle c'est que son histoire n'est pas comme ce que les prêtres et les prêtresses nous enseignent... Là... il n'y a pas la peur de se faire maudire après sa mort, ou de s'attirer des ennuis si on fait quelque chose de mal. C'est plutôt une histoire sur le fait de s'aider et de faire les choses bien parce que c'est ce qui est bien à faire, et pas parce qu'on a peur d'une punition... J'aime bien ça, je trouve ça plus correct que de toujours seriner qu'on sera maudits et que les dieux vont se venger.

Je suis suspendu à ses lèvres, et il raconte presque aussi bien que Vision le troubadour et pour une fois ça parle pas d'histoires d'amour ennuyeuses. C'est vrai quoi, comment une simple fille peut faire faire de telles choses à un homme? Un chevalier par dessus le marché? C'est juste pas possible, ce sont juste des filles qui sont occupées à se peigner les cheveux, à broder et à jouer de la harpe et pas des sorcières quand même. Enfin bon, je reste près de lui à lui tenir la main, le sentant de nouveau sur le point de pleurer. Le pauvre... Je roule sur le côté et viens doucement essuyer ses larmes de ma manche un peu sale.

Bien sûr que si je suis triste et en colère parce que j'aurais aimé rester chez moi, veiller sur ma mère et m'occuper de mon comté avec elle... mais tous les comtés ont prêté allégeance au roi, et pour sceller ce pacte, chaque seigneur doit envoyer un de ses enfants... Pas de chance, je suis le seul alors le choix a été vite fait. Et tu verras, le temps passe vite, avec toutes les choses qu'on a à faire, et toutes les choses qu'on apprend. Et tout ça, ça sera pas perdu. Tu deviendras un grand chevalier, comme moi, et on pourra aider plein de monde dans tout le royaume! On pourra pourfendre des dragons, tuer des trolls, délivrer des princesses et des rois! Et pour ça, faut qu'on m'apprenne! Et puis seul le roi Anthony peut nous faire chevaliers!

Je dépose un baiser sur sa joue humide.

Mais t'en fais pas. Tu auras le droit de retourner les voir, tu pourras leur écrire, et dans quelques années à peine, tu pourras retourner t'installer chez toi, dans le Nord, en étant devenu un vrai chevalier!

Il a l'air d'aller mieux, d'avoir moins peur ou en tout cas d'être moins triste et je suis content. Ca va lui passer, comme à nous tous...c'est juste le début qui est difficile. J'ai connu ça en arrivant mais c'est loin maintenant... et lui aussi va le comprendre et se plaire ici... Puis on sonne le repas, et je le ramène rapidement dans la salle du trône, le tenant par la main à travers le labyrinthe de couloirs, d'escaliers et de portes que constitue le chateau du roi, remanié et agrandi au fil des ans. On se fait crier dessus par les serviteurs ou les femmes de chambre qui traversent les couloirs, manquant de renverser le plateau plein de volailles d'un laquais mais on arrive à se faufiler jusqu'à la salle du trône avant que les portes se ferment. Je le guide rapidement vers notre place, tout au bout, au plus loin du roi. C'est normal, on n'est que des enfants, et on a déjà la chance de pouvoir être ici, et de pas juste recevoir un bol de soupe des cuisines, à manger entre deux portes ou tout simplement par terre devant le feu. Mère me répétait souvent que c'était un honneur de partager la table du roi, même si on est loin...

Je nous installe, près de Clint et Thor, à qui je présente Bucky. Ils sont tellement grands à côté de nous... Ils lui sourient gentiment, même si pour eux c'est un bébé comme moi, et qu'il est pas très intéressant. Le roi fait son entrée et toutes les conversations s'arrêtent en même temps que ceux qui se sont déjà assis se lèvent. Je pousse Buck du coude et une fois le roi dans son trône, la reine Peggy et la princesse Natasha dans leurs trônes la cour les imite. Les discussions reprennent, sauf que le roi lève la main, et à nouveau, comme par magie le silence se fait. Je sursaute quand il parle de Buck et le pousse encore du coude.

Lève toi et va le saluer... j'ai dû le faire aussi...

Qu'est-ce que j'ai eu peur d'ailleurs, avec toute la cour qui m'observait comme si j'étais une bête curieuse... Heureusement je me suis incliné, je l'ai remercié et j'ai filé à ma place. Là je regarde Buck et j'attends qu'i fasse pareil. Il s'avance vers Anthony qui lui souris.

Jeune James, fils des vaillants seigneurs du Nord... sois le bienvenu à ma cour, dans mon chateau de Castlecerf. Puissent les dieux voir d'un bon oeil ta venue, et par là l'entente entre nos deux royaumes. J'espère que tu trouveras ici une nouvelle maison, et parmi ma cour une nouvelle famille pour tes années d'apprentissage.

Il s'approche de lui sauf qu'il reste planté là, sans bouger. Toute la cour est surprise, de voir qu'il ne s'incline pas, qu'il ne le remercie pas ou qu'il ne lui montre au moins du respect. Le roi aussi on dirait... Il laisse passer deux secondes avant de rire.

On dirait que notre invité est encore fatigué de son voyage et peu au courant de nos coutumes. Ecuyers, je compte sur vous pour lui apprendre ce qui est nécessaire pour vivre à la cour...

On hoche tous la tête rapidement, en murmurant des ''Oui mon roi" avant que Tony ne fasse signe à Buck de s'éloigner. Quand il revient près de moi, et que les conversation reprennent j'agrippe son bras.

Mais t'es fou! C'est le roi quand même! Quand tu lui parles ou que t'es en face de lui tu dois t'incliner! C'est très important! Tu as de la chance qu'il ait rien dit mais la prochaine fois il pourrait te faire fouetter d'accord?

Les serviteurs arrivent ensuite et déposent des monceaux de nourriture sur les nappes blanches. Chacun attend l'invitation du roi et quand ce dernier la donne, tout le monde se sert joyeusement et commence à dîner.

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