Toi qui entre ici, abandonne tout espoir
 
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Wolf Like Me

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Date d'inscription : 26/11/2014
Mer 17 Fév - 22:13
Howling for You.
À la manière d'une vague, sa souffrance revient me heurter et je regrette immédiatement mes mots. Non… Je t'en prie… Je ne voulais pas… Je suis désolé mon petit omega. Son souffle semble se faire de plus plus court alors que sa détresse vient étreindre mon être. Bien sûr que tu te sentais seul… J'ai été un mauvais alpha jusque là… Je n'ai pas bien fais mais… Maintenant, ça va changer… Maintenant je vais faire ce que j'aurais dû faire depuis le début… Je suis là pour toi, mon omega. Je viens doucement tirer sur notre lien de meute et de couple, lui faisant doucement parvenir toute mon affection et mon envie de protection. Je ne veux que son bien… Je veux qu'il soit heureux en ma présence et qu'il sourit quand il croise mon regard… Pas qu'il cherche à le fuir parce qu'il a peur de ce que je pourrais lui faire. Je contourne la table et pour lui, je m'accroupis, acceptant de le laisser me dominer. Je lève les yeux et croise son regard, veillant à ne pas poser mes mains sur ses cuisses… Il a encore du mal avec ça… Si il a accepté tout à l'heure que je caresse autant sa joue que ses cheveux, je sais que pour le reste, c'est trop tôt… Bien trop tôt. Je dois d'abord regagner sa confiance et lui prouver que je suis un bon alpha… Une fois que j'aurais prouvé ma valeur, là j'aurais le droit de le toucher… Mais pour l'instant… Il vaut mieux que ça vienne de lui.

"Steve… Steve… Du calme… Je suis désolé, je n'aurais pas dû dire ça… Calme-toi… Tout va bien… Ce n'est pas de ta faute…"

Je sens sa douleur et je dois vraiment me retenir pour ne pas le prendre dans mes bras pour le serrer tout contre mon coeur. Je sais que tu es triste, je sais qu'en si peu de temps, c'est beaucoup… Je comprends… On l'a arraché à sa famille, à la meute qui l'a vu grandir et au lieu de le protéger… J'ai faillis le briser. Enfin… D'une certaine façon, je l'ai tordu et là où j'aurais dû prendre soin de lui… Je l'ai fuis, le laissant se débrouiller avec tout ça, là où il aurait eu besoin de quelqu'un pour s'occuper de lui et le rassurer.

"Je suis vraiment désolé Steve, je n'aurais pas dû et je te promets que plus personne ne te feras du mal… Maintenant tout ce qui compte, c'est que tu ailles mieux et si j'ai dis ça… C'est juste parce que je m'inquiète pour toi. Je ne veux pas que tu te laisses mourir… Tu es certes mon omega, mon compagnon et la chose la plus importante à mes yeux… Tu es aussi un être humain et je ne veux pas te voir dépérir… Je veux que tu sois heureux et fort… Je veux que tu sois bien à mes côtés… Je veux être un bon alpha pour toi mon omega…"

Je lui offre un sourire, usant toujours de notre lien pour tenter de le rassurer et de lui faire sentir que je suis sincère en disant ça… Que je n'essaye pas de le tromper ou d'endormir sa confiance que je tente de récupérer. Sens-le mon omega… Je ne veux que ton bien… Je veux que tu sois heureux. Mon regard croise à nouveau le sien et je frémis presque quand ses doigts viennent chercher les miens. Un sourire plus lumineux se glisse sur mes lèvres et d'un geste commun, le loup et moi soupirant de bonheur. Quelque chose envahit mon coeur et le temps d'une seconde, je ne fais que goûter à cette paix qu'il m'apporte, à ce calme pareil à un jour d'été qui doucement réchauffe mon être. Mon souffle se calme, tout comme les battements de mon coeur. Mes doigts serrent un peu plus les siens alors que je rêve de le prendre dans mes bras. Un sourire se glisse sur mes lèvres et du pouce, je caresse simplement le dos de sa main.

"Je sais Steve… Je sais… Mais je suis là maintenant… Tu n'es plus seul… Je suis là…"

Je lui offre un dernier sourire avant de me relever, lâchant à regret sa main. Ça va aller… Parce que je ne fuirais plus, je serais son alpha et son compagnon.Je remue une dernière fois la sauce et comme promis, je lui sers une petite assiette de pâte là où je m'en sers une capable de caler un régiment. Je m'installe face à lui et alors qu'il mange timidement, je commence à discuter avec lui, répondant aux timides questions qu'il me pose… Des questions auxquelles j'aurais dû répondre il y a des jours… Je suis son alpha et il ne sait rien de moi, il n'a que mon prénom et étant trop occupé à fuir… Je n'ai pas pris le temps de le rassurer et de lui montrer que sous cette apparence de monstre… Il y a avait un être humain avec un job, des envies, des désirs, des préférences… Alors entre deux bouchées, on comble les blancs, on s'apprivoise. Doucement j'apprends à la connaître et lui saisit un peu plus l'être humain derrière le loup. Il me parle de ses cours, de sa mère, de son meilleur ami Matt, des séries qu'il aime ou non… Et doucement, même après que nous ayons vidés nos assiettes, je continue de découvrir le petit omega dont j'essaye de prendre le plus grand soin. Et plus il me parle, plus j'ai envie de tout faire pour le rendre heureux, car un être comme lui ne mérite pas de souffrir… Jamais même.

Les deux jours qui suivent ont la même saveur… Je lui fais visiter la caserne, le quartier, bref, notre territoire avant de lui offrir une glace le temps de notre promenade. Je continue de me dévoiler à lui et doucement, je sens qu'on avance, qu'on va quelque part… Et c'est plaisant. C'est plaisant de voir autre chose que de la peur dans son regard et de sentir que je peux faire quelque chose. C'est con, mais à son contact, je redécouvre presque ce que c'est d'être un bon alpha… D'être celui qui protège et qui veille. Et même si la pleine lune approche à grand pas… À ses côtés mon loup se calme… Baigné dans l'aura de son omega qui revient à la vie, mon loup accepte d'attendre son tour, se contentant d'effleurer mon être pour profiter de Steve… Lentement les choses commencent à s'arranger entre nous et même si je dois encore dormir sur le canapé… Ça ne me dérange pas. Parce que ce n'est pas important… Tout ce qui l'est, c'est qu'il m'accorde doucement sa confiance… Qu'il me laisse s'occuper de lui comme le bon alpha et compagnon que je suis. Alors en deux jours, on mange de la glace, on regarde des films avec des tasses de chocolat chaud et… Et c'est bien. Parce que c'est ainsi que ça aurait dû commencer entre nous… Avec des sourires et pas des baisers forcés.

Sauf qu'aujourd'hui c'est la pleine lune… Enfin cette nuit… C'est celle du changement. Et si d'habitude je ne travaille pas, je n'ai pas franchement le choix sur ce coup-là. Ainsi, je passe ma journée avec l'esprit ailleurs, à me tromper dans les commandes, à grincer des dents et même à râler contre Marlène. Parce que je ne veux pas être là. Je veux être avec ma meute, à préparer la chasse de ce soir, et surtout, avec mon omega, pour qui c'est son premier changement avec nous… Là je en rêve que de l'avoir dans mes bras, le nez dans ses cheveux à simplement profiter de son odeur, de son sourire ou de son rire…  Heureusement mon service se termine assez tôt et rapidement, je passe la porte de mon appartement, retrouvant avec plaisir la compagnie de Steve. Un sourire m'échappe alors que je croise son regard.

"Salut Steve… Le petit-déjeuner était à ton goût ? Et t'inquiètes pas pour moi… C'est juste l'approche de la pleine lune… Ça me travaille… Enfin, ça travaille le loup…."

Je passe une main dans mes cheveux, allant jusqu'à la cuisine pour nous préparer deux tasses de thé.

"Tant mieux si tes affaires sont prêtes… On va devoir partir une bonne heure avant la tombée de la nuit, histoire d'être sur place mais attends… J'arrive…"

J'attends que l'eau ait finit de chauffer pour nous verser deux tasses que j'apporte ensuite au salon, lui en tendant une alors que je m'installe à ses côtés. Je pousse un soupir avant de reprendre, d'une voix douce et calme.

"Alors… Si je t'ai fais faire tes affaires c'est parce que nous, on ne reste pas dans les alentours de la ville pour la pleine lune… Je ne sais pas comment ça se faisant dans ton ancienne meute, mais nous on a l'habitude de quitter la ville pour aller dans la vieille ferme de Clint. Tu verras c'est super… C'est en pleine campagne… La forêt est à deux pas de la maison et si le ciel est clair… On peut même contempler les étoiles…"

Un sourire m'échappe alors que je commence à lui expliquer tout ça, sentant déjà l'odeur des pins et de la terre humide me parvenir. Parce que c'est un endroit que j'aime, presque autant que le loup… Un endroit calme où la meute est bien et où nous formons un tout harmonieux, beau et puissant… Et j'ai envie qu'il fasse parti de tout ça, qu'il découvre notre refuge et qu'il le fasse sien, qu'il laisse son aura d'omega l'envahir et le sublimer. D'instinct mes doigts viennent doucement effleurer sa joue et au travers de notre lien, il doit sentir mon attachement à cet endroit et l'impatience que j'ai de le retrouver.

"Je suis sûr que ça te plaira… Bref… On y va en voiture, tous ensemble et une fois sur place, on laisse nos sacs dans une des chambres de la maison et on se change tous dans le salon… D'accord ? Toute la meute sera là et tu devras te changer devant eux… Mais tu ne dois pas avoir peur, ils ne te feront rien et je resterais près de toi, au cas où… Ça va ?"

J'ai envie que ce soit le cas. Qu'il aille bien, qu'il n'ait pas peur de me montrer son loup… Après tout… C'est la première fois depuis l'incident… Et je veux que son premier changement avec nous se passe bien… J'attends de voir qu'il est rassuré avant d'être tenté de déposer un baiser sur son front, me contentant à la place d'un grand sourire.

"Allez… Termine tranquillement ton épisode, on file ensuite…"

Je termine mon thé et m'assoupis à moitié, sentant le loup tenter de reprendre plusieurs fois le contrôle, profitant de ma faiblesse. Je le repousse et une fois Steve prêt, on décolle tout ensemble. Je le laisse s'installer à mes côtés dans le vieux pick-up que j'utilise pour les soirs de pleine lune et doucement, on se met en route, discutant de tout et de rien pour l'empêcher de s'en faire. Et finalement, après avoir quitté la ville et s'être enfoncé dans la campagne environnante, nous arrivons enfin à la ferme. Je souris doucement et me gare devant la maison, lui glissant un dernier sourire.

"Prêt ? Et Steve… Ça va bien se passer, d'accord ? Je suis là, t'es pas tout seul…"

Je viens doucement chercher sa main que je serre doucement, avant de me glisser hors de la voiture, attrapant nos deux sacs pour retrouver les autres dans le salon. Tous me saluent, ne me cachant pas leur impatience qui transpire sur nos liens. Je dépose nos affaires avec celles des autres et viens ensuite me planter en plein milieu de la pièce, les observant tous s'assoir, me prouvant ainsi leur soumission.

"Comme chaque soirs de pleine lune, je suis là. Je veillerais sur vous et sur vos loups. Ce soir notre omega va chasser avec nous pour la première fois… Et je suis celui qui veille sur lui. Suis-je clair ?"

Hochement de tête collectif.

"Je serais là. Je veillerais. Je protègerais."

Mes pupilles changent et doucement, c'est le loup qui prend le contrôle. Un frisson presque électrique parcourt la meute alors que doucement, la lune commence à pointer le bout de son nez, nous imposant alors notre apparence de loup. Je repousse le mien, observant les autres qui commencent à se déshabiller avant de me tourner vers Steve, me mettant à son niveau pour poser une main sur sa joue.

"Je suis là… Je suis là… D'accord…? Tu peux changer… Je suis là…"

Mes doigts se glissent dans ses cheveux et face à lui, je le protège du regard des autres.
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Jeu 18 Fév - 13:27

 Wolf Like Me


C'est...dingue, comme il faut parfois peu de choses pour aller mieux. Un plat de pâtes. Quelques mots. Une glace. Pas beaucoup plus, juste de quoi me prouver que je comptais pour lui, moi, Steve. Que maintenant qu'il m'avait eu, qu'il avait pris un oméga dans sa meute et qu'il en avait fait son compagnon, il allait pas me mettre de côté, comme on range un vieux pris du concours d'orthographe ou de l'équipe de foot des juniors. Que maintenant que j'étais à lui, le plus gros du boulot était fait et qu'il allait juste continuer sa vie, en se contentant de me filer à manger, un toit et c'est tout. Là, depuis qu'il est enfin venu me chercher, j'ai vraiment l'impression qu'il... qu'il s'intéresse à moi. Qu'il veut me connaître. Me faire plaisir. Je le sens via notre lien, cette envie de me protéger, que je suis précieux, ce que je sentais pas plus tôt. Peut-être que d'une certaine manière ça aide aussi notre lien, qu'on... qu'on se rapproche? J'en sais rien. J'espère. J'aimerais bien que ça continue à bien se passer parce que maintenant, ma vie va être avec lui, au sein de sa meute. La mienne. Juste à le toucher, à faire un pas vers lui, je sens à quel point il est heureux, à quel point ça lui fait du bien, et ça me rassure en me disant que... qu'au fond, il a toujours voulu mon bien, mais il s'y est juste... mal pris. Je rougis, croisant son regard quand il me dit que je suis la chose la plus précieuse pour lui, et je le crois. Je commence à irradier des ondes apaisantes qui se frayent un chemin chez chacun d'entre eux. Je rayonne, un petit peu, comme je le faisais à la maison, quand j'étais juste content de rentrer à la maison après une longue journée au bahut, ou que j'étais tranquillement à dessiner ou lire sur le canapé en écoutant de la musique.

J'en profite aussi pour apprendre à le connaître. Il ne m'a rien dit de lui, alors que ça fait presque une semaine que je suis arrivé, et ça me rassure de... de mettre des informations derrière un simple nom et un visage. J'apprends ce qu'il fait, ce qu'il aime ou n'aime pas, ce qui s'est passé dans sa vie d'avant, et je lui parle de moi aussi. Mes cours, ma vie d'avant, ma mère, Matt... tout ça. C'est bien. Il est plus un étranger, enfin il commence à plus l'être, et ça aussi ça me rassure. On discute beaucoup, on arrive à se faire rire, à se surprendre aussi. Je le vois inquiet quand je lui dis que j'ai pas mal de problèmes de santé, soulagé quand je lui explique que tant que je prends les bons médicaments tout va bien, et autres. Je découvre aussi l'endroit où je vis maintenant. Le quartier, avec ses magasins, ses parcs, ce qu'il y a à voir et à faire, et il m'aide déjà à repérer le trajet pour aller au lycée, quelle ligne de bus prendre et autres. Ca m'aide à me faire à l'idée que c'est ici, ma maison à présent, même si ma meute, et surtout ma mère me manquent beaucoup. Buck m'autorise à l'appeler, et ça me fait aussi du bien de l'entendre sa voix. Je passe les détails de...la nuit où je suis arrivé, pour juste dire que ça va mieux et qu'il s'occupe de moi. Les moments difficiles ont l'air d'être terminés alors je ne veux pas trop l'inquiéter, surtout que ça doit être super dur pour elle aussi, de se dire qu'elle a dû me laisser vivre chez des inconnus juste parce que Fury a passé des accords. On se promet même d'aller boire un café en ville après la pleine lune pour parler de tout ça. Et on raccroche quand elle doit aller travailler, le museau tout humide d'avoir pleuré tous les deux.

J'ai moins peur de Buck aussi. Il fait tout pour que je sois simplement bien. Il me fuit plus, au contraire. Il est toujours à me demander si je veux faire telle ou telle chose avec lui, ce que j'accepte avec plaisir. Il est gentil, attentionné. Il garde ses distances juste ce qu'il faut même si je sens bien qu'il aimerait que... que tout soit simple. Immédiat. Sauf que je peux pas. Pas encore. Je peux pas encore me blottir dans ses bras. Je peux pas l'embrasser. Il en souffre mais... il me dit rien, heureusement. Ca va mieux, mais je peux quand même pas oublier cette nuit. J'ai bien compris qu'il s'en veut toujours d'avoir dû me faire subir ça, j'ai plus peur qu'il me saute dessus et que ça se reproduise, mais il va quand même me falloir du temps pour... pour plus que lui tenir la main par moments. Même dormir avec lui, pour l'instant je... je peux pas...

Le moment arrive où je vais devoir me transformer, et la première fois que ça se passera avec ma nouvelle meute. Je sens Buck inquiet, mais surtout parce qu'il veut que tout se passe bien. Qu'à partir de maintenant il y ait plus aucun souci dans la meute, et surtout entre nous. Alors, je lui fais plaisir en étant prêt la veille, comme il me l'a répété dix fois, et je souris, vraiment content quand il rentre à la maison.

Oui c'était parfait. J'ai pas tout mangé alors j'ai rangé le reste au frigo... Et t'en fais pas, je sens que t'es nerveux, tu le fais pas exprès... Ca allait le boulot?

Je l'écoute en souriant quand il me dit avoir tourné comme un lion en cage toute la journée, et avoir aboyé sur des clients pendant qu'il prépare du thé.

Tu vas finir par planter la tête de quelqu'un dans la machine à expresso... même si j'imagine que certains doivent être de sales cons chiants...

Je hoche la tête quand il m'explique qu'on devra partir tôt et je réponds, l'angoisse montant peu à peu.

Oui oui bien sûr... J'y connais rien donc je... je te suivrai...

Il revient et j'attrape la tasse, remontant un peu la couverture sur mes genoux après l'avoir remercié. Mon sourire s'agrandit quand il commence à parler de la ferme, et à l'écouter ça a l'air vraiment bien. Je ferme les yeux sous sa caresse et penche un peu la tête.

On dirait que t'aimes vraiment cet endroit... J'ai hâte de le voir... Et je... ah on devra se changer... tous ensemble? Je...oui s'il y a pas le choix je... d'accord...

J'aime pas l'idée qu'ils me revoient tout nu. Je leur ai toujours pas pardonné leur impatience à le voir me... me prendre, et le fait que ça leur ait tellement plu. Buck était désolé, eux pas. Et je suis franchement pas enchanté à l'idée de passer le week end avec eux. Même si heureusement, il y aura la période où je serai un loup et eux aussi. Mon coeur bat un peu plus vite alors que je bois une gorgée de thé pour me calmer.

Oui, d'accord... J'ai un peu la trouille mais si tu me dis que ça se passera bien... je te crois.

Je lui jette un regard alors qu'il s'installe près de moi et relance l'épisode que j'étais en train de regarder. Je souris en le voyant piquer du nez et une fois que c'est fini il se réveille et m'annonce que c'est l'heure. Pas très rassuré j'enfile mon blouson et mes baskets, avant de mettre mon sac sur mon dos et descendre avec lui jusqu'à sa voiture. Les autres sont aussi sur le départ, et échangent quelques regards ravis avec Buck. Oui ils sont contents que j'aille mieux. Ils ne sentent plus autant mon chagrin ou ma tristesse. Même si je leur réponds à peine quand ils me disent bonjour, me contentant de m'installer sur le siège passager. Buck me rejoint et on se met en route, quittant la ville et les maisons s'espacent de plus en plus. On discute en chemin, et je me calme petit à petit, même si je commence à sentir que l'heure de me transformer approche. On quitte la grande route, et après quelques minutes sur un chemin défoncé on arrive devant une vieille bâtisse en bois avec un hangar. Tout le monde s'arrête, je prends mon sac et prends quelques minutes pour sentir le parfum de la forêt la nuit, l'herbe humide, écouter le bruit du vent... avant de rentrer. J'écoute Buck qui fait son discours, qui répète son serment d'alpha, et à peine il a terminé qu'ils se mettent tous à poil. A les voir, ils ont l'habitude, et se deshabillent tout en parlant de tout et de rien. Moi je me planque derrière un canapé pour faire glisser mes fringues, gardant un drap de bain enroulé autour de moi. Et ça commence. Cette démangeaison, d'abord, et le souffle qui devient court. Je retombe à genoux et sens la main de Buck qui caresse ma joue et mes cheveux tout en me rassurant, alors que je gémis doucement quand mon corps change. Je lui jette un dernier regard avant que ce soit le trou noir.

C'est un très jeune loup, à peine plus âgé qu'un louveteau qui émerge du drap de bain. Il s'étire et s'ébroue avant de renifler le tissu qui l'entourait, et penche la tête en observant Buck de ses yeux vairons. Il avance timidement un pas, puis deux, en direction des doigts de l'alpha, avant de battre de la queue en léchant le bout de ses doigts. Puis il s'approche encore et commence à mordiller ses lacets, tirant dessus.



FICHE PAR SWAN.
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Jeu 18 Fév - 18:24
Howling for You.
Un gémissement lui échappe et peiné, je retire ma main. Je sais à quel point les premiers changements sont douloureux et désagréables…  Je me souviens que la première fois, j'avais hurlé comme un possédé, à sentir mes os craquer et mon corps changer… Je me souviens que j'aurais préféré mourir que de revivre ça et si avec le temps j'ai finis par m'y habituer… Je comprends sa douleur sans pour autant ressentir cette envie de le prendre contre moi et de le bercer en lui murmurant que ça va aller… Parce que ça ira… Ce n'est qu'un mauvais moment à passer, après, avec le temps, on s'habitue aux picotements, aux démangeaisons et aux douleurs… Avec le temps on finit par accepter le changement. Je croise un dernière fois son regard avant de croiser celui de son loup qui prend doucement sa place et je ne peux retenir un sourire…  Parce qu'avec son loup, ils partagent les mêmes pupilles vairons… Lentement il commence à changer sous mes yeux et avec une certaine inquiétude, j'attends de rencontrer son loup. Est-ce que lui aussi m'en voudra ? Ou aura peur de moi… ? Tant de questions et d'angoisses qui font rage au sein de mon être tandis que Steve laisse place à un petit louveteau au pelage roux et fragile. Un léger sourire se glisse sur mes lèvres et au sein de mon esprit, j'entends l'animal soupirer. Si jeune, si faible… Je sais, c'est aussi ce que je me suis dis quand son ancienne meute nous l'a confié. Je l'observe émerger de son drap de bain qu'il renifle avec attention, souriant un peu plus quand il croise mon regard. Si fragile, si petit… Il fait un premier pas vers, puis un second et doucement, je lui offre ma main, murmurant pour lui.

"Tout va bien… Je ne te ferais pas de mal…"

Sa truffe humide vient effleurer le bout de mes doigts et une fois rassuré sur mon identité, il se met doucement à les lécher, battant de la queue comme le chiot tout heureux qu'il est encore. Il nous aime bien. Je le veux. Le loup revient à la charge et avec insistance, commence à presser contre mon être, ne voulant qu'une chose: rejoindre son omega. Je soupire doucement, esquissant un léger rire quand le loup de Steve commence à s'attaquer aux lacets de mes chaussures.

"Eh doucement… Doucement… J'arrive…"

Du bout des doigts je tente de repousser ses petites dents, défaisant alors mes rangers avant de me débarrasser du reste de mes vêtements, qui terminent sur le canapé en un tas rapide. Je frissonne alors que je me retrouve complètement nu face au louveteau qui déjà continue de découvrir tout ce qui l'entoure. Je sens le reste de la meute autour de moi, et après un dernier soupir, je ferme les yeux, laissant le loup reprendre ma place. Sa conscience envahit rapidement la mienne et un gémissement m'échappe quand cette affreuse sensation de démangeaisons commence à courir sur mon échine. Mon souffle se fait plus court et alors que je sombre dans l'inconscience, je rêve simplement de m'arracher la peau, simplement pour que tout ceci cesse.

Tu ouvres les yeux et la première chose que tu cherches, c'est ton compagnon, ton petit omega si faible. Tu pousses un long soupir et te relèves, t'ébrouant rapidement avant de faire claquer tes dents. Tu le veux à tes côtés, simplement pour pouvoir le protéger, car contrairement à James… Tu as sentis que quelque chose était différent au sein de ta meute. Tu as sentis que certains n'avaient pas fermés les yeux sur votre moment de faiblesse. L'idée même qu'on puisse tenter de te défier te fait retrousser les babines mais au moment même où tu vois ton petit omega, tu te calmes. D'un pas lent et plutôt tranquille tu t'approches de lui, glissant ta truffe dans la fourrure duveteuse de son cou. Tu pousses un long soupir satisfait, t'enivrant de l'odeur de ton omega. un jappement lui échappe et tu laisses vos truffes s'effleurer doucement. Un autre long soupir t'échappes alors que tu viens doucement lui donner un léger coup de museau, lui faisant ainsi comprendre de te suivre. Tu émerges de votre cachette et contemple du regard ta meute qui attendait ton arrivée. Tu t'avances et comme à chaque fois, tu as une petite attention pour eux. Tu mordilles doucement l'oreille la louve alpha, laisse son compagnon te donner des petits coups de patte joueurs et ainsi de suite… Puis tous commencent à s'approcher de ton omega, voulant simplement découvrir et se lier avec le petit loup qui chasse pour la première fois avec eux. Ton poil s'hérisse quelque peu et à contre-coeur, en restant derrière ton compagnon, tu laisses les autres membres de la meute l'apprivoiser. Tu observes le petit omega parfois japper, battre de la queue ou même donner de légers coups de patte aux autres. Tu laisses la meute se bercer de son aura et finalement, une fois les présentations faites, tu t'ébroues une fois de plus, quittant la maison pour de bon, le reste de la meute sur tes pas. De l'épaule tu ouvres la porte qui était restée entrouverte et avec plaisir, tu sens le vent de cette nuit encore jeune caresser ton pelage. Tu humes l'air et l'odeur des pins, de la terre et de la pluie t'enivres, ne faisant qu'accroître ton envie de courir et de chasser. Tu veux laisser tes pattes s'enfoncer dans l'humus, tu veux sentir ton coeur battre comme si il allait exploser et surtout, tu veux vivre avec ta meute comme vous devriez le faire. Tu veux être sauvage, être loup… Tu veux chasser, manger, hurler à la lune… Sur le pas de la porte et silencieusement, tu réclames enfin la liberté que l'humain te refuse souvent. Tu sautes les quelques marches du perrons et jappe doucement pour que le reste de la meute te rejoigne. Chose qu'ils font plus ou moins vite. Tu les observes se regrouper autour de toi et d'un grondement léger, tu les laisses partir, les observant s'enfoncer dans les bois alors que tu restes à attendre ton petit omega qui de sa démarche encore maladroite te rejoint.  Tu t'ébroues doucement et commence à faire quelques pas, ta truffe au sol attendant qu'il soit à tes côtés pour faire un pas de plus. Au travers de votre lien, tu sens que tu n'es pas la seule chose qui attire son attention, non tu peux voir qu'il est comme un jeune chiot : plus intéressé par les insectes qui rampent par terre ou par les feuilles qui dansent face au vent… Et toi, tu restes non loin, à l'observer, à lui donner des petits coups de museau quand il est par terre, à lui donner quelques coups de langue quand il tente de mordiller tes babines… En temps normal… Tu t'agacerais rapidement qu'un autre loup se comporte ainsi… Mais avec lui tu as une patience infinie, pour lui, tu accepterais n'importe quoi. Il est ton compagnon, ton omega, et la chose la plus précieuse à tes yeux. L'air frais de la nuit continue de caresser ta fourrure et avec un soupir, tu le suis, trottinant et veillant sagement sur lui. Tu le regardes tomber, trébucher par moment, sautiller et claquer des dents face à une bestiole qu'il pensait être capable d'attraper. Pas grave te dis-tu, tu lui apprendras à être un aussi bon chasseur que toi… Tu seras là pour tout lui apprendre… Pendant de longues minutes, vous avancez simplement tout les deux, vous enfonçant lentement dans les bois et alors qu'il sautille tout autour de toi, jappant en essayant de te mordiller, un hurlement se fait entendre. Tu tends l'oreille et reconnaît ta louve alpha. Ils approchent… Ils reviennent vers vous. Tu lèves la truffe et commence à hurler à ton tour, t'arrêtant quand tu entends ton compagnon essayer de te suivre. Presque amusé tu lui donnes un gros coup de langue sur le sommet du crâne, te disant que ça aussi, il faudra lui apprendre. La louve apparait et doucement tu pousses du bout du museau ton omega, lui faisant comprendre qu'il faut y aller. À ton tour tu la rejoins et après quelques mètres à parcourir au milieu des branchages et du reste… Tu retrouves le reste de la meute autour des restes d'une biche. Tu montres quelque peu les crocs et d'un pas lent, tu t'approches de la carcasse fraîchement tuée. Sans attendre tu commences à manger, laissant ton museau et tes crocs s'enfoncer dans la chair de l'animal, et avidement, tu commences à dévorer sa chair. Et c'est seulement quand tu le décides que les autres te rejoignent. L'omega semble hésitant et doucement, tu tires sur votre lien, l'invitant à te rejoindre. Ta truffe ensanglantée vient effleurer la sienne et d'un coup de museau, tu le pousses vers la carcasse. Il doit manger… Se nourrir, être fort. Tu veux qu'il le soit… Tu veux qu'il soit un omega en bonne santé. Tu veux le voir grandir, fort et heureux tout contre toi. Tu attends qu'il commence à manger avant de reprendre à ton tour… Et quand rassasié tu es, tu t'éloignes un peu, surveillant la meute alors que tu t'allonges dans l'herbe, te léchant les babines. Ta meute. Ils vont bien. Ils sont heureux… Et c'est grâce à toi. Ton regard de glace se pose sur ton omega et tu pousses un soupir.  Tu es fort donc ils le sont. Tu es un bon alpha, contrairement à ce que peut penser l'humain. L'omega en est la preuve. Il est heureux avec toi… Parce que tu fais bien, parce que tu es fort pour deux.
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Ven 19 Fév - 15:28

 Wolf Like Me


Le loup observe avec attention l'humain qui se tient face à lui, ses grandes oreilles pendant encore un peu quand il bouge la tête. Il s'approche pas à pas, un peu intimidé par la grandeur du monstre face à lui, mais assez courageux pourtant pour tendre le museau et le renifler, avant de lui lécher les doigts. L'odeur lui dit quelques chose. Quelque chose de bon, mais sans trop savoir comment. Ni pourquoi. Peu importe, il est bien trop jeune pour se poser tant de questions, et surtout, pour se méfier. Tout le monde est gentil tant qu'on ne lui fait pas de mal après tout. Puis quelque chose d'autre attire son attention : les lacets. Chose bien curieuse pour un petit louveteau dont c'est la troisième transformation. Ces fils qui pendant l'intéressent, et bientôt il tente de les attraper, donnant de petits coups de patte maladroits sur la chaussure, avant de gronder doucement quand ses petits crocs ont attrapé quelque chose et qu'il tire dessus. Ce n'est que quand l'humain le repousse qu'il s'écarte, revenant quand même tenter sa chance deux ou trois fois pendant que l'humain ôte ses pieds des chaussures. A peine abandonnées, le loup se précipite dessus, se laissant retomber sur le parquet et mâchouillant les lacets avec délice. Il ne s'arrête qu'en entendant Buck gémir et soupirer, le faisant se remettre sur ses pieds et se terrer derrière un fauteuil, avant de passer la tête timidement une fois que les bruits ont cessé. Un pas, puis deux, quand il se retrouve face à un loup immense qui le fait reculer de quelques pas, trébuchant sur un bout de tapis pour atterrir sur le dos, les quatre pattes en l'air en signe de soumission.

