Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Wolf Like Me

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Date d'inscription : 03/04/2014
Jeu 14 Juin - 20:31

 Wolf Like Me


C'est drôle de me dire que j'ai toutes mes affaires autour de moi, que j'ai ici tout ce qu'il y avait dans mon ancienne chambre, mes bouquins, mes posters, des figurines et toutes sortes de trucs, mais c'est quand même pas chez moi. Mon linge de lit, mes cadres photos et pourtant je me sens étranger dans cet endroit. En contemplant toutes ces choses entassées et en les reconnaissant j'ai la gorge nouée. C'est dur parce que je n'aurais jamais les souvenirs de chez moi ici... je ne connaîtrai sûrement pas le même bonheur, la même insouciance que j'ai perdue à la minute où ma mère m'a annoncé que j'allais partir et ensuite... ma bulle a éclaté soudainement, et ce qui était pour moi lointain, comme les histoires de meurtres ou les braquages de banque... est devenu réel. J'ai pris une gifle de violence, d'égoïsme et de rivalité qui ne guérira jamais... d'ailleurs je crois bien que la plaie saigne toujours...

Mais je m'exécute, je réarrange les choses à ma manière, leur trouvant une place, sur ces nouvelles étagères, ces nouveaux meubles encore inconnus et qui sentent le bois neuf. Et je me dis que dans un sens c'est peut-être ça aussi se reconstruire... reprendre les mêmes choses...les mettre à d'autres endroits... faire avec ce qu'on a, là où on est. Comme moi, ici. Et c'est pour ça qu'une fois que je suis un peu plus calme, je suis cet appel qui me pousse encore et toujours vers lui, cette voix que je peux détester parfois parce qu'elle veut que je passe outre ce qui s'est passé, ce qu'il m'a fait. Comme si de rien n'était, et que je dois juste être le gentil oméga qu'il rêve d'avoir, comme il serait l'alpha dont j'ai besoin au fond de moi. Mais pas trop tôt, pas trop vite...

En attendant il faut au moins que je m'habitue à lui et à sa présence, à notre vie tous les deux parce que c'est ça maintenant... et je vois que son sourire est sincère quand j'arrive derrière lui et que je regarde ce qu'il fait. Ca sent bon et ça a l'air appétissant... Je remarque aussi le flot de paroles qui s'échappe de sa bouche, pour me rassurer moi mais aussi pour se rassurer lui-même...

Buck ça va...t'en fais pas... je mangerai si j'ai faim et sinon... oui y'en aura au frigo au cas où. Et ça va bien se passer pour le lycée, j'ai hâte d'y retourner. Ca me manquait... Ca me fera du bien de retrouver tout ça... la routine...

Je connais la cuisine maintenant et je sors deux verres et des couverts que je vais poser sur la table basse du salon, avant de revenir attraper l'assiette qu'il me tend pour retourner m'asseoir sur le canapé, l'attendant. Il est tellement nerveux que je le sens ici...que son angoisse remplit toute la pièce même si je ne ressens plus ce qu'il éprouve... Il est perturbé et sur les nerfs et je ne sais pas si j'en suis la cause ou la conséquence. Si c'est parce que je le déçois ou l'énerve ou l'inverse. Il est comme une porte en verre givré, derrière laquelle je ne peux juste voir les contours flous...et deviner, ou au moins essayer. Mais c'est comme marcher en plein brouillard épais...je ne peux y aller que les mains tendues devant moi et le nez au vent. J'aimerais qu'on parle, j'aimerais qu'il m'explique ce qu'il pense, j'aimerais comprendre comment il voit les choses et comment il me voit moi. J'aimerais surtout avoir les mots sur ses idées pour que je puisse partir de là... comme point de départ. Mais il est comme les vagues, qui m'échappent à chaque fois que je veux les attraper.

Alors je vais m'asseoir sur le fameux canapé et je l'attends, pianotant sur la télécommande pour retrouver les épisodes dont il a parlé... et lui souris timidement quand il me rejoint. Voilà...c'est bien comm eça... je sais que tu t'en veux mais montre moi juste que j'ai ma place ici... que je ne suis pas un étranger, pas un intrus... un pas en avant Buck...c'est toi qui m'a fait venir ici, c'est toi qui a fait de moi ta chose, et qui m'a fait tirer un trait sur...toute la vie que j'avais imaginée, le type mignon à qui je plairais enfin, avec qui je sortirais, et qui au bout d'un moment, en confiance, je lui avouerai mon secret et on finirait ensemble comme ça... oh ouais j'y ai cru et j'y ai pensé souvent, dans mon lit...mais tout ça s'est évaporé et...je dois faire avec ce que j'ai... J'attrape un croque monsieur et en prends une petite bouchée pendant que Buck me regarde. Et j'ai l'impression qu'il a un goût de cendre...ou de carton. Je peine à finir ma bouchée même si je souris, et fais descendre le tout avec une gorgée d'eau.

Ils sont super bons Bucky! Merci!

Puis je repose l'assiette et essaie de m'évader en me laissant porter par l'épisode.


FICHE PAR SWAN.
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Sam 16 Juin - 15:41
Howling for You.
Je ferme les yeux à l'instant même où il croque dans ce que je lui ai préparé. Au moment-même il où commence à mâcher, j'ai envie de me mettre à sangloter, à hurler, à supplier pour qu'il me tue quand je sens via notre lien tout le dégoût qu'il ressent face à cette nourriture qui semble avoir la saveur d'une carcasse puante. Alors qu'il déglutit à grand peine, j'entends dans ma chair le loup gronder, s'indigner que notre omega puisse détester ce que nous prenons le temps de lui préparer avant de tout simplement hurler quand Steve me ment, prétendant aimer ce qu'il repousse pourtant sans chercher à ménager ma personne. Vers lui, je me tourne et reste interdit, à ne pas savoir quoi faire à ne pas totalement comprendre ce que je dois tirer de ce geste et de ce mensonge, qui loin d'être une tentative de protéger mon être d'une éventuelle déception, n'est rien de plus qu'une façon pour lui de se venger, de me faire souffrir un peu plus pour que je continue de payer pour les offenses que j'ai commises et pour ce viol pour lequel je mettrais bien fin à mes jours. Face à lui, je reste ainsi mutique, le coeur au bord des lèvres, le loup aux frontières de mon être à tente de comprendre, de trouver en moi la force nécessaire pour sourire, pour mentir à mon tour pour finalement n'y trouver qu'un vide écrasant, qu'un néant qui me broie sans peine et qui recrache un sanglot silencieux que je n'esquisse même pas et qui se fait en réalité rien de plus qu'une larme que je verse alors que d'entre mes lèvres, il s'échappe une bien pathétique plainte.

"J'suis heureux alors si tu aimes... Mange... Mange ce que tu peux."

J'essaye de sourire, d'esquisser, d'exprimer une émotion factice qui ne se fait en cet instant qu'une tentative pathétique de paraître soulagé qu'il soit encore capable d'apprécier quelque chose en moi, de voir que je ne suis pas qu'un monstre et qu'au départ, je ne demandais que ça, d'être un bon alpha. Alors, j'essaye encore plus fort, je ravale tout, je tiens fermé notre lien et j'ai ce sourire qui pue l'échec et la tristesse, ce rictus laid qui va pourtant de pair avec les larmes que je verse, les perles salées qui se font l'incarnation parfaite de l'échec que je suis, de l'horreur à visage humain qu'on devrait abattre et qui devrait avoir le courage de se tailler les veines pour de bon, pour le bien de ceux qu'il dit vouloir aimer et protéger. Face à lui, je suis là, à sangloter en silence, à essayer d'être heureux, d'être fort mais une fois de plus, j'échoue. Bon à rien dans l'éternel, je détruis à nouveau ce que je ne peux de toute façon pas construire, je me délite face à Steve, je m'effondre et commence par lâcher mon assiette qui tombe au sol alors que dans mes prunelles, le loup apparaît pour mieux contempler cet omega qu'il ne comprend pas, ce compagnon qui loin de lui apporter le bonheur et la paix d'esprit promis, ne fait que nous déchirer un peu plus et nous plonger dans un tourment dangereux que lui-même ne sait plus gérer.