Le louveteau est inquiet. Le loup est immense, beaucoup plus fort que lui, et il a peur qu'il lui fasse du mal. Heureusement il ne fait que s'approcher, renifler sa fourrure pendant que l'autre jappe en battant l'air de ses grosses pattes. Les deux se reniflent attentivement avant que le grand loup ne le pousse doucement. Le petit se remet sur ses pattes, glissant un peu sur le parquet, avant de suivre son alpha jusqu'aux autres. Encore une fois il a peur. Peur d'être entouré par tous ces loups adultes qui sont tellement plus grands que lui. Il se laisse encore rouler sur le dos, en geste de soumission, le temps que chacun le renifle et l'accepte. Il se redresse ensuite et donne de petits coups de truffe à tout le monde, avant que tout le monde se dirige vers la porte entr'ouverte. Un pas, puis un autre et le voilà dehors, à poser ses pattes sur le chemin en gravier et l'herbe du jardin. Il relève la tête en voyant les autres détaler dans les bois, mais des choses beaucoup plus intéressantes occupent son museau, comme des odeurs inconnues, ou des lucioles qui flottent paresseusement dans les buissons, et qu'il essaie d'attraper sans y arriver. De temps à autres il se tourne, et semble content de voir son alpha près de lui. Il découvre la forêt et la nuit, toutes ces odeurs, ces choses que l'humain ne saura pas. Ne devinera même jamais. Après tout, c'est encore un louveteau. Un petit louveteau. Petit à petit le loup le guide dans les profondeurs de la forêt et le petit bondit autour de lui, lui mordille les babines en jappant, follement heureux.

Puis la louve arrive, ainsi que les autres. Le grand loup se met à hurler à la lune, et le petit le regarde, impressionné, avant de tenter de faire la même chose. Mais c'est un cri aigu et encore incertain qui sort de sa gorge, le faisant même retomber dans les feuilles quand il tente de basculer sa tête trop en arrière. Avant de battre de la queue sous le coup de langue de son oméga, et se glissant entre ses pattes pour lui mordiller la gorge, tout content. C'est ensuite la découverte d'une biche. Le louveteau observe le grand loup s'approcher de la carcasse et se servir, enfouissant son museau dans le ventre tendre, et manger en fouillant, dans un bruit mouillé. Après de longues minutes il se recule, la truffe maculée de sang et vient le chercher. Petit à petit le petit s'approche, et commence à grignoter un peu de chair encore chaude du bout des crocs, plus pour lui faire plaisir que par vraie faim. Mais petit à petit il se prend au jeu, et son estomac se réveille. Il mange avec appétit, sa queue battant au milieu des autres, tout content.

Le reste de la nuit se passe ainsi, en découvertes, jeux, hurlements et courses entre les arbres, jusqu'au moment où la nuit devient plus claire. L'alpha les ramène tous à la maison et referme la porte d'un mouvement de la truffe. Le feu allumé avant de partir brûle toujours et il s'installe près des pierres chaudes, l'invitant à venir le rejoindre. Le louveteau se glisse contre la fourrure noire de l'alpha, et lui lèche une dernière fois les babines avant de bailler et de poser son museau entre ses pattes, fatigué et le ventre plein.

J'ouvre les yeux et je mets quelques secondes à réaliser pourquoi je suis tout nu sur du parquet. Et en voyant mes mains sales de boue, je me rappelle. La transformation. Y'a aucun bruit dans la pièce, et je me redresse un peu. C'est seulement là que je sens un bras autour de ma taille. Je sursaute, me tourne un peu et vois Buck, profondément endormi, du sang séché autour de la bouche, de la boue sur les bras et les jambes et surtout...nu. Tout contre moi. Ok euh... même si je sais qu'il s'est rien passé je... c'est beaucoup trop gênant. Très doucement je me glisse hors de ses bras, priant pour qu'il se réveille pas avant que je me sois enfui, et rampe derrière le canapé pour attraper mon drap de bain sans qu'on me voie. Heureusement, tout le monde dort. Je soupire, un peu rassuré et un peu caché surtout, quand je me redresse. J'attrape mon sac à dos et file à la salle de bains qu'on m'a montrée hier. Je ferme la porte et grimace quand je vois qu'il y a pas de verrou. Bon, quand on entend de l'eau, c'est un signe que c'est occupé non? Je pose mon sac, sors un tshirt et un jean, et je sursaute en croisant mon reflet dans la glace. Moi aussi j'ai du sang séché autour de la bouche. Il faut croire que j'ai mangé... Je retiens un haut le coeur alors que j'allume l'eau de la douche, pour la faire chauffer. Et pendant ce temps là je cherche mon gel douche et mon shampooing, quand j'entends la porte s'ouvrir.

Euh...je...j'y suis. Mais j'ai bientôt fini. Y'a pas de verrou...et...

Je me retourne et sursaute en voyant Rumlow. Je sais pas dire pourquoi mais il m'a toujours fait peur. Vraiment. Il y a quelque chose qui me dérange chez lui. Dans son regard. J'ai franchement la trouille alors que je serre un peu plus mon drap de bain autour de ma taille.

Tu...tu peux me laisser s'il te plait?
Eh ben alors Steve... c'est pas gentil de repousser les membres de sa meute...
Rumlow, je veux juste prendre une douche, alors... s'il te plait.
Je sais vraiment pas ce que Buck te trouve...


Je hausse un sourcil, sans comprendre.

Co...comment ça?
La seule raison pour laquelle il t'a réclamé comme compagnon c'est que tu es un oméga.
Toi aussi tu as voulu le faire mais tu as perdu. Tu peux me laisser s'il te plait?
Oui mais je déteste perdre. J'aurais dû t'avoir. Tu devrais être à moi.
Je...je suis à Buck maintenant. Laisse moi tranquille.
Tu voudrais pas être à moi? Mon oméga? Buck est faible, et je veux prendre sa place. Tu serais à mes côtés.
Je...non. Je veux pas. Je...Buck est mon compagnon!
Plus pour longtemps.


Avec un sourire mauvais il s'approche de moi et je recule jusqu'à me retrouver dos contre le meuble de salle de bains. Je lève les yeux vers lui et je tremble quand je vois sa main s'approcher de ma taille. Il attrape le drap de bain, et j'essaie de l'en empêcher mais il est plus fort que moi, et il l'envoie voler par-dessus son épaule. Par réflexe je pose mes mains entre mes cuisses.

Dégage d'ici! Sors!
Je comprends vraiment pas comment on peut avoir envie de toi. Mais je fermerai les yeux en imaginant que je saute Natasha...


Il a un rire rauque et vient tout contre moi. Je commence à me débattre mais il me colle une gifle qui m'étourdit, et j'arrive à peine à comprendre ce qui se passe qu'il m'a tourné pour que mon ventre soit contre le meuble. C'est là que je commence à avoir envie de vomir, et j'essaie de gesticuler comme je peux, sauf que je peux à peine bouger. Il me tient trop fort. Mon coeur tambourine dans ma poitrine et je commence à sangloter quand je l'entends ouvrir la braguette de son jean, son énorme main plaquant toujours ma nuque en avant.

Non...non arrête! Arrête putain! Je veux pas! Je veux pas! Arrête!




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Dim 27 Mar - 21:10
Howling for You.
Allongé dans l'herbe, à lécher tes babines, tu observes ta meute, sentant via les liens qui te relient à chacun d'entre eux qu'ils vont bien. Tu sens ton omega être heureux et les autres être rassurés. Un long soupir t'échappe, puis un bâillement. C'est ça que l'humain ne voulait pas comprendre ou percevoir. Tu ne voulais pas sortir simplement pour montrer tes crocs et tes griffes. Tu voulais simplement restaurer l'équilibre dans la meute. Tu voulais maîtriser le chaos et ainsi te calmer. L'humain pense que tu ne veux que violence et sang, et si parfois il est le seul à te comprendre, il sait aussi se tromper à ton sujet… Parce qu'il a peur. D'une certaine façon, l'humain a peur de l'alpha que tu es. Il a peur des décisions que vous prenez tout les deux. Lui considère que vous êtes deux entités dans le même corps et tu penses la même chose. Humain et loup. Un tout qui forme un être complet. Et si souvent vous êtes d'accord sur ce qu'il faut faire… Parfois tu as la fâcheuse tendance à vouloir l'influencer… Et c'est ta violence qui lui fait peur. Cette violence qui le jour de votre première lune, t'a fait attaquer ton alpha qui était aussi ton père. Qui t'a fait sortir les crocs et te jeter sur lui, essayant de lui prouver que tu n'étais pas faible et que toi, on ne pouvait t'enfermer. Tu avais simplement voulu prouver ta valeur. Tu ne voulais pas qu'on t'enfermes, tu voulais être libre. Mais l'humain a eu peur de toi. À son réveil, quand il s'est retrouvé à ta place, enfermé dans la cave et attaché, il avait hurlé, ne comprenant pas pourquoi il était blessé et seul. Les autres lui avaient expliqué et c'est à partir de ce moment-là que tout avait commencé à être compliqué entre vous. C'est une confiance qui repose sur la crainte de l'autre. Lui a peur que tu le fasses complètement basculer dans une violence permanente, une violence qui si elle te plait, lui le révulse. Et toi, tu as peur qu'il t'enferme, qu'il tente de maîtriser l'esprit libre et sauvage que tu es. Dans le fond, tu voudrais simplement que vous viviez en harmonie. Qu'il accepte la violence qui fait part de votre être. Si il comprenait que parfois, montrer les crocs n'est pas une mauvaise chose, vous pourriez être un alpha et un dominant tellement plus puissant. Vous pourriez être un tout. Un alpha sans faille. Juste mais ferme. Un alpha suffisamment puissant pour protéger ton omega. Celui-ci, d'ailleurs, s'approche doucement de toi, et quand il est à ta portée, tu viens doucement lécher le bout de son museau, goûtant le sang sur sa fourrure. Tu aimes le sentir si bien tout contre moi, et surtout avec toi. Ici tu ne sens ni crainte, ni tristesse de sa part. Là tu le sens heureux et désireux de tout découvrir avec toi. Chose que tu veux faire. Tu le laisses mordiller par jeu tes babines, ne les retroussants que pour lui faire comprendre qu'il est temps d'arrêter. Tu te relèves, t'ébroues et tu décides qu'il est temps de bouger. D'un puissant hurlement tu rassembles les autres et commence alors le moment que tu préfères le plus. Celui où vous courrez dans la forêt, jouant, hurlant sur votre territoire. Et quand la nuit commence à se faire plus faible, se laissant dévorer par l'astre solaire qui souhaite reprendre sa place, tu estimes qu'il est temps pour vous de rentrer. Une fois de plus tu les rassembles et une fois que tu es sûr que ton petit omega est avec toi, tu les guide jusqu'au chalet, poussant la porte du museau pour la refermer une fois que tu es sûr que tout le monde est bien là. Puis d'une démarche tranquille, tu t'approches du feu qui ronronne doucement dans l'âtre, te couchant devant celui-ci en poussant un long soupir. La nuit commence à mourir et doucement, tu sens la fatigue t'envahir, bien sûr tu aimerais que celle-ci dure un peu plus longtemps, mais ce qui te rassures, c'est de savoir que tu pourras toujours veiller sur lui au travers de yeux de l'humain. Les pierres sont chaude sous ton ventre et d'un jappement tu fais comprendre à ton compagnon de te rejoindre. Tu le veux contre toi. Dans un besoin presque égoïste, voir possessif, tu veux simplement t'endormir tout contre lui. Il s'approche et sans hésiter, il vient se glisser tout contre toi, comme l'humain pouvait le faire. Tu viens lui donner un coup de langue affectueux, soupirant de plaisir quand il te rend ton attention, s'allongeant ensuite pour somnoler contre toi. Pendant de longues secondes, tu le gardes simplement contre toi, passant une patte autour de lui, comme pour bien rappeler qu'il est à toi. Tu soupires une dernière fois, ferme les yeux et doucement, tu somnoles à ton tour, sentant ta conscience s'étioler au fur et à mesure que la nuit décline.

Seulement tout ne va pas bien quand j'ouvre les yeux. Je ne devrais pas ressentir ça. Ni même ressentir quoi que ce soit. Le loup devrait être calme et au repos pour la journée… Et là… Je l'entends hurler, gronder, pressant contre mon être au point que je sens mes muscles se tendre et ses crocs revenir dans ma bouche. Quelque chose remonte dans ma gorge et c'est quand le grondement traverse mes lèvres que j'en comprends le sens.

"À moi."

J'ouvre brusquement les yeux, pris à la gorge par la peur qui remonte le long de mon lien avec Steve. Il a peur. Peur. Mal. Et autre chose. Un cocktail puissant qui fait se serrer mon coeur avec violence et qui me fait montrer les crocs. Le loup hurle au fond de mon être, répétant sans cesse que l'on touche à ce qui nous appartient, qu'on touche à notre omega, à notre compagnon. Mes ongles raclent les pierres du plancher alors que je sens mon coeur battre furieusement dans ma poitrine. D'un bon je me relève et subitement, je comprends que je ne suis pas celui qui décide ce que je fais. Aveuglé par la rage, je suis l'odeur de Steve, défonçant d'un coup d'épaule la porte de la salle de bain pour y découvrir une scène qui me fait totalement perdre l'esprit.

Rumlow, qui tente de me voler mon Steve.

Mon Steve. Un autre hurlement m'échappe, plus violent, plus animal encore que le précédent et sans tenter de comprendre, je me jette sur Rumlow, plongeant mes crocs dans sa gorge, lui arrachant un cri alors qu'il lâche enfin Steve. Je le tire en arrière, déchirant sa chair. En un grondement il tente de me faire lâcher prise, mais puissant dans la force du loup, je le plaque au sol, le chevauchant pour l'empêcher de bouger. Le traître commence à me frapper mais j'encaisse sans broncher. Si ses coups fêlent mes côtes, je ne sens rien. Si il me blesse, je m'en fous. Tout ce qui compte c'est qu'il paye. Qu'il paye pour sa trahison, pour sa tentative de me voler mon omega, mon compagnon, pour qui je me saigne. Je lui assène un premier coup, sentant le loup se mêler à mon conscience. Ses pupilles apparaissent dans les miennes, alors que se sont toujours ses crocs qui remplacent mes dents. En cet instant de rage pure, nous ne faisons qu'un… Il n'y a qu'ainsi que nous ne faisons qu'un. Ce n'est qu'ainsi que nous nous entendons. Un monstre qui montre les crocs pour tuer ceux qui ne marchent pas avec lui. Je suis un monstre. Un monstre qui actuellement massacre à mains nues un de ses bêtas. Oui, gronde le loup, mais un traître qui voulait voler notre compagnon et qui ensuite aurait cherché à nous tuer pour prendre notre place d'alpha.

"Traître ! Mon… Omega !"

Son sang commence à recouvrir mes phalanges, à éclabousser mon visage et sur mes cheveux alors qu'en choeur avec le loup, je hurle sur l'homme quasiment inconscient qui gît sous moi. Je le veux mort. Mort. Il a osé toucher à mon Steve.

"Mon ! Steve !"

Je hurle à nouveau, sentant soudainement que je ne suis plus seul. Le monde extérieur se rappelle à moi sous la forme de Sam qui vient passer ses bras sous mes aisselles, me forçant à lâcher prise. Je me débat, le sang roulant le long de mon menton alors que je hurle, posant enfin mon regard sur Steve. Et c'est là que je l'entends Steve pleurer, Natasha le rassurer et Sam tenter de me calmer. Le loup continue de gronder en moi alors que je tente de me calmer, tirant sur mon lien avec Steve, lui envoyant une vague rassurante. Je suis là, je suis là mon omega. Un sanglot m'échappe alors que je me débats de plus belle.

"Lâche-moi… Lâche-moi… Il a besoin de moi…. Je dois aller le voir… Steve…."

Mais Sam ne me lâche pas, au contraire, il continue de m'éloigner de mon omega, me faisant quitter la salle de bain pour me traîner jusque dans la buanderie. Des larmes commencent à couler le long de mes joues et à mon plus grand regret, je sens que le loup pleure avec moi.

"Je dois le voir… Lâche-moi… Je dois…
- Buck… Du calme… Tu es en train de changer… Du moins d'essayer… Calme-toi…
- Je dois le voir… Je dois le voir…."

Je gronde doucement et quand il me lâche, je sens que je tente de changer… Chose qui est impossible après une pleine lune. Pourtant le loup tente de s'échapper, de briser à nouveau mon enveloppe charnelle. Je tombe à genoux, gémissant de douleur alors que je sens Sam tenter de me calmer au travers de notre lien. Mes ongles s'enfoncent dans la moquette et je finis par simplement éclater en sanglot, sentant qu'on me retire mon Steve. Sam pose une main sur mon épaule et pour une fois, je le laisse faire.

"Tout va bien… Natasha et Clint l'emmènent à l'hôpital… Rumlow aussi… Tu pourras retrouver ton omega… Mais d'abord… Calme-toi… Tu ne pourras l'aider que si tu te calmes… Laisse James revenir."

Je gronde et relève brusquement la tête l'attrape par le col de son t-shirt, grondant d'une voix qui n'est pas la mienne, me faisant subitement comprendre que depuis tout à l'heure… C'est le loup qui parle.

"James… Faible."

Je montre les crocs avant de m'essouffler, sentant que le loup veut en faire trop. Il ne peut pas prendre ma place… Pas aujourd'hui… La conscience du loup finit par s'effacer, laissant mes pupilles redevenir humaine et mes dents remplacer ses crocs. Sam me rattrape et m'empêche de tomber, attrapant une couverture pour m'enrouler dedans. Je tremble et murmure.

"Que…
- Doucement. Ils vont à l'hôpital… Steve a fait une grosse crise de panique…  Mais il est en sécurité… Personne ne va vouloir te le voler… Et Rumlow… Il était dans un sale état… T'as faillis le tuer Buck…"

Il a peur de moi. C'est pour ça qu'il n'attaque pas et qu'il essaye simplement de me calmer. Il tente d'apaiser le monstre qui n'hésiterait pas à le tuer. Ma meute ne me respecte pas… Elle me craint, comme si j'étais le Grand Méchant Loup. Je ferme les yeux et pousse un soupir, murmurant difficilement.

"Aide-moi à me préparer… Je dois aller à l'hôpital."
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Lun 28 Mar - 9:35

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Cette nuit c'était...bien. Je saurais pas l'expliquer vu que mon loup est beaucoup moins présent que celui des autres membres de la meute, que chez moi il est plus discret, et je le sens à peine à part quand la pleine lune approche. Là, c'est comme une démangeaison, une sorte d'impatience nerveuse, le sentiment que quelque chose se prépare et que ça va se passer bientôt. Moi je me souviens pas de ce qui se passe pendant une transformation. La seule façon que j'ai de me renseigner, c'est demander aux autres, et qu'ils me racontent. Et les deux fois où je me suis transformé, on s'est gentiment moqué de moi parce que mon loup est encore tout petit, mais adorable, d'après eux. Là, en traversant le salon où les sept corps nus de la meute sont installés un peu n'importe où je sens que... que ça va mieux, entre eux aussi. Entre nous. Je sens plus précisément ce qu'ils ressentent, et que nos liens sont plus forts. Comme si cette première transformation ensemble avait aussi aidée à souder un peu les membres, et à m'aider à me faire une place. Je leur en veux encore, mais il règne une sorte... d'harmonie qui était pas aussi présente ces derniers jours.

Je file dans la salle de bains avant que tout le monde se réveille, et je crains déjà d'avoir à les voir tous tout à l'heure, à devoir supporter les "Salut Steve tout va bien?'' alors que j'ai juste envie de hurler que ça va un peu mieux mais que c'est pas grâce à eux. Enfin, là j'ai surtout envie de me doucher, d'enlever le sang et la boue, et de m'habiller. Sauf que non. Sauf qu'au moment où je pensais que tout ce cauchemar allait enfin se terminer, où j'allais enfin simplement prendre plaisir à rester avec Buck, à le découvrir encore, à m'habituer à vraiment vivre avec lui, avec nos journées où il irait bosser pendant que je serais en cours, et qu'on se retrouverait le soir pour se raconter notre journée et regarder une série. Non. Une tuile me tombe encore une fois au coin de la gueule et là, à l'instant où je sens qu'il me presse contre le lavabo, que sa main énorme me bloque la nuque, et que j'ai compris ce qui va m'arriver, j'ai juste envie de mourir. D'arrêter tout ça. Pas ça en plus de tout le reste non. Je me débats comme je peux, je hurle, mais il est tellement grand et fort, et surtout, les autres dorment. Je l'entends baisser son jean et je grimace, le coeur au bord des lèvres, quand il est en train de se "préparer", la main sur son membre. C'est qu'une question de secondes avant que... avant que je sois encore une chose, quelque chose qu'on utilise sans qu'on me demande mon avis. J'aurais envie de mourir, juste là, avant qu'il me fasse du mal, avant qu'il me salisse, et je sens des larmes rouler le long de mes joues sales. Heureusement la porte s'ouvre et une seconde plus tard je suis libre. Je tombe à genoux, les jambes trop faibles pour me porter et par réflexe je rampe jusqu'à la douche, le plus loin possible d'eux. J'entends leur bagarre, j'entends leurs hurlements alors que je suis recroquevillé contre le carrelage froid, les mains sur les oreilles, et la gorge qui commence à se fermer de plus en plus. Non. Putain en plus de tout ça, une crise. Non... non...

Je sursaute à chaque coup qu'il porte à Rumlow, entendant ses hurlements de rage et le bruit mou de ses poings sur sa chair défoncée, mais bientôt seul le bruit de ma respiration sifflante envahit mes oreilles, et j'entends rien d'autre. Je sens rien d'autre à part ma gorge qui se resserre, et que je respire de plus en plus mal. Chaque gorgée d'air est une bataille, une lutte, et je sens que je perds. Et je continue de trembler et de pleurer sans pouvoir contrôler ce qui se passe. J'ai juste mal, j'ai juste peur. Puis je sens des mains sur moi. Je me débats comme je peux, mais je suis incapable de parler, encore moins de hurler. Je veux pas qu'on me touche. Je veux pas. Je veux pas qu'on me fasse encore du mal. Je veux pas qu'on me blesse encore. Je veux pas qu'on m'utilise encore. Sauf que je suis trop faible, et même si j'essaie, on me tire de la douche et je sens qu'on m'enroule dans un tissu épais et doux. Puis on me sort de là. Je me débats juste pour respirer, pour pas mourir, pour attraper à chaque fois encore un peu d'oxygène mais c'est à chaque fois plus dur. Et à chaque fois j'ai moins d'air qui entre dans mes poumons.


Steve, respire mon grand. C'est terminé. C'est terminé... respire. Putain Nat, il nous fait quoi? Une crise de panique?
Non c'est plus grave que ça. Buck m'a dit qu'il était asthmatique.
Putain de merde. Mais il a pas de médocs?
J'en sais rien. Fouille son sac, je reste avec lui.


On me dépose dans un fauteuil, et je sens juste une main qui serre la mienne. Je m'y raccroche, la serrant de toutes mes forces pendant que je lutte pour respirer, même un peu. C'est long. C'est un siècle avant que Clint revienne enfin, et pendant ce temps Tasha me parle, sauf que je fais pas attention. J'essaie juste de me concentrer sur mon souffle et rien d'autre. Puis on approche quelque chose de mes lèvres, et je reconnais la forme. J'ouvre la bouche et Clint appuie deux fois. Je sens le liquidé vaporisé dans ma gorge, et je compte lentement les secondes. Sauf qu'au bout de dix, ça a toujours pas marché. Rien. la crise est trop grosse et ça suffira pas. Mon coeur bat si fort qu'il tambourine à mes tympans et je m'accroche plus fort à Tasha, croisant enfin son regard. Ca marche pas. Ca marche pas! Je voudrais hurler mais je peux même pas parler, et heureusement elle a l'air de lire la panique dans mon regard parce qu'elle ordonne à Clint de m'emmener dans la voiture.