"Pourquoi nous mentir ?" dit-il, usant de ma voix pour faire entendre la sienne. "Pourquoi nous faire du mal, mon omega ?"

Le pire c'est qu'il ne comprend pas, il ne réalise pas tout le mal qu'il fait à ceux qui ne demandent qu'à exister à es côtés. Il ne voit pas le monstre qu'il est, il n'entend pas qu'il puisse mériter de souffrir en guise de punition. Le loup de ne voit pas ô combien il est mauvais, ô combien il a fait de moi un être lamentable et détestable, un homme qui mérite la haine de ses semblables et une mort qui serait une délivrance pour l'humanité entière. Il est aveugle et en cet instant, au milieu des larmes que je verse difficilement, je tente de le museler, de ne faire de sa voix, de sa laideur qu'un sentiment que je me dois d'étouffer en silence.

"Tu rends James faible. Tu en fais un mauvais alpha." J'ai envie d'hurler mais n'y parviens pas. "Il souffre, il pleure, le faible. Il est pathétique... James. Il ne voulait déjà pas te réclamer, il te trouvait trop jeune, il voulait te protéger... Se priver de la chance d'avoir enfin un compagnon... Mais moi j'étais là. Moi je t'ai vu et j'ai su que je te voulais, petit omega. Tu devais être notre compagnon... Et c'est pour ça que j'ai forcé James à te prendre, à te faire notre."


Plus que jamais, je hais cette bête qui vomit à Steve ce qu'il ne devrait avoir à savoir, qui ne mérite que le bonheur que je lui ai promis, que cette chance d'être enfin heureux et de connaître ce que je lui ai volé.

"Nous méritions tout cela... Alors aime-nous... Donne-nous ce que les autres ont."


Et enfin, j'arrive à hurler, je parviens à rompre cette transe, à la briser au profit d'un excès de confiance de la bête qui me pensait trop faible pour m'exprimer. D'entre mes lèvres, je laisse échapper un sanglot alors que je me recroqueville sur moi-même, emprisonnant ma tête entre mes mains et genoux pour mieux couvrir les mots que le loup gronde dans ma tête.

"Arrête... Arrête... Arrête !"

Je ne veux pas qu'il entende ça, qu'il comprenne qu'il est lié à un monstre, à une bête qu'il ne pourra jamais respecter et encore moins apprécier. Je veux que Steve soit heureux, qu'il aille de l'avant, qu'il trouve un homme bien pour l'aimer. Je veux qu'il se reconstruise, qu'il parvienne à panser ses plaies, à laver son corps de mes caresses, de mes baisers qui n'avaient rien de ceux que peuvent offrir les êtres capable d'aimer. Je veux qu'il aille mieux et qu'il finisse par m'oublier, par m'abandonner dans le sillage de son existence.

"Je suis désolé Steve... J'suis tellement désolé... Je voulais bien faire... Je veux bien faire... Je veux tu ailles mieux... Je... Je ferais tout... Je suis désolé... J'suis qu'une sale merde... Je... Ce serait plus simple si je crevais putain... Tellement plus simple..."

Tout le monde n'attend que ça. Que je me tue. Que je disparaisse pour de bon.


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Sam 16 Juin - 21:33

 Wolf Like Me


J'ai été con. J'ai été con de croire qu'en prétendant que tout se passait bien, ça pourrait, effectivement, bien se passer. Qu'en mettant gentiment la table, qu'en partageant le même canapé que lui, qu'en passant la soirée avec lui, je pourrais lui faire plaisir, montrer que je fais un pas vers lui. Qu'en goûtant ce qu'il avait fait je pourrais le rassurer, et verser un peu d'eau sur la plaie brûlante de son coeur, que je sentais encore il y a peu, avant qu'il ferme notre lien... Qu'il comprendrait que je n'attendais que ça, moi, l'espoir d'une vie normale avec lui, l'idée que... même si je ne serai jamais amoureux, que je ne connaîtrai jamais les papillons dans le ventre du premier rencard, et les première fois maladroites, je pourrais arriver à... une sorte de vie calme avec quelqu'un qui... ne me ferait plus de mal. Quelqu'un qui depuis plusieurs jours essaie vraiment enfin de me donner une place ici et dans sa vie... J'y croyais...Je croyais à ce qu'on allait peut-être devenir de vrais colocs, voire...des amis, et que je n'aurais pas à me terrer dans ma chambre dès que je rentrerai dans la maison, sans qu'on s'adresse la parole à part aux réunions de meute. Je croyais que je pourrais survivre, comme ça, tant bien que mal... et pourtant une simple bouchée de son croque monsieur a tout foutu par terre. Parce qu'à peine j'ai reposé l'assiette, à peine je lui ai dit que c'était bon que l'apocalypse s'est déclenchée... D'abord il y a eu Buck, que mes paroles ont dévasté alors qu'elles devaient être un baume, quelque chose de doux et de gentil pour lui montrer que j'appréciais le mal qu'il s'était donné pour moi, et voilà que je lis sur son visage la pire des déceptions et des douleurs. Comme si je l'avais insulté. Comme si je lui avais craché au visage et dis les pires horreurs. Je me fige, perdu, en voyant une larme qui roule sur son visage et qui me donnent l'impression qu'une immense poigne de fer est entrée dans ma poitrine et serre mon coeur comme dans un étau.

Buck je... qu'est ce qui se passe? Je... je t'ai juste fait un compliment alors... qu'est ce qui... je comprends pas... P...pourquoi tu pleures?

Je pose ma main sur son avant bras dans un geste qui se veut doux, tendre, rassurant, mais je recule comme si je m'étais brûlé quand j'entends sa voix changer, et celle du loup s'élever entre ses lèvres. Je me retrouve à l'autre bout du canapé, le souffle court et le coeur emballé alors que je fais face à celui qui a été mon bourreau. Et que j'a mis du temps à comprendre...

Au contraire, j'essayais d'être gentil!

Sauf qu'il continue, la sale bête ose m'accuser, et plus ses mots s'envolent dans la pièce, plus je sens une rage sourde gronder en moi, et me faire serrer les poings, mâchoires serrées. Et au lieu de pleure encore, au lieu de geindre comme un chiot je me lève pour lui faire face.

P...pardon? Moi je suis un mauvais oméga? C'est de ta faute, espèce de monstre, s'il est comme ça! Parce que tu l'as forcé à me faire du mal ! Tu me voulais ? Génial, mais pas une seconde tu t'es demandé si moi je te voulais sale bête! Est-ce qu'une foutue biche aime le lion qui l'attaque et la bouffe? Non! Eh ben c'est pareil pour moi! Je te déteste t'entends! Je te déteste parce que t'es qu'un monstre qui ne pense qu'à lui, et j'ai qu'une envie, c'est de te le faire payer, à toi et à ta meute de tarés! Alors je vais pas te faire le plaisir d'aller mieux. La seule chose que t'as mérité, c'est de souffrir! Et on peut pas obliger quelqu'un à l'aimer. Alors je vais me faire le plaisir de te haïr. Et maintenant va-t-en. Va-t-en et laisse-le moi! TOUT DE SUITE!