On me soulève encore, et je sens qu'il fait plus frais. La portière. Le siège. La voix de Tasha, celle de Clint. Le moteur qui s'allume. On roule. Une voix qui demande des lingettes. Quelque chose d'humide sur le visage. Plus rien.

Quand j'ouvre les yeux je suis tellement fatigué... Je cligne des paupières et regarde autour de moi. C'est pas ma chambre. On est pas à la maison. C'est...c'est l'hôpital. Et puis je me rappelle. Je promène mon regard sur la pièce avant de murmurer faiblement.


Maman...


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Mer 20 Avr - 19:35
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Il a peur. Mon bêta a peur. Il me craint comme le monstre que je suis, posant avec hésitation sa main sur mon épaule qui ne cesse de trembler alors que plusieurs fois, je me retiens de vomir, sentant tout de même la bile me laisser un goût amer sur la langue. Un soupir m'échappe quand je resserre un peu plus la couverture autour de mes épaules. La tête me tourne encore et pourtant, je ne pense qu'à une chose : aller chercher Steve. Je dois aller à l'hôpital, je dois retrouver mon petit omega et lui dire que ça ne se reproduira plus… Je dois le rassurer, je dois être là pour lui…

"Steve…"

Je murmure doucement son prénom, cherchant à tirer sur notre lien. De tout mon coeur je tente de lui envoyer tout l'amour que j'ai pour lui, toute ma force mais j'ai l'impression d'hurler dans le noir pour rien. Je n'ai aucun retour de sa part et ça m'angoisse autant que l'animal qui gronde encore au sein de mon être. Il devrait me sentir et je devrais ressentir quelque chose… Mais là… Je n'ai que le néant comme réponse. Un vide abyssal qui me brise le coeur et me donne envie d'hurler… Mon être est à nouveau secoué de nombreux tremblements alors que j'ai l'impression que me l'a retiré à nouveau. Je devrais pouvoir le tenir dans mes bras, le bercer contre mon coeur et le rassurer, lui disant que plus personne ne lui fera le moindre mal… Je devrais être avec lui… Et non ici. Je tente de me relever, chancelant de nombreuses fois alors que Sam me murmure d'y aller doucement. Je le repousse, m'aidant du mur pour me relever avant de gronder difficilement.

"Je veux voir Steve. Je dois aller à l'hôpital.
- James… J'entends bien… Mais là tu as besoin d'une douche et de te calmer, sinon ils ne te laisseront jamais le voir.
- Je dois voir Steve !"

Chaque syllabe est grondé, presque grogné alors que nos regards se croisent. Le temps d'une seconde, il le soutient, finissant par baisser les yeux en signe de soumission. Bien. C'est ainsi que ça doit se passer. Ils doivent me respecter… Et ne pas attaquer mon compagnon. Si j'avais été plus ferme et moins faible ces derniers temps… Rumlow n'aurait jamais tenté de faire quoi que ce soit. Si je n'avais pas été lâche, personne n'aurait essayé de lui faire du mal… Si j'avais été un bon alpha… Steve aurait été bien, dans mes bras et heureux… Alors, soyons un bon alpha, gronde le loup à mon oreille. Montrons les crocs. Montrons que nous sommes fort, pour lui, pour Steve. L'idée fait son chemin dans mon esprit, faisant glisser sur mon échine un frisson au goût bien étrange. Je n'aime pas suivre les envies du loup, je n'aime pas lui céder, craignant toujours qu'il tente simplement de prendre le dessus et me rendre ainsi encore moins humain que je ne le suis déjà, mais là… Là il a peut-être raison. J'ai été faible depuis que Steve est là. J'ai laissé ma meute se diviser, mon omega dépérir et c'est à peine si je suis allé travailler. Ce n'est plus possible. Je n'ai pas le droit de me laisser aller ainsi, je dois être fort pour que la meute tienne et qu'aucun d'entre eux ne tente de me prendre mon omega et ma place d'alpha. Je quitte le mur, faisant un premier pas hésitant hors de la buanderie, soupirant simplement quand je sens Sam m'aider à marcher.

"Je ne suis plus un enfant Sam.
- Peut-être… Mais tu ne vas pas bien… Ton loup a voulu reprendre le contrôle. Tu as besoin d'aide… Et ce n'est pas être faible que d'accepter un peu d'aide."

Je montre les dents mais le laisse faire, acceptant d'être guidé jusqu'à la salle de bain qui pue encore le sang et la peur. L'odeur me retourne l'estomac quand dans un murmure, je demande à Sam de me laisser. La porte se referme derrière lui et lentement, je laisse la couverture terminer au sol, couvrant les taches de sang que personne n'a eu le temps de nettoyer. J'ouvre en grand les robinets, me glissant sous l'eau qui est tout d'abord bien trop froide puis trop chaude pour moi, poussant un long soupir en regardant le sang disparaitre dans le siphon de la douche. J'aurais dû tuer Rumlow. J'aurais dû lui asséner le dernier coup qui aurait achevé ce fils de pute. Et si pour l'instant il est à l'hôpital… Je jure qu'au moment où il en sortira… Il va regretter de ne pas être mort aujourd'hui. Pendant de longues minutes je reste sous l'eau, quittant la douche quand j'entends Sam revenir avec des vêtements et une serviette. Sans la moindre honte, je sors et me sèche devant lui, râlant quelque peu.

"Où sont les autres ?
- Tasha et Clint sont à l'hôpital. Tony et Maria sont là… Ils attendent que… Nous y allions pour s'occuper de nettoyer la maison et de la préparer pour le prochain changement.
- Bien. Tu conduis."

Je jette la chemise dans l'évier, m'habillant ensuite avant de chercher dans le placard de la salle de bain de quoi bander mes phalanges blessées. Et alors que je bande mes mains, je sens mes épaules s'affaisser et ma gorge se nouer. Je devrais sentir la douleur de Steve, son chagrin ou sa peau… Mais là… Je n'ai toujours rien. Juste un vide. J'ai beau tirer sur notre lien, je sens que mes doigts se referment dans le vide. Steve n'est pas au bout de celui-ci. C'est comme si il l'avait fermé ou pire… Rompu. Je passe une main sur mon visage, poussant un autre soupir. Non. C'est juste la distance… Rien de plus. C'est ça qui m'empêche de le sentir… Quand je serais à ses côtés… Je pourrais ressentir et comprendre chacune des émotions qui l'étreindront en cet instant… Je prends une grande inspiration, quittant finalement la salle de bain pour retrouver Sam, qui m'attend avec les deux autres dans le salon. Ils sourient à peine et tous ressentent autant ma colère que mon chagrin. Il savent et ils comprennent. Je souris faiblement en sentant les vagues de compassion et d'amour qu'ils m'envoient. Mes épaules se détendent et je les laisse approcher, acceptant qu'ils posent soit une main sur mon épaule, soit m'offrent une légère étreinte.

"Merci les gars…. Merci…"

C'est aussi ça d'être l'alpha, je dois assurer protection et paix mais eux sont là dans les moments où ça ne va pas. Ils sont là pour me dire que ça va aller et qu'eux sont là, qu'eux ne sont pas des traîtres qui veulent me voler mon compagnon. Ils ont peur, murmure le loup, c'est pour ça qu'ils sont gentils. Ils ne veulent pas terminer comme le traître. Je me recule légèrement et ignore l'animal, grimpant simplement en voiture au côté de Sam, laissant à Maria et Tony le déplaisir de nettoyer la maison. Sam démarre et quand nous nous éloignons, je pose mon front contre la vitre, murmurant doucement.

"Nous aurions dû tous s'occuper de préparer la maison pour la prochaine fois… Ça aurait dû bien se passer…
- La nuit s'est bien passée James… Steve était tout heureux… Vraiment. Ça allait mieux… Tu ne pouvais pas prévoir que Rumlow tenterait de lui faire du mal…
- Je lui avais promis Sam. Je lui avais promis que personne ne lui ferait le moindre mal et que maintenant, je prendrais soin de lui… Je lui avais dit qu'il ne craignait rien…"

Un ange passe avant que Sam ne se décide à me répondre.

"Tu ne pouvais pas savoir, ce n'est pas ta faute…"

Je pousse un soupir et reste silencieux jusqu'à ce que nous arrivions devant l'hôpital. Je quitte rapidement la voiture et lui dit de m'attendre ici, et à peine les portes des urgences passés, voilà que Clint me tombe dessus, commençant à m'expliquer que les deux sont saufs, et en train de se reposer dans leur chambre.

"Je m'en fous. Emmène-moi voir Steve."

Il baisse les yeux et bredouille quelques mots, me disant de le suivre. Chose que je fais sans prononcer le moindre mot, plissant simplement le nez face à l'odeur du désinfectant qui me pique le nez. Tout ici sent la mort et le sang, faisant glisser sur ma peau un frisson de dégoût là où le loup est étrangement excité, voir même affamé. Tasha se tourne vers moi quand nous approchons de sa chambre et c'est là que je sens que rien ne va. Parce qu'en plus de nous, je sens l'odeur d'une autre louve.

"Sa mère est là, Buck. Et je doute qu'elle soit heureuse de te voir. Elle nous a foutu dehors en arrivant.
- C'est pas mon putain de problème. C'est mon compagnon. Je dois le voir."

Je passe devant elle et ouvre la porte de la chambre de Steve, sentant mon coeur se serrer quand je le vois aussi fragile dans son lit. Je referme la porte derrière moi et m'approche de son lit, ignorant la louve qui est à son chevet.
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Sam 23 Avr - 16:04

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Le cauchemar va durer encore longtemps? Hein? Pendant encore combien de temps je vais être trimballé, monnayé, vendu, amoché et surtout, abusé? Pendant encore combien de temps on va me considérer comme un simple objet, comme un foutu meuble? Pendant encore combien de temps personne ne va me poser simplement la question : Steve, qu'est-ce que tu veux? Steve, qu'est-ce que t'aimerais maintenant? Non. Je suis un oméga et c'est tout ce qui compte. le fait que je sois rare et précieux. Ma capacité à aider la meute et à la souder est plus important que la personne que je suis, Steve Roger. Que le fait que je sois un oméga passe avant mon avis, mon opinion, mes goûts, mes rêves aussi. On m'a déposé comme un paquet de linge sale dans une meute qui n'était pas la mienne, m'annonçant simplement qu'à partir de maintenant je vivrai ici, avec des inconnus, sans même savoir s'ils étaient gentils. Sans même se renseigner sur eux. Sans se demander comment ils allaient me traiter. Et la réponse m'est apparue même pas une heure après que je sois arrivé : mal. Une heure après mon arrivée j'étais déjà allongé sur une vieille couverture, sur le sol en béton d'un garage, et mon alpha qui me prenait sans même me demander si je le voulais. Si je voulais être son compagnon. Si je voulais coucher avec lui. C'est même pas rentré en ligne de compte. Il fallait juste m'avoir. Il fallait juste me posséder, comme un truc rare et cher qu'on montre pour en mettre plein la vue aux voisins. Je suis une valeur ajoutée. Mais je suis pas un être humain. Je suis pas une personne. Je suis rien.

Il lui a fallu presque deux jours pour vraiment me parler, vraiment montrer que tu allais t'occuper de moi, et pas juste en me laissant des cachets contre la douleur sur la table de chevet avec une tasse de thé. Et là, juste quand ça allait mieux, que je pensais que...que peut-être avec lui ça irait, tout s'est brisé. Il m'a juré qu'il allait s'occuper de moi, il m'a promis que la meute allait veiller sur moi, allait s'occuper de moi, et finalement, à la première occasion, ce porc de Rumlow tente aussi sa chance. C'est...c'est trop. Je peux plus. Je peux plus supporter encore ça, même si Buck est arrivé à temps. Je peux plus. Je suis pas assez fort. Je veux juste...je veux juste qu'on me laisse tranquille. Je veux juste fermer les yeux et plus les rouvrir. C'est ce que je me dis alors que Clint roule à tombeau ouvert, et que je me sens partir. Je me dis qu'au moins ça sera terminé. Que plus personne me fera du mal. Que plus personne voudra m'utiliser pour lui, comme un outil. Comme un trophée. Comme un jouet. J'ai juste de la peine pour maman. Elle sera triste de me perdre et je m'en veux de la laisser. De la rendre encore si malheureuse. J'aurais aimé pouvoir lui épargner ça mais là... là je peux plus. Plus rien me tient debout. Plus rien me donne envie de rester. Je veux juste que tout s'arrête... Bientôt tout devient noir et plus rien.

J'ouvre les yeux et constate vite que je suis à l'hôpital. Je soupire en me disant que j'ai raté mon coup, et qu'on m'a sauvé, même si j'en avais aucune envie. La seule chose qui me fait aller un peu mieux c'est de sentir enfin la main de ma mère dans mes cheveux, et d'entendre sa voix. Elle a l'air si fatiguée, et ses beaux yeux bleus sont rougis par les larmes. A peine je suis réveillé qu'elle me serre à m'étouffer.

Oh mon trésor j'ai eu tellement peur... Par chance ta meute t'a ramené ici et j'ai pu tout de suite descendre te voir... mais tout est terminé, tu es tiré d'affaires... même si ça fait des années que tu as plus fait de crise si violente.
Ouais...j'ai...j'ai été secoué.
Steve... qu'est-ce qui s'est passé?
Je...je...
Trésor... je suis infirmière. Le médecin qui t'a examiné m'a dit qu'en plus d'une crise d'asthme due à un stress extrême, tu souffrais de deshydratation. Et surtout... qu'on avait abusé de toi...
C'est...c'était pas ma faute maman... j'ai jamais voulu tout ça...


Je fonds en larmes et je sens ses bras qui m'attirent contre elle avec force, alors qu'elle m'embrasse les cheveux.

Je suis tellement désolée que les choses se soient passées comme ça. Je suis tellement désolée... J'aurais jamais dû laisser Fury te faire partir. J'aurais... j'aurais dû...j'aurais dû trouver une solution. Et pas... oh mon trésor... je m'en veux tellement... Je devrais même pas avoir le droit de te parler ni de te voir.
Tu avais pas le choix... et je pensais que ça commençait à aller mieux mais... enfin...

En quelques mots je lui résume la situation. Bucky. La meute. Rumlow ensuite. Que Bucky semblait au moins tenir à moi. Vouloir s'occuper. Culpabiliser de ce qu'il m'a fait. Et me trahir en me promettant que plus rien n'allait m'arriver, et que deux jours plus tard... Plus je parle et plus je sens ses bras me serrer fort, presque à m'étouffer, alors que son souffle se fait plus court.

Tu n'as pas mérité ça trésor... et rien n'est de ta faute d'accord? Que ce soit clair. Tu n'y es pour rien. Tu n'as pas à t'en vouloir...

Je renifle doucement, m'agrippant à elle, respirant son parfum, et me disant que c'est tellement dur d'être loin d'elle, que c'est tellement dur de devoir me débrouiller sans elle. De plus l'avoir pour lui parler de mes soucis. Mais d'être avec des gens en qui j'ai même plus confiance. Je veux plus. Je veux plus rentrer chez eux. Je veux rentrer à la maison. Je veux plus les voir. Ils m'ont fait trop de mal. Je peux plus. Mais brutalement je sens une autre présence à l'étage. Buck. Il s'approche, et je commence à percevoir toute son inquiétude et toute sa détresse. Pourtant je coupe le lien et me recule quand il ouvre la porte et qu'il s'approche de moi.

Je... qu'est-ce que tu fais ici? Je... je veux plus te voir... Tu m'avais promis... tu m'avais promis qu'à partir de maintenant tu...tu me rendrais heureux. Qu'à partir de maintenant tout irait bien et que toi comme la meute vous veilleriez sur moi. Tu...tu m'as menti. T'as pas tenu ta promesse. Je... je veux plus...
Chut trésor. Tu sais quoi? Repose toi et je vais parler à James d'accord? Je reviens vite. James, j'aimerais avoir un mot avec vous je vous prie.

__

Sarah est encore une belle femme entre quarante et cinquante ans, ses longs cheveux blonds sagement relevés en un chignon, et elle porte encore sa tenue d'infirmière. Elle caresse la joue de Steve une dernière fois avant de sortir, refermant la porte après que Bucky l'ait rejointe. Ils s'éloignent ensuite de quelques pas avant qu'elle lui fasse face.


James, est-ce que je pourrais savoir ce qui s'est passé pour que je retrouve mon fils dans cet état alors que ça ne fait qu'une semaine qu'il est venu vous rejoindre?

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Sam 23 Avr - 20:24
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Je passe à peine la porte de sa chambre et le souffle me manque déjà alors que mon coeur se serre au point de se briser. Un simple murmure traverse mes lèvres, témoignant de la douleur qui me donne envie d'hurler. "Non… Je t'en prie… Tout mais pas ça." Seulement c'est trop tard. Steve ne veut plus de moi. Mon omega, mon compagnon décide que je ne suis pas le bon, que je ne suis pas un bon alpha et qu'il veut me quitter… Ma gorge se referme là où la vue se trouble par des larmes qui me viennent bien trop aisément. Et au sein de mon être, j'entends le loup hurler à la mort, jurant déjà de tout détruire pour récupérer ce qu'il estime être sa moitié. Les mots me manquent alors que j'ai tant à lui dire. Tant de choses qu'il ne veut pas entendre. Je n'ose plus bouger, sentant mes épaules se détendre, ma colère se dissiper pour laisser place au chagrin. Je ne voulais pas Steve, je voulais être un bon alpha, je voulais te rendre heureux… Voilà ce que je devrais dire, mais à le voir ainsi, recroquevillé dans son lit et craintif… À entendre ses mots, je ne sais pas quoi faire. Je ne peux qu'accuser le coup, comprenant que je l'ai perdu. Que c'est trop tard maintenant… Que dans ses yeux, je lis ce que mes ennemis ou mes proies ressentent en me voyant. Ça y est. C'est l'instant où je deviens le monstre que tout le monde va vouloir abattre pour le bien commun. C'est le moment où je perds le peu d'humanité qu'il me restait pour ne devenir qu'un animal… Le moment où le loup va prendre nos décisions. Le moment où je deviens un alpha dangereux. Je recommence à respirer, sentant que j'étais en apnée jusque là, à chercher son regard, tirant toujours sur son lien pour lui faire sentir que je m'en veux vraiment et que je suis sincère… Mais c'est vain. Steve ne veut rien entendre, rien sentir. Il veut simplement que je le laisse… J'entrouvre à peine les lèvres, peinant à parler.

"Je… Steve… Je suis là parce que je m'inquiète réellement… J'étais… J'étais fou de savoir qu'on ait pu encore te faire du mal… Et ça me brise le coeur de te voir ainsi Steve… Tu n'imagines pas à quel point je m'en veux… Je suis vraiment désolé Steve…"

Mais il ne veut rien entendre. Tout ce que lis dans ses yeux, c'est la crainte. Jamais il ne me pardonnera. Jamais il ne voudra me faire confiance à nouveau. C'est terminé. Par ma faiblesse, par ma faute, j'ai perdu mon compagnon. J'ai perdu la moitié de mon loup, celle qui devait m'aider à l'apprivoiser et à retrouver un semblant d'humanité. J'aurais dû être capable de le protéger, de le rendre heureux… Mais non. C'es trop tard. Je n'ai plus rien d'humain. Je suis devenu la bête contre lequel mon père m'avait mis en garde. "Les alphas deviennent des monstres… C'est inévitable. Tout ce qui peut retarder ça, c'est un compagnon pour les calmer, pour leur rappeler qu'ils sont humains et que le loup n'est pas le plus fort des deux." J'avais ça. J'avais la possibilité de devenir autre chose… De conserver mon humanité… Mais c'est terminé. Steve ne veut plus de moi, il veut que je le laisse partir, que je le rende à son ancienne meute… Peut-être… Peut-être serait-ce mieux ainsi… Je… C'est dur, dur à admettre et penser mais… Si il s'avère qu'il serait plus heureux dans son ancienne meute, sans moi comme compagnon… J'accepterais de le laisser partir. Pas parce que je ne veux plus de lui, au contraire, mais je préfère le savoir heureux au sein d'une meute qui ne voudra que son bien plutôt que malheureux à mes côtés. C'est omega… Il doit être heureux, il doit être bien… Et contrairement à n'importe quel autre loup, lui trouvera un autre compagnon ou une compagne qui voudra de lui. Il pourra trouver un autre loup qui ne voudra que son bien et qui pourra le protéger contrairement à moi. Sa mère vient le calmer et j'avoue ressentir une pointe de jalousie quand elle caresse sa joue avec une douceur qui transpire l'amour maternel. Je devrais aussi avoir le droit de faire ça. Je devrais avoir le droit de lui montrer que je tiens à lui, que je veux le voir heureux… Mais tout ce que je peux faire, c'est plier mes doigts douloureux et détourner le regard, écoutant mon loup hurler et gronder. Le conflit qui règne en moi est lourd à supporter. Je dois faire avec ma propre peine et sa colère… De nouveau, je me retrouve déchiré entre ce que je ressens et ce que l'animal me fait parvenir. Nos émotions se mélangent, me laissant avec l'étrange sensation de ne plus rien contrôler. Tout semble devenir du sable qui glisse d'entre mes doigts. Steve, moi, le loup… Tout n'est plus que des grains de sable que je ne peux retenir. Et si je suis désolé de voir ça… Le loup s'énerve. Lui voudrait que je me batte, que je fasse tout pour retenir tout ça, ne voulant pas voir ou comprendre que parfois, montrer les crocs n'est pas la solution à tout. Pour retenir Steve, j'aurais simplement dû être capable de le protéger. J'aurais dû sentir que Rumlow allait tenter de lui faire du mal… J'aurais dû faire quelque chose… N'importe quoi, mais quelque chose. Et d'un coup, je reviens à moi quand la mère de Steve prononce mon prénom, me proposant de la suivre pour que nous discutions. Je relève la tête et croise son regard, cherchant inconsciemment à lui rappeler que je suis le dominant ici. Seulement ça n'a pas l'air de fonctionner. Pire elle soutient mon regard, me faisant comprendre qu'elle refuse d'entrer dans mon jeu. Je retiens un soupir et jette un dernier regard à Steve, murmurant une fois de plus pour lui avant de quitter sa chambre.

"Sache que… Que je ne voulais pas qu'il t'arrive quoi que ce soit… Je voulais vraiment que tu sois heureux Steve… Je m'en veux de ne pas avoir pu te protéger de lui… Et si je pouvais… Je ferais en sorte que personne ne te fasse le moindre mal…"

Avec douceur je ferme la porte derrière moi, me retrouvant dans le couloir en compagnie de sa mère. Je fais quelques pas en sa compagnie, écoutant le loup me gronder sans cesse qu'elle doit se soumettre à nous. Que nous sommes un alpha et que nous méritons sa soumission. Je le repousse à peine, sentant qu'il se presse contre mon être, cherchant à faire entendre de sa voix dans ce tête-à-tête qui ne lui plait pas. Car si moi je vois face à moi la mère de Steve, inquiète et sûrement furieuse contre moi, lui voit une louve qui devrait courber l'échine et ne plus être un obstacle entre son compagnon et lui. Et malheureusement, quand elle me fait face, c'est à cause de sa colère que mes épaules se crispent et que mes pupilles deviennent les siennes quand elle me demande de lui expliquer ce qui se passe dans ma propre meute. Bien malgré moi je montre les crocs, ne pouvant retenir l'animal qui hurle en moi.

"Ce qui se passe dans ma meute ne te regarde pas… Louve."


Le dernier mot sonne presque comme une insulte alors que mes yeux lupins se perdent dans son regard qui me rappelle tant celui de Steve. C'est d'elle dont il tient sa douceur et étrangement, si je montre les dents, je sens cette même aura qui se dégage d'elle… Une aura chaude et rassurante… Elle n'est pas une omega… Mais elle a un je ne sais quoi qui me donne presque envie de me lover dans ses bras. Chose qui agace mon loup, parce que lui… Lui veut se faire respecter. Lui veut qu'elle se soumette… Qu'elle nous laisse retrouver notre omega. Face à elle je dévoile ma vraie nature, celle d'un alpha dont le loup omniprésent est pareil au monstre du conte. Une bête qui montre les crocs, qui ne comprend pas que je ne peux pas sans cesse faire comme il l'entend. Je cligne des yeux et tente de le repousser, passant une mains sur mon visage.

"Pardon… C'est juste… La nuit a été longue et le réveil pas simple… Je… Je veux juste voir Steve. Il faut… Il faut que je m'excuse… Et je dois avouer avoir du mal avec le fait que vous refusiez de vous soumettre et qu'en plus vous exigiez des explications de ma part quand vous êtes celle qui l'avez offert à ma meute."
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Lun 25 Avr - 19:47

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Son petit Steve. Le petit nourrisson qu'on lui avait tendu, enroulé dans une couverture, encore tout ensanglanté et hurlant de la force de ses maigres poumons. Celui qui était devenu sans même le voir encore le deuxième amour de sa vie. Sa naissance avait été compliquée, étant donné le dossier médical de Sarah, mais malgré les avertissements des médecins elle avait pris le risque. Elle avait toujours voulu avoir des enfants, et adolescente, elle s'imaginait déjà une grande maison remplie d'une joyeuse tribu qui courait et jouait autour d'elle. Et également des petits louveteaux qu'elle guiderait, qu'elle verrait grandir et devenir des loups grands et forts. Sauf que c'était risqué. Et c'est devenu encore plus fort quand elle avait rencontré Joseph. Ce loup immense aux yeux malicieux l'avait séduite et ils s'étaient liés peu après. C'était une période heureuse, leur lien ,puis leur mariage officiel. Vivre sous le même toit, faire partie de la même meute. Joseph avait accueilli Sarah dans sa meute à leur mariage et c'est tout naturellement qu'ils avaient pensé à perpétuer leur lignée. Elle en rêvait depuis tellement d'année, que deux deux ils passent au moins à trois... qu'on lui accorde au moins un petit loup, pour elle, à aimer, à s'occuper. Au moins un...

Le destin avait semblé entendre ses prières car après plusieurs années elle tomba finalement enceinte et elle fit tout pour au moins réussir le seul essai auquel elle aurait droit. L'accouchement fut long et douloureux mais finalement il était là. Ce minuscule bébé blond comme elle. Son nouveau trésor. Elle vécut ça comme une victoire de pouvoir finalement rentrer à la maison, chez eux, et de le déposer dans le berceau choisi avec soin pour lui. Le lendemain les membres de la meute avaient défilé pour le prendre dans leurs bras, se lier à lui, l'intégrer à la meute. Et elle ne fut jamais aussi heureuse que soir même, quand son Joseph et elle étaient debout, dans les bras l'un de l'autre, à regarder leur petite merveille dormir paisiblement... Le calme avant la tempête.

En tant qu'infirmière, elle comprit vite que Steve était différent. Et si intellectuellement c'était un bébé vif, curieux et joueur, c'était son corps qui ne suivait pas. Il ne grandissait pas aussi vite qu'il fallait. Son corps était faible, et bientôt son asthme se rajouta à tout ça, les obligeant à une surveillance constante, pour qu'il ne lui arrive rien. Leur rêve du petit garçon fort et intrépide, du petit louveteau joueur et infatigable était mort. A la place ils n'avaient que Steve. Et s'ils l'aiment de toutes leurs forces, c'était dur de ne pas pouvoir le regarder qu'avec la peur au ventre. De ne pas faire ou prévoir quoi que ce soit sans que le spectre du pire flotte au-dessus d'eux. Et plus d'une fois elle trouva Joseph en train d'observer Steve dormir, seul et la lumière éteinte, croyant même entendre quelques reniflements. Elle s'en voulait. Joseph était un colosse, et il avait une santé de fer. Tout venait d'elle. C'était elle qui, d'une certaine manière, l'avait ''raté''. Ne l'avait pas terminé totalement. Puis, finalement, la petite pousse fragile s'était accrochée. Elle avait grandi, moins vite, et moins haut que les autres enfants, mais il marchait, il passait des heures à lire, à dessiner, à colorier, ou bricoler des constructions compliquées situées dans des pays merveilleux avec ce qu'il avait sous la main. Un enfant sous serre, en comparaison aux plantes grimpantes qui poussaient toutes seules et qu'il fallait surveiller pour ne pas qu'elles deviennent envahissantes.

Sauf que c'était le calme avant la tempête. Steve devait avoir sept ou huit ans, quand c'est arrivé. Il avait pris l'habitude, une nuit par mois, de dormir chez une voisine, qui rendait gentiment service, pensant que c'était à cause d'un service de nuit de Sarah, et que Joseph travaillait trop tard lui aussi. C'était normal. Il préparait son petit sac à dos, son pyjama avec des planètes, son doudou, quatre ou cinq livres, au cas où, et sa Game Boy, et il faisait de grands signes de la main à sa mère alors que la voisine le tenait dans ses bras, derrière la fenêtre pour qu'il la regarde partir. Il ne savait pas encore ce qu'étaient ses parents. Il était trop petit. Pendant une transformation, un loup d'une meute rivale avait des comptes à rendre à Joseph. La bataille fut longue et sanglante, et un seul survécut. La seule chose qui permit à Sarah de tenir le coup était son petit garçon, qui avait plus besoin d'elle que jamais. Alors, pour les années qui suivirent, elle se dévoua à ça. A lui. A ce que lui survive. A ce que lui ne l'abandonne pas. A le réussir lui.

Les années ont passé et finalement il s'est débrouillé. Plutôt bien même. Sa maladie était bien traitée et suivie, il était bon en cours, il devenait un ravissant jeune homme. Il a aussi commencé à se transformer. A devenir un jeune loup, maladroit et gauche, mais joueur et curieux. Pour tout ça elle avait été là. Et elle serait toujours là. Enfin, c'est ce qu'elle croyait. Elle crut mourir le jour où Fury lui annonça que pour sceller un accord il avait ''vendu'' son fils. Elle a crié, menacé, mais rien à faire. Elle n'était plus une louve alpha. Elle n'avait plus son mot à dire. Et un million d'inquiétudes et de questions. Est-ce qu'ils allaient bien le traiter? Est-ce qu'ils allaient prendre soin de lui? Le considérer vraiment comme l'un des leurs? Il y avait tellement de choses qu'elle voulait, et devait encore lui apprendre mais maintenant, d'autres le feraient. Elle trouvait ça tellement injuste, mais elle n'avait pas le choix.

Alors là, le voir comme ça, dans un lit d'hôpital, s'entendre dire que son fils était trop maigre. Deshydraté. Et pire que tout, qu'il avait été agressé et abusé sexuellement... c'était trop. Elle n'avait pas passé des nuits à veiller sur un enfant malade, à tout faire pour qu'il survive, qu'il grandisse, qu'il franchisse une à une toutes les étapes, si c'était pour qu'en quelques jours à peine ils détruisent tout ce qu'elle avait construit avec tant de temps et d'amour. Savoir qu'on avait traité son fils, son Steve de la sorte... elle avait des envies de meurtre. De hurler. De le reprendre et de partir avec lui. Sauf que pour l'instant, elle se contentait juste de lui sourire et de lui caresser tendrement les cheveux. De lui dire qu'elle était là et qu'elle y resterait tant qu'il n'irait pas mieux. Rien qu'à le voir dans cet état...c'était dur de ne pas retenir ses larmes. Mais non. Elle devait montrer qu'elle l'aimait et qu'elle était là. Le reste ne comptait pas.

Et c'est là qu'il est venu. Qu'il a osé se pointer après tout le mal qu'il lui avait fait, après les autres qui l'avaient ramené ici et qui ne savaient même rien de lui. Heureusement qu'une infirmière avait reconnu Steve et avait tout de suite appelé Sarah, qui par chance travaillait, parce que sinon ils n'auraient même pas fichu de donner sa date de naissance, son groupe sanguin et autres. Et là il venait et il osait jouer le couplet de l'inquiétude? Elle n'a pas bougé quand il a ouvert la porte, et que sans un mot pour elle il s'est approché du lit. Elle a vu son fils pâlir et se recroqueviller, se rapprochant d'elle. Elle l'avait entendu lui dire qu'il ne voulait plus le voir. Il y a juste sa voix, à peine un murmure qui s'est élevée dans la chambre.

Tu m'avais dit... tu m'avais dit qu'il m'arriverait rien... Tu dis que tu veux me rendre heureux mais tu...t'as rien fait pour ça... Dans toute cette histoire, celui qui m'a fait le plus mal, c'est toi...

Et il a tourné la tête, s'enfonçant sous les couvertures. Pourtant elle devait savoir. Elle a rassuré Steve puis a entrainé ce James dehors, pour lui dire ses quatre vérités. La porte se referme en un soupir alors qu'elle s'éloigne de quelques pas, pour éviter que Steve ne les entende.

Ca me regarde car mon fils fait à présent partie de votre meute. Il y a une semaine c'était un adolescent fragile mais heureux. Là je le retrouve abusé, épuisé, et que plus rien ne retient à la vie. Oui ça me regarde... James.

Elle le toise. Elle est plus petite que lui mais qu'importe. En cet instant, le souvenir de son rôle de louve alpha se réveille. Fière. Entière. Qui n'a peur de personne, et pas d'un jeune alpha irresponsable qui se prend pour le plus gros loup de la ville. C'est une guerre silencieuse qui se livre, jusqu'à ce que James se détendre un peu et soupire. Elle s'apaise en l'entendant s'excuser, même s'il faudra plus, beaucoup plus que ça pour apaiser sa colère.

Je n'ai pas à me soumettre à vous car vous n'êtes pas mon alpha. C'est Fury et personne d'autre. Ensuite, je ne l'ai pas ''offert''. Je n'ai rien décidé du tout. Vous êtes alpha et vous savez très bien que les alphas sont les seuls à décider et que si vous aviez imposé quelque chose à un membre de votre meute, rien n'aurait pu changer votre avis. Alors ne me reprochez pas ce que vous ne laisseriez pas faire dans votre propre meute... Et ce que je veux savoir, c'est pourquoi mon fils est à moitié mort dans un lit d'hôpital. Pourquoi il a maigri et pourquoi quelqu'un aurait abusé d'un pauvre gamin de seize ans qui n'avait jamais eu de petit copain. C'est ça que j'aimerais savoir parce que je suis sa mère et je n'ai pas veillé sur lui depuis presque dix ans toute seule pour voir un alpha égoïste et brutal ne pas hésiter à briser un gosse pour son plaisir! Voilà pourquoi j'aimerais des explications, et j'ai l'impression que j'y ai droit!

Ses mains essuient rapidement les larmes qui ont roulé sous ses yeux bleus alors qu'elle continue de croiser le regard de James, le souffle court.

Qu'est-ce que vous cherchez en faisant ça...hein? Pourquoi vous lui avez fait tout ça? C'est un gamin adorable. Il a pas mérité tout ça... ça...ça va le tuer...



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Mar 26 Avr - 10:37
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Il la veut à ses genoux. Plus les secondes passent, plus au fil des battements de mon coeur, j'entends le loup grogner qu'il veut la louve à ses genoux. Qu'il soit son alpha ou pas, il veut qu'elle se soumette, qu'elle reconnaisse que nous sommes plus dominants et que même meute ou pas, je pourrais la briser sans le moindre effort. Mais non, en silence, elle refuse. Elle me défie et se prend pour la louve alpha qu'elle n'est plus. Comme une reine sans son roi, elle pense encore à la couronne qu'elle portait à une époque et l'autorité qu'elle avait, sans se rendre compte qu'elle peut me toiser autant qu'elle veut… Au final, elle n'est plus qu'une pauvre femme qui n'a plus son mot à dire sur quoi que ce soit. Une puissante déchue qui n'a plus aucun pouvoir. Une louve qui nous doit le respect, grogne l'animal. C'est vrai. Elle devrait nous montrer ça, se soumettre juste pour nous prouver qu'elle sait qu'elle est face à un alpha et qu'elle ne veut pas nous défier… Mais ce n'est pas ce qu'elle veut, pas vrai ? Elle cherche l'affrontement, elle cherche à me confronter pour que je lui parle de choses que je n'ai pas envie de lui dire. Elle entame un bien étrange combat simplement pour que je lui parle de ce qui se passe au sein de ma propre meute… Dans le seul but de m'éloigner un peu plus de Steve. Ma mâchoire se verrouille un peu et sans vraiment m'en rendre compte, je commence à puiser dans tout les liens de meute, cherchant l'apaisement chez les autres. Ils ne sont pas des omégas et ils ne pourront jamais me donner ce que Steve devrait faire… Mais je ne reçois rien de lui. Absolument rien. Comme si il n'était plus mon compagnon. Mes phalanges deviennent douloureuses tant je serre les poings alors qu'elle me tient un discours qui me fait grincer des dents. Je sais, je sais, ai-je envie d'hurler. Je sais ce que j'ai fais ! Je sais l'état dans lequel il est ! Mais j'ai voulu l'aider, et ça se passait bien… Je ne pouvais pas savoir pour Rumlow… Je voulais vraiment l'aider, je voulais vraiment qu'il soit heureux… Et en cet instant, ce n'est pas à elle que je veux parler, ce ne sont pas ses reproches que je veux entendre, c'est Steve que je veux voir. Je préférais qu'il soit celui qui soit en train de me hurler dessus, lui qui me dise qu'il allait mieux quand je n'étais pas son alpha. Pas elle. Lui. De sa part je pourrais tout entendre, subir tout les reproches et essuyer tout les coups. Mais elle ? Elle j'ai envie de la faire taire d'un revers de la main. De la forcer à se soumettre avant de lui rappeler que si je n'ai aucun droit sur elle, il en va de même pour sa personne. En aucun cas elle n'a le droit d'exiger et de m'insulter. Mes épaules se raidissent à nouveau et un grondement m'échappe quand, obligée de reprendre son souffle, elle essuie les larmes qui roulent sur ses joues.

"Faites attention, vous êtes en train de m'emmener sur un terrain sur lequel vous ne voulez pas aller. Croyez-moi."

Elle s'y prend mal, si mal, si elle espère me faire parler ainsi. Si elle veut des explications, m'attaquer de front n'est pas la meilleure des idées, elle devrait le savoir. Si elle a eu pour compagnon un alpha, elle devrait savoir s'y prendre avec nous. Elle devrait savoir que pour nous faire parler et nous apaiser, il faut parler à l'animal et le calmer lui… Mais, comment lui en vouloir ? Son fils est à l'hôpital, faible et elle a vu ce que je lui ai fait… Comment puis-je exiger quoi que ce soit de sa part ? À mon tour je la toise, me refusant de rentrer dans son jeu par pure fierté, tandis qu'elle reprend, prononçant les mots de trop. Ceux qui me font complètement perdre la raison et qui me donnent envie de céder à l'animal. En une demi-seconde c'est comme si un voile tombait sur mes yeux alors que je bascule dans une rage qui fait bouillir mon sang et tue un peu plus le peu d'humanité qui me restait. Et si le loup ne prend pas ma place, c'est simplement parce qu'en lendemain de pleine lune, il est incapable de le faire.

"Je sais ! JE SAIS ! Vous croyez que je ne le sens pas ?! Que je ne le vois pas ?! Au fil des secondes qui passent, je le sens mourir ! Je sens mon coeur se serrer un peu plus et notre lien qui ne devient que poussière ! Au fil des secondes, je sens que je le perds ! Et ça me tue ! ÇA ME TUE ! Vous comprenez ?! NON. Parce que vous pensez que ça me fait plaisir de le voir ainsi ?! NON. Je voulais qu'il soit heureux, avec moi, avec nous ! J'ai envie de le voir fort, de le voir sourire quand je m'approche de lui ! Et non le voir me regarder comme si j'était un putain de monstre ! Mais vous savez quoi ?! Oui peut-être que j'en suis un ! Mais comme nous tous ! Nous sommes des putain de monstres et si vous continuez de penser que vous êtes tous des êtres humains moi au moins j'ai la décence de l'admettre ! Mais est-ce que j'ai pris du plaisir à lui faire mal ! NON. PUTAIN NON ! Alors non, je ne prends aucun plaisir à le voir ainsi ! Ça me brise le coeur qu'il ne veuille plus me voir ! Ça me brise le coeur qu'il me dise que tout est de ma faute ! Et si vous voulez tout savoir, je commence à me demander si je ne l'aiderais pas plus en me tuant histoire qu'il soit DÉFINITIVEMENT débarrassé de moi !"

Un silence retombe brutalement dans le couloir alors que je soutiens toujours son regard, sentant Natasha et Clint approcher, m'envoyant au travers de notre lien des murmures de réconfort. Je déglutis et tente de reprendre mon souffle, m'adoucissant presque dans l'instant quand je réalise ce que je viens d'hurler. Même le loup en reste muet. Le mutisme fait office d'apaisement, pour l'instant. Oui, si Steve me le demandait, si il le désirait, je serais capable de mourir pour lui. Juste pour le savoir aller mieux. Une caresse semble effleurer mon échine et le temps d'une seconde, je m'autorise à laisser le couple me porter, me chuchotant que je ne dois pas abandonner. Que pour Steve je dois être fort, pour la meute que j'ai récupéré et aidé. Avant ils souffraient d'Alexander… Avant ils étaient brutalisés… Et quand je suis arrivé, j'étais vu comme une bonne chose, quelqu'un qui allait faire changer les choses… Et même si je ne suis pas parfait, que j'ai par moment un sale caractère… Je reste un meilleur être humain que lui. Voilà ce qu'ils me murmurent tout les deux au travers de nos liens. Voilà ce qu'ils veulent que j'entende… Que Steve et moi… Nous pourrions être comme eux. Heureux. Soudés. Un. Je ferme les yeux et passe à nouveau une main sur mon visage, ne sachant pas quoi dire, quoi faire en cet instant.

"Laissez-nous."

Un murmure rauque m'échappe et si Natasha tente de prononcer mon prénom, Clint pose ma main sur son bras et après quelques secondes, ils finissent par reculer, nous offrant un semblant de tranquillité. Mon regard revient accrocher le sien et si avant je tentais de lui prouver que j'étais le plus dominant de nous deux, maintenant je lui montre la réalité. Je lui montre la fatigue, la faiblesse et la violence de l'animal qui vit en moi. Sans un mot je tente de lui faire comprendre que son fils n'est pas le seul à souffrir et que je n'y prends aucun plaisir, loin de là.

"Le voir ainsi brise mon coeur un peu plus à chaque seconde. Chaque mot qui sort de sa bouche me donne l'impression qu'il plante un morceau de verre dans ma chair et qu'il ajoute ensuite un peu de sel sur la plaie. Je sais que tout est de ma faute et je n'ai franchement pas besoin de vous pour ça. Je sais que j'ai mal fait et je sais que je n'aurais jamais dû le réclamer. Tout comme je sais aussi que je suis le seul qui pourra réparer ce que j'ai commis. Donc ce que vous faites là est parfaitement inutile, vous comprenez ? Il n'a pas besoin de savoir que vous êtes venue me taper sur les doigts en me disant que j'étais le dernier des salauds, mais que vous alliez à son chevet et que vous lui teniez compagnie. Il a envie de quelqu'un qui l'aime à ses côtés et pour l'instant, je ne suis pas cette personne. Est-ce que j'ai envie de l'être ? Oui. Parce qu'il est plus qu'un omega ou un membre de ma meute. C'est… Mon Steve, et si je n'ai eu que deux jours de paix avec lui, ce fut les deux plus beaux jours de mon existence depuis bien, bien longtemps. Donc non. Je ne suis pas un connard égoïste qui prend son pied en blessant les membres de sa meute ou en violant des gamins… Je suis un alpha qui a fait des erreurs et qui a écouté l'animal en lui, simplement parce qu'il voulait lui aussi son droit à être heureux avec quelqu'un qui pourrait museler la bête. Je voulais juste vivre quelque chose de normal et raviver le peu d'humanité qui me restait. Est-ce que ça excuse ce que j'ai fais ? Non. Absolument pas. Donc est-ce qu'il est utile de venir me rappeler que j'ai été un monstre, là où je passe déjà mes journées à m'en vouloir d'avoir osé le réclamer ? Je ne pense pas. La seule chose qui devrait vous importer en cet instant, ce n'est pas de me faire votre numéro de mère louve inquiète, mais de vouloir aider votre fils. Alors aidez-moi à faire quelque chose pour lui, plutôt que de lapider le pécheur qui souhaite se repentir."
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Mer 27 Avr - 14:49

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Elle reste là, interdite alors que la première réaction de l'alpha, suite à son attaque, est de la menacer. De lui faire comprendre que le sujet qu'ils vont aborder le fait prodigieusement chier, et qu'en gros il est comme un gamin qui a fait une connerie et qui refuse d'assumer ses fautes. Qui préfère crier plutôt que de demander pardon. Elle inspire profondément, relevant le menton alors qu'elle serre les poings, avant de reprendre.

Bien. C'est donc la seule chose que vous avez à me dire? Que le sujet ne vous plait pas?

Elle a mal. Son coeur est une plaie ouverte et du sang jaillit à gros bouillons sur le sol, dans une cascade rouge. Elle a tellement mal. Savoir qu'on a pu faire ça à son garçon et qu'elle ne pourra jamais aller voir la police, car ils ne comprendraient pas. Ils ne comprendraient pas pourquoi un gamin de seize ans s'est retrouvé à venir vivre chez une groupe d'inconnus qui ont au minimum dix ans de plus que lui. Ils ne comprendraient pas que, même si c'est mal et douloureux, le nouvel alpha pouvait faire ce qu'il a fait. C'est horrible, mais ce sont les lois des loups, qui ne sont pas celles des hommes. Et trop souvent elle l'oublie. Elle oublie que Steve aussi est un loup-garou. Il a des réflexes plus précis et développés que les autres, une meilleure ouïe, une meilleure vue et un meilleur odorat, mais c'est à peu près tout. En tant qu'oméga, la bête ne lui parle pas. Elle ne lui parle pas. Elle est sagement roulée en boule, la queue sur le museau et ses beaux yeux fermés, à dormir paisiblement jusqu'à la prochaine pleine lune. Rien ne le perturbe, et c'est seulement pendant les pleines lunes qu'il se réveille, sort paresseusement de son panier et s'étire avant de partir à l'aventure. Le reste du temps, pour Steve, son loup n'est même juste pas là. Sa vie se résume à ça. Etre Steve, un adolescent presque normal, ou être le louveteau. Pour lui il n'y a pas d'entre-deux. Pas comme pour elle, et un peu moins depuis qu'elle est devenue béta, ou Bucky, qui est l'alpha dans sa splendeur. Non la police ne pourrait pas comprendre les vraies raisons pour lesquelles Buck a pris son fils sur une couverture, dans un garage, sous le regard des autres membres de la meute. Ils ne comprendraient pas pourquoi ce Rumlow lui aussi avait manqué de peu de faire du mal à son fils. Il n'aurait jamais été question d'attirance, d'envie. Il n'était pas désirable. Il est juste un oméga. Un trésor pour une meute, et deux mâles forts s'en sont disputé la possession... Alors elle ne dira rien, même si son coeur de mère passe avant les règles. Elle aimerait qu'il paie. Elle aimerait qu'il soit puni pour avoir imposé à son fils ce terrible moment, sauf qu'il n'en sera rien. Et ça la tue, petit à petit. Savoir qu'il va devoir vivre avec lui, celui qui lui avait volé son innocence, celui qui l'avait brisé, devoir le croiser tous les jours et se rappeler sans cesse ce qu'il a subi, sans possibilité de fuite. Tout ça c'est trop. La mère et la louve saignent à l'idée que maintenant, il est coincé avec des gens qui n'en ont que faire de lui, et qu'il va juste être un jouet, pour eux. Une chose de valeur qu'on va peut-être échanger à une autre meute pour une nouvelle tractation, ou pour un nouvel accord. Et la boucle risquerait encore de se reproduire. Et encore. Jusqu'à ce que vaincu, brisé, il en meure. Que la flamme en lui s'éteigne...

Tout ça se bouscule, toutes ses craintes lui serrent la gorge et la tuent lentement, alors que Buck se décide enfin à répondre. Et finalement, les paroles de l'alpha ne sont pas celles qu'elle attendait. Elle s'attendait à ce qu'il hurle, lui rappelle son rang inférieur, la pousse à s'occuper de ses affaires. Alors que c'est un torrent de culpabilité qui se déverse hors de lui et qu'elle ressent. C'est un maigre soulagement, mais soulagement tout de même. Il n'a pas aimé lui faire du mal. Il souffre. Le loup s'en veut, tiraillé d'avoir poussé l'humain à faire ça, et de l'avoir fait souffrir, sentant sa douleur via le lien qui s'est créé.

Votre loup a pris le dessus, soit... mais maintenant... je ne vois pas comment Steve pourrait passer au-dessus de tout ça. Comment il pourrait se dire que la suite...

Elle sent les ondes des autres loups, et se tait, le temps de leur échange silencieux, clôturé par Buck qui leur demande d'aller un peu plus loin. Elle lest observe s'éloigner, leur en voulant aussi. Ils ont beau rassurer leur alpha, ce qu'il a fait est impardonnable. Une fois seule avec lui elle recroise son regard, et elle ressent sa douleur et sa culpabilité. Sa colère gronde un peu moins, son coeur saigne moins fort, et pourtant des reproches naviguent toujours dans son esprit. Elle aurait toujours aimé qu'il soit heureux. Elle aurait espéré qu'un jour il rencontre une jeune louve ou un jeune loup, qu'ils se plaisent, qu'ils sortent ensemble, et puis...que les choses suivent leur cours. Comme pour elle et Joseph. Et son coeur s'était brisé quand elle avait compris qu'il n'aurait jamais droit, comme elle, à une première fois tendre et douce. Qu'il lui avait pris ça. Qu'il le lui avait refusé. Elle déglutit.

Alors c'est comme ça que vous vous voyez? "Un alpha qui a fait des erreurs"? Et que votre loup a fait ça "parce qu'il voulait lui aussi son droit à être heureux"? Mais vous avez pensé à lui? Comment voulez vous qu'il soit heureux, lui, après ça? Pour lui c'est une plaie ouverte qui ne cicatrisera peut-être jamais. Qu'est-ce qu'il vous en coutait d'attendre? Que ce lien soit choisi par vous deux? Pas simplement par vous. Vous aimeriez vivre avec quelqu'un qui vous a trahi et blessé?

Elle se retient d'hurler, de le frapper. Oui il semble sincère et oui il a l'air de vraiment vouloir se rattraper. Pourtant ce qu'il a fait ne s'efface pas avec une boite de chocolats et une carte d'excuses. Ce n'est pas le genre de choses qu'on pardonne facilement, ou qu'on pardonne tout court. Elle passe les mains sur son visage fatigué avant de le faire face à nouveau.

Pourquoi je vous aiderai? Pourquoi est-ce que je vous soutiendrai après l'avoir blessé? Qui me dit que la semaine prochaine, vous ne lui ferez pas subir autre chose?

Elle hésite une seconde avant de reprendre.

Malheureusement il n'est pas question qu'il revienne dans notre meute. Et si vous le rejetez, ou que vous rompez le lien, vous allez l'obliger à vivre avec vous tous, en gardant le souvenir de cet évènement, et que vous vous êtes débarrassé de lui après avoir eu ce que vous vouliez. C'est ce qu'il peut penser au moins. Prouvez-moi que vous tenez à ce point à lui, que vous voulez vraiment vous racheter, pas pour votre conscience, pas parce que c'est un oméga, mais pour lui... Après tout, au moment de le réclamer vous ne connaissiez rien de plus que son prénom je suppose...



FICHE PAR SWAN.
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Jeu 28 Avr - 8:52
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Sa mère ne peut me pardonner et je ne peux lui en vouloir. Ce que j'ai fais ne pourra jamais être effacé ou oublié. Même si Steve acceptait de se retrouver à nouveau dans la même pièce que moi, je penserais pas une seule seconde que tout ceci est pardonné ou oublié. Parce que ça ne le sera jamais. Je devrais vivre avec ça jusqu'à la fin de mes jours et même si lui arrivait à me dire que c'est du passé, moi je ne pourrais pas oublier. Je ne pourrais pas effacer de ma mémoire son regard terrorisé et ses cris. Je ne pourrais pas faire comme si je n'avais pas entendu ses suppliques et son coeur affolé. Mais tout ceci ne semble pas effleurer la louve qui me tient toujours tête. Non, elle ne voit que le monstre, l'animal qui a blessé son fils et une fois de plus, je ne vois pas comment lui en vouloir. Sa voix est lourde de reproche et d'une colère qui me fait baisser les yeux. Mon loup gronde, n'appréciant pas de me voir m'écraser de la sorte, là où lui est prêt à montrer les crocs pour assoir sa dominance. Seulement le temps n'est pas à l'affrontement. Je vais devoir me battre pour lui, mais d'abord, je dois prouver que je veux le faire pour de bonnes raisons… Pas par besoin d'assouvir une pulsion égoïste mais au contraire, d'aider un gamin que j'aurais dû prendre sous mon aile et protéger. Je dois prouver que je veux me racheter pour son bien et non pour le mien. Alors c'est sans un mot que je subis sa vague de reproche n'ayant qu'un léger murmure en guise de réponse.

"Non… Je n'aimerais pas…"

Personne ne voudrait ça… Personne ne voudrait vivre et se savoir compagnon d'un monstre comme moi… Et c'est peut-être ce qui m'a toujours effrayé depuis ma première transformation. L'idée même que je devrais peut-être passer mon existence seul parce que personne ne pourra jamais m'aimer et supporter le loup qui vit sous la surface de mon être. Les alphas sont des créatures dangereuses et peu de loups ou de louves veulent s'accoupler avec, craignant de devoir s'unir à quelqu'un qu'ils devront peut-être tuer. Il est plus simple de se soumettre  un alpha que de l'aimer et de vivre à ses côtés… Alors certes, mes parents ce sont trouvés, ceux de Steve aussi… Mais au fond de moi, j'ai peur. Peur de cette solitude, peur de cette certitude de basculer dans une folie meurtrière, peur d'être réellement un monstre… Peur au point que lorsque j'ai vu Steve… J'y ai vu une chance de m'en sortir, une chance d'être heureux et enfin apaisé. Dans ses yeux vairons j'ai vu le salut de mon âme. Une promesse de paix. La femme passe une main sur son visage et même si elle n'est pas ma membre de ma meute, je ressens de là où je suis la fatigue qui l'étreint. Elle perd sont temps ici, elle devrait être avec son fils, à lui tenir la main, lui dire que tout va bien se passer et que plus jamais je ne reviendrais… Mais non. La louve est forte et elle veut des explications. Elle veut se battre pour lui, parce qu'elle l'aime, oh elle l'aime tant. Comme toutes les mères elle ferait n'importe quoi pour Steve et c'est peut-être pour ça qu'elle me fait face aujourd'hui, montrant les crocs malgré son épuisement, comme si elle me disait que je devrais passer sur son cadavre pour un jour revoir son précieux enfant. Et si le loup, lui, serait prêt à regagner la confiance et l'amour de son omega, je serais moi, plutôt enclin à mettre un genou à terre et le laisser décider de ce qu'il veut. Aucune des deux solutions n'est réellement la bonne… Et d'une voix lasse, sa mère me rappelle en effet que Steve n'aura pas le choix. Il devra revenir dans ma meute et vivre avec nous. Briser le lien n'est pas une solution mais le forcer à vivre avec moi n'en est pas une non plus. Je continue de fixer le sol, perdu dans une confusion, un mélange d'émotions qui m'englue et me fait presque suffoquer. Je ne sais plus. J'ai juste… Mal. Je souffre de sentir que Steve a fermé notre lien, je souffre de ses mots qui résonnent encore dans mon esprit et je souffre de sentir que ma meute est comme éclatée… Les mots me manquent et finalement, après un long silence, j'arrive à entrouvrir les lèvres.