Chancelant, la gorge nouée et le souffle court, je contemple le loup battre en retraite alors que les paroles de cette saloperie résonnent à mes oreilles. Ses révélations sonnent comme un coup de tonnerre qui me laissent con... parce que j'apprends que Buck avait voulu me protéger... il avait voulu m'épargner et empêcher qu'on me réclame, comme ça se fait partout... me laisser le choix...et c'est l'autre qui... Je me mets à renifler, découvrant totalement à quel point Buck était un mec bien, qui avait voulu faire les choses bien... et c'est ce qui me déchire le plus les entrailles... parce que cette pièce de plus au puzzle, sa culpabilité, le mal qu'il s'est donné pour que je sois bien ici... tout ça me fait penser que peut-être, malgré notre différence d'âge, ça aurait pu... ça aurait pu marcher, que j'aurais pu avoir droit à... à tout ce dont j'avais toujours rêvé, à ce qui aurait dû être normal quand on plait à quelqu'un. Que sans ce monstre j'aurais pas vécu...ça et que j'aurais pu découvrir ce que c'est d'avoir une relation...normale. Et j'en crève parce que je me rends compte que j'ai touché ça du bout des doigts et qu'il aura fallu une seconde, une seconde où il a baissé sa garde pour que tout ça... que je sois juste le jouet d'une de ses pulsions de merde.

Et Buck est encore pire que moi... je le vois revenir, reprendre le contrôle après le savon que j'ai passé à la bête, et sangloter comme un enfant près de moi et ce qu'il me dit est comme un nouveau coup de poignard dans mes tripes. Je pensais pas que son loup et lui étaient tellement en conflit, et surtout, qu'il en souffrait tellement... Alors je soupire et reviens près de lui, hésitant avant de passer mon bras autour de ses épaules, essayant de le calmer du mieux que je peux.

Je sais... je sais Buck et je... et je vais mieux. Je sais que t'y es pour rien et qu'il...qu'il t'a forcé. Qu'il a pris le dessus. C'est lui le... c'est lui le monstre et toi... toi il t'a manipulé... Je vois juste que...que toi et moi on a... on a souffert dans cette histoire. Et que toi... toi aussi t'es une victime...

J'essuie mes larmes du revers de la main, continuant à caresser son dos.


FICHE PAR SWAN.
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Dim 17 Juin - 14:39
Howling for You.

"Non.. Non tu ne vas pas mieux... Je le sens... Je l'ai senti..."

A nouveau, Steve me ment, essaye de faire comme si notre lien n'existait pas, comme si il pouvait me tromper, étouffer des sensations et des impressions que je ressens comme si c'était les miennes, et qui loin d'être de simples informations dont je dois prendre compte, se font des coups, presque, portés par celui qui a tout les droits de se venger de l'être affreux et répugnant que je suis. Recroquevillé sur moi-même, toujours à sangloter et à geindre quand il tente de me toucher, de m'apaiser au travers d'un contact qui ne fait que faire remonter à mes lèvres déjà luisantes d'une salive brûlante, une bile amer qui semble en cet instant n'être qu'une poix bouillante qui tente de s'échapper de ma carcasse tremblante en même temps que l'animal qui dans ma chair, grogne, hurle et exige un amour et un respect que Steve ne peut décemment pas nous donner. A bout de tout, loin et pourtant aux côtés de mon compagnon, je ne peux que sangloter, que gémir et supplier pour une absolution que personne ne peut m'accorder tandis que contre les barrières même de mon esprit déjà fracassé, se presse l'alpha que je suis, l'incarnation même de ce qu'il y a de plus laid en moi, cette bête violente et capricieuse qui tente sans cesse de prendre le dessus pour de bon et d'enterrer à jamais dans les limbes de mon inconscience l'être faible que je suis à ses yeux. Contre ma peau, je le sens presque et dans mes os, je perçois sa présence au point de sentir le changement commencer à s'opérer sans que je ne puisse rien y faire, à part peut-être faire de mes excuses un chapelet de sons et des syllabes qui doivent avoir perdus leur sens tant mes sanglots masquent tout propos cohérent que j'aurais pu avoir.

"Je suis désolé... J'suis tellement désolé putain... Je voulais faire mieux... Je voulais faire bien. Juste une fois. Juste une putain de fois... Rien qu'une fois."