"Vous avez raison… Je ne mérite pas d'être pardonné et encore moins d'avoir le droit de le conserver à mes côtés. Mais comme vous le dites, si je brise notre lien, il ne terminera pas la semaine. La seule chose que je puisse faire c'est le ramener chez nous et me saigner pour lui, juste pour qu'il se sente à la maison."

Un souffle glisse d'entre mes lèvres tandis qu'une chose étrange se produit au sein de mon être. Une promesse, murmure le loup, nous pouvons promettre et nous soumettre au jugement de la louve. Notre vie pour celle de notre compagnon. Un pacte. Nous pourrions, oui… Promettre à la louve que son fils sera heureux avec nous. Un soupire meurt sur mes lèvres et doucement je reviens croiser son regard, laissant le loup parler avec moi au travers de mes prunelles.

"Vous n'avez aucune raison de nous aider, mais toutes celles de nous frapper. Seulement… Je veux me battre pour lui, je veux le savoir heureux, que ce soit avec moi ou avec un autre. Si le loup serait prêt à tuer pour lui, je suis prêt à mourir pour lui."


Lentement, je pose un genou à terre, me soumettant à elle dans un geste théâtral au possible… Mais après tout, nous les loups le somme un peu sans cesse. Nous sommes des êtres dramatiques qui ne jouent jamais la moindre comédie, et qui dans des représentations grotesques tentent de se convaincre qu'ils possèdent une humanité qu'ils n'auront jamais. Je ne la quitte pas du regard,  tentant d'établir un lien avec elle, pas un lien de meute, mais un pacte qui scellera la promesse que je lui fait en cet instant.

"Aidez-moi à le rendre heureux. Offrez-moi une simple chance, et je jure de lui rendre son sourire et l'envie de vivre. Je ne le ferais pas parce qu'il est un omega, mais un être humain qui mérite de connaître les joies d'être heureux et amoureux. Jamais plus je ne le forcerais à quoi que ce soit et le reste de mon existence n'aura de sens qu'à le faire sourire. Offrez-moi une semaine, un mois, un an et si il ne va pas mieux… Alors c'est ma vie que je vous offrirais et ma meute."

La voix du loup se mêle à la mienne, la faisant vibrer et résonner d'une manière qui n'est propre qu'aux alphas. C'est un bourdonnement grave et chaud, qui s'infiltre dans les os et qui est porteur d'un message sincère qui vient du coeur. C'est plus qu'une promesse, c'est un pacte que je passe avec elle. C'est ma vie que je lui offre et si Steve ne va pas mieux, c'est ma tête qu'elle pourra avoir sur un plateau d'argent. Quant à ma meute, elle se retrouvera sans alpha mais libre de ma personne. Sam pourra prendre ma place ou ils rejoindront celle de la louve qui me fait face. Le choix sera leur.
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Jeu 28 Avr - 18:14

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C'est tellement dur pour une mère de voir son fils dans cet état. De savoir qu'on a pu lui faire du mal. Que quelqu'un se soit autorisé à porter la main sur la chair de sa chair. D'oser penser qu'il pouvait lui faire mal et s'en tirer. Ce qui est le cas, au moins légalement. Et dans un sens elle se sent aussi coupable. Complice. Elle n'aurait pas dû laisser son fils partir. Elle aurait dû lutter. Elle aurait dû se battre. Etre la louve alpha qu'elle avait été, celle qui n'hésitait pas à s'opposer à son Joseph, et la seule qui le pouvait, quand elle estimait que ce dans quoi il s'engageait était une mauvaise décision. Que ce n'était pas juste. Sa douleur était dédoublée parce qu'elle connaissait les règles, et qu'au fond de ses tripes elle se répétait sans cesse qu'elle aurait dû faire quelque chose. Qu'en laissant Fury l'emmener, elle avait accepté qu'il puisse le confier à des gens qui ne lui voudraient pas que tu bien. Alors qu'il était dans son lit, si fragile, elle n'arrêtait pas de se dire qu'il aurait mérité une autre mère qu'elle. Une mère qui se serait vraiment battue et qui aurait empêché l'agression de son petit trésor.

Et étrangement, si elle est en colère contre lui, si sa rage lui tord le ventre, ce qu'ils éprouvent est pourtant similaire. Leurs âmes en peine étrangement se répondent. Elle sent le loup abandonner la partie, peu à peu, et l'alpha s'adoucir, voire baisser sa garde. Sa voix n'est plus agressive. Son ton n'est plus acéré. Il murmure après qu'elle lui ait dit le fond de sa pensée, et mis face à ses contradictions. Elle le sens souffrir et se torturer. Elle le sent regretter et s'en vouloir. Elle sent qu'il y repense sans cesse, et que le rejet de Steve à son encontre l'a blessé au plus profond de lui. C'est bien. C'est bien parce qu'il semble être sincère quand il dit qu'il tient à lui. Que Steve compte. A sentir sa peine et sa culpabilité ramper en lui comme un serpent elle se dit qu'il y a peut-être quelque chose à sauver. S'il n'avait pas montré de remords ou de regrets, si elle avait compris qu'il s'apprêtait à recommencer encore et encore, elle aurait tout simplement pris son fils et se serait enfuie avec. Mais là... là son désespoir a l'air si sincère qu'elle sent que ce qu'il dit est vrai. Qu'elle sent qu'il veut vraiment se rattraper, racheter l'acte horrible que son loup l'a obligé à faire... Il a l'air si mal qu'elle comprend qu'il fera tout pour rendre le sourire à son fils, allongé dans un lit d'hôpital.

Il le faut. Sinon vous comme moi aurons sa mort sur la conscience. Vous pour lui avoir fait du mal et moi pour vous l'avoir confié...

Elle hoche lentement la tête, l'air grave, mais le souffle court à mesure que l'alpha montre son humilité et sa fragilité. Qu'il ne montre plus les crocs mais vient ramper devant elle comme un jeune chiot perdu et effrayé qui a besoin  d'un guide. Bien. Il sait faire preuve d'humilité et reconnaître ses torts, même si ça ne suffira pas à panser les plaies béantes sur le coeur de son petit trésor. Il a abandonné sa superbe et veut se racheter. Il va même jusqu'à dire qu'il serait prêt à mourir pour lui et elle le croit. Elle sent que son âme saigne et son esprit n'a pas connu le repos depuis des jours. Enfin elle se dit que ça pourrait marcher. Que si Buck y met toute son âme, cela va marcher. Qu'ils vont pouvoir le sauver, ensemble.

Mais là où il la surprend, là où elle ne l'attendait pas c'est quand il met un genou à terre. Sa gorge se noue en le voyant si déterminé à sauver son petit Steve, à vouloir tout faire au point d'abandonner sa dignité au beau milieu du couloir, à faire taire son loup qui voulait tant qu'elle se soumette à lui. Il s'abandonne, se remet à elle. Et, à sa grande surprise, va jusqu'à lui offrir sa meute s'il échoue. Il ne plaisante vraiment pas. Il est prêt à tout perdre pour qu'elle l'aide à le reconquérir, au moins un peu. Même à mourir. Ainsi il est vraiment amoureux de lui alors qu'il l'a à peine vu... et ça sera son rôle de faire éprouver la même chose au jeune homme derrière la porte. Il lui a dit tout ce qu'elle souhaitait, et avait besoin d'entendre. Sa décision est prise. Elle l'aidera, non pour lui, mais pour son fils. Et dans un sens, sentir que pour le reste de ses jours, sa seule préoccupation sera de choyer son fils, au point de tout perdre est une motivation et un argument suffisant.

Bien. Relevez vous. Vous m'avez convaincue et sens que vous êtes sincère. De votre côté le lien s'est créé... mais pas pour lui. Enfin, pas correctement. Il ne pourra vous compléter, vraiment vous aimer que quand vous l'aurez fait tomber amoureux de vous. Ca ne va pas être simple. C'est encore qu'un gamin qu'on a précipité beaucoup trop tôt dans un monde qui n'est pas vraiment fait pour lui. C'est un oméga. Il est plus doux et plus sensible que nous. C'est pour ça que ça sera peut-être encore plus dur de regagner d'abord sa confiance, et ensuite le reste. Moi je plaider votre cause auprès de Steve. Au moins qu'il accepte de vous parler. Qu'il comprenne qu'en effet, pour le coup de Rumlow, vous n'y pouviez rien. Le reste, ça dépendra de vous. En attendant rentrez chez vous, prenez une douche, dormez quelques heures et revenez demain... Je retourne auprès de lui. Mais sachez une chose. Si vous me trahissez. Si vous le rendez malheureux ne serait-ce qu'une fois, je n'hésiterai pas à venir prendre ce que vous m'avez offert...

Elle retourne ensuite dans la chambre de Steve, qui se détend en voyant que c'est elle, s'asseyant un peu plus dans son lit.

*_*

Maman? Qu'est-ce que tu lui as dit?
Je l'ai écouté surtout. Et même si j'étais très en colère contre lui, je me suis rendue compte qu'il t'aime mon trésor.
On se comporte pas comme ça quand on aime quelqu'un!
Tu as le droit de lui en vouloir trésor, mais crois moi. Il souffre énormément de ce qui s'est passé.
Pourquoi tu le défends?
Parce que j'ai senti sa peine et sa douleur. Si tu ouvrais votre lien, tu le sentirais, toi aussi.
Vraiment?
Bien sûr. Si je n'avais pas senti ça je lui aurais interdit de te revoir, quoi qu'il m'en coûte.


Je soupire et me concentre pour ouvrir à nouveau notre lien. En une seconde je sens une telle bouffée de culpabilité, de tristesse, d'impuissance et de rage que ça me coupe le souffle. Alors c'est vrai. Il est vraiment  bouleversé. Je sens la main de maman dans mes cheveux alors que nos regards se croisent.

Tu vois trésor...
Pourtant... pourtant il a laissé Rumlow m'attaquer! Il...
Vois plutôt les choses autrement trésor. Il a plutôt surgi juste à temps pour l'empêcher de te faire du mal. Il a senti qu'on osait s'en prendre à toi. Bien sûr que ça n'aurait pas dû arriver, et qu'il aurait dû le prévoir mais... il est intervenu au bon moment non?
Qu'est-ce que j'en sais, si ça va pas dégénérer encore? Si ça va pas merder? S'il va pas encore me faire mal?
Non Steve. J'ai senti à quel point il veut se racheter. Il ferait tout pour que tu lui donnes une autre chance. Qu'il se rattrape.
Pourquoi je devrais le croire?
Parce qu'il me l'a promis. Parce que je l'ai senti. Et tu sais qu'une promesse entre loups est sacrée...
Tu me jures que ça va plus jamais mal tourner?
Oui mon coeur. Ou au moins ça sera pas de sa faute. Et il essayera par tous les moyens de t'éviter de souffrir.
Je sais pas maman. Je dois réfléchir.
Bien sûr, bien sûr... Je ne bouge pas de là...


Blotti dans mon lit je me plonge dans notre lien. Encore. C'est vrai qu'il a mal. Vraiment. Il en est presque fou. S'il n'en avait rien à faire, il ne se donnerait pas autant de mal. Son loup hurle et lui aussi. Pendant de longues heures je reste là à gamberger pendant que maman dort à côté de moi sur le lit, sa main tenant la mienne. Et finalement, quand elle se réveille, je lui annonce ma décision.

Une chance. Une seule. Je pourrais pas supporter de souffrir encore à cause de lui...



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Ven 29 Avr - 14:09
Howling for You.
Face à elle je courbe l'échine comme j'ai pu le faire en de rares occasions dans ma courte existence. Pour mon père je m'étais soumis avant qu'il ne décide de me rejeter de sa meute, devant ma mère j'avais plié le genou pour lui demander une absolution qu'elle a refusé de m'accorder et pour l'alpha que j'ai finis par tuer. Trois fois seulement j'ai plié le genou et ce n'était jamais pour plaire à mon loup qui à chaque fois, grondait un seul mot dans mon esprit, une insulte qu'il crachait avec un mépris que je ne soupçonnais pas chez lui. Faible. Voilà ce qu'il hurlait dans ces moments-là. Faible, faible… Comme un aboiement il hurlait ça, cherchant souvent à vouloir reprendre le contrôle, comme pour montrer que si l'humain était un être tendre pourvu d'un coeur, lui était un prédateur qui jamais ne courbait l'échine pour qui que ce soit. Un monstre que l'on doit respecter sous peine d'être châtié. Et si je m'attendais à ce qu'aujourd'hui il cherche encore à prouver qu'il n'est pas comme moi, je suis autant surpris que soulagé de le voir, de le sentir s'unir à moi, laissant sa voix se mêler à la mienne pour créer un seul être. Deux coeurs semblent battre dans ma poitrine en cet instant étrange et rapidement, ceux-ci battent à l'unisson, créant une mélodie organique qui résonne dans mon être, faisant vibrer ma voix comme un chant qui transforme presque mes os en des carillons qui portent cette promesse que je lui fais. Oui, je ferais tout pour Steve. Oui je serais un meilleur alpha, un meilleur être humain pour qu'il puisse connaître ce qu'il aurait dû vivre. À mes côtés je ferais en sorte que la meute devienne sa nouvelle famille, et qu'entre mes bras, il connaisse les joies d'un premier amour qu'on découvre du bout des lèvres. Dans mes yeux il pourra contempler le reflet de ses sourires et ressentir les premiers affres d'un amour naissant. Face à elle, un genou à terre, je lui fais parvenir tout ça, promettant mille et une chose autant dans mes paroles que dans mes silences, laissant le loup s'adresser au sien. Et dans cette étrange discussion à quatre, je sens, du moins j'ai l'impression de sentir qu'elle me croit. Si la colère est toujours là, elle se fait partagé… Diluée par quelque chose que je peine à identifier mais que je comprends. Elle m'en veut, c'est certain… Mais elle sait que si quelqu'un peut aider son fils en cet instant… C'est moi. Si je suis celui qui l'ait brisé, je suis le seul à pouvoir le soigner. Ce n'est pas de l'attention des autres dont il a besoin mais de la mienne. Même si en cet instant il me déteste, je reste son alpha et son compagnon. Je suis celui qui lui a promis protection et affection. Un long silence s'invite à notre échange et le temps de quelques battements de coeur, l'idée étrange qu'elle me dise d'aller au diable me vient. Et si la louve décidait de me le retirer ? Oserait-elle ? Non. Elle même l'a avouer. L'accord est scellé, Steve ne pourrait revenir dans son ancienne meute. C'est trop tard. Son alpha l'a déjà rejeté. Un frisson glisse sur mon échine, et c'est avec soulagement que je croise son regard quand sa voix vient caresser autant mon être que le loup. Elle accepte. Lentement je me redresse et soutiens son regard, reprenant ma place de dominant en la toisant. Je passe une main dans mes cheveux, sentant mes épaules se détendre alors que j'hoche de doucement de la tête, acquiesçant à tout ce qu'elle peut bien dire… Et si j'avoue avoir un pincement au coeur quand elle me dit de rentrer, j'avoue légèrement rougir quand elle parle d'une douche dont j'aurais besoin. Je me retiens de lui dire que j'ai déjà eu le plaisir d'en prendre une avant de me venir, me doutant qu'elle me conseille ça non parce que je sens encore le loup mais simplement pour me remettre les idées en place. J'hoche une dernière fois de la tête avant de sourire à moitié, lui faisant part de toute la reconnaissance et du respect que j'ai pour elle en cet instant.

"J'ai une dette immense envers vous… Et tout les remerciements du monde ne seraient pas suffisant."

Comprenant que je ne suis plus le bienvenu, je m'incline une dernière fois pour elle, la laissant ensuite rejoindre Steve tandis que ce sont Natasha et Clint qui me retrouvent non loin de la chambre de Rumlow. Et si Clint est simplement inquiet, venant chercher du réconfort en ma personne, je lis dans le regard de Natasha quelque chose qui me fait grincer des dents. Nos regards se soutiennent de longues minutes et alors que Clint nous explique qu'il s'est occupé de remplir les papiers d'admissions pour le traître qui est derrière la porte devant laquelle nous nous trouvons, je finis par le couper d'une voix dure, m'adressant à sa compagne.

"Ce n'est vraiment pas le jour pour ça Natasha.
- Avec toi ce n'est jamais le jour de toute façon."

D'instinct, Clint vient se placer devant Tasha, osant un sourire pour tenter de nous détendre.

"Je n'avais pas le choix. C'est notre omega et il me semble que je ne suis pas le seul qui ait des choses à se faire pardonner. Alors c'est normal que nous soyons tous dans le même bateau."

Chose surprenante, Tasha a un grognement et dans son regard je peux y voir la louve. Je vois. Tout le monde a décidé de me défier le même jour… Soit. Si elle aussi à besoin que je lui rappelle que je suis celui qui gère cette meute, qu'il en soit ainsi.

"N'y pense même pas, à moins que tu aies envie de te retrouver dans le même état que Rumlow.
- Tu fais chier James. Tu mets en danger la meute et mon compagnon parce que tu n'es pas capable de remettre une louve à sa place et de t'occuper de notre omega. Tu n'aurais jamais dû le réclamer."

Mon sang se glace dans mes veines et la tête me tourne quand le loup prend ma place, poussant un grognement sourd envers la louve qu'il est à deux doigts d'égorger. Et dieu qu'il aimera ça. Car pendant de longs mois, avant que Clint  ne nous rejoigne, sa louve et mon loup se courtisaient, tout deux se tournaient autour en se disant qu'à deux, ils formeraient un couple puissant que personne ne pourrait jamais défier… Puis Clint est arrivé et Tasha l'a trouvé plus intéressant, car ce qu'il voyait en elle n'était pas la louve mais la femme et sans surprise, l'amour triompha du pouvoir. Chose qui a rendu mon loup jaloux, car lui aussi voulait son compagnon à lui. Son loup qui n'aimerait que lui. Alors oui, si elle lui donne une raison suffisante pour la blesser, l'animal le fera avec joie, autant pour lui faire payer sa rébellion que ce qu'elle sous-entend. Steve était à lui et il avait tout les droits de le réclamer, il a le droit d'être heureux comme les autres. Voilà ce que son grondement signifie. Pourquoi lui devrait-il rester seul ? Natasha continue de soutenir mon regard et alors que je m'apprête à gronder une fois de plus, voilà que je suis cueillis par une gifle qui me laisse complètement con. Toute la tension qui s'était accumulé entre nous se dissipe d'un claquement de doigts alors que je regarde Clint trembler face à moi, le souffle court. Et si je m'attends à ce que l'animal se mette en colère et s'en prenne à lui, il n'en fait rien. Non, au contraire… Il recule, murmurant simplement.

"Brave."

Clint sursaute presque au ton de ma voix avant de sourire faiblement. Il voulait simplement protéger sa compagne et éviter à son alpha de commettre quelque chose dont il se serait voulu une fois de plus. Je passe une main sur mon visage avant de soupirer longuement, ne rouvrant les yeux que pour Natasha.

"Désolé James… Je ne sais pas ce qui m'a pris…"

Je croise son regard et reste interdit, ne disant rien quand elle baisse les yeux, murmurant de nouvelles excuses. Elle a beau tenter de me mentir en me disant qu'elle ne comprend pas, nous savons tout les deux qu'elle en est parfaitement consciente. Elle ne veut pas que son compagnon soit impliqué dans ce pacte que j'ai passé sans eux. Je me contente de les abandonner dans le couloir, poussant la porte de Rumlow. Allongé dans son lit, ce dernier m'accueille avec un sourire et sa voix rauque, qui comme à son habitude fait frissonner ma peau.

"Mon alpha…
- La ferme."

Mon ton est sec alors que je m'approche de son lit, tirant le fauteuil jusqu'à son lit pour m'y assoir.

"La ferme. Je ne veux rien entendre. Tu sais comment ça va se passer ? Je vais parler et toi tu vas sagement m'écouter. Si j'entends un mot de ta part, je me fais un plaisir de m'occuper de cette vilaine perfusion."

J'attrape le tube de celle-ci entre deux doigts et la plie légèrement, lui coupant l'accès aux médicaments qu'ils peuvent être en train de lui donner. Je vois sa mâchoire se contracter et j'ai un sourire avant de laisser les gouttes passer à nouveau dans le fin tube en plastique.

"Tu es mort. C'est clair ? Mort. Et même si j'ai autre chose à foutre que de te faire la peau et d'ensuite cacher ton corps, tu es mort. Profite de tes derniers moments à l'hôpital car au moment-même où tu sors, je viendrais te chercher et je te ramènerais à la caserne où là je te ferais regretter l'intervention de Sam pour m'empêcher de te tuer. Et là je me ferais un plaisir de te faire souffrir. Je te rendrais le triple de ce que tu as voulu faire à Steve. Parce que je ne vais pas simplement faire en sorte de te retirer toute dignité ou estime de toi-même, non je vais m'assurer que tu ne sois plus capable de penser en ravoir une un jour."

Du bout des doigts je commence à jouer avec le tube, lui offrant un dernier sourire là où lui m'offre un regard qui s'il pouvait tuer serait en train de broyer chacun de mes os. Mes doigts lâchent la perfusion et je me relève, repoussant le fauteuil, et sur le pas de la porte, alors que je m'apprête à quitter sa chambre, je lui glisse un dernier avertissement.

"Oh… Et bon rétablissement."

La porte claque derrière-moi et je souris en croyant entendre un "fils de pute" fuser. Je discute ensuite rapidement avec Clint et Tasha, leur disant que je vais rentrer et que j'enverrais ensuite Tony et Maria les relayer. Puis je rejoins ensuite Sam dans le hall et rentre avec lui sans rien dire. Le trajet se fait en silence et une fois à la caserne, j'explique à ceux qui sont-là comment les choses vont se passer et une fois que je sais les deux partis pour prendre la place de Clint et Tasha, je vais dans mon appartement, me permettant enfin de prendre la longue douche dont la mère de Steve me parlait. Je ne sais pas vraiment combien de temps je reste sous le jet d'eau mais quand je sors de la salle de bain, ma peau est rouge. Je m'occupe de bander mes mains et fatigué, je m'écroule une bonne partie de la journée, ne restant éveillé que pour préparer un petit quelque chose pour Steve. Et ainsi le lendemain, à la première heure pour les visites, je suis à l'hôpital, ayant sous le bras un immense tupperware de cookies fait maison, un thermos de chocolat chaud et un bouquet de fleur. Avec un pincement au coeur et l'angoisse au ventre, je remonte les couloirs de l'hôpital, me présentant finalement à sa chambre. Je prends une grande inspiration pour me donner du courage, toquant presque timidement avant d'entrer. Et si j'ai un sourire pour lui, je sens qu'il n'est pas heureux de me voir, pire je sens qu'il a peur. Je déglutis difficilement et le salut d'une voix douce.

"Hey, Steve… Comment vas-tu ? Je peux entrer ? Je t'ai ramené de quoi manger ce matin, je me suis dis que ça te ferait plaisir."
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Dim 1 Mai - 15:27

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Depuis une semaine, depuis le soir où je suis arrivé chez eux, je n'ai finalement eu que deux jours. Deux jours vraiment bien, où j'ai eu l'impression de compter pour Bucky. Où j'ai vraiment eu l'impression que j'étais au centre de son attention, de ses préoccupations. Où j'ai senti qu'il voulait vraiment s'occuper de moi, et me faire aller mieux. Que je me sente bien près de lui, ici, ce qui va être ma nouvelle maison. Enfin, en théorie, elle l'est déjà, à partir du moment où Fury m'a déposé ici comme un paquet de linge sale. Il lui avait fallu deux jours mais... mais après c'était bien. Après qu'il s'excuse, et qu'il me promette qu'à partir de maintenant il allait vraiment s'occuper de moi et faire en sorte que j'allais être bien. Que tout ce qui s'était passé allait être qu'un mauvais souvenir. Qu'il allait veiller sur moi comme un vrai compagnon, et qu'il allait m'aimer. Pendant deux jours je l'ai vu faire et je l'ai cru. Pendant deux jours je l'ai vu sourire et senti renaître en s'occupant de moi. Je l'ai senti s'apaiser, ainsi que son loup, quand ils m'ont vu manger, rire, et discuter. Quand j'ai accepté de passer du temps avec lui, et de parler de tout et de rien. Qu'on s'est découverts et... appréciés, pour ce qu'on était. Il m'a montré qu'il était drôle. Qu'il était gentil. Prévenant. Protecteur aussi. Et pendant deux jours j'ai cru que ça allait marcher. J'ai cru que je pourrais vraiment être heureux avec lui. Que ma vie serait à ses côtés et que j'y serai bien. Que peut-être un jour le reste de la meute arriverait à se racheter et que... ça pourrait être bien. Deux jours où j'y ai cru. Avant que Rumlow ne s'en prenne à moi.

Là je me suis senti trahi. Je me suis senti bête. Bête d'avoir cru ses mensonges, ses promesses, vu qu'à la première occasion un autre membre l'a trahi, a bravé ses ordres et le lien qui nous unit, pour tenter de me faire sien. Il ne l'a pas vu venir. Il n'a pas su voir qu'un membre de sa propre meute voulait le détrôner. Me voulait du mal. Il ne l'a pas vu et c'est moi qui en ai payé les conséquences. C'est moi qui ai souffert, alors que c'est lui qu'on voulait atteindre. Encore une fois on m'a utilisé et j'en ai eu assez. J'en ai eu assez qu'on décide à ma place, qu'on pense à ma place, qu'on me vende, qu'on me réclame, qu'on me prenne. J'avais vraiment pensé que les choses pourraient enfin bien se passer mais il faut croire que pour moi c'est trop demander. Qu'avoir une santé de merde, un père mort, et d'avoir été donné à une meute rivale ça suffisait pas, voilà en plus ça, une cerise sur le pudding. Et qui me dit que ça se reproduira pas encore? Et qui me dira qu'on me fera pas encore mal? Ou qu'on me donnera quand je servirai plus à rien? Pourtant... pourtant pendant ces deux jours je l'ai senti sincère. J'ai senti qu'il était vraiment là pour moi. Qu'il voulait m'aider. Qu'il était content que je m'apaise et me laisse approcher. Comme s'il tenait vraiment à moi. Alors pourquoi il a laissé faire ça?

Les heures qui suivent mon réveil, alors que maman est là, je ressasse tout ça encore et encore, les tripes nouées et le coeur en vrac. Jusqu'au moment où il vient. Encore terrifié, blessé, je lui ai craché toute ma colère et ma douleur. Tout ce qui s'est passé et que je lui reproche. Et même en ayant fermé le lien, je vois à quel point mes mots l'ont blessé. Je vois à quel point je lui ai fait mal. Pourtant c'est sa meute. Il en est l'alpha. Il m'a juré de me protéger alors pourquoi il l'a pas fait? Pourquoi il a laissé ce monstre lever la main sur moi et presque... Par contre je ne m'attends pas à ce que ma mère lui demande de discuter avec lui. Peut-être pour l'engueuler? Ou l'inverse? Je n'en sais rien et les minutes seul me semblent interminables. Dehors, je sens aussi la présence de Sam, Tasha et Clint, mais ils n'osent pas entrer. Tant mieux. Je ne veux pas les voir. La porte s'ouvre enfin et je vois ma mère qui revient. Elle semble apaisée, et rassurée. Sa colère est retombée, et elle me sourit alors qu'elle revient près de moi.

Je suis surpris par ses paroles. Au début, j'ai presque envie de lui demander si elle est folle. Si elle est d'accord avec ce qu'il m'a fait, si elle le défend lui, plutôt que moi. Et pourtant je l'écoute. Ce qu'elle dit a du sens même si mon premier réflexe est de vouloir tout envoyer bouler et rentrer avec elle, faire comme avant. Ca reste ma mère et c'est une des seules personnes au monde que j'écoute vraiment. C'est elle qui me donnent des arguments qui font un peu leur chemin dans ma tête, et qui me pousse à rouvrir notre lien. A peine je l'ai rouvert que je sens la détresse, la rage, la colère et la culpabilité de Buck. Il est sincère quand maman dit qu'il s'en veut. C'est en train de le bouffer, littéralement. Et pas une seconde je sens qu'il s'en fout. Au contraire. Alors...finalement, j'accepte de lui laisser une chance. Une seule, d'être un bon alpha, et surtout, d'être un bon compagnon. De me rendre heureux. De me faire découvrir ce que c'est que d'être amoureux. Il n'en aura qu'une, parce que je ne supporterai pas de me faire trahir encore. Non.

Quand je lui annonce ma décision elle m'embrasse les cheveux et me dit que je ne le regretterai pas, avant de se lever pour transmettre l'information aux autres. Je ne sais même pas qui est dehors, et j'avoue que je m'en fiche. Dans un sens, un poids s'est ôté de mes épaules, parce que quelque chose en moi hurlait à l'idée de ne plus jamais revoir Bucky, comme si c'était pas normal, comme si c'était pas envisageable, et une autre voix craint qu'une nouvelle crasse m'arrive. Enfin, maintenant mon choix est fait. J'espère juste que ce sera le bon. Je finis par m'endormir, fatigué par cette crise et abruti par les médicaments. Maman me réveille pour me dire qu'elle va rentrer à la maison mais qu'elle reviendra dès que possible, et je la laisse partir, le coeur un peu gros avant de replonger pendant de longues heures. C'est une autre infirmière qui me réveille et m'examine, avant de me laisser prendre une douche et me brosser les dents. Je grimpe dans mon lit, et somnole un peu devant des cartoons quand je sursaute en sentant sa présence. Il est là. Les visites viennent juste de commencer et il est déjà sur le point de toquer. Je me redresse un peu, content d'être propre et les dents brossées, avant de lui dire d'entrer.

Je mets une seconde à comprendre tout ce qu'il tient en main, parce qu'il est chargé. Une grosse boite, une thermos et...des fleurs. Mon coeur bat plus vite, et une partie de moi a peur. Ne me fais pas mal. Ne foire pas tout, parce que ça sera trop dur pour moi. Et en même temps quand je vois tout ce qu'il a ramené... il s'est donné du mal. Vraiment. Même un bouquet... J'hésite un instant avant de hocher la tête et répondre d'une petite voix.

Je...oui, bien sûr. Entre.

Je le suis du regard alors qu'il s'approche timidement, posant le tout sur la table roulante près de moi mais sans venir trop près. Bien. Comme ça c'est...c'est mieux. J'ai un timide sourire quand je le sens aussi angoissé et impatient que moi, quand il s'installe sur le fauteuil de la chambre.

Tu... Je ne m'attendais pas à te voir aujourd'hui, et encore moins aussi tôt. Mais... merci pour tout ça. Tu... tu étais pas obligé. Mais ça me fait plaisir. Vraiment. Surtout si tu voyais la gueule des plateaux repas... et... pour les fleurs, tu devrais demander un vase à une infirmière. Ca serait dommage qu'elles s'abiment. Elles sont magnifiques...

Il s'active immédiatement, et revient peu après avec un vase qu'il remplit dans ma salle de bains, et y place les fleurs. Je m'assieds un peu plus droit, grimaçant pour placer correctement les coussins dans mon dos, avant de tendre les mains vers le bouquet. Et ma gorge se noue quand je murmure doucement.

C'est la première fois qu'on m'offre des fleurs... c'est gentil...

Et intérieurement je hurle que j'aurais préféré qu'il me les offre pour un premier rendez-vous que pour s'excuser de m'être passé dessus, et que par sa faute un de ses loups a presque fait pareil que lui, en plus sans mon consentement. Mais il s'en veut déjà assez. Et puis à quoi ça lui servirait de le lui dire? De toute façon je connaîtrai jamais ça. Je connaîtrai jamais un vrai premier rendez-vous, des jours à passer en attendant un texto, des papillons dans le ventre en espérant un premier baiser, ou se tenir la main en public. Tout ça il me l'a ôté, et si notre lien me fait avoir besoin de lui, j'arrive à peine à le laisser me toucher les cheveux ou la joue. Alors pour le reste... bref... n'y pensons plus. Je tends les mains et tente de lutter avec le tupperware avant de lever timidement les yeux vers lui.

Je... j'y arrive pas. Tu pourrais...

Il me l'ouvre, la déposant devant moi, et je découvre une montagne de cookies qui ont l'air super appétissants. Et encore tièdes. J'en pioche un que je renifle doucement, sentant mon estomac gronder un peu.

Merci. Ils ont l'air très bons. Tu les as faits toi même?

Je grignote le cookie du bout des lèvres, fermant les yeux une seconde pendant qu'il ouvre la thermos et le sert un gobelet, l'odeur du chocolat chaud à la cannelle rejoignant celle des cookies. Je termine ma bouchée et repose le cookies, avant de porter le gobelet à mes lèvres.

A part ceux de ma mère, j'ai jamais mangé de cookies aussi bons. Tu es doué...

Je termine mon gobelet et le repose aussi.

Tu travailles aujourd'hui? Maman m'a dit qu'un flic va passer aujourd'hui pour m'expliquer sur... enfin sur mes blessures et je... je sais toujours pas ce que je vais lui dire...



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Jeu 28 Juil - 12:38
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Sous ma peau et derrière mes prunelles, je sens que le loup est là, comme une vague, roulant le long de mes muscles et de ma conscience. Je le sens s'agiter doucement face à la présence de son omega avant de doucement geindre dans mon esprit quand la peur, non la terreur de Steve nous frappe de plein fouet. Dans ma gorge se crée un noeud que je ne parviens pas à avaler alors que je me force à sourire, n'envoyant au travers de notre lien de couple si fragile, que des ondes rassurantes. Nos regards se croisent et je peux ignorer son hésitation qui blesse un peu plus mon coeur au fil des secondes qui passent en silence, ne recommençant réellement à respirer que lorsqu'il me dit d'une voix bien trop timide que j'ai le droit de l'approcher. Mes pas me mènent jusqu'à son lit et c'est avec douceur que je dépose face à lui le thermos, les cookies et le bouquet de lys blancs, ne m'approchant pas plus malgré l'envie du loup de venir m'assoir à ses côtés et d'attraper sa main. L'animal aimerait être là et sauter sur le lit pour ensuite se glisser dans les bras de son compagnon mais je sais et je sens qu'il ne veut pas de ça. Je ressens son envie de me savoir loin et surtout… Je ne peux ignorer le soulagement qu'il ressent quand il voit que je garde mes distances. Ma mâchoire se verrouille et je déglutis, ravalant ma peine tandis que l'expression de mon visage reste douce. Je referme quelque peu notre lien et je décide de ne le lui laisser filtrer que ce qui est bon qui ne l'inquiétera pas. Le reste, je le ravale et je laisse le loup gérer ça. Constatant que je ne pourrais pas m'approcher plus de lui, je décide de simplement me laisser tomber dans le fauteuil qui est non loin de son lit, l'écoutant alors reprendre avec un léger pincement au coeur. Je sais, tu aurais aimé que je ne revienne plus… Que tout ça prenne fin… Mais voilà, j'ai gâché ton existence, je mérite la mort mais tu ne peux te débarrasser de moi. Je suis là, comme la poisse, à te coller et à être dans ton ombre. Même si tu aurais simplement que ta mère soit la seule à venir pour toi, me voilà, à t'offrir mon coeur et mes excuses au milieu des cookies que j'ai fais avant de venir. Un sourire qui ne monte pas à mes yeux se glisse sur mes lèvres, répondant à sa réflexion sur la qualité des plateaux repas.

"Je dois avouer que pour le peu que j'ai eu le plaisir de goûter m'ont donnés l'impression de manger du carton."

L'amusement que je feins est loin d'être sincère mais je n'ai plus le droit de l'être maintenant. Je n'ai plus le droit d'être fragile ou malheureux. Après ce que j'ai osé lui faire, je n'ai plus le droit de lui faire voir que j'ai presque envie de me donner la mort pour lui permettre d'être libre. Et pourtant… Pourtant je suis là, à lui sourire tandis que je me lève pour aller demander un vase auprès d'une infirmière. Du bout des lèvres je lui dis que je reviens vite, quittant sa chambre pour faire quelques pas et tomber sur une jeune femme à qui j'offre un sourire avant de lui demander un vase. Celle-ci me regarde sans trop comprendre avant de finalement me donner ce dont j'avais besoin. Je la remercie chaleureusement et retourne ensuite dans la chambre de Steve. Je remplis celui-ci d'eau dans l'évier de la minuscule salle de bain de sa chambre avant d'y glisser les lys que je dépose ensuite sur sa table de chevet. Je retrouve alors le fauteuil, posant sur lui un regard anxieux tandis que des vagues bien contradictoires me parviennent. Il est touché, et sincère quand il me dit qu'il trouve les fleurs magnifiques mais je serais idiot d'ignorer la colère et la tristesse qui étreignent pourtant son être. Il m'en veut. Ile me reproche de lui offrir ce bouquet en cette occasion et non lors d'un premier rendez-vous qu'il pense ne jamais avoir. Ce cocktail d'émotions non maîtrisé et bien trop sincère me serre la gorge et fait doucement gronder mon loup qui, encore plus sensible que d'habitude vient effleurer la surface de mon être. Ses pupilles remplacent peut-être les miennes et si pendant un instant, je n'ose bouger, je ne peux que m'approcher quand je le vois se battre avec le tupperware.

"Oui bien sûr… Désolé j'ai dû… J'ai dû trop bien le fermer, j'aurais dû… Enfin j'aurais dû y penser et te l'ouvrir directement."

J'ouvre la boite sans trop de difficultés et lui laisse ensuite la possibilité ou non de piocher dans les cookies que j'ai préparé pour lui, l'observant avec un pincement au coeur les regarder avec méfiance. "Ce n'est pas bon signe", murmure le loup à mon oreille tandis que Steve lui veut savoir si je les ai fait pour lui.

"Oui… Je… Je cuisine pas mal pour me calmer. Ça me fait du bien et en plus, ça me permet d'avoir de quoi grignoter si jamais…"


Je tente de rire légèrement, essayant d'alléger l'atmosphère pesante de la chambre, n'osant croiser son regard que très rapidement, ne voulant surtout pas lui donner l'impression que je cherche à le dominer ou à lui imposer quoi que ce soit. Non, en cet instant, j'essaye simplement d'être humain, de ne pas parler de la meute et de ne pas lui montrer mon loup qui rêverait de venir contre lui pour sentir ses doigts se glisser dans sa fourrure. Alors pour occuper mes mains et mon esprit, je me charge de lui verser une petite tasse de chocolat chaud, le laissant ainsi apprécier ou non ce que j'ai pu lui préparer. Pendant de longues secondes qui me semblent être des siècles il ne dit rien, se contentant de manger et boire du bout des lèvres, comme si il craignait que dans ce que je lui apporte j'ai pu y verser de l'argent liquide. Une certaine peine se distille dans mes veines et à nouveau, je sens le loup se glisser sous ma peau, cherchant à ne faire qu'un avec moi. "Il ne nous aime pas." À qui la faute ? Qui est celui qui m'a poussé à le violer ? Qui m'a fait le briser ? "Nous n'étions qu'un. C'était notre faute à tout les deux." Je sens l'animal s'agacer en moi. "Il n'y a pas un monstre dans l'humain. Il n'y a pas d'humain." Mon sourire s'efface le temps d'une seconde et je peine à ne pas masquer ma douleur, comprenant que mon loup lui-même est conscient de ce que nous sommes. Lui voit et accepte que nous n'avons rien de bons. Que nous ne sommes qu'une bête qui ne pense et n'agit qu'en fonction de ses pulsions. Le gobelet quitte ses lèvres et enfin il me tire de mes pensées, me ramenant à ses côtés en m'avouant qu'il me trouve doué. Une bouffée de plaisir pur m'envahit et transpire sur notre lien tandis que le sourire que j'ai pour lui est cette fois-ci réel.

"Tant mieux si ça te plait… Je pourrais t'en faire d'autres… Si je me souviens bien, tant que j'évite les raisins secs, je suis sûr de te faire plaisir."

Le gobelet trouve le plateau et une fois de plus, il balaye mon sourire de quelques mots. Les flics. Le loup gronde à cette simple idée alors que nerveux, je croise son regard, mes doigts s'entrelaçant entre eux. Bien sûr… Les flics ne pouvaient pas ne pas venir… Pas vu son âge et l'état dans lequel ils l'ont récupérés aux urgences… Les infirmières ont dû voir qu'on avait abusé de lui… Tout le service des urgences a dû voir qu'on lui avait fait du mal… Je passe rapidement ma langue sur mes lèvres et reprends d'une voix douce bien qu'hésitante.

"Non, c'est mon jour de repos… Je ne devrais travailler qu'à partir de demain et encore, j'aurais le service de l'après-midi… Et… Et tu devrais dire la vérité aux flics."


Je prends une grande inspiration.

"Tu ne peux pas leur dire que tu es un loup-garou ou même dire que tu es le membre d'une meute mais… N'essaye pas de me protéger ou de couvrir Rumlow. Nous ne le méritons pas. Lui a essayé de te faire mal et moi… Moi j'ai osé t'imposer tout ça et te priver de bien des choses… J'ai osé te faire du mal et te briser simplement parce que je n'ai pas été capable de contenir mon loup. Je m'en veux tant de ne pas avoir été capable d'empêcher Rumlow de te toucher… Je suis désolé de ne pas avoir su tenir mes promesses… Je suis désolé de ne pas avoir été capable de protéger les deux jours qu'on a eu tout les deux. Je sais que je ne peux pas te demander une autre chance, mais… Je chéri ces deux jours passés avec toi… T'avoir à mes côtés et te sentir si heureux… Je me sentais enfin utile et bon à quelque chose… Je me sentais enfin autrement que comme un monstre. Je…."

Je passe une main sur mon visage, fermant cette fois-ci complètement notre iien pour qu'il ne sente pas ma peine ou les larmes que mon loup verse en cet instant. Il ne doit pas sentir tout ça. Je dois me repentir, pas lui faire part de ma peine. Je dois tout ravaler pour lui et prétendre que je ne pense qu'à lui et pas à moi.

"Je veux juste que tu ailles mieux et que tu sois heureux. Pas pour moi, pas pour les autres, mais juste pour toi. Et je ferais tout pour ça. Alors… Alors prends les décisions que tu veux. Dis ce qui te fera du bien à la police. Tout ce que je te demande, c'est de ne pas révéler quoi que ce soit sur la meute ou sur ta vraie nature. Le reste ensuite t'appartient. Je n'ai pas à glisser dans ta bouche des mots qui ne sont pas les tiens."
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Jeu 28 Juil - 23:38

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Il me faut quelques secondes pour que mon premier réflexe de frayeur ne s'apaise. Que le sursaut de mon coeur s'efface pour laisser place à un plus grand calme. Je sens qu'il fait ce qu'il peut pour me rassurer, et ça marche. En plus, ma tête accepte de fonctionner encore un peu, et encore heureux, vu que mon coeur est en miettes, et je sais bien qu'il ne pourra rien me faire ici. On est dans un hôpital et je suis entouré d'infirmières et de médecins. Et puis... à sentir ses émotions via le lien... je sais qu'il ne me fera rien. Qu'il n'en a pas envie. Qu'il s'en veut, qu'il s'en veut tellement. Ca me rassure qu'il souffre. Une partie de moi réagit comme le gamin que je suis encore, à l'idée du ''Bien fait" et l'autre... l'autre me fait compatir. L'autre me fait me sentir mal pour sa peine et sa douleur. Alors que toutes ces vagues d'émotions me parviennent je me demande exactement ce qui s'est passé, entre nous. Enfin techniquement je sais très bien mais... par rapport à notre lien. Je sens ce qu'il éprouve, et c'est pareil pour lui, mais je ne l'aime pas. Je ne ressens pas ce truc tellement fort dont ma mère m'avait longuement parlé quand elle me racontait son histoire avec papa, et comment ils s'étaient rencontrés. Et ce qui s'était passé une fois qu'il l'avait réclamée comme sa compagne. Le lien si intense, les sentiments si puissants qui font que l'autre devient la personne la plus importante du monde aux yeux de l'autre. Tout ça... je l'ai pas. Il y a quelque chose, on est reliés tous les deux... et même si j'aurais toutes les raisons du monde de lui en vouloir, de le détester, je me sens attaché à lui. Comme si... je pouvais pas le rayer de ma vie. Que c'était pas imaginable. Que ma place était près de lui. La magie des garous...un lien magique avec quelqu'un que je connais à peine, parce qu'il a abusé de moi.

Je l'observe s'occuper des fleurs et les regarde quelques secondes avant de reporter mon attention sur le pot de cookies qu'il a ramenés. Je peine et je le vois content de pouvoir m'aider. Comme si ça lui faisait du bien de voir qu'il pouvait m'être utile pour quelque chose, qu'il puisse faire quelque chose pour moi qui se passe bien... surtout que... quand je lui ai parlé des fleurs, j'ai senti une nouvelle vague de culpabilité venir de lui, et de tristesse. Tu t'en veux vraiment hein? Pourtant ça aurait pu être simple... attendre, un peu, attendre de nous connaître, attendre de s'apprécier, et pouvoir choisir. J'aurais aimé que tu fasses ça. J'aurais aimé que tu me donnes l'impression de t'intéresser à qui je suis plutôt qu'à ce que je suis. A l'humain plus qu'au loup. Et maintenant tu t'en veux parce que j'ai mal et parce que je ne suis pas le compagnon dont tu avais rêvé, avec qui tu aurais connu tout de suite ce que mes parents ont connu. Peut-être. Peut-être qu'en attendant un peu on aurait eu ça. On aurait été vraiment heureux ensemble... et je serais pas dans un lit d'hôpital. J'ai un léger sourire en le voyant bégayer.

C'est rien. Juste...là je suis encore faible et j'ai besoin d'un coup de main. En plus la perfusion ça aide pas... mais on va bientôt me l'enlever. Tant mieux... Et... maman aussi fait ça quand elle est nerveuse ou contrariée. Quand je rentrais des cours et qu'il y avait une tarte ou des gâteaux sur la table, c'est qu'elle avait passé une sale journée à l'hôpital... Merci...

Je grignote un cookie qui est vraiment délicieux et bois de longues gorgées de chocolat, tout aussi bon. Alors que je le félicite, je suis presque surpris par le plaisir que ça lui apporte. En une seconde, par notre lien, je sens comme un doux soleil de printemps sur son visage, le bruit du vent dans les feuilles, ou l'odeur d'un gâteau qui sort du four. Comme une caresse sur la joue ou un rire aux éclats. Juste ça qui a l'air de lui faire tellement de bien pour quelque chose de si... simple. Il a l'air de guetter le moindre pas que je ferai vers lui, et ça, ce compliment, ça en a été un. Pourtant, je hausse un sourcil malgré un léger sourire quand il parle de raisins.

J'aime bien les raisins moi... c'est toi qui les aimes pas. Tout comme la chantilly...

Et je parle ensuite de la visite de l'inspecteur. A peine j'ai parlé de l'inspecteur qui doit venir plus tard que je sens un vent glacial balayer la prairie ensoleillée d'avant et une vague de peur m'assaille pendant que son loup gronde. Bien sûr qu'il a peur. En le regardant, là, je me dis que je pourrais tout raconter. Je pourrais tout balancer, l'accuser lui et les autres, en rajouter, même. Je pourrais me venger d'eux tous. Et bien sûr qu'on me croira. Les infirmières m'ont vu. J'ai des traces. Personne osera remettre ma parole en question. Une pulsion malsaine me traverse, avant de chasser ça. On est des loups. On a des codes et des règles. Je peux pas trahir ma meute et encore moins mon alpha. Je serais mis à mort si c'est le cas, ou au mieux rejeté. Je relève les yeux vers lui quand il me répond que je peux le dénoncer. Pire, qu'il m'en donne tous les droits. Et il continue en s'excusant. Ses mots me touchent. Ils me serrent la gorge et me coupent le souffle. Je baisse les yeux alors que je sens les larmes perler. Sa douleur est si grande, elle est comme une mer déchaînée qui frappe des coups sourds dans notre lien, et ma colère comme ma haine s'envolent encore un peu plus en le sentant si dévasté. Maman avait raison.

Puis d'un coup plus rien. Il a fermé notre lien comme on tourne un robinet, me laissant étrangement seul avec mes propres sentiments et mes propres pensées. Et ne plus avoir accès à ce qu'il pense ou ressent me frustre plus que je l'aurais cru possible. Comme si j'avais besoin de...d'être lié à lui. De...je ne sais pas. Je ressens juste une tristesse immense en voyant un adulte, comme lui, au bord des larmes. Il est le premier homme que je vois pleurer, et c'est à cause de moi. Et j'apprécie qu'il se montre aussi...vulnérable, tout comme...qu'il hésite pas à tout accepter pour se racheter, au moins un peu. Qu'il cherche mon bonheur avant le sien ou celui de sa meute. Et si pendant une seconde j'ai envie de lui hurler que ça aurait été simple de pas en arriver là, encore une fois ma colère disparaît vite.

Je vais y réfléchir...

Comme si on avait lu dans mes pensées on toque à la porte de ma chambre et une infirmière m'annonce que le flic est là. Elle fait entrer un grand type à l'air gentil, qui se présente comme étant l'inspecteur Rhodes. Il me serre la main et remarque Buck.

Monsieur, si vous voulez bien attendre dehors le temps de la déposition... Vous êtes de la famille?
C'est un ami.
Très bien. Nous n'en aurons pas pour longtemps...


Je hoche de la tête pour encourager Buck, essayant de lui faire comprendre qu'il devait obéir au flic. Maman arrive peu après, comme je suis mineur, il leur faut quelqu'un de la famille. Maman s'assied dans le fauteuil qu'occupait Buck et je serre sa main très fort alors que je baisse les yeux, jouant avec ma couverture de l'autre.

Steve, on commence quand tu veux...
Eh...eh bien début de semaine je... je suis allé rendre visite à des amis. J'ai passé la soirée avec eux, ils habitent tous dans le même immeuble, une caserne désaffectée... Je... j'ai bu une ou deux bières en regardant un film... même si...je sais que j'ai pas l'âge. Mais...quand je suis descendu jusqu'au hall pour rentrer... R...Rumlow était là. On a discuté quelques minutes avant qu'il me traine dans un coin du hall un peu caché. Il... il m'a...forcé... et il ... il est tellement...grand et fort que j'ai rien...j'ai rien pu faire...


Sans même le réaliser, des larmes ont commencé à rouler sur mes joues, mais je continue d'une voix timide.

Une...une fois que c'était terminé j'avais trop honte alors j'ai...j'ai rien dit. J'avais peur... il a dit que... que si j'en parlais il me ferait du mal... alors je... suis rentré. Maman travaillait de nuit du coup on s'est pas beaucoup vus les jours qui ont suivi et j'ai pu lui cacher...mes cicatrices. Sauf que... mon ami Bucky s'en est rendu compte alors qu'on est partis en week end tous ensemble. Il a vu que...que j'allais pas bien et il a commencé à m'en parler... Je...j'ai pas pu garder ça pour moi plus longtemps. Je lui ai tout dit. Et c'est pour ça qu'il... qu'il est allé tabasser Rumlow. Il a pas supporté ce qu'il m'avait fait. Et la panique de le revoir...c'est ce qui a provoqué la crise d'asthme... Je...je veux plus qu'il m'approche. Je vous en prie... Je serai pas tranquille tant qu'il...sera pas puni...et loin.
Ne t'en fais pas mon garçon... avec ton témoignage et ton dossier médical, il y a peu de chances.


Il m'a posé encore quelques questions avant de me laisser. Avant de partir, il m'a tapoté l'épaule en me disant que j'étais très courageux, et qu'il allait tout faire pour que ce salaud soit mis hors d'état de nuire. Ca m'a fait du bien... j'ai ensuite demandé à maman de faire entrer Bucky.

Tu...t'as tout entendu j'imagine...


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Ven 29 Juil - 20:38
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Tout est douloureux. Terriblement douloureux. Il est pesant de subir son jugement et ma culpabilité. Il est blessant de l'entendre me rappeler que je ne le connais pas et qu'en deux jours je n'ai pas réussis à apprendre sur le bout des doigts ses goûts. Et il est encore plus dur d'entendre qu'il va simplement y réfléchir. Au sein de mon être l'animal hurle à la trahison alors que je baisse les yeux, tentant de lui masquer la peine et les larmes qui embrument mon regard. Il devrait me dénoncer. Dire que je suis le monstre qui a osé le violer et le faire souffrir. Il devrait me hurler dessus, m'envoyer mes cookies à la gueule et me dire d'aller me faire foutre. Il devrait me renverser le chocolat chaud dessus et me dire d'aller crever… Il ne devrait même pas me sourire… Juste me dire que je suis un monstre qui mérite la mort. Le loup gronde en moi, n'appréciant pas l'idée même que notre omega ose trahir les siens et surtout son compagnon qui ne veut que son bien. Le sentir ainsi me fait monter le coeur au bord des lèvres et tout ce dont je suis capable c'est d'hocher la tête et de murmurer.

"Je comprends."

Comment ne pourrais-je pas ? À sa place j'aurais déjà tout fait pour que je ne me relève pas. J'aurais tout fait pour briser l'autre et pour détruire sa meute. J'aurais été un omega, j'aurais brisé ceux qui auraient laissé leur alpha me faire du mal et j'aurais réclamé sa tête. Cligner des yeux est compliqué, surtout quand je tente de retenir une larme que je ne veux pas verser. Je dois être fort et m'effacer pour lui prouver que je ne veux que son bien. Je n'ai pas le droit de faire entendre ma voix et de lui montrer que je suis dévoré par le remord et la honte. Je dois être un bon alpha, ne serait-ce qu'une fois. Alors je ravale tout. Je bats des cils et je tente de chasser mes larmes d'un geste qui se veut discret. Je ravale la haine que j'ai contre moi-même et ferme définitivement notre lien alors que je croise à nouveau son regard, m'apprêtant à desserrer les lèvres pour forcer un sourire et lui demander si le chocolat chaud lui plait pour n'être interrompu par des coups que l'on porte à la porte de sa chambre. Immédiatement je me tends et suis sur mes gardes quand apparait dans l'embrasure de la porte un inspecteur de police. Mes épaules se tendent et le loup gronde. L'angoisse fait se déverser plus vite mon sang dans mes veines et les dents serrées, je ne peux qu'observer la scène sans un mot, laissant Steve répondre à ma place. Du coin de l'oeil je croise son regard et le temps d'une fraction de secondes, je n'arrive pas à dissimuler la douleur qui fait saigner mon coeur. Un ami. Voilà ce que je serais au mieux à ses yeux. Compagnon je n'ai jamais été.Agressseur je serais toujours. Je me lève et offre un bien fade sourire à l'inspecteur.

"Bien sûr… Excusez-moi."