Mais c'est impossible. Pas avec cette bête dans mes veines, pas avec cette chose qui dévore mon coeur et fait de ma raison un concept, une idée, un regret que l'animal détruit entre ses crocs avec une facilité  qui parfois me fait douter de ma nature même et de cette volonté que j'ai de soit-disant vouloir être quelqu'un de bien. Avec ce frère dans ma tête, cette autre facette de moi qui est cet héritage que mes parents pensaient  être un don pour les autres lycans, je me sais condamné à cette douleur perpétuelle, à ce tourment de l'âme qui dévore le peu de raison que j'ai, le peu de sanité d'esprit qu'il me restait. Je sais qu'avec lui, je n'aurais jamais rien droit à autre chose que les larmes, les cris, le sang et l'affreuse réalisation que je finirais surement seul, au milieu d'un blizzard et d'une forêt déserté par l'homme, à contempler au travers des prunelles du loup un monde qui ne regrettera jamais le monstre que j'étais. Dans l'obscurité formée par mes paupières closes, je ne peux l'ignorer, cette vision de l'avenir, cette apparition de ce futur pas si lointain que ça, cette expression faussement métaphorique qui dans mon esprit dépeint une vie dans les bois, à exister sous la forme d'un animal que je suis peut-être depuis ma naissance, ce loup noir qui rode et hante une terre qui ne demandait qu'à vivre en paix, sans sentir sur sa surface, le souffle brûlant d'un monstre capable de déchirer les coeurs de ce qui croisent son chemin. Et de cette prédiction, je suis prisonnier à jamais, voué à compter les jours jusqu'à l'arrivée de cette fin, de cette petite mort où derrière-moi, je ne laisserais pas un corps mais l'enveloppe, les quelques vêtements d'un homme qu'il était de toute manière impossible de contempler derrière l'omniprésence du loup. Alors, résigné, je ne peux que sangloter à nouveau et tomber à genoux, au milieu des débris d'une assiette et d'un repas qui n'était rien d'autre qu'une pathétique tentative de simuler un quotidien heureux que je ne pourrais jamais offrir à celui que je devrais libérer de ma présence. Dans le plancher, je sens mes ongles s'enfoncer tandis qu'entre mes lèvres, je laisse les crocs de la bête revenir là où un sanglot, une plainte nouvelle m'échappe.

"J'avais promis à ta mère... Je... J'ai osé lui mentir, lui dire que je ferais tout pour te rendre heureux... Que je préférais crever que de te faire du mal à nouveau... Mais j'peux pas le faire... J'peux pas putain."


Un craquement sourd résonne dans le salon, couvrant sans peine l'épisode qui tourne sans nous et attisant l'inquiétude du reste de la meute qui est déjà derrière la porte, à m'appeler, à tenter de me faire revenir parmi eux. Un gémissement m'échappe alors que je sens ma colonne vertébrale se tordre, pour mieux prendre la forme d'une échine monstrueuse, d'une que Steve ne voudrait pas flatter ou apaiser des ses tendres caresses que je mérite pas.

"J'peux rien faire pour te rendre heureux... Je pourrais jamais rien faire... Parce que je suis celui qui t'a fait du mal... C'est mes mains qui t'ont touchés, c'mon regard que tu as croisé cette nuit et... J'ai pas été capable de lui dire non... De lui dire que c'était pas bien. Je l'ai laissé faire... Je l'ai laissé te faire du mal, te voler tout ce que tu méritais..."

Un autre craquement osseux accompagne le sanglot brûlant qui s'échappe d'entre mes lèvres.

"J'ai pas eu la force de lui dire non... Et maintenant... Plus je vais rester à tes côtés, plus tu vas dépérir... Parce qu'à chaque fois que tu vas croiser mon regard, tu pourras pas ignorer le fait que je t'ai tout volé... J'suis tellement désolé Steve... J'te jure... Je... Je vais pas rester... Je vais... J'vais disparaître et tu pourras être heureux... Avec quelqu'un qui pourra te donner tout ce que tu mérites... J'suis tellement désolé Steve... Tellement désolé... Je ne voulais pas..."


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