L'animal en moi ne supporte pas que je puisse être capable d'être aussi docile et soumis. Lui aimerait que je sois violent et puissant. Il voudrait que je montre les dents et que je fasse comprendre à tout le monde que je suis l'alpha et que je suis celui qui domine. Il voudrait que je fasse courber l'échine aux autres et que je tienne tête à l'homme qui me sépare de force de ma moitié. Il veut tout ça mais je ne lui offre rien, me contentant de le museler tandis que je passe la porte de la chambre, quittant Steve pour retrouver l'agitation propre à un couloir d'hôpital. Alors que Steve raconte à l'inspecteur un mensonge qui me serre le coeur, je regarde les infirmières passer devant moi. Arrête. Arrête de me faire passer pour quelqu'un de bien. Cesse de faire croire au monde entier que j'ai voulu t'aider. Je t'ai violé. Je suis celui à qui tu dois tes cicatrices et ton malheur. Je suis un monstre, un putain de monstre, alors arrête de me faire passer pour le chevalier en armure qui a su te tendre la main et te dire que tout allait s'arranger. Une violente nausée me saisit et pourtant je ne bouge pas, restant simplement adossé à mon mur, m'offrant le luxe de sangloter silencieusement, chassant les larmes qui roulent abondamment sur mes joues d'un revers de la main. Nous ne le méritons pas. Mon loup et moi nous ne méritons pas un enfant au coeur si pur à nos côtés. Nous ne méritons pas qu'il nous offre une chance de plus. Il devrait… Il devrait nous haïr et détruire la meute. L'omega devrait se venger. Les minutes passent et j'essuie du dos de ma main de plus en plus de larmes. Les autres sentent ma peine mais je refuse de les laisser approcher. Progressivement, je fais la seule chose à ne pas faire en tant qu'alpha, je me coupe d'eux. Je continue de sentir ce qu'ils éprouvent mais je les empêche de saisir ce qui me tourmente, cherchant simplement en cet instant un moment de solitude pour exprimer la douleur qui me serre les tripes. Je finis par me calmer et sursaute presque quand l'inspecteur quitte sa chambre, retenant la porte me glisser derrière-lui. Mon regard vient immédiatement se poser sur mon petit omega et j'entends le loup soupirer, étrangement rassuré de savoir qu'il est encore là… Qu'on peut encore le sauver. Je fais un pas timide vers son lit, réfrénant mon envie de demander à sa mère de nous laisser seul pour ne me figer sur place que lorsqu'il m'arrête de quelques mots. Mes prunelles se posent sur la louve qui reste à sa place, me faisant comprendre que je n'ai pas encore ma place aux côtés de son fils chéri. Ma gorge se noue et ma voix ne devient qu'un murmure.

"Tu aurais dû me dénoncer Steve. Tu aurais dû dire que c'était moi. Je…. Je ne…"

Je n'arrive pas à le dire. Ça reste coincé quelque part dans ma cage thoracique. Je n'arrive pas à trouver la force de lui dire que je ne mérite pas sa gentillesse sans craquer une fois de plus. Je suis faible… Si faible en cet instant. J'ai mal au point que je me sens crever de l'intérieur. Je suis un alpha qui perd pieds. Je suis en train de claquer. Je deviens dangereux et je le sais. Tout ça revient et m'étouffe alors que je cherche en l'animal un soutien qu'il m'apporte d'une bien étrange façon. "Laisse-moi lui dire les mots qui ne te viennent pas." Il se glisse sous ma peau et apparait dans mes prunelles, laissant son pouvoir se répandre dans la pièce. "Fort pour deux. Fort à deux." Je passe ma langue sur mes lèvres et le goût qui me reste sur les papilles me fait presque plisser le nez.

"Nous ne méritons pas la chance que tu nous offres, mais l'humain et moi, nous te remercions de le faire. Nous sommes… Reconnaissants et heureux que tu nous laisses essayer à nouveau…."

Sa voix et la mienne ne font qu'une une, résonnant d'une bien étrange manière.

"… Je sais que mes mots n'ont plus la moindre valeur après l'incident d'il y a quelques jours…. Mais je jure sur ma vie que je ne laisserais plus rien te faire du mal… Je préférais mourir que te voir à nouveau souffrir et je donnerais ma vie pour que tu sois de nouveau heureux."

J'en dis trop. Bien trop. Le loup me force à m'ouvrir à mon compagnon, lui veut qu'il puisse voir chaque parcelles de notre personne sans comprendre que je ne peux pas le laisser faire ça… Steve aurait peur si il savait quel monstre vit en moi. Il aurait peur du loup qui m'a poussé en plus de le prendre de force, m'a fait attaquer mes parents et tuer pour récupérer ma meute. Il ne doit pas voir ça. Il ne doit pas comprendre que tout ça me ronge et me donne envie de simplement me laisser crever. Il ne doit rien voir, rien entendre et rien comprendre. Je reprends le contrôle et repousse le loup, passant une main sur mon visage, me permettant ainsi de trouver la force de lui sourire.

"Je suis désolé… Je crois que le loup veut officialiser tout ça… Tu connais les loups…. Tout ce que j'essaye de dire… C'est qu'à partir de maintenant, lui et moi… On va tout faire pour que tu sois heureux et que la meute ressemble enfin à une nouvelle famille… Je veux juste que tu sois heureux…. Mais je comprendrais que tu ne me croies pas… En même temps, tu as toutes les raisons du monde de me cracher au visage…."

Je passe une main dans mes cheveux longs, poussant un soupir douloureux avant de reprendre.

"Je veux vraiment me rattraper, te prouver que… Que ça va s'arranger et que maintenant, je vais être un bon alpha. Pour toi."
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Sam 30 Juil - 11:48

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Je lui mens. Je mens à un flic. Je lui sers une histoire la plus simple possible, celle qui a le plus de chances d'être crue. A côté de moi je sens la main de maman qui a pris la mienne et qui serre doucement mes doigts. Elle sait que je mens, et je sais aussi qu'elle est fière de moi. Je le sens. A sa façon de me regarder, à son pouce qui caresse le dos de ma main, je sais qu'elle est fière. Elle est fière que je garde notre secret à tous. Elle est fière que je ne trahisse pas notre race toute entière. Elle est fière que je ne trahisse pas ma nouvelle meute et mon nouvel alpha. Je sais maman...je sais. Je ne vous trahirai pas. Je ne dirai rien. Rien du tout. Je serai un brave loup. Comme toujours...

Heureusement, j'ai pas tellement à me forcer pour raconter tout ça. Je suis surpris de voir à quel point les mots coulent tout seuls, s'enchaînent pour construire une histoire qui se tient, et qui fait que le flic me croie. Je vois de la compassion sur son visage, et à ses mâchoires serrées je sens de la colère. Bien...c'est bien pour Rumlow, il va payer. Il va être puni et il quittera la meute. Et au moins comme ça Buck fera pas une connerie qui l'emmènera loin de moi lui aussi, me faisant me retrouver seul, dans une meute sans alpha, avec le risque qu'une autre meute, et que le même manège se répète. Lui a su me montrer qu'il était gentil, je sens qu'il s'en veut, et j'espère sincèrement qu'il... qu'il va vraiment tout faire pour se...racheter. Pour me faire oublier ce qui s'est passé et que ça se reproduise plus. Qu'on me fasse plus jamais de mal...

Une fois le policier parti maman se lève pour faire venir Bucky, alors que je suis toujours assis dans mon lit, frissonnant un peu dans ma simple blouse d'hôpital. Le lien est toujours fermé, mais je vois bien ses yeux rouges et je sens son souffle court. Il a pleuré. Sûrement parce qu'il a entendu... pourtant il devrait être content, je n'ai rien dit. Je l'ai protégé, comme je devais le faire... Il revient près de moi et s'arrête quand je lui demande s'il a bien tout entendu. Je secoue doucement la tête quand il me dit que j'aurais dû le dénoncer.

Non... tu es mon alpha. Et mon...compagnon...

Je sens que son souffle s'accélère et sa gorge qui se noue encore. Le lien est fermé mais ça crève les yeux qu'il souffre comme un chien. Et je sursaute légèrement en voyant la couleur de ses yeux changer. Le loup reprend le dessus. En fait non, c'est comme si le loup et Buck se superposaient. Il parle, mais en même temps je sens les grondements du loup qui résonnent étrangement ensemble. Mon coeur se serre en les entendant de concert et un frisson résonne dans toute ma colonne vertébrale. Mes yeux sont rivés dans ceux du loup alors que je l'écoute. J'entends à peine maman qui s'est levée sans un bruit et qui est sortie.

Je... j'avais besoin de l'entendre. Parce que maintenant... ma vie est dans ta meute, auprès de toi... tu es... tu es mon alpha. Mon compagnon. Je crois ce que tu dis et je sens ta peine. J'ai besoin que ce qu'on a connu pendant deux jours. Parce que c'était bien. Parce que ça m'a montré que ça...pourrait bien se passer...

Le loup disparaît, et Buck reste seul, avec un sourire forcé. Je hoche lentement la tête.

J'ai...j'ai envie de te croire et j'en ai besoin. Mais les autres...je m'en fous. Je veux pas les voir. C'est de toi dont j'ai besoin. C'est de toi dont mon loup a besoin. Je... je veux pas me retrouver tout seul. Je peux plus revenir dans mon ancienne meute, et j'ai pas... je... je veux juste être bien Buck... juste...pouvoir avoir une vie normale. Qu'on s'occupe de moi. Pouvoir... enfin... je... être bien. Je veux plus... je veux plus jamais souffrir... je veux plus jamais avoir peur. Après tout ça je veux plus. J'y survivrai pas. Je... je sais que tu t'en veux même si t'as fermé notre lien... et c'est parce que tu regrettes et que je... je te sens souffrir que j'ai rien dit. Je savais que... que ça peut se passer comme ça quand on réclame un loup. Et pour Rumlow, on le verra plus jamais. J'ai envie d'y croire. Je...je sens que tu vas tout faire pour ça et c'est ce dont j'ai besoin...

Je lui lance un petit sourire timide alors que je galère un peu pour me resservir du chocolat chaud et je reprends un cookie. Je ferme les yeux, prenant le temps de savourer les arômes de cannelle et de vanille. Ca fait du bien. C'est réconfortant. Et dans un sens c'est comme si en m'offrant ça, en se donnant du mal pour me cuisiner ça, il a voulu me faire du bien. C'était pas une babiole, mais un petit geste pour que je mange au moins quelque chose de bon ici. Je termine la tasse et relève les yeux vers lui.

Le policier m'a dit que tu ne serais pas poursuivi pour avoir rossé l'autre connard... Tu seras tranquille.

Je mange un nouveau cookie en lui souriant timidement avant que le médecin passe me voir. Le lendemain je suis prêt à sortir. Buck est venu me chercher, et m'a ramené des vêtements. Maman m'a appelée plus tard le jour de la visite du flic et m'a dit que Buck était venu récupérer le reste de mes affaires pour les ramener à la caserne et que je sois mieux installé, au milieu de mes trucs. Ca me fait du bien de le savoir, et dans un sens, j'ai mal au coeur de me dire qu'il y a plus grand chose de moi à la maison... Je lui ai souri quand il est rentré dans la chambre et ça lui a fait plaisir. Je suis allé m'habiller dans la salle de bains avant de revenir, enroulé dans mon pull trop grand et mes converse rouges aux pieds. Il prend mon sac et je le suis jusqu'à sa voiture, après avoir signé tous les papiers. Maman m'y attend et me serre rapidement dans ses bras, les larmes aux yeux, avant de me laisser filer enfin et retourner dans son service. Le coeur un peu gros je grimpe sur le siège passager. C'est seulement là qu'on est vraiment seuls et une fois qu'il a démarré je tourne la tête vers lui.

Ca va toi? Tu as au moins dormi et mangé?



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Sam 30 Juil - 18:58
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Ses mots semblent faire écho aux miens et je comprends qu'il a écouté le loup plus qu'il ne m'a jamais écouté jusque là. L'animal a su avoir pour lui les mots que mon coeur n'arrivait pas à formuler. À deux et grâce à cette part de moi que je peine encore à contrôler, nous avons su lui faire comprendre que sa douleur nous tuait et que nous voulions juste une chance de plus. Le temps semble suspendre son envol et je deviens soudain conscient de tout ce qui se passe dans la pièce. Je perçois désormais l'absence de sa mère, le bruit des machines, son aura délicate d'omega, l'odeur délicieuses des cookies et les arômes de chocolat chaud à la cannelle qui s'élèvent dans les airs. Tout ça me parvient plus clairement et au lieu de me détendre, cela me donne encore plus l'impression que je n'ai pas ma place dans cette chambre, que je ne devrais pas être son compagnon. Je ne devrais pas passer du temps avec lui et être là à l'observer manger avec une pointe de plaisir les cookies que je lui ai préparé… Et pourtant… Pourtant tout ça m'arrache un demi-sourire. C'est la première fois depuis longtemps que je le vois manger sans que je n'ai à dire quoi que ce soit. Il boit parce que ça lui plait, il attrape un autre cookie parce qu'il en a envie. Mon coeur ne peut que se gonfler de fierté alors que mon loup et moi, nous contemplons notre omega qui décide de se battre et de survivre. Un soupir m'échappe et le temps d'un battement de coeur, je m'adoucis et oublie ma culpabilité, me raccrochant simplement aux sourires timides que je suis capable de lui faire avoir. Il a encore peur, certes, mais derrière ça, il a l'envie de se battre et de passer à autre chose. Il veut apprendre à me connaître, il veut tourner les pages et faire de cette nouvelle meute la sienne. Le sourire que j'ai pour lui en cet instant est peut-être moins forcé.

"Avant que les humains n'appliquent leur justice… Je m'occuperais de lui. Jamais plus tu n'auras à le craindre lui ou qui que ce soit. Je serais là pour t'empêcher de souffrir. Je ferais tout pour toi."

L'envie de prendre sa main ou de passer la mienne sur sa joue m'effleure l'esprit et je me retiens de commettre un tel geste, m'interdisant de le toucher. Je n'en ai plus droit. C'est terminé. J'ai beau être son compagnon et son alpha, après ce que j'ai fais… Je n'ai plus le droit de le toucher. Le caresser sera le privilège d'un autre, l'embrasser aussi. Le mien sera de pouvoir l'aimer et le protéger. Je n'ai le droit qu'à ça. Le protéger et être un bon alpha… Le reste… Le reste sera pour un autre. Pour quelqu'un qui saura le rendre heureux et lui donner envie de se pendre à son coup… Moi je ne serais que l'alpha. Celui qui le protège du mal et qui lui donne l'impression d'être à sa place. Mon sourire se fane et voilà que tout revient : le remord, la culpabilité… Tout revient me heurter comme une vague. Je bats des cils et dis adieu à ce moment de mieux que j'ai eu en le voyant apprécier ce que je lui ai préparé. On toque à la porte et un médecin entre, me faisant comprendre d'un regard qu'il a besoin de s'entretenir seul avec Steve. Je fourre mes mains fans mes poches et me tourne vers mon petit omega, ayant pour lui mon dernier sourire de la journée.

"Euh… Je vais te laisser du coup… Je passerais demain, ok ? Là j'ai des petits trucs à régler concernant l'appartement. Mais je reviens vite…"

Dernier sourire rassurant et je file, le laissant seul avec le médecin, alors que déjà je pense à tout ce que je vais devoir faire en si peu de temps. Je me doute qu'ils ne vont pas le garder pendant des jours… Je ne prends pas le temps de passer voir Rumlow, récupérant simplement Natasha et Clint avant de rentrer à la caserne. Le trajet se fait dans un silence des plus complets malgré la question qui je sais brûle leurs lèvres… Alors dans un soupir, je contente de simple rouvrir mes liens avec eux. Je vois Natasha se détendre un peu et Clint sourire dans le rétroviseur, allumant alors la radio pour chantonner. Pour ma part je ferme les yeux et me laisse bercer par les ronrons du moteur jusqu'à notre arrivée. À peine le moteur coupé, je sors, me contentant de simplement récupérer mes clés de voiture. Tony et Maria s'approchent, cherchant sûrement à obtenir de moi des explications mais je me contente de lever une main vers eux alors que j'ouvre la portière de mon pick-up.

"Tout va bien et oui, si vous insistez, je vais m'énerver. J'avais besoin d'un moment seul, sans que vous puissiez le sentir. C'est tout."

Je m'installe derrière le volant et claque la porte, me mettant en route sans rien dire de plus. Mes mains se crispent sur le volant et je tente de me calmer, ne me concentrant sur la seule chose qui compte désormais : Steve. C'est lui qui doit être au centre de mes pensées, lui à qui je dois rendre le sourire et la vie plus facile. Le reste ne compte pas. Le reste n'a plus d'importance… Tout ce qui compte c'est Steve. Mon omega, mon compagnon. Mes phalanges deviennent blanches et j'accélère, grillant plus d'une priorité pour atteindre le territoire de la meute rivale.

Sarah m'attend en bas de l'immeuble, les bras croisées sur sa poitrine alors qu'à côté d'elle attendent de nombreux cartons.. Son regard presque triste croise le mien et je comprends que je n'ai ici qu'un droit de passage que très temporaire et que son fils n'est définitivement plus le bienvenue ici. Je coupe le moteur et descends de voiture, m'approchant simplement pour avoir le droit de l'entendre me murmurer un "Prenez soin de lui", avant de s'engouffrer à l'intérieur, me laissant seul avec les affaires de Steve et la date de sa sortie. Un soupir m'échappe et pourtant, je me mets au boulot, soulevant le premier carton d'une longue série. Je les entasse à l'arrière de mon pick-up et c'est quand il n'en reste plus un que je repars, me mettant en route pour le magasin de meuble. Là je lui achète un bureau immense, un placard et une bibliothèque, sans compter une lampe de bureau, un sommier plus grand et un matelas que je demande à faire livrer à la caserne. La note est élevée mais la meute peut bien faire ça pour lui…. Et si jamais, j'aurais toujours bien le temps de passer à temps pleins… Le loup n'aimera pas ça mais pour me faire pardonner je le laisserais courir dans la forêt durant la nuit. Mon loup émet un grondement de plaisir à cette idée et l'accord est passé. Je paye à l'aide de la carte de crédit du compte de la meute et file ensuite à la caserne, gueulant un bon coup pour avoir un peu d'aide. Sans broncher ceux qui ne travaillent pas viennent m'aider et plus rapidement que je ne le pensais, tout ses cartons sont dans sa chambre. Je me permets de boire un coup avant de me mettre au travail, foutant les autres dehors histoire que sa chambre et ses affaires ne soient teintées que de mon odeur… Et ainsi, pendant des heures, presque durant toute la nuit, je m'occupe de tout ranger et classer, accrochant aux murs les posters qu'il avait, rangeant ses livres dans les étagères avant de faire son lit désormais immense. Il est bien tard quand je termine et pourtant, je ne vais pas encore me coucher, m'occupant ensuite de nettoyer l'appartement, de prendre une douche et de lui préparer des cookies pour sa sortie et pendant qu'ils cuisent, je lui prépare des affaires pour qu'il puisse s'habiller… Quand j'ai terminé de tout régler, l'aube pointe le bout de son nez et je décide de prendre une seconde douche sous laquelle je reste longuement, laissant simplement l'eau me réveiller.

J'arrive le plus tôt possible pour le récupérer, ayant sous le bras un sac avec ses affaires et sur le nez des lunettes de soleil pour cacher mes yeux fatigués. Face à sa porte, je prends une grande inspiration avant de toquer, entrant presque timidement. Son odeur vient immédiatement faire rater un battement à mon coeur alors que je force un sourire pour lui.

"Salut Steve… Tu vas mieux ? Je suis venu te libérer et j'ai même amené des fringues propres."


J'essaye d'avoir un semblant de rire mais ce n'est pas bien convaincant. Je dépose les affaires au bout de son lit et si il les attrape pour se changer dans la salle de bain, je me contente de l'attendre, cherchant le courage qui me fait tant défaut en cet instant. Ça aurait été tellement plus simple si je n'avais pas été un monstre… Tout aurait pu bien se passer et… Et nous aurions pu prendre le temps de se connaître avant de tomber amoureux et de se lier… Mais non, le loup a voulu tout précipiter car il voulait avoir une moitié à aimer, il voulait un loup ou une louve capable de l'accepter et de le canaliser…. L'animal ne pense qu'à ça… À son bout de sérénité et d'amour. Quand Steve quitte la salle de bain, je me relève d'un coup, ne pouvant que sourire quand je le vois autant flotter dans son pull. Il est…. "Adorable" complète le loup. Je tends la main vers lui pour récupérer son sac et avec lui, nous quittons sa chambre, faisant un simple crochet par l'accueil dans le but de signer quelques papiers. Ce que je fais pendant que Steve dit au revoir à sa mère. J'appose ma dernière paraphe en bas d'un document et lui a sa dernière étreinte avec sa mère. L'idée me laisse un goût étrange en bouche mais je n'en montre rien, me contentant de l'accompagner jusqu'à mon pick-up. Je retire la glacière qui était sur le siège passager et le laisse s'installer avant de démarrer, me figeant au moment où il accepte enfin de me parler. Le temps d'une seconde je suis tenté de ne pas répondre, de simplement lui fourrer son sac sur les genoux et simplement faire la conversation mais… Mais j'ai peur qu'il prenne ça mal. Un sourire faux au possible se glisse sur mes lèvres alors que je me tourne vers lui, l'observant au travers de mes lunettes de soleil.

"Ouais, bien sûr… Tu sais, un alpha ça mange comme quatre… Donc t'inquiètes pas…. D'ailleurs… J'ai quelque chose pour toi…"

J'attrape la glacière et la pose sur ses genoux là où son sac se retrouve entre nous. Je vérifie mon rétroviseur et annonce d'une voix faussement enjoué ce que je lui ai préparé pour le petit déjeuner.

"Je me suis permis de te presser du jus d'orange et oui j'ai retiré la pulpe… Et comme on en a parlé hier, je t'ai fais des cookies aux raisins. Bon pas tous… Tu feras attention certains sont mi-raisins mi-chocolat. J'espère que tu aimeras."

Je le laisse découvrir tout ça, continuant à conduire dans un silence à peine pesant, finissant par me garer dans le garage de la caserne. J'attrape son sac et le guide ensuite en haut, jusqu'à mon appartement, sentant mes tripes se nouer à chaque marches que je grimpe. Et si il n'aimait pas ? Et si il m'avouait qu'il préférait déménager ? Vivre avec un autre ? Vivre seul ? Vivre loin de la meute ? Mes doigts se crispent autour de son sac et c'est presque avec crainte que je déverrouille mon appartement, lui faisant signe de me suivre. Je pose ma main sur la poignée de sa chambre, me raclant rapidement la gorge.

"J'ai pensé que tu devais en avoir marre avec mon lit et bon… Il était tant que je te fasse ta propre chambre, non ? Bon, tu m'excuseras… J'ai un peu mis mon odeur sur tes affaires mais… Je me suis dis que tu n'aurais pas envie de défaire des cartons… Bref…"

J'ai un sourire gêné avant d'ouvrir la porte de sa nouvelle chambre, lui dévoilant un pièce qui semble chaleureuse dont le lit immense est un appel à une envie de paresser. Je m'efface quelque peu et le laisse découvrir sa chambre, mes dents se plantant dans ma lèvre tant je crains qu'il s'offusque ou se mette à pleurer.
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Dim 7 Aoû - 12:03

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C'est fini. Je l'espère. Je l'espère vraiment. Je me raccroche à ça, à ce qu'il m'a promis. Au fait qu'à partir de maintenant, tout irait mieux. Qu'à partir de maintenant, je n'aurais plus mal, que je n'aurais plus peur. Qu'à partir de maintenant c'est un nouveau chapitre de ma vie qui s'ouvrait, et dans lequel, j'espère, je serais heureux. Je veux y croire. J'ai besoin d'y croire. Je sais que nous, les loups, on fonctionne comme ça, et j'aurais tellement aimé avoir droit à tout ce que les gens normaux ont. Sauf que... sauf que non. Sauf qu'on m'a vendu, je suis à sa meute, maintenant, et j'ai que cet espoir d'aller mieux pour me faire tenir debout. J'ai que l'espoir qu'il continuera de s'occuper de moi comme il l'a fait depuis deux jours, et que plus jamais j'aurais à vivre tout ça. Qu'il me gardera près de lui. Qu'il arrivera à me faire oublier tout ça, ou au moins à me faire dire que c'était de l'histoire ancienne, et qu'à présent je suis bien. Sans ça... sans ça j'ai juste envie de me laisser mourir. Sans ça j'aurais plus qu'à me laisser dépérir dans un coin et espérer que ça se finisse vite. Je suis trop fragile pour cet univers qui peut être violent, et si je me retrouve encore fracassé et seul. J'ai rien demandé moi. Personne m'a laissé le choix. Alors...la seule chose que je puisse espérer c'est juste...qu'il tienne sa promesse et qu'il me permette de vivre une vie normale. Une vie où je ne serais jamais amoureux mais où au moins je ne souffrirais pas. Où je pourrais peut-être même faire les études que je veux, tout comme mon métier. Ouais... j'espère juste ça parce que j'ai le droit à rien d'autre, je le sais...

Je pense à tout ça alors que je le vois me suivre comme si j'étais en porcelaine alors que je quitte la chambre d'hôpital et que je marche à ses côtés. Il me regarde comme si j'étais de la porcelaine, voire du cristal. Comme s'il guettait la moindre chose qui puisse me faire du mal. Enfin c'est ce dont j'ai l'impression. Son lien est toujours fermé et je ne sais pas ce qu'il ressent. Hier encore, avant de partir, il m'a promis de s'occuper de Rumlow, me jurant deux choses : qu'il allait le punir pour qu'il ne croise plus jamais ma route. Et qu'encore une fois il fera tout pour m'empêcher de souffrir. Je sens qu'il est sincère, et je sens son loup qui rampe à chaque fois qu'il est près de moi, qui geint doucement, la queue entre les jambes et les oreilles basses. Je ne le vois pas mais je le sens, parce qu'il ne peut pas cacher ce que le loup ressent, il est bien trop puissant, contrairement à moi. Et là ça y est, je quitte l'hôpital à ses côtés, et me retiens d'éclater en sanglots en voyant ma mère qui me dit au revoir sur le perron du bâtiment. Je la regarde ensuite retourner à son service, en me disant que je pourrais toujours venir la voir quand j'en aurais envie, et que notre appartement restait toujours ma maison. Ca me fait du bien de l'entendre et je hoche la tête, ne revenant vers Buck que quand elle a disparu derrière la porte vitrée. Il va falloir revenir à la caserne maintenant. Mon nouveau chez moi.

C'est seulement dans la voiture que je ressens sa fatigue, ou peut-être que d'être plus près de son visage me permet de mieux le voir. Mais je vois ses cernes sous ses lunettes de soleil, et sa barbe de quelques jours mal rasée. Je me lance, presque sans y réfléchir, quelque chose en moi me poussant à prendre soin de lui. Je devrais le détester, le haïr de toutes mes forces mais j'ai juste... un mélange de peur et d'attente dans les tripes. Je veux que ça se passe bien. J'ai besoin que ça se passe bien. Et j'ai besoin qu'il aille bien. Pourtant, au lieu de me répondre tout de suite il glisse mon sac sur mes genoux, que je pose à mes pieds, et me passe ensuite une glacière avant d'ouvrir la bouche.

Je...c'est pas ce que j'ai demandé Buck. Je voulais savoir si t'avais dormi... Si tu t'étais reposé...T'es épuisé, je le sens...

Il change de sujet et j'ouvre la glacière tout en l'écoutant me faire la liste de tout ce qu'il a fait pour moi. J'ai un léger sourire, et de l'entendre avoir fait tout ça pour moi... ça me fait plaisir. Pourtant une partie de moi se dit qu'il fait ça pour que, en tant qu'oméga, j'arrive à assurer la cohésion de sa meute, et qu'il se donne du mal pour que toute la meute en profite et pourtant... pourtant j'ai vraiment l'impression qu'il l'a fait pour moi. Pas pour lui, et pas pour eux. J'ai un sourire timide alors que je lève les yeux vers lui.

Merci Buck. C'est gentil de t'être donné autant de mal et de t'être souvenu de tout... J'ai pas très faim mais ils ont l'air très bons... ça me fait plaisir.

Je bois une gorgée de jus d'orange qui est excellent et attrape un cookie que je casse en deux, en reposant une moitié au milieu des autres pendant que je grignote l'autre. Ils sont parfaits, encore tièdes, et le chocolat fond dans ma bouche. Je lèche les miettes au coin de mes lèvres et prends encore un peu de jus d'orange avant de le regarder à nouveau.

Ils sont vraiment excellents. Tu devrais les vendre. Ils sont juste parfaits...

Mon coeur commence à s'emballer alors qu'on arrive dans la caserne et je me sens devenir pâle alors que je descends de son pick up. Avant de pouvoir dire un mot il a attrapé mon sac et la thermos, me précédant dans les escaliers jusqu'à son appartement. Je tourne la tête pour éviter de regarder l'endroit où... avant que mes pieds ne rencontrent les marches de métal et que je monte à sa suite. Derrière plusieurs portes je sens les autres membres. Inquiets. Préoccupés. Curieux. Coupables. Perdus. Voilà tout ce qui glisse sous les rectangles de bois et qui me renseignent sur eux autant que si j'avais sonné et discuté avec eux autour d'un café. Je leur appartiens maintenant, ce qui veut dire que j'ai perdu la capacité de faire ça avec mon ancienne meute, dont ma mère. C'est en eux que je peux lire à présent. Et c'est leur humeur, leurs émotions que je vais pouvoir influencer, et réciproquement, même si pour l'instant je ne l'ai jamais encore vraiment fait. Je sais simplement que c'est en mon pouvoir, et que de moi dépendra aussi le bien être de tous les loups qui sont théoriquement mes frères et soeurs. Des traitres oui... enfin pas des traitres, mais... des gens qui n'ont eu aucun scrupule à laisser faire ça à un gamin de seize ans. Personne n'a rien dit. Personne n'a rien fait. Ils se sont juste amusés du spectacle d'un loup qui avait pris le contrôle, et d'un gamin abusé. Je ne pourrais pas leur pardonner. Pas à eux. Non.

Les marches s'enchaînent et bientôt on se retrouve devant sa porte. Il l'ouvre et j'entre à sa suite, timidement. J'ai encore du mal à me dire que c'est ici chez moi, à me projeter dans cet appartement et me dire que c'est ma maison. Que c'est sur ce canapé qu'à présent je vais regarder mes séries, que c'est dans cette cuisine que je vais prendre mes repas... c'est encore un lieu étranger, où je me sens un intrus. Rien n'est à moi. Rien m'appartient. Je fais que me glisser dans quelque chose qui existe déjà, et occuper l'espace qui reste. Enfin...c'est ce que je crois jusqu'au moment où, après avoir traversé le salon, il me fait signe de le suivre jusqu'à ce qui est un bureau, mais où j'étais encore jamais rentré. Alors qu'il ouvre la porte, je me rappelle qu'avant...Rumlow il m'avait promis que j'aurais droit à une chambre à moi, et quand il s'efface pour me laisser passer, mes yeux s'agrandissent de surprise en voyant une chambre entièrement équipée. Un lit deux places, un grand bureau, une bibliothèque pleine de livres. Timidement je fais un pas et sens ma gorge se nouer en reconnaissant mes affaires. Mes posters au mur. Mes livres. Des trucs de la maison. Brusquement, et même si ça me fait un peu mal de me dire qu'il doit plus rester grand chose de mes affaires chez ma mère, je me sens un peu plus chez moi. J'ai mon espace. J'ai mes affaires. Je ne me glisse pas où je peux, je n'occupe pas des endroits qui ne sont pas à moi. Ici c'est une chambre rien que pour moi, avec toutes mes affaires. Pour mes cours, pour m'habiller, pour bosser... il a vraiment dû se donner du mal, surtout qu'il a passé pas mal de temps avec moi à l'hôpital depuis l'accident. Pendant de longues secondes, c'est presque un jeu, je retrouve un à un des trucs qui viennent de mon ancienne chambre, avant de finalement me tourner vers lui avec un sourire ému.

La petite flamme en moi brille plus fort et plus vivement en voyant qu'il tient sa promesse. Qu'il se donne du mal pour moi. Maintenant elle ne craint plus d'être soufflée d'un soupir. Bien sûr ça effacera pas ce qui s'est passé, et c'est pas juste avec ça que je vais devenir un membre "normal'' de sa meute mais... mais ça me fait du bien. Beaucoup de bien. Voir qu'il m'a fait de la place. Voir qu'il me fait une place dans son appartement. C'est peu et en même temps beaucoup. J'hésite, avant de timidement faire un pas, puis un autre, et serrer légèrement sa main dans la mienne. Pendant une seconde j'ai eu envie de lui sauter au cou, avant qu'une brusque bouffée de panique m'arrête. Pas encore. Pour ça je suis pas encore prêt. Par contre... lui prendre la main je peux. Je crois. Mes doigts fins serrent les siens, si grands et si longs, alors que je croise son regard.

Merci... merci, vraiment. Tu... tu t'es donné beaucoup de mal pour faire tout ça pour moi et ça me fait très plaisir. Maintenant j'ai un endroit à moi et toutes mes affaires... et un grand lit en plus. C'est... c'est vraiment gentil. Merci Buck...



FICHE PAR SWAN.
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Lun 31 Oct - 15:09
Howling for You.
Je me sens mourir à devoir attendre sa réaction tandis qu'il découvre enfin sa chambre, celle que j'ai passé une bonne nuit à préparer pour son arrivé. Angoissé, anxieux et sûrement complètement paniqué, j'attends sur le pas de sa porte, en me mordant la lèvre tout en faisant bien attention à ne pas laisser quoi que ce soit transpirer sur le lien que j'ai avec lui. De ma part, il ne doit rien sentir à part peut-être mon regard au creux de ses omoplates. Au sein de mon être je sens le loup soupirer et s'agiter, se glissant sous ma peau tout en effleurant la surface de mon être, impatient de savoir si nos efforts plairont à notre cher compagnon. Les secondes passent et rien, Steve se contente d'observer sa chambre mais ne prononce pas un mot pour nous rassurer, nous laissant l'animal et moi dans une incertitude qui me fait trembler de crainte. Au loin, je sens la bête désirer prendre mon apparence pour avoir le courage qui selon lui me fait défaut mais avec le peu de force qu'il me reste, je le musèle, n'étant pas encore prêt à le laisser sortir. La pleine lune était il y'a deux jours… Ne pense pas pouvoir prendre ma place si vite. Le temps d'une seconde peut-être je retrousse les lèvres, étant ensuite frappé par une étrange sensation, une bien trop étrangère pour que je pense qu'elle vienne de moi. Au loin, je sens irradier de Steve une étrange chaleur, timide et certes encore un peu incertaine mais présente. Une douce sensation qui lentement remonte le long de notre lien pour doucement se glisser dans me veines et me rappeler ce que c'est de se sentir bien avec quelqu'un. Et comme foudroyé, je me retrouve là, incapable de respirer en sentant que Steve, notre petit omega, est heureux de cette chambre que j'ai passé la nuit à lui préparer. J'ai… J'ai réussis. J'arrive pas à y croire. Je peux le faire sourire ou au moins… Lui faire plaisir. C'est pas grand chose, et ça ne changera rien à ce que j'ai fais mais… Il semble touché. Il semble apprécier. Il se tourne même vers moi avec un sourire aux lèvres. Je sens mon coeur se serrer et le loup doucement gronder contre ma peau, rassuré de voir que tout n'est pas encore foutu avec notre compagnon. Je le vois faire un pas vers moi, et mon coeur rate un battement. Je n'arrive pas à y croire, je n'ai pas envie d'y croire. Il ne va pas vouloir m'approcher ou me toucher, c'est impossible, après tout ce qui s'est passé qu'il puisse avoir envie du moindre contact avec ma personne. Je dois le dégoûter, le rendre malade… Je dois être un monstre dont il ne veut pas s'approcher. Le temps d'une seconde je bats des cils, comme pour tenter de chasser de mon esprit toutes les images de lui se jetant dans mes bras que je pourrais avoir. Juste parce que ça n'arrivera jamais, parce que Steve, ne pourra à aucun moment oublier cette nuit. Et pourtant il est là, avec cette étrange envie qui remonte le long de notre lien. Je sens ce besoin de me sauter dans les bras, je sais qu'il existe mais je sais aussi que la panique qui en découle était à prévoir. Il était évident qu'il n'allait se pendre à mon cou et me dire que je suis l'alpha dont il a toujours rêve et que tout est pardonné. Je suis idiot à penser qu'un jour il sera capable de simplement croiser mon regard sans craindre que je ne lui fasse du mal. Il en sera toujours ainsi, je ne serais jamais autre chose à ses yeux que le monstre qui a abusé de lui sous le regard envieux d'une meute qu'il refuse d'accepter comme la sienne. Mais ce qui termine de briser mon coeur déjà rongé par la culpabilité, c'est cette bouffée de panique qui remonte le long de notre lien et qui me prend à la gorge. "Tu vois ? Tu vois ? Regarde ce que tu lui fais, James." Je ne sais si c'est le loup qui me parle ou autre chose. Je serre les dents et aspire à cette envie de faire un pas en arrière pour fuir cette situation. J'ai envie d'hurler, de sangloter, de tomber à genoux et de supplier. Je ne veux plus avoir à vivre avec tout ça. Je voudrais pouvoir tout effacer. Je voudrais le rendre heureux et pour ça je serais prêt à tout lui donner. "Il faut lui dire alors. Et cesser d'avoir peur, tu nous rends faible." gronde le loup, tandis que Steve ose un dernier pas, tuant toute angoisse en moi au moment-même où ses doigts viennent effleurer les miens. À nouveau j'ai l'impression que mon coeur cesse de battre. Derrière mes lunettes de soleil je viens croiser son regard, les lèvres entrouvertes, complètement perdu. Je ne sais pas quoi faire. Trop de choses viennent parasiter mon esprit et bien des envies créent un chaos sans nom au sein de mon être. Le loup veut le réclamer en l'attirant à lui, il veut l'embrasser, glisser son nez dans ses cheveux et simplement s'enivrer de son odeur… Quant à moi… J'ai plus envie de céder, de tomber à genoux devant lui et de sangloter. "Regarde, il est beau ainsi notre omega." susurre la bête tandis que je sens le coin de mes yeux se faire humide quand d'une voix faible, Steve commence à me remercier pour ce que je fais. Je ne mérite pas ça. Pitié. Arrête. J'suis un monstre. Un putain de monstre. Le loup grogne et je ferme un peu plus mon lien avec Steve, me refusant de sentir son bien-être. Je ne mérite pas d'être récompensé pour ça. C'est ce que j'aurais dû faire le jour même de son arrivée, au lieu de le violer. Et pourtant… J'apprécie son contact. J'apprécie de sentir nos doigts s'effleurer et de constater qu'il a la peau légèrement plus fraîche que la mienne. Un soupir m'échappe et d'une voix rendue rauque par l'émotion, j'arrive enfin à lui répondre.

"Ce n'est rien… Je… Je n'aurais pas dû faire traîner ça aussi longtemps, je suis désolé. Ça aurait dû être prêt dès le jour de ton arrivée… J'ai été… Un bien mauvais alpha de ne pas avoir pensé à ton confort."


Mes doigts se referment quelque peu sur les siens et je serre les dents face au putain de noeud que j'ai dans la gorge. J'ai envie de claquer, là, sur l'instant. J'ai envie de crever plutôt que de continuer à prétendre que je suis encore un être vivant et non un monstre que l'on devrait abattre. J'esquisse un sourire qui accentue très certainement la mine fatiguée que je me traîne depuis déjà deux jours.

"Et puis… Je me suis occupé des formalités pour le lycée… Normalement, tu vas pouvoir reprendre lundi, c'est cool non ?"

J'ai pas envie de le quitter, ni même de rompre ce peu d'intimité que nous avons mais… Je n'ai pas le droit de profiter de tout ça. Les monstres, les agresseurs n'ont pas le droit à la pitié ou à l'absolution, et moi, grand méchant loup que je suis, je ne mérite qu'une chose : la mort. J'ai envie de laisser mes doigts glisser loin des siens, j'ai envie de fuir, de me glisser dans la peau de l'animal et d'aller courir dans les bois jusqu'à en avoir mal aux pattes. Je veux fuir. Oublier. M'effacer. Je veux que tout cesse et devienne simple. Je veux  que Steve soit heureux. Je ne veux que ça. Je veux que le petit aille bien, que mon compagnon soit fort. Je peine à parler désormais. J'ai trop mal et la fatigue n'aide pas. Quand je reprends la parole, on pourrait croire que je suis sur le point de m'effondrer.

"Oh… Et pour ce soir, j'ai pensé à un truc qui pourrait te faire plaisir… J'ai les derniers épisodes de Supernatural prêt à être regardés et  j'ai de quoi faire des croques-monsieur… On pourrait se faire ça en regardant la télé… Ça te plairait ?"
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Dim 6 Nov - 22:57

 Wolf Like Me


Une chambre. Quelques planches de bois, du tissu, des ressorts de métal, du papier. Juste ça pour faire une chambre, et j'aurais jamais imaginé que je puisse être si content en voyant ça. En ayant ça, de nouveau. Depuis...depuis cette fameuse nuit je m'étais réfugié dans sa chambre comme un naufragé sur un radeau de fortune, parce que j'avais que ça, parce que c'était le seul refuge que j'ai pu trouver. Paradoxal hein, après qu'il me soit passé dessus, c'est dans son lit que je me suis abrité. Pourtant là...même si tout sentait son odeur, je savais qu'il viendrait pas m'y retrouver. Qu'il s'en voulait tellement qu'il oserait plus rien me faire, surtout pas ici. Qu'il me laisserait tranquille. Que j'allais me terrer sous ses couvertures et ses oreillers, près de l'armoire qui contient ses fringues. J'avais vraiment peur de finir comme ces omégas à moitié esclaves qu'on fait vivre dans un coin de pièce et qui n'ont jamais le droit de sortir. Peur d'être condamné à occuper les coins et les espaces vides qu'il aurait bien voulu me laisser. Peur qu'ici ne devienne jamais chez moi, ou qu'il fasse jamais rien pour que cet endroit soit ma maison... Surtout que pendant des jours il m'avait évité, et ouais...j'ai cru que j'allais devoir survivre tant bien que mal ici, avec ce qu'on allait me donner, comme bouffe, comme place et comme attention.

Et voilà qu'il m'a fait une chambre. Une chambre complète avec de nouveaux meubles, et mes affaires. Il s'est donné la peine d'aller les chercher chez ma mère et de les installer ici. J'avoue que...découvrir ça me fait plus plaisir que ce que j'aurais cru. C'est un peu comme...le calumet de la paix. Le signe que maintenant je suis accepté ici, au moins par lui. Que j'ai une place quelque part, un endroit où je pourrais être seul, un endroit que j'aurais pas à partager. Où on me laissera être tranquille, enfin j'espère. Un endroit où...je pourrais continuer à être le gamin de seize ans que je suis encore, mine de rien. Je pense à ça en voyant mes bouquins de cours et mes cahiers, que j'avais laissés à la maison parce que j'avais aucune idée si mon futur alpha allait m'autoriser à aller en cours ou pas... Je vais pouvoir redevenir un peu l'ado qui va au lycée et qui est pas censé avoir de pires problèmes que ses bulletins et pouvoir sortir le samedi soir suivant. J'aimerais redevenir totalement ce Steve là mais c'est trop tard. Il y a une semaine je pensais que je pourrais faire tout ce que je voulais, même si j'étais un loup. Une semaine après, je suis juste content d'avoir un toit au-dessus de la tête, une chambre à moi et de pouvoir retourner au lycée.

Je prends sa main dans la mienne pour le remercier, même si je suis tiraillé entre l'envie de faire plus, de le prendre dans mes bras, comme me le dit mon instinct, de me mettre sous la protection de mon alpha, et celui de fuir et de ne plus l'approcher. Mes deux parties luttent sur ce qui est le mieux et je trouve un compromis. Lui prendre la main et rien d'autre. Et en même temps je sens mon pouvoir d'alpha rayonner. Pas fort, mais juste un peu. Juste assez pour que je le sente se manifester dans la caserne. Et il faut que quelques secondes pour que j'aie un retour des autres. Ils sont contents. Ils sont soulagés. Rassurés. Encore coupables aussi. C'est presque si j'entends les pensées de certains sous forme de phrases, dire ''On doit continuer. On doit continuer à s'occuper de lui. Il faut qu'on se rattrape si on veut qu'il puisse aider notre meute''. J'ai bien senti à quel point les jours qui ont suivi mon ''arrivée'' vous ont plombé, mais je ne vais pas passer l'éponge aussi vite. Ca prendra du temps, si ça se fait un jour. Je me concentre sur Buck, qui reste toujours ''muet'' face à moi, gardant notre lien fermé. Son loup, lui, est toujours là, content, mais Buck... Je lève les yeux vers lui.

Pourquoi tu te fermes autant à moi? Tu...c'est pour me cacher que tu regrettes de m'avoir accepté c'est ça?

Mais non. Il cherche ses mots et parle enfin. Au ton de sa voix, j'ai l'impression qu'il est au bord des larmes, mais j'en suis pas sûr. Je ne sens rien, venant de lui, et ça me panique. Je préfère savoir plutôt que d'être dans le flou et me ronger les sangs.

C'est vrai qu'avoir une chambre à soi...C'est bien. Maintenant elle est là, c'est ce qui est important. Mais je... j'aurais le droit de... de faire comme je veux dedans? Rajouter des choses et tout... ou je vais devoir te demander?

C'est ça qui est curieux chez lui... son loup s'est montré si bestial quand on m'a amené, le laissant prendre le dessus pour se battre pour moi, et...le reste, et là... là il est l'alpha le plus...sensible que j'ai croisé. Comme si l'écart entre la bête et l'homme était encore plus important chez lui que chez les autres loups que j'ai pu voir. Il a l'air tellement désolé, coupable et en même temps tellement content de me voir apprécier la chambre... j'ai l'impression de pas avoir le même type que ce soir-là, celui qui...Et voilà qu'il me dit que dès lundi je pourrais retourner en cours. Mon sourire s'agrandit un peu plus en me disant que ça au moins, je l'ai gardé. C'est ni ma mère, ni ma maison, mais j'ai cette dernière parcelle de normalité. Le lycée. Où on me voit pas comme un monstre, comme un loup, ou comme un paquet de linge qu'on peut s'échanger et marchander. Non. Là bas je suis juste Steve Rogers qui a des copains, qui va en cours, comme les autres, qui déjeune à la cafétéria, qui est dispensé de sport et qui fait partie du journal de l'école. Savoir qu'une partie de ma vie va retrouver sa normalité, ça me rassure. J'aurais pas tout perdu...

Ouais c'est super. Ca me manquait d'y aller. Revoir mes potes et...être un peu normal. C'est gentil de me laisser y retourner...

Je repense à tout ça, aux cours que je vais devoir rattraper, à mes potes, et je me demande si un jour j'aurais le droit de les inviter ici, si la meute allait les tolérer. S'il me laissera aller à mon bal de promo ou à des voyages scolaires. Le genre de choses où je me posais même pas de questions, mais qui maintenant sont sur la sellette. En suspens. Bref, on verra...c'est déjà bien si je peux sortir seul et aller en cours, en plus d'avoir ma chambre. Je sursaute presque en entendant sa voix qui s'élève, et qui me propose un programme pour la soirée. La vache...il y a tellement de douleur dans sa voix...dans son attitude...j'ai presque mal pour lui, autant que pour moi. C'est bizarre mais j'ai l'impression que c'est quasiment une question de vie ou de mort que j'accepte. Comme si ce plan tout simple...représentait beaucoup. Je crois deviner pourquoi, parce que pour lui ça voudrait dire... se lier à moi, continuer à me prouver qu'il peut être un bon alpha, comme il l'a fait pendant ces deux jours. C'était bien. Pas toujours facile, mais bien. Et Rumlow est venu tout gâcher. Je passe ma langue sur mes lèvres et réponds timidement.

Bien sûr Buck, ça m'a l'air super. Je suis encore fatigué alors, ouais, Supernatural et croque-monsieur ça s'annonce...très bien. Surtout que ouais, les deux derniers je les ai pas vus... Par contre... une fois qu'on les a regardés tu iras te coucher. Il faut que tu te reposes Buck, t'es épuisé... Ok? Il faut que tu dormes... c'est...pas bon pour toi.

Je l'observe, surpris par mes mots, et ce besoin de veiller sur lui qui revient malgré tout. J'attrape mon sac et commence à ranger les affaires de l'hôpital dans ma nouvelle chambre, dans les tiroirs et les placards. Je l'entends me dire qu'il va commencer à faire à manger avant de me laisser. Pendant un petit quart d'heure je range un peu, remettant mes trucs là où j'ai l'habitude de les mettre, à ma sauce, comme je veux. J'enfile aussi un pull moelleux avant de le rejoindre à la cuisine.

Voilà... tout est rangé. Je suis...comme chez moi. Enfin chez moi. Tu comprends ce que je veux dire.

Je m'approche timidement et regarde ce qu'il fait.

Tu as besoin d'aide pour quelque chose? J'ai pas très faim mais ça sent bon...



FICHE PAR SWAN.
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Date d'inscription : 26/11/2014
Mar 20 Déc - 20:20
Howling for You.
J'ai envie de mourir. J'ai envie qu'on m'achève et que cet instant soit le dernier. D'un battement de cils, j'en viens à supplier que tout s'achève ici et que ma meute, et surtout Steve, se trouvent enfin être libéré du monstre que je suis. Une boule se forme dans ma gorge, alors que j'attends sa réponse dans un silence que le loup respecte à ma plus grande surprise. Le savoir si silencieux devrait me rassurer mais je m'inquiète de ne pas l'entendre gronder et me hurler que la mort n'est pas une réponse ou même une option pour nous. Le regard baissé et les sourcils froncés, j'écoute pourtant le silence de cet autre qui vit en moi, de cette bête d'ordinaire si bavarde et qui n'a pour moi qu'un grondement discret que je peine presque à entendre. "Je serais fort pour deux." Amer et confus, je laisse sa réflexion passer, préférant me concentrer sur Steve qui trouve enfin le courage de non pas refuser ma proposition mais l'accepter. Surpris, je croise son regard et cherche mes mots, presque rassuré d'enfin savoir que j'ai encore une chance avec lui… Mais voilà, lié à lui comme je le suis, je sens cette pointe d'étonnement dans son coeur et les questions dans ses prunelles, qui deviennent dans mon coeur de regrets. Qu'espérais-je ? Qu'il veuille mon bien ? Il ne peut. Je suis le monstre qu'il veut voir mourir. Le geôlier qu'il rêve de voir crever. Le monstre qu'il voudrait abattre. Bien sûr qu'il ne comprend pas d'où vient son inquiétude et ce besoin de me dire de faire attention. L'animal grogne à nouveau à mon oreille, et pris d'un très léger vertige, je chancèle quelque peu avant de faire un pas en arrière, sourire forcé aux lèvres.

"Y'a pas de soucis… On va se faire ça au calme et dès que tu en ressentiras le besoin, t'iras te coucher et je m'occuperais de ranger le reste… T'as pas eu une semaine facile et tu mérites de te reposer et de te faire chouchouter… C'est le moins que je puisse faire… Alors, file profiter de ta chambre pendant que je te prépare de quoi manger…"

J'esquive la question, une fois de plus. Je ne voulais pas parler du lien que j'ai fermé et je ne veux pas aborder le sujet douloureux de ma personne et de mon état de santé. Je vais bien. Je vais de toute façon trop bien par rapport à lui, et vu ce que j'ai osé lui faire, il est plus que normal que je souffre désormais et que je me saigne pour lui. C'est ainsi. Tout est de ma faute et punis je dois être. Punis jusqu'à ce que mort s'en suive. "Non !" Steve tourne les talons, retourne dans sa chambre et pris de court par la fureur de la bête en moi, je manque de tomber, m'accrochant de justesse à table de la cuisine pour ne pas tomber. "Nous ne mourrons pas. Je l'interdis. Je TE l'interdis." Le monstre grogne, montre les crocs et se presse contre la surface fine et fragile de mon être. La bête veut sortir et empêcher tout ceci. Il en a marre. D'un grognement douloureux, je le repousse et arrive à le chasser, m'autorisant alors quelques secondes pour retrouver mon souffle et calmer mon coeur dont les battements affolés se font irrégulier à cause du manque de sommeil et du jeun que je m'inflige depuis quelques jours. "Faible ! Faible…" L'animal grogne mais se résigne à me laisser seul, m'autorisant un instant de répit et ainsi le temps nécessaire pour m'en remettre et réussir à aller jusqu'à la cuisine. Après un soupir, je sors de quoi préparer le repas de ce soir, et comme à mon habitude lorsque je cuisine, j'arrive à me calmer et à ne penser à rien, à part le fait que j'aime ça parce que je me débrouille pas mal. Avec un sourire discret aux lèvres, je repense à ses années où j'apprenais à cuisiner avec ma mère… À ces moments que j'avais avec elle, qui me disait sans cesse que si mon loup n'était pas aussi violent et incapable de supporter que l'on puisse chercher à lui donner des ordres, j'aurais pu faire de cette passion un métier… Mais, on ne peut changer ce qu'on est… Ni dominer la bête qui gronde en nous. Il faut accepter d'être avec elle et non tenter de la mettre en cage… Même si cela implique de renoncer à des rêves ou de simples plaisirs de la vie. En silence, et sans un mot, je prépare les croque-monsieur avant de commencer à les faire cuir, entendant alors Steve qui arrive derrière-moi. Le loup apprécie que notre omega vienne nous rejoindre mais je reste plus réservé à ce sujet, attendant qu'il me dise ce qui peut bien l'amener ici avant de me réjouir. Et bien vite, à l'entendre, je m'en veux d'avoir pu douter de ses intentions. Je retourne l'un des sandwichs dans la poêle avant de lui offrir un sourire fatigué.

"Ce n'est pas grand chose tu sais… Pain, fromage et jambon… Mais je me suis dis que ça pourrait te faire plaisir… Et si tu ne veux pas en manger un ce soir… Je pourrais en garder pour demain…. Même si bon, il faut que tu reprennes des forces. Tu retournes au lycée lundi après tout ! Faudrait pas que tu sois fatigué ou quoi…"

C'est terrible la façon dont je me force pour faire la conversation… C'est si compliqué. J'ai envie de m'excuser, de le supplier de trouver le courage et l'envie de me pardonner mais je ne peux exiger tant. Je mérite tout ça. Je mérite la mort et non son pardon. Je mérite sa colère, sa haine et sa rancoeur, non sa bonté et sa douceur. Le pain grille doucement et libère une odeur qui réveille lentement mon estomac tandis que le fromage fond délicatement. J'attends que le sandwich prenne une jolie teinte dorée avant de le retirer de la poêle et de le poser dans une assiette que je lui tends alors.

"Allez… Va t'installer et lance les épisodes, j'arrive. Et… Mords au moins dedans une fois, juste pour me dire si c'est bon…"

Je le laisse filer avant de soupirer et de compléter mon assiette, le rejoignant quelques minutes plus tard avec le reste du repas et de quoi boire. Je dépose tout sur la table avant de m'installer à ses côtés, lui faisant signe qu'il peut lancer les épisodes et attaque mon repas sans grande conviction, bien trop inquiet pour Steve.


